HypnoFanfics

L'ombre d'un remords

Série : Numb3rs
Création : 20.03.2009 à 18h00
Auteur : juliabaku 
Statut : Terminée

« Un épisode où Don ne sera pas très présent , écrit en collaboration avec Cissy.  » juliabaku 

COMMENTER CETTE FANFIC

Cette fanfic compte déjà 43 paragraphes

Afficher la fanfic

David sortit, la crainte au cœur : s'ils le faisaient sortir, c'est qu'ils doutaient de leur décision. Etait-ce bon ou mauvais signe ? Evidemment, c'était mieux que de lui refuser tout de go l'autorisation de continuer l'enquête ; d'un autre côté, il aurait été encore mieux qu'ils lui accordent cette autorisation directement, plutôt que de le contraindre à cette attente qui lui paraissait interminable.

Il tournait et retournait dans sa tête chacun des mots qu'il avait prononcés, chacune des paroles du directeur. Qu'aurait-il pu dire de plus ou de moins pour faire pencher la balance dans le bon sens ? Il ne pouvait imaginer qu'on les relève de l'enquête : comment pourrait-il annoncer la nouvelle à Colby, Liz et Nikki ? Comment pourrait-il jamais se représenter devant Alan et Charlie et leur annoncer que l'enquête sur la mort de Don était confiée à des étrangers ?

Il commençait à se dire qu'il avait échoué quand la porte s'ouvrit. Le directeur l'invita à entrer à nouveau et il obtempéra, la crainte au cœur :

- Bien agent Sinclair, je serai bref. Il nous est très difficile de vous permettre de mener l'enquête sur la mort de l'agent Eppes.

David se décomposa : il avait échoué ! C'était comme s'il avait trahi Don !

Mais le directeur n'avait pas terminé.

- Cependant, compte tenu justement de ces circonstances particulières, nous pensons que nous devons vous laisser une chance. Comme vous l'avez dit, vous maîtrisez tous parfaitement les arcanes de cette affaire et la passer à une autre équipe pourrait engendrer une perte de temps irréparable. Pas plus que vous nous ne voulons risquer de voir les responsables de la mort de l'agent Eppes échapper à la justice.

Comme David ouvrait la bouche pour le remercier, il leva la main d'un air impérieux pour lui imposer le silence.

- Mais vous devez être conscient que vous serez sous étroite surveillance. Au premier dérapage, au plus petit accroc, à la plus petite irrégularité, nous vous retirons l'enquête.

- Il n'y en aura pas monsieur.

- Vous devrez rendre compte matin et soir de l'avancée de l'enquête au sous-directeur Stoddart qui, lui-même, me tiendra informé. C'est bien clair ?

- Oui monsieur.

- Alors très bien. Allez-y agent Sinclair et arrêtez le responsable de cette tragédie.

- Comptez sur moi monsieur, et merci.

- Ne me remerciez pas agent Sinclair. Vous avez su plaider votre cause avec brio. Et puis... Il hésita une seconde, nous devions bien ça à l'agent Eppes. »

David quitta le bureau, non pas la joie au cœur : pouvait-il se sentir joyeux après la perte qu'ils venaient de subir ? mais fier d'avoir réussi à convaincre ses chefs. Il avait hâte de porter la bonne nouvelle au reste de l'équipe. C'était eux, et rien qu'eux, qui étaient chargés d'arrêter les criminels qui avaient causé la mort de Don. Et aucune équipe ne pourrait jamais être plus motivée que la leur. Ils ne laisseraient aucune chance aux assassins : comme l'avait dit le directeur, ils devaient bien ça à Don.

 


Cissy  (23.03.2009 à 17:59)

CHAPITRE IX

 

Maison des Eppes


Chez les Eppes, l'ambiance était aux larmes, à la tristesse et à la culpabilité. Alan était assis dans un de ses fauteuils, la tête entre ses mains, essayant encore de se dire que ce n'était qu'un cauchemar, un long cauchemar. C'est ce que voulait aussi sûrement Robin. Quand elle avait été prévenue des récents événements, elle avait demandé à aller réconforter le père de l'homme qu'elle aimait. Elle était restée à ses côtés, comprenant que c'était sa place à ce moment là. Liz était elle aussi prés d’Alan, sachant qu'Amita et Larry essayaient de raisonner Charlie. Ce dernier s'était enfermé dans la garage, refusant l'entrée à tout le monde. Et cela faisait maintenant plus d'une heure qu'Amita, en pleurs, et Larry, inquiet, tentaient de le raisonner pour le faire sortir.
Liz se souvenait de ces années où Don était son instructeur. Certes à cette époque il n'avait pas beaucoup parlé de Charlie. Mais maintenant elle le connaissait un peu mieux. Don lui avait appris quelques moyens pour faire sortir les gens quand ils étaient à Quantico. Elle se souvenait que, grâce à cela, elle avait même réussi à redonner goût à la vie à une victime d'abus sexuel, l’empêchant de se suicider.
Elle regarda alors Robin, comme pour lui demander la permission d'aller voir Charlie.
Robin comprit rapidement et hocha de la tête une réponse positive. Liz partit donc en direction du garage, laissant Robin et Alan seuls.


- J'aurais dû passer plus de temps avec lui...Pourquoi ? Pourquoi Don ? répétait Alan.
- Je ne sais pas. Mais sachez qu'il voulait sauver une vie.
- C'est bien lui... dit Alan, la voix remplie d'émotion. Mon petit Donnie est mort...Il ne repassera pas cette porte. Je ne l'entendrai plus se disputer avec son frère.


Robin mit sa main sur celle d'Alan, comme pour la réchauffer. Soudain, comme si la raison lui revenait, Alan la regarda.


- Charlie ? Où est Charlie ?

*****


A la porte du garage, Amita était toujours en pleurs, implorant Charlie de sortir de son antre.


- Charlie... sanglota-t-elle, je t'en prie...Réponds moi. Parle moi. Je m'inquiète, Charlie.


Toujours apeurée par l'absence de réponse de la part de son fiancé, Amita pleura d'avantage. Comprenant la gravité de la situation, Liz prit Amita dans ses bras, et l'enlaça.


- Ecoutez moi, sortez. Je vais essayer de faire sortir Charlie d'accord ? Vous allez vous occuper de vous et d'Alan, ordonna Liz en regardant les deux amis de Charlie.
- Non! Je veux rester! Je veux voir Charlie, le serrer dans mes bras...Le réconforter...le... insista Amita avant d'être coupée par l'intervention de Larry.
- Amita, allons-y. Je suis sûr que l'Agent Warner arrivera à faire sortir Charlie. Ne t'inquiéte pas.

Larry prit sa collègue par les épaules et reparti vers le salon.
Seule, face à une porte en bois vernis, l'agent frappa trois petits coups, et mit son oreille prés de la porte.


- Charlie...Je sais combien ça doit être difficile pour toi. Mais écoute moi. Ton père, Amita et Larry ont besoin de toi. Et t'enfermer ne servira à rien.


Elle s'arrêta de parler, afin de voir si le mathématicien allait donner une réponse, ou faire une demande. N'ayant comme réponse qu'un silence, elle continua alors à occuper l'espace sonore.


- Tu sais...Je crois que Don n'aurait pas voulu que tu t'enfermes ici. Je crois qu'il aurait voulu que tu te battes, et que tu sois capable de surmonter cette épreuve. Tu aimerais qu'il te voit comme ça, sans que tu t'occupes de ton père ?

Le ton de la voix de Liz s'était légèrement haussé. Puis elle laissa de nouveau la parole à son interlocuteur. Mais elle n’eut comme réponse que de légers sanglots, ainsi que le son de la craie sur le tableau.


- Charlie !!! Ton frère aurait voulu que tu sois auprès des gens qui t'aiment pour supporter cette épreuve, et non seul dans un garage. Amita s'inquiète pour toi, tout comme Larry, et moi aussi.


Le son de la craie se fit plus fort, et les sanglots s'amplifièrent.
Liz se demandait ce qu'elle pouvait dire d'autre pour faire sortir maintenant cet homme qui refusait de sortir, plongé dans ses équations.
C'est alors qu'Alan arriva accompagné de Robin. Il poussa gentiment la jeune fille, et frappa plus fort sur la porte.


- Charlie !!! Réponds moi et ouvre cette porte !!!


Le mathématicien ne répondit que par des gémissements dus aux pleurs qui l’étouffaient alors qu’il s’apercevait que, cette fois ci, ses équations ne résoudraient pas son problème.


- Ouvre cette porte Charlie ! répéta Alan. J'ai besoin de toi... Nous avons besoin de toi. Je ne veux pas que tu souffres tout seul, pas comme lors de la mort de ta mère. Je veux essayer de te comprendre, te tenir dans mes bras. Charlie, ouvre-moi.


Alan, Robin et Liz purent entendre alors quelque chose tomber à terre, puis le bruit de la clé tournant dans la serrure. Enfin, lentement, la porte s'ouvrit laissant place au visage de Charlie, en pleurs, désespéré de la situation, mais ne voulant pas reproduire l'erreur du passé, celle qu'il avait faite lors de la mort de sa mère. Aussitôt la porte ouverte, il se jeta dans les bras de son père pour pleurer toutes les larmes de son corps, laisser s’exprimer toute l'émotion qu'il avait gardée en lui.
Alan referma ses bras pour garder bien au chaud, contre lui, son petit, son fils, ce qui lui restait de sa famille. Ce qu’il ne voulait surtout pas perdre. Tout doucement il murmura à Charlie:


- Là, c'est ça. Je suis là. Je suis là Charlie.

 


juliabaku  (24.03.2009 à 19:51)

CHAPITRE X

 Maison des Eppes

Charlie avait fini par s'endormir, à bout de forces, à bout de larmes. Il dormait d'un sommeil agité sur le canapé du salon. Alan avait jeté une couverture sur lui et s'était installé dans le fauteuil, près de lui. Il ne pouvait pas se décider à laisser son garçon seul. Il était inquiet pour lui. A sa souffrance d'avoir perdu un fils, s'ajoutait la douleur de voir souffrir l'autre sans rien pouvoir faire pour lui venir en aide. Cette bataille là, il devrait la mener seul et Alan n'était pas sûr que Charlie en aurait la force.

Il avait toujours été conscient de la place que Don tenait dans la vie de son petit frère, mais il n'en prenait la vraie mesure que dans le drame qu'ils vivaient à l'heure présente. Et il avait effroyablement peur que Charlie ne parvienne pas à accepter l'inéluctable et qu'il ne soit pas capable de remonter la pente. C'est pourquoi, quand il s'était aperçu qu'il dormait enfin, après des heures de larmes ininterrompues et de révolte inutile contre le sort, il s'était bien gardé de le réveiller, se contentant de le recouvrir. Puis il s'était assis près de lui et avait, lui aussi, finit par s'endormir, anéanti.

 *****

 Charlie s'agitait dans son sommeil, peuplé de cauchemars. Au plus profond de son inconscient, lui parvenait encore cette impression diffuse d'horreur et de douleur. Il était arrivé quelque chose d'abominable, quelque chose qui l'avait bouleversé. Il ne voulait pas se réveiller. Il savait qu'avec le réveil, le monstre qui l'attendait, tapi quelque part, allait s'emparer de lui à nouveau et ne le lâcherait plus. Mais, malgré lui, malgré son désir de rester plongé dans ce monde intermédiaire où il se sentait en sécurité, il savait que la conscience lui revenait. La conscience... et avec elle, aussitôt, le chagrin !

- Don !

Il hurla et se redressa brusquement. Dans son fauteuil, Alan se dressa aussi. Charlie était assis, les yeux grands ouverts, fixés sur le vide et, un moment, son père eut atrocement peur pour son état mental. Et puis son fils tourna vers lui un regard désespéré, les larmes roulant à nouveau sur ses joues.

- Don... Ce n'était pas un cauchemar papa, n'est-ce pas ? C'était réel, bien réel ?

Il prit son garçon dans ses bras, le serrant tendrement contre lui, mêlant ses larmes aux siennes.

- Hélas oui chéri, c'était affreusement réel. Ton frère n'est plus là, il nous a quittés.

- Mais pourquoi ? Pourquoi papa ?

- Je ne sais pas Charlie.

- Je m'en veux tellement, tellement ! Si tu savais !

- Tu n'y es pour rien Charlie ! Pour rien !

- Mais il est parti en colère... Cette dispute...

Alan comprit alors ce qui, en plus du chagrin intolérable de la mort de son frère adoré, crucifiait Charlie, et il le serra un peu plus fort contre lui, sans mot dire. Comment consoler cette affliction ? Quels mots pouvait-il trouver, lui qui était tout aussi anéanti que lui ? Comment lui dire l'injustice qu'il ressentait au plus profond de lui ? Ce n'était pas à Don de partir. Si un membre de la famille devait quitter ce monde, alors ç'aurait dû être son tour à lui, Alan. Pas à son garçon, pas à son petit. Un sanglot lui échappa et Charlie se serra un peu plus fort contre lui. Et pendant ce temps, implacable, son esprit lui repassait, image après image, comme s'il visionnait un film, son dernier entretien avec son frère.


Cissy  (25.03.2009 à 18:27)

CHAPITRE XI

 Maison des Eppes, le matin précédent

- Alors Charlie, ça avance ?

- Oui... Ecoute, je pense que je vais pouvoir te situer leur prochaine cible d'ici peu de temps.

- Super frangin. Il faut vraiment arrêter ces malades avant qu'ils ne fassent plus de dégâts et plus de victimes.

- J'ai du mal à comprendre comment on peut ainsi, au nom des principes les plus nobles qui soient, basculer dans la violence et dans le crime.

- Que veux-tu que je te dise ? Les grands esprits ne sont sans doute pas toujours des esprits sains ! A ce propos, tu as mené la recherche que je t'ai demandée ?

- Quelle recherche ?

- Sur l'université, les meneurs susceptibles de...

- Non, je n'ai pas eu le temps.

- Charlie, c'est important.

- Mais tout est important avec toi.

Il avait élevé le ton, pour contrer la petite voix qui lui murmurait que, sur ce coup-là, il n'avait pas tout à fait raison.

- Et puis, de toute façon, je suis persuadé que c'est inutile.

C'était alors Don qui avait élevé la voix, agacé par cet aveuglement dont semblait atteint son frère dès lors qu'on impliquait du personnel universitaire. En effet, d'après les pistes qui se dessinaient, le F.B.I. commençait sérieusement à soupçonner que le noyau dur du groupe qu'il poursuivait, et notamment le meneur, était à chercher parmi les membres de l'université des sciences. Evidemment, Charlie ne pouvait admettre que certains de ces étudiants auxquels il consacrait tant de temps, certains de ces jeunes gens pleins de promesses et à qui l'avenir souriait, puissent ainsi hypothéquer toutes leurs chances au nom d'une idéologie qu'ils dévoyaient par la violence. Il pouvait encore moins admettre qu'un de ses collègues puisse cautionner cette dérive ; de là son opposition aux recherches que Don lui demandait avec insistance depuis bientôt trois jours.

- Je ne te demande pas si tu penses que c'est utile ou non Charlie. Tu travailles pour nous, alors tu fais ce qu'on te demande, un point c'est tout !

Ce n'était pas franchement la méthode qu'il fallait employer avec le mathématicien et Alan, qui assistait, muet, à la conversation de ses deux fils ferma le journal qu'il essayait de lire, pressentant la dispute qui n'allait pas tarder. On ne pouvait pas dire que Don brillait par sa diplomatie. S'il voulait braquer Charlie, il avait choisi l'argument idéal.

- Donc, c'est tout ce que je suis pour toi ? Une sorte d'ordinateur sur pattes ? Tu appuies sur un bouton et hop ! je te sors une réponse. Défense de penser et surtout, défense d'avoir une opinion, spécialement si elle est contraire à celle de monsieur !

- Arrête ça tout de suite Charlie ! Tu sais très bien que ce n'est pas ça !

- Ah non ? Et c'est quoi alors ? Vas-y, dis-le moi !

Ils étaient dressés, l'un en face de l'autre, aussi énervés l'un que l'autre, incapables de s'écouter et de se comprendre, chacun enfermé dans son monde. Alan comprit qu'il était temps qu'il s'interpose.

- Bon ça suffit les garçons ! Comme d'habitude vous n'êtes pas d'accord. Ce n'est ni la première, ni la dernière fois, ça ne vaut pas la peine de...

- Ecoute papa, non, cette fois-ci ça commence à bien faire. Dès que j'émets l'hypothèse que des personnes de l'université puissent être mêlées, de près ou de loin, à un acte illégal, monsieur monte sur ses grands chevaux ! Comme si lui et ses semblables étaient incapables de la moindre malversation !

- Je n'ai jamais dit ça ! s'insurgea Charlie. Le problème ce n'est pas de croire que nous soyons incapables de faire du mal, c'est de se rendre compte que, dès lors que quelque chose va de travers, le F.B.I. s'empresse toujours de soupçonner les érudits. Et ça ne date pas d'hier !

- N'importe quoi Charlie !

- Ah non ? Demande donc à papa ce qu'il en pense.

Ainsi pris directement à partie, Alan se sentait dans ses petits souliers. Pourtant, quand Don se tourna vers lui, quêtant son avis, il ne put s'empêcher de murmurer :

- Il n'a pas tout à fait tort Donnie.

Sur quoi son fils déclara :

- Ca, j'aurais dû me douter que tu serais de son côté ! Comme toujours !

- Bon, ça suffit maintenant ! s'exclama Alan, se fâchant à son tour. Vous n'êtes plus des gamins bon sang ! Vous devriez être capables d'avoir des points de vue divergents sans que ça dégénère à chaque fois.

- Mais c'est lui ! objecta Don en désignant son frère d'un geste excédé. Il est plus têtu qu'une bourrique ! Je pourrais lui apporter mille preuves, il pourrait voir l'un de ses collègues allumer un incendie qu'il me dirait encore que j'ai tort.

- Alors là, dans le genre mauvaise foi, on ne fait pas mieux ! s'emporta Charlie. Moi je suis entêté parce que je refuse de prendre pour argent comptant tes théories, mais toi, tu es un modèle de tolérance puisque tu ne veux pas écouter mon point de vue, c'est ça ?

- Charlie, sois un peu logique. Après tout, si j'ai tort, la meilleure façon de me le démontrer, c'est bien de faire cette étude non ?

- Bravo Don ! Tu fais des progrès dans la manipulation.

Parce que l'argument de son frère était pertinent, Charlie, obstiné dans son point de vue, usait du persiflage pour le contrer, plutôt que de sa logique habituelle.

- C'est bon ! Tu comptes me faire cette recherche ou pas ?

- Non !

- D'accord, et bien je me passerai de toi !

- C'est ça, passe-toi de moi si tu en es capable !

- Ca veut dire quoi ça ? Que je suis trop idiot pour résoudre une enquête sans l'aide de monsieur ?

- Je n'ai pas dit ça.

- Mais tu l'as pensé !

- Parce que maintenant, tu lis dans les pensées ? De mieux en mieux ! J'ignorais que tu étais médium. J'en ai de la chance ! J'ai un frère omniscient et médium !

- Ca suffit Charlie.

- Pour ça je suis d'accord Don. Ca suffit ! Je pense que je n'aurais jamais dû m'engager dans cette affaire.

- Autrement dit, tu me laisses tomber ?

- C'est ça, je te laisse tomber, exactement !

- Je croyais que tu aurais à cœur de mener à bien cette enquête. Je pensais que ça en valait la peine.

- Oh, mais l'enquête en vaut peut-être la peine ! Ce que je me demande, c'est si ceux pour qui je travaille en valent la peine, eux !

- Charlie !

Le ton courroucé de son père lui avait soudain fait prendre conscience des mots qu'il venait de prononcer. Il s'était tourné vers Don, éperdu : celui-ci avait nettement pâli et la tension de ses maxillaires prouvait combien la petite pique de son frère l'avait atteint.

- Don..., tenta de dire Charlie. Je ne voulais pas dire...

- Je sais très bien ce que tu voulais dire Charlie, tu as été assez clair ! Bon ben salut. Et merci pour tout !  »

 

*****


Cissy  (26.03.2009 à 16:56)

Il était parti en claquant la porte, ulcéré par cette dispute, exaspéré par l'attitude de son jeune frère, blessé par sa dernière remarque. Celui-ci, sa colère déjà retombée, avait regretté cette querelle stupide. Il aurait tout donné pour reprendre cette dernière phrase qu'il lui avait jetée. Après tout, Don n'avait pas tout à fait tort. Etant donné la particularité du groupe qu'il traquait, son haut niveau de technicité, sa culture visible, il était logique qu'on soupçonne un universitaire. Mais il ne pouvait pas croire que l'un de ses collègues puisse être impliqué dans une telle horreur. Bien sûr certains étaient plutôt exaltés, mais de là à... Soudain, il s'aperçut qu'il était en train de réfléchir à cette possibilité qu'il trouvait si absurde quelques minutes plus tôt. Et encore une fois, il dut admettre que Don avait raison en lui disant que la meilleure solution pour infirmer son hypothèse était de la mettre à l'épreuve.

- D'accord, murmura-t-il, tu as gagné frangin. Dès que j'ai fini ça, je me mets à plancher sur tes éléments. Mais je sais d'ores et déjà que tu auras tort.

Deux heures plus tard, il téléphonait au F.B.I. pour leur donner les coordonnées d'un entrepôt dont il pensait qu'il serait la cible des terroristes dans les heures à venir. Il espérait pouvoir parler à Don et lui dire que, finalement, il allait se mettre à étudier son hypothèse, tout en lui signifiant qu'il restait persuadé de son erreur. Mais David lui fit savoir que Don était en réunion avec le directeur et qu'il ne pouvait pas le déranger pour le moment. Il se contenta donc de lui communiquer ses conclusions au sujet de l'entrepôt puis il raccrocha. Il pourrait toujours parler à Don le soir.

 Il pourrait toujours parler à Don le soir...

 *****

 Cette phrase lui revint en écho alors qu'il reprenait pied dans l'atroce réalité qui était désormais la sienne. Non, il ne pourrait plus jamais parler à Don, ni ce soir-là, ni jamais. Son frère avait disparu dans cet entrepôt, il ne restait rien de lui et la dernière chose qu'il lui avait dite, c'était qu'il ne valait pas la peine qu'il s'investisse pour lui. La dernière pensée de son frère, en mourant, avait été que son cadet le méprisait et ne le jugeait pas digne d'intérêt. Comment pourrait-il vivre avec ça sur le cœur ?

 


Cissy  (26.03.2009 à 16:57)

CHAPITRE XII

 

Bureaux du F.B.I.

David arrivait avec le dossier de Don. Visiblement, il avait trouvé plusieurs groupes qui pourraient correspondre au style de suspects qui étaient susceptibles d’être à l'origine de ces incendies.
Il fallait, pour lui, établir une hiérarchie dans cette liste, et revoir toute les preuves pour pouvoir y mettre un peu plus d'ordre.
Il hésitait à demander à Amita et Larry qui étaient déjà en train de travailler sur les compositions des flammes et des décombres des différents débris des bâtiments. Il ne pouvait pas leur demander plus. Mais il devait en savoir plus.
Il avait demandé alors à Colby et Liz d'aller voir les différents groupes pour leur poser des questions.
Quant à lui, il irait demander aux experts de faire des analyses pour savoir qui seraient les premiers à être interrogés.


Ce qui faisait beaucoup de boulot.


- Colby !!! hurla alors David entre les différents bureaux.
L'homme se hissa légèrement pour répondre à son collègue.

- Oui ?
- Tu vas aller me voir tous les gens de cette liste avec Liz.

Colby prit la liste et ouvrit grand ses yeux quand il vit le nombre important de groupes à aller interroger.


- Tu rigoles là ? insista Colby. Tu ne peux pas laisser Nikki et Liz aller là bas ?


David lança un regard noir à Colby. Il se disait qu'il valait mieux mettre Colby dans une situation où il n'allait pas se mettre en colère, où il devrait être calme. Il savait que son collègue serait peut être trop imprudent, ou trop énervé pour faire bien son travail. Certes, il aurait préféré le mettre sur la touche. Mais comment faire quand on a vu son collègue mourir, quand on n’a rien pu faire pour aider celui qui était en danger ?
Il ne pouvait pas lui demander l'impossible. Mais il pouvait le contrôler et le mettre face à la réalité de l'enquête.
Si Colby voyait tant de groupes, il pourrait peut être se rendre compte comment l'affaire devait être prise : dans le calme, et en gardant la tête froide.
Voyant que David était sérieux, Colby saisit la liste et, légèrement en colère, il s'en alla prendre Liz pour aller interroger tout ces suspects. Mais il se disait qu'il y avait d'autres choses à faire, et qu'il fallait trouver des pistes le plus rapidement possible avant d'avoir d'autres victimes.
David le savait. Mais il ne pouvait pas s'empêcher de se dire qu'il aurait voulu avoir Don avec lui. Lui, il aurait su comment faire pour régler la situation. Il aurait été épaulé par Charlie et ses mathématiques.

 


juliabaku  (28.03.2009 à 12:54)

CHAPITRE XIII

 Maison des Eppes

- Charlie, Charlie où es-tu ?

Inquiet, Alan appelait son fils à travers toutes les pièces de la maison. Il l'avait laissé avachi sur le canapé, en proie à des idées sombres. Lui, voulait se secouer. Il savait que Don n'aurait pas voulu que sa famille se laisse aller ainsi au désespoir. Et, quelle que soit la difficulté que cela représentait, il avait bien l'intention de continuer, pour Don, pour lui être fidèle. Il avait alors proposé à son cadet de lui préparer un léger repas. Charlie s'était contenté de hausser les épaules sans répondre, les yeux dans le vague, comme incapable de comprendre ce que lui disait son père.

- Bon, avait tranché celui-ci. Je vais faire des œufs au bacon. Ca nous fera du bien. Et puis, une tasse de café bien serré.

Charlie n'avait rien répondu et Alan avait pris son silence pour une réponse affirmative. De toute façon il devait faire quelque chose, il devait absolument secouer cette chape de chagrin dans laquelle il s'engluait, sous peine de ne plus jamais pouvoir se relever. Larry était parti au F.B.I., après avoir reçu un appel de Colby, laissant Amita auprès des deux hommes. Mais Alan lui avait demandé d'aller prêter main forte au physicien. Il se doutait que la raison de cet appel était d'aider les policiers à remonter la piste des assassins de son garçon et il tenait à ce que le maximum de potentiel soit mobilisé pour cette tâche : pas question qu'ils s'en sortent ! Ils devaient payer pour ce qu'ils avaient fait. Et puisqu'il paraissait totalement impossible que Charlie puisse se reprendre à temps pour être d'une aide quelconque sur ce dossier, ils ne seraient pas trop de deux pour suppléer à son absence. Après s'être faite un peu prier, inquiète de laisser les deux hommes seuls, Amita avait fini par se rendre aux arguments d'Alan. Elle avait compris que c'était le meilleur moyen de l'aider à reprendre le dessus : lui laisser espérer que le crime ne resterait pas impuni et que son fils chéri serait vengé.

Avant de partir, elle s'était inquiétée de Charlie, et Alan, de sa voix voilée par le chagrin, lui avait répondu :

- Ne vous inquiétez pas pour lui Amita. Je vais m'en occuper. J'ai l'habitude.

Et puis, plus bas, tandis qu'une tristesse indicible transparaissait dans son ton las, il ajouta :

- Et puis, je n'ai plus que lui maintenant. Juste lui, alors croyez moi si je vous dis que je vais veiller sur lui.

- Merci Alan, avait-elle répondu en déposant un baiser sur sa joue.

Puis elle continua :

- Mais vous n'avez pas que Charlie Alan. Vous m'avez moi, et Larry, et Robin, Liz, David, Colby et Nikki aussi. Nous vous aimons tous, et vous pouvez comptez sur nous, toujours.

Il s'était contenté de lui rendre son baiser et de la serrer brièvement contre lui, trop ému pour pouvoir lui répondre. Et puis, pouvait-il, sans la blesser, lui dire qu'aussi nombreux soient-ils à se relayer auprès de lui, rien jamais ne pourrait remplacer son garçon, rien ni personne ?

 

*****

 


Cissy  (29.03.2009 à 15:36)

Lorsqu'il était sorti de la cuisine, portant un plateau sur lequel il avait déposé deux assiettes d'œufs au bacon et deux grandes tasses de café, Alan s'était aperçu que Charlie n'était plus sur le canapé. Il avait posé le plateau sur la table et avait commencé à l'appeler.

Le mathématicien ne répondait pas et son père sentit soudain l'inquiétude lui dévorer le cœur : où était son fils ? Que s'était-il passé ? Pourvu qu'il n'ait pas fait une sottise dans le court laps de temps où il l'avait laissé seul ! Et déjà, tandis qu'il parcourait, une à une, les pièces de la maison, il se reprochait de n'avoir pas mieux veillé sur lui. Pourquoi l'avait-il laissé seul dans l'état de confusion où il se trouvait visiblement ?

Charlie n'était pas au garage, pas plus que dans la salle de bain ou le solarium. La cuisine ? Il en venait, donc ce n'était pas ça non plus. Sa chambre était désespérément vide. Alan, à tout hasard, poussa la porte de la sienne : aucune trace de son cadet. Et puis soudain, il prit conscience qu'il y avait une pièce qu'il n'avait pas encore visitée. Mais l'idée même d'entrer dans cette pièce le tétanisait. Pourtant, il devait en avoir le cœur net, il devait retrouver Charlie.

Il s'approcha, le souffle oppressé, de la chambre de Don. Comment supporter de voir l'environnement où, quelques jours auparavant, son fils se tenait, riant aux éclats d'il ne savait trop quelle réflexion de son jeune frère ? Comment endurer de revoir ces objets qu'il avait touchés, collectionnés, amassés, durant toute sa jeunesse, ce lit qu'ils avaient choisi ensemble avec Margaret à l'aube des quatorze ans de leur garçon ? Ce papier qu'ils avaient posé tous les deux, Don et lui, peu de temps après la mort de leur mère ? Tout dans cette pièce rappelait atrocement l'absence de son occupant habituel.

Mais c'était bien là que se tenait Charlie. Il était assis sur le lit de son frère, et, dans ses mains, Alan s'aperçut qu'il tournait et retournait dans ses mains un objet qu'il reconnut aussitôt. C'était une médaille que Don avait ramenée de Quantico, à la fin de sa formation et dont il était fier. Elle représentait l'emblème du F.B.I., l'insigne crée en 1940 par le département de la justice. Sur le fond bleu, couleur de la justice, se détachait l'écusson rouge et blanc : le rouge pour le courage, la force et la bravoure, le blanc pour la paix, la vérité et la lumière. Et Alan, en un éclair, pensa que ces couleurs représentaient tout ce qui faisait son fils : la justice qu'il avait servie, parfois en flirtant avec les règles, le courage, la force, la bravoure qui caractérisaient chacun de ses actes et l'avaient conduit à sa perte, la recherche de la paix et de la vérité qui dirigeaient chacune de ses actions. Si on avait dû trouver un symbole pour Don, il n'y en aurait pas eu de meilleur.

Charlie faisait tourner et retourner la médaille dans ses mains, comme si une pensée l'obsédait à contempler cet emblème de tout ce qui faisait son frère.

- Charlie ?

Alan s'approcha de lui, précautionneusement, comme s'il craignait de l'effrayer, de l'arracher à sa contemplation presque fascinée.

- Charlie, à quoi penses-tu fiston ?

Charlie leva les yeux vers lui. Et, pour la première fois depuis vingt-quatre heures, Alan n'y lut pas un morne désespoir, une absence de pensée angoissante. Non, Charlie semblait être redevenu lui-même. Simplement, il y avait dans ses yeux un indicible chagrin, mais aussi une lueur que son père mit un peu de temps à identifier : la volonté implacable de mener à bien la quête qu'il était sur le point d'entreprendre.

- Leur devise, c'est tellement lui.

- Quoi ?

- Je lisais la devise du F.B.I. : « Fidélité, courage et intégrité ». Elle aurait pu être écrite pour Don.

- C'est vrai, elle aurait pu être écrite pour lui.

Tout comme l'emblème aurait pu être dessiné pour lui. Et, à nouveau, Alan comprit combien son fils était à sa place au F.B.I. et combien ses craintes, lorsqu'il leur avait annoncé son intention d'y entrer, étaient sans fondement. C'était bien sa voie qu'il avait suivie. C'était pour ça qu'il était né, c'était pour ça qu'il était mort.

- Je n'ai pas le droit de le décevoir.

- Tu ne l'as jamais déçu Charlie. Ton frère était très fier de toi, et il aimait travailler avec toi.

Il lui sembla que Charlie n'avait pas entendu ce qu'il disait. Il reportait son attention sur les trois mots gravés sous l'écussion.

- Fidélité, courage et intégrité, répéta Charlie. Je dois rester fidèle, courageux et intègre, pour être digne de mon frère.

- Charlie...

Alan commençait à s'inquiéter de cette espèce d'exaltation qui semblait s'être emparée du mathématicien. Mais celui-ci planta son regard dans le sien, un regard presque serein dans lequel il put lire la décision irrévocable prise par son fils.

- Je dois aller au F.B.I. papa.

- Quoi ? Mais Charlie, tu crois que tu en es capable ?

- Oui. Je le dois à Don. Et je me le dois aussi. Et aussi à toi papa. Je dois aider à retrouver les coupables de cette tragédie.

- Charlie... Que comptes-tu faire lorsque tu les auras retrouvés ?

Il ne lui vint même pas à l'esprit d'assortir sa demande d'un conditionnel tant, en cet instant, la certitude qui émanait de son fils rendait inimaginable l'option que les criminels puissent n'être jamais identifiés.

A la question directe de son père, Charlie ne répondit pas tout de suite. Il semblait réfléchir profondément.

- Je ferai mon devoir papa, finit-il par articuler.

- C'est-à-dire ?

- Je préviendrai le F.B.I. Ils ne s'en sortiront pas. Je refuse que les meurtriers de mon frère s'en sortent.

- On les arrêtera Charlie, tu verras.

- Mais je veux participer papa. Je le dois.

Alan regarda son fils bien en face. Il savait que, s'il le lui demandait, Charlie resterait près de lui. Mais il savait aussi qu'il n'en avait pas le droit. Pour surmonter son chagrin, pour vaincre sa culpabilité, le mathématicien avait besoin de participer à la traque des criminels, et il n'avait pas le droit de le priver de cette consolation.

- D'accord fiston. Vas-y.

- Mais toi ? s'inquiéta tout à coup Charlie, se rendant compte que son père allait rester seul avec son chagrin.

- Ne t'inquiète pas pour moi. Fais ce que tu dois faire, ça ira. D'ailleurs, moi aussi je veux que ces assassins paient !

Un regarde de connivence, une étreinte rapide et les deux hommes se séparèrent. Charlie s'engouffra dans la salle de bain pour se redonner un aspect correct et ne tarda pas à ressortir. Alan entendit la porte se refermer sur lui. Il se laissa alors tomber sur le lit et son regard fit le tour de la chambre.

- Oh Donnie ! Donnie ! mon petit ! Que vais-je devenir sans toi ? Tu me manques déjà tellement ! 

Les larmes lui vinrent aux yeux, et seul, pour la première fois depuis plus de vingt-quatre heures, il leur laissa enfin libre cours.

 


Cissy  (29.03.2009 à 15:37)

 CHAPITRE XIV

 

Maison des Eppes

Alors qu'il était seul dans la maison. Alan repensait à tout ce qui s'était passé récemment. Il était triste, si triste d'avoir perdu son aîné dans cette affaire. Malgré tout, il était aussi heureux que son cadet ait réussi à surmonter la situation malgré les difficultés. Mais maintenant il était seul, dans ce salon où ils étaient tous les trois là, assis à s'amuser les uns des autres quelques jours auparavant.
Les larmes coulèrent sur les joues. Il pensait à tous ses souvenirs.
Tout doucement, quelqu'un frappa à la porte. Le père de famille se sentait vieux, et avec des douleurs aux articulations il se dirigea vers la porte .

Il l’ouvrit, en pensant qu'il pouvait s'agir de Charlie qui revenait, ne supportant pas la situation. Peut être était-ce Amita qui venait justement le prévenir que son fils n'allait pas bien, ou alors Larry, ou Colby venant s'assurer que lui-même allait bien. Mais la surprise fut totale, quand il vit Robin le visage triste, les yeux rouges, les membres tremblants.


- Monsieur Eppes..., commença-t-elle d’une voix brisée, je...je voulais savoir si vous alliez bien et si...


Mais elle ne put finir sa phrase et elle s'effondra en larmes.
Comme s’il s'agissait de sa propre fille, Alan prit dans ses bras la jeune femme, et lui caressa les cheveux en murmurant:


- Je suis là...Je suis là. Pleurez cela vous fera du bien.


Se sentant rassurée dans les bras du père de son bien-aimé, Robin laissa couler les larmes qu'elle tentait de retenir.
Le salon avait de nouveau un peu plus de vie. Il était toujours triste, mais au moins, l'un et l'autre se soutenaient.
Alan apporta deux tasses de café.


- Merci, dit Robin.


Elle but alors tranquillement son café. La main était tremblante. Les larmes continuèrent à couler sur ses joues. La voyant dans un tel état Alan mit sa main sur la sienne, essayant de la réconforter.


- Allez y. Parlez. Racontez.


Se mordant légèrement la lèvre inférieure, elle hésita légèrement avant de commencer à raconter ses pensées, son coeur, son âme.


- Depuis...Depuis qu'on s'est remis ensemble, je croyais que tout allait être si bien. Que tout allait continuer. Notre histoire avait mal commencé. Elle avait repris...Et je croyais que tout serait bien. Que l'on vivrait de superbes moments. Que l'on se marierait...Que l'on aurait des enfants...

A cette dernière phrase, les larmes coulèrent encore plus accompagnées de gémissements. Alan prit alors Robin dans ses bras.
Lui aussi aurait rêvé de voir son aîné avec des petits enfants, courant dans le jardin, l'appelant Papi. Il aurait aimé voir Don avec ses enfants, voir Charlie légèrement jaloux, et son frère l'incitant à devenir lui même père et à fonder une famille.


- J'aurais moi aussi aimé voir des petits enfants, voir que vous formiez une famille, commença Alan.


Etonné par ce qu'il venait de dire, il continua.


- J'aurais voulu profiter de plus de temps avec lui. Pouvoir partager le temps qui nous restait. Partager nos idées, et le conseiller en tant que père et chef de la famille. Je me sens coupable de ne pas avoir pris assez de temps avec lui, d'avoir préféré aider Charlie plutôt que lui.


Comprenant Alan, cette fois, Robin mit sa main la sienne.


- Vous savez... Don m'avait dit qu'il était très fier d'avoir un père comme vous.


Alan regarda alors Robin, avec une petite lueur dans les yeux. Il venait d'avoir de nouveau de l'espoir. De l'espoir d'avoir un jour la possibilité de remonter la pente.
Le père et la fiancée se tinrent alors compagnie. Pour essayer de soulager mutuellement leur douleur.

 


juliabaku  (30.03.2009 à 17:44)

CHAPITRE XV

 Bureaux du F.B.I.

- Je ne sais pas Amita. Vous croyez vraiment que...

Larry laissa soudain sa phrase en suspens et la jeune femme vit ses yeux s'écarquiller tandis que sa bouche restait ouverte. Elle suivit la direction de son regard et sursauta à son tour avant de se précipiter.

- Charlie ! Oh Charlie !

Elle se jeta au cou du mathématicien et l'embrassa, les larmes aux yeux. Il était là ! Il était enfin sorti de son marasme inquiétant ! Charlie ne lui rendit pas son baiser. Il la serra cependant gentiment contre lui en demandant :

- Alors, vous en êtes où ?

Ses compagnons furent impressionnés par la sécheresse de son ton, la lueur dure qui brillait dans ses prunelles. Visiblement, après le temps du chagrin était venu le temps de la colère. A ce moment-là, David fit irruption dans le bureau. Lui aussi fut abasourdi de trouver Charlie dans les lieux.

- Charlie ? Est-ce que tout va bien ?

A peine eut-il prononcé cette phrase qu'il se mordit les lèvres. Il se serait envoyé des claques ! Est-ce que c'était le genre de question à poser à un garçon qui venait de perdre son frère dans des circonstances atroces ? Mais Charlie ne sembla pas relever l'incongruité de la demande. Sans y répondre, il interrogea à nouveau :

- Vous en êtes où ? Vous avez une piste ?

- Charlie, tu es sûr d'être capable de nous aider sur ce coup là ? Ce n'est pas...

- Je sais ! coupa le mathématicien. Mais oui, je me sens tout à fait capable de vous aider. De quoi aurai-je l'air si je ne vous aidais pas, justement sur ce dossier ? Comment est-ce que je pourrais me supporter si je ne participais pas à cette enquête ?

- D'accord Charlie, si tu es sûr, concéda l'agent.

- Je n'ai jamais été aussi sûr David, jamais !

Celui-ci fit alors venir le reste de l'équipe qui se montra à la fois heureuse et inquiète de trouver Charlie là. On lui fit un topo sur l'affaire. Il en connaissait déjà évidemment les grandes lignes puisqu'il avait travaillé dessus, conduisant les agents à l'entrepôt. Seul le dernier chapitre écrit lui était étranger : les recherches engagées depuis l'incendie. Les agents lui apprirent avoir plusieurs pistes, d'après ses propres déductions antérieures, bien sûr, mais aussi d'après les intuitions de Don qui lui soufflaient de fouiller du côté de l'université.

- C'est par là qu'on va chercher d'abord.

Larry et Amita le regardèrent, bouche bée : cela allait totalement à l'encontre de leur dernière conversation. Il s'était alors violemment emporté contre ce qu'il appelait l'idée fixe de Don de trouver un coupable dans leurs murs. Mais depuis, tant de choses avaient changé, et pour le pire !

Il voulait offrir sa revanche à son frère, et cette revanche, elle devait d'abord passer par la vérification de son hypothèse. Pourtant, il savait que, si celle-ci se révélait être la bonne, la culpabilité qui le crucifiait en serait encore renforcée. Mais il ne reculerait pas : fidélité, bravoure, intégrité. Il serait fidèle au serment de Don.

Ses compagnons obtempérèrent à ses suggestions. Outre qu'ils pensaient que ce n'était pas du temps perdu, ils étaient conscients que Charlie n'était pas dans son état normal, et qui aurait pu le lui reprocher ? Il y avait en lui ils ne savaient quoi d'alarmant, cette impression diffuse qu'ils étaient en présence de quelqu'un prêt à exploser à la moindre occasion. Et c'était bien ce qu'était Charlie en ce moment précis : une bombe à retardement dont la minuterie s'était déclenchée au moment même où son frère perdait la vie.


Cissy  (31.03.2009 à 17:56)

Activité récente
Dernières audiences
Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E201
Lundi 8 juin à 20:40
2.12m / 11.3% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E201
Lundi 8 juin à 19:15
2.04m / 15.0% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Ici tout commence, S06E201
Lundi 8 juin à 18:35
1.83m / 17.5% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Vanina - Un vicequestore a Catania, S02E03
Dimanche 7 juin à 21:10
2.22m / 13.3% (Part)

Logo de la chaîne M6

NCIS, S23E03
Samedi 6 juin à 21:10
0.85m / 5.6% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E04
Vendredi 5 juin à 22:00
2.82m / 20.3% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E03
Vendredi 5 juin à 21:10
3.25m / 20.6% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E199
Vendredi 5 juin à 20:40
1.47m / 9.7% (Part)

Toutes les audiences

Actualités
Netflix dévoile son Scooby-Doo pour la série live-action Scooby-Doo : Origins

Netflix dévoile son Scooby-Doo pour la série live-action Scooby-Doo : Origins
Scooby-Doo montre enfin le bout de sa truffe ! Netflix a dévoilé la première image du célèbre chien...

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors
Après The Affair et plus récemment Doctor Odyssey, Joshua Jackson s'offre un nouveau projet télévisé...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones
Plusieurs nouvelles séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs anglophones....

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Les diffuseurs francophones européens vous proposent une dizaine de nouvelles fictions. Lesquelles...

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques
Alors que la saison 1 du reboot de La Petite Maison dans la Prairie n'arrivera sur Netflix que le 9...

HypnoRooms

CastleBeck, 02.06.2026 à 11:38

Bannières et thème en vote, si vous avez 30 secondes pour cliquer. Merci.

choup37, 06.06.2026 à 12:26

Nouveaux sondages sur kaamelott et Doctor Who

ShanInXYZ, Avant-hier à 02:07

Nouveau sondage sur le quartier Cat's Eyes, pas besoin de connaître la série

Luna25, Avant-hier à 08:58

Nouveau mois sur les quartiers Legends of Tomorrow, Reign et Supernatural, n'hésitez pas à passer !

Viens chatter !

Newsletter

Les nouveautés des séries et de notre site une fois par mois dans ta boîte mail ?

Inscris-toi maintenant

Sondage

Un peu d’amour dans un monde de brutes. Parmi ces couples, lequel aviez-vous vu venir dès le départ ?

Plus d'infos / Commenter

Total : 58 votes
Tous les sondages