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Série : Numb3rs
Création : 20.03.2009 à 18h00
Auteur : juliabaku
Statut : Terminée
« Un épisode où Don ne sera pas très présent , écrit en collaboration avec Cissy. » juliabaku
Cette fanfic compte déjà 43 paragraphes
CHAPITRE XVI
Bureaux du F.B.I.
Colby et Nikki étaient en train de donner tous les dossiers à Charlie. Ils se demandaient si ce dernier allait réussir à se concentrer essentiellement sur l'enquête, sans se laisser aveugler par un désir de vengeance. Car l'affaire dont il s'agissait n'était pas comme toutes celles qu'il avait menées jusqu’à présent.
Avec une certaine dextérité, Charlie feuilleta le dossier, lisant les grandes lignes, soulignant les points les plus importants, barrant les moins utiles. Les chiffres volaient entre les lettres et les feuilles. Comme un magicien, il passait d'une équation à une autre, d'un graphe à un autre. Et plus le temps passait, plus des noms s'inscrivaient sur le tableau.
Colby et Liz laissèrent alors le mathématicien et son équipe avec David, tandis qu'ils allaient poser quelques questions aux différents groupes de suspects que Don avait mis sur sa liste.
Dans l'ascenseur, Colby et Liz étaient en train de descendre au parking. Colby semblait être sur les nerfs, alors que Liz gardait son calme, un calme olympien. Elle savait que David l'avait choisie pour rester avec Colby afin que ce dernier ne fasse pas de choses trop impulsives, et qu'il sache se contrôler.
« Colby, nous allons d'abord interroger ces gangs de rue en priorité. D'après les premières études de Charlie, ils étaient ceux qui avaient la plus forte probabilités de commettre ce genre de délit.
- Après on passera à quoi, hein ? On va faire tous les groupes de la liste et on va les voir un par un, c'est ça ? répondit Colby en colère, ne pouvant plus canaliser la rage à l'intérieur de lui.
Liz resta calme. Ces mots lui faisaient mal, mais elle savait que ce n'était pas une perte de temps. Maintenant, elle se disait qu'elle devait faire quelque chose. Qu'elle devait calmer son coéquipier pour permettre d'avancer dans l'enquête.
« Si on fait ça c'est justement pour progresser dans l'affaire. On ne peut pas avancer à l'aveuglette. Charlie fait de son mieux. Mais ne lui en demande pas trop. C'est vrai que c'est une épreuve pour nous, mais mets-toi à sa place, conclut Liz , alors que les portes de l'ascenseur s'ouvraient, permettant aux deux jeunes gens de sortir et de se diriger vers le parking.
Colby se gratta la tête, et tandis qu'il montait dans la voiture, côté conducteur, les remords lui serraient la gorge.
« Je suis désolé. Je ne voulais pas dire ça. Depuis cet accident, tant de choses ont changé, répondit l'agent Granger avec un accent de regret dans sa voix.
- Je crois que tout le monde en ce moment est sous pression. Mais si l'un de nous venait à faire n'importe quoi, alors les efforts qu'a faits David ne serviront plus à rien.
- Oui tu as raison. Bon. On va les interroger ces suspects.
Liz voyait le visage de Colby se détendre, être moins tiré, lui faisant comprendre que sa colère s'était apaisée, et qu'ils pouvaient, à partir de ce moment, partir à la recherche d'informations.
Dans le bureau du F.B.I., David veillait à ce que Charlie n'aille pas au-delà de ses forces, ou qu'il ne se laisse dominer par la colère. L'agent s'était donné comme mission de veiller sur celui qui était si précieux pour Don. Ne pas le laisser sombrer dans le désespoir, ni dans la colère. Larry passa près de David avec des gobelets de café.
« Apparemment notre mathématicien a repris du poil de la bête, remarqua Larry en tendant un des gobelets à David.
- Oui, c'est vrai. Espérons que cette épreuve ne soit pas trop dure pour lui. Et qu'il arrive à se concentrer.
David porta à ses lèvres le gobelet de café chaud, et but petite gorgée à petite gorgée.
- Comment peut-on faire des choses si horribles ? demanda Larry.
- Mmmm... Je n'en sais rien. Ce qui est certain, c'est qu'on les coincera et qu'ils payeront pour tous ces morts.
Larry hocha positivement de la tête, rejoignant ses collègues pour leur donner leur dose de caféine.
*****
« Et trois cafés chauds !!! hurla Larry en posant les cafés sur la table.
- Merci beaucoup Larry, répondit Amita en se servant.
Mais l'attention de la jeune physicienne se portait surtout sur Charlie qui ne se concentrait que sur ces mathématiques.
- Charlie. Fais une pause, et prends un café, demanda Amita d’une voix pleine de douceur.
- C'est un groupe...Ils n'ont jamais agi seuls, répondit le mathématicien, la tête dans ses équations.
- Oui, Don avait déjà pensé à ça, donc... commença David avant d’être interrompu par Charlie.
- Non, ce que je veux dire, c'est qu'il est certain que c'est un groupe. Et pas n'importe quelle forme de groupe.
- Comment ça ? demanda Larry.
- Eh bien, pour pouvoir organiser de tels incendies il faut aussi bien avoir des connaissances en pyrotechnique, que sur les études de terrain.
- Ce qui veut dire qu'il y a un chef d'action et quelqu'un qui récolte les informations, continua Amita.
- Pas seulement...Prenez les fourmis, ou les abeilles par exemple. Elles ont toutes les deux des reines mères qui donnent leurs ordres, et permettent la construction de leur société. Il y a aussi les éclaireurs et les gardes, et enfin les simples soldats. Ceux qui effectuent les tâches ingrates.
- Ca y est j'ai compris. En fait il s'agit d'un groupe avec plusieurs rangs de hiérarchie, conclut David.
- On peut donc exclure tout les actes isolés, enchaîna Larry.
- Et si j'avais un peu plus informations sur les différents groupes, je pourrais savoir quel groupe a une hiérarchie ressemblant à celui qui a commis ces actes. Et après, calculer les probabilités d’un groupe d'être notre groupe meurtrier.
David hocha de la tête, tandis que Nikki arrivait à son tour.
« Colby et Liz viennent de téléphoner. Ils disent que les gangs qu’ils ont été voir dans les rues à risques ont des alibis, leur apprit Nikki en donnant des dossiers à David et Charlie.
- Des alibis ? questionna David.
- Ils ont été interpellés par la police au moment des incendies. Il y a eu plusieurs descentes de la part de la police, continua Nikki.
- Donc ce n'est pas un gang, soupira David.
- Non, mais la structure doit ressembler à celle d'un gang, et ils doivent aussi avoir un bon mobile, commença Charlie. Nous avons vu ici, que dans la plupart de ces actes, les motivations étaient à but écologique.
- Donc nous devons nous concentrer sur les associations de défense de la nature, proposa Larry.
- Ou alors sur des personnes en ayant fait partie, et qui étaient trop violents, finit David en se rendant avec Nikki à leurs bureaux pour faire leurs recherches.
L'attente ne fut pas trop longue, et plusieurs associations ressortirent du lot. Il fallait maintenant vérifier tout ça.
« O.K., Nikki envoie les coordonnées à Liz et Colby. On a bien avancé. Maintenant il faut trouver les cerveaux de cette affaire ! hurla David en allant informer le sous directeur.
CHAPITRE XVII
Bureaux du F.B.I.
Charlie laissa tomber le marqueur, atterré, dévoré par un sentiment de culpabilité intense. Amita s'approcha de lui et lui mit les mains sur les épaules, inquiète :
- Qu'est-ce qui t'arrive mon amour ?
Il la regarda et son cœur se serra en voyant l'infinie souffrance qui habitait son regard.
- Il avait raison ! Oh mon Dieu, Amita ! Il avait raison !
- Quoi ? De quoi parles-tu Charlie ?
- De Donnie ! C'est lui qui avait raison. Tout se recoupe ! Et tout prend racine à l'université !
Elle le regarda, comprenant, en un éclair, ce qui le torturait. Et elle s'en voulut de l'avoir laissé seul quelques heures, le temps d'aller dormir un peu : après quarante-huit heures de recherches quasi-ininterrompues, elle était à bout de forces et lui-même l'avait incitée à aller se reposer en disant qu'il allait bien et qu'elle n'avait pas à s'en faire pour lui. Et pendant ce temps, ses calculs venaient de le conduire là où elle redoutait qu'il arrive : à la conclusion que Don avait raison. Il ne lui vint pas à l'esprit une seconde de contester le résultats des recherches : elle savait que Charlie n'avait pas fait d'erreur. Et elle savait aussi ce qui allait suivre.
- Je ne l'ai pas écouté Amita. J'ai refusé de travailler sur son hypothèse.
- Charlie... Je suis sûr que Don comprenait.
- Tu n'étais pas là Amita ! Tu n'as pas vu ce regard qu'il m'a lancé quand je lui ai dit que les gens pour qui je travaillais n'en valaient pas la peine. On aurait dit que je l'avais giflé !
- Arrête de te torturer, ton frère ne l'aurait pas voulu.
- Amita. Si j'avais fait plus tôt cette recherche, il ne serait pas mort !
- Ca suffit Charlie ! Tu n'en sais strictement rien !
- Bien sûr que si. L'enquête se serait dirigée dans une toute autre direction. Peut-être même que les terroristes auraient été arrêtés avant l'incendie de l'entrepôt. Et mon frère serait toujours vivant !
- Charlie, tu te fais du mal pour rien. On ne peut rien changer à ce qui est arrivé. C'était le destin.
- Le destin ? Comment peux-tu parler ainsi Amita ? C'était le destin que mon frère meure dans des circonstances atroces, brûlé vif, en pensant que je l'abandonnais, que pour moi il ne valait pas la peine que je m'implique, que je le méprisais ?
- Charlie, Don savait très bien que tu n'avais aucun mépris pour lui.
Il ne l'écoutait pas, plongé dans ses pensées.
- Tu imagines ce qu'il a enduré Amita, environné par les flammes, incapable de leur échapper, me maudissant peut-être de lui avoir refusé mon aide, persuadé que je... ?
- Charlie !
Elle tenta de l'entourer de ses bras mais il la repoussa.
- Il n'est rien resté de lui Amita. Rien du tout ! Mon frère a disparu dans cet entrepôt et, la dernière chose que je lui ai dite, c'est qu'il ne valait pas la peine que je l'aide ! Imagine ce qu'il a souffert.
La scientifique en elle reprit le dessus :
- Charlie, tu sais très bien qu'il n'a pas dû souffrir longtemps. Les émanations toxiques l'auront tué bien avant les flammes.
Elle s'aperçut qu'il la regardait, horrifié, comme si elle venait d'énoncer une énormité, comme si, elle en eut soudain conscience avec un pincement terrible au cœur, il lui en voulait d'être capable de dire de telles choses, de rester objective, alors qu'elle parlait de la mort de son grand frère. Amita le regardait, les larmes aux yeux, ne sachant pas comment l'aider, comment lui permettre de surmonter ce terrible sentiment de culpabilité qui le dévorait.
- Il n'est rien resté de lui Amita. Il n'est rien resté de mon grand frère !
Il la laissa enfin le prendre dans ses bras et fondit en larmes sur son épaule. Amita comprenait sa réaction : c'était vrai. Lui et Alan n'avaient même pas eu la chance de pouvoir se recueillir sur le corps de leur mort, cette étape tellement nécessaire pour commencer le travail du deuil. Etant donné la chaleur dégagée lors de l'incendie attisé par les produits chimiques de l'entrepôt, tout ce qu'on avait retrouvé c'était un monceau calciné de poutres, tôles, plastiques enchevêtrés et amalgamés. Aucune chance de retrouver des restes humains dans ce chaos. D'ailleurs, pensait-elle, cela valait sans doute mieux. Il y a des circonstances ou la reconnaissance du corps est pire encore que sa disparition. Au moins Alan et Charlie garderaient de Don l'image intacte de l'agent plein de vitalité et non l'horrible vision d'un corps rabougri et méconnaissable.
Et puis Charlie se releva tout à coup, et sécha ses larmes d'un revers de la main.
- Je vais donner mes conclusions à David. Maintenant que nous savons où chercher, ça ne devrait plus être long !
Elle frémit en entendant le ton implacable de sa voix lorsqu'il avait prononcé ces mots. Elle avait peur de ce qu'il était capable de faire, obnubilé par son chagrin bien sûr, mais surtout par le remords terrible qui le rongeait depuis la disparition de son frère. Remords de cette dernière dispute et surtout de la peine qu'il lui avait faite, et remords de ne l'avoir pas écouté. Elle savait que ce remords risquait de le détruire : comment lui faire comprendre que, même s'il avait suivi la piste de l'université dès que son frère le lui avait demandé, cela n'aurait peut-être rien changé au cours des événements ? Nul ne le saurait jamais malheureusement, et elle savait que c'était ça qui le rongerait jusqu'à la fin de ses jours.
CHAPITRE XVIII
Calsci
Après les conclusions de Charlie, il ne fallut pas beaucoup de temps à David pour retrouver les coordonnées de trois associations de défense de l’environnement dont les dirigeants travaillaient à l’université. Il envoya donc ses collègues sur le terrain pour tenter d’en savoir plus.
Colby et Liz entrèrent à l'université dans l’intention d'aller voir les responsables de ces associations pour la protection de la nature. Liz avait demandé à Colby de ne pas se séparer, pour éviter qu'ils risquent de se faire tout de suite des idées fausses. Cela leur paraissait un peu étonnant de penser que quelqu'un de cette université pouvait commettre des actes comme ceux qui leur étaient reprochés. Ils n'imaginaient pas des personnes travaillant dans la même enceinte que Charlie, Larry et Amita être si meurtrières. Mais ils se rendaient à l'évidence : chacun des attentats avait nécessité des connaissances technologiques poussées. Et c'est ici qu'ils pourraient avoir le maximum d'informations sur qui était capable de mettre ces connaissances en application.
*****
Ils entrèrent alors dans le bureau du Professeur Stanislas Orblaatcheev, le premier des suspects répertoriés. Là, ils le virent avec quelques uns de ses élèves. Voyant les agents du F.B.I. arriver il demanda aux étudiants de sortir.
- Que puis-je faire pour vous ? demanda-t-il alors que Colby montrait sa plaque.
- Nous voudrions vous poser quelques questions sur votre association de protection de la nature, commença Liz, calme, tranquille.
Le professeur s'étonna dans un premier temps, mais rapidement il afficha un visage inquiet.
- Nous sommes une petite association d'une trentaine de personne. Nous cherchons a démontrer que l'on peut vivre sans toute la modernité d'aujourd'hui. Rien de plus.
- Vous êtes donc contre tout cela ? demanda Colby, en désignant d’un grand geste le matériel informatique dernier cri qui trônait sur le bureau, avec une touche d'ironie dans la voix.
- Oui. Mais nous n'imposons pas notre vision à tout le monde. Nous leur montrons, après à eux de nous suivre ou non.
- Et qu'arrive-t-il à ceux de votre association qui n'acceptent pas toutes vos conditions de vie ? Ils ne sont plus acceptés dans votre groupe ? questionna Colby.
- Non !!! s'énerva le professeur. Beaucoup d'entre nous ne respectent pas totalement ce mode de vie. Et je les comprends. Ils ont toujours été bercés par cette modernité, alors on ne peut pas changer du jour au lendemain. Il n'y a pas de sanctions. Nous ne sommes pas violents, et nous sommes ouverts d'esprit.
Les deux agents ne purent en savoir plus, car le professeur se sentait pas à l'aise du fait que Colby semblait ne pas mettre du sien pour l’interroger sans le braquer.
Comprenant qu'ils n’en tireraient rien d'autre, Liz entraîna Colby vers le couloir pour se diriger vers la prochaine salle pour l'entrevue avec le professeur MacArthur Ephrazer.
*****
Avant d'entrer dans cette seconde salle, Liz prit Colby à part.
- Ecoute Granger. Je poserai les questions, et tu écoutes, O.K. ?!! Je n'ai pas envie que tous les professeurs se braquent parce qu'il ne seront pas à l'aise avec ton point de vue et ta manière de les interroger.
- Liz !!! Le tueur se trouve peut-être dans ces murs. Si on ne le fait pas réagir, on ne saura jamais qui il est.
- Ce n'est pas en le braquant que tu vas réussir à le faire sortir de son trou.
Se calmant, ils entrèrent alors dans le bureau.
*****
Ils purent voir un homme au visage assez dur en train d’exposer, en paroles claires, nettes et précises une théorie complexe. Autour de lui des élèves passionnés, et envoûtés, voire presque obsédés par les idées de cet enseignant, écoutaient sans l’interrompre. Liz arriva en montrant sa plaque. Les étudiants voulurent poser des questions pour protéger leur professeur, mais ce dernier leur fit signe de s'en aller. Légèrement déçus ils acceptèrent et se résignèrent à quitter les lieux.
- Que me veut le F.B.I. ?
- Il paraît que vous faites partie d'une association pour la défense de la nature au sein de cette université. Vous prônez, je crois, la non prolifération des machines de type avion, auto, etc… et le retour à d’anciennes traditions permettant de préserver l’environnement.
- Oui, c'est exact. Je défends entièrement cette idée, afin que les générations du futur puissent hériter d’une Terre saine. Et que certains accidents qui détruisent la nature n'arrivent plus à cause de l'homme.
Dans cette phrase, on pouvait sentir une détermination froide qui fit frissonner légèrement Liz.
- On peut savoir comment vous en êtes venu à défendre cette idée ?
Le visage de l’homme se ferma, puis il répondit qu'il n'avait pas confiance dans les nouvelles technologies, et qu'il pensait que c'était ça qu'il allait tuer la Terre.
- Nous avons vu qu'il y avait pas mal de vos étudiants près de vous souvent. Que se passe-t-il s'ils ne respectent plus votre idéologie ?
- Vous me demandez si je les punis ? Si je leur fais du mal ?!! Ce que je peux vous dire c'est que je leur rappelle bien ce que notre nouvelle technologie fait à notre terre. Mais il me semble que ce n’est pas encore un crime non ? Maintenant si cela ne vous dérange pas, j'ai un cours à assurer.
Les agents laissèrent alors le professeur partir tout en se demandant si c'était lui qui avait causé ce désastre. Son attitude semblait être suspecte. Mais parfois, ce sont ceux qui cachent bien leurs idées qui sont en réalité les plus dangereux, et les agents le savaient parfaitement.
*****
Enfin il entrèrent dans la dernière salle où se trouvait le professeur Forest Bishop Carter.
Celui-ci rangeait tranquillement ses copies dans son sac, quand il vit les deux agents du F.B.I. entrer.
- Oui ? Que puis-je pour vous ? demanda-t-il avant de voir les plaques du F.B.I..
- On aurait quelques questions à vous poser sur votre association pour la défense de la nature.
- Oh ? C'est pour moi une idée essentielle. Si l'on n'avait jamais créé cette association, personne n'aurait dénoncé le danger des machines polluant cette planète !!!
Liz ouvrit de grands yeux.
- Vous savez, il existe maintenant des voitures électriques...
- On croit toujours qu'elles sont moins polluantes, mais où est produite l'électricité ? Dans ces usines qui rejettent tant de dioxyde de carbone !
Le sujet semblait passionner le professeur.
- Et qu'arrive-t-il à ceux qui sont contre vos idées ? demanda Colby calmement.
- Je ne leur fais qu'un résumé de ce qui se passerait si tout le monde agissait comme eux. Pas plus, si c'est votre question.
- Personne ne vous juge monsieur. Nous ne faisons que notre travail.
Le professeur fronça les sourcils, et finit par dire :
- Je suis désolé de couper court à la discussion ; mais je vais être en retard à une conférence. Si vous n'avez plus besoin de moi…
Les deux agents le laissèrent partir. Ils pensèrent alors à aller récupérer un peu plus d'informations sur ces trois personnes auprès de l'administration. De toute façon ils n'allaient rien apprendre de plus en continuant à les interroger.
*****
Après avoir réuni un maximum de données sur les trois associations et leurs dirigeants, chargés de leurs dossiers, ils revinrent au F.B.I. Là, il les remirent à Charlie pour qu'il les étudie.
Y avait-il quelque chose à trouver ? Etaient-ils enfin sur la bonne voie ? Etait-il possible que, dans les lieux mêmes où son frère passait la majeure partie de sa vie, un individu impitoyable ait tramé ces attentats qui avaient abouti à la mort de Don ? Et comment réagirait Charlie si c’était bien le cas ?
CHAPITRE XIX
Bureaux du F.B.I.
Charlie compulsait fiévreusement les dossiers que lui avait remis David : c'était les antécédents connus des trois groupuscules écologistes qu'ils avaient localisés à Calsci. Les agents avaient rencontré les responsables de ces groupes. Apparemment, aucun d'entre eux ne semblait mêlé à leur affaire, même si tous les trois professaient des théories plus ou moins extrémistes pour obliger les Terriens à prendre enfin un peu soin de leur planète. Ils avaient donc demandé au mathématicien de procéder à une étude de probabilités pour savoir si l'un des trois groupes était concerné, de près ou de loin, par toute cette horreur.
Charlie s'était mis au travail avec ardeur. Chaque tâche qu'on lui confiait pour résoudre cette affaire lui apparaissait comme un moyen de se racheter aux yeux de son frère, une planche de salut pour atténuer, si peu que ce soit, l'épouvantable remords qui lui rongeait le cœur. Remords de n'avoir pas su faire comprendre à son frère combien il l'aimait, combien il comptait pour lui, remords de ne l'avoir pas cru lorsqu'il avait élaboré la théorie selon laquelle il n'était pas impossible que le cerveau du groupe se trouve à Calsci, remords de l'avoir envoyé ce jour-là dans cet entrepôt de produits chimiques sans avoir préalablement évalué les risques que les terroristes aient déjà entrepris leur macabre besogne, et surtout, remords de l'avoir laissé partir avec ces mots atroces dans la tête : « Ce que je me demande, c'est si ceux pour qui je travaille en valent la peine eux ! ». Et ce remords là, plus que tous les autres, le tuait à petit feu.
Il n'y avait que lorsqu'il avait l'esprit occupé par ses mathématiques que le remords reculait un peu. Et s'il pouvait l'occuper justement à aider à coincer les responsables de la mort de son frère, c'était encore mieux. Il n'envisageait pas une seconde que ceux-ci pussent échapper à la police. On devait les mettre hors d'état de nuire : au nom de tous ceux qu'ils avaient fait souffrir par leurs actions, au nom de tous ceux qu'ils avaient brisés dans leur sacerdoce aveugle, au nom de Don qui ne pourrait jamais plus donner d'ordres à son petit frère.
« Oh Donnie... Si seulement tu étais ici, gémit Charlie. Tu pourrais me demander n'importe quoi, je le ferai je te le jure. Je donnerai tout au monde pour que tu m'ordonnes de faire juste ce que tu me demandes et un point c'est tout !
Une larme roula sur sa joue qu'il essuya rageusement : ce n'était pas le moment de pleurer. Il aurait tout le temps pour le chagrin après, lorsque les meurtriers auraient payé pour leur forfait !
Il se replongea avec une ardeur renouvelée dans la liasse de papiers devant lui, s'efforçant de ne plus laisser son esprit vagabonder vers ce qui avait été, ou ce qui aurait pu être. Il devait garder la tête froide et affûter son raisonnement : si l'un des trois groupuscules était impliqué, il devait en faire la preuve. Ensuite le F.B.I. ferait le reste.
*****
Il s'aperçut très vite qu'il connaissait très bien l'un des meneurs dont il était question : Stanislas Orblaacheev était un professeur assistant en physique avec lequel Larry collaborait régulièrement et les deux hommes avaient donc eu l'occasion de se rencontrer à maintes reprises. Il aimait bien le jeune émigré de vingt-huit ans qui l'amusait par ses prises de position à l'emporte-pièce et sa naïveté face aux réalités du monde qui l'entourait. C'était le type même du rêveur égaré dans un univers qu'il ne comprenait pas. Il mettait en pratique ses théories : chez lui pas d'électricité, pas de chauffage, pas de vêtements synthétiques, pas de nourriture non biologique et tout à l'avenant. Bien entendu il n'avait pas de voiture. Sa seule concession à la modernité lui avait été imposée par l'administration : c'était l'ordinateur qui trônait sur son bureau et lui permettait de tenir à jour les dossiers de ses étudiants. Et tout son travail de physicien n'était tourné que vers un but : démontrer la possibilité de vivre autrement, sans épuiser la bonne vieille Terre jusqu'à la rendre stérile et froide. En soi Charlie comprenait son combat, mais il ne pouvait s'empêcher de penser que cet extrémisme ne conduisait à rien. D'ailleurs rares étaient les étudiants qui écoutaient Orblaacheev. Il avait rassemblé autour de lui une dizaine de jeunes tout aussi illuminés et inoffensifs qu'il l'était lui-même et ils vivaient en autarcie sur un petit lopin de terre acheté à une dizaine de kilomètres du campus.
Non, décidément ça ne collait pas ! Orblaacheev n'aurait jamais attenté à la vie de qui que ce soit. Pour lui toute forme d'existence était sacrée, il se rapprochait en cela de la vision bouddhiste du monde. D'un geste décidé, Charlie mit de côté le dossier concerné : et un de moins !
*****
Le suivant était celui de MacArthur Ephrazer. Celui-là, Charlie le connaissait moins bien : ils n'évoluaient pas dans les mêmes sphères. C'était un homme dur, aigri par la perte de sa femme et de son fils dans un accident d'avion quelques années auparavant. C'était cette tragédie qui l'avait conduit à refuser le monde et ses outrances. Lui, par contre, faisait un bon suspect : il avait le potentiel, l'intelligence et l'opportunité de mener chacune des actions imputées à ce groupe. Plus le temps passait, plus il se radicalisait et dans son discours et dans ses actes. L'administration de l'université l'avait d'ailleurs mis en garde à plusieurs reprises et il se trouvait actuellement en probation : au prochain dérapage, verbal ou comportemental, il sautait.
Comme tous les bons professeurs, Ephrazer voyait graviter autour de lui un groupe d'étudiants passionnés qui se seraient faits couper en huit pour lui. Certains d'ailleurs avaient déjà eu des ennuis avec les autorités pour avoir agi en dehors de la loi, soit à l'instigation directe de leur mentor, soit pour lui plaire en lui démontrant qu'ils allaient dans son sens. Cependant, ils n'étaient jamais allé au-delà de déprédations, qui avaient quand même coûté, pour certaines, plusieurs milliers de dollars de réparations, d'actes d'intimidation jamais suivis d'exécution, ou de manifestations illégales qui se terminaient généralement au poste de police.
Cependant, tôt ou tard, ce groupuscule risquait de basculer du côté de la violence. Il suffirait de peu : une opération mal préparée, un membre un peu plus fébrile, un nouvel adepte partisan de méthodes plus radicales... Qui sait si ce n'était pas déjà le cas?
Charlie hésitait : c'était possible. Mais il ne pouvait pas, dans l'état actuel de sa réflexion, formuler ne serait-ce que le mot : probable. Alors quoi ? Attendre et voir ? Attendre... C'était au-dessus de ses forces. Par acquit de conscience, il demanda à Amita de travailler sur la théorie des réseaux sociaux autour de ce groupe. Il ne laisserait aucune piste de côté.
*****
Lorsqu'il ouvrit le troisième dossier, la photo qui s'affichait, retenue par un trombone à la première page dactylographiée, lui sauta immédiatement aux yeux : Forest Bishop Carter ! Alors lui il le connaissait bien ! Celui-ci, bien que plus âgé que lui de trois ans, avait été son professeur assistant pendant un an avant que leurs divergences d'opinions ne le conduise à demander qu'il soit affecté comme assistant à quelqu'un avec qui il s'entendrait un peu mieux.
Forest Bishop Carter ! Ca c'était un candidat sérieux, songeait Charlie. C'était un professeur assistant terriblement intelligent mais dont la carrière était entravée par son comportement presque fanatique sur certains sujets : celui de l'écologie notamment. Si on l'écoutait, quiconque utilisait sa voiture pour faire moins de cinq kilomètres était à mettre dans le même sac qu'un tueur en série. Il vomissait les concessionnaires de grosses cylindrées de luxe, les industries chimiques de tout crin, les promoteurs qui, à son sens, défiguraient les paysages que la nature leur avait offerts.
Ses théories étaient un mélange d'obscurantisme d'un autre temps, d'extrémisme religieux et de délires visionnaires qui s'amalgamaient dans un discours violent et intransigeant. Charlie se souvenait avoir souvent été choqué par les prises de position de cet homme, aigri par la position subalterne à laquelle son attitude le condamnait, et qu'il prenait pour de l'acharnement de la part des pollueurs pour l'empêcher d'atteindre un vaste public et de faire enfin œuvre utile.
Forest Bishop Carter ! Charlie se demandait pourquoi, à aucun moment, il n'avait pensé à lui. Cela paraissait pourtant si évident ! Il était largement assez compétent pour avoir tramé tous les incendies et assez dénué de compassion pour ne pas s'inquiéter des victimes potentielles. Il faisait partie de ces gens faisant leur, la théorie selon laquelle toute personne fait partie du problème : les victimes ne sont pas à plaindre parce que, si elles étaient là où elles étaient lorsque l'incendie avait éclaté, c'est qu'elle faisait partie de l'immense complot mondial destiné à ne laisser survivre, sur une Terre appauvrie et sous perfusion, qu'une élite dirigeant un troupeau d'esclaves soumis, non par la force et la terreur, mais par la simple satisfaction de besoins matérialistes et l'abrutissement de masse dispensé par les médias.
Charlie savait qu'il tenait quelque chose : Carter était un homme dont le fanatisme se doublait d'un réel charisme. Le mathématicien se souvenait de l'adoration manifeste qu'avaient ses étudiants pour l'étrange assistant pourtant si dur avec la plupart d'entre eux. Il aurait pu leur demander n'importe quoi : ils l'auraient fait sans hésiter, fascination étrange faite à la fois d'attirance profonde et de répulsion diffuse, mâtinées par une réelle frayeur envers leur idole.
Le remords vint à nouveau lui broyer la gorge et pendant un instant il eut l'impression de suffoquer. Comment n'avait-il pas soupçonné Carter dès que Don avait mentionné la possibilité d'une piste universitaire ? Quel était ce démon qui l'avait poussé à refuser définitivement cette option, sans même la soumettre à un simple calcul de probabilités ? Quelle était cette supériorité dont il se croyait investi qui l'avait conduit à ne pas même vouloir envisager ce cas de figure ,simplement parce que c'était Don qui le lui soumettait ? Et comment pourrait-il jamais se pardonner s'il s'avérait que Carter était effectivement leur homme ? Car, si c'était le cas, il aurait suffi qu'il donne son nom à son frère et celui-ci n'aurait eu aucun mal à démontrer son implication, avant même l'épisode de l'entrepôt puisqu'à ce moment-là, ça faisait déjà trois jours qu'il lui réclamait cette étude. Et alors...
Charlie se secoua : rien ne servait de s'emballer à tort. Il devait rester rationnel et ne pas se laisser influencer ni par les événements passés, ni par ce qu'il pensait de Carter. Car il devait s'avouer que cela lui plairait que l'assistant fut enfin mis hors d'état de nuire sur le campus. Cela faisait longtemps maintenant qu'il déplorait l'influence pernicieuse qu'il exerçait sur quelques étudiants plus fragiles, en quêtes de repères, même les plus extrêmes. Il se souvenait de cette jeune femme, douée mais si perdue, qu'il avait eu dans son cours quelques années auparavant. Il aurait aimé la prendre sous son aile pour l'aider à trouver sa voie. Mais elle était tombée sous le charme de Carter qui n'avait fait qu'une bouchée d'elle. Ce qui s'était passé exactement, nul ne l'avait jamais su. Une grande histoire d'amour qui tourne au drame ? Une passion non partagée ? Une idole qui tombe un jour de son piédestal ? Toujours est-il que la jeune femme, un matin, avait sauté du haut d'un pont sur la voie rapide qui s'étendait au-dessous d'elle. Et Carter n'avait même pas semblé se rendre compte de sa disparition.
Charlie avait essayé, à cette occasion, de le faire renvoyer de l'université. Mais le professeur assistant avait, malgré ses défauts et son comportement ombrageux, quelques protecteurs puissants dans le conseil d'administration. Il était en outre défendu par le professeur titulaire dont il dépendait et qui appréciait grandement ses compétences, son savoir-faire et son dévouement. Il était donc resté. Mais jamais il n'avait pardonné à Charlie son ingérence et, lorsque les deux hommes se croisaient sur le campus, le mathématicien, si lui ignorait son vis-à-vis, ne pouvait pas s'empêcher de frissonner sous l'intensité de la haine que reflétait le regard de Carter.
Déterminé à ne plus commettre d'erreurs, ni dans un sens ni dans l'autre, Charlie se lança frénétiquement dans un calcul de probabilités : Ephrazer ? Carter ? Carter ? Ephrazer ? Et le gagnant était :
CHAPITRE XX
Bureaux du F.B.I.
« Forest Bishop Carter ! Je crois que c'est notre homme!
David se tourna vers le mathématicien, soudain tendu comme un arc.
- Tu es sûr Charlie ?
- Il y a plus de quatre-vingt-cinq pour cent de chances qu'il soit impliqué. Tiens, regarde !
Charlie, fébrile, développa pour David tout l'enchaînement de sa théorie.
- Et puis ça colle. J'ai demandé des vérifications au fur et à mesure : à chaque incendie, à chacun tu m'entends ! il avait l'opportunité d'agir, d'une manière ou d'une autre.
- Donc, tu penses qu'il pourrait être le cerveau du groupe.
- C'est certain. Lui et son âme damnée : Robert Manchot. C'est un type qui traîne régulièrement sur le campus sans qu'on sache vraiment quel y est précisément son rôle. Il est toujours fourré avec Carter et semble tout aussi fanatique que lui.
- Tu as une idée pour les autres ?
Charlie posa devant lui trois photographies : celle de trois jeunes gens d'à peine vingt ans et sa voix se fit triste en disant :
- Je pense aux frères Lewis : Louis et Jules et à Emilie Banister, la fiancée de Jules. Ce sont trois étudiants pas particulièrement doués, un peu paumés, en quête de repères : les cibles idéales pour des manipulateurs comme Carter et Manchot.
- D'accord. Tu as raison, ça vaut le coup de creuser de ce côté-là. Merci Charlie. Je lance tout de suite une recherche pour savoir où...
Charlie ne le laissa pas terminer sa phrase : il lui tendit un papier sur lequel était griffonnée une adresse :
- Tiens, c'est déjà fait. Je suis certain que tu les trouveras là. J'ai pris mes renseignements auprès de l'administration. Aucun des cinq n'a réapparu sur le campus depuis l'incendie.
Interdit, David contemplait la feuille que venait de lui tendre Charlie.
- Mais... C'était notre boulot ça Charlie, pas le tien !
- Je devais le faire David, tu comprends, pour Don. Si j'avais fait cette recherche avant, mon frère serait toujours en vie. Si je l'avais lancée quand il me l'a demandée, j'aurais abouti aux mêmes conclusions et vous seriez intervenus avant que ce malade ne piège l'entrepôt.
- Charlie, tu n'en sais rien. Nul ne peut dire comment les choses auraient tourné. Tu n'es responsable de rien Charlie, tu m'entends ?
David s'inquiétait du mutisme du mathématicien. Celui-ci semblait perdu dans ses pensées et son regard dur, si éloigné du regard qu'il avait habituellement, inquiéta l'agent.
- Charlie... A quoi tu penses ?
- A Donnie. Il ne méritait pas de mourir comme ça David...
Les larmes commencèrent à rouler sur les joues de Charlie et David, ému, lui passa un bras autour des épaules pour tenter de le réconforter.
- Charlie, ça ne sert à rien de te torturer avec ça. Don ne l'aurait pas voulu. Il aurait aimé que tu sois courageux, comme tu l'es depuis ces deux derniers jours. Personne n'aurait pu être plus efficace que toi Charlie. Et si tu as raison, alors tu auras vengé ton frère. Crois-moi, si c'est ce Carter le responsable, il ne nous échappera pas.
- C'est lui David, je te l'assure.
- Je te crois Charlie. On va y aller tout de suite.
- Je viens avec vous.
- Pas question Charlie. Ce n'est pas ta place !
David ne voulait surtout pas que le mathématicien les accompagne. Qui sait ce qu'il serait capable de faire si sa théorie s'avérait exacte, ce dont David ne doutait pas ? Qui sait s'il ne serait pas capable de commettre une folie, aveuglé par le chagrin et le remords ? Il ne le laisserait pas prendre ce risque : Don ne lui pardonnerait pas de laisser son petit frère se fourvoyer dans une voie sans issue.
- Pas question Charlie. Si tu veux, tu peux nous attendre ici. Mais tu ferais beaucoup mieux de rentrer chez toi. Je te promets de te tenir au courant !
CHAPITRE XXI
Bureaux du F.B.I.
Devant l’air intransigeant de l’agent, Charlie n’essaya pas d’insister plus longtemps. Il avait fait sa part de travail : il avait identifié et localisé les pyromanes. Son frère serait fier de lui, il avait trouvé la manière de le venger, de capturer ces malfrats.
- Merci beaucoup Charlie. On va les coincer !!! Et ça grâce à toi. Sois sûr que si Don était là, il serait fier de toi, dit David en prenant son téléphone, et en composant le numéro de Colby.
- Colby, on a l'adresse du chef de ces pyromanes. Tu vas y aller avec Liz. On te rejoint sur place.
David donna l'adresse et partit à son tour, laissant Charlie seul dans les locaux du F.B.I..
Ce dernier alla s’installer au bureau de son frère. Il y avait des photos de Robin et de lui, ainsi que des photos de famille. S'installant sur la chaise où s’asseyait son frère. Charlie réfléchissait. Son frère ne reviendrait certes plus, mais il devait être fier en ce moment. Cependant, un sentiment d'injustice, et de colère l’agitait toujours. A chaque fois qu'il regardait ce bureau, il sentait un vide, mais aussi il se sentait attiré par ce qu'il pouvait trouver dans ce tiroir : le tiroir de Don. Avec un peu d'appréhension, il l'ouvrit. Et là, tout fut clair.
Une lueur apparut dans ses yeux. Il avait trouvé le moyen de corriger cette injustice de la vie. Certes cela ne permettrait pas de faire revenir Don, mais cela aurait au moins la possibilité de soulager sa conscience, et d'aider la société. L'objet qui semblait avoir beaucoup d'intérêt pour Charlie, était aussi cause d'un tiraillement. Un combat entre la raison et l'instinct était en train de se faire. N'étant pas sûr, il prit l'objet, et le cacha. Il referma le tiroir et partit demander conseil à la personne qui saurait quoi faire. Il partit donc voir son père.
CHAPITRE XXII
Los Angeles
En ville, Colby et Liz venaient de se rendre à l'adresse indiquée. Carter était le maître des lieux. Il faisait d'ailleurs partie des suspects que Don avait dans sa liste d’origine. Un professeur assistant qui était lui aussi à Calsci, spécialiste en physique, et dont la spécialité était la combustion. Evidement, les deux agents avaient pris soin d'appeler les renforts. Mais ils voulaient agir rapidement afin d'appréhender au plus vite le suspect avant qu'il ne s'aperçoive de quoi que ce soit. Colby se mit alors près de la porte, faisant signe à Liz qu'ils allaient entrer à son signal. Les deux agents préparèrent leur armes. Ils savaient que l'homme serait sûrement surpris, mais aussi qu’il était peut-être armé.
Malgré la peur, malgré ces gouttes de sueurs qui leur coulaient sur le front et brouillaient légèrement leur vision, ils entrèrent en hurlant leur appartenance au F.B.I..
*****
Sur la route, David avait pris note, que Colby et Liz entraient dans la maison afin d'intercepter le dit suspect. Inquiet, il se pressa, sans pour autant mettre la vie des gens en danger. Il ne voulait pas qu'un autre membre de son équipe soit à son tour tué. Il savait que Don ne l’aurait pas voulu. Il était très attaché à son équipe, et faisait tout pour qu'aucun d'entre eux ne coure un danger inutile. Mais David savait que Colby et Liz étaient des agents intelligents et qu'ils l'appelleraient en cas de gros problème. Cependant on ne pouvait pas lui en vouloir de s'inquiéter pour ses hommes.