HypnoFanfics

Cauchemar

Série : Numb3rs
Création : 14.04.2009 à 17h47
Auteur : Cissy 
Statut : Terminée

« Le tout premier épisode que j'ai écrit, il y a quelques mois. Il prend place juste après la fin de la saison 4. » Cissy 

COMMENTER CETTE FANFIC

Cette fanfic compte déjà 67 paragraphes

Afficher la fanfic

« Bon Dieu, que fait le toubib ? tempêtait David entre deux pressions sur le thorax du blessé.

Puis, reportant son attention sur celui-ci, il ajouta :

« Allez vieux, fais un effort. Bats-toi ! Ne nous laisse pas tomber !. »

Charlie s'aperçut alors qu'il était tombé à genou sur le bitume, à quelques centimètres des pieds de son frère. Il tendit la main pour se saisir de ceux-ci et frémit en les sentant glacés sous ses doigts.

Un médecin arrivait, qui, voyant les gestes des deux agents s'interposa violemment :

« Arrêtez ça immédiatement ! 

Ils le regardèrent, sans comprendre.

- Vous risquez de le tuer ! Dans son état, un massage cardiaque peut être fatal en amenant le sang glacé au cœur !

- Mais son cœur ne bat plus, si nous ne le relançons pas... objecta David.

- Vous ne savez pas s'il ne bat plus ! Il est en hypothermie, les battements peuvent être imperceptibles. Laissez-moi faire maintenant.

Il fit amener des couvertures dans lesquelles on enveloppa le blessé puis il ordonna aux agents d'aller faire réchauffer des poches de sérum physiologique dans le fast-food voisin. Pendant ce temps, aidé de l'infirmier et de Colby, il installa Don sur le brancard et glissa celui-ci dans l'ambulance en demandant au chauffeur de pousser le chauffage au maximum. Charlie les suivit puis resta là, sans bouger il avait l'impression que le moindre de ses gestes concourrait à la catastrophe : tant qu'il était là, juste aux pieds de son frère, il ne pouvait rien lui arriver.

Il ne se rendait pas compte que depuis cinq minutes il répétait les mêmes mots, comme une litanie monotone et fervente : « Je t'en prie Donnie, je t'en prie. On a besoin de toi. Tu ne peux pas nous faire ça. Accroche-toi ! Je t'en supplie ! »

D'une main experte, le médecin faisait passer un tube dans la gorge de Don et l'infirmier y fixait une sorte de ballonnet sur lequel il se mit à presser à intervalle régulier. Puis on apporta les poches de sérum chauffé et le médecin fixa l'une d'entre elle sur une tubulure avant de l'amener au bras droit de l'agent inconscient. Comme à travers un prisme déformant, Charlie voyait cet homme s'afférer auprès de son frère avec une lenteur mesurée et rassurante qui lui donnait pourtant envie de hurler. Pourquoi restaient-ils là ? Qu'attendaient-ils pour partir pour l'hôpital ? La main du médecin remontait à la jugulaire.

« J'ai un pouls ! C'est bon ! On va pouvoir y aller ! »

Colby et David, debouts aux portes de l'ambulance échangeaient un regard soulagé, aussi pâles l'un que l'autre puis se tournaient vers Charlie toujours immobile. Alors les choses reprirent leur netteté et il sortit enfin de l'état de prostration dans lequel il se trouvait.

« Il est vivant ? Dites-moi qu'il est vivant ! supplia-t-il en se relevant.

- Oui, il est vivant Charlie, répondit David en lui pressant la main dans un geste de réconfort.

- Il va s'en sortir, il est solide, ajouta Colby. »

Mais Charlie ne fut pas dupe de ses encouragements. Le visage de l'agent était grave, bouleversé. Et quand bien même il aurait été tenté de les croire, il lui suffisait de regarder la mine sérieuse, presque sévère des secouristes au chevet de son frère pour se rendre compte que la situation, même si elle était sous contrôle, restait précaire.

Il s'avança à nouveau auprès de son frère, peinant à reconnaître dans ce corps inerte, dans ce visage blême, presque gris, mangé de barbe, ce grand frère triomphant, toujours si solide, si sûr de lui, qu'il aurait suivi au bout du monde. Sa main, hésitante, alla caresser le front glacé, s'attarda sur les cheveux humides puis s'empara d'une main violacée et gelée. Une horrible boursouflure sanglante marquait le poignet : la marque des menottes. Charlie n'arrivait pas à imaginer ce que son frère avait dû souffrir.

« Vous allez le sauver, n'est-ce pas ?

Le médecin le regarda, plein de compassion.

- Nous allons faire de notre mieux. Il est stabilisé. On va pouvoir l'emmener. »

L'ambulance démarra enfin. Charlie ne lâchait pas la main inerte, comme s'il essayait de faire passer sa propre chaleur et sa propre vie dans le corps glacé. Son regard allait du moniteur sur lequel une sinusoïde indiquait que le cœur battait, faiblement certes, mais qu'il battait, au respirateur que l'infirmier continuait à actionner à intervalles réguliers, puis à la perfusion qui faisait passer dans son corps un peu de vie.

« Je t'en prie Donnie, je t'en prie. On a besoin de toi. Tu ne peux pas nous faire ça. Accroche-toi ! Je t'en supplie ! »

Charlie ne s'aperçut même pas qu'il avait repris sa litanie, comme une formule magique destinée à écarter les mauvais esprits. La sirène de l'ambulance qui fonçait à toute allure lui perçait les tympans et toute son énergie n'était canalisée que par une seule idée :

«  Il faut que tu vives Don : j'ai besoin de toi. »

 


Cissy  (25.04.2009 à 16:58)

CHAPITRE 17

 Siège du F.B.I.

L'appel arriva au F.B.I un peu après vingt-trois heures. Don avait été libéré, on le transportait à l'hôpital en ce moment même.

« Comment va-t-il ? supplia Alan.

- Je n'ai pas d'autres précisions, monsieur, répondit l'agent qui était venu lui annoncer la nouvelle.

- Il est vivant au moins ?

- Oui, oui. Je vous l'ai dit, il est en route pour l'hôpital.

- Allons-y vite !

- Je vous y emmène. »

Hôpital

Alan n'eut pas conscience du chemin parcouru. Il ne sut jamais comment il s'était retrouvé dans le hall des urgences à attendre, dans un état de fébrilité extrême qu'arrive l'ambulance qui amenait son fils rescapé. Enfin des sirènes se firent entendre.

« C'est lui ! C'est mon garçon ! »

Il se précipita au dehors, suivi d'Amita et Larry qui ne l'avaient pas quitté durant cette longue attente et qui redoutaient par-dessus tout que les choses ne se passent pas comme il l'espérait.

Une équipe de médecin sortit en hâte à la rencontre du véhicule qui arrivait. On en extirpa une civière sur laquelle gisait un corps immobile, branché à divers appareils de survie. Alan n'aurait pas identifié son fils sans la présence à ses côtés de Charlie, effondré.

« Oh mon Dieu, Donnie, mon petit, ce n'est pas possible ! »

Il se précipita sur le brancard sur lequel on venait d'installer son garçon et le serra dans ses bras, tandis que les médecins lui demandaient de s'écarter afin de pouvoir remplir leur office. Il relâcha son étreinte, le cœur déchiré, conscient que les minutes étaient précieuses. Charlie et lui restèrent à côté du brancard le long des couloirs jusqu'au moment où les médecins leur interdirent l'accès à la salle de soin dans laquelle ils disparurent avec Don.

« Je vous en prie, sauvez-le ! »

Un dernier regard au visage presque méconnaissable tant il était marqué par l'épreuve subie et ils durent retourner s'installer en salle d'attente pour ce qui allait être une faction interminable, alternant espoir et désespoir, soulagement et chagrin.

David et Colby ne tardèrent pas à les rejoindre, suivis de près par Robin, livide. Les deux agents l'avaient avertie de l'enlèvement dans l'après-midi du vendredi et depuis elle vivait, elle aussi, dans l'angoisse. Retenue par son procès, elle ne pouvait pas être présente à son gré : elle n'était pas libre de son temps, pas même libre de laisser sa pensée s'attarder sur ce qui pouvait arriver à l'homme qu'elle aimait. Les deux agents, qui la tenaient au courant de l'évolution des événements, lui avaient fait grâce des détails. Elle ignorait à quel point la situation de Don était précaire. Ce fut donc un vrai choc pour elle que d'apprendre qu'il était dans un état critique.

L'infirmière vint faire signer à Alan des formulaires de consentement de soins qu'il prenait à peine le temps de lire : qu'ils fassent tout ce qu'ils veulent, du moment qu'ils sauvaient son fils ! Les heures passaient, sans autres nouvelles que celles qu'apportaient une infirmière, toujours les mêmes : il était en vie, les médecins s'occupaient de lui. Il était impossible d'obtenir plus de détails. Regroupés dans la salle d'attente, les parents et amis de Don ne savaient pas si c'était bon ou mauvais signe. Qu'il soit vivant était évidemment la meilleure des choses, mais pourquoi filtrait-il si peu d'informations sur son état ?

Ils finirent tous par s'assoupir, plus ou moins profondément, épuisés par les soixante-douze heures qui venaient de s'écouler et durant lesquelles le sommeil leur avait été chichement compté.

 

*****


Cissy  (26.04.2009 à 17:49)

Il était environ minuit et demie lorsqu'un médecin pénétra dans la salle d'attente. Ses regards survolèrent tour à tour les sept personnes somnolentes, avachies dans des poses diverses dans les fauteuils de la salle d'attente. Il se racla la gorge et vit aussitôt se tourner vers lui sept visages anxieux tandis que sept silhouettes se redressaient avant de se lever et d'aller à sa rencontre.

Au centre du groupe, un homme d'un certain âge qu'il identifia aussitôt comme le père de son patient. A ses côtés, un jeune homme aux cheveux noirs, frisés : le frère de la victime sans doute ; il l'avait aperçu à ses côtés dans l'ambulance. Il repéra aussi ses deux collègues, facilement identifiable à leurs blousons à l'effigie du F.B.I. Quant aux autres ? Une sœur ? Une petite amie ? Un oncle ? Ça n'avait pas beaucoup d'importance à vrai dire. L'essentiel était de s'apercevoir que la famille proche n'était pas seule et que, si le pire arrivait, elle serait bien entourée.

« Monsieur Eppes ?

- C'est moi ! l'homme qui avait répondu était bien celui qu'il imaginait. Comment va mon fils ?

- Si vous voulez m'accompagner dans mon bureau.

- Non, tous ceux qui sont là peuvent entendre ce que vous avez à me dire ! Ils sont de la famille.

- D'accord. Bien, tout d'abord, votre fils est stabilisé.

- Ça veut dire qu'il est sauvé ?

- Non, non ! Ça veut dire qu'il est toujours en vie. Mais vous devez comprendre qu'il a subi un traumatisme majeur. Sa température, lorsqu'il est arrivé à l'hôpital était d'un peu moins de vingt-huit degrés. C'est une hypothermie grave.

- Oui, mais vous l'avez réchauffé n'est-ce pas ?

- Nous continuons à le réchauffer à l'heure actuelle. Nous l'avons placé sur un matelas chauffant et nous avons commencé une irrigation péritonéale

- C'est-à-dire ?

- Nous avons pratiqué un réchauffement en introduisant du sérum chauffé dans la cavité abdominale et nous avons dû aussi nous résoudre à recourir à la circulation extra-corporelle pour réchauffer le sang plus vite.

- Oh Seigneur !

- Pour le moment, votre fils est dans le coma. Il est incapable de respirer seul et son rythme cardiaque est très irrégulier et son cœur peut lâcher à tout moment. Ses reins ne fonctionnent plus non plus et nous avons dû le placer sous dialyse. »

Il semblait à Alan qu'il s'enfonçait dans un cauchemar interminable. Charlie s'était effondré dans un fauteuil, soutenu par Amita en larmes. Robin était tellement pâle que le médecin la força à s'asseoir avant d'appeler une infirmière pour lui administrer un calmant.

« Il est perdu ? C'est ce que vous essayez de me dire ?

La voix d'Alan était désespérée.

- Pas du tout. Mais vous devez être conscient que son état est critique. Nous ne pouvons pas nous prononcer sur ses chances de survie pour le moment. D'autre part, vous devez savoir qu'on ne peut pas déterminer actuellement les dommages éventuels subis par le cerveau mais que, s'il survit, il y a de réels risques de séquelles.

- Quel genre de séquelles ?

- Ça peut aller d'un simple trouble de la motricité à un état neurovégétatif chronique.

- Un état neurovégétatif chronique, reprit Charlie d'une voix atone. Vous voulez dire que mon frère risque de devenir un légume ?

- C'est en effet un risque qu'on ne peut pas exclure. Mais ce n'est que la pire des éventualités.

- Quelles seraient les autres ?

- Il y en a trop pour toutes les énumérer : il pourrait développer des troubles de la personnalité, des troubles sensoriels, une amnésie, une aphasie, tout un tas de pathologies liées à une atteinte cérébrale.

- Et quand en saurez-vous plus ?

- Pas avant une vingtaine d'heures en ce qui concerne le pronostic vital. Pour le reste, on ne pourra l'évaluer qu'à son réveil.

- S'il se réveille, ajouta Alan d'un ton amer.

Le médecin continuait son compte-rendu :

- Par ailleurs, votre fils présente plusieurs blessures : nous avons réduit la luxation de l'épaule et immobilisé celle-ci. Il a aussi une fracture au poignet gauche, vraisemblablement provoquée par le serrage des menottes et une côte cassée. Nous avons suturé plusieurs plaies, au niveau de la tempe droite et des cuisses ainsi que des poignets et des chevilles dans lesquels les menottes et la corde se sont incrustées jusqu'au sang. »

Il n'en aurait donc jamais fini de leur asséner des horreurs sur l'état de Don ?

« Il y a un dernier point. »

Alan leva un regard vide vers son interlocuteur. Tout cela ne suffisait donc pas, il avait pire encore à leur annoncer ?

- Les mains et les pieds de votre fils ont été sauvagement garrottés, empêchant la circulation de se faire normalement ; ceci, joint à la température glaciale dans laquelle il a été détenu, a provoqué une ischémie des quatre membres atteints. Nous tentons actuellement de relancer une circulation normale mais il se peut que les tissus aient été irrémédiablement endommagés et qu'une gangrène se développe, auquel cas nous serons obligés d'amputer.

- Non ! Le hurlement de Charlie se confondit avec le cri de douleur de son père. Jamais ! Ça jamais !

- Ce sera peut-être le seul moyen de lui sauver la vie. Mais nous n'en sommes pas encore là !

- Et nous n'y serons jamais vous m'entendez ? Mon frère est agent au F.B.I ! Comment croyez-vous qu'ils supporterait d'être amputé ? Ce serait pire pour lui que d'être mort.

- C'est souvent ce qu'on pense monsieur, mais je peux vous assurer que c'est rarement le cas. Mis devant le choix de vivre diminués ou de mourir, peu de gens tentent le diable.

- Peu de gens, ça ne veut pas dire aucun n'est-ce pas ? Et je peux vous garantir que mon frère serait de ceux-là.

- Comme je vous l'ai dit, nous n'en sommes pas là. Je voulais simplement que vous soyez préparés à cette éventualité. Pour le moment, il n'y a qu'à attendre.

- On peut le voir ?

- Si vous voulez, mais je dois vous avertir que ce peut-être difficile à supporter. Votre fils est relié à différentes machines qui le maintiennent en vie et c'est souvent impressionnant.

- Nous tiendrons le coup.

- Et en tout état de cause, je ne peux permettre la présence que de sa famille proche : vous monsieur et vous, dit-il en s'adressant à Alan et Charlie. Pour les autres, je suis désolé, mais vous ne pouvez pas entrer.

- Nous attendrons ici, dit David.

- Bien, une infirmière va vous accompagner jusqu'à votre fils. »

 

*****

 


Cissy  (26.04.2009 à 17:50)

Tandis que les deux hommes disparaissaient, suivant leur guide, David s'approcha du médecin.

« Sérieusement docteur, mon ami a-t-il des chances de s'en remettre ?

- Je vais être franc avec vous agent... Sinclair, dit-il en lisant le nom sur la plaque que David avait laissé accroché à son revers. Ses chances sont minimes et, même s'il s'en sort, il y aura sans doute de lourdes séquelles : il serait étonnant que son cerveau ne soit pas endommagé.

- Mais il y a un espoir n'est-ce pas ?

- Il y a toujours un espoir agent Sinclair.

- Mon amie est très fort, c'est un battant. Vous verrez qu'il s'en sortira.

- Croyez bien que j'en serai le premier ravi. Maintenant, je dois y aller.

- Merci docteur. Oh ! une dernière chose, dit-il en l'entraînant un peu à l'écart, sous le regard intrigué de Colby.

- Oui.

- Lorsque vous l'avez examiné, avez-vous décelé des signes de sévices sexuels ?

- Vous pensez qu'il a pu être agressé sexuellement ?

- C'est à envisager. »

David n'avait pu se débarrasser de ce sentiment depuis qu'il avait vu l'un des ravisseurs abaisser le pantalon de son ami et cette éventualité le hantait. Il devait impérativement vérifier cette impression sous peine d'en être empoisonné à jamais.

- Ecoutez, nous n'avons pas particulièrement cherché de ce côté mais, dans les cas d'hypothermie on prend une température rectale, et je n'ai rien remarqué d'anormal.

- Vous êtes sûr docteur ?

- Oui : pas de rougeur, pas d'hématomes, aucun signe de traumatisme ou de déchirure. Je peux vous garantir qu'il n'y a pas eu sodomie.

- Et pour le reste ?

- Compte tenu de ses blessures aux cuisses, les hématomes et lacérations dus à la cravache pourraient très bien en cacher d'autres sortes. Par contre, il n'y a aucune trace d'irritation ou d'un quelconque traumatisme au niveau des parties génitales alors, je ne pourrais pas me prononcer sur d'éventuels attouchements, mais rien ne permet d'envisager le viol.

- Merci docteur, merci beaucoup !  dit David qui avait l'impression qu'on venait de lui enlever un poids de plusieurs tonnes des épaules.

« Qu'avais-tu de si important à lui demander ? s'enquit Colby lorsque le médecin eut tourné les talons.

- Rien, rien d'important.

- Rien d'important, vraiment ?

David soutint le regard scrutateur de son équipier. Il ne tenait pas à lui faire part de ses doutes qui lui paraissaient maintenant particulièrement monstrueux : il fallait vraiment qu'il eut l'esprit déformé par son boulot pour avoir pu soupçonner une telle abomination !

- Il t'a dit si Don avait été violé ?

Presque choqué de la manière crue dont la question était posée, David planta son regard dans celui de Colby. Il y lut alors les mêmes questions que celles qu'il s'était posées et s'aperçut que son partenaire, vivant les mêmes expériences que lui, avait cheminé sur le même terrain de pensée pour parvenir à la même terrible possibilité. Et aucun n'avait eu le courage de faire part à l'autre de ses doutes, que ce soit pour tenter de lui épargner une angoisse supplémentaire ou parce que, par une sorte de superstition, le simple fait d'en parler risquait de transformer l'éventualité en effroyable réalité.

- Toi aussi tu y as pensé ?

- Ecoute, quand je vois un type arracher le pantalon d'un autre type contre son gré, tu vois, je ne peux pas m'empêcher d'y penser. Alors ?

- Non, il n'y a aucune trace d'abus sexuel.

- Sûr ?

- Le médecin est formel : ni viol, ni sodomie. Il n'a pas subi de violences sexuelles.

- En tout cas, pas de celles qui laissent des traces.

- Ce qui veut sans doute dire qu'il n'y en a pas eu. Ils ne se seraient pas contentés de quelques attouchements si tu veux mon avis.

- Je suis d'accord avec toi. D'autant que, s'ils avaient été branchés là-dessus, je suis persuadé qu'ils auraient choisi plutôt ça lors de leur petite projection.

- Pourquoi ?

- Qu'y aurait-il eu de pire pour Charlie, son père, et nous aussi, d'assister à un tel spectacle ? Honnêtement, tu vas me dire que tu n'as pas ressenti un certain soulagement lorsqu'on a commencé à le frapper ?

- C'est horrible à dire, mais oui. Je craignais tellement que...

- J'ai eu la même réaction, tu vois.

- Et tu sais ce que ça signifie, que nous ayons eu la même appréhension ?

- Que le boulot commence vraiment à nous déformer la pensée ?

- Ou bien que nous sommes tous les deux d'affreux pervers. »

Les deux hommes eurent un rire nerveux, sans joie, qui était cependant un rire franc : le premier depuis soixante douze heures, qui les libérait enfin de la tension nerveuse.

Bien sûr rien n'était gagné, mais Don était en vie, il était libre et c'était bien plus qu'ils n'auraient espéré huit heures auparavant.

 

*****

 


Cissy  (26.04.2009 à 17:51)

Charlie et Alan pénétrèrent en silence dans la pièce où reposait Don, à plat dos sur un brancard, sanglé sur le matelas chauffant dont avait parlé le médecin. Le cœur chaviré, ils l'aperçurent entouré de machines, le corps hérissé de tubes qui lui apportaient la vie mais qu'eux ressentaient comme autant d'instruments de torture, le visage livide.

Son épaule gauche était enserrée dans un bandage tandis que son poignet était emprisonné dans une attelle. Ses jambes étaient bandées du haut des cuisses jusque sous les genoux. Des bandages entouraient aussi ses poignets et ses chevilles et le haut de sa tête était recouvert d'un pansement qui dissimulait sa tempe droite. Le tube du respirateur s'enfonçait dans sa gorge, maintenu par de larges bandes de sparadrap. Ses mains et ses pieds étaient emprisonnés dans un dispositif compliqué dont le médecin leur avait parlé en leur demandant la permission d'utiliser ce dispositif expérimental pour tenter d'y rétablir une circulation normale. L'infirmière, qui restait à son chevet, ajouta qu'il était heureux qu'il soit inconscient car, sinon, le rétablissement de cette fonction lui aurait occasionné de terribles douleurs.

« Voilà au moins un point positif » songea tristement Alan.

Charlie et lui réussirent à s'installer de chaque côté de leur malade et posèrent leurs mains l'un sur son bras droit, l'autre sur son ventre en prenant soin de ne pas bousculer l'un des fils qui y aboutissaient. Ils ne parlaient pas, se contentant d'épier sur le visage de l'être tant aimé, le moindre signe d'un mieux, le moindre indice qui leur permettrait d'espérer. Chacun d'eux était plongé dans ses pensées et le silence ambiant n'était entrecoupé que par les différents signaux émis par les appareils dont dépendaient la vie de celui qu'ils veillaient.

« Don, c'est papa, tu m'entends ? Ça va aller mon ange, tu vas voir, ça va aller. »

Alan n'aurait su dire d'où lui était revenu ce surnom que lui et Margaret donnaient à Don lorsqu'il était petit. Ils l'avaient adopté à la maternité : ce nouveau-né si beau leur apparaissait comme un miracle et le terme était venu spontanément aux lèvres de sa mère, à peine lui avait-on posé l'enfant sur le ventre. Alan l'avait fait sien très vite, attendri par ce petit être qui dépendait totalement de lui et qui, déjà, l'avait totalement capturé. Et la maison fusait de « mon ange » par ci, « mon ange » par là, même si l'ange se transformait régulièrement en démon.

Alan ne se souvenait plus quand ni comment il avait cessé d'appeler son fils ainsi : c'était l'évolution normale de la vie ; Don grandissait, il ne pouvait pas continuer à lui donner des surnoms pareils. Margaret, elle, avait continué longtemps encore, d'ailleurs avait-elle jamais cessé ? Alan se souvenait qu'au moment de lui dire adieu, elle avait encore appelé Don ainsi. Mais en cet instant, Alan avait l'impression de se retrouver devant le petit être qu'il avait juré de protéger et, comme un talisman, l'ancien surnom avait jailli.

 

*****


Cissy  (26.04.2009 à 17:51)

Les heures s'écoulèrent sans changement. Régulièrement l'infirmière faisait le tour des appareils, notaient les paramètres, prenait la température rectale du malade qui n'avait aucune réaction. Et chaque fois, les deux hommes la suivaient du regard, pleins d'espoirs à l'idée qu'elle allait annoncer une évolution. Mais rien, désespérément rien, et la longue attente reprenait.

Vers trois heures, on les fit sortir afin de débrancher la circulation extra-corporelle. Désormais la température de Don était remontée à trente-deux degrés. Le dispositif n'était plus nécessaire. Lorsqu'ils purent rentrer à nouveau dans la pièce, il leur fut plus facile de s'installer auprès de lui : le tour de son lit était nettement plus dégagé. Après un court moment de joie, il apparut que l'état de Don ne s'était amélioré sur aucun autre plan et que rien ne laissait présager que ce serait le cas dans une courte échéance. Ils reprirent alors leur veille silencieuse.

Ils ne surent jamais combien de temps s'était écoulé lorsqu'eut lieu l'alerte. D'abord, les bips qui témoignaient du battement du cœur s'espacèrent et l'infirmière, soudain sur le qui-vive, s'approcha. Puis la sinusoïde fit place à un tracé plat et jamais Charlie n'aurait pu imaginer que la vue d'une droite le mettrait dans un tel état. Alan et lui se redressèrent d'un même élan, affolés :

« Que se passe-t-il ? »

Mais personne ne songeait à répondre à leur interrogation. Ils furent repoussés, refoulés par des médecins et infirmiers accourus au signal. Ils les virent débrancher certains appareils, en brancher d'autres. On apportait près du lit un chariot et on fixait deux champs oranges sur le torse dénudé. Alan et Charlie entendaient les mots, comme venus de très loin :

« On charge à deux cents. On recule. Choquez ! » 

Le corps s'arqua sous la décharge et se dressa au dessus du lit pour retomber lourdement, sans réaction.

« On charge à trois cents. On recule. Choquez ! »

Le même phénomène se reproduisit et Charlie gémit : il avait l'impression de voir son frère être torturé sous ses yeux, même si toute sa formation de scientifique lui soufflait qu'on était, en réalité, en train de tenter de lui sauver la vie.

« Je t'en prie Donnie, je t'en prie. On a besoin de toi. Tu ne peux pas nous faire ça. Accroche-toi ! Je t'en supplie ! »

La même prière monta à nouveau aux lèvres de Charlie, comme si elle seule était capable de maintenir son frère dans ce monde dont il semblait qu'il ne faisait déjà plus complètement partie.

Un troisième choc, et soudain le bip se régularisa. Un soupir de soulagement s'exhala de toutes les poitrines. Ils avaient réussi à relancer le cœur. Mais un peu d'espoir venait de s'envoler avec cette nouvelle alarme et le médecin avait l'air particulièrement pessimiste.

Et la longue attente reprit. L'équipe changea : le jour s'était levé depuis un moment déjà, mais ni Alan, ni Charlie ne s'en rendirent compte, suspendus au souffle artificiel qui retenait leur fils et frère à leurs côtés.

Dans la salle d'attente, il ne restait plus que Larry et Amita qui avaient prévenus leurs assistants respectifs d'assurer leurs cours. David et Colby avaient dû retourner au bureau et Robin à son procès qui ne souffrait d'aucun report : elle avait dit une fois, en riant, que seule sa mort pouvait être admise comme cause de son absence à un de ses procès. Elle s'apercevait soudain combien cela pouvait être tragiquement réel. Tous les trois firent promettre à ceux qui restaient de les tenir au courant de l'évolution, quelle qu'elle soit.

 

*****


Cissy  (26.04.2009 à 17:53)

Aux alentours de midi, une infirmière tenta de convaincre Alan et Charlie de sortir quelques minutes le temps au moins de s'alimenter. Mais ni l'un ni l'autre ne purent s'y résoudre. Ils ne pouvaient se défendre de cette impression que, s'ils abandonnaient leur malade, ne serait-ce qu'un instant, ils ne le reverraient pas vivant, et rien ne pouvait les distraire de cette obsession.

La bonne nouvelle, toute relative, arriva environ une heure plus tard. Le médecin les informa que, désormais, l'état de Don était suffisamment stable pour qu'on le transfère en réanimation. La circulation s'était rétablie dans ses mains et ses pieds : tout risque d'amputation était écarté. Alan et Charlie ne parvinrent pas à se réjouir de la nouvelle : il y avait encore tant de voyants rouges allumés sur le chemin de la survie que l'extinction de l'un d'entre eux n'arrivait pas à les sortir de leur marasme.

Les médecins exigèrent d'eux qu'ils les laissent apporter à Don les soins nécessaires à son état et ils les incitèrent de nouveau à aller s'alimenter, sous peine de se trouver eux-mêmes malades et hors d'état de veiller sur le blessé. Ils finirent par se rendre à leurs raisons et partirent pour la cafétéria. Au passage, ils informèrent Larry et Amita du déroulement des choses et ceux-ci firent le maximum pour les réconforter en leur montrant le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide. Ni l'un ni l'autre ne put réellement avaler quoi que ce soit. Ils se contentèrent d'un café bien sucré et d'une bouchée croquée dans un beignet qu'ils furent incapables de manger en entier.

Puis ils remontèrent au service de réanimation après avoir dit à leurs deux amis qu'il était inutile qu'ils restent là : ils les tiendraient au courant si l'état de Don évoluait. Mais leur présence à l'hôpital était inutile. Ils les quittèrent après leur avoir demandé de tenir David, Colby et Robin au courant des derniers événements.

 

Dans l'intervalle, Don avait été installé dans une vraie chambre, dans le service de réanimation. Il gisait maintenant sur un lit, toujours environné de la perfusion, du respirateur et du moniteur qui surveillait ses constantes, mais débarrassé de tout l'attirail si impressionnant du service des urgences. Ici, on se reprenait à espérer que les choses allaient rentrer dans leur état normal.

Le soir même, le médecin leur annonça ce qu'ils perçurent comme un réel espoir : ses reins s'étaient remis à fonctionner. Enfin une vraie bonne nouvelle après tous ces mauvais augures ! Mais ni l'un ni l'autre n'avait plus la force de se réjouir complètement. Ils concentraient toute leur énergie sur un seul but : donner à Don la volonté de s'en sortir, lui faire comprendre, à travers son coma, combien il leur était indispensable. Il fallait à tout prix qu'il prenne conscience que, sans lui, rien ne marcherait plus jamais.

« Tu vois, s'il ne devait pas s'en sortir, je ne sais pas si j'aurais la force de continuer.

- De continuer quoi ?

- Tout, les maths, mes recherches... C'est drôle, je m'aperçois que, si j'en suis là aujourd'hui, c'est avant tout grâce à lui.

- Comment ça ?

- Je crois que, si j'ai autant voulu réussir, c'était pour que lui aussi m'admire. Tu comprends, vous étiez tous autour de moi, à me regarder comme une petite merveille, et le seul qui se détournait de moi, qui faisait parfois comme si je n'existais pas, c'était Don. Alors évidemment, j'avais envie de lui montrer de quoi j'étais capable, je voulais que lui aussi me trouve exceptionnel. Mais je m'aperçois maintenant que, plus je me montrais brillant pour l'impressionner, plus je l'éloignais de moi.

- Il ne s'est pas éloigné de toi Charlie.

- Bien sûr que si papa, et tu le sais très bien. Il n'empêche, sans lui je n'en serais sans doute pas où j'en suis.

- Bien sûr que si !

- Non, je ne crois pas. Et sans lui, je ne sais pas si je pourrai continuer. »

En d'autres circonstances, Alan l'aurait vertement rabroué, lui rappelant les sacrifices consentis pour son éducation, le sermonnant sur le fait que chacun fait ses choix et que ses échecs ne seraient imputables qu'à lui et pas à la présence ou non de son frère à ses côtés. Mais aujourd'hui, il s'en sentait d'autant moins capable que lui non plus n'était pas certain d'avoir la force de continuer sa route si le pire devait survenir.

« Je ne sais pas si je le pourrai non plus.  se contenta-t-il de dire ».

Et Charlie se rendit compte combien son père était fragile face à la maladie de son aîné. Il se souvint qu'à la mort de sa mère, c'est sur Don qu'il s'était appuyé : c'est Don qui le relayait au chevet de son épouse mourante ; c'est Don qui l'avait aidé à organiser les obsèques, qui s'était mis en quatre pour lui trouver des occupations ensuite ; Don encore qui l'avait aidé à remiser les affaires de leur mère dans des cartons quelques mois après sa mort ; Don enfin qui lui avait redonné le goût de vivre en le forçant à reprendre sa vie sociale. Lui, Charlie, se serait montré tout à fait incapable d'accomplir les mêmes choses, et il serait tout aussi inapte à aider son père à surmonter la douleur de la perte de ce fils exemplaire.

Quelle ironie ! Quand les gens, de l'extérieur, observaient leur famille, tout ce qu'ils remarquaient c'était le fils génial, le mathématicien qu'on comparait parfois à Einstein et ils en déduisaient que toute la fierté de la famille devait reposer sur cet être exceptionnel à leurs yeux. Mais en fait le seul fils réellement exceptionnel c'était Don, lui qui, dans l'ombre, sans jamais se mettre en avant, était toujours là dans les moments difficiles, pour les soutenir tous, y compris lui, le petit frère envahissant qui lui avait pris tout son monde sans aucun scrupule et avait concentré sur lui toute l'attention de leur entourage.

Et Don ne lui en avait jamais voulu de cela, il avait toujours été le premier à l'encourager, il ne l'avait jamais lâché. Même si, à l'époque du lycée, leur rivalité avait atteint des paroxysmes. Oui, il l'avait toujours su et cela lui apparaissait encore plus nettement en ces jours d'angoisse : s'il était un membre dont la famille Eppes pouvait s'enorgueillir, c'était Don, et c'est pour cela qu'il devait vivre et que sans lui la famille n'existerait plus.

Ils reprirent leur attente, somnolant plutôt que dormant, alternativement, se nourrissant à peine, vivant au rythme des soins, des prélèvements, des compte rendus laconiques des médecins, leur quotidien rythmé par le bip obsédant du moniteur qui leur prouvait que Don était toujours avec eux. Ils lui tenaient la main valide, tour à tour, lui parlaient de tout et de rien ou bien s'abîmaient dans de longs silences douloureux, perdu chacun dans ses pensées. Le temps leur semblait figé : ils auraient été incapable de dire s'il s'était écoulé deux ou deux cents heures. Une seule pensée les obsédait : leur fils, leur frère devait vivre, sans lui ils étaient perdus.

« Je t'en prie Donnie, je t'en prie. On a besoin de toi. Tu ne peux pas nous faire ça. Accroche-toi ! Je t'en supplie ! »

Le lundi s'acheva sans autre amélioration, puis le mardi passa dans la même attente anxieuse et le mercredi lui succéda dans le même rituel monotone et désespérant que rien ne semblait devoir interrompre.

 


Cissy  (26.04.2009 à 17:54)

CHAPITRE 18

 Hôpital

Ce fut d'abord le bruit qu'il perçut : ce bip, comme un métronome agaçant, qui résonnait à son oreille sans discontinuer et qu'il ne parvenait pas à identifier et cette sorte de soufflerie régulière, comme si quelqu'un respirait tout près de son oreille. Ensuite, il prit conscience d'avoir trop chaud : cela lui parut étrange ; il avait l'impression d'avoir eu tellement froid durant la nuit.

Il sentait confusément qu'il était arrivé un événement mais il n'arrivait pas à se souvenir.

La sensation que quelque chose obstruait sa gorge lui parvint ensuite : pourtant il respirait bien. Peut-être avait-il attrapé un coup de froid ? Il lui revint à nouveau la sensation de cette température polaire durant ce qui lui semblait avoir été un cauchemar.

Il ouvrit les yeux et fixa un plafond blanc qu'il ne reconnut pas : où diable pouvait-il bien être ? Il essaya de se redresser mais la douleur le rejeta en arrière : il avait l'impression que chaque fibre de son corps le faisait souffrir, son épaule particulièrement. Précautionneusement il y porta la main droite et sentit les bandages sous ses doigts avant de s'apercevoir que son bras était immobilisé dans une gouttière.

Puis son regard accrocha le moniteur sur lequel un point oscillait régulièrement, déclenchant ce bip qui l'avait éveillé. Il en avait assez vu pour identifier un moniteur de constantes vitales. Qu'est-ce que cet objet pouvait bien faire là ? Poursuivant son exploration visuelle, il découvrit ensuite la tubulure de la perfusion qui aboutissait à son propre bras.

Son regard tomba alors sur une forme avachie dans un fauteuil auprès de son lit. Après un instant de flottement, il identifia son père. Celui-ci avait l'air épuisé : il avait le teint pâle, des cernes noirâtres soulignaient ses yeux et ses joues étaient envahies par une barbe de plusieurs jours. Il voulu l'appeler et se rendit compte qu'un tube était passé dans sa gorge. Il réalisa que c'était la raison de ce souffle qu'il entendait : on l'avait branché à un respirateur. La vérité lui apparut alors : il était sérieusement blessé, hospitalisé, et tout cet appareillage n'avait pour but que de le maintenir en vie et de vérifier ses constantes.

Qu'était-il arrivé ? Il ne parvenait pas à retrouver ce souvenir : il se sentait si fatigué !

L'impression d'avoir un poids sur le ventre remplaça soudain ses autres sensations. Il baissa les yeux et découvrit une masse noire et enchevêtrée qu'il mit quelques secondes à reconnaître comme la tignasse bouclée de son frère. Charlie était là aussi, assis en déséquilibre sur une chaise près du lit, profondément endormi la tête posée sur son ventre, le visage tourné vers lui. Sur ce visage, il lut aussi les stigmates de l'inquiétude : la même pâleur, les mêmes cernes, la même barbe drue que chez leur père, sauf que celle de Charlie était noire comme du charbon.

Pourquoi ne pouvait-il pas se remémorer ce qui était arrivé ?

Sa main droite se déplaça lentement sur le drap pour venir se poser sur les cheveux de son frère endormi. Celui-ci eut un geste inconscient, comme celui que l'on a pour chasser une mouche importune. Don appuya son geste, se mettant à caresser les boucles brunes. Charlie remua alors et un grognement agacé franchit ses lèvres, signe qu'il se réveillait. Don eut un sourire fatigué : son frère avait toujours détesté qu'on le réveille !

Charlie tenta de repousser la main qui l'arrachait à ce sommeil bienfaisant qui l'avait délivré de toute son angoisse. Il comprit qu'il avait fini par s'endormir, à bout de forces, à demi-couché sur le corps de son frère. La peur qui lui tordait le ventre se réinstalla aussitôt en boule, mordant ses chairs : il s'était endormi ! Il avait laissé son frère seul à nouveau ! Et si son état s'était aggravé durant ce temps ? C'est alors qu'il eut conscience de la caresse sur ses cheveux. Il ouvrit les yeux et son regard, cheminant le long du drap blanc croisa d'autres yeux, grands ouverts, fixés sur lui avec une expression qu'il ne leur connaissait pas. Il mit un instant à réaliser puis se dressa d'un bloc :

«  Donnie ! Oh ! Mon Dieu ! Tu es réveillé ! Papa, papa ! Don est réveillé ! »

Il en devenait incohérent, fou de soulagement, ivre de joie. Son grand frère avait repris connaissance, il était sauvé ! Tout irait bien maintenant.

Alan, arraché à son tour au sommeil réparateur n'arrivait pas à croire à ce miracle. C'est presque timidement qu'il se leva pour s'approcher du lit : il vit alors que son fils le regardait et étreignit la main qu'il lui tendait tandis que des larmes de joie roulaient sur son visage :

« Mon petit, enfin. Ça va aller maintenant, tu vas voir. Tu nous as fait si peur ! »

Alertées par les exclamations de Charlie, les infirmières étaient venues aux nouvelles. Voyant le malade éveillé, l'une d'elle s'empressa d'aller prévenir le médecin qui arriva très vite à son chevet. En le voyant arriver, Charlie et Alan s'écartèrent et se tinrent debout au pied du lit, côte à côte, ne quittant pas des yeux Don qui, de son côté, gardait les siens rivés sur eux.

«  Bonjour agent Eppes. Je suis le docteur Sullyvan, responsable du service de réanimation où vous avez été admis il y a trois jours. Nous avons dû vous intuber pour vous aider à respirer, je vais maintenant retirer le tube si vous êtes prêt. »

Don hocha la tête affirmativement. Il se sentait terriblement las et avait bien du mal à se concentrer mais il avait tout à fait compris ce que disait le médecin. Et il lui apparut soudain qu'il n'avait qu'une hâte : être débarrassé de ce tube qui le gênait et l'empêchait de parler, de poser toutes les questions qui envahissaient sa tête.

« Bien, vous allez prendre une grande inspiration, bloquer, et, lorsque je vous le dirai, vous expirerez bien fort. ... Allez-y. »

Don se mit à tousser alors que le tube s'extrayait de sa gorge. Le médecin lui essuya les lèvres sur lesquelles du mucus se déposait et une infirmière lui glissa un cube de glace dans la bouche. Cela faisait tellement de bien ! Il se laissa retomber sur les oreillers, à bout de forces : il avait l'impression d'avoir couru deux marathons d'affilée. Son regard s'attarda sur Alan et Charlie, debout au pied du lit, et ce qu'il lut dans leurs yeux lui serra le cœur : il y avait tellement d'angoisse ! A leurs mines, à leurs regards, il réalisait qu'ils avaient dû être terriblement inquiets pour lui. Mais pourquoi n'arrivait-il pas à se souvenir ?

 

*****

 


Cissy  (27.04.2009 à 18:55)

Alan tressaillit en voyant les yeux de son fils se refermer :

« Docteur, qu'est-ce qui se passe ?

- Ne vous inquiétez pas, répondit ce dernier tout en vérifiant le pouls du blessé, maintenant il va dormir. C'est normal, il est épuisé, il a besoin de récupérer. Et vous aussi d'ailleurs, ajouta-t-il en observant les deux hommes.

- Mais ça va aller maintenant, n'est-ce pas ? s'enquit Charlie.

- Oui, ça devrait aller ; mais nous ferions mieux d'en parler à l'extérieur pour laisser votre frère se reposer.

- Vous ne pensez pas qu'il vaut mieux rester près de lui ? Si jamais quelque chose lui arrivait...

- Il est tiré d'affaire je vous dis. D'ailleurs, il est toujours sous monitoring. Si quelque chose n'allait pas, nous serions aussitôt prévenus. Venez, je voudrais vous parler. »

Après un dernier regard à Don, rassurés par le souffle régulier qui soulevait sa poitrine et qui ne devait plus rien aux appareils, Alan et Charlie se résignèrent à quitter la chambre ensemble pour la première fois depuis qu'on l'y avait installé.

« Vous êtes sûr qu'il va se remettre ? insista Alan dès qu'ils eurent franchi la porte.

- Ce n'est pas ce que j'ai dit monsieur Eppes. Je suis simplement quasi-certain que sa vie n'est plus en danger. Pour le reste... »

La peur les saisit à nouveau.

« Que voulez-vous dire ?

- Nous ne pouvons pas encore déterminer s'il y aura ou non des séquelles. On peut d'ores et déjà écarter l'état neurovégétatif chronique puisque il est évident que votre fils avait toute sa conscience mais il va falloir attendre qu'il se réveille complètement pour pouvoir lui faire passer des tests et évaluer sa récupération.

- Mais vous avez bon espoir n'est-ce pas ?

- J'aimerais vous dire oui, je vous assure. Mais je n'en ai pas le droit. Tout ce que je peux vous dire c'est que son état de conscience était bon et plutôt encourageant pour la suite, mais n'oubliez pas que son organisme a subi un choc très sérieux, de ce genre de traumatisme qui laisse le plus souvent des traces.

- Mon frère s'en sortira : il est solide ! affirma Charlie, peut-être plus pour s'en convaincre lui-même que pour convaincre ses interlocuteurs.

- J'espère de tout cœur que vous avez raison. Pour le moment, je vous conseille d'aller vous reposer. Vous paraissez épuisés, l'un comme l'autre. De toute façon, il va dormir une quinzaine d'heures au moins. Vous avez donc largement le temps de rentrer vous reposer. Profitez-en pour vous restaurer, vous doucher et vous changer. Maintenant, excusez-moi, mais j'ai d'autres patients à voir.

- Je comprends. Merci pour tout docteur. »

Lorsque le médecin eut disparu au détour du couloir, Alan et Charlie se regardèrent longuement puis ils tombèrent dans les bras l'un de l'autre : le cauchemar était terminé ! Don allait rester avec eux ! Ils pourraient le ramener à la maison. Bien sûr il restait le risque qu'il garde des séquelles de son effroyable épreuve mais ils se voulaient confiants : après tout ce qu'ils avaient traversé durant ces six jours, le pire était forcément derrière eux ; il n'était pas possible que le sort s'acharne en frappant Don d'une infirmité quelconque.

« Qu'est-ce qu'on fait ? questionna Charlie.

- Tu as entendu le médecin. Il a raison. Ton frère dort, profitons-en pour reprendre figure humaine sinon, à son réveil, nous allons l'effrayer !

- D'accord, mais je voudrais d'abord m'assurer que tout va bien.

- Il n'était pas question qu'il en soit autrement figure-toi. »

Ils pénétrèrent à nouveau dans la chambre où Don reposait. Ils restèrent un moment à le regarder dormir : son visage était détendu et ils eurent l'impression qu'il était déjà moins pâle. Sa poitrine se soulevait régulièrement et un souffle rassurant s'échappait de ses lèvres.

Tranquillisés, les deux hommes sortirent sans bruit et descendirent dans le hall. Là, Alan appela David pour lui transmettre la bonne nouvelle tandis que Charlie prévenait Amita et Larry. De chaque côté, la joie fut vive : David s'engagea à prévenir le reste de l'équipe et annonça qu'ils passeraient dans la journée, Amita et Larry affirmèrent aussi qu'ils viendrait rendre visite à leur ami. Aux uns comme aux autres, ils durent répondre d'attendre leur signal avant de venir : il fallait avant tout avoir le feu vert des médecins.

Alan téléphona ensuite à Robin, mais celle-ci était sur messagerie : c'était logique, à l'heure qu'il était le procès avait sans doute repris. Il eut une pensée pour la jeune femme qui, malgré son chagrin et son angoisse, tenait à accomplir sa tâche jusqu'au bout. C'est sans doute l'une des qualités qui la rapprochait de Don : cette conscience professionnelle poussée à l'extrême qui pouvait d'ailleurs conduire à une certaine rigidité de caractère. Cela lui avait sans doute permis aussi de résister à ces jours d'horreur : avoir quelque chose à faire l'avait un peu préservée de l'inquiétude.

Juste au moment de sortir, Alan ne put se résoudre à quitter l'établissement. Il parvint à convaincre Charlie de rentrer seul et de lui rapporter de quoi se laver et se changer. A contre cœur son fils accepta d'abandonner le chevet de son frère pour quelques heures et il quitta l'hôpital sur la promesse que, la fois suivante, on inverserait les rôles.

Lorsque son cadet eut disparu, Alan s'engouffra dans l'ascenseur qui le ramena au service de réanimation. L'infirmière s'étonna de son retour mais ne souleva aucune objection à ce qu'il retourne auprès de son fils : depuis trois jours, il n'avait jamais été envahissant et, au contraire, lui et son fils cadet avaient soulagé leur tâche du mieux qu'ils avaient pu. Et puis, mère elle-même, elle comprenait la terrible angoisse qui devait hanter ce père.

Alan entra dans la chambre obscure. Don n'avait pas bougé : il dormait calmement. Son père le contempla quelques instants, puis il se pencha sur lui et l'embrassa tendrement sur le front, laissant sa main courir un moment dans ses cheveux. Il rapprocha au maximum le fauteuil et s'installa à l'intérieur. Il saisit la main de son fils entre les siennes et ne tarda pas à s'endormir à son tour.

 


Cissy  (27.04.2009 à 18:56)

CHAPITRE 19

 Hôpital

Don se débattait dans son cauchemar : il était poursuivi par un monstre informe, à cinq têtes, qui cherchait à le dévorer. Et il avait beau fuir toujours plus loin, le monstre finissait toujours par se retrouver en face de lui ; il lançait ses tentacules vers sa proie et, chaque fois, le malheureux sentait comme la morsure d'un fouet dans ses chairs. L'haleine de la créature était fétide et chaude, trop chaude : elle s'était répandu alentours et la température devenait insoutenable.

Il se débattit et gémit dans son sommeil. Soudain il sentit une main bienfaisante sur son front, une voix apaisante qui le rassurait : « Tout va bien mon ange, ce n'est qu'un cauchemar, dors... » Son souffle redevint régulier et il plongea à nouveau dans un sommeil profond.

Alan porta la main de Don à ses lèvres, se rencogna dans son fauteuil, et reprit sa veille auprès de son fils. Il était inquiet : la fièvre augmentait d'heure en heure et Don s'agitait et semblait souffrir. Le médecin, appelé à son chevet, lui avait dit que la réaction était naturelle. On avait rajouté des antibiotiques et un antipyrétique dans la perfusion de vitamines et de calmants pour pallier son état mais il fallait simplement attendre. Alan avait ainsi dormi par à-coups, éveillés par les mouvements de son fils ou simplement par son inquiétude qui ne le lâchait pas, au plus profond de son sommeil.

Il était près de six heures et il savait qu'il ne se rendormirait pas. Don semblait apaisé : il dormait calmement. Une main sur son front, un regard au moniteur : la fièvre était stabilisée, le pouls régulier et fort, la respiration normale ; et pourtant Alan ne pouvait se défendre contre cette appréhension sourde qui lui soufflait que rien n'était encore gagné. C'est ce moment que Charlie choisit pour entrer précautionneusement dans la pièce.

« Tu es déjà réveillé ? lui demanda son père.

- Comme tu vois. »

Le regard de Charlie alla tout de suite chercher son frère.

« Comment a-t-il passé la nuit ?

- Pas très bien. Il a été très agité. Je crois qu'il faisait des cauchemars.

- Il a de la fièvre aussi, ajouta Charlie d'un ton soucieux après un coup d'œil au moniteur.

- Le médecin dit que c'est normal. Ils feront des examens plus approfondis dès qu'il sera réveillé.

- Tiens, je t'ai apporté de quoi te changer et te rendre figure humaine : tu n'as pas l'air d'avoir beaucoup dormi.

- Toi non plus à vrai dire. Même si tu as tout de même l'air un peu plus reposé.

- Je n'ai pas cessé de faire des cauchemars toute la nuit.

- Décidément, c'est de famille. Bon, tu restes avec ton frère ? Je vais prendre une douche. Tu as pensé à me mettre un rasoir ?

- Oui, ne t'inquiète pas, tout y est.

- Je ne serai pas long.

- Prends ton temps, je reste avec lui. »

Tandis que son père quittait la pièce, Charlie s'installa à son tour dans le fauteuil. Comme l'avait fait Alan avant lui, il saisit la main de son frère et ne la lâcha plus. Il le scrutait attentivement, s'efforçant de déceler des signes de réveil sur le visage amaigri et mangé par la barbe. Lui aussi aurait bien besoin d'une sérieuse séance de rasage !

Alan ne mit pas plus de vingt minutes à revenir : il ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'il risquait d'arriver quelque chose à Don en son absence. Et il avait l'impression que cette peur ne le quitterait plus dorénavant. L'infirmière passa de nouveau relever les constantes du blessé, elle semblait sereine et cela rassura les deux hommes qui le veillaient.

Vers huit heures, Don s'agita de nouveau, rejetant le drap comme si la chaleur le faisait souffrir, gémissant sourdement en proie à la fois à la douleur et à la terreur ; un cri lui échappa. D'un seul bond ses parents furent debout auprès de lui, chacun lui saisissant une main :

« Tout va bien, Donnie, ce n'est qu'un mauvais rêve ! »

La voix parvint à son cerveau enfiévré : un cauchemar, ce n'était qu'un cauchemar ! Mais pas seulement, il y avait autre chose.

La conscience lui revint au moment où il ouvrait les yeux, sortant enfin de ce sommeil anxieux. La première chose qu'il vit, ce fut Alan et Charlie penchés au-dessus de lui avec angoisse, et il s'aperçut que chacune de ses mains était prisonnière des leurs. Il s'efforça de leur sourire pour les rassurer.

« Papa, Charlie ! Ça va. Bon sang ! Quel cauchemar ! 

- Donnie, mon ange, comment te sens-tu ? »

Mon ange ? Don ne se souvenait plus depuis combien de temps il n'avait pas entendu ce surnom. C'était sa mère qui l'appelait ainsi lorsqu'il était petit, jusqu'au jour où il lui avait demandé de s'en abstenir, du moins devant ses copains.

Rien que d'entendre ces deux mots dans la bouche de son père suffit à lui faire comprendre l'intensité de l'angoisse que Charlie et lui avaient dû ressentir. De toute façon, leurs visages parlaient pour eux. Même s'ils semblaient un peu plus reposés que lorsqu'il les avait vu précédemment, en tout cas rasés de près, les cernes étaient toujours là et les traits tirés démontraient que le sommeil avait dû leur être chichement compté depuis plusieurs jours.

« J'ai mal à l'épaule.

- Elle était démise. Ils ont dû la replacer, mais ça va aller.

- Oui, je savais que c'était ça. »

Ils n'avaient pas vraiment envie de parler : trop fatigués, trop soulagés aussi pour se servir de mots. Tout passait dans leurs regards et dans l'étreinte entre leurs mains.

 

*****

 


Cissy  (28.04.2009 à 19:15)

Activité récente
Dernières audiences
Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E201
Lundi 8 juin à 20:40
2.12m / 11.3% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E201
Lundi 8 juin à 19:15
2.04m / 15.0% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Ici tout commence, S06E201
Lundi 8 juin à 18:35
1.83m / 17.5% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Vanina - Un vicequestore a Catania, S02E03
Dimanche 7 juin à 21:10
2.22m / 13.3% (Part)

Logo de la chaîne M6

NCIS, S23E03
Samedi 6 juin à 21:10
0.85m / 5.6% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E04
Vendredi 5 juin à 22:00
2.82m / 20.3% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E03
Vendredi 5 juin à 21:10
3.25m / 20.6% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E199
Vendredi 5 juin à 20:40
1.47m / 9.7% (Part)

Toutes les audiences

Actualités
Netflix dévoile son Scooby-Doo pour la série live-action Scooby-Doo : Origins

Netflix dévoile son Scooby-Doo pour la série live-action Scooby-Doo : Origins
Scooby-Doo montre enfin le bout de sa truffe ! Netflix a dévoilé la première image du célèbre chien...

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors
Après The Affair et plus récemment Doctor Odyssey, Joshua Jackson s'offre un nouveau projet télévisé...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones
Plusieurs nouvelles séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs anglophones....

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Les diffuseurs francophones européens vous proposent une dizaine de nouvelles fictions. Lesquelles...

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques
Alors que la saison 1 du reboot de La Petite Maison dans la Prairie n'arrivera sur Netflix que le 9...

HypnoRooms

CastleBeck, 02.06.2026 à 11:38

Bannières et thème en vote, si vous avez 30 secondes pour cliquer. Merci.

choup37, 06.06.2026 à 12:26

Nouveaux sondages sur kaamelott et Doctor Who

ShanInXYZ, Avant-hier à 02:07

Nouveau sondage sur le quartier Cat's Eyes, pas besoin de connaître la série

Luna25, Avant-hier à 08:58

Nouveau mois sur les quartiers Legends of Tomorrow, Reign et Supernatural, n'hésitez pas à passer !

Viens chatter !

Newsletter

Les nouveautés des séries et de notre site une fois par mois dans ta boîte mail ?

Inscris-toi maintenant

Sondage

Un peu d’amour dans un monde de brutes. Parmi ces couples, lequel aviez-vous vu venir dès le départ ?

Plus d'infos / Commenter

Total : 58 votes
Tous les sondages