HypnoFanfics

Poseur de bombes

Série : Numb3rs
Création : 16.07.2009 à 21h25
Auteur : Cissy 
Statut : Terminée

« Episode que, fidèle à mon habitude (désolée pour mon égoïsme) j'écris seule. Un poseur de bombe sévit à Los Angeles. Les frères Eppes parviendront-ils à le stopper? » Cissy 

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Il l’entraîna avec lui hors de la salle jusqu’à la petite cuisine où il prépara deux cafés tandis que le mathématicien s’effondrait dans l’un des fauteuils qui meublait l’angle de la pièce. Lui-même ne tarda pas à le rejoindre, lui tendant le gobelet rempli du liquide ambré et odorant qui, pour n’être pas particulièrement bon, leur ferait tout de même du bien dans l’état où ils se trouvaient tous les deux.

- Et maintenant, frérot, si tu me disais ce qui te chiffonne.

- J’aurais dû faire quelque chose Don. J’aurais dû me douter que…

- STOP ! trancha alors son frère d’une voix sévère. Arrête ça tout de suite Charlie. Tu n’y es pour rien, pour rien du tout tu m’entends !

- Mais Carter me faisait confiance, il m’a appelé et …

- Et nous y sommes allés tout de suite. Mais cet assassin avait une longueur d’avance sur nous. Personne n’aurait pu le deviner. Moi-même je me suis laissé avoir. Alors si quelqu’un mérite des reproches, ça ne peut-être que moi.

- Mais non, tu ne pouvais pas deviner que… objecta aussitôt Charlie, inquiet à l’idée que son frère puisse se sentir coupable de quelque chose d’imprévisible.

Le sourire narquois de Don l’atteignit avant même qu’il n’ait achevé sa phrase et il en comprit tout de suite le sens. Un demi-sourire éclaira son visage fatigué et tourmenté :

- D’accord, tu as raison. Il n’empêche, c’est moche.

- Je sais, c’est moche, tu as raison.

- Quoi, ce type a vécu toute sa vie en évitant de se trouver mêler à quoi que ce soit qui puisse mettre en danger sa sacro-sainte petite vie bien organisée. Et la seule fois où il décide enfin de faire face à ses responsabilités, ou il accepte de se mêler au monde qui l’entoure et de faire preuve d’un minimum d’humanité et de courage, il est assassiné. Tu trouves ça juste toi ?

- Bien sûr que non Charlie, mais, au risque d’aligner des poncifs, je te dirai que c’était sans doute son destin.

- Oui… Il n’empêche, c’est cruel.

Les deux frères se turent. Don restait inquiet : il se souvenait de la manière dont Charlie avait réagi lorsqu’il était revenu vers la voiture pour lui annoncer la mort de leur témoin. Son frère l’avait regardé avec incrédulité, comme s’il ne pouvait pas croire à ce qu’il entendait. Puis, devant l’inévitable vérité, son visage avait brusquement blêmi et il avait porté la main à ses lèvres avant d’ouvrir précipitamment la portière.

Comprenant ce qui allait se passer, Don s’était rapidement écarté de la trajectoire tandis que son cadet vomissait longuement dans le caniveau. Lorsqu’il avait eu fini d’expulser ce qui lui restait dans l’estomac, Don lui avait tendu une bouteille d’eau avant de s’inquiéter pour lui. Charlie, péniblement avait hoqueté qu’il allait bien et Don, retenu par ses obligations d’agent avait dû se contenter de cette réponse on ne pouvait plus évasive. Il avait proposé à son jeune frère de le faire raccompagner chez lui mais Charlie avait déclaré préférer l’attendre.

Au bout d’une heure, lorsqu’il l’avait rejoint, il l’avait retrouvé adossé à son siège, les yeux clos et, un instant, il s’était dit qu’il avait sombré dans le sommeil. Mais Charlie l’avait très vite détrompé en lui demandant des précisions sur ce qui s’était passé. Tout en lui répondant sans entrer dans les détails les plus macabres, Don lui avait proposé de le ramener au passage avant de retourner au F.B.I., mais, à nouveau, son cadet avait décliné la proposition : il préférait se remettre au travail sur le champ.

Avait-il bien fait de ramener ici son frère ? Avait-il réussi à lui extirper ce sentiment de culpabilité que lui-même connaissait si bien mais qu’il s’estimait capable de gérer, ce dont il doutait en ce qui concernait le mathématicien. ? 

 

*****


Cissy  (09.08.2009 à 22:57)

- A quoi tu penses ?

La main de son frère sur son bras le ramena à l’instant présent. Il planta son regard dans celui de son cadet, soulagé de voir que, s’il semblait toujours aussi épuisé, au moins la lueur hagarde qui brillait dans ses yeux depuis le moment où il avait appris la mort de Carter, avait disparu.

- Comment a-t-il su ? lâcha soudain Don.

- Quoi ?

- Comment cet enfoiré a-t-il su pour Carter ?

- Je ne sais pas. Peut-être l’a-t-il aperçu ce jour-là et il s’est dit qu’il valait mieux ne pas prendre de risque.

Don ne semblait pas réellement écouter ce que lui disait son frère et celui-ci réalisa soudain que son aîné en fait réfléchissait à voix haute plutôt qu’il ne s’adressait réellement à lui.

- Et puis cet affolement : il disait avoir vu cet homme ce matin ? Mais qui ? Où ?

Dans un geste de frustration intense, il donna un coup de poing vigoureux sur l’accoudoir du fauteuil et son visage se crispa sous la douleur engendré par son geste impulsif.

- Arrête ça, lui ordonna son cadet. T’esquinter la main ne le fera pas revenir.

- Mais il y a quelque chose. Il y a forcément quelque chose ! Ce type n’a pas pu deviner… Est-ce qu’il est possible qu’il nous surveille ?

A peine eut-il émis cette hypothèse qu’un ricanement désabusé lui monta aux lèvre :

- Ben voyons… Comme si c’était possible.

Mais Charlie, lui, les lèvres arrondies comme sous le coup d’une intuition soudaine s’exclama :

- Mais si, ça n’a rien d’impossible. Et ça expliquerait tant de choses !

- Quoi ? Mais de quoi tu parles Charlie ?

- Carter disait avoir revu l’assassin. C’est ce qui lui a fait peur. Or visiblement il a dû le voir ici. Quelle autre explication.

Don le regarda, les yeux ronds, abasourdi :

- Enfin Charlie, tu te rends compte de ce que tu racontes ? Tu te rends compte de ce que ça implique ? Tu penses qu’un agent pourrait…

- Non, bien sûr que non ! Enfin, quoique dans l’absolu ça ne soit pas impossible. Mais comme tu l’as dit, ce type peut garder un œil sur nous. Ce qui expliquerait d’ailleurs qu’il n’ait jamais été arrêté. S’il a pris l’habitude de surveiller les forces de police qui enquêtent sur lui, ça lui permet de circonscrire le danger d’une part et d’autre part de s’envoler sous des cieux plus cléments quand on l’approche de trop près. Ce serait tout à fait logique…

- Mais enfin, comment pourrait-il faire ça Charlie ? Ca n’a pas de sens ! Il aurait forcément été repéré.

- Non, justement. Regarde !

Il attira l’attention de Don sur le nombre de personnes qui allaient et venaient dans la ruche, lui faisant remarquer que plusieurs d’entre elles n’étaient pas membres du F.B.I. mais que personne ne s’inquiétait de leur présence ici : un badge leur suffisait pour circuler, prouvant qu’ils avaient montré patte blanche au contrôle de sécurité et que leur présence était légitime, quelle qu’en soit la raison. Et sur les personnes restantes, le nombre d’agents en tant que tels était encore plus restreint.

- Et puis, rien ne dit qu’il l’a vu ici, à cet étage, ou même dans ce bâtiment. L’homme pouvait rôder à proximité et il aura reconnu Carter pour l’avoir aperçu lorsque lui-même l’a identifié l’autre matin.

Don commençait à être bougrement intéressé par le développement de son frère et les possibilités qu’il lui faisait soudain miroiter. Sous l’effet de l’excitation, toute la fatigue semblait s’envoler du corps de Charlie qui, rempli d’un regain d’énergie, entraînait son frère dans son sillage tout en continuant sa démonstration.

Arrivé dans sa salle habituelle, il effaça d’un geste nerveux tous ses calculs antérieurs et se mit à aligner d’autres équations sans cesser pour autant d’exposer sa théorie à son aîné.

Soudain celui-ci déclara :

- Mais si tu as raison, cela a donc déjà pu se produire non ?

- Quoi ?

Suspendant son geste, le mathématicien se retourna vers son frère : cette fois-ci, c’était lui qui ne comprenait pas où celui-ci voulait en venir.

- Si notre bomber a pris l’habitude de surveiller les forces de police qui le poursuivent, quelle que soit la méthode qu’il utilise pour ça…

- Justement, mes calculs devraient…. commença Charlie qui s’interrompit en s’apercevant que son frère continuait de parler sans se soucier de son interruption, comme pour ne pas perdre le fil de son raisonnement.

- Alors peut-être y a-t-il eu d’autres témoins éliminés…

- Voyons, objecta Charlie, jouant à son tour les troubles fêtes, rôle habituellement dévolu à son aîné lorsque lui-même développait une de ses théories inattendues, on l’aurait su, ça figurerait au dossier.

- Pas forcément, rétorqua Don, s’emballant à son tour, toute fatigue disparue, on n’a pas forcément fait le rapprochement. Il n’a pas posé de bombes pour éliminer Carter donc…

- Donc, rebondit aussitôt son cadet. Il faudrait trouver s’il y a eu des meurtres non élucidés dans les environs - …et au moment où ce malade était en action, finit Don.

Comme épuisés de leur activité cérébrale intense, les deux frères se regardèrent, mais chacun put lire dans le regard de l’autre l’admiration qu’il lui portait pour sa présence d’esprit et l’immense joie que leur procurait leur parfaite entente et leur complémentarité de plus en plus évidente.

- Bien, je demande à David et Colby de plancher là-dessus, déclara Don en s’apprêtant à sortir de la pièce.

- Moi je finis ces calculs pour tenter de préciser de quelle manière votre poseur de bombes arrive à vous approcher et, dès que vous avez les résultats de ta recherche, j’essaierai de réduire les possibilités. On arrivera peut-être à un recoupement intéressant.

- J’aimerais tout de même que tu prennes le temps de dormir un peu frangin, dit alors Don.

- Pas de problème, dès que tu vas te coucher tu me fais signe, je t’accompagnerai, rétorqua alors le cadet.

Son frère secoua la tête avec indulgence tout en laissant échapper un rire résigné : décidemment son frère était la pire tête de mule qu’il ait jamais fréquenté ! Bon, il reviendrait à la charge plus tard. Pour le moment, l’important était de vérifier si son intuition fulgurante allait déboucher sur quelque chose de concret. Ils en avaient tellement besoin !


Cissy  (09.08.2009 à 22:58)

CHAPITRE XVIII

 

Bureaux du F.B.I.

- Charlie, je crois qu’on a quelque chose.

Le mathématicien se retourna vers son frère qui grimaça à la vue du visage terreux de son cadet. Depuis maintenant trois heures, celui-ci alignait sans discontinuer les équations, sourd à toutes les injonctions de son aîné quant à son besoin de sommeil. A chaque fois que Don lui suggérait d’aller prendre un peu de repos, sa réponse restait la même : « Sans problème, dès que tu y vas je te suis ! ».

L’agent du F.B.I. savait qu’il ne servirait à rien d’essayer d’imposer sa volonté à son jeune frère. Quand celui-ci était ainsi lancé et buté, il était inutile de chercher à le faire revenir sur sa décision. Et puis, après tout, c’était peut-être lui qui avait raison, ils auraient tout le temps de dormir quand ils auraient mis la main sur leur meurtrier.

- Vas-y, je t’écoute, répondit son frère à sa phrase d’introduction.

- David et Colby ont planché sur l’hypothèse de témoins éliminés.

- Ils ont quelque chose qui colle ?

- Ca se pourrait : dans le Massachusetts, l’Ohio et l’Iowa, il y a eu trois meurtres irrésolus dans les villes où notre bomber a frappé, alors qu’il était en action.

- Vous avez trouvé un lien ?
- Et bien les trois ont été égorgés, comme Carter.

A cette précision, Charlie ferma les yeux un instant, en proie à la nausée et Don se mordit les lèvres se reprochant pour la énième fois sa maladresse : il commençait à oublier un peu trop souvent que son frère n’était pas un agent et, en tant que tel, pas aussi aguerri que ceux-ci pouvaient l’être quant aux modes de mises à mort.

- Désolé Charlie, je n’aurai pas dû…

- Mais si, au contraire. Tu sais très bien que je ne peux pas avancer sans avoir tous les éléments en main. T’inquiète, c’est juste que… J’ai du mal à comprendre comment un être humain peut se comporter de cette manière là. Il y a tant d’autres manières de tuer… Ca c’est….

Don se contenta de poser une main compatissante sur l’épaule de son cadet. Ce n’était sans doute pas le moment de lui dire que cette façon de tuer était loin d’être la plus horrible qu’il lui ait jamais été donnée de voir, malheureusement. Mais déjà Charlie se reprenait, désireux de montrer qu’il pouvait assumer aussi le côté sombre des enquêtes : pas question que Don le croit trop fragile pour lui exposer les faits dans toute leur réalité. S’il voulait pouvoir aider son frère au mieux, il devait aussi savoir prendre un peu sur lui.

- Et on est sûr que ça a un lien avec ce maniaque ?

- Pour l’une des victimes, même si les enquêteurs de l’époque n’ont pas réussi à le prouver, ça paraît évident. C’était une jeune femme dont les voisins étaient morts dans l’explosion de leur commerce. Elle avait dit à la police avoir vu, quelques jours plus tôt, un homme qui observait le couple. On l’a retrouvée assassinée deux jours plus tard et les policiers ont émis l’hypothèses que les deux affaires étaient liées. Cependant il s’est avéré que la jeune femme se livrait à la prostitution et au chantage, donc rien n’était certain et après la troisième explosion, le bomber ayant disparu, les enquêteurs n’ont pas cherché plus loin.

- C’était quand ?

- Il y a quatre ans.

- Donc, au moment où Mikey était déjà sur sa trace. Pourquoi ne nous en a-t-il pas parlé ? questionna alors Charlie.

Silencieusement, Don décerna un satisfecit à son cadet : celui-ci avait tout de suite mis le doigt sur le point délicat. En effet, lui-même s’était fait cette réflexion lorsque David lui avait fait part de ce premier cas susceptible de valider l’hypothèse des deux frères.

- Tout simplement parce que, étant donné le contexte, je n’ai pas cru devoir poursuivre cette piste.

 

*****


Cissy  (10.08.2009 à 18:05)

Les deux frères tressaillirent en entendant la voix de l’agent Spooner s’élever derrière eux. Tout à leur conversation, ils ne l’avaient pas entendu entrer. Celui-ci, de retour après plusieurs heures de sommeil, avait été mis au courant des derniers événements. D’ailleurs, il attaquait à ce sujet, d’une voix mécontente :

- Je pourrai savoir pourquoi tu n’as pas cru utile de me faire réveiller après ce qui s’est passé cette nuit ?

Don fit face sans se laisser démonter par le ton employé par son ami :

- Parce que tu étais crevé Mikey. A quoi cela aurait-il servi de te faire venir ? Carter était mort, et rien ne nous permettait de remonter la piste. Je ne voyais pas l’utilité de réveiller tout le monde : qu’au moins quelques uns d’entre nous puissent récupérer.

- A quoi tu joues Don ? Tu comptes, avec la complicité de ton frère, me mettre sur la touche afin de récolter les lauriers si jamais tu réussis à résoudre l’affaire ?

Charlie allait exploser de colère mais un geste impérieux de son frère stoppa net son élan d’indignation. Sans élever la voix, Don dit froidement à son ami :

- Tu sais très bien que tu racontes n’importe quoi Mike. Je peux comprendre que tu sois sur les nerfs, mais essaie de ne pas aller trop loin tout de même ! Je croyais que tu me connaissais assez pour savoir que ce n’était pas mon genre de tirer la couverture à moi.

Il y eut un instant de silence lourd. Mickaël avait plongé son regard dans celui de Don qui le soutenait sans ciller. Charlie s’était rapproché de son frère, comme pour le protéger de l’ire de son ami. A les regarder tous les deux, les traits tirés, de larges cernes soulignant leurs yeux, le teint plombé prouvant, si besoin était, qu’ils n’avaient pas dû dormir beaucoup, si même ils avaient fermé les yeux, si semblables malgré leur différences, si proches l’un de l’autre, Mike sentit à nouveau une sorte d’élan de jalousie le traverser. Dans le même temps, il comprit qu’il faisait fausse route et reconnut sur le champ son erreur.

- Pardonne-moi Donnie. Je crois que ce dossier finit vraiment par me taper sur le système. Je sais très bien que tu n’es pas du genre à te pousser en avant au détriment des autres, et je sais que Charlie n’est pas non plus de ce genre là. Simplement…

Il poussa un soupir, à court de mots, mais les deux frères avaient compris et senti que ses regrets de ce qu’il venait de dire étaient sincères. Cela leur suffisait. Après tout, ils pouvaient, mieux que quiconque, comprendre la frustration qui habitait cet agent à ne pouvoir arrêter un criminel qui se jouait de lui depuis cinq ans en semant mort et destruction sur son passage.

- C’est bon Mikey, on n’en parle plus ! dit Don en assénant une claqua amicale sur l’épaule de son collègue.

- C’est vrai qu’on finit par devenir dingue avec ce type, renchérit Charlie en lui tendant la main dans un geste franc.

- Dingue et insomniaque, reprit alors Mickaël en regardant les deux hommes tout en serrant la main de Charlie. Vous avez une tête à faire peur tous les deux ! Vous devriez vraiment aller vous reposer. Si vous vous effondrez, ça ne fera pas avancer l’enquête.

- C’est ce que je ne cesse de lui dire, prononcèrent alors les deux frères simultanément, chacun parlant de l’autre.

Ils se regardèrent tous les trois et partirent d’un éclat de rire libérateur qui finit de dissiper les restes de tension qui stagnaient dans la pièce.

- Je vois. Aussi têtus l’un que l’autre, plaisanta Mike.

- Absolument pas. Moi je suis persévérant, Don, lui, est têtu, répliqua alors le plus jeune, laissant son aîné sans voix de tant de mauvaise foi.

- Ben voyons ! fut tout ce qu’il parvint à répliquer, notant mentalement de rendre la monnaie de sa pièce à son frère un jour où il serait moins fatigué.

Reprenant son sérieux, Mickaël insista :

- Sérieusement les gars, il faut que vous preniez quelques heures de repos. Charlie, on a besoin de tes facultés au meilleur de leur forme et toi, Don, je n’ai pas besoin de te dire ce qui pourrait arriver si tu devais intervenir sur le terrain dans cet état de fatigue. Après tout, j’ai eu plusieurs heures de sommeil, j’ai bien récupéré. Et à ce que j’ai pu voir, tu as aussi laissé dormir les filles et David et Colby ont pris également un peu de repos et sont tout de même plus dispos que vous. On n’est pas à quelques heures près, malheureusement. Et puis, en cas de changement tu sais bien que je te préviendrai tout de suite.

Don eut un geste un peu vague dans lequel son collègue aurait été bien en peine de décider s’il s’agissait d’un assentiment ou d’un refus. Ce fut Charlie qui répondit à la suggestion :

- Ecoute, d’accord, on va aller se reposer.

Devant le regard furibond que lui lançait son frère, il insista :

- ON va aller se reposer mais avant il faut qu’on tire ça au clair.

Il montrait le dossier que Don avait abandonné sur la table, et ses deux interlocuteurs revinrent immédiatement à la question qu’il avait posée lorsque Mike était entré dans la pièce et que, d’ailleurs, il formulait de nouveau :

- Pourquoi est-ce que tu ne nous as pas parlé de ça Mickaël ?

- C’est vrai, renchérit Don. Tu sais bien que le moindre petit détail est important dans ce genre d’affaire.

- Je sais et je suis vraiment désolé mais, à vrai dire, ça m’était plutôt sortit de l’esprit.

- Comment est-ce possible ? s’étonna Don. Ce n’est pas anodin comme élément, le fait que ton bomber puisse être capable d’éliminer des témoins potentiels.

- Oui mais en fait on n’était pas complètement sûrs tu comprends. Evidemment, lorsqu’on l’a retrouvée assassinée, dans un premier temps on a imputé sa mort à notre criminel puisqu’il semblait qu’elle l’avait peut-être vu. Mais ensuite on a eu des doutes : une prostituée qui avait l’habitude de faire chanter ses clients avait toutes les chances de finir mal un jour. Et puis il y a eu une troisième explosion, peu après la mort de cette femme. Et de toute façon, j’ai pensé que, si c’était ce malade qui l’avait tuée, il ne servait à rien de se focaliser sur cette mort mais qu’il valait mieux continuer à le traquer comme je l’avais fait jusque là puisque, tôt ou tard je lui mettrais la main dessus et qu’alors on pourrait vérifier l’hypothèse. D’un autre côté, la possibilité qu’elle ait été tuée pour un motif totalement étranger à l’affaire était si réelle que les policiers locaux ont gardé l’enquête sur sa mort, avec mon assentiment. Et d’ailleurs quelques mois plus tard, ils ont inculpé un homme de cet assassinat. Donc je n’y ai plus pensé.

- Oui, je comprends, c’est logique, dit alors Charlie.

- Mais cet homme a toujours nié les faits, fit remarquer Don qui compulsait les éléments du dossier.

- Ca voudrait dire que, depuis quatre ans, un homme est en prison pour un meurtre qu’il n’a pas commis ? questionna Charlie d’un ton horrifié.

- Non, lui répondit son frère, les yeux toujours rivés sur le dossier. Je vois qu’il a été relaxé faute de preuves, ce qui est parfaitement légitime s’il n’avait effectivement rien à voir avec ce meurtre. Et tu n’as pas demandé à reprendre l’enquête suite à cet acquittement ? demanda Don à Mike.

- Je n’ai jamais su qu’il avait été acquitté. A vrai dire, lorsqu’on m’a appris qu’on avait arrêté un suspect, la police était tellement sûre d’elle et moi tellement préoccupée par cet assassin qui venait de ressurgir en Pennsylvanie que je ne me suis plus préoccupé de cet aspect de l’affaire.

- Je peux comprendre ça. Il n’empêche que tu aurais pu nous parler de cet élément, reprocha encore Don à son ami.

- Je sais. Comme je te l’ai dit, je suis désolé mais ça m’était sorti de la tête. C’était il y a quatre ans et puisque je pensais, sincèrement, que le dossier avait été bouclé et n’avait rien à voir avec le bomber, l’idée de vous parler de cet épisode ne m’a même pas effleuré l’esprit. Je suis navré si ça vous a fait perdre du temps.

- Non, non, s’empressa alors de le rassurer Don, désireux avant tout qu’il ne culpabilise pas.

Après tout, nul n’était à l’abri d’une erreur, il le savait mieux que quiconque et il ne pouvait pas blâmer son ami de ce petit oubli tout à fait légitime étant donné l’enchaînement des événements. Mickaël cependant enchaînait :

- Et vous avez d’autres cas similaires ?

- Et bien dans l’Ohio, un homme a été retrouvé égorgé de la même façon, deux jours après la dernière explosion imputé à ton bomber.

- Quoi ? Mais, je ne l’ai jamais su ! Et vous pensez qu’il y a un lien ?

- Apparemment, d’après le dossier, il était voyageur de commerce et il se trouve que, le jour de la seconde explosion, il se trouvait dans le quartier où la bombe a été déposée, tuant un jeune couple.

- Mais pourquoi ne m’a-t-on pas informé de cet aspect des choses ?

- Sans doute parce que la police n’a pas fait le rapprochement. L’homme a été tué à Dayton, à son domicile. C’est la police locale qui a enquêté sur le meurtre, sans aucun résultat.

- … l’Ohio, réfléchit Mike. C’était il y a un peu moins de trois ans. Trois explosions, à Colombus, cinq morts et à nouveau plus rien. Mais si cet homme avait vu quelque chose, pourquoi ne s’est-il pas manifesté ?

- Qui sait ? La peur d’être pris pour cible, envisagea Don.

- Ou, peut-être, n’a-t-il même pas eu conscience d’avoir été témoin de quelque chose, énonça soudain Charlie.

- Comment ça ? dit Mike en se tournant vers lui.

Don dissimula un sourire en voyant l’évolution de l’attitude de son ami envers son jeune frère. Désormais il le traitait comme un des leurs. Il n’avait pas fait exception à la règle : au départ, les policiers qui se trouvaient confrontés à Charlie le prenaient pour un gentil hurluberlu et le traitaient avec une certaine condescendance, mais il ne fallait pas beaucoup de temps au mathématicien pour s’attirer leur respect et leur confiance tant les pistes qu’il proposait étaient intéressantes et les résultats qu’il obtenait probants.

- Si c’était un voyageur de commerce, il a pu voir quelque chose dans le quartier qui ne lui a pas mis la puce à l’oreille comme ç’aurait été le cas pour un résident. Ainsi il n’a pas eu conscience de détenir une information importante. Mais le bomber lui, qui est particulièrement intelligent et prudent, a pensé que, peut-être il pourrait être un danger. Dans le doute, il l’a éliminé. Il ne pouvait pas courir le risque de voir un témoin potentiel surgir un jour.

- Et il a attendu qu’il rentre chez lui pour égarer les soupçons, acheva Don, bluffé à nouveau de la capacité de raisonnement de son cadet : décidément il aurait fait un excellent agent.

C’est d’ailleurs ce que Mickaël lui dit sans ambages en admettant que sa théorie était des plus plausibles. L’agent se tourna ensuite vers Don :

- Et la troisième victime ?

- Dans l’Iowa, il y a dix-huit mois. Là ça s’est produit plusieurs semaines après que ton poseur de bombes en ait terminé de son œuvre de mort.

- Oui Cedar Rapids : sept morts dans trois explosions, en cinq semaines seulement. Il a frappé vite et a disparu dans la foulée, l’interrompit Mike, replongé dans son enquête.

Don, affichant une photo anthropométrique sur l’écran, continuait son compte-rendu :

-  Joë Bettel, 35 ans, connu des services de police pour être un petit dealer, magouilleur et maître chanteur à ses heures. On l’a retrouvé égorgé dans sa voiture. Il tenait à la main une enveloppe avec dix mille dollars à l’intérieur. La police a conclu à une affaire de chantage qui aurait mal tourné et n’a pas cherché vraiment plus loin. Pour les flics locaux, un type dans le genre de Bettel en moins, c’était toujours ça de pris.

- Une théorie professeur ? plaisanta Mike en se tournant vers Charlie.

Ce fut Don qui, cette fois, reprit la parole.

- Je présume que Bettel a vu quelque chose lors d’une des trois explosions qui ont eu lieu à Cedar Rapids. Mais, fidèle à ses habitudes, plutôt que de prévenir la police, il a pris ses renseignements et pensé pouvoir faire chanter le meurtrier : mal lui en a pris.

- Tu penses qu’il l’aura attiré dans un guet-apens sous prétexte de lui verser l’argent promis ? demanda Mike.

- Sans aucun doute.

- Mais pourquoi lui avoir laissé l’argent dans ce cas, s’étonna Charlie. Pourquoi ne pas l’avoir repris après le meurtre ?

- Je ne sais pas Peut-être a-t-il été dérangé ? supposa Mike.

- Oui, ou alors c’est une façon de montrer qu’il se fiche du fric. Il paie ses dettes, à sa façon, ajouta Don. Pourquoi ? Tu penses que ça peut avoir de l’importance ? demanda-t-il à son frère.

- Tout peut avoir de l’importance répondit celui-ci. Tout ce qui peut nous permettre d’approcher au plus près ce meurtrier est important.

- Exact, rebondit aussitôt Mike, comme le fait que le directeur d’enquête et notre précieux consultant doivent être assez reposés pour pouvoir être efficaces. Alors maintenant rentrez donc vous reposer et faites-nous un peu confiance.

- Mike, j’ai beaucoup trop à faire ici pour…

- Bon sang Don ! Tu crois vraiment qu’on est incapables de se débrouiller sans toi quelques heures ? Que si tu n’es pas sur le pont on va tout faire foirer ?

- Non, bien sûr que non !

- Alors va te reposer et emmène ton frère avec toi avant qu’il ne s’effondre !

 

*****


Cissy  (10.08.2009 à 18:06)

Mickaël venait, consciemment ou non, d’avancer l’argument le plus susceptible de convaincre Don de prendre un peu de repos. Son regard soucieux s’attacha en effet à nouveau à son frère dont le visage pâle et figé disait assez l’état de fatigue. Mais il savait aussi que rien ne le persuaderait d’aller dormir tant que lui-même n’en ferait pas autant. Et puis lui aussi se sentait réellement épuisé, au bord du malaise par moment. Cela faisait maintenant près de quarante-huit heures qu’il n’avait pas fermé l’œil, il savait que ce n’était pas raisonnable. Et il n’était  que dix heures à peine : vouloir tenir jusqu’au soir était imprudent pour ne pas dire suicidaire.

- D’accord, abdiqua-t-il. Je rentre dormir trois ou quatre heures mais s’il se passe quoi que ce soit…

- On te tient au courant, compte sur nous.

Il hocha la tête, silencieusement. Maintenant qu’il venait de prendre la décision d’aller se reposer, la fatigue fondait sur lui comme pour prendre sa revanche pour n’avoir pas été écoutée plus tôt.

- Charlie, je t’emmène ?

- Attends, tu ne comptes pas prendre le volant dans ton état ? s’insurgea alors Mickaël.

- Je suis encore capable de conduire, protesta Don.

- Oui et bien désolé, je n’en prendrai pas le risque. Deux agents vont vous raccompagner.

- Tu ne vas pas soustraire deux agents à l’enquête pour…

- Don, il a raison, intervint Charlie. Tu es épuisé. Prendre le volant serait imprudent… pour nous deux… insista-t-il pour convaincre son frère.

Il savait en effet que, si celui-ci pouvait être parfois fort inconséquent avec sa propre vie, il ne prendrait pas le risque d’impliquer son jeune frère dans un accident avec les résultats tragiques que cela pourrait avoir. Il avait bien conscience d’user d’une sorte de chantage sous jacent, mais il n’avait aucun scrupule à le faire : si son frère était incapable de prendre soin de lui, alors c’était à lui, Charlie, d’user de toutes les armes à sa disposition pour l’obliger à le faire, coûte que coûte.

- OK. Mais un seul agent suffira ! admit Don, voulant, jusqu’au bout, affirmer son autorité : on ne l’obligerait pas à faire ce qu’il n’avait pas envie de faire.

- Bien sûr ! Et vous reviendrez comment ? répondit Mike, narquois.

Don leva vers lui un regard vide dans lequel on lisait l’incompréhension la plus totale.

- Deux agents : l’un conduit ton SUV et l’autre suit. Ainsi le deuxième raccompagnera le premier et, lorsque tu seras reposé, tu pourras revenir par tes propres moyens.

Don opina de la tête, conscient que c’était en effet une solution de bon sens et incapable soudain de protester. Il n’avait plus qu’une seule envie : se laisser aller et dormir ! Mike le comprit et n’insista pas. Il se contenta de faire signe à deux agents qui escortèrent les deux frères.


Cissy  (10.08.2009 à 18:07)

CHAPITRE XIX

Maison des Eppes

A peine dans le véhicule, Don ferma les yeux, accablé. Charlie luttait contre le sommeil, moins fatigué que son frère et l’esprit toujours accaparé par ses calculs. Une main sur son épaule le fit sursauter :

- Professeur, nous sommes arrivés.

Il ouvrit les yeux, s’étonnant de s’être assoupi à son tour. Il prit conscience d’un poids sur son épaule et s’aperçut que son frère avait glissé le long du siège et que sa tête reposait sur lui. Il sourit et posa une main légère sur le bras de son aîné :

- Don… Don on est arrivé !

Don grogna, s’arrachant difficilement au sommeil qui avait fondu sur lui.

- Allez, un petit effort !

L’agent sursauta soudain, et se redressa, l’air un peu hagard, étonné :

- Où sommes-nous ?

- A la maison.

- Chez moi ?

- Non, chez moi. Allez viens, tu as besoin d’un bon lit.

- Non, je veux rentrer chez moi.

- Pas question ! Tu es épuisé.

- Ca va…

- Bien sûr ! Il n’y a qu’à voir ta tête pour en être convaincu. Ne discute pas et dépêche-toi. Plus vite tu seras couché, plus vite tu pourras retourner au bureau.

Don grommela une réponse que son frère n’entendit pas et descendit du véhicule après avoir remercié leur chauffeur. Celui-ci, avant de prendre congé, tendit les clés à Charlie puis s’engouffra dans la voiture de son collègue qui s’était garée derrière eux.

Les deux frères entrèrent dans la maison :

- C’est vous les garçons ? s’enquit leur père sortant de la cuisine, l’air inquiet.

- Oui papa.

- Seigneur ! Mais vous avez une mine affreuse ! Vous êtes malades ?

Il se dirigea vers eux et posa une main rapide sur le front de ses garçons qui protestèrent en cœur :

- Non, ça va. Juste un peu fatigué…

- Juste « un peu » ? s’étrangla leur père.

- C’est surtout Don qui a besoin de dormir, assura Charlie avec mauvaise foi. Moi je suis en pleine forme.

- Tu parles, réussit à protester l’aîné, trop fatigué pour entrer plus avant dans la dispute.

Mais une fois encore il fit un nœud mental à un mouchoir imaginaire pour rendre à son frère la monnaie de sa pièce.

- Est-ce que vous voulez manger un peu ? s’enquit Alan.

Don sourit doucement : la nourriture, le remède universel de leur père.

- Non, tout ce que je veux, c’est me retrouver dans mon lit, gémit-il.

- D’accord mon garçon. Tu sais où il se trouve non ? Tu ne penses pas que je fais t’y porter tout de même ?

- Et bien…

Un sourire un peu inquiet vint détendre les lèvres d’Alan.

- N’y compte pas. Tout ce que je peux faire c’est t’accompagner pour m’assurer que tu ne tombes pas dans l’escalier. Allez, en route !

Il prit chacun de ses fils par un bras et les poussa devant lui. Comme des zombies les deux garçons montèrent l’escalier. Il les couvait d’un regard inquiet, particulièrement attentif à la démarche hésitante de Don qui semblait réellement à bout de forces. Charlie entra dans sa chambre et ôta rapidement chaussures pantalon et chemise, il dormait avant même que sa tête ait touché l’oreiller et son père ramena la couverture sur lui avant de fermer les rideaux pour empêcher la clarté de perturber son sommeil.

Il se rendit ensuite dans la chambre de son aîné qui avait continué sa route entraîné plus par l’instinct et l’habitude que par la volonté. Comme il s’y attendait, Don s’était affalé sur le lit sans même ôter ses vêtements et il dormait déjà profondément. Alan tâta son front avec inquiétude : il n’avait jamais vu son fils aussi épuisé et il avait peur que cela n’ait pas de rapport direct avec son enquête. Un soupir de soulagement lui échappa en se rendant compte que le front restait frais : Don n’avait pas de fièvre. Il était simplement au bout du rouleau.

Son père lui enleva alors rapidement ses chaussures puis, après avoir hésité, il entreprit de le déshabiller pour qu’il soit plus à l’aise et dorme mieux. Il sourit aux grognements de protestations qui émanèrent de son garçon tandis qu’il l’obligeait à lever les fesses pour le débarrasser de son pantalon et qu’il le faisait ensuite rouler d’un côté et de l’autre pour lui ôter sa chemise. Mais Don n’ouvrit pas les yeux et, dès qu’il se trouva en sous-vêtements, il enfouit sa tête sous son oreiller, comme à son habitude et plongea dans un profond sommeil. Son père le contempla quelques instants, attendri : il lui était si peu souvent donné de voir dormir son fils ! Il profita de l’inconscience totale de celui-ci pour déposer sur son front un baiser qui lui aurait valu un concert de protestations dans d’autres circonstances, puis il le recouvrit soigneusement et alla aussi fermer complètement les rideaux.

Au passage, il ramassa les deux téléphones portables de chacun de ses fils et les descendit avec lui : ils seraient peut-être furieux, mais, dans l’état de fatigue où ils étaient, pas question qu’un appel intempestif vienne les réveiller.

Malgré tout, conscient des responsabilités qui pesaient sur son aîné et ne voulant pas risque de lui attirer des ennuis, il appela David pour lui demander de n’appeler Don qu’en cas d’extrême nécessité et en passant par lui. Ainsi on ne pourrait pas reprocher à son fils de ne pas assurer son service mais il ne serait pas non plus réveillé sans raison. David le rassura en lui disant que telle était bien son intention : toute l’équipe était consciente de l’état d’épuisement des deux frères et chacun ferait tout ce qui était en son pouvoir pour leur assurer plusieurs heures de sommeil.

C’est ainsi qu’il était près de dix-sept heures quand les deux frères émergèrent de leur lourd sommeil. Don tempêta, furieux qu’on l’ait laissé dormir si longtemps, mais son père n’eut aucun mal à lui faire comprendre que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire.

Et puis la colère de l’agent se calma lorsqu’un appel au bureau lui apprit que rien de nouveau n’était arrivé. Il décida de prendre le temps de déguster le repas copieux préparé par son père et de prendre une bonne douche avant de retourner au travail.

Il sortait de la salle de bain lorsqu’il entendit son téléphone sonner. Il s’empressa de décrocher sous le regard résigné d’Alan et Charlie :

- Eppes !

Les deux hommes virent son regard se figer.

- D’accord, j’arrive !

Il raccrocha sans un mot de plus et se mit en quête de ses clés.

- Que se passe-t-il ? questionna Charlie.

- Notre bomber a encore frappé.

- Quoi, une autre explosion ? s’indigna son père.

- Oui. Dans un quartier d’entreprises.

- Il y a des victimes ? demanda Charlie d’une voix blanche.

- Apparemment une oui, une jeune femme qui travaillait là.

- La malheureuse ! compatit Alan.

Alors que Don atteignait la porte, Charlie demanda :

- Je peux venir avec toi ?

- Non Charlie. Je crois qu’il vaut mieux que tu avances sur tes calculs. Là bas tu ne nous serais pas utile.

Charlie ne fut qu’à moitié dupe de l’excuse avancée par son frère : il savait que celui-ci était avant tout soucieux de lui éviter un spectacle difficilement soutenable. Mais outre qu’il le comprenait, il n’avait en effet pas particulièrement envie de voir ça et effectivement, le fait d’avancer sur ses calculs serait sans doute beaucoup plus utile.

- D’accord. Je vais à Calsci, peut-être qu’Amita et Larry auront quelque chose pour moi.

- Et peut-être tout simplement qu’Amita sera heureuse de te voir non ? Et toi de la voir…, insinua son frère avec un sourire.

- Prends soin de toi, se contenta de répondre le cadet en souriant à son tour.

- Et toi aussi, répliqua l’aîné en passant la porte. A plus tard papa.

- C’est ça, à plus tard, grommela Alan qui aurait préféré garder ses fils près de lui jusqu’au lendemain.

Don avait à peine quitté les lieux que Charlie partait à son tour et le père ne put s’empêcher de sourire en s’apercevant qu’une fois de plus ses fils s’étaient arrangés pour lui laisser toute leur vaisselle sur les bras !

- Décidément, râla-t-il pour la forme, trop heureux d’avoir eu l’occasion de régaler ses garçons une fois de plus, j’ai raté quelque chose dans leur éducation. Ils ne changeront pas !


Cissy  (11.08.2009 à 22:57)

CHAPITRE XX

Dans Los Angeles

- Monsieur Alcost, pouvez-vous me dire si vous avez une idée de qui pourrait vous en vouloir ?

Don était arrivé sur les lieux du drame vingt minutes plus tôt. Les pompiers finissaient d’éteindre l’incendie provoqué par l’explosion. David et Mickaël était venu à sa rencontre et lui avait fait un topo du déroulement des événements. Vers 16 h 30, le bureau d’architecture de Benjamin Alcost avait explosé, tuant net l’une de ses employée, une jeune secrétaire de vingt-cinq ans, Nancy Spreer.

C’était le patron, prévenu de l’explosion, qui avait averti les secours de la probable présence de la jeune femme dans les locaux. Ce jour-là, l’agence était fermée théoriquement, mais elle avait tenu à revenir pour boucler un dossier qu’ils devaient présenter le lendemain à un gros client potentiel.

Don avait alors entrepris d’interroger Benjamin Alcost. Il devait en effet s’assurer que l’explosion était bien le fait de leur bomber et non une affaire parallèle. Tout en parlant, il examinait soigneusement l’homme : Benjamin Alcost semblait âgé d’environ quarante-cinq ans, il était grand, blond et présentait bien. Son attitude trahissait une extrême nervosité. On pouvait comprendre qu’il soit horrifié par ce qui était arrivé à sa collaboratrice, mais Don avait l’impression qu’il y avait autre chose derrière cette attitude. Il ressentait la peur qui habitait l’homme, comme s’il savait quelque chose qu’il ne voulait pas que le F.B.I. découvre.

Cette impression se renforça tout au long de l’entretien dont pourtant il ne sortit rien de probant. D’après ses dires, Benjamin Alcost n’avait pas d’ennemi, en tout cas il ne s’en connaissait pas. Ses affaires marchaient fort bien et ses revenus allaient de pair avec sa florissante activité. Rien ne lui permettait de fournir le moindre indice aux autorités quant à l’auteur de cet attentat.

Don finit par remercier l’homme de son obligeance tout en lui présentant ses condoléances pour la disparition de sa secrétaire. Puis il remonta dans sa voiture et regagna le bureau. Quelque chose le chiffonnait : cet homme leur avait caché des éléments, il en aurait mis sa tête à couper !

- David, tu me lances une recherche sur ce Benjamin Alcost, ordonna-t-il à son subordonné lorsqu’ils arrivèrent au bureau. Toi Colby, vois ce que tu trouve sur Nancy Spreer. Je pense qu’elle n’est qu’une innocente victime de plus, mais mieux vaut s’en assurer. Mike, tu t’occupes de la liaison avec les scientifiques pour déterminer si c’est bien notre poseur de bombe qui est à l’origine de ce meurtre.

- Tu en doutes ? interrogea son ami tandis que David et Colby obtempéraient aux instructions reçues sans plus tarder.

- Pas vraiment, mais il vaut mieux s’en assurer tout de même. Inutile de suivre une piste qui ne nous mènerait nulle part.

- Tu as raison. En tout cas, ravi de te voir en meilleure forme.

- Ouais…justement, maugréa Don. Comment avez-vous pu permettre à mon père de me laisser dormir aussi longtemps ?

- Tu étais au bout du rouleau Don, et tu le sais. Le mieux que tu avais à faire c’était de te reposer et pas seulement deux ou trois heures. Et d’ailleurs, rien d’important n’a eu lieu durant ton sommeil. Et dès que nous avons été alertés de l’explosion, nous t’avons prévenu. Donc…

- On reparlera de ça plus tard…, conclut Don avec une certaine mauvaise foi. Je vais faire le point de ce qui s’est passé pendant que vous me teniez à l’écart et toi, occupe-toi de savoir si la bombe est bien l’œuvre de notre maniaque.

- En tout cas, sourit Mike, il y a une chose dont je suis sûr : si j’avais su que tu reviendrais d’aussi mauvais poil  je ne t’aurais pas permis de dormir si longtemps. Au moins quand tu es crevé, tu n’as même plus l’énergie de protester et de râler. Il faudra que j’y pense la prochaine fois.

Il s’éclipsa rapidement sous le regard faussement scandalisé que son ami dardait sur lui.


Cissy  (13.08.2009 à 19:06)

CHAPITRE XXI

Bureaux du F.B.I.

Au bout de deux heures, les conclusions des différentes enquêtes menées tombèrent. Tout d’abord il apparaissait, comme cela semblait probable, que Nancy Spreer n’avait aucun autre lien avec l’explosion que d’en avoir été la victime. Rien dans sa vie ne laissait supposer qu’on puisse ainsi s’en prendre à elle. C’était une jeune secrétaire douée et consciencieuse qui travaillait avec Benjamin Alcost depuis deux ans après avoir occupés plusieurs emplois intérimaires. Tous les gens qui l’avaient côtoyée était unanimes : c’était une fille bien.

Benjamin Alcost était, comme il se présentait lui-même, un architecte très en vogue à Los Angeles qui gagnait plus que confortablement sa vie. Il possédait une villa vers Hollywood et plusieurs autres propriétés dans différents états. Il avait aussi un bureau d’étude à New York et un autre à Miami qui venaient compléter ses revenus. Bref, pas de problèmes de fins de mois pour lui. Par ailleurs, tout semblait réglo dans sa manière de gérer ses affaires : il n’avait jamais été suspecté de collusion avec le milieu du crime organisé, ses revenus étaient très régulièrement déclarés et aucun soupçon d’acte criminel de quelque nature que ce soit n’avait jamais plané sur lui. L’examen de ses comptes en banque ne laissait apparaître aucune anomalie.

Bref, s’il était victime du poseur de bombes, comme pour les autres, il serait difficile de déterminer ce qui l’avait désigné à la vindicte du criminel.

Le rapport de l’équipe technique arriva sur ses entrefaites, qui corroborait l’hypothèse du bomber : c’était bien son mode opératoire, sa signature. Le bureau de Benjamin Alcost avait bien été piégé par leur tueur en série.

- C’est pas vrai ! Mais il cherche quoi ce maniaque ? s’emporta Mickaël en envoyant voler une liasse de feuille dans sa frustration.

- Il y a forcément quelque chose ! Il y a forcément une raison à ses actes, lui répondit Don qui semblait profondément plongé dans ses pensées.

- C’est un cinglé ! Ca ne te suffit pas comme raison ? répliqua alors Mike qui semblait hors de lui.

- Non, il y a quelque chose derrière, je le sais, je le sens !

- Alors, si tu le sens… se moqua son ami, toujours excédé.

- Alcost nous cache quelque chose, c’est évident.

- Evident pour toi peut-être.

- Enfin, Mikey, ne me dis pas que tu n’as pas remarqué son attitude : il était fuyant, embarrassé, il avait peur.

- Don, sa jeune collaboratrice venait d’être tuée. Son bureau était parti en fumée. Tu crois que ça ne justifie pas amplement une certaine bizarrerie dans son attitude ?

- Non, il y avait autre chose.

- La fameuse intuition epsienne ? persifla Mickaël.

- Appelle ça comme tu veux : intuition, flair, ça m’est égal. Mais je suis sûr qu’il y a quelque chose.

- Don, tu as comme moi entendu le rapport de David non ? Ce type est blanc comme neige. Ses comptes sont nickels, il n’y a rien ! Bon sang, arrête de voir des pistes où il n’y en a pas. Ce maniaque a fait sauter deux bombes déjà : il va encore récidiver puis il disparaîtra, comme d’habitude ! Et il a déjà fait 8 morts ici. Jusqu’à présent il n’y avait qu’au Nébraska, il y a quinze mois qu’il  en avait fait autant ! Alors ne perds pas ton temps à poursuivre des chimères. Tu sais très bien que l’étude du profil des victimes n’a jamais rien donné. Trouve plutôt quelque chose de concret ! Et cesse d’échafauder des théories fumeuses, il y a assez de ton génie de frère pour ça !

Sur ce, sans laisser à son ami la possibilité de lui répondre, Mickaël sortit de la pièce. Don ne se formalisa pas outre mesure de son attitude : il comprenait dans quel était d’esprit pouvait être l’agent et il savait que celui-ci ne tarderait pas à retrouver son sang froid et à se sentir gêné de ce qu’il venait de dire.

Il n’empêche : il restait persuadé que Benjamin Alcost lui avait caché quelque chose, et il était bien déterminé à savoir quoi.

- Il faut que je vois Charlie, murmura-t-il.

Il quitta alors le bureau en avertissant David qu’il partait pour l’université.


Cissy  (14.08.2009 à 19:02)

CHAPITRE XXII

 

Cal Sci – Bureau de Charlie

- Charlie, tu es là ?

Le mathématicien se tourna vers la porte, suspendant ses calculs. Un sourire se dessina sur son visage à la vue de son frère.

- Et où veux-tu que je sois, lui répondit-il. Ton affaire me cloue à l’intérieur, quoi que je veuille faire !

- Arrête, tu n’es jamais aussi heureux qu’une craie dans les mains, contra alors son frère.

Les deux hommes eurent un petit rire complice puis Charlie reprit son sérieux.

- Alors, vous en êtes où ? Cette explosion, c’était lui ? Il y a des victimes ? Il a laissé une piste ? Est-ce que… ?

- Oulà, hé ! Doucement Charlie ! Je ne peux répondre qu’à une question à la fois tu sais, se défendit son frère.

Charlie eut un petit geste à la fois amusé et contrit, indiquant à son frère qu’il l’écoutait.

Don lui fit donc un compte-rendu succins des derniers événements et de l’impression diffuse qu’il avait au sujet de Benjamin Alcost. Contrairement à Mickaël, Charlie ne se moqua pas de l’intuition de son aîné. Il avait appris combien celle-ci était redoutable et s’avérait le plus souvent légitime. Si Don sentait qu’il y avait quelque chose à creuser, il creuserait.

De son côté, il n’avait pas vraiment avancé. Tout en effet permettait de penser que les trois victimes égorgées dans les trois états l’avaient été par le bomber dont elles avaient croisé la route pour leur plus grand malheur. Mais à part le fait de prouver, une fois encore, combien le criminel se moquait de la vie humaine, cela n’apportait pas grand-chose.

- Pour le moment, dit Charlie touché par le découragement qui sembla s’emparer de son frère à cette nouvelle. Mais ajouté à d’autres éléments, cela peut nous permettre de nous rapprocher de lui. Et puis je vais me pencher aussi sur ton intuition. Si Benjamin Alcost sait quelque chose, pourquoi le cache-t-il ?

- Il a quelque chose à se reprocher ?

- Tu as dis toi-même qu’il paraissait clean.

- Oui, mais on ne peut jamais être sûr de rien tu sais. J’en ai vu des types qui étaient bien sous tous rapports et finissaient par s’avérer de vraies pourritures.

- Quelle autre raison pourrait faire que cet homme prenne le risque de mentir au F.B.I, ou, à tout le moins, de lui dissimuler des éléments ?

- Il a été menacé ?

Charlie avait pris sa craie et avait commencé à écrire sur un tableau vierge. Il avait noté : pas clair ? et fait un trait pour tracer une colonne après ces mots. Maintenant il écrivait : menaces ?

- Qu’est-ce que tu fais ? demanda Don.

- Et bien je vais chercher la probabilité que l’une de tes hypothèses soit juste et explique l’attitude de cet homme.

- Oui, il vaudrait peut-être mieux vérifier d’abord que mon hypothèse de départ elle-même soit juste.

- Comment ça ?

- Ben oui : si je comprends bien, tu comptes calculer les probabilités qu’Alcost nous cache quelque chose pour l’une des raisons que je te donne.

- Exact.

- Mais si mon hypothèse de départ est fausse ? Si en fait il ne nous cache rien ? Si Mike a raison et que je me fie à une intuition qui s’avère complètement fausse ?

- Non, je ne pense pas. Ton intuition t’a rarement trompé il me semble.

- Rarement ne veut pas dire jamais Charlie.

- D’accord, mais là, mon intuition me dit que la tienne a raison, ça te va ? l’encouragea le mathématicien.

Don fit la grimace :

- Excuse-moi frangin, mais pour ce qui est de l’intuition, tu n’es pas particulièrement performant alors…

- Et bien si tu veux je peux commencer par un calcul de probabilités pour voir quelles sont les chances que ton intuition s’avère exacte et…

- Pitié ! cria Don en élevant les mains à hauteur de son visage dans un geste de défense. Plus ça va plus cette affaire nous entraîne dans des calculs qui…

- NOUS entraîne ? ironisa Charlie.

- D’accord, sourit son frère. T’entraîne… Non c’est vrai. Chaque fois que tu pars sur une hypothèse ça t’amène à en vérifier une autre qui te conduit à calculer la probabilité que… C’est infini !

- Bienvenue dans mon monde, dit Charlie avec un large sourire aux lèvres. Bon, écoute, c’est comme ça qu’on avance. Mais là effectivement je ne suis pas sûr qu’il faille vraiment calculer la probabilité que ton intuition soit juste. La logique voudrait que tu aies raison et qu’il y ait bien quelque chose, donc je vais chercher ce qu’il y a. Et ça permettra en même temps de vérifier la vraisemblance de ton intuition d’ailleurs.

- Comment ça ?

- Et bien si aucune des pistes ne mène nulle part, c’est qu’effectivement tu auras toute les chances de t’être trompé.

- Mais dans ce cas tu auras perdu beaucoup de temps pour…

- Comme dirait Larry, le coupa son frère, aucune recherche n’est jamais inutile. Tout sert toujours un jour.

- Alors, si Larry a dit ça, sourit Don.

- Bon reprenons, ordonna son cadet. Les causes pour qu’il te mente ou te cache quelque chose : il n’est pas net, il a été menacé… Tu vois autre chose ?

- On le fait chanter ? émis Don.

Charlie écrivit : chantage ?

- Sinon ?

- Je crois qu’on a là les trois causes principales.

- D’accord, alors je vais plancher là-dessus. Tu m’as apporté les éléments ?

- Oui, rapport de situation, coordonnées bancaires, état civil… Tu vas pouvoir faire tout plein de calculs ! se moqua gentiment Don.

- C’est ça, rigole ! Il n’empêche que si ces calculs aboutissent, tu en seras le premier heureux non ? Bon maintenant file que je m’y mette !

- OK frangin, merci. Tu me tiens au courant ? demanda l’aîné en quittant le bureau.

- Bien sûr, compte sur moi.

Quand Don eut tourné les talons, Charlie resta un instant à contempler le tableau : pas clair ? menaces ? chantage ?

Il se plongea dans l’étude du dossier que son frère avait laissé devant lui. Au fur et à mesure qu’il avançait dans la lecture, il alignait des équations dans l’une ou l’autre des colonnes. Au bout de deux heures, il barra d’un trait assuré sa première colonne : pas clair.


Cissy  (15.08.2009 à 17:31)

CHAPITRE XXIII

 

Cal Sci, bureau de Charlie

- Charlie tu es prêt ?

L’air incertain, Charlie se tourna vers Amita qui venait de l’interpeller.

- Prêt ?

Elle soupira, un sourire à la fois amusé et résigné sur les lèvres :

- Tu as oublié ?

- Oublié ?

- Charlie ! Nous devions aller ensemble à la conférence de Sotddart sur…

- Oh bon sang !

Le mathématicien s’empourpra soudain :

- Amita, je suis désolé, je…

- Tu ne vas pas pouvoir venir, c’est ça ?

- Et bien…

Il hésitait, le regard rivé sur les calculs qu’il venait d’aligner, déchiré entre le besoin de les terminer tant qu’il était plongé dans son raisonnement, et l’envie d’accompagner Amita à cette conférence. Non que la conférence en elle-même le passionnât à ce point, mais d’y aller avec sa fiancée la rendrait éminemment intéressante à ses yeux. Amita comprit son dilemme.

- C’est toujours cette affaire de bomber ?

- Oui, il y a quelque chose. Je le sais, je le sens ! Et je crois que…

Il soupira, incapable de faire comprendre combien il se sentait prêt d’un résultat : quelque chose qui, enfin, pourrait faire avancer les choses.

Amita sourit, indulgente.

- D’accord, j’irai sans toi.

- Non, j’ai dit que…

Elle s’approcha rapidement et posa ses doigts sur sa bouche pour le faire taire :

- Chut ! Tu n’es pas obligé de venir Charlie.

- Mais j’ai envie d’être avec toi.

- Je sais. Mais tu as aussi envie de résoudre cette affaire non ?

Un regard éloquent du mathématicien fut sa seule réponse.

- Et des conférences il y en aura d’autres.

- Des affaires aussi, répondit-il, l’air incertain.

- Bien sûr. Mais il s’agit de vies humaines Charlie. Si tu crois que tu tiens quelque chose, tu dois creuser.

- Tu es sûre ?

- Certaine.

- Merci.

Il se détourna aussitôt d’elle pour se replonger dans ses équations. Elle eut un sourire amusé :

- Charlie ?

- Oui ?

- Ca ne te dispense pas de m’embrasser tout de même !

Il leva vers elle un regard contrit :

- Oh ! Amita…

Puis en voyant qu’elle lui souriait, son visage s’éclaira à son tour et il se pencha vers elle pour lui donner un baiser fiévreux. Leurs langues se rencontrèrent, s’attachèrent, s’envoyant mutuellement d’agréables ondes de désir. A ce moment-là, Charlie aurait envoyé au diable toutes les équations du mondes. Il approfondit encore son baiser, sentant le désir monter en lui. Alors que sa main venait se poser sur la hanche d’Amita, ce fut celle-ci qui rompit le contact, un peu essoufflée, empourprée par l’intensité de leur échange, elle posa sa main sur sa bouche pour l’empêcher de prendre à nouveau ses lèvres :

- Stop ! Tu as du boulot et moi je dois aller à la conférence de Stoddart !

- Peut-être qu’on pourrait…

- Pas question professeur Eppes !

- C’est inhumain Amita : tu me mets l’eau à la bouche et puis…

Elle sourit, mutine :

- Et bien c’est juste pour te montrer ce que tu rateras si tu rentres trop tard à la maison.

Il sourit, entrant dans son jeu :

- Trop tard ? C'est-à-dire ?

- Extinction des feux à vingt-trois heures. Ensuite tant pis pour toi professeur !

- Autrement dit j’ai intérêt à finir ça très vite ! conclut Charlie.

- Tu l’as dit. Allez, à tout à l’heure !

- Compte sur moi !

- Ca vaudrait mieux pour toi, crois-moi !

Sur ces menaces pour rire, elle déposa un léger baiser sur ses lèvres et quitta le bureau tandis qu’il se replongeait frénétiquement dans ses calculs.


Cissy  (16.08.2009 à 17:30)

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Un peu d’amour dans un monde de brutes. Parmi ces couples, lequel aviez-vous vu venir dès le départ ?

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