Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : Torchwood
Création : 29.01.2010 à 18h41
Auteur : Arianrhod
Statut : Terminée
« Après CoE et The End of Time. Jack est sur le vaisseau interstellaire, un homme l'observe ... » Arianrhod
Cette fanfic compte déjà 145 paragraphes
Ils arrivèrent les derniers à la cuisine pour prendre le petit déjeuner ce qui ne manqua pas de déchaîner John qui semblait en bonne forme seulement deux jours après avoir pris une balle. Il leur fit plusieurs remarques qui ne firent rire que lui et qui prirent fin d'elles mêmes vu le peu d'entrain de l'équipe. Jack ne but que quelques gorgées de thé avant de rejoindre le poste de pilotage pour effectuer avec John le bond PRL vers la planète d'Alonso, la planète Sto.
Tout se passa pour le mieux jusqu'à l'atterrissage. Ianto ne put s'empêcher d'être admiratif devant la maîtrise de Jack, il avait fait toutes les manœuvres à la perfection. Il semblait mieux connaître les commandes du Galactica que John lui-même. On aurait dit qu'il avait fait cela toute sa vie … peut être après tout, il avait eu tellement de vies. Ils se posèrent dans l'astroport de la ville natale d'Alonso, celui-ci transpirait le bonheur d'être de retour chez soi. Il était excité comme un gosse, pressé de retrouver ses parents et sa vie. Ianto ne put s'empêcher de faire le parallèle avec lui-même. Serait-il aussi heureux de retourner sur Terre ? Il lui restait sa sœur, ses neveux … il essaya de se projeter, de s'imaginer Cardiff. Non, définitivement non. Il serait heureux de revoir sa famille mais la Terre lui rappelait trop de mauvais souvenirs et surtout sa propre mort. Rien de comparable avec Alonso.
Ils quittèrent le Faucon et après une dizaine de minutes de marche sur une route pavée, ils arrivèrent dans une petite ville.
« Mais ce n'est pas possible Alonso, c'est quoi ce trou paumé ?? » s'exclama John en s'arrêtant net.
Alonso lui jeta un regard noir, il commençait à bien connaître l'animal, beaucoup trop à son goût.
« Qu'est qu'il y a ? » demanda-t-il en soupirant sachant très bien qu'il ne comprendrait pas ce qu'il allait lui expliquer.
« On se croirait au moyen âge » fit remarquer Jack.
Alonso se tourna brusquement vers lui visiblement déçu.
« Tu m'enlèves les mots de la bouche » grommela John en regardant autour de lui.
« Vas-y explique-leur » encouragea Ianto.
« Nous vivons en harmonie avec la nature. Les routes sont pavées, les maisons en bois ou en terre. Les minerais ne sont que très peu exploités. Chaque village est indépendant et autonome et dispose de ses ressources, fruits, légumes et bétail. Je considère mon peuple bien plus évolué que la plupart des autres » finit Alonso fièrement narguant ouvertement John.
« Oh, god. La pire espèce oui ! »
« Laissez-le dire Alonso, c'est vous qui êtes dans le vrai » rassura Ianto.
« Absolument ! C'est rare et précieux » rétorqua Jack tout à coup très concerné.
Alonso jubilait, il les entraîna dans les rues de Sooki city.
Au détour d'une rue bondée, Jack posa sa main sur l'avant bras de Ianto pour attirer son attention.
« Je reviens » lui dit-il doucement alors que Ianto tournait son visage vers lui.
Ianto n'eut pas le temps de lui rétorquer quoi que ce soit, il avait déjà disparu faisant claquer son manteau au vent, le laissant pantois.
Chapitre 20 : Sooki city (part 2)
A écouter pendant la lecture Black Prairie – Accros The Black Paririe
puis Red Rocking Chair
Au détour d'une rue bondée, Jack posa sa main sur l'avant bras de Ianto pour attirer son attention.
« Je reviens » lui dit-il doucement alors que Ianto tournait son visage vers lui.
Celui-ci n'eut pas le temps de lui rétorquer quoi que ce soit, il avait déjà disparu faisant claquer son manteau au vent, le laissant pantois.
Quelques rues plus tard, John découvrit une charmante échoppe ressemblant à un bistro, il décréta à la cantonade qu'ils avaient besoin d'une pause.
« Où est Jack ? » s'étonna-t-il ne le voyant plus.
« Il est parti de son côté » expliqua Ianto.
« Un besoin d'espace … Jack n'a jamais été l'homme d'un seul amant » dit-il en grimaçant, « cela ne m'étonne pas. Chassez le naturel, il revient au galop … »
« Il n'y a pas de méchant lièvre et de petit loup. Si tu veux jouer à ce jeu-là, on peut être deux» riposta Ianto du tac au tac.
« Lièvre, loup … mais qu'est-ce que tu me chantes Eye Candy ?? »
Ianto leva les yeux au ciel avant d'ajouter :
« L'or véritable ne craint pas le feu. »
« Ok, ok, j'abandonne, tu as gagné. On s'assoit, on commande un truc à boire ? »
« Quand le sage désigne la lune, l'idiot regarde le doigt » ajouta Alonso en riant.
« Pas mal Alonso » répondit Ianto, se joignant à son rire, « mais pas très subtil » termina-t-il soudain grave en jetant une œillade à John.
« Je vais vous faire passer l'envie de me prendre pour un idiot » annonça John en colère.
« Et voilà, c'est malin ça » transmit Arkanos à Ianto.
Celui-ci nota intérieurement la pique de plus qui lui confirmait qu'Arkanos n'appréciait pas vraiment Alonso.
« On n'a rien pour payer. »
Cette fois, la pensée d'Arkanos s'était imprimée dans tous les esprits faisant taire la colère de John.
« Ce n'est pas con ça, Arkanos. En voilà un plus intelligent que vous deux » assena–t-il avant de l'embrasser à pleine bouche. Alonso détourna le regard gêné et Ianto sourit à cette démonstration apparemment faite pour lui puisque John ne le quittait pas des yeux tout en approfondissant le baiser. Il fut surpris de sentir un pincement dans sa poitrine, le spectacle ne le laissait pas indifférent.
Ils prirent tous un siège autour d'une petite table en bois.
« Bon, quelqu'un a pensé à prendre un diamant ? » murmura Ianto.
« Oui, moi je les ai pris » répondit Alonso, « et je sais où on peut les vendre. »
« Je l'accompagne » transmit Arkanos surprenant Ianto.
Celui-ci resta donc seul avec John avachi sur sa chaise, ils regardèrent la foule se presser devant les étals.
« Alors Eye Candy, on va enfin former une équipe, heureux ? »
« De quoi parles-tu John ? »
« On débarque Alonso, nous quatre sur le Faucon Millénium, cela va être amusant … tu joues ton rabat-joie mais reconnais-le, ça va être excitant. Je ne te laisse pas indifférent ... ni Arkanos d'ailleurs. »
« Tu te trompes. »
« Cela m'étonnerais ! »
« Jack vous débarque aussi, le Faucon est à lui, vous n'êtes pas prévu dans la suite du voyage » fit Ianto sur un ton monocorde mais sans le lâcher des yeux. John se redressa avant de lui parler, se rapprochant de lui, le regard soudain dur.
« Tu t'emballes ! » répondit-il les yeux dans les yeux, « tu crois peut-être que tu peux l'avoir pour toi tout seul ? Il a besoin d'une équipe, je t'ai ramené, on forme une bonne équipe. Il va me garder. »
« Tu régleras ton affaire avec lui, c'est lui qui décide. »
« Pas besoin de le préciser, Eye Candy. »
John semblait très sûr de lui faisant presque douter Ianto, sa détermination était claire, aucun doute là-dessus.
Aucun des deux ne reparla avant le retour d'Alonso et Arkanos.
« Me voilà riche, je vous invite ! » s'exclama Alonso en s'approchant de la table.
« Tu ferais mieux de rester discret » lui intima Ianto en attrapant son avant bras pour le faire asseoir un peu brutalement.
« Tu vois le mal et le danger partout. Sooki est une ville sûre » argumenta Alonso, vexé par l'attitude paternaliste de Ianto, après tout il était plus âgé que lui !
« L'appât du gain, Alonso » répondit celui-ci en soupirant « ne le crie pas sur les toits, ok ? »
John souriait béatement devant cette conversation complètement saugrenue pour lui sous le regard désapprobateur d'Arkanos.
« Ok, ok, toujours pas de Jack ? » questionna Alonso.
« Il te manque déjà ? » demanda John avec un sourire cruel, « il va falloir t'habituer. »
« Je boirais bien un café, est-ce qu'on peut en avoir ? Un vrai, pas cet immonde breuvage que j'ai goûté sur le Galactica » interrogea Ianto pour changer de sujet.
John avait tendance à s'emballer quand il s'agissait de son ancien partenaire. Ianto voulait garder la situation sous contrôle en attendant que Jack se décide à ramener ses fesses, belles somme toute.
« Oui ! » s'exclama Alonso tirant Ianto de ses pensées qui s'étaient elles aussi emballées, « pas de café épicé ici … mais il ne sera pas aussi bon que le tien. Tu me donneras ta recette avant de partir ? J'aimerais vraiment pouvoir m'en refaire » demanda Alonso.
« Déjà accro, Alonso ? Au café ou à celui qui le prépare ? » ne put s'empêcher de taquiner John un sourire narquois sur les lèvres.
« Tout le monde n'est pas comme toi, John » réprimanda Ianto en se mordant les lèvres pour ne pas sourire avant d'interpeller un serveur.
Ianto et Arkanos commandèrent un café, Alonso une sorte de limonade et John une boisson dont ce dernier lui avait vanté les mérites pour sa blessure ainsi que le goût semblable à la bière commercialisée sur les transporteurs intergalactiques.
Ils prirent le temps de déguster leurs breuvages avant de reprendre leurs déambulations. Les rues étaient en terre, d'une couleur tirant sur le jaune, les bâtisses pas plus hautes qu'un étage, les étals colorés et odorants. Ianto prenait du plaisir à cette balade, tous ses sens étaient en éveil, mais plus que tout, c'était le soleil sur son visage et la douce caresse d'une légère brise qui le galvanisait. Il se sentait vivant et heureux. Alonso l'avait guidé vers un marchand de café où il avait fait quelques achats pour tester différents arômes. Il ne manquait que Jack pour qu'il se sente complètement bien, que faisait-il ? Qu'est-ce qui lui prenait autant de temps ?
Cela faisait trois bonnes heures qu'il leur avait faussé compagnie et la faim se faisait sentir.
« On n'attend pas Jack pour manger ? » s'offusqua Alonso alors qu'ils s'étaient mis en quête d'un restaurant.
« Non » répondirent Ianto et John en chœur immédiatement.
Un peu trop vite, se dit Alonso, aucun des deux ne voulant reconnaître que son absence leur pesait et c'était pourtant le cas. Il haussa les épaules, tout cela était un peu trop compliqué à son goût. Il avait simplement voulu un peu de réconfort dans ce bar du Galactica où le plus beau mec qu'il ait jamais vu semblait tout aussi perdu que lui. Tout avait bien commencé … avant de se compliquer à souhait avec Ianto, puis Arkanos et Adama. Quand à John, il ne l'aimait pas, il s'en méfiait autant que Kate quand elle était encore parmi eux. Quand il y pensait, ils avaient tous failli mourir, et plusieurs fois ! En seulement trois jours, plutôt intense comme expérience.
« On parle de moi ? » fit une voix derrière eux.
Ils se retournèrent, Jack se tenait là, le visage radieux, un immense sourire aux lèvres.
« Ah ! Jack, mais où étais-tu passé ? » demanda Alonso spontanément.
« Le roi pour mettre les pieds dans le plat » transmit Arkanos à Ianto et Jack.
« Pas tes affaires. On va manger ? Je meurs de faim ! »
« On cherchait justement un restaurant » expliqua John en s'approchant, il s'appuya sur son épaule feignant la fatigue, l'accaparant physiquement.
Alonso ne dit plus rien, se mordant la langue, trouvant le Capitaine bien piquant.
« Bien, qu'est-ce qu'on attend ? » répondit Jack en dévorant son amant des yeux.
Celui-ci baissa les yeux se sentant légèrement rougir. Il connaissait ce regard, qui le désirait, le déshabillait, portait attente à sa pudeur, encore maintenant il se sentait nu, troublé et tellement amoureux …
John s'en rendit compte et se renfrogna.
oOoOoOo
Pendant le repas, Alonso les convainquit de rester quelques jours à grand renfort de descriptions et d'anecdotes et les invita chez ses parents. Ils habitaient à quelques kilomètres de la ville, sur le flanc d'une colline au milieu des arbres. D'après la description, Ianto imagina une maison perchée parmi des sapins. Amusé, Jack accepta après avoir interrogé Ianto du regard.
« Nous devrions nous dépêcher, il y en a pour 5 heures de marche. La fin est escarpée » expliqua Alonso.
« Mais ça ne va pas non !! Tu ne crois quand même pas qu'on va marcher ?! » s'offusqua John.
« Ah, oui, bien sûr ta blessure … »
« Depuis le Moyen Âge on a inventé des moyens de locomotion mon ami ! » s'énerva John.
« J'ai vu des speeders » se souvint Jack, » on va s'en procurer un. »
Alonso les invita à nouveau et paya le repas à la tenancière, une jeune asiatique qui n'avait d'yeux que pour Jack. Ils l'avaient tous remarqué mais personne ne s'en était plaint vu qu'ils avaient été servis avant tous les autres clients.
« J'ai une surprise » murmura Jack à l'oreille de Ianto alors qu'ils quittaient les lieux, en posant négligeant une main sur sa chute de reins. Ianto frissonna, la maîtrise de son amant le surprendrait toujours, il savait y faire. Était-ce son souffle ou cette main qui le retenait qui provoquait chez lui ce désir, ces frissons ? Peut-être aussi l'attente, Alonso s'était placé entre le couple les empêchant de se parler ou de se toucher pendant le repas. Il fit glisser sa main sur ses fesses, l'attira doucement vers lui, son autre main sur sa nuque. Il déposa sur ses lèvres un baiser léger comme une plume, l'effleurant à peine. Ianto ferma les yeux, son désir grandissait dans son bas ventre, plus rien n'existait autour de lui. Jack n'attendait pas de réponse, il le lâcha et le charme fut rompu.
Ianto reprit ses esprits et les paroles de Jack atteignirent enfin son cerveau, il avait plus que hâte de découvrir sa surprise. Ils partirent vers le marchand, Jack en tête de cortège, Ianto toujours subjugué admira son allure. Il ne fut pas le seul, car plusieurs passants et passantes se retournèrent sur son passage. Alonso lui parla lui sembla-t-il, mais il ne répondit même pas. L'ouragan Harkness était passé par là.
Jack acheta le speeder, il avait apparemment lui aussi vendu une des pierres précieuses. John lui posa quelques questions mais il ne voulut rien dire. Ils prirent place dans le petit engin dont Jack prit bien entendu les commandes. Personne ne discuta, il était naturellement leur leader. Le speeder fonctionnait comme un aéroglisseur, silencieux et rapide comme un éclair. Il prit manifestement beaucoup de plaisir à le piloter sur la route indiquée par Alonso. Ils durent se cramponner à plusieurs reprises, le Capitaine s'étant trompé de chemin malgré les cris d'Alonso qui se démenait pour lui donner les indications, avec la vitesse il était obligé d'hurler .... Ianto soupçonna Jack de le faire exprès, histoire de s'amuser un peu. Au pied de la colline, le speeder fit l'ascension à la verticale, les déposants au pied d'une grande maison en bois, construite sur des pilotis. Elle était perdue dans les arbres qui comme Ianto l'avait imaginé ressemblaient énormément à des sapins.
« C'est beau la technologie ! » s'exclama John en foudroyant Alonso du regard, « 5 heures de marche, j'te jure » marmonna-t-il.
A peine sortis du speeder, ils furent accueillis par les parents d'Alonso qui parlaient une langue que seuls leur fils et Jack comprirent. Mais Ianto sentit leur bonheur irradier, ils étaient heureux de le retrouver. Alonso parla un long moment, leur expliquant probablement leurs aventures, ils les regardèrent passant de Jack qu'ils serrèrent dans leurs bras, à Ianto puis John et Arkanos. Ils les firent entrer sans plus tarder.
L'intérieur de la maison plut immédiatement à Ianto, c'était très sobre, très épuré. Le bois était caché par de grandes teintures blanches tendues sur les murs. Les meubles étaient également blancs et le sol en parquet. Aucun meuble haut, tous étaient bas et fermés. La maison respirait le naturel et la plénitude. Ianto chercha du regard un élément de technologie et n'en trouva aucun. C'était très étonnant et dépaysant après avoir passé ces derniers jours sur des vaisseaux intergalactiques. Un foyer au centre de la pièce, entièrement ouvert, où brûlait un feu dégageait généreusement une douce chaleur. Les parents d'Alonso, Mary-Jane et Francesco, les invitèrent à s'asseoir sur les coussins qui étaient dispersés autour du foyer.
Jack ne s'en rendit probablement pas compte mais John s'arrangea pour qu'il ne soit pas assis à côté de Ianto. Les regards que John lui lançaient en disaient long sur ses intentions. Il voulait repartir avec eux et ferait tout pour parvenir à ses fins.
Chapitre 21 : Back home
A écouter pendant la lecture The National 90-Mile Water Wall
oOoOo
Autour d'une boisson chaude au goût chocolaté, à laquelle même John ne put échapper malgré ses réclamations, Alonso fit le récit de leurs exploits sur le Galactica et le Faucon Millénium à ses parents dans sa langue natale aux sonorités chantantes, proches de l'italien. Ils furent rejoints par la grand-mère qui prit place elle aussi autour du feu. Exclu de la conversation, Ianto n'avait pas d'autre occupation que de surveiller, du coin de l'œil, les agissements de John. Il cultivait son amitié avec Jack, leur complicité. Se faisait-il des idées ? Non, à plusieurs reprises, il lui glissa des mots à l'oreille qui firent rire Jack et tordirent les boyaux de Ianto. John avait dû rapprocher son coussin, ils étaient proches, mais qu'espérait-il ? Jack n'était pas en manque d'amour ou de caresses. Ces actes même désespérés, agaçaient prodigieusement Ianto. Il ne se sentait pas menacé, bien qu'il faille s'attendre à tout avec Jack, il ne voulait surtout pas se retrouver à bord du Faucon avec John. L'expérience de vie en commun avec Kate lui avait largement suffit. Il sentit les mêmes pensées habiter Arkanos qui lui aussi suivait avec intérêt le manège de son maître.
En fin d'après-midi, après de ferventes accolades avec Jack, la mère et la grand-mère d'Alonso rejoignirent la cuisine. D'après ce que Jack leur avait traduit, ils étaient heureux de retrouver leur fils qui s'était embarqué sur le croiseur interstellaire « Le Titanic » malgré leur désapprobation. Agriculteurs, ils ne souhaitaient qu'une chose, que leur fils reste avec eux et Jack semblait lui avoir redonné le goût des choses simples. Alonso avait expérimenté en peu de temps beaucoup de situations dangereuses et sa vie sur Sto l'attirait à nouveau. Pour tout cela, ils l'avaient longuement remercié. et invités à rester diner et dormir comme le souhaitait leur fils.
Jack, très à l'aise comme à son habitude, engagea la conversation avec le père d'Alonso, John toujours dans ses pattes. Ianto ne comptait pas rester à ne rien faire et encore moins affronter John. Il rejoignit la cuisine et laissa Arkanos accoudé à une fenêtre en admiration devant la nature qui les entourait, Alonso quand à lui avait rejoint sa chambre.
Les deux femmes furent un peu étonnées en voyant Ianto arriver mais elles comprirent vite qu'il voulait les aider. Ravies, elles lui donnèrent un plat de grosses pommes de terre à éplucher. Ils seraient dix à table, il y avait beaucoup de travail surtout qu'elles semblaient avoir prévu un festin vu la quantité de nourriture déposée sur la table. Après les pommes de terre, Ianto sortit deux ou trois paquets de café dont un que l'artisan torréfacteur avait vanté pour ses notes fruitées. Il voulait faire quelques essais avant de le servir, le mélanger avec d'autres essences, trouver la combinaison magique. Sous le regard médusé puis amusé des deux femmes, Ianto se mit à préparer ce qui allait devenir son nectar.
« Est-ce que je pourrais en avoir ? » transmit Arkanos qui venait d'entrer dans la cuisine.
Ianto lui sourit avant de répondre.
« Bien sûr. Est-ce que tout va bien ? » lui demanda-t-il en croisant les bras sur son torse, il attendait que café coule.
Il sentit immédiatement ses hésitations. Effectivement, celui-ci se mordit la lèvre, il avait apparemment du mal à lui livrer ses pensées. C'était nouveau, il avait toujours été plutôt direct. Ianto lui laissa un peu de temps, il ne voulait pas le brusquer.
« Pourquoi es-tu là ? » finit-il par demander.
« Je prépare le café, je ne comprends rien à ce qui se dit à côté. Je suis plus utile ici. »
« John ne comprend rien lui non plus, cela ne l'empêche pas d'être avec … Jack. »
« Je sais Arkanos. »
« Tu devrais y aller … »
Ianto lui servit une tassa avant de se servir lui-même. Ils dégustèrent le café en silence sous le regard curieux des cuisinières. Elles les dévisageaient sentant bien que quelque chose leur échappait.
« Trop amer, mais intéressant. Qu'est-ce que tu en penses ? »
« Il est bon … Ianto, pour en revenir à John … et à Jack … »
« Je sais ce que fait John, cela me déplaît autant qu'à toi. »
« Mais alors, fais quelque chose ! »
« Tu es inquiet ? » transmit Ianto en souriant.
« Oui » avoua-t-il en regardant ses chaussures, « je voudrais que tu y ailles. »
« Je suis désolé mais je n'interférerai pas … Jack fait ses choix mais je ne suis pas vraiment inquiet, alors ne le sois pas. »
Ianto lui tapa sur l'épaule et il eut la surprise de retrouver Arkanos dans ses bras. Malgré son étonnement il le serra, il était plus malheureux que ce qu'il pensait. Il entendit glousser derrière lui et sourit, c'était vraiment cocasse. Il lâcha Arkanos qui lui fit un signe de tête, résigné.
« Je vais faire un tour dehors pour me changer les idées. »
« Reviens vite, j'ai besoin d'un goûteur pour mon café » lui transmit Ianto alors qu'il franchissait la porte.
Comme souvent avec Arkanos, il garda son image dans son esprit un moment : lui rouge cramoisi parmi les sapins verts foncés qui oscillaient doucement dans le vent … belle image.
« Alors Eye Candy, toujours en coulisses ? »
Quelque temps après le départ d'Arkanos, entre le second épluchage de légumes et le troisième essai de café, John fit son entrée en cuisine.
« Tu viens aider John ? Justement il y a plein de choses à faire. »
Ianto avait été à la bonne école avec les piques, taquineries et petites vexations d'Owen. Cela ne le touchait plus. Mais Owen avait bon cœur, même s'il avait parfois été cruel, il avait été son ami. John, en revanche, il le connaissait moins bien. Même s'il devinait un cœur et de la loyauté, il percevait également de la tromperie et de la sauvagerie, capable du meilleur comme du pire.
« Non, je te laisse faire, tu es dans ton élément non ? L'arrière boutique … » dit-il un sourire narquois aux lèvres, faisant semblant de s'intéresser aux mets disposés sur la table.
« Moi au moins je me rends utile. »
« Oh, mais moi aussi je me suis rendu utile et tu t'en rendras compte bien assez tôt. »
Il s'était figé à quelques centimètres de Ianto, il le scrutait du regard, cherchant à déceler l'effet produit par ses paroles. Probablement déçu de ne pas avoir lu de curiosité ou de colère sur son visage resté impassible, John quitta la cuisine, toujours en flânant.
oOoOoOo
Ianto était satisfait, il avait trouvé un mélange excellent, pas trop fort et original. Il serait parfait pour sublimer le repas du soir. Son goût ne cessait d'évoluer dans sa bouche au fil du temps, il était magique. Il avait déjà averti l'artisan torréfacteur qu'il repasserait pour une grosse commande, il savait maintenant ce qu'il souhaitait. Ils avaient également parlé de la culture des caféiers, Ianto avait pensé installer quelques arbustes dans la serre. Mais en discutant, il avait vite abandonné l'idée, la culture et la récolte semblaient beaucoup trop compliquées. Et puis cela leur donnerait l'occasion de se poser et de goûter de nouvelles saveurs. Ianto jeta un œil dans le salon avant de sortir, il ne vit qu'Alonso qui bouquinait.
« Où est John ? » lui demanda-t-il.
« Oh ! Ianto, tu m'as fait peur, je ne t'avais pas entendu ! »
Alonso avait sursauté faisant sourire Ianto. Cela lui rappelait le Hub où il se déplaçait sans bruit, faisant régulièrement sursauter ses collègues concentrés dans leur travail. Les choses avaient bien changé depuis cette époque …
« Il a traversé le salon en trombe et il est allé dans sa chambre. Il ne semblait pas très content si tu veux mon avis » expliqua Alonso.
« Très bien ! » s'exclama Ianto faisant froncer les sourcils d'Alonso.
« Où est Jack ? » continua Ianto ignorant son regard interrogateur.
« Avec mon père dans son bureau, ils se sont isolés, une affaire à régler. »
« Voilà pourquoi John est venu me voir » pensa Ianto, « mais que fait-il avec ton père ?? »
« Je n'en sais rien » avoua Alonso en soupirant, « je suis allé faire ma toilette, changer de vêtements et quand je suis revenu, ils se sont enfermés dans le bureau. Il se trame quelque chose, c'est bizarre … mais avec Jack, c'est habituel, non ? »
« Oui, oui … bien sûr. »
Jack était un mystère encore et toujours mais il pouvait essayer d'y voir plus clair.
« Peux-tu m'y conduire ? »
Curieux, il frappa à la porte du bureau et passa la tête sans y avoir été invité. Il vit Jack et Francesco derrière un bureau regardant un grand livre.
« Ianto ! » cria presque Jack, comme un gosse surpris en train de faire une bêtise. Ianto ne s'y trompa pas, il sentit les sentiments de Jack osciller entre culpabilité et embarras.
« Qu'est-ce que tu manigances ? » l'admonesta-t-il en entrant dans la pièce.
Le père d'Alonso n'avait pas bougé, Jack traversa la pièce pour le rejoindre.
« Ne sois pas inquiet, mon amour » murmura-t-il, il couvrit ses lèvres des siennes l'empêchant de répondre.
« Mon amour ?? Mais qu'est-ce qu'il lui arrive, ça doit être grave ! » pensa Ianto pour lui-même.
Jack le prit par les épaules et avec un immense sourire aux lèvres, le poussa doucement mais fermement vers la sortie.
« Mais qu'est-ce que tu fais ? » réussit à articuler Ianto toujours sous le charme, reculant sous la pression de Jack.
« Je règle une affaire avec Francesco, on se voit tout à l'heure, ok ? » dit-il doucement.
« Et oui, tu es mon amour » lui transmit-il par la pensée répondant aux interrogations muettes du gallois.
Il passa sa main sur sa joue, tendrement. Il le poussa encore un peu plus, en dehors de la pièce, et ferma la porte immédiatement.
Ianto entendit leur conversation reprendre. Son cœur battait vite, il frissonna, il ne s'était pas rendu de son manque, il luttait pour essayer de se remettre et ne pas rouvrir cette fichue porte qui les séparait. Il ferma les yeux et se concentra pour revoir les images de son entrée dans la pièce. Torchwood Londres avait détecté son excellente mémoire et il avait bénéficié d'un entraînement spécial pour développer cette capacité. Cela faisait longtemps qu'il n'avait plus fait cet exercice mais il avait envie d'essayer. Il s'assit sur le sol, ferma les yeux et se concentra. Au bout d'une dizaine de minutes de lutte, des perles de sueur coulaient sur son front mais il avait réussi. Il avait retrouvé les détails que sa mémoire avait enregistrés inconsciemment. Il avait distingué des photos colorées sur le livre qu'ils regardaient, des personnes vêtues de parures rouge. Il avait également noté une boîte noire dans la main de Jack qui ensuite avait disparu comme par magie. Il avait retrouvé tous les éléments de cette scène qui n'avait duré que quelques instants, il n'avait pas perdu la main … à moins que ce soient ses nouvelles capacités qui l'aient aidé.
« Ianto ! Tu ne te sens pas bien ? » s'inquiéta Alonso du bout du couloir en le voyant assis à même le sol manifestement en proie à un malaise.
« Non, non tout va bien » rassura Ianto.
Nullement tranquillisé, Alonso le rejoignit. Ianto se releva et la tête lui tourna un peu, il prit appui sur Alonso.
« Tu veux que j'appelle Jack ? »
« Ça va passer Alonso, il me faut un verre d'eau. Tu n'en parles à personne, ok ? »
Devant la moue boudeuse de ce dernier il ajouta :
« Je vais bien, pas d'inquiétude. »
Alonso hocha la tête et ils rejoignirent les cuisines.
Ianto redoutait un peu le repas, mais tout se passa bien malgré l'attitude toujours étrange du Capitaine. Distant toute la journée, cette fois Jack fit attention à le prendre à côté de lui et fut plutôt démonstratif pendant le repas. Régulièrement, il posa une main sur sa jambe, main que Ianto redonna systématiquement à son propriétaire avec un regard lourd de signification. Il était hors de question de gêner les parents d'Alonso. Jack adopta ensuite une autre méthode, il posa son bras sur son épaule, en caressant doucement sa nuque. Ianto se laissa faire, partagé entre son plaisir et les manières qu'il souhaitait conserver. Les mets furent excellents, les saveurs nouvelles et appréciées par les convives. Ianto fut ravi de l'accueil réservé à son café qu'ils trouvèrent tous excellent. Alonso le supplia de lui donner sa recette, ce qu'il promit bien sûr. La soirée passa vite et Mary-Jane leur indiqua leurs chambres.
« Tu dois parler à John » rappela Ianto à peine entrés dans leur chambre.
C'était plus un ordre qu'un rappel, le ton ne laissait aucun doute.
« Cela attendra demain » répondit Jack catégoriquement en enlevant ses chaussures.
« Non, je ne crois pas. Tu aurais dû le faire depuis longtemps. »
Jack le dévisagea, Ianto l'étonnerait toujours. Il se tenait au centre de la pièce, droit comme la justice, le message était clair. Peu importe ce que lui dirait Jack, il n'en démordrait pas. Celui-ci se résigna, il avait raison après tout.
« J'ai repoussé cette échéance depuis trop longtemps. J'y vais. »