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Série : Stargate SG-1
Création : 01.11.2009 à 14h59
Auteur : creep
Statut : Terminée
« J'aimerais écrire cette fic seule, merci de ne pas y ajouter de paragraphes. » creep
Cette fanfic compte déjà 41 paragraphes
Teal’c, Alec, Jacob, Osiris et Daniel arrivèrent au vaisseau cargo, essoufflés d’avoir trop couru.
- Je vais mettre Osiris à l’arrière et fermer la porte, elle ne pourra pas s’échapper.
- Je vais rester avec elle, passez-moi une arme, déclara Daniel d’un ton ferme.
Jacob lui tendit son zat en lui faisant promettre d’être prudent. L’archéologue acquiesça et s’engouffra dans la petite salle qui abritait la Goaul’d. Allongée sur le sol, inconsciente, elle paraissait tout à fait inoffensive.
- Combien de temps ? demanda Jacob à Teal’c.
Comprenant qu’il faisait allusion aux deux militaires, le Jaffa regarda son interlocuteur et répondit avec son habituel calme.
- Quinze minutes. Mais ne vous inquiétez pas, ils seront là.
Le Tok’ra esquissa un faible sourire et se posta près de la porte, attendant sa fille.
Jack tendit un pain de C4 à sa coéquipière et en saisit un autre. Ils placèrent les charges sur les colonnes d’énergie des réacteurs et enclenchèrent le compte à rebours, le réglant sur un quart d’heure. Ils filèrent sans demander leur reste et entrèrent dans la salle des commandes.
- Teal’c, ici Jack, vous m’entendez ?
- Je vous reçois cinq sur cinq, O’Neill.
- On est dans la salle des commandes avec Carter et on voudrait envoyer un message aux autres vaisseaux pour qu’ils désactivent leurs boucliers. Une idée ?
- Mieux que ça O’Neill, vu que Ba’al est sur ce vaisseau, il peut commander les autres à distance. Il devrait y avoir un bouton rouge sur le panneau de commande. Appuyez dessus et tous les boucliers seront désactivés. C’est une précaution que prennent les Grands Maitres avec leur flotte pour pouvoir écraser facilement toute tentative de rébellion.
- Voilà une bonne nouvelle. Carter vous avez trouvé le bitonio ?
- Oui mon Colonel, répondit la jeune femme qui désignait une commande rouge sur le tableau.
- Eh bien, comme on dit, l’honneur aux dames !
Sam enclencha le mécanisme pendant que Jack levait les yeux. Il fronça les sourcils, constatant que rien ne se passait. Il prit de nouveau sa radio.
- Dites-moi Teal’c, comment on sait que ça a marché ? Parce qu’il ne s’est pas passé grand-chose là.
- Cette manœuvre est indétectable, vous ne pouvez donc pas savoir.
- Vous n’avez pas jugé bon de nous prévenir avant ?! Allez Carter, il nous reste dix minutes.
Le jeune femme obtempéra et suivit son supérieur à travers les couloirs. Ils n’étaient plus qu’a quelques dizaines de mètres du vaisseau quant ils furent stoppés net par deux Jaffas qui pointèrent leurs armes sur eux. Un sourire de satisfaction se dessina sur les lèvres d’un des guerriers.
- Voilà nos prisonniers !
- Eh, oui surprise ! C’est votre anniversaire aujourd’hui ? railla Jack.
Le garde lui asséna un coup avec son arme, fendant la lèvre du militaire qui sa massa le menton.
- Silence ou je tue la femme !
Jugeant la menace sérieuse, Jack décida de ne plus piper un mot.
- Va prévenir Ba’al que nous avons un des prisonniers, ordonna le Jaffa à son équipier.
Le militaire jeta un coup d’œil à son second qui regardait nerveusement sa montre.
- Combien de temps ?
- Trois minutes mon Colonel.
- Aïe ! On va s’en sortir.
- Pas cette fois.
- Carter, on va s’en sortir, c’est un ordre !
- Et comment ?
Avant que Sam n’ait pu finir sa phrase, Jack bondit sur le Jaffa, ce dernier se dégagea immédiatement de l’emprise de son assaillant et tira. Touché sévèrement à l’épaule et au flanc droit, le militaire roula sur le sol. La jeune femme, alerte, saisit son zat et visa le guerrier. Elle tira rageusement trois coups, ne laissant par la même aucune trace de leur agresseur. Elle se précipita ensuite sur son supérieur, mal en point.
- Combien ? lâcha Jack dans un souffle rauque.
- Moins de deux minutes, mon Colonel, répondit la jeune femme, les larmes aux yeux.
- Allez-y sans moi…
- Non !
Le hurlement se répercuta dans le couloir, Sam déglutit, surprise par la violence de son cri. Elle passa son bras sous l’épaule de Jack et l’aida à se lever.
- Allez, mon Colonel, le vaisseau est à 50 mètres.
Le militaire laissa échapper un râle de douleur et porta sa main à son coté droit, il la retira et fixa la couleur rouge de ses doigts. Du sang. Il en perdait beaucoup. Beaucoup trop. Il tenta tant bien que mal d’avancer, soutenu par son second. Il releva la tête et aperçu le vaisseau et Teal’c posté à l’extérieur. Le Jaffa se précipita pour porter assistance à ses amis et rapidement, ils purent rentrer à l’intérieur de l’appareil.
- Il nous reste à peine une minute ! s’exclama Jacob.
Alec, déjà aux commandes fit démarrer le vaisseau et mit les gaz, s’éloignant le plus possible de la zone de danger. Soudainement, une immense explosion se fit entendre. Les flammes se propagèrent aux vaisseau- mères avoisinants et virent lécher la coque du cargo dans lequel se trouvaient SG1 et les Tok’ra. Le souffle fit vaciller les parois de l’appareil qui fut prit de plusieurs secousses, projetant violement Sam qui tentait de maintenir son supérieur immobile contre un mur. Tous ne quittaient pas des yeux le spectacle apocalyptique qui s’offrait à eux. Un rai de lumière traversa la voie lactée et se perdit un peu plus loin, là où tout était calme.
- Il semblerait que quelqu’un ait réussi à se téléporter hors du vaisseau-mère, lança le Jaffa.
- Ba’al ? s’enquit Jacob.
- Je pense que oui.
Sam, encore commotionnée par le choc se rapprocha de Jack dont l’abdomen saignait abondamment. Elle retira sa veste et appuya fortement sur la plaie dans le but de contenir l’hémorragie. Elle savait pertinemment que s’ils n’arrivaient pas très vite sur Terre, son supérieur mourrait, faute de soins adéquats.
- Vous devez tenir mon Colonel, on arrive bientôt mais d’ici là vous devez me promettre de tenir le coup articula Sam, la voix entrecoupée de sanglots.
- Carteeeeeeeer, répondit faiblement Jack.
- Oui mon Colonel ?
- Je… Je dois vous avouer quelque chose.
Il inspira un grand coup épuisé par l’effort considérable qu’il devait fournir pour parler. Les larmes montèrent aux yeux de la jeune femme.
- Je…
Il fut interrompu par une quinte de toux et sombra dans l’inconscience.
- Mon Colonel !! Non !
Alerté par le cri de détresse de sa fille, Jacob se précipita vers elle.
- Ne t’inquiètes pas Sam, on arrivé d’ici quelques minutes, Alec va nous poser près de Cheyenne Mountain et il sera soigné, tout ira bien !
Quelques minutes plus tard, ils atterrirent. Teal’c et Sam sortirent les premiers, soutenant le blessé. Ils furent encerclés par plusieurs commandos de gardes du SG-C qui baissèrent leurs armes dès qu’ils reconnurent les voyageurs. Immédiatement une civière fut dépêchée et Jack conduit à l’infirmerie, suivi par les autres. Osiris fut menottée et placée sous bonne gardes alors qu’ils pénétraient dans les entrailles de la base.
Sam courrait derrière les infirmiers qui conduisaient Jack au bloc opératoire. Les bips irréguliers du moniteur cardiaque emplissaient l’espace. Soudainement cette mélodie rassurante –signe que le Colonel vivait encore – laissa place à un long sifflement. Aussitôt, une panique sourde s’empara de Sam, elle vit les courbes de l’électrocardiogramme se muer en une ligne désespérément plate, annonciatrice de mort. Janet fit stopper le convoi et sortit le défibrillateur. Alors qu’elle enduisait les palettes d’un gel translucide, un infirmier s’occupa d’arracher les vêtements qui recouvraient le torse de Jack.
- On charge à 200 !
Janet plaqua les palettes contre la poitrine du militaire. Son torse se souleva. Rien, le moniteur cardiaque émettait toujours le même bip continu. Des larmes virent emplir les yeux de Sam. Sa gorge était si nouée qu’elle était incapable de parler.
- On charge à 300 !
Le docteur Frasier recommença les mêmes gestes, elle les avait pratiqués tellement de fois qu’elle aurait pu le faire les yeux fermés. Bip, bip, bip. Elle poussa un soupir de soulagement, le cœur était reparti. Sam releva la tête et empoigna fermement la main de son supérieur, toujours inconscient.
- Sam, je dois t’examiner, annonça Janet.
A regret, la militaire décolla sa paume de celle de Jack et suivit son amie. L’examen se passa sans incidents, la jeune femme ne souffrait que de quelques contusions. Janet lui ordonna de prendre du repos. Sam partit et vint s’asseoir à coté du lit du Colonel, toujours endormi. Elle esquissa un faible sourire, s’enfonça au plus profond du fauteuil et laissa le sommeil s’emparer de son être.
Jacob, Daniel, Teal’c et Alec furent rapidement soignés. L’archéologue s’en alla ensuite voir Osiris. Elle s’était réveillée et invectivait les gardes de sa cellule, leur ordonnant de la libérer. Elle n’eut pour toute réponse que des ricanements moqueurs.
Jacob entra dans l’infirmerie et trouva sa fille, assoupie dans un vieux fauteuil. Il déposa un baiser sur sa joue et murmura un faible au revoir. Il se rejoignit Alec dans la salle d’embarquement et s’affaira à entrer les coordonnées d’une autre base Tok’ra. Il promit de revenir très vite avec des nouvelles sur l’état de leur force et d’extraire Osiris. Ensemble, ils franchirent la Porte.
Sam remua légèrement et grogna lorsqu’elle sentit un corps étranger bouger dans sa main. Elle ouvrit les yeux avec difficulté et s’aperçut que les doigts de son supérieur lui chatouillaient la paume. Elle sourit et appela Janet pour lui signifier que Jack était en train de se réveiller. Le militaire sourit en découvrant Sam à ses cotés, il serra plus fermement sa main, comme s’il avait peur qu’elle parte.
- Mon Colonel… murmura la jeune femme d’une voix empreinte de soulagement.
- Carter, vous ne pensiez tout de même pas que ces Goaul’ds pouvaient m’avoir, je suis résistant pour mon âge vous savez.
Elle se mit à rire. Daniel entra dans la pièce et annonça que Jacob était de retour.
- Quand est-il parti ? s’enquit Sam.
- Hier, vous avez dormi quasiment vingt-quatre heures.
La jeune femme écarquilla les yeux.
- Vous vouliez me battre Carter ? Comme je suis certain que je dormais déjà avant vous, j’ai gagné. Bon allons voir ce que ce bon vieux Jacob a à nous annoncer !
Ils se rendirent doucement dans la salle de briefing.
Jacob se tenait aux cotés du Général Hammond, un air rassurant se peignait sur leurs visages. Sam gratifia son père d’un beau sourire. Ils prirent place, prêts à écouter le Tok’ra.
- Je me suis rendu sur notre base principale… De nombreux survivants de l’attaque de Ba’al étaient présents. Nous avons subit de nombreuses pertes, une cinquantaine d’entre nous sont morts. Nous avons pris un sérieux coup et nous aurons besoin de temps pour nous relever.
Daniel se tortillait nerveusement sur sa chaise, attendant de savoir ce qu’il allait advenir d’Osiris. Jacob remarqua l’impatience de l’archéologue et enchaina :
- Nous acceptons cependant de procéder à une cérémonie d’extraction au plus vite pour Osiris. Dès demain. Une délégation viendra la chercher. Vous êtes tous invités bien sur.
- Des nouvelles de Ba’al ? demanda Jack.
- Aucune, il semblerait qu’il ait péri au cours du combat.
- Pourtant quelqu’un a bien réussi à s’enfuir, on a vu un rayon de téléportation.
- Je suis désolé Jack, nous n’avons aucun renseignement à ce sujet.
Hammond se racla la gorge, signifiant qu’il comptait intervenir. Tous les visages se tournèrent vers lui.
- Quoi qu’il en soit, nous avons infligé de sérieux dégâts. Sa flotte est réduite à néant, c’est une belle victoire. Je vais de ce pas en informer le président.
Ils quittèrent la table et Jacob repartit. Le reste de la journée se passa sans encombre, tous se reposèrent à leur façon. Daniel s’attaqua au déchiffrage d’anciennes tablettes ramenées d’un précédente mission, Teal’c s’enfonça dans un profond Kel’no’rim, Sam se pencha sur ses réacteurs et Jack en profita pour approfondir la culture des Simpson. IL évitait soigneusement de croiser son second et s’était enfermé dans ses quartiers.
Plus tard dans la soirée, la Porte fut activée. Daniel se précipita à toutes jambes dans la salle d’embarquement. Une délégation Tok’ra franchit le vortex. Sam, Jack et Teal’c arrivèrent à leur tour. Jacob annonça que tout était prêt et qu’il était temps de commencer la cérémonie d’extraction. Osiris fut amenée, menottée et sédatée et le petit groupe passa la Porte.
SG-1 fut conduit dans une immense salle aux murs couleur ambre. De longues tentures étaient accrochées au plafond et la lumière blafarde des torches s’y reflétait, ajoutant un coté mystique à l’atmosphère pesante de la pièce. La plupart des Tok’ra étaient déjà présents, vêtus de longs manteaux à capuche. Un silence de mort régnait dans l’air. SG1 prit place dans un coin tandis qu’Osiris était emmenée ailleurs.
- On va attendre longtemps à votre avis ? s’enquit Jack.
- Je ne pense pas, ils ont juste besoin d’un peu de temps pour préparer Sarah, répondit Daniel, tentant tant bien que mal de cacher son inquiétude.
Sam jeta un regard de biais à son supérieur, elle l’observait silencieusement, soucieuse. Il l’avait évitée toute la journée et elle ne s’était pas faite prier pour lui rendre la pareille. Elle espérait simplement que leur relation reprendrait très vite son cours normal. Leur dernière mission les avait beaucoup rapprochés, un peu trop sans doute. La peur de perdre l’autre avait été à deux doigts de lui faire avouer ses sentiments.
- Je peux encore entendre vos pensées, vous savez, chuchota Daniel à l’attention de la jeune femme.
La militaire coula un regard réprobateur à son ami.
- Ne vous inquiétez pas, Janet pense que ça aura disparu d’ici une semaine. En attendant, j’en apprends plein sur tout le monde. Deux Tok’ra pénétrèrent dans la salle, suivis d’Osiris. La cérémonie allait pouvoir commencer.
Les premières notes d’une musique sombre se firent entendre, suivies des voix des Tok’ra présents. Osiris, consciente, insultait ses gardes.
- Vous n’avez pas le droit, je suis une déesse. Il est encore temps Tok’ra de rejoindre mes rangs ! Prosterne-toi !
Le jeune homme qui l’escortait la somma de se taire, et avec l’aide de ses camarades, il sangla la Goaul’d au mur. Le chant montait en puissance tandis qu’une sorte de seringue géante s’approchait d’Osiris. Elle menaça l’assemblée, leur assurant qu’elle reviendrait se venger, qu’ils seraient tous amenés à mourir. Dans le fond de la salle, Jack murmura un « c’est ça, bon vent », Sam étouffa un petit rire et Daniel fixait la scène, le cœur battant la chamade, priant pour que ça réussisse. Teal’c quant à lui se réjouissait d’être débarrassé d’un grand maitre. L’aiguille avançait doucement et vint se planter dans le cou d’Osiris qui hurla de douleur. Quelques interminables secondes plus tard, le symbiote se cogna contre le réservoir de la seringue. L’hôte ouvrit les yeux et une expression affolée lui barra le visage. L’extraction avait marché. Celui qui semblait être un des leaders de la Tok’ra se saisit de la seringue et la brisa à terre. Le symbiote gesticulait dans tous les sens, tentant se s’échapper en rampant sur le sol. L’homme le prit et le leva au dessus de sa tête, le montrant à la foule. D’un mouvement leste des mains il replia sèchement le symbiote sur lui-même. Un craquement sonore résonna, Osiris n’était plus désormais. Une clameur monta dans la salle et les Tok’ra exultèrent de joie. Daniel se précipita vers Sarah qui n’en menait pas large.
- Daniel, bredouilla la jeune femme.
- Oui, c’est moi, ne t’inquiètes pas Sarah, je suis là !
- C’était horrible, j’ai vu tant de choses, du sang, des séances de torture et je ne pouvais rien faire. J’étais comme prisonnière dans un corps que je ne contrôlais pas.
- Tu as été possédée par un symbiote Goaul’d, tu n’es en rien responsable des actions d’Osiris.
Leur discussion se prolongea un peu. Ils furent interrompus par Jack qui leur signifia qu’il était temps de rentrer. SG-1 et Sarah s’en retournèrent sur Terre. Hammond les attendais dans la salle de briefing. Daniel accompagna son ami à l’infirmerie afin que Janet lui fasse subir un check-up complet.
Jack, Sam et Teal’c prirent place autour de la table.
- Le président et le sénateur Kinsey ont été informés de votre victoire. Une soirée est organisée à la Maison Blanche dans deux jours.
Le Colonel grogna, marquant son mécontentement, il s’apprêtait à ouvrir la bouche pour répliquer quand le Général ajouta :
- Votre présence est obligatoire, bien sûr ! ET non, Colonel, vous ne pourrez vous désister.
- Mais vous leur avez bien dit que Ba’al pourrait encore se balader dans la galaxie ?
- Oui, mais le simple fait d’avoir réduit sa flotte à néant est une belle victoire, à cela s’ajoute le succès de l’extraction.
- Kinsey veut juste frimer en s’appropriant notre victoire, il pense déjà aux prochaines élections, rala Jack.
- Colonel ! le réprimanda Hammond. Bien vous pouvez disposer. Vous avez obligation de vous reposer pendant deux jours.
Tous se levèrent, Jack fila dans les couloirs, Sam sur les talons.
- Mon Colonel !
Le militaire fit volte-face et sonda la jeune femme. Il plongea son regard dans le sien et inspira un grand coup lorsqu’il sentit son cœur se serrer.
- Vous ne pensez pas qu’on devrait parler ? s’enquit la scientifique.
- Nous sommes juste de très bons amis, il est tout à fait normal d’avoir réagi comme on l’a fait. Je ne supporterais pas de perdre une…. Amie, répondit Jack, peu convaincu.
- Vous avez raison.
Sam afficha un air désolé, les pupilles voilées par la tristesse. Elle murmura un faible au revoir et s’en alla.
Jack grogna en rajustant son nœud papillon. Il fit face à son miroir et contempla son reflet quelques secondes. D’un rapide passage de main dans sa crinière il se coiffa. Il ferma les yeux et repensa au regard que lui avait jeté son second, la dernière fois qu’ils s’étaient vus. Il l’avait blessée, il avait menti…amis…il se voilait la face, il le savait pertinemment mais préférait encore être dévoré par un Unas que de l’admettre devant la jeune femme. Ce soir, ils seraient bien obligés de se parler. Suffisamment de rumeurs courraient déjà à leur sujet sans qu’ils aient besoin d’en rajouter. Il soupira, sortit de la salle de bain prit les clés qui trainaient sur la petite table de l’entrée et quitta ce havre de paix qu’était son ranch. Il monta dans sa voiture et fit vrombir le moteur, les pneus crissèrent et sa jeep démarra. Direction Washington.
Daniel tendit une robe à Sarah, la jeune femme répondit par un sourire. Ils avaient passé leurs deux jours de congé à parler, à évoquer les douloureux souvenirs provoqués par Osiris. La jeune femme était loin d’en avoir terminé avec ses problèmes et il lui restait encore un long chemin à parcourir avant de pouvoir reprendre une vie normale. Elle se réveillait plusieurs fois par nuit en hurlant, puis elle s’asseyait sur un coin du lit en sanglotant. Les images des tortures que la Goaul’d avait infligé à d’innocentes personnes l’assaillaient, alors elle fermait les yeux, inspirait doucement et attendait que ça passe. Elle suivait des séances de psychothérapie une fois par jour et Daniel s’était promis de l’emmener chaque weekend découvrir les changements qu’avaient subi l’humanité en son absence. Sarah s’enferma dans les toilettes et enfila la robe, elle se regarda dans la glace et massa longuement ses cernes. Elle se maquilla, atténuant par là-même les traces de sa fatigue. Elle ressortit doucement de la pièce et fit face à l’archéologue. Il la fixa, béat d’admiration et murmura un « tu es magnifique » avant de l’inviter à prendre la voiture. Quelques minutes plus tard, tous deux étaient sur la route menant à la Maison Blanche, soucieux de savoir comment les hauts dignitaires de ce pays réagiraient à la vue d’une ancienne Goaul’d.
Teal’c avait profité de ses congés pour rentrer sur Chulak. Il avait passé quelque temps avec sa femme et son fils. Il était rentré sans hâte sur Terre et enfilait maintenant le smoking que Daniel lui avait dégotté. C’est la première fois qu’il enfilait ce genre de vêtement, il grimaça en découvrant son reflet dans la glace et se surprit à prier pour que le SG-C l’appelle pour une quelconque mission lui permettant d’éviter le gala.
Sam restait immobile devant son placard, elle n’avait aucune envie d’aller à cette soirée. Aucune envie de croiser son supérieur. Sa gorge se noua à cette pensée et l’image du Colonel vint hanter son esprit. Elle ferma les yeux, comme pour mieux s’imprégner de cette vision. Elle connaissait ses traits par cœur. Elle retint ses larmes et ravala sa salive. Elle tendit le bras pour attraper une robe. Rouge. Symbole de passion, d’amour, de sang. Elle l’enfila. Ainsi vêtue, elle arborait une superbe décolleté, pas trop provoquant, mais suffisamment profond pour attirer les regards. Mais cela lui importait peu, une seule paire d’yeux comptait à ses yeux. Ceux couleurs noisette dans lesquels elle aimait se perdre. Elle attrapa son sac à main et monta dans sa voiture.
Jack se gara, il sortit en trainant des pieds et avança doucement vers l’imposant bâtiment qui se dressait devant lui. Il fut hélé par Teal’c, Daniel et Sarah qui venaient d’arriver. Tapie dans l’ombre, Sam les observait, l’estomac noué, elle attendit patiemment qu’ils entrent et pénétra à son tour dans la Maison Blanche.
De nombreuses personnes étaient déjà présentes lorsque Daniel, Sarah et Jack franchirent la porte de l’immense salle de réception. Diverses personnalités s’entretenaient avec des politiciens en sirotant du champagne. Le petit groupe se fraya un chemin à travers la foule et se firent servir un verre. Sam, les suivait, silencieuse. Jack se retourna et aperçut son second, il lui fit un signe de la main pour l’inviter à les rejoindre. La jeune femme baissa la tête, fit mine de n’avoir rien remarqué et partit dans une direction différente.
- Allez lui parler, chuchota Daniel.
- Visiblement elle n’a aucune envie de me voir, à quoi bon ?
- Ce que vous pouvez être buté parfois, Jack. Plus vous attendrez, plus ce sera difficile de réparer les dégâts. Et puis vous savez très bien que je ne peux rien faire.
- Et dire la vérité…sur ce que vous ressentez ? Ou au moins des excuses !
Jack manqua de s’étouffer avec son champagne, il toussa et murmura :
- Ce sera des excuses.
- Bien, allez disparaissez !
Le militaire se faufila parmi les invités, tournant la tête à droite à gauche pour repérer son second. Il finit par l’apercevoir, adossée à un pilier. Il saisit un verre sur le buffet le plus proche et s’approcha de la belle jeune femme.
- Un verre Carter ?
Sam le regarda tentant de jauger ses intentions. Elle plongea son regard dans le sien, mue par un désir de déchiffrer les pensées de son supérieur. Un faible sourire s’étira sur ses lèvres et elle attrapa le verre. Leurs doigts s’effleurèrent lentement.
- Merci.
Jack prit une grande inspiration, il devait s’expliquer, il devait s’excuser. Pour que tout redevienne comme avant.
- J’ai eu peur.
La jeune femme ne sembla pas comprendre où il voulait en venir, elle fronça les sourcils et lui jeta un regard interrogateur.
- De vous perdre. C’est pour ça que je voulais que vous m’abandonniez quand j’ai été blessé. Je ne voulais pas que vous risquiez votre vie pour sauver la mienne.
- On ne laisse jamais personne derrière, c’est le propre même des militaires, vous le savez.
Des souvenirs dansèrent dans leurs esprits. Ils se remémoraient la fois où ils avaient essayé les bracelets Tok’ra. Que ceux-ci les avaient ensuite lâchés, laissant Sam prisonnière derrière un champ de force. Elle était condamnée, à moins d’un miracle. Et pourtant il était resté et ils avaient eu de la chance. Leurs regards se croisèrent, ils surent qu’ils avaient pensé à la même chose.
- C’est normal d’avoir peur… je ne supporterais pas de vous perdre, déclara Sam, brisant le silence qui s’était installé.
- On est au moins d’accord sur un point, Major !
La jeune femme sourit, tout n’avait pas encore été démêlé mais ils avaient déjà avancé. Elle vit Jack s’avancer et elle sentit ses bras se refermer autour se sa taille. Elle nicha sa tête au creux de son cou.
- Je ne veux plus revivre ça. Nos disputes. On est deux à être frustrés, à ne pas pouvoir obtenir ce que l’on désire, murmura le militaire à l’oreille de sa collègue.
Sam sa dégagea de l’étreinte de son supérieur et répondit en souriant :
- C’est ainsi qu’il en est entre nous.
- Alors, tout redevient comme avant ?
- Oui, presque mon Colonel.
- Alors rejoignons Daniel, il doit commencer à s’impatienter.
Leurs corps se frôlèrent alors qu’ils déambulaient dans la pièce, tous deux conscients que l’affaire n’était pas terminée. Ils venaient de repousser les limites un peu plus loin, un peu trop.
L’archéologue poussa un soupir de soulagement lorsqu’il vit arriver ses deux amis, le sourire aux lèvres. Ils s’étaient visiblement réconciliés, pourtant il sentait toujours une certaine tension entre eux, empreinte d’une attirance frustrée.
- Je vois que tout va mieux !
- Eh, oui ! Comment voulez-vous rester fâché avec Carter ? Son joli minois ne le permet pas.
La jeune femme piqua un fard et saisit une coupe de champagne sur le plateau d’un des serveurs qui passait par là. Elle fut imitée par Jack qui en profita pour lui couler un regard de biais, s’attardant sur son décolleté. Daniel était toujours stupéfait de la façon dont ces deux-là faisaient table rase du passé, come si les évènements récents ne les affectaient plus.
Sam sirotait consciencieusement son champagne, elle adorait sentir des centaines de bulles éclater sur sa langue. Ses lèvres s‘étirèrent et elle reprit une gorgée du précieux breuvage. Jack l’observait, amusé.
- Alors, comme ça on aime le champagne ?
- Oui, mon Colonel.
- Faites attention, je ne tiens pas à vous ramasser à la petite cuillère parce que vous aurez trop bu…
- Je tiens bien l’alcool.
- Ah ? Nan, parce que je me souviens de cette soirée sur P3X quelque chose, où vous étiez passablement éméchée et que vous avez enlevé votre tee-shirt.
- Pour le plus grand bonheur de Jack d’ailleurs, s’empressa d’ajouter Daniel.
- La ferme !
Sam se mit à rire et manqua de s’étouffer avec sa boisson.
Une femme, brune, vêtue d’une robe blanche se planta devant la militaire, mains sur les hanches.
- Sam, qu’est-ce que tu fais ici ? Tu m’avais dit que tu travaillais dans la télémétrie !
La belle blonde fonça des sourcils, elle ne s’attendait pas à croiser son amie à cette réception.
- Eh bien Emily, je ne pensais pas non plus te croiser ici.
- Je travaille dans la zone 51, au département d’études des diverses technologies ramenées par la Porte des Etoiles. Et toi ?
- Je fais partie de SG-1…
Emily ne laissa pas Sam finir sa phrase, elle secoua son amie comme un prunier.
- Waouh ! Tu me fais marcher là ! SG-1 ! Alors comme ça tu fais partie de ceux qui ont mis une sévère dérouillée à Ba’al et viré Osiris de son hôte ?
Jack souriait, amusé par la scène, il intervint.
- Oui, elle en fait partie !
- Et vous êtes ? interrogea Emily, curieuse.
- Le Colonel Jack O’Neill, commandant de SG-1.
La brune fixa le militaire, le détaillant de la tête aux pieds. Elle pinça les lèvres et roula des yeux puis elle jeta un sourire moqueur à Sam.
- Non, c'est vous ! Sam m'a beaucoup …
La jeune femme s’empressa de plaquer une main ferme sur la bouche e son amie et l’entraina au loin avant qu’elle ne parle trop. Cette soirée risquait fort de s’annoncer riche en rebondissements et révélations.
La militaire tenait fermement son amie par la main et se frayait un chemin à travers les convives. Elle trouva un coin, à l’écart des invités, où elles pourraient parler tranquillement.
- Je vois que tu es restée la même Sammy, toujours à te taire, à éviter les sujets qui fâchent quand il s’agit de celui que tu aimes.
- Emily, le règlement…
- Ça ne t’as pas arrêtée par le passé…
- Et IL en a payé les conséquences, la coupa Sam, un brin de tristesse dans la voix.
- Mais le regrettes-tu aujourd’hui ? Tu étais heureuse à l’époque.
- Non, mais là c’est différent, il s’agit de mon supérieur hiérarchique.
- Je sais.
- Et, il ne ressent pas la même chose que moi…lâcha Sam d’une voix faible.
- Ah, parce que tu es allée le lui demander ?
- Non, mais notre dernière mission aurait pu très mal tourner, nous avons fini par discuter après et tout ce qu’il a trouvé comme justification au fait que nous ne pouvions envisager la mort de l’autre était que nous étions amis…
- Ah ? Non, parce qu’au vu de la façon dont il te regardait, ou plutôt te dévorait des yeux, j’aurais juré qu’il y avait plus que ça.
- Il est comme ça…
- Mais pas avec les autres, tiens regarde-le.
Sam détourna la tête et aperçu Jack en pleine conversation avec une jeune femme aux courbes alléchantes. Elle le draguait outrageusement, sans se soucier de la présence de Daniel et de Sarah. La militaire sentit une boule se former dans sa gorge, elle déglutit et tenta de reprendre contenance avant de faire à nouveau face à son amie.
- Tu vois ?
- Quoi ? Le fait qu’il doit sans doute avoir envie de mettre cette pétasse dans son lit ?
- Tu es aveugle ma pauvre fille, il s’en cogne totalement, regarde il a juste envie de s'en débarrasser et il n’arrête pas de regarder à droite, à gauche, il doit sans doute chercher sa blonde préférée. Allez, cocotte, rejoignons-les !
- Tu me promets de ne plus faire de remarques sur lui et moi ?
- Tout ce que tu voudras.
Et bras dessus, bras dessous, les deux jeunes femmes revirent vers ceux qu’elles avaient quittés quelques minutes plus tôt.
Jack arbora un immense sourire en voyant son second arriver, la jeune femme le lui renvoya volontiers et Emily lança un regard sans équivoque à son amie, elle leva les yeux au ciel.
- Alors les filles, on discute, on discute ? Vous nous oubliez Sam ?
- Non, non mon Colonel, bafouilla la jeune femme dont le teint vira subitement au rouge vif.
Emily étouffa un rire et Sam lui donna un coup de coup dans les côtes en guise d’avertissement.
Jack fronça les sourcils, décidément ces deux là formaient une sacrée paire, il saisit deux verres de champagne sur le plateau d’un serveur qui trainait dans le secteur et en offrit un à Sam. La jeune femme s’empara de la coupe et gratifia son supérieur d’un immense sourire.
- Et nous, on compte pour du beurre ? demanda Daniel.
- Vous savez très bien que vous ne tenez pas l’alcool. Je prends soin de votre santé.
- Mais bien sur, railla l’archéologue.
Emily suivait avec attention l’échange verbal entre les deux hommes, elle eut une moue interrogatrice.
- Dis-moi Sam, ils sont toujours comme ça ?
- Oui, mais on s’y fait.
De nouveau, la militaire porta son verre à ses lèvres et le vida d’un trait, elle sentit avec délectation les milliers de bulles du divin breuvage éclater sous sa langue. Jack la fixait, s’emparant de sa coupe vide, il demanda :
- Je vais échanger ça avec un mojito, ça vous va ?
- C’est parfait mon Colonel.
Le militaire s’éloigna et revint rapidement avec deux coktails à la main, il donna à Sam son du et se tourna vers Emily, désireux d’en savoir plus sur son second.
- Dites-moi, vous avez l’air de connaitre Sam depuis pas mal de temps, vous n’auriez pas deux ou trois trucs à nous raconter ?
Sam s’étouffa avec sa boisson.
- On dirait que oui, commenta le militaire.
- Vous seriez surpris.
- Em, tu n’oserais pas ? menaça Sam.
- Si ! Il faut bien casser le mythe de Sam la scientifique trop sage. Il y en a un ici à qui ça plairait beaucoup…
Jack se racla violement la gorge gêné et Emily lui jeta un petit regard triomphal, ravie d’avoir touché une corde sensible.
- Par où commencer ? La liste est si longue… Ah, oui, Sam à un gout très prononcé pour les hommes plus âgés. A la fac, aucun de ses petits amis n’était de la même promo que nous. Elle s’est même acoquinée avec un prof d’astrophysique.
Sam se renfrogna.
- Et j’ai contribué à ruiner sa vie, le doyen l’a appris, il a été contraint de démissionner pour éviter un scandale, il ne peut plus enseigner.
- A ce propos, je l’ai croisé il y a quelque temps, il te passe le bonjour et te remercie, sans toi, jamais il n’aurait quitté l’école et n’aurait jamais dirigé le plus grand observatoire de ce pays. Tu vois, ça a du bon de fréquenter des hommes plus âgés…
- Oui, Sam, vous devriez écouter votre amie, lâcha Daniel, jetant un regard appuyé à Jack.
- Oh, oui Sam, au lieu de ça tu traines avec des moins que rien, comme ce flic parfaitement débile ! Mais vu que tu l’as largué, je te pardonne !
- Vous ne m’aviez rien dit Carter, la taquina Jack, une lueur étrange dansant dans ses prunelles chocolat.
- Du Sam tout craché se contenta de commenter Emily.