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Série : Stargate SG-1
Création : 09.05.2010 à 14h55
Auteur : creep
Statut : Abandonnée
« J'aimerais écrire cette fic seule. Bonne lecture, en espérant que vous appécierez. » creep
Cette fanfic compte déjà 22 paragraphes
Sam envoya balader d’un geste rageur une pile de feuilles remplies de lignes de calcul. Voilà maintenant plus de six heures qu’elle tentait désespérément de comprendre pourquoi ses résultats n’avaient aucun sens. Elle avait repris toutes ses formules des dizaines de fois, unes à unes et rien à faire, elle ne parvenait pas à trouver l’origine de son erreur. D’ordinaire elle aurait pris ce genre de situation comme un défi, aurait réalisé des modèles informatiques, passé des nuits entières à griffonner sur tout bout de papier lui tombant sur la main ; mais voilà cette époque était révolue. Un agacement intense la submergeait, elle détestait les questions sans réponse. Pourtant l’étude des masses gravitant autour de la lune ne se classait pas dans la catégorie infaisable, elle aurait du résoudre son problème en cinq minutes. Au lieu de ça, les courbes qu’elle avait tracées d’après ses calculs donnaient un astre rond d’où émergeait une protubérance semblable à une verrue difforme. Son dessin aurait du former un cercle parfait, mais la difformité obtenue la narguait.
- Ça n’a aucun sens ! souffla –t-elle.
Tout comme sa vie d’ailleurs. Sans le SG-C, elle était sans intérêt. Ce frisson qui lui traversait les entrailles chaque fois qu’elle franchissait la Porte, l’excitation qu’elle ressentait à la vue d’un appareil sophistiqué, les étincelles qui parcouraient son corps chaque fois que son supérieur posait un regard sur elle ; tout cela lui manquait affreusement.
- Alors Sam, on bloque ?
Une voix grinçante la tira de ses pensées. Elle serra les poings et se mordit la lèvre tandis que l’agacement la gagnait. L’homme se pencha par-dessus son épaule et se saisit des feuilles, non sans lorgner au passage dans le décolleté de la jeune femme.
- Tu as demandé à un petit de quatre ans de dessiner ta lune ? ricana son collègue.
- Non, c’est ce que disent les résultats…
- Eh bien ils sont faux !
L’ancienne Sam lui aurait sans doute lancée une réplique cinglante à laquelle elle aurait ajouté une gifle bien méritée, mais c’était du passé. La nouvelle Sam ne bougea pas d’un pouce et aucun son ne franchit ses lèvres.
- N’empêche ton dessin pourrait servir pour un film de science-fiction, cette espèce de tache difforme serait en fait un vaisseau extraterrestre usant d’un habile camouflage.
A ces mots Sam tiqua, les sourcils froncés, elle lui arracha les feuilles des mains et courut en direction du télescope.
- Hé, je ne voulais pas te vexer… cria son confrère tandis qu’elle s’éloignait.
Crétin.
Son cœur cognait violemment dans sa poitrine et un affreux pressentiment s’empara d’elle. Un vaisseau. Comme dans vaisseau mère. Comme dans Ba’al est encore vivant. Comme dans la Terre court un grand danger. Elle pianota sur l’ordinateur installé près du télescope. Une feuille recouverte de chiffres et de graphiques sortit de l’imprimante.
Elle le savait, elle n’avait fait aucune erreur et les résultats ne mentaient jamais. La protubérance de matière solide près de la lune était conforme aux dimensions d’un vaisseau-mère. Ce qui signifiait, que là haut, au dessus de sa tête, un Goaul’d tramait quelque chose. Et rien de bon ne pourrait en sortir.
Elle devait agir. Mais elle ne pouvait le faire seule. Elle avait besoin d’EUX.
Elle devait protéger ses arrières, il était hors de question de partir, Kinsey supposerait immédiatement qu’elle s’en était allée retrouvée Jack et s’en prendrait à Daniel. Sam enrageait et se creusait les méninges, il lui fallait un plan. Un faux passeport lui serait utile et elle devrait se rendre à Washington en bus. Impossible de prendre l’avion, elle serait filmée à l’aéroport… Restait à organiser son départ sans mettre la puce à l’oreille de l’odieux politicien. Elle se savait surveillée, il y avait ce type dans sa voiture noire qui restait posté devant son immeuble histoire de bien vérifier qu’elle ne s’enfuie pas. Crétin.
Elle pourrait se faire passer pour morte… Non trop compliqué, s’ils ne trouvaient pas de cadavre, ils penseraient automatiquement à une mise en scène et s’en prendraient aux autres. Un enlèvement ? Pourquoi pas, il lui suffisait de transformer son appart en champ de bataille et de disparaitre par les toits, pour ne pas être vue. Sauf qu’il manquait un mobile, elle ne connaissait personne ici, ça paraitrait trop suspect. Elle frappa rageusement la table, son cerveau refusait de fonctionner correctement depuis la fermeture du SG-C. Si le Colonel avait été là, il aurait tout de suite mis au point un plan infaillible. Elle ferma les yeux et refoula ses larmes. S’obligeant à respirer lentement, elle partit s’allonger sur son lit et ferma les yeux. Alor qu’elle sentait le calme revenir et sa tristesse s’en aller, une idée lui traversa l’esprit. Un cambriolage qui aurait mal tourné ! Tout à fait plausible, surtout vu la réputation de quartier. Un léger sourire s’arrêta sur son visage. Elle avait repris espoir. Il lui fallait un faux passeport et elle savait où se cachait un grand faussaire. Il lui avait suffit de tendre l’oreille dans les bars, dans la rue pour dénicher l’adresse. Elle attrapa son portefeuille, une perruque, des lunettes noires et grimpa sur le toit.
Elle avait découvert qu’elle pouvait très facilement descendre sur celui de l’immeuble voisin, échappant ainsi à la vigilance des sbires de Kinsey. Elle enfila la perruque et les lunettes et descendit par l’escalier de secours. Une fois dans la rue, elle regarda autour d’elle, n’aperçu rien de suspect et fila au loin. Elle arriva chez le faussaire une demi-heure plus tard. Il habitait un immeuble luxueux, au dernier étage. Elle grimpa et arriva devant la porte, elle frappa trois coup bref et un immense homme aux épaules larges lui ouvrit.
Il la détailla de la tête aux pieds et la somma de retirer ses lunettes. Elle obéit. Une expression de stupeur passa sur le visage du géant. Les yeux bleus de Sam reflétaient une détresse profonde, une fatigue intense. Au plus profond de ses pupilles brillait une lueur de rage. Elle n’était pas flic, elle avait juste de gros ennuis.
- C’est pour quoi ?
- Je voudrais un passeport, lacha la jeune femme.
L’armoire à glace la fixa de nouveau, tentant de la sonder. Elle ne représentait aucun danger.
- Je peux payer. Il m’en faut un, le plus vite possible.
Son ton était suppliant. L’homme vit une larme couler le long de sa joue. Cette femme fuyait quelque chose.
Il l’invita à entrer. Elle jeta de rapides coups d’œil autour d’elle. Le séjour était meublée avec gout, de nombreux tableaux de maitre ornaient les murs, les meubles, ultra design se reflétaient à l’infini dans l’immense miroir qui composai le plafond. Une voix grave la tira de sa rêverie. Un jeune homme se tenait devant elle. Il avait tout du magouilleur avec ses habits trop impeccables et son sourire charmeur mais elle savait qu’il ne lui ferait pas de mal.
- Ça vous coutera dix mille, il sera prêt demain. Vous avez un nom auquel vous pensez ?
- Non, pas vraiment.
- Peu importe je me débrouillerai.
Elle lui tendit une partie de l’argent.
- Vous aurez le reste quand j’aurais mon passeport.
Elle fut raccompagnée à la porte et retourna chez elle. Bientôt, elle LE reverrait, bientôt.
Le lendemain, Sam se rendit de nouveau chez le faussaire. Elle récupéra son passeport au nom d’Emily Foster. Un sourire se dessina sur ses lèvres, dans quelques jours elle serait à Washington et ce soir elle aurait quitté Los Angeles. Elle retourna à son appartement et entreprit de faire son sac. Elle voyagerait léger. Elle emporta l’album qui contenait ses photos de famille et de SG-1, quelques vêtements et tous ses bijoux. Leur disparition laisserait supposer un cambriolage. Elle fourra l’ensemble de ses économies et son passeport dans les poches du bagage.
Elle jeta un coup d’œil à la pendule qui trônait au dessus de sa table. Vingt heures dix. Il lui restait quasiment trois heures avant de prendre le car. Elle sentit une certaine fébrilité s’emparer de son être et tremblait d’excitation et de peur à l’idée de le retrouver. Sa seule crainte était que Kinsey comprenne son plan et qu’il s’en prenne à Jack. Elle inspira doucement et s’en alla prendre une douche. Elle s’habilla et enfila sa perruque. Elle était méconnaissable et sa tenue lui permettait de passer inaperçue.
Elle allait attaquer la première phase de sa fuite. Faire croire qu’un cambriolage avait mal tourné. Elle poussa un cri de stupeur aigu qui aurait tôt fait d’alerter les voisins et entreprit de briser divers objets, mimant ainsi une lutte acharnée contre un malfrat. Elle partit en courant de l’appartement avant que d’autres occupants de l’immeuble ne se mettent en tête d’approcher un peu trop. En quelques minutes, elle se retrouvait dans la rue et déjà des sirènes de police se faisaient entendre. La station de car se dessina enfin devant ses yeux. Elle tenta de calmer la nervosité qui l’animait alors qu’elle approchait du véhicule. Un contrôleur l’aborda alors qu’elle montait pour s’asseoir.
- Vous avez un billet ?
- Oui.
Sam tendit son ticket.
- Bien, une pièce d’identité ?
Le cœur de Sam fit une embardée et sa gorge se noua. Elle retira son passeport d’une des poches du sac et le donna au contrôleur. L’homme fixa le petit livret et laissa son regard faire des allers retour entre la photo et la jeune femme.
- Z’avez l’air d’être en règle. Bon voyage.
Sam murmura de faibles remerciements. Le car démarra. Son voyage durerait deux jours. Autant prendre son mal en patience. Elle vissa des écouteurs sur ses oreilles et laissa la musique l’envahir.
Wish you were here
Me, oh my countryman
Wish you were here
Wish you were here
Don't you know the stove is getting colder
And I miss you like Hell
And I'm feeling blue
Wish you were here
Me, oh my countryman
Wish you were here
Wish you were here
Don't you know the stove is getting colder
And I miss you like Hell
And I'm feeling blue
I got feelings for you, babe
Do you still feel the same
From the first time I laid my eyes on you
I felt joy of living, I saw Heaven in your eyes
In your eyes
Wish you were here
Me, oh my countryman
Wish you were here (I wish you were here)
Wish you were here
Don't you know the stove is getting colder
And I miss you like Hell
And I'm feeling blue
I miss your laugh, I miss your smile
I miss everything about you
Every second's like a minute
Every minute's like a day
When you're far away
Wish you were here
The stove is getting colder, baby
I wish you were here
Wish you were here
A battlefield of love and fear
And I wish you were here
I got feelings for you, babe
From the first time I laid my eyes on you
Wish you were here
Me, oh my countryman
Wish you were here (I wish you were here)
Wish you were here
Don't you know the snow is getting colder
And I miss you like Hell
And I'm feeling blue
(Lien pour écouter : https://www.youtube.com/watch?v=DezXlATlLks)
Une larme glissa le long de sa joue. Pourvu que tout se passe bien. Qu’ils ne LUI fassent pas de mal.
Jack marchait dans les rues de Washington, la tête baissée. Il sortait d’un colloque grouillant de militaires à la botte de Kinsey. Il s’était montré des plus désagréables avec chacun des abrutis qui étaient venus vanter les mérites de l’odieux sénateur, sa politique et son admirable capacité à diriger le SG-C. Il ne remarquait pas la maigre silhouette encapuchonnée qui le suivait.
- Colonel O’neill !
Jack se retourna vivement, agacé d’être ainsi dérangé.
- Quoi ?!
L’espace d’une seconde, ses yeux se posèrent sur l’étrange silhouette qui semblait l’observer mais avant qu’il n’ait pu faire quoi que ce soit, celle-ci avait disparu. Le militaire se ressaisit et fit face à son interlocuteur. Il grimaça de dédain en reconnaissant un des sbires du Sénateur.
- Oh, je voulais juste vous rappelez que votre présence est obligatoire au gala du mois prochain. Et vous devriez surveiller votre comportement. Votre irascibilité fait jaser. Vous ne voudriez pas qu’il arrive quoi que ce soit de fâcheux à vos amis…
Jack se fit violence pour ne pas envoyer son poing à la figure de son interlocuteur. Il marmonna un faible ‘bien’ et se retourna. Ses sentiments oscillaient entre colère et désespoir. Il était coincé. Impossible d’agir, de savoir comment les autres allaient. Carter… Le nom avait franchi ses lèvres dans un murmure. Il serra le poing et sentit une vague de tristesse l’envahir lorsqu’une boule se forma dans sa gorge. Il marcha ainsi encore une bonne demi-heure, sans jamais regarder autour de lui, sans s’apercevoir qu’il était suivi.
L’individu contemplait le militaire, ne cessant de scruter les alentours. Il raffermit sa prise sur son sac et accéléra le pas alors que le Colonel entrait dans un immense bâtiment. Il pénétra dans la structure avant que la porte ne se referme. Son cœur battait la chamade. Sans bruit la silhouette entreprit de suivre le militaire dans l’immeuble.
Jack s’arrêta sur le perron de sa porte, farfouillant dans ses poches à la recherche de ses clés. Quand il les eut retrouvées, il entreprit de déverrouiller sa serrure récalcitrante. Il poussa la poignée. Il n’eut pas le temps d’entrer, qu’une main se posa sur son épaule. Il sursauta et pivota rapidement sur lui-même, prêt à se battre. En face de lui se tenait une fine silhouette encapuchonnée. Il tira violement sur sa manche et l’entraina chez lui, claquant la porte puis la plaqua violement contre le mur.
- Qui êtes-vous ? rugit le militaire.
Elle releva la tête. C’est alors qu’il les vit. Des yeux bleus. Eteints. Fatigués. Mais deux yeux bleus qui lui étaient familiers et n’avaient cessé de hanter ses pensées depuis des mois. Abasourdi, il relâcha sa captive.
- Carter ?
Il sentit son cœur faire une embardée quand la capuche glissa sur le dos de la jeune femme tremblante. Ses bras se refermèrent autour du corps frêle de son ancien second. Il la serra aussi fort qu’il pouvait tandis qu’elle nichait sa tête au creux de son épaule. Sa main remonta le long du dos de la jeune femme et vint caresser sa nuque. Des larmes coulaient le long de leurs joues.
- Vous m’avez manqué, chuchotèrent-ils simplement.
Aucun d’eux ne saurait dire combien de temps ils étaient restés enlacés, une éternité, une minute ? Cela importait peu, tant qu’ils étaient là, tous les deux. Sam regarda autour d’elle, avide de découvrir la nouvelle vie de son supérieur. Elle fut frappée par le manque de lumière et alla tirer les rideaux. Un mince rayon de soleil vint éclairer la pièce, sous l’œil gêné de Jack.
- Je n’ai rien rangé, d’habitude personne ne vient, alors, euh… tenta de se justifier le militaire.
La jeune femme le gratifia d’un sourire, lui faisant savoir que ça lui était égal. Elle se livra à une observation minutieuse de ce qui l’entourait. Des restes de pizzas moisissaient sur une table basse, emplissant l’atmosphère de relents désagréables ; des bouteilles vides de whisky s’accumulaient dans un coin, témoins de la détresse de celui qui les avait bues et enfin, la poussière régnait en maitre dans ce lieu dont toute couleur joyeuse semblait avoir disparu. Sa gorge se noua devant la détresse qui s’échappait de la pièce. Elle jeta un regard vers l’homme qui lui avait tant manqué. Il semblait avoir pris dix ans et avait l’air fatigué, triste comme jamais. Constatant qu’il s’activait à redonner un semblant de propreté au lieu, Sam s’empressa d’aller l’aider. Au bout d’un quart d’heure la pièce était redevenue vivable et la poubelle avait été bien remplie. Un silence gênant s’était installé entre les deux militaires.
Jack invita son second à s’assoir à ses cotés sur le canapé. Elle obtempéra.
- Pourquoi ?
Des milliers de questions lui brûlaient les lèvres, comment était-elle arrivée jusqu’ici sans se faire repérer, comment s’en était-elle sortie ?... Il avait du mal à former des pensées cohérentes et n’avait pu articuler qu’un seul mot.
- Il le fallait, je n’avais pas le choix, souffla Sam.
Elle ne savait pas par où commencer. Le début, ça devrait aller. Alors elle raconta tout. Sa découverte de trou dans le ciel, le vaisseau qui s’y cachait sans doute, ses déductions quant à une grande menace, son envie d’agir, son besoin d’aide, sa fuite. Tout. Jack l’écoutait silencieusement, buvant chacune de ses paroles, se délectant du son de sa voix qui lui avait tant manqué. Il ne pouvait s’empêcher de la détailler. Ses yeux bleus avaient perdu leur éclat, ternis par les larmes ; ses sourires trahissaient un manque flagrant de joie ; des cernes s’étendaient sur son doux visage, preuves évidentes de nuits trop courtes. Epuisée, vidée, une enveloppe vide. Voilà ce que les décisions de Kinsey avaient fait de la jeune femme. Il le maudit intérieurement et se promit que le sénateur le payerait très cher. Leurs regards se croisèrent et l’espace d’un court instant, une leur vint allumer leurs yeux. L’espoir.
- Il ne manquait plus que ça. Et bien sur, impossible de prévenir le SG-C.
- Et vu que Kinsey a lui-même choisit les nouveaux employés, ils sont tous incompétents, cracha Sam.
Cette remarque arracha un sourire à Jack, ravi de conclure que son second vouait aussi une haine sans limite au politicien.
- Il ne nous manque qu’un plan…
- Et Daniel, ajouta Sam.
- Il faut qu’on le prévienne, il doit nous rejoindre. Je suis sur qu’il trouvera un commandant peu scrupuleux qui ne regardera pas ses papiers et lui fera une petite place dans le fond d’une cale de navire.
- Sauf que nos lignes téléphoniques sont surveillées… murmura Sam.
- Carter, ne me dites pas que vous ne connaissez pas les téléphones prépayés. Intraçables, ou du moins impossible d’en connaitre le propriétaire. Je pensais qu’une scientifique aussi jolie que vous saurait ce genre de choses.
La jeune femme rougit. Elle réalisa soudainement à quel point leur flirt lui avait manqué. Elle sourit.
- J’irai acheter le téléphone demain et d’ici quelques jours, nous pourrons revoir notre cher Daniel. Mais d’abord, il faut que vous dormiez. Je vous laisse mon lit, je prendrais le canapé.
- Mais mon Colonel…
- Ah, pas de mais Carter, c’est un ordre.
- Bien.
Jack se leva et s’attela à la préparation de pates au pesto tandis que Sam préparait la table.
- C’est prêt !
Il versa une belle portion dans les deux assiettes et enjoint son second à manger. Elle s’exécuta avec plaisir. Elle n’eut pas à se forcer et réalisa qu’elle avait grand faim. Elle engloutissait avidement les pates, rattrapant tous les repas qu’elle n’avait pas faits. Pas un mot ne franchit leurs lèvres, ils se contentaient de coups d’œil en direction de l’autre, se délectant de sa présence. Ils débarrassèrent la table et allèrent se coucher chacun de leur coté. Sam, épuisée s’allongea sur le lit. Elle avait repris espoir. Retrouver son supérieur lui avait fait plus de bien qu’elle l’aurait cru, le vide qu’elle n’avait cessé de ressentir depuis leur séparation commençait à se combler. Elle ferma les yeux et laissa le sommeil l’envahir. Cette fois-ci, nul besoin de médicaments.
Jack s’installa sur le canapé et s’enroula dans une couverture. Autour de lui le silence régnait. Seul le léger bruit de la respiration de son second venait le troubler. Elle semblait calme. Ses yeux se fermèrent et bientôt il sombra dans les bras de Morphée.
Sam se réveilla doucement. Une délicieuse odeur de bacon grillé vint lui chatouiller les narines. Elle sortit de la chambre et vit son supérieur s’activant autour d’une poêle.
- J’espère que vous avez faim !
- Oui plutôt.
- Vous avez intérêt, j’ai bien l’intention de vous remplumer un peu.
La jeune femme baissa les yeux et avisa son reflet dans un miroir. Elle avait perdu de trop nombreux kilos. Son visage, aux joues creusées s’était fait témoin de la souffrance qu’elle avait enduré. Jack, troublé à l’idée d’avoir causé une quelconque peine à son second abandonna sa tambouille et bredouilla en grimaçant :
- Je ne voulais pas… Euh je suis désolé, c’est juste que… Enfin, vous n’avez pas l’air d’avoir beaucoup mangé en mon absence. Mais euh…
- Oh, ne vous excusez pas, vous avez raison.
- Vous êtes toujours splendide Carter.
- Euh, je crois que votre bacon brûle mon Colonel.
- Damned !
Jack retira la poêle du feu. Ouf, aucun dégât. Ils mangèrent de bon cœur un copieux petit déjeuner que Sam fut ravie d’avaler.
Le militaire sortit acheter le téléphone prépayé. Sam en profita pour prendre une douche. L’eau chaude ruisselait sur la peau, le parfum du savon embaumait l’air. Un sourire étira les lèvres de la jeune femme, ça sentait comme le Colonel. Malgré l’éloignement, ses sentiments pour lui n’avaient pas faibli. Elle s’en étaient rendue compte au moment où il l’avait prise dans ses bras, elle s’y était sentie divinement bien. Elle sortit de la douche et se regarda dans le miroir, elle était maigre, trop maigre. On voyait ses côtes.
« Vous êtes toujours splendide Carter. »
Ces mots résonnaient dans sa tête. De nouveau elle sourit. Elle pouvait espérer. Tout redeviendrait comme avant. Le Colonel, Daniel Teal’c et elle. SG-1 au complet. Elle enfila un pantalon et un tee-shirt et sortit. Un cri franchit ses lèvres.
- Mon Colonel, vous êtes déjà rentré ?
- Comme vous pouvez le constater, oui. Je vois que vous avez bien profité de la douche.
Ses prunelles marron s’agrandirent. Son regard parcourait le corps de la jeune femme dont les joues prenaient une teinte de plus en plus rouge.
- Et euh, vous avez le téléphone ?
- Oui, j’ai même le numéro de ce cher Danny. Ça sert d’avoir des amis au Département de la Défense.
Jack composa fébrilement les coordonnées de son ami. Il mit l’appareil sur haut-parleur.
- Allo ?
- Danny, c’est Jack !
- …
- Bon sang, ne me dites pas que vous nous avez oubliés. Je suis avec Carter.
- Jack, Sam ?
- C’est nous !
- Les règles du jeu ont changé ? Vous avez le droit d’appeler ?
- Pas vraiment, je vais vous expliquer, commença Sam.
Elle résuma brièvement la situation laissant à Daniel le soin de poser des questions et d’injurier plusieurs fois Kinsey.
- C’est pourquoi on a besoin que vous veniez, conclut Jack.
- Et comment je dois faire ça ? Je suis interdit de vol !
- Il y aura bien un commandant qui vous laissera une place au fond de son navire.
- Vous parlez d’une croisière. Je suppose que je n’ai pas le choix. Et vous êtes où ?
- A Washington.
- Bien, je vous rejoins le pus vote possible.
-Eh Danny, faites attention à vous, lâcha Jack.
Ils raccrochèrent. Bientôt ils seraient réunis.
Jack était fébrile, Daniel devait arriver aujourd’hui. Enfin. La semaine d’attente avait été longue et stressante. Non pas que la compagnie de son second était désagréable mais ils n’avaient pas encore retrouvé leur complicité d’antan. Au moins, elle avait repris du poids et semblait avoir rattrapé une bonne partie de son sommeil en retard. Cependant elle supportait mal le fait de rester enfermée. Mais pas question qu’elle sorte, on pourrait la voir. Sa sécurité était la priorité, si jamais un des hommes de Kinsey lui faisait du mal, il ne se le pardonnerait jamais. Chaque nuit, il l’entendait s’agiter dans son sommeil et se réveiller. Ses pleurs qu’elle essayait de contenir étaient l’expression du calvaire qu’elle avait enduré. C’est en parlant longuement avec son second qu’il avait compris qu’elle était celle qui avait le plus perdu. Teal’c était retourné parmi les siens, Daniel était avec la femme qu’il aimait et lui était toujours dans l’armée et voyait encore une partie de ceux qui avaient œuvré au SG-C. Mais Il ne restait plus rien à sa coéquipière. Elle n’avait plus à résoudre d’insurmontables défis scientifiques, plus aucune technologie extraterrestre à étudier. Elle ne faisait même plus partie de l’armée. Son environnement avait été complètement chamboulé du fait de son déménagement. Et surtout elle avait été coupée de son père.
Jack soupira. Kinsey, le paierait cher. Très cher. Parce qu’on n’a pas le droit de faire souffrir Carter. Ni aucun membre de SG-1. Mais surtout pas elle. Carter. Son nom avait franchi ses lèvres dans un doux soupir.
Un bruit sourd résonna dans le port, le tirant de ses pensées. Un navire égyptien venait d’accoster. Le militaire descendit de sa voiture de location. Sa tenue civile se fondait parfaitement avec la masse. Il vissa une casquette sur son crâne et avança en direction de la foule qui sortait du bateau. Le désordre régnait et le vacarme alentour se faisait de plus en plus insupportable. Ses yeux scrutèrent un à un les marins qui déchargeaient les cales du navire. Un sourire vint étirer ses lèvres lorsqu’il reconnut son ami sur le quai, une énorme caisse dans les bras. Il s’approcha discrètement, prenant soin de ne pas être repéré par les garde-côtes. Il attendit soigneusement que Daniel soit caché par un conteneur et lui tapota l’épaule. Surpris l’archéologue fit volte-face.
- Jack !
- Pas si fort ! Posez cette caisse et suivez-moi.
Ils se déplacèrent avec précaution, slalomant entre les conteneurs sans se faire repérer. Leur progression en direction de la voiture se fit sans encombre et ils soufflèrent un grand coup après s’être engouffrés dans l’auto.
- Sam n’est pas avec vous ?
- Non, elle est restée à l’appartement. Comme elle a simulé un enlèvement, elle n’est pas censée de se balader tranquillement dans Washington.
- En tout cas merci.
- De rien, Danny Boy, vous me le revaudrez. Chouette bronzage au fait.
L’archéologue sourit à la remarque du militaire, heureux de constater qu’il n’avait rien perdu de son humour.
Sam faisait les cent pas dan l’appartement, incapable de tenir en place. L’attente se faisait de plus en plus insupportable à mesure que les minutes passaient. Ses yeux ne cessaient de faire des allers retours en direction de la pendule du salon. Un curieux mélange de sentiments s’était emparé d’elle. Peur, excitation, soulagement, réconfort, joie, tristesse. Elle n’arrivait pas à faire le tri. L’oreille tendue, elle guettait le moindre son en provenance de l’extérieur. Sa plus grande peur était que ses amis aient été pris. Elle ne s’en remettrait pas. Le simple fait d’avoir survécu à la douloureuse séparation d’avec ses coéquipiers qu’elle avait subie quelques mois plus tôt tenait du miracle. Elle l’avait fait une fois, elle ne le ferait pas une deuxième. Une sourire se dessina sur ses lèvres quand l’image de son supérieur s’imposa à son esprit. Ils n’avaient pas encore retrouvé leur complicité d’avant, trop meurtris par les derniers évènements. Mais ils avançaient. D’ailleurs, il avait réussi à la faire rire.
Des coups frappés à la porte la tirèrent de ses rêveries. Elle bondit du canapé et colla l’œil au judas. Reconnaissant ses amis, elle leur ouvrit et les laissa entrer. Daniel n’avait pas fait trois pas qu’elle le serra dans ses bras.
- Moi aussi, je suis content de vous voir Sam, s’amusa Daniel.
- Merci mon Colonel, murmura la jeune femme.
- Mais de rien Carter. Vous savez bien que je ne peux rien vous refuser, répondit Jack, laissant une Sam écarlate.
- Je vois que rien n’a changé, constata l’archéologue.
*******************************
- Teal’c, Teal’c !
Un homme courrait à en perdre haleine à travers le campement de fortune installé dans la forêt. Teal’c se retourna vivement et vont à sa rencontre.
- Nos espions infiltrés sur le vaisseau ont disparu, ça fait plus de quatre jours que nous n’avons pas eu le moindre contact.
Ses yeux s’écarquillèrent de stupeur. Il avait envoyé il a peu des hommes sur l’appareil repéré en orbite après les attentats dans la capitale. Leur but était de découvrir qui se cachait derrière tout ça. Malheureusement l’identité du Grand Maitre n’avait pu être révélée. Ey aujourd’hui, il apprenait que ses hommes avaient probablement perdu la vie. Ils avaient du être démasqués. Cela ne pouvait signifier qu’une seule chose : un traitre sévissait dans leurs rangs. Et il devait être suffisamment haut placé pour être courant des missions de la rébellion. Et probablement un des commanditaires des attentats.
Teal’c soupira, il aurait tant besoin de l’aide de SG-1. En attendant, la Tok’ra pouvait se révéler une très bonne alliée. Jacob saurait les convaincre.
- Va me chercher Maitre Bratac.
L’homme ne se le fit pas dire deux fois et partit ventre à terre dans la forêt. Peu de temps après, Bratac arriva.
- Pourquoi m’as-tu fait appelé Teal’c ?
- J’ai bien peur qu’il y ait un traitre parmi nous.
Le Jaffa exposa ses peurs à son ami qui l’écoutait attentivement, pensif.
- Je vais requérir l’aide de la Tok’ra. Nous serons les seuls au courant, je ne veux prendre aucun risque.
Ils regardèrent autour d’eux. La liberté du peuple Jaffa était désormais menacée.
Ils se regardèrent. Leur plan était simple, du moins dans sa formulation. Entrer au SGC et passer la Porte des Etoiles pour atterrir chez la Tok’ra.
- On l’a déjà fait après tout pour renvoyer Teal’c chez lui, argua Daniel.
- Et on peut parier que depuis Kinsey aura renforcé la surveillance… soupira Sam.
Jack fronçait les sourcils, fixé par ses coéquipiers attendant son intervention. Un sourire passa rapidement sur ses lèvres.
- Du gaz, il nous faut du gaz.
Les deux autres le fixèrent incrédules.
- On balance un gaz qui endort, tout le monde roupille et on s’en va tranquillement. Carter vous devez savoir comment fabriquer ce machin.
La jeune femme confessa que non et rappela qu’elle était astrophysicienne et pas chimiste.
- Vous ne pouvez pas vous en procurer ? demanda Daniel.
- Sans doute, des gens me doivent quelques services, ils doivent pouvoir me dépanner.
Quelques coups de fils plus tard, l’affaire était réglée. Et rapidement ils furent en possession du gaz soporifique. Ils chargèrent leurs affaires dans la voiture du Colonel et partirent en direction de Cheyenne Montain.
- On va s’arrêter deux kilomètres au Nord de l’entrée, ensuite on marchera jusqu’au conduit d’entrée numéro trois. Il faudra neutraliser les soldats qui le gardent, pas plus de deux je pense. On ouvre la trappe, on balance le gaz, on attend et on entre avec les masques. On prend les escaliers. Arrivés au niveau souterrain de la Porte, on lâche à nouveau du gaz, on entre le coordonnées et on se tire vite fait.
Sam écoutait attentivement, un sourire aux lèvres. Ça lui avait manqué. Les plans du Colonel, les missions. La voiture filait désormais sur la route. L’appréhension leur nouait l’estomac. Ils savaient parfaitement ce qui arriverait s’ils se faisaient prendre, Kinsey n’hésiterait pas à les faire exécuter et raconterait que leur mort avait eu lieu pendant l’attaque, qu’elle n’avait pu être évitée. Jamais ils n’avaient autant haï un homme. Un silence de mort régnait dans l’auto. Il fut rompu par Jack annonçant qu’ils étaient arrivés. Il enfonça le véhicule dans les bois qui jouxtaient la route et s’arrêta. Une fois armés et leur paquetage chargé, ils avancèrent à travers les arbres. La main crispée sur sa mitraillette, le militaire marchait en tête. Leur progression était lente, ils veillaient à faire le moins de bruit possible, personne ne devait s’apercevoir de leur présence. Soudain Jack fit signe aux autres de s’immobiliser. Devant eux se dessinaient la silhouette de deux gardes. Derrière eux se trouvait le conduit d’entrée. D’un geste de la main, le militaire ordonna à Sam de contourner l’ennemi. Elle obtempéra aussitôt, dans le plus grand silence. En même temps, ils se ruèrent sur les soldats et tout en les bâillonnant de leurs mains, ils effectuèrent une légère pression sur la carotide, ne tardant pas à plonger les hommes dans l’inconscience. Daniel ouvrit la trappe alors que ses amis laissent tomber les corps inanimés des soldats sur le sol. Une fois les masques à gaz enfilés, ils lancèrent les grenades de gaz et attendirent. L’assaut allait pouvoir commencer. Tout allait s’arranger.