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Série : Torchwood
Création : 05.03.2010 à 19h50
Auteur : athenalix
Statut : Terminée
« Après la saison 2. Des weevils disparaissent.... Merci Tessa » athenalix
Cette fanfic compte déjà 56 paragraphes
Les deux hommes partirent, Jack au volant et Ianto somnolant sur le siège passager. Le capitaine jetait de temps en temps un coup d’œil à son amant, mais ne disait mot, si bien qu’il régnait une certaine tension dans l’habitacle.
-Jack? Demanda Gwen par l’intermédiaire de l’oreillette, j’ai du neuf sur notre homme.
-Explique, ordonna le capitaine, heureux d’échapper au silence de son compagnon.
-Il dirige une boite de gardes du corps, il a plusieurs centres dans tout le pays, mais aussi à travers le monde, dit-elle, d’où je pense les différents voyages.
-Pas forcément, coupa Jack. Quelque chose sur les véhicules?
-En fait, il semble que sa société possède douze Hummer, mais sous différents noms, c’est pour ça que l’on n’a pas fait le lien tout de suite.
-Bon ! Continue à chercher s’il n’y a personne d’autre qui pourrait correspondre, on va faire un tour chez MacBurn et on revient.
Il ralentit et soupira en jetant un coup d’œil à Ianto.
-Bon, ça commence à bien faire, Ianto! S’écria-t- il soudain, faisant sursauter le jeune homme.
-Quoi? Qu’est-ce qui se passe?
Il paraissait vraiment surpris.
-Qu’est-ce que tu as? Interrogea Jack avec plus de douceur. Tu ne me dis plus rien depuis ce matin, et même là, tu restes indifférent, qu’est-ce que je t’ai fait?
Ianto l’observa. Sa passivité de la journée était due à une grande fatigue qu’il essayait de cacher, son capitaine n’étant en rien responsable. Avec douceur, il posa sa main sur celle de Jack. Ce dernier quitta la route des yeux pour se fixer dans ceux de son amant.
-Tu n’y es pour rien, Jack, dit Ianto, je suis juste fatigué aujourd’hui, et ça me met souvent dans des états pas possibles. Mais ne t’en fais pas, ça ira mieux quand j’aurai quelques heures de sommeil derri…. Jack ! Regarde la route! S’écria-t- il en donnant un brusque coup de volant.
Jack se reprit à temps pour éviter de rentrer dans un mur.
-Oups! Dit- il simplement.
-Quoi? Comment ça, oups?! S’énerva Ianto, tu as failli nous tuer, et moi je ne ressuscite pas, je te signale!
Jack ne put s’en empêcher, il éclata de rire.
-Et bien enfin! Dit- il une fois qu’il se fut calmé, je te retrouve tel que je t’aime. Tiens ! Nous voilà rendus.
Ils étaient devant d’immenses grilles en fer forgé. De part et d’autre de ces dernières, se dressait un mur, véritable rempart de briques et de végétation, aucune autre entrée n’était visible.
-Comment va-t-on entrer? Demanda Ianto.
Sans répondre, Jack sortit du SUV et s’avança vers les grilles. Ianto se résigna à le suivre.
-Et maintenant?
-Nous allons escalader.
-Et les caméras?
Le capitaine fronça les sourcils.
-Heureusement que je t’ai avec moi! J’allais les oublier! Gwen? Coupe les vidéos de surveillance et les alarmes chez MacBurn.
Une fois qu’il eut reçu la confirmation de la jeune femme, Jack se hissa sur le mur. Une fois au sommet, il se retourna, Ianto n’avait pas bougé.
-Tu attends quoi? Fit-il mine de s’impatienter. Qu’il revienne nous faire faire une visite guidée?
Le pauvre Gallois n’eut d’autre choix que de le suivre. De l’autre coté des grilles, les deux hommes longèrent le sentier jusqu’à la maison.
-Et bien! S’exclama Ianto en sifflant, il ne s’embête pas, le bougre!
La bâtisse ressemblait plus à un manoir qu’à autre chose, totalement construite en briques et pierres, elle se dressait sur quatre étages, et une tourelle dominait l’ensemble sur la façade ouest.
-C’est immense, constata le Gallois, par où on va commencer?
Sans répondre, Jack partit en direction d’une porte en bois dérobée.
-S’il garde des weevils ici, finit par expliquer le capitaine, ce n’est certainement pas dans des chambres d’amis.
Et il força la porte.
Comme il s’y attendait, elle descendait aux sous -sols. Il chercha des yeux l’interrupteur, mais il était hors d’usage. Sortant une lampe de poche, il s’enfonça dans l’obscurité, suivi de Ianto. Il n’y avait aucun bruit hormis celui de leurs pas, Ianto était de plus en plus nerveux à mesure qu’ils s’enfonçaient dans l’obscurité, et malgré les efforts qu’il faisait pour le cacher, le capitaine s’en rendit compte. Ralentissant le rythme pour se placer à la hauteur de son compagnon, Jack lui entoura les épaules d’un geste protecteur.
-Désolé, dit- il. Je n’y pensais plus.
Le Gallois essayait de contrôler tant bien que mal les tremblements qui l’habitaient. Dieu ! Qu’il détestait les endroits sombres, enterrés et confinés
-C’est moi qui suis désolé, Jack, souffla-t-il. Je crois que nous y sommes.
Ils venaient d’entrer dans une large salle, environ vingt mètres sur trente, bordée de chaque coté par des cellules de deux mètres sur trois, toutes vides à l’exception de trois, contenant chacune un weevil.
-Cette fois, on en est sûr, c’est bien lui qui enlève nos aliens, dit Ianto.
-Oui, mais qu’est-ce qu’il en fait après?
-Il les envoie en France, nous devrions peut-être aller sur place pour en savoir plus, proposa le Gallois.
-Hum… un petit week -end en amoureux? Demanda Jack avec un sourire coquin.
-Ce n’est pas vraiment à ça que je pensais, mais peut-être qu’après… dit Ianto en entrant dans le jeu de son chef.
-Ok ! On en sait assez maintenant, dit Jack en se reprenant, tu as raison, il faut se rendre sur place pour en savoir plus. Allez, viens, on sort d’ici avant que tu ne tombes dans les vapes.
Main dans la main, ils quittèrent la cave. Jack avait essayé de contacter Gwen, mais la communication était coupée. Sitôt sorti, il réessaya.
-Et bien ce n’est pas trop tôt, râla la jeune femme, ça va faire une demi -heure que j’essaye de vous joindre.
-Qu’y a-t-il de si important?
-Ce n’est pas que ce soit important, c’était pour vous dire que Rhys et moi avons fini d’éplucher les listes. Nous n’avons rien trouvé, mais on a commencé à s’inquiéter quand on s’est aperçu que vous ne répondiez pas.
-Dans une cave, les communications sont souvent difficiles, s’excusa Ianto. Par contre, nous, on a du nouveau, c’est bien au nom de MacBurn que les weevils sont emmenés.
-Gwen, réserve-nous deux billets pour Carcassonne, Ianto et moi nous nous rendons sur place pour savoir ce qu’ils deviennent, ordonna Jack. On rentre.
Les deux hommes remontèrent dans le véhicule et Jack prit la direction de la base.
Ils furent accueillis par les cris de leur chien de garde préhistorique. Rhys somnolait sur le canapé pendant que Gwen scrutait les écrans.
-Alors? Demanda Jack en la faisant sursauter. Est-ce que tu as l’adresse de notre homme en France? Et…
-J’ai son adresse, votre avion part demain à 8h30, et je vous interdis de le rater, coupa Gwen. Si tu es d’accord, Rhys va rester ici pour m’aider pendant votre absence.
-Ça me va. Mais faites attention, approuva le capitaine. Ianto ! Va préparer tes affaires, on se retrouve ici demain à 7h00.
Chapitre 3: Départ.
Le jeune Gallois partit sans dire un mot vers son appartement. Comme il n’habitait pas loin, il s’y rendit à pied ; en moins de dix minutes, il avait rassemblé trois costumes complets ainsi que deux jeans et deux tee-shirts qu’il enfourna dans un sac de voyage. Une douche rapide, et au lit. Le lendemain, malgré une longue nuit de sommeil, il eût du mal à se réveiller, l’eau froide de la douche l’aida à remettre ses idées en place. Puis il s’habilla, sur un jean, le pull bordeaux qui plaisait tant à Jack. Enfin prêt, il retourna au hub où son patron l’attendait déjà.
-On peut dire que tu sais te faire désirer, murmura le capitaine à l’oreille de son amant.
Le Gallois rougit mais ne releva pas.
-On y va, oui ou non? Préféra-t-il demander
-Oui, répondit Jack. Gwen, tu nous conduis ?
Durant tout le trajet, Jack ne cessa de raconter des blagues pour détendre l’atmosphère, et c’est hilare que l’équipe arriva à l’aéroport. Juste avant d’embarquer, Gwen les enlaça tous les deux.
-Tachez de rentrer sans dommages, leur dit- elle, je ne veux pas être la dernière de l’équipe.
Jack sourit.
-Tu sais bien qu’il ne peut rien m’arriver.
-Oui, mais ce n’est pas à toi que je pensais, Capitaine.
Et ils s’étaient séparés.
Malgré ses efforts pour rester éveillé, Ianto dormit tout le long du voyage, veillé par un Jack plutôt inquiet face à cette fatigue inhabituelle. Cependant, Ianto était parfaitement réveillé lorsque l’avion atterrit. Chargé de récupérer leurs bagages, Ianto appela un taxi pendant que Jack téléphonait à Gwen.
-Oui ! C’est bon, on est bien arrivé, entendit le Gallois…non, il n’y a pas eu moyen de le réveiller, oui une vraie marmotte!
Il sourit lorsqu’il s’aperçut que la ``marmotte`` en question le fusillait du regard.
-Oui, je sais…. Non, il faut que tu m’envoies le signal des traceurs sur mon GPS, ainsi que l’adresse de MacBurn ici…. Ok, merci Gwen, à bientôt… Oui, je lui transmets.
Il raccrocha. Un bip confirma qu’il venait de recevoir les données envoyées par la jeune femme. Le taxi arriva avant qu’il n’ait pu dire quoi que ce soit à Ianto qui semblait faire la tête.
-La Cité, dit le capitaine au chauffeur dans un français impeccable. Le trajet ne prit pas dix minutes, et le taxi les déposa devant l’entré de la Cité. Après avoir réglé, Jack contempla le monument. A leur droite, dominé par l’imposante muraille, un carrousel entrainait enfants et parents dans sa danse infinie. Jack prit son compagnon par la main avant de passer sous l’arche et de traverser le pont- levis, avant de pénétrer dans la Cité prise d’assaut par les touristes et les visiteurs de tout genre.
-Dis- moi Ianto, on est quel jour? Demanda le capitaine.
-Heu, le douze Juillet, répondit ce dernier surpris.
Jack jura.
- Quoi? Interrogea le jeune homme en suivant tant bien que mal son chef.
- Le 12, deux jours avant le 14…Le feu d’artifice…
Les ruelles déjà étroites étaient bondées, les gens se marchaient sur les pieds, et Jack devait tenir fermement la main de Ianto pour qu’ils ne soient pas séparés, si bien que le Gallois se demandait s’il n’allait pas finir par se faire arracher le bras. Au bout de la ruelle principale, les deux hommes débouchèrent sur une petite place donnant sur une sorte de croisement : au centre une fontaine, à leur gauche, un café-restaurant qui avait dressé quelques tables sur la terrasse, toutes occupées par des touristes cherchant un peu d’ombre et de fraicheur. Jack souffla, appuyé contre la fontaine, la chaleur l’accablait à tel point qu’il dut enlever son manteau.
- Où est l’hôtel réservé par Gwen? Tu le sais ? Demanda Ianto. Il avait relevé les manches de son pull, mais n’en avait pas moins chaud. Il serait bon de se débarrasser de nos sacs, ils sont plus encombrants qu’autre chose.
Jack se leva et interpella le premier passant.
-Excusez-moi, l’Hôtel de la Cité, s’il vous plait, dit- il toujours dans un français parfait.
L’homme lui indiqua la direction et les deux hommes s’empressèrent de s’y rendre. A l’accueil, le réceptionniste demanda s’il pouvait les aider.
-Nous avons une réservation au nom de Jones, dit Jack.
-Oui, chambre 412, quatrième étage. Voilà la clef ! Voulez- vous que quelqu’un monte vos bagages?
-Non merci, ça ira.
Jack lui glissa un billet dans la main.
Une fois dans la chambre, Ianto soupira d’aise, la climatisation marchait à plein régime, offrant aux deux hommes une température plus raisonnable.
-Au fait, pourquoi avoir fait la réservation à mon nom? Demanda le Gallois, j’espère que ce n’est pas moi qui vais payer la note!
Jack éclata de rire.
-Gwen a pensé que le nom de Torchwood serait trop voyant si on est sous surveillance, et pareil pour Harkness. Ton nom était neutre, expliqua Jack. Mais ne t’en fais pas, cela ne sera pas retiré de ton pauvre salaire.
Il s’approcha pour l’embrasser. Apparemment la chaleur faisait beaucoup d’effet sur le capitaine.
-Jack, on n’est pas là pour ça, fit mine de protester Ianto, je vais prendre une douche, ajouta-t-il en s’éloignant.
Mais le capitaine ne l’entendait pas de cette oreille, il le rattrapa par le bras.
-Non, dit il, tu m’as promis que je pourrai t’enlever ce pull.
Le jeune homme renonça, il alla de lui-même s’emparer des lèvres de Jack et commença à lui ôter sa chemise.
-C’est que tu prends des initiatives, approuva Jack, en lui retirant le pull. Oui, décidément, il est trop chaud pour ce climat méditerranéen.
Il finit de dévêtir son amant qui fit de même avec lui, cela fait, le capitaine poussa le Gallois sur le lit avant de l’y rejoindre.
Une heure plus tard, Ianto essayait de se dégager des bras possessifs de Jack.
-Il faut que j’aille prendre une douche, dit le jeune homme en l’embrassant dans le cou, on n’est pas ici pour faire du tourisme.
Le capitaine finit par le libérer et le Gallois se rendit dans la salle de bain.
-Commande un repas au moins, lança-t- il par-dessus son épaule, je n’ai rien mangé depuis ce matin, et il est presque 14h00.
-Je croyais que tu voulais qu’on en finisse? Se moqua Jack.
-On ne pourra pas en finir si je meurs de faim entre temps! Protesta Ianto par-dessus le bruit de l’eau.
Il ne fut pas surpris d’être rejoint à peine deux minutes plus tard par le capitaine. Ianto se retourna.
-Est-ce que tu as commandé? Demanda-t- il, en retenant Jack qui semblait penser que Ianto était plus appétissant que n’importe quelle collation.
-Oui, on a le temps, dit le capitaine en s’emparant des lèvres de son amant.
Doucement, Ianto le repoussa pour sortir de la cabine.
-On aura tout le temps pour ça quand on aura retrouvé les weevils.
Le Gallois laissa son capitaine et alla se sécher. Vêtu d’un jean propre et d’un tee shirt léger. Il finissait de se coiffer lorsque le service d’étage apporta la commande.
-Jack ! Dépêche-toi ou il ne restera plus rien!
Le capitaine s’installa face au Gallois. Il était habillé comme à l’accoutumée, sauf qu’il avait troqué la chemise pour un simple tee shirt blanc.
Vingt minutes plus tard, ils étaient dans les rues de la cité. Même si les touristes continuaient à déambuler, malgré la chaleur, le long des boutiques et à occuper les terrasses de plus en plus envahissantes des cafés et restaurants, les deux Britanniques avaient moins de difficultés à se déplacer. Suivant les indications de son GPS, Jack les conduisit à la sortie de la cité médiévale, le long des remparts extérieurs.
-Le signal vient de quelque part par là, dit Jack en désignant une des tours. Viens.
Ils remontèrent le sentier et pénétrèrent le premier cercle de garde. Jack s’arrêta devant le grillage qui condamnait une oubliette.
-Ça vient d’en bas, finit-t il par dire. Regarde s’il n’y a pas un moyen d’accès autre que l’escalade.
Ils s’affairèrent pendant quelques minutes, essayant d’ignorer les regards surpris et parfois désapprobateurs des touristes.
-Là! S’exclama Ianto, la pierre est descellée et plus claire.
Jack s’approcha, la pierre avait une taille normale, au mieux, elle permettait le passage d’un petit chien, mais jamais un humain et encore moins un weevil ne pourrait se faufiler par là.
-Il s’agit peut-être d’un mécanisme d’ouverture, proposa le Gallois. De toute façon, on ne peut pas le vérifier maintenant, avec tout ce monde, ce serait risqué.
-Tu as raison, nous reviendrons cette nuit.
-On rentre? Interrogea Ianto.
Le capitaine s’empara de son bras avant de répondre.
-Et si on en profitait pour visiter ?
Il entrainait déjà son compagnon à travers les ruelles anciennes, s’arrêtant devant les boutiques sans vraiment faire attention à ce qu’elles proposaient, Jack semblait chercher quelque chose, mais visiblement ne trouvait rien. Ils rejoignirent l’hôtel sur le coup des 19h, et après avoir demandé à prendre leur repas dans la chambre, ils s’enfermèrent pour se reposer. Jack téléphona à Gwen. La conversation fut longue. Ianto vit Jack se décomposer, puis tourner en rond dans la chambre comme un lion en cage, fulminant contre le téléphone. Jamais le jeune homme ne l’avait vu aussi furieux, même lorsqu’il avait découvert Lisa cachée dans les sous-sols de la base.
-Et m***e! cria le capitaine en raccrochant.
Il resta figé devant le lit, tremblant de colère. Ianto s’avança derrière lui pour l’attraper par la taille. Posant son menton au creux de l’épaule du capitaine, joue contre joue, il le serra jusqu’à ce que les tremblements cessent.
-Que se passe-t-il ? Jack, tu me fais peur.
-John Hart est de retour, répondit-t-il sobrement
-Qu’est-ce qu’il a encore fait? Finit par demander Ianto en poussant le capitaine à s’assoir sur le lit.
-Je rêve, ne put que dire Jack, Ianto, dis-moi que je rêve! Il va falloir qu’on rentre au plus vite.
Il s’était remis à trembler.
-Jack ! Dis- moi ce qui se passe ou j’appelle Gwen!
-John est revenu à Cardiff! Ce… cet espèce de… il s’est introduit dans la base et il a… oh punaise, ce sale fumier a volé le corps de Gray et il l’a réveillé, et en plus il lui a dit où nous étions! Oh celui là ! Si jamais je lui mets la main dessus, je vais le…
Ianto posa sa main sur la bouche du capitaine pour le faire taire.
-Pitié! Dit- il, pas de menaces de mort. Ils sont en route?
-Gwen n’en sait rien, aucune réservation au nom de Hart, mais il n’est pas aussi stupide, d’autant qu’il a son bracelet. Heureusement que celui de Gray est enfermé et sous bonne garde. Celui -là, au moins, ils ne l’ont pas.
-Ils n’ont rien fait à Gwen ou à Rhys? S’inquiéta le Gallois en palissant.
-Non, apparemment, la seule chose que voulait John, c’était réveiller Gray. Si seulement je savais pourquoi il a fait ça? Qu’est-ce que ça peut bien lui rapporter?
Quelqu’un frappa à la porte, les faisant sursauter tous les deux. Ianto vérifia que son arme était chargée avant d’aller ouvrir. Il ne put s’empêcher de soupirer en voyant qu’il ne s’agissait que du service d’étage. Il remercia le serveur avant de fermer la porte à clef, il déposa les plats sur la table avant de rejoindre Jack dans la chambre.
-Viens manger. A la tombée de la nuit, on retournera voir du côté de la tour. Si ça ne donne rien, on avisera, mais pour l’instant, on ne peut pas faire grand-chose, ni pour ton frère, ni pour Hart.
Chapitre 4: Sous la muraille.
Ils soupèrent en silence, Jack perdu dans ses pensées, cherchant des réponses à ses questions, Ianto n’osant pas le déranger.
Le repas fini, ils s’allongèrent en attendant qu’il fasse nuit noire. Par sécurité, Ianto avait mis son portable sur alarme au cas où ils s’assoupiraient. Ils furent réveillés tous les deux à 23h30 par la sonnerie stridente du téléphone.
-Allez debout, chef! Dit le Gallois d’une voix ensommeillée.
Jack grogna mais se leva et ouvrit la fenêtre pour laisser entrer l’air frais de la nuit.
-Tu ferais bien de mettre un pull pour sortir. Ça s’est bien rafraichi.
Ianto troqua son tee shirt pour un pull beige, Jack prit son manteau et ils sortirent. Ils ne firent pas attention au regard surpris du concierge et quittèrent l’hôtel. Il leur fallut cependant plus de temps que dans l’après midi pour retrouver l’oubliette, Jack n’arrivant pas à distinguer le bon chemin dans l’obscurité, ce qui lui valut de nombreuses moqueries de la part de son compagnon.
-Comment peut-on se perdre avec un GPS? Raillait le jeune homme. Non !mais franchement!
-Oh ça va! Ça ne t’est jamais arrivé à toi?
-Si !bien sur! Mais jamais en ayant un GPS dans la main signalant l’endroit où je dois me rendre. Et encore moins dans une cité aussi petite!
Et il ne put se retenir d’éclater de rire, ce qui lui valut un bon coup de poing sur l’épaule.
-Doucement! Protesta-t-il, on n’abime pas ses affaires lorsque l’on veut en profiter! Allons par là, ça ira plus vite.
Le Gallois guida son ainé et retrouva la bonne route en quelques minutes seulement.
-Hum, si j’avais su que tu étais plus doué que cette machine, dit Jack avec un étrange sourire, je t’aurais employé plus vite….
Ianto l’ignora et s’approcha de la pierre qu’il avait repérée plus tôt. Il souffla et appuya dessus. Elle s’enfonça sans difficultés et deux secondes plus tard, un léger clic se fit entendre. Les grilles empêchant l’accès aux oubliettes s’ouvrirent alors.
-Et en plus, il sait trouver les passages secrets…. Il va falloir que je t’augmente si je ne veux pas que la concurrence te prenne, plaisanta Jack.
-Je ne dirai pas non à une augmentation, dit Ianto. Mais on en reparlera plus tard. Après toi, ajouta-t- il en laissant la place à Jack pour qu’il entre le premier.
-Tu veux être augmenté mais c’est moi qui dois prendre les risques?
-Tu ne risques rien, toi, je te signale, fit remarquer le Gallois. Tu descends ou on passe la nuit à palabrer?
Sans discuter plus, le capitaine sauta. A sa grande surprise, la chute fut très courte, il n’y avait pas plus de trois mètres de profondeur. Il se retrouva devant un grand trou dans le mur, invisible depuis l’extérieur. Jack s’y enfonça légèrement pour laisser la place à Ianto qui le rejoignit quelques secondes plus tard.
-Pas mal, la planque, constata ce dernier, un tantinet inaccessible, mais bon ! on ne peut pas tout avoir.
Jack sourit et alluma sa lampe avant de pénétrer dans le tunnel. Ils s’enfoncèrent sous la cité féodale pendant presque dix minutes, si bien que Ianto finit par croire qu’ils étaient sortis de l’enceinte. Finalement, le tunnel laissa place à une grande salle, aux murs de pierre, éclairée par une dizaine de néons accrochés au plafond. Le long des murs, des tables en bois croulaient sous le poids d’ordinateurs et de câbles en tout genre. Au fond de la salle, une partie du mur disparaissait sous des dizaines d’armes de toute sorte, allant du pistolet et de la mitraillette à la lance et aux masses d’armes.
Surpris, Ianto regarda Jack . Il n’y avait personne dans la pièce, les ordinateurs étaient éteints ou en veille, et il n’y avait aucune trace des weevils.
-D’où ils sortent ces machins là? Demanda Ianto en s’approchant des armes, depuis quand on utilise ce genre de truc?
Il désignait un fléau posé sur le pommeau d’une épée.
-On n’est plus au moyen-âge à ce que je sache!
Mais Jack ne l’écoutait pas. Il avait relancé un des ordinateurs et commençait à chercher dans les fichiers tout ce qui pourrait les aider à comprendre ce qui se passait dans cette ville.
-Jack! Appela finalement Ianto se détournant du Capitaine, il y a une autre porte dérobée par ici.
Abandonnant l’examen de l’écran, Jack rejoignit son compagnon.
-Je suis prêt à parier que les weevils sont là dedans.
Sans répondre, Jack sortit son arme et se plaça devant la porte. Ianto fit de même en se mettant sur le coté.
-C’est fermé.
-Comme si ça nous avait déjà arrêtés! Plaisanta Jack. Prêt?
Ianto acquiesça et Jack enfonça la porte d’un coup de pied. Le capitaine entra le premier, suivi de Ianto en couverture. Il n’y avait aucune lumière mais une horrible odeur leur agressa l’odorat, c’était comme s’ils avaient pénétré dans un égout surchauffé, la chaleur qui régnait manqua d’ailleurs les faire suffoquer.
Jack ralluma sa lampe d’une main tout en se couvrant la bouche avec celle qui tenait son arme. Bien que puissante, la lampe ne parvenait pas à éclairer le fond du couloir. Jack inspecta les côtés et jura. Ils étaient entourés de cellules, toutes occupées.
-M***e! Combien en ont-ils capturés ?
Pendant deux ou trois minutes, ils avancèrent dans le couloir sans en voir la fin et Ianto avait déjà compté une centaine de cachots. Enfin le rayon se posa sur un mur.
-Ianto, c’est pas fini, dit Jack en s’apercevant que le mur n’était en fait qu’un couloir menant à une autre salle remplie de cellules.
Il avait beau avoir l’air serein, il bouillonnait à l’intérieur, il cherchait à quoi pouvaient bien servir autant de weevils? Mais le pire pour le capitaine, c’était de se rendre compte qu’ils étaient passés à côté de quelque chose de gros, comment ne s’étaient-ils pas rendus compte de la disparition d’autant d’aliens ?.
-Depuis combien de temps est-ce qu’ils font ça? Demanda Ianto derrière lui.
Il se collait au capitaine et essayait de rester calme.
Maudits endroits clos! Pensait-il.
-J’en sais rien, répondit finalement Jack, il faut qu’on remonte et qu’on demande à Gwen de faire des recherches. Il faut savoir depuis quand MacBurn a commencé à les envoyer ici.
Les deux hommes retraversèrent le couloir, suivis des yeux par des weevils passifs, éteints.
Jack referma tant bien que mal la porte qu’il avait enfoncée.
-Espérons qu’ils ne s’en apercevront pas tout de suite, dit-il… Ianto?
Le Gallois lui tournait le dos et avait les mains levées.
-Vous allez posez votre arme, capitaine, ou votre ami risque de ne pas voir le jour se lever.
Le Gallois tremblait de rage à l’idée de s’être fait avoir aussi facilement. Jack avança pour faire face à l’homme qui tenait en respect son compagnon.
-A qui ai-je affaire? Demanda-t-il en se portant à la hauteur de Ianto. Il fut surpris de voir que l’étranger menaçait le Gallois de la pointe d’une épée. La lame s’enfonçait déjà dans la chair tendre du cou.
-Je ne pense pas que cette information vous concerne!
-Vous semblez me connaitre, répliqua Jack, pourquoi n’aurais-je pas le droit de savoir à qui je suis confronté?
L’homme qui lui faisait face était jeune, trente-cinq ans maximum estima le capitaine, blond, quelques mèches retombant devant les yeux, le visage plutôt fin. Jack pensa reconnaître en lui Jasper MacBurn. Étrangement, ni son poigner, ni son bras ne tremblaient sous le poids de l’arme, qui pourtant à ce que Jack pouvait en juger pesait lourd. Il avait déjà eu ce genre d’arme entre les mains, elle devait peser près de 5 kilos pour les plus légères, le poids pouvant augmenter en fonction de la matière dans laquelle était faite la garde. Ce genre de lame était en général manipulé avec les deux mains, autant pour donner plus de puissance et de précision aux coups que pour éviter à l’épéiste de s’épuiser immédiatement ou de perdre l’équilibre ; pourtant là, non seulement MacBurn tenait l’arme d’une seule main, mais en plus il la tenait levée et à bout de bras sans sembler éprouver la moindre difficulté. Même s’il ne l’avouerait jamais, le capitaine savait que c’était un exploit qu’il aurait du mal à imiter. Curieux de savoir à qui il avait affaire, Jack l’observa plus attentivement, l’homme était plutôt maigre, pas le genre à faire de la musculation à longueur de journée, grand, ses vêtements pourtant à la dernière mode lui donnaient un air étrange, mais en y réfléchissant bien, cela devait venir de son manteau, une sorte de cape noire. Même si cet homme n’en avait pas l’air au premier abord, Jack en était convaincu, il était dangereux. Très dangereux.
-Et si vous baissiez votre lame ? c’est que ça coupe, ces choses- là, finit-il par dire, je ne pourrais rien faire pour vous s’il lui arrive quoi que ce soit.
-Capitaine, posez votre arme, et peut-être que je ne lui ferais aucun mal.
MacBurn accentua la pression sur le cou de Ianto où perlèrent quelques gouttes de sang. Jack baissa son arme.
-Je savais que vous seriez coopératif. Maintenant passez devant, vous connaissez le chemin.
Le capitaine obtempéra, suivi de Ianto toujours menacé par MacBurn qui fermait la marche, ils pénétrèrent enfin dans la première pièce, au grand soulagement du pauvre Gallois qui commençait à en avoir par-dessus la tête des espaces confinés, d’autant que l’homme relâcha enfin la pression de la lame. MacBurn s’avança et prit l’arme de Jack en plus de celle de Ianto.
-Aucun de vous ne bouge, précisa-t-il, au moindre geste je vous réduis à l’état de brochette humaine.
Les deux équipiers étaient côte à côte. Le sang qui coulait dans le cou de Ianto le picotait méchamment, c’est donc naturellement qu’il porta la main à sa gorge, mais MacBurn se méprit et crut qu’il dissimulait une arme. Sans crier garde, il se jeta sur le Gallois, épée en avant, prêt à le transpercer. Avant que Ianto n’ait pu esquisser le moindre geste, Jack se jeta entre lui et la lame qui le traversa de part en part. Il s’effondra en avant. Ianto le rattrapa avant qu’il ne touche le sol. Il le coucha sur le dos et retira la lame que MacBurn avait laissée après s’être reculé précipitamment. Du sang coulait au coin des lèvres du capitaine.
-Jack! Murmura Ianto, tiens le coup s’il te plait, pas cette fois, pas encore…
Le capitaine eut un faible sourire.
-Je suis désolé. A tout de suite, souffla-t- il.
Sa tête retomba et il s’affaissa dans les bras de Ianto qui le serra plus fort contre lui. Le Gallois leva la tête et fixa l’homme qui venait de tuer son amant, le regard flamboyant, et s’il n’avait pas eu le corps de Jack dans les bras, il se serait jeté sur lui et l’aurait tué de ses propres mains sans aucune hésitation.
-Pourquoi avez-vous fait ça? Demanda finalement le Gallois d’une voix blanche.
Jack tardait à se réveiller, et cela l’inquiétait.
-Je vous avez prévenus qu’au moindre geste…
L’homme semblait n’éprouver aucun remords, ce qui faisait enrager Ianto. Il sentit le corps de Jack se crisper imperceptiblement, mais il avait beau regarder, rien n’avait changé. MacBurn se tenait maintenant devant eux, devant lui, le dominant de toute sa hauteur.
-Maintenant vous allez laisser ce cadavre inutile et me suivre, on n’a pas toute la nuit.
Il attrapa Ianto par l’épaule pour l’obliger à se lever, mais le Gallois résista et s’accrocha à Jack, il venait de se rendre compte que ce dernier s’était remis à respirer. C’était imperceptible, et MacBurn ne s’était aperçu de rien. Ianto s’accrochait à Jack et furieux, l’homme se détourna pour attraper une arme. Dès qu’il eut le dos tourné, Jack ouvrit les yeux et souffla:
-Vas-y, je vous suis
Il s’immobilisa à nouveau alors que MacBurn revenait armé d’un poignard et d’un pistolet qu’il pointa sur la tempe de Ianto.
-Maintenant tu me suis ou tu rejoins ton petit copain.
Déposant délicatement le corps de Jack, il précéda le criminel, le pistolet sur l’arrière du crane, la pointe du poignard au creux des reins.
-Où va-t-on? Demanda Ianto.
-Pour l’instant tu vas rejoindre les bestioles au cachot, ensuite je verrai, un otage peut toujours être utile, surtout maintenant que votre institution a retrouvé ma trace… dommage que le capitaine ait voulu jouer les héros, je ne souhaitais pas que ça aille jusque-là, il avait une certaine valeur en vie. Maintenant….
Ils venaient de passer devant les cages des weevils et MacBurn l’arrêta devant une cellule vide et le força à rentrer avant de verrouiller la porte.
Ianto lui tourna le dos et dès son départ, il s’adossa au mur et se laissa glisser pour se retrouver assis, la tête entre les mains. Même s’il savait qu’il revenait toujours, voir Jack mourir lui brisait le cœur à chaque fois, il ne le montrait pas au capitaine pour ne pas le blesser davantage, il savait que cela le faisait souffrir aussi et ne voulait pas en rajouter, mais c’était de plus en plus douloureux et le Gallois avait du mal à y faire face.
Un bruit attira son attention et il releva la tête, son regard croisant celui, si bleu, de Jack. Un sourire apparut en même temps sur leurs visages et le capitaine s’empressa d’ouvrir la cellule. Ianto se précipita dans les bras de Jack qui l’enlaça. Il fut quelque peu surpris par les larmes que Ianto n’avait pas réussies à cacher .Il n’en comprenait pas la raison, et maintenant, le jeune Gallois s’accrochait à lui comme à une bouée de sauvetage, signe d’une détresse qui ne s’était jamais produit avant.
-Ianto?
Le comportement du Gallois devenait inquiétant, d’autant plus qu’ils n’avaient que très peu de temps avant que MacBurn ne découvre que son cadavre avait disparu, et que Ianto n’était plus dans sa cellule.
-Ianto, qu’est-ce qui t’arrive?
Le Gallois se recula en reprenant ses esprits.
-Je… désolé… ce n’est rien, bredouilla-t-il, je ne sais pas ce qui m’a pris. Où est notre homme?
Ses yeux avaient repris leur éclat habituel, si bien que Jack crut qu’il avait rêvé ces instants de désespoir…
-Il… je ne sais pas, mais nous ne devons pas rester ici.
Le capitaine s’empara de la main de Ianto et l’entraina vers la sortie, faisant attention cette fois de ne pas se faire surprendre.
-Jack , on fait quoi? On ne peut pas laisser les weevils ici.
-On ne peut pas non plus les relâcher, la population ne saurait pas comment y faire face. Et puis nous avons eu assez d’émotions pour ce soir. On rentre et on reviendra ici demain.
-Tu n’as pas peur qu’il disparaisse entre temps?
C’était un risque à courir, mais ils n’avaient pas le choix, rester ici était trop dangereux, d’autant qu’ils n’avaient aucun moyen de contacter Gwen ou l’extérieur.
Chapitre 5: Le retour de John.
Ça faisait des semaines qu’il l’observait, depuis ce jour où il avait assisté au rapt des weevils qu’il avait repérés. Il les suivait dans l’espoir de le revoir, Lui, simplement le revoir, même de loin. Il savait qu’Il avait fait son choix, il avait choisi son équipe, et Ianto. John l’avait accepté, mais Jack ne l’avait pas cru, c’est vrai que son passé n’était pas des plus glorieux, John ne savait que tricher, mentir et escroquer, il n’avait appris que ça. Enfin pas vraiment, mais c’était la seule chose qu’il ait retenue, qui l’ait aidé. Mais il ne savait pas lui mentir à Lui, d’ailleurs il était surprenant que Jack se soit laissé avoir si facilement la première fois, et qu’il n’ait pas compris que ce n’était pas lui qui menait le jeu lorsque Gray avait fini par se décider à se venger.
-Il aurait du savoir que je n’étais qu’une marionnette, que jamais je n’aurais pu lui faire ça, pensa-t- il alors qu’il longeait les rues de Cardiff à la suite de l’homme.
Il aurait bien aimé intégrer Torchwood, non pour essayer de reprendre avec Jack là où ils en étaient restés autrefois -Il avait compris que c’était fini et il était enfin passé à autre chose- mais pour se donner à lui-même une chance de changer : si cet institut et cette planète avaient tant changé Jack, pourquoi pas lui? Il en avait assez des arnaques foireuses, de s’enfuir sans cesse parce que ses mensonges le mettaient en danger. Mais Jack n’avait pas eu l’air de comprendre à quel point il désirait changer,
-Il était trop désespéré, l’excusa-t- il, il venait d’enfermer son frère dans une chambre froide alors qu’il venait à peine de le retrouver, et après que ce même frère eût tué deux de ses équipiers. En un sens, heureusement qu’il n’a pas touché à ce Jones, sinon, là, je crois que Jack ne s’en serait jamais remis. C’est incroyable, il aime cet homme, plus qu’il n’a jamais aimé quelqu’un, et il ne s’en rend même pas compte!... M***e !... Il est passé où, celui là?
Perdu dans ses pensées, John avait perdu de vue l’homme qu’il filait. Depuis presque trois semaines maintenant, il suivait ce type, ce MacBurn, c’est à cet homme que menaient toutes les enquêtes qu’il avait faites : il était le propriétaire des 4X4 qui transportaient les aliens enlevés, c’était ses employés qui s’emparaient des weevils, c’est au nom de sa société qu’ils étaient envoyés en France, où ils devenaient Dieu sait quoi. Enfin, ce qu’ils devenaient, John commençait à en avoir une petite idée, il avait déjà pénétré plus d’une fois chez lui, et il avait piraté les ordinateurs de l’homme suffisamment de fois pour se rendre compte que ce manège durait depuis presque deux ans. Ce détail, John ne l’avait pas encore donné à Torchwood, d’abord parce qu’il n’avait pas de preuves réelles, juste ce qu’il avait vu sur l’écran et qu’il n’avait pu imprimer, ensuite parce qu’il voulait d’abord vérifier que sa théorie était juste avant d’alerter Jack.
-Il est bien capable de m’enfermer pour me renvoyer par la faille, et avec la chance que j’ai, je vais finir sur une planète inhospitalière à galérer le restant de ma vie, pensa-t-il. Ah ! Tiens ! Te revoilà, toi!
Depuis que John le suivait, cet homme faisait une étrange impression sur lui ; il était certain de l’avoir déjà vu quelque part, mais il n’arrivait pas à se souvenir où, et ça faisait trois semaines qu’il se triturait les méninges pour s’en souvenir… en vain. Par ailleurs, John trouvait l’attitude de MacBurn des plus étranges, sa première idée avait été qu’il venait d’un autre temps, d’une autre époque, mais il s’était ravisé, voyant à quel point l’homme était parfaitement intégré à cette époque, à ce siècle. Pour l’instant, l’homme rentrait chez lui, comme presque tous les jours à la même heure. Ce n’était pas difficile de repérer ses faits et gestes, il faisait quasiment toujours la même chose, départ de chez lui tous les matins à 9h précises, il allait prendre un café non loin et lisait le journal jusqu’à environ 9h30, ensuite il se rendait au siège de sa société, et y restait jusqu’à 17h45, heure à laquelle il quittait le bureau pour faire une promenade en ville. C’est seulement à ce moment là que ses habitudes variaient, il prenait toujours un itinéraire différent, mais était toujours chez lui avant 19h. Si les ``balades`` de MacBurn n’avaient pas toujours été si différentes, John aurait fini par mourir d’ennui à mesure que les jours passaient. Mais heureusement pour lui, il ne passait pas non plus son temps à le suivre, il avait fait pas mal de recherches de son côté, pour en savoir plus sur l’homme qu’il poursuivait, mais aussi sur ses activités, officielles ou non, et sur ce qui pouvait bien se passer en France lorsque les weevils étaient réceptionnés. Tout ce qu’il avait pu découvrir était que les aliens étaient transférés quelque part dans la vieille ville de Carcassonne, mais il ne savait pas où précisément, si c’était dans la Cité médiévale même ou ailleurs dans la ville, et ce malgré ses recherches.
Il était 19h, MacBurn rentrait chez lui. Avant que l’homme ne traverse la rue menant à sa ``forteresse,``John fit une chose qu’il n’avait jusqu’alors jamais osée faire, il avança, croisa MacBurn et le bouscula.
-Excusez- moi, dit il immédiatement en aidant l’homme à se relever.
Leurs regards se croisèrent quelques secondes, suffisamment longtemps cependant pour que John se souvienne où il avait déjà vu cet homme.
-Je suis vraiment navré, répéta-t-il, encore toutes mes excuses. J’espère que vous n’avez rien?
``Oh bon sang ! Tais-toi et tire-toi de là!``se dit il.
Il se bénit d’avoir changé d’apparence depuis qu’il avait vu Jack la dernière fois, il s’était fait une teinture, laissé pousser un bouc et portait des lentilles. Heureusement pour lui, l’autre ne parut pas le reconnaitre.
-Non, ce n’est rien. Mais faites quand même attention où vous mettez les pieds.
Rapidement, mais sans courir, John s’éloigna. Dès qu’il fut hors de vue de la demeure de MacBurn, il s’adossa un mur et souffla.
-C’est pas possible, murmura-t- il, pas lui! Pas maintenant.
Flash back:
Plusieurs années auparavant bien loin de la Terre. John vient de retrouver Gray, laissé pour mort sur une planète abandonnée, au milieu de centaines de cadavres. A quinze ans, l’adolescent avait déjà connu six ans de servitude.
Tout d’abord, John n’avait pas trop su quoi en faire. Il l’avait cherché, c’est vrai, il voulait le ramener à Jack qui avait remué ciel et terre pour le retrouver. Mais il ne put le contacter, le capitaine Harkness ayant disparu de la circulation. Il avait fui l’agence du temps, Hart avait bien entendu des rumeurs comme quoi il serait devenu mercenaire, mais comment trouver un mercenaire qui se cache ? Il avait donc gardé Gray avec lui, essayant de lui redonner goût à la vie. Il avait du faire preuve de patience, d’une infinie patience, ce dont il ne se serait jamais cru capable, Gray sursautait au moindre bruit, se recroquevillait sur lui-même dès que quelqu’un élevait la voix ou faisait un geste trop brusque, même si ce n’était pas contre lui. Il y avait aussi les cauchemars, toutes les nuits, Gray se réveillait en hurlant, tremblant comme une feuille, marmonnant des paroles incompréhensibles et sans fin, incapable de se rendormir, John passait alors plus d’une heure à le bercer en parlant, peu importe ce qu’il disait, seul le son monocorde de sa voix arrivait à apaiser l’adolescent et lui permettait de se rendormir. Il en avait passé des nuits blanches à veiller sur le frère de son ancien compagnon Et puis un jour, un matin, Gray avait rejoint John dans la cuisine du vaisseau, il n’y avait qu’eux deux. Alors il avait commencé à parler. Pendant des heures, il lui avait raconté tout ce qui lui était arrivé depuis son enlèvement. Quand il eut terminé, quelque chose en lui avait changé, il semblait avoir moins peur, il n’était plus renfermé sur lui-même comme avant. A partir de ce moment là, il n’avait plus fait de cauchemars, il s’intéressait à tout ce que faisait John, que ce soit en matière de pilotage de vaisseau ou de combat, et John était plus que ravi de lui apprendre ce qu’il savait. Il avait même réussi à lui obtenir un bracelet semblable au sien auprès de l’agence du temps.
Pendant cinq ans, John s’occupa de Gray, ce dernier semblait enfin avoir repris une existence normale, il avait même trouvé une petite amie, tout allait enfin pour le mieux…. jusqu’à leur rencontre avec cet homme.
Fin du flash back:
John se remit à marcher, il n’avait plus le choix, MacBurn quittait Cardiff le lendemain, il devait agir avant qu’une autre catastrophe n’ait lieu. Rapidement, Hart rentra à l’appartement qu’il louait depuis qu’il s’intéressait à cette affaire. Le lieu était petit, une cuisine simple, une chambre avec salle de bain et un salon minuscule dans lequel il avait entassé une montagne d’ordinateurs achetés grâce à quelques arnaques. Après avoir jeté sa veste sur un des porte-manteaux, il s’installa devant un écran et commença à pianoter sur le clavier. Deux écrans s’allumèrent simultanément, le premier se divisa en quatre, diffusant les images des caméras dissimulées chez MacBurn. Sur le second écran, il faisait défiler les rapports de Torchwood, il soupira.
-C’est pas possible d’être aussi long à la détente, jura-t-il, comment est-ce que vous faites pour traquer des aliens de toute sorte et ignorer ce qui se trame juste sous votre nez?
Dès qu’il s’était rendu compte de l’ampleur qu’avait prise cette histoire, il avait piraté les systèmes de l’institut, ce qui, à sa grande surprise, avait été un jeu d’enfant, et il suivait en direct l’évolution de leurs recherches, se retenant d’aller leur donner un coup de main chaque fois qu’il constatait qu’ils n’avançaient pas. Il craignait la réaction de Jack.
-Au moins vous allez savoir qui est derrière tout ça d’ici à demain, murmura-t- il en voyant qu’un des membres de l’équipe avait lancé une recherche sur les horaires du trafic aérien. Pourvu que vous compreniez rapidement, parce qu’avec ce type, il n’y a pas que Cardiff qui soit dans la m***e.