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Série : Stargate SG-1
Création : 03.09.2013 à 20h36
Auteur : Heaven
Statut : Terminée
« Petite fanfiction sur le major Davis. J'écris seule. J'accepte tout avis, positif et/ou négatif, du moment qu'il reste poli. Merci. » Heaven
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Coincé. Encore coincé. Toujours coincé. À jamais coincé.
Jour après jour. Métro, boulot, métro, dodo. On reprend le refrain mais à l’envers. Dodo, métro, boulot, métro. C’était toujours la même chose. Le major Davis regarda autour de lui. Il était seul dans ce fameux métro. Il but une gorgée de son café dans son mug isotherme, l’air pensif. Aujourd’hui, il avait du mal à se réveiller. L’âge ? Le travail ? La solitude ? Il retira toutes ses suppositions de sa tête illico presto. Il se sentait encore jeune, fort et robuste. Son travail était sa passion. La dernière explication, il préférait ne pas y penser.
S’il renonçait à sa modestie 5 minutes, il se savait plutôt bel homme, bien apprêté et finement musclé. De par sa stature raffinée, on comprenait que sa petite brioche située autour de ses poignées d’amour était uniquement due aux soirées mondaines obligatoires. On sentait en lui une expérience peu commune, qu’il était intéressant de parler avec lui, en le sachant humble devant tous. Toutes ses qualités faisaient de lui un homme célibataire. Les femmes semblaient aller et venir dans sa vie. Il n’était pas un collectionneur. Non. Il était juste poursuivi par la malédiction du Travailleur Acharné. Mais pas n’importe quel Travail Acharné. Non. Lui appartenait à l’Élite. Ceux qui « Ne doivent pas parler de leur travail ». Une sorte de Voldemort salarial. Cela le rendait mystérieux. Trop. Ses conquêtes se heurtaient à un mur du plus solide des bétons armés. Elles finissaient toutes par laisser tomber. Son secret était si tentant à percer qu’elles l’abandonnaient de frustration. Elles ne se sentaient jamais totalement prises en confiance.
Terminus, tout le monde descend. Même les regrets sont priés de laisser place à d’autres passagers, avec d’autres réflexions philosophiques. Le major Davis prit la direction de la Maison Blanche. Aujourd’hui, c’était à lui de faire un rapport complet sur une mission auprès du président des États-Unis. Il finit son café en route et rangea son mug dans sa besace. Mais ses regrets furent têtus pour une fois. Ils restèrent lui tenir compagnie tout le long du chemin comme de joyeux copains.
Quoi ? Regrets ? Non, il n’en avait pas. Il était resté fidèle à lui-même. Peut-être un petit peu trop. Non, rayez ces mots ! Il disait et agissait toujours en fonction de ce qu’il croyait juste. Il n’hésitait jamais. Il ne voyait pas pourquoi d’ailleurs. Il s’était élevé contre des militaires hauts gradés vaniteux. Il avait fait face à des politiciens corrompus. Il avait combattu des chefs d’entreprises cupides. Ce militaire-là ne se battait pas avec ses poings ou avec ses armes mais avec ses mots. Il parvenait à faire mouche presque à chaque fois. Sauf en ce qui le concernait lui. Trop d’opposition, trop d’honnêteté l’avait amené à avoir beaucoup d’ennemis. Ceux-ci avaient trouvé un bon stratagème pour se venger. Ils s’arrangeaient pour bloquer toute promotion. Ils ne cherchaient jamais à le dégrader. Ils savaient très bien qu’avec ses capacités, il regagnerait vite ses grades et voire au-delà même. Il deviendrait forcément colonel un jour. Non. Le laisser végéter à l’état de major était plus subtil comme punition. Il restait coincé sans aucune porte de sortie. Ni devant, ni derrière, ni à gauche, ni à droite. Il n’avait pas de faits d’armes marquants, à glorifier, qu’il pouvait utiliser comme bouclier quand cela allait mal pour lui. Toutes ses missions n’avaient été que secrètes et parlementaires. Ses armes restaient implacablement ses mots et ses connaissances secrètes des autres. Là où d’autres s’en serviraient comme moyen d’extorsions, lui restait honnête et se taisait. Les autres le savaient pourtant mais ils continuaient leur manège. Ils lui montraient qu’ils étaient plus forts, même dans l’ombre. Même s’il resterait à jamais major, il était fier de son honnêteté et de son dévouement. Il pouvait continuer son travail malgré ce désagrément. C’était tout ce qui comptait pour lui. Son travail était sa passion. Tant pis pour le reste.
Le voici arrivé à bon port. Le soleil se leva et ses regrets partirent enfin en courant. Bande de vampires va ! Le major Davis leva la tête et admira quelques instants la Maison Blanche toute rayonnante. Et s’il proposait au président de se faire un golf, rien que tous les deux, en toute intimité ? Il pourrait peut-être lui soumettre quelques suggestions…
Coincé. Encore coincé. Toujours coincé. À jamais coincé. Éternellement coincé ?
FIN