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Série : Torchwood
Création : 26.04.2010 à 13h28
Auteur : Rhea01
Statut : Terminée
« Ianto décide de jouer les Cupidons pour pousser Owen et Tosh à se mettre ensemble. Y'arrivera/Y'arrivera pas ? » Rhea01
Cette fanfic compte déjà 53 paragraphes
Chapitre 5
Promesses
La journée passa, longue et lente pour Ianto et Owen, trop rapide pour Tosh qui se mordait les lèvres à la pensée traumatisante qu'Owen allait à nouveau avoir une aventure, avec la plus belle femme de Cardiff, rien que ça.
Elle aurait giflé Ianto si elle avait osé. Mais comme d'habitude, elle s'était retenue, elle avait réfréné ses instincts et avait fait bonne figure. Elle ne savait pas à quel jeu ils jouaient tous les deux, Gwen et Ianto. Cependant, elle les trouvait drôlement complices en ce moment. Elle les voyait de temps en temps tenir des conciliabules qu'ils interrompaient dès qu'elle ou Owen approchaient.
Bien sûr, cela faisait du bien au jeune homme, qui broyait un peu du noir en l'absence de Jack. Comme si sa présence lui était nécessaire ! Il y avait quelque chose entre eux, elle en mettrait son ordinateur à couper.
Bah, pensa-t-elle au moins trois d'entre nous sont heureux de leur sort. Gwen allait très bien car elle réussissait à allier vie de couple épanouie et travail épuisant, Ianto et Jack car sans savoir concrètement, elle sentait qu'il y avait quelque chose entre eux.
Elle sentait le capitaine plus doux et plus humain, plus que ces dernières années à travailler à ses côtés et Ianto paraissait moins effacé, moins sombre et beaucoup plus effronté sans pour autant perdre sa douceur et son affabilité. Elle en était heureuse pour le plus proche de ses amis.
Bref, si elle faisait le compte, il ne restait plus qu'elle et Owen à ne pas être heureux, à ne pas avoir de relations stables et suivies. Oh et Myfawny, le pauvre, il n'avait pas de partenaire non plus. Trois partout, c'est pas si mal, c'est équilibré.
Enfin, elle soupira, l'amour, quelle bêtise ! Après, on s'étonnait qu'elle préférât les ordinateurs, avec eux, au moins, pas de mauvaises surprises, de cœurs brisés, de larmes à ne plus en finir, juste la froide et constante logique du réseau. Elle aimait cela, ce monde au moins ne la faisait pas souffrir, ne l'angoissait pas. Elle s'y retrouvait parfaitement, sans devoir se battre pour faire figure humaine.
Elle savait que c'était son passé amoureux, les nombreux fiascos qui lui collaient aux baskets qui la paralysaient, mais elle n'arrivait pas à surmonter cela. Sans compter qu'elle aimait Owen. Évidemment, elle avait choisi le spécimen le plus complexe de la bande pour en tomber amoureuse. Elle aimait franchement se compliquer la vie.
Owen avait eu le cœur brisé si souvent que c'était étonnant qu'il continuât à sortir, aimer, bouger. Comme quoi les réactions des uns ne faisaient pas celle des autres. Son malheur la rendait attentiste, tandis que celui d'Owen le poussait à être toujours mobile. Comme s'il tentait d'échapper à lui-même, à son sort, à la souffrance en accumulant nombre d'aventures sans lendemain.
N'empêche, ce n'était qu'un idiot aveugle, qui ne voyait pas, ne sentait qu'elle crevait d'amour pour lui et cela depuis le premier jour.
Ah, ce premier jour, elle s'en rappellerait toujours. C'était un lundi matin, en 2004, le 27 octobre. Jack les avait prévenu qu'il amènerait un petit nouveau dans la matinée pour le poste de médecin-chef.
Elle avait hoché la tête, acceptant ce que Jack avait décidé, comme toujours. Suzie s'était interrogée sur les raisons qui poussaient Jack à lui proposer ce poste. Elles avaient travaillé sans médecin depuis leurs propres embauches et elles considéraitent que ce n'était pas nécessaire. Jack avait haussé les épaules, et simplement dit qu'il se sentait responsable d'eux et qu'un médecin permettrait de travailler plus facilement.
Suzie avait fait la tête avant d'accepter, elle avait toujours eu besoin d'explications, de raisons, c'était un moteur dans son existence. Toshiko l'avait beaucoup aimé et sa trahison l'avait profondément choqué. Elle avait eu du mal à comprendre et aujourd'hui encore elle ne comprenait pas ses motivations. Elle préférait désormais ne pas y penser pour ne pas se faire plus de mal.
Mais elle se rappellerait toujours comment Owen était arrivé. Il s'était pointé à l'heure, peut être la première et la seule fois de sa carrière. Jack lui avait fait la grande visite, la grande tournée du Hub, lui montrant les quartiers dont il aurait à s'occuper et les collègues avec lesquelles il travaillerait.
Toshiko se rappela avoir immédiatement été sous le charme du jeune homme, elle avait son image encore imprimée dans sa mémoire, longiligne, mince à la limite de la maigreur, le visage en lame de couteau, étrange mais beau, plein de caractère, des yeux sombres, magnétiques dans lesquelles nageaient des paillettes d'or.
Elle fut subjuguée au premier regard. Une impression de profond chagrin trainait sur lui, semblait lui ôter toute vitalité, il ne lui avait pas fallu plus de 15 minutes pour comprendre qu'il avait perdu sa femme à cause d'un alien. Elle eut peur que cette mort le rende hostile aux créatures qui abondaient de ce côté de la faille.
Mais il se révéla curieux et cette curiosité intellectuelle l'avait protégé contre un rejet de la faille et ses visiteurs. Il était plus sensible que d'autres aux dangers qui pouvaient en survenir, tout simplement.
Il lui avait souri, un sourire qui malgré toute cette tristesse était lumineux, un sourire qui s'était fiché dans son âme. Toshiko avait souri à son tour, puis Suzie s'était présentée et elle avait disparu du champ de vision d'Owen Harper.
Toshiko avait cédé la place, s'était écarté devant Suzie et devant ce qui allait se passer entre eux. Elle l'avait deviné au premier regard qu'ils avaient échangé. Elle n'avait pas eu le courage de se battre face à Suzie. C'était son amie, après tout. Elle s'était effacée et avait assisté à la naissance et la mort de leur rapide relation. L'appel des sens avait été très fort, la rupture tout aussi brutale.
Elle en avait été soulagée et en avait conçu du remord. Cependant elle découvrit qu'il avait cette capacité à rebondir, à vivre malgré les difficultés ou les échecs, malgré les souffrances. Elle avait découvert par la suite son humour mordant, son instinct auquel il se fier sans faillir, sa capacité de rebondir face aux pires situations. Il était résistant, résilient, plus qu'il ne le pensait et cette façon d'être l'étonnait et la rassurait tout à la fois. Tout ce qu'il avait pu subir dans sa courte vie, ne le rendait, en réalité que plus cher à ses yeux.
Dès le premier jour, elle avait eu un coup de foudre pour lui et ces sentiments s'étaient profondément ancrés en elle. Une passion qu'elle construisait, qu'elle vivait mentalement, platoniquement, ce qui ne l'avait jamais empêché de souffrir.
Elle avait vécu d'autres relations, bien sur, Mary, Tommy, mais aucune n'arrivait à l'aune de ce qu'elle éprouvait pour Owen. Elle avait cherché à l'oublier en expérimentant d'autres amours mais chaque fois, elle revenait vers lui. Elle savait pourtant qu'elle n'avait pas la moindre chance, alors qu'il ne semblait pas la voir.
Chaque fois qu'elle osait s'approcher, elle le voyait s'esquiver, la fuir. Et cela la tuait. Il ne le voyait pas, il ignorait superbement la douleur dans laquelle elle se plongeait quand il se détournait ainsi d'elle. Elle savait qu'elle ne pouvait pas vivre sans lui, ni vivre avec lui, un dilemme terrifiant.
Sans compter que son esprit rationnel lui mumurait que le fait de l'idolâtrer le parait de qualités dont il pouvait très bien être dépourvu. Elle avait peur parfois de le voir meilleur qu'il n'était en réalité. Puis elle le regardait et oubliait tout, le coeur réchauffé par ce simple regard. Et si il lui parlait, cela n'en devenait que meilleur. Son coeur ne pouvait lui mentir. Owen lui était précieux.
Elle collectionnait les différentes preuves d'attention comme une souris les morceaux de laine pour en confectionner un nid d'amour. Elle l'aimait tout simplement.
Ianto arriva derrière elle, silencieusement alors qu'elle était perdue dans ses pensées, souriant réveusement.
Il la regarda, l'admirant, malgré ses vêtements discrets et son look d'informaticienne un peu négligée. Il trouvait que c'était dommage qu'elle ne se mette pas plus en valeur. Elle était très belle, drôlement bien fichue, il en savait quelque chose, vu ce qu'elle lui avait dévoilé, quelques jours auparavant.
L'ardeur des timides sans doute, il connaissait. Jack l'en avait graduellement débarrassé, s'en prenant à lui avec tact, passion et doigté. Il secoua la tête, il ne fallait pas qu'il pense à ce capitaine au corps si chaud mais à la tête si légère. Cela faisait deux semaines qu'il ne donnait pas signe de vie. Ça commençait à bien faire. Si cela continuait, il allait prendre des mesures drastiques et le faire rechercher dans tout Londres par tous les moyens.
Si c'était bien Londres, la ville où il s'était rendu, avec Jack tout était possible, après tout. Mais il devait reconnaitre qu'il lui manquait effroyablement, il s'était habitué à sa constante présence derrière lui, plus vite qu'il ne l'aurait imaginé.
Est-ce cela être amoureux ? Cela ne le rendait pas plus heureux. En son absence, il se sentait pris d'impatience, il voulait vraiment qu'il revienne et qu'ils reprennent leur mutuelle découverte.
Mais en attendant que ses hormones se soient apaisées par l'ouragan Harkness, il voulait s'occuper des amours de Toshiko. Il n'aimait la voir aussi malheureuse, les yeux débordant d'amour pour Owen, son bourreau des cœurs personnel.
Celui-ci ne la voyait pas comme une femme de toute évidence. Ianto s'était donné pour mission de lui ouvrir les yeux, les tentatives précédentes n'avaient pas été couronnées de succès, mais il espéra que cette fois, cela fonctionne.
Pour cela, il allait devoir la vexer un peu, utiliser des mots qui risquaient de la blesser. Il espéra qu'elle lui pardonnerait ou qu'elle oublierait vite une fois qu'elle sera dans les bras d'Owen. Il vint se placer à côté d'elle, les bras posés sur la console, penché au-dessus d'elle en une attitude quelque peu condescendante.
- Tosh, ça va ?
- bien sûr, Ianto, pourquoi tu me demandes cela ?
- je ne sais pas, tu me parais fatiguée en ce moment. Tu es sûre que tout va bien ?
Il la regardait avec sollicitude, voire même de l'inquiétude. Le regard de Tosh se troubla.
- tu trouves que j'ai l'air fatiguée ? On devrait peut-être dire à la faille d'arrêter de nous envoyer de la compagnie et cela ira mieux, tenta-t-elle de plaisanter, nerveuse, alors que Ianto la regardait les yeux plissés. On pourrait alors se reposer, tu ne crois pas ?
- je ne sais pas, reprit-il, d'un ton piquant, c'est peut être la lumière ou bien ton gilet, mais je trouve que tu as mauvaise mine. Vraiment !
- Ah, fit-elle un peu inquiète, posant sa main sur son front, pourtant je ne suis pas malade.
- C'est peut-être parce que tu n'es pas très maquillée ? continua-t-il d'un ton mordant, Ianto jouait sa partition en tentant de ne pas trop en faire, il se sentait mal à l'aise de lui parler sur ce ton un peu agressif, mais cela était nécessaire.
- Tu devrais t'occuper un peu plus de toi, non ? fit-il en la regardant droit dans les yeux, un peu moqueur, après tout, Jack n'est pas là, rien ne t'oblige à travailler plus que de raison.
- tu crois ? fit-elle avec appréhension, mais j'ai quand même mes projets personnels à mener à bien. Mais tu as raison, un peu de repos me ferait du bien.
Ianto sourit avec pitié, son plan marchait comme sur des roulettes, il ne restait plus qu'à porter l'estocade.
- si tu veux, tu peux accompagner Gwen, elle doit faire des essais coiffure et maquillage au salon Dwartigg, tu sais à côté de la super boutique Maelys.
- oui, je vois où c'est. Mais...
Tosh avait un petit faible pour la haute couture et les "trucs de fille", malgré son emploi du temps surchargé, malgré son peu d'élégance actuelle. Après tout celle-ci ne résultait que d'un manque d'assurance, un petit passage à vide, consécutif à son chagrin d'amour.
- ça te dit d'y aller ? fit Ianto en se relevant du bureau où il s'était installé, il épousseta son costume et la toisa de haut en bas, détestant le personnage qu'il se donnait. Je suis sûr qu'ils vont faire des merveilles avec toi. Tu en as drôlement besoin !
Elle plissa soudain des yeux, et posa ses mains sur les hanches en une attitude ulcérée. Elle pencha la tête de côté, l'air mécontente, le scrutant pour découvrir ce qu'il lui cachait. Ianto eut la conviction d'avoir été un petit peu trop loin dans la manipulation et esquiva son regard incendiaire.
La jeune femme avait parfaitement le droit de se défendre. Il rentra la tête entre ses épaules, prêt à subir les foudre de Toshiko. Mais elle lui sourit et l'enlaça gentiment, enfouissant sa tête contre son épaule protectrice. Il se détendit et la serra dans ses bras, interloqué. Il ne comprenait pas le changement d'attitude.
- Gros malin, dit Tosh en riant, ça n'aurait pas été plus simple de me dire que tu as tout prévu pour la soirée d'Owen ?
- ça n'aurait pas été aussi drôle... Je voulais te faire une surprise.
- et tu aurais fait comment pour m'apporter des vêtements, car j'imagine que tu as aussi prévu ça ?
- ben, il se gratta la tête, j'aurais utilisé mon sens de l'impro...tenta-t-il lamentablement.
- tu ne sais pas improviser.
- ça se voit, je suis désolé. La boutique Maelys doit t'apporter tout ce qu'il te faudra. C'est sur les crédits de Torchwood.
- Merci, Ianto, c'est si gentil. Personne n'a jamais fait une chose aussi gentille pour moi !
- arrête, tu as deviné mon plan avant que je le mette en place. Qu'est-ce qui t'as fait deviner ?
- tu n'es pas méchant habituellement, cela ne te ressemblait pas. Et puis, j'ai eu l'impression que c'était téléphoné, comme dans un mauvais film.
- là, tu es dure, je n'étais pas si mauvais… si, à ce point-là ? dit-il en souriant franchement, mes cours de théatre ne m'auront servi à rien !
- non, on aurait juste dit que tu voulais que je te découvre. C'était ton but ? se moqua-t-elle, gentiment.
- M… fit le jeune homme en frappant sa main de son poing en souriant. Dommage !
- bon, tu m'expliques le reste de ton plan ?
- OK, mais on a peu de temps, Gwen va arriver pour t"emmener. Je viendrais te chercher après votre après-midi de filles.
- tu veux venir ? fit-elle avec une grimace amusée, connaissant sa réponse.
Il leva les mains.
- non, non, pitié, je n'ai rien fait de mal.
- à part essayer de me manipuler, dit-elle l'air sévère, démenti par le sourire doux qui ourlait ses lèvres, et en me disant que j'ai l'air malade, fatiguée et me faisant comprendre que je suis mal habillée.
- si peu. . .
- Toshiko, tu es là, je te cherchais partout, j'ai besoin d'aide pour mes essais coiffures et maquillage, tu peux venir avec moi ?
- Euh Gwen, prévint Ianto en se tournant vers la Galloise qui venait de surgir dans le Hub, elle est au courant. Je n'ai rien dit mais elle a deviné.
- Tu as compris qu'on voulait que tu sortes avec Owen ? Génial !
- J'avais juste compris un dîner avec lui, dit l'informaticienne avec un sourire amusé,mais les yeux pétillants.
- Oups.. fit Gwen alors que Ianto roulait des yeux furibonds.
- Au moins je sais ce que j'ai à faire : séduire Owen.
- Ne t'inquiète pas, tu vas avoir toutes les chances de ton côté et c'est la solution la moins désagréable, fit Gwen en prenant son sac.
- Ah bon, vous aviez pensé à quoi d'autre ?
- Vous enfermer avec les weevils et vous obliger à vous embrasser avant de vous relâcher, le reste aurait été de votre ressort !
- Charmant, fit Tosh en réprimant un rire, si cela ne marche pas, vous avez mon accord pour cette solution.
- Tu vois bien que j'avais raison, il faut parfois forcer le destin, dit Gwen à l'adresse de Ianto qui décidément ne comprenait plus rien aux femmes.
- si vous le dites.
A suivre...
Chapitre 7
Préparatifs
- "Allo, Ianto, tout se passe à merveille. Je suis même jalouse de Tosh, elle est splendide."
- ok, phase 2 de mon plan, le restaurant.
- " Ne te plante pas cette fois, n'oublie pas le maître d'hôtel."
- Ne t'inquiète pas, j'ai choisi le restaurant parfait pour éviter cela. Ils me connaissent. Passe-moi Toshiko, s'il te plait.
- " je ne préfère pas savoir pourquoi ils te connaissent. Tosh, Ianto veut te parler ! "
- "Oui, Ianto ?" fit la petite voix de Toshiko
- Alors, tu es prête ? demanda le jeune homme.
- " Mieux que ça, la robe que la boutique m'a prêtée est tout simplement magnifique. Mais j'espère que ça va bien se passer."
- Ne t'inquiète pas, tout se passera bien même si Owen peut être un abruti fini quand il s'y met. Qu'est-ce que tu peux lui trouver à la fin ?
- " Il est ce qui me manque. Et puis, tu n'es peut-être pas le mieux placé pour me demander cela. Mais aussi je pourrais te demander ce que tu trouves à Jack."
- mais ça, ma chérie, on le sait tous ce que je lui trouve.
Elle hoqueta de rire en entendant l'expression, Jack et son charme auquel personne ne restait indifférent.
- "c'est vrai, il nous a tous chamboulé la vie et c'est bien mieux quand il est là. La vie paraît beaucoup plus intéressante. As-tu eu des nouvelles de son retour ?"
- non, toujours pas, je vais d'ailleurs lancer une recherche sur lui, s'il continue à faire le mort. Imagine qu'il nous refasse le coup du Docteur ? Il était parti pendant des mois, sans qu'on sache où il se trouvait. Il ne nous a toujours pas expliqué ce qu'il a fait, à part qu'il avait trouvé son docteur et qu'il avait sauvé le monde. Comme d'habitude.
- Si on était en danger, je crois qu'on le saurait. Non, il doit passer de bonnes vacances, il en avait besoin. Tu aurais dû l'accompagner, tu sais.
- La prochaine fois qu'il me le demande, je mets ma fierté de côté et j'accepte, fit Ianto sur un cri du cœur. Je n'ai pas osé et il me manque.
- Il serait heureux d'entendre ça, tu sais.
- j'imagine, non je l'espère ...
- Tu espères quoi ? fit une voix interrogatrice derrière lui, Owen qui venait d'arriver.
- que la table est réservée. Merci à ce soir.
Il raccrocha au nez de Toshiko sans lui laisser le temps de répondre et se tourna vers Owen.
Le médecin avait fait des efforts vestimentaires hors du commun, à savoir une chemise immaculée d'une coupe d'un grand tailleur assorti à une veste de smoking sur un jean délavé très seyant, qui moulait agréablement ses jambes.
Loin de paraitre saugrenu, cela intensifiait la minceur du médecin et lui donnait une classe folle. Cela le changeait avantageusement de ses tee-shirts, même ultra branchés et de ses blouses immettables, surtout dans le restaurant 4 étoiles où Ianto avait réservé. Il arborait également une coupe savamment ébouriffé qui s'harmonisait avec son look mâtiné de dandysme.
Le jeune homme le dévisagea de pied en cap. Rien à redire, le médecin défila devant lui, comme sur le catwalk d'un défilé estampillé Tom Ford. Ianto applaudit en riant.
La tenue avait juste ce qu'il fallait de soigné tout en étant branché, l'élégance alliée à la désinvolture qui le caractérisait si parfaitement. Le seul hic était la cravate ou plutôt l'absence de cravate. Owen n'était pas le genre à mettre une cravate, bien sûr mais dans ce restaurant, il fallait sacrifier à la tradition. Heureusement qu'il en avait prévu une, ultra-fine, soie noire sauvage qui allait lui aller parfaitement.
- Il faut mettre ça, dit il en lui tendant le morceau de tissu.
- Tu n'as rien à dire sur ma tenue ? J'aurais peut-être dû mettre un pantalon au lieu d'un jean. Je ne sais pas, j'ai l'impression d'en faire trop ou pas assez, j'aurais dû mettre le smoking gris qui prend la poussière chez moi.
- Ma parole, tu es stressé ? demanda Ianto d'un air étonné, lui tendant à nouveau la cravate qu'Owen affectait de ne pas remarquer.
- Non, impatient ! tu m'as promis de rencontrer la plus belle femme de Cardiff. Mais je ne sais pas si je vais lui plaire.
- N'aie pas peur, je suis sûr que ton coté Jude Law en plus maigre va lui plaire. Cela a toujours beaucoup de succès.
- C'est un compliment ou une insulte ? demanda Owen en se laissant attacher la cravate autour du cou, je ne suis pas maigre, je suis svelte, doté de muscles là où il faut, agréablement dessinés. Je croyais que tu t'en étais rendu compte, l'autre nuit, ajouta-t-il les yeux plissés, dents prêtes à mordre.
- C'était un compliment, ne t'énerve pas, voyons. Et on avait dit qu'on en parlait plus. Voilà, tu es parfait, une vraie gravure de mode anglaise.
- Tu es sûr qu'ils vont me laisser entrer ? s'inquiéta soudain le médecin, tirant sur le nœud qui l'étranglait un peu.
- Tu portes la cravate, donc il n'y aura pas de problème.
- Tu me parles de la fille ? demanda Owen d'un ton intéressé, je déteste les rencards à l'aveugle, on ne sait jamais sur qui on va tomber. Mais tu la connais ?
- Oui, je la connais bien. N'aie pas peur, elle n'a pas de strabisme, pas de bouton sur le nez, deux pieds, deux bras, deux oreilles...
- Haha, très drôle, à croire que je suis difficile, je ne suis pas comme ça, je ne suis pas aussi superficiel que tu l'imagines.
- Elle est belle, intelligente, sensible, fit Ianto sans relever, versant une tasse de café, peut-être un peu trop donc tu modèreras tes sarcasmes.
- non, c'est impossible, cela fait partie de moi comme toi et ton addiction au café.
- addiction que tu partages.
-normal, tu es mon dealer... et tu nous as tous rendu accro à ta passion.
- oui, d'ailleurs, je vais faire la sortie des lycées ce soir, tu m'accompagnes ?
- bon, cette femme, comment l'as-tu connue ?
- l'amie d'un ami, continua Ianto, une fois lancé le mensonge se déroule très facilement.
- mais elle est comment physiquement, plus comme Gwen ou plus comme Tosh, il mima une poitrine généreuse.
- hum, Ianto fit semblant de réfléchir, se mordant les joues pour ne pas hurler de rire, plus comme Tosh, oui, vraiment.
Le regard d'Owen s'éclaira. Ianto savait bien qu'il avait un faible pour Toshiko. Il l'avait vu couler certains regards qui ne trompaient pas sur le physique avantageux de la jeune femme.
- Et elle fait quoi dans la vie ?
- Elle travaille auprès d'une administration, un peu d'informatique, un peu de suivi de dossiers et elle intervient parfois sur le terrain. Elle est très polyvalente, en réalité.
- Et qu'est-ce qu'elle aime dans la vie ?
- toi idiot, se retint de dire Ianto, mais il répondit : oh, elle a des centres d'intérêt très basiques, son travail lui prend beaucoup de temps. Elle est ultraprofessionelle, perfectionniste, incapable de laisser un projet en plan.
- tout comme moi...
- Évidemment, oui, on en est tous là, le travail d'abord et les relations après.
- mais tu crois vraiment qu'on peut réussir à avoir une vraie relation avec Torchwood dans notre vie ? demanda Owen en le regardant droit dans les yeux. Je veux dire, tu sais comme moi ce qui se cache dans l'ombre et tout ce qu'il y a à protéger... je ne peux pas imposer ça à quelqu'un. Imagine que je sois avec elle et que Jack me rappelle pour une analyse ou une intervention, ce serait difficile de l'abandonner pour aller se coltiner des aliens. Non, je ne peux pas imposer ça à quelqu'un.
- Hey, tu ne sais pas si tu vas faire ta vie avec, c'est juste un rendez-vous. Ça ne vous engage à rien et puis regarde Gwen, elle semble très satisfaite...
- mouais, tellement qu'elle a fini dans mon lit.
- et toi la solitude te pèse tellement qu'hier soir, tu dormais avec moi.
- on avait dit qu'on ne reparlerait plus de ça, jeta Owen en ricanant.
- pourquoi pas, vu que je dois te présenter la plus belle fille de Cardiff pour récupérer certaines images.
-Ah oui, c'est vrai.. fit le médecin, tiens, je te rends la carte mémoire.
Il lui tendit la carte et commença à dénouer sa cravate. Ianto le regarda désemparé, il n'allait pas lui faire ça. Pas après tout ses efforts.
- Euh, Owen, tu fais quoi ?
- j'ai une analyse à faire sur un squelette et puis, je n'ai plus tellement envie de sortir. Ce n'est pas drôle quand ça tombe tout cuit dans le bec. Je suis comme Jack, j'aime la chasse !
- j'espère que c'est le seul point commun que tu as avec Jack!
- pourquoi ? Tu as peur de tomber amoureux de moi ?
- je ne suis pas amoureux de Jack, glapit Ianto, qui ne voulait pas se trouver en butte avec le médecin et qui sentait que la situation lui échappait.
- ah bon? demanda ironiquement le médecin, les petits sourires en coins, les regards langoureux, les rendez-vous sous les voûtes à l'abri des regards, c'est juste du sexe ?
- euh, je ne sais pas, préféra éluder Ianto, j'imagine.
- bien sur, continua le docteur ne démordant pas, et le weevil ferme la porte de la cellule tout seul ! Arrête. Ça se voit comme le nez au milieu de la figure que tu en es amoureux.
« Merde, se dit Ianto, comment se fait-il qu'il voit ça alors qu'il ignore les sentiments de Tosh à son égard ? Il m'épate. »
Il ne répondit pas, mais la couleur cramoisie de ses oreilles le fit pour lui à la grande joie d'Owen.
- A-t-on idée de tomber amoureux de son patron ? C'est bon pour les infirmières ou les secrétaires ça !
- qui te dit que je suis amoureux, continua à s'enterrer Ianto.
- c'est soit ça, soit il se tape le garçon de café, c'est d'un glauque même pour Jack !
Ianto ressentit une bouffée de haine pour le médecin, il n'était plus si sûr d'aider son amie pour son rendez-vous de ce soir.
- Mais j'ai la sensation étrange que c'est plus que ça, entre vous. D'accord, vous vous entendez bien au lit, mais tu devrais certainement réfléchir à ce que tu ressens pour lui. Tu l'aimes, ça se voit et ça te ronge. Tu devrais peut-être lui en parler.
Et Vlan, Owen semblable à lui-même, il se montrait aussi désagréable que possible et tout à coup sortait une réflexion qui forçait le respect. Ianto sentit la haine s'apaiser. Malgré leurs nombreuses divergences, leurs antagonisme et leur passé, c'était un véritable ami qui s'inquiétait véritablement de son état psychologique et de ses sentiments.
- ce que m'apporte Jack en ce moment me suffit amplement. Je découvre chaque jour quelque chose de différent, de surprenant, ça devrait t'encourager à découvrir qui est ton rendez-vous au lieu de faire cette analyse qui de toute façon attendra. Tu pourrais avoir des surprises.
- ok, t'as raison, j'y vais, dit Owen en remettant la cravate lâchement autour de son cou, et puis tu as déjà tout organisé, ce serait dommage de tout gâcher.
- je conduis !
- Ne pousse pas trop ta chance, Ianto, je suis le plus vieux, je conduis.
A suivre...
Chapitre 8
Rencontres et plus si affinités...
Gwen laissa Toshiko s'installer seule à la table que Ianto avait réservée au nom d'Owen Harper. Elle prit place quant à elle au bar, derrière un magnifique bouquet qui la dissimula aux regards de ses collègues masculins qui entrèrent à ce moment- là dans le restaurant huppé.
Owen balaya du regard toute l'assemblée, tentant d'identifier la belle inconnue. Ianto lui fit signe de regarder vers le fond sur sa gauche. Une jeune femme aux épaules dénudées leur tournait le dos, elle regardait la carte.
Owen fit un large sourire à Ianto et se dirigea vers elle, l'air sûr de lui. Le jeune réceptionniste souriant chercha du regard Gwen qui lui fit signe derrière les fleurs. Il la rejoignit rapidement, le serveur lui apportant la même boisson que la jeune femme. La place était bien trouvée car ils voyaient le couple de dîneurs sans que ceux-ci ne se sentent épiés.
Owen s'approcha de la jeune femme, qui feuilletait lentement le menu qui la dissimulait. En homme séducteur et habitué à évaluer d'un regard les femmes qu'il rencontrait, il remarqua la peau crème des épaules, rehaussée par la soie noire d'une robe griffée. Les cheveux noirs étaient remontés en chignon souple, dont quelques mèches folles s'échappaient. L'une d'elle effleurait le creux d'une nuque fragile, d'une manière qu'il trouva attendrissante.
La jeune femme se tenait droite, faisant preuve d'un maintien ferme mais non raide. De dos, elle lui paraissait très belle, il accéléra le pas pour la rejoindre. Il s'assit en face d'elle, remarquant qu'elle ne baissait pas son menu dissimulant son visage, mais que ses doigts tremblaient, comme blanchis sous l'effort. Il en fut étrangement ému. Était-elle si timide qu'elle ne veuille pas lui montrer son visage ? À moins qu'Ianto ne lui fasse une mauvaise blague et ne lui ait pris un rendez-vous avec une femme peu attirante ?
Il sourit. Ce n'était pas cela qui allait l'empêcher de dîner, sans doute en excellente compagnie même, la beauté ne fait pas tout après tout. Et puis, même si ce n'était qu'une blague, cela ne l'empêcherait pas d'apprécier ni le décor ni la cuisine, ni la compagnie. C'était le plus cher des restaurants de la ville après tout. Mais il voulait découvrir qui mangeait avec lui.
- bonjour, je me présente, Owen Harper, médecin, ravi de vous rencontrer... La jeune femme baissa son menu et il découvrit avec un choc qui était son invitée.
- Tosh, mais qu'est-ce que tu .... tu es ma convive ?
- oui, cela ne t'embête pas, j'espère, dit-elle avec un large sourire, tu m'as toujours promis un dîner, je te rappelle.
- j'avais prévu de manger avec la plus belle femme de tout Cardiff, commença-t-il d'un air muffle avant de voir les yeux de Tosh s'assombrir et son visage se troubler, mais reprit-il avec tact, je dine avec la plus belle du Pays de Galles.
Complimenter n'était pas tout à fait une habitude pour Owen, mais il ne mentait pas, Tosh était splendide. Sa robe mettait en valeur des atouts qu'il se serait frappé d'avoir tant négligé. Il ne se souvenait pas de l'avoir vu aussi jolie, sauf pour Tommy.
Son esprit fit enfin la synthèse, Toshiko au dîner, habillée, maquillée et superbement coiffée et la présence des deux Gallois qui affichaient un sourire idiot tout en se croyant à l'abri derrière la potiche de fleur. Ils en avaient oublié les miroirs de ce restaurant chic. Un guet apens amoureux ! Ce qui signifiait à coup sûr que la belle Toshiko devait aussi être dans la combine.
- tu es magnifique, reprit-il alors que Tosh calmait son émoi avec un grand verre d'eau, j'aurais vraiment dû sortir le smoking.
- Tu n'es pas mal du tout, Owen, fit-elle en l'admirant ouvertement, je n'avais jamais vu cette chemise.
- Il a eu raison... valait mieux mettre une cravate, ici. Ah, j'en reviens pas qu'il m'ait manipulé comme ça ! Et toi tu étais au courant ?
Tosh rougit et acquiesça. Owen la trouva charmante, mais il décocha un regard mauvais à Gwen et Ianto qui se penchaient en avant comme pour lire sur les lèvres.
- je les remercierais à ma façon, articula-t-il d'un air menaçant en les fusillant du regard, les Gallois se reculèrent, ayant visiblement compris le message. Oh, je vais trouver.
Tosh le regarda surprise et il lui décocha un sourire éblouissant. Elle paraissait subjuguée. Il se rendit compte que jamais il ne la regardait comme elle le méritait. Elle était belle, désirable, envoûtante avec ses yeux si brillants. Elle méritait que quelqu'un s'occupe d'elle. Visiblement, c'était lui qu'elle avait choisi.
Il aurait dû s'en douter quand Ianto se mordait les joues pour lui répondre à ses questions sur son rendez-vous. Ils l'avaient bien eu, en toute beauté. Il ne souhaitait plus qu'une chose : que les deux gallois arrêtent de les regarder comme ça, ils n'avaient pas autre chose à faire de leur vie. Ses regards meurtriers finirent par avoir raison du public.
oOoOo
- Bon il faut qu'on y aille, sinon Owen va nous réduire en bouillie, fit Gwen, je crois que nous ne sommes pas assez discrets.
- Ok, on y va, dit Ianto en adressant un grand sourire à Owen, qui le fustigea du regard avant de se perdre dans la contemplation de sa voisine. Il a l'air d'apprécier la compagnie de Toshiko, non ?
- N'importe qui apprécierait sa compagnie, t'as vu quel canon, elle est dans cette robe ? Même moi, je ne suis pas insensible... elle est superbe.
- Si tu te bats avec Owen pour le cœur de Tosh, n'oublie pas d'appeler Jack. Il en serait ravi !
- Arrête de rire, dit-elle agacée qu'il lui serve les mêmes blagues vaseuses que les siennes en lui bourrant les côtes, et dis-moi plutôt si tu pouvais avoir une robe comme ça pour moi ? Pour mon mariage, par exemple, ce serait bien, non ?
Ils sortirent et marchèrent le long de la rue. Ianto tenait un parapluie pour les protéger de la pluie battante.
- Peut-être, je te mettrais en contact avec le gars de la boutique mais attends-toi à payer ça la peau des fesses...
- Qu'est-ce qui coûte la peau des fesses ? demanda soudain une voix derrière eux.
Ils reconnurent instantanément le timbre de voix gouailleur de Jack. Celui-ci était accompagné de Rhys, l'air mécontent. La pluie ne devait certainement pas arranger son caractère bougon.
- Jack, Rhys, mais que faites-vous ici et tous les deux ?
Gwen alla vers son fiancé et l'embrassa langoureusement, puis embrassa Jack sagement sur la joue. Il la regarda avec moquerie et se tourna vers Ianto sans répondre à Gwen.
- Qu'est-ce qui coûte la peau des fesses ? Encore que je trouverais bien une autre utilisation aux tiennes.
Ianto affronta le regard grivois et le sous-entendu si explicite. Il commençait à être rodé aux allusions de Jack maintenant, tout comme ses manières qui parfois flirtaient avec l'absence de manière. Il resta calme, mais il ne put empêcher son cœur de battre un peu plus fort en voyant ses yeux azur pétiller. Il essaya de détourner le regard mais impossible, il était comme magnétiquement attiré par ce fichu capitaine à la tête trop légère.
- Une robe pour Toshiko afin d'être belle pour son rendez-vous avec Owen.
- et Owen est au courant ? demanda Jack en souriant, se rapprochant dangereusement de Ianto, trop pour son cœur qui manqua un battement, il lui avait tant manqué. Trop. Il se recula, s'arrachant à sa contemplation.
- Maintenant oui, dit Gwen, venant sans le savoir à sa rescousse. Mais que faites-vous ici, tous les deux ?
- Rhys te cherchait et moi, je viens seulement de rentrer et je ne trouve personne d'autre pour m'accueillir, un véritable drame !
- Et tu nous as retrouvés grâce à quoi ?
- Voyons Ianto, cherche, tu vas trouver. Tu n'aimes pas que tout te tombe tout cuit dans le bec d'habitude.