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Série : Stargate SG-1
Création : 19.08.2018 à 13h12
Auteur : CelineAlba
Statut : Terminée
« Fic à plusieurs chapitres. Rien de bien sérieux toutefois. Une pénurie et c'est la cata ! » CelineAlba
Cette fanfic compte déjà 9 paragraphes
Disclaimer : tout est à SHOWTIME et MGM…sauf mon cerveau qui met leurs personnages dans des situations…euh…loufoques parfois !
Chapitre Premier : Mais c'est quoi ce b...ins ?
Major BRADFORD
Sergent Finch, entrez les coordonnées pendant qu'on vous couvre ! Grouillez-vous parce qu'on ne pourra plus vous couvrir très longtemps !
Sergent FINCH
À vos ordres, Major !
L'équipe SG8, avec dans ses rangs le Major Bradford, le sergent Finch, le première classe Taylor et le seconde classe Manning était sur une planète très accueillante, avec sa verdure qui fut verte avant de ressembler à Mars un soir de pleine Lune, avec son paysage varié fait de pierres, de rocailles et d'aucun dénivelé, avec surtout ses habitants aimables et ravis de pourchasser au lance-flammes ces gibiers de haute potence qui auraient été appétissants pour leur dîner du soir.
Tout aurait été parfait et l'équipe, une fois le peuple rencontré, aurait largement eu le temps de regagner la Porte si deux de ses membres...
LANDRY
Quoi ? Major, vous étiez sur le point de servir de petit-déjeuner...
BRADFORD
...de dîner, monsieur.
LANDRY
Peu importe ! Bref, on vous proposait courtoisement de vous embrocher et de vous rôtir quand deux de vos hommes se sont endormis ! C'est bien ce que vous me dites, n'est-ce pas ?
BRADFORD
Oui, mon Général. Mais ce n'est pas de leur faute, vous savez...
LANDRY
Et de la faute de qui ? La vôtre ? Celle d'une mystérieuse bestiole qui leur aurait refilé la maladie du sommeil ?
BRADFORD
Il n'y avait pas de mouche sur cette planète, monsieur. Et je prends soin de mes hommes dans la mesure du possible.
LANDRY
Qu'entendez-vous par là ?
BRADFORD
Où ça ?
LANDRY
MAJOR ! De quelle mesure du possible parlez-vous ?
BRADFORD
Il n'y a plus de café, monsieur.
LANDRY
Major, vous avez été blessé au cours de votre fuite ?
BRADFORD
Non, mon Général.
LANDRY
Aucun lance-flammes ne vous a atteint ou effleuré par exemple...euh...au niveau de la tête ?
BRADFORD
Négatif, mon Général.
LANDRY
Alors en ce cas, expliquez-moi où sont passés vos neurones ? Coup de chaud peut-être ?
BRADFORD
Je ne vous comprends pas, Monsieur.
En effet, le major Bradford semblait perdu, le regard flou et les yeux qui tournaient dans tous les sens. Le Général Landry haussa alors le ton :
LANDRY
C'est quoi cette histoire de café, Major ?
BRADFORD
Mon Général, il s'avère que la base est en rupture de stock de café depuis une semaine et les effets s'en font ressentir.
LANDRY
Et ni vous ni vos hommes n'avez de cafetière chez vous ? De thermos ? De café lyophilisé ? Comment croyez-vous que je tiens ?
BRADFORD
Je fais comme vous, Monsieur, mais mes hommes ne sont pas rentrés chez eux depuis plus de 10 jours...
LANDRY
Pourquoi ?
BRADFORD
Ils étaient consignés à la base pour avoir fait des paris illicites pendant leurs heures de travail.
LANDRY
Ah oui, ce sont eux...décidément...ils n'en loupent pas une ! Ils n'auront pas l'occasion d'en louper d'autres dans MA base avant très longtemps. Dites-leur qu'ils seront réaffectés au plus tôt.
BRADFORD
Mais, monsieur, avec tout le respect que je vous dois, je répète que là, ce n'était pas leur faute.
LANDRY
Je ne veux pas le savoir, Major ! Une équipe entière du programme aurait pu disparaître aujourd'hui et j'aurais eu toutes les peines du monde à expliquer à mes supérieurs que c'était à cause du café !
BRADFORD
Mon Général...ce sont de bons garçons, vous savez. Et d'excellents soldats. Ils ont fait leurs preuves au cours des 15 derniers mois.
LANDRY
Vous êtes un bon avocat, Major, mais ma décision est irrévocable. Le debriefing est annulé car si je les croise, je vais les massacrer. Si vous n'avez rien d'autre à ajouter, rompez, Major !
BRADFORD
Bien Monsieur.
Le Général Landry était hors de lui. Chose rare quand on connaissait un peu l'homme. Quoique le militaire non plus n'était pas souvent aussi excédé. Il n'aimait pas renvoyer des hommes mais là, la faute était grave. Non ? S'endormir alors que la survie de toute une équipe est en jeu était inacceptable. Oui, il avait pris la bonne décision. Il se dirigeait machinalement vers la machine à café proche de son bureau quand il rebroussa chemin en haussant les épaules. Il devrait encore se satisfaire du jus de chaussettes que sa femme persistait à appeler café et qu'elle lui préparait tous les matins amoureusement.
Maudits distributeurs de café qui avaient tous décidé de se mettre hors service en même temps, une semaine plus tôt. Un vent de panique avait soufflé dans le SGC, montrant à quel point ce breuvage était devenu le ciment de toute l'infrastructure humaine. On vit quelque historien perdu dans les couloirs, recherchant une solution rapide à ce désastre. On vit ce même historien avoir recours à la force d'un Jaffa puis à la technique d'un Colonel qui faisait exploser des soleils mais le résultat s'était avéré nul. Rien n'y faisait : TOUTES les machines à café du SGC étaient en panne. Le Colonel Carter qui en avait vu d'autres en avait démonté une, pièce par pièce, pour tenter de comprendre d'où venait le problème. En vain. Le Jaffa Teal'c en avait démembré une autre, sans anesthésie, en lui faisant subir mille et une tortures. En vain aussi.
Force était de constater pour tous qu'il n'y avait pas solution et que le SGC allait devoir désormais vivre sans...machine à café.
Le lendemain du retour de SG8, tout était calme dans la base. Il était 8h30 du matin et la base avait l'air endormie. Chuuuut ! Ne faites pas trop de bruit en cliquant pour lire la suite, vous allez les réveiller ! Les militaires, vous le savez, ont le sommeil léger !
Donc, disais-je, la base semblait dormir. Curieux pour un jeudi matin à 8h30. Que diable se passait-il là-dedans ? Une invasion de mouches tsé-tsé géantes ? Ils étaient morts ?
Non...ils dormaient. Tous sans exception. Ils dormaient du sommeil des justes. Quand soudain...(on sent l'angoisse, là ?)...
A SUIVRE…
Chapitre 2 : Une cause et des effets.
...quand soudain, une alarme retentit. La Porte était bien gardée par des soldats de faction endormis sur leurs armes et par une équipe en haut attentive au moindre rêve suspect. Cela ne pouvait pas provenir de là. D'ailleurs, dans cet univers de silence, qui aurait pu lancer l'alarme ? Personne. Je vous le redis : tout le monde dormait. Et cette alarme-là ne se déclenchait toute seule que lorsque des inconnus non autorisés tentaient de venir rendre une petite visite non amicale. Les alliés – pour autant qu'il en restait – avaient tous le code pour ouvrir l'iris.
Non, là, la seule alarme qui s'agitait était celle du Colonel Carter. Il s'agissait de son réveil. Elle avait mis l'amplificateur de son au maximum car avec son manque de caféine et son habitude à ne jamais dormir plus de 4 ou 5h par nuit (en dépit de son corps réclamant justice, mais c'était un débat qu'elle refusait d'entamer avec qui que ce fut...et la connaissant, je vais présentement m'en garder aussi...je tiens à mes petites fesses !), elle redoutait de ne pas entendre son réveil au son du «Wake me up » de Wham.
Et c'est ainsi qu'en cette belle matinée de mars 2005 toute la base qui sommeillait à Cheyenne Moutain fut réveillée en sursaut grâce à George. Comme au bon vieux temps, sauf qu'il s'agissait d'un autre George.
Le Colonel Carter qui était d'ordinaire si parée dès le réveil mit sa culotte à l'envers (oui, comme le bon roi Dagobert, je sais, je sais), se lava les dents avec son gel douche et prit une douche mentholée au dentifrice. Elle sentait bon...encore que son haleine eut fleuré l'orchidée. Après tout, elle était libre de manger des orchidées au réveil !
Le Docteur Daniel Jackson fit un tel saut dans son lit qu'il heurta malencontreusement sa table de chevet et eut la bosse des maths pour remplacer sa bosse d'histoire. Il venait de manger une table.
Le Jaffa Teal'c eut une révélation alors qu'il était encore en plein rêve et se mit à sourire à tout venant à quiconque croisait son chemin. Il avait mangé un clown en se levant.
Quant au Général Landry qui, pour échapper au café de sa femme avait prétexté un problème urgent le retenant à la base, il se mit au garde-à-vous en sautant dans ses chaussons et dut attendre d'avoir pris sa douche avant de voir l'heure sur sa montre. Il se rendit compte qu'il avait mangé son carnet de route en se rendant à son bureau.
Pour tous le réveil fut brutal et tous avaient conscience que ce jour ne serait pas comme les autres. Intuition militaire ? Non, intuition tout court.
Juste un détail cependant : les deux soldats de SG8 furent les seuls à ne pas entendre le réveil. Enfin, ils l'entendirent mais décidèrent d'un commun accord et sans s'être concertés qu'ils n'étaient pas concernés. Ils étaient relevés de leurs fonctions de toute façon. Ils pouvaient bien s'accorder une grasse matinée, non ? Ce détail n'ayant aucune importance pour la suite et pour la dramatique de l'histoire, il me semblait crucial de vous le donner.
Pestant contre tout, le Général Landry entra dans son bureau et sans attendre d'y être assis se saisit du téléphone rouge. Le rose était pour d'autres occasions...hélas moins nombreuses. Le blanc n'était là que pour que les scénaristes aient de quoi écrire sur sa vie. Il ne s'en servait jamais. Hey, les portables, c'est pas fait pour les chiens !
SECRETAIRE MAISON BLANCHE
Bureau du Président, bonjour.
LANDRY
Bonjour Pamela, puis-je parler de toute URGENCE au Président s'il vous plait de la part du Général Landry ?
SECRETAIRE MAISON BLANCHE
Je vais voir s'il est disponible, monsieur, ne quittez pas.
Il attendit deux petites minutes et on le mit en relation avec le Chef du Monde (série américaine, héros américains, illusions américaines).
POTUS HAYES
Bonjour Général, que puis-je pour vous en cette belle matinée de mars ?
LANDRY
Monsieur le Président, l'heure est grave, le SGC est en danger imminent.
POTUS HAYES
Une nouvelle invasion ? Les Oris ? Dois-je avertir les Russes, les Français, les Japonais, les Italiens, les Chinois, les Allemands, les Anglais, les Brésiliens, les Africains du Sud, les Emirats Arabes (la liste étant trop longue, je vais écouter la diatrybe du Président, si vous êtes d'accord. Merci) ?
LANDRY
Rien de tout cela, Monsieur. Enfin pas que je sache. Ou alors, nous avons affaire à une nouvelle race beaucoup plus forte que nous et contre laquelle nous ne pourrons rien.
POTUS HAYES
Que se passe-t-il ?
LANDRY
Nous n'avons plus de café, Monsieur le Président !
POTUS HAYES
Et c'est pour ça que vous interrompez ma réunion vidéo avec...euh...le Premier Ministre Indien ?
LANDRY
Ce que je veux dire, Monsieur, c'est que les restrictions budgétaires récentes ne nous permettent plus de faire réparer ou de changer nos machines à café. Elles sont en panne, toutes, depuis 10 jours. Et cela s'en ressent.
POTUS HAYES
C'est bien ce que je disais : vous interrompez une discussion éminemment importante (figure de style pour appuyer sur l'importance de ladite discussion) pour une simple question de café ! Dites, Général Landry, vous n'auriez pas besoin de vacances ces temps-ci ?
LANDRY
Monsieur le Président, je suis sérieux !
POTUS HAYES
J'entends bien. Mais je crois que vous me faites perdre mon temps. Voyez ça avec le Général O'Neill. C'est à lui de gérer l'intendance, pas à moi ! Sur ce, Général, je vous souhaite une bonne journée !
Et le Président raccrocha.
Maugréant contre l'incapacité des politiciens à prendre des décisions vitales, il entama un long discours avec lui-même (que l'on appelle aussi, pour les puristes et les linguistes patentés, un monologue, voire un soliloque) :
LANDRY
Mais bien sûr, je vais appeler Jack ! Lui qui a sauvé le monde pendant des années au péril de sa vie est naturellement le plus indiqué pour sauver l'univers de cette pénurie de café ! Je devrais peut-être appeler George (un troisième ? Bah oui ! Alors, non, il ne s'agit pas de Hammond ni de Michael. Café et George, ça vous fait penser à qui ?) pendant qu'on y est ! Lui au moins a des réserves de café ! What else ? C'est vraiment n'importe quoi (à qui le dites-vous !) cette histoire ! Ah Jack ne va pas me louper ! Je vais en entendre parler pendant des années, jusqu'à ma mort ! Le connaissant, il serait même capable de jeter sur ma tombe une dosette de café plutôt qu'une fleur !
Walter passant par là et s'apprêtant à pénétrer dans le bureau du Général, s'arrêta brusquement. Le Général n'était visiblement pas seul. Ou bien était-il au téléphone. Pas la peine de le déranger pour lui signaler que toute la base était maintenant réveillée. Puis il tendit, par curiosité, l'oreille et se mit à sourire niaisement (ce passage n'est là que pour justifier le salaire de Walter).
Le Général continuait son monologue :
LANDRY
À moins que...oui, c'est ça, je vais demander au Colonel Carter de l'appeler. Il sera sans doute beaucoup plus charitable avec elle, pensa-t-il avec un petit sourire ironique.
Il sortit alors de son bureau en trombes en bousculant le pauvre Walter au passage. S'arrêta-t-il pour autant ? Non, même pas un regard !
Parvenu en un temps record devant le QG du Colonel Carter (entendu : son laboratoire), il reprit un peu son souffle avant d'entrer.
LANDRY
Bonjour Colonel !
SAM
Bonjour, mon Général !
LANDRY
Bien dormi ?
SAM
Bien mais trop, monsieur. Et vous ?
LANDRY
Idem. A ce propos d'ailleurs, merci de nous avoir tous réveillés.
SAM
De rien. Que puis-je pour vous, mon Général ?
LANDRY
J'ai un petit service à vous demander.
SAM
Je vous en prie. De quoi s'agit-il ?
LANDRY
Il faudrait que vous appeliez le Général O'Neill pour lui parler de notre petit problème d'intendance.
SAM
Vous voulez que j'appelle le Général O'Neill pour lui dire que nos machines à café sont en panne, monsieur ?
LANDRY
Oui, c'est ça. En fait, j'ai appelé le Président tout à l'heure et il m'a renvoyé sur Jack. Et je me suis dit que ce serait mieux si c'était vous qui lui téléphoniez.
SAM
Oh...et pourquoi donc ?
LANDRY
Ben disons que si c'est moi qui le fais, il va me charrier pendant des années et...vous savez comment il est...
SAM
Oui.
LANDRY
Et j'ai pensé qu'il n'oserait pas se moquer de vous.
SAM
Il va se gêner, tiens ! L'occasion va lui paraître trop belle pour s'en priver.
LANDRY
Non, je suis sûr qu'il saura rester correct avec vous.
SAM
En vertu de quoi pensez-vous qu'il le sera ?
LANDRY
Oh et bien, vous savez...
SAM
Je ne sais pas, non.
LANDRY
Mais si, Colonel, vous savez bien qu'il vous admire beaucoup et qu'il considère que vous êtes unique. Il ne prendra pas le risque de vous vexer et de perdre votre...amitié.
Sam sentait que le Général Landry était mal à l'aise. Elle s'empêcha de sourire et préféra botter en touche au lieu de répondre ce qu'elle avait envie de crier au sujet de l'amitié qui la liait au Général O'Neill. Depuis 4 mois qu'il était parti à Washington, elle et lui avaient en tout et pour tout eu trois conversations téléphoniques impersonnelles, deux mails tout aussi neutres et ne s'étaient pas encore revus. La seule fois où il vint au SGC, elle était en mission sur Atlantis.
LANDRY
Alors, Colonel, vous acceptez ? Vous me rendriez un ENORME service, je vous assure.
SAM
C'est d'accord, mon Général. Je vais m'en occuper.
LANDRY
Merci Colonel. Infiniment. Du fond du coeur, merci.
SAM
À ce point, mon Général ?
LANDRY
Vous venez de me sauver de plusieurs décennies de railleries. Dites-lui que c'est à cause des restrictions budgétaires. Donnez-lui des exemples. Bref, vous voyez...
SAM
Je vois, oui. Toutefois, monsieur, je vous préviens que si le Général O'Neill se moque de moi, ou même s'il esquisse le moindre sourire ou le moindre sous-entendu, je prendrai le prochain vol pour DC et irai moi-même lui faire ravaler son sens de l'humour !
LANDRY
C'est noté, Colonel. Oh, tant que j'y pense...
SAM
Oui ? Autre chose ?
LANDRY
Est-ce que vous pourriez changer la musique de votre réveil ? Le « I feel good » serait bien mieux et cela participerait à donner le moral aux troupes.
Sam le regardait d'un air stupéfait et amusé.
SAM
C'est entendu, mon Général. Je vais voir ce que je peux faire. Mais j'espère que, très vite, tout sera rentré dans l'ordre et que mon réveil ne servira plus qu'à mon usage personnel.
LANDRY
Certes, certes. Bon, je vous laisse et encore merci, Colonel.
Elle se retint de lui dire que tout le plaisir était pour elle quand il sortit bien vite de son laboratoire.
Ceux qu'il croisa dans les couloirs se demandèrent pourquoi le Général Landry avait ce petit sourire en coin mais aucun n'osa le lui demander.
De son côté, Sam Carter délaissa ses expériences, se rendit dans ses quartiers et...
A SUIVRE
Chapître 3 : Conversation anodine
...prit une longue aspiration. TRES longue aspiration. Non qu'elle manquât d'inspiration cela dit. Mais dans quel ordre allait-elle présenter les choses ? Asséner directement l'affreuse nouvelle ? Non, il allait paniquer.
Bon, elle verrait bien. De toute façon, connaissant le Général O'Neill, il était inutile d'échafauder un plan de bataille puisqu'il s'ingéniait toujours à opter pour les plans B voire C.
Elle se saisit donc de son téléphone et composa le numéro du Général. Inspirer, expirer ; inspirer, expirer…
MARGE
Bureau du Général O'Neill !
SAM
Bonjour Marge (en y repensant, avoir une secrétaire du nom de Marge quand on est fan des Simpsons, avouez, il l'avait bien trouvée, celle-ci !). Ici le Colonel Carter, du SGC. Puis-je parler au Général, s'il vous plait ?
MARGE
Mais bien sûr, Colonel, ne quittez pas, je vous le passe.
Inspirer, expirer ; inspirer, expirer.
JACK
O'Neill.
SAM
Bonjour mon Général.
JACK
Bien l'bonjour à vous aussi, Carter ! Alors, quel bon vent vous amène ? Il va neiger ? Les canaris font des claquettes en sifflant « Hello Dolly » ? Vous avez réussi à créer un trou noir et vous m'avertissez qu'il ne nous reste plus que quelques heures à vivre ?
Elle ne put s'empêcher de sourire.
SAM
Non, mon Général. Rien d'aussi amusant que les canaris ou le trou noir. Pas de neige non plus chez nous. Et chez vous, quel temps fait-il ?
JACK
Carter, ne me dites pas que vous m'appelez uniquement pour me parler de la pluie et du beau temps !
SAM
C'est vous qui avez commencé, Monsieur. Et je vous rappelle que notre dernière conversation avait pour thème le vol des hirondelles avant le printemps.
JACK
Vous rigolez, mais j'ai cru en voir une au-dessus de la Maison Blanche pas plus tard qu'hier !
SAM
Une hirondelle ou un martinet ?
JACK
Argggh, Carter, c'était un oiseau. Voilà ! Bon, alors, c'est Hank qui vous a demandé de me téléphoner ?
Perspicace, le Général.
SAM
En effet, oui.
JACK
Il a dû faire une grosse bêtise et craint pour sa vie, n’est-ce pas ?
SAM
Non, du tout. Le Général Landry est un excellent chef, vous savez.
JACK
Mieux que moi ?
SAM
Différent, monsieur.
JACK
Il vous fait rire ?
SAM
Ça peut arriver, oui.
JACK
Mince, je vais devoir le tuer ! Il n'a pas le droit de vous faire rire ! C'est interdit ! Il me semble que j'ai rajouté cet article au règlement du SGC avant de partir...
SAM
Vraiment ?
JACK
Bon, Carter, vous savez que je suis un homme très très très occupé. Vous accouchez ou je vous fais une césarienne ?
Des images peu conventionnelles intégrèrent aussitôt leur cortex frontal à tous deux. Et si je vous dis peu conventionnelles c'est que je suis polie et que cette histoire est pour tous les publics. Vous suivez ?
D'ailleurs, le Colonel Carter fut subitement prise d'une rougeur traîtresse et d'une vague de chaleur corporelle. Quant au Général O'Neill, il se rendit compte que dire ça à Carter pouvait être considéré comme du harcèlement. Mais le silence de cette dernière se prolongeant, il songea avec fierté qu'il avait réussi à la déstabiliser.
JACK
Carter ? Youhou...vous êtes toujours là ?
SAM
Oui, oui, monsieur.
JACK
Ah, j'ai eu peur qu'un Asgard vous ait enlevée. Alors, la raison de votre appel est...
SAM
...difficile à avouer, mon Général.
JACK
Oh...c'est personnel ?
SAM
Non, non, pas du tout !
JACK
Ah...
SAM
En fait voilà, je vous explique...
JACK
Je suis tout ouïe, Carter !
SAM
Hier, SG8 est rentrée précipitamment d'une mission de reconnaissance sur une planète où on les a pris pour un dîner providentiel.
JACK
Pardon ?
SAM
Ils sont tombés sur un peuple de cannibales, monsieur !
JACK
Ah, ok, je vois. Et donc ?
SAM
Ils ont failli y rester car deux soldats de l'équipe se sont endormis au moment où le chef du village ordonnait qu'on les embroche.
JACK
Je veux les noms de ces soldats !
SAM
Inutile, monsieur. Le Général Landry a déjà pris des mesures disciplinaires à leur encontre et ils vont être renvoyés du SGC.
JACK
Encore heureux ! Mais au fait, pourquoi se sont-ils endormis ?
SAM
Pas de raison particulière autre que le manque de sommeil et de...caféine.
JACK
De caféine, Colonel ?
SAM
Oui monsieur. Cela fait maintenant 10 jours que toutes les machines du SGC sont en panne.
JACK
Pourquoi ne pas les changer ou les faire réparer ?
Elle qui s'attendait au pire fut surprise de sa réaction. Où étaient les moqueries, les plaisanteries ?
SAM
Nous n'avons pas le budget pour ça, mon Général.
JACK
Et vous qui réussissez à réparer tout et n'importe quoi, vous n'allez pas me dire que de pauvres malheureuses machines à café ont eu raison de vos compétences !
SAM
Eh bien je crains que si. Au risque de vous décevoir, j'ai démonté une machine, j'ai tout essayé et...j'ai échoué.
JACK
Il faut dire que ces machines datent de Mathusalem. Elles étaient déjà là quand je suis arrivé, c'est vous dire !
SAM
Oui, enfin, voilà, la base est sérieusement en manque, mon Général. Et vous savez aussi bien que moi à quel point le café est vital pour tous au SGC.
JACK
Je sais, Carter, je sais. Donc, si je résume, vous voulez que je vous obtienne des crédits supplémentaires pour acheter de nouvelles machines ?
SAM
Ou faire réparer celles-ci.
JACK
Je crois que vous ne trouverez pas de réparateur assez vieux pour réparer de telles antiquités. Vous avez demandé à Daniel ? Il s'y connait en antiquités !
SAM
Daniel s'est réveillé un peu brutalement ce matin et en rencontrant sa table de chevet, il s'est fait une belle commotion cérébrale. Il est K.O pour la journée.
JACK
Toujours aussi maladroit ! Et Teal'c ?
SAM
Teal'c n'est pas dans son état normal non plus.
JACK
C'est à dire ?
SAM
Depuis ce matin, on m'a rapporté qu'il souriait à tout le monde, racontait des blagues salaces ou Carambar, et il paraît même qu'il a mis un nez rouge pour aller au Mess !
JACK
Alors ça...j'ai peine à y croire ! Vous êtes sûre que vous n'avez pas d'entité alien dans vos murs ?
SAM
Oui monsieur. J'y ai pensé aussi et j'ai pris soin de tout bien vérifier avant de vous appeler.
JACK
Et vous, vous avez fait des choses bizarres aujourd'hui ?
SAM
Oh eh bien, j'ai pris une douche avec mon dentifrice et me suis lavée les dents avec mon gel douche. À part ça, rien d'anormal !
Elle se garda bien de lui préciser qu'elle avait également mis sa culotte à l'envers. Avec ce diable d'homme, qui sait où une telle révélation aurait pu les amener...! Certainement loin du café !
À l'autre bout du fil le Général O'Neill était hilare.
SAM
Je savais bien que je n'aurais pas dû vous raconter ça ! fit-elle avec un air en colère.
JACK
Allons, Carter, ne vous vexez pas ! Avouez que c'est drôle, non ? Enfin, moi je trouve que ça l'est. La prochaine fois que je viens au SGC, je vous ramène du dentifrice car je pense que vous avez fait un sort au vôtre.
SAM
C'est ça, moquez-vous ! Sachez que j'ai un stock de dentifrice mais par contre, en venant au SGC, vous seriez fort aimable de ramener...des machines à café !
Il redevient sérieux.
JACK
Je vais voir ce que je peux faire pour vous, Carter ! Mais, j'y pense...
SAM
Oui ?
JACK
Non, rien, je verrai ça avec Hank et le Président.
SAM
D'accord, monsieur. Alors je peux dire au Général Landry que vous vous en occupez ?
JACK
Je vais faire au mieux, Carter, je vous le promets. Autre chose à me dire ?
Elle hésita un moment. Elle avait envie de le revoir. Vraiment TRES envie. Il lui manquait chaque jour un peu plus.
(C'est la scène mélo où l'on entend un violon et où les spectatrices émotives retiennent quelques larmes. J'ai un stock de mouchoirs en papier, si vous voulez !)
Elle repensait avec nostalgie au jour de la mort de son père. Il la tenait par le cou en lui murmurant qu'il serait toujours là pour elle. « Toujours », qu'il disait ! Puis il partit à Washington. Elle lui en voulut. Puis...le temps passa. Et là, elle ne savait pas trop comment lui faire comprendre qu'elle voulait être là quand il viendrait au SGC.
JACK
Carter ? Vous vous êtes encore perdue dans vos pensées ?
SAM
Vous allez vraiment venir bientôt au SGC, monsieur ?
JACK
J'y compte bien en tout cas. Pourquoi ? Vous êtes pressée de me revoir ?
SAM
Je suis surtout pressée de boire du bon café, mon Général.
JACK
Évidemment ! Pour quelle autre raison pourriez-vous avoir envie de me voir, n'est-ce pas ?
SAM
Il y en a une qui s'appelle l'amitié.
JACK
L'amitié ? C'est quoi cette chose ?
SAM
Oh, un vague sentiment qui relie des personnes qui s'apprécient et qui peuvent, dans le meilleur des cas, tout se dire.
JACK
Je suis navré de vous faire de la peine, Carter, mais si la définition de l'amitié est celle que vous venez de me donner, nous ne sommes pas amis.
SAM
Pourquoi ça ?
JACK
Tout simplement parce que nous n'avons jamais réussi à tout nous dire, Sam.
Quand il l'appelait Sam, tous les signaux d'alerte se mettaient à sonner, à vibrer. Elle parce qu'elle craignait que la conversation devienne plus privée et se fasse par téléphone, et lui parce qu'il se laissait un peu aller à la considérer autrement que comme une militaire. Il ne demandait pas mieux mais pas comme ça.
Elle s'astreignit au plus grand calme pour lui répondre.
SAM
Vous en savez pourtant plus sur moi que n'importe qui d'autre !
JACK
Et réciproquement.
SAM
Alors nous sommes amis.
JACK
Des amis ne parlent pas de machines à café, d'hirondelles, de migrations saisonnières, de neige, ou de batailles intergalactiques !
SAM
Bien sûr que si !
JACK
Alors pourquoi je n'en parle jamais avec Daniel ou Teal'c, selon vous ?
SAM
Parce que vous avez peur que Teal'c vous raccroche au nez et que vous préférez embêter Daniel.
JACK
Possible, oui. Mais bon, pour en revenir à ma prochaine visite au SGC, je m'arrangerai cette fois pour que vous y soyez aussi. Nous pourrions passer une soirée avec les gars, comme autrefois. Qu'en dites-vous ?
Elle aurait préféré qu'il lui propose une soirée en tête-à-tête...
Il aurait préféré lui proposer une soirée rien que tous les deux, sans la commère et le guerrier.
SAM
Ça me ferait effectivement énormément plaisir.
JACK
Alors on fait comme ça. Je vous tiens au courant et vous nomme dès à présent officier officiel de liaison entre le SGC, ici et la Maison Blanche pour toutes les questions de café. Ça vous convient ?
SAM
Le titre est un peu redondant, mon Général.
JACK
Il faut un titre comme ça pour une mission aussi périlleuse, Carter !
SAM
En ce cas, j'accepte avec joie le titre et la mission, en espérant me montrer à la hauteur de la confiance que vous m'accordez.
JACK
J'ai toute confiance en vous, vous le savez. Cependant, ne perdez pas de vue que devrez sans doute courir de grands risques. Votre vie entière pourrait basculer et vous pourriez en mourir.
Elle ne put s'empêcher de rire franchement. À l'entendre, combattre pour le café était presque plus dangereux que d'affronter Ba'âl, Anubis et les prêtres Oris réunis !
SAM
Je suis parfaitement consciente des dangers qui m'entourent, monsieur, en acceptant cette mission.
JACK
Vous serez donc prudente ?
Et là, ce fut sans réfléchir qu'elle lui répondit :
SAM
Toujours.
Un ange passa. Et c'est beau un ange qui passe, disait Raymond Devos. Oui, c'était ma minute culturelle. Rassurez-vous, il y en aura d'autres !
Le Général O'Neill rassembla tout son courage pour demander dans un souffle :
JACK
Dites-moi, Carter, je vais vous donner un devoir sur table à me rendre lors de notre prochaine entrevue : toujours est-il une promesse un peu floue ou un engagement durable qui n'a pas de date délimitée ?
Elle en eut le souffle littéralement coupé ! Depuis quand Jack O'Neill osait poser de telles questions et, surtout, depuis quand attendait-il d'elle une réponse ? Elle ne sut que dire...alors elle opta pour la prudence et la franchise.
SAM
J'y penserai, mon Général. Et vous rendrai ma copie. Vous voulez combien de lignes ?
JACK
Pas plus de 4.
Le même ange repassa. Non, il ne repassait pas les fringues ! Il repassait ou passait encore, si vous préférez ! C'était un ange remuant !
SAM
Bien, mon Général, je ne vais pas vous retenir plus longtemps. J'ai aussi pas mal de travail à faire...
JACK
Comme toujours !
SAM
Merci encore pour votre aide, monsieur.
JACK
Tout le plaisir est pour moi, Colonel. À très bientôt !
SAM
À bientôt.
Et ce fut dans un soupir inaudible que tous deux raccrochèrent.
Jack, qui n'avait pas tant de travail que ça, demanda à Marge de lui porter le dossier « Budget SGC ».
Sam, qui avait plus de travail que Jack, repartit vers son laboratoire afin de continuer ses expériences en cours. Elle tentait en effet de créer une substance capable de reproduire les mêmes effets que...
A SUIVRE…
Chapître 4 : Pour parler.
...que ?
Vous le saurez bientôt après ce court intermède musical (afin de détendre tout le monde car je vous sens un peu tendus, non ?) dédié à l'héroïsme américain :
Quand s'éloigne la tourmente, quand retombe la poussière pesante
Et que sombre le pays dans le sommeil et l'ennui
Comme dans les films héroïques, aux moments les plus critiques
Quand tout croule dans ma vie, quand tout semble compromis
Moi j'entends la cavalerie, moi je pense à la cavalerie
Un jour je prendrai la route, vers ailleurs coûte que coûte
Je traverserai la nuit pour rejoindre la cavalerie
J'aurai enfin tous les courages, ce sera mon héritage
Et j'abolirai l'ennui dans une nouvelle chevalerie
Moi je pense à la cavalerie, moi je pense à la cavalerie.
Merci à Julien Clerc. La chanson date un peu mais nos héros ici présents aussi ! Et puis zut, quoi ! J'ai l'âge de Carter et j'ai le droit d'aimer Julien Clerc ! D'abord. Si vous n'êtes pas contents, c'est pareil ! Non, tiens, je vais faire pire et vous coller un second intermède musical cette fois-ci adressé à nos lecteurs américains ! Ah vous ne l'aviez pas vue venir celle-ci, hein ?
Donc, second intermède musical pendant que l'auteur se repose en dînant – par exemple – ou en écoutant de la musique :
Fly me to the moon
Let me play among the stars
Let me see what spring is like on
Jupiter and Mars
In other words, hold my hand
In other words, baby, kiss me
Fill my heart with song
And let me sing forever more
You are all I long for
All I worship and adore
In other words, please be true
In other words, I love you
Fill my heart with song
Let me sing forever more
You are all I long for
All I worship and adore
In other words, please be true
In other words
In other words
I love you
Ah j'adore cette chanson de Sinatra ! Ça y est, vous êtes fins prêts pour la suite ? Je peux reprendre ?
Nous en étions restés où ?
Sam était dans son labo, elle essayait de fabriquer un truc. Mais qu'était-ce donc ? D'où le que de la fin du chapitre précédent, à ne pas confondre avec le maître queux qu'on renvoie illico dans MA cuisine.
Sam – enfin, le colonel Carter, pour les moins intimes que moi -, essayait de reproduire les mêmes effets que la caféine sur le corps humain. Elle avait ramené pour cela des tas de substances étranges et certaines étaient franchement malodorantes.
Vous voulez vraiment savoir ce qu'elle fabriquait ? Vraiment ? Ok, alors on se retrouve en fin d'histoire pour que vous en sachiez plus. Je ne voudrais pas me faire scalper par mes lecteurs qui ne veulent que de la romance sous prétexte que j'ai sombré dans des détails sans importance. On ne peut pas pleurer sur les violons et en même temps s'émouvoir devant des éprouvettes !
Allez, je continue parce que si je vous écoute encore, cette histoire va durer plus longtemps que les saisons de Stargate, dans leur intégralité !
Et arrêtez de m'interrompre ! Non, mais, c'est qui le chef de cette histoire ?
VOIX OFF
Le colonel Carter est demandée dans le bureau du Général Landry.
Dit une voix ressemblant à s'y méprendre à celle de Walter (voix off, c'est un métier aussi ! Et ça peut rapporter !).
Aussitôt – ou presque -, Sam abandonna de nouveau ses expériences pour se rendre dans le bureau de son supérieur. Il était écrit qu'elle n'avancerait pas dans son travail ce jour-là.
SAM
Mon Général, vous vouliez me voir ?
LANDRY
Prenez un siège, Colonel.
Elle le prit. Pour s'y asseoir, je précise. Non parce qu'on peut très bien prendre une chaise pour l'envoyer dans la tête de quelqu'un. C'est un exemple...
Le Général continua :
LANDRY
Je voulais vous remercier d'avoir appelé Jack à ma place. Il vient de me rappeler justement pour me dire combien vous aviez été convaincante.
SAM
Il n'a pas été trop féroce avec vous ?
LANDRY
Non, à peine a-t-il mis en doute ma virilité mais ce n'est rien par rapport à ce que cela aurait pu être.
Elle rit. Oups !
LANDRY
Et pour vous ? Il n'a pas été trop moqueur ?
SAM
Assez curieusement non. Je m'attendais pourtant au pire, vous le savez. Mais il s'est montré très sérieux et semble-t-il concerné par la question.
LANDRY
Tant mieux ! Il m'a dit qu'il avait épluché le dossier de notre budget mais qu'il manquait de données et de rapports pour asseoir notre demande.
SAM
Vous les lui avez envoyées, monsieur ?
LANDRY
Non. Il voudrait que vous alliez à Washington avec les rapports afin de l'aider à soutenir notre cause auprès du Président.
SAM
Sans vouloir le contredire, je pense que vous y seriez bien plus efficace que moi, monsieur.
LANDRY
J'en doute. Jack m'a dit qu'il vous avait nommée à un poste officiel d'agent de liaison pour le café ?
SAM
En d'autres temps, il y avait des livreurs d'eau aussi. Je pensais qu'il plaisantait !
LANDRY
Visiblement pas. Il m'a eu l'air tout à fait sérieux quand il a demandé votre présence !
Elle ne savait plus quoi dire. Ce qu'elle avait pris pour une boutade était devenu une vraie mission en terrain ô combien hostile. Qu'allait-elle devoir endurer pour obtenir quelques dollars ? En même temps, son petit diablotin personnel se disait que c'était l'occasion idéale de revoir Jack (oui, son petit diablotin se permettait de l'appeler Jack ! On sait tous que les diablotins se moquent des noms et des grades !). De revoir Jack à SA demande. De revoir Jack sans Daniel et Teal'c...
SAM
Je devrai y aller seule, mon Général ?
LANDRY
Bien sûr, Colonel ! Pourquoi cette question ?
SAM
Oh, je me disais juste que le Général O'Neill en aurait peut-être profité pour demander à Daniel et Teal'c de m'accompagner.
LANDRY
Il n'en a pas fait mention.
De revoir Jack à sa demande sans Teal'c et Daniel donc...tout un programme !
Et si elle en fut pour le moins troublée, elle tenta de ne pas le montrer à son supérieur qui attendait son aval pour valider son trajet.
SAM
Ai-je toute autorité pour prendre avec moi les rapports et raconter toutes les mésaventures que le SGC a connu depuis 10 jours ?
LANDRY
Cela va de soi.
SAM
Alors quand dois-je partir ?
Il poussa de manière imperceptible un grand « Ouf » de soulagement. Jack l'avait en effet grandement menacé si Carter refusait cette mission. Il avait menacé sa virilité et sa vie ! S'il tenait à sa vie, il tenait encore plus à sa virilité ! Ce n'était qu'un homme après tout. Puis sa femme aurait été capable de provoquer un cataclysme universel si l'on y touchait. Raison de plus pour qu'il se sente soudainement soulagé d'un gros fardeau.
LANDRY
Vous partez demain matin, Colonel. À la première heure. N'oubliez pas votre réveil ! Et de grâce, avez-vous changé la sonnerie ?
SAM
Pas encore, monsieur. Mais je vais y songer avant de me coucher.
LANDRY
Je vous le rappellerai juste avant...par mesure de précaution !
SAM
La confiance règne...
LANDRY
J'ai depuis longtemps compris que les femmes pouvaient facilement oublier les détails qui ne les dérangeaient pas alors qu'elles étaient capables de se souvenir de détails qui dérangeaient les hommes.
SAM
J'ai une dernière question : combien de temps vais-je rester là-bas ?
LANDRY
Ah ça...cela ne dépend ni de vous, ni de moi, ni de Jack. Cela va dépendre du Président. Et avec lui, vous le savez, certaines décisions peuvent mettre du temps à être prises.
Elle baissa la tête pour cacher le sourire coquin qui venait de naître sur ses lèvres. Pourvu que le Président fasse le difficile, le frileux, l'indécis pendant quelques jours !
SAM
Il me faudra lui expliquer que j'ai des expériences en cours qui ne peuvent pas trop m'attendre. Eu égard pour le SGC...
LANDRY
Vous parlez de ces odeurs étranges qui émanent de votre laboratoire depuis ce midi ?
SAM
Tout à fait, monsieur.
LANDRY
Et ces odeurs pourraient se répandre rapidement ?
SAM
Disons que si personne n'est là pour les chasser en les faisant brûler (elle choisissait des termes non scientifiques afin que le Général la comprenne. Il n'était pas idiot mais n'était pas expert non plus...), ces odeurs pourraient vite devenir pestilentielles dans toute la base.
LANDRY
J'espère que vous travaillez sur un projet vital, Colonel !
SAM
Ça l'est évidemment, mon Général.
LANDRY
Alors pressez un peu le Président pour qu'il se décide vite. Charmez-le au besoin ! Jack et vous ensemble, c'est notre meilleure chance !
Elle se sentit importante. Oh, bien sûr, elle savait qu'elle l'était mais là, elle allait pouvoir prouver à tous qu'elle pouvait tenir tête à un Président et, en privé, à un Général deux étoiles. Que du bonheur en perspective !
Elle quitta le Général Landry en le remerciant une fois de plus pour sa confiance et partit au département sciences afin de mettre quelques personnes au parfum de ses expériences en cours. Elle ne voulait pas que le SGC soit empoisonné par sa faute...
Elle alla ensuite rendre visite à Daniel qui souffrait d'une terrible migraine et qui mit fin à la conversation rapidement, puis à Teal'c qui passa 10 minutes à lui raconter les histoires de Toto. Assez curieusement, elle ne put dire à aucun des deux qu'elle allait voir Jack le lendemain...alors que c'était pour ça qu'elle était venue les voir. Au dernier moment, elle avait hésité et avait décidé de garder ça pour elle. Après tout, Jack n'avait pas invité Daniel et Teal'c !
Forte de ces pensées plus ou moins rassurantes – et angoissantes aussi – elle alla dans ses quartiers préparer sa valise. Elle prit son stock de dentifrice ! Elle prit aussi des dessous plus sexys que ses boxers asexués et ses soutien-gorge sans forme. Elle mit enfin dans sa valise une robe de soirée pour le printemps, une robe de soirée pour l'hiver et, si la météo se montrait clémente, une robe de soirée un peu plus légère.
Une fois sa valise bouclée, elle remplit son attaché-case des rapports à amener, puis elle se souvint qu'elle devait faire un truc important pour le Général Landry.
Il était alors 22h08 quand son téléphone mural sonna.
LANDRY
Colonel Carter, vous avez pensé à votre réveil ?
C'était donc ça ! Mais où avait-elle la tête ? Bon, inutile de répondre, tout le monde le sait, à commencer par elle-même et par Landry ! Bah quoi ? Vous le prenez pour un débile ?
SAM
J'étais justement en train de charger « I feel good », monsieur, mentit-elle.
LANDRY
Parfait. Vous avez tous les dossiers ?
SAM
Affirmatif.
LANDRY
Prête à affronter notre pire ennemi ?
Elle se souvint trop tard que Jack lui avait interdit de le faire quand elle se mit à rire aux propos de Landry.
SAM
Parée au pire, mon Général !
LANDRY
Parée au mieux aussi ?
SAM
Le mieux étant l'ennemi du pire et le pire étant à Washington, je ferai de mon mieux pour éviter le pire et vous ramener le mieux.
Intense moment de solitude pour le Général Landry qui n'avait rien compris à cette phrase. Intense moment de solitude pour l'homme confronté à la philosophie d'une femme. Intense moment de solitude pour vous également ou pas ? (Pas taper, je suis petite et plus toute jeune. A mon âge, les cervicales ont une fâcheuse tendance à vouloir se tasser naturellement. Pas besoin d'en rajouter. SVP. Merci d'en tenir compte maintenant et pour l'avenir.)
Le Général fit mine d'avoir tout saisi et passa directement à la conclusion.
LANDRY
Alors je compte encore une fois sur vous, Colonel ?
SAM
Oui monsieur.
LANDRY
Et, s'il vous plait, ramenez-nous des machines à café !
SAM
Dans ma valise ?
LANDRY
Dans ce que vous voulez mais ramenez-en !
SAM
Reçu 5 sur 5, mon Général. Je vous vois demain avant mon départ ?
LANDRY
Non, vous partez à 5h et...enfin, vous savez...mais n'oubliez pas de laisser votre réveil et de le reprogrammer pour 6h !
SAM
Ce sera fait !
LANDRY
Bonne chance, Colonel. Que la force soit avec vous !
SAM
Merci...mon Général.
Aussitôt raccroché, elle se dépêcha de charger « I feel good » sur son réveil en le programmant pour 6h et prit son portable personnel pour qu'il la réveille à 4h.
Six heures plus tard, alors que toute la base dormait encore, le colonel Carter se réveilla au son du clairon de son portable. Elle prit une douche au gel douche, se lava les dents avec du dentifrice, mit sa culotte à l'endroit, s'habilla en habits officiels, les galons bien accrochés de façon ostentatoire sur son uniforme d'apparat, prit sa valise et son attaché-case et sortit de ses quartiers. Elle alla réveiller au passage les gardiens de la Porte...au cas où..
Et ce fut à 4h50 qu'elle arriva sur le tarmac de la base extérieure afin de prendre son vol pour DC. Un Tomcat l'y attendait.
A Washington à la même heure un Général se réveillait en sursaut. Il jeta un oeil (qu'il reprit bien vite...avoir deux yeux, ça peut toujours mieux servir que de n'en avoir qu'un seul) sur son réveil et décida qu'il n'était pas encore l'heure de se lever. Mais, une fois réveillé, une fois que sa conscience avait été effleurée par les enjeux de sa journée, il ne put se rendormir. Il se leva donc et alla se préparer...
A SUIVRE…
Chapître 5 : Pourparlers Présidentiels
...un café ! Quoi d'autre, si non ? Une pizza ? Un steak-frites ?
Sam devait atterrir dans 1h30 à la base de McChord (durée de vol + décalage horaire inclus...oui parce qu'il faut savoir que quand il est 5h du matin à Colorado Springs, il est 7h à DC. Donc, Sam décolle à 5h et Jack se réveille au même moment sauf qu'il est 7h pour lui. Vous comprendre ou moi faire dessin ? Je rajoute que la distance à parcourir étant d'environ 2395 kms, sachant qu'un Tomcat va plus vite qu'un Cessna ou qu'un avion de ligne, Sam va arriver à 8h30, heure de DC alors qu'il ne sera que 6h30 à Colorado Springs. Ça décoiffe, hein ? Mais restez concentrés car maintenant que vos neurones sont opérationnels, je ne vais pas résister à les mettre dans tous les sens !).
Il ne l'attendait pas avant 11h dans son bureau. Ce qui lui laissait très largement le temps de se faire beau, propre comme un sou neuf, de mettre au point sa stratégie et...d'avertir le Président que Sam et lui avaient rendez-vous avec lui. La veille, il n'avait pas pensé à ce petit détail. Il s'était juste assuré que le Président serait là. Quoique, avec un peu de chance, Marge aurait fait le nécessaire à sa place, comme très souvent (Marge aussi a droit légitimement à son heure de gloire dans mon histoire et à toucher le salaire correspondant !).
Il repensa à ce qu'il lui avait demandé la veille. Quelle mouche l'avait donc piqué ? Il devait certainement souffrir d'un syndrome post-traumatique lié au manque. Il se sentit rougir comme un adolescent et envisagea un instant, un très très bref instant, de se faire porter pâle pendant 2 jours. Quoiqu'il en soit, les dés étaient jetés. Alea jacta est. Carpe diem et tuti quanti.
Alors...
Donc Jack attendait avec fébrilité la venue de Sam. Songeait-il au passé ? À leur passif ? Oui, un peu, il fallait l'avouer. Il se disait qu'avec le temps tout finirait par s'arranger de lui-même. Qu'il n'y avait jamais eu lieu de s'agiter en vaines perspectives et vains espoirs. Tout viendrait en son temps quand ils seraient prêts.
Dans son Tomcat, Sam attendait avec fébrilité ses retrouvailles avec Jack. Songeait-elle au passé ? À leur passif ? Oui, un peu, il fallait l'admettre. Elle se disait que le temps était peut-être venu de tout mettre à plat et de repasser les couverts sur leur incapacité mutuelle à avoir ce qu'ils voulaient. Elle n'avait aucun doute sur ce que ressentait Jack. Elle le savait depuis longtemps Tout comme il savait depuis toujours ce qu'elle éprouvait pour lui. C'était un sentiment tacite qui n'avait pas besoin d'être verbalisé. Comme ces accords qu'on signe sans parafer un morceau de papier.
Oui, ils savaient l'un et l'autre tout cela. À force de pratiquer le non-dit, ils avaient l'habitude d'avancer dans l'ombre d'une bougie.
Néanmoins, autant Jack que Sam avaient conscience qu'ils allaient rapidement devoir changer quelque chose. Ils avaient jusque-là avancé à bord d'une automatique et sitôt la marche avant amorcée, ils se laissaient porter. La marche-arrière étant bloquée, ils n'avaient pas le choix ! Mais là, à cause d'un problème de café, ils avaient dû changer de voiture pour une manuelle et la seconde vitesse avait du mal à passer...
Elle allait arriver d'une minute à l'autre, l'avait averti son chauffeur Max (petit clin d'oeil à une série que j'ai un temps aimé, il y a longtemps...je vais vous laisser deviner laquelle !). Marge avait pris rendez-vous avec le Président la veille pour 15h45 ce jour. Ce qui leur laissait quelques heures pour passer tout en revue, de façon la plus professionnelle qui soit, aller déjeuner et...
...prendre un café !
Mais l'heure n'était plus à l'introspection. L'heure était grave. Le Colonel Samantha Carter était dans les murs et attendait d'être reçue.
Jack prit une longue aspiration et demanda à Marge de faire entrer Sam.
Oh elle n'en menait pas large ! Sam, pas Marge !
SAM
Mon Général...
JACK
Bonjour Carter. Je constate que Hank vous a convaincue de venir.
SAM
Je n'avais pas trop le choix, il me semble...
JACK
Vous l'aviez évidemment mais le Président vous aime bien et vous...(il se gratta la tête ! Oui c'était un tic, et alors ?)...vous savez parfaitement bien défendre vos points de vue avec passion.
SAM
Quand je crois en ce que je fais, c'est normal, monsieur.
JACK
Même pour une malheureuse histoire de café ?
SAM
Étant donné les conséquences de cette histoire, et celles qu'elle pourrait encore avoir si l'histoire durait trop longtemps, oui. Je crois que je ne fais que mon devoir en défendant ma cause.
Il mit un laps de seconde pour répondre en la regardant dans les yeux.
JACK
Je suis ravi de vous voir si motivée, Colonel.
Elle décida de répondre au double sens de la phrase. N'était-elle pas aussi venue pour ça ?
SAM
Je le serais à moins, mon Général.
JACK
Moi de même, Colonel.
Elle le regarda droit dans les yeux qu'il essayait vaillamment de détourner avant de lui asséner le coup de grâce :
SAM
Général O'Neill, vous pensez vraiment qu'une rupture de café au SGC peut retenir toute votre attention et faire qu'on dérange le Président un samedi ?
JACK
Aux petits effets les grandes causes, Carter. Vous ne connaissez pas ce proverbe ?
SAM
J'en connais un qui résumerait tout ça à votre place si j'y étais : il vaut mieux prévenir que guérir.
JACK
Mais à trop vouloir prévenir, vous pensez qu'on peut guérir ?
Il était fou ! Mais qu'est-ce qu'il venait encore de dire ? Il baissa la tête et enchaîna très très vite.
JACK
En attendant, j'ai relu les derniers rapports qui font tous état de la fatigue ambiante au SGC. J'ai aussi revu en détail le budget et j'ai peut-être des solutions à apporter.
SAM
Lesquelles ?
JACK
Savez-vous ce que Felger dépense en un mois au SGC ? Plus que nos deux salaires annuels réunis ! Il faut réduire...
SAM
Le coût des recherches, monsieur ?
Elle commença à voir où il voulait en venir et contint sa colère...pour l'instant.
JACK
Celles de Felger seulement ! Il nous a coûté à lui tout seul depuis 2 ans environ 560 millions de réparations et autres frais ! Faut arrêter ce fou, Carter. Non ?
Il avait raison. Elle le savait. Mais elle craignait qu'en commençant par Felger, les magnats des finances du pays en viendraient naturellement à elle. Elle aussi coûtait beaucoup d'argent !
SAM
On arrête Felger aujourd'hui et après ?
JACK
Après quoi ?
SAM
Après ! On l'envoie où ? On va encore rogner sur quel budget pour avoir du café ?
JACK
Le vôtre, vous croyez ?
SAM
C'est une suite logique, mon Général. Je coûte plus cher que Felger rien qu'avec mon salaire et mes expériences.
JACK
Sauf que vous et vos expériences êtes nécessaires à cette planète. À d'autres aussi. On ne peut pas se passer de vous. On peut se passer de Felger.
SAM
Vous ne l'avez jamais aimé, n'est-ce pas ?
JACK
Je ne dirais pas ça. Il aurait tendance à me faire pitié parfois, à m'amuser rarement, mais, surtout, ses maladresses me mettent hors de moi. Oui, c'est vrai, je ne passerai pas mes vacances avec lui. Et vous ?
SAM
Moi non plus.
JACK
Alors vous comprenez ? Si l'on doit sacrifier quelqu'un, autant que ce soit lui.
SAM
Et quand nous aurons des problèmes plus onéreux ?
JACK
On sacrifiera Daniel, bien sûr !
Elle rit, sachant parfaitement qu'il n'en pensait pas un mot.
Il reprit :
JACK
Mais avec un peu de chance, le Président ne demandera aucun sacrifice. Felger est maladroit certes, il nous coûte la peau des fesses, certes, mais vous aviez raison : c'est un bon élément. Il fait de son mieux en tout cas pour vous épater.
SAM
Monsieur ?
JACK
Allons, Carter, l'univers entier sait que Felger ne vit que pour vous !
Elle sourit gentiment avant de lui répondre.
SAM
J'aimerais qu'il ne soit pas le seul.
JACK
Vous aimeriez avoir une horde de fans prêts à tout pour vous, Carter ?
SAM
Sans aller jusqu'à la horde, mais oui, j'aimerais bien cela. Ça vous surprend ?
JACK
Disons que cela me...
SAM
Perturbe ?
JACK
Oui, c'est cela.
SAM
Et pourquoi ?
JACK
Parce que vous méritez mieux que les hordes, Carter.
SAM
Je mérite quoi de mieux ?
Poussé dans ses derniers retranchements, le Général ne savait quoi répondre. Ils allaient plus loin que ce qui était établi jusqu'à présent. Il le savait et s'en réjouissait. Mais il était terrifié.
Fort heureusement pour lui, c'est le moment que choisit Marge pour intervenir via le téléphone.
MARGE
Général, le Président vous attend dans 25 minutes. Votre chauffeur est en bas.
JACK
Merci, Marge. Nous y allons.
Et c'est sans avoir répondu à Sam qu'il se dirigea en sa compagnie vers le parking où l'attendait Max.
Bureau ovale.
POTUS HAYES
Colonel Carter, c'est un plaisir pour moi de vous revoir !
SAM
Merci, Monsieur le Président !
POTUS HAYES
Général, vous avez finalement décidé de gâcher mon week-end ? Encore que d'avoir fait venir le Colonel pour vous accompagner était une bonne idée. Sans vous offenser, Colonel.
JACK
Monsieur le Président, je vous ai apporté les derniers rapports de mission du SGC ainsi que leur état des lieux au sein de la base. J'ai rajouté leur budget et quelques modifications que l'on pourrait y apporter.
POTUS HAYES
C'est bien ce que je disais, Jack : vous me demandez de bosser un samedi.
JACK
Oui mais c'est important, Monsieur.
POTUS HAYES
Encore votre histoire de café ?
JACK
Monsieur le Président, s'il vous plait, lisez les rapports...
POTUS HAYES
D'accord. Le temps que je les lise, vous êtes mes invités. On doit avoir une cafétéria quelque part. Voyez avec ma secrétaire, elle vous dira où aller...boire un café !
Il prit congé d'eux en les laissant entre les mains de sa secrétaire. Ce qu'ils dirent ensuite ? Nul ne le sait. Je n'ai pas eu envie de le décrire car je devais réduire un peu. De plus, cela ne fut consigné nulle part. Mais si quelqu'un a des sources, il peut se lancer...
Sur le coup de 16h37, le Président rappela nos héros.
POTUS HAYES
Bien, j'ai tout lu.
JACK
Vous avez donc bien compris l'importance de la chose, monsieur ?
POTUS HAYES
Oui, Général, j'ai bien saisi. J'aimerais entendre le Colonel Carter qui vit au SGC.
Et Sam lui fit un rapport TRES détaillé de ce qui n'était pas officiel. Elle se fit un devoir de tout lui décrire, dans les moindres détails. Il l'écoutait religieusement, comme on écoute...euh...une institutrice. Le Président avait toute confiance en Sam.
POTUS HAYES
Merci Colonel. Tout ceci est fort ennuyeux. Cependant, s'il ne tenait qu'à moi, je vous accorderais le budget de suite. Mais hélas, je ne suis pas seul décisionnaire et je vais devoir en référer au Congrès.
JACK
Monsieur Le Président...
POTUS HAYES
Oui, je sais Jack ! Le temps de les réunir et de leur faire comprendre tout le bienfondé de votre demande, plusieurs jours se seront écoulés. Voire plusieurs semaines. Mais comprenez bien que je ne peux pas faire autrement...à moins, bien sûr, de piocher dans mes économies personnelles.
Sam et Jack se regardèrent un bref instant. Sam pensait que le Président était définitivement de son côté puisqu'il allait faire traîner les choses, et Jack pensait...la même chose !
SAM
Combien de temps cela pourrait-il prendre, Monsieur ?
POTUS HAYES
Au minima une semaine, Colonel, je le crains.
SAM
Dois-je rester à DC ?
(Aparté de l'auteur : j'en ai marre d'écrire Washington car c'est long. Dorénavant, ce sera DC. Des objections ? Non ? Merci pour mes phalanges !)
POTUS HAYES
Non, je ne crois pas. Mais je me réserve le droit de vous rappeler si le Congrès veut votre témoignage. Si cela peut faire pencher la balance en faveur de votre requête, il ne faut rien négliger.
C'est à ce moment précis, à 17h03, que le portable de Sam se mit à vibrer. Elle ne décrocha pas et prit la peine de répondre au Président.
SAM
Le SGC tourne actuellement au ralenti, vous savez. Ce qui est arrivé à SG8 trotte dans toutes les têtes et le Général Landry a jugé préférable...
C'est à ce moment précis, à 17h04, que le portable de Jack se mit à sonner, émettant sans pudeur aucune « Spider Pig », chanson culte dudit Jack. Il laissa sonner sans décrocher non plus, à l'instar de Sam. Laquelle retint un sourire tandis que le Président coupait Sam ainsi :
POTUS HAYES
Mon cher Jack, je constate que votre culture musicale est proche de la mienne.
JACK
Fan des Simpsons, Monsieur ?
POTUS HAYES
Bart me rappelle mon fils...
JACK
Désolé pour vous.
POTUS HAYES
Vous disiez, Colonel ?
SAM
Je disais que le Général Landry a jugé préférable d'interrompre les missions jusqu'à ce que l'on trouve une solution, Monsieur.
En parlant d'interrompre justement, alors que le Président allait rétorquer une phrase hyper importante pour la suite de mon histoire, sa secrétaire Pamela l'appela sur son interphone à 17h09 exactement.
SECRETAIRE POTUS
Monsieur le Président, pardon de vous déranger mais le Général Landry souhaiterait parler de toute urgence au Colonel Carter qui ne répond pas sur son portable. Il semblerait que ce soit important, Monsieur.
POTUS HAYES
Très bien, Pamela. Passez-le nous.
Il brancha le haut-parleur afin que Sam puisse discuter avec son supérieur.
LANDRY
Monsieur Le Président...
POTUS HAYES
Bonjour, Général. Pas la peine de vous excuser pour le dérangement. Nous vous écoutons. Que se passe-t-il pour que vous appeliez d'abord le Colonel Carter, puis le Général O'Neill et enfin moi, alors que nous sommes en plein pourparlers ? C'est grave ?
LANDRY
J'ai besoin du Colonel Carter le plus rapidement possible au SGC.
SAM
Bonjour, Général. En quoi puis-je vous aider ?
LANDRY
Vous avez bien expliqué à tout le monde sur quoi portaient vos recherches en cours et ce qu'il fallait faire, n'est-ce pas, Colonel ?
SAM
Oui, je pensais avoir été très précise et très claire sur le sujet. Pourquoi ?
LANDRY
Il semblerait qu'une personne n'ait pas compris ce que vous disiez.
JACK
Felger !
LANDRY
Perdu, Jack. Pour une fois, il n'y est pour rien. Tu me diras, c'est normal puisqu'il n'était pas à la base.
JACK
Tu l'as mis en repos par peur, Hank ?
LANDRY
Disons que quand Carter n'est pas là pour le surveiller, je préfère le mettre en congés. Prudence est mère de sûreté. Colonel, vous êtes toujours là ?
SAM
Oui. Je me moque de savoir qui est coupable pour l'instant mais j'aimerais bien comprendre ce qu'il se passe, monsieur.
LANDRY
Il se passe que...
On entendit un grand BOOOM dans le téléphone.
SAM
Monsieur ?
JACK
Hank ?
POTUS HAYES
Landry ?
A SUIVRE…
Chapître 6 : Torréfaction du SGC
L'angoisse étreignait le Président, Jack et Sam (et vous, ça va ?). Le temps égrenait lentement, très lentement, les secondes, puis les minutes durant lesquelles ils étaient suspendus au moindre signe de vie émanant du SGC.
Puis, ils entendirent vaguement des cris. Des images de corps déchiquetés, de flaques de sang au milieu de la salle de contrôle et d'éclaboussures de matières organiques sur les murs vinrent effleurer les esprits tendus des deux militaires. Alors que le Chef d'Etat s'imaginait déjà devoir expliquer au monde entier que la montagne où était caché le SGC avait explosé...sous l'impulsion de...un acte terroriste ? Non, quand même pas. Voyons...un volcan ? Hum...à voir...
Dans ce suspense insoutenable, la voix d'un homme furieux parvint à couvrir les cris.
LANDRY
Harriman, faites-moi IMMEDIATEMENT venir le Dr Lee et sa bande d'incapables ! Au pas de charge !
Dans le bureau ovale, on entendit très clairement trois gros « OUF » de soulagement. Ils avaient évidemment reconnu le Général Hank Landry.
LANDRY
Et puis, b…de m…, c'est quoi cette odeur ?
Passablement inquiète, Sam se demanda si l'odeur en question ne ressemblait pas à celle d'un œuf pourri. Jack remercia le ciel de ne pas être à la place de Hank aujourd'hui. Et le Président...
POTUS HAYES
Général Landry ? Vous m'entendez ?
Ah ben non, Landry ne l'entendait pas. Par contre, il jurait sacrément bien ! Vociférant des insultes à qui était assez fou pour les écouter, il avait oublié qu'il était en ligne avec DC quand le « drame » survint.
Mais en voyant que son téléphone rouge était décroché, la mémoire lui revint. Il retrouva un calme apparent pour parler au Président.
LANDRY
Monsieur le Président ? Jack ? Colonel ? Vous êtes toujours là ?
POTUS HAYES
Oui, Général. Et nous avons tout entendu.
JACK
On peut même te dire, Hank, que nous venons de passer les minutes les plus angoissantes de...la semaine. Bon sang, que s'est-il passé ENCORE ?
Landry fut interrompu un instant avant de répondre. Personne n'entendit ce qu'il disait, ni même ce qui lui était dit. Il y avait vraiment un sacré brouhaha autour de lui !
LANDRY
Si je le savais...il y a eu une explosion dont l'origine semblait être le laboratoire du Colonel Carter et puis une odeur âcre de brûlé est, depuis quelques minutes, en train de nous asphyxier. Carter, une idée ?
SAM
Vu d'ici, monsieur, je ne saurais dire. Surtout que je ne sais absolument pas ce qu'ont fait le Dr Lee et son équipe. Y'a-t-il des blessés ?
LANDRY
Apparemment, non. Selon les premiers rapports qui tombent toutes les minutes, rien de plus grave que quelques coupures ou brûlures superficielles. Mais j'attends naturellement le rapport définitif des équipes médicales.
Il s'arrêta de nouveau.
LANDRY
Mais nom d'un chien (Titus ? Rex ? Mirza ?) Siler, on vous paye pour quoi ici ?
SILER
…...
LANDRY
Ben justement, en tant que doublure de Mac Gyver et cascadeur de métier, vous devriez pouvoir nous arranger ça dans un claquement de doigts !
SILER
…...
LANDRY
Je ne veux pas savoir, Siler ! Ouvrez tout en grand, mais évacuez-moi cette p… d'odeur si vous ne voulez pas pointer au chômage dès lundi !
À la Maison Blanche, Sam eut un instant pitié de Siler ; Jack eut un instant pitié de Hank ; et le Président eut un instant pitié de lui-même. Le temps étant de l'argent, celui qu'il était en train de perdre bêtement en cet instant allait lui coûter les prochaines élections !
LANDRY
Désolé pour l'attente. Ici, c'est vraiment le branle-bas de combat.
POTUS HAYES
Nous comprenons fort bien, Général. Et vous avez des dégâts importants ?
LANDRY
Je ne crois pas, Monsieur le Président. En dehors de l'odeur et selon le Dr Lee, d'un début d'incendie dans le laboratoire du Colonel Carter, nous n'avons a priori pas de dégâts matériels et humains.
POTUS HAYES
C'est le plus important ! Je veux dire...les questions humaines, bien sûr ! (Mais oui, mais oui...)
Le sang de Sam ne fit qu'un tour rapide dans l'ensemble de son anatomie. A en croire Landry, elle n'avait plus de labo !
SAM
Mon Général, et mon laboratoire ? Il en reste quoi ?
LANDRY
Ce sera peut-être l'occasion pour vous d'en changer, non ?
SAM
Il est détruit ?
LANDRY
Je n'irais pas jusque-là mais disons que les réparations vont durer des mois, voire des années car nous n'avons pas le budget...enfin, vous savez, non ?
Toujours et encore ces fichues histoires de budget !
SAM
Est-ce que le naquadah a résisté au choc ?
LANDRY
Colonel, je ne peux préjuger de rien mais il a suffisamment résisté pour ne pas nous envoyer tous sur Jupiter. Maintenant, je ne suis pas expert et, vous pouvez me croire quand je vous dis que c'est bien le cadet de mes soucis. Si vous voulez vous assurer qu'il ne va pas nous jouer un sale tour avant votre retour, vous savez ce qu'il vous reste à faire : revenez illico ! De toute façon, je vous appelais au début pour ça. Même si...ma raison initiale est désormais obsolète.
Elle regarda Jack droit dans les yeux. Elle lui fit comprendre par le regard qu'elle devait partir. Qu'elle le regrettait amèrement mais qu'elle devait partir. Son devoir avant tout !
Jack capta le message et n'en fut pas ravi.
JACK
Hank, tu es sûr que Carter peut une fois de plus tout arranger ?
LANDRY
Jack, tu es sûr qu'il y a quelqu'un de plus qualifié qu'elle pour le faire ?
JACK
Ok, tu as gagné ! Mais bon...
LANDRY
Bon quoi ?
JACK
Bon rien. Je m'incline.
LANDRY
Si vite ?
JACK
Je m'en voudrais de retenir Carter ici pour une histoire de café alors que tout l'Etat du Colorado pourrait rapidement être délocalisé sur Jupiter ! Je pense que ses habitants n'apprécieraient pas trop le changement de décor...
LANDRY
Oh tu sais, si cela devait arriver, il n'y aurait plus d'habitants dans le Colorado pour en juger et pour porter plainte contre nous.
Le Président n'y tenant plus de toutes ces allégations légères alors que l'heure était gravissime, il reprit le contrôle de la discussion :
POTUS HAYES
Colonel Carter, je vous ordonne de retourner dès maintenant au SGC. Il est hors de question pour moi que je laisse aller plus de 5 millions de personnes sur Jupiter !
Jack allait rétorquer que personne n'irait sur Jupiter car les 5 millions de personnes seraient désintégrées avant, quand Landry reçut de nouvelles informations.
LANDRY
Le Dr Lee vient de m'informer qu'il n'y a aucun danger lié à l'explosion en dehors de l'instabilité du naquadah bien sûr. Il me dit qu'ils ont...QUOI ??? Dr Lee, vous pouvez répéter à haute et intelligible voix pour que le Président, le Général O'Neill et le Colonel Carter vous entendent ?
DR LEE
...et donc...et puis...et voilà !
Le Dr Lee, impressionné d'avoir à parler au Président, bafouillait avec une toute petite voix.
LANDRY
Vous avez entendu quelque chose, à DC ?
POTUS HAYES
Rien du tout, Général.
LANDRY
PLUS FORT, Dr Lee ! Assumez vos...bêtises !
Lee se gratta la gorge.
DR LEE
Colonel Carter, nous avons suivi vos instructions à la lettre, je tiens à le préciser.
Sam s'agaça.
SAM
Plus précis, Docteur...
DR LEE
J'avais demandé à mon assistant de mettre les trois éprouvettes dans l'ordre que vous aviez énoncé dans la centrifugeuse en réglant la minuterie sur 1 minute et 15 secondes. Il a bien pris les éprouvettes dans le bon ordre mais n'avait pas enregistré le temps. Il a tout calibré sur 2 minutes et 15 secondes. Et donc...voilà.
SAM
Et voilà ? C'est tout ce que vous trouvez à dire ?
DR LEE
Pardon Colonel mais je n'y suis pour rien !
SAM
Vous êtes responsable de vos équipes, Dr Lee. Si l'un de vos assistants fait une erreur, c'est à vous de l'assumer. Est-ce clair ?
DR LEE
Oui mais enfin, il n'y a pas eu mort d'homme.
SAM
Pour cette fois ! Et si jamais mon naquadah n'avait pas résisté à l'explosion de la centrifugeuse, vous y avez pensé ?
Le Président la regardait avec admiration. Quelle femme ! Du temps où il était soldat au Vietnam, il aurait aimé avoir un Colonel de ce genre à servir. Au diable la loi de non-fraternisation ! Il aurait même fraternisé avec l'ennemi pour ne pas désobéir à ce Colonel. Quelle femme, non mais quelle femme !
Elle continua à passer un savon monumental au pauvre Dr Lee sans se soucier du lieu où elle se trouvait. Puis, après avoir une dernière fois échangé avec le Général Landry, elle rendit le téléphone rouge au Président pour le mot de la fin (de ce chapitre).
POTUS HAYES
Très bien Général. Le Colonel Carter sera chez vous dans quelques heures. Et pas de bonne humeur, si j'ai tout suivi.
LANDRY
On le serait à moins...
POTUS HAYES
C'est sûr.
Et il raccrocha sur ces mots sibyllins.
Mais que se tramait-il dans les couloirs du pouvoir militaire américain ? Se pouvait-il que les huiles aient détecté un pot de yaourt dans la vinaigrette ? Ils connaissaient tous la chanson qui se concluait ainsi :
« Y'a des allumettes au fond de tes yeux
Des pianos à queue dans la boîte aux lettres
Des pots de yaourt dans la vinaigrette
Et des oubliettes au fond de la cour »
Ce texte dans son intégralité avait fait l'objet d'études poussées par Big Brother, de traductions en traductions et de décodages en décodages. Depuis, son auteur Jacques Higelin était sous surveillance.
Oui, il y avait bien des oubliettes au fond de la cour et des allumettes dans deux paires d'yeux. Pourquoi tout le monde le savait sauf ceux qui faisaient leurs vinaigrettes avec des pots de yaourt (à la fraise) ? Hein, pourquoi ?
Ben...parce que...
A SUIVRE…
Chapitre 7 : Rendu de la copie
Max conduisait lentement dans les rues encombrées de la capitale américaine, surpris que le Général O'Neill ne lui demande pas d'accélérer. Il le faisait toujours d'ordinaire. Il devait les emmener à la base de McChord.
En jetant un oeil dans son rétroviseur, il contempla ses deux passagers. Il aurait pu parier qu''il y avait un truc entre eux. Ils n'agissaient pas comme des amants mais pas non plus comme des militaires. Il tenta d'écouter un peu ce qu'ils se disaient.
JACK
Je ne vous ai pas demandé mais vous aviez déjà réservé un hôtel ou pas ?
SAM
Oui mais le Général Landry m'a dit qu'il les appellerait pour annuler.
JACK
Et vos affaires ?
SAM
Dans le coffre de la voiture. Je n'ai pas eu le temps entre la base et votre bureau de passer les déposer à l'hôtel.
Il se tut un instant, semblant réfléchir profondément à ce qu'il allait dire ensuite.
JACK
En tout cas, vous manquez quelque chose !
SAM
Vraiment ?
JACK
Tout à fait, Carter. J'avais prévu de vous emmener faire la tournée des Grands Ducs !
SAM
Et quel était le programme complet ?
JACK
Il y a un nouveau restaurant japonais à deux pas de chez moi. J'ai cru comprendre que vous raffoliez de sushis.
SAM
Sushis, makis, sashimis, temaki, yakitori et j'adore les california rolls ! Rien que d'y penser, j'ai les papilles qui s'agitent !
JACK
Ils font des plats à emporter, si vous voulez. C'est sur le chemin. On peut s'y arrêter rapidement et vous repartez avec votre dîner du soir.
SAM
Ça ne vous dérange pas ?
JACK
Bah, au moins ne serez-vous pas venue pour rien à DC ! En plus, je vous assure, ils font des trucs absolument fabuleux. Je n'ai jamais été fan de ce genre de nourriture mais de temps en temps, j'avoue que...ça change. Et là, c'est ce que j'ai pu manger de meilleur en cuisine japonaise. Alors, on s'arrête ?
SAM
Très très volontiers...mon Général.
Elle avait les yeux qui pétillaient et Jack souriait de pouvoir lui faire ce petit plaisir.
JACK
Max, vous pouvez nous arrêter devant le Sushi Taro, s'il vous plait ?
MAX
Bien sûr, monsieur. Nous y serons dans moins de 5 minutes. Si la dame de devant veut bien avancer son char...
JACK
Restez zen, Max. Nous avons tout notre temps car l'avion du Colonel ne peut pas décoller avant une bonne heure.
Max ne répondit pas et Jack se reconcentra sur Sam.
SAM
Et ensuite, monsieur, qu'aviez-vous prévu d'autre pour la soirée, après le restaurant japonais ?
JACK
J'ai découvert en arrivant ici un pub irlandais très sympa, à deux rues à peine de chez moi. Ambiance conviviale mais pas trop bruyante. Juste ce qu'il faut. Je pensais que nous aurions pu y faire un tour.
SAM
Juste un tour ?
JACK
Oui parce que pour finir la soirée, j'avais envisagé un piano-bar en face du pub irlandais. Ambiance feutrée, très jazzy, et des cocktails à se damner !
SAM
Tant que ça...
JACK
Ils en ont un qui s'appelle le Georgia King, à base de whisky, de grenadine, de soda et d'un autre ingrédient qu'ils tiennent secret. Il est à tomber !
Sam le dévisageait avec un large sourire tandis qu'il parlait avec enthousiasme et passion d'une soirée...qui n'aurait pas lieu. Du moins pas cette fois. En y pensant, elle perdit son sourire. Et Jack le remarqua.
JACK
Ce programme ne vous plait pas ?
SAM
Ce programme était parfait. Vraiment très alléchant. Et il m'aurait énormément plu. Mais...
JACK
...mais ce n'est que partie remise. J'espère que nous aurons d'autres occasions. N'est-ce pas ?
SAM
Je l'espère aussi, monsieur.
JACK
Laissez tomber le monsieur, s'il vous plait.
Elle sourit doucement.
SAM
Vous préférez madame ?
JACK
Ça pourrait être amusant mais non, je préfèrerais Jack.
SAM
Cela ne serait pas...convenable, vous le savez aussi bien que moi.
JACK
Je n'ai pas tellement envie d'être convenable, Sam.
Elle s'apprêtait à lui répondre quand Max stoppa la voiture.
MAX
Monsieur, Madame, vous êtes arrivés devant le restaurant. Je vous attends ?
JACK
Nous n'en avons pas pour longtemps, Max. Merci.
Et ils sortirent. Sam fit des emplettes culinaires astronomiques. Ou de gastronomiques emplettes, aussi. Du coup, elle sortit du restaurant avec, tenez-vous bien (mieux que ça ! Je vous vois avachis, là !) : 18 california rolls, 12 makis, 12 sushis, 12 temakis et 6 yakitoris. Le tout accompagné d'un soda light et de saké.
De retour à la voiture, Jack ne put contenir son amusement.
JACK
Vous allez manger tout ça toute seule ?
SAM
Même pas peur !
JACK
Gourmande !
SAM
Pour ça, oui !
JACK
Et pour la jello aussi...
SAM
C'est moche, vous connaissez désormais mes plus grandes faiblesses.
JACK
Vous n'en avez pas d'autre ?
Elle se rembrunit un instant.
SAM
Si, une.
JACK
Laquelle ?
Elle hésita entre lui dire ce qu'elle avait envie de lui dire ou s'en sortir par une pirouette. Par peur et parce que lui dire la vérité aurait encore augmenté sa frustration, elle opta pour la pirouette.
SAM
Les fraises.
Il avait tendu une perche et elle avait refusé de la saisir. Combien de temps encore cela allait-il durer ? Il était très agacé.
JACK
Je ne pensais pas aux faiblesses alimentaires.
SAM
Et à quelles autres faiblesses faisiez-vous allusion ?
JACK
Humaines.
SAM
C'est vague.
JACK
Vous savez très bien à quoi je pensais, Sam !
SAM
Vous me connaissez assez bien pour savoir quelle est ma seule faiblesse humaine, comme vous dites.
JACK
Alors pourquoi ?
SAM
Pourquoi je ne la formule pas ?
JACK
Oui.
SAM
Parce que je rentre à Colorado Springs. Parce que...
JACK
C'est si dur que ça à admettre ?
SAM
Vous l'admettez, vous ?
JACK
Quoi donc ?
SAM
Votre faiblesse, vous l'admettez ?
Il se gratta la tête. Oui, il l'admettait mais ne savait pas comment l'exprimer.
JACK
Oui mais je ne sais pas l'avouer.
SAM
Nous sommes donc sur un pied d'égalité.
Sur ce, le silence se fit. Il était 18h37 et Sam avait faim. Elle ouvrit donc son sac avec les victuailles et se servit un California avocat. Pour commencer. Puis elle enchaina sur un sushi saumon.
SAM
Vous en voulez un, mon Général ?
JACK
Je ne veux pas vous priver, Carter.
SAM
Je vous en accorde un seul. Pas plus. Et vous pouvez même choisir.
JACK
Votre bon coeur vous perdra, dit-il tristement.
SAM
Alors, vous prenez quoi ?
JACK
Celui-là est à quoi ?
SAM
C'est un California à base de thon, de mayonnaise et de graines de sésame.
JACK
Et les brochettes, là, c'est quoi ?
SAM
Je vais choisir pour vous. Tenez, prenez ça.
Et elle lui tendit un yakitori au boeuf.
JACK
Mmmmm...excellent choix.
SAM
C'est meilleur que vos steaks grillés au barbecue, non ?
JACK
C'est différent. Mais vous n'aimez pas mes steaks ?
SAM
J'aime la viande mais j'ai curieusement moins envie de manger du charbon. Sans vouloir vous offenser.
JACK
Nullement. Vous n'y connaissez rien ! La viande rouge doit être très cuite à l'extérieur pour rester tendre à l'intérieur.
Elle eut subitement envie de le narguer un peu.
SAM
Nous parlons bien de viande, n'est-ce pas ?
JACK
De boeuf, plus précisément. Pourquoi ? Vous pensiez à autre chose en particulier ?
Elle reprit un sushi, puis décida de jouer franc-jeu. Un peu. Le terrain n'était pas vraiment glissant...
SAM
Vous savez, les militaires comme nous par exemple sont très proches de vos steaks. Très cuits de l'extérieur et très tendres à l'intérieur. La croûte de cuisson sert de carapace.
Sidéré. Il était sidéré ! Elle le remballait mais en remettait une couche quelques minutes plus tard ! Cette femme allait le rendre fou. Correction : il était déjà fou. Que devait-il lui répondre ? Il la regarda avaler un nouveau sushi et entra finalement dans le jeu qu'elle venait d'initier.
JACK
Pas faux. Seulement je me demande si parfois nous ne devrions pas épicer davantage nos cuissons afin de les rendre plus appétissantes ; si nous ne devrions pas surveiller un peu plus que la cuisson soit à point sans que nous devenions des semelles ; et si, au bout du compte, nous ne devrions pas tout simplement oublier la cuisson et se dire que nous pouvons être comme les saumons à pouvoir être tendres, crus ou cuits. Non ?
Elle faillit s'étouffer avec le sashimi qu'elle venait d'avaler. Oh ils étaient vachement forts en allégories ! Ils pratiquaient avec un art tendant au génie toutes les paraboles des non-dits.
SAM
Cela dit, ce qui est trop tendre est vite digéré. Alors que vos steaks ont au moins le mérite d'être inoubliables !
Il rit. Elle aussi. Il savait et elle savait. Ils venaient de faire le tour de...quoi ? De tous les symboles liés à leur étrange relation ?
Ils étaient sortis de DC depuis un moment quand Max les avertit qu'ils seraient dans moins de 10 minutes à la base de McChord.
Jack aurait voulu arrêter le temps. Sam n'avait pas envie de monter dans cet avion. Maudit soit le SGC, pensaient-ils tous les deux.
JACK
Sam, de vous à moi, c'est vraiment dommage que vous rentriez. Je le redis, c'est vrai mais je le pense.
SAM
Je sais. J'en suis tout aussi désolée que vous. Je n'imaginais pas nos retrouvailles aussi brèves.
JACK
Et aussi...impersonnelles ?
SAM
Je ne dirais pas ça. Nous avons pu discuter un peu quand même.
JACK
Mais vous ne m'avez pas rendu votre copie.
SAM
Ma copie ?
JACK
Vous vous souvenez de ma question ?
SAM
Oh ça...oui, je m'en souviens très bien. Cependant, je n'ai pas eu le temps matériel de bosser ma copie.
JACK
Quand puis-je attendre le rendu, alors ?
SAM
Vous l'aurez au plus tard demain soir, à la même heure.
JACK
Heure de Colorado Springs ou de DC ?
SAM
Heure GMT. Il est exactement 19h02 ici. Soit 14h02 GMT. Demain, à cette heure-ci, vous aurez ma copie. Si ce n'est avant.
JACK
Je crains que vous soyez un peu occupée au SGC pour y penser.
SAM
Je vous fais une promesse.
JACK
N'oubliez pas de dormir quand même !
SAM
Je ne pilote pas au retour. Je vais pouvoir manger, bouquiner ou même envoyer des mails.
JACK
Euh...Sam ? Vous savez qu'un Tomcat n'est pas un Boeing, n'est-ce pas ?
SAM
C'est moins spacieux mais j'y suis à mon aise.
JACK
Si vous le dites.
Elle lui sourit. Il lui sourit. Puis il regarda dehors tandis que la voiture s'arrêtait.
JACK
Nous sommes arrivés.
SAM
Je vois, ça, oui.
JACK
Sam...
SAM
Non, s'il vous plait.
JACK
D'accord, comme vous voulez. On se revoit quand ?
SAM
Hier ?
Il souffla.
JACK
Vous me manquez. Toujours.
SAM
Vous aussi. Toujours.
Ils se regardèrent dans les yeux sans oser le moindre geste. Le temps n'était pas aux gestes ni aux grandes déclarations. Ils venaient d'avancer et ils le savaient. Un geste aurait été de trop car il aurait immédiatement été suivi d'autres gestes et...Sam ne serait jamais partie. Les grandes déclarations n'étaient pas leur style. Un mot trop réaliste pouvait leur faire perdre tout contrôle.
Aussi ne dirent-ils plus rien. Aussi restèrent-ils à une distance respectable devant le Tomcat quand l'heure de l'aurevoir eut sonné.
JACK
J'attends votre...rapport, Colonel.
SAM
Vous l'aurez très vite, mon Général.
JACK
Je peux compter sur vous ?
SAM
Toujours.
CAPITAINE RABB
Colonel Carter, on peut y aller quand vous voulez !
SAM
On y va, Capitaine Rabb. (Alors là, c'est un gros gros clin d'oeil à une série que j'ai adorée du début jusqu'à la fin, avec du ship qui durait et - merci aux scénaristes et producteurs - avec une happy end comme nous en rêvions, nous les shippeurs !)
Juste avant de monter à bord, elle se retourna vers Jack.
SAM
Merci.
JACK
Merci ?
SAM
Merci pour tout...Jack.
Puis elle monta à bord et Jack attendit qu'elle soit en vol pour repartir. L'âme en peine mais certain que maintenant, il partageait avec elle un toujours. Quel qu'il fusse.
Il rentra chez lui, en pressant Max un peu plus qu'à l'aller. Puis il attendit. Un signe, un mail, un coup de fil. Il attendit en mangeant...des sushis qu'il se commanda par téléphone sitôt rentré. Il attendit sous la douche en comptant les heures qui le séparaient d'elle.
Sam était en vol depuis 20 minutes quand, ayant mangé la moitié de ses victuailles et bu son soda, elle ouvrit son portable pour remplir sa copie.
Elle commença à rédiger ceci :
A votre question : « toujours est-il une promesse un peu floue ou un engagement durable qui n'a pas de date délimitée ? », je serais tentée de répondre que toujours n'a pas de date de fin, pas d'ultimatum. Par contre, il commence un jour, une heure, à un moment précis où l'on sait que ce toujours durera longtemps.
Alors plutôt que d'entrer dans des considérations philosophiques qui vont vous ennuyer autant qu'à moi, je vais vous répondre par ces mots tirés d'une chanson française (Daniel me l'a traduite et vous aurez cette traduction en pièce-jointe). Je viens de vous quitter et je ne pense plus qu'à ça. Vous me manquez. Je suis lâche. J'écris alors que j'aurais dû dire quand vous avez tendu la perche. Mais et vous ? Pensez-y. Lisez ce texte et répondez-moi...ou pas. Venez...ou pas. Si j'ai tout bien décodé de ces dernières heures, vous aviez prévu de nous faire passer une soirée non loin de chez vous. Pour quelle raison, Jack ?
Voici le texte :
Il y a des ombres dans " je t'aime "
Pas que de l'amour, pas que ça
Des traces de temps qui traînent
Y'a du contrat dans ces mots là
Tu dis l'amour a son langage
Et moi les mots ne servent à rien
S'il te faut des phrases en otage
Comme un sceau sur un parchemin
Alors sache que je
Sache le
Sache que je
Il y a mourir dans " je t'aime "
Il y a je ne vois plus que toi
Mourir au monde, à ses poèmes
Ne plus lire que ses rimes à soi
Un malhonnête stratagème
Ces mots là n'affirment pas
Il y a une question dans " je t'aime "
Qui demande " et m'aimes-tu, toi ? "
Alors sache que je
Sache le
Sache que je
Bien à vous.
Sam.
Elle relut tout, mit la traduction en pièce-jointe, hésita un bref instant avant d'appuyer définitivement sur la touche « ENVOI » qui scellerait sans doute son avenir personnel.
Pour fêter son « courage », elle ouvrit la bouteille de saké et en avala une grande rasade. Carpe diem.
A SUIVRE...
Chapitre 8 : Attendre, attendre, attendre
Une fois arrivée au SGC, Sam se mit de suite à l'ouvrage, bien qu'elle n'en eut pas le coeur (le coeur à l'ouvrage, vous suivez ?). Il était plus de 21h et elle savait qu'elle en aurait pour une bonne partie de la nuit avant de stabiliser le naquadah et de remettre un peu d'ordre dans ce qu'il restait de son laboratoire. C'est là que le Général Landry la trouva.
LANDRY
Bonsoir, Colonel.
SAM
Mon Général...
LANDRY
Pardon d'avoir écourté votre séjour...à Washington (oui, c'est dimanche et je suis bien reposée. Donc, aujourd'hui, DC redevient Washington). Votre entrevue avec le Président s'est bien passée ?
SAM
Très bien, oui. Il doit juste convaincre le Congrès pour nous obtenir le budget mais il a bien compris l'importance de l'affaire.
LANDRY
C'est heureux. Et selon vous, on va devoir attendre longtemps ?
SAM
Ah ça...c'est une équation avec beaucoup trop d'inconnues, même pour moi, monsieur !
Il sourit.
LANDRY
Votre labo, comme je vous l'avais dit, est en piteux état...
SAM
Je vois ça, en effet, répondit-elle en faisant la moue.
LANDRY
Vous pensez pouvoir récupérer quelque chose ?
SAM
Je l'espère. Au moins certaines de mes archives sur d'anciennes recherches, ce serait bien.
LANDRY
Je comprends, oui. Et pour le naquadah ?
SAM
Je viens de commencer son analyse pour voir s'il n'a pas trop souffert de la déflagration.
LANDRY
Et vous aurez les résultats dans...?
SAM
Quelques petites minutes à peine.
Ils attendirent donc patiemment tous les deux que les analyses soient terminées.
Sam était plongée dans ses pensées. Landry réfléchissait aussi de son côté : comment allait-il encore pouvoir éviter le jus de chaussettes de sa femme pendant plusieurs jours ? Une contamination de la base pourrait être plausible. Il sourit intérieurement à cette option.
Et Sam, elle, angoissait en pensant à…Washington.
Puis un bip mit – provisoirement – fin à leurs réflexions intimes.
SAM
Voilà...
LANDRY
Alors, Colonel, ça dit quoi ?
Elle lut avec attention les résultats et en fut tellement soulagée que ce fut avec un grand sourire qu'elle répondit au Général :
SAM
Tout va bien, Monsieur. Le naquadah est stable. Il n'y a aucun danger.
LANDRY
Enfin une excellente nouvelle !
SAM
Absolument. Par contre, il serait judicieux d'aller l'entreposer ailleurs qu'ici, mon Général. On ne sait jamais. Je n'ai pas encore eu le temps de faire le tour de tout et j'ignore si d'autres réactions peuvent se produire suite à l'explosion des éprouvettes.
LANDRY
Vous avez entièrement raison. Je vais demander à ce que toutes les matières potentiellement dangereuses qui se trouvent dans ce laboratoire soient évacuées dans celui...
SAM
Du Dr Lee, monsieur.
LANDRY
Très bon choix ! Lui et son équipe seront peut-être plus attentifs ! Maintenant, Colonel, vu l'heure avancée, je pense que vous avez mérité une bonne nuit de sommeil.
SAM
Je vais y aller dans un moment, monsieur. J'aimerais faire un peu de rangement dans ce...capharnaüm avant.
LANDRY
Comme vous voulez. Bonne fin de soirée quand même !
SAM
À vous de même, mon Général.
Puis il sortit, laissant Sam seule avec ses pensées. Toujours les mêmes.
Elle pensait et angoissait aussi. Plus elle y pensait et plus elle angoissait. Quelle tête ferait Jack en recevant son mail ? Y était-elle allée trop directement ? Cela ne leur ressemblait pas mais, portée par les derniers mots qu'ils avaient échangés, par les regards lourds de sens qu'ils avaient une fois de plus partagés, et par une envie folle de mettre fin à huit années de sous-entendus, de jeux interdits (excellent film) et de tout ce qui allait avec, elle était à bout. Oui, elle, le Lieutenant Colonel Samantha Carter n'en pouvait plus ! Il fallait agir.
Et attendre. Attendre qu'il réagisse. Attendre qu'il lise son mail, qu'il en comprenne bien les implications, qu'il les assimile et qu'il décide de ce qu'il devait en faire.
Et Sam attendit, en jetant toutes les 5 minutes des regards nerveux sur son portable. Elle attendit en rangeant un peu ce qui devait l'être, mettant dans un carton les rares archives qui n'avaient pas été détruites. Elle attendit et ce fut dans un bâillement incontrôlable qu'elle se rendit à l'évidence : il n'y aurait pas de réponse ce soir.
Alors, sur les coups de 2h30 du matin, heure de Washington, elle ferma un dernier carton et alla dans ses quartiers pour dormir un peu.
Le lendemain matin, elle fut réveillée par un joyeux « I feel good » qui résonna dans toute la base. Elle sursauta et regarda sa montre : il était 7h. Un peu tôt pour un dimanche mais au SGC, il n'y avait pas de dimanche. Jamais. Ils tournaient en 24h/24 et en 7 jours/7. Vous croyez vraiment que des ennemis se souciaient du Jour du Seigneur, vous ?
Elle avait la tête dans le...flou. Elle prit vite une douche à peine tiède pour se réveiller et sitôt ses neurones en action, elle se remit à penser à la veille.
Avant de se rendre au laboratoire du Dr Lee et d'aller ensuite au mess avaler un thé et des céréales, elle ouvrit son portable. Son coeur battait la chamade.
Aussi fut-ce avec une immense déception qu'elle vit qu'elle n'avait aucun message. En y réfléchissant pendant qu'elle marchait dans les couloirs, elle se dit que Jack dormait encore. Qu'il n'avait peut-être pas encore lu son mail.
SAM
Bonjour Dr Lee.
DR LEE
Colonel Carter, vous pouvez m'expliquer pourquoi le naquadah ainsi que toutes ces autres choses ont fini dans mon labo cette nuit ?
SAM
Il faut bien un endroit pour les stocker, non ? Maintenant que grâce à vous et votre équipe je n'ai plus le mien...
DR LEE
Vous ne pouvez pas emménager dans un autre lieu qu'ici ?
Elle le regarda avec un air à la fois moqueur et plein de froide détermination. Cela le déstabilisa.
SAM
Non, ici, ce sera parfait en attendant que vous remettiez mon propre labo en état.
DR LEE
Vous plaisantez ?
SAM
Non.
DR LEE
Mais ce n'est pas à nous de faire les travaux, Colonel ! Il y a des gens au SGC qui sont payés pour ça !
SAM
Le fait est, Docteur, que ces gens vont être occupés à réparer vos bêtises dans les couloirs proches de mon labo. Et qu'il y a aussi eu des dégâts dans les conduits d'aération. Vous ne voudriez tout de même pas leur rajouter plus de travail, sachant qu'ils n'en seront pas payés davantage, n'est-ce pas ?
DR LEE
Mais, Colonel...
SAM
Y'a pas de mais qui tienne, Docteur.
DR LEE
Je vais en référer au Général en ce cas.
SAM
Je vous en prie, faites donc. Et rajoutez aussi que je viens de vous mettre, vous et votre équipe, à la porte de votre laboratoire. Demandez-lui de vous trouver un autre...nid !
DR LEE
Vous n'avez pas le droit !
SAM
Vous voulez parier ?
Il sortit, furieux et se dirigea directement vers le bureau du Général. Sam, dans son coin, se retenait de rire aux éclats. Elle adorait faire marcher le Docteur Lee. Ce type était tout sauf drôle. Elle prit quand même le soin d'avertir le Général par téléphone de ce qu'il venait de se passer. Le connaissant, il marcherait avec elle. Bien sûr, elle ne voulait pas que Lee et son équipe fassent les travaux de son labo. Le remède aurait été pire que le mal ! Néanmoins, elle désirait vraiment avoir un endroit rien que pour elle, où pouvoir travailler au calme. Elle ne se voyait pas du tout enfermée dans ses quartiers pour bosser.
Pour l'heure, ravie du tour qu'avait pris sa vengeance à l'encontre du Dr Lee, c'est d'un pas léger qu'elle se rendit au mess. Sur le chemin, elle jeta un oeil à sa montre pour constater qu'il n'était que 9h30 et qu'il était encore trop tôt pour Jack en ce dimanche. En maugréant intérieurement contre le décalage horaire, elle avala vite fait son petit-déjeuner et fut appelée, ainsi que prévu, dans le bureau de Landry.
Quand elle y parvint, ce dernier était seul et retenait manifestement un fou rire. Quand elle le vit, elle-même eut toutes les peines du monde à garder son sérieux.
LANDRY
Bonjour Colonel. Alors, on fait des misères au Dr Lee de bon matin ?
SAM
Bonjour, mon Général. Pardon, je n'ai pas pu résister. C'était trop tentant !
Et là, ensemble, ils se laissèrent totalement aller à rire de bon coeur.
LANDRY
Si vous aviez vu sa tête quand il est arrivé ici ! Il était furax. Son visage était tout rouge et il parlait tellement vite que je lui ai demandé de répéter plusieurs fois ! Ce qui n'a pas arrangé sa colère !
Elle pouffa de plus belle.
LANDRY
Plus sérieusement, Colonel, j'ai dit au Dr Lee que vous aviez raison et qu'il devait déménager de son laboratoire, avec son équipe pendant quelques jours. Le temps de vous trouver un nouveau laboratoire.
SAM
C'est exactement ainsi que je voyais les choses, monsieur.
LANDRY
Je le sais. Mais j'avoue que faire enrager le Dr Lee est un passe-temps tout à fait déstressant. Merci de m'y avoir fait participer une fois de plus.
SAM
C'est toujours un plaisir pour moi !
LANDRY
Vous avez eu le temps de ranger un peu ?
SAM
Oui, j'ai bien avancé.
LANDRY
Et qu'allez-vous faire aujourd'hui ?
SAM
Continuer à ranger, je suppose. Nettoyer un peu aussi. Passer du temps avec Daniel s'il s'est remis de sa bosse et avec Teal'c s'il est redevenu lui-même.
LANDRY
Vous pourriez aussi rentrer chez vous...
SAM
J'y ferai sûrement un saut rapide dans la journée, oui. Et vous ?
LANDRY
Avez-vous goûté au café de ma femme ?
SAM
Je n'ai jamais eu cet honneur, mon Général.
LANDRY
Dites plutôt cette horreur ! C'est imbuvable. À moins d'aimer l'eau ! Et ma femme s'évertue à m'en faire boire tous les jours depuis 30 ans. Alors quand je suis ici, je me venge. Enfin, sauf en ce moment. Il est vraiment temps qu'on récupère des machines, vous savez.
SAM
J'en suis bien consciente, monsieur. Le thé du petit-déjeuner me reste un peu sur l'estomac. C'est aussi pourquoi je vais rentrer chez moi me faire un bon café !
LANDRY
Vous m'en faites un thermos ? Allez, soyez chic, ma femme va finir par demander le divorce si je ne rentre pas à la maison pour le repas dominical et je donnerais tout ce que j'ai de plus cher au monde pour boire un vrai café afin de faire passer son jus de chaussettes. S'il vous plait, Colonel Carter...pitié pour un homme désespéré !
Elle rit, hésitant à le faire mariner un peu dans...le jus de chaussettes de sa femme, ou le soulager rapidement de cette affreuse torture.
SAM
Vous avez un thermos vide ?
LANDRY
Oui, je dois avoir ça quelque part dans le coin.
SAM
En ce cas, faites-me le porter dans la journée au laboratoire du Dr Lee et je vous ramènerai ce soir deux thermos de vrai café. »
LANDRY
Deux ?
SAM
Vous en aurez ainsi pour plusieurs jours si la pénurie venait à s'éterniser, dit-elle dans un sourire.
LANDRY
Colonel, vous êtes un ange salvateur. Vous êtes...ah je comprends mieux ce vieux Jack !
Stop ! Arrêt sur image un instant !
Le visage jusqu'alors souriant voire hilare de Sam se figea brusquement. Vous le voyez de chez vous ?
SAM
Vous comprenez mieux quoi, mon Général ?
LANDRY
Pourquoi Jack vous apprécie autant.
SAM
Ah...
LANDRY
Allons, Colonel, tout le monde sait que Jack et vous...
SAM
Oui ?
LANDRY
Enfin, vous savez quoi, non ?
SAM
Non.
LANDRY
Mais si. Vous savez, ce sentiment qui vous lie tous les deux...
SAM
Cela s'appelle de l'amitié, monsieur. Et il nous lie tous les quatre avec Teal'c et Daniel.
LANDRY
N'oubliez pas que je connais bien Jack et que j'ai lu TOUS les rapports, même les officieux.
SAM
Du genre ?
LANDRY
Du genre à celui auquel vous pensez en ce moment précis, Colonel.
Elle pensait au rapport officieux fait quelques années plus tôt après le fameux test zatark. Elle devint aussi pâle qu'un ange. Qui passe. Et l'ange passa. Une fois de plus. C'était le même ange remuant qui était au début de mon histoire. Celui qui passait et repassait mais pas avec un fer...à repasser. Vous voulez que je repasse la scène du début pour rafraîchir vos mémoires ?
SAM
C'était il y a longtemps, vous savez. Certaines choses ont changé.
LANDRY
Oui, et c'est pour ça que Jack a tellement insisté pour que vous alliez à Washington hier. Bien sûr. Vous me prenez pour un idiot, Colonel ?
SAM
Sûrement pas, mon Général !
LANDRY
C'est toujours ça de pris. Donc, comme je vous disais, je comprends pourquoi Jack vous apprécie autant. Et, avant que vous ne rétorquiez que vous n'êtes que des amis – ce que personne, y compris le Président, ne peut croire – je rajoute que vous semblez apprécier Jack de la même manière. Fin de la discussion.
Elle resta bouche bée. Clouée sur place, le Colonel ! C'était la meilleure ! Elle se mit à rougir comme une adolescente surprise en plein bécotage avec son petit ami par son père.
Et comme elle ne bougeait pas, le Général amusé lui fit signe qu'elle pouvait s'en aller. Ce qu'elle fit après l'avoir dûment salué.
Comme une automate, elle regagna le laboratoire du Dr Lee où ce dernier déménageait ses affaires sans un mot et l'air mauvais. Elle n'y prêta pas attention.
Les heures passèrent. Lentement. Toutes les 10 minutes, elle regardait sur son portable s'il y avait du nouveau. En vain. Mais que faisait Jack ? Il était maintenant plus de 10h30 à Washington. Il devait être levé, non ?
Et en effet, il l'était. Il avait bien reçu le mail de Sam la veille, avant de se coucher. Ne sachant pas comment lui répondre, il avait opté pour le sommeil car la nuit portait toujours conseil. Sauf qu'il dormit peu, mettant des tas de scénariis en scène où tout se terminait toujours dans un lit avec elle. Et pas pour dormir ! Enfin si, mais après. Vous voulez un dessin ?
Il dormit finalement assez peu et ne répondit pas pour autant à Sam. Quoi lui dire ? Les mots n'étaient pas son fort. Pas celui de Sam non plus, en général. Mais là, elle avait fait fort bien que cela ne fut pas leur fort. Il se leva vers 10h, heure de Washington et se demanda ce qu'il allait pouvoir faire pour la rassurer car, à n'en pas douter, elle devait commencer à le traiter de tous les noms d'oiseaux connus sur Terre...et même ailleurs !
Mais revenons à Sam. À sa journée trépidante.
Oui, elle commençait à vouloir envoyer Jack sur Jupiter sans combinaison de survie. Elle commençait à vouloir le faire rôtir dans un enfer sans bière, sans barbecue, sans Simpson. Elle enrageait intérieurement de la nonchalance d'un homme qui avait embrasé les braises de leurs sentiments pour maintenant mettre de l'eau dessus afin de les éteindre. Elle ne le laisserait pas faire ! Ça non ! Si elle n'avait pas de réponse avant 18h, heure de chez elle, elle lui enverrait un ultimatum guerrier !
En attendant l'heure dite et en rongeant tant bien que mal son frein, elle alla retrouver Daniel et Teal'c au mess.
SAM
Salut les gars ! Ça va ?
DANIEL
Salut Sam ! Content de vous voir ! Ça va mieux qu'hier et moins bien que demain. J'ai moins mal à la tête. Et vous ? Comment s'est passée votre journée à Washington ?
SAM
Rapide, intense mais prometteuse.
DANIEL
À quel niveau ? Vous avez revu Jack ?
SAM
Au niveau du Président, Daniel. Et oui, j'ai revu le Général O'Neill.
DANIEL
Il va bien ?
SAM
Il vous salue.
DANIEL
Et vous avez fait quoi de beau tous les deux ?
SAM
Rien d'autre que travailler, Daniel. Nous n'avons pas eu le temps de faire quoi que ce soit d'autre.
DANIEL
Hélas...
SAM
Daniel, s'il vous plait...
DANIEL
Quoi ?
SAM
Et vous Teal'c, ça va ?
TEAL’C
Très bien, Colonel Carter, lui dit-il dans un énoooooorme sourire.
Aïe, visiblement, Teal'c n'avait pas encore retrouvé son état normal.
SAM
J'en suis ravie, Teal'c.
TEAL’C
Colonel Carter, vous connaissez la dernière blague qu'on m'a racontée hier ?
Elle craignit soudain le pire et un regard vers Daniel lui donna raison.
SAM
Non, pas encore...
TEAL’C
Au SGC, un bleu souffre-douleur (on m'a expliqué ce que c'était) doit aller chercher le café aux cuisines et autres tâches domestiques et peu glorieuses. On lui défèque même dans ses chaussures. À Noël, on lui dit que c'est terminé et qu'on ne fera plus dans ses chaussures. Et il répond : « Bon, alors moi je ne pisserai plus dans le café !
Elle grimaça un vague sourire pour ne pas vexer le Jaffa.
SAM
Très à propos, Teal'c.
TEAL’C
En effet.
Il riait à gorge déployée, très fier de lui. Sam et Daniel se regardèrent de nouveau, levèrent les yeux au ciel et décidèrent de finir au plus vite leur déjeuner.
TEAL’C
Oh et vous connaissez les histoires sur les blondes ?
SAM
Ça ira, Teal'c. Celles-ci, je vais m'en passer.
TEAL’C
Pourtant, certaines sont très drôles, Colonel Carter.
SAM
Je n'en doute pas, mais je suis blonde, comme vous l'avez sûrement déjà remarqué.
TEAL’C
Ah oui, je n'y avais pas pensé.
DANIEL
Teal'c, vous pouvez nous dire ce qu'il vous arrive ?
TEAL’C
Je vais bien, Daniel Jackson. Je vais très bien. Je suis juste heureux. Après tout, n'ai-je pas toutes les raisons de l'être ?
DANIEL
Euh...si, bien sûr. Mais d'habitude, vous êtes moins...comment dire...expansif !
TEAL’C
J'ai entendu dire des personnes dans un couloir que j'étais aussi gai qu'une porte de prison et vous m'avez expliqué le sens de cette expression. Alors, j'ai passé la nuit à réfléchir à ce que je devais changer pour qu'on arrête de me voir comme une porte de prison.
SAM
Sans vouloir vous vexer, Teal'c, il y avait d'autres moyens que de raconter des histoires plus ou moins drôles.
TEAL’C
Et lesquelles, Colonel Carter ? Depuis qu'O'Neill est parti, tout ce qu'il y avait de drôle dans cette base a disparu.
Et encore Jack au menu ! Était-ce si difficile de continuer à vivre sans lui ?
DANIEL
Nous sommes tous d'accord sur ce point, Teal'c. Ecoutez, nous sommes dimanche, je n'ai pas trop de travail alors si vous voulez, je vais essayer de vous expliquer comment devenir drôle sans raconter toutes ces histoires. Vous voulez bien ?
TEAL’C
Vous pensez y arriver, Daniel Jackson ?
SAM
Oui, Daniel, vous pensez que c'est dans vos cordes ? Vous ne voulez pas plutôt appeler le Général O'Neill à la rescousse ?
DANIEL
Oh ça va, Sam ! Dites aussi que je ne suis pas drôle !
SAM
Vous l'êtes, Daniel mais plus souvent par maladresse que par volonté.
DANIEL
Eh bien faut bien un début à tout. De plus, sur ce point, vous n'avez rien à m'envier !
SAM
Le Général Landry ne serait pas d'accord avec vous.
DANIEL
Ah bon, pourquoi ?
SAM
Le Dr Lee...
DANIEL
Non, encore ? Vous avez encore martyrisé ce pauvre homme ?
SAM
Cette fois-ci, il l'avait amplement mérité ! Vous avez vu l'état de mon labo ?
DANIEL
Oui, j'ai vu. D'ailleurs, vous allez vous mettre où maintenant pour travailler ?
SAM
Dans le labo du Dr Lee. Je l'en ai viré, lui et son équipe ! Avec la bénédiction de Landry !
DANIEL
Sam, vous n'êtes pas gentille.
SAM
Je suis SLF, Daniel !
DANIEL
SLF ?
SAM
Sans Laboratoire Fixe.
DANIEL
Très fin.
SAM
Avouez que c'est drôle, ça, non ?
DANIEL
Teal'c, vous trouvez que ce qu'a dit Sam était amusant ?
Mais, vu la mine réjouie du Jaffa, Daniel dut admettre que Sam avait marqué un point.
DANIEL
Ouais ben, puisque vous êtes si drôle, Sam, donnez donc des cours à Teal'c !
SAM
Je le ferai à l'occasion, c'est promis. Mais là, je vais rentrer un moment chez moi pour me faire un vrai café et je reviendrai ce soir.
DANIEL
Vous m'en ramenez ?
SAM
Vous ne pouvez pas aller chez vous pour en faire un, Daniel ?
DANIEL
Je n'y avais pas pensé. Vous avez raison. Teal'c, ça vous dirait qu'on aille chez moi boire un café et travailler ensemble à votre humour ?
TEAL’C
Très volontiers Daniel Jackson.
Et ils se levèrent après avoir remercié Sam pour sa compagnie, la laissant seule avec...ses pensées.
Elle finit rapidement son dessert et quitta la base en ruminant après son portable qui n'émettait aucun signal d'alerte. Maudit soit Jack !
L'après-midi passa et rien n'arriva. Vers 18h, peu avant de retourner au SGC avec 3 thermos de café (un pour elle et deux pour Landry), elle envoya un ultime message à Jack :
Votre absence de réponse à mon mail doit avoir une explication logique. Donc, je vais passer en revue toutes les possibilités :
1/ Vous avez été kidnappé par Thor qui vous demande une fois de plus de l'aider.
2/ Vous avez été retenu depuis hier soir dans une réunion avec les Chefs d'Etat Major pour des questions de sécurité mondiale indépendantes du SGC.
3/ Vous avez eu un accident – sans gravité je l'espère – et vous êtes cloué dans un lit d'hôpital, sans internet.
4/ Vous avez eu un accident et vous êtes cloué dans un lit d'hôpital avec internet mais vous êtes intubé et vos deux mains sont cassées.
5/ Vous avez attrapé une mauvaise grippe et vous êtes cloué au lit chez vous avec plus de 40 de fièvre.
6/ Rien de tout cela. Vous êtes tout simplement trop lâche pour me répondre.
7/ Vous aimez me faire espérer des choses qui n'arriveront jamais afin de mieux asseoir votre pouvoir sur moi.
Jack, si aucune de ces possibilités est réelle, je vous en prie, faites-moi un signe. Je ne vous demande rien d'autre qu'un bip sur mon portable pour me rassurer. Pour me dire que tout va bien. Que vous allez bien, que vous n'êtes ni porté manquant, ni malade, ni blessé. Car pour l'heure, la seule personne à être blessée, c'est moi.
J'attends votre bip à défaut de vos mots.
Bien à vous...
Sam.
Satisfaite du résultat, elle envoya le message avec rage ! Là, s'il ne répondait pas, elle irait le chercher par la peau des fesses à Washington ! Foi de Carter !
Puis elle retourna au SGC. Ce n'est que vers 20h15 qu'elle eut un bip sur son portable. Soulagée, elle attendit. Encore.
Bien lui en prit car peu avant 22h, elle reçut un autre bip avec un message : « 2 bips pour ok. 3 bips pour plus...J. »
Et alors qu'elle se couchait, elle reçut le troisième bip. Elle s'endormit avec le sourire...
A SUIVRE…
Chapitre 9 : le livreur.
VOIX OFF
Mesdames, mesdemoiselles et messieurs, ici le commandant de bord qui vous parle. Nous allons bientôt procéder à l'atterrissage de ce vaisseau sur notre bon vieux plancher des vaches. Nous vous prions de bien vouloir regagner vos sièges et attacher vos ceintures. Le ciel étant couvert au-dessus de Colorado Springs et le vent étant latéral, il est possible que vous soyez un peu secoués. Mais ne vous en faites pas, tout est prévu : nous avons à notre bord un prêtre pour vous donner les derniers sacrements (le Père Ralph de Bricassard, siège F16, classe affaire), un médecin (le Dr House, siège C21, classe affaire...si ce dernier veut bien arrêter de boire) et un gentil fantôme (Casper, siège A13, classe économique) pour vous rassurer. J'espère que vous avez, jusqu'à présent, fait un bon voyage en notre compagnie.
Une hôtesse vint s'occuper d'un passager un peu agité en première classe.
HOTESSE
Que se passe-t-il, monsieur ?
JACK
Il se passe que votre commandant a oublié que j'étais là ! Je peux être très utile dans les situations d'urgence. En tant que Général de l'Air Force, j'entends !
HOTESSE
Je suppose que le Commandant l'ignorait, Général...
JACK
O'Neill, avec deux LL, comme un avion qui ne se crashe pas.
Elle le dévisagea en souriant, se disant qu'il était très séduisant. Un peu âgé pour elle qui n'avait pas encore 35 ans, mais pas mal du tout. Elle en aurait bien fait un en-cas d'étape...ma foi...
Il le remarqua et s'il en fut flatté, l'heure n'était pas au marivaudage.
(Alors, pour la minute culturelle qui manque cruellement depuis quelques chapitres, je vais vous expliquer d'où vient le mot « marivaudage ». Selon la définition, il s'agit d'un badinage galant, superficiel et précieux. Le mot vient de Marivaux, de son vrai nom Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, qui écrivit entre autres oeuvres « Les jeux de l'amour et du hasard ». Je vais vous laisser cette phrase célèbre à méditer et dont on a souvent oublié qu'il en était l'auteur : « Dis-moi qui tu hantes, et je te dirai qui tu es » (La Double Inconstance). Cela ne s'adressait pas à Casper, évidemment ! Fin de la minute culturelle essentielle à mon histoire, vous en conviendrez !)
JACK
Oubliez ça de suite, mademoiselle. Je ne suis pas disponible.
HOTESSE
Moi non plus en général, Général.
JACK
Moi, c'est jamais.
HOTESSE
Votre épouse n'est pourtant pas à bord de cet avion.
JACK
Je vais la retrouver justement dès qu'on aura atterri, si on atterrit ! Mais de quoi je me mêle à la fin ? Allez plutôt vous asseoir vous aussi.
HOTESSE
Alors restez calme, Général. Tout se passera bien.
Ouais, elles étaient toutes payées pour dire ça. Il savait qu'il aurait dû emprunter un Tomcat à McChord et venir par lui-même ! D'abord, cela eut été plus rapide mais aussi plus sûr. Mais bon, sur l'instant, il n'avait pas réfléchi. Il avait sauté dans le premier avion en partance pour Colorado Springs dès qu'il s'était réveillé.
Il jeta un oeil à sa montre. 10h12, heure de Washington. Ça faisait tôt pour que le magasin d'électroménager soit ouvert. Mais le temps que l'avion se pose, qu'il en sorte, qu'il récupère son sac de voyage et qu'il quitte l'aéroport, il serait bien 10h, heure d'ici.
L'avion finit par se poser sans que le médecin saoul, le prêtre et le fantôme n'aient eu à intervenir. Ils furent tous un peu secoués mais rien de bien méchant. Oh, bien sûr, des femmes hystériques poussèrent des cris. Peut-être que ça secouait davantage en classe éco...peut-être (je confirme !).
Et donc, ce fut vers 10h05 que Jack arriva devant le magasin Jetz Service où il espérait trouver son bonheur...si leur site n'avait pas menti.
Et là, vous vous demandez ce que Jack va acheter, hein ? A votre avis ? Il vient acheter quoi dans ce type de boutique ? Des fleurs ? Une bague ? Un bouquin sur la drague pour les Nuls ? Un dictionnaire de rimes ? Un chien ? Du dentifrice ?
Le vendeur qui s'occupa de lui le prit d'abord pour un fou.
VENDEUR
Monsieur, vous êtes sûr que vous désirez vraiment acheter toutes les machines ? Nous en avons 6 en stock et...
JACK
Dites-moi...Joey...quel mot dans ma phrase n'avez-vous pas compris ? Quand je dis que je veux toutes vos machines, j'entends que je les veux toutes. Pas vous ?
JOEY
Si bien sûr. Mais d'habitude, on les vend sur commande, pas en magasin. Et puis ça passe par des bordereaux et des...
Jack, un brin agacé, le coupa (pas en rondelles !).
JACK
Écoutez, Joey, vous êtes sûrement un excellent vendeur et un parfait professionnel. J'arrive tout droit de Washington, la capitale, et je n'ai pas eu le temps de vous remplir un bon de commande, ni des bordereaux, ni toutes vos paperasses. Il s'agit d'une urgence humanitaire.
JOEY
Pour ça, monsieur ? Ces machines sont une urgence ?
JACK
Absolument !
Cette fois Joey le prenait vraiment pour un fou. Il le fit patienter un moment afin d'aller chercher auprès du gérant une solution. Quand il revint vers Jack, soit 10 bonnes minutes plus tard, il était accompagné d'un type qui avait dû avaler un parapluie avec son café.
STONES
Bonjour monsieur. Je suis Dean Stones, le gérant du magasin. Que puis-je faire pour vous aider ?
Jack s'exhorta à garder son calme. Il inspira bruyamment toutefois afin de bien montrer son actuel mécontentement.
JACK
Comme je l'explique depuis une demi-heure à Joey, je viens acheter l'intégralité de votre stock de machines et il semblerait que cela pose des problèmes insurmontables !
STONES
Disons juste que la procédure n'est pas ordinaire.
Et ils passèrent ainsi les deux heures suivantes à discuter. Ou à se disputer aussi. Jack était excédé. Il était plus de midi et il n'avait pas encore rejoint le SGC.
Ils réglèrent malgré tout les derniers détails et Jack put repartir en vainqueur de cette rude bataille, avec ses 6 machines.
Il ne les portait pas tout seul ! Il a beau être Jack, être beau, être fort, faut pas pousser non plus ! Il avait réussi à négocier qu'elles fussent livrées à 14h le jour même devant le SGC et il avait même obtenu un contrat d'entretien exclusif, avec un approvisionnement hebdomadaire, le tout ficelé dans un emballage secret défense.
A 12h45, il quitta ENFIN le magasin.
Il avait faim. Il avait le temps d'aller manger un bout avant de se rendre au SGC pour 14h. Il tenait absolument à y arriver en même temps que la livraison. Le timing devait être parfait pour que son plan marche. Il s'absenta quelques minutes pour aller dans les toilettes et changer de tenue pour revêtir son bel uniforme. Voilà, tout était paré. Le plan allait marcher.
Vous connaissez les plans de Jack, n'est-ce pas ? Depuis quand le timing est parfait ? Il ne l'est jamais.
Sauf...ce jour précis ! Comme quoi, des fois...
Il prit une photo des gardes à l'entrée quand ils le virent débarquer, en uniforme, au volant d'un gros utilitaire avec deux types à ses côtés.
Ils le firent toutefois entrer dans l'enceinte.
Le sergent de faction au niveau zéro eut du mal à se remettre de la vision d'un Jack, suivi de 6 grosses caisses portées par deux grands gaillards.
SERGENT
Mon Général, vous...
JACK
Salut, sergent ! Je viens livrer ces caisses à Landry.
SERGENT
C'est à dire que...il ne m'a pas prévenu, mon Général...et je ne sais pas...
JACK
Il n'était pas au courant. C'est une surprise. Et je suis sûr que vous aimerez tous ma surprise !
SERGENT
Euh...puis-je vous demander, avec tout mon respect, ce que vous...euh...emmenez, mon Général ?
JACK
Du café, sergent ! Mais soyez sympa, ne dites rien à personne ! Je tiens vraiment à voir la tête que fera Landry. Je peux compter sur vous ?
Le sergent sourit. Il adorait O'Neill. Ce genre de surprise était bien son genre.
SERGENT
Absolument, mon Général. À vos ordres !
JACK
Ce n'était pas un ordre, sergent. C'était une simple demande amicale.
SERGENT
Demande acceptée et comprise, mon Général. Ravi de vous revoir parmi nous.
Il laissa donc passer les 6 caisses, les deux molosses et le Général sans avertir quiconque de leur arrivée. Il risquait de prendre une remontée de bretelles de la part de Landry mais...il ne portait pas de bretelles !
Et c'est ainsi que Jack et ses caisses prirent l'ascenseur et arrivèrent devant le bureau de Landry. En chemin, ils croisèrent quelques personnes qui les regardèrent de biais ou avec un sourire.
Jack frappa à la porte. Walter l'ouvrit et la referma. Landry devait être occupé.
WALTER
Mon Général ! J'ignorais que vous veniez aujourd'hui !
JACK
Ce n'était pas prévu, Walter. Vous allez bien ?
WALTER
Oui, très bien, merci. Le Général Landry n'en a que pour deux petites minutes et...
Et c'est là qu'il vit les caisses derrière Jack.
WALTER
Et c'est quoi ces caisses, mon Général ?
JACK
C'est un cadeau pour le SGC, Walter.
WALTER
De la part de qui ?
Jack n'eut pas le temps de répondre que la porte de Landry s'ouvrit.
LANDRY
Jack ! Bon sang, que fais-tu ici ? Ce n'était pas prévu, n'est-ce pas ?
JACK
Absolument pas. Je passais juste dans le coin et je me suis dit que je pouvais t'apporter un truc ou deux...
LANDRY
Si c'est un bon café, je ne suis pas contre. Même si Carter m'a fait deux thermos du sien hier.
JACK
Tu y es presque, Hank...Tiens, viens voir.
Et le Général Landry vit les caisses à son tour.
LANDRY
Tu m'expliques ?
JACK
Je t'apporte 6 distributeurs de café (et autres boissons chaudes) neufs. Sous garantie, avec contrat d'entretien et tout et tout.
LANDRY
Tu plaisantes ?
JACK
Tu veux ouvrir les caisses pour vérifier ?
LANDRY
Mais enfin, comment tu...
JACK
Je n'ai pas attendu que les huiles du Congrès se bougent les fesses. J'ai pris sur mon budget personnel. C'est une idée du Président, cela dit.
LANDRY
Mais Jack, tu n'avais pas à faire ça, enfin...je veux dire...
JACK
T'en fais pas ! Je me ferai rembourser dès que votre budget sera revu à la hausse !
LANDRY
Tu peux compter sur moi pour m'en rappeler !
JACK
Maintenant, il faut juste que tu dises aux deux messieurs qui sont derrière les caisses où ils doivent installer les distributeurs.
Landry demanda à Walter d'indiquer aux deux installateurs où mettre les machines, sachant qu'il en fallait une obligatoirement en salle de briefing. Et les caisses repartirent en suivant Walter.
LANDRY
Tu as averti Carter ou pas encore ?
JACK
De quoi ?
LANDRY
Pour les distributeurs, pour ta venue, enfin tout.
JACK
Non, je voulais la surprendre. Et merci de ne pas lui souffler un mot de tout ça.
LANDRY
Tu sais qu'ici les nouvelles vont très vite. Alors tu devrais aller la voir avant qu'elle ne débarque dans ce bureau en furie.
JACK
Tu as raison. Elle est où ?
LANDRY
Dans le laboratoire du Dr Lee. Seule. Elle les a tous expédiés ailleurs.
JACK
Il ne doit pas être content...
LANDRY
Il ne l'est jamais.
JACK
Et Carter en profite pour en rajouter.
LANDRY
Elle faisait ça avec toi aussi ?
JACK
Oh oui. Et des fois, je l'y aidais !
LANDRY
Je fais pareil. Cette femme est assez incroyable. T'as de la chance, mon vieux.
JACK
Comment ça ?
LANDRY
Jack, Jack, Jack...on ne me la fait pas à moi !
Jack se gratta la tête en se demandant où il avait déjà entendu cette phrase...(moi, je sais, m'sieur, je sais ! Dis, dis, monsieur, je peux répondre ? Allez, m'sieur, j'ai levé le doigt en premier !)
LANDRY
Bon, je vais être plus clair : tu l'aimes, elle t'aime et au pays des Bisounours vous pourriez vous marier et avoir une floppée de petits O'Neill !
JACK
Nous ne sommes pas au pays des Bisounours, Hank. Et arrête de lire les bouquins de ta femme !
LANDRY
Je lis seulement les évidences. Seulement ça.
JACK
Ouais ben, arrête ! Ça ne m'amuse pas !
LANDRY
Moi si, énormément ! Et j'attends justement que tu sois allé la rejoindre pour avoir la suite de l'histoire !
Et Jack sortit rapidement du bureau tandis que Landry s'esclaffait.
Il trouva Sam seule, son portable près d'elle et à sa tête penchée sur quelque chose qu'il ne pouvait voir, il se dit qu'elle devait être concentrée par son boulot. Elle était dos à lui ce qui fit qu'elle ne le vit pas approcher.
JACK
Salut, m'dame !
Elle sursauta et se retourna.
SAM
Mon Général ! Mais que...
JACK
Je croyais que j'étais devenu Jack.
SAM
Vous l'avez toujours été, monsieur. Mais pas ici.
Le premier instant de surprise passé, elle lui sourit enfin.
SAM
Que faites-vous au SGC ?
JACK
Je suis venu apporter du café. J'ai entendu dire que vous aviez quelques soucis ces temps-ci.
C'est le moment que choisit Daniel pour pénétrer en courant dans le labo et, sans avoir remarqué Jack :
DANIEL
Sam ! Jack est ici et il a ramené 6 distributeurs de café ! J'en ai un près de mon labo ! C'est la...
JACK
Salut, Daniel. Vous allez bien ?
DANIEL
...fête ! Salut, Jack. Vous êtes devenu notre héros aujourd'hui !
JACK
Je ne l'étais pas avant ?
DANIEL
Bon, ben, je vois que Sam est déjà au courant donc, je vais...aller annoncer la bonne nouvelle à Teal'c ! Au fait, Jack, vous restez combien de temps ?
Jack regarda Sam dans les yeux.
JACK
Quelques jours, Daniel. J'ai pris ma semaine vu qu'il n'y avait rien d'urgent me retenant à Washington.
DANIEL
Super, alors on pourrait se faire une soirée entre nous, disons ce soir, non ?
JACK
Chez vous ?
DANIEL
Euh...Sam, on ne pourrait pas la faire chez vous plutôt ?
SAM
Comme toujours !
JACK
Ah non, Carter ! La dernière était chez moi !
SAM
Oui mais vous n'avez plus de chez vous, monsieur. Du moins pas ici.
JACK
C'est un fait. Donc, on va chez vous ?
DANIEL
Allez, Sam, acceptez ! J'apporte le vin.
SAM
Et prenez aussi un bâillon pour Teal'c pendant que vous y êtes, Daniel !
Jack eut l'air surpris.
DANIEL
Teal'c est un peu métamorphosé depuis quelques jours, Jack. Hier, je l'ai emmené chez moi pour lui expliquer ce qu'était l'humour drôle mais je ne suis pas certain qu'il ait tout compris.
SAM
Je vous confirme, Daniel, que Teal'c n'a rien compris. Ce matin, il m'a dit qu'il ne voyait pas en quoi le film « Mars attacks » était drôle.
JACK
Daniel...
DANIEL
Ouais ben, Jack, puisque vous semblez être le seul à pouvoir expliquer ce qui est drôle à Teal'c, ce soir, il est à vous ! Bonne chance ! On dit à 19h chez vous, Sam ?
SAM
19h30 Daniel. Et n'oubliez pas le bâillon !
Et c'est vexé que Daniel repartit. Ils furent donc de nouveau seuls.
JACK
C'est si dramatique que ça ?
SAM
Dramatique, non mais épuisant, ça oui ! Vous allez vite comprendre quand vous aurez vu Teal'c !
JACK
Pire que ses blagues Jaffas ?
SAM
Bien pire !
JACK
Je crois que je ne vais pas m'éterniser à la base. Tiens, j'y pense, puisque nous nous sommes invités chez vous, je vais aller acheter notre repas.
SAM
Vous fuyez ?
JACK
Moi ? Non, jamais. Mais je veux garder mon énergie pour ce soir.
Elle le toisa d'un air peu engageant.
SAM
Vous ne fuyez jamais ?
JACK
Arrrgggghhh...ne me regardez pas avec cet air menaçant ! Vous allez me faire peur !
SAM
Et vous allez fuir, n'est-ce pas ?
JACK
Non, pas cette fois, Sam. Jamais plus. Le café est un prétexte. Votre premier mail est la raison.
Elle lui renvoya son plus beau sourire. Puis se rembrunit aussitôt.
SAM
Vous avez mis plus de 24 heures à réagir, cependant. C'est assez...angoissant. J'ai passé un très mauvais dimanche, à cause de vous !
JACK
Comment pourrais-je me faire pardonner ?
Des tas d'idées pas vraiment sages passèrent tour à tour dans la tête de Sam, puis celle de Jack. Sur un sourire entendu, ils surent qu'ils avaient les mêmes.
SAM
Vous me direz pourquoi vous avez mis si longtemps ?
JACK
Vous le savez, Sam. Je préférais simplement venir vous le dire en face. Les mails, le téléphone, c'est pas mon truc.
SAM
Les discussions franches non plus.
JACK
Pas plus que pour vous.
SAM
C'est vrai.
Ils commençaient à se rapprocher l'un de l'autre, sans vraiment en être conscients. On appelle ça l'aimantation. Comme un aimant va se coller au frigidaire. Pareil.
Ils devenaient même de plus en plus proches. Tellement proches qu'elle put sentir les effluves de son after-shave et qu'il put inhaler celles de son gel douche à l'orchidée.
Ils étaient sur le point de...quand...
TEAL’C
Colonel Carter, vous connaissez la dernière ? O'Neill est ici et il a ramené 6 distributeurs de...je vous salue, O'Neill.
JACK
Je vous salue aussi, Teal'c !
TEAL’C
Oui, donc, je disais...
SAM
Je suis déjà au courant, Teal'c, mais c'est gentil d'être venu me prévenir. Daniel l'a fait aussi il y a quelques minutes.
TEAL’C
O'Neill, puisque vous êtes là, est-ce que vous pourriez m'apprendre à devenir drôle ?
JACK
Je vais faire de mon mieux, mon ami. Ce soir, chez le Colonel Carter à 19h30, ça vous irait ?
TEAL’C
Colonel Carter, vous êtes d'accord ?
SAM
Bien sûr, Teal'c. Daniel vient aussi.
TEAL’C
En ce cas, ce sera un honneur.
Et Teal'c repartit. Gaiement.
Jack et Sam s'étaient naturellement éloignés l'un de l'autre.
JACK
Sam...nous n'arriverons à rien ici.
SAM
Je sais. Ce soir, ce sera mieux.
JACK
On les fait boire ou on les vire proprement vers 21h ?
Elle rit de bon coeur.
SAM
Allons, mon Général. On va attendre au moins 22h pour ça, non ?
JACK
Ok mais pas plus. J'ai fait un long voyage, moi, pour...
SAM
...apporter du café...
JACK
...vous voir !
SAM
C'est bon, vous êtes pardonné, pas besoin d'en faire plus...et elle rajouta tout bas Jack.
JACK
Merci Sam, lui dit-il dans un murmure.
Puis, plus fort.
JACK
Alors on se retrouve chez vous à 19h ?
SAM
30
JACK
Pas avant ? Même pour moi ?
SAM
J'essayerai d'y être plus tôt. Appelez-moi vers 18h, je vous dirai où j'en suis d'accord ?
JACK
Entendu !
Il était sur le point de repartir quand elle le rappela.
SAM
Au fait, mon Général, le Président nous a accordé les crédits, finalement ?
JACK
Pas encore, non.
SAM
Mais alors, les distributeurs...?
JACK
On va dire que j'ai fait une avance sur trésorerie. Hank me remboursera dès que le budget aura été accepté.
SAM
Et s'il ne l'est pas ?
JACK
Vous n'aurez plus qu'à m'élever une statue en...marc de café solidifié au sein de la base. Ou sur le parking !
Elle se mit à rire de nouveau. Elle voyait très bien la statue.
JACK
Allez, je file chercher de quoi manger. Vous préférez que je ramène quoi ? Pizzas ou autre chose ?
SAM
Je vous laisse choisir. J'aime tout.
JACK
La femme parfaite.
SAM
Vous en doutiez ?
JACK
Jamais. À tout à l'heure !
Puis il partit en laissant une Sam avec un sourire rêveur sur les lèvres. Cette fois, c'était la bonne. Il n'y avait plus rien ni plus personne pour les retenir. Ils étaient libres et même si la loi de non-fraternisation s'appliquait toujours plus ou moins pour eux, ils savaient qu'ils pouvaient la contourner. Tout le monde fermerait les yeux...s'ils restaient discrets. Donc, pas question de mariage en grand pompe et tout le tralala.
A 17h50 pile, elle ferma son labo et alla récupérer quelques affaires dans ses quartiers. Elle sortait à peine de la base quand son portable sonna. C'était lui.
SAM
Carter.
JACK
Sam, vous êtes où ?
SAM
Je sors à l'instant de la base. Je serai chez moi dans une dizaine de minutes. Et vous ?
JACK
Moi, j'attends que le traiteur aie fini de préparer ce que je lui ai demandé et je peux être chez vous dans...attendez, je demande...dans combien de temps puis-je espérer partir d'ici selon vous ?...le monsieur dit pas avant une demi-heure ! Je vais devenir fou ! Sam, aidez-moi !
Elle l'imaginait en train de faire le pied de grue chez un traiteur et l'image l'amusa follement.
SAM
Je ne peux rien faire pour vous, Jack. Mais dès que vous arriverez chez moi, je vous promets un grand verre de bière !
JACK
Et une douche, ce sera possible ?
SAM
Naturellement, oui. Ce qui me fait penser : vous dormez où ce soir ? Parce que j'ai une chambre d'ami, si vous voulez.
JACK
Ça m'ira très bien. Je n'ai réservé aucun hôtel nulle part.
SAM
Et vous comptiez dormir où ?
JACK
Bah, je sais pas...au SGC, peut-être...ou...pas.
L'ange remuant de mon histoire revint faire un dernier salut avant de retourner dans d'autres histoires autrement plus stressantes que celle-ci et où il avait un vrai rôle à jouer. Et pas seulement être un faire valoir pour un auteur à la noix ! Dis-donc, l'ange, c'est moi que tu traites d'auteur à la noix ? Tu le veux mon petit 35 fillette dans le derrière pour te faire dégager de mon histoire plus vite ?
Ah, voilà, il est parti.
Revenons à Sam et Jack et l'intolérable suspense qu'ils sont en train de vivre.
Sam ne répondit pas et émit un petit rire.
JACK
Ça vous amuse ?
SAM
Ou pas signifiait quoi ?
JACK
Vous le saurez dans moins d'une heure...si tout va bien.
SAM
Dépêchez-vous quand même. Ça m'ennuierait beaucoup que les garçons vous trouvent sous la douche en arrivant.
JACK
Vraiment ?
SAM
Pas vous ?
JACK
Pas plus que ça, non. Mais si vous...
SAM
On verra. Je vais arriver chez moi dans quelques secondes. Je vous attends.
JACK
À de suite !
Cette soirée s'annonçait sous les meilleurs hospices. Jack était...comme une marmite prête à exploser. Et il faut dire qu'elle ne valait pas mieux. Elle mit rapidement un peu d'ordre partout, prit une douche et se changea. Elle ne prépara pas la chambre d'ami.
On sonna quelques minutes plus tard. C'était Jack.
SAM
Entrez.
JACK
Attendez, j'ai des tonnes de trucs à sortir du taxi. Je reviens.
Elle le regarda s'agiter avec le chauffeur du taxi et les vit revenir tous les deux, les bras encombrés. Jack entra dans la maison, déposa le tout en deux voyages dans la cuisine et repartit sous le regard amusé et intrigué de Sam. Il paya le taxi et revint vers la maison avec...
SAM
Jack, elles sont superbes. Mais il ne fallait pas !
JACK
Oh que si, il fallait ! Vous aimez ?
SAM
Les orchidées sont mes fleurs préférées.
JACK
Alors j'ai bien choisi !
Il semblait content de lui et il pouvait l'être. Sam était ravie. Jamais elle n'aurait cru Jack capable d'un tel geste. Mais avec lui, me direz-vous, il fallait s'attendre à tout. Même au meilleur !
SAM
Vous voulez une bière pendant que je mets les fleurs dans un vase ?
JACK
Avec joie ! J'ai cru que j'allais tuer le traiteur ! Il n'avait pas plus de deux de tension, lui !
SAM
Qu'avez-vous pris de bon ?
JACK
Vous ne sentez pas ?
SAM
Ça sent rudement bon mais ça ne me dit pas ce que c'est.
JACK
Des tournedos Rossini, une sauce au poivre vert, des pommes sautées, de la salade et des desserts surprise. Autrement dit, des tartelettes aux fruits.
SAM
Et vous avez pris tout ça pour 4 ?
JACK
Non, juste pour vous et moi. Les autres n'auront qu'à nous regarder manger ! Bien sûr pour 4, Sam.
SAM
Je ne sais pas quoi dire...
JACK
Alors ne dites rien. Ah si, juste une chose : je peux vous emprunter votre salle de bain ?
SAM
Naturellement. Vous connaissez le chemin, n'est-ce pas ? Je vous ai mis une serviette propre sur la baignoire. Prenez votre temps...
JACK
Oui mais pas trop. Il est déjà 19h, ce qui ne me laisse qu'une demi-heure.
SAM
Si vous n'avez pas fini avant, je vais m'inquiéter.
JACK
Je dois vous avouer quelque chose : j'adore traîner sous la douche. Ou dans un bain.
SAM
Ça explique vos nombreux retards par le passé.
JACK
En partie, oui.
Il lui fit un clin d'oeil, prit son sac de voyage et monta prendre sa douche.
Sam avait le sourire jusqu'aux oreilles en mettant le couvert. Bon repas, beaux couverts. Et Jack était chez elle, sous sa douche. Le bonheur parfait ou pas loin.
Quand il redescendit enfin, il était 19h20 et elle vit qu'il avait troqué son uniforme pour une tenue plus détendue. Il était si beau avec son jean clair, sa chemise noire et ses cheveux humides. Elle ne put s'empêcher de le regarder avec gourmandise. Hélas pour elle, il ne le vit pas, tout absorbé qu'il était à contempler la table.
JACK
Joli travail, Sam. Belle table !
SAM
Nous n'allions pas déguster un tel festin dans des assiettes en carton ! Je monte un instant me refaire une beauté. Je peux vous laisser seul ?
JACK
Bien sûr. Les gars ne vont pas tarder. Vous me permettez de leur ouvrir la porte ?
SAM
Évidemment ! Ce ne serait pas la première fois.
Elle monta à son tour. En passant dans la salle de bain, elle vit que Jack avait installé sa brosse à dents près de la sienne et mis son gel douche dans le reposoir. Elle vit aussi son rasoir bien rangé avec son après-rasage dans le meuble.
Elle vit surtout son sac près de la porte. Alors elle prit le sac et le déposa dans sa chambre. Suite logique aux affaires dans la salle de bain, non ?
Elle se refit rapidement une beauté, et descendit au moment même où Daniel et Teal'c sonnaient à la porte. Jack les fit entrer.
(On va, si vous êtes d'accord, zapper le dîner sans grand intérêt. On zappe aussi le cours magistral d'humour que Jack tente de donner à Teal'c. On va directement passer à 21h50. Mes phalanges fatiguent...)
Sam, en voyant l'heure, oublia de mettre sa main devant sa bouche pour bailler. Ce que, fatalement, Daniel remarqua. C'était le but.
DANIEL
Vous semblez avoir sommeil, Sam.
SAM
Ces derniers jours ont été un peu épuisants, c'est vrai.
DANIEL
Et puis, les effets du merveilleux café de ces merveilleuses machines ne se font pas encore ressentir.
SAM
Très juste, Daniel.
DANIEL
En tout cas, Jack, merci encore. Pour le café, pour le repas et pour tout.
JACK
De rien, Dany Boy !
DANIEL
Vous rentrez dormir à la base ?
JACK
Non, pas ce soir.
DANIEL
Oh, et vous dormez où ?
JACK
Dans un petit hôtel pas loin d'ici.
DANIEL
Ok. Alors on va se rentrer, Teal'c et moi.
JACK
Vous êtes en état de conduire ?
DANIEL
Moi peut-être pas, mais Teal'c l'est.
JACK
Pensez quand même à lui enlever son bâillon avant qu'il oublie que vous êtes amis...
DANIEL
Je vais y penser, Jack. Merci. Teal'c, vous venez ? Sam est fatiguée et elle a besoin de repos.
TEAL’C
Mmmfmfmfmf...
DANIEL
Je crois que ça voulait dire oui.
En effet, le Jaffa était déjà debout et regardait Daniel d'un air...euh...peu rassurant. Aussitôt, Daniel enleva son bâillon.
TEAL’C
Merci Daniel Jackson. Mais la prochaine fois que vous voulez m'apprendre une nouvelle coutume, évitez de me fermer la bouche !
Sam ne peut retenir un rire. Et Jack un sourire. Elle les accompagna sur le pas de la porte en laissant Jack dans le salon.
SAM
Merci les gars d'être venus. La soirée fut parfaite. N'est-ce pas ?
DANIEL
Absolument. La meilleure depuis bien longtemps. Il faudra remettre ça.
SAM
Dès qu'on pourra, oui. Dès que J...le Général pourra.
DANIEL
Bonne nuit à vous, Sam. Et, pour Jack...
SAM
Daniel, vous voulez repartir en vie de chez moi ?
DANIEL
Ok, ok. Mais moi, ce que j'en dis...
Elle le poussa dehors et Teal'c prit le relais. Puis elle referma la porte. Tendue. Pas la porte ! Sam était tendue. La porte, ben...c'était une porte, quoi ! C'est rigide, ça s'ouvre, ça se ferme, ça s'enfonce parfois, ça sort de ses gonds, mais ce n'est jamais tendu.
Elle retourna dans le salon et avant même qu'elle eut dit ou pensé quoi que ce soit, Jack la prenait dans ses bras, encadrait son visage en lui caressant tendrement les contours des lèvres...
Et il l'embrassa. Enfin. Dès que leurs bouches s'unirent, leurs langues se trouvèrent et tout s'enchaîna plus vite qu'ils ne l'auraient sans doute voulu.
C'est en arrivant dans la chambre de Sam que Jack y vit son sac et qu'il comprit que Sam avait bien prévu la même chose que lui.
Il était heureux. Elle ne l'était pas moins.
Ce qu'ils firent cette nuit-là et ce qu'ils se dirent est consigné dans un rapport hautement sécurisé qui n'appartient pour l'instant qu'à eux. À leur mort peut-être en saurons-nous plus.
Epilogue :
Le lendemain matin, au SGC :
WALTER
Mon Général ! Nous avons un nouveau problème urgent !
LANDRY
Qu'y-a-t-il encore, Walter ?
WALTER
Plus de papier toilette, monsieur !
LANDRY
Dois-je appeler le Président pour ça, selon vous ? Ou non, je vais encore appeler Jack pour lui demander de faire nos courses !
WALTER
Mais, mon Général...
LANDRY
Occupez-vous en, Walter !
Il sortit son portefeuille et donna sa carte de crédit à Walter.
LANDRY
Tenez, prenez ça et allez faire les courses !
Quand Walter fut parti, Landry appela quand même Jack.
LANDRY
Alors, la fin de l'histoire ?
JACK
Va donc la demander à Sam !
Landry avait sa réponse. Il n'avait plus de papier toilette mais au pays des Bisounours, qui s'en souciait vraiment ?
FIN