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Série : The Mentalist
Création : 25.10.2010 à 09h53
Auteur : Totallyfan
Statut : Terminée
« Je publie ma première fan fic et j'espère qu'elle vous plaira ^^ Je l'ai déjà terminé alors j'aimerais bien que personne n'ajoute de paragraphe » Totallyfan
Cette fanfic compte déjà 21 paragraphes
Locaux du CBI
Dans la salle d’interrogatoire, Cho cuisinait Jason Miller, Lisbon à ses côtés. Dans l’autre pièce, derrière le miroir sans tain, le consultant blond observait la scène avec Van Pelt. Il était toujours assez impressionnant de voir Cho tirer les vers du nez à un suspect. Tellement franc et direct, il ne fallait pas s’étonner qu’il soit presque tout le temps préposé aux interrogatoires.
Ils avaient déjà appris que Jason avait effectivement volé la montre et l’avait remplacée par une autre et ceci, pour le compte d’une autre personne. Le commanditaire lui téléphonait toujours à partir d’une cabine et avait menacé de le dénoncer pour le détournement d’argent chez Lawrence Smith s’il ne faisait pas ce qu’il disait. Et en voyant qu’il s’agissait juste de voler une montre, il avait obtempéré. Ensuite, Jason avait expliqué qu’il avait donné rendez vous à son ex-patron près de la rivière en prétextant qu’il voulait lui rendre son argent. Lawrence était venu mais ils s’étaient battus quand ce dernier avait compris que Jason ne le rembourserait pas. Jason l’avait assommé, avait volé la montre comme on le lui avait demandé et avait placé la réplique – qu’il avait reçu le matin même dans un paquet sur son paillasson – dans la poche de la victime. Mais il assurait qu’il était encore en vie quand il avait filé et qu’il ne l’avait pas tué.
Restait à savoir où était cette montre à présent et qui était le commanditaire. Jane avait déjà sa petite idée sur la question mais il attendait de voir comment les choses allaient évoluer pour exprimer ses pensées tout haut. Pendant ce temps, l’interrogatoire se poursuivait et inconsciemment Jane ne faisait que fixer Lisbon, qui pourtant, ne participait pas vraiment. Il la revoyait encore devenir toute pâle alors qu’il la soutenait pour ne pas qu’elle tombe. C’était étrange de se dire qu’il l’avait tenue tout contre lui et que pourtant cela n’avait rien de romantique. Pauvre Lisbon ! Elle qui détestait se donner en spectacle… Et le plus étrange dans tout cela, c’était qu’il se souvenait encore du léger parfum sucré qui se dégageait de ses cheveux bruns, la sensation qu’il avait eue pendant qu’il la tenait dans ses bras, ses grands yeux verts qui le fixaient intensément … Jane se retint de chasser ces pensées en secouant la tête. Van Pelt était intelligente et ne serait pas dupe. Il n’empêche qu’il se sentait… bizarre.
Du mouvement dans la pièce d’à côté le ramena à la réalité. Cho et Lisbon sortait. L’interrogatoire était fini et il n’avait même pas suivi ce qui c’était dit. Il devait se reprendre. Le jeune homme sortit juste derrière Van Pelt, qui attendit d’être à la hauteur de sa supérieure pour retourner vers l’espace de travail.
- Van Pelt, allez à ce motel avec Rigsby et trouvez moi les registres. Interrogez aussi les employés sur une Russe ou une fille de l’Est qui serait venue.
- Bien patron.
- Cho, faites faire un portrait robot à Miller et diffusez le dans les commissariats.
- Okay.
Van Pelt et Cho s’en allèrent dès qu’ils eurent leurs instructions et Lisbon, ne trouvant pas son consultant à côté d’elle se retourna. Il n’était pas loin de la salle d’interrogatoire et marchait en faisant des micros pas, les yeux dans le vague.
- Jane ?
Il se réveilla aussitôt et la rejoignit.
- Ça ne va pas ? s’inquiéta la jeune femme en haussant les sourcils.
- Non, j’ai faim. Ça m’empêche de réfléchir.
- Mmmh, fit Lisbon qui ne savait pas quoi dire d’autre. Je pense que vous aurez largement le temps de manger cette fois-ci, même si il est déjà 14h30…
- Je n’ai pas très envie de sortir. Mais c’est pas grave, j’attendrai que Rigsby s’en aille pour aller fouiner dans son tiroir secret, dit Jane en baissant la voix et en prenant des airs de conspirateurs.
Ils sourirent tous les deux en regardant dans la direction du bureau du gourmand en question. Puis, Lisbon se dirigea vers son propre bureau et il lui emboîta le pas.
- Alors ? Vous n’avez pas de théorie à nous révéler ?
- Cette femme… cette Russe était la maîtresse de Lawrence. Et ils avaient l’habitude de se rencontrer dans ce motel où vous avez envoyé Van Pelt et Rigsby.
- Jusque là, je suis d’accord, commenta Lisbon en allant s’asseoir. Mais pourquoi a-t-elle volé la montre de son amant ?
Jane s’immobilisa un instant, les yeux plissés par la concentration.
- Parce qu’il voulait la quitter, fit-il comme si il s’agissait d’une évidence.
- Et pourquoi l'aurait-elle tué ? Elle aurait finalement changé d’avis, serait revenue après que Jason soit parti et l’aurait tué ? raisonna Lisbon, dubitative. Elle aurait pu tout aussi bien dévoiler sa relation à Donna Smith. Ce serait moins tordu.
- Et si Donna était déjà au courant ? questionna Jane en retour.
Ils se regardèrent un moment, essayant mentalement de recouper toutes leurs informations et hypothèses. Finalement, Lisbon se leva et attrapa sa veste.
- On retourne voir Donna ? proposa-t-elle.
- Avec joie. Mais… Lisbon ? En chemin, on pourra s’arrêter pour que je m’achète à manger ?
La jeune femme leva les yeux au ciel avec un grand sourire et sortit. « Je prend ça pour un oui, » lança le consultant en la suivant.
Chez les Smith
Une nouvelle fois, Lisbon était assise sur le canapé et Jane était resté debout. Mais le remake du début de matinée n’était pas parfait car si Donna se retrouvait également à la même place, David Lockhart, lui, s’était installé sur le fauteuil le plus proche de Lisbon, ce que Jane n’appréciait pas tellement.
- Madame Smith, nous avons des raisons de penser que votre mari entretenait une liaison extraconjugale.
La veuve poussa un hoquet horrifié et commença à sangloter. Immédiatement, son frère Super David arriva à la rescousse. Alors que Donna hoquetait et sanglotait, Lisbon jeta un regard à Jane. Il hocha simplement la tête pour l’encourager à continuer.
- Madame Smith… Donna, je sais que le choc doit être rude pour vous mais…
La femme releva la tête et s’essuya les yeux. C’est le moment que choisit le consultant blond pour intervenir.
- Vous étiez au courant, déclara-t-il.
- Non ! s’écria Donna, outrée. Mais enfin, comment pouvez vous dire…
- Des choses pareilles ? termina Jane avec son bon sourire. Et bien premièrement, même si vous êtes une bonne comédienne, vos pupilles ne se sont pas dilatées. C’est pourtant le signe de la surprise. Or, ça a été le cas pour votre frère. Lui ne le savait pas. En plus, vous sanglotez mais c’est étrange parce que je ne vois aucune larme.
Lisbon regarda plus attentivement la veuve et découvrit que effectivement, son visage était un peu rouge, mais entièrement sec.
- Donc, vous le saviez, fit la jeune femme.
- Non, se défendit Donna en secouant la tête. J’avais des doutes, mais je n’en étais pas sûre.
- Encore faux, répliqua Jane. Même si vous aviez des soupçons, vous auriez vraiment pleuré. Finalement, vous n’êtes pas une si bonne actrice.
La veuve éplorée – qui ne l’était plus vraiment – observait Lisbon bouche bée, comme si elle espérait qu’elle réagisse face aux interventions du consultant. Chose que la jeune femme n’avait nullement l’intention de faire, sauf si Jane dépassait réellement les bornes.
- Monsieur Jane, vous semblez oublier que ma sœur vient de perdre son mari ! la défendit David.
- Je ne l’oublie pas. Mais VOUS semblez oublier que Lawrence s’est fait tuer. L’agent Lisbon et moi sommes là pour découvrir qui est le meurtrier.
L’annonce jeta un froid dans la pièce. Lisbon laissa passer quelques instants pour que cela fasse bien son effet, puis continua d’interroger Donna.
- Comment avez-vous appris que votre mari avait une maîtresse ?
- Il me l’a avoué. Il m’a dit qu’il était désolé, qu’il s’en voulait et que c’était fini. Que ça n’avait jamais compté.
Donna avait la voix rauque et cette fois, de vraies larmes remplirent ses yeux.
- Quand vous l’a-t-il dit ? insista Lisbon, qui devait se pencher pour entendre ce que la veuve disait.
- C’était… dimanche. Oui, c’était ce dimanche.
Jane haussa les sourcils, expression du visage qu’il commençait à prendre à force de voir Lisbon le faire. Après encore quelques questions, ils prirent congé et le consultant remarqua nettement que le regard de Lockhart suivait attentivement Lisbon. Vaguement agacé, il accéléra le pas pour arriver plus vite à la voiture.
Locaux du CBI
Cela faisait presque trois jours qu’ils cherchaient leur fille de l’Est et Lisbon commençait à croire que Jason s’était bien fichu d’eux mais finalement, la chance leur sourit. Alors que l’équipe était en train de discuter des différentes hypothèses et preuves qu’ils avaient, Cho déboula et leur annonça enfin une bonne nouvelle.
- Patron, les policiers locaux ont identifié notre Russe. Natalia Vlodaneska, articula-t-il avec quelques difficultés, ce qui fit sourire Jane. Elle est en salle d’interrogatoire.
- Très bien, on s’en occupe.
Sur ce, Jane et Lisbon entrèrent dans la pièce et la jeune femme fit les présentations avant de s’asseoir à côté du consultant. Elle parcourut en diagonale le dossier que lui avait donné Cho et commença l’interrogatoire.
- Natalia vous savez pourquoi vous êtes ici, commença la supérieure.
- Non, rétorqua l’autre avec un fort accent scandinave. J’ai eu mes papiers il y a deux semaines, je n’ai rien à me reprocher !
- Ah vraiment ? Alors je vais vous rafraîchir la mémoire. Vous avez fait chanter Jason Miller pour qu’il vole la montre de votre amant Lawrence Smith qui contenait le numéro de son compte offshore aux Caïmans. Et cette même nuit, Lawrence s’est fait tuer.
- Tué ? répéta la Russe avec de grands yeux. C’est ce Jason Miller qui a fait ça ?
- Non. Mais ça pourrait être vous.
Natalia, une blonde aux jambes interminables qui devait sûrement espérer devenir mannequin ou quelque chose dans ce type de domaine, poussa un soupir à fendre l’âme et regarda Lisbon comme si elle était demeurée.
- Et pourquoi je l’aurais tué ? Il était gentil avec moi et il m’a aidé à obtenir mes papiers.
- Justement, rétorqua Lisbon soudain glaciale, quoi de mieux pour une jeune immigrée qu’un joli compte bien garni ?
- Je sortais avec Lawrence depuis presque six mois. Mais ces derniers temps, il était triste. Il avait… comment dites-vous ? Des remords, c’est ça. Il me disait qu’il se sentait coupable et qu’il voulait tout dire à sa femme. Il m’a quitté peu après.
- C’est un bon mobile pour le tuer.
- Je voulais juste son fric ! Qu’est-ce que je m’en fous s’il retourne voir sa vieille peau de femme !
- Alors vous avez décidé de lui voler sa montre.
- Quelle montre ? répondit la suspecte en minaudant une expression innocente.
Lisbon ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel. Cette immigrée de Russe commençait sérieusement à la pomper. Jane dut le sentir car il prit la suite de l’interrogatoire.
- Je pensais que les maîtresses étaient plus observatrices que ça. Soit vous n’avez jamais vu cette montre parce que Lawrence vous a toujours caché son existence, soit vous mentez.
Natalia poussa un soupir à fendre l’âme et se pencha en avant, dévoilant au passage son décolleté plongeant. Décidément, Lisbon n’allait pas tarder à corriger la case « sans emploi » de son dossier… « Je n’ai jamais vu cette montre, » répliqua la Russe en articulant le plus possible.
- Ok, fit le consultant en se levant. Sa supérieure parut interloquée. Lisbon, elle ne connaît pas l’existence de cette montre, elle n’est pas coupable.
- Mais je… balbutia Lisbon, mais Jane était déjà sortit.
Quelques instants plus tard, Lisbon débarqua comme une furie dans son bureau où Jane l’attendait déjà. Elle lui lança son regard le plus noir et ne chercha même pas à s’asseoir à sa chaise, s’appuyant simplement contre son bureau, tournée vers son intenable consultant.
- Qu’est-ce qui ne va pas chez vous ? l’invectiva-t-elle avec colère.
- J’ai l’impression que vous m’avez déjà posé la question auparavant, répondit Jane avec son éternel sourire charmeur.
- Et bien, il faut croire que je n’ai toujours pas la réponse ! Natalia Vlodaneska est notre meilleure piste, on ne peut pas se permettre de la perdre !
Jane, qui était assis sur le canapé installé dans la pièce, se leva et s’approcha de sa collègue – gardant néanmoins assez de distance pour se sentir à peu près en sécurité. Une main dans la poche, l’autre pour l’instant immobile en l’air, il commença son raisonnement.
- Natalia est le commanditaire du vol. Stop ! intima-t-il alors que Lisbon s’apprêtait à l’interrompre d’un air excédé. Et ce, parce que ses épaules se sont détendues lorsque je lui ai présenté les options et que l’une lui convenait parfaitement. Donc, elle va essayer le plus rapidement possible de se débarrasser de cette montre. Peut-être même ce soir. Ce serait dommage que Donna Smith et Jason Miller se trouvent là à ce moment précis….
Lisbon jeta un regard mauvais au jeune homme – qui affichait un sourire convaincant. Pourquoi fallait-il toujours qu’il théâtralise les évènements ainsi ?
- C’est stupide, commenta l’agent. On aurait très bien pu obtenir cette information pendant l’interrogatoire !
- Oh, allons, elle est Russe, rétorqua Jane un peu vexé par la première remarque de son acolyte de toujours. Elle ne dira rien si on s’acharne sur elle.
- Donc, vous voulez qu’on relâche Natalia, qu’on la file et qu’on emmène avec nous Jason et la veuve. Jane, vous vous rendez compte de ce que vous dites ?
L’intéressé réfléchit à la logique des choses puis, satisfait, offrit un sourire encore plus large – si c’était possible – à Lisbon. Cette dernière était totalement dépitée. Que faire contre les idées tordues de Patrick Jane ? Autant lui donner tout de suite son aval, sinon il ferait tout en douce et les choses seraient trois fois pires ! C’est pourquoi elle inspira un bon coup avant de déclarer : « Hightower ne va pas aimer ça… »
Motel Highway host
Comme un fait exprès, ils planquaient devant un motel. Natalia – blonde mais peut-être pas totalement stupide finalement – était d’abord rentrée chez elle. Elle n’était ressortie qu’en fin de soirée, jetant de fréquents regards derrière elle avant de prendre un taxi, sans se douter qu’à bord d’un 4x4, Lisbon et Jane l’avaient surveillée pendant tout l’après-midi et pendant la soirée.
Au CBI, Rigsby et Van Pelt étaient chargés d’emmener Jason Miller une fois que leurs acolytes auraient une adresse. Cho, de son côté, devrait se rendre chez Donna Smith et l’emmener également. Il était exclu que David Lockhart vienne. Lorsque Lisbon lui avait demandé pourquoi, son consultant lui avait répondu comme si c’était une évidence qu’il était innocent et qu’il gênerait plus qu’autre chose. D’un côté, cela ne la dérangeait pas trop car au moins, elle ne serait pas mal à l’aise.
C’était ainsi que Jane et Lisbon se retrouvaient devant ce motel – qui était néanmoins différent de celui où la Russe se rendait avec son amant. Le consultant tapotait la portière à intervalles réguliers tandis que sa supérieure se contentait de surveiller le motel la tête appuyée contre la vitre. Lisbon entendit son collègue pousser un grand soupir et comprit qu’il ne resterait pas muet plus longtemps.
- Je déteste les planques, pesta-t-il. C’est profondément ennuyant.
- Et c’est profondément votre idée, répliqua la jeune femme avec ironie.
Ils se sourirent d’un air complice, puis Lisbon attrapa son téléphone portable. Rigsby et Van Pelt arrivaient, ils étaient en cours de route. Cho avait eu plus de difficultés à trouver une excuse et arriverait peut-être un peu plus tard que prévu.
- Vous pensez vraiment que la montre est dans ce motel ? interrogea ensuite la chef d’équipe.
- Je commence à me dire que non. Voyant le regard foudroyant da sa supérieure, il se dépêcha d’ajouter qu’il plaisantait. Je suis certain que cette montre est dans l’une des chambres de ce motel en possession de Natalia. Mais il y a une autre personne impliquée.
- Comment ça ?
- Je ne pense pas que Natalia ait monté un coup pareil, même si elle est Russe, ajouta Jane avec un clin d’œil pour sa partenaire. Il y a donc une autre personne qui tire les ficelles. Et notre chère fille de l’Est doit rencontrer cette personne ce soir…
Lisbon hocha la tête pour faire signe qu’elle comprenait le raisonnement. Néanmoins, elle ne put s’empêcher de froncer les sourcils en y réfléchissant.
- Attendez, je croyais que vous vouliez que Jason et Donna viennent parce que l’un ou l’autre était complice de Natalia. Mais j’ai l’impression que vous insinuez que le véritable commanditaire se trouve déjà ici. Alors à quoi pensez-vous ?
La question s’adressait à la fois à Jane et à elle-même – elle cherchait une réponse alors même qu’elle venait de la poser. De son côté, Jane haussa les épaules, comme si cela n’avait pas d’intérêt. Et c’est là que se fit le déclic dans l’esprit de la jeune femme. Oh merde ! A deux doigts de la crise de nerfs, Lisbon se tourna vers son compère, qui rentra la tête dans les épaules, moins fier de lui.
- Bon sang Jane ! s’exclama-t-elle avec fureur. Il est hors de question de laisser ces personnes entre elles pour que l’une d’elle avoue son crime ! Vous n’imaginez pas les dommages collatéraux qu’il pourrait y avoir ? Jane ! Jane, vous m’écoutez ?
Le consultant s’était redressé et observait le motel. La porte de la chambre où Natalia était entrée s’était ouverte. La Russe sortit, suivit d’un homme brun d’assez grande stature. Jane et Lisbon n’eurent même pas besoin de se concerter pour descendre en même temps de la voiture.
La jeune femme s’approcha du couple, la main posée sur son arme, prête à s’en servir au moindre geste suspect des deux individus. Lorsqu’ils se rapprochèrent, Natalia amorça un mouvement de fuite en les reconnaissant. L’homme sembla hésiter mais oublia l’idée en voyant l’arme de l’agent, et il retint le bras de sa complice.
- Agent Lisbon du CBI, lança la chef d’équipe en montrant sa plaque. J’aimerai vous poser quelques questions, monsieur… ?
- Barry Trump, répondit l’intéressé d’une voix caverneuse. Y’a un problème ?
Au même moment, le van rouge du CBI fit son entrée dans le parking. « Bon timing, » songèrent ensemble Jane et Lisbon sans s’en rendre compte.
Motel Highway host
Dès qu’il débarqua, Rigsby identifia Barry Trump comme un employé de la victime. Il travaillait depuis six ans dans l’entreprise. Son alibi le soir du meurtre était d’être avec sa maîtresse. Le suspect prit un malin à plaisir à préciser alors qu’il ne s’agissait pas de Natalia car il préférait les rousses, et de reluquer Van Pelt avec un sourire appréciateur. Lisbon s’empressa de l’éloigner de Rigsby, dont l’expression menaçante ne présageait rien de bon.
- Où est la montre ? demanda Jane pour changer de sujet.
- Quelle montre ? Je ne vois pas ce dont vous voulez parler.
- Je vois, vous vous en êtes débarrassé. Lisbon, je crois que Barry cache quelque chose dans son portefeuille.
La supérieure haussa les sourcils et demanda à leur suspect d’obtempérer. Bien sûr, ce dernier se défendit – il ne comprenait même pas de quoi ils parlaient et bien évidemment, personne ne le crut.
- Que vous le vouliez ou pas, je prendrai votre portefeuille, le menaça Lisbon.
Jane l’observa avec un sourire en coin, persuadé qu’elle disait la vérité. Ensuite, savoir comment elle allait s’y prendre… Première option, elle lui lançait son regard de tueuse – mais déjà que Barry ne semblait pas impressionné, il valait mieux ne pas miser dessus. Deuxième option, elle le plaquait contre le mur et lui piquait son bien – mais la solution était quand même un peu violente. Troisième option, elle laissait son consultant l’énerver assez pour qu’il tente de le frapper et qu’elle l’arrête pour outrage à agent. Réflexion faite, il n’aimait pas du tout cette solution surtout lorsqu’il remarquait que l’homme faisait presque deux têtes de plus que lui…
Finalement, Lisbon choisit la manière douce. Elle se retourna vers Van Pelt et lui demanda d’aller fouiller la chambre. A ces mots, Barry verdit - ou c’était peut-être le néon du motel qui donnait cette impression – et Natalia parut très mal à l’aise. La supérieure, même si elle savait qu’elle avait gagné, encouragea tout de même son agent à entrer dans la pièce.
- Un problème ? les taquina Jane avec un sourire aimable.
Leur suspect sembla hésiter puis ouvrit lentement sa veste pour bien montrer qu’il n’avait aucune mauvaise intention et donna son portefeuille à Lisbon. Le numéro du compte et toutes les autres informations dessus étaient bien à l’intérieur. La feuille était froissée et on pouvait voir qu’elle avait été pliée en un tout petit carré.
- Comment connaissiez-vous l’existence de ceci ? questionna la jeune femme en désignant la feuille.
- Je ne savais rien avant que Natalia ne me le dise, répliqua l’autre.
La Natalia en question poussa un drôle de hoquet, les yeux presque exorbités devant la trahison de Barry. De son côté, le consultant de l’équipe ne put se retenir de dire faussement étonné :
- Vous nous avez menti ? Je ne m’y attendais pas du tout !
- Entretenez vous une liaison avec Natalia, Barry ? interrogea Lisbon avant que Jane n’ait eu le temps de faire plus d’humour.
- Bien sûr que oui, répondit le consultant. Que feraient-ils dans un motel sinon ? Et pourquoi Natalia lui aurait-elle parlé du compte offshore autrement ?
- Jane, ce n’est pas à vous que je pose la question, répliqua une Lisbon agacée. Et je respecte la présomption d’innocence.
- Oh mais ces deux là ne font rien d’innocent, croyez-moi !
La jeune femme fusilla son collègue du regard pendant que ce dernier lui offrait un sourire espiègle. Elle ferma les yeux en soupirant et secoua la tête, dépitée. Van Pelt ressortit de la chambre, une poche en plastique destinée aux preuves à la main. La montre était à l’intérieur. Du moins, ce qu’il restait de la montre puisqu’elle n’avait pas été remontée après ouverture. Logique, puisque Barry et Natalia souhaitaient s’en débarrasser.
- Où l’avez-vous trouvée ? demanda la supérieure.
- Dans la poubelle.
- Très original, ironisa Lisbon sans le vouloir.
Jane ne put retenir un éclat de rire et les deux jeunes femmes eurent du mal à s’empêcher de sourire également. Finalement, le consultant laissa les deux agents entre elles – sous des yeux surpris – et alla rejoindre Rigsby, campé les bras croisés à côté du van pour surveiller Jason Miller. Il observait Barry d’un air mauvais car il s’était remis à reluquer ouvertement Van Pelt. Compatissant, Jane lui tapota le dos.
- Tu as emmené le matériel que je t’ai demandé ? questionna-t-il.
- Oui. J’espère que la boss est au courant.
- C’est un peu tard pour s’en inquiéter mais de toute façon, elle est au courant.
Coïncidence ou pur hasard, Lisbon tourna la tête vers eux à ce moment là. Jane lui fit un petit signe de la main mais ne reçu en retour qu’un regard exaspéré.
- T’en es vraiment sûr ? demanda Rigsby à qui l’échange n’avait pas échappé.
- Mais oui, assura le blondinet. Il attrapa le poignet de l’agent pour voir l’heure. Ça va faire une demi-heure qu’elle le sait.
Rigsby soupira tellement c’était prévisible. Il alla ensuite chercher une mallette métallique dans le coffre du véhicule et entra dans la chambre.
Quelques temps plus tard
Rigsby et Jane se trouvaient dans la chambre adjacente à celle où Natalia et Barry s’étaient rendus. Un écran était posé sur la table basse, renvoyant les images de la pièce d’à côté. En ce moment, Van Pelt et sa supérieure continuait d’interroger leurs suspects. Ces derniers étaient assis sur le canapé alors que les deux agents restaient débout.
Jane se frotta les mains avec l’impatience d’un enfant le jour de Noël. Il ne restait plus qu’à attendre que Cho arrive avec Donna. Il se tourna vers Jason Miller, toujours menotté, qui était assis sur une chaise à côté d’eux. « C’est comme dans les films d’espionnage ! » s’exclama-t-il avec candeur. Le voleur lui jeta un regard blasé mais ses yeux revinrent vite à l’écran.
- Elles passent bien à l’écran, remarqua le consultant avec un grand sourire.
- Ouais, lâcha Rigsby, totalement absorbée par sa rousse préférée.
Quelques instants plus tard, ils entendirent une voiture s’arrêter sur le parking. Jane se leva presque immédiatement et Rigsby ne put s’empêcher de remarquer que dans l’écran, Lisbon s’était levée exactement au même moment. Ouah ! C’était vraiment fort… Il envisagea de rejoindre les autres à l’entrée – en emmenant Jason avec lui – mais se retint en voyant que Van Pelt n’avait pas bougé dans la pièce d’à côté. Oui, il valait sûrement mieux qu’il reste à l’intérieur. Et puis bon, on ne pouvait pas savoir quelle serait la réaction de Donna Smith. Déjà qu’elle allait bientôt rencontrer la maîtresse de son défunt mari…
Lisbon et Jane sortirent de leur pièce respective au même moment et le consultant afficha un grand sourire devant la coïncidence. Mais sa supérieure n’y fit pas attention et se dirigea vers la voiture de Cho. L’agent descendit du véhicule, suivit par la veuve, qui semblait ne pas saisir pourquoi elle se trouvait ici au beau milieu de la nuit. Elle se tourna naturellement vers Lisbon – à la fois chef d’équipe et seule femme en présence – les yeux pleins d’incompréhension.
- Qu’est-ce que – Pourquoi suis-je ici ? demanda-t-elle et sa voix était presque inaudible.
- Nous avons retrouvé la maîtresse de votre mari, répondit Jane à la place de sa collègue, voulant lui éviter un mensonge délicat. Elle s’appelle Natalia Vlodaneska.
Jane marqua une pause pour laisser le temps à Donna d’assimiler l’information. Elle pâlit mais des éclairs de colère apparurent dans son regard. Elle fixa le consultant, puis Cho et enfin Lisbon avant de revenir à Jane.
- Pourquoi faites-vous ça ?
- Nous sommes presque sûrs que Natalia a – Jane se gratta la gorge, apparemment nerveux – tué votre mari. Nous allons l’emmener au CBI et cela signifie que vous n’aurez probablement jamais l’occasion de lui demander directement pourquoi a-t-elle agit ainsi. Nous voulions vous laisser cette chance.
Lisbon dut se retenir d’étriper son insupportable consultant. Elle se contenta difficilement de serrer la mâchoire et les poings et surtout, de jeter le regard le plus méchant qu’elle avait en réserve à Jane. Dès que la veuve serait hors du décor, il allait l’entendre !
En attendant, Donna était toujours là et ses yeux revinrent vers Lisbon comme pour se rassurer. Oh bon sang ! C’est de Van Pelt qu’ils auraient eu besoin ! La compassion, le réconfort… c’était tout ce qu’elle détestait. Jane pensa certainement la même chose car il profita que la veuve ait le dos tourné pour que se dessine un sourire malicieux sur ses lèvres. C’était décidé, d’ici 5 minutes, il serait mort !
- Donna, commença-t-elle en essayant de contrôler sa colère ce qui donna pour effet de faire trembler sa voix. Je… Je suis une femme, je comprends ce que vous ressentez. Si j’étais vous, je ne passerais pas à côté de cette opportunité. Elle ne se représentera pas.
Seigneur, quelles bêtises avait-elle sorties ? Cependant, elle remarqua avec surprise que Donna sembla réellement touchée. Les yeux un peu embués, elle hocha la tête pour marquer son accord à une rencontre avec Natalia. Elle se détourna ensuite pour cacher ses larmes et Jane en profita pour faire signe à Rigsby de transférer pronto Jason dans l’autre chambre. Quand la veuve eut séché ses larmes, elle entra à son tour dans la pièce et Van Pelt en sortit, fermant la porte derrière elle. Leurs suspects se retrouvaient tous seuls, enfermés dans une pièce exigüe. Génial…
Les trois agents repartirent dans la chambre où le matériel d’observation était installé, laissant Jane et Lisbon seuls. Cela ne sembla pas déranger pour un sou le consultant, ni même l’inquiéter. Pourtant, il devrait…
- Ah Lisbon, ce petit discours tout à l’heure… Vous aviez vraiment l’air de le penser. Et ce tremblement dans votre voix, j’étais très ému moi aussi, finit Jane en portant la main à son cœur.
- Oh la ferme Jane ! pesta la jeune femme alors qu’il ne pouvait s’empêcher de sourire. Je réfrénais mon envie de vous sauter dessus !
Un petit rire secoua les épaules du consultant, puis il reprit son sérieux. Son regard devint plus charmeur encore et sa voix se fit incroyablement sensuelle lorsqu’il la taquina.
- Ah vraiment ? Vous vouliez – il s’approcha d’elle de sorte à ce que son sourire la fasse fondre – me sauter dessus ?
Lisbon rougit dangereusement lorsqu’elle comprit l’ambigüité de ses paroles. Et cet idiot était en train d’en profiter ! Furieuse, elle lui tapa dans l’épaule un peu plus fort que prévu et le jeune homme recula avec une petite grimace de douleur. Le moment de séduction était terminé. « Je voulais vous sauter dessus pour vous écorcher vif ! » corrigea Lisbon avec énervement avant d’entrer dans la pièce sans voir que derrière elle, Jane avait retrouvé le sourire à ce dernier accès de colère.
Chambre du motel
Les membres de l’équipe évitèrent soigneusement de regarder leur furie de patronne quand elle entra dans la pièce et restèrent concentrés sur le petit écran posé sur la table. Rigsby était assis à l’ancienne place de Jason, Van Pelt était assise sur le canapé tandis que Cho observait leurs suspects debout derrière le canapé, les bras croisés comme à son habitude. Lisbon s’installa sur le canapé et leur demanda des nouvelles.
Réponse : pas grand-chose mis à part le fait que tous étaient surpris de se retrouver ensemble et Donna avait reconnu Jason et Barry. Elle n’avait encore fait aucun commentaire quand à la présence de la Russe, mais ils pouvaient lire la tension entre les deux femmes.
Jane entra à son tour dans la chambre et s’attira un regard noir venu tout droit de Lisbon. Il ne s’en fit pas plus que cela et alla s’asseoir entre les deux jeunes femmes, remuant plus que nécessaire. Sa supérieure poussa un soupir exaspéré et se retint de lui taper dessus encore une fois. Mais elle préféra quand même mettre un peu de distance entre eux en se collant à l’accoudoir. Elle serait trop tentée de lui tirer les oreilles si elle se trouvait trop près de lui…
- Barry, que fais-tu ici ? demanda Donna.
- Je me pose encore la question, répliqua l’intéressé de sa voix caverneuse.
La veuve sembla un peu perdue. Elle s’attendait visiblement à ce qu’il n’y ait que Natalia et elle. Cette dernière était toujours assise sur le canapé, les jambes nonchalamment croisées, sa robe ultra courte révélant une bonne partie de se cuisses. Cette femme n’avait vraiment aucune jugeotte…
- Et toi Jason, je pensais ne jamais te revoir après ce que tu as fait à mon mari, reprit Donna en se tournant vers le jeune homme. Et pourquoi es-tu menotté à ce tuyau ?
- Pour pas qu’je me barre j’imagine, répondit le voleur en faisant cliqueter ses menottes.
- Ce sont les agents du CBI qui t’ont emmené ici ?
- Oh ça va ! coupa Natalia excédée et son accent était encore plus prononcé. Vous êtes pas flic, c’est quoi toutes ces questions ?
La réaction ne se fit pas attendre. Donna se figea et son regard se tourna lentement vers la jeune femme. Dans la salle d’à côté, Patrick Jane se tendit encore un peu vers l’écran, comme si il regardait une série télé. Alors qu’il s’apprêtait à dire quelque chose, Van Pelt et Lisbon le firent taire d’un « Chut ! » sans s’être consultées. En fait, il semblait qu’il ne soit pas le seul à se croire devant la télé…
Sans prévenir, Donna se rua sur Natalia, les mains tendues en avant avec l’intention flagrante de l’étrangler. Elle tomba sur la Russe, qui n’avait même pas eu le temps d’esquisser le moindre geste, et les deux femmes commencèrent à se battre ou, plus précisément, à se griffer et s’arracher les cheveux. « Et merde, » souffla Lisbon en se levant pour intervenir. Elle fut arrêtée par Jane qui lui avait attrapé le bras. Elle se tourna vers lui sans comprendre et le jeune homme tira légèrement sur son bras pour l’inciter à se rasseoir, ce qu’elle fit. Le consultant lui indiqua la télé d’un geste de la main et elle vit que Barry s’évertuait à séparer les deux rivales. L’homme repoussa Natalia sur le canapé et passa un bras autour de la taille de Donna pour l’éloigner de la Russe. La veuve se débattait avec vigueur mais il réussit à la repousser du côté d’un Jason tendu comme un arc de ne pouvoir agir.
Barry se tenait entre les deux femmes pour prévenir une très probable récidive. La Russe et la veuve s’insultaient à travers la pièce, crachant toutes les injures qu’elles connaissaient et ce n’était vraiment pas joli à entendre. Sans compter que Natalia en rajoutait en jurant dans sa langue maternelle. Mais pourquoi je lui ai fais confiance ? songea amèrement Lisbon. Ils allaient s’attirer plus d’ennuis qu’autre chose. Enfin… elle allait tout prendre à sa place, comme d’habitude.
- Comment faites vous pour vous supporter ? lança Donna, en larmes.
- Moi aussi je me le demande, commenta Lisbon à voix basse. Jane tourna la tête vers elle et sourit d’un air amusé.
- Je m’en fous de ce que vous pensez ! Si vous saviez ce que Lawrence pensait de vous, vous ne me hurleriez pas dessus et vous le tueriez vous-même si ce n’était pas déjà le cas !
Dites donc, Natalia avait de la ressource ! Et pour une fois, elle avait réussi à tourner une phrase correcte en Anglais. Elle pouvait donc faire des efforts de temps en temps. Lisbon pensa alors immédiatement que le numéro de Russe fraîchement débarquée devait lui être utile auprès de la gente masculine et que c’était devenu une habitude pour elle de jouer la nunuche. La méfiance s’installa en elle alors qu’elle ruminait tout cela. Si cette femme cachait aussi bien son jeu, elle pouvait cacher encore beaucoup de choses…
Donna s’apprêtait à se précipiter encore vers cette insupportable blonde lorsque Jason la retint par le bras aussi fermement qu’il put étant donné qu’il n’avait pas beaucoup de marge de main d’œuvre. Il grimaça de douleur quand l’élan de la veuve tira sur ses menottes mais il réussit néanmoins à la retenir.
- Lâche-moi ! hurla Donna en donnant une gifle au jeune homme.
Même de leur chambre, les agents entendirent nettement la veuve crier. Quand à cette gifle monumentale, elle fit reculer Jason sur un grognement de douleur. Cho surprit Rigsby à se frotter la joue comme s’il pouvait ressentir la douleur et il leva les yeux au ciel.
De l’autre côté de l’écran, la veuve donna l’impression de vouloir s’arracher les cheveux lorsqu’elle se prit la tête entre les mains. Elle secoua ensuite la tête, comme si elle essayait de trouver un sens à cette scène indescriptible qui se jouait.
- Qu’est-ce qu’on fait ici ? questionna-t-elle et le désespoir et l’incompréhension ressortaient clairement dans sa voix.
- Nous sommes tous suspects, répliqua platoniquement l’homme à la voix caverneuse. Ces flics pensent que l’un d’entre nous a tué Lawrence.
Les agents en question s’échangèrent des regards en silence mais Jane resta focalisé sur l’écran. C’était le moment le plus important. Enfin on entrait dans le vif du sujet. Le consultant tenta d’observer les réactions de chaque personne malgré le fait qu’il n’y ait qu’une caméra et qu’elle ne soit pas le mieux placée pour donner une vision claire des suspects. Rigsby l’avait cachée de façon à donner une vue globale de la pièce. Normal c’était un flic, il observait les faits et pas le comportement des individus.
Jane vit Barry rester parfaitement calme après son annonce, Donna sembla encore plus perdue – elle pensait pouvoir régler ses comptes avec la maîtresse de son mari, Jason ferma les yeux quelques instants et Natalia… c’était la réaction la plus bizarre mais une ombre de sourire passa sur son visage. Le blondinet poussa un petit soupir satisfait et fit mine de ne pas sentir le regard de sa supérieure se poser sur lui. Elle allait certainement lui demander ce qu’il avait découvert mais il préférait la laisser chercher. C’était plus drôle quand tout le monde essayait de trouver, non ?
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« Nous sommes suspects ? » répéta Donna Smith avec incrédulité. L’idée lui semblait totalement impossible. Les agents du CBI l’avaient bernée. Elle leur avait confiance et ils l’avaient prise au piège dans ce plan ridicule. Mais pourquoi diable avaient-ils des doutes sur son innocence ?
Sur le canapé, le sourire de Natalia s’agrandit. C’était ainsi, elle ne pouvait pas faire autrement en voyant cette femme si pathétique devant elle se poser toutes ces questions. Elle était si naïve. Bien sûr que la veuve était toujours la première personne à être suspectée. Croyait-elle vraiment qu’elle serait à l’abri de tout soupçon ? C’était tellement plus facile de rejeter la faute sur une rivale…
Toujours menotté, Jason frotta sur son poignet endolori. Cette imbécile avait failli lui péter le poignet en agissant comme une forcenée. En plus de ça, il était suspect. Génial. En plus de devoir payer pour tous les vols qu’il avait commis – les poulets étaient ressortis de chez lui les bras remplis d’objets volés – il était également suspecté d’avoir tué son ancien patron. Entre le détournement d’argent, le vol de montre, la bagarre la nuit du meurtre… il était définitivement dans de beaux draps.
Barry était resté au milieu de la pièce. Malgré son apparence calme, il sentait la nervosité monter lentement. La brunette aux yeux verts et son copain blondinet avaient découvert sans aucune difficulté la vérité. Ils savaient qu’il était le véritable commanditaire du vol et aussi, qu’il entretenait une liaison avec Natalia. Belle connerie d’ailleurs. Les flics devaient être persuadés qu’il ait pu tuer Lawrence rien que pour la récupérer…
Cho observa tour à tour Lisbon et Jane, assis sur le canapé. Bien sûr, sa patronne avait compris qu’il avait trouvé le tueur. Lui aussi d’ailleurs. Il commençait à bien connaître le consultant. Mais alors que Lisbon le fixait avec insistance, il ne daignait pas se tourner vers elle. Ok. Si jamais le plan tournait au vinaigre, c’était un homme mort.
- Nous sommes suspectés, répéta encore Donna. Natalia soupira de son côté devant ce disque rayé. Mais…
Elle s’interrompit et Jason répondit à sa question muette.
- J’ai volé la montre de Lawrence, dit-il calmement.
- Alors c’est ça ! s’exclama la veuve. Tu n’es intéressé que par l’argent ! Tu pensais que tu aurais tout le fric de son compte offshore, c’est ça ?!
Sa voix était allée crescendo pour atteindre un point suraigu qui prouvait son hystérie. Madame Smith était en train de perdre son sang froid.
- C’est quoi cette histoire ? s’écria en retour le jeune homme avec une ignorance sincère. Je savais même pas qu’il y avait quelque chose dedans ! Je devais la voler pour elle ! finit-il en pointant du doigt la Russe tranquillement installée sur le canapé.
- Hé oh ! J’ai rien fait de mal moi ! nia Natalia en se redressant prudemment devant l’expression de Donna.
Lisbon soupira bruyamment et quatre têtes se tournèrent vers elle. Même devant les faits, elle niait en bloc. Décidément, elle ne la supportait vraiment pas cette fille de l’Est.
- Arrête de raconter n’importe quoi ! Tu m’as fait chanter pour que je la vole. J’aurais jamais approché Lawrence sinon ! Tu m’as foutu dans un sacré merdier !
- Et pourquoi j’aurais fait ça ? rétorqua la Russe. Je ne –
- Oh la ferme Natalia ! coupa Barry. On sait très bien que tu l’as fait chanté pour cette foutue montre.
- C’est toi qui me l’as demandé ! Tu crois que je l’aurais fait sinon ? Tu accuses les autres mais c’est toi qui tires les ficelles alors ferme ta grande g…
« Ouh ! » lâcha Jane avec un sourire joyeux. Le ton commençait sérieusement à monter là-bas. Ils n’arrivaient même plus à rester polis. L’un d’entre eux n’allait pas tarder à craquer et ce serait à lui de jouer. Mais il fut tiré de ses pensées par une Lisbon très énervée. Elle venait de le tirer par le poignet et il pouvait déjà deviner tous les reproches qu’il allait recevoir rien qu’en lisant dans ses grands yeux verts. Il y avait Je savais que ça allait mal tourner, Si vous connaissez le coupable, laissez tomber toute cette mascarade, Hightower va se faire une joie de me virer et enfin, Si je me fais virer je vous botte le derrière ! Non, en fait c’était carrément Si je me fais virer, vous êtes mort. Ok, message compris Lisbon. Sans qu’elle ait besoin de dire quoi que se soit, il se leva en même temps qu’elle et la suivit. De toute façon, il n’aurait pas pu faire autrement puisqu’elle lui tenait toujours fermement le poignet.
Cho les regarda sortir du coin de l’œil, comprenant instantanément que Lisbon allait faire passer un sale quart d’heure à Jane s’il ne répondait pas à ses interrogations très vite. De leur côté, Van Pelt et Rigsby s’échangèrent un regard significatif, ne pensant même plus à l’enquête mais bien à leur conversation dans la rue il y a quelques heures. Comment devaient-ils interpréter le fait que Lisbon emmène Jane à l’extérieur – alors qu’ils auraient pu rester ici après tout – que Jane ne bronche pas et surtout, que Lisbon ne lui lâche pas le poignet ? Affaire à suivre et de très près !
- Vous avez tous volé mon mari ?
- On m’y a forcé ! s’écria Jason.
- Oh ça va, hein ! répliqua Barry qui ne supportait plus les plaintes de Donna et Jason.
- Mais qu’est-ce qu’elle est ch***** ! Faut pas s’étonner que vous soyez cocue !
A ces mots, Donna poussa une sorte de hurlement totalement effrayant et se précipita sur la blonde. Elle fut une stoppée en plein élan par Barry, qui l’attrapa une nouvelle fois par la taille et la renvoya d’où elle venait. Au même moment, Lisbon fit irruption dans la pièce – certainement alarmée par le cri, son arme pointée devant elle. Jane la suivait comme son ombre. Voyant que personne n’était blessé, la jeune femme rangea son pistolet et son consultant alla se placer au centre de la pièce. Il fit un tour lentement sur lui-même, observant tour à tour chaque suspect et s’arrêta en face... de la télé. Un sourire satisfait était plaqué sur son visage alors que toutes les autres personnes présentes affichaient une expression digne d’un enterrement, Lisbon y compris.
- Ma collègue et supérieure Lisbon à peur que l’un d’entre vous ne se blesse, ce qui augmenterait encore la pile de paperasse qu’elle a déjà sur son bureau. Donc, dit-il en se tournant de sorte à ce que tout le monde le voit, je vais vous interroger moi-même.
Devant les visages incrédules des quatre suspects, il s’avança vers Jason. Le jeune homme parut inquiet et tenta de se rassurer par la présence de Lisbon près de l’entrée. Ce consultant était tellement bizarre qu’il ne voulait sous aucun prétexte rester seul avec lui. Il déglutit péniblement lorsque Jane s’approcha encore, franchement mal à l’aise de sa proximité. Ok, il ne manquait plus qu’il soit gay ! Heureusement, le consultant s’arrêta à une distance acceptable.
- Vous avez volé la montre de Lawrence.
- Oui.
- Et vous vous êtes battu avec lui.
- Oui.
- Vous l’avez tué.
- N… Non ! bafouilla le jeune homme pris par surprise.
Un sourire avenant se dessina sur le visage de Jane et sans cesser de fixer le voleur, il demanda à Lisbon de le relâcher. Cette dernière poussa un profond soupir mais rejoignit les deux hommes pour détacher Jason, non sans avoir au préalable regardé d’un air appuyé l’endroit où la caméra était cachée, un sourcil levé, signifiant là son envie de vois ses agents rappliquer en quatrième vitesse.
Devant la coopération de sa supérieure, Jane lui offrit son plus beau sourire auquel elle répondit en roulant des yeux. Elle escorta ensuite Jason jusqu’à la porte et s’assura s’un coup d’œil qu’il ne s’enfuirait pas dans la nature. Rassurée en voyant ses agents, elle revint vers l’intérieur de la pièce. Son consultant s’intéressait maintenant à Barry, beaucoup moins impressionné que Jason. Jane recommença son manège.
- Vous travailliez pour Lawrence ?
- Oui.
- Mais vous le détestiez.
L’homme jeta un rapide regard vers la veuve avant de répondre.
- Oui, dit-il et sa voix était presque gutturale. Un petit hoquet leur parvint de l’endroit où se trouvait Donna.
- Vous couchez avec Natalia.
- Oui.
- Et vous l’avez forcée à menacer Jason Miller.
- Convaincue, oui.
- Mais vous avez quand même tué Lawrence.
- Non, répondit Barry, impassible.
Les deux hommes se fixèrent quelques instants, puis Jane lui fit signe de sortir. Un éclair de satisfaction passa dans les yeux de Barry et le consultant lui sourit en retour, mais pas pour la même raison. Il anticipait déjà la façon dont Rigsby allait s’occuper personnellement de lui, même s’il regrettait de ne pas pouvoir y assister. Mais bon, il fallait bien que quelqu’un attrape le tueur. Et puis, il devait aussi distraire Lisbon, qui ne cautionnerait pas ce genre de comportement…
Une fois l’homme sorti, Jane se tourna vers les deux suspects restants. Les suspectes restantes. C’était à lui de jouer pour que l’une d’entre elle avoue.
Motel Highway Host
Cultivant la tension grandissante dans la chambre, Jane ne dit rien pendant un moment, se contentant d’observer les deux femmes en faisant les cents pas dans la pièce, analysant leur comportement, leur moindre geste et mouvement. Elles étaient nerveuses, mais l’une l’était encore plus que l’autre.
Natalia était toujours assise sur le canapé et même si elle feignait la nonchalance, elle ne pouvait cacher son mal être dans sa façon de se tenir – beaucoup plus raide que tout à l’heure – sa façon d’éviter le regard de Jane lorsqu’il l’observait… Les mains posées sur ses genoux, se crispant de temps à autre lorsqu’elle subissait une poussée de stress, elle fixait la table basse devant elle.
A côté du tuyau où Jason avait été menotté se tenait Donna. Les bras croisés sur la poitrine, les mains crispées au point d’en faire blanchir ses jointures, elle observait Jane marcher le long de la pièce avec appréhension. Lorsque son regard se posait sur elle, elle prenait une brusque inspiration, comme si elle attendait une question de sa part. Question qui ne venait pas.
Finalement, sentant Lisbon le suivre des yeux et sentant surtout son impatience croître dramatiquement, Jane décida de passer à l’action. Il s’arrêta tranquillement, et fit face aux deux femmes.
- Depuis combien de temps sortiez-vous avec Lawrence ? demanda-t-il d’abord à Natalia bien qu’il sache déjà la réponse.
- Six mois, répondit la jeune femme d’un ton morne.
Au moins, elle avait donné la même réponse que lors de l’interrogatoire. Jane ne la regarda pas mais sentit Donna tressaillir sur le côté.
- Quand avez-vous rompu ?
- Je ne sais pas, quelques temps déjà. Peut-être deux ou trois semaines.
- Qui a rompu ?
- Lui, fit simplement la blonde.
- Depuis quand saviez-vous pour leur relation ? questionna ensuite Jane en se tournant vers la veuve.
- Dimanche, répondit-elle d’une voix presque inaudible.
Elle le leur avait déjà dit lorsque Lisbon et lui étaient allés chez elle quelques jours plus tôt mais il voulait voir la réaction de la Russe. Elle ne broncha même pas.
- Qu’avez-vous ressenti ? continua le consultant, toujours tourné vers Donna.
- Je me suis sentie… Elle sembla se plonger dans ses souvenirs et ses yeux s’embuèrent. Je me suis sentie trahie, lâcha-t-elle dans un souffle.
- Et vous Natalia ? Qu’avez-vous ressenti quand Lawrence vous a quitté ?
- Rien du tout. Ce n’est qu’un homme parmi tant d’autres et ce n’est pas comme si il était exceptionnel.
Jane sentit plus qu’il ne vit Lisbon lever les yeux au ciel derrière lui. Il eu envie de sourire en songeant à toute l’animosité qu’elle avait pour la Russe mais il se retint. Ce n’était pas son genre de laisser percer ses émotions devant les suspects, même les pires ordures. Cependant, avec cette femme, elle ne pouvait pas retenir son exaspération.
Il sentit également Donna se raidir en entendant Natalia dénigrer son mari. Il savait qu’il lui était déjà bien assez difficile d’admettre que son mari ait eu une liaison et qu’en plus, elle se trouve dans la même pièce qu’elle.
- Allons Natalia, vous n’avez pas pu ne rien ressentir. Vous étiez vexée. Très vexée. Vous ne devez pas avoir l’habitude que les hommes vous rejette, spécialement les hommes qui n’ont rien « d’exceptionnel ».
- Je n’étais pas vexée, nia l’intéressée, toujours aussi têtue.
- Bien sûr que si. Mais nous savons tous les deux que vous ne vous intéressiez pas à Lawrence pour ce qu’il était. Vous ne vouliez que son argent. Franchement, vous aviez vraiment l’intention de le partager avec Barry ?
- Je n’ai pas envie de répondre à vos questions, répliqua Natalia en croisant fermement les bras.
Au moment où Jane allait lui faire remarquer qu’elle n’avait pas vraiment le choix, le portable de Lisbon se mit à sonner. Elle se plaça dans un coin de la pièce, dos aux trois autres personnes présentes et décrocha. « Oui? Hmm hmm… Où ça ? … Okay, très bien. ». Elle raccrocha et rejoint Jane au milieu de la pièce. Son visage était encore plus grave que quelques minutes auparavant. Jane lui jeta un regard interrogateur mais elle l’ignora.
- Nous avons obtenu un mandat pour fouiller chacune de vos deux résidences. Et nous venons de retrouver l’arme du crime.
Si l’une des deux femmes ne broncha pas à cette annonce, l’autre pâlit brusquement et se laissa glisser au sol.
Jane regarda fixement Natalia, qui était incapable de dire un mot. La jeune femme paraissait choquée, les yeux ronds et la bouche entrouverte. Toute sa nonchalance s’était envolée. Lisbon, qui observait Donna, se tourna vers la Russe, le visage impassible. D’un signe de la tête, elle lui demanda de sortir.
De son côté, le consultant blond s’approcha de Donna, elle aussi totalement détruite. Il posa doucement la main sur son épaule et elle sursauta à son contact. Puis, il l’aida à se relever et la guida doucement vers le canapé. Il sentit nettement son frisson quand elle regarda l’endroit où Natalia s’était tenue quelques instants plus tôt.
La chef d’équipe n’eut qu’à faire un pas en avant pour se retrouver près d’eux. Elle prit place sur le canapé, à côté de Donna.
- Il va falloir tout nous expliquer maintenant, fit Lisbon d’une voix presque douce.
La veuve la regarda d’un air totalement perdu, comme si elle venait de se réveiller et qu’elle avait du mal à se ré-ancrer dans la réalité. Puis…
- Il voulait me quitter ! lâcha Donna d’une voix étranglée. Elle fondit en larmes pour de bon. Il… il était amoureux de cette prostituée de scandinave ! Il est rentré ce soir là et lorsqu’il me l’a dit, je suis rentrée dans une rage folle. Il ne pouvait pas quitter, pas pour une fille de son espèce ! J’ai pleuré, je l’ai insulté… Il me disait de me calmer. Me calmer ? Après ce qu’il était en train de me dire ? Je suis allée chercher mon revolver et je l’ai menacé. S’il ne restait pas avec moi, je le tuerais. Et ce lâche s’est enfuit !
- Mais vous l’avez suivi, poursuivit Jane.
- Il s’est arrêté sur le bas côté, près de la rivière. Un homme est arrivé, je ne savais pas que c’était Jason à ce moment là. Ils se sont battus et Lawrence s’est écroulé. J’aurais tellement voulu qu’il le tue ! cracha la veuve. Mais non, il était juste assommé. Quand il est revenu à lui, je suis descendue de la voiture et je l’ai rejoint. Il ne s’attendait pas à me voir. Il avait peur de moi.
- Et il avait raison, termina Jane.
- Je ne savais pas ce que je faisais ! Je n'arrivais plus à réfléchir! Et... je l’ai tué. Tout plutôt qu’il me quitte. J’ai visé la tête et j’ai tiré. Prenant conscience de ce qu’elle venait de dire, Donna plaqua sa main contre la bouche pour étouffer son gémissement d’horreur. Oh mon Dieu, j’ai tué mon mari !
De retour au CBI
L’équipe était réunie dans la salle de travail. Il ne manquait que Lisbon. Donna Smith passa devant eux, menottée, la tête basse. Van Pelt, qui était la plus sensible – du moins émotive – du groupe soupira.
- Lawrence a quitté sa femme pour une autre qui ne l’aimait pas et il s’est fait tuer par une femme qui l’aimait trop pour le laisser partir. C’est triste.
- C’est la nature humaine, répondit Jane. Destructrice.
- Hé, regardez ! fit soudain Rigsby.
D’un même mouvement, ils se tournèrent tous vers la vitre qui les séparait du hall. Lisbon arrivait quand David Lockhart l’avait interpellé. En les voyant discuter, Jane sentit la jalousie monter. De la jalousie ? Non! Pourquoi serait il jaloux ? Après tout, Super David était le frère d’une Super tueuse, il ne pouvait pas laisser Lisbon tranquille ?
- Je ne savais pas que c’était son type d’homme, remarqua Rigsby alors que leur supérieure souriait.
Je croyais qu’elle était branchée blondinet aux yeux et bleu avec une prédilection pour les costumes trois pièces, songea Cho. Etrangement, Jane se tourna vers lui et Cho recommença à se demander si le consultant lisait réellement dans les pensées. Il garda un visage impassible, les bras croisés comme à l’accoutumé, et Jane se détourna.
- En tout cas, ils ont l’air de bien s’entendre. Il est pas rancunier, on dirait, constata Van Pelt comme la discussion semblait s’éterniser.
- Ouais, il semble oublier qu’on vient d’arrêter sa sœur.
- Attention, les avertit Cho au moment où Lockhart s’en allait.
Sans aucune subtilité, les trois agent se retournèrent et s’égayèrent à travers la pièce. Bien sûr, Jane ne se sentit pas concerné et continua d’observer Lisbon. Leurs regards se croisèrent un instant mais elle fit comme si de rien n’était et bifurqua vers la cafétéria. Le jeune homme alla la retrouver. A son arrivée, elle ferma le frigo dans lequel elle venait de trouver une barre de céréales et lui sourit.
- Rigsby a commandé les pizzas, l’informa Jane en désignant son encas.
- Il a réussi à trouver une pizzéria ouverte à cette heure ci ?
- Il faut croire qu’il a de la ressource pour ce genre de chose.
Jane sourit jusqu’aux oreilles de sa propre remarque et communiqua sa bonne humeur à Lisbon qui dut se mordre l’intérieur des joues pour ne pas rire. D'encore meilleure humeur, le jeune homme se rapprocha un peu d’elle, les mains fourrées dans les poches.
- Encore une affaire résolue. Et j’avais raison depuis le début ! triompha-t-il.
- C’est vrai. Mais vous imaginez si elle avait compris qu’on mentait à propos de l’arme ?
- Bah, vous auriez trouvé quelque chose d’autre, répliqua Jane qui n’en doutait pas.
En réponse, Lisbon grimaça et ils se sourirent. Les choses étaient plus faciles maintenant qu’elle était dans les combines. Et Jane devait avouer que c’était beaucoup plus amusant ainsi. Il soutint son beau regard vert mais elle baissa vite les yeux, un peu gênée par leur proximité.
- Et au fait, commença-t-il.
Presque immédiatement, il vit sa supérieure se raidir imperceptiblement, même si elle essaya de ne rien laisser paraître. Il savait exactement ce à quoi elle était en train de penser mais il décida qu’il allait la faire marcher encore un peu avant d’aborder ce sujet.
- J’ai croisé Hightower tout à l’heure. Elle avait l’air inquiet à votre sujet. Elle pense que vous en faites trop.
- Vraiment ? répondit Lisbon, soulagée de ne pas arriver à une discussion sensible. Elle essayait sûrement d’être polie.
- Non, elle était réellement préoccupée. Après tout, vous êtes son meilleur agent.
Le meilleur agent en question détourna la tête pour cacher ses joues qui avaient brusquement chauffé devant ce compliment. Sans regarder son consultant et en tentant – vainement – de rester naturelle, elle chercha quelque chose à dire.
- Elle peut être inquiète aujourd’hui mais lorsqu’elle découvrira demain que nous avons relâché notre suspecte principale, que nous avons fait sortir un autre suspect pendant la nuit, que nous les avons presque séquestré dans une chambre de motel et que –
- Lisbon, coupa Jane d’une voix douce car il savait qu’elle pourrait continuer encore deux heures ainsi. Sur nos quatre suspects, quatre personnes vont passer devant le tribunal, que se soit pour meurtre, vol ou complicité. Alors honnêtement, je ne pense pas qu’Hightower vous en veuille, ok ?
La jeune femme hocha la tête et pendant quelques minutes, ils restèrent silencieux tous les deux, elle, les yeux fixés sur sa barre de céréales qu’elle n’avait pas ouverte et lui, les yeux fixés sur elle. Puis, quand le silence devint trop gênant dans cette petite pièce un peu trop intime au goût de Lisbon, Jane se mit à sourire d’un air malicieux et lui demanda enfin ce pourquoi il l’avait suivie dans la cuisine.
- Et au fait, pour Super David ?
- Oh, il est très gentil, éluda la brunette avec nonchalance. Elle ne releva même pas le fait qu’il l’ait appelé par ce surnom ridicule.
- Il y a un problème ?
La jeune femme rosit joliment et Jane sourit en la voyant réduite à l’état d’adolescente embarrassée. Elle essaya de fuir son regard mais finit par capituler.
- Pour vous dire la vérité, il… Lisbon s’éclaircit la gorge. Il pensait qu’on était… en couple, finit-elle dans un murmure.
- Oooh !
Lisbon regarda son consultant d’un air qui voulait dire : « C’est stupide, non ? ». Mais Jane n’allait pas la rassurer sur ce point. Il adorait que les gens croient qu’ils étaient en couple, spécialement quand cela rendait son amie très mal à l’aise. Et puis... l'idée n'était pas si stupide que ça.
- Je lui ai dis que c’était faux, ajouta très vite la jeune femme.
- Et il vous a invitée à boire un verre ?
- Mmh mmh, acquiesça-t-elle.
Il fallait vraiment prendre son mal en patience pour obtenir une réponse, mais Jane étant Jane, il voulait vraiment savoir ce qui s’était dit.
- Qu’est-ce que vous avez répondu ?
- J’ai dis que j’allais réfléchir, répondit sa collègue en regardant ailleurs.
- Ouh, la menteuse, l’accusa Jane avec son sourire charmeur. Il se rapprocha encore de la jeune femme et baissa la voix la rendant encore plus séductrice qu'elle ne l'était déjà. Je sais quand vous mentez, enfin, la plupart du temps. Et vous avez dit non.
Surprise, Lisbon recula d’un pas. Elle était toute rouge à présent et elle ne pouvait rien y faire. Il avait deviné la seule chose qu’elle voulait lui cacher ! Comment faisait-il ? Elle chercha désespérément quelque chose à répliquer, mais elle perdait peu à peu son sang froid.
- Oh non, ne vous justifiez pas, dit Jane. Ça m’arrange bien. Et puis… je vous garde pour moi tout seul.
Sur ces derniers mots, il quitta la pièce sans se départir de son magnifique sourire charmeur, laissant une Teresa Lisbon abasourdie. Elle resta quelques instants plantée là, bouche bée, puis lentement, un sourire s’étira sur ses lèvres.