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Série : The Mentalist
Création : 06.04.2011 à 11h42
Auteur : Totallyfan
Statut : Terminée
« Alors qu'il s'apprête à être muté dans une équipe de Los Angeles, Jane s'interroge... et qui de mieux que Lisbon pour répondre à ses questions ? ;) » Totallyfan
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Relations longue distance
Le quartier était calme. Qui pourrait penser qu'un meurtrier vit peut-être dans ce pavillon au bout de la rue ? L'endroit était digne de Wisteria Lane dans toute sa splendeur un peu bourgeoise qui cachait pourtant bien des secrets.
Lisbon regarda son verre de café en carton avec envie. Cela faisait bien longtemps qu'elle avait bu sa dernière gorgée et elle avait vraiment besoin d'un nouveau café. Elle retint un soupir et observa la maison qu'ils surveillaient depuis la fin de l'après-midi. Et comme depuis leur arrivée, il ne se passait rien d'intéressant.
La jeune femme tourna ensuite la tête vers la personne installée sur le siège passager. Jane avait les bras croisés et regardait par la fenêtre, si bien qu'elle ne voyait pas son visage. Il avait été renfrogné pendant toute la semaine et s'était très peu investi dans l'enquête. Pourquoi ? Elle avait une petite idée, mais elle préférait le laisser dans son coin. Au moins, il ne sortait pas d'idées de plan tordu…
Bien qu'il se tienne sur le côté, Jane était conscient du moindre fait et geste de sa supérieure. Il l'imagina en train de fixer son café vide et ne put s'empêcher de sourire. Cette femme était pire qu'une droguée ! Ensuite, il devina qu'elle surveillait de nouveau la maison, chose inutile puisque le tueur ne se trouvait pas ici. Oui, il savait qui était le coupable, il l'avait su dès le deuxième jour de l'enquête. Mais cela, Lisbon n'avait pas besoin de le savoir… Oh non, voilà qu'elle recommençait à le fixer ! Plusieurs fois au cours de leur planque, mieux, au cours de la semaine, il avait senti le poids de son regard sur lui. Mais elle n'avait jamais fait de commentaire.
- Lisbon, vous voulez bien arrêter de me regarder, ça me déconcentre, dit-il en se tournant vers l'agent.
Il rencontra deux grands yeux verts blasés et haussa les sourcils, comme pour lui demander ce qui n'allait pas.
- Vous déconcentrer de quoi ? C'est moi qui surveille la maison, que je sache, répliqua Lisbon en haussant à son tour les sourcils.
- Je réfléchis à propos de l'enquête, se justifia amèrement le blond en se détournant vers la fenêtre.
- Vous ne réfléchissez pas, vous boudez, le contredit une nouvelle fois la jeune femme.
Encore une fois, Jane se tourna vers elle à la différence qu'elle était à présent en pleine contemplation de la maison de leur suspect. Certes il avait été un peu associable les jours passés, mais de là à dire qu'il boudait…
- N'essayez même pas de nier, je le sais, reprit la brune avant qu'il ait pu ouvrir la bouche. LaRoche veut vous envoyer aider une autre équipe à Los Angeles, mais il vous laisse ici jusqu'à ce que nous ayons bouclé l'enquête. Donc, vous vous morfondez et refusez de vous impliquer dans l'affaire pour que les choses traînent en longueur.
Le consultant fixa Lisbon avec de grands yeux, déconcerté par ce qu'elle venait de dire. Puis il se dit qu'il était vraiment stupide parfois. Lisbon n'était pas responsable d'une équipe pour rien, c'était un excellent agent. Pas étonnant qu'elle l'ait percé à jour... Il lui fut néanmoins reconnaissant de ne pas le regarder : il avait besoin de reprendre contenance et sous ses yeux verts, ce ne serait pas possible…
- Ce n'est pas comme si cette équipe avait vraiment besoin de moi, réagit-il au bout d'un moment.
Sens caché : « Je n'ai pas envie d'y aller », songea Lisbon en réprimant un petit sourire.
- Croyez-moi, ces gens là doivent vraiment être désespérés pour demander votre aide, rétorqua-t-elle en insistant sur le mot.
Sur ce, elle tourna la tête vers lui, un sourire espiègle sur le visage. Le blond sourit également, amusé par la remarque. Il songea que même s'il ne partait que temporairement, la répartie de Lisbon allait lui manquer. Et ses magnifiques yeux verts qui pétillaient qu'elle soit amusée ou en colère. Et son petit sourire qui faisait ressortir sa fossette…
Sentant que le regard azur du jeune homme s'attardait trop sur elle, l'agent se détourna et repartit à sa surveillance, à deux doigts de s'empourprer. Elle détestait quand il la fixait ainsi et qu'elle ne savait pas ce qui se tramait sous ses boucles blondes.
- Vous pensez que les relations longue distance peuvent marcher ? questionna-t-il soudainnement.
La question la prit au dépourvu et elle déglutit malencontreusement de travers. Se mettant à tousser et virant au rouge pivoine, Lisbon se tourna vers son consultant, les larmes aux yeux. Malgré le voile qui brouillait sa vue, elle réussit à distinguer le sourire hautement amusé de Jane. Imbécile, pensa-t-elle en toussant de plus belle.
- Respirez Lisbon, respirez, l'encouragea-t-il en tapotant doucement son dos.
Quand sa toux se calma enfin, la jeune femme jeta un œil au rétroviseur pour voir ses joues bien roses et ses yeux larmoyants. Génial… Recoiffant distraitement sa frange qui était partie en choux fleur, elle ne quitta plus le pavillon des yeux.
- Euh… Lisbon, intervint Jane. Vous ne m'avez pas répondu.
- Ah bon ? répliqua la brune en restant immobile.
- Hm hm, affirma le blondinet.
Lisbon prit une inspiration mais retint son soupir, se contentant de rouler des yeux. Et pourquoi il lui posait une telle question d'abord ?
- De un, Los Angeles n'est pas si loin que ça Jane. Et de deux, je ne savais même pas que vous voyiez quelqu'un.
Elle lutta pour ne pas regarder sa réaction. Il fallait qu'elle reste focalisée sur cette maison, là. La jaune pâle aux volets blancs, avec des jardinières pendues aux fenêtres er la boîte aux lettres rouges… C'est bien Teresa…
- Je vous ferais remarquer qu'il y a quand même 6 heures de route entre Sacramento et Los Angeles, releva le consultant. Je le sais, j'ai regardé sur Google map, ajouta-t-il et elle pouvait sentir son sourire.
- Dans ce cas, prenez l'avion, marmonna Lisbon dans sa barbe.
- C'est que je n'aime pas vraiment ça, il y a déjà tellement de façons de mourir, alors un crash aérien… autant éviter.
- Quel optimisme ! constata ironiquement l'agent.
A côté d'elle, Jane pouffa légèrement, mais elle garda les yeux rivés sur sa mission. Posant le coude contre la portière, elle appuya la tête sur son poing replié, sentant l'après-midi de planque commencer à se faire sentir. Sans compter que le meilleur de leur conversation arrivait à grands pas !
- Et à propos de ce quelqu'un que je vois, c'est un peu compliqué.
Bien qu'il ne le montra pas, Lisbon sentit l'hésitation sous jacente. Il marqua une pause, comme pour lui laisser le temps de réagir, mais elle resta silencieuse, attendant qu'il poursuive de lui-même. Elle avait beau crever d'envie de savoir ce qu'il entendait par « c'est compliqué » et qui était cette personne, elle ne lui donnerait pas la satisfaction de l'encourager plus loin sur cette pente. Hin hin, il se débrouillait tout seul !
- D'ailleurs, ce n'est même pas comme si on se fréquentait, c'est juste… qu'on se connaît depuis longtemps, termina-t-il d'une voix plus basse.
Quelqu'un qu'il connaissait depuis longtemps ? Sophie Miller, peut être ? Ils se connaissaient depuis… enfin, depuis pas mal d'années et il y avait une certaine tension entre eux quand ils s'étaient revus. Jane l'avait même embrassée sur la joue. Enfin, elle se demandait toujours si c'était plus joue ou plus coin des lèvres– Teresa, arrête ça immédiatement ! Hum… En tout cas, Frye était hors-jeu après ce qui lui était arrivé, donc Miller était la seule possibilité restante…
- Lisbon ? Vous êtes toujours avec moi ? demanda Jane en passant la main devant son visage.
- Hein ? lâcha l'intéressée en clignant plusieurs fois des paupières. Euh oui, bien sûr.
- Vous savez, la maison ne va pas disparaître si vous arrêtez de la fixer, remarqua Jane d'un ton moqueur. Et vous ne m'avez toujours pas répondu, insista-t-il.
Oh, cet homme pouvait être pire que de la super glue parfois ! Elle n'avait aucune envie de répondre à sa question, ni même de continuer cette conversation. Elle pria intérieurement pour qu'un évènement impromptu les interrompe, un crash aérien tiens ! Mais personne ne l'entendit. Magnifique… Cette fois, elle lâcha un vrai soupir avant de se tourner vers son insupportable collègue.
- Bon. Est-ce qu'elle est au moins au courant que vous partez temporairement ? interrogea la jeune femme malgré elle.
- Elle… non.
- Alors le mieux serait peut être de la prévenir, pour commencer, vous ne croyez pas ? réagit Lisbon en levant les yeux au ciel.
Elle accrocha son regard pensif et sentit une pointe d'agacement apparaître. Ah non, ce n'était certainement pas de la jalousie ! Elle avait du mal à croire qu'il puisse être aussi futé dans les enquêtes – oui cela lui faisait mal au cœur de l'admettre, mais c'était la vérité – et aussi empoté pour le reste.
Jane croisa les flamboyants yeux verts de sa supérieure et sentit qu'elle commençait à s'agacer. La conversation tournait trop autour de sujets personnels et il savait qu'elle n'aimait pas cela. N'empêche, de là à soupirer toutes les dix secondes…
- Et ensuite, qu'est-ce que je suis censé faire ? demanda-t-il.
- Ensuite vous vous débrouillez, je ne suis pas conseillère matrimoniale, répliqua Lisbon d'un air exaspéré.
Et je suis mal placée pour donner des conseils en matière de vie amoureuse, finit-elle pour elle-même.
- Oh Lisbon, s'il vous plaît ! supplia Jane avec l'expression larmoyante d'un enfant de six ans. Je ne sais pas si je dois l'emmener avec moi ou pas !
- Jane, vous ne partez pas pour toujours, vous en avez conscience, j'espère ? coupa sarcastiquement la brunette. Et si vous voulez lui demander de vous accompagner, alors faites-le !
Sur ce, Lisbon croisa les bras et se détourna du blond, de plus en plus agacée. Elle qui pensait avoir mis un terme à cette discussion, elle leva les yeux au ciel en entendant Jane revenir à la charge. Cet homme ne savait vraiment pas comment se taire ! Elle se fit la réflexion que dès qu'ils seraient de retour au CBI, elle demanderait à équiper les véhicules de rouleaux de scotch…
- Je ne sais pas si c'est possible, niveau logistique, reprit Jane en sachant pertinemment que sa supérieure perdait peu à peu patience.
- Pourquoi ? soupira Lisbon sans chercher à cacher son ennui total.
- Et bien, même si on travaille ensemble, ce serait difficile d'obtenir…
La jeune femme n'écouta pas la suite. Elle voyait ses lèvres bouger mais n'entendait plus rien. Seulement son cœur qui battait à ses tempes alors qu'elle fixait l'homme comme au ralenti. Elle repensa à tout ce qu'il lui avait dit : « c'est compliqué », « ce n'est pas comme si on se fréquentait, c'est juste qu'on se connaît depuis longtemps », « on travaille ensemble »…
Elle sentit une chaleur envahir son visage alors que les pièces du puzzle se mettaient peu à peu en place dans son esprit. Van Pelt ! Non, tout le monde savait que Rigsby avait main mise sur elle… Mais alors… Oh mon Dieu ! Se pourrait-il que Jane… non, c'était impossible. Bien sûr, il aimait passer son temps à flirter ouvertement et elle le laissait faire car c'était plus facile que de le menacer de mort à chaque fois… Oui, du calme ! Et aussi, elle aimait le fait qu'il s'intéresse à elle… Mais cela ne changeait rien. Il s'agissait de Patrick Jane !
- Lisbon ? Décidément, quel manque de concentration aujourd'hui, la taquina le blond avec un sourire malicieux.
- Jane, commença la brune d'une voix atrocement faible. Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée…
- De quoi ? interrogea le consultant en fronçant légèrement les sourcils.
- Ça, répondit Lisbon en regardant alternativement entre Jane et ses propres mains, à présent soudées l'une contre l'autre.
- Je ne suis pas sûr de comprendre, insista Jane.
La jeune femme prit une profonde inspiration et le fusilla du regard. Bien sûr qu'il savait de quoi elle parlait ! Idiot !
- Je veux dire que de toute façon, je ne suis pas intéressée pour partir avec vous ! s'exclama Lisbon d'un bloc.
Voilà, c'était dit. Les joues rouges d'embarras, elle se détourna cette fois vers sa vitre, rêvant de pouvoir s'enfuir en courant. C'était la situation la plus gênante qu'elle ait jamais vécu et elle n'était pas prête de regarder Jane dans les yeux avant longtemps. Très longtemps.
- Lisbon, lui parvint la voix de Jane. De quoi parlez-vous ?
L'agent se mordit les lèvres pour ne pas exploser, même si vu le peu de distance qui les séparait, Jane avait de grandes chances de périr sous l'onde de choc.
- Vous savez très bien de quoi je parle, dit-elle en essayant de maîtriser sa voix.
- Je peux vous dire que je ne sais pas de quoi vous parlez et qu'on ne parle pas de la même chose, répliqua le consultant dans son dos. Parce qu'en tout cas, moi je parlais de… mon canapé.
La brusque inspiration de Lisbon était comparable à un hoquet, ou mieux, un noyé qui retrouve de l'oxygène. Bref, ce n'était pas très élégant. Elle tourna brusquement la tête au risque de se blesser et croisa deux yeux bleus rieurs. La surprise laissa place à l'embarras, puis l'humiliation. Elle voulait vraiment sortir et s'enfuir en courant. Ou mieux, que le sol s'ouvre sous ses pieds et l'engloutisse toute entière. Tout plutôt que de supporter ce sourie à la fois fier de sa bêtise et moqueur de cet insupportable consultant. Il allait falloir qu'elle change de travail et qu'elle... Lentement, une nouvelle émotion prit le dessus.
- Vous vous êtes bien foutu de moi ! s'écria-t-elle en lui tapant dans l'épaule sans qu'il s'y attende. Vous – saviez – que je – parlais – d'une - femme – et vous avez fait exprès de m'induire en erreur ! lui reprocha-t-elle en ponctuant chaque bout de phrase par un coup dans le bras.
- Aïe Lisbon ! Arrêtez ça, s'il vous plaît ! implora Jane en se protégeant vainement de la petite furie.
La brune le tapa une dernière fois, puis se recula. Ok, à présent, elle avait les joues rouges de honte et de colère. Avoir pu penser qu'il pouvait s'intéresser à elle, non mais franchement, Teresa ! Elle tua l'objet de sa colère d'un seul regard alors qu'il émergeait du faible rempart que formaient ses bras. Il aurait bien mérité encore quelques coups bien placés !
- Lisbon, je m'excuse, dit-il mais elle sentait un sourire derrière son pardon et ses jointures virèrent au blanc.
La jeune femme en face de lui grogna quelque chose d'incompréhensible, mais qu'il devina peu aimable. Ce n'était pas de sa faute si lorsqu'elle était en colère, sa bouche formait inconsciemment ce pli caractéristique d'un enfant boudeur ! Il adorait les expressions de son visage quand elle était en colère. Difficile de se concentrer sur quoi que ce soit d'autre.
- Non, je suis vraiment désolé, et vous savez que je ne m'excuse pas souvent, ajouta-t-il, fier de lui. Je trouvais ça amusant.
- Ce genre de chose est toujours amusant pour vous, Jane, mais pas pour celui qui est pigeonné, riposta acerbement l'agent sans daigner le regarder.
Jane rit silencieusement devant son choix de vocabulaire. Ce n'était définitivement pas un mot qu'il aurait imaginé sortir de sa bouche un jour ! Même quand il pensait la connaître parfaitement, elle trouvait le moyen de le surprendre.
Ils restèrent un moment silencieux - 20 minutes entières !, Lisbon surveillant la maison et lui, surveillant ses genoux, alias du coin de l'œil la surveillant elle. Au fur et à mesure, il vit ses poings se desserrer et ses muscles se détendre. Apparemment, la tempête était passée. Il sourit en la voyant revenir à son état normal, quoique, toujours un peu tendue.
- Lisbon, appela-t-il doucement.
Un soupir lui répondit et son sourire s'agrandit.
- Vous allez me manquer, avoua-t-il en détournant les yeux, perdant son sourire au passage.
Il vit la jeune femme tourner la tête vers lui et imagina son expression surprise, puis la lueur de plaisir qui passerait rapidement et enfin, le rosissement de ses pommettes, signe de sa gêne. Elle ne dit rien mais le fixa quelques secondes avant de retourner à sa surveillance. S'il s'était appelé Teresa Lisbon, il aurait certainement rougi. Il n'avait pas l'habitude de dire à voix haute ce genre de choses, même si elle était ce qu'il avait de plus proche d'une meilleure amie. Un petit sourire s'installa alors sur ses lèvres et il se repositionna de manière à regarder par la fenêtre, la situation revenant ainsi à son contexte initial.
- Et Faraday n'est pas le tueur, ne put-il s'empêcher d'ajouter.
- Comme si je ne le savais pas, marmonna Lisbon derrière lui.
FIN