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Bloody Snow

Série : The Mentalist
Création : 15.12.2012 à 22h38
Auteur : zazazou 
Statut : Terminée

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Titre :

VO : Bloody Snow

VF : Un hiver sanglant

 

 

 

Auteur : Zazazou

 

Béta : Crazy

 

 

 

Disclaimers : Je ne me fais pas d'argent en écrivant ces histoires. The Mentalist ne m'appartient pas.

 

 

 

Spoiler : Je suis à la fin de la saison 4 et j'avances peu à peu. Les spoilers seront relatifs aux épisodes que je visionnes. Je préciserais si jamais j'atteins la saison 5.

 

 

 

Résumé : Jane croise à nouveau la route de sa némésis... Il aura besoin de tout ses talents pour s'en sortir.

 

 

Je relisais pour la énième fois un dossier concernant une affaire ayant un lien avec Red John.

Allongé sur mon canapé, je somnolais. Quelqu'un avait ouvert la fenêtre. La brise fraîche de l'hiver m’engourdissait. Je me sentais si bien. Je m'enfonçais dans une douce torpeur.

 

L'équipe faisait semblant de travailler. Van Pelt tapait sur son clavier, en rythme. Cette musique me berçait.

 

Je connaissais ce dossier par cœur. Je l'avais déjà lu une centaine de fois. Il était tellement lourd, épais et je ne sais quoi...

Les lignes étaient floues. Et pourtant... je pouvais les lire... je les connaissais par cœur.

Je pouvais me le répéter, encore et encore, tout en fermant les yeux. Encore et encore.

 

Le dossier n'était plus là.

Je le répétais dans ma tête.

Les paroles de Red John s'y ajoutaient. Je les récitais, avec lassitude.

 

« - Tyger Tyger, burning bright, 

In the forests of the night; 

What immortal hand or eye, 

Could frame thy fearful symmetry? »

 

Le sommeil tentait de gagner la bataille. Mais je n'allais pas le laisser faire. Je n'allais pas laisser le sommeil, Red John, gagner.

 

Réveillez-moi, s'il-vous-plaît ! Je n’y arrive pas !

 

Une voix lointaine m'appelait.

 

Lisbon m'arracha le dossier des mains. Mon cœur fit un saut périlleux.

 

« - Jane, nous avons un meurtre dans une pizzeria. Tu viens ? »

 

Tiens, j'ai faim. Depuis combien de temps somnolais-je ?

 

« - On y mangera une pizza. Je t'invite, proposais-je

- Le cadavre est dans la réserve de nourriture. Si tu as toujours envie, ce sera sans moi.

- Oh... Bon... On y va quand même alors. »

 

Je me levai avec lenteur, encore endormi.

Toute l'équipe se mobilisa.

Nous nous dirigions vers les voitures. Je grimpai dans celle de Lisbon.

Une fois assis à l'intérieur, je me rendis compte que le froid m’avait donné un coup de fouet.

 

Lisbon démarra le moteur et passa une vitesse.

 

« - Tu murmurais quelque chose dans ton sommeil, fit-elle remarquer. »

 

Nous laissons le CBI dans notre sillage.

 

« - Je ne sais pas. J'ai dormis ? demandai-je, embrouillé.

- Oui. Une vingtaine de minutes environ. Je ne t'ai jamais vu t'endormir comme ça. Tu avais une tête étrange.

- Je crois que je me suis hypnotisé moi-même, à cause du bruit que faisait Van Pelt en tapant sur le clavier, expliquai-je.

- Ah... fit Lisbon, d'un air malicieux. Le bruit des touches du clavier t'hypnotise... Bon à savoir... »

 

Je ris.

 

« - Non, tu ne m'hypnotiseras pas avec un clavier d'ordinateur.

- Et pourquoi pas ? répliqua Lisbon, en me jetant un regard amusé.

- Parce que je t'hypnotiserais avant ! »

 

Lisbon fit faire une embardée au véhicule. Je retins le volant de la main gauche, pour nous éviter de mourir tous les deux.

Puis j'éclatai de rire, devant son air déconfit.

 

« - Je te hais, grogna-t-elle.

- Moi aussi je t'aime ! »

 

La journée commençait bien.

 

Quelques minutes plus tard, nous étions arrivés.

 

« - Oh ! Ma pizzeria ! J'espère que Mary est là aujourd'hui ! m'exclamai-je »

 

J'aimais cet endroit.

Le bâtiment était semblable aux autres. Rien n'aurait pu le différencier. Et pourtant...

 

Nous entrâmes à l'intérieur. Cho, Rigsby et Van Pelt se divisèrent. Pourquoi étaient-ils tous présent ?

Je m'arrêtai un instant sur le seuil de la pizzeria, afin d'inspirer l'odeur délicieuse de pâte à pain. Tout le mobilier était en bois ici, cela rendait l'atmosphère tellement plus agréable.

 

« - Jane, suis-moi, m'ordonna Lisbon »

 

J'obéis.

 

Nous nous dirigions vers la réserve. L'équipe de policiers dans les couloirs avait un air étrange.

Certains, que je connaissais, me regardaient avec compassion.

 

Qu'est-ce qu'ils ont tous ?

 

Sur la porte de la réserve, un smiley souriant rouge.

 

Pas ça. S'il vous plaît. Pas ça. Pas le lendemain de son anniversaire. S'il vous plaît !

 

Lisbon ouvrit la porte.

 

Mary.

 

Plus rien n'existait.

Tout était noir. Aucun son, aucune odeur.

Plus aucune sensation.

Plus aucune existence.


zazazou  (15.12.2012 à 22:40)

Je connais cet endroit. J'y suis déjà allé, il y a longtemps. Une femme s'était efforcée, jour après jour, pendant plusieurs années, de m'extirper de ça.

 

« - Jane ? »

 

Lisbon se faisait du soucis.

 

« - Est-ce que tu m'entends ? Jane ? »

 

Eloïse ?! Non !

 

Je me ruai devant la pizzeria, où je pouvais bénéficier du meilleur réseau téléphonique possible.

Je sortis mon téléphone et composai le numéro de l'école d'Eloïse.

 

La directrice répondit à mon appel.

 

« - Bonjour ? École Saint Antoine, que puis-je faire pour vous ?

- Bonjour. Je suis Patrick Jane. L’oncle d'Eloïse King. Où est-elle? demandai-je, paniqué.

- Elle est en cours actuellement...

- Vérifiez ... coupai-je.

- Monsieur Jane...

- Vérifiez ! »

 

Je l'entendis soupirer. Néanmoins, elle se leva.

 

Lisbon m'avais rejoint dehors. Elle était préoccupée par ma réaction.

Mon cœur menaçait d'exploser. Il battait beaucoup trop fort. La Directrice mettait beaucoup trop de temps à aller dans cette fichue salle de classe.

 

Lisbon me serra la main. Je me concentrais sur la chaleur de sa peau.

 

« - Elle est bien en classe avec ses camarades, m'informa la femme. »

 

Je soupirai de soulagement.

 

« - Je viendrai la chercher à la pause déjeuner. Qu'elle ne quitte pas l'établissement, ordonnai-je

- Puis-je savoir ce qui se passe ?

- Voulez-vous que je vienne avec l'agent Teresa Lisbon, pour suivre la procédure? demandai-je, agacé. »

 

Elle me faisait perdre mon temps.

 

« - En effet, ce serait préférable. Un agent quali... »

 

Je coupai le téléphone.

 

« - Qu'est-ce qui se passe ? demanda doucement Lisbon.

- Viens, rentrons à l'intérieur. Appelons Cho, Van Pelt et Rigsby. Je vais vous expliquer... murmurai-je. »

 

Nous nous réunîmes tous autour d'une table. Les serveurs nous avaient apportés des boissons chaudes. J'avais mis mes mains autour de ma tasse de thé, pour me réchauffer. La serveuse qui me l'avait apportée m'avait présenté ses condoléances.

 

« - Mary King est une amie. Elle n'a pas eu une vie facile. Aucunes études, aucun talent particulier, enceinte à seize ans et mise à la porte par ses parents. Le futur père s'est sauvé. Mary a alors fait plusieurs foyers pour jeunes en difficulté. Elle a perdu le bébé. Je l'ai rencontrée le jour de ses vingt ans. Assise sous un pont, elle pleurait. Nous avons beaucoup discuté. Je l'ai aidée. Nous avons montés un spectacle de magie ensemble, en y mêlant des tours de mentalisme et de manipulations de masse. Un jour, je me suis blessé. Je devais arrêter. De plus, ma femme ne voyait pas notre collaboration d'un bon œil, et Mary ne voulait plus continuer. Elle disait avoir l'impression d'arnaquer les gens. C'était vrai, en même temps. Donc nous nous sommes séparés. Après... le passage de John Le Rouge... j'ai repris contact. Actuellement, elle a une fille de douze ans, qui s'appelle Eloïse. Hier, elle fêtait son anniversaire. Elle a voulût que je fasse un spectacle de magie. Avec des nounours... »

 

Ma voix s'était brisée à partir de : « John Le Rouge ». Les autres se montraient compréhensifs.

 

« - Je vais regarder le cadavre et réfléchir à ce qui s'est passé, lançai-je, pour m'en convaincre.

- Attends. Parle-nous plutôt de la journée d'hier, proposa doucement Lisbon

- Eh bien, je n'ai rien remarqué de particulier chez Mary. Elle ne semblait pas inquiète. Elle participait, comme les enfants. »

 

Lisbon réfléchit quelques secondes.

 

« - Van Pelt, Cho, Rigsby, retournez récolter des informations. Jane, viens avec moi. »

 

Nous nous levâmes, et chacun et chacun partit de son côté.


zazazou  (02.01.2013 à 21:10)

Lisbon et moi retournâmes dans la réserve.

 

Il faut que je me ressaisisse. Ce n'est pas bien. Si je veux retrouver John Le Rouge, je ne dois pas me laisser aller.

 

J'observais le corps de Mary. J'étais dégouté.

 

« - Concentre-toi plutôt sur une petite partie du corps, et pour terminer par une vue d'ensemble, me conseilla Lisbon. »

 

Je commençai par les pieds. Pourquoi était-elle déchaussée ? Pour nous montrer le vernis rouge, un message pour moi.

Sa tenue de serveuse, pantalon et chemisier bleu marine sous un tablier blanc, était très propre.

Ses mains portaient la manucure de la veille. Pas de blessures particulières. Je trouvais cela suspect. Peut-être n'avait-elle pas vue son agresseur.

Je pris sa main gauche, et mes doigts palpèrent les différents muscles sous sa peau. Ils étaient parfaitement détendus. Elle n'avait pas vu son agresseur. Ou alors la rigidité cadavérique avait eût le temps de s'estomper. Ce n'était pas cohérent, mais chaque corps est différent. Donc plausible.

 

« - Elle n'a pas vu son agresseur, dis-je, pour Lisbon.

- Ou alors, elle ne s'attendait pas à ... murmura-t-elle, sans oser aller plus loin. »

 

Serait-il possible qu'elle ait vue cette personne et qu'elle ne se soit pas méfiée ?

 

Je continuai mon investigation.

 

Son cou était humide. Je me rapprochai. Son délicat parfum me piqua doucement le nez. Il était enivrant.

 

J'eus beaucoup de mal à regarder sa tête. En effet, une balle se logeait dans son front. J'espérais qu'elle soit la cause de sa mort.

 

Ses yeux ouverts montraient des lentilles bleu clair brillantes. Un léger rouge à lèvres rose donnait un air enfantin à son visage.

De petits diamants, en guise de boucles d'oreilles, complétaient le tout.

 

Elle voyait donc quelqu'un. Mais hier, elle n'avait pas l'air plus heureuse que d'habitude. Donc, l'homme était présent depuis longtemps déjà.

 

« - Je ne savais pas qu'elle voyait un homme. D'habitude, elle n'est pas aussi coquette.

- Peut-être ne voulait-elle pas que tu le saches. Ou elle n'a pas jugé important de t'en parler.

- Je... Je ne sais pas... »

 

Une hypothèse me venait en tête, mais je refusais d'y croire.

Je me levai et quittai la pièce. Lisbon me suivit.

 

« - Tu penses à quelque chose, remarqua-t-elle.

-Pas du tout, répondis-je, préoccupé.

- Menteur.

- Tricheuse, répliquai-je.

- Tu penses qu'elle fréquentait John le Rouge. Voilà pourquoi elle ne s'est pas défendue. Voilà pourquoi elle ne t'a pas informée de sa relation.

- Même pas vrai, répliquai-je, blessé. »

 

Je pris conscience d'être un vrai livre ouvert en ce moment. Lisbon pouvait réaliser un cold-reading sans effort dans l'état où j'étais. Enfin, plutôt déchiffrer mes pensées. Je ne dois pas être paranoïaque non plus.

Je devais me reprendre.

 

« - Peut-être bien. Même si cette hypothèse est tirée par les cheveux, tu ne crois pas ? demandai-je.

- Je pense qu'il l’a tuée rapidement, parce qu'il devait le faire, étant donné qu'elle ne présente pas de signes de lutte. Si on admet ceci, pourquoi a-t-il défait ses chaussures ? »

 

Je revoyais le vernis sur les ongles de pieds de ma femme. J'étais encore en état de choc, après toutes ces années.

 

Lisbon me serra la main, me ramenant à la réalité.

 

« - Pourquoi avoir fait ça ?! m'exclamai-je.

- Je ne sais pas, répondit Lisbon. »

 

Mon index effleura son poignet. Elle mentait. Lisbon avait la même idée que moi. Mais je n'osais pas y croire. Mary n'était pas impliquée dans les affaires de John le Rouge. Hors de question de le croire.

John le Rouge voulait simplement m'adresser un message. Ou me rendre fou. Et moi, je me jetais dans son piège.

Bon, plus aucune émotion. J'ai affaire à un psychopathe, je deviens un psychopathe.

 

Je me détachai de Lisbon et observai les autres membres de l'équipe.

 

Van Pelt récupérait les enregistrements des caméras. Officiellement. Avec son ordinateur, elle jetait un œil dans l'ensemble du système électronique de la structure.

 

Cho interrogeait le patron de la pizzeria. Il se portait en avant, pour mettre en valeur ses muscles. Le visage de l'homme montrait qu'il parlait avec beaucoup de délicatesse, comme un homme cultivé. Je percevais du dédain dans ses yeux. Jake se faisait appeler Antonio. Il s'était teint les cheveux en noir, pour accentuer son air italien. Son accent, lorsqu'il parlait anglais, était à couper au couteau. L'entendre parler était aussi agréable qu'entendre grincer une craie frottée contre un tableau vert. En résumé, Cho était l'interrogateur idéal. Il en fallait plus pour le perturber. Cho m'épatait.

 

Rigsby s'occupait d'une autre serveuse. Je ne suis pas certain qu'ils discutaient du meurtre. Sa nouvelle conquête, avocate, l'avait … hum... comment dire... intéressé aux femmes. Voilà. Restons gentils.

 

Les autres serveurs continuaient de travailler. Ils rangeaient, lavaient, dépoussiéraient et l'un d'eux comptait l'argent dans la caisse. Ils avaient, semble-t-il, fait trois mille dollars en une journée. Quoi ?! Mais ?! Le patron vide la caisse tous les jours pourtant !

Je m'approchai.

 

« - Tim, vous avez fait de bonnes recettes aujourd'hui ! Aviez-vous beaucoup de monde à midi ? demandai-je. »

 

Ma question le surprit.

 

« - Mais, Patrick, nous faisons toujours autant de bénéfices le midi. »

 

Quelque chose dans son regard ne me plaisait pas. Pourtant, il avait l'air honnête.

 

« - Cela me surprend. D'habitude, c'est le service du soir qui vous apporte le plus, continuai-je.

- Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Hier soir, bien sûr, étant donné que vous étiez présent, nous avons eu beaucoup de clients. Habituellement, nous travaillons plus lors du service du midi. »

 

Il y a bien quelque chose. Tout le visage est en accord avec ses paroles. Mais, il avait un petit tic nerveux au-dessus de l'œil droit, alors qu'il travaille plutôt de cet hémisphère. Le cerveau gauche est donc mobilisé. Il utilise son cerveau entier pour me parler.

Je m’avançais peut-être. Je devais explorer cette piste.

 

« - À propos d'hier soir... Qu'avez-vous pensé de ma prestation ? demandai-je, avec un petit sourire heureux. »

 

Ma joie était censée le contaminer.

 

« - J'ai beaucoup aimé, répondit le jeune homme. »

 

Encore un tic nerveux.

 

« - Les fillettes étaient conquises. J’aime faire de la magie pour les enfants. Ils sont un public tellement extraordinaire ! Qui aurait cru que des ours en peluches amusaient encore les jeunes, continuai-je.

- C'est sûr. »

 

Eh bien... je l'avais connu plus enjoué. Il avait apprécié la soirée pourtant...

Je changeais de tactique.

 

« - Vous avez l'air accablé par la mort de Mary, fis-je remarquer

- Oui. Je l'aimais bien. Elle faisait partie de la famille. »

 

Toujours le même air. Aucune tristesse, joie ou colère. Il restait neutre. Mis à part le petit tic nerveux.

 

« - Je l'aimais beaucoup. Je n'arrive pas à croire qu'elle ait été tuée par John le Rouge, confiai-je, d'une voix blanche.

- Oui... C'est horrible. »

 

Mais ?! Réveille-toi fiston ! J'ai « tué » John le Rouge !

Il se tut et continua obstinément à compter sa monnaie.

 

Je me tournai vers Lisbon.

 

« - Nous devrions aller chercher Eloïse à l'école... murmurai-je »

 

Elle acquiesça et se dirigea vers la sortie, tout en avertissant Cho, Van Pelt et Rigsby par oreillette.

 

Tiens, j'ai envie de tester quelque chose.

 

« - Hey, Antonio, ravi de te revoir ! m'exclamai-je »

 

Il n'était pas là hier soir. Je voulais avoir une réaction plus réaliste de quelqu'un ici et il était bien le seul à pouvoir me l'apporter.

 

 

« - Jane, espèce de salopard ! »

 

Un mufle se jeta sur moi. Je n'eus même pas le temps de l'esquiver.

 

Je crois que… En fait je sais pas. Je me suis fait percuté par un...

C'est tout noir là. Plus de son, plus d'image. Oulàlà ! Est-ce qu'il y a quelqu'un ?!

 


zazazou  (02.01.2013 à 21:12)

« - Jane ?! Jane ?! »

 

Oh non, je ne me réveillerai pas. Pour me prendre des coups à nouveau... Pas la peine de rêver !

 

« - Jane ! »

 

Je fais grève !

 

« - Aïe ! Psychopathe ! m'exclamai-je. »

 

Lisbon m'avait pincé. Elle recommença.

 

« - Je fais grève ! Je fais jouer mon droit de retrait ! m'écriai-je. »

 

Elle fit la moue.

 

« - Arrête de faire l'enfant. Monte donc dans la voiture... Nous avons une course à faire, je te rappelle.

- Ah oui, c'est vrai. »

 

Je me levai prestement, avec un air comique.

J'adorais taquiner Lisbon. Et elle me le rendait bien.

 

Je m'installai dans sa voiture, côté passager.

Lisbon prit le volant. Elle mit en route sa voiture puis quitta le parking.

 

« - Qu'est-ce qu’il s'est passé avec Antonio ? Je n'ai pas compris, lançai-je.

- Moi non plus. Cho s'est jeté sur lui et l'a plaqué au sol.

- Cho devrait arrêter de plaquer à terre tous les suspects. Ce n'est pas bon pour la santé. »

 

Lisbon émit un petit rire nerveux. Je la regardais du coin de l'œil.

Intéressant. Ses yeux s'accrochait à la ligne blanche au milieu de la route, comme si elle voulait éviter mon regard.

 

« - Il pense que je l'ai tuée, c'est ça ? demandai-je.

- Hum... »

 

Lisbon pesait ses mots et ses réactions. Elle avait énormément appris à mes côtés. J'avais créé un monstre.

 

« - Pas vraiment, répondit-elle.

- Il pense que j'ai attiré les foudres de John le Rouge avec mes nounours magiques ? »

 

Elle sourit.

 

« - Il pense que tu as attiré John le Rouge, avoua Lisbon.

- Moi je pense qu'il y a quelque chose d'étrange. Ils nous cachent tous quelque chose. Antonio est un despote. Ils les obligent à se taire.

- Je pense aussi qu'il y a quelque chose. »

 

Je me tus, plongé dans mes pensées. Je me repassais les différentes discussions avec les employés. Je devais oublier que j'entretenais de bons rapports avec eux. Ils me cachaient un élément qui pouvait être important.

Hypothèse : ils avaient tous plus ou moins des soucis financiers. Pourquoi ne détournaient-ils pas de l'argent de la caisse ? Ou alors, ils pouvaient faire passer une partie des bénéfices en pourboires. La caisse enregistreuse retraçant les ventes permettait de le faire très facilement. Et je suis sûr qu'ils le savaient. Mary s'en sortait très bien malgré son statut de mère célibataire.

Ou pas.

Rien ne me disait qu'elle n'avait pas d'amant secret. Peut-être était-il même profondément intriqué dans la vie de la pizzeria. Il aurait pu créer des enjeux financiers (détournement d'argent, apports de clients ou autres) et rendre jaloux le personnel.

 

Pourquoi Mary ne m'avait-elle rien dit ?

J'espérais qu’Éloïse pourrait m'aider.

 

Lisbon souriait. Qu'avais-je fais ?

 

« - Pourquoi tu ris ? demandai-je, perplexe.

- Pour rien.

- Menteuse.

- Je fais ce que je veux, répliqua Lisbon. »

 

Oh j'y suis. Je l'avais initiée au cold-reading la dernière fois, les éléments de base, pour l'amuser. J'avais envie de me mesurer à des gens qui pouvaient me contrer.

Elle était en train de me lire, pendant que je réfléchissais et baissais ma garde.

 

« - Ce n'est pas bien, Lisbon, murmurai-je, d'un air sombre.

- Pardon ?! s'exclama-t-elle, surprise.

- Jamais tu ne réussiras à faire un cold-reading total sur moi, répondis-je, avec un grand sourire. »

 

J'aurais voulus qu'il y ait un embouteillage sans fin, pour rester avec Lisbon éternellement. Je voulais continuer de rire avec elle, comme si rien ne s'était passé.

 

Elle se dirigea vers l'école que je lui indiquais et se gara.

 

Nous descendîmes.

 

« - Il s'agit d'une école privé. Ils enseignent à des enfants et des adolescents, indiquai-je à Lisbon. »

 

Au premier abord, l'établissement ressemblait plutôt à une école maternelle. Il n'y avait qu'un seul étage.

La cour de récréation était immense. Des jeux y étaient éparpillés un peu partout. Les ballons, cerceaux, cordes à sauter et autres attendaient leurs propriétaires, bien sagement.

 

Une porte vitrée nous empêchait d'entrer.

Lisbon sonna à l'interphone. Je savais qu'elle détestait les portes fermées.

Une voix robotique demanda notre identité.

Lisbon répondit calmement, sans s'énerver.

Un déclic se fit entendre. J'attrapai la poignée et ouvris la porte. Galant, je laissai passer ma très chère collègue, avec une légère révérence et un grand sourire.

 

Nous avions à peine eu le temps de faire un pas à l'intérieur que la Directrice nous sauta dessus. Sa posture était agressive. Le haut de son corps était porté en avant, les épaules et les bras semblaient faire barrage pour nous empêcher de passer.

Lisbon expliqua la raison de notre visite. Je ne me concentrais pas sur leurs paroles. Je préférais observer totalement le paralangage de la Directrice, plus révélateur.

 

Elle avait repris l'établissement l'année dernière. La femme était étrangement jeune. Je ne pensais pas qu'il était possible d'atteindre des fonctions élevées à son âge. Ses habits en velours noir étaient très chics. Le tailleur coûtait assez cher. Je pensais reconnaître un parfum de grande marque. Avec ce froid, difficile d'être précis, je m'enrhumais.

Ses innombrables bijoux semblaient déplacés. Je ne serais pas surpris d'apprendre qu'un adolescent la suivait pour essayer de la voler.

 

Elle nous tourna le dos, afin de nous emmener chercher Éloïse. Ses talons, hauts de dix centimètres, claquaient sur le sol avec énervement.

 

Je me contentais de suivre, le cerveau en « pilotage automatique ».

 

Quelques temps plus tard, nous retournâmes dans la voiture, avec la petite. Je crois qu'elle m'avait saluée. Elle était très contente que je la fasse manquer les cours.

 

Nous passâmes devant une rue marchande que je connaissais bien. Je demandai à Lisbon de m'y déposer. Je lui dis vouloir acheter quelque chose. Elle dû comprendre que je voulais en fait réfléchir à la façon d'où j'allai parler à Éloïse.

Lisbon me déposa, en me priant de faire attention à moi.

Message reçu, Lisbon.

 

Je me baladais dans la rue. Les vitrines affichaient des décorations de Noël. Nous étions le vingt décembre. Noël n'était plus synonyme de fête pour moi. Mais je me prêtais au jeu, pour plaire à mes amis, à ma nouvelle famille.

L'ambiance me rendait mélancolique. J'essayais de me concentrer sur la discussion que je devais avoir ce soir.

 

Mon téléphone sonna. Lisbon m'appelait.

 

« - Lisbon ?

- Les autres ont récoltés des informations intéressantes. Veux-tu que je t'en parle maintenant, ou préfères-tu attendre de revenir au CBI ? demanda Lisbon.

- Oh, il n'y a pas d'oreilles indiscrètes de mon côté... commençai-je.

- De mon côté non plus... »

 

Elle commença à m'expliquer les différentes théories, mais je ne l'écoutais pas.

Il y avait quelque chose d'anormale. Je me retournai. Une forme s'approcha de ma tête, et je perdis connaissance.

 

Quelqu'un m'appela. Une voix féminine connue, qui s'inquiétait pour moi.

Puis de nouveau le noir.


zazazou  (02.02.2013 à 17:25)

J'entendis des crissements de pneus.

Puis de nouveau le noir.

 

Mes poignets me faisaient mal. J'avais des difficultés à respirer.

Je replongeai à nouveau dans le noir.

 

Un tissu était plaqué contre ma bouche, un autre contre mes yeux. Peut-être le même. Quelle importance ? Seul mon nez n'était pas recouvert. Mes chevilles et mes poignets étaient attachés.

Le noir, encore.

 

Je sentais des vibrations dans le sol. Il y avait des gens à côté de moi. Qu’allaient-ils me faire ?

Je retombai une fois de plus.

 

 

Il faisait froid. Ou j'avais froid.

J'étais aveugle et sourd. On m'avait mis un bandeau et un casque. Pourquoi avais-je autant d'absences ?

J'avais été kidnappé. Bon sang... Pourquoi ? Qu’avais-je fais ?

J'étais fatigué. Tellement fatigué.

 

 

Lisbon me cherchais. Je le savais. Elle devait s'inquiéter. Je ne savais pas quoi faire.

 

Je n'arrivais pas à distinguer mes absences de mes...

 

Ce bandeau me perturbait. Je ne voyais plus aucune lumière.

 

J'étais trempé. Quelqu'un avait jeté un sceau d'eau froide sur moi, pour me réveiller. Je devais avouer que cela fonctionnait plutôt pas mal. J'entendais l'eau goutter au sol.

 

« - Monsieur Patrick Jane. Quel honneur d'avoir un hôte aussi prestigieux parmi nous. J'espère que vous apprécierez votre séjour chez nous. »

 

La voix qui avait parlée était métallique. Je n'avais plus rien sur les oreilles.

 

Lorsque la chose eû terminée de parler, quelqu'un plaça de nouveau un casque sur mon crâne. Une mélodie en sortait. Queen.

 

Qui a eût l'idée de me faire écouter du Queen ? C'est ridicule !

 

Les premières notes de musique de « I want to break free » s'élancèrent, et bientôt, je commençais à taper du pied.

 

Je me sentais ridicule tout de même. Je ferais mieux d'essayer de m'échapper.

Je tordis mes poignets pour essayer de rapprocher mes doigts du nœud.

En inclinant mes épaules vers le bas, j'arrivais à toucher le tissu de l'index. Je dessinai les contours du nœud, afin de le représenter dans mon esprit. Cette opération me pris un certain temps. Le casque avait passé « I want to break free » deux fois, « Who want to live forever » et « Bohemian Rhaspody ». J'eus beaucoup de mal à imaginer le nœud.

 

Je perdis à nouveau connaissance.

 

Hein ? Où est-ce que je suis ? Lisbon !!

 

« - Show must go on ! Show must go on !! »

 

Quoi ?!

 

Ah, je dois me concentrer sur le nœud.

 

Des vibrations dans le sol. J'avais des visiteurs.

 

L'un d'eux enleva mon bâillon. Ses mains étaient rugueuses. Il n'en prenait pas soin. La pulpe de ses doigts était constituée d'une bonne couche de corne. Ses ongles me griffaient et étaient coupés d'une manière irrégulière. Il les rongeait probablement.

Ses mains me frôlaient les joues. Il cherchait le nœud, et mis quelques secondes à le trouver. La pièce ne devait pas être très éclairée. J'en profitai pour noter mentalement dans ma « forteresse » la façon dont il le défit. Si la personne ayant attaché le tissu autour de ma bouche avait aussi lié mes mains, il y avait de fortes chances que le nœud soit fait de la même façon.

 

 

« - Show must go on... »

 

La chanson se terminait.

Je me raidis, dans l'attente.

 

Je reçus un coup dans le ventre. Je serrai les dents. Ils avaient besoin de m'entendre gémir ou même les implorer. Peut-être pour leur demande de rançon. Je n'allais pas les satisfaire.

 

Encore une absence.

 

« - Pushing down on me, pressing down on you, no man ask for. Under pressure... »

 

 

J'étais allongé sur le sol, toujours solidement attaché à ma chaise, avec des choses sur mon visage. Je ne comprends pas. Ma main droite me faisait souffrir. Du sang coulait, quelque part.

Le sol était en béton. J'étais couché dessus.

 

Je devais essayer de reproduire les mouvements de l'homme qui avait défait mon nœud. Mais ma main droite refusait de bouger. Il semblait que je j’étais tombé sur le dos. Dans ce cas, impossible de libérer mes mains.

Mes jambes étaient en l'air. Peut-être pourrais-je libérer mes pieds.

 

J'y travaillai pendant un certain temps.

 

La musique m'épuisait.

 

« - I gonna go go go, they're no stopping me !! »

 

J'avais envie de vomir. Je mordis mon bâillon. Si seulement je pouvais avoir un peu plus d'air ! J'étouffais !

 

Je ne savais pas depuis combien de temps j’étais là. Je n'arrivais pas à différencier mes absences de mes périodes de conscience.

 

Je savais par contre que la musique tournait depuis longtemps. J'avais maintenant le droit à « Radio ga ga ». C'est moi qui allais devenir « ga ga » si ça continuait. Ou « gaga ». Ou peu importe.

 

J'avais envie de vomir. Je retins un cri.

Mes chevilles étaient bien trop serrées. Quelqu'un avait dû remarquer mon manège puisque mes pieds étaient maintenant dans un sac, maintenu par une corde. Deux liens aux chevilles. J’étais fichu.

Je devais attendre qu'ils me détachent.

 

Je ne sais pas combien de temps passa. Je voyais Freddie Mercury déchirer son maillot et se déhancher dans son pantalon moulant jaune fluo. Torture insoutenable. Toutes ces couleurs vives me donnaient le vertige.

 

J’aurais voulu me laisser aller. Après tout, je rejoindrais ma femme et ma fille. Quoi de mieux ?

Lisbon m'en voudrais. Elle me haïrait. Et elle irait me botter le train, qu'importe où je serais parti.

Mieux valait essayer de sortir d'ici.

 

Un certain temps s'écoula.

 

Quelqu'un me poussa sur le côté et me détacha. Je ne l'avais même pas sentit arriver.

Il enleva aussi mon bâillon, et mon casque. J’étais à moitié sourd.

 

« - Lèves-toi ! m'ordonna une voix »


zazazou  (24.02.2013 à 13:00)

Homme. La quarantaine. En surpoids (ou obèse?). Psycho-maniaco-dépressif refoulé.

 

Je ne bougeais pas. Je ne savais plus très bien où étaient mes jambes et le sol.

 

Il passa son bras par dessous mon épaule et me souleva. Mes jambes tremblaient. J'étais beaucoup trop faible et désorienté.

L'homme était très grand. Très fort. Je me collais à lui. Pas de gros ventre. Alors il était musclé. Sa carrure était sûrement impressionnante.

 

« - Marche. »

 

Il me poussa. Je manquai de tomber.

Il me rattrapa. J'essayai de marcher correctement.

 

« - Enlevez-moi mon bandeau s'il vous plaît... Je n'arriverai pas à marcher... demandai-je, d'une voix volontairement faible. »

 

Je me pris les pieds dans quelque chose (sûrement ses pieds à lui) et tombai lourdement sur le sol.

 

« - Bordel, relève-toi. »

 

Je me redressai tant bien que mal. Ce n'était pas facile avec les mains attachées.

L'autre m'attrapa à nouveau et me releva. Il me força à marcher, tout en me guidant.

 

« - Tu parles et t'es mort. Compris ?

- Oui... »

 

Personnellement, je ne tenterais pas l'hypnose dans ces conditions.

 

Nous marchâmes sur quelques mètres. Il me lâcha pendant quelques secondes puis me poussa.

 

Je tombai. 

 

Une porte se ferma. Puis plus rien.

 

J'étais allongé par terre, en chien de fusil.

 

Oh ?! Mes liens sont défaits. Je peux me libérer ! Sans le barreau de la chaise, mes liens sont plus lâches !

 

Je les défis en moins de deux minutes.

Quelques secondes plus tard, j'étais debout. La pièce n'était pas éclairée. Pendant quelques secondes, je crûs ne pas avoir enlevé mon bandeau.

 

Comment trouver la porte ? Facile. Imaginons que je sois dans une petite pièce. Je suis tombé la tête vers le fond, les pieds vers la porte. Je me suis mis debout, tout en restant dans la même direction : les yeux vers l'autre bout de la pièce.

Logiquement, si je me retourne, je suis vers la porte. Il me suffit alors de marcher droit et je la trouve.

 

Et elle n'est pas là. Mince. Je me suis décalé. Je la trouverai à droite.

 

Voilà, c'est fait. Bonne nouvelle.

Le plus dangereux dans cette situation était de perdre ses repères, sans pouvoir retrouver la sortie. Si je m'étais trompé, j'aurais dû ramper au sol, et chercher le souffle d'air qui passait sous la porte.

 

Je tâtonnai, à la recherche de la poignée. J'ouvris la porte et tendis l'oreille. J'entendais encore Freddie Mercury chanter. Impossible de me concentrer.

Seule solution : foncer.

 

Le couloir était peu éclairé. Il y avait des pièces et des chemins partout. Comment allais-je faire pour me repérer ?

Si seulement Freddie Mercury pouvait arrêter d'aboyer dans ma tête !! Cela allait me rendre carrément dingue !

 

Ahh mon oreille siffle... Je peux me concentrer sur mon acouphène tiens...

 

Je choisis une direction au hasard et marchai.

Il n'y avait aucun bruit. Rien ne bougeait.

 

Je trouvais ça assez effrayant. Si il n'y avait personne ici, peut-être pourrais-je allumer une lumière ?

 

J'entrai quelque part et effleurai le mur, à la recherche d'un interrupteur. J'actionnai quelque chose.

Une lumière faible et blafarde éclaira la pièce.

Je clignai des yeux plusieurs fois. La lumière m’agressait.

 

L'endroit servait de bureau. Il y avait trois bibliothèques, peu chargées, contenant des atlas sur le monde entier. Un gros bottin contenant des numéros de téléphones n'était pas rangé entre les gros volumes.

Je le pris, et ouvris une page au hasard. Trois numéros étaient soulignés. Je les retins.

 

Dans l'angle, il y avait une table avec un ordinateur. Le voyant orange indiquait qu'il était en veille. Mes kidnappeurs seraient-ils partis précipitamment ?

 

Je bougeai la souris pour réveiller l'ordinateur. La tour fit un drôle de bruit.

Je fermai la porte et la lumière, par précaution.

J'espérais que le bruit de la tour ne me trahirait pas.

 

L'ordinateur demandait un mot de passe. Mince.

 

J'observai les atlas. L'un d'eux, sur l'Afrique, n'était pas aligné avec les autres. Devais-je l'ouvrir ?

 

Je savais peu de choses sur mes ravisseurs. Les livres sur le monde semblaient indiquer qu'il s'agissait d'une organisation qui visait la planète. Mais pour quelles raisons ? Et que voulaient-ils faire de moi ?

 

J'avais peu de temps. Je devais prendre ce livre.

 

Je me levai et le récupérai. L'ouvrage était écorné, abimé, bref, beaucoup feuilleté. Je le torturai moi aussi, en tournant les pages rapidement. L'une d'entre elle avait été à moitié déchirée. Elle décrivait le système économique du pays. Le mot « corruption » semblait être un bon moyen de la résumer.

 

C’était bizarre, je n'ai jamais vu ce genre d'atlas dans les rayons des magasins. Pourtant, l'édition datait de cette année. Et j’allais périodiquement repérer les livres publiés.

 

Pourquoi avoir arraché cette page ?

Et si le livre avait été imprimé en guise de code ? Les premières lettres de chaque ligne ? Rien de cohérent. Les dernières lettres de chaque ligne ? Non plus. Le milieu de page ?

 

Voyons voir. Le haut est plié. Comme si le mot de passe n'était pas évident à voir, qu'il fallait bien tendre la feuille et approcher ses yeux pour...

 

Sous la lampe... Écrit avec un stylo à encre spécial...

 

''Firetiger''

 

Tyger tyger burning bright, in the forests of the night...

 

John le Rouge...

 

Je tapais le mot de passe.

 

La session s'ouvrit. Le fond d'écran représentait un tigre de feu.

 

Je fouillais dans les documents. Il n'y avait aucun dossier.

Je jetai un œil aux photos. Des photos de moi. Des photos de gens connus à la télévision. J’aurais pu citer leur nom à tous. Une photo intitulée : pour vous convaincre. Ma femme et ma fille, sous le fameux visage souriant.

 

Je fermai tout, appuyai sur n'importe quel bouton et quittai la pièce, en remettant en place ce que j'avais déplacé.

 

Le couloir était toujours très sombre. Ils n'ont pas payés leur facture d'électricité ou quoi ?!

 

Ah mais ?! Ce petit rayon de lumière... Qu'est-ce que c'est ?! Et si je le suivais ?

 

Un escalier ?! Une porte ?!

 

Mince, la porte est verrouillée.

 

Heureusement, j’avais une grosse aiguille plantée dans la couture de mon pantalon. Ils ne l’avaient pas trouvée.

Je crochetai la serrure en quelques secondes et sortis à l'air libre.


zazazou  (17.03.2013 à 20:59)

Je me trouvais dans un bloc d'immeubles qui semblait désert.
Sans réfléchir plus longtemps, je me sauvais en courant. Avant de quitter l'endroit, je pris note mentalement de la rue.

Quelques mètres plus loin, je m'arrêtais. J'étais épuisé. J'ai couru très vite, sans faire attention à mon état.
J'avais une forte douleur au torse et au poumon gauche. Ma poitrine se soulevait bizarrement de ce côté. Puis j'avais envie de vomir. Je ne me sentais pas bien.

Á première vue, j'étais encore à Sacramento. Il me semblait reconnaître l'endroit. Lisbon habitait plutôt loin, mais je n'avais pas le choix.

Il faisait jour. Et froid. Très froid. Quelle horreur.

J'effrayais les passants. J'étais en pantalon et chemise. Ils ne m'ont pas laisser ma veste. Logique.

Il faut que je marche. Je dois prendre de l'avance sur mes agresseurs.

Je dois rejoindre la maison de Lisbon.

Les montres des passants indiquaient midi. Ils me regardaient d'une drôle de façon.
Mon reflet dans la vitre montrait un homme couvert de poussière, hagard, et blessé. J'avais du sang séché sur le front. J'en grattais une partie et camouflais le restant sous mes cheveux, sans trouver la plaie.
Mes bras étaient couverts d'entailles. Sûrement ma chute au sol.


Il me faudrait des vêtements amples pour cacher tout ça et changer d'apparence. Je sais qu'il y a un magasin de vêtements dans le coin.

Je passais dans une rue marchande où la population était dense. Malgré mon apparence repoussante, les autres devaient se coller à moi pour avancer.
Mes mains s'égarèrent « malencontreusement » dans des poches près de moi. J'en sortais des portefeuilles et les glissais dans mes poches de pantalon.
Ensuite, je m'écartais de la marée humaine, à l'entrée d'une ruelle sombre.
Un chat noir fit tomber une poubelle. Je sursautais.

Je m'encourageais mentalement à me reprendre.

Bon, qu'est-ce que je fais ensuite ?
Je regardais les portefeuilles. Je gardais la monnaie et jetais le restant. Le montant de mon butin s'élevait à six cent dollars. Pas trop mal. J'avais déjà fait mieux.
En même temps, à l'approche de Noël, les gens avaient moins d'argent dans leur porte-monnaie et plus de sacs.
Enfin... Ce sera suffisant pour m'habiller d'une manière commune. Je pourrais me fondre dans la foule.

Je plongeais à nouveau dans la foule et me laissais porter jusqu'à un snack. J'attrapais rapidement une bouteille d'eau au passage. La marée m'emporta à nouveau.

Je quittais le courant quelques mètres plus loin, pour marcher dans une rue peu fréquentée.
Je m'arrêtais devant une vitre qui me reflétais parfaitement. J'entrepris de me donner une apparence moins repoussante.
Quelques temps plus tard, j'avais réussis à me débarraser des traces de poussières et laver mes égratignures. Je cachais la bouteille à moitié vide dans ma chemise, que j'avais rentré dans mon pantalon.
De cette façon, j'avais l'air d'avoir une petite bedaine. Je ne sais pas encore où je voulais en venir en faisant ça, mais j'improviserais au fur et à mesure.

Je retournais dans l'allée principale et me laissais porter jusqu'au magasin de vêtements. Je gagnais le rayon pour homme avec rapidité. Je me sentais toujours mal à l'aise dans les magasins. Peut-être depuis que j'avais tué John le Rouge dans un centre commercial. Ou une légère claustrophobbie. Je ne crois pas. J'avais l'habitude de me faire enfermer dans une boite et transpercer d'épée par ma femme.

Aaaaahh j'ai mal à la tête... Je réfléchis de trop...

Je choisis un ensemble assez passe-partout. T-shirt gris et jean noir.

Ah, je me rappelle pourquoi je dois être rapide. J'ai les bras nus. Un bel hématome violet tâchait mon bras droit. Je suppose que le bras gauche devait avoir prit un coup aussi.
Dans peu de temps, un agent de sécurité me remarquerais et me demanderais de sortir.

J'enfilais une veste en cuir.

Hum... Si je voulais aller aux cabines d'essayage, je devais faire en sorte de justifier de porter la veste sur moi.
Je prenais d'autres vêtements, puis me dirigeais vers les cabines.
Une vendeuse me salua du regard.
J'entrais dans une cabine, avec toutes les affaires.
Je mis le t-shirt gris et le pantalon noir de côté. Puis j'enlevais la veste et fis sauter l'antivol.

Je suis fatigué...

Bon, concentres-toi Patrick !

J'essayais les vêtements et me regardais dans la glace. Il y a quelques modifications à faire pour être parfait.

Je remis mes propres habits et quitta la cabine avec tout mon bazard.

La vendeuse me trouvais étrange.

« -Je vais ranger tout ça, ne vous inquiètez pas.-assurais-je, avec un air penaud »

Je retournais dans les rayons rapidement, craignant qu'elle ne me demande de la laisser ranger les vêtements.

J'entassais tout ce que j'avais sous un rayon puis filais aux caisses. Au passage, j'attrapais des petites pinces noires et un bonnet de la même couleur.

Je payais et quittais l'établissement sans difficulté. Ma veste ne comportait pas de deuxième antivol. Le magasin était beaucoup trop pauvre. Perdre une veste équivalait à perdre moins d'argent apparement.

Je trouvais une autre ruelle sombre. Décidement... Pourquoi autant de ruelles sombres ?
Je regardais autour de moi. La rue principale était envahit de décorations lumineuses représentant Noël. Ils n'ont pas assez d'argent et d'éléctricité pour polluer toutes les rues.

Je me changeais rapidement, et abandonnais mes vêtements dans un container à ordure.

Je pris les pinces et les accrochaient dans mes cheveux. Enfin, j'enfilais mon bonnet. Aucune mèches ne dépassait. J'étais un homme nouveau. Enfin, j'espère.

Je me remis en marche.

La nuit tomba. Je n'avais pas faim, ni soif.

Je continuais de marcher.

Impossible de voir les étoiles ce soir. J'aurais tellement aimé.

Je marchais. Encore et encore...

Des gyrophares au loin. J'avançais dans leur direction.

Hum... Il me semble reconnaître ces voitures. Je verrais mieux lorsque je serais plus près.

Oh !

La voiture de Lisbon !
Je courais pour m'approcher.

Ah... Qui sont ces personnes qui travaillent avec Lisbon ?

Je m'approche encore, jusqu'à être très proche de Lisbon.

« -Êtes-vous bien sûr que c'est lui ? On ne peut pas se permettre d'enquêter sur une fausse piste.-s'inquiéta Lisbon
   -Nous en sommes certains. C'est pour cela que nous vous avons appelé. »

L'homme qui avait parlé était grand et plutôt … Épais...

Et cette voix...

Cette voix...

« -Vous pouvez remarquer que la façon de dessiner le smiley est strictement identique.-continua la voix »

Cet homme est celui qui m'avais fait changer de pièce. Je n'ai pas pu voir correctement son visage, mais sa voix et sa carrure concordent.

« -Je dois vous prévenir Lisbon. Je vous aime beaucoup. N'hésitez-pas à solliciter mon aide pour... »

Le cadavre ?! Où est le cadavre ?

Je vois rien ! Le véhicule me gêne.

Je me décale de deux pas sur la gauche.

Le smiley.

Le cadavre en dessous.

« -Non ! C'est pas vrai !-cria Lisbon »

Blond. Comme moi. Défiguré par un tir à bout portant. Même taille que moi. Même pointure.
Bon sang. Lisbon n'y verra que du feu.
Elle se précipita sur le corps. La face était horriblement déformée. Le légiste prendrait beaucoup trop de temps à l'identifier. Comment va-t-elle réagir ?

Je bousculais quelqu'un, en essayant de me rapprocher. Ses larmes me déchirais le cœur. J'aurai voulu la prendre dans mes bras. Je crois que je m'approchais pour le faire.

« -Hey, vous ! »

J'avais bousculé Cho.


zazazou  (15.05.2013 à 10:01)

Il m'attrapa le bras avec une force extraordinaire. Non, c'est le mauvais bras ! Aaaahh !

Oulàlà... Des étoiles...

« -Cho ?! -s'exclama Lisbon »

Ses grands yeux embués de larmes me... C'est si tragique...

Je tentais d'éloigner Cho. Il me maintenait toujours aussi fermement. Aaahh...

Je n'aurais pas mon collègue par la force. Il avait la mauvaise habitude de plaquer les gens au sol. Et je suis sûr qu'il me casserait les côtes.

« -Lâchez-moi Monsieur Cho...-murmurais-je, avec une grimace »

Surpris, il s'exécuta.

Monsieur Cho... Je l'avais appelé de cette façon, le jour où, désorienté, je lui avais joué un mauvais tour.

Je profitais de son désarroi pour m'échapper.

Un des policiers était venu en moto. Je sortis ma grosse aiguille, plantée dans ma chemise, côté gauche, camouflée dans une couture.

Personne à gauche, personne à droite... Je sautais sur la selle et j'enfonçais l'aiguille dans le réceptacle de la clé et appuyais fort.
La bête rugit et je lançais les gaz.

Des policiers tentèrent de tirer dans les roues. Je zizaguais pour les éviter.
Les sirènes se rapprochaient. Je virais brutalement à gauche, afin de partir dans une petite ruelle (sombre, encore une fois).
Les policiers étaient dans l'imposibilité de me suivre. Je continuais à me cacher dans d'autres rues secondaires aux voies principales.
De toute façon, ce n'était pas moi le coupable du vol, j'étais mort.

Le plan de la ville se dessinait dans ma tête. Je me représentais la progression de ma moto dans le temps et l'espace.
La maison de Lisbon n'était plus très loin. Je pourrais m'en rapprocher tout en empruntant les petites routes.

Ou pas.

Il y avait sûrement une balise de localisation sur le véhicule. Je n'arriverais probablement pas à activer la radio ou toucher aux boutons. L'engin va beaucoup trop vite.

L'environnement autour de moi étaitt flou et déformé. Le vent me frappais le visage. Je volais.

Je descendais une allée en forme d'escaliers. Les grandes marches faisaient souffrir les essieux.

Quelque chose me percuta, je ne sais où et je ne sais pas comment. Je fis un vol plané de plusieurs mètres, percutais quelque chose et perdis connaissance.

Je flottais. Je planais. J'aime bien cette sensation. Être libéré de toute peur, de toute douleur, de tout doute...

Je ne sais plus d'où je viens. Pourquoi suis-je là ?


« -Je n'arrive pas à croire que Jane soit mort...-se lamentait Lisbon
   -Moi non plus. Teresa, ne restes pas seule ce soir. Viens avec moi. On se fera un film.-proposa une voix que je connaissais »

Je me raidis, terrorisé.

J'étais étendu sur un lit d'ordures, recouvert par un couvercle de benne.

« -Non... Je vais rester chez moi... Je t'appellerai si j'ai besoin... Merci...-répondit-elle, avec tristesse »

Sa douleur me toucha. J'avais envie de pleurer. J'ai très mal au crâne.

« -Pardonnes-moi...-murmurais-je »

Les policiers désertèrent lentement les lieux. J'attendis de ne plus voir les lumières des gyrophares et me relevais, lentement.

Le jour se levait.
Je devais être dans un état lamentable.

Je rejoignis une autre rue et remarquais, avec surprise, que je n'étais pas loin de la maison de Lisbon

Wouhou. Je commence à en avoir légèrement marre. J'avais envie de m'effondrer. Mais l'adrénaline m'en empêchais.

Les gens ne m'évitais pas. Je ressemblais à un « sans-abris ». Je faisais partie du décors.

Au bout de quelques minutes, j'avais rejoins la maison de Lisbon. Enfin...

Je pénétrais à l'intérieur. Lisbon n'était pas là.
Bon, qu'est-ce que je fais ? Je ne vais pas tarder à tomber. Je ne sais pas si Lisbon va rentrer avec quelqu'un.
Je vais probablement lui faire peur. Après tout, je suis censé être mort et non agonisant dans son salon.

Je me cache, je sombre, et je vois ensuite.

Ce placard fera l'affaire.

Deux secondes plus tard, j'étais parti très loin.



Je suis bien. J'ai chaud. Cette couverture est vraiment très... Bien.

Bien...

Tiens, aurais-je perdu mon bonnet ?

Où suis-je ? Où je suis ?! Quoi ?!

Je quittais la petite pièce où j'étais pour tomber dans... Tomber dans...

« -Jane... Tout va bien... Tout va bien...-murmura Lisbon »

Elle s'approcha lentement de moi.
J'étais paralysé. Et tellement épuisé...

« -Jane, tu es chez moi, en sécurité. Je ne les laisserais pas entrer... »

J'étais choqué.
Elle utilisait des méthodes d'apaisement. Et je n'arrivais pas à me décider si elles devaient être efficace ou pas.

Lisbon prit mes mains. Sa chaleur me ramena à la réalité. Je la pris dans mes bras, et la serrais fort.

Je me détendis au son de ses battements de cœur.

Quelques minutes plus tard, je desserrais notre étreinte, pour lui permettre de respirer un peu.

« -Comment ça va ?-me demanda-t-elle »

Le ton de sa voix, inquiet et angoissé, m'indiquais qu'elle n'attendait pas vraiment un oui ou un non. Elle le savait déjà. Lisbon voulait que je développe.

« -Mieux. Et toi?-demandais-je
   -J'ai cru que tu étais mort.-répondit-elle, d'une voix blanche
   -Tu aurais finis par identifier le cadavre.-la raisonnais-je
   -Il y avait des photos...-précisa-t-elle
   -C'est fini... Je suis là maintenant. »

Je pris sa main.

« -On ne se débarrasse pas de Patrick Jane si facilement ! »


zazazou  (17.05.2013 à 09:06)

Lisbon paraissait choquée.

« -Hey, c'est fini... Je suis là...-murmurais-je, perplexe »

Quelque chose l'avait effrayé.
Elle se reprit quelques secondes plus tard.

« -Viens manger. Tu dois être affamé.-fit Lisbon »

Je souris et la suivis dans la cuisine.

Elle sortit une tarte au saumon du réfrigérateur et la mit au four pour une dizaine de minutes.

« -Comment vas-tu ?-me demanda Lisbon, inquiète
-Et bien... Je me suis fais kidnappé, torturé, je me suis enfui en volant une moto de la police. Moto que j'ai quittée, apparemment.
-Je t'ai retrouvé totalement assommé dans les poubelles. Je t'ai caché, pour que les agents ne te voient pas. Ces déchets t'ont sauvé la vie. Que veux-tu dire par torturé ?-s'inquiéta (encore) Lisbon
-Ils m'ont mis un casque sur les oreilles. Les chansons du groupe Queen tournaient en boucle. »

Lisbon pouffa.
Je pris mon air de chien battu.

« -C'était horrible... Je voyais Freddie Mercury se trémousser dans un pantalon moulant jaune fluo.»

Je versais une petite larme.

Lisbon éclata de rire.

« -Ah ! Je le savais ! Tu en pinçais pour Freddie Mercury dans ta jeunesse ! »

Elle piqua un fard monumental.

« -Mais c'est pas vrai !-s'exclama-t-elle
-Ta tarte brûle. »

Je lui offrais cette diversion.

Elle alla sauver sa tarte, ravit de s'esquiver.
Lisbon me présenta son plat. Il y avait beaucoup de gruyère.
Je me levais pour attraper des couverts. La pièce tanguait un peu. C'était assez drôle.

« -Laisse. Je suis plus près.-s'empressa de dire Lisbon »

Elle prit les couverts et les disposa.

« -Je suppose que je ne pourrais pas te faire aller à l'hôpital.-avança-t-elle
-Exactement.-rétorquais-je
-Et je ne vais pas essayer. Pas tant que tes kidnappeurs seront dans la nature.
-Merci... »

Je coupais la tarte. Si jamais elle avait caché de la drogue dedans, je préférerais choisir ma part.
Elle sourit, amusé.

« -Quel est mon intérêt de t'envoyer à l'hôpital si c'est pour que tu t'en échappes, et te fasses à nouveau kidnapper ?-souligna-t-elle »

C'est vrai. Elle n'a pas tort.

« -Il y a plus de gruyère sur cette part.-prétextais-je »

Ma remarque provoqua un nouveau rire chez elle.

Je me sentais bien. Oui. Du calme. De la sécurité. Et le canapé de Lisbon. J'adore son canapé.

Je somnolais dessus depuis une bonne vingtaine de minutes déjà. Lisbon était... Quelque part...

« -Lisbon, je suis tombé amoureux. J'aime ton canapé. Je vais rester sur ton canapé toute ma vie.-marmonnais-je
-Attends, je vais le déplier, tu seras mieux dessus.
-Ah non. Je ne bouge pas d'un pouce. Je suis bien là. »

Je me laissais glisser en position allongée. Tiens, on dirait qu'il y a une housse sous moi. Lisbon a-t-elle peur que je salisse sa merveille ? Il faudrait que j'aille prendre une douche.

Quelqu'un sonna à la porte.
Je repliais mes jambes pour éviter qu'elles ne dépassent du canapé. J'étais invisible.

« -Merci Grace.-murmura Lisbon
-Comment te sens-tu?-demanda Van Pelt
-Je ne sais pas.-répondit simplement Lisbon
-Viens avec nous.
-Je veux rester seule. Merci Grace.
-Je peux rentrer ? -demanda timidement Eloïse
-Oui, viens.-répondit Lisbon »

Les deux policières se saluèrent et Lisbon referma la porte.

« -Eloïse, j'ai une surprise pour toi.-fit malicieusement Lisbon
-Ah oui ?
-Regarde qui est sur le canapé. »

Je me jetais hors du canapé avant que Eloïse ne saute dessus. J'évitais ainsi une mort lente et douloureuse. Mais je me fis mal au bras.

« -Paattttt'!!-cria la jeune fille
-Oh non pas toi !-répliquais-je
-Et si ! Et devine-quoi ? »

Je me relevais, pour faire face à une Eloïse assise la tête en bas sur le canapé.

« -J'ai eu une rédaction à faire et je t'ai mis dedans !-s'exclama la petite »

Comme Charlotte-Anne. Décidément, je suis l'idole des jeunes.

« -Je parie que je suis le héros.-avançais-je
-Non. Tu es un magicien cambrioleur ! »

Les même mots que Charlotte-Anne.

« -Pas mal.-répondis-je »

La journée passa et je regardais les aiguilles tourner en temps que spectateur. J'étais épuisé physiquement et psychiquement. Et pourtant, ce soir, je ne dormirai pas. Lorsque les deux filles iront se coucher, je me retrouverai seul face à ce qui m’était arrivé.


zazazou  (08.06.2013 à 12:47)

Lisbon remarquait mes absences. Si je n'arrive pas à me concentrer, je suis sûr qu'elle s'inquiéterait et m'enverrait à l'hôpital. Et les médecins ne pourront pas régler mon problème. L'adrénaline. Elle était toujours là, et me tenait en alerte. Quand je l'aurais éliminé, il ne restera plus rien de moi.

Lisbon mit un dessin animé à la télévision. Je fis semblant de le regarder, ailleurs. J'étais anesthésié.

La nuit tomba. Enfin. Ou pas. Je ne pourrais pas dormir. Ce n'était pas la délivrance tant attendue.

Lisbon déplia le canapé-lit et installa des couvertures.

Je me couchais et elle partit dans sa chambre.
Voilà. Le moment tant attendu.

Je déteste la nuit. Je ne sais plus dormir. J'ai perdu le mode d'emploi.
Parfois, j'ai des « périodes » de fatigue que les autres appellent « sommeil ». Elles restent assez pénibles. Je ne dors vraiment bien que lorsqu'il y a du monde. Je leur passe le relais, en quelque sorte. Et ils « surveillent » mes arrières.

Pour cette nuit, j'étais en sécurité. Seulement, l'adrénaline me tenait encore éveillé. J'avais l'impression d'être dévasté.

J'étais épuisé. Les heures passaient. Je comptais les secondes de chaque minute. Insoutenable.

Vers trois heures du matin, Lisbon vint me rejoindre sur le canapé. Elle était gelée. Je lui passais une partie de la couverture.

« -Tu ne dors pas.
-Non...-répondis-je, doucement
-Tu veux m'en parler ?
-Je ne dors pas. C'est tout.-répondis-je »

Elle laissa flotter quelques secondes. Je les appréciais.

« -Alors moi, je vais parler. Tes ravisseurs nous ont envoyés une photographie de toi, ligoté sur une chaise. Il y avait une demande de rançon. Trente mille dollars. »

Je sifflais, impressionné.

« -La seconde photographie te montrait à terre. Ils disaient que tu étais mort. Tu avais tenté de te sauver.-expliqua Lisbon
-J'avais vraiment réussi à me sauver.
-Oui. »

Encore un moment de flottement. Lisbon cherchait quoi dire.

« -Je me suis occupé de la petite pendant ton absence. Je l'aime bien. Elle est extraordinaire. -dit-elle
-Je trouve aussi. Cette fillette est étonnante. Elle me fait rire !-répondis-je
-Moi aussi ! »

Nous continuons de parler de tout et de rien. Peu à peu, ma tension s'apaisait.
Je me réinstallais plus confortablement sur le dos, mon bras me faisant mal. Mes yeux se fermèrent tout seul et je m'endormis.

Je me réveillais.
Lisbon faisait quelque chose dans la cuisine. Enfin, je n'en suis pas sûr. Je suis dans sa maison. C'est forcément elle non ?

« -Lisbon ?-appellais-je
-Oui ? »

Elle quitta la cuisine pour venir dans le salon.

« -Ah, c'est bien toi. Ok...-marmonnais-je »

Je me frottais les yeux.

Lisbon riait.

« -Quoi ?! -m'exclamais-je, faussement vexé »

Elle retourna dans la cuisine.

« -C'est vraiment pas sympa de te moquer des gens qui sont faibles et puis qui ont été torturés et... »

Je balbutiais encore quelques petites choses pour rajouter du comique à la situation.

Mon estomac me serrait douloureusement.

« -Ah ? Est-ce ton estomac qui grogne ?-m'interrogea Lisbon, de la cuisine
-Je souffre, j'agonise ! -me plaignis-je
-Poulet, frites, ça t'intéresse ?
-Et comment ! »

Je retrouvais Lisbon dans la cuisine autour d'un poulet accompagné de frites.

« -Quel est le plan?-me demanda Lisbon
-Je retourne au CBI. Mes kidnappeurs ne seront pas loin.-dévoilais-je
-Comment ça ?
-Tu ne me croiras pas. »

Elle semblait vexée. Oh non, elle allait croire que je ne lui faisais pas confiance.

« -Qui sont les personnes qui vous accompagnaient sur la scène de crimes ?-demandais-je
-Non... Tu ne penses pas que.. Ce sont des amis, des collègues que j'ai longtemps fréquentés ! »

Je levais les yeux au ciel et penchais la tête vers la gauche.

« -J'ai reconnu la voix de l'homme, lorsque tu t'approchais du cadavre qui me ressemblait.-expliquais-je
-Ulric... Non...
-Si.
-Il nous faut des preuves Jane. On ne peut pas arrêter un agent sans preuves.
-C'est pour ça que je dois retourner au CBI.-concluais-je »

Le repas se termina dans le silence.
Lisbon m'emmènera au CBI demain. Elle veut me laisser encore un peu de temps pour me reposer.
Je soupirais. Tant qu'elle ne m'emmenait pas à l'hôpital...

Je pris une douche dans l'après-midi, maintenant que les pièces ne tanguaient plus. Je me demande comment avais-je réussi à arriver jusqu'à la maison de Lisbon.

Dans la soirée, je n'arrivais plus à bouger mon bras.

Lisbon l'avait remarqué. Elle envoya Eloïse dans sa chambre.

« -Je te jure que ça va Lisbon... Pas besoin d'aller à l'hôpital !-me défendis-je
-Ta main est devenue bleuâtre !
-C'est une main de pickpocket...-commençais-je
-... Non. J'appelle une ambulance !-me coupa-t-elle
-Tu sais très bien que je vais me sauver de l'hôpital de toute façon !-rétorquais-je »

Je n'aurais pas dû dire ça. Si les yeux de Lisbon étaient des pistolets, elle m'aurait tué immédiatement.

« -Très bien. Debout ! -s'exclama-t-elle, avec colère »

J'obéis, terrifié.

« -Défends-toi !-fit-elle
-Quoi ?
-Défends-toi !-répéta-t-elle »

Elle sortit ses menottes et m'attaqua du côté droit. Évidement, je ne pouvais pas riposter.

Je tombais par terre et m'assommais un peu. Lisbon me menottait. Elle fit tout de même attention avec mon bras droit.

Je restais au sol. Mieux valait ne pas bouger. Je n'avais même pas mal au bras. Peut-être une bonne idée d'aller le montrer au médecin...

Ma tête tournait. J'avais des vertiges et envie de vomir. Je ne pouvais pas cacher à Lisbon que je n'allais pas bien.

Une ambulance arriva cinq minutes plus tard.
Lisbon me détacha. L'ambulancier était assez costaud. Je ne pouvais pas me sauver.

Deux infirmiers me retournèrent sur le dos, pour m'examiner.
L'un d'eux braqua une lumière dans mes yeux.

« -Comment vous sentez-vous Monsieur Jane ? »

Sincèrement, j'avais envie de lui faire manger sa lampe. J'essayais d'esquiver le rayon lumineux.

Je les revoyais essayer de m'attraper cette nuit là. J'aurais préférer oublier, mais j'avais tellement honte.

« -Arrêtez de bouger Monsieur Jane, vous nous compliquez la tâche. »

Si seulement je pouvais frapper ce type ! J'essayais de lutter, mais je n'y arrivais pas.

Lisbon s'accroupit à côté de moi.

« -Jane... Je suis désolé. Mais tu as besoin de soins. Je m'inquiète pour toi. Tu es blessé.-murmura-t-elle, avec émotion »

Avoir fait ça lui coutait beaucoup.

« -Quand tu sortiras, je te promets que l'on fera tout notre possible pour résoudre cette affaire. »

L'équipe soignante allait m'embarquer dans l'ambulance.

« -Très bien, à dans deux heures Lisbon... »


zazazou  (16.06.2013 à 22:16)

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