HypnoFanfics

Bullet for my Valentine.

Série : The Mentalist
Création : 09.10.2013 à 10h15
Auteur : zazazou 
Statut : Terminée

« "Suite" de Bloody Snow mais possible de les lire séparement. Si vous voulez comprendre certains événements, il faudra lire Bloody Snow tout de même. » zazazou 

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Bullet for my Valentine.

Une décision difficile.

Résumé : L'équipe part sur une nouvelle affaire, qui va les impliquer beaucoup plus personnellement que prévu...

Note : ce texte a été écrit avant certains événements de la saison 5... Vous devinerez lesquels et m'excuserez pour ce désagrément ^^ J'écris en décalage par rapport aux saisons diffusées parce que j'ai pris beaucoup de retard dans la correction. Du coup, je fais comme je peux !

 

Prologue : L'ordre

 

« La dure épreuve va finir : mon coeur, souris à l'avenir... » Paul Verlaine

Il avait donné l'ordre.

 

Il avait donné l'ordre.

 

L'information se fraya un chemin parmi les angoisses qui embrumaient mon cerveau.

 

Je bondis hors de ma voiture, traversais la rue en courant et en hurlant, esquivais les policiers et déchirais le cordon de sécurité.

 

Il avait donné l'ordre.

 

Il avait donné l'ordre.

 

Je sortis mon pistolet et le lançais à travers la vitre du magasin. Je sautais à travers la vitre brisée.

 

L'enfer se déchaîna.

 

Il avait donné l'ordre.

 

Je me cachais sous un bureau. Les balles pleuvaient.

 

J'entendis les corps tomber et les cris terrorisés.

 

Il avait donné l'ordre.

 

Les blessés imploraient Dieu de les sauver. Je m'en fichais totalement. Il n'avait aucune importance.

 

Lisbon était là-dedans. Lisbon était otage !

 

Il avait donné l'ordre.

 

La journée avait pourtant bien commencé...


zazazou  (09.10.2013 à 10:19)

Chapitre 1 : Une pause pour panser ses plaies

« Les sanglots longs, des violons, de l'automne, bercent mon cœur... » Paul Verlaine

Partie 1

Il pleuvait. Notre sortie tombait littéralement à l'eau.

Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas retrouvé seul avec Lisbon. Elle regardait le déluge, protégée par l’auvent du balcon. Lisbon se tenait de façon droite et fière au-dessus de la ville.
J'ouvris la porte-fenêtre et la rejoignis sur le balcon.

« -C'est dommage...-murmurais-je, en regardant la pluie
-Oui... »

Je savais de quoi nous allions parler ensuite. Les séquelles de cette affaire n'avaient pas encore disparu. Je portais une attelle à l'épaule droite. Je n'aurai pas dû me jeter du deuxième étage d'une maison en flammes.

« -Comment as-tu fait pour survivre dans les flammes ? -demanda Lisbon
-J'étais équipé pour ça.
-Penses-tu vraiment que ce n'était pas John le Rouge ?
-Oui. Il m'a implanté une suggestion dans la tête pendant que j'étais inconscient. »

J'avais encore tué quelqu'un qui n'était pas John le Rouge. Enfin, peut-être faisait-il parti de ses disciples.

« -On a pas vraiment eu le temps de souffler depuis cette affaire.-remarqua Lisbon
-Pas vraiment... Il fallait battre le fer tant qu'il était encore chaud...
-Qu'est-ce que ça veut dire ?
-Une expression française. Il fallait se dépêcher de démasquer toutes les taupes, essayer de retrouver John le Rouge... »

Le silence flotta entre nous. Je l'appréciais. J'étais là, avec Lisbon, un point c'est tout.

« -Patrick, nous n'avons pas pu fêter Noël non plus.-me fis-t-elle remarquer
-Je croyais que tu ne voulais pas fêter Noël, que cela te faisait peur, inconsciemment ?
-Pas du tout ?!-mentit Lisbon »

Mince, elle voulait me dire quelque chose, mais je l'ai coupé.

« -Qu'importe... Que voulais-tu dire?-demandais-je
-Je voulais dire, j'ai un cadeau pour toi. ».

Elle sortit un petit paquet de son sac à dos. Il était joliment emballé dans un paquet noir avec un ruban doré.

« -Je parie que je peux deviner ce que c'est.-avançais-je
-Vas-y.
-Petit, rectangulaire, très fin et quelques grammes à peine. Une tablette tactile. »

Elle sourit.
J'ouvris avec précaution l'emballage. Il s'agissait effectivement d'une tablette. La marque ne me disait rien, à part la fameuse pomme dessus. Cela était donc un modèle n'étant pas encore sorti.

« -Ce modèle n'est pas encore en vente.-constatais-je »

Lisbon me le pris des mains et commença à manipuler l'appareil.

« -Regarde, pour l'allumer c'est ici. Je n'ai pas mis de mot de passe. »

L'écran était très simple. Il affichait un poisson rouge et un icône appelé « document ».

« -Tu touches cet icône et ensuite tu tombes sur cette page.-continua Lisbon »
La page en question affichait « documents », « images », « musiques », « vidéos », « jeux ».

« -Où veux-tu aller maintenant?-demanda-t-elle »

Je touchais l'icône : « musiques ».

L'appareil afficha des centaines d'albums. J'étais impressionné. Il est vrai que les nouvelles technologies me faisaient peur. J'avais toujours le même téléphone portable à clapet depuis dix ans. Mais je ne pouvais m'empêcher d'avoir des petits frissons quand je touchais un appareil comme ça. C'était assez drôle de voir qu'il suffisait d'appuyer légèrement avec la pulpe du doigt pour avoir une réaction de l'appareil. J'avais l'impression d'être dans le futur.

« -Regarde la suite. »

Lisbon appuya sur une petite flèche qui permit à la machine de retourner à la page précédente.

Cette fois, j'allais voir les documents. Il y avait un dossier « John le Rouge ». J'allais dessus.

« -C'est pas vrai...-murmurais-je »

Tout les dossiers concernant le tueur étaient dessus. Même ceux que j'avais brûlé. Tous les documents de mon grenier avaient été mis à l'intérieur de la machine.
J'étais soufflé.

Lisbon me montra les autres documents. Il y avait de tout, et surtout beaucoup de sujets qui m'intéressaient.

« -Pourquoi ?-demandais-je, simplement
-Le palace mental.
-Oh !
-Je me disais que, si tu pouvais vider ton palace mental là-dedans, tu pourrais apprendre d'autres choses...-expliqua-t-elle, d'une voix presque timide »

L'intention était touchante. Bien entendu, je ne déplacerais pas mon palace mental dans une machine, ce serait absurde. J'avais une autre utilisation en tête, en rapport avec un certain psychopathe.
Je posais la tablette sur mes genoux et attrapais délicatement sa tête de ma main libre, pour déposer un baiser sur son front.

« -J'ai un cadeau pour toi moi aussi.-annonçais-je »

Ses yeux pétillèrent.

J'ouvrais la porte fenêtre et attrapais mon petit sac en papier carton. J'en sortis un cadeau que je passais à Lisbon.

« -Devine ce que c'est.-demandais-je, taquin »


zazazou  (16.10.2013 à 08:53)

Partie 2

L'objet l'encombrait. Elle s'assied, afin de le poser sur elle. Je l'imitais.

« -Grand, léger et mou. Du tissu ?-avança-t-elle »

Elle déchira délicatement l'emballage et découvrit la robe.

J'observais ses yeux alors qu'elle dépliait le vêtement, protégé par un étui en plastique, devant elle. Lisbon trouvait la tenue extraordinaire. Toutefois, ma dame n'était pas du genre à revêtir des robes. Accepterait-elle de la porter ?

« -La robe n'est que la première partie du cadeau.-avouais-je
-Ah ?
-Mais tu n'en sauras pas plus. »

Je savourais la frustration sur son visage, et elle se fit un plaisir de me mettre un coup de coude.

« -Même sous la torture !-continuais-je »

Cela me valut un nouveau coup. Je suis maltraité.

« -Puis-je demander un cadeau supplémentaire ?- fit Lisbon »

La façon dont elle construisit sa phrase me fis craindre le pire.

« -Allez-y chère amie...-répliquais-je, taquin »

Elle laissa flotter quelques instants de suspense insoutenable. Lisbon semblait choisir ses mots avec beaucoup de soin.

« -Qu'est-ce qu'on va devenir ?-demanda-t-elle »

Ah. Je ne suis pas sûr de comprendre. Oh et bien si, en y réfléchissant.

« -Que veux-tu dire ?-demandais-je
-Nous deux. »

Le « nous deux » se résumait au baiser que... Jamais je ne me serais permis une chose pareille. John le Rouge m'a bien changé... Mais à quel prix ? Et quel effet ce tueur a-t-il eu sur elle ? Les psychopathes aiment jouer avec nos âmes. Il avait depuis longtemps lacéré la mienne. Et Lisbon ? Où en-était-elle ?

Je choisis moi aussi mes mots avec beaucoup de précautions. Mais au moment de les formuler, je restais bloqué. Je ne pouvais pas lui faire ça. Je ne pouvais pas.
Je refermais la bouche, déçu. C'était beaucoup trop difficile.

La seule personne à qui j'avais vraiment parlé de tout ce que je ressentais prenait quarante dollars de l'heure. Un de mes anciens amis me dirait : « il serait temps que tu deviennes un grand garçon et que tu te trouves une femme ».

Je revis le smiley de John le Rouge, ce visage souriant ensanglanté, le cadavre de ma femme et de ma fille.
Je ne pouvais pas faire ça à Lisbon. Je ne pouvais pas lui faire ça. Le bonheur, c'est fini pour moi.

Je fermais la bouche, obstinément.
Néanmoins, nous restions tout les deux assis, savourant seulement le calme et la sécurité. L'intensité de nos regards avait suffi.


zazazou  (25.10.2013 à 18:23)

Chapitre 2 :
Bon chevalier masqué qui chevauche en silence,
Le Malheur a percé mon vieux cœur de sa lance.... Paul Verlaine


Partie 1
Notre secteur était placé en rénovation. Quelqu'un avait eu la mauvaise idée de brancher une multiprise et plusieurs appareils électroniques sous une fuite d'eau.
Ce fameux quelqu'un avait incendié tout l'étage. Je ne savais pas qui avait fait cette bêtise.

Il me restait une semaine de vacances forcées. J'en profitais pour mettre à jour mon nouvel appareil avec les données que je possédais sur John le Rouge. Heureusement que Van Pelt était là, sinon j'aurais détruit la machine en petits morceaux une centaine de fois.
Je ne savais pas si mon grenier avait survécu aux flammes. Mon cadeau était donc une bonne occasion de pouvoir sauver mes acquis. J'avais transposé ce dont je me souvenais sur un tableau blanc, afin de le prendre en photo. Et j'effaçais au fur et à mesure afin de noter de nouveaux éléments. (Quelqu'un dans l'assistance me fait remarquer que j'aurais pu utiliser un logiciel de traitement de textes. Et bien, que cette personne aille voir ailleurs si j'y suis. Je n’ai même pas de clavier là-dessus, comment voulez-vous que je tape ?!)
Pourquoi m'ennuyer à faire cela ? Vous voulez savoir ? Et bien non.

Je repris le travail avec joie. Nous avions un « Petit-Poucet » à traquer. L'inconnu semait des cadavres derrière lui.
D'après les premiers rapports des polices locales, le tueur était intolérant à la frustration. Ils lui ont tendu plusieurs pièges, qui s'étaient tous soldés par un affreux bain de sang.
Je jetais un œil aux photographies accrochées à un panneau.

« -Jane !-m'appela Cho »

Sa voix était très lointaine. Étrange.

Van Pelt me pinça.

J'aurais préféré poursuivre John le Rouge tout compte fait. J'ai encore un peu de mal avec les cadavres particulièrement sanglants.

Je m'assieds entre Risgby et Cho, marquant ainsi la séparation entre les hommes et les femmes, et notre supériorité évidente.
Je reçus un regard assassin de la gent féminine à l'autre bout de la table. Cela m'amusait, bien sûr.

Lisbon reprit son sérieux et commença à détailler le crime.

« -Notre victime s'appelle Brenda Kennett. Il s'agit d'une jeune femme brune de vingt cinq ans travaillant dans la prostitution. Toutes les victimes de notre tueur font partie de ce domaine sauf une. Lynda Connor, jeune fille de sept ans.
-Pourquoi une petite fille ?-demandais-je
-Je ne sais pas.
-Combien de femmes prostituées ?
-Vingt-sept.
-D'autres victimes ?-continuais-je
-Non.
-Vingt-sept prostituées et une fille. Il y a quelque chose qui cloche dans son mode opératoire...-marmonnais-je, perplexe »

Je cherchais tous les liens possibles entre ces femmes et cette petite. J'essayais de mettre en relation avec les faits divers des journaux.

Fille d'une des femmes ?
Témoin oculaire ?

« -Les femmes ont été tués à trois mois d'intervalle chacune. Toutes portent des signes de violences sexuelles. »

Ritualisé. Tuer toutes les femmes travaillant dans la prostitution. Mais la petite ? Elle a subi ce genre de violence ? Elle devait donc être purifiée ? Comment le savait-il ? Père ? Frère ? Le père ne s'en rendrait sûrement pas compte ou serait un complice là-dedans. J'ai vu quelques cas semblables.

« -Le tueur est le frère de la petite fille. Elle a subit des violences sexuelles de son père. Le frère y a assisté et en a subi. Il s'est donné pour mission de purifier les autres victimes et sa sœur. Hypothèse numéro un.-dis-je »

Le scénario était probable, les éléments s'agençaient correctement. On ne devenait pas tueur en série sans une histoire de vie difficile, expliquant les gestes irréparables commis. Bien entendu, la gravité des actes ne pardonnait pas.
Cet individu a tout à fait sa place en psychiatrie, voire même en prison.

Je me demande comment John le Rouge a vécu son enfance. Je l'imaginais bien torturer des chiens à sept ans. Il aurait tout à fait le profil.

« -Je vais chercher de ce côté-là.-proposa Van Pelt »

Lisbon reprit ses dossiers et continua.

« -Nous avons des éléments concernant chaque victime, sauf la dernière en date. C'est tout. Cho et Rigsby, allez voir la scène de crime. Van Pelt, faites ces recherches. Moi, je vais essayer d'aller récupérer les dossiers des agences s'étant penchées dessus.
-Et moi ?-demandais-je
-Tu peux venir avec moi, mais je doute que ça t'intéresse.
-Tu serais surprise...-rétorquais-je »

Elle sourit.

Je la suivis dans son périple administratif.
Nous commençons notre voyage passionnant par la traversée d'une rue bondée. Les voitures roulaient au ralenti.

Lisbon serra les dents.

« -Je trouve ça amusant...-murmurais-je, plus pour moi
-De quoi parles-tu ?
-Tu n'aimes pas les bouchons. Et pourtant, à chaque fois que tu prends le volant, il y en a un. ».

Lisbon commença à s'énerver. Son visage allait prendre une jolie teinte.

« -Respire... Zen... Détends-toi...-murmurais-je, de ma voix d'hypnotiseur »

Le visage de Lisbon se crispa très vite. Je regardais devant nous pour voir le fourgon débouler à grande vitesse.
Il nous percuta. J'eus l'étrange impression d'être « arrêté » pendant quelques minutes.

« -Jane ? Jane !
-Quoi...
-Jane !
-Quoi !!-m'énervais-je
-Nous avons été percuté par un fourgon ayant servi à braquer une banque.
-Voilà qui est problématique.-répondis-je »

Lisbon écrasa la pédale d'accélérateur. Elle poursuivait un fourgon. Une voiture de police tenta de prendre le véhicule de revers. On se croirait dans un film policier. J'étais aux premières loges, comme la vieille ménagère de cinquante ans en train de regarder le film du dimanche soir. C'est cool de se faire percuter finalement.
Un des gangsters sortit son bras par la vitre de sa voiture et tira sur les policiers.

« -Jane, tires !-s'écria Lisbon
-Quoi ?!
-Prends mon flingue ! »

Je m'exécutais, effaré. La balle creva un pneu. Le véhicule s'envola sur le bas-côté. Lisbon passa de la quatrième vitesse à la première.
La violence de l'arrêt me jeta contre le plafonnier. Je comptais les étoiles pendant un instant. Qu'est-ce qui m'a pris de m'engager chez les policiers ?!
Lisbon sauta hors de la voiture, après m'avoir arraché l'arme et se prépara à arrêter les malfrats.

Un homme cagoulé (d'après la carrure) attrapa Lisbon par derrière et la prit en otage.
Je pris trois secondes pour réfléchir à un plan. Par chance, mon airbag ne s'était pas déclenché correctement, ce qui m'avait évité de me retrouver bêtement coincé.
Je pris discrètement et rapidement un petit flacon de colorant rouge dans ma poche et étalais une petite quantité de faux sang sur ma main. Je plaquais ensuite cette main à mon front.

Ensuite je quittais la voiture. L'homme qui tenait Lisbon en otage se tourna vers moi, en collant son pistolet sur la tempe de Lisbon.
Elle ne put s'empêcher d'être effrayée par le sang qui coulait sur mon visage. J'avais bien envie de lui rappeler qu'elle risquait bien pire.

Je tanguais un petit peu et « perdis » connaissance.


zazazou  (02.11.2013 à 11:39)

Partie 2

 

Un autre homme sortit du fourgon. J'entendis les portes du véhicule claquer.

 

« -Va le voir. Il est pas net. »

 

Il obéit. Je sentis bientôt son souffle alcoolisé sur mon visage. Généralement, l'alcool potentialisait l'effet de la drogue.

 

« -Il m'a l'air clean. »

 

L'inconnu se retourna trois secondes. Son complice, tenant Lisbon, le regardait.

 

J'en profitais pour attraper le pistolet de la personne la plus proche, que j'éliminais en deux secondes avec un coup là où il fallait pour faire mal (quand on ne sait pas se défendre, on fait ce qu'on peut) et à un autre endroit précis pour assommer.

 

Celui qui tenait Lisbon en otage me faisait face.

 

« -Un geste de plus, et je tue votre copine.-affirma-t-il »

 

Mon arme était pointé vers sa tête. L'homme était sûr de lui, tant dans sa voix que dans sa main, qui ne tremblait pas. Son visage était caché par une cagoule, mais son corps suffisait à m'informer de sa détermination. Il pouvait tuer Lisbon.

 

« -Je vous préviens, ne jouez pas avec moi. Ne jouez jamais avec moi. Je vous tuerai.

-Au risque de la perdre elle ? »

 

Une seconde plus tôt, j'étais froid et calculateur. Il venait de confirmer que si je ne faisais rien, Lisbon y passait.
Une voiture passa et percuta le collègue du braqueur qui tentait de se faire la malle. Aucun de nous deux n'avait bougé. Nous étions fixés sur notre objectif. Mauvais ça.

« -Vous savez, nous avons enregistré notre mission sur la radio de bord de la voiture. Tous les flics de la région vont venir ici.-lançais-je »

Il réfléchit quelques secondes.

« -Vous bluffez. Je vois votre tableau de bord d'ici. »

Ah oui. Zut.

« -On fait des radios portatives maintenant. C'est vraiment tout petit. On peut les glisser dans une poche.
-Je m'en fous, j'ai votre collègue. Je me casserais. »

Et pourtant, tu n'as toujours pas prévu de plan mon petit gars.

« -Ah mais ils ne vous laisseront pas partir. Ne rêvez pas. Ils s'en fichent si vous la tuez. C'est une fonctionnaire, elle est remplaçable. Ils vous planteront une balle dans la tête. Et croyez moi, c'est pas joli. »

Sa main commença légèrement à trembler. Lisbon faisait les gros yeux, suite à ma petite tirade.

« -Toi, tu vas m'écouter ! Je veux ta voiture, je garde la fille et tu ne me poursuis pas okay ?! »

Oula. Mince. Je l'ai énervé. La moindre erreur et le coup part.
Mais attends, c'est quoi ça ?! Une sirène ? Une voiture de police ? Non ! Pas maintenant !
Son index se rapprocha dangereusement de la gachette. Il fallait agir.
Je baissais mon arme vers la jambe de Lisbon et tirais. Elle tomba. J'en profitais pour abattre l'homme.

« -Lisbon, ça va ?!
-Je crois... »

Elle était effaré. Après tout, j'avais tiré sur elle. Je m'empressais d'aller voir sa jambe. Je relevais son pantalon. La balle l'avait à peine effleurée. Une légère griffure laissait perler quelques gouttes de sang.

Je l'aidais à se relever. J'espère qu'elle ne m'en voudra pas. J'ai fais de mon mieux.

L'action avait été trop rapide pour permettre à son collègue de se réveiller.

 

« -Est-ce que ça va ?-me demanda-t-elle en désignant mon front

-Toujours avoir un flacon de faux sang sur soi... Cela peut être utile. Surtout quand tu n'as plus de ketchup. »

 

Quelque chose me glaça le sang. Un petit point noir dans mon champ de vision.

 

Ne me dit pas que...

La configuration requise serait parfaite avec tout ces bâtiments !

 

J'attrapais Lisbon et la tirait vers notre voiture. Nous n'étions pas en sécurité.

 

Je lançais Lisbon côté passager et alla m'asseoir à la place du conducteur.

Lisbon monta aussi, mais pas assez rapidement.

Les snipers commencèrent à tirer.

Surprise, Lisbon claqua sa porte.

 

J'allumais le moteur, démarrais et passais la vitesse de la main gauche.

 

Les tirs se firent plus rapide. J'écrasais la pédale d'accélérateur et déplaçais le levier de vitesses avec fureur.

 

Je débouchais à toute allure sur un boulevard. Heureusement, les feux des autres voies étaient au rouge. Sinon, nous serions morts.

 

Je négociais la traversée de l'intersection en tournant avec un seul bras.

 

Lisbon disait quelque chose, mais je ne l'écoutais pas. Un signal d'alarme avait été tiré dans ma tête. Je devais fuir.

 

J'entrais dans une grande rue à une vitesse tellement élevée que je ne pouvais distinguer les bâtiments.

 

Je m'arrêtais, quelques mètres, ou kilomètres plus loin.

 

« -Jane. Ils ont cambriolés la SALARE !

-Qu'est-ce que c'est ?

-Une entreprise informatique tournée vers la recherche, travaillant pour GOOGLE.

-Ah. »

 

Ils devaient avoir quelque chose d'une grande valeur pour avoir été cambriolé de cette façon. Peut-être un programme informatique qui permet de... Enfin, j'en sais rien.

 

J'étais toujours inquiet. Mon pouls frisait les cent trente battements par minute.

 

La configuration utilisée avait été la même qu'au Los Angeles Unified School District.

 

« -Jane, comment savais-tu qu'il y avait des snipers sur les toits ?

-La configuration des lieux me faisait penser à une tuerie de masse au Los Angeles Unified School District. Mathématiquement, il s'agissait du meilleur moyen pour protéger le fourgon.

-D'accord... Tu as des réflexes rapides. Merci Jane. »

 

Dis plutôt merci au stress post-traumatique. Soi dit en passant, je suis assez masochiste pour m'être engagé dans la police.

 

Des sirènes de police hurlèrent au loin. Ce son me détendit. D'autres personnes, plus adaptées pour ce travail, allaient prendre la situation en charge.

 

« -Nous ferions mieux de retourner au CBI. Nous avons eu assez d'adrénaline pour aujourd'hui.-déclara sagement Lisbon

-Tu ne veux plus tes dossiers ?

-Je pourrai toujours passer un coup de téléphone. »

 

Surtout ne pas lui dire qu'elle aurait pu téléphoner avant. Ne pas l'étriper non plus.

 

Je remis le moteur en marche et démarrais.

 

« -Jane, laisses-moi conduire.

-Je t'ai sauvé la vie Lisbon, je ne vais pas te tuer maintenant... Ce ne serait pas rentable !

-Jane, tu conduis avec un seul bras ! »

 

J'entrais dans un virage en tournant le volant avec l'index.

 

« -Tu vois ?-lançais-je »

 

Lisbon se rattatina sur son siège. Cela me faisait drôle de la sentir faible et vulnérable. Elle a faillit se faire tuer par un fou, sans même hausser un sourcil et elle a peur quand je conduis !

 

Je nous ramenais en sécurité au CBI, en ayant à peine dépassé les limitations de vitesse. Beaucoup de voitures m'avais klaxonné, sans que je comprenne pourquoi. Je n'avais jamais roulé aussi sagement pourtant !

 

En sortant de la voiture, je remarquais que le gyrophare était allumé. Ceci expliquait cela.

 

Une fois au bureau, je me laissais tomber avec grâce dans mon canapé. Je l'avais bien mérité.

 

Pendant la journée, Risgby et Cho se sont rendus sur la scène de crime de la pauvre malheureuse victime.

Van Pelt se chargea d'enquêter sur le braquage auquel nous avons involontairement assisté.

 

Moi, je m'enfermais dans mon grenier pour me livrer à des activités top secrètes ( ce qui explique sûrement pourquoi une psychologue stagiaire tente de m'approcher depuis ce matin, l'air de rien).


zazazou  (13.11.2013 à 18:12)

Chapitre 3 :
Les doux hiboux nagent vaguement dans l'air
Tout embaumé de mystère et de prière... Paul Verlaine

Le lendemain, Lisbon demanda un rapport complet à l'équipe.
Cho et Rigsby détaillèrent leurs découvertes. Je m'en fichais totalement. Quelque chose me dérangeait chez Lisbon. Je la fixais intensément, à la recherche du moindre signe. Elle détourna les yeux, gênée. La majeure partie du travail était faite. Elle allait se trahir par erreur.

« -Et pour le braquage ?-demanda Lisbon, en se tournant vers Van Pelt
-La société SALARE produisait un code permettant de hacker GOOGLE.
-Hacker GOOGLE ?!-fis-je, perplexe
-Le but était de prouver au moteur de recherche qu'il y avait des failles de sécurité très importantes dans le code qui lui permet d'exister. Si la société réussissait le pari, ils auraient eu l'occasion de créer une parade contre cette faille.
-Ont-ils réussi ?-demanda Lisbon »

Le visage de Van Pelt s'illumina de bonheur.

« -Et bien, ils n'ont pas communiqué officiellement à ce sujet, mais j'ai hacké leur système informatique et trouvé le principe de formation de ce code. Mais je serais incapable de le produire. »

Van Pelt était géniale. Quand on y repense, le fait de pirater une entreprise sensée hacker le moteur de recherche pour lui fournir une solution fiable méritait sa blague carambars.

« -Donc ils ont volé ce code permettant de hacker GOOGLE.-poursuivit Lisbon, heureuse de se soustraire à mon regard
-Pas simplement de hacker GOOGLE. Prendre totalement le contrôle de tout l'Internet, sauf les rares sites n'étant pas référencés par le moteur de recherche.
-Autrement dit, Rigsby, tu devras trouver un autre moyen pour acheter ce que tu cherches.-lançais-je, d'un air innocent »

Le visage de Rigsby se teinta de rouge. Van Pelt lui jeta un regard surpris.

« -Ils pourraient récolter tout l'argent qu'ils souhaitent.-comprit Lisbon
-Ou pire. Il s'agit d'une menace pour la sécurité nationale. Imaginez qu'ils livrent des informations sur la Maison Blanche aux terroristes ? »

Le spectre du 11 septembre plana au dessus de notre assemblée.

« -Notre psychopathe peut attendre.-conclût Lisbon »

Nous affichions tous un air sombre.


Des tâches furent distribuées. Je choisis de fouiller dans les vieux journaux gardés aux archives. J'avais dans l'idée de pouvoir retrouver des faits similaires.

Mes recherches ne furent pas inintéressantes. J'avais repéré un groupe d'activiste qui pourrait correspondre aux personnes présentes dans le fourgon.

Je retournais dans nos bureaux en milieu d'après-midi, afin de confronter mes recherches avec celles de Van Pelt.
Nous avions tous les deux un groupe en commun.

« -Celui-là est très dangereux. Ils recherchent les données informatiques importantes. Ils ont été à l'origine de plusieurs chutes du cours de la bourse. Mais ce n'est pas tout. Ces personnes n'hésitent pas à tuer et sortir les gros moyens pour obtenir ce qu'ils veulent.-expliqua Van Pelt

Je voyais déjà Lisbon, en grande justicière, arrêter ces malfrats.

« -J'ai vu qu'ils ont causés beaucoup de dégâts. Ils sont couverts entièrement par les médias à chacune de leurs sorties.-continuais-je »

La presse flattait l'égo de ces criminels.

« -Je devrais chercher de ce côté-là alors. J'ai eu beaucoup de mal à trouver des informations pertinentes sur internet.-fit Van Pelt
-C'est normal... Ils peuvent les contrôler aussi.
-Comment le sais-tu ?
-Eh bien, il est dans leur intérêt de laisser filtrer des informations à la presse qui créeront des histoires spectaculaires. Ainsi, ils trouveront plus facilement des employeurs. Mais si trop d'éléments circulent d'un seul coup, tu sais très bien que les médias en reparlent sur plusieurs semaines, leur effet est gâché. Je pense qu'il s'agit d'une stratégie de marketing. Les journalistes aiment beaucoup surajouter par-dessus les catastrophes. Cela pourrait déplaire aux entreprises voulant employer ces personnes.-expliquais-je
-Comment sais-tu tout ça ?
-Je n'aime pas l'informatique mais cela ne m'empêche pas de lire les études de marché... L'économie est très importante dans le fonctionnement d'une société... »

La jeune femme resta pensive quelques instants. Je savais que ce genre de chiffres l'ennuyait. Elle était souvent frustrée d'être cantonnée aux recherches sur internet, au lieu d'aller sur le terrain. Malheureusement pour elle, Grace était très douée.

« -Je vais voir si je peux récolter des indices qu'ils ont laissés par erreur dans les codes...-murmura Van Pelt, déjà absorbée par son travail
-Pendant ce temps, je vais définir précisément leur mode opératoire.-dis-je, en désignant les photocopies d'articles de presse que j'avais sous le bras »

Je m'installais sur mon bureau et posais tous mes documents.
Je pris une feuille et traçais un tableau au crayon de papier. Puis je remplis tranquillement les cases, en relisant les articles.

Lisbon était dans son bureau, en grande conversation téléphonique. Elle était agitée et faisait les cent pas dans la pièce.
Je la sentais inquiète. Lisbon est rarement désarçonnée. Je pourrais rester dans une pièce en flammes avec elle si elle ne paniquait pas. Même sans elle. Enfin, c'est pas la question.

Van Pelt me jeta un regard. Je lui répondis en haussant un sourcil. Une ride perplexe traversa son front.
Arrêtons les feeds-back Grace, s'il te plaît...

Lisbon sortit de son bureau, avec la force d'une fusée au décollage. La porte résista, fort heureusement. Je plaignais les tasses à thé qui allaient recevoir la visite d'une folle furieuse.
Je filais au secours de mes petites protégés.

Lisbon préparait la bouilloire. Elle avait déjà sorti un sachet de thé. Je le remplaçais discrètement par une tisane.

Elle se retourna pour prendre une tasse, et me jeta un regard assassin.

Je me préparais un thé, en l'ignorant.
Lisbon mit du sucre dans son thé. Beaucoup de sucres. Hypoglycémie ? Probable. Quelque chose la secouait. Ce matin ? Après tout, Lisbon est humaine, cela pouvait l'ébranler.

Elle retourna dans son bureau, toujours avec colère. Je finis mon thé, songeur.

Je terminais ma journée en créant un tableau permettant de déduire le mode opératoire du groupe avec précision. J'avais aussi le nombre de personnes qui était nécessaire pour réaliser les opérations, et les configurations en fonction des terrains. Ma trame avait beaucoup d'entrées.

Le CBI se vidait lentement. Lisbon restait toujours dans son bureau. Voulait-elle m'éviter ? Elle n'allait pas réussir, je pouvais dormir ici.

Fort heureusement, elle quitta sa forteresse et s'approcha de moi, pour rejoindre l'ascenseur.

« -Lisbon ?
-Oui ?
-Si tu as besoin de moi, je suis là. »

Elle n'eut pas l'air touchée ou émue. Juste blasée.

« -Toi aussi Jane... Toi aussi. »

Elle partit.

Je ne m'attendais pas à une telle réaction de sa part. Voulait-elle me protéger, ou se cacher ? Je suis perplexe.


zazazou  (26.11.2013 à 20:57)

Chapitre 4

« ...Quoi qu'en aient dit et dit tels imbéciles noirs
Compagnon qui ressuscita les saints espoirs,
Va donc, vivant ou mort, dans les espaces libres ! » Paul Verlaine


Je passais la nuit au CBI, à combiner divers éléments concernant le groupe.
Le lendemain, j'avais bien avancé. Mais je n'eus pas l'occasion d'exposer mes recherches.
Rigsby et Cho avaient attrapé un des membres de la bande pendant la nuit. Tous les éléments en ma possession me laissent suggérer qu'il était engagé provisoirement. Il ne nous apprendrait peut-être rien.

Lisbon me demanda d'aller l'interroger. Cela était assez inhabituel chez elle. Il y avait quelque chose.

L'individu suspect était dans la salle d'interrogatoire. Je devinais sa silhouette en ombre chinoise derrière les rideaux.

J'entrais dans la salle et le détaillais de la tête aux pieds.

Il mesurait 1m80 environ. L'individu était habillé avec élégance, en ayant l'allure d'un Arsène Lupin américain ( la petite bedaine en plus). Cheveux noirs, petite barbe noire lui mangeant le bas du visage, yeux noirs, et un charisme fou indéniable. Son aura pouvait briser la vitre teintée à coup sûr et atteindre Lisbon. Que je l'interroge en personne était une bonne idée.

Je m'installais de façon décontractée en face de lui et le regardais fixement. L'homme restait stoïque.
Il avait la quarantaine.
Ses ongles, fraîchement manucurés, cachaient un petit morceau de peau qui n'était pas rose. J'éloignais mon regard et reviens sur ce bout de peau ensuite. La peau en dessous de ses ongles était grisâtre. Cela ne cadre pas avec le soin qu'il prend de ses doigts. L'homme fumait. Probablement alcoolique. Les deux allaient ensemble.

Je m'assieds d'une manière plus professionnelle et lançais les réjouissances.
Lisbon était derrière la vitre teintée.


« -Bonjour, je suis Patrick Jane. Quel est votre nom ?
-Mederick Patrice.-répondit-il, dans un anglais britannique parfait »

J'étalonnais ses réactions physiques face à mes questions.

« -Puis-je vous demander votre couleur préférée ?

Il leva un sourcil, perplexe. Un homme aussi propre, aussi charismatique et maniéré ( il ne cessait d'essuyer son alliance en or avec un carré de soie) avait un niveau intellectuel important. Je suis sûr qu'il s'était préparé à être interrogé sur les affaires de braquage.

« -Pardonnez-moi ?-s'étonna-t-il
-Quelle est votre couleur préférée ?
-Pourquoi me demandez-vous ça ? »

J'aime les gens avec un QI trop élevé. Une erreur entraîne une autre erreur, qui entraîne une autre erreur, pour aboutir à une catastrophe énorme. Ou un braquage, dans son cas.

« -Je vous demande de répondre à une question très simple Monsieur Mederick Patrice.-répondis-je
-Vous m'arrêtez pour ça ? Mais est-ce que vous êtes malades ?! Je vous ferai envoyer en taule ! Je détruirais votre vie !-s'énerva-t-il
-Rassurez-vous, quelqu'un est déjà passé avant vous.-lançais-je, laconique »

Il a un problème avec l'autorité celui-là. La mère, à tous les coups. Un petit complexe infantile (coucher avec sa mère et tuer son père dixit Œdipe, ou ce Monsieur peut-être) non résolu, à mon humble avis.

« -Comment va votre mère, Monsieur Mederick Patrice?-demandais-je, avec un ton insolent »

Il changeait complètement de visage. Si auparavant, je voyais en lui un Arsène Lupin, maintenant je le trouvais plutôt psychopathe. Voire fou. Accessoirement, je pouvais maintenant dire s'il mentait ou pas. Je l'avais secoué un peu.

« -Vous avez volé un code informatique important.-dis-je, simplement »

Ses pupilles se dilatèrent.

« -Vous irez en prison pour ça. Et votre mère ne sera pas fière de vous. »

Hum... J'avais donc décidé de prendre cette direction.

« -Nous avons des preuves. Vous avez tué des gens.-continuais-je »

Quelque chose passa dans ses yeux. Je restais solidement assis sur ma chaise.

L'homme se maîtrisa. Une impression de sérénité passa sur son visage. Il savait qu'il allait être libéré.
Le reflet. La vitre donnant sur l'extérieur. Quelqu'un nous regardait.

Un coup de feu brisa une vitre dans la pièce à côté. Je me précipitais à l'extérieur.

Un homme se vidait de son sang, à terre. Son pistolet était dans sa main, prêt à être utilisé. L'état de l'homme est irréversible, j'en ai bien peur. Lisbon lui avait tiré dessus, dans la tête plus précisément.

Un ange passa. C'est dans ce genre de situation que l'on voit vraiment un ange passer.


« -Je crois qu'il faut appeler la morgue.-murmura Lisbon
-Oui... Euh, je crois que je ne pourrais pas tirer grand-chose de cette personne... Euh cadavre... Á part qu'il est marié, âgé de quarante trois ans, alcoolique chronique et ingénieur en biogénétique.
-Ingénieur en biogénétique ?
-Regarde ses yeux, ils brillent dans le noir.-expliquais-je
-Oh. Je me demande à quoi ça sert.
-Le gouvernement américain veut créer un soldat OGM. Tu devrais voir leurs griffes... »

Lisbon leva un sourcil.

« -Je te laisse remplir la paperasserie... Je vais appeler la dame de ménage...-murmurais-je, en regardant le cadavre »

Je me sauvais avant qu'elle ait le temps de répliquer.

Tiens, il y a quelque chose de bizarre.

Où sont passé les autres ? Il n'y avait plus personne !

J'avançais dans les couloirs, vers l'ascenseur, afin d'essayer de repérer les indices. Sans succès. L'étage était vide.
Je reviens en courant vers Lisbon, craignant qu'il ne lui soit arrivé quelque chose.
Elle avait sortit un appareil photo pour immortaliser la scène de crime.

« -Lisbon, il n'y a plus personne à l'étage.
-Tu plaisantes ?! »

Elle sortit son arme de son étui et se plaça devant moi.
Nous allons ensemble jusqu'à l'ascenseur.

« -On dirait que tu as raison. Allons fouiller l'étage en dessous.-murmura Lisbon »

Elle alla vers l'escalier, dans l'intention de descendre par là.
J'appuyais sur le bouton de l'ascenseur, pour le faire monter au deuxième étage. Cela étonna Lisbon. Je lui répondis d'un clin d'oeil.

L'alarme incendie hurlait au deuxième étage.

Lisbon pénétra dans un bureau.

« -Lisbon, arrête, ils sont tous dehors.-dis-je, sans murmurer
-Pourquoi l'alarme n'a-t-elle pas sonné au troisième ?
-Parce qu'ils ont coupé une partie du système informatique. L'ascenseur n'est pas arrivé à notre étage...
-Non... »

Elle avait compris. Nous sortîmes dehors. Tout le monde était dans le parking du CBI.

« -Les pompiers n'arriveront pas. Ils ont aussi déconnecté le système.-lançais-je
-Oh... »

Nous rejoignons le restant de l'équipe.

« -Pourquoi êtes-vous partis ?!-demanda Lisbon, avec sévérité
-Nous avons entendu l'alarme...-avança Van Pelt
-Avez-vous suivi la procédure incendie ?-continua Lisbon »

Je voyais où elle voulait en venir.

« -Quelqu'un a essayé de me tuer pendant que Jane interrogeait un suspect ! Cette personne se vide de son sang devant la salle d'interrogatoire ! »

Le visage de Van Pelt et Rigsby se teinta d'horreur. Cho resta égal à lui-même.

« -Qu'est-ce qui s'est passé ?-demanda Van Pelt, effarée »

Lisbon parut s'adoucir.

« -Il pointait son revolver devant la vitre de la porte, mais j'étais dans l'angle mort. Je l'ai abattu.-expliqua Lisbon
-Pourquoi voulait-il te tuer?-demanda Van Pelt »

La pauvre n'en menait pas large. J'imaginais bien la petite alarme dans sa tête : « Tu as faillis tuer le patron !! »

« -J'aurais dû lui demander avant de lui tirer une balle dans la tête...-répliqua Lisbon, sèche »

Il fallait s'y attendre... On ne faisait pas la fête après avoir tué quelqu'un. Normalement.

Bon gré mal gré, l'équipe alla ramasser les morceaux et se morfondre à leur poste de travail.


zazazou  (15.12.2013 à 13:05)

Chapitre 5

 

« A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux. » Charles Baudelaire L'albatros

Pour ma part, je réfléchissais. Intensément. Tiens, je suis sur le canapé de Lisbon. Cela explique à coup sûr pourquoi elle a ce regard assassin.

« -Jane, qu'est-ce que tu fais là ?
-Il n'y a pas quelque chose qui te choque ? »

Elle prit une profonde inspiration. Je pense être sa prochaine victime.

« -Qu'est-ce que tu veux dire ?-demanda-t-elle
-Je veux dire, pourquoi s'en prendre à toi et pas à moi pour libérer notre prisonnier ? Tiens, d'ailleurs, est-ce qu'il s'est sauvé lui ?
-Non, il n'est pas parti. La nouvelle procédure veux qu'on attache un pied à la table avec une menotte pour les suspects potentiellement dangereux.-expliqua-t-elle
-Ah bon ?! Mais ?! Il était vraiment attaché ?!
-Oui et il l'est toujours. »

Cette information me surprenait beaucoup.

« -Depuis quand les personnes interrogées sont-elles attachées ?-demandais-je »

Son regard se teinta de tristesse.

Je me revis entrer dans son bureau à la suite de Lisbon. Les corps se vidant de leur sang. La découverte macabre. L'horreur m'avait paralysé. J'étais incapable de réfléchir.
Lisbon s'était jeté sur Bosco. Elle me demandait de l'aider. De faire un massage cardiaque. Mais j'avais oublié comment on faisait. J'avais froid.

« -C'est une bonne idée...-fis-je, tristement »

Bosco...

Lisbon retourna dans son travail administratif. Je déteste les papiers. Tout juste bon à faire du feu.

Ah mais, attends...

« -Revenons à nos moutons. Pourquoi toi Lisbon ?
-Je ne sais pas. »

Aurait-elle vu ou ramassé quelque chose qui met en danger ces personnes ?

« -Lisbon, je suis là pour t'aider... Je ferais n'importe quoi pour toi...
-Je ne sais pas...-répéta Lisbon, préoccupée
-En es-tu sûre ?
-Certaine. »

Je dois donc m'orienter vers les perceptions. Il est possible qu'elle ait capté un élément dans son inconscient.

« -Quoi ?-fit Lisbon, excédée
-Pardon ?-répondis-je, avec un petit haussement de sourcil tendancieux (et distingué )
-Que vas-tu me faire ? »

Je souris. Je suis machiavélique parfois.
Je lui indiquais son canapé, d'un geste. Je m'assieds afin de lui laisser de la place. Elle s'installa en face de moi.

« -Je ne vois pas ce que tu tentes de faire là...-commença-t-elle »

Quelque chose l'effrayait. Oh Lisbon, qu'est-ce que tu as fait ?!

« -Je ne vois pas pourquoi ils s'en prennent à moi... D'ailleurs, ils ne s'en prennent même pas à moi... »

Sa fréquence respiratoire augmenta. Sa poitrine se soulevait et se relâchait d'une façon désordonnée. Son teint commença à se couvrir de rouge.

« -Si ça se trouve, il s'est peut-être trompé de porte !-s'exclama-t-elle vivement »

Mes battements de cœur s'accélérèrent. Lisbon était très angoissée, et cela m'envahissait. Qu'est-ce qui peut ébranler une femme pareille ?! Qu'est-ce qu'ils lui ont fait ?!

« -Je ne vois pas pourquoi tu t'acharnes sur moi comme ça... Je n'ai rien vu, rien pris, rien entendu... »

Ses mains s'agitaient dans tous les sens. Son index gauche se contracta nerveusement au mot « entendu ». Lisbon avait beau être une joueuse de poker douée, elle ne pouvait pas empêcher son corps de parler.
Le blanc de ses yeux était taché de rouge.

Bon allez... Mettre un terme à sa souffrance... Je sais ce qui lui arrive...

J'attrapais sa main gauche et l'enveloppais dans mes deux mains, geste à forte portée rassurante.

« -Je sais pas où est-ce qu'il est Jane ! Ça ne prouve rien !-s'écria-t-elle, en fondant en larmes »

Elle se reprit :


« -Il était censé arrêter ce type, ce Bailes je ne sais quoi ! Il est sûrement sous couverture ! Et c'est peut-être pas un employé de l'entreprise qu'ils ont cambriolé ! »

Je ne répondis rien, touché. La famille. Toujours la famille.

« -Ne me regardes pas comme ça ! Je ne suis pas sa mère ! Je ne suis pas là pour le fliquer ! »

Vexée, elle retira sa main et se leva vivement, s'apprêtant à quitter la pièce.

Je venais de faire pleurer Lisbon, sans rien dire. Cette femme merveilleuse, solide comme un roc, la raison inconsciente qui m'a fait rester au CBI malgré nos échecs sur John le Rouge, qui supporte ma dépression sans rien dire, pleure par ma faute. Et moi, je reste là, à ne rien faire.

Allez le cerveau, remues-toi ! Tu sais pourtant à quel point les histoires de famille peuvent être douloureuses... Justement... C'est pour ça... Je ne sais pas quoi faire... Je ne sais même pas comment j'ai réussi à la faire pleurer...

Mais si, je le sais très bien... Quelques fois, parler ne sert à rien. Il suffit d'écouter...

Je me levais et attrapais Lisbon avant qu'elle ne sorte. Elle me frappa au torse, comme si j'étais la raison de sa colère. Heureusement qu'elle était dans cet état, sinon elle m'aurait cassé en deux.
Je l'enlaçais fermement, en essayant de retenir sa rage. C'était le mieux que je puisse faire.

Lisbon pleura encore un peu avant de réussir à se calmer (et accessoirement, arrêter de me frapper ( je suis assez fragile depuis mon kidnapping et mon vol plané en moto)).

Sa réaction me fit mal au cœur. J'avais toujours vu Lisbon comme quelqu'un d'invincible. Mais la famille... Toujours la famille...

« -On va le retrouver Lisbon. Je te le promets.-murmurais-je, avec douceur »

Elle me congédia « gentiment » et je la laissais seule.
Je retournais sur mon canapé, préoccupé.

Je devais savoir ce qui s'était passé pendant le laps de temps où je regardais ailleurs.

Je vais retourner sur les lieux.

Je quittais le CBI et montais dans ma voiture.

Le trafic fluide me permit de rejoindre la fameuse route rapidement et sans encombre. Bien entendu, les lieux étaient propres. Le fourgon accidenté avait été retiré.
En fait, il ne restait plus aucun indice. Enfin, peut-être que si.
Dommage que je ne puisse pas m'arrêter là. Il y a beaucoup trop de voitures.

Je me garais un peu plus loin et rejoignis la chaussée.

Ils étaient là, en face de moi, il y a quelques heures plus tôt. Tiens, c'est étrange. Le carrefour est une croix à angle droit, et chaque branche est composée de quatre voix, séparées en deux par un terre plein central.
Chaque route emmène à un point clé de Sacramento. Il s'agit d'une intersection importante de la ville et très fréquentée.
Notre accident avec le fourgon aurait dû provoquer un sur-accident. Or aucune voiture n'est venue nous déranger.

Je regardais autour de moi. La rue était normale. Je veux dire, rien ne changeait dans le décor habituel d'une rue. Je ne sais pas quoi penser.

Ils étaient au milieu de la voie... Cela ne leur a laissé que très peu de marge de manœuvre.

Quant aux snipers sur les toits, je doute qu'ils aient laissé quelque chose traîner.

Il me faut les dossiers de la police. Mais était-ce possible de les récupérer ? Je ne savais pas qui les avait actuellement... Je gagnerais plus de temps en prévoyant leur prochaine « destination » et en les prenant la main dans le sac.

Je rentrais au CBI, en réfléchissant à un plan. Je m'installais sur mon canapé et plus rien n'existait pendant quelques heures.

À la fin de la soirée, j'avais un plan. Il incluait le flagrant délit et le petit frère de Lisbon.

Je me préparais « mentalement » toute la nuit. Quelques coups de fils furent donnés à certaines personnes.


zazazou  (23.12.2013 à 10:41)

Chapitre 6

Le lendemain, j'étais frais et disponible. J'arrivais au bureau avec un petit sourire aux lèvres.

« -Pourquoi es-tu si joyeux Jane ?-demanda Van Pelt
-J'ai le droit d'être de bonne humeur.
-Heureusement que tu l'es ! Je n'ai pas dit le contraire !
-D'ailleurs, j'ai bien envie d'aller voir l'exposition de diamants en centre ville. C'est fascinant un diamant. Un petit bout de charbon tout noir qui se transforme en bel objet.
-Hum... Je viens uniquement si on peut en acheter à la boutique de souvenirs.-rétorqua Rigsby »

Van Pelt sourit.

« -Restez sérieux les gars, nous sommes au boulot...-rappela-t-elle
-Voyons, Grace... »

Je m'appuyais sur son bureau, pour prendre un ton presque confident.

« -Tu es une fille tu sais... Tu es censée aimer les diamants... »

Rigsby pouffa.

« -Où veux-tu en venir Jane ?-demanda-t-elle, avec une flamme étrange dans les yeux »

Je n'étais plus très sûr de mon coup. Je cachais mon dernier bras derrière mon dos, pour éviter de me le faire arracher.

« -Vous saviez qu'on pouvait cacher beaucoup de données dans un diamant ? Je me demande comment on peut mettre des données informatiques dans un objet comme ça.-expliquais-je »

Les yeux de Van Pelt pétillèrent. Cet être humain n'est pas une femme.
Les autres comprirent où je voulais en venir.

« -Je viens.-fit Cho »

Les autres suivirent simplement. Risgby conduisit notre grosse voiture. Pourquoi ne me laissaient-ils jamais conduire ?

Nous arrivons rapidement à la grande galerie d'art. Les organisateurs venaient à peine d'ouvrir leur exposition sur les diamants.

Alors que nous entrions à l'intérieur du bâtiment, j'observais le système de sécurité haut de gamme. Vigiles, caméras de sécurité, portiques d'aéroport, vitres épaisses gardant les bijoux et autres...
On pouvait aisément contourner ces protections. J'avais bien cambriolé un casino avec un morceau de papier aluminium et des bouts de bois...

Le plus intéressant était de voir le dernière rempart protégeant la pièce principale : une petite barrière. Ridicule.

J'indiquais à mes camarades le clou du spectacle, un gros diamant au centre de la pièce. Un écriteau expliquait qu'il contenait deux tera de données informatiques et donnait des détails scientifiques ennuyeux. L'objet était la découverte du moment. Les chercheurs voulaient synthétiser l'ADN humain et pouvoir le stocker dans un récipient vivant, capable d'aider la molécule à conserver sa structure. Les espoirs pour vaincre certaines maladies rares reposaient sur ce morceau de carbone modifié. Oups, j'ai oublié une virgule dans le texte.

Les autres prirent position autour du diamant. Je m'éloignais, tout en gardant l'entrée dans mon champ de vision.

Le temps passa.
Peut-être n'avaient-ils pas mordu à l'hameçon.
Le public se renouvelait sans cesse. À vrai dire, seul un couple semblait décidé à passer du temps ici. Je les voyais de dos. Je me rapprochais d'eux.
Mon reflet grandit dans la vitrine du diamant.

L'homme se retourna. Il me semblait l'avoir déjà vu. Il pointa un pistolet sur moi. Tiens, les portiques ne sont pas efficaces.

Les visiteurs paniquèrent et hurlèrent. S'ensuivit une course effrénée pour trouver la sortie. Un curieux effet de foule leur fit oublier où était la sortie et augmenta leur panique.
Le temps que la femme réussisse à récupérer le diamant, tout le monde était dehors.

Cho, Rigsby et Van Pelt tenaient les malfaiteurs en joue.

J'attendis que la femme récupère le bijou avant d'attaquer :

« -Vous savez, ce diamant est un faux.-dis-je, en m'avançant
-Bluff.-rétorqua l'homme, avec une voix grave
-Et non. Croyez-vous vraiment qu'un diamant peut contenir des données informatiques ? »


Ce n'était pas un vrai pistolet... Il aurait été détecté par les portiques, qui sont fonctionnels. Et j'aurais été abattu plus tôt.

« -Votre chef ne vous l'a-t'il pas dit ?-demandais-je »

L'homme se rendit compte de sa bêtise. Sa bouche se tordit en un rictus de colère. Je ne le sens pas.

Un coup de feu partit.

Un boulet de canon me percuta le torse, et je tombais au sol, sur le dos.

Un feu d'artifice explosa dans mes yeux. Des tremblements agitèrent mes doigts. Pendant quelques minutes, je ne fus plus conscient de mes réactions, comme si quelqu'un avait volé mon corps.
C'était la première fois de ma vie que je me faisais tirer dessus par un taser.

Des petites fées violettes vinrent me rendre visite. J'aurais préféré Charlotte.

Je me relevais.

Des coups de feu partaient dans tous les sens. Les deux bandits avaient amenés du renfort !

Oh ! J'ai faillis oublier la deuxième partie du plan !

Une balle me frôla, et je me laissais tomber à terre.
J'espère qu'ils m'emporteront. Avec un peu de chance, je me retrouverais avec Tommy.

Plusieurs coups de feu furent échangés. Je reste à terre, prudent.

Les malfaiteurs s'enfuirent. Ils avaient jeté le diamant à terre.

Je me relevais et quittais l'établissement.
Je sautais dans ma voiture et partis à leur poursuite.
Je me laissais distancer, afin de les suivre discrètement. Peut-être m'emmèneront-ils là où est Tommy.

Je me retrouvais bloqué dans la circulation très dense. Je donnais un coup sur mon volant, rageur.

Décidément, je manquais de chance.

Le feu tricolore en rajouta. Il décidait obstinément de rester au rouge. Ou alors les gens devant moi ne voulaient pas avancer.

Au bout d'un quart d'heure, les voitures commencèrent à dégager de l'intersection.

J'arrivais au passage piéton et découvris enfin ce qui avait ralentit tout le monde.
Le véhicule que je poursuivais était monté sur le trottoir. Il y avait la terrasse d'un restaurant. Il y avait.

Cette enquête n'est pas pour nous. Le CBI n'est pas équipé pour ça... Nous n'avons pas à prendre en charge ce genre d'individus...

Je passais devant le carnage, en roulant au pas. Je suppose que toutes les voitures avant moi ont fait la même chose.

Tommy était là. Tommy ?! Qu'est-ce qu'il fiche là ?!

Je me garais plus loin et retournais sur les lieux du drame.

Le frère de Lisbon parlait au téléphone. Pourquoi n'avait-il pas appelé Lisbon ?!
Je l'interpellais.

« -Jane, excuses-moi deux petites minutes...-répondit-il »

Je le laissais avec son interlocuteur.
J'étais soudainement fatigué. Je me rappelais les médicaments anti-douleur et anti-inflammatoire que je prenais pour mon épaule. Cela modifiait sûrement ma perception de la réalité. Ou alors je suis fatigué parce que je me suis fais tirer dessus. Parce que je me suis fais tirer dessus par un Taser. Et qu'il me demande de l'attendre deux minutes. Je crois que si je le frappe un peu, ça passera inaperçu.


zazazou  (15.01.2014 à 20:50)

Chapitre 7

Tommy revint vers moi.

« -Jane, je suis content de te voir. C'est la galère ici.
-Tommy, Lisbon n'a plus eu de nouvelles de toi pendant plusieurs jours. Elle croyait que tu t'étais fait enlevé.
-Pas vraiment. Je faisais la sécurité dans l'entreprise SALARE quand ils sont arrivés.
-Et ils ne t'ont pas tué ?! M’exclamais-je »

Un petit peu de brutalité dans ce monde de bisounours.

« -Non... Ils n'avaient pas d'armes conventionnelles !-répondit Tommy
-Bon. Viens avec moi au CBI. Lisbon est inquiète pour toi. »

J'ai des doutes le concernant lui aussi. La première chose que j'ai faite, lorsque j'ai échappé à mes ravisseurs la dernière fois, était de retrouver Lisbon. Lui a un téléphone mais ne l'a pas fait !

Le jeune homme me suivit dans ma voiture. Il s'installa à l'avant.

« -Raconte moi ce qui s'est passé.-fis-je
-Je n'ai pas tout compris. J'avais tenté de les arrêter, mais ils m'ont attrapé et laissé dans leur fourgon... J'ai réussi à sortir ce matin, pour arriver ici et voir ça... »

Je ne comprends pas. Il y a quelque chose qui me gêne. Pourquoi lui ? Que veulent-ils à la famille de Lisbon ? Qu'ont-ils fait ?!

Je gardais obstinément le silence jusqu'au CBI. Je le bousculais « accidentellement » dans le couloir et collais un micro sur son t-shirt, sous sa veste. J'aurais pu mieux le placer. Enfin... L'important, c'est de le poser.

Les retrouvailles entre Lisbon et Tommy furent riches en effusion de larmes (surtout du côté de Lisbon).

Je les laissais profiter de leur intimité relative et me jetais dans mon canapé.

Cho, Van Pelt et Risgby n'étaient pas encore revenus. Je devrais les prévenir que je suis toujours en vie. Mais j'avais plus urgent à faire pour l'instant.

Je mis mon casque et enclenchais mon petit boitier. J'allais pouvoir suivre la conversation.

« -Où étais-tu passé ?!-demanda Lisbon, presque excédée
-J'étais dans un fourgon... J'ai pu en sortir ce matin. Je ne savais pas trop où j'étais, puis il y a eu cette grosse voiture qui a percuté la terrasse... Tout ces gens Lisbon... Je ne savais pas quoi faire...-répondit son frère
-Je me suis fais du souci pour toi... Où est Annabeth ?
-Elle est partit en séjour éducatif... Ils sont dans le Montana actuellement, pour voir les chevaux sauvages.
-Nous recherchons les gens qui t'ont kidnappé. Ils ont commis plusieurs braquages. Il va falloir que tu m'expliques tout ce que tu sais sur eux, et ce qui t'es arrivé. »

Ils s'installèrent plus confortablement sur le canapé.

Un sifflement me perça l'oreille. J'enlevais mes oreillettes, irrité.

Cet idiot s'est assis trop profondément dans le canapé, ou a fait tomber le micro. Zut.

Le restant de l'équipe arriva. Je dis être arrivé il y a cinq minutes seulement. Ils ne me crurent pas, bien sûr.

Bon... Je fis l'inventaire des solutions qu'il me restait pour me retrouver en tête à tête avec Lisbon, et lui tirer les vers du nez.

Tommy quitta le CBI. Je me précipitais presque dans le bureau de Lisbon. Cho me lança un étrange regard.

« -Lisbon ?-appelais-je »

Madame faisait semblant de travailler dans son dossier. Je lisais les traits de son stylo à l'envers.

« -Si tu n'appuies pas la mine, il y a peu de chances que l'encre sorte.-dis-je »

Elle releva la tête, agacée. J'avais capté son attention.

« -Ça t'intéresse une soirée ciné ?-demandais-je »

Je m'efforçais de ne pas paraître fatigué. J'étais épuisé.

Lisbon ne semblait pas convaincue. Elle allait sûrement me dire qu'elle avait du travail en retard.

« -Je parie que je peux trouver le film que te plairas le plus.-avançais-je
-Ah oui ? »

Ses yeux pétillèrent, comme ceux d'un enfant regardant un tour de magicien.

« -Certainement. J'ai même la perle rare. Je suis sûr que tu ne l'as jamais vu.-continuais-je
-Et bien... Oui, ça m'intéresse... On fait ça chez moi si tu veux, j'ai des pizzas dans le congélateur.
-Pas de soucis. »

J'admirais la façon détournée dont Lisbon s'assurait que nous n'allions pas chez moi. J'allais rarement dans ma « maison ». Il s'agissait d'un concept étranger pour moi. Et pourtant, je ne pouvais pas me résoudre à la vendre.

Je m'apprêtais à partir, lorsque Lisbon m'arrêta.

« -Patrick ?
-Oui ?-répondis-je, dérouté
-Je vais bien, ne t'en fais pas. »

Elle retourna à ses documents.
Je retournais sur mon canapé, perplexe.
Lisbon avait voulu me dire : « Je suis grande, je peux me débrouiller toute seule. »
Mais je voulais tellement l'aider, la protéger, la... La...

Bon, passons à autre chose.

Lisbon me manque. Cela fait longtemps que je n'ai pas fait l'idiot. J'aimerais l'embêter à nouveau.

« -Grace-appelais-je, à voix basse »

Elle leva le nez de son ordinateur et me lança un regard surpris.

« -Qu'est-ce qui se passe ? -demanda-t-elle, sur le même ton
-Où est Brandon ?
-Qui ?
-Brandon. »

Le coq du deuxième étage. Il sortait tout droit d'Alerte à Malibu. Monsieur faisait le tour du monde dans son lit.
Lisbon serait le prix ultime pour lui. Notre rêve à tous, enfin, de toute la gente masculine, serait de voir Lisbon lui mettre une raclée.

« -Au deuxième, comme d'habitude.-répondit Van Pelt
-Tu peux l'appeler ?
-Bien sûr. »

Elle prit son téléphone.

Cho et Rigsby commencèrent à prendre les paris.

Van Pelt rougit doucement au téléphone. Malheureusement pour elle, la jeune femme n'était pas du goût de notre coq national.

Celui-ci, par ailleurs, ne se nommait pas Brandon. Son vrai nom ? Je l'ignorais. Cet homme a une capacité extraordinaire. Il n'en existe pas deux comme lui. Brandon ennuyait les gens. Profondément. C'est pour ça que tous les hommes l'avaient appelé Brandon.

Van Pelt parla longuement avec son interlocuteur. Je crus un instant qu'elle allait me voler la vedette.

Brandon arriva enfin, accompagné de son cortège de stagiaires très jeunes, très minces, et très belles.
Les petites poules piaillaient, dérangeant Lisbon dans son bureau. Elle quitta sa tanière. La couleur de ses cheveux jouait sous la lumière. Lisbon était une louve. Ce territoire était à elle. La femme avança avec un pas lent et gracieux. La transformation allait être complète. Brandon allait se faire dépecer.

Je me levais, pour aller saluer généreusement les stagiaires. Les trois quart tombèrent sous mon charme. Je savais que j'étais irrésistible.

Pendant que Lisbon et Brandon s'entretenaient, je mimais chacun des gestes de notre ami, d'une façon exagérée.
Les fillettes riaient de bon cœur. Bon sang, pourquoi réagissaient-elles aussi facilement ? Je pouvais être leur père !

Je m'apprêtais à jouer mon plus beau coup. Lisbon me regarda.
Je continuais de singer l'autre homme, et fis un « malaise ». Les filles poussèrent un cri de peur. Lisbon soupira.
Brandon râla.

Je me relevais prestement.

Brandon perdit sa cour de fans et l'attention de Lisbon. Cette dernière était exaspérée par nos comportements. Mais maintenant elle serait plus détendue pour travailler.

Je retournais dans mon canapé, satisfait.

Je tombais dans un sommeil profond, ravi.


zazazou  (23.01.2014 à 15:09)

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