HypnoFanfics

Bullet for my Valentine.

Série : The Mentalist
Création : 09.10.2013 à 10h15
Auteur : zazazou 
Statut : Terminée

« "Suite" de Bloody Snow mais possible de les lire séparement. Si vous voulez comprendre certains événements, il faudra lire Bloody Snow tout de même. » zazazou 

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Chapitre 8 :

Lisbon me réveilla un peu plus tard. Nous avions une décision importante à prendre. Cool, la grande table de réunion allait de nouveau servir à quelque chose.

Je m'assieds entre Rigsby et une splendide plante en pot.
Lisbon vérifiait ses papiers.

Elle prit beaucoup de temps à faire ses dernières corrections et à parler de problèmes administratifs avec Van Pelt.

Je piquais du nez, sans pouvoir me contrôler. Évidemment, cela fit rire Rigsby, qui s'empressa de me montrer du doigt à Cho. J'étais pris au piège, je ne pouvais pas me libérer de cette douce étreinte... Chaleureuse... Tentatrice...

Lisbon me sauva la vie en me labourant le gros orteil avec sa chaussure. Merci Lisbon.

« -Je viens vous demander votre accord pour enquêter sur ces braqueurs. J'aimerais que nous changions d'affaire.-dit Lisbon
-Pas de problème.-firent les autres »

Lisbon, pendant quelques secondes, fut surprise qu'ils acceptent. Elle allait passer à autre chose quand je l'interrompis.

« -Lisbon, est-tu bien sûre de vouloir enquêter sur eux ?-demandais-je »

Je ne les sentais pas. Et pas uniquement parce que j'étais enrhumé, non. J'avais le pressentiment qu'il fallait mieux éviter de genre de personnes.

« -Jane, je veux les arrêter.
-Lisbon, tu t'attaques à un trop gros poisson.
-Je suis policière, c'est mon boulot.
-Ton boulot n'est pas de mourir.-répliquais-je
-J'ai des protections. Si je devais éviter de bosser par peur de mourir, il y a longtemps que je serais morte.
-Les gilets pare-balles ne protègent pas des balles de Taser. Au contraire. Je suis sûr que cela ira très bien avec les charnières en métal de ta « protection ».
-En signant pour faire ce boulot, je savais que je risquais ma vie. C'est trop tard pour remettre mon choix en cause Jane.
-Je ne remets pas ton choix en cause. Je sais très bien que tu as traversé des situations terribles. Je veux seulement qu'on donne ce dossier à des enquêteurs du FBI, mieux armés.
-Je garde ce dossier. Libre à toi de participer ou pas. »

Je n'étais pas d'accord. Je me levais et retournais sur mon canapé, pour montrer mon mécontentement.
Bien entendu, ils s'en fichaient totalement. Mais je savais très bien qu'ils auraient besoin de mon aide.

Je rentrais chez moi en colère. Le petit vélo traînait dans le couloir.
Pour me calmer, je décidais de ranger mes papiers. J'avais un grand meuble trieur où toute la paperasse était soigneusement classée.

J'ouvris le meuble, en forçant sur mon seul bras valide pour atteindre la serrure, positionnée assez haut.
J'abaissais la porte coulissante.

Une forte odeur de bois et un nuage de poussières m'agressèrent sauvagement. Je toussais fortement. Mes yeux se desséchèrent. Je les mouillais avec une petite larme et commençais ma tâche.

Autrefois, Angela s'occupait de ça. Curieusement, elle prenait plus de plaisir à mettre de l'ordre dans des documents divers que récurer un lavabo. Aussi, ma femme ne pouvait s'empêcher de tout trier quand elle était stressée. Cela lui permettait de ré-organiser son esprit je suppose.

Garder certains papiers n'était plus nécessaire. Je les enlevais et les mis de côté. À travers des factures diverses, je retraçais notre histoire à deux. Notre première machine à laver ( qui avait répandu son contenu un peu partout, donnant lieu à un « combat » entre deux jeunes gens assez fous et le gagnant se retrouvait couvert de baisers(c'est dans ces occasions que la galanterie masculine se révèle...), notre dernière cafetière (la meilleure, qui faisait un petit nuage de lait sur le thé), notre premier ordinateur ( le pauvre a été légèrement détourné de son usage « professionnel »), notre aspirateur (nous jouions le ménage à la courte paille)... Je fermais mon esprit aux souvenirs.
Mon corps se plaisait à ressasser les jours heureux. Ma peau se souvenait du soleil à ce moment là. Mais mon esprit reprendrait inévitablement le dessus. Je préférais arrêter le processus avant qu'il ne s'engage.

Un des papiers que je touchais me semblait particulièrement rugueux. Je le sortis, curieux, et lus l'entête.
L'avis de décès.

. . .
. . .
. . .
. . .

Une fois de plus, mon subconscient m'avait pris en traître.

Je m'éloignais du bac infâme et m'assieds à terre.
Je m'efforçais de respirer calmement.

On dirait que la crise passe.

Ma foi, ça passe. C'est étrange d'ailleurs.

Il se faisait tard. La nuit commençait à tomber. J'espérais que Lisbon décommande au dernier moment.
Ou alors j'annule moi même.

Mon téléphone vibra dans ma poche.

« -Lisbon ?
-Jane, j'ai crevé un pneu sur la route, pas loin d'un lieu assez... Hum... Bien fréquenté. J'ai appelle la dépanneuse et Van Pelt me ramène chez moi. Pourrait-on décaler ?
-Pas de problèmes. Rentre vite chez toi, au chaud.-répondis-je
-Merci Jane. Bonne nuit, à demain. »

Je partis me coucher perturbé dans mon lit, à l'étage.
Le lendemain matin, les oiseaux chantaient dans l'arbre. Les rayons du soleil se frayaient un chemin à travers mes vitres, pour illuminer la chambre. Un petit courant d'air frais arriva à passer, sortant de je ne sais où.

Il aurait été possible d'imaginer une journée normale se dérouler dans cette pièce, s'il n'y avait pas ce visage rouge souriant, qui surveillait la porte d'un air malsain.

Je me levais prestement, et descendis dans ma cuisine. Mon réfrigérateur était vide et débranché. Je n'avais plus d'aliments frais et périssables.

Je fouillais dans mes tiroirs et attrapais une boite de céréales.

Mon canapé m'appela. Je lui fis l'honneur de répondre et entrepris de trier les raisins secs des flocons d'avoines.

Une fois terminé mes graines, je me demandais ce que j'allais faire des fruits. Peut-être acheter un lapin. J'aimerais avoir un animal de compagnie. La maison manque de chaleur.

La pendule m'indiqua que j'allais être en retard au travail.
Je me levais et partis dans l'entrée. Un miroir me renvoya l'image d'un homme débraillé. À tous les coups, si je sors dehors comme ça, je me fais arrêter par les hommes en blanc.

Je fis un tour dans ma salle de bain et ressortis propre comme un sou neuf.

J'arrivais au CBI à l'heure. Je suis fier.


zazazou  (03.02.2014 à 08:09)

Chapitre 9
Lisbon passa devant moi en coup de vent, avec une pile de documents dans les bras. Une feuille tomba à terre.
Je la récupérais, voulant lui rendre. Je la parcourais des yeux, involontairement. Il y avait des chiffres. Qu'est-ce cela voulait dire ?!

Un code.

Je rattrapais Lisbon pour lui rendre sa feuille. Elle s'efforça de garder un visage neutre. Malgré tout, je voyais une petite ride nerveuse tressauter au coin gauche de ses lèvres. Quant à moi, je n'avais pas fait « attention » au document qu'elle avait fait tomber.

Je retournais avec les autres. Van Pelt m'interpella pour me demander un coup de main.

« -Jane, regarde cette photo. Dis-moi ce que tu en penses. »

L'image avait été pris dans une foule. On y voyait distinctement quatre hommes. Les autres personnes semblaient floues.
Van Pelt voulait que je me concentre sur ces hommes. Elle recherchait l'âme sœur. Sa pauvre horloge biologique devait être désespérée pour ne pas voir qu'elle l'avait déjà trouvée.

« -Tu sais, en agissant comme une flic, tu finis inconsciemment par trouver des personnes à arrêter...-avançais-je
-Non... Quand même...
-Si... Celui-là, le tout propre, était un de mes camarades de prison. Les autres sont des joueurs de poker invétérés.
-Comment le sais-tu ?-demanda Van Pelt
-Ils sont blafards, ils ont peu dormi, et portent des bijoux en or véritable. Regarde la façon dont ce bracelet tombe. L'or est lourd.
-Ou alors ce sont des geeks !-avança-t-elle, pleine d'espoir
-Tu auras sans doute remarqué le pistolet, glissé dans sa ceinture, juste devant ses parties intimes. »

Van Pelt approcha la photographie de ses yeux, perplexe.

« -Non... Il n'y a pas de flingue...-murmura-t-elle
-Si, il y en a un. Regarde sa main droite. Il est gêné par la position de son arme. Généralement, elle est glissée dans la ceinture, canon vers le bas. Mais le poids du barillet a entraîné l'arme vers le bas, en remontant le canon vers le haut. Elle s'est sûrement déplacée quand il a descendu les escaliers, que tu vois derrière.
-Oh !
-Et regarde l'autre homme. Que me peux-tu me dire à propos de sa poche droite ?
-Elle tombe plus bas que la poche gauche. Le poids d'une arme.
-Tu as tout compris Van Pelt. »

Elle semblait fascinée.

« -Je peux te faire un topo là-dessus si tu veux.-proposais-je
-Avec plaisir ! Merci !
-Et à l'avenir, vas en boite c'est moins dangereux. »

Je m'installais sur le canapé et pris mon carnet. Je retranscris le code que j'avais vu sur la feuille.

NC RKG GUV NC. GNNG EQPXQKVG WPG PQWXGNNG EKDNG. FGRGEJGB-XQWU FG NWK VTQWXGT WPG PQWXGNNG ITCKPG C UG OGVVTG UQWU NC FGPV. P'COGWVGB RCU NGU HNKEU EGVVG HQKU QW XQWU UGTGB CVVTCRG. KN XGWV FG N'QT GP EJKHHTGU, FG NC RQRWNCTKVG, FGU ICKPU KOOGFKCVU. CWUUK, KN UCWTC XQWU TGEQORGPUGT GP EQPUGSWGPEGU FG XQU GHHQTVU. WPG DCNNG QW WPG HCXGWT.

Je l'avais retenu sous forme de tableau avec des blocs de trois lettres, mais les espaces étaient positionnés de cette façon.

Le code le plus simple est celui de César. Il s'agit d'un simple décalage de l'alphabet, transcrit en chiffres. Par exemple, A est égal à 1. Si le décalage est de deux, A devint B.
Il faut trouver le décalage pour réussir à décoder le message.

Si N est décalé de 1, cela donne M. Si C est décalé de 1, cela donne B. NC se transforme en MB. Cela ne veut rien dire.
Si N est décalé de 2, il est remplacé par L. Si C est décalé de 2, il devint alors A. Le premier mot est : « La ».
Intéressant. Continuons.



LA PIE EST LA. ELLE CONVOITE UNE NOUVELLE CIBLE. DEPECHEZ-VOUS DE LUI TROUVER UNE NOUVELLE GRAINE A SE METTRE SOUS LA DENT.
N'AMEUTEZ PAS LES FLICS CETTE FOIS OU VOUS SEREZ ATTRAPE.

IL VEUT DE L'OR EN CHIFFRES, DE LA POPULARITE, DES GAINS IMMEDIATS. AUSSI, IL SAURA VOUS RECOMPENSER EN CONSEQUENCES DE VOS EFFORTS. UNE BALLE OU UNE FAVEUR.



Autrement dit, Lisbon convoite un gros poisson. Tommy ayant été impliqué, elle chasse en famille.
Pourquoi ne nous a-t'elle rien dit ?
Nous lui faisons confiance, pourquoi nous mentir comme ça ?!

Je me levais brusquement, énervé, et quittait le CBI. J'avais faim. J'allais au snack bar de la rue d'en face.
Le midi, ils proposaient des quantités de paninis différents. Bien évidement, la file d'attente était monstrueuse. Mais je pris mon mal en patience.

Les effluves venant de la cuisine étaient à tomber par terre, littéralement. Cela était sans doute dû au temps d'attente. Les personnes en hypoglycémie tombaient comme des mouches. Invariablement, ils achetaient plus de choses arrivés à la caisse. Vive le marketing. Mais leurs sandwichs étaient très bons.
À travers la fumée qui sortait de mon corps ( à croire qu'ils ont des bouteilles d'eau à revendre, ils ont laissé la porte de la salle des fours et grils ouverte), j'entre-aperçus un joli pain rempli de poulet, salade, assaisonné à la sauce barbecue. Mon âme sœur.

Une fois arrivé à la caisse, je commandais ce sandwich plus un pain brioché au nutella et une eau pétillante citronnée.
Le vendeur m'offrit une canette de thé glacé. J'avais assez de sucre pour tenir jusqu'à ce soir.

Je fis quelques pas dans la rue, et trouvais un banc libre pour déjeuner.
Je m'apprêtais à déballer mon repas lorsque je me rappelais que je ne pourrais pas ouvrir ma canette. Ma main me manque.

J'attaquais mon premier sandwich en salivant. De la sauce coula sur ma main blessée. La chaleur me surprit. Je ne pensais pas pouvoir récupérer ma main après toutes les acrobaties que j'ai fait ces derniers temps.
J'essuyais, et continuais de manger. Le printemps était très doux cette année. Dans peu de temps, ce sera la Saint Valentin.

Je terminais de manger, pensif. Que faire ensuite ? Retourner au CBI ? Je n'aimais pas la façon dont toute cette histoire se déroulait. Peut-être pourrais-je lui faire comprendre. Je n'aime pas le fait qu'elle ne m'ait rien dit. Mon petit Jeminy Cricket me signala que je ne tenais pas forcément Lisbon au courant de toutes mes réflexions sur John le Rouge. Note pour moi même : tuer ce maudit insecte.

Finalement, je retournais au travail, en réfléchissant sur la marche à suivre.

La journée de travail se termina sans événements particuliers. J'évitais Lisbon, vexé.

J'avais envie de passer la nuit dehors, à observer les étoiles sur ma colline. Mais je me souviens que nous n'avions pas encore résolu l'affaire en cours, et que les coupables m'avaient vu. Je préfère m'enfermer chez moi, j'en ai marre de me faire kidnapper.

J'achetais une salade composée pour ce soir et rentrais chez moi.

Je m'assieds sur mon canapé, avec ma salade, et me demandais ce que je pouvais faire.

J'attendis longtemps. Finalement, je décidais d'aller au casino, pour jouer au poker toute la nuit. Allez, j'achète un petit jeton et j'essaye d'en gagner le maximum. Voilà qui devrait m'occuper.

La nuit a été fructueuse. J'étais reparti avec une cinquantaine de jetons, que j'échangeais contre de l'argent. Malheureusement, ils versaient directement les gains sur le compte en banque du gagnant. Je ne pouvais pas m'en débarrasser, mon banquier le verrait. Et il sera très heureux de pouvoir prendre une cotisation coûteuse dessus, alors que je calculais précisément mes entrées et mes sorties pour l'éviter. Alors je lancerais une procédure pour qu'il annule son geste, ce qu'il fera en me prenant des frais de dossiers. Tant pis. Je n'avais qu'à pas jouer.

Après un rapide tour chez moi, et un passage express dans la salle de bain, j'allais au CBI. Les autres membres de l'équipe n'étaient pas encore arrivés. J'étais bien trop matinal.
J'entrepris de faire une sieste sur le canapé, pour les attendre.

Lisbon arriva et s'approcha de mon canapé. Sa démarche légère et ses pas quasiment inaudibles étaient reconnaissables entre mille. C'était comme ne pas mettre de parfum pour ne pas attirer les chiens. L'absence d'odeurs était une odeur aussi.

Elle s'arrêta à quelques pas de moi.
Je fis semblant de dormir, curieux de voir ce qu'il allait se passer.
Lisbon fit demi-tour et alla dans son bureau. Dommage.

Elle repartit quelques minutes plus tard.

Cette fois-ci, je me levais. Pourquoi avait-elle quitté le CBI ?


zazazou  (13.02.2014 à 08:14)

Chapitre 10

Je me dépêchais d'aller au parking. Je repérais la voiture de Lisbon au loin, et entrepris de la suivre discrètement.
Enfin... Á cette heure là, il n'y avait personne sur la route, et je devais bien être le seul à avoir une voiture de ce genre.

Lisbon roulait très vite et faisait hurler son gyrophare. Je me permis de la laisser me distancer et de la suivre au son.
J'identifiais rapidement le chemin qu'elle prenait. Celui du centre commercial. Ce maudit magasin. J'aurais voulu ne jamais y remettre les pieds. Je ne pouvais sans doute pas y retourner. Ma tête devait être placardée partout depuis que j'avais tué quelqu'un là-bas.

Plusieurs patrouilles de police attendaient à quelques mètres de l'enseigne. Ils avaient installé un cordon de sécurité. Des gorilles m'empêchèrent de m'avancer. Tout juste m'autorisaient-ils une bonne place devant la troupe de badauds attendant le spectacle.
Dégouté, je retournais à ma voiture.
Lisbon était là-dedans. Si, au moins, je pouvais les suivre dans leurs déplacements... Je ne savais pas comment faire marcher ma tablette pour que ce soit possible. Les espions y arrivaient bien eux, mais il faut croire que je ne serais jamais un bon espion. Et je n'ose pas les appeler, de peur de les faire repérer.

Je devais attendre, malheureusement.

J'observais le parking du magasin et les badauds dehors. Si peu de gens par rapport au nombre de voitures. Une partie des clients devait être à l'intérieur. Les négociations allaient prendre du temps.

Je n'aimais pas ça. Dans la vie, il y avait pour moi deux sortes de cambrioleurs. Ceux qui se fixent sur des objectifs précis et les autres qui prenaient tout et n'importe quoi. Nos malfrats actuels étaient entre les deux. Parfois, ils suivaient leur ligne de conduite, parfois ils innovaient. Il s'agissait des bandits les plus dangereux, à la conduite imprévisible. Tirer sur des agents de police avec un Taser pour les électrocuter à cause du gilet pare-balles relevait du sadisme pur. Ou du génie. Mais bizarrement, personne ne tirait dans la tête des policiers, quand ceux-ci n'avaient pas de casques. Sans doute se figuraient-ils qu'un projectile dans le cœur devait suffire.
Si je devais me retrouver à leur place, je viserais la tête, ce serait beaucoup plus efficace qu'un Taser. Néanmoins, l'électricité et les parties métalliques du gilet s'associaient très bien. Les victimes les plus fragiles pouvaient faire un arrêt cardiaque.

J'allongeais mon siège et me forçais à me détendre. Les bonhommes dans les fourgons blindés qui venaient d'arriver savaient faire leur boulot. Lisbon en sortirait indemne.

Je fermais les yeux et utilisais des techniques de relaxation. J'étais très anxieux. Mon équipe était là-dedans et risquait de se faire tuer. Et moi, je n'étais même pas là pour les aider.

Je respirais profondément. J'avais intérêt à pouvoir réagir vite en cas de besoin.

La roue pouvait tourner tellement vite... Je ne sais même pas quelle arme utilise les braqueurs aujourd'hui.

La robe que portait Angela était tellement belle. Surtout très courte. Oui je pense que c'est ça. Et échancrée aussi. Très. Beaucoup. Et ses cheveux, très long. Et son tissu, très léger.
Oulà, autant de répétitions. Ça y'est, je suis fichu. C'est la fin des haricots. Les carottes sont cuites.
Elle rigole. Se fiche-t'elle de moi ? Qu'importe... Son rire ferait tomber les anges du ciel. Soyez jaloux là-haut ! Regardez ce que vous ratez !

Angela ! Attends moi ! Ne cours pas aussi vite ! Annngeeellaaaa !!

La voiture. Je suis dans la voiture. Des gens crient dehors. Ils regardent le centre commercial avec anxiété. Ah oui, Lisbon et les autres sont dedans. Cho, Rigsby, Van Pelt... Les badauds sont angoissés. Le spectacle devait être prometteur.
Je sortis de mon véhicule, pour me dégourdir les jambes. Des nuages couvraient le ciel. L'atmosphère était électrique.

Je m'approchais du groupe de policiers pour avoir de nouvelles informations, tout en vérifiant que mon badge du CBI était bien visible.

« -Comment se déroule les opérations ?-demandais-je
-Nous avons fait venir l'unité d'élite. Ils prennent en charge le commandement.
-Que se passe-t'il ?
-Ils ont prit des otages. »

Un éclair tomba. Je vis rouge un instant.

« -Quoi ?!-m'exclamais-je, effaré
-Ils ont prit des otages. »

C'est pas possible. Dites moi que ce n'est pas vrai.

« -Vous n'êtes pas sérieux ?!
-Vous me faites chier. Allez-vous-en.-répondit carrément le policier »

Quelque chose se brisait en moi. Je ne savais pas quoi. Ou plutôt, je n'avais pas envie de le savoir. Je rejetais mes craintes très loin et me dirigeais vers le lieutenant en charge de l'opération.

L'homme devait avoir la quarantaine. Il était tellement abimé par la vie qu'il était impossible de savoir précisément son âge. Et son nombre d'années de vie ne traduirait pas la maturité de son psychisme.
Je le regardais postillonner en hurlant sur un subalterne.

Trois secondes me suffirent pour établir un profil complet sur cet homme. Son paralangage m'indiqua qu'il était complètement malade. Son esprit était resté à la guerre d'Algérie. Là-bas, une prise d'otage se réglait à coup de bombes. Il allait tous les tuer.

Je devais me montrer encore plus fort, fou, intransigeant et militaire que cet homme.
Je l'approchais en l'abordant sur le côté, pour le forcer à se tourner vers moi, en guise de soumission. Mes épaules étaient remontées pour me donner une carrure plus importante. Je me composais un regard dur.

« -Lieutenant, je veux un point complet sur les opérations.-ordonnais-je
-Retournez derrière les voitures de police, avec les autres.-répliqua-t'il, sèchement
-Patrick Jane, CBI. Je ne crois pas que votre chef vous ait appris à traiter vos collègues comme des civiles.
-Vous avez raison, il ne m'a pas appris à traiter les autres comme des civils, mais des poids morts. Dégagez ! Nous avons la situation sous contrôle. »

Il projetait ses épaules en avant, pour m'intimider. L'homme avait aussi une forte tendance à approcher sa tête de son interlocuteur. Son visage emplissait tout mon champ de vision, pour me faire peur.

Voyons voir... Trois soldats à vingt mètres. Ce genre d'individu n'obéit pas à des coups de téléphone d'un sénateur, mais à des coups tout court.
Je visualisais la façon de faire qu'utilisait Cho. Ah, mais je n'ai qu'un bras. Tant pis.

Je levais mon bras valide et attrapais le cou de l'homme. Je le plaquais contre sa camionnette en lui cognant la tête, avant qu'il ne puisse me faire une clé de bras.

« -Ce n'est pas vous qui commandez ici, c'est moi. Le CBI a été appelé pour prendre en charge cette situation. Mon équipe est là-dedans. Si l'un d'eux meure à cause de vos conneries, je vous explose la gueule. »

Je vis mon reflet dans la vitre du véhicule. Je me convaincrais presque moi même. Il fallait avouer que j'avais de l'expérience dans la folie.

Je relâchais le militaire. Je vis le spectre d'une humiliation passer à travers ses yeux. Il avait été capturé par l'ennemi et torturé. Mais il n'avait rien dit. Il n'avait pas dévoilé les secrets du pays. Il ne me parlerait pas si facilement.
Je devais le diriger sur autre chose, avant qu'il ne se reprenne.

« -Combien d'unités avez-vous déployées ? Quelle tactique allez-vous utiliser ?-demandais-je, toujours aussi sérieusement
-Treize snipers ont chacun des fenêtres et des sorties de ce bâtiment dans le viser. Une souris ne pourrait pas en sortir. Concernant la tactique, hors de question qu'on leur donne ce qu'ils veulent. »

Okay. C'est un malade. Sait-il au moins gérer une prise d'otages ?

« -Et la prise d'otages ?-demandais-je
-Ils seront relâchés.-m'assura-t'il »

Nous avons donc des têtus qui ne veulent rien lâcher dans les deux camps. Mon Dieu... Je veux des vacances, loin de ce monde de fous.

« -Retirez vos troupes.-ordonnais-je
-Hors de question.
-Retirez vos troupes !-répétais-je en criant
-Lenning, Teb, emmenez-moi ce gars loin d'ici ! »

Les deux gorilles au pseudo étrange me soulevèrent avec facilité.
Je me retrouvais à hurler : « Vous allez les tuer ! Vous allez tous les tuer ! » avec un air de dément.
Tragique.

Mes deux gardes du corps me déposèrent près de ma voiture. Message reçu, je reste à l'intérieur et je ne viens pas vous embêter.

Je montais dans ma voiture et pris mon mal en patience.


zazazou  (24.02.2014 à 18:19)

Chapitre 11

Trois heures passèrent. J'avais entendus plusieurs coups de feu. J'étais mort d'inquiétude. Je retardais au maximum le moment de sortir et d'aller prendre des nouvelles. Je ne voulais pas qu'ils m'en apprennent une mauvaise. Je ne voulais pas attendre.
Quand je pense que j'en voulais à Lisbon... J'aurais dû l'aider au lieu de râler. J'aurais dû être avec eux. J'aurais dû...

Encore un coup de feu. Mais qui tire ? Eux ? Ont-ils échangés leurs Tasers contre une arme à feu ?
J'observais les snipers. Perchés sur les toits, les balcons et autres points en hauteur, il était impossible de deviner ce qu'ils allaient faire.

Je regardais maintenant l'homme responsable de ce grand fiasco. Il beuglait. Tout rouge. Je parie qu'il était insuffisant hépatique. Il va faire une bêtise.
Je crois que nous sommes le jour de la Saint Valentin. Les fonctionnaires compétents sont en congés. Sinon ils n'auraient pas envoyé quelqu'un comme ça. Il était beaucoup trop nerveux et colérique pour entamer les négociations calmement.

Un autre homme vient lui parler. La discussion semblait sérieuse. L'inconnu était un membre de la brigade d'élite. Il devait s'agir du chef de tous les autres pour pouvoir se faire écouter aussi bien.
Les deux hommes se séparèrent. Celui que je ne connaissais pas prit son talkie-walkie pour dire quelque chose.

Les policiers et autres s'agitèrent dans tous les sens, comme des fourmis. Impossible de savoir ce qu'ils comptaient faire. Je les imaginais bien se mettre en formation tortue, ou quelque chose dans ce genre.

Les badeaux étaient éloignés par des policiers. Des voitures de police se garèrent devant eux.

Non, s'il-vous-plaît, pas ça !

La seconde suivante, les snipers entreprirent de vider leur arme sur le centre commercial.

Je n'aurais pas cru qu'il puisse donner l'ordre.

Il avait donné l'ordre.

Il avait donné l'ordre.

L'information se fraya un chemin parmi les angoisses qui embrumaient mon cerveau.

Je bondis hors de ma voiture, traversais la rue en courant et en hurlant, esquivais les policiers et déchirais le cordon de sécurité.

Il avait donné l'ordre.

Il avait donné l'ordre.

Je sortis mon pistolet et le lançais à travers le magasin. Je sautais à travers la vitre brisée.

L'enfer se déchaîna.

Il avait donné l'ordre.

Je me cachais sous un bureau. Les balles pleuvaient.

J'entendis les corps tombés et les cris terrorisés.

Il avait donné l'ordre.

Les blessés imploraient Dieu de les sauver. Je m'en fichais totalement.

Lisbon était là-dedans. Lisbon était otage !

Il avait donné l'ordre.

La journée avait pourtant bien commencé...

Je me croyais en pleine scène de guerre. Pendant un instant, la panique m'envahit. J'aurais voulu sortir de cet enfer et hurler.
Je m'accroupis contre le mur, pour me préparer à courir tout en étant à l'abri des balles.

La pluie mortelle cessa. Je détalais avec rapidité.

Un sifflement perça mon oreille. Un flash me fit trembler. Le sol tanguait sous mes pieds. Il y avait une drôle de poussière dans l'air.
Pas de la poussière. De la fumée.
Et comment je repère Lisbon avec ça !?

Je sortis mon téléphone et appelais Lisbon. J'osais espérer qu'elle n'avait pas éteint son portable.

La fumée était oppressante. J'avais du mal à respirer.

Une mouche bourdonna. Je trébuchais sur quelque chose, et me rapprochais du coup de ce bruit de vibreur.
Je tâtonnais, presque dans le noir. Je touchais une main et un visage. Le corps de Lisbon m'avais fait tomber. Pratique.

Je me rapprochais au maximum pour essayer de voir si elle était consciente. La fumée me gênait beaucoup.
Bon, à mon avis, comme je suis tombé sur elle, Lisbon est inconsciente.

Je cherchais son visage et son torse. Elle ne respirait plus.

« -Elle a enlevée son gilet pare-balles.-constata Charlotte
-Intelligent, il aurait pu lui griller le cœur. Mais elle n'a pas pensé à la fermeture éclair de sa veste.
-Je te suggérais de commencer à la réanimer... On ne sait pas depuis combien de temps elle est dans cet état. »

La fumée ne l'avait pas aidé.

J''entamais donc une réanimation cardio-pulmonaire avec une seule main, dans le brouillard.

« -Ce n'est pas pratique du tout.-constata Charlotte »

Je ne répondis pas. Le fait de voir ma fille décédée était mauvais signe.

« -Je compte pour toi. Je te dirais quand faire les insufflations.-fit-elle »

Très bonne idée. Je suis perturbé, j'avais peur de perdre mon compte de pressions.

« -Vas-y. »

Les minutes semblaient durer des heures. Ou pas. J'avais perdu mes repères. Plus jamais ça. Plus jamais !

« -Papa, vérifie qu'elle respire quand même !-me sermonna ma fille
-Si tu veux prendre ma place, vas-y, te dérange pas.-répliquais-je, essoufflé »

Je me sentais mal. Je m'affaissais lentement, la tête sur le ventre de Lisbon. Des papillons de lumière dansaient devant mes yeux. La fumée. La présence de Charlotte aurait dû me mettre la puce à l'oreille.
Et en général, on met la victime et le secouriste en sécurité avant de commencer quelque chose...

« -Papa ! Relève-toi ! Vite, faut sortir de là ! »

« -Papa ! Lisbon va mourir si tu restes là !
-Et moi alors...-murmurais-je, exténué
-Allez ! Secoue-toi ! ».

Je me redressais, perdu. Je n'étais plus très sûr de la marche à suivre.

« -Prends Lisbon sur tes épaules ! »

Je lui montrais mon attelle.

« -Attends, je vais t'aider. »

Ensemble, nous réussîmes à hisser Lisbon sur mon épaule encore valide. Je percevais un faible souffle chez elle.
Nous nous mettons en route, espérant trouver la sortie.

« -Vite, sortons!-s'écria Charlotte
-Parle-moi ...-la suppliais-je
-J'ai plein de bêtises à dire justement. Et si je te disais que j'avais un petit ami ? »

Je faillis chuter à nouveau.

« -QUOI ?! Ne me dis pas que c'est l'archange Gabrielle!-m'exclamais-je, bien réveillé
-Pourquoi ? Il est génial !
-C'est du détournement de mineur !-répliquais-je
-Mais ?! Il a tout ! De l'argent, du pouvoir et de grandes ailes !
-Charlotte-Anne Jane ! Moi et votre mère ne nous avons pas élevé comme ça ! Vous devriez avoir honte.
-Je fais ce que je veux.-continua Charlotte, avec un magnifique sourire
-Non mais franchement, tu manques d'ambition. Tu pourrais sortir avec Dieu, mignonne comme tu es !
-Ohohoho ! Papa ! J'y crois pas ! »

Nous parlons de Dieu et je vois une lumière au bout d'un tunnel. Une véritable expérience de mort imminente.

Je suivis la lumière, parce que je ne savais pas où aller.

Je me sentais de plus en plus faible.

La lumière se fit plus aveuglante. Je fus obligé de fermer les yeux.

« -On a réussi, nous sommes dehors ! Papa ! »

Je m'étais laissé tomber contre le mur du magasin, Lisbon sur les genoux.

« -Si j'avais su que les films policiers de ta mère étaient vrai, je ne les aurais jamais regardé.
-Ils sont bien ses films préférés.
-Pas de ton âge. Et ils sont nuls.-répondis-je, à voix basse »

Un vertige m'assaillis, je fermais les yeux pour résister.

Je gardais Lisbon serrée contre moi, comme si j'avais peur qu'elle ne se sauve. Je sentais sa respiration sur ma main blessée et cela me rassurait.
Cho essaya de la récupérer. Enfin, j'en suis pas sûr. Je la gardais, pour plus de sécurité.

À travers ma confusion, je perçus néanmoins la voix de Dalila, infirmière de son état, que j'avais courtisé il y a longtemps, pour les besoins d'une enquête. Cela m'avait attristé d'apprendre qu'elle était plutôt tournée sur le sexe opposé.
Enfin, cette femme est une folle extraordinaire et nos jeux défrayaient la chronique dans la salle de soins des urgences.

« -Te re-voilà joli cœur ! Je savais que tu allais revenir me voir. Allez, viens avec moi, je vais m'occuper de toi. »

Je la suivis docilement, sous le regard amusé de Charlotte-Anne, qui ne m'avait pas quitté, preuve de mon état. Les fumigènes de la police sont vraiment de très bonne qualité.

Dalila me colla un masque sur le visage et m'ordonna de respirer le bonheur. Elle m'a fait assez peur au début, mais le bien-être qui vient ensuite montrait qu'elle n'avait pas tort. Je me sentais beaucoup mieux. Charlotte s'en alla. Je la revois encore marcher sur ce parking, puis disparaître sur un camion.
Je retiens ma tristesse. Ce n'était pas le moment.

Dalila vient vérifier mon état de conscience quelques temps plus tard et m'autorisa à partir.


zazazou  (31.03.2014 à 09:25)

Chapitre 12

Je rentrais chez moi complètement exténué. Je m'assieds sur mon canapé, avec la ferme intention de ne pas en bouger. J'avais des difficultés à respirer.
Je commandais une pizza. Elle arriva rapidement. Je m'endormis avant d'avoir envie de la manger.

Le lendemain, quelqu'un sonnait à ma porte. L'information mit un certain temps avant d'arriver au cerveau. Oh, et en plus j'ai une pizza.

J'ouvris la porte à Van Pelt, avant qu'elle ne la désosse.

« -Jane, je suis contente que tu ailles bien. Je ne savais pas ce qui s'était passé hier... »

Je l'invitais à rentrer au salon.

« -Veux-tu un thé ?-demandais-je
-Oui, je veux bien, merci. »

Je préparais ma bouilloire et retournais voir la jeune femme.

« -Raconte moi ce qu'il s'est passé.-lui demandais-je
-Lisbon a eu des indices lui indiquant qu'ils allaient tenter quelque chose au centre commercial. Nous y sommes allés. Ils ont organisé une prise d'otage. Le négociateur ne voulait pas leur donner ce qu'ils voulaient. Alors ils ont tiré sur tout le monde.-résuma-t-elle
-Que voulaient-ils ?-demandais-je »

La clé de toute cette histoire !

« -Je ne sais pas. J'étais éloignée de Lisbon lorsqu'elle a été prise en otage. Je n'ai pas entendu ce qu'ils se disaient. J'ai juste eu le temps de voir qu'elle était blessée avant de perdre les autres. »

C'était frustrant. Quelque chose semblait m'éloigner de la vérité. Je décidais de demander de l'aide à Van Pelt.

« -Grace, nous devons savoir ce qu'il se passe. Quelque chose t'as-t-il semblé anormal au CBI ces derniers temps ?
-Pas vraiment.
-As-tu bien regardé ? »

Le doute s'inscrivit sur son visage.

« -Lisbon.-expliquais-je
-Mais ?!
-C'est elle qui nous a lancée sur cette enquête.
-Lisbon est notre patron, elle nous donne des enquêtes.
-Pas vraiment. Les enquêtes de notre champ de compétences arrivent sur nos bureaux. »

Elle réfléchit pendant quelques minutes.

« -Penses-tu qu'elle voulait nous engager sur cette enquête ? »

J'essayais de rester neutre, pour ne pas l'influencer. Bien sûr, je l’amènerais où je voulais, mais je dois faire comme si.

« -Elle nous a demandé de réfléchir sur cette affaire, sans que le dossier ne nous soit officiellement confié. Je ne sais pas si ça prouve qu'elle soit impliquée.
-J'ai trouvé une note qui venait de sa poche. ».

Je lui passais le code et la traduction. Ses petits yeux s'écarquillèrent d'étonnement. La jeune femme avait une image angélique. Mais il ne fallait pas s'y fier. Jamais.

« -Lisbon n'est pas corrompue.-affirma Van Pelt
-Bien sûr que non.
-Tu as une idée.
-Le prénom de Lisbon. Teresa. Une sainte. Elle veut s'attaquer à un trop gros poisson. »

L'idée ne semblait pas choquer Van Pelt. Je ne me trompais donc pas.

« -Qu'est-ce qu'elle a fait ?! Il faut qu'on la sorte de là!-lança-t-elle
-Oui, ce serait une bonne idée.
-On pourrait les appâter à nouveau, pour les attraper ?
-Ils ne se laisseront pas avoir une fois de plus... Je pense plutôt au gala de charité...-murmurais-je
-Quel gala ? »

Je réfléchissais. J'avais été dans la salle où se déroulerait cet événement, quelques années plus tôt. Les photographies du journal me donnaient la disposition des éléments qu'ils comptaient ajoutés.

Je pensais plus particulièrement à cette machine, cette grosse borne informatique... Où tous les gros portes-monnaies videront leur argent...

« -Jane ?
-Une machine peut les intéresser là-bas. Il s'agit d'une grosse borne qui sert à récolter les dons immédiats. Ils peuvent récupérer les codes de carte bleue et l'argent déposé dans la machine.
-Ils pourraient donc avoir les codes bancaires de toutes les stars des environs.-résuma Van Pelt
-Ah, je n'y avais pas pensé. Enfin, on peut toujours aller les attendre là-bas. Le gala est dans deux jours. J'ai le temps de préparer le terrain.-expliquais-je
-Que veux-tu faire ?
-Je vais faire des protections contre les Tasers. Il faudra aussi un plan pour se cacher dans la salle de gala.
-Je vais y réfléchir avec Cho et Rigsby. Je te laisse préparer tes protections. »


Je sortis dehors, monta dans ma voiture et m'arrêtais dans un magasin de fournitures diverses. Je pris du cuir, du caoutchouc, du fil, des grosses aiguilles et une bobine de fer fin.
Puis je retournais chez moi. J'avais une vieille machine à coudre qui traînait dans un coin.
Je la retrouvais comme neuve, avec tout le matériel nécessaire. Il y a longtemps, j'aimais créer mes propres accessoires de spectacle. Angela avait un point de vue artistique très important pour moi.

Je travaillais une bonne partie de la nuit afin de réaliser cinq paires de gants en cuir avec une doublure en caoutchouc, des protèges-poignets en caoutchouc, cinq bandeaux pour la tête dans la même matière, cinq cottes de maille discrètes et des sur-semelles en cuir. Je m'arrangeais pour que l'ensemble ne soit pas trop décalé et voyeur.

L'équipe passa chez moi dans la matinée. Ils avaient tous rapporté quelque chose pour le petit-déjeuner. Je sortis ma meilleur boite de thé pour l'occasion, puis je débarrassais ma pizza au passage.


zazazou  (10.04.2014 à 18:26)

Chapitre 13

Cho avait obtenu des plans de la salle. Il prit naturellement la direction des opérations.

« -J'ai été voir la salle et la machine qu'ils allaient utiliser. Jane, ton idée pourrait marcher. Leur ordinateur peut les intéresser. J'ai pris des plans des agencements des meubles lors du gala, et j'ai une liste complète des invités. Van Pelt, tu te renseigneras sur eux. Fais nous une liste des personnes les plus suspectes. Jane, as tu une idée ?-fit Cho
-Oui, j'ai de quoi nous protéger des Tasers. »

Je leur montrais l'équipement et leur demandais de l'essayer. Chacun le trouvait à sa taille.

« -Penses tu que nous pouvons mettre nos gilets par-balles dessous ?-demanda Cho
-Oui, mais mettez les sous vos vêtements. J'aimerais aussi allez là-bas pour voir la configuration des lieux. »

J'avais un plan en tête, sans pouvoir le préciser.

« -Pas la peine. Les plans sont vraiment très complet.-fit Rigsby, qui les examinait depuis tout à l'heure »

Je les regardais attentivement moi aussi. Il n'y avait pas ce que je voulais.


« -Je dois vraiment y aller.-insistais-je
-D'accord. Je t’emmène.-fit Rigsby »

Cho se donnait pour mission d'aller recruter des renforts.

Dans l'après-midi, Rigsby m'emmena dans la fameuse salle. Il n'avait pas repéré mon petit sac à dos. Ils ne me faisaient jamais confiance pour la conduite. Qu'est-ce que je leur avais fait ?

J'observais les lieux avec attention. Dans mon esprit d'escroc, cambrioleur et magicien, cet endroit était une vraie merveille. Il y avait des coins partout, de nombreuses fenêtres, et de gros tuyaux d'aérations au plafond. L'endroit se voulait d'un style industriel. Je voyais surtout qu'il allait être horrible à défendre.

Un gros conduit, parmi d'autres au plafond, m'intéressais.

« -J'ai trouvé ce que je voulais.-dis-je à Rigsby »

Le jeune homme qui nous avait ouvert était inquiet. C'était son premier emploi étudiant. Il n'avait pas envie de se faire virer, et il avait besoin de l'argent pour louer un appartement avec sa copine. Cette dernière se fichait royalement de lui à mon avis.

« -Je dois monter dans le système de ventilation.-annonçais-je »

Le pauvre faillit se décomposer sur place.

« -C'est interdit au public... Seuls les ouvriers qui font de la maintenance peuvent entrer...-expliqua-t-il en tremblant
-Nous ne sommes pas le public. Et si vous voulez mettre votre public en sécurité, vous devez nous laisser faire.-contra Rigsby
-Vous savez même pas s'ils vont venir nous cambrioler. Les journaux ont dit qu'ils s'attaquent que aux entreprises informatiques.
-Nos fichiers de police ajoutent des détails supplémentaires.-laissais-je échapper, comme par mégarde »

Le pauvre garçon ne savait pas quoi faire.

« -Ils peuvent s'attaquer à tout et n'importe quoi du moment que ça leur rapporte beaucoup. Or, leurs récents échecs les obligent à recommencer pour redorer leur blason.-continuais-je »

Les pupilles du garçon se dilatèrent. La veine jugulaire sur son cou palpitait. Sa fréquence respiratoire s'accélérait. Il voulait fuir plus que tout.

« -Accessoirement, ils sont plus agressifs, et mieux armés pour recevoir la police. »

J'arrêtais avant de devoir le réanimer.

« -Très bien, je vous laisse faire votre travail...-balbutia le jeune homme »

Il s'empressa de quitter la salle, en empruntant les escaliers.

« -Il faudra les condamner...-murmurais-je
-Pourquoi veux-tu aller dans la ventilation ?-me demanda Rigsby
-Ils nous ont vu. S'ils nous reconnaissent, ils ne viendront jamais. »

En me baladant au travers de la pièce, je trouvais le local de service.
J'entrepris de le crocheter.

« -C'est une effraction punie par la loi Monsieur.-se moqua Rigsby
-Arrêtes moi si tu peux.-rétorquais-je »

Un déclic se fit entendre après ma petite réplique.

J'ouvris la porte et entrais. Mon collègue était toujours étonné de la facilité avec laquelle je faisais ça.

Le local était très petit et sombre.
Rigsby nous éclaira avec son téléphone, pour que l'on puisse trouver l'interrupteur.

Une fois éclairée, la pièce nous révéla une bouche de ventilation béante au plafond. Une grosse hélice brassait l'air doucement. J'étais certain qu'elle pouvait me couper en deux.

Il y avait un boîtier en face de moi. Je fis sauter le couvercle et abaissa la poignée. Le ventilateur géant s'arrêta.

« -Ne me dit pas que tu veux monter là-dedans.-marmonna Rigsby
-D'accord, je ne te le dis pas. »

Je posais mon petit sac à dos à terre et fouillais à l'intérieur pour en sortir une corde.

Rigsby se baissa pour me faire la courte échelle. Il eut un doute avant de me lancer.

« -Est-ce que tu vas y arriver avec ton bras ?-demanda-t-il
-Mais oui. »

Mon enfance chez les forains m'avais naturellement appris à grimper dans les arbres malgré des membres dans le plâtre ( quand on est poursuivis par un tigre, c'est nécessaire...).
Il me lança en l'air. J'attrapais le rebord du conduit et tentais de me hisser. Le métal, coupant, manqua de me scier les phalanges. J'essayais deux nouvelles fois puis retombais lourdement sur le sol.

« -Est-ce que ça va ?-demanda Rigsby »

J'ouvris ma main en sang et la refermais. Je n'avais pas le souvenir de m'être autant blessé dans ma jeunesse. Serais-je trop vieux pour ces conneries ?

Mon premier plan venait à peine de germer que je devais déjà le supprimer.

« -Tu peux toujours te cacher ici Jane.-me fis remarquer Rigsby
-Non. Je dois être là-haut, pour plus de sécurité. »

Et surtout pour surveiller le deuxième appât que je comptais installer au cas où l'ordinateur ne marchait pas, c'est-à-dire un certain diamant.
Je quittais le placard afin de trouver un marche-pieds. Une caisse semblait faire l'affaire.
Je la ramenais à l'intérieur et montais dessus afin de réessayer d'atteindre le conduit.

Je n'y arrivais pas et pire, je commençais à me faire mal aux épaules.

« -Mais enfin Jane !-grogna Rigsby, prêt à m’assommer
-Non, c'est bon, j’abandonne, tu vas y aller.
-Quoi ?! »

Je lui expliquais mon plan. Il n'était pas vraiment d'accord, mais je ne lui laissais pas le choix. Avec mon idée, il pourrait impressionner la galerie, et faire tomber les femmes à ses pieds. Je savais que son couple battait de l'aile. Le pauvre. Il attendait son tour depuis tellement longtemps... Mais il ne veut pas admettre que la bonne personne se trouve sous son nez. Tant pis pour lui.

Rigsby réussit à monter et à accrocher la corde pour revenir dans la ventilation dès que besoin.

Quant à moi, je devais me trouver un autre plan.

Nous retournons à la voiture.

« -Ramène-moi à la maison. Il faut que je réfléchisse à un plan.-demandais-je
-Je pense que nous devons tous nous cacher. Ils nous ont vu.-me rappela-t-il, en démarrant
-Oui, c'est vrai. Nous avons assez de recoins je pense. Il ne faudra intervenir que s'ils ne peuvent pas gérer la situation.-concluais-je »

Il y eut un instant de silence. J'étais inquiet pour Lisbon.

« -Est-ce que tu as été voir Lisbon?-demanda Rigsby
-Non... Comment va-t-elle ? »

J'essayais d'éviter d'y penser, encore marqué.

« -Elle devrait aller bien. Le choc l'a sonné. Elle devra passer quelques examens. »

Je soupirais, soulagé.


zazazou  (13.05.2014 à 20:52)

Chapitre 14

Nous arrivons devant chez moi. Rigsby me déposa et partit.

Une fois rentré chez moi, je planifiais ma soirée. Je commençais par prendre un anti-douleur. La meilleure chose à faire.

Il me fallait un endroit où me cacher. Je dois pouvoir intervenir si besoin. Ah ?! Devrais-je vraiment me lancer dans la bataille, l'arme au poing ? Non.
Je pourrais donner des informations à Rigsby. Il n'entendra pas bien là-haut. Je peux me mettre dans un autre placard de ventilation avec un meilleur point de vue. Ainsi, nous couvrons toutes les cachettes que j'ai repérées.

Je pris un crayon de papier et une grande feuille. Je dessinais un plan de la pièce avec les recoins, les conduits, les portes, les fenêtres et les sorties. L'architecture des lieux était plus facilement compréhensible en quatre dimensions.
Schématiquement, il s'agissait d'un grand rectangle en format paysage.
Je positionnais Rigsby dans son tuyau, dans le coin inférieur gauche de la pièce. Il maîtrisait ainsi les deux portes de service.

Je préférais me placer dans le fond. J'avais vu une porte menant à un escalier. J'aurais dû aller voir ce qu'il y avait derrière. Tant pis, ce qui est fait est fait.

Il restait des places pour Van Pelt et Cho. Ils choisiront.

Ma tâche faite, il ne me restait plus grand chose pour m'occuper.
Je mangeais rapidement un plat chinois que je me suis fais livrer.

Un orage éclata au dehors. Je n'avais pas envie de sortir sous la pluie.
Bon... Ce sera soirée télévision et canapé.

Je me jetais dessus et zappais les chaînes. Je râlais contre l'invasion de séries policière. J'en avais déjà assez au travail, sans y retourner à la maison.
Les autres chaînes étaient friandes de débats politiques. En général, je les réservais à mes insomnies tenaces et un besoin important de dormir. La présentation qu'ils faisaient de la société était somnifère et à mille lieux de la vérité.

Un reportage sur les animaux marins attira mon attention. Je regardais les poissons pendant une bonne partie de la nuit. J'apprenais les techniques de chasse des requins et autres dévoreurs des grands fonds.
L'être humain, bien avant de marcher sur deux pattes, était un animal. Voire même un amphibien, qui sait. Je faisais partie de ceux pour qui les schémas de fonctionnement des animaux pouvaient se transposer aux humains. Après tout, nous avons bien des carnivores féroces au pouvoir et des petits herbivores craintifs demandant protection en dessous.

Je somnolais. Des petites bêtes rouges nageaient devant mes yeux. Je me laissais envahir par ces visions. Je tombais dans la mer, au milieu des crevettes et des anémones.
La sensation de flottement était agréable. La faune marine était assez belle. J'avais toujours rêvé de voir un paysage aussi paradisiaque. L'eau était la plus bleu et la plus pure qu'on puisse imaginer. Les poissons, exotiques, étaient multicolores.
Un dauphin poursuivait un saumon.

L'eau se réchauffa. L’atmosphère se fit oppressante.

Je ne me sens pas bien. Quelque chose bouge derrière moi.

Je me retourne, aperçois une ombre et disparais, happé.

Je repris mon souffle sur mon canapé, avec autant de mal qu'une personne se noyant.

Il était quatre heures du matin. Le reportage était terminé. Je vais mettre la politique, c'est plus sûr.

Je trouvais quelque chose sur les dynamiques religieuses en Californie et leurs effets politiques. Je suivis sans y porter attention.
Le restant de la nuit, je rêvais de Barack Obama. Il allait au coiffeur parce que ses cheveux avaient poussés. Je crois qu'il ne faut pas chercher à interpréter les rêves de ce genre.

J'étais fourbu. Je me levais pour aller prendre une douche. Ma salle de bain était légèrement poussiéreuse. Je devrais penser à faire le ménage.
Le miroir était très propre. J'observais mon reflet pendant un instant. J'étais « normal » à l'extérieur. Cela me faisait plaisir de récupérer une apparence à peu près correcte. Mais cette image me rendit triste.
Je rompis le contact avec mon avatar en prenant une longue douche. Tant pis pour la facture d'eau, c'est pas comme si j'usais beaucoup de ressources.


Une fois terminé, je remarquais qu'il me restait du temps avant qu'un membre de l'équipe me récupère.

J'eus le droit à la compagnie de Van Pelt. La jeune femme arriva dans une petite voiture discrète, d'un joli ton noir. Je grimpais à bord avec un petit sac à dos.

« -Nouvelle voiture?-demandais-je, en guise de salutation
-Plus facile à garer.-rétorqua Van Pelt
-Tu te débrouillerais aussi bien avec un char d'assaut. »

Elle me mit un coup de coude pendant que je m'installais.

« -Mais non, c'était un compliment ! Tu te gares très bien avec n'importe quel véhicule!-tentais-je
-Chut. Je conduis. »

La jeune femme semblait très détendue. Elle alluma la radio et démarra.
La musique rendait l'ambiance agréable. Je me laissais aller à somnoler, la tête contre la vitre côté passager. Difficile de croire que nous allions nous mettre en danger quelques minutes plus tard.

Van Pelt bailla.

« -Peu dormi ?-lui demandais-je, en me tournant vers elle
-Pas du tout. J'ai bien dormi. »

Mensonge. Ou alors elle ne s'en est pas rendue compte. Peut-être avait-elle fait des folies cette nuit.
Elle me regarda d'un air amusée. Je parie qu'elle se demande ce que j'ai en tête. Je ne lui ferais pas l'honneur de lui poser la question.

Je reposais à nouveau la tête contre la vitre.

« -Et toi, qu'est-ce que tu as fais cette nuit ?-demanda-t-elle »

J'aime beaucoup Van Pelt. Quand elle devait me poser une question, elle l'a posait naturellement, sans être gênée.

« -J'ai fait des folies de mon corps, ma petite Van Pelt !-répliquais-je, avec un accent de mafieux
-J'étais étonnée que tu sentes le savon ! »

Je pris un air vexé et fis la tête pendant le restant du trajet.

Nous arrivons trop rapidement à mon goût. Van Pelt entreprit de me briefer dans la voiture.

« -Cho a réussi à obtenir des renforts. Ils sont déjà à l'intérieur. Le but était de tous arriver séparément, afin de ne pas attirer l'attention.
-Bon plan. »

Van Pelt fouilla dans son sac à main, sous son siège. Elle en sortit deux oreillettes.

« -Nous resterons tous en contact. »

Van Pelt n'est pas une femme. Il faut que je lui trouve un militaire. Ou un Rigsby.

Nous quittons la voiture et entrâmes dans la salle.
Van Pelt se dirigea directement vers sa cachette. Je fis de même quelques secondes plus tard, après avoir observé la pièce.

Il y avait des tables partout. Les tableaux accrochés aux murs étaient hideux. La population locale affichait beaucoup trop de signes de richesse, comme moi, du temps où je puais l'arrogance.

J'allais me cacher dans mon placard. Je découvrais qu'il s'agissait d'un escalier menant au deuxième étage, avec une porte sous les marches qui n’apparaissait pas sur les plans.
Voilà qui est problématique.

J'enfilais mon costume de super-héros sous ma veste. Il ne me restait plus qu'à attendre.

Je m'assieds sur la première marche de l'escalier et patienta.

Si jamais ils n'arrivent pas, je passerais pour un idiot. J'aurais peut-être dû rajouter un appât.

Le temps passait.

Je comptais les poussières.


zazazou  (26.05.2014 à 20:05)

Chapitre 15

Encore du temps. Je n'ai pas de montre.

Je me demande comment va Lisbon.

« -Ils arrivent.-chuchota Cho ».

Je me levais d'un seul coup.

« -Tous ?-demandais-je
-Ils sont cagoulés.-fit Rigsby
-Et alors ?-lançais-je»

J'avais bien repéré les gauchers et les droitiers, leur âge approximatif, leur pointure de chaussures et leur sport. Grâce à ces éléments, je pouvais dire qu'ils étaient plusieurs à revenir à chaque fois. Ou alors il y a un bon « turn-over » au niveau des équipes.

Je collais mon oreille à la porte pour essayer de suivre ce qu'il se passait de l'autre côté. Des personnes criaient.

« -Jane ! Arrête ça!-fit Cho »

Je décollais mon oreille, portant l'oreillette, de la porte.

« -Excuse-moi. »

Rigsby s'agitait.

« -Jane, tu me diras quand je commence.
-Je ne peux pas te dire, je ne sais pas ce qu'il se passe dehors.
-Alors, qu'est-ce que je fais ? »

Et bien tu improvises mon grand !

« -Tu fais comme tu peux Rigsby.
-De quoi vous parlez ?-demanda Van Pelt
-Fermez-là.-nous intima Cho »

Il avait raison. Nous n'entendions plus rien.
Rigsby tapa des pieds dans son tuyau.

Ils s'affolaient de l'autre côté. Mais impossible de savoir qui étaient ce « ils ».

« -Continue !-l'encouragea Van Pelt, m'indiquant l'utilité de mon plan »

Un bruit me détourna de la porte. Je tendis l'oreille. Un autre bruit, plus discret cette fois. Il y avait quelqu'un à l'étage.

« -Ne me dis pas qu'ils ont eu la même idée que nous...-murmurais-je
-Jane, qu'est-ce qui se passe ?-demanda Cho »

Je montais les marches sur la pointe des pieds.

« -Retourne-toi.-ordonna quelqu'un »

Oh purée.
J'obéis, en mettant automatiquement les mains en l'air.

Un homme cagoulé me tenait en joue avec un Taser.

« -Descends. »

Je m'avançais vers lui, voulant tenter quelque chose.

J'allais ouvrir la bouche pour parler, mais il m'assomma.

« -Jane, je suis désolé.-dit Lisbon »

Dis donc, mes délires sont productifs ces derniers temps.

« -Pardon?-demandais-je
-Nous n'aurions pas dû prendre cette enquête.
-Sainte Teresa... Tu aurais dû me dire plus tôt que tu voulais t'attaquer à ce groupe. J'aurais pu t'aider plus efficacement.
-Toi non plus tu ne me dévoiles pas tes plans. »

Un point pour l'hallucination.

« -Parce que tu ne les suivrais pas, si je te les disais.-lui répondis-je
-Qu'est-ce que tu en sais ?
-J'aurais pu t'aider plus facilement Lisbon... Je ferais tout pour t'aider tu sais... »

J'étais vexé par le fait qu'elle ne m'a rien dit. Et j'avais eu très peur pour elle. Je suis très angoissé à l'idée de la perdre, il faut être honnête.

Ma tête pesait très lourd. Elle s'était transformée en enclume qui n'attendait que de pouvoir m'entraîner par terre. Au bout de cette tête, un cou. Et au bout, une main qui comprime ma trachée. Pas de panique.
Ah, il y a un canon contre ma tempe gauche. D'accord. Cela explique pourquoi tous ces gens autour de moi me regardent avec un air de poisson mort. Le silence pesant rajoutait un air dramatique à la scène.

« -Franchement, je vais demander une prime de risque.-lançais-je, pour meubler la conversation ».

Les bruits reprirent. J'eus l'impression qu'on me débouchait les oreilles. Les cambrioleurs recommencèrent à crier leurs revendications, les victimes à hurler, les policiers à grogner.

Je résume. J'ai un pistolet pointé sur ma tempe gauche. Un bras, droit apparemment, qui m'écrase le cou.
J'ai une furieuse envie d'éclater de rire. Cela est sûrement causé par la bosse sur ma tempe droite.

Conclusion : il faut que je me sorte de là.

Fort heureusement, il a mit son arme du côté gauche ! Et oui, je ne peux pas bouger le droit !

Je gigotais, pour embêter mon preneur d'otage. Celui-ci me serra plus fort contre lui.

Ma main gauche monta vers sa main et je tapais sur son poignet avec mon majeur. Ma main effectua ensuite un mouvement de rotation. Mon pouce effleura la crosse de l'arme et appuya sur le bouton qui fit descendre le chargeur dans ma manche.

« -Vous savez, je ne vais pas me sauver !-dis-je, dans le même temps, pour le perturber »

Tout le monde continua plus ou moins de crier. Pour ma part, je préférais rire nerveusement. Van Pelt, comprenant que je n'allais pas tarder à craquer, s'avança et récita les sommations d'usage.

Elle compta jusqu'à trois. Je lui fis un clin d’œil. Je me décalais à la dernière seconde.

Ensuite, tout fut plus ou moins confus. Quelqu'un m'aurait sauté dessus pour me plaquer au sol. Je trouve cela idiot, je l'aurais fait de moi-même de toute façon.

Tiens, ce léger parfum me rappelle quelqu'un.

« -Est-ce que ça va?-me demanda Lisbon
-Très bien. Et toi ? »

Les tirs avaient cessé. Tous les cambrioleurs étaient à terre.

« -Très bien. Mon cœur a eu quelques ratés, mais ça va mieux.-répondit-elle
-Je ne sens plus mon bras. »

Elle se releva, en s'excusant.
J'en profitais pour m’épousseter et me mettre debout.

Je regardais les policiers emmener les criminelles. L'affaire était-elle classée ?

Lisbon remarqua ma bosse quand je tournais la tête.

« -Comment tu te sens?-demanda-t-elle
-J'ai envie de thé. »

Elle sourit et partit répondre à un appel.

Plus tard, elle me ramena au CBI. J'allais prendre ma place sur le canapé, pour me remettre de mes émotions. J'aurais espéré qu'une âme charitable me fasse un thé. Mais non. Le monde est cruel.


zazazou  (22.06.2014 à 13:12)

Chapitre 16

L'équipe passa le restant de la journée à interroger les cambrioleurs. Je pense qu'ils ne trouveront rien. Ces hommes ne savent pas qui est le commanditaire. Je doute aussi qu'il soit parti avec eux.
De plus, ils ne se connaissent pas. Leur ballet est correctement orthographié mais il a suffit que j'arrive pour qu'ils fassent n'importe quoi. Enfin, je pense que tout leur plan est plus ou moins tombé à l'eau avant que j'arrive.

Je m'offris mon thé vers six heures et quelques. Lisbon essayait de convaincre notre patron qu'elle pouvait reprendre du service. Je voulais lui apporter mon soutien, mais la bouilloire siffla. Tant pis, le thé d'abord.

Vers sept heures, les bureaux s'animèrent. L'agitation environnante signait la fin de la journée de travail.
Je montais me réfugier dans le grenier. Finalement, j'y passais la nuit. Je pense avoir dormi plusieurs heures.

Le lendemain, frais et reposé, j'entrepris de préparer le thé pour tous mes amis.
Ils arrivèrent sur le pied de guerre. Les méchants n'avaient toujours pas parlé.
Lisbon réfléchissait à un plan d'attaque. Les autres trouvaient mon thé suspect. Ce n'était pas moi qui avais mis du laxatif dedans la dernière fois !

J'attrapais une tasse et la dégustais. L'arôme fruité vient réveiller mes papilles.

Oh bon sang ! Bon sang !

Je courus aux toilettes en catastrophe pour cracher, voire vomir le contenu de ma tasse. Une fois fini, j'allais fouiller dans le placard à thé.

« -Ne cherche pas Jane... C'est mon thé de régime.-avoua Van Pelt
-Thé de régime ?!-répétais-je, interloqué
-Goût cerise. »

Lisbon cacha un sourire avec difficulté, se rappelant de la fois où j'avais bu l'arme du crime par accident.

« -Tu prends souvent ton thé de régime avec une canette de coca-cola?-lançais-je
-Bon les gosses arrêtez. Revenons aux choses importantes. »

Ils continuèrent de réfléchir à la façon dont il fallait faire parler nos criminels.
Je ne les suivais pas. Nous n'obtiendrons rien.

Midi arriva. Lisbon était énervée. Cela voulait dire qu'elle avait faim.

Un homme aborda Lisbon. La façon dont il s'est jeté sur elle, avec rapidité et détermination, me mit la puce à l'oreille. Je le bousculais « par mégarde » afin de l'éloigner de Lisbon. On ne pénètre pas l'espace de sécurité (l'espace minimum d'éloignement nécessaire quand on parle avec quelqu'un) d'une façon violente quand on ne connaît pas la personne.

L'homme s'excusa platement. Il avait un air aussi commun que le dernier petit ami de Van Pelt. Autrement dit, il avait un air de psychopathe.

« -Je voulais juste vous saluer, madame. C'est un honneur pour moi de vous rencontrer.-balbutiait-il »

Lisbon ne rougit pas. Elle trouvait cet homme étrange. Moi aussi.

La poche droite.

Mon bras valide partit dans son nez avant même que je ne m'en rende compte. Je m'assieds sur lui, une fois par terre, pour qu'il ne se relève pas.

« -Jane !-s'exclama Lisbon
-Il a une arme. »

Lisbon sortit la sienne en deux secondes pour le mettre en joue. Les policiers ont toujours un temps de retard.

Je relâchais l'homme en passant sur le côté, pour laisser le champ libre aux collègues qui avaient tous leur arme pointée sur lui.
Tant de pistolets me rendait nerveux.

« -Relevez-vous!-ordonna Lisbon »

Il obéit.

J'étais toujours dos à l'inconnu quand le premier coup de feu partit. C'était le seul échappatoire pour cet homme, quoi qu'il ait voulut faire en arrivant ici.

Je m'éloignais toujours tranquillement. Ils lui avaient sûrement tiré dans la jambe, pour le garder en vie. Personne n'aura besoin de moi.

Un autre coup de feu résonna.

Je me retournais, inquiet.

L'homme avait dû essayer quelque chose. Il avait maintenant une deuxième blessure.
Lisbon essayait de lui mettre les menottes. Elles glissaient avec tout ce sang.

Je quittais la salle, dégouté.

J'allais au café du coin, pour prendre un thé, le temps qu'ils nettoient les bureaux.
L'homme a sûrement un rapport avec nos cambrioleurs. Que voulait-il à Lisbon ? Quelle importance cela avait-il pour prendre des risques aussi importants ?

Tous les indices tournent autour de Lisbon. Le chef de la bande la connaît. Ce n'est pas possible autrement. La question est de savoir si il l'a connaît depuis le braquage ou si il la connaît autrement.

Comment demander à Lisbon ?

Je pourrais être sérieux :

« -Lisbon, il faut qu'on parle ».

Trop formel. Elle va se braquer.
Lui demander simplement ?

Je ne sais pas si elle aura envie de me le dire ou pas... Après tout, il s'agit de son passé. Elle n'est pas très bavarde à ce sujet. Lisbon ne veut pas revivre ses mauvais souvenirs. Cela est impossible bien sûr... Et ce n'est pas le flacon d'alcool dans son bureau qui pourra l'aider...

Je vais improviser selon son humeur. Étant donné le contexte, je ferais bien de revêtir un gilet pare-balles.

Je retournais aux bureaux. L'endroit avait retrouvé son calme habituel. Il n'y avait plus aucune trace de l'incident.

Je questionnais Van Pelt et Cho du regard. Où étais passé Rigsby ?

« -Lisbon est dans son bureau. Rigsby est partit à l'hôpital avec l'inconnu.-m'informa Van Pelt
-Jane, tu devrais parler à Lisbon.-marmonna Cho »

Cette inquiétude qu'il manifestait signifiait que la situation était grave.


zazazou  (04.07.2014 à 14:14)

Chapitre 17

Je me dirigeais immédiatement vers son bureau. Je frappais même pour entrer. En revanche, je n'attendis pas qu'elle me dise d'entrer.

Lisbon faisait semblant d'écrire sur son ordinateur. Elle touchait les touches dans n'importe quel ordre.

Je m'assieds en face d'elle. Lisbon ne leva pas les yeux de son écran. Elle cherche à me fuir parce qu'elle a quelque chose à me cacher.

« -Lisbon.
-Je travaille, Jane.
-Tu viens d'écrire : acnfxiksnnzegl. Je ne savais pas que tu me trompais avec un interlocuteur aussi étrange. »

Ma petite pique eut le mérite de lui faire lever les yeux.
Je la sentais tendue, prête à éclater. Elle connaissait l'homme.

« -Qui est-ce ?-demandais-je, simplement »

Elle hésita pendant quelques secondes. Le choix était cornélien. Si elle mentait, je le verrais de suite. Si elle ne mentait pas, elle dévoilerait ses faiblesses. C'était très difficile pour elle, depuis que son père la battait lorsqu'il s'alcoolisait, dans sa jeunesse. Teresa Lisbon n'était pas faible. Elle ne l'était plus. Il l'avait endurcie à coup de martinets dans le dos.
Je devais lui rappeler que la petite Teresa qu'elle était n'existe plus. Elle est ma Lisbon, une femme terriblement forte, brillante aux moments où n'importe quelle autre personne se serait cassé les dents.

« -L'homme qui est derrière tout ça te connaît. Il peut frapper fort, très fort. Nous devons nous préparer. Si je n'avais pas vu son arme tout à l'heure, qu'aurait-il fait ? Encore un bain de sang. Cela ne doit pas recommencer. »

Elle semblait réfléchir. Ou pas. Je n'en sais rien. Ah, ses yeux partent à droite. Elle se souvient.

Je la laissais revoir ses souvenirs pendant quelques secondes. Me les confierait-elle ? Ferait-elle preuve de cette confiance ? Dévoiler ses failles n'était pas facile. Tellement...

« -Je pense savoir de qui il s'agit...-avoua-t-elle »

Mon cœur fit trente-six tours dans ma poitrine. Je me sentais heureux. Il a fallu qu'il s'en passe des choses, n'empêche.

« -Quand j'étais plus jeune, j'allais souvent au petit magasin au coin de ma rue. J'achetais des bonbons pour mes frères. Un jour, j'ai croisé un ami sur le chemin. Il y allait aussi. Nous nous sommes séparés à l'intérieur. Je l'ai vu vider la caisse du gérant, qu'il avait attaché par terre. Il avait fait si rapidement ! Le pauvre vieil homme avait le nez brisé. Il n'arrivait plus à respirer à cause de tout ce sang. Mon ami s'est enfui en courant. Et moi j'ai essayé de sauver le gérant... »

Je devinais à son regard triste que l'homme était mort. Connaissant Lisbon, je me doutais qu'elle avait dû essayer de parler avec son ami.

« -Qu'as-tu fait ensuite ?-demandais-je, pour la relancer
-J'ai été le voir, dans une zone fréquentée, après avoir avertit la police locale. Il a échappé aux policiers.
-L'homme de tout à l'heure portait-il un signe distinctif te rappelant ton ami ?
-Il faisait parti de sa bande de l'époque. »

Voilà pourquoi son temps de réaction a été plus long. La ruse avait été redoutable. Si je ne l'avais pas eu dans mon champ de vision...

« -Quel message aurait-il pu te faire passer si on ne l'avait pas arrêté à temps?-demandais-je
-Qu'il est toujours là. Et il continue.
-Mais tu te doutais qu'il s'agissait de ton ami?-continuais-je
-J'ai reconnu sa carrure et sa façon de faire. Je l'avais déjà vue sur d'autres cambriolages il y a quelques années. Mais je n'étais pas certaine que ce soit lui. »

C'était donc ça. Voilà le grand secret de Lisbon sur cette affaire.

« -Puisque tu le connais, tu devrais pouvoir deviner ses prochaines actions.-proposais-je
-Non... Pas vraiment... Je pense plutôt qu'il va se cacher. Il ne se laissera pas piéger une nouvelle fois.
-Tu es sûre ?
-Non.-affirma Lisbon »

J'aurais dû préciser ma question. Mais je préfère savoir ce qu'elle pourrait me répondre lorsque la demande est ambiguë.

« -Et si tu l'invitais à prendre un verre ?
-Quoi ?!
-Invite-le à boire un coup. »

L'idée se fraya un chemin à travers l'esprit de Lisbon. Ses yeux bougeaient dans différentes directions, montrant les phases du raisonnement qu'elle suivait. Elle était comme ça ma Lisbon... Ses yeux partaient dans tous les sens quand elle réfléchissait. Je pouvais faire une lecture quasi-parfaite de ses idées.

« -Ne le frappe pas trop fort quand même.-lançais-je, taquin
-Non... Restons professionnel.
-C'est mieux de s'asseoir dessus. Moins fatiguant que les plaquages de Cho. »
Lisbon sourit.

« -Comment le prévenir de me retrouver ? Je n'ai pas son numéro de téléphone. Et il saura de quoi je veux lui parler.-avança-t-elle »

C'est vrai. Il faut y réfléchir.

« -Hum... Il faudrait voir le peu d'infos que nous donne les autres...-murmurais-je »

Je restais pensif pendant quelques secondes encore.

« -Je vais aller voir ce que Cho, Risgby et Van Pelt peuvent m'apprendre. »

Je la quittais afin de retrouver mes autres collègues.

« -Alors?-demanda Risgby
-Je m'en occupe. Qu'est-ce qu'on sait sur nos cambrioleurs?-demandais-je
-Ils habitent tous en Californie.-dit Van Pelt »

Cette dernière avait positionné les différentes habitations sur la carte. Elle avait réussi à en localiser beaucoup. Comment avait-elle fait ?

« -C'est eux qui t'ont donné toutes ces villes?-demandais-je
-Oui. Ils étaient plus bavard après que Cho les ai cuisiné.
-Tu devrais arrêter de les plaquer au sol.-ajouta Rigsby. »

Il ne répondit pas à l'affront de ses camarades, égal à lui même.

« -D'accord. Nous avons donc une approximation du nombre de personnes ayant participé à des actions diverses.-lançais-je
-Oui. Ils ne se connaissent pas tous.-compléta Van Pelt
-Erreur. Regarde, ils viennent de balancer tous leurs camarades.-expliquais-je
-C'est vrai.-admit-elle
-Ou alors, ils nous ont menés en bateau.-proposa Rigsby
-Nous n'avons pas assez d'indices pour le démontrer.-raisonna Cho »

Passons à autre chose.

« -Qu'est-ce qu'on a d'autres ?-continuais-je
-Ils ne se connaissent pas entre eux, ne savent pas qui est le commanditaire et chacun passe par des communications téléphoniques. Téléphones volés, bien sûr. »

Et pourtant, ils savent où habitent certains de leurs collègues. Je pouvais en déduire qu'ils avaient fait leur braquage ensemble.
Ou alors ils nous mentent complètement.

« -J'aimerais aller en interroger un.-lançais-je »

Cho se leva pour ouvrir la marche. Les suspects avaient été placés dans des box séparés formant le couloir des condamnés, comme je l’appelais.

Je réfléchis aux questions à poser. J'avais envie d'en savoir plus concernant les villes. Ils sont censés ne pas se connaître et pourtant, ils ont été capables de dire dans quelle ville habite leur camarade. Comment expliquer cela ? J'aimerais avoir l'idée de Lisbon.

Je devrais essayer de savoir plus de choses sur leur chef. Je suis sûr que Lisbon a grandit en parallèle avec cet homme. Elle n'avait pas réussi à le faire arrêter. Je l'imaginais, condamnée à regarder ce cambrioleur agir.


zazazou  (15.07.2014 à 21:40)

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