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Série : The Mentalist
Création : 09.10.2013 à 10h15
Auteur : zazazou
Statut : Terminée
« "Suite" de Bloody Snow mais possible de les lire séparement. Si vous voulez comprendre certains événements, il faudra lire Bloody Snow tout de même. » zazazou
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Chapitre 18
Cho ouvrit la porte de la cellule et m'invita à entrer. Je lui fis non de la tête, pour lui indiquer que je voulais être seul.
Je m'étonnais que l'homme en face de moi n'ait pas été cuisiné voir même torturé par mes collègues. Il semblait trop serein.
Un regard suffit à me donner toute une gamme de renseignements sur l'autre. Il était beaucoup trop « lisible ». Je m'en étonnais. Je ne choisirais jamais quelqu'un comme ça pour des braquages.
Je m'installais en face de lui. Je pouvais jouer avec lui facilement.
« -Bonjour, je m'appelle Patrick Jane. »
Il s'en fichait royalement bien entendu.
Son air était horriblement commun. Impossible de connaître sa double vie en le croisant dans la rue. Celui qui l'avait choisit se pensait intelligent.
« -Je suis un médium. C'est-à-dire que je peux lire dans vos pensées les plus secrètes. »
Il partit dans un grand éclat de rire.
Je l'observais attentivement, avec mes yeux « d'extra-lucide ».
Gel dans les cheveux, trop de boucles d'oreilles, la main trop lourde sur l'eau de toilette, beaucoup de charme. Il est homosexuel, c'est évident. Si je le faisais bouger, je pourrais voir ses manières efféminées.
Pourtant, il est marié. La bague et le parfum féminin qu'il a tenté de couvrir me le prouve.
« -Votre femme sait-elle que vous la trompez, pour des hommes ?-demandais-je »
Il manqua de s'étouffer.
« -Comment savez-vous ça ?-s'étonna-t-il
-Je vous l'ai dis, je peux lire dans vos pensées.
-Qu'est-ce que vous me voulez ?
-Quelques petites choses.-répondis-je, mystérieux »
Il semblait outré.
« -Je veux savoir pourquoi vous nous avez menti.-dis-je
-Pardon ?
-Vous connaissez tous les membres du groupe.
-Ce n'est pas vrai. »
Ses pupilles s'agrandirent. Réaction de fuite.
« -Vous mentez.
-Pas du tout.
-Pourquoi avoir donné ces villes alors?-demandais-je
-C'est vous le médium. »
Je visualisais à nouveau la carte de Van Pelt.
Les villes avaient pour point commun de posséder des entreprises très importantes. Il y avait également des postes de police de grande envergure censés centraliser les informations importantes. Ces villes ont également été la cible d'attaques.
Je perdis de ma superbe et quittais la salle en courant. Cho me posa une question mais je l'ignorais.
Non content de réussir à extorquer des milliers d'euros, ils s'attaquaient aussi aux postes de police. Voilà pourquoi ils n'avaient jamais été attrapés. Quelqu'un se chargeait d'effacer les preuves.
Je me jetais dans le bureau de Lisbon, catastrophé. Notre homme de toute à l'heure n'était que les prémices de ce qui allait suivre : le « nettoyage » de nos locaux.
Elle n'était pas dans son bureau. Comment allais-je faire ?!
Je ressortis et chercha Van Pelt du regard. Justement, elle avait remarqué mon comportement étrange.
« -Grace ! Localise Lisbon ! Vite ! »
Elle s'activa sur son clavier.
« -Tu m'appelleras, je pars en voiture à sa recherche. »
Je partis tellement vite que je n'entendis pas leurs questions.
Une fois dans ma voiture, je branchais mon système de kit mains libres et mon téléphone. Je reçu l'appel de Van Pelt quelques secondes après.
Je démarrais et répondis en même temps.
« -Elle suit l'autoroute pour sortir à l'Ouest, vers la forêt.-m'informa Van Pelt »
Je mis les gaz.
Je conduisais à toute vitesse, en brûlant les feux, qu'importe la couleur.
« -Jane, j'allume la radio pour dire aux policiers de ne pas t'arrêter.-m'informa Van Pelt
-Bonne idée.
-Risbgy et Cho arrivent en renfort. »
Je ne ralentis pas.
J'arrivais à la forêt désignée quelques minutes plus tard. Van Pelt me guida. Elle m'expliqua pouvoir me localiser par le biais de mon téléphone allumé.
J'entrais dans la forêt. Au bout de quelques mètres, le terrain était trop accidenté pour permettre à ma voiture d'avancer.
Je sortis de l'habitacle et me mis à courir.
Van Pelt me guidais toujours. Je rangeais mon portable dans ma poche et l'écoutais me parler d'en bas.
Les arbres s'éclaircirent. J'atteignis une clairière. Van Pelt m'informa que Lisbon était là. Je regardais autour de moi. Aucun bruit. J'observais les feuilles, les brins d'herbes pour avoir un indice de son passage. Aucun animal ne troubla le paysage.
Un coup de feu perça l'air. Je frissonnais. La voix rassurante de Van Pelt se tue.
J'étais en terrain découvert. L'alarme sonna beaucoup trop tardivement dans ma tête.
Un boulet de canon me percuta dans le dos, et je perdis connaissance.
« -Mon Dieu... Jane... Est-ce que tu m'entends ? »
Mon corps était une enclume de douleurs. Je ne sais pas si ça se dit. Mais je m'en fiche. Je suis une enclume de douleurs. Voilà. Qu'importe la grammaire, qu'importe les Bescherelle, qu'importe les flammes de l'enfer et... Et...
Je veux retomber là-dedans. Je ne sais pas où j'étais, mais j'étais bien.
« -Jane ! »
Ah mais tais-toi... Je suis bien là, j'y reste.
Ah non, je suis en train de me réveiller. Je suis en train de redescendre sur terre. Reste à savoir si cela allait être un bad trip ou pas.
Mon cœur surchauffa. J'ouvris les yeux et cherchais l'air comme un noyé. Bon sang, j'aime l'oxygène.
Une farandole de petites têtes tourna au dessus de ma tête.
Les petits monstres étranges se stabilisèrent.
« -Jane, est-ce que ça va?-demanda Lisbon »
Pour toutes réponses, je vomis copieusement. Ouille. Attends...
« -Le coup de feu?-demandais-je, une fois finie
-Je l'ai eu.
-Qui m'a attaqué alors ? »
Tous mes sens étaient en alerte.
Le craquement d'une branche me fit sursauter, j'attrapais Lisbon pour la plaquer contre moi. L'herbe étant assez haute, nous serons peut-être camouflés.
« -Patron?-demanda Cho »
Je soupirais de soulagement et relâchais Lisbon.
Celle-ci se releva et m'aida à en faire de même.
Cho nous dévisagea avec son habituelle neutralité.
« -Cela ne dit pas qui est la personne qui m'a tiré dessus avec un Taser.
-Mais ?! J'ai abattu cette personne... Il est tombé dans la rivière, nous devons le récupérer.-expliqua Lisbon
-Le coup de feu que j'ai entendu...-commençais-je »
Ce coup de feu a retentit avant que je ne sois assommé, si je me souviens bien.
« -Jane, il y a une personne blessée dans la rivière ! Il faut la sauver!-me réprimanda Lisbon »
Pourquoi s'obstine-t-elle à dire : « une personne ». Nous savons qui c'est !
Lisbon allait partir en courant. Je l'attrapais fermement par le bras.
« -Cho, va aux voitures et arrête-le.-dis-je »
Les yeux de Lisbon lancèrent des éclairs.
« -Jane ! Lâche-moi!-s'écria-t-elle »
Je maintiens mon étreinte.
Lisbon me fis une prise de judo, et je me retrouvais à terre, sous elle.
Elle ne me lâcha pas. J'essayais de me détendre, pour ne pas montrer de signes de résistance.
Je sentais les tensions dans son corps. Un mouvement de ma part, et la bombe explose.
Je ne comprenais pas pourquoi elle tentait de protéger son ami.
Finalement, elle laissa tomber sa tête sur mon torse, et ma chemise devint humide.
Je ne pu que presser son épaule, pour tenter vainement de la consoler.
Lisbon se releva une fois calmée. Elle me tournait le dos, le visage levé vers l'horizon. Je ne savais pas trop quoi faire.
Je me mis debout, en cherchant encore une idée. Je pris sa main. Elle se laissa faire.
« -Viens, rentrons, cela ne sert à rien de rester dehors. »
Nous reprîmes le chemin des voitures. J'imaginais que Cho et Rigsby s'étaient garés près de moi.
Je suis content qu'ils soient restés ensemble pour garder le criminel et l'empêcher de s'échapper. Lisbon pouvait ainsi s'exprimer librement. J'aimerais lui faire comprendre qu'elle peut me faire confiance.
Cho et Rigsby avaient attrapé l'homme. J'espère que nous en avons fini avec cette affaire.
Rigsby nous ramena au CBI. Lui et Cho se chargèrent d'interroger notre homme.
Van Pelt avait mit ses écouteurs. Elle avait l'air perplexe. Je devais trouver quelque chose à lui dire si elle me posait des questions.
Lisbon alla directement dans son bureau.
Van Pelt me repéra.
Affronter Lisbon ou Van Pelt ? Voyons... Van Pelt est moins fine, donc elle fera moins mal. Ou pas.
Cela ne résoudra pas le problème.
Finalement, je suivis Lisbon dans son bureau.
Elle me lança un regard glacial au début. Mais, se rappelant qu'elle ne pouvait plus vraiment me renvoyer, elle se radoucit.
« -Je t'invite à boire un verre.
-Pas de problème.-répondit-elle ».
Le silence retomba.
« -Dure journée hein?-relançais-je »
Elle soupira.
« -Oui. ».
Nous tournions autour du pot, comme dirait ma vieille voisine.
J'adoptais un air sévère. Elle sourit.
« -Tu me fais penser à un de mes vieux professeurs.
-Je ne suis pas vieux.-rétorquais-je
-Bientôt.
-Toi aussi ma vieille. »
Son rire fut plus franc.
« -Il m'a beaucoup aidé dans ma jeunesse... J'aurais voulu lui rendre la pareille... L'empêcher de se créer des problèmes...-avoua-t-elle, à demi-mots. »
Je tendis ma main pour prendre la sienne. Je me transformais en mentaliste.
« -Tu as fais de ton mieux Lisbon. Tu ne peux pas sauver le monde s'il ne le veut pas... ».
Lisbon avait eu une enfance difficile. J'en connaissais la couleur même si je n'avais pas eu les détails.
Je vis dans ses yeux que ma phrase l'avait touchée.
Rassuré, et pour ménager un effet de scène, je quittais la pièce.
L'affaire était terminée.