HypnoFanfics

Contre tous principes...

Série : Torchwood
Création : 08.06.2010 à 12h34
Auteur : evalyre 
Statut : Terminée

« Après COE... Crossover TW et DW. Et merci à ma superbêta Chris... Sans toi... bref...^^ » evalyre 

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       A les voir tous manger de bon cœur ses haricots en boîte, Ianto se félicita d'avoir prévu le repas. Malgré les assiettes en carton, la planche posée sur deux tréteaux en guise de table et malgré une situation préoccupante, la bonne humeur régnait, dans une ambiance quasi familiale. Et Ianto appréciait. Même Clem avait réussi à se dérider.

      Ianto songea à une famille. Sa famille. Il se souvint de Rhiannon lui reprochant de ne plus lui parler. De son beau-frère, pas méchant au fond, mais un peu balourd, qui avait dit qu'il « était de la jaquette ». L'aveu à sa sœur lui avait coûté. Pour la première fois, il avait prononcé tout haut ce qui n'était jusqu'ici que des sentiments diffus. Et si aimer Jack faisait de lui un homo, une pédale ou de la jaquette, il prenait. Tant pis... Aimer Jack avait été si facile. Malgré Lisa, malgré la douleur, malgré la trahison.

      Pourtant, Ianto ne se leurrait pas. Aimer Jack était facile pour tout le monde. Il n'y avait qu‘à les observer tous, fascinés, en train de l'écouter raconter son incroyable vie, réunis autour de leur table de fortune. Jack était solaire. Oui,hélas pour Ianto qui souhaitait tant l'avoir pour lui seul, il attirait. Mais il connaissait aussi l'homme seul, le voyageur sans racines, l'immortel au cœur meurtri. Et plus leur relation durait, à son grand étonnement, plus Ianto se rendait compte qu'il ne pouvait plus se passer de lui. Complexe, mais toujours franc, Jack le mystérieux avait appris à se confier à son amant.

     Cependant, Ianto n'était pas dupe. Un être comme le Capitaine, riche d'expériences, d'histoires et de dangers, ne pouvait se contenter d'une relation amoureuse terne et monotone. Il avait largement la possibilité d'aller voir ailleurs si cela lui chantait. À présent, Ianto se demandait réellement pourquoi cela durait... Pourquoi Jack acceptait-il de jouer le jeu du couple sans en vouloir l'engagement? Pourquoi continuait-il avec le jeune homme, alors que tant de possibilités lui étaient proposées?

     Alors, depuis quelques temps, Ianto espérait. N'osait l'espérer. Jack l'avait choisi, lui. D'accord. Mais Jack le gardait. Pourquoi? Évidemment, Ianto savait qu'il ne pourrait jamais poser directement la question à son patron. Alors, il le testait. Des tests jusque-là peu concluants, en fait, qui ne lui renvoyaient que du cynisme ou de l'agacement. Cela faisait quelques jours qu'ils n'avaient pas réussi à se retrouver vraiment seuls tous les deux. Et Ianto rêvait de pouvoir juste une fois se blottir dans les bras de son amant. Seulement, avec la mort de Owen et Tosh, ils étaient surchargés de travail. Et Jack avait réfugié sa douleur dans le boulot, refusant de parler, ou de partager quoi que ce soit. Ianto le comprenait parfaitement, mais comme il aurait voulu pleurer la mort de ses deux amis, autrement que seul dans son appartement vide!

Mais voilà, ce soir, un nouvel avenir se préparait peut-être. Le Docteur et Jack parviendraient à détruire ces aliens, et ils retourneraient au Hub. A la maison. Là, il mettrait Jack face à ses sentiments. Et l'obligerait à faire un choix. Ianto se sentait prêt à l'accepter, quel qu'il soit. Il l'aimait trop pour contraindre Jack Harkness, libre et libertin.

Pour l'instant, il avait adoré la tête de Jack devant sa réplique amusée. Il poursuivrait sur la lancée, continuant de laisser parler son cœur. Si son Capitaine le gardait auprès de lui, Ianto se persuadait que ce n'était pas le hasard. Alors, un jour ou l'autre, oui... Un jour, Jack craquerait sous le poids de tout l'amour que lui témoignerait sans cesse Ianto.

*********************


evalyre  (14.07.2010 à 11:18)

Au milieu d'une ambiance plutôt décontractée, une alarme se déclencha soudain, obligeant les occupants du hangar à se précipiter devant les écrans d'ordinateurs, sauf Clem, soudain immobilisé, les yeux dans le vide.

– Ça recommence! S'exclama Gwen, affichant sur l'écran la vidéo offerte par les yeux de Loïs.

– Rien ici, assura-t-elle aussitôt en se tournant vers Clem qui commençait à communiquer le message alien.

Ianto, qui a ouvert plusieurs fenêtres sur un autre ordinateur, déclara:

– C'est ça... A nouveau tous les enfants qui parlent en même temps...

Le Docteur ne perdit pas une seconde pour aller bidouiller les données du Tardis en annonçant:

– Bien! Profitons-en pour affiner les données sur le message édité. Plus nous serons précis, mieux ce …sera!

L'air concentré, Jack analysait déjà Clem, immobile, avec son bracelet.

– Ianto! Récupère le maximum d'informations sur la situation. On recoupera ensuite le tout... Gwen! Surveille Frobisher. A mon avis, ça va bouger...

Alors, comme tous les enfants du monde entier, Clem délivra soudain le message suivant: « Nous revenons... Demain... »

Ensuite, Clem sembla s'éveiller d'une sorte de transe. En sueur, paniqué, il répéta :

– Ils arrivent... Ils arrivent...

Jack le prit par l'épaule, apaisant:

– Clem, ça va aller... On a tout ce qu'il faut à présent pour contre-attaquer. Cette fois-ci, je vous promets que l'on va tout faire pour chasser ces maudits aliens.

Il le conduisit vers le divan, persuasif, avec un calme presque contagieux.

Apaisé, Clem, accepta de rester assis sans broncher. Jack interpella Gwen.

– Alors?

– C'est la panique, Jack. Frobisher a contacté un scientifique. À priori, ils savent à qui ils ont affaire. – Ok! Ianto?

– Toujours pareil. Les enfants du monde entier, en anglais, qui disent la même chose, au même moment.

Le Docteur sortit du Tardis, un peu préoccupé.

– J'ai récupéré des données complémentaires.

– Parfait! On les recoupe avec les miennes et on va pouvoir émettre notre onde...

Comme le Docteur ne répliqua pas, Jack insista, plutôt optimiste.

– Eh! On a une longueur d'avance sur eux... Ça va marcher...

– Et pourtant, il reste un problème...

Cette réplique lui assura l'attention de tous les occupants du hangar. Jack, qui ne le quittait pas des yeux, comprit soudain et murmura:

– Oh ! Non... Non...

– Quoi! Quoi? interrogea Gwen agacée par le silence, et soudain prise par la peur.

– Je suis désolé... Je suis vraiment désolé... déclara tristement le Docteur tandis que Jack, nerveux, faisait déjà les cents pas.

Ianto très inquiet, demanda à son tour:

– On peut savoir ce qui ce passe, là? Quel est le problème?

Debout à nouveau, Clem avança vers le Docteur, comme hypnotisé.

– Quoiqu'il arrive, il vous faut un émetteur, n'est-ce pas? Il vous faut un être humain...

– Quoi? Jack! S'insurgea Gwen.

– Il a raison, dit le Docteur, résigné. Quoiqu'il advienne, ces ondes ne seront efficaces et porteuses que si elles passent par un être humain. C'est pour cela qu'ils utilisent les enfants, plus facilement conducteurs qu'un adulte. Mais l'onde, à ce niveau de puissance, provoque des lésions irréversibles dans le corps émetteur. Divisée en millions d'individus, cela ne laisse pas de traces. Mais sur un seul...

– On va trouver un autre moyen! S'exclama Jack furieux.

Clem, qui ne quittait pas le Docteur des yeux, déclara très doucement, fataliste, résigné à son tour:

– Il n'y a pas d'autres moyens...

Gwen brisa le silence qui venait de s'installer:

– Jack! Il semblerait que le scientifique ait reçu un autre message des 456. Loïs n'entend pas tout, mais elle m'écrit qu'ils parlent de construire une pièce spéciale à Thames House pour recevoir une sorte d'ambassadeur des aliens.

– Ok! On a environ 12 heures pour trouver une alternative à ce problème d'émetteur.

Alors que Le Docteur et Jack allaient se remettre au travail, Gwen s'exclama soudain:

– Oh mon dieu! Jack!

Il revint aussitôt vers elle.

– Quoi?

– Loïs vient de me faire parvenir une décision de Frobisher.

– Ah oui? Laquelle?

– Johnson a reçu l'ordre de nous faire disparaître d'ici demain...

Jack prit juste le temps de respirer pour déclarer:

– Bon! D'accord! C'est qu'elle sait déjà que nous sommes à Londres. J'appelle Frobisher... Ianto?

– Jack?

– Fais le tour des caméras de surveillance de la ville. Il faut trouver cette femme avant qu'elle n'investisse les lieux.

– Pas de problème...

– Gwen... Reste en contact avec Loïs. Et dis-nous si ça bouge, ok?

Gwen acquiesça. Dans le mouvement, Jack se tourna vers Clem, tout effrayé.

– Vous... Heu... Non. Allez vous reposer...

– Je préfère rendre service, Capitaine... Ça m'aidera peut-être à oublier cette odeur.

Jack se tourna vers le Docteur, ils échangèrent un bref regard.

– Bon! Venez par là... Vous surveillerez les tests... déclara le Docteur tandis que Jack, rassuré, sortait du hangar en composant un numéro sur son portable.

***

     Frobisher décrocha son téléphone au beau milieu d'une effervescence indescriptible. Dès qu'il entendit l'homme se présenter au bout du fil, il s'immobilisa, plus que surpris. Puis, retrouvant son sang-froid, il s'éloigna discrètement de ses collaborateurs tandis que son correspondant lui parlait:

– Frobisher... Je sais qui vous êtes, ce que vous faites, et ce que vous avez fait... Ne tentez même pas de nous retrouver, nous avons un moyen pour brouiller les lignes téléphoniques...

– Qu'est-ce que vous voulez?

– Que vous nous laissiez faire notre boulot, cher monsieur. Vous croyez que quoiqu'ils demandent cette fois-ci, ils repartiront sans faire de vague? Vous avez deux filles, n'est-ce pas? Je serais navré de les compter parmi les victimes parce que vous auriez voulu éliminer Torchwood.

Frobisher serra les dents, en colère, mais ne trouva rien à répliquer au Capitaine Jack Harkness.

– Alors, vous allez gentiment dire à votre Lara Croft qu'elle va pouvoir chasser un autre gibier que nous... Donnez-nous 10 heures. Et tout ceci ne sera qu'un mauvais souvenir...

– Et si je refuse?

Jack lança, non sans un certain dédain:

– Eh bien... Mais je crains le pire pour Londres... La Grande-Bretagne... Peut-être le monde... Frobisher déclara, après un bref silence:

– Comment pouvez-vous savoir tout ça?

– À Torchwood, nous avons toujours un temps d'avance sur tout... Vous nous empêchez de faire notre boulot... On ne répond plus de rien... Et si vous voulez rentrer dans votre jolie petite famille demain soir, laissez-nous faire et calmez votre jolie Lieutenant... Aucune négociation possible… Compris?

Frobisher hésita un instant avant de marmonner:

– Vous êtes certain de pouvoir empêcher leur arrivée?

– Dans le cas contraire, vous savez ce qu'il vous reste à faire, n'est-ce pas?

Frobisher prit le temps de la réflexion, puis, tremblant, il ouvrit son porte-feuille sur la photo de ses filles souriantes qu'il contempla pensivement. Comme si Jack l'avait deviné, il déclara:

– Elles méritent que vous nous laissiez essayer... Frobisher.

Les yeux embués de larmes, ce dernier souffla soudain:

– Vous avez jusqu'au lever du soleil, Harkness. Après, je ne répondrais plus de rien...

Il raccrocha, presque furieux de s'être laissé amadouer.


evalyre  (17.07.2010 à 13:06)

    Très satisfait, Jack retourna dans le hangar. Ianto l'accueillit avec un grand sourire en lui montrant un écran.

– Ils sont navrants... Quand j'ai vu la voiture sur une des caméras de surveillance, je n'en revenais pas... J'ai récupéré les infos, fait un zoom, et voilà!

Jack sourit, amusé.

– Le Suv et le Lieutenant Johnson en même temps? Sympa comme coïncidence... Où est Gwen?

– Aux toilettes... Elle revient... Alors? Que dit Frobisher?

Au même moment, le Docteur sortit du Tardis avec de nouveaux appareils. Il se rapprocha lorsqu'il entendit la question.

– On a jusqu'au lever du soleil.

– Bon... Ben, j'appelle mon ami pour lui dire que l'on n'utilisera pas les chambres cette nuit... murmura Ianto en s'éloignant.

Gwen revint au moment où le Docteur déclarait:

– Parfait! Je n'ai jamais trop aimé dormir de toute façon...

Jack se retint de rire.

– Où est Clem?

– Oh! Lui, il dort.

– Tant mieux... Gwen? Qu'est-ce que ça donne avec Loïs?

– Rien de plus... Et Frobisher?

– On a jusqu'à l'aube. Johnson devrait aussi nous laisser tranquille.

Ianto revenu, Jack déclara, les mains sur les hanches :

– Bien! Faisons le point. Maintenant on a carte blanche. Docteur? Qu'est-ce qu'on a?

– J'ai entré les données de la dernière réaction des enfants dans le central du Tardis. Il devrait bientôt me fournir des coordonnées presque exactes du lieu d'émission des ondes.

– Parfait! Quand aurons-nous les renseignements?

– Hm... Bientôt? Fit le Docteur, un peu ennuyé.

– D'accord.

– Et puis, j'ai une vraie mauvaise nouvelle, Jack. D'après les estimations du Tardis, si nous voulons émettre des ondes capables d'être reçues par les 456, il nous faudra absolument un enfant qui fasse catalyseur ou... ou quelqu'un qui soit déjà récepteur de ces ondes... Il n'y a pas d'alternatives...

– Oh mon dieu! Quelle horreur!!! chuchota Gwen.

Ianto croisa le regard dur de Jack avant de baisser les yeux, comprenant ce qu'impliquaient les paroles du Seigneur du Temps.

– Il n'y a vraiment pas d'autre solution?

Le Docteur répondit, sachant que ce n'était pas vraiment une question:

– Il n'y a vraiment pas d'autre solution...

Une voix vint rompre le silence.

– Alors, prenez-moi...

Tous se tournèrent vers Clem, posté sur le seuil du Tardis, hébété. Gwen bouleversée, se dirigea vers lui.

– On trouvera autre chose... Hein, Jack? N'est-ce pas Docteur?

Jack croisa les bras, le regard insondable. Ianto avait baissé les yeux, désolé que cela tourne ainsi. Le Docteur, les mains dans les poches murmurait:

– Je suis désolé, Gwen, vraiment désolé...

– Vous n'avez pas le temps de trouver autre chose... Ces monstres m'ont déjà tout pris... et je ne suis qu'un vieux sénile, sans attaches, sans famille, sans amis... Ne me laissez pas retourner à l'asile...

– Mais, enfin... Clem...

– Ma décision est prise, jeune fille. Si je peux aider à détruire ces monstres... Je le fais d'autant plus volontiers que ma vie à moi ne vaut plus grand chose... Et depuis bien longtemps....

– Ne dites pas ça, Clem... chuchota Gwen, les larmes aux yeux, tentant de le raisonner.

– Docteur... Capitaine... Je suis à votre disposition...

Le vieil homme, qui avait prononcé ces dernières paroles avec le plus grand calme, ne cilla même pas sous le regard intense et inquisiteur de Jack.

Au final, ce dernier déclara, la voix ferme :

– Ianto, Gwen, aidez le Tardis à analyser les données et trouver les coordonnées des 456. On ne sait jamais. Docteur, on n'a plus beaucoup de temps... Et Clem, allez vous asseoir sur le canapé, et n'en bougez plus. C'est un ordre. Entendu? Donnons-nous 4 heures pour terminer notre émetteur. Frobisher a dit le lever du soleil, mais il ne tiendra pas jusque-là… Et puis, plus tôt on se débarrassera de ces fichus aliens, plus vite on rentrera à la base...

Sans plus discuter, tout le monde se remit au travail. Parfois, Gwen coulait un regard inquiet vers Clem assis dans le canapé, le dos droit, les yeux dans le vague, dans l'attitude sereine d'un homme qui a pris sa décision.

– Arrête... lui glissa Ianto gentiment, en remarquant son manège.

– Ne me dis pas que Jack va laisser faire ça...

– S'il n'a pas le choix...

– Quoi? Tu cautionnes son acte?

– On n'a plus le temps, tu le vois bien... Même le Docteur semble résigné à cette solution... Il faut combattre ces aliens, Gwen. C'est notre job.

– Il me dégoûte... souffla Gwen en colère.

– Je sais... répondit Ianto tristement.

– Non, mais c'est vrai! Je suis enceinte, mon mari ne le sait pas encore... Je suis dans un hangar pourri, je n'ai pas pu faire une toilette décente depuis 3 jours... Une folle furieuse veut nous attaquer et je vais devoir accepter de faire tuer un vieil homme... Je déteste ce job... Je le déteste...

Ianto se retourna discrètement pour vérifier que Jack et le Docteur ne les entendaient pas. Il murmura, après un court silence:

– J'ai une sœur... Elle habite dans la banlieue de Cardiff.

– Quoi? Tu ne me l'as jamais dit! Merde, Ianto... Pourquoi tu ne m'en parles que maintenant?

– Elle a un mari... Et deux enfants... David et Mica...

Gwen qui allait encore râler, se calma instantanément devant le regard embué de larmes de son collègue.

– Je ne les vois pas très souvent... Mais...

– Oh! Non... Non... Oh! Ianto... Je suis désolée.. Désolée...

Ianto se ressaisit un peu.

– La petite est adorable, tu sais... Une vraie poupée... Ils sont si jeunes encore, Gwen. Et ma sœur était si inquiète de les voir parler comme des robots... J'étais... J'ai été là-bas, Gwen... J'étais prêt à sacrifier l'un des deux, Gwen... Je l'aurais fait... Je te jure...

- Ne dis pas ça... Ce n'est pas juste.

– Non, ce n'est pas juste... Notre boulot n'est pas juste... Mais si un vieil homme accepte de se sacrifier pour sauver Mica et David, je lui en serais éternellement redevable, Gwen... Tu comprends? Même si ce n'est pas facile...

Gwen repoussa une mèche de ses cheveux rebelles et se redressa en soupirant. Elle reprit son poste devant ses ordinateurs, jeta un regard rapide à Clem qui ne bougeait toujours pas, et soupira à nouveau. Les yeux humides, elle se tourna vers Ianto qui attendait sa réaction, pour murmurer:

– Boulot de merde...

Son collègue se contenta de hausser les épaules, fataliste. Puis ils se remirent au travail en silence.

***

     Trois bonnes heures plus tard, tout le monde était épuisé mais les choses avaient avancées. Jack venait de sortir pour discuter avec Clem. Le Docteur aida Ianto et Gwen sur les recherches du Tardis. Concentré sur les fichiers qui défilaient rapidement sur les écrans, il semblait parler tout seul.

– Allez, Allez... Ça nous faciliterait tellement la tâche de savoir où ils se trouvent, maintenant que le reste est prêt...

Une petite sonnerie retentit depuis le Tardis. Son propriétaire s'y précipita tout content.

– Ah! Ça y est! Je vous envoie les données tout de suite!

– Je vais chercher Jack! Annonça aussitôt Gwen.

– Non!

Elle s'arrêta aussitôt sur l'injonction de Ianto.

– Laisse-le... ajouta-t-il doucement.

Lui seul pouvait deviner que Jack avait des choses à dire au petit orphelin qu'il avait été prêt à sacrifier à l'époque. Et dont il venait d'accepter le sacrifice aujourd'hui.

***

« Il y eut un vieil homme très calme au milieu d'une petite estrade circulaire en métal, reliée à toutes sortes de fils et d'éléments étranges...

Il n'y eut pas d'adieu, mais des larmes aux yeux.

Il y eut la mise en route du système électrique par le Capitaine, déterminé.

Il y eut d'abord un râle de douleur. Ensuite un son étrange sortant de la gorge du vieil homme.

Il y eut tous les enfants du monde, immobilisés, le temps d'émettre un seul son. Un seul et unique son.

Quelque part, autour de la terre, il y eut une déflagration. Puis le silence.

Un corps âgé écroulé sur le sol, après des convulsions atroces.

Il y eut des pleurs. Et puis, plus rien.

********************


evalyre  (20.07.2010 à 12:41)

Day THREE

 – Frobisher?

– Harkness?

– C'est fini.

– Comment pouvez-vous le savoir?

– Réveillez votre scientifique, il vous le dira... Le soleil se lève, Frobisher. Respectez votre engagement. Mettez Lara Croft au lit et demandez-lui de s'occuper autrement... Rentrez dans votre famille. Embrassez Elsie et Laura de la part de celui qui les a sauvées. Il y tenait...

– Mais...

– Oh! J'oubliais! Dites à votre Premier ministre que nous possédons des enregistrements compromettants à montrer à la presse s'il lui venait à nouveau l'idée de s'en prendre à l'un d'entre nous...

– Mais... Que va-t-on dire?... Aux gens...

– Débrouillez-vous... Vous trouverez bien une excuse idiote à faire avaler au monde... On a fait notre boulot... Faites le vôtre... Pour une fois... Au revoir.

– Un problème, Monsieur? S'enquit Loïs qui venait tout juste de recevoir la bonne nouvelle par lentilles interposées, avec obligation expresse de ne rien laisser paraître.

Décomposé, Frobisher déclara:

– Où est Dekker?

– A Thames House, Monsieur, vous l'y avez envoyé vous-même.

Les yeux injectés de sang par la fatigue, Frobisher composa fébrilement le numéro.

– Hm... Que dois-je faire à présent, Monsieur?

– Hein? Rentrez chez vous, Melle Habiba... lança-t-il en faisant un geste vague de la main.

– Bien, Monsieur...

Loïs tenta de cacher sa satisfaction en s'éloignant au plus vite, de crainte qu'il ne change d'avis.

Le soleil matinal sur sa peau après une telle tension lui donna une furieuse envie de hurler de joie.

***

– Bonjour Lieutenant Johnson...

– Qui est à l'appareil?

– Capitaine Jack Harkness. Torchwood. Je vous informe que votre mission est terminée. Vous allez recevoir l'ordre de Frobisher, lui-même.

– Qu'est-ce que vous voulez?

– La paix. Vous allez rentrer chez vous, tout simplement. J'ai votre dossier devant moi... Impressionnant... Mais vos supérieurs ignorent encore quelques unes de vos frasques peu glorieuses... Alors soyez un ange... Déposez la voiture dans *** Street dans 30 minutes. Au moindre coup fourré, les informations seront diffusées à votre hiérarchie. Cela risque de ne pas être joli joli...

– J'attends les ordres... Je n'en reçois pas de vous, Harkness...

– Parfait. On se retrouve dans 30 minutes?

Johnson raccrocha, rageuse. Alors qu'elle venait tout juste de repérer le bâtiment désaffecté de Torchwood 1.

– Appel impossible à localiser... annonça son subordonné à ses côtés.

Sans répondre, elle composa le numéro de Frobisher. Lui seul pouvait lui dire si la traque continuait ou non.

***

        Dans un bar peu fréquenté à cette heure de la journée, une jeune femme, vaguement inquiète, semblait attendre quelqu'un. Elle refusa de prendre sa commande. Pas encore très réveillé, le garçon n'insista pas... Elle se leva lorsqu'elle vit entrer une femme brune aux vêtements vaguement défraîchis. Elle avait l'air épuisé malgré le sourire qu'elle lui adressa. Elles se serrèrent la main.

– Merci infiniment, Loïs. Votre aide nous a été très précieuse.

Loïs Habiba lui tendit un étui à lentilles.

– C'est étonnant... Mais, êtes-vous certaine que... que tout soit fini?

– Vous expliquer comment nous le savons, ce serait un peu trop long... Mais, oui. C'est fini.

– Alors, vous avez...Vous avez sauvé le monde?

– Oh! Je fais ça si souvent.... fit Gwen avec ironie.

– J'ai trouvé tout cela passionnant! D'avoir pu vous aider... Toute cette adrénaline, c'est... Je me sens si vivante... Si utile... Grâce à vous. Merci...

– Je comprends ce que vous ressentez, Loïs... Croyez-moi.

– Ce doit être si excitant de vivre tout cela! Et puis, toutes ces choses que l'on ignore... Que vous découvrez tous les jours...

Gwen s'efforça de sourire. Elle se revoyait lorsque Jack l'avait recrutée. Enthousiaste, excitée, curieuse, prête à tout... Et puis, il y avait eu tant de choses... Tant de morts. Tant de souffrance. Il y avait eu Tosh et Owen. Et puis, Clem... Maintenant, il y avait son bébé... Rhys, qui ne le savait pas encore... Une vie à construire, malgré tout... Malgré ce monde pourri où les chefs d'état cherchaient à éliminer les seules personnes capables de trouver des solutions, par peur d'un scandale. Où des décideurs avaient été prêts à envoyer de conduire des enfants à une mort certaine au nom de l'humanité. Oh non... Elle n'y croyait plus... Ce que disait Loïs ne la touchait plus...

– Gwen?

– Oui?

– On commande?

– Oh! Oui! Un chocolat chaud et deux muffins, s'il vous plaît, demanda Gwen au garçon.

Loïs prit la même chose, elles se sourirent. Après quelques bonnes minutes, l'enthousiasme et la sympathie de Loïs firent effet sur Gwen qui se surprit à rire de bon cœur.

La jeune agent spéciale parla un peu de Torchwood. Aujourd'hui, elle avait une mission. Et d'après ce qui s'annonçait, ce serait la plus facile et la plus agréable des missions que lui avait confié son Capitaine.

***

                ** Street. Une grosse voiture noire aux vitres tintées stoppa sur un trottoir désert. Une femme en tenue de combat noire et un homme au crâne rasé style marines en descendirent.

– Il n'y a personne...

– Parce que tu crois qu'ils se seraient donnés la peine de nous rencontrer? Triple idiot!

Déjà de mauvaise humeur, elle décrocha son téléphone qui sonnait.

– Johnson.

– Merci... Vous avez une station de métro à droite en sortant de la rue... Au revoir.

Johnson raccrocha, plus furieuse encore, observant les alentours.

– Alors?

– On s'en va... De toute façon, la mission est terminée. On rentre...

Peu après, un homme sortit de dessous un porche sous lequel il se cachait et regarda le couple s'éloigner, avec un petit sourire de satisfaction. Lorsqu'ils eurent tourné à l'angle de la rue, il sortit un appareil étrange de sa poche et inspecta la voiture sous tous les angles. Enfin, avec un grand sourire, il activa son oreillette.

– Aucun problème à signaler, Jack. Les clefs sont même sur le tableau de bord.

– Ok, Ianto! Passe au café ** pour prendre Gwen. Et ensuite, on rentre.

Ianto se mit au volant avec un soupir.

– Hm! Quelle joie d'entendre ça! Je ne rêve que d'une bonne douche et d'un bon lit!

– Ah oui? Seul ou accompagné?

– Jack... Tu n'as pas honte?

– D'être en couple avec toi? Pas le moins du monde!

Ianto, même amusé, n'osa pas répliquer de peur d'être entendu par le Docteur. Mais, soulagé d’avoir retrouvé le SUV, et imaginant sa séance de douche en duo, Ianto sourit de contentement. Sa mine réjouie faisait plaisir à voir.


evalyre  (25.07.2010 à 17:19)

           Gwen et Ianto entrèrent en riant dans le hangar où Jack et le Docteur achevaient d'effacer les traces de leur passage. Un peu plus tard, mains dans les poches, le Docteur regarda les trois autres et annonça soudain:

– Eh bien, ce fut encore une sacrée aventure, n'est-ce pas?

Ils approuvèrent.

– Alors, je vais reprendre la route. J'ai été ravi de vous rencontrer, Gwen Cooper-Williams. Vous saluerez votre mari de ma part... Et je suis certain que votre fils aura un avenir brillant... Avec une maman pareille...

– Mon fils?

– J'ai dit ça? Oh! Pardon... Parfois j'oublie la règle élémentaire de ma condition… Ce sera peut-être une fille... Après tout, j'ai 50 % de chance de tomber juste, hein?

Gwen éclata de rire et ouvrit les bras au Docteur bavard.

– Allez, venez là! J'ai été ravie de vous rencontrer, Docteur.

Souriant, le Seigneur du Temps la serra contre lui avec affection.

– Vous serez une maman géniale, Gwen. Ne changez surtout pas...

– Pas de danger... Merci.

Ils se séparèrent, et Gwen, émue, déclara:

– Je comprends mieux Jack qui ne jure que par vous...

Le regard faussement sévère de Jack les fit rire.

– Revenez quand vous voulez...

– Oh! Je ne suis jamais très loin...

A son tour, Ianto tendit la main pour saluer le voyageur du temps. Le docteur la lui prit, avant de le serrer contre lui avec amitié.

– Prenez soin de lui... Je compte sur vous.

Alors qu'il ne comprenait pas encore pourquoi le Docteur lui avait chuchoté ces mots à l'oreille, ce dernier se reculait, sans pour autant lui lâcher la main.

– Ianto Jones, je suis honoré d'avoir fait votre connaissance.

– Merci Docteur... pareil pour moi, je vous assure.

L'autre lui envoya un petit sourire entendu.

– Prenez soin de vous, Ianto Jones... Et n'oubliez pas ce que je vous ai dit, hein?

– Je ferais de mon mieux..

– Parfait! Au revoir, alors?

– Au revoir, Docteur...

Lorsque le Docteur se tourna vers Jack, Ianto fit signe à Gwen de s'esquiver, choisissant de les laisser seuls.

– Et voilà! Vous avez accompli la seule action que vous désapprouvez, déclara Jack, les bras croisés, l'œil rieur.

– Ah oui? Laquelle?

– Changer le cours de l'histoire...

– Et je ne le regrette pas, Jack. Après tout, ce n'était pas seulement dans un but égoïste.

– Que va-t-il arriver maintenant?

– Oh! Je vais m'assurer que les 456, enfin, ce qu'il en reste, se retrouvent devant le tribunal inter-galactique pour répondre de leurs nombreux méfaits... Ensuite, on verra... Depuis que Donna est partie, je vais seul, de voyage en voyage. Cela me change un peu...

– Si vous avez besoin de moi, Docteur...

– Je sais, Capitaine... Merci... Et il se peut que dans quelques années...

– Aucun problème... Vous ne me direz pas ce qui aurait pu se passer si...

– Non. N'insistez pas. Cela ne vous avancerait à rien... Profitez de tous ces moments que vous aurez avec votre équipe, Jack. Je pense que ce sera plutôt calme dans les prochains jours...

Jack sourit et tendit la main à son ami.

– Bien ... Alors, bon voyage, Docteur.

Ce dernier lui ouvrit les bras. Jack n'y résista pas.

– Vous aussi, Jack... Vous aussi...

– Au revoir, cher ami... murmura Jack, très ému.

– Capitaine...

Le voyageur le salua une dernière fois avant de rentrer dans son vaisseau.

Le Tardis disparu, Jack soupira devant le hangar à nouveau vide. Puis il rejoignit Gwen et Ianto qui l'attendaient à côté du Suv.

– Il est parti? Interrogea Gwen.

Jack se contenta de hocher la tête.

– Bon! On rentre! Je propose de prendre la voiture sur le premier tiers de la route, déclara Ianto en montant côté conducteur.

Jack prit la place du co-pilote tandis que Gwen s'asseyait à l'arrière en demandant, intriguée:

– Pourquoi m'a-t-il dit que j'allais avoir un garçon?

Jack sourit et croisa le regard entendu de Ianto. Ils retrouvaient leur Gwen.

– Il te l'a dit, Gwen, il a 50 % de chance de se tromper...

Ianto démarra la voiture en riant tandis que Gwen échafaudait à voix haute toutes sortes d’hypothèses quant à la valeur à donner aux assertions du Docteur, jusqu’à ce que fourbue de fatigue, elle sombra dans un profond sommeil.

Le jeune gallois apprécia ce retour. Comme un retour de vacances, avec une grande sérénité dans l'air et une vraie sensation d'être vivant malgré l'épuisement. Comme un retour à la maison.

***

              Jack laissa Gwen chez elle avec ordre formel de se reposer au moins 2 jours. Ensuite, Ianto ne protesta pas lorsque son chef se dirigea directement vers le Hub. Il poussa même un soupir de soulagement en déposant leurs mallettes près des postes de travail centraux. Myfawny le survola, comme toute heureuse de retrouver de la compagnie. Ianto souriait. Il était chez lui. Il s'y sentait bien.

Jack avait eu le temps de déposer quelques papiers et leurs armes dans son bureau et d'enlever son manteau. Lorsqu'il revint vers Ianto, ce dernier était resté immobile au beau milieu de la salle principale. Le visage serein, presque heureux. Jack le contempla un instant. Le bien-être éprouvé par Ianto semblait contagieux. Et surtout, dans ces lieux, c'était si rare...

– Alors? Qui va le premier? Demanda-t-il avec cet air faussement innocent qui cachait souvent bien des choses.

– Qui va où? Répliqua Ianto un peu surpris.

– À la douche...

Ianto se retint d'éclater de rire. Jack avait de la suite dans les idées. Il mit les mains dans les poches, imitant l'attitude nonchalante de son chef, le regard malicieux.

– Ah? Qui a dit qu'il y aurait un premier?

Il passa devant Jack en feignant de l'ignorer. Jack se mit à rire, secoua la tête, avant de suivre tranquillement son amant, la mine gourmande, vers un lieu qu'ils avaient déjà partagé tant de fois. Après tout, la journée ne venait que de commencer... Une excellente journée en perspective, d'ailleurs...


evalyre  (30.07.2010 à 11:26)

Dans le Tardis, quelques heures plus tôt.

Une fois son vaisseau en route, le Docteur avait enlevé son manteau de façon un peu cavalière et avait fait tomber la lettre de Jack dont il avait oublié l'existence. Intrigué, il l'avait ouverte y trouvant une courte lettre qui lui était adressée, et une enveloppe non cachetée adressée à Ianto.

Le Docteur espéra qu'il n'était pas trop tard.

« Docteur,

Je commence à ressentir les effets de ma propre disparition. Signe que vous êtes parvenu à modifier le cours du temps. Quoique vous ayez fait, quoique vous ayez changé, je vous en serais toujours redevable. Ne serait-ce que d'avoir voulu essayer. Et pourtant, je ne pourrais jamais vous le dire, puisque l'autre Moi, ne saura jamais ce que j'ai pu vivre...

Et c'est la raison de cette courte lettre. Parce que je vous dois tout, Docteur. Et même cette vie éternelle qui est la mienne et que je considère souvent comme un fardeau. En ce moment, contre vos propres règles, vous faites en sorte que cette vie ne se transforme pas en véritable enfer. Alors, merci. Merci, cher ami. A jamais.

Je reste votre plus fidèle allié, prêt à me sacrifier pour vous. Rappelez-le moi souvent. Je compte sur vous.

Avec toute ma gratitude,

Votre compagnon,

Jack.

 P. S. : Merci de remettre l'autre lettre à Ianto. Je vous jure que je n'y révèle rien concernant un avenir qui n'est plus. Aucun de mes propos ne pourrait modifier la ligne temporelle actuelle. »

***

     Ianto n'ouvrit pas les yeux immédiatement. Il prit le temps de savourer chaque détail lui indiquant qu'il était peut-être monté au paradis. La douceur de l'oreiller sous sa joue, le léger frémissement d'une peau tiède sous sa main. La perception d'une respiration régulière à ses côtés et cette odeur qui n'appartenait qu'à Lui. Une odeur suave qui se faisait entêtante après l'amour dont Ianto avait de plus en plus de mal à se passer.

     Il finit par ouvrir les yeux, un sourire de contentement aux lèvres. Jack dormait sur le dos, comme à son habitude, un bras passé derrière la tête, une main sur la poitrine. Ianto observa son visage paisible. C'était plutôt rare pour en profiter. Jack baissait rarement la garde. Et Ianto se sentait plus que privilégié quand cela arrivait en sa compagnie.

    Ils avaient passé une nuit... Enfin, une journée, entière dans les bras l'un de l'autre, profitant de cette opportunité de se retrouver. De s'aimer. Ianto avec son cœur. Jack avec une immense tendresse plutôt inédite. Le jeune gallois se rapprocha doucement de son amant et remonta la main vers celle de Jack. A son grand étonnement, celle du Capitaine emprisonna la sienne, tandis qu'un petit sourire se dessinait sur ses lèvres. Jack n'avait pas ouvert les yeux.

– Tu m'observes encore... murmura Jack amusé.

– Puisque tu fais semblant de dormir dans cet unique but, oui... Oui, je t'observe... Tu es content?

Jack éclata de rire et se tourna vers son jeune amant sans pour autant lui lâcher la main.

– Tu es terrible, Ianto Jones.

– Il le faut bien. Tu es impossible, Jack Harkness.

Un regard pétillant de malice démentit la verdeur des propos.

Jack rit à nouveau puis déclara:

– Je meurs de faim!

Ianto se mit à rire doucement en voyant Jack s'étirer avec délice.

– Voilà ce qui s'appelle de l'à-propos, Capitaine.

Jack se redressa sur un coude pour le regarder.

– Pas toi? Les haricots en boîtes sont loin, non?

– Hm... Pizza ou sushi?

Jack lui caressa tendrement la joue. Un geste rare de sa part que Ianto avait du mal à interpréter et plus de mal encore à y résister. Il sourit en rabattant le drap qui le recouvrait.

– Tu ne saurais même pas qui appeler... Laisse-moi faire... Je ferai le café en attendant...

Jack grommela en voyant Ianto quitter le lit. Il le retint par le bras. Surpris, Ianto se laissa tirer vers son compagnon.

– Je te laisse préparer la commande, si tu me permets de choisir mon dessert...

Jack l'embrassa avec une douceur infinie. Ianto s'étonnait presque de le voir si changé... Il s'écarta en murmurant:

– D'accord... Mais l'apéritif que tu es en train de prendre est terminé.

– Ok! Fit Jack, pleinement satisfait.

Ianto s'habilla très vite et sortit commander trois pizzas. Il savait que Jack ne se contentait pas d'une. Et depuis le temps qu'il connaissait sa « préférée ».

Il entendit bientôt Jack chantonner sous la douche à tue-tête. Il retint un fou rire. Décidément, la soirée s'annonçait pleines de surprises. Un Capitaine d'excellente humeur, s'était presque aussi rare qu'une faille sans activité. Et pourtant, c'était là... A portée de main... Le bonheur...

Tout sourire, Ianto décida d'en profiter sans se poser de question... Il entra dans la petite cuisine pour y préparer le café. Une enveloppe posée près du percolateur à son intention l'intrigua. Il prit pourtant le temps de lancer le café en se demandant pourquoi il pensait reconnaître l'écriture de Jack sur cette lettre. Le café mit en route, Ianto l'ouvrit enfin.

« Mon cher Ianto,

Tu dois être surpris de recevoir une lettre de ma part, alors que nous nous voyons si souvent. Pourtant, il y a des mots et des sentiments si difficiles à prononcer tout haut mais qui n'en sont pas moins réels.

Ianto, sache que je ne joue pas... Pas avec toi... Jamais. Quoique je dise ici, quoique soit mon attitude ensuite, je te conjure de me croire. Tu es l'être le plus précieux que je puisse connaître sur cette planète et en cette époque.

J'ai conscience de ne pas être toujours très clair dans mes sentiments vis à vis de toi. Mais j'ai peur, Ianto. Tellement peur de ce que je ressens pour toi. De ces sentiments incroyablement forts qui me relient à toi. Me relieront toujours à toi au point de me faire souffrir.

Je ne te le montre pas toujours, c'est vrai. Et pourtant, tu dois le savoir: si un jour tu venais à disparaître... Je resterai inconsolable des années durant.

Je ne pourrais jamais t'oublier, Ianto. Et si tu ressens ne serait-ce que la moitié de ce que j'éprouve pour toi, je t'en supplie, dis-le moi. Et je serais le plus heureux des hommes, car jamais je ne pourrais imaginer que tu éprouves pour moi de véritables sentiments. Moi qui ait été contraint de tuer la femme que tu as tant aimé.

Je m'en veux d'avoir dû te faire souffrir, et je regrette de ne pas arriver à te faire comprendre à quel point tu comptes pour moi. Bien plus que tu ne le crois.

Alors, si je ne dois le faire qu'une seule fois dans ma longue vie, Ianto, je veux que cela reste écrit: je t'aime, Ianto. Vraiment. Sincèrement. Et si tu souhaites que nous vivions en couple, nous le ferons...

J'ai eu une longue vie. J'ai connu et aimé bien plus d'êtres que tu ne l'imagineras jamais. Et tu le sais. J'en connaîtrais encore et encore après toi. Je le sais bien...

Seulement je suis sincère, Ianto. Toujours. Seule garantie que je peux offrir aux quelques êtres à qui j'ai pu dire ces trois mots...

Quoiqu'il arrive à présent, quoique je te dise, pourquoi je fasse, sois certain d'une chose : l'amour que j'éprouve pour toi est bien réel. Je voulais, au-delà de tout, te le dire enfin. Que cela, au moins, cesse d'être un mystère pour toi. Et si cela peut nous rendre plus heureux ensemble. Tu es une partie de cette vie dont je suis le plus fier, Ianto. Grâce à toi, je suis devenu un être honorable, et crois-moi, ce n'était pas gagné. Alors, s'il te plaît, continue de faire de moi un homme meilleur, Ianto. C'est à dire, tant que tu souhaiteras rester à mes côtés.

A toi,

Jack. »


evalyre  (10.08.2010 à 12:58)

        Absolument bouleversé par la lecture de cette lettre, Ianto en oublia le café et n'entendit pas Jack l'appeler.

Il eut tout juste le temps de la ranger précipitamment dans la poche lorsque Jack entra dans la petite pièce.

– Ianto?

Deux bras vinrent aussitôt l'enlacer. Le jeune homme ferma les yeux. Il n'osait croire à ce qu'il venait de lire. Jack le serra tendrement contre lui, et lui murmura à l'oreille:

– J'ai pris la commande de pizzas.

Ianto ne réagit pas.

– Eh? Ianto? Ça va?

– Quoi? Oh oui... oui... ça va... le café est bientôt fini...

     Pourquoi avait-il dit cela avec cet air détaché? Alors qu'il ne désirait qu'une chose: que Jack le garde contre lui ainsi, pour longtemps. Et qu'il lui dise que ce qu'il venait de lire était la stricte vérité. A quoi jouait son Capitaine? Lui écrire une si belle déclaration... Et faire comme si elle n'avait jamais existé? Ianto se sentait soudain perdu. Et puis l'odeur enivrante de Jack, mêlée à celle du savon commençait à lui faire perdre la tête. Il ne pouvait résister à ce corps pressé amoureusement contre le sien, à tant de tendresse de la part de cet être qu'il aimait plus que de raison.

Jack le tenait tout simplement contre lui, lui embrassant parfois la tempe ou le cou avec gourmandise. Et Ianto se sentait partir dans un univers construit exclusivement autour de Jack. Et bon sang qu'il était difficile de lutter pour garder les pieds sur terre. Il passa une main câline autour du cou de son amant et releva la tête, à la recherche des lèvres de Jack. Sans aucunes hésitations, ce dernier les lui offrit, resserrant plus encore son étreinte sur le corps moelleux de Ianto abandonné.

     Alors que le baiser devenait plus que tentateur, que Jack présentait tous les signes d'un désir évident et grandissant, Ianto y mit fin avec une douce autorité. Le regard espiègle.

– Je t'ai laissé le choix pour le dessert, Jack. Pas pour l'entrée...

– Tu es dur en affaire.

– Le café est prêt et les pizzas sont peut-être froides...

– Arguments imparables. Je m'incline, ajouta Jack malicieux en le prenant par l'épaule.

– De toute façon, je meurs de faim. J'aurai bien du mal à penser à autre chose...

Ianto se contenta de sourire en remplissant les tasses. Jack prit la sienne sans oublier d'embrasser son serveur. Puis ils rejoignirent le bureau où Jack avait déposé les pizzas.

     Ianto observa Jack engloutir sa première pizza avec une voracité surprenante pour un homme de sa corpulence. Une véritable injustice de Dame Nature. Jack entama sa seconde pizza avec un plaisir évident. Ianto avait tout juste mangé le quart de la sienne. Sans le le vouloir, les mots de la lettre glissée dans son pantalon lui revenaient en mémoire. Il avait tellement de mal à imaginer Jack, le Jack qui dévorait son repas avec contentement, les pensées déjà prêtes pour le dessert, lui dire, ou même lui écrire tout ça, de cette manière... Et pourtant...

Jack cessa de manger pour observer Ianto. Il était rare que le jeune homme chipote sa pizza avec un tel air concentré.

– Ianto? Que se passe-t-il?

– Quoi? Mais rien...

    Jack enveloppa son amant du regard auquel personne ne résistait, avec en plus, une infinie tendresse. Ianto soupira. Pourquoi ne pouvait-il pas argumenter contre cet homme quand il se faisait si charmeur?

– Je... Je voudrais que tu rencontres ma sœur...

Jack qui ne s'attendait pas à cette requête, resta un instant surpris, une part de pizza laissée en suspens.

– Oh!

– Je lui ai parlé de toi... de nous... Et je veux qu'elle te connaisse... Que tu saches qui est ma famille...

   La part de pizza retourna avec le reste dans le carton. Jack prit le temps d'observer Ianto visiblement mal à l'aise. Il se doutait que quelque chose d'autre le tracassait. Peut-être quelque chose en lien avec la lettre qu'il avait rapidement rangée tout à l'heure dans son pantalon. Jack n'aimait pas le mensonge... Enfin, plus maintenant... Et surtout pas de la part de ses coéquipiers, encore moins de ses amants... Depuis Lisa, Ianto n'avait plus failli une seule fois. Jack se sentait prêt à lui confier sa vie... Ses vies... S'il le fallait. Alors?

Il se retrouvait touché et surpris. Une présentation officielle à la famille? Seul problème: ce n'était pas dans le sens qu'il s'était donné: éloigner Ianto de lui. Mais bon sang, il avait du mal à dire non au jeune homme. Surtout lorsque ce dernier affichait ce petit regard fragile et embarrassé, difficilement caché sous un air mal assuré.

   Certes, Jack avait plus ou moins compris le message du Docteur. Quelque chose était arrivé à Ianto. Et son ami immortel lui offrait la chance de changer le cours de sa propre vie.

     La journée qu'il venait de passer avec son jeune amant, la première depuis bien longtemps, lui avait fait prendre conscience à quel point il pouvait l'aimer. A quel point il le désirait. A quel point il ne pouvait lui résister. Et, après tout, si le Docteur lui-même avait été contre ses principes, pourquoi Jack ne ferait-il pas pareil? Rencontrer la famille de Ianto ne l'engagerait en rien, après tout. Cela pourrait même être très instructif. Voire amusant.

Il soupira, puis l'air parfaitement détaché, reprit sa part de pizza devant un Ianto plutôt inquiet de son silence.

– Pourquoi pas... Tu crois que ta sœur serait d'accord pour demain?

Ianto ne parvint pas à dissimuler sa surprise. Ce qui fit sourire Jack.

– Oh! Eh bien... Je lui demanderai... Mais ça ne devrait pas poser problème...

Jack laissa volontairement planer un long silence avant de reprendre, sortant Ianto de ses pensées.

– Dis-moi Ianto?

– Hm?

– Comment s'appelle ta sœur?

– Rhiannon. Mais pourquoi me demandes-tu cela puisque tout est consigné dans mon dossier?

Sans répondre, Jack termina tranquillement sa dernière bouchée de pizza, se délectant à la fois du repas et de la tête que faisait son jeune amant. Puis il se pencha vers Ianto, l'air mystérieux:

– Je suis curieux de savoir ce que tu lui as raconté... N'as-tu pas peur que mon charme légendaire puisse délier la langue de ta chère sœur?

Ianto retint un fou rire.

– Elle n'a pas besoin de ça pour avoir la langue bien pendue, crois-moi... Nous sommes deux exacts opposés.

– Je vois! Une pétulante brune bavarde un peu gaffeuse et peu discrète?

Ianto s'amusait de pourvoir parler de sa famille à Jack qui acceptait de jouer le jeu.

– Comment as-tu deviné? Demanda-t-il, faussement étonné.

– Ton exact contraire... murmura Jack, les yeux plantés dans ceux de Ianto qui lui adressa un magnifique sourire.

Un sourire plein de confiance, et d'autre chose qui embarrassa Jack.

– Bon, dépêche-toi de finir ta pizza... J'ai hâte d'arriver au dessert... lança-t-il l'air impatient.

D'autant plus impatient que Ianto s'amusa à manger très lentement, discutant de choses de d'autres à propos de sa famille, mettant au supplice son pauvre Capitaine.

Alors que la tension entre eux frôlait l'insoutenable pour l'un comme pour l'autre, Ianto, qui n'avait pas vraiment faim délaissa sa moitié de pizza.

Il se leva pour débarrasser cartons et serviettes, mais lorsqu'il prit les cartons vides de Jack, ce dernier lui emprisonna le poignet avec fermeté.

– Laisse ça. On s'en occupera plus tard...

– Bien monsieur, déclara patiemment Ianto, une lueur taquine au fond des yeux.

– Je veux savourer mon dessert à présent... Tout de suite... affirma Jack sans le lâcher, l'obligeant à faire le tour du bureau.

– Vos désirs sont des ordres, Capitaine.

Ianto s'appuya sur le bord du bureau, parfaitement maître de lui, une certaine malice dans le ton.

Jack joua le jeu du gourmet prêt à déguster un met de choix. Ianto appréciait son incroyable sens du jeu et du détail.

*********************Attention, passage à ne pas mettre sous tous les yeux...(me rappelle plus le code... bigre!)^^*******************************

Jack détailla le corps offert de Ianto qui avait posé les mains sur le bureau, attendant l'appréciation du chef. Avec une grande douceur mâtinée de gourmandise, Jack dégrafa les deux ou trois boutons de la chemise que Ianto avait enfilée à la hâte quelques minutes plus tôt. Puis, avec délectation, repoussa les pans du vêtement dans une caresse voluptueuse sur le torse de son amant frémissant qui se laissa faire sagement.

Les mains de Jack parcoururent patiemment le buste de Ianto, s'attardant avec une infinie douceur sur les légers stigmates d'étreintes récentes, comme pour se faire pardonner d'avoir été un peu trop passionnées.

Peu après, les lèvres de Jack douces et chaudes vinrent remplacer ses mains déjà parties en exploration dans le dos. Ianto trouvait l'attitude tendre de Jack presque bizarre mais diablement jouissive et porteuse d'un espoir fou: que cette fichue lettre n'était ni un canular, ni une vision de l'esprit. Il s'offrait d'autant plus volontiers à son amant si attentif, si doux.

Comme enivré par sa dégustation, Jack entoura soudain la taille de Ianto pour le rapprocher de lui, collant sa joue contre le ventre du jeune homme. Les yeux clos, il respirait encore sur Ianto les effluves mélangés de leurs ébats de la journée. Ianto n'avait pas eu le temps de prendre sa douche.

Jack était presque bouleversé d'y retrouver leurs deux odeurs entremêlées. Il comprenait soudain qu'il ne voulait pas que cette folle journée passée à s'aimer s'arrête. Ils n'avaient pas beaucoup dormis mais il avait l'étrange sensation d'être vivant, pour de bon. Tout contre le torse de Ianto, il inspira profondément, arrachant des frissons de volupté à son amant.

Mais chez Jack, les moments d'émotions ne duraient jamais bien longtemps. Surtout en amour. Surtout concernant le sexe. Peut-être avait-il peur, au fond, de rester piégé dans certaines vérités sur les sentiments. Homme libre, il se redressa, se cala contre le dossier de son fauteuil, posa les mains sur la partie la plus délicieusement charnue de Ianto et d'un mouvement, l'amena à lui avec un regard gourmand et amusé.

Ianto joua le jeu et se laissa asseoir sur les genoux de Jack, dans une position telle qu'aucun des deux n'aurait de doute sur le désir de l'autre. Ianto posa les mains sur les épaules de Jack pour garder son équilibre.

– C'était un merveilleux avant-goût... Passons aux choses sérieuses à présent, annonça Jack, les yeux rivés dans ceux de Ianto qui ne broncha pas.

Leurs peaux, leurs corps parlaient pour eux. Ils savaient à présent à quel point le pantalon devenait inconfortable pour l'un comme pour l'autre. Une délicieuse torture dont la délivrance serait d'autant plus exquise qu'elle deviendrait franchement insupportable.

Les yeux toujours rivés dans ceux de Ianto, un petit sourire canaille aux lèvres, Jack descendit les mains le long de sa colonne vertébrale. Le jeune homme retint un cri de plaisir sans pour autant le quitter des yeux. Question d'honneur. Jack fit mine de se lécher les babines lorsqu'il dégrafa la braguette du pantalon de son amant, jouant toujours le jeu du dessert offert.

Il n'eut pas besoin de s'en assurer de visu pour se souvenir que Ianto n'avait pas pris le temps d'enfiler son boxer avant le pantalon. Ses mains expertes et, oui, amoureuses, retrouvèrent la chair lisse et tendre d'un fessier rebondi directement sous le tissu sombre. Il sourit, amusé et excité à l'idée d'avoir dévoyé son employé modèle à ce point.

Il n'était pas si loin le temps où, le brave Ianto Jones se rhabillait complètement après leurs ébats. Au fil du temps, il avait pris de l'assurance dans leur relation. Et particulièrement au lit. Des changements inédits pour Jack mais qu'il avait accueilli avec un plaisir évident. Le timide amant faisait peu à peu place à un amant fougueux, spontané, loin d'être prude et surtout doté d'une imagination débordante. Jack s'amusait avec Ianto. Au bon sens du terme. Le jeune homme savait se faire tour à tour quémandeur ou assuré avec toujours ce je ne sais quoi d'élégance et de tendresse qui n'appartenait qu'à lui. De sourires embarrassés en sourires coquins ou attentionnés, Jack appréciait les surprises, les gênes et les initiatives de son jeune amant. Il devait se l'avouer, depuis qu'il aimait Ianto, au sens biblique du terme, il n'avait jamais eu besoin ou envie, de mettre une autre personne dans son lit. Même s'il jouait parfois la carte du flirt pour le fun. Les différentes facettes de son gallois préféré comblaient toutes ses envies et toutes ces plus folles pensées. Jack était comblé avec un tel partenaire. Et si les sentiments ne s'y étaient pas mêlés, Jack aurait pu se dire au paradis.

En attendant, il se délectait de mettre son amant au supplice. Il l'empêcha doucement de se relever, ne serait-ce que pour descendre un peu son pantalon. Avec une lenteur malicieuse et amoureuse, Jack libéra l'érection douloureuse de Ianto pour la cajoler un moment, comme pour se faire pardonner de l'avoir tant fait souffrir.

Ianto tenta, tant que faire ce peut, de garder les yeux ouverts sur son amant si habile. A chaque fois que Jack le sentait prêt à exploser, il cessait ses mouvements, se redressait un peu pour quémander un baiser à Ianto fou de désir, prêt à tout instant à tout lui offrir.

Pris ensuite dans la griserie de leurs sens, aucun des deux ne prêta attention à une lettre qui glissa peu à peu de la poche de Ianto pour rejoindre le sol.

***


evalyre  (12.08.2010 à 13:56)

      Bien plus tard, ivre de passion, de caresses et de tendresse, épuisé de désir, Ianto s'endormit très vite lorsqu'ils rejoignirent le lit du Capitaine. Jack, qui, de toute façon, ne dormait pas beaucoup, se tourna vers son jeune employé qui souriait béatement dans les bras de Morphée. Un sourire tel que cela le rendait encore plus beau. Jack avait eu droit à un dessert de choix... Et même plus.

Avec une grande tendresse, Jack recouvrit Ianto endormi. Puis se leva. Il sentait quelque chose accrocher son cœur quand il le regardait trop longtemps. Un pincement presque désagréable.

     Jack savait ce que voulait dire ces symptômes. Et il n'en voulait pas. N'en voulait plus. Jack devait se convaincre que le seul moyen d' éviter les conséquences de ce refus sur Ianto, était de l'éloigner. Même si cela devait arracher les tripes du Capitaine. Lui, s'en remettrait... Il s'en remettait toujours.

      Il se pencha vers Ianto et lui caressa la joue. Le dormeur bougea à peine et le sourire qui illuminait déjà son visage, s'agrandit. Jack sourit, attendri, puis enfila pantalon et t-shirt pioché au hasard dans son armoire pour partir à la chasse à leurs vêtements respectifs semés la veille, du bureau au lit. Lorsque Jack ramassa le pantalon de Ianto lové contre la chaise du bureau, il remarqua un papier plié en quatre. Il se souvint d'avoir vu ce type de feuillet à l'ancienne dans les mains de Ianto bouleversé quelques heures auparavant. Si la discrétion avait été sa principale qualité, Jack ne serait jamais parvenu où il était à présent. Sans aucune hésitation, il mit les vêtements ramassés de côté pour ouvrir la lettre.

       Quelques minutes plus tard, Jack passa la main sur son visage bouleversé. Les larmes aux yeux, le cœur à l'envers. Il lisait et relisait ces lignes manuscrites que Ianto avait lues auparavant. C'était donc ça! Ça que le Docteur n'avait pas voulu lui dire?

Oh, bien, sûr, il en avait eu l'idée... Affreuse... Pourtant vite chassée alors par le Docteur lui-même, par le fait d'avoir réussi leur mission. Par la joie de Gwen à envisager un fils. Par la journée extraordinaire (et toute la soirée ensuite) passée à aimer Ianto.

A la lecture de cette lettre, il comprenait. Et tout s'assombrissait à nouveau.

Jack n'osait imaginer dans quel état le Docteur avait dû le trouver...

Après la disparition de Owen, de Tosh et la trahison de son frère... Ensuite, détesté pas Alice, ayant tué Steven... Et ça... Ianto... Jeune, fort, vigoureux, pétillant de charme et de vie... Bon dieu!

Jack secoua la tête, retenant de nouvelles larmes. Il replia soigneusement la lettre et la replaça dans la poche de son amant d'où elle avait dû tomber.

Il rejoignit la chambre, déposa les affaires dans un coin et regarda son compagnon. Il avait choisi de profiter de la place libre pour s'étaler.

Jack l'observa longuement. Bouleversé. Puis il monta enfiler son manteau et sortit sur le toit. Il avait besoin de prendre l'air.

***

Day FOR

     Jack resta longtemps à regarder les dernières lumières de Cardiff s'éteindre avant que le petit jour ne pointe le bout de son nez. Un nouveau jour paisible sur Cardiff. En partie grâce à lui.

Au fond de son cœur, une tempête dévastait tout. Il ne savait plus que penser, que ressentir. Les mots de cette lettre (sa lettre), le hantaient, grignotant peu à peu ce qui lui restait de bon sens...

Pourquoi avoir écrit une telle lettre? Pourquoi avoir tenu à ce que Ianto connaisse des sentiments qu'aujourd'hui il ne souhaitait pas révéler?

A moins que le jeune homme ne lui ait dit quelque chose avant de mourir... Quelque chose qui lui ait fait changer d'avis. Le Docteur l'avait retrouvé des années après la mort de Steven. Des années après, Jack avait été encore capable d'écrire des mots pareils?

Jack serra les dents. Se remettre à pleurer ne servirait à rien. Un maelström d'émotions confuses envahissait son cœur et son cerveau. Et dans cette tempête, deux certitudes s'imposaient: Steven avait besoin d'un grand-père à la hauteur et... Il aimait Ianto.

Pourtant, il éloignerait le jeune homme. Pour son bien-être. Et Alice considèrerait toujours son père comme une menace. Des vérités immuables? Du moins, le croyait-il.

Hors, le Docteur était allé contre ses principes. Pour lui. Pour Steven. Pour Ianto.

Jack ferma soudain les yeux, aveuglé par la vérité qui s'imposa à lui. Si le Docteur avait fait une entorse à ses règles, Jack pouvait le faire aussi.

Ianto lui présentait sa famille. Jack serait à la hauteur. Il devait considérer cette lettre comme une nouvelle opportunité. Pour Steven. Pour Ianto.

Jack composa un numéro sur son portable. Le téléphone sonna longtemps.

« – Allô?

Il poussa un long soupir avant de parler, la voix brisée par l'émotion.

– Alice? Pardon. Je sais qu'il est très tôt. Mais je voulais te parler.

Il y eu une seconde de silence.

– Qu'est-ce que tu veux?

– Comment va Steven?

– Ça va... Il a eu du mal à s'endormir. Mais ça va...

– C'est fini, Alice. Ne t'inquiète plus, d'accord?

Il entendit le soupir de sa fille et ressentit son soulagement traverser les ondes. Mais pour lui, la vision de Clem agonisant sous les ondes électriques se mélangeait à l'image d'un petit corps frèle dont il aurait accepté le sacrifice. Son petit-fils. Son petit soldat...

Il chassa rageusement les larmes qui perlaient déjà à ses yeux.

– Papa? Tu voulais dire autre chose? Entendit-il à l'autre bout du fil.

Alice s'inquiétait de son silence.

– Alice... Je suis désolé...

Hélas, cela ne soulagea pas la conscience de Jack. Pourtant, il se jura de ne jamais avoir à redire ces mots à sa fille.

– Et puis, tu as raison... Je suis une menace pour vous deux... pardon de ne pas l'avoir compris...

Alice laissa planer un long silence. Le père et la fille perdus au beau milieu d'une émotion latente. Puis Jack entendit un petit soupir et la voix enrouée de sa fille déclarer doucement.

– Tu devrais venir voir Steven plus souvent. Tu lui manques beaucoup.

Cette fois, c'est le soupir de Jack qui traversa les ondes en même temps que son sourire.

– Merci, Alice. Pardon de t'avoir réveillée... Retourne te coucher et repose-toi bien... A bientôt.

– Au revoir, papa. »

Jack raccrocha, le cœur à peine plus léger. Il devait au Docteur la tranquillité de sa fille. A lui maintenant d'agir. Peut-être lui devrait-il son bonheur.


evalyre  (19.08.2010 à 13:56)

     Il resta encore un moment à regarder les premiers rayons du soleil inonder la ville. Une forme de sérénité s'insinua doucement dans son âme meurtrie. Asséchant les larmes, dénouant les nœuds dans son ventre crispé. Jack soupira profondément. Il avait voulu dire la vérité à Ianto. Il ne l'avait pas fait par hasard. Jack ne faisait jamais les choses par hasard. Cette fichue lettre avait un sens. Un but. Forcément. Même si ce but lui échappait pour l'instant.

Même vraie, il n'était pas sensé la connaître. Il laisserait donc les choses se faire...

      Depuis la mort d' Owen et Tosh, il avait une propension à imaginer le pire pour ses équipiers. La suite ne lui avait pas donné tort. Mais le Docteur était revenu, l'avait aidé à faire face aux 456. Le Seigneur du Temps l'avait sauvé d'un enfer possible. Il était peut-être temps de voir les choses un peu plus sereinement.

      Jack resserra les pans de son manteau sur lui, jeta un dernier regard vers la ville aux couleurs pastels sous un soleil naissant. Un nouveau jour. Une nouvelle vie. Avec Ianto. Avec Gwen. Son bébé. Avec Rhys. Avec Alice et Steven... Avec lui-même, surtout... Il n'était pas toujours son meilleur ami. Il était temps que cela change. Son ami immortel le lui avait fait comprendre. La lettre aussi... Et si Ianto l'aimait... L'aimait pour de bon... Alors...

***

     Devant la porte de la maison, Ianto réajusta machinalement sa cravate impeccable dans un geste de nervosité extrême.

Mains dans le dos, l'air parfaitement à l'aise, Jack le rejoignit en souriant, observant les alentours d'une banlieue plus que banale. Il remarqua le geste de son amant.

– Relax! C'est plutôt moi qui devrait être nerveux. Non?

Ianto n'eut pas le temps de répondre que la porte s'ouvrait déjà sur... David.

– Oh! Salut Oncle Ianto!

Sans plus de cérémonie, le petit se tourna pour crier:

– Maman! C'est Oncle Ianto!

– Eh bien, mais fais-le entrer! J'arrive!

David laissa la porte ouverte et s'échappa vers un jeu beaucoup plus intéressant que l'arrivée de son oncle et d'un inconnu.

Pendant ce temps, l'attention de Jack avait été attirée par l'arrivée d'une petite fille montée sur un vélo à trois roues, plantée au milieu de l'allée et qui le regardait bouche-bée. L'effet du manteau du Capitaine devait beaucoup compter. Jack sourit à la petite aussi mignonne qu'une jolie poupée. Le pouvoir de son sourire était terrible, surtout lorsqu'il était aussi doux et franc qu'il l'était en cet instant.

– Ah tiens! Bonjour! Comment tu t'appelles?

– Mica! Viens donc dire bonjour à ton oncle!

Jack se retourna aussitôt pour se retrouver face à une jeune femme brune haute en couleurs, aux rondeurs appétissantes qui resta comme pétrifiée en l'apercevant.

La voix un peu altérée par une émotion étrange, Ianto déclara simplement:

– Heu... Rhiannon, je te présente le Capitaine Jack Harkness, mon patron. Jack, voici ma sœur, Rhiannon Davies. Et ma nièce, Mica.

Pendant la présentation, la petite fille était venue dire bonjour à Ianto et se tourna vers Jack, admirative.

– Tu ressembles au prince du livre de l'école...

Alors que Rhiannon n'arrivait toujours pas à reprendre la parole, Jack se mit à rire doucement, son ego plus que flatté de plaire à une si jolie demoiselle.

– Eh bien, Mica, c'est le plus joli compliment que l'on m'ait fait jusqu'ici, tu sais... Surtout venant d'une jolie princesse comme toi.

Puis il s'adressa poliment à la maman.

– Enchanté de faire votre connaissance, Mme Davies. Ianto m'a beaucoup parlé de vous.

La jeune femme reprit soudain pied dans la réalité et, pour ne pas être impolie, serra la main tendue de Jack. A son expression, Ianto savait qu'elle mourait d'envie de le harceler de questions.

– Oh! Eh bien... Bienvenue dans notre petite famille M. Harkness. Enfin, Capitaine...

– Appelez-moi Jack. Cela ne me dérange pas du tout.

– Ah! Heu... Eh bien... Cap... Euh... Jack. Vous prendriez bien un café, n'est-ce pas?

– Avec grand plaisir. Surtout s'il est aussi bon que celui de Ianto...

Ianto lui envoya un regard agacé lorsqu'ils suivirent Rhiannon jusqu'à la cuisine minuscule ouverte sur un tout petit salon. Un intérieur plus que modeste dans lequel la présence de Jack générait une petite tornade. Seul David, affairé à son jeu vidéo ne leva pas les yeux vers les trois adultes. Sa mère enleva des vêtements du grand et unique fauteuil et se dépêcha de les mettre en vrac dans une armoire surchargée pour avancer le fauteuil vers le comptoir et le proposer à Jack. Mica avait délaissé son vélo pour suivre le prince.

– Mica! Il fait beau! Retourne donc jouer au jardin! Lança sa mère qui prépara fébrilement les tasses pour le café.

     Ianto imaginait aisément le volcan en ébullition qui couvait dans le crâne de sa sœur. Trois jours avant, il avait admis avoir une relation spéciale mais floue avec son patron dont elle n'avait eu qu'une vague description par sa copine. Et voilà qu'il lui présentait l'homme en question. Pour Rhiannon, cela signifiait la même chose que pour Ianto : la relation s'était donc éclaircie au moins pour le jeune homme.

Comme le silence inhabituel s'éternisait, Rhiannon, encore sous le choc et Ianto toujours aussi discret, Jack déclara, s'installant dans le fauteuil qu'on lui avait proposé:

– Vous avez là un intérieur très chaleureux, Mme Davies.

– Oh! Merci... On fait ce qu'on peut avec nos modestes moyens... Mais Ianto nous aide beaucoup. Surtout les enfants. C'est important de se sentir bien chez soi, n'est-ce pas?

– Vous avez parfaitement raison!

– Heu... Dites-moi, vous habitez en ville, c'est cela?

– C'est exact. Et pour être plus précis, je dors sur mon lieu de travail.

Pour une fois, Jack avait dit ces mots sans aucune malice, mais lorsqu'il vit la jeune femme rougir, embarrassée, il comprit qu'elle devait déjà savoir certaines choses. L'envie lui vint de tester jusqu'où Ianto était allé dans les confidences. Mais il avait promis de se montrer exemplaire. Il tiendrait parole.

– Les enfants ont l'air d'aller bien... lança Ianto pour tenter de reprendre une forme de discussion au milieu du silence.

– Oui... Mais tant que je ne serais pas certaine que tout est vraiment revenu dans l'ordre, je n'enverrais pas les enfants à l'école. Hors de question.

Jack intervint doucement:

– Vous pourrez les remettre à l'école, Mme Davies. Ce qui faisait parler les enfants a disparu. Soyez tranquille.

– Ah! Fit Rhiannon intriguée par le calme et l'assurance de Jack.

Elle se tourna instinctivement vers son frère qui approuva d'un signe de tête.

– Je croyais que tu travaillais comme fonctionnaire dans un centre des impôts... Tu... Et comment vous pouvez savoir, vous, d'abord?

– Nous avons d'excellentes sources, croyez-moi. Plus fiables encore que les Services Secrets.

Cette fois, Rhiannon fusilla son frère gêné du regard.

– Alors quand vas-tu cesser de raconter des histoires? Les enfants te croient, eux! Tu vas mentir? Continuellement?

Jack posa une main réconfortante sur l'épaule de Ianto assis à ses côtés, pour l'empêcher de répliquer. Puis il déclara avec son plus beau sourire:

– Nous sommes tenus au secret, Mme Davies. Pour protéger nos familles. Nous ne pouvons pas dire ce que nous faisons. Alors laissez Ianto vous raconter ce qu'il pense être le moins dangereux pour vous. Je vous garantis que cela vaut mieux...

Le calme et surtout le sourire ravageur de Jack firent effet sur la pétulante brune qui servit enfin le café sans autres remarques. Jack goûta aussitôt au breuvage parfumé pour faire honneur à son hôtesse survoltée.

– Décidément! C'est de famille! S'exclama-t-il soudain, ravi.

– Quoi donc?

– Le café, répondit Ianto en souriant, amusé.

– Ben quoi?

– Il est délicieux! Comment le préparez-vous?

– J'ai toujours fait comme ça...

– Et comme toutes les recettes de famille, hé bien... Sa préparation restera secrète, Jack, compléta Ianto en souriant.

Puis il s'adressa à sa sœur:

– Depuis le début, il essaie de me soutirer l'information. Mais le secret est bien gardé, n'est-ce pas?

     Le sourire un peu enfantin que lui adressa son frère fit fondre le cœur de Rhiannon. Sa relation avec Ianto avait connu des hauts et des bas, des incompréhensions et des secrets. Avec un frère aussi réservé, c'était plutôt compréhensible. Mais aujourd'hui, dans sa petite maison, Ianto redevenait soudain le gamin espiègle, le frère complice. Elle le sentait parfaitement heureux de lui présenter cet homme étrange mais fascinant. Et puis, qui était-elle pour le juger? Elle se reprit et sourit:

– Oh! Oui... Oui... C'est exact. Recette top secrète!

Jack se mit à rire. Une coalition de la famille Jones? Parfait! La jeune femme lui plaisait. Elle avait du caractère.

– Je m'incline... Je vais me contenter de déguster, alors...

– Alors Ianto? Tu as retrouvé ta voiture? Demanda le jeune femme juste pour relancer une discussion décidément difficile.

– Oh! Heu... Oui...

– Tant mieux! Tu avais l'air d'y tenir... Et puis, c'est assez rare que les propriétaires retrouvent leur véhicule...

Jack sentit le malaise de Ianto et choisit de s'interposer.

– Ce n'était pas un vol comme les autres. Nous avions tout ce qu'il fallait pour mettre la main sur nos voleurs. La voiture est à notre agence. Nous y tenons.

– Bien sûr... Je comprends...

Quand Rhiannon posa une assiette de petits gâteaux sur le comptoir, David s'y précipita pour y piocher un stock quitte à bousculer les deux adultes placés devant.

– Repose ça tout de suite! Tu n'en prends qu'un et tu t'excuses! Et puis tu devrais aller prendre le soleil! Ce jeu va te liquéfier le cerveau!

Le ton dur était sans appel. Même s'il avait voulu répliquer, David obéit, s'excusa timidement et sortit en traînant les pieds.

– Oh! Les gosses! Je vous assure que les avoir à la maison 24heures sur 24 devient pénible! Tant mieux si tout est revenu à la normal! Dites, vous croyez aux aliens, Jack?

La question, sortie dans la foulée de sa longue tirade, surprit Jack. Ianto faillit s'étouffer avec son café.

– Comment cela?

– Toutes ces histoires de robots, de fantômes, de vaisseau au-dessus de Londres... Et ce truc avec les enfants... Franchement, le gouvernement aura beau nous le cacher, je reste convaincue que les aliens existent et qu'ils sont déjà parmi nous. Qu'est-ce que vous en pensez?

Jack réprima un gloussement de rire. Il prit son regard mystérieux, séducteur, pour dire:

– Hm... Qui sait... Peut-être suis-je un alien, moi aussi...

Rhiannon éclata de rire.

– Vous? Vous ressemblez trop à un humain, mon pauvre ami! Personne ne vous croirait !

Jack croisa le regard pétillant de son amant.

– Vous pouvez avoir bien des surprises, ma chère, ajouta-t-il en se calant confortablement dans son fauteuil.

Rhiannon sourit, montrant qu'elle mettait les paroles de Jack sur le compte d'un quelconque surmenage. Une sonnerie de téléphone fit sursauter tout le monde.

Etonné, Jack sortit son portable et lança rapidement avant de sortir:

– Excusez-moi. Une urgence...

Une bien belle occasion pour la jeune femme de prendre son frère en otage. Ianto se prépara à un interrogatoire en règle.


evalyre  (25.08.2010 à 11:04)

– Mon Dieu! Ianto! Je ne peux pas y croire! Ce type n'est pas séduisant! Il est à tomber par terre! Et... Tu sors avec lui? Tu... Tu... Enfin... Tu sais...

– Épargne-nous les détails, s'il te plaît, chuchota Ianto embarrassé.

– Oh Seigneur! Mais pourquoi tu me le présentes, hm?

– J'ai... J'ai tout lieu de croire aujourd'hui que mes sentiments sont partagés...

La voix éraillée et le rouge aux joues de Ianto calmèrent aussitôt sa sœur qui murmura, tout sourire:

– Oh! C'est pas vrai! C'est pas vrai!

Elle vint soudain s'asseoir à ses côtés pour lui prendre le bras.

– Et tu sais quoi, t'as intérêt à le garder... Parce que, crois-moi, il doit y en avoir derrière toi, qui voudraient prendre ta place!

– Je sais, Rhiannon... Je sais... Mais je suis prêt à prendre le risque. Jack est un homme libre. Je ne peux pas le contraindre à ce qu'il ne veut pas...

– Peuh! Et toi, là-dedans? Fit sa sœur dubitative.

Il lui lança un regard chargé de tendresse.

– Ne t'inquiète pas pour moi. Je vais bien...

– Eh... Dis-moi... Pourquoi m'avoir caché, à moi, que ton boulot peut être dangereux?

– Parce que justement, je te connais. Tu serais capable de me harceler pour savoir si je vais bien... Alors non.

Jack revint en s'excusant et reprit sa place, empêchant Rhiannon de répliquer.

– Heu... Hm... Alors comme ça, tu ne travailles pas aujourd'hui, Ianto?

La question surprit le jeune homme qui tentait de deviner qui pouvait bien avoir appelé pour laisser Jack parfaitement serein.

– Heu... Ben, oui...

– Nous avons rarement du temps libre.

– Pour ainsi dire jamais, Jack, interrompit tranquillement Ianto.

– Me demanderais-tu des congés, Ianto Jones?

– Pas du tout... Enfin... A quand remontent nos dernières vacances? Hm?

Rhiannon avait suivi la joute verbale tranquille avec des yeux effarés.

– Comment ça, « jamais de vacances »?

– Pour te dire, même le mariage de ma collègue est devenu un jour de boulot comme les autres.

– Mais nous n'avons pas un travail comme les autres.

– Vous pouvez quand même donner des congés à vos employés... Ils pourraient porter plainte vous savez!

Jack ne put s'empêcher d'éclater de rire tandis que Ianto souriait, amusé par l'ingénuité de sa sœur un peu vexée de ne pas être prise au sérieux.

– Il rit parce qu'en signant, nous savions que nous donnions notre temps et notre vie pour ce boulot. Nous ne pouvons pas porter plainte. Nous avons accepté en connaissance de cause.

Rhiannon se tourna vers Jack, les bras croisés, l'air résolu.

– Hm... Alors vous êtes un gourou ou quelque chose dans ce genre... J'ai vu un reportage l'autre fois... Ils séduisent les personnes fragiles, les embobinent, leur promettent monts et merveilles, les éloignent de leur famille et leur font croire ce qu'ils veulent.

Jack joua le jeu, secrètement amusé.

– J'admets que notre travail est particulier et qu'il ressemble parfois à une secte pour des profanes. Hors, il est secret. Je ne peux vous dire pourquoi nous nous engageons à vie dans ce boulot. Mais chacun de mes employés a signé de son plein gré. Quoique j'apprécie l'idée que mon charisme n'y soit pas étranger...

Ianto leva les yeux mais le sourire aux lèvres.

– Ne t'inquiète pas. Ce boulot est prenant, c'est vrai. Dangereux, souvent. Mais j'aime ce que je fais. Et c'est la seule chose qui compte, d'accord?

– Oh! Moi! Ce que j'en dis, après, hein...

La conversation roula ensuite facilement sur divers sujets. Le charme de Jack Harkness opéra évidemment sur la jeune femme éblouie. Malicieux, Ianto lançait quelques piques à Jack qui jouait la nonchalance. Puis arriva l'inévitable étape des souvenirs d'enfance et des anecdotes sur les bêtises du petit Ianto par une sœur mise en confiance.

Jack découvrit ainsi une facette peu développée de son amant un peu embarrassé d'entendre tout cela. Spontanée, Rhiannon invita Jack à dîner. Mais Ianto prétexta un dossier important à terminer. Jack accepta le refus. Il était conquis par le naturel et la gentillesse de cette femme solide. Ianto semblait sur un petit nuage. Ravie, Rhiannon les raccompagna jusque sur le seuil presque déçue de déjà dire au revoir à Jack.

– Revenez quand vous voulez, Jack. Il y aura toujours de la place pour vous...

– Je suis extrêmement flatté, Mme Davies.

Jack était sincère. Bizarrement, Ianto en éprouva une sorte de joie sereine. Il embrassa sa sœur qui lui glissa des sous-entendus malicieux à l'oreille. Il sourit puis s'acquitta de sa besogne habituelle d'oncle généreux auprès de Mica et David.

Pendant ce temps, Jack serra la main de Rhiannon. Et au moment où il allait partir, la jeune femme le retint, l'air sérieux, presque triste. Elle lui glissa tout bas:

– Vous prendrez soin de lui, hein?

Il lui sourit, le regard attendri, franc.

– Je vous en fais la promesse...

– Jack?

Ianto, déjà vers la voiture, s'étonnait de ne pas le voir le suivre. Sur un dernier salut, Jack lança un clin d'oeil entendu à la jeune femme qui lui renvoya un sourire à peine convaincu.

Mais quand elle les vit monter en voiture, qu'ils disparurent au premier carrefour, elle souriait vraiment. Elle se sentait rassurée. Pour ses enfants, certes. Mais aussi pour son frère. Si ce qu'elle n'avait pas vu dans les yeux du Capitaine n'était pas de l'amour, elle ne s'appelait plus Rhiannon. Et son frère avait grand besoin d'amour.

Rêveuse, elle finit par se secouer pour aller préparer le dîner. Le lendemain, les enfants retourneraient à l'école, elle aurait tout le loisir de raconter à Suzan et Tina qu'elle avait parlé à l'escort-boy. Et qu'en plus, elle l'avait trouvé plus que charmant. Même Mica était d'accord...

***


evalyre  (03.09.2010 à 08:05)

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