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Série : The Mentalist
Création : 11.04.2014 à 16h53
Auteur : sanct08
Statut : Terminée
« SPOLIERS SAISON 6!!! J'ai tenté d'imaginer quelle pouvait être la première lettre que Jane aurait pu envoyer à Lisbon après avoir tué Red John » sanct08
Cette fanfic compte déjà 3 paragraphes
Teresa Lisbon était en train de s’ennuyer ferme. Depuis qu’elle avait été renvoyée du CBI, trois mois plus tôt, elle n’avait plus d’affaires l’occupant à plein temps. Et, malgré ses dires, elle regrettait amèrement le bon vieux temps où elle et ses collègues résolvaient des meurtres et des énigmes tous plus complexes, nouveaux et intéressants les uns que les autres. Maintenant son plus grave cas était le vol de pommes sur le marché et son problème le plus urgent concernait le remplacement de la machine à café du poste de police où elle travaillait désormais dans le coin le plus tranquille de la capitale !
Lorsqu’elle avait annoncé à ses proches son départ de l’ensoleillée Californie pour le morne temps de la capitale, tous lui avaient montré leur surprise et leur incompréhension. Néanmoins elle avait ressenti l’imminent besoin de quitter l’Etat qui l’avait façonnée. Rester en Californie et plus précisément à Sacramento lui était impossible. Elle n’avancerait plus et serait toujours rattrapée par des souvenirs, bons ou mauvais, de l’époque qu’elle considérait comme la plus heureuse de sa vie. Epoque désormais révolue : Bosco était mort, le CBI avait fermé ses portes, ses collègues s’étaient établis ailleurs pour démarrer une nouvelle vie et Jane s’était volatilisé.
Elle poussa un profond soupir de résignation mêlé d’une pointe de désespoir. Depuis la découverte de l’identité de John le Rouge et la mort inexpliquée du Shérif Thomas McAllistair, Jane n’avait plus donné signe de vie et cela l’inquiétait au plus haut point. Elle avait toujours détesté l’idée de ne pas savoir où il se trouvait ou ce qu’il faisait ! Maintenant, elle ne craignait qu’une seule et unique chose : qu’il se soit suicidé. La mort de John le Rouge ouvrait une ère nouvelle et, depuis le jour de leur rencontre, au fond d’elle-même elle redoutait qu’il puisse faire cela même si ça ne collait pas avec l’image qu’il dégageait.
23 Mai 2008. La journée était ensoleillée et s’annonçait à l’identique des précédentes : fouillis dû à la réorganisation du CBI, meurtre, café et retour à la maison. Néanmoins, l’agent Lisbon était loin de se douter que ce jour-là allait changer sa vie…
« Patron ? »
Teresa sursauta en reconnaissant la voix de son adjoint Thomas. Elle était perdu dans ses pensées et ne l’avait pas entendu venir.
« Une lettre pour vous Patron »
Il s’approcha du bureau et lui tendit une enveloppe. En reconnaissant l’écriture, le cœur de Teresa fit un bond dans sa poitrine et d’une main fébrile elle la décacheta. Un épais morceau de papier en tomba et elle l’attrapa aussi rapidement que si sa vie avait été en jeu. Sans relever la tête, elle le remercia et le chassa d’un signe de la main en lui indiquant de ne la déranger sous aucun prétexte puis elle se plongea dans sa lecture.
« Chère Lisbon,
Le temps a dû vous sembler long mais avant de pouvoir raconter tout ce qui est arrivé j’ai dû faire le point sur mes actions, ma vie, mon futur et moi-même. Il aurait été fort ingrat de ma part de vous mentir en vous disant que j’allais bien et qu’il y avait déjà longtemps que j’avais planifié l’après John le Rouge ; d’autre part vous ne m’auriez pas cru et je n’aurai pas pu vous en blâmer.
J’espère d’ailleurs que vous pourrez à nouveau croire en moi et que vous trouverez la force de me pardonner d’être parti précipitamment et sans autre explication qu’un simple message vocal.
J’imagine que de multiples questions ont dû vous traverser l’esprit et que les réponses que l’on vous y a apporté, à supposer qu’il y en ait, n’ont pas dû être convaincantes. J’ai donc essayé de répondre à certaines d’entre elles car je suis sûr et certain que vous vous les êtes posées. La première concerne l’identité de John le Rouge : Bertram n’était pas le vrai John le Rouge mais c’était McAllisatair. Au départ, j’ai refusé de le croire jusqu’à ce qu’il se fasse tuer par le détective Cordero. J’ai donc, après avoir eu une conversation avec le meurtrier de ma famille, poursuivi McAllisatair. Je l’ai tué après qu’il ait regretté, aussi sincèrement qu’il le pouvait en sachant que je ne l’épargnerais pas, avoir décimé ma famille et avoir admis sa peur de la mort. Ma fuite a d’ailleurs un rapport avec son décès puisque mes empreintes se trouvent sur sa gorge et je n’avais nulle envie de passer le reste de ma vie en prison. Je me doute que vous auriez préféré que je ne fasse pas cela pour pouvoir l’interroger et en savoir plus sur ses motivations et la fameuse Blake Association mais je ne pouvais pas le laisser vivre. Ne me blâmez pas pour cela je vous en prie. Vous avez toujours su que c’est ainsi que cela se finirait entre nous. La seule et unique question à laquelle je ne répondrais pas est « où suis-je ? ». Je ne souhaite nullement vous impliquer dans mes démêlés avec le FBI et je ne veux pas que vous soyez forcée leur mentir…je sais que vous n’aimez pas çà.
Je vous imagine parfaitement en train de lever les yeux au ciel en soupirant d’exaspération et me maudissant d’être stupide au point de préférer ma solitude à votre compagnie (Lisbon sourit en lisant ces mots car sa réaction avait été exactement celle décrite par Jane, il la connaissait décidemment très bien). J’espère très sincèrement avoir répondu à un certain nombre de questions les plus pressantes. (Lisbon remarqua qu’il y avait un blanc à ce moment-là et pensa que Jane avait dû s’arrêter d’écrire pendant quelque temps avant de continuer la lettre).
Vous rappelez-vous de ce que je vous ai dit le soir où j’ai découvert que 3 de mes 7 suspects potentiels pouvaient être John le Rouge ? Et bien je tiens à ce que vous sachiez que c’est la chose la plus sincère que j’ai dite à quelqu’un depuis la mort de ma femme et de ma fille. Et je vous le répète : « vous n’avez aucune idée de ce que vous représentez pour moi ». Vous m’avez sauvé Lisbon. Dès le jour de notre rencontre, des changements se sont produits en moi : vous m’avez demandé de faire un brin de toilette et je l’ai fait, vous m’avez demandé de me servir de mes dons (ce que je ne faisais plus) et je l’ai fait enfin… (Un autre blanc s’intégrait à la lettre et elle l’interpréta cette fois-ci comme une hésitation) Il est très difficile d’imaginer qu’un Homme puisse tomber aussi bas que ce que je l’ai fait mais le plus dur et le plus triste est de penser que certains refusent l’aide qu’on leur propose. Ce fut mon cas mais deux bonnes âmes ont volé à mon secours. La première fut le Docteur Sophie Miller qui me permit de me retrouver et de me fixer, de façon certaine et mûrement réfléchie, un but précis : tuer John le Rouge. La seconde fut l’Agent Teresa Lisbon. Vous m’avez ouvert les portes d’un monde nouveau, inconnu et qui me permettrait peut-être d’assouvir ma vengeance. Du jour au lendemain ma vie est devenue plus palpitante et j’ai réappris à me rattacher aux vivants et même à aime de nouveau ! En fait, ce que j’essaye de vous dire, c’est que notre rencontre a changé mon mental. Pour la première fois depuis ce jour funeste je me suis réveillé sans avoir comme unique pensée John le Rouge. Je me demandais si vous tiendriez votre promesse de me donner accès aux dossiers d’enquête et, au fil de l’évolution de notre relation, je me demandais quelle allait être la raison qui allait vous pousser à me disputer ! (En lisant ceci Lisbon eut un petit sourire) Changement brutal mais que se fit néanmoins en douceur. Par la suite, ce fut de vous que je fus le plus proche et vous fûtes ma seule et unique confidente. Vous avez toujours été là, que ce soit dans les bons ou les mauvais moments, pour moi malgré tout ce que je vous ai fait endurer. Jamais vous ne m’avez laissé tomber et vous avez toujours cru en moi alors que le monde entier me désapprouvait.
Les mots ne sont ni assez beaux et ni assez forts pour vous exprimer ma sincère gratitude. La seule expression à peu près fidèle, à mon avis, est un magnifique surnom qui je trouve vous va à merveille : « ange gardien ».
La dernière chose que je tiens à vous dire est de ne pas chercher à me retrouver. Néanmoins, cela ne signifie pas que vous n’aurez plus de nouvelles ! On ne se débarrasse pas de moi si facilement ! Je vous promets de vous écrire au moins une fois par trimestre plus si je le désire. Et il y a de fortes probabilités pour que cela se produise. J’ai l’intention de voyager, avant de me poser dans un endroit tranquille et loin de tout, donc je vous enverrai une carte postale de tous les endroits que je visiterai ainsi vous voyagerez un peu aussi.
Prenez soin de vous,
Amicalement
Patrick Jane »