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Série : Torchwood
Création : 08.07.2010 à 14h02
Auteur : Arianrhod
Statut : Terminée
« après la bataille de Canary Wharf, Jack et son équipe arrivent sur les lieux ... Quels étaient les secrets d'Yvone ? Que va découvrir Jack dans cette tour qui va changer sa vie ? » Arianrhod
Cette fanfic compte déjà 218 paragraphes
Déclaration : Les personnages ne m'appartiennent pas, je ne fais que les emprunter. Merci à Russel T Davies et à la BBC de les avoir créés.
Bêta et soutient : Réa, merci !
NB : l'histoire démarre après la bataille de Canary Wharf, Jack et son équipe arrivent sur les lieux ... Quels étaient les secrets d'Yvone ? Que va découvrir Jack dans cette tour qui va changer sa vie ?
Raconté du point de vue de Jack, ne suit pas le canon TW.
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MADE BY TORCHWOOD
Chapitre 1 : Canary Warf
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A peine quelques heures après le départ du Docteur, la tour de Canary Wharf était en partie détruite et vidée de la plupart de ses occupants, humains et aliens. Le Docteur avait combattu deux ennemis qui avaient en commun un corps emprisonné dans du métal, mais là s'arrêtait la comparaison. Cybermen et Daleks avaient fort heureusement perdu la guerre et ne demeureraient qu'un terrible souvenir pour les terriens. Les agents de Torchwood qui avaient survécus avaient fui dés que possible le bâtiment et la liste des morts avait été établie en fonction des vivants. Le Docteur était parti à son tour, laissant volontairement les terriens face à leurs propres erreurs.
Torchwood était un institut secret, financé par la Reine et pour une infime partie par le gouvernement. L'existence de l'institut était connue dans les hautes sphères de l'état mais personne ne savait ce qui s'y passait réellement, personne hormis la Reine et le Premier Ministre. Les rumeurs les plus folles courraient sur l'institut, son leader Yvonne Hartman et sur sa branche secondaire basée à Cardiff. Dès qu'un phénomène étrange était constaté, l'expertise de l'institut était sollicitée, alimentant encore les rumeurs. A chacune des visites d'Yvonne au MI5 ou au gouvernement, on se moquait d'elle dans son dos, on discutait à mots couverts sur son passage ... Elle prenait tout cela de haut, l'air hautaine perchée sur ses hauts talons, encadrée par son équipe et ses gardes du corps. Personne ne l'aimait, elle le savait et s'en réjouissait distribuant ses sourires perfides à tout va.
Mais les choses changèrent le jour où l'institut réussit à faire apparaître et disparaître les fantômes à leur guise. Tous ceux qui connaissaient Torchwood comprirent que les rumeurs se basaient sur des faits réels. Les extraterrestres existaient et la suprématie de l'institut en la matière ne faisait plus aucun doute … jusqu'a la bataille mémorable de Canary Wharf. Mémorable par les ennemis combattus, mémorable par le nombre de morts.
A présent, Torchwood Londres n'existait plus et il fallait gérer la fin de crise.
En urgence et dans le plus grand secret, le Premier Ministre demanda l'aide et l'expertise de l'ONU. Il l'obtint ainsi que l'assurance que Torchwood Cardiff serait aux commandes de cette mission.
La première réunion fut houleuse mais rondement menée, le temps était compté. Elle se déroula à peine quelques heures après la fin des hostilités, en présence des commandants de l'UNIT et du leader de Torchwood Cardiff le Capitaine Jack Harkness tous arrivés promptement par hélicoptère. Le Premier Ministre avait tapé du poing sur la table, au sens littéral, et les généraux avaient accepté l'homme qui leur était imposé à leur tête, c'était l'armée après tout.
Le Premier Ministre avait décrété que Torchwood 1 serait sauvé par Torchwood 3. Il avait aimé la formule, la parabole, mais c'était l'homme qu'il appréciait par dessus tout. Torchwood 3 était incarné par son leader, le charismatique Capitaine Jack Harkness. Direct, charmeur mais compétent il ne maniait pas la langue de bois qu'il n'avait d'ailleurs pas dans sa poche. Il était l'homme de la situation. Il lui donna les pleins pouvoirs et trois semaines maximum pour tout faire disparaître. Toutes ses requêtes seraient satisfaites, il n'avait qu'à les formuler. Eux se chargeraient de l'opinion publique.
Seulement six heures après les événements, les hommes de l'Unit, le Capitaine Jack Harkness, le Docteur Owen Harper et l'agent Toshiko Sato investirent les lieux.
La police avait établi un périmètre de sécurité, des médecins s'évertuaient à soigner des blessés dont ils ne reconnaissaient pas les blessures. Le Premier Ministre avait demandé que les soins soient donnés sur place, personne ni aucun objet ne quittait le site tant que les experts qui devaient arriver n'avaient pas donné leur accord.
Et il avait pris la bonne décision, tous les secrets et les dangers de Torchwood devaient être préservés. Mais je pris conscience de l'ampleur de la tâche en arrivant sur les lieux. Je détestais cette tour, mais là plus encore car elle était à moi. A moi d'assumer les erreurs des autres, celles d'Yvonne et de tous ses sous-fifres. Mais ce que je trouvai par la suite fut encore pire.
Avant toute chose, je fis un point avec le commandant Harris, commandant en chef de la police et le colonel Mace, colonel en chef de l'Unit. Harris avait pénétré avec ses hommes dans l'édifice à la recherche de blessés mais ce qu'ils avaient vu les avaient profondément choqués. Des hommes agonisant à moitié convertis, énormément de cadavres à qui il manquait une partie de leur cerveau, sans parler des bruits et phénomènes étranges. Il les avait faits immédiatement sortir et fait interdire l'accès au bâtiment en attendant les renforts qui devaient arriver. Depuis, des bruits étranges et inquiétants avaient été entendus lui confirmant qu'il avait pris la bonne décision.
- Capitaine, voici la liste des agents qui travaillaient dans cette tour. Les quelques coches rouges en face des noms indiquent les survivants ...
Je parcourus la longue liste, lentement et frémit en voyant un nom manuscrit ajouté à la fin.
- Qui a ajouté Rose Tyler ?
- Un homme, il semblait tout savoir sur ce qui s'est passé là-dedans. Il était secoué, il a essayé de m'expliquer mais je n'ai pas tout compris.
- Est-il toujours là ?
- Non, il a dit qu'il partait mais qu'il espérait que cela nous serve de leçon ... de leçon pour quoi Capitaine ? Que s'était-il passé ?
La question était légitime mais j'étais bien incapable de lui répondre. Un dégoût et une profonde tristesse m'envahissaient ... elle était morte pendant cette bataille ... comment le Docteur avait-il pu la laisser mourir ...
Je pris appui sur la table devant moi, la tête me tournait.
- Oh Rose, je suis désolé ... murmurais-je pour moi-même.
C'était en partie de ma faute. Yvonne faisait comme bon lui semblait mais j'avais une certaine influence sur elle. Elle était intelligente, elle me reconnaissait certains talents et mes connaissances l'impressionnaient. J'aurais dû réussir à la raisonner, comprendre que ces fantômes n'étaient pas inoffensifs ...
- Qui est Rose ? demanda le colonel Mace.
Les deux hommes me regardaient, me jaugeaient. Il fallait que je me ressaisisse. Un Capitaine ne peut pas flancher, je n'avais tout simplement pas le droit d'être triste ... mon dieu que cela allait être douloureux. Sans compter que je venais de louper le Docteur. Un désastre ...
- Une amie très chère, Colonel.
Le colonel prit la liste et la parcourra des yeux, comme moi il avait travaillé avec certains agents de Torchwood 1 ... il posa la liste sur la table en secouant la tête, tout aussi nauséeux que moi.
- Commandant Harris, vous avez bien fait. Nous prenons la suite, merci de quitter les lieux lui demandais-je en essayant de cacher au mieux mes sentiments. Je retrouvais rapidement un visage fermé voir dur et un ton tranché.
- Avec plaisir ... bonne chance.
- Merci, mais la chance n'a rien à voir là dedans. Vous pouvez également renvoyer les unités médicales, nous avons les nôtres.
- Bien, ce sera fait.
Il quitta la tente, il fallait maintenant établir l'ordre des priorités.
- Colonel, nous devons inspecter le bâtiment. Le plus vite sera le mieux. Rechercher d'éventuels survivants mais surtout détruire toute la technologie cybermen que nous trouverons.
Le colonel tiqua sur cette dernière remarque comme je m'y attendais.
- Nous devons tirer les leçons de ce qui s'est passé. Les cybermen ont failli nous anéantir, ils sont dangereux. Fin de la discussion. Les étudier ne nous amènerait rien. J'insiste sur ce point, toute technologie cybermen sera détruite, sommes-nous bien d'accord ?
- Et si ce sont des hommes ou de femmes transformés, que faisons-nous ?
- Je ne fais pas de différence, n'en faites pas, ils sont de la technologie plus les être vivants que nous avons connus. Aucune exception, pas de sommation, est-ce clair ?
- Comme vous voudrez Capitaine fit le colonel en soupirant, continuons.
Cela ne lui plaisait pas, il me faudrait être vigilant.
- Comme l'a précisé le Premier Ministre, toute la technologie extra-terrestre nous revient, en revanche vous vous chargerez des aliens que nous trouverons.
Le Colonel acquiesça, je ne faisais que répéter ce qui avait été dit mais c'était primordial et la tentation serait grande pour eux.
- Tous les survivants doivent être interrogés. Nous devons vérifier leurs connaissances, évaluer leurs compétences et les dommages subis. Nous avons apporté la pilule d'oubli, le retcon. Yvonne ne l'utilisait pas mais elle peut être très utile.
- Nous pourrons en prendre certains à l'Unit.
- Je ne suis pas certain qu'ils le souhaitent après ce qui s'est passé, mais c'est une opportunité qui leur sera présentée.
Owen entra à ce moment là dans la tente.
- Il y a environ 30 survivants, la plupart sont blessés et dans un état post-traumatique. Pas tous mais beaucoup ... ce qui veut donc dire qu'il y a plus de 700 morts à trouver là-dedans.
Je regardais Owen et vit qu'il accusait le coup, il prenait conscience de ce qui s'était déroulé dans la tour, il découvrait un carnage d'une ampleur sans précédent. Il faisait tout pour le cacher, tenter de rester cool, mais ses mains tremblaient.
- Les médecins de l'Unit se sont mis au travail, je vais les rejoindre.
- Est-ce que vous avez besoin de quelque chose en particulier ?
- De places dans des centres spécialisés ... je ne pense pas qu'ils soient récupérables.
- On trouvera. Tu coordonnes l'équipe médicale Owen mais j'aurais besoin de toi pour inspecter le bâtiment.
Il hocha la tête et sortit.
Owen et son tact légendaire. Nous reprîmes nos discussions avant d'être à nouveau coupés par un homme de Mace. Il demanda l'autorisation de parler, je réalisais qu'Owen n'y avait même pas pensé ... et tant mieux, j'en avais marre de l'armée, de diriger tellement d'hommes que l'on ne peut pas les connaître. C'est pour cela que mon équipe était aussi réduite. Pour cela et … pour tenter de garder le contrôle, éviter que dans un accès de folie l'un d'entre eux ne tue tous les autres. Cela était arrivé une fois, je ne voulais pas revivre ce drame.
- Monsieur, on entend des cris ...
Vous avez scanné la zone ? demanda Mace.
- Nous n'arrivons pas à détecter de mouvement mais le bâtiment était en feu, la chaleur brouille nos scanners. Mlle Sato a lancé de nouveaux programmes.
- Tenez-nous au courant décréta Mace en le congédiant.
- Bien monsieur.
Nous terminâmes de mettre au point notre plan en début de soirée. Je fis appeler Tosh qui n'était pas encore venue me voir. Elle était très excitée en partant de Cardiff à l'idée de récupérer toutes les données de Torchwood Londres sans parler des programmes et joujous que nous allions ramener. Elle paraissait si heureuse, il allait être difficile de la séparer de ses ordinateurs avant des mois ...
- Peux-tu me faire un point rapide ?
- Bien sûr Jack. Je me suis connectée à leur réseau et j'ai trouvé toutes les informations sur l'anomalie spatio-temporelle qu'ils ont exploitée. Les fantômes et une mystérieuse sphère sont apparemment passés par cette faille. Ils ont compris trop tard que les fantômes étaient des cybermen arrivés d'un monde parallèle. Jack, ils ont installé des unités de conversion … je te laisse imaginer ce qui s'est passé.
- J'ai une idée … le commandant Harris nous a fait un topo de sa première visite. Pas vraiment réjouissant.
- J'ai également récupéré les vidéos des caméras de surveillance quelques heures avant l'arrivée des cybermen, par la suite ils se sont introduits dans le système informatique et les caméras ont été désactivées. Je t'ai envoyé toutes ces informations sur ton PDA ainsi que sur celui d'Owen.
- Dommage pour les caméras … Parfait, merci Tosh.
- Ce n'est pas tout Jack, j'ai pénétré leur système plus ... loin que d'habitude.
Elle avait baissé le ton et semblé gênée d'avouer ses intrusions.
- Ne vous inquiétez pas Mlle Sato, nous avons fait de même, plus quelques agents espions expliqua Mace en riant.
Tout comme moi ... les agents doubles étaient le meilleur moyen de garder un œil sur Yvonne surtout quand ils avaient de jolis petits minois ... un moyen certes efficace mais très périlleux. Yvonne était une personne dangereuse sur bien des plans, elle n'aurait pas hésité un instant si elle les avait découverts. Elle les aurait fait tuer par un des ses porte flingue. Mais j'avais reconnu leurs noms sur la liste, aucun de ces hommes n'avaient survécus.
- Les services secrets s'espionnent entre eux, l'habitude je suppose. C'était donc cela, vous récupérez vos espions colonel Mace ? demandais-je.
Il ne fit que sourire en guise de réponse.
- Je n'ai travaillé que quelques heures, il faut que je cherche encore mais à première vue, je dirais qu'il manque des données, ajouta Tosh soucieuse.
- Tu vas les trouver, cachées quelque part, n'est-ce pas ?
- Je ne pense pas, je n'ai trouvé que des données récentes, des résultats d'analyse mais par exemple aucune donnée de l'année dernière. C'est systématique.
- Et alors ?
- Elles sont stockées quelque part, peut être dans un lieu déconnecté du réseau. Il faudra garder cela en tête quand vous irez dans cet ... enfer.
Au ton de sa voix je compris qu'elle était déçue et inquiète pour nous. Il fallait y aller et vite, démystifier cette tour avant que l'imagination ne s'emballe.
- Peux-tu m'envoyer Owen ? dis-je en m'adressant à Tosh, colonel vous me constituez une équipe ? Nous allons y aller.
- Bien sûr Capitaine.
- Ca va lui faire du bien, je viens de passer le voir, il est d'une humeur terrible, expliqua Tosh.
Je la croyais sur parole.
- Owen ne supporte pas vraiment les patients qui ont encore l'usage de la parole ...
- ... et donc qui se plaignent, termina Tosh en souriant, je lui souris en retour pour la première fois depuis mon arrivée.
- Allez, on va faire le ménage, dis-je avec un entrain feint.
- Vous serez prudent, n'est-ce pas ? répliqua Tosh l'air concernée.
Si seulement elle savait ...
- Toujours ! Quelle question lui dis-je en lui offrant à nouveau un sourire réconfortant.
Elle hocha la tête et repartit vers sa tente et ses ordinateurs.
Ils tournaient à plein régime et sauvegardaient sur nos serveurs toutes les données de Torchwood 1.
CHAPITRE 2 : La boîte de pandore
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Enfin seul, je pris le temps de repenser à tout ce que je venais de découvrir. La mort de Rose m'affectait plus que tout autre chose. Si jeune, si jolie, si touchante … elle ne méritait pas de mourir ici. Elle, encore moins que les autres, cela me rendait malade. Il fallait que je cesse d'y penser et de me poser des questions ou j'allais m'effondrer et je ne pouvais pas. Il y avait tant à faire … je voulais faire vite et bien. Retrouver mon chez moi et prendre le temps de faire mon deuil. Un de plus ...
Je sortis de la tente et fis le tour des installations. En quelques heures les hommes d'Unit avaient fait du bon boulot. Plusieurs tentes médicales d'un côté, d'autres pour loger la trentaine d'hommes qui avaient été réquisitionnés. D'anciens militaires pour la plupart, tous me saluèrent sur mon passage. Des camions semi-remorque étaient stationnés à proximité. Ils nous permettraient de ramener vers nos bases les objets ou aliens que nous trouverons mais je n'avais que peu d'espoir. Entre les Cybermen et les Daleks, humains comme aliens avaient très peu de chances de survivre. Pour preuve le nombre de survivants, ils étaient à peine une vingtaine. Quelques autres tentes nous permettraient de les interroger, stocker le matériel militaire et trier les objets que nous allions trouver. Yvonne était une collectionneuse et une cachottière, je m'attendais à des découvertes.
Je rejoignis le colonel qui expliquait la mission à une dizaine d'hommes. Owen les avait rejoints, je le trouvais plus pâle que d'habitude. Je n'étais pas encore allé voir les survivants, il faudrait que je me force pour évaluer moi-même l'état de ces personnes. C'était après tout du personnel de Torchwood, mon personnel puisque je restais le seul leader connu. D'autres branches secrètes existaient mais nous en avions perdu le contrôle puis la trace.
Nous étions prêts, il était temps d'y aller. Armes au poing, nous pénétrâmes dans l'antre torchwoodienne mise à mal.
J'étais en tête du cortège, suivi par un sergent qui gardait en main un détecteur de mouvements. Un peu plus loin Owen et le colonel Mace fermaient la marche. Nous y passâmes la nuit entière. Ça et là je reconnus les traces des Daleks, nous trouvâmes beaucoup d'hommes et de femmes affreusement mutilés mais pas de survivants. Mon objectif principal était de sécuriser le bâtiment puis de procéder à son nettoyage. Je fus très satisfait quand nous découvrîmes les stations de conversion.
Tosh fut la première à nous accueillir en ressortant de la tour sur le petit matin. Les besaces des hommes étaient pleines d'objets à examiner. Ils partirent le déposer dans la tente prévue à cet effet.
- Alors ? nous demanda-t-elle après leur départ quand nous n'étions plus que nous trois.
- Je m'attendais à beaucoup plus de cadavres. Jack, même si on n'a pas tout visité, on est loin du compte.
- Je sais, répondis-je en réfléchissant.
Je m'étais moi-même fait cette réflexion.
- On ne connaît pas les armes qui ont été utilisées.
- Combien d'étages vous avez parcouru ?
- Une vingtaine, répondis-je en souriant. Toujours très pragmatique ma Tosh, pensais-je.
J'avais envie d'un petit déjeuner ou au moins d'une bouteille d'eau. Mais évidemment ce genre de considérations échappait complètement à la belle informaticienne. Elle n'avait peut être pas déjeuné elle-même totalement accaparée par ses ordinateurs et programmes en tout genre.
- Pas de signe de salle de machine ? Cela devrait être assez important, des dizaines de serveurs …
- Non, on a rien vu Tosh, coupa Owen désabusé et fatigué. Juste des morts et un bâtiment vide. Déjà je ne l'aimais pas avant, mais maintenant en plus d'être froid il est morbide. Je suis crevé …
- On repart dans quatre heures Owen. Essaie de dormir un peu.
- Mouais, évidement pour toi c'est facile moi je suis au milieu des fous … marmona-t-il en s'éloignant.
Tosh le regarda marcher en maudissant la terre entière et reprit comme si rien de rien n'était.
- Je viens avec vous la prochaine fois.
- Il me faut quelqu'un ici pour les surveiller. C'est la boîte de pandore …
- On n'arrivera pas à les empêcher d'emporter des objets à notre insu …
- Il faut essayer. S'il y a une salle machine, on la trouvera Tosh.
Elle hocha la tête et me suivit, j'avais quelques trouvailles à lui montrer.
Nous passâmes plusieurs heures à trier les petits objets que nous avions glané sous les yeux envieux de quelques experts de l'Unit. Et Tosh oublia pour quelques heures ses serveurs de données perdus.
Après un plateau déjeuné exécrable, il était déjà temps d'y retourner. Owen, plus ronchon que jamais, de nouveaux hommes et de nouvelles besaces vides. Nous étions repartis.
Comme la première fois, Tosh nous attendait à notre retour. Owen lui fit un grand geste de la main et s'éloigna.
Mace et ses hommes repartirent la tête basse, les épaules lourdes.
- Que se passe-t-il Jack ?
- Nous avons trouvé un second centre de conversion différent du premier … ils avaient semble-t-il commencé des … essais. Nous avons dû achever plusieurs agents dont la conversion n'était pas terminée ... agonisant, leurs cris résonnent encore dans ma tête. Il fallait avoir le cœur bien accroché.
- Oh, je suis désolée Jack.
- Oui ça a été dur. Toujours pas de signe de salle machine, je suis désolé.
- Combien d'étages ?
- Deux fois plus que la dernière fois. Dans les étages supérieurs, il y a moins de technologie alien, plus de bureaux. On a trouvé quelques objets, tu vas les surveiller ? Je vais voir Owen.
Il y avait deux tentes de blessés et de survivants, j'y passais un peu de temps avec Owen. Les blessés graves avaient été transférés dans une clinique sous escorte. Il ne restait que des blessés légers et les survivants, traumatisés par ce qu'ils avaient vécu.
- Tu m'avais menti, Owen, ils sont très calmes, lui dis-je après avoir fait un tour et parlait avec certaines personnes que j'avais reconnues. De charmantes secrétaires … qui n'avaient plus rien de charmant.
- Évidemment ! Je les ais tous sédatés. Soit ils soufrent, soit ils sont en état post-traumatique. Ils pleurent, gémissent, se lamentent. Les trucs classiques insupportables.
- Tous ?
- Tous.
- Bon, c'est toi le médecin … profites-en pour manger et dormir alors.
- Toi aussi, tu as une sale mine.
- Merci Owen.
- Pas de quoi.
Je pris quelques heures de repos comme mon médecin me l'avait conseillé. La journée passa vite, les équipes de l'Unit se relayaient dans les étages que nous avions visités, emportant toute la technologie par petits bouts. Nous n'avions pas trouvé d'aliens mais cela ne m'étonnait pas vraiment, ce n'était pas le style d'Yvonne. Nous étions allé jusqu'en haut de la tour découvrant le fameux amplificateur utilisé sur la faille spatio-temporelle dont m'avais parlé Tosh. Quelle folie … j'avais ordonné que tout soit détruit. Ma réponse à beaucoup de questions que me posaient les hommes de Mace …
- Que fait-on Monsieur ?
- Détruisez tout.
Je n'avais que ce mot à la bouche. Au bout de deux jours, je n'avais qu'une envie, démolir dans sa totalité cette maudite tour. Cela n'était pas du goût du Colonel ni de ses experts qui trépignaient devant tant de gâchis … qu'ils pensaient. Après une belle engueulade avec Mace ... je ne changeais rien. J'avais les pleins pouvoirs et j'en usais voire abusais, sciemment … j'étais de toute manière d'une humeur exécrable malgré l'excellent travail de l'Unit. Telles de petites fourmis, ils vidaient le bâtiment de ses objets plus qu'insolites. La plupart des trouvailles étaient détruites, mais d'autres examinées, étiquetées et rangées dans des caisses, direction le camion semi-remorque. Vraiment de l'excellent boulot … il faut dire que je veillais au grain. Je n'avais pris que quelques heures de repos en deux jours, après les missions, je passais de tente en tente distribuant mes ordres à la volée, répondant aux questions, corrigeant les erreurs. C'était vraiment exténuant mais nécessaire. Un homme plus courageux que les autres me révéla le surnom que m'avaient attribué les hommes avec un sourire malicieux : l'ouragan.
Harkness l'ouragan, je trouvais que cela sonnait bien.
La nuit venue, nous entendions toujours ces cris étranges. Il nous restait les étages sous terre à examiner, je les redoutais. Une nouvelle équipe aux traits tirés par l'anxiété m'attendait pour entrer. Comme à chacune de nos expéditions, le colonel Mace redonnait les règles, les conseils de prudence et vérifiait les radios et trackers que nous portions tous. Nous nous préparions toujours au pire mais ce que j'allais trouver lors de cette expédition allait changer durablement ma vie.
Je n'étais jamais allé dans les sous-sols de la tour, mes espions m'avaient vaguement raconté ce qui s'y trouvait. Des laboratoires, les archives. C'est là que se déroulaient les expériences génétiques que je jugeais inhumaines, l'accès y était très strictement réglementé. Peu d'agents savaient ce qui s'y passait selon les ordres d'Yvonne. J'étais certain que la Reine n'en avait pas non plus connaissance. Je comptais lui en parler, il aurait été difficile pour Yvonne de se justifier. Mais elle aurait nié et il me fallait des éléments concrets pour prouver ma bonne foi. Je n'étais pas parvenu à les obtenir.
Je ne pensais pas que les envahisseurs soient descendus si bas et pourtant si. Il y avait encore des barricades comme si cela avait pu les protéger, s'ils avaient su ce qui les attendait … Les traces de combat étaient visibles mais quelle ne fut pas notre surprise de trouver des corps d'aliens. Beaucoup. Trop. Je reconnus différentes espèces mais d'autres m'étaient inconnues. Je senti une sourde colère monter en moi, Yvonne m'avait trompé. Moi qui croyais tout savoir … elle gardait nombre d'aliens dans ses sous-sols. Il faudrait que Tosh fasse des recherches pour savoir exactement ce qu'elle en faisait. Les sous-sols étaient bien entendu moins lumineux, les couloirs plus étroits et le nombre de pièces bien plus important. Cela me fit une drôle d'impression … c'était plus glauque et clairement pas destiné à être visité. Très vite nous nous rendîmes compte que c'était un véritable dédale et qu'il serait plus long que prévu à sécuriser. J'enrageais, toute ma colère était tournée vers Yvonne qui se révélait être encore pire que dans mon imagination. Pourtant on m'avait toujours dit que mon imagination était débordante.
J'ordonnais que l'on se divise, par équipes de trois nous nous répartîmes un périmètre à inspecter, je pris bien entendu Owen avec moi. Les cris étranges étaient plus forts d'un côté du bâtiment, c'est là que nous partîmes. La tension était palpable, les couloirs s'enchaînaient ainsi que les découvertes macabres dans un faible éclairage intermittent, c'est la peur au ventre que nous avancions. Chaque virage pouvait révéler un cybermen ou un alien hostile … nous avions passé quelques salles d'interrogatoire et de torture terrifiantes. Je n'en revenais toujours pas. S'il y avait des aliens encore vivants et il semblait y en avoir, il allait être difficile de leur faire comprendre que nous venions les sauver. Justement nous entendîmes du bruit au détour d'un couloir quand un alien lumineux se présenta devant nous, nous éblouissant. L'agent de l'Unit effrayé fit feu et le tua sans sommation. Je reconnus l'espèce, une espèce aquatique des plus inoffensives … agenouillés devant l'alien dont le sang bleu se répandait sur le sol, je lus la peur dans les yeux du militaire.
- Il n'était pas dangereux … enfin on ne peut pas en être certain. On est tous fatigués et ces couloirs sont de vrais coupe-gorge. On se calme, ok ?
Le militaire prit une grande inspiration et souffla. Puis il me regarda dans les yeux.
- Je suis désolé, Capitaine, cela ne se reproduira pas.
- Tout doux avec la gâchette à l'avenir.
Il avait compris, je vis du coin de l'œil Owen prendre lui aussi une grande inspiration pour tenter de calmer son cœur.
Je sus que quelque chose n'allait pas en entrant dans cette pièce, le sol était recouvert d'eau. J'avançais lentement, examinant chaque recoin craignant ce que j'allais trouver. Tout était possible. Je perçus un mouvement, une ombre se déplacer.
- Owen, murmurais-je dans mon oreillette.
Nous étions dans les archives et chacun de nous inspectait une pièce. J'attendis qu'Owen me rejoigne pour avancer.
- Ianto Jones, agent 608965 ! cria un jeune homme en face de moi.
Chapitre 3 : Blood like lemonade
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J'attendis qu'Owen me rejoigne pour pénétrer dans la pièce prêt à faire feu.
- Ianto Jones, agent 608965 Capitaine ! cria un jeune homme en face de moi.
Il tenait des fils dénudés, son costume était déchiré, ses traits tirés, il semblait ne pas avoir dormi depuis deux jours. Pourquoi n'était-il pas sorti du bâtiment ? Je le tenais toujours en joue, alors que plusieurs questions se bousculaient dans mon esprit.
- Owen, dégage de l'eau et toi, pose ces fils.
Il s'exécuta sans un mot et Owen fit quelques pas pour se mettre hors de danger.
- Mains au-dessus de la tête et à genoux.
Il obéit et je me sentis un peu soulagé. Il me regardait mais c'était plus que cela, ses yeux me scrutaient et ce regard bleu me traversait me mettant mal à l'aise.
- Est-ce que tu sais que cela fait deux jours les cybermen et les Daleks ont disparu ?
- Oui Capitaine.
Poli mais je ne lui avais pas donné mon identité même si mon manteau pouvait la lui indiquer.
- Pourquoi ne pas être sorti ?
Lentement, il leva un bras et dégagea sa manche, il portait un bracelet de détention. Bizarre, il venait de donner son matricule et il était prisonnier dans les sous-sols de Torchwood Londres, pourquoi ?
- Le matricule est correct Jack me prévint Owen en s'approchant de moi. Il me montra son PDA, je lus à haute voix :
- Ianto Jones 23 ans, archiviste ...
Nous fumes coupés par un cri déchirant qui me glaça le sang. Une créature était là, ce hurlement ressemblait à une longue plainte.
Je vis dans le coin de l'oeil le garçon bouger, je me retournais vers lui. Il s'était tourné vers l'autre porte de la pièce et je lus de la peur sur son visage.
Cela finit de me convaincre. Je décidais de lui faire momentanément confiance plus ou moins persuadé qu'il était archiviste et je baissais mon arme. Je lui fis signe de se relever, nous n'avions de toute manière pas le temps de discuter plus.
- C'est quoi ça Ianto ?
- C'est un vampire. Il boit le sang comme de la limonade.
Marrant comme métaphore me dis-je.
- Monsieur, est-ce que Lisa Hallet s'en est sortie, s'il vous plait ?
Le ton était suppliant presque désespérée, j'en conclu que la personne devait lui être proche et que cela faisait deux jours qu'il se posait la question, piégé dans ces sous-sols. S'il savait le nombre de morts … même Owen commençait à en être affecté. Pourtant il appréciait leur compagnie mais nos dernières excursions avaient été éprouvantes. C'était inespéré de trouver un agent vivant après deux jours de recherches.
L'agent de l'Unit avait fini son inspection des archives et nous rejoignit. Il sourit en voyant Ianto et me demanda qui il était. Pendant ce temps Owen pianotait sur son PDA à la recherche de l'agent mentionné et avant que j'ai pu l'arrêter il déclara :
- Nous ne l'avons pas retrouvée mais nous n'avons pas fini de tout inspecter ...
- Silence Owen, l'interrompis-je. Ianto tu peux m'en dire plus sur ce vampire ?
- Est-ce que ça veut dire qu'elle est morte ? demanda-t-il d'une voix grave, l'air désespéré.
- Ianto, on se concentre sur le vampire sinon c'est nous qui allons y passer. On s'occupera de Lisa après. Ok ?
Il hocha la tête. Je m'approchais de lui et je vis que cela le surprenait, il ne s'y attendait pas. Mais il ne bougea pas, je saisis son avant-bras et désactivais son bracelet à l'aide du mien en quelques secondes. Il ne me lâcha pas des yeux, c'était étonnant, je pensais qu'il regarderait mon bracelet comme le faisaient tous les autres.
- Il est éteint maintenant Ianto.
Je ne pouvais pas lui enlever, il faudrait utiliser une petite scie spéciale. Je connaissais bien ces bracelets, l'Unit les utilisait, j'en avais moi-même quelques exemplaires. Très belle technologie alien mais qui avait tendance à chauffer. Il était serré contre sa peau mais j'avais remarqué une brûlure circulaire, il avait été activé.
- Dis-moi à quoi on a affaire.
- Il bouge très rapidement, un instant il est là et sans qu'on ne le voie bouger il s'est déplacé. Il est assoiffé, je l'ai vu boire le sang d'un hoix mais ça ne l'a pas calmé longtemps. Il pousse ces cris parce qu'il a faim et que ça le fait souffrir. La journée il dort.
Parfait ! me dis-je, un bon vieux vampire.
- Bizarre qu'il n'ait pas visité les autres étages … pensais-je à voix haute.
- Il porte un bracelet comme le mien et même s'il n'a pas un cœur qui bat, l'électricité peut l'envoyer définitivement en enfer.
- C'est ce que tu as utilisé pour te défendre ?
- Ça a été efficace contre toutes les visites que j'ai eues après les cybermen ... mais lui a bien failli m'avoir, il m'a projeté contre le mur mais j'ai réussi à l'électrocuter. Cela l'a fait fuir mais je m'attendais à ce qu'il revienne, c'est d'ailleurs ce que je pensais quand vous êtes arrivés, désolé.
- On a échappé à une électrocution alors, dis-je.
Comme s'il avait eu une chance de nous surprendre, un archiviste de 23 ans, je te jure. Cette pensée me fit sourire intérieurement et le sourire s'échappa … mais il avait survécu deux jours, je me devais de reconnaître là un petit exploit surtout pour un agent qui n'avait jamais dû aller sur le terrain.
- Le laboratoire de Lisa est au bout du couloir principal, est-ce qu'on peut aller voir ?
Un survivant certes, mais têtu je venais de lui dire non pourtant.
- Quand nous aurons capturé notre vampire répondis-je avec le ton le plus strict possible.
Un nouveau cri ponctua ma phrase me donnant raison, le cri était nettement plus fort, la bête plus proche.
- Il y a beaucoup d'autres espèces ici ...
- Oui, on a vu lui dis-je. On en a même rencontré quelques-unes avant d'arriver. Owen tu examines Ianto, Addams avec moi.
- Tu es sûr Jack ? Tu ne veux pas que l'on vienne avec vous ?
Owen était inquiet mais moi pas du tout. Je connaissais bien cette espèce, certes puissante mais maîtrisable quand on savait comment s'y prendre. Il y en avait eu beaucoup à Cardiff mais je pensais la race disparue de la surface de la Terre.
- Nah, on devrait y arriver.