HypnoFanfics

Made by Torchwood

Série : Torchwood
Création : 08.07.2010 à 14h02
Auteur : Arianrhod 
Statut : Terminée

« après la bataille de Canary Wharf, Jack et son équipe arrivent sur les lieux ... Quels étaient les secrets d'Yvone ? Que va découvrir Jack dans cette tour qui va changer sa vie ? » Arianrhod 

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Chapitre 33 : Tosh & Owen

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Comme toujours je me réveillais le premier, il me fallut quelques millièmes de secondes pour réaliser où je me trouvais. Depuis six jours je dormais si peu. Je me réveillais avec le cœur au bord des lèvres, une impression de vide au creux du ventre. Mais pas ce matin. J'avais retrouvé mon compagnon de route … pour combien de temps ? Je ne le savais pas bien sûr. Je traversais les âges en connaissant des bribes de l'Histoire, je ne connaissais pas celle de Ianto. Je n'osais pas bouger mais … un thermos posé au pied du lit me faisait de l'œil. Etait-il possible qu'il est amené avec lui du café ? Probablement … il devait être froid mais tant pis, ça ferait l'affaire. Il aurait toujours le temps de m'en préparer un honorable au Hub. Précautionneusement je m'extirpais du lit en essayent de ne pas le réveiller. Même froid, c'était délicieux … parce que le café était bon ou parce que c'était le sien ? Un mélange des deux probablement.

Je passais un peu de temps à la fenêtre, à regarder le jour qui se lève, à peaufiner ce que j'allais dire à la Reine et comment nous allions réussir à mettre Mace dans une de ses propres cellules. J'entendis Ianto bouger dans le lit, à six heures pile il se réveilla, toujours aussi ponctuel.
- Tu devrais dormir plus Jack … tu as mauvaise mine, furent les premiers mots qu'il prononça encore allongé dans le lit.
Je le savais, je me sentais fatigué ou plutôt las. Il n'y avait que lui pour me dire cela … je ne savais pas s'il imaginait à quel point cela pouvait faire apparaître des papillons dans mon estomac.
- Tu peux parler, je crois que tu ne t'es pas regardé dans une glace.
- Ce n'est pas une excuse et en plus tu as bu mon café.
- Il était froid Ianto, lui fis-je remarquer.
- Cela n'a pas l'air de t'avoir dérangé.
- Je peux savoir ce que tu fais avec un thermos de café ?
- La même chose que toi, je nourris mon addiction au café.

Je lui souriais, c'était bon de le retrouver ... j'espérais le redécouvrir tel que je l'avais entendu parler à sa sœur, plus naturel, moins craintif. Allongé sur le dos, il avait passé ses mains sous sa tête. L'image était très belle, très alléchante. Je m'approchais avec, j'en suis certain, mes intentions qui se lisaient sur mon visage, aucun don n'était nécessaire pour déchiffrer mon regard plein de convoitise. Et le petit sourire qui se dessinait sur ses lèvres me le confirmait. Je m'assis près de lui, c'était rare de le voir ainsi rester au lit. Je déposais des baisers sur son torse, sa peau était plus sèche que d'habitude mais son goût … c'était le sien. Je fermais les yeux, je voulais me rappeler ces sensations, ne jamais les oublier. Je continuais à parsemer son corps de baisers, presque tendrement mais mon envie montait, ce corps m'avait manqué … Emporté dans mon ivresse naissante, un gémissement me rappela la réalité de ce corps malmené. J'ouvrais les yeux en cherchant les siens, il se mordait la lèvre visiblement ennuyé d'avoir laissé échapper cette petite plainte. Je posais mes lèvres sur les siennes dans un baiser léger pour soulager sa culpabilité. Je ne voulais pas qu'il soit ennuyé pour cela, qu'il feigne que tout allait bien surtout que moi aussi je l'avais secoué ... Il minimisait les épreuves que lui avait fait vivre Mace, j'étais certain de ne jamais l'entendre se plaindre au sujet de ce qu'il avait vécu. D'ailleurs, il ne m'avait pas vraiment raconté ce qui s'était passé avec Mace, comment il avait eu ces hématomes. Je le croyais quand il disait qu'il avait déjà oublié … Rien de nouveau, il avait déjà fait de même quand nous l'avions trouvé dans les sous-sols de Canary Wharf, c'était même le trait fondamental qui était apparu lors des interviews avec les psychologues de l'Unit et Owen. Sa résilience qui lui permettait de survivre.
- Ianto, murmurais-je à quelques centimètres de lui, je voudrais que tu prennes un appartement.
- Mais … mais Jack … mais pourquoi ? s'enquit-il soudain inquiet.
- Il est temps. Temps de vivre normalement.
Il s'assombrit, tandis que je lui caressais la joue, toujours tendrement penché sur lui.
- Ce n'est pas l'argent qui te manque, continuais-je doucement.
Je le sentais se crisper, est-ce qu'il restait aussi au Hub pour vivre près de moi ? Je ne l'avais pas dit à Owen, mais je le pensais ...
- Remplir un appartement avec ta vie, insistais-je, pas juste quelques affaires vite empaquetées. Je pourrais … si tu le veux, m'installer avec toi … fis-je pour le rassurer, peut-être aussi pour me rassurer un peu moi-même … je ne voulais pas qu'il pense que j'essayais de l'éloigner.
- Toi ? Quitter ton Hub !
- Sache que je n'y ais pas toujours vécu, fis-je en me relevant un peu, j'ai même eu un manoir dans les environs, il y a fort longtemps.
- Pourquoi cela ne m'étonnes pas … murmura-t-il, tu as d'autres idées comme celle là ? Tu avais dit que l'on ne changeait rien …
- Avec toi ? Des tas ! Sérieusement Ianto, penses-y.
- Jack … j'ai besoin de comprendre … pourquoi es-tu revenu ?
- Pour toi, Ianto … parce que … je t'aime …
- Moi aussi Jack, l'entendis-je répondre nerveusement, mon cerveau s'était arrêté et j'évoluais dans une sorte de brouillard, mes sens me répondaient avec un temps de retard … J'avais parlé vite, sans réfléchir, avec mon cœur … j'avais tellement de difficultés d'habitude à prononcer ces mots que je m'étais moi-même mis dans un état catatonique. L'entendre les prononcer à son tour me soulageait …

Il tira sur ma chemise pour m'embrasser et quand je rencontrais ses yeux, ce que j'y lus me ravit. C'était notre premier vrai baiser depuis si longtemps qu'il avait un goût particulier mais son effet était toujours le même, il avait le don de me rendre heureux.


Arianrhod  (21.09.2010 à 21:38)

Nos deux langues se retrouvaient, mutines, dans un ballet dont je menais la danse en ayant retrouvé mes esprits … si sensuel, si appétissant, j'aimais sa manière de m'embrasser avec ses deux mains autour de mon visage. J'avais un pincement au cœur quand il faisait cela … Certaines de mes interrogations resurgirent concernant sa vie amoureuse, à un moment donné je m'étais même demandé s'il n'avait pas été l'amant de Mace …
- Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai fait quelque chose de mal ? s'inquiéta-t-il en lâchant mes lèvres.
- Avec … combien d'autres hommes as-tu été ?
- Tu es étrange tu sais, fit-il avec un regard énigmatique. Je n'ai jamais été avec un autre homme. Je ne savais même pas que je pouvais être attiré par … ce genre là.
- Tu m'as fait douter, indiquais-je avec un sourire moqueur.
- Merci google.
- Non ?! Bon allez dépêche-toi, on repasse au Hub. Tu poses tes affaires, tu me fais un bon café et ensuite on file à Londres.
- Jack … je laisserais mes affaires dans le SUV, tant que tu n'as pas parlé à Tosh et Owen, je ne reviens pas.
Après ce que nous venions de nous avouer ? Merde alors, j'étais plus accro que lui. Une première. Une fort désagréable première.

- Qu'est-ce que tu es têtu … répondis-je en tentant de masquer ma déception, bon prépare-toi, on a plein de choses à faire et il faut se dépêcher.
- La Reine n'a pas autorité sur Mace, dit-il, amer en se levant péniblement.
- Il n'y a pas qu'elle qui nous accorde une audience, le secrétaire général des Nations Unies sera là aussi. Il nous accorde une heure de son temps et crois-moi c'est énorme. Non, nous aurons les bonnes personnes autour de la table. Je veux faire vite car Mace risque de comprendre et de nous filer entre les doigts.

Il acquiesça, soudain très sérieux, à mi-chemin vers la salle de bain. Dans ces moments-là, j'étais d'accord avec le notaire, il faisait plus que son âge.
- Jack … je ne sais pas quoi dire, concéda-t-il cherchant apparemment ses mots pour continuer, tout ce que tu fais pour moi … après ce que je t'ai fait, finit-il en secouant la tête. Je ne voulais pas te blesser, même si je l'ai fait, c'était tout l'inverse de ce que je souhaitais, confessa-t-il en me regardant droit dans les yeux. Et toi …
Je le rejoignis pour le prendre dans mes bras.
- Tu es mon agent Ianto. Ce qu'il a fait, ce qu'il te fait depuis tant d'années doit cesser.
- Merci, murmura-t-il la tête au creux de mon épaule.

Il me lâcha toujours sous l'emprise de l'émotion et sans un mot de plus rejoignit la salle de bain. Dix minutes plus tard il avait payé sa chambre et nous partions vers les quais de Cardiff.


Arianrhod  (21.09.2010 à 21:40)

Tosh et Owen étaient déjà arrivés, la nuit avait été courte pour tout le monde. Ianto s'éclipsa vers les hauteurs du Hub dès qu'il les vit tandis que je les convoquais dans mon bureau. Tosh ouvrit la bouche, regardant tour à tour Ianto qui grimpait les escaliers et moi qui rentrais dans mon bureau, comme si elle suivait un match des tennis. L'incompréhension se lisait sur son visage. Les affaires de Ianto restèrent dans le coffre du SUV me rappelant douloureusement ma mission. Je fermais la porte de mon bureau derrière Tosh et Owen. Ils prirent place tous les deux et la tension monta instantanément d'un cran. Ils n'avaient pas besoin de parler, je sentais à quel point ils m'en voulaient. Je leur fis un récit aussi honnête que possible, en occultant bien sûr toutes les découvertes que Ianto avait faites sur mon compte. Ils me posèrent beaucoup de questions et je n'avais pas toutes les réponses. Je finis par leur indiquer que je voulais reprendre Ianto dans l'équipe mais qu'il voulait leur accord pour cela. Je leur expliquais ce qui s'était passé avec ses parents, avec ses anciens collègues à Londres. C'était évidemment assez particulier comme faculté, il leur faudrait apprendre à fermer leur esprit. Je ne pouvais pas leur dire précisément ce qui allait se passer si Ianto utiliserait ses facultés ou pas. Ce serait lui qui le déciderait. J'étais en train de leur demander de bien réfléchir aux implications quand Tosh, sans un mot pour moi, sortit du bureau et rejoignit la cuisine en courant, Ianto y était réapparu. Elle se jeta littéralement dans ses bras … après un moment de surprise, je le vis la serrer à son tour.
- Tu as ta réponse Jack et mon accord à moi aussi, me confirma Owen.
Je hochais la tête ravi mais encore estomaqué par la réaction de Tosh, à l'opposé de sa personnalité si réservée.
- Ça avance bien vous deux, fis-je sans lâcher Tosh et Ianto du regard, tout comme Owen.
- On peut dire ça.
- Qu'est-ce qui t'a fait réaliser que tu l'aimais ?
- Ianto, à force de remarques bien senties … je comprends mieux maintenant.
Je me tournais vers lui.
- Je ne lui en veux pas, au contraire … et toi, est-ce que tu lui as pardonné ?
- Oui.

Je craignais un peu sa réaction. Tosh semblait plus que ravie mais j'avais eu l'impression pendant mes explications qu'il se crispait à plusieurs reprises. Dans les sous-sols de la tour, il avait été le premier à être touché par ce qu'avait vécu le jeune homme que nous venions de découvrir. Par la suite, il avait tenté d'être son confident, il l'avait même amené au pub pour cela …
- C'est une bonne chose. Je ne te dis pas que je ne me pose pas des questions, que je n'ai pas envie de l'étudier et à mon avis Tosh aussi. Mais … je respecterais ses décisions contrairement aux autres.
- Qu'est-ce que tu lui as dit dans ce couloir à l'Unit ?
Il me jeta un coup d'œil amusé.
- Qu'ils paieraient pour ce qu'ils lui avaient fait. Tu vas t'occuper de Mace n'est-ce pas ?
- Si tout va bien dans quelques heures, il ne sera plus un problème pour personne.
- Il faut qu'il paye Jack, insista-t-il le regard soudain dur.
- Ne t'inquiète pas pour cela.
- Bon, on y va ? Je ne supporte plus de voir Tosh dans ses bras …
- Tu n'as pas à t'en faire ! assurais-je en rigolant.
- Alors là … fit-il en me regardant sérieusement, s'il y a un truc que j'ai bien appris ces derniers temps, c'est qu'il faut se méfier des calmes. Ce n'est qu'une apparence, ils cachent bien leur jeu si tu vois ce que je veux dire.
Je ne pouvais qu'être d'accord.

Nous nous approchâmes, je remarquais la main de Tosh sur le bras de Ianto et je vis du coin de l'œil Owen tiquer également, ce qui me fit sourire.
- … Ianto, on a tous des secrets, tous ceux qui travaillent ici. Personne ne fait exception, mais toi … toi, tu es magnifique Ianto.
Owen leva les yeux au ciel entendant cela, ce qui me fit sourire encore un peu plus.
- Tu n'as pas à avoir honte ou peur, contrairement à moi. J'ai trahi mon pays … toi tu l'as servi. Jack va nous entraîner et … je suis heureuse de te retrouver !
- Ça y est Tosh, tu peux le lâcher maintenant.
- Oui, oui bien sûr Owen …
Cette phrase la fit redescendre parmi nous, elle semblait nous avoir totalement oubliés. Ianto me lança un regard humide, il semblait complètement chamboulé.
- Ianto, tu es un sacré cachotier … commença Owen, tout à fait qualifié pour ce job, conclue-t-il en souriant franchement et en le prenant à son tour dans ses bras. Tu dois te reposer, tu sais cela ? Mais je ne te dispense pas de me faire du café.
Sur ce, il partit en entraînant Tosh avec lui, ostensiblement possessif. Elle dévorait toujours Ianto des yeux mais se laissa faire sans rien dire.
J'allais ajouter qu'une fois de plus j'avais raison, mais l'alarme de la faille m'en empêcha.
- Merde, c'est bien le moment … Tosh !
- J'y vais Jack, pas la peine de crier !
Bon, il allait falloir que je m'habitue, Tosh avait changé.

- Une rixe entre weevils, m'expliqua-t-elle.
- Ça c'est original …
- Pas tant que cela Jack, me rappela Owen, ce sont ces nouveaux weevils dont je t'ai parlé.
- On peut se débrouiller sans vous, jugea Tosh du haut de ses 1 mètre soixante toujours concentrée sur l'écran. Allez-y, on s'en occupe.
Je lui souris, elle prenait de l'assurance et cela me plaisait bien.
- Appelez l'agent Cooper en cas de problème, ok ?
- Oui chef ! Et Jack, ménage-le, me glissa Owen à l'oreille en me retenant par le bras.
Sa sollicitude était une nouvelle preuve de son pardon, je n'en avais pas besoin mais cela me fit plaisir.
Cela me dérangeait vraiment de les abandonner avec ces créatures à récupérer mais le cas « Mace » ne pouvait pas attendre …


Arianrhod  (21.09.2010 à 21:41)

Chapitre 34 : Réunion au plus haut niveau

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Comme d'habitude, pied au plancher, je me demandais si le trajet serait silencieux comme le tout premier que nous avions fait ensemble.
- J'avais raison, dis-je bien fort, commentant la situation.
Ianto leva les yeux au ciel en entendant cela.
Je lui souris outrancièrement, il tentait de garder son masque de neutralité mais je vis son sourire alors qu'il se tournait pour se perdre dans les paysages qui défilaient par la fenêtre de sa portière.
- Myfanwy va mieux.
- Ce n'était pas le dinosaure qui m'inquiétait. Tu vas avoir le temps de t'en occuper, n'est-ce pas ?
- Oui Jack.
Rien n'était jamais certain avec lui, ça ne mangeait pas de pain de vérifier …
Il posa son front sur la vitre et je sus qu'il resterait silencieux tout le chemin, quoique je dise.
Il y en avait au moins un que ma manière de conduire ne dérangeait pas.

Nous étions attendus à notre arrivée, des agents de sécurité qui nous firent pénétrer dans la safe house qui avait été choisie pour le rendez-vous après une fouille au corps des plus minutieuses. C'était une petite maison dans la banlieue de Londres. En ce matin gris, rien ne semblait la distinguer des autres et pourtant deux personnes de la plus haute importance allaient s'y rendre. Ianto leva les yeux pour embrasser la façade comme on prend une inspiration, avant de s'y engouffrer. L'agitation qui régnait à l'intérieur tranchait avec la quiétude de l'extérieur. Beaucoup d'agents s'affairaient aux préparatifs de l'entrevue, sa réussite résidait aussi dans son secret, j'avais été bien clair sur ce point. La moindre fuite ferait fuir l'oiseau de malheur. Ianto me regarda, gêné et légèrement paniqué. C'était un dernier moment pénible à subir. Les deux hommes qui nous encadraient nous firent avancer vers le fond de la petite maison.

- Par ici, Mr Jones, demanda l'un des gardes au détour d'un couloir.
- Jack ?
Je lisais son inquiétude au fond de ses yeux.
- Ianto, des médecins vont t'examiner, il n'y en a pas pour longtemps. On se retrouve après ?
Il hocha la tête visiblement contrarié. Le dernier regard qu'il me jeta avant de disparaître me rendit nerveux à mon tour, j'y avais lu de la peur. J'allais révéler en partie son secret, je comptais passer sous silence certains points mais l'essentiel serait dévoilé. Nous n'en avions même pas parlé … signe qu'il me faisait une totale confiance pour gérer cela. Il me confiait son avenir, je le tenais là, entre mes mains. Je m'étais préparé, comme pour toutes mes missions, sauf que celle-là ne ressemblait à aucune autre, j'étais émotionnellement impliqué, donc vulnérable. J'avais longuement réfléchi aux risques, le danger venait des autres. Je devais les convaincre que Ianto n'était une menace pour personne, qu'il devait continuer à travailler pour Torchwood compte tenu de ses habilités que j'allais atténuer. Je pris une profonde inspiration pour chasser les idées qui s'étaient matérialisées dans mon esprit, ce qui passerait pour Ianto si la situation venait à m'échapper.


Arianrhod  (25.09.2010 à 15:54)

Le garde m'introduisit dans un salon richement décoré probablement pour l'occasion … pour détendre l'atmosphère ? Le rendre plus chaleureux, tenter de masquer la présence des gardes, adoucir l'effet d'enfermement que procuraient les fenêtres à verres anti-balle sans poignée … Ils semblaient tous tellement tendus qu'étrangement, cela me relaxait. La Reine était attendue au Parlement mais elle n'y ferait finalement qu'une courte apparition tout au mieux. Elle arriva la première ce qui nous permit de discuter de Torchwood ensemble. Le secrétaire général des Nations Unies, Matthew Johnson chef de l'armée Unit arriva une dizaine de minutes plus tard. Il ne savait pourquoi il avait été ainsi convoqué et même s'il avait l'habitude du secret, il n'était pas content, particulièrement en me voyant. C'était un homme débordé mais organisé, être pris au dépourvu ne rentrait pas dans ses habitudes. Je lui rappelais brièvement où en était Torchwood, à grand renfort de chiffres sur notre activité et l'implication de la base de Cardiff dirigée par le colonel Mace dans nos missions. Il m'écoutait attentivement, tout comme la Reine qui ne connaissait pas non plus le but de la réunion, seulement son extrême urgence.

Je lui leur expliquais alors les ingérences de Mace dans mon commandement par le biais de l'agent de liaison, puis son enlèvement d'un de mes agents pour ses prétendus dons de télépathie qu'il voulait exploiter contre son gré. Comme je m'y attendais, ils me posèrent immédiatement des questions sur les habilités de Ianto et je leur servis le discours que j'avais préparé. Je minimisais ses dons, leur expliquais qu'en six jours d'interrogatoires, ils n'avaient rien obtenus de lui. Yvonne menait des expériences secrètes dont je discréditais les résultats. Sa mauvaise réputation m'était aujourd'hui d'un grand secours. Mr Johnson souffla bruyamment, des expériences sur de prétendus dons psychiques n'étaient évidemment pas une première dans les services secrets. Je racontais enfin que cet agent sauvé des ruines de Canary Wharf était en fait le fils adoptif d'Yvonne Hartman. J'avais tout dit, je fis une pause pour leur laisser le temps d'assimiler tous ces éléments. La Reine m'avoua qu'elle avait été mise au courant de la filiation entre Jones et Hartman quelques jours plus tôt. Elle avait, tout comme moi, admis qu'Yvonne restait une personne dés plus complexe qui ne cessait de l'étonner même après sa mort.
- Harkness, vous comprendrez qu'il me faut des preuves. Les accusations sont graves …
- Bien sûr, j'ai laissé un dossier en arrivant.

Un des gardes partit s'enquérir de l'étude du dossier, ils vérifiaient son authenticité mais avec tous les détails notés par Tosh, je n'avais aucune inquiétude. Quelques minutes plus tard, le garde réapparut avec une simple feuille entre les mains. Un assistant personnel avait probablement pondu un résumé de la situation … Je vis Johnson déglutir avec difficulté et clairement sa colère monta d'un cran. En plus d'être un kidnappeur, un homme avide de pouvoir, il découvrait que Mace était également un profiteur qui détournait des artefacts et des ressources pour son compte personnel. Quelques minutes seulement plus tard, un nouveau dossier nous fut amené, le résultat de l'examen de Ianto qui attestait de visu les mauvais traitements qu'il avait subi. Cela finit, je pense, de convaincre le secrétaire général.


Arianrhod  (25.09.2010 à 15:55)

- Voulez-vous parler à Ianto ? proposais-je devant ce silence que je ne supportais plus.
- Non, ce ne sera pas nécessaire. Je m'excuse au nom de l'Unit, commença le secrétaire général en prenant une inspiration indiquant qu'il s'était décidé sur ce qu'il convenait de faire, pour cet enlèvement et ce qu'a subit votre agent. Cela aura au moins permis de démasquer Mace. Je peux vous assurer qu'une enquête sera menée pour trouver ses éventuels complices. Vous connaissez le traitement que nous réservons aux traîtres, Mr Harkness ?
- Oui.
- Bien, réglons cette affaire sur le champ.
Tandis que le secrétaire général passait quelques coups de fils, la Reine nous laissa régler ce qu'elle qualifia de « détail ». Elle demanda à parler à Jones et quand la porte s'ouvrit, je le vis dans le couloir. Il avait enlevé sa veste de costume et ses manches étaient soigneusement retroussées. Mais je ne le vis que quelques secondes, la porte se referma. J'aurais voulu le rassurer, il devait s'angoisser … j'espérais que la Reine le ferait.
Le secrétaire général Johnson mit son téléphone sur haut parleur et j'assistais en direct à l'arrestation de Mace dans son bureau de l'antenne de Cardiff. Cela ne faisait pas vingt quatre heures que nous avions récupéré Ianto … il était surpris, cela s'entendait et le rendait terriblement grossier. C'en était presque drôle. J'aurais voulu que Ianto entende cela, c'était autant sa vengeance que la mienne … ou plutôt notre justice car ce n'était que justice pour cet homme qui se croyait au-dessus des autres. Une poignée de mains plus tard, je retrouvais enfin mon Ianto qui m'attendait sagement sur une chaise dans le couloir. Je lui souris en l'entraînant avec moi hors de cette maison, discrètement je lui révélais que Mace venait de se faire arrêter.

Avec son visage impassible, il monta dans le SUV mais m'ordonna à peine quelques mètres plus loin de stopper le véhicule. Il s'en extrayait rapidement pour vomir la petite tasse de café qu'il avait bue le matin au Hub …
Je le rejoignis en regardant autour de moi, personne aux alentours. Les mains sur ses cuisses, penché en avant, il avait encore des nausées.
- J'ai assisté à l'arrestation de Mace, au téléphone. J'aurais voulu que tu l'entendes …
- Pas moi, me coupa-t-il. Est-ce que tout est vraiment fini ?
- Oh oui, fis-je en m'approchant.

Il était blanc comme un linge, j'espérais qu'il n'allait pas avoir un malaise. Sans y penser, je posais ma main sur la poche de mon pantalon, mon portable était bien là. Au moins je pourrais joindre Owen. Je m'avançais résolument vers lui pour le prendre dans mes bras, je présumais que c'était ce dont il avait besoin. Il avait la même taille que moi, dépassant allégrement les 1m80, il cala sa tête dans mon épaule en proie à une grande émotion, plus importante que ce que j'imaginais. A force de se retenir, d'encaisser, il y a forcément un moment où l'on craque … C'était toute une époque qui s'achevait, Yvonne, Mace, Torchwood Londres. Une douzaine d'années à vivre ou plutôt à survivre. Il avait beau me dire qu'Yvonne avait des sentiments pour lui, qu'elle avait essayé de jouer un rôle de mère, je n'y croyais pas. Je pensais plutôt qu'il avait lutté contre la réalité de sa vie, qu'il s'était adapté. Il avait pris le peu que l'on lui donnait mais il n'avait pas été obligatoirement ni dupe ni heureux. C'était juste un survivant à qui on venait d'enlever les dernières chaînes.


Arianrhod  (25.09.2010 à 15:55)

Je voulais voir son visage, j'essayais de le dégager de mon épaule où il sanglotait mais il refusa en me serrant plus fort. J'essayais une nouvelle fois mais il s'agrippa à mon manteau. Cela me fit sourire, j'attendrais le temps qu'il faudrait. Je lui caressais sa nuque, je frottais ma joue contre la sienne. C'était, de mon point de vue, un passage obligé …
Il me lâche un long moment après, l'air misérable certes, mais magnifique à mes yeux.
- Je suis désolé, je ne sais pas ce qui m'a pris … tu dois me trouver pitoyable … murmura-t-il le visage en pleurs.
- Plus de désolé, plus de culpabilité. Ok ? On rentre.
- Merci Jack d'avoir réussi.
- J'avais oublié, fis-je en riant, plus de merci non plus. Avec deux beaux mecs comme ça, tu croyais quoi ?
- Le pire c'est que tu le penses …
J'attrapais ses fesses qui commençaient vraiment à me manquer pour l'embrasser dans le cou, sous sa mâchoire ... là où ça le chatouillait et où moi j'aimais bien glisser mon nez.
- On ferait mieux d'y aller, non ? On va nous arrêter pour outrage à la pudeur …
- Pas faux, répondis-je en souriant.
Je pensais qu'il allait dormir mais au lieu de cela il contempla les paysages qui défilaient perdu dans ses pensées. J'appelais Owen qui me demande immédiatement où nous en étions avec Mace. Quand je lui annonçais qu'il avait été arrêté, j'eus droit à des félicitations. De la part d'Owen, cela comptait au moins triple. Je pus enfin lui demander où ils en étaient de leur côté. Ils avaient réussi à maîtriser les weevils mais pas la panique générale qu'ils avaient crée. Ils n'avaient eu d'autre choix que d'appeler la police en renfort et l'agent Cooper en particulier avait mit fin à quelques bagarres, pris en charge les blessés et les personnes paniquées. Tout ce petit monde avait par ailleurs déjà oublié ce qui s'était passé … à l'exception de Cooper qui posait beaucoup de questions et qui avait tenté de les suivre …

Arrivés à Cardiff, au lieu de rejoindre le Hub je fis un petit détour au poste de police accompagné de Ianto. Juste le temps d'embarquer Cooper vers un pub où je lui offrais un jus de fruit. Elle ne fit pas d'histoire, trop heureuse et excitée d'avoir une entrevue pour parler du très secret et passionnant Torchwood. Elle détailla longuement Ianto qui resta impassible, avant de littéralement m'inonder de questions, attitude qui me fit franchement rire. Je répondis à certaines honnêtement, sans occulter la vérité. Elle finit son verre auquel j'avais dilué une pilule de retcon et nous la laissâmes insatisfaite par mes réponses et désireuse d'en savoir plus.
- Qu'en penses-tu ? demandais-je à Ianto en sortant du pub sur le coup de deux heures de l'après-midi tout en marchant pour rejoindre le SUV.
- Elle est jolie et tu es à son goût, elle se voyait bien avec toi dans un lit, m'expliqua-t-il les yeux fixés droit devant lui.
Je le regardais étonné et amusé par sa réponse directe. Il ne lisait pas dans nos pensées de cela j'en étais certain, mais il ne s'était pas gêné avec Cooper.
- Je suis sûr que tu extrapoles ses pensées …
- Pas du tout Jack, crois-moi.
- Il va falloir que tu me donnes les détails …
- Certainement pas, dit-il en me coupant la parole.
- Oh … fis-je un peu déçu, bah je fais cet effet à tout le monde.
- A beaucoup de monde, je te l'accorde mais pas à tout le monde.
- Dire qu'elle va m'oublier, c'est triste non ?
- Bien sûr Jack, ironisa Ianto.

Au Hub, Owen et Tosh nous avaient commandé un repas, adapté au régime de Ianto. Pas encore de viande et encore moins de poisson, des légumes vapeur qui ne me faisaient pas vraiment envie. Mais je me forçais et nous encourageâmes également Ianto qui ne faisait que picorer son plat. Alors que celui-ci partait nous préparer les cafés, je glissais le rapport médical effectué le matin même sur Ianto. Owen le parcouru avec attention avant de lui hurler de lui amener son café à la baie médicale. J'accompagnais Ianto avec mon précieux nectar entre les mains, un peu inquiet.
- Jack, c'est une consultation privée.
- Owen … commençais-je à protester.
- Il peut rester, cela ne me dérange pas, coupa Ianto.
Owen lui demanda de se déshabiller, l'ausculta, lui prit la tension, le pouls …
- Bon, fit-il.
- Bon ? répétais-je ce qui fit sourire Owen mais laissa Ianto impassible.
- Je vais te prescrire des compléments, ta malnutrition ne date pas de ces derniers jours. Tu as des extrasystoles et …
- C'est quoi ça ? s'enquit Ianto.
- Ton cœur ne bat pas régulièrement, c'est probablement dû au stress. Mais il a été fragilisé par l'arrêt cardiaque, il faut le ménager. Il va falloir réduire ta consommation de caféine, j'en ai peur … Et maintenant il te faut te reposer et manger correctement, c'est clair ?
- Oui Docteur Harper.
- Ouais, parfaitement je suis ton médecin, ne prends pas cela à la légère. Tu descends te reposer maintenant.
- Maintenant ?
Nous avions parlé en même temps et Owen nous dévisagea un instant.
- Oui, allez déguerpissez, j'ai plein de tests à faire sur les prélèvements de ce matin et j'ai un boss qui rigole pas avec ça. Est-ce que tu veux un truc pour te détendre ? proposa-t-il en me regardant du coin de l'œil.
- Non, merci Owen. Pour tout …
Owen ne releva pas mais je vis que cela lui faisait plaisir.
- Pas la peine de vous dire que les galipettes sont interdites ?
- Inutile en effet, répondis-je en souriant et en suivant Ianto qui remontait déjà vers le niveau supérieur.

Je l'accompagnais jusqu'à sa chambre, je me rendais bien compte que j'étais un peu collant … mais j'étais certain que c'était ce dont il avait besoin.
Je l'enveloppais de mon regard appréciateur, à la porte de sa chambre, pendant tout son déshabillage. Il ne dit rien, fit les choses lentement et soigneusement comme à son habitude. Il était sexy et il le savait … une fois en caleçon, il se glissa rapidement sous la couette. Qu'est-ce que j'avais envie de le rejoindre …
- Bon, je vais retourner à mes dossier …
- Je peux t'aider si tu veux, ils vont nous attribuer un nouvel interlocuteur à l'Unit … ça va faire beaucoup de paperasserie ...
- Yep. C'est très tentant mais … faut que tu dormes, que tu te reposes. Ordre du médecin, même moi je suis obligé de lui obéir … On va être raisonnables pour une fois ?
Il ne protesta pas plus, capitulant plus vite qu'à son habitude.
- Tu ne viens pas me border ?
- Très drôle.
- Je peux avoir un baiser quand même ?
Il avait sa bouille que je trouvais adorable, bien que plus pâle que d'habitude mais à laquelle je ne résistais pas. C'était très frustré que je repartis vers mon bureau, dossiers et emails m'y attendaient. Mais avant tout, je voulais que Tosh et Owen me fassent un compte rendu détaillé de cette rixe entre weevils mutants …


Arianrhod  (25.09.2010 à 15:56)

Chapitre 35 : Se confronter ... à soi même

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L'après-midi passa lentement. L'arrestation de Mace avait eu l'effet d'un ouragan à l'Unit, je suivais tout cela de loin mais avec intérêt. Les langues se déliaient et c'était très instructif. En fin d'après-midi, un nouvel interlocuteur avait été choisi après m'avoir consulté, une révolution en soi, la preuve que j'avais gagné le respect des dirigeants. J'avais proposé plusieurs noms et choisi une personne en particulier. A mon grand soulagement, ils suivirent mon avis. J'avais préconisé l'agent Lewis, une femme avec qui j'avais eu l'occasion de travailler quelques années plus tôt. Elle était affectée à New York mais avait immédiatement accepté sa nomination pour Cardiff. Après tout c'était une gallo-américaine, c'est elle-même qui me l'avait indiqué avec une pointe de nostalgie m'avait-il semblé. Je lui donnais l'opportunité de revenir au pays, elle n'avait pas hésité apparemment. Je l'avais apprécié, son professionnalisme allait s'entendre à merveille avec celui de Ianto. Et puis … elle avait un joli prénom, Abigaël et d'encore plus jolies jambes qui ne gâchaient rien à l'affaire.

Les analyses d'Owen confirmaient bien que nos weevils mutants étaient à l'origine de la sortie des égouts en pleine journée. Leur caractère très agressif allait me contraindre à prendre de nouvelles mesures. S'ils ne restaient pas sous terre comme par le passé, l'idée ne plaisait pas mais il faudrait les chasser de la ville …. et pour cela, j'aurais certainement besoin de la collaboration de l'Unit.

Depuis mon bureau, je surveillais le sommeil de Ianto, une distraction certes, mais pendant mes tâches administratives il m'en fallait une. Il dormit toute l'après-midi, d'un sommeil agité que j'imaginais peu réparateur. Il se leva pour partager le repas que Tosh avait eu la gentillesse de préparer, le soir venu. Des soupes … faites maison, mais cela ne les rendait pas meilleures de mon point de vue. En revanche, ce qui était divin, c'était de le voir apparaître les cheveux en bataille et en jeans … Ça, c'était revigorant ! Surtout que j'avais passé l'après-midi à répondre à divers emails, à lire les rapports de Tosh et d'Owen … ceux de Tosh m'avaient donné la migraine. Ils concernaient des recherches sur un programme de blocage temporel du Hub. Elle avait tenté d'expliquer son problème actuel à grands renforts d'équations … certaine que je pourrais l'aider à trouver la solution. J'avais cherché, longuement réfléchi devant les chiffres alignés mais vraiment aucun miracle ne s'était produit, je ne comprenais rien. Je ne lui avais encore rien révélé du caractère céphalalgique de son rapport, mais en tant que chef, j'allais très vite confier ce dossier à Ianto. Je lui jetais un coup d'œil amusé par cette pensée qui le fit s'interroger, pour mon plus grand plaisir.

Devant nos bols de soupe, Tosh toute contente déchanta vite quand elle vit le peu d'entrain avec lequel nous entamions le repas. Chacun se servait, sans enthousiasme … je la vis se crisper devant nos mines déconfites. Mais Ianto se mit à boire avec entrain et à la féliciter, il trouvait cela très bon. Je vis Owen lentement baisser le bol qui n'avait pas touché ses lèvres. Et tandis que Ianto entamait une conversation avec la belle informaticienne visiblement ravie, il tenta de se lever, discrètement.

- Où vas-tu Owen ?
La question tomba tel un couperet et il se figea comme un élève pris en faute.
- Commander une pizza, je meurs de faim, annonça-t-il sans se démonter. JE suis le médecin, je ne vois pas pourquoi tout le monde devrait suivre le régime que j'ai prescris à Ianto.
- Parce que c'est bon pour la santé ? Que j'ai passé une heure à éplucher les légumes ?
- Pfff … fit-il en posant le téléphone et en attrapant le bol de soupe.
Ianto me jeta un coup d'œil, le nez dans son bol. Owen m'avait donné des envies avec son idée de commander une pizza. Mais le regard insistant de Ianto, qui avait bien compris, m'en dissuada. J'attrapais moi aussi le bol, j'espérais que Tosh serait sensible à l'énorme effort que je faisais.
- Je vais préparer les cafés.
- Ianto … commença Owen.
- Je sais, je sais … je dois réduire ma consommation de caféine …


Arianrhod  (29.09.2010 à 12:43)

Il passa un bon moment dans la cuisine avant de nous amener nos mugs. Mais une fois Owen et Tosh partis, dans sa petite chambre je compris à quoi il avait occupé son temps. Deux sandwichs, que j'ingurgitais en moins de temps qu'il en fallait pour le dire. J'avais faim !

- On est bien … je suis bien, lui dis-je bien installé dans le lit en cherchant la télécommande de la télévision.
- Tu y as pensé toute la journée, n'est-ce pas ?
- Oui, j'avoue que ta sieste m'a donné envie.
- Qu'est-ce qui ne va pas Jack ?
- Je viens de te dire que j'étais bien !
- Je sais que ce n'est pas ce que tu ressens … au fond de toi.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? lui demandais-je en le fixant.
- Je sens toujours cet abyme qui t'attire, toujours prêt à t'engloutir …
- Pourquoi faut-il que tu gâches ce moment, fis-je en me relevant et lui coupant la parole.
Je savais très exactement de quoi il voulait parler, précisément ce qui devait rester caché.

Il baissa ses yeux tandis que je le scrutais cherchant à comprendre d'où tout cela pouvait venir.
- Parce que, commença-t-il doucement, tu te rappelles ce que je t'ai dit hier à l'hôtel ?
- Quoi ? On s'est dit des tas de trucs, fis-je déjà exaspéré.
- Que je voulais … t'aider à te sentir mieux.
- C'est le cas Ianto.
- Non. Pas du tout. L'abyme est toujours là.
Fichus dons psychiques, on ne peut rien leur cacher, pensais-je amèrement.
- Je ne sais pas pourquoi tu es si triste, pourquoi tu te sens si seul … tu ne m'as même pas dit comment tu faisais pour vivre depuis si longtemps. J'ai beaucoup de questions, je ne peux pas rester …
- Je n'ai pas envie d'en parler Ianto, il va falloir t'habituer. C'est à prendre ou à laisser, rétorquais-je sentant ma colère monter d'un cran.
- Je peux peut-être t'aider … proposa-t-il d'une voix douce.
- J'ai dit non Ianto !
- Mais moi, je t'ai tout dit, j'ai compris pourquoi tu prenais mal tout ce que je t'avais caché. Tu es le chef, tu dois tout savoir pour notre propre sécurité et je te devais la vérité parce que … parce que nous sommes ensemble. Tu as écouté mes appels, lu mon journal … Mais toi tu ne me dis rien, ce n'est pas juste !
- Tu en sais déjà beaucoup. Beaucoup trop.
- Je ne peux pas accepter cela Jack. A quoi je sers alors ? Juste à baiser c'est ça ?
- Non.
- J'ai du mal à te croire, franchement.
Qu'il croit ce qu'il veut, je m'en fichais … je ne voulais pas lui avouer à quel point mon âme était blessée. Comment me verrait-il après ? Je ne pouvais pas … cela me rendrait si vulnérable … j'étais son chef, le chef de Torchwood, je ne pouvais pas avouer à quel point j'étais fragile, à quel point je m'étais forgé une façade …
- Tu ne me fais pas confiance ? renchérit-t-il.
- Ce n'est pas toi le problème.
Quand allait-il s'arrêter ?
- Pourquoi alors ?
- Ce n'est rien Ianto, ça suffit maintenant !
- Pas la peine d'essayer de me mentir.
- Et toi alors tu as menti en me disant que tu ne faisais pas de télépathie ?
- Je n'en fais pas ! Tu le sentirais et tu le sais bien. Tu m'as dit que tu avais rencontré d'autres personnes comme moi.
- Oh et tu crois ce que je raconte ? fis-je ironique.
- Bien sûr, je crois tout ce que tu dis …
Quelle teigne, j'avais juste envie de me reposer, pourquoi me faisait-il cela ?
Je me levais et rassemblais mes affaires. J'irais dormir dans mon lit.
- Tu vas partir, c'est cela ? Me foutre une claque histoire de me calmer et partir ?
Je ne dis rien. Je regrettais ce geste mais il m'était impossible de m'excuser. Je ne faisais pas ce genre de choses même si je le pensais, même si j'avais envie de lui dire. Je ne pouvais tout simplement pas. Par fierté je suppose.
- Je n'ai pas lu dans tes pensées ! C'est pour cela que tu pars ?
- Non ! Tu ne comprends rien.
- Jack ! Je ne veux pas du héros qui finira par me décevoir tôt ou tard … je veux juste l'homme. Si tu n'es pas heureux avec moi, pas honnête …
- Eh, bien vas-y pars ! Je ne te retiendrais pas cette fois. Embrasse une vie normale, tu le peux maintenant, fis-je amer.
Moi je ne pouvais pas.
- Mais ce n'est pas ce que je veux ! Surtout pas maintenant. Tu es un lâche voilà tout !
- C'est comme ça, Ianto et ce ne sera pas autrement ! hurlais-je en me dirigeant vers la sortie, plein de rage, de déception et d'incompréhension.


Arianrhod  (29.09.2010 à 12:43)

Quelle ne fut pas ma surprise quand je le sentis m'agripper de toutes ses forces pour me faire faire pivoter vers lui. Il était en colère, une colère noire qui rendait son visage rouge sang. Plus de pâleur, ses poings étaient serrés et moi je restais un instant abasourdi à le contempler, à prendre la mesure de sa propre rage. Son uppercut me projeta contre le mur profitant de ce bref temps d'observation. Je ne l'avais pas vu venir mais j'allais y répondre quand il se jeta sur moi avec une force qui me surprit. Il saisit mes bras pour m'empêcher de bouger, il plaqua son corps contre le mien pour me bloquer contre le mur, il était furieux, je me demandais ce qu'il allait faire. C'est avec fougue qu'il se jeta sur mes lèvres … au goût de sang se mêla celui de sa langue qui se faisait intrusive. Je sentis immédiatement mon corps réagir tandis que je répondais sans retenue au baiser. Il m'embrassait sauvagement, me tenant toujours fermement les bras, pressant son corps contre le mien. Sa rage lui donnait une telle force, chaque fois que j'essayais de me décoller de ce mur, il m'y repoussait brutalement. J'étais intimidé malgré moi par ces yeux féroces, j'y lisais une telle détermination … Je sentais ses mains serrer implacablement mes poignets mais cette douleur ne faisait qu'attiser mon désir pour lui. Nos deux sexes se frottaient à présent à travers nos vêtements, douloureusement tendus, le désir se faisait irrépressible et sauvage. Je sentis qu'il relâchait légèrement son emprise, qu'il me laissait libre de mes mouvements. En quelques instants, nos chemises étaient à terre, ses mains parcouraient mon corps avec peu de délicatesse, griffant, serrant, elles prenaient sans demander. Nos pantalons gisaient maintenant à nos pieds et nos mains avaient saisi le sexe de l'autre. Il ne nous fallu pas longtemps pour en finir. Debout, pantelants, nous n'avions jamais atteint le lit.

Nos deux regards se soudèrent tandis que nos fronts se touchaient … Si proches l'un de l'autre, je voulais respirer le même air que lui. Ce que nous venions de partager était si fort …
- Jack … murmura-t-il me tirant de mes pensées.
Je savais qu'il ne lâcherait pas. Oui vraiment une teigne. Mais une teigne qui avait un don hors du commun …
- Pourquoi maintenant Ianto ? questionnais-je en tentant de reprendre mon souffle. J'ai besoin de comprendre.
- Parce que … je ne supporte pas de te sentir souffrir. Je souffre moi aussi.
Je sentais son cœur battre la chamade, ses yeux étaient angoissés et j'y lisais toute la tristesse qu'il ressentait. Il me scrutait et je le savais très attentif à mes sentiments.
- Es-tu aussi doué que tu le prétends ?
Je me décidais à verbaliser mes pensées car une idée avait jailli dans mon esprit.
- Personne ne m'a jamais résisté, me révéla-t-il lui aussi essoufflé par nos exploits.
Il avait l'air sûr de lui … impossible d'être certain, je ne ressentais rien de lui.
- Pourquoi est-ce que tu fermes tes émotions ?
- Je ne le fais pas. Je ne sais pas comment cela marche, ils ont essayé de pénétrer mon esprit …
- Qui ils ?
- Lisa, son équipe, Yvonne, Torchwood …
- Comment ?
- Par des sondes mentales, d'autres télépathes …
- Et alors ?
- Je ne me souviens que de la douleur, bafouilla-t-il.
- Ça ressemble à de la torture Ianto … dis-je avec tristesse.
- Ils n'ont rien obtenu … et moi je ne sais pas non plus.
- Pourquoi ne pas me l'avoir dit avant ?
- Pas vraiment eu le temps.
- Tu ne m'as pas tout dit, n'est-ce pas ?
Son regard me fendit le cœur, il en avait honte j'en étais certain.


Arianrhod  (29.09.2010 à 12:45)

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