HypnoFanfics

Made by Torchwood

Série : Torchwood
Création : 08.07.2010 à 14h02
Auteur : Arianrhod 
Statut : Terminée

« après la bataille de Canary Wharf, Jack et son équipe arrivent sur les lieux ... Quels étaient les secrets d'Yvone ? Que va découvrir Jack dans cette tour qui va changer sa vie ? » Arianrhod 

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*****************************PGN-13****************************

Je voulais lui éviter de cuisiner mais les images du matin me revinrent en mémoire. Mes mains qui glissaient sur son torse, son cœur qui s'accélérait, ses yeux qui se fermaient pour mieux profiter du moment. Oui cela avait été suffisant pour réveiller mon désir et ce feu-là ne s'éteignait pas seul. Au Hub, il cuisina rapidement des pâtes bolognaises et nous prîmes notre repas sur le vieux canapé, dans un Hub vide et calme, chose rare mais ô combien appréciable. Seul Myfanwy faisait des siennes.
- Qu'est-ce qu'elle a ? demandais-je la bouche pleine exaspéré par ses cris.
- Je ne sais pas, je l'ai nourrie mais …
- Mais ?
- Jack, on ne t'a jamais dit qu'il ne fallait pas parler la bouche pleine ?
- C'était il y a trop longtemps, j'me souviens plus.
- Ta manière de manger est atroce.
Je haussais les épaules, je le savais bien et sa manière outrée de me regarder m'amusait beaucoup. Lui en revanche avait de belles manières, il était très bien élevé … savoir d'où venait son éducation me donnait des frissons.
Un nouveau de cri du ptérodactyle nous rappela le début de notre conversation.
- Je passe moins de temps avec elle … je crois que je l'ai trop bien habituée.
- Hum, ou alors elle est jalouse.
- N'importe quoi.
- Si, tu vas voir, lui dis-je lâchant mon plat que j'avais dévoré.
Je l'obligeais à poser lui aussi son assiette tandis que mes mains s'attaquaient à cette cravate que j'avais moi-même nouée.
- Pas ici, me souffla-t-il à l'oreille.
- Pourquoi, demandais-je en continuant mon ouvrage tout en déposant des baisers mouillés dans son cou.
- Tosh pourrait arriver ! Viens, fit-il en se levant et en partant vers sa chambre.

Pour mieux me convaincre, il prit une expression sérieuse, son masque d'impassibilité que je connaissais que trop bien. Cela l'ennuierait d'être surpris par la belle informaticienne à l'inverse de moi que cela excitait un peu plus. Je transférais l'alarme de la faille sur mon bracelet, porte fermée, dans le feu de l'action, nous pourrions louper un déclenchement. Cela m'était déjà arrivé une fois, pas deux.

Il ne m'avait pas attendu pour rejoindre sa chambre et quand j'arrivais, je ne vis que son visage qui dépassait de la couette. Mais ses vêtements négligés sur le sol et ses yeux pétillants étaient autant d'invitations à le rejoindre, nu. Je me déshabillais rapidement pour me glisser avec bonheur sous la couette. Il me semblait que cela faisait longtemps que nous nous n'étions pas retrouvés ainsi … je collais mon corps au sien et entre nos deux peaux nues, une alchimie parfaite était à l'œuvre. Sa peau, d'un blanc laiteux, était douce presque aussi douce que celle d'une femme mais, son odeur masculine ne permettait pas d'erreur. Je me rendis compte que j'avais faim de lui, une faim que j'allais pouvoir satisfaire sur-le-champ.

Pas besoin de préliminaires entre nous, le simple contact de nos deux peaux, nous électrisait et je lisais dans ses yeux le même désir qu'il devait lire dans les miens. Il humidifia ses lèvres, préparation inconsciente de sa bouche que je convoitais. Je m'allongeais sur lui, je voulais sentir tout son corps sous le mien, je l'embrassais assouvissant mon désir. Je pressais mes lèvres contre les siennes, tout comme lui j'étais pressé de le goûter et à l'unisson nos langues entrèrent dans la danse. Langoureux puis sauvage, j'aimais plus que tout l'embrasser. Son goût, il me rappellerait à jamais notre premier baiser, un vrai aphrodisiaque. Je prenais des inspirations pour mieux replonger dans ce monde chaud et délicieux. Il gémissait de plaisir, en demandait plus. On peut faire passer tant de choses à travers un baiser, en cet instant je sentais qu'il était une catharsis pour lui à toutes les émotions et épreuves qu'il avait vécues depuis ce matin. Il se livrait à moi, mais c'étaient ses sentiments qu'il mettait à nu. Pour la première fois, je perçus ses émotions, un maelström qui me bouleversa. De l'amour, de la passion même, du désir, du bonheur, je mesurais enfin son attachement … J'ouvris les yeux mais il ne s'en était pas rendu compte, il avait toujours les yeux mi-clos, les oreilles rougies par la chaleur qui se diffusait dans son corps. Il me caressait le dos descendant de plus en plus bas, malaxant mes fesses, nos deux érections en contact se frottaient et des vagues de plaisir se diffusaient dans mon corps. Je lâchais ses lèvres brutalement, pour aller m'occuper de sa virilité. Il hoquetât quand je le pris soudainement en bouche. Doctement, je prenais soin de n'oublier aucune parcelle de cette peau, si infime soit-elle. Les gémissements se transformèrent en râles rauques, parfois en cris quand les coups de langue se faisaient vicieux. Ses mains parcouraient mes cheveux, enroulant négligemment des mèches entre ses doigts, se crispant parfois sous l'effet du plaisir. Ses hanches bougeaient au même rythme que moi, je sentis qu'il était proche de la jouissance et je cessais un instant ma douce torture pour préparer mon sexe gonflé de désir à une pénétration en douceur. Reprenant pied avec la réalité, il ouvrit les yeux et sourit en me voyant m'apprêter. Mon envie était décuplée par le plaisir que j'avais pris en goûtant ainsi son intimité. Je ne lui laissais pas le temps de bouger, j'attrapais ses jambes pour les placer sur mes épaules, je le pénétrais doucement en prenant soin d'adoucir la douleur par des baisers et des caresses. Quand, enfin je le sentis se détendre et darder un regard plein d'appétence vers moi, bouger son bassin poussé par son désir de me sentir en lui, je commençais des vas-et-viens jouissifs, puissants qui eurent pour effet de nous emmener tous deux à la jouissance. Je m'effondrais sur lui, mon cœur battant à tout rompre, je le posais sur le sien. Ils ne battaient pas à l'unisson mais se faisaient écho, comme nos regards qui étaient soudés. Je l'embrassais tout en me retirant de son intimité, un baiser doux pour lui dire combien j'avais aimé ce corps, combien je l'aimais lui. Je roulais à côté de lui, soudain conscient des bruits du Hub que j'avais complètement occultés. J'étais bien mais …
- Tu vois, ce qui serait bien maintenant, c'est un café, lui dis-je au bout de quelques minutes de silence.
Ianto qui profitait comme moi de ce moment, reprenant son souffle, roula ses yeux comme il le faisait si souvent et se leva …


Arianrhod  (26.10.2010 à 13:51)

Chapitre 42 : Famille de cœur, famille de sang

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Il prenait son temps pour préparer un malheureux café … je le hélais depuis la chambre, pas certain du tout qu'il m'entende*. Il revint enfin avec nos deux cafés que nous dégustâmes en silence, assis l'un à côté de l'autre.
- Alors, explique-moi un peu comment ça s'est passé avec Elain et Juliette.
- Je te ferais un rapport si tu veux.
- Non, pas de rapport. Jamais, ok ?
- Mais …
- Pas de mais, tu n'écris jamais un mot sur ce que tu fais, c'est clair ?
- Oui.
Je ne voulais pas lui faire peur mais cela me semblait du bon sens.
- Raconte-moi.
- Je leur ais ai fais boire un léger sédatif, elles se sont vite endormies. J'ai commencé par Juliette, avec les enfants c'est toujours plus facile, ils ont l'esprit plus ouvert que les adultes. J'ai vu tout de suite que l'embryon de rêve que je déposais prenait bien.
- Embryon, Ianto ?
- Amorce, ébauche, pitié pas de psychologie, hein ?
- Ok, fis-je en ouvrant mes bras pour qu'il me rejoigne.
Je le sentais un peu tendu surtout après mon entrée en matière un peu brutale.
Il me regarda sans bouger.
- J'ai l'impression de me transformer en femme.

Je ne pus m'empêcher de rire devant sa mine. Il avait une manière bien à lui de dire certaines choses importantes, avec une telle simplicité et sincérité … cela me décontenançait, mais dans le bon sens. Comme la fois où l'on venait juste de faire connaissance, il m'avait avoué s'être caché pour échapper aux daleks et cybermen de cette même manière. Ça me plaisait toujours autant, il me faisait craquer.
- Ce n'est pas du tout l'impression que j'avais il y a quelques minutes. Est-ce cela te pose un problème ?
- C'est étrange. Je ne m'étais jamais blotti dans aucun bras, encore moins dans des bras d'homme.
- Il y a un début à tout, n'est-ce pas ?
- Oui … commença-t-il en posant sa tête sur mon torse, de toute manière je ne peux pas te résister, finit-il par avouer en murmurant.
- Evidemment, dis-je avec mon assurance habituelle. Comment pouvait-il en être autrement ? pensais-je. Et pour Elain ?
- J'aimerais avoir tes certitudes ! Pour répondre à ta question, dit-il après avoir soupiré, j'ai implanté le même souvenir, toutes les deux faisant des courses au centre commercial, passant une bonne matinée. Cela a été plus difficile, j'ai mis plus de détails pour qu'elle y croit. J'ai ensuite enfoui le mauvais souvenir comme pour Juliette. Tout s'est bien passé mais on ne le sait réellement qu'au réveil. Tosh a porté la petite et moi Elain hors du Hub, elle n'est pas si mince qu'elle y paraît ... Nous n'avons eu heureusement que quelques pas à faire pour rejoindre le banc depuis le filtre de perception. Nous les avons installées et elles se sont rapidement réveillées toutes les deux quasiment en même temps, pensant qu'elles venaient prendre l'air et décider des cadeaux qu'allait avoir Juliette. Elain avait cédé et accepté de lui acheter des jouets … des cadeaux pour remplacer des weevils, cela me semblait juste qu'elle soit récompensée, elle a été si courageuse. C'était bien de les voir toutes les deux heureuses, finit-il partageant visiblement leur bonheur.
- C'est du bon boulot Ianto ...
- Mais ? Il y a toujours un mais.
- Tu me piques mes phrases ? fis-je en souriant. Tu prends cela trop à cœur, tu ne te préserves pas assez.
- Je me protège … de la barbarie. Pour le reste, j'essaie d'aider. Sinon … à quoi bon ? Il me semble que tu donnes beaucoup toi aussi, ajouta-t-il après quelques minutes de silence.
De la barbarie ? Le mot est fort mais probablement juste et utilisé à bon escient. J'hésitais à relever, il m'avait livré si peu d'éléments de son ancienne vie ... en partie de ma faute. Il avait dû sentir combien c'était éprouvant pour moi.
- Dure journée pour toi, finis-je par dire.
J'avais choisi de ne pas approfondir ... à tort ou à raison. Comment savoir ?
- Quoi ! s'exclama-t-il. Ce n'est pourtant pas moi qui suis mort, murmura-t-il baissant subitement le ton de sa voix comme pour adoucir le drame dont il était question. Force est de constater que cela marchait … sa voix avait un effet apaisant, tout comme sa présence à mes côtés.
- Pas faux, quel effet ça t'a fait ?
- Je n'ai pas aimé, pas aimé du tout … marmonna-t-il de manière à peine audible en caressant ma poitrine.
- Je sais bien.
- Ça m'a fait réfléchir à beaucoup de choses, des choses que je n'avais pas réalisées. Et …
Il ne termina pas sa phrase. Un frisson le parcourut tandis que nous nous remémorions la fin de la matinée. Il se refugia au creux de mon épaule, en continuant ses douces caresses.
- Et ? l'encourageais-je.
Je savais pertinemment que cette mort l'avait remué, il ne pouvait en être autrement. J'avais vraiment envie de savoir à quel point cela le perturbait. Je n'allais pas attendre qu'il m'en parle spontanément, sinon j'attendrais longtemps.
- Cela m'a fait mal, mal pour toi. J'avais l'impression d'avoir la même barre dans la poitrine, tu as dû souffrir le martyr.
- J'ai vu pire. Continue, s'il te plait.
- Je … je pense qu'il ne faut pas que j'y songe. Je vais m'habituer, m'assura-t-il.

Je l'espérais. J'avais vécu diverses réactions après mes résurrections, des désagréables de la part des personnes qui m'enviaient, considéraient ma régénération comme un pouvoir qu'ils avaient ensuite tenté d'exploiter à leur propre dessein. Leurs réussites étaient mes échecs ... Des excessives voire hystériques de la part des mes proches qui réalisaient que je leur survivrais, que je les oublierais, qu'ils étaient insignifiants, difficilement compatible avec l'amour inconditionnel attendu en retour de sa propre passion. Des neutres, de la part de mes collègues qui, habitués à voir l'impossible jour après jour, intégraient cette nouvelle information comme n'importe quelle autre la trouvant même pratique, m'envoyant systématiquement en première ligne. Rares étaient ceux finalement qui me plaignaient, mais ceux là m'aidaient vraiment à supporter cette vie coûte que coûte.

- C'était bien tout à l'heure, ça m'a fait beaucoup de bien. J'ai besoin de te sentir vivant et te toucher, ça aide. En revanche, je n'ai pas réfléchi avec le weevil …
- Tu as bien fait de l'abattre, on a d'ailleurs un sérieux problème. Cette nouvelle race est très différente de l'autre, ils sortent beaucoup plus et maintenant ils se mettent à enlever des personnes. Ça ne va pas être possible, pas avec moi.
- Qu'est-ce que tu vas faire ?
- Nettoyer les égouts de la ville.
- Avec l'aide de l'Unit ?
- Oui, ne t'inquiète pas !


Arianrhod  (01.11.2010 à 09:01)

A cet instant, nous entendîmes l'alarme de la porte, Tosh qui revenait. Comme pris en flagrant délit, Ianto se leva d'un bond et finit de s'habiller, de se recoiffer, bref d'être impeccablement mis comme à son habitude. Confortablement installé dans notre lit, je le regardais se préparer en pensant toujours aux weevils qu'il fallait chasser. Une grosse opération en vue ...
- Jack, mais qu'est-ce que tu fais ? Dépêches toi !
- Relax, je vais prendre ma douche, fis-je en me levant à contrecœur et en m'apprêtant à quitter la pièce.
- Mais ce n'est pas possible ! se récria-t-il en me balançant mes affaires sans ménagement. Tosh pourrait regarder les caméras, elle doit se demander où on est passés !
Je les laissais retomber au sol, je rejoindrais les douches nu et tant pis si Tosh me voyait … ou tant mieux. Il fallait bien mettre un peu de piment, moi ça me plaisait bien de l'imaginer tomber sur ces images.
- Et alors ? fis-je en souriant. D'ailleurs, il me faut un caleçon propre.
- Mais … commença-t-il les yeux comme des billes, moi je n'ai même pas le temps de me doucher !
- Sinon, je remonte le chercher moi-même.
- Tu ne ferais pas ça ? Pas la peine de me répondre, dit-il en levant les bras en signe de défaite. Tu es impossible … conclue-t-il en passant devant moi, en finissant de serrer sa cravate.
Je souris et partit prendre ma douche, certain d'avoir ce qu'il me fallait, serviette, sous vêtements et vêtements en sortant. La vie de couple avait de bons côtés.

Tosh me sourit d'un air entendu quand, frais comme un gardon, je rejoignis l'étage supérieur. Elle avait son café en main et j'eus soudain moi aussi envie d'une seconde tasse du nectar que concoctait mon archiviste. J'allais à nouveau le héler quand celui-ci me frôla, déposa un mug entre mes mains et repartit aussi prestement vers les archives, le tout en un seul et même mouvement. Il me faisait un peu la tête après m'avoir préparé toutes mes affaires, ce qui n'avait pas échappé à Tosh qui avait suivi son ballet manifestement amusée. Je posais mes fesses sur un siège à côté de l'informaticienne pour prendre des nouvelles d'Owen.
- Tu le connais, il a mal mais ne dit rien, en revanche il est d'une humeur exécrable.
- Je te plains.
- Je survivrais et lui aussi. Je vais surveiller un peu William et les appels de la police, ces weevils sont vraiment dangereux, enfin plus que les autres.
- Oui, et la guerre est déclarée.
- Comment va Ianto ?
- Bien, on a parlé.
- Vraiment ? fit-elle étonnée. Tant mieux alors.
Elle se pinça les lèvres emprisonnant ainsi la remarque qui lui brûlait les lèvres.
- Appelle-moi en cas de problème, fis-je ignorant son air malicieux et en rejoignant mon bureau.

Une dizaine d'emails plus tard, dont un de Double Y qui se manifestait au mauvais moment, bien qu'avec lui aucun moment ne soit jamais le bon, je m'étirais devant la porte vitrée de mon bureau. Mes deux agents travaillaient ensemble, une bonne dizaine de dossiers étalés devant eux, de vieux dossiers qui m'intriguèrent.
- C'est quoi tout ça ? demandais-je en les rejoignant.
- D'anciens dossiers sur des attaques de weevils que Ianto a retrouvés dans nos archives. Je me demande si ce n'est pas cyclique, si la faille n'aurait pas un motif … m'expliqua Tosh, en jouant avec ses lunettes.
- Il n'y a jamais eu autant de weevils à Cardiff depuis que Torchwood existe.
Je le sais, j'y étais, ajoutais-je pour moi-même en regardant Ianto. Je saisis les dossiers pour les parcourir et me remémorer les événements passés.
- Il y a en a toujours eu, mais ce dossier, dit-elle en remuant du papier jauni sous mon nez, résume environ cinq années d'arrivées massives, des weevils et beaucoup de créatures décrites comme des vampires.
Je me souviens maintenant … je préférais largement les vampires, beaucoup plus de style que ces weevils primairesJe m'occupais des vampires, le reste m'importais peu à cette époque …
- C'étaient bien des vampires, précisa Ianto. A Torchwood 1, il y avait un spécimen en tout points identique aux descriptions du dossier.
- Cinq années tu dis ?
- Yep, ça risque d'être long … je peux essayer de trouver une solution, il y a le manipulateur de la brèche …
- Non, tu n'y touches pas Tosh. Personne n'y touche, c'est clair ? Ce mécanisme a été mis en place pendant la seconde guerre mondiale et c'est une erreur.
- Quelle est sa fonction Jack ?
Ianto me scrutait, sa curiosité en éveil, étonné probablement de n'en avoir jamais entendu parler.
- Activer la faille. Tu as vu ce que ça a donné à Torchwood 1 ? On ne joue pas avec ce qui, par nature, est immaîtrisable et hautement instable. Les conséquences seraient terribles. De toute manière il manque une pièce.
Ianto cessa de me dévisager pour embrasser des yeux le mécanisme au centre de la pièce.
- Je pensais que c'était lié au prédicteur.
- Mais Jack, à quoi cela va servir de te débarrasser des weevils s'il en vient toujours autant ?
- Je dois m'absenter, leur dis-je sans répondre à la problématique soulevée, vous me faites un résumé de ces dossiers, ordonnais-je en désignant les feuilles jaunies éparpillées sur les bureaux, et je n'ai pas encore vu vos rapports sur la mission de ce matin. Je les veux pour ce soir. Demain, je m'entretiendrais avec Abigaël sur une mission de nettoyage des égouts.
- Ça va être un carnage Jack ! s'exclama Tosh outrée.
- J'oubliais, tu te charges du rapport d'Owen, commandais-je en plantant mon regard dans le sien, espérant qu'elle comprendrait à quel point je ne plaisantais pas. Je le veux pour demain matin.
Sur ce, je les laissais. Double Y était sur Cardiff, nous avions rendez-vous. Je craignais cette entrevue, pourtant j'y courrais.


Arianrhod  (01.11.2010 à 09:02)

Après l'inspection d'usage, il me confia ma mission, certain que je lui étais acquis, qu'il me possédait comme par le passé, ce qui était vrai en un sens. Il en semblait ravi, il avait toujours aimé avoir le pouvoir sur les autres, on travaillait sous sa coupe, jamais sur un pied d'égalité. Il me dévoila ma mission. Je devais voler des renseignements aux services secrets de sa majesté, ce qui constituait une trahison dans ma position. Réticent à me divulguer tous les détails de l'affaire sur laquelle il travaillait, il me donna les grandes lignes et m'indiqua les informations que je devais débusquer. Mon dieu que ces histoires m'ennuyaient ... une intrigue somme toute classique autour de l'approvisionnement énergétique en gaz, un jeu d'échecs international entre les américains et les russes où les anglais étaient dépassés et devaient le rester. Il était d'une importance capitale qu'ils n'entrent pas dans ce jeu. A moi de vérifier que c'était bien le cas en soutirant au MI6 et MI5 les renseignements en leur possession. Il ne voulut pas me dire pour quel camp il travaillait ou quels intérêts il servait mais mon intuition allait vers de puissants industriels. Réunions secrètes, agents doubles, je devais me méfier, le dossier était explosif. Et bien entendu, c'était urgent. Je ne comprenais pas sa passion pour ces intrigues que je considérais des chimères dont il ne tirerait jamais d'argent et encore moins une retraite. Je le quittais, heureux d'en avoir fini avec cette résurgence de mon passé. Comme Ianto avec son notaire, inéluctablement rencontrer Double Y faisait remonter à la surface de mauvais souvenirs que j'avais soigneusement enterrés et lui volontairement déterrés. Je décidais de passer voir ma fille et son installation dans son nouvel appartement.

Je tombais à point nommé, son salon était rempli de cartons et Steven boudait dans un coin le visage encore rougi par la colère qu'il venait de faire. Elle-même semblait à bout de nerfs … Je compris que le petit bonhomme voulait jouer avec ses petites voitures et qu'elle ne les trouvait pas … le ton était monté et exaspérée elle avait craqué ... Elle n'allait pas bien et comme souvent dans ce cas, les enfants le sentent et tirent sur la corde … leur manière à eux d'exprimer leur propre malaise. J'amenais le petit coquin racheter une cargaison de petites voitures accompagné d'Alice. Elle me le confiait rarement … elle nous regarda choisir et discuter des modèles, le petit manquait cruellement de connaissances. Je me fis un plaisir de l'initier à ce domaine qui me passionnait. Nous mangeâmes ensuite tous les trois au restaurant. De bien meilleure humeur, ravi par les cadeaux providentiels de son oncle, il nous fit rire et nous divertit comme seul un enfant pouvait le faire. De retour à l'appartement, j'aidais Alice à déplacer les cartons les plus lourds et à réinstaller le plus urgent. Steven s'endormit sur le canapé tandis qu'avec sa maman nous arrangions leurs affaires. Je partis fort tard, heureux de mon initiative qui en alliant l'utile à l'agréable m'avait permis de partager un moment en famille. Je retrouvais le Hub plongé dans le noir, Ianto avait effectué les opérations de fermeture, j'étais passé par la dalle sur la place pour arriver discrètement. Je passais par mon bureau déposer la clé usb que m'avais confiée Double Y. Elle n'avait pas quitté le fond de ma poche et avant de la mettre dans le coffre, j'en transférais le contenu sur mon bracelet. J'en pris connaissance et réalisais la complexité de ma tâche. Du fait de mes fonctions, je n'avais plus de relations avec le MI5 ni le MI6 … Ce n'était même pas la peine de demander à Tosh de pirater leur système, un dossier comme celui-ci n'était tout simplement pas sur le réseau … la tâche s'avérait complexe.

Il n'avait pas besoin de le faire pourtant Double Y avait ravivé quelques-unes de mes plaies, comme on appuie sur une blessure pour mieux tirer des aveux, il avait disséminé de petites phrases assassines tout le long de notre entretien. C'était un fin manipulateur qui, sans y toucher, arrivait à maîtriser les cordes dans lesquelles il empêtrait ses pantins pour mieux les mouvoir selon sa volonté. Sans y toucher car je me rendais compte de ses touches après … ses phrases germaient à présent dans mon esprit, comme un venin se répand dans les veines, paralysant petit à petit sa victime. Il avait une dose de cruauté et de sadisme qui me rappelait des personnages rencontrés aux heures sombres de l'Histoire. J'étais d'ailleurs certain du camp qu'il aurait choisi s'il avait eu à le faire. Cet homme me faisait peur, fait rarissime, ce qui avait pour conséquence de faire fuir ma confiance en moi. Je la pensais pourtant acquise, j'avais beaucoup changé depuis l'époque où je travaillais à sa solde … malgré cela, en face de lui je redevenais ce mercenaire, sans foi ni loi, perdu … vivant la peur au ventre, réalisant les sales besognes car lui ne se salissait jamais les mains.

Assis à mon bureau, j'avais ruiné le bonheur qui m'habitait après avoir partagé ma soirée avec Alice et Steven. Je n'avais qu'à m'en prendre à moi-même, j'étais allé le chercher, il fallait maintenant assumer ... Je repris le cours de ma vie. Ianto et Tosh, en bons petits soldats avaient déposé leurs rapports bien en évidence sur mon bureau. Je parcourus celui de Ianto, il avait occulté ma mort mais avait ajouté un post-it avec écrit « 1 – 1 : match nul » ce qui me fit sourire. Comparait-il l'utilisation de nos dons ? Je descendis d'un niveau pour le trouver endormi, à nouveau bercé par son ipod et la télévision … de bien mauvaises berceuses auxquelles je mis fin. Je me demandais quelle était donc cette nouvelle manie de s'endormir ainsi. Je me glissais sans bruit dans le lit et je me collais de son côté bien plus chaud que le mien ce qui eut pour effet de le réveiller malgré mes précautions.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? me demanda-t-il d'une voix alourdie par le sommeil.
- Rien dors.
- Il est tard ?
- Tôt, dors.
- Je te sens inquiet, fit-il en baillant et en s'étirant prêt à s'éveiller.
- Mais non, rendors-toi, lui dis-je en déposant un baiser sur son front.
Pas sûr que cela suffise à ma tête de mule.
- Tu ne veux pas en parler ?
- Non.
- Comme tu veux.
Il se tourna de son côté tandis que je me calais la tête dans son cou et le bras sur ses côtes. Il s'empara de ma main … et je me calais un peu plus contre lui. Je concentrais mes pensées sur ce corps plein de vie qui m'avait si bien rassasié, sur le bruit de sa respiration, sur l'odeur de sa peau. J'ancrais cet instant dans ma mémoire. Dans ces conditions favorables, le sommeil me cueillit très vite.

Le lendemain, je mis Abigaël au courant de notre problème qui prenait une ampleur sans précédent et pour laquelle j'avais besoin de son aide. Elle ne put réprimer un sourire de satisfaction quand elle entendit mon appel au secours. Elle n'était pas peu fière et cela se voyait. Toute mon équipe participait à la visioconférence et ils prirent tour à tour la parole pour compléter mes explications. Après deux heures de travail, elle connaissait tout des weevils et des méthodes que nous employons pour les maîtriser. Elle me proposa de la rejoindre afin qu'avec ses équipes nous commencions à travailler à un plan pour éradiquer la ville des weevils mutants. Le prédicteur n'annonçait rien pour la journée, c'est seul que je partis pour la base locale de l'Unit. Je fus conduit immédiatement au bureau d'Abigaël et nous prîmes le temps de refaire connaissance. Comme lors de notre première rencontre, sa beauté me frappa et réveilla en moi des envies de séduction qui n'étaient jamais bien loin. Elle portait un tailleur noir dont elle retira la veste pour dévoiler une belle chemise en lin, très légèrement transparente, ajustée qui mettait en valeur sa petite poitrine. Son parfum se diffusa dans la pièce tandis que nous devisions de l'ancienne affaire où nous avions collaboré. Brune aux yeux marron clairs, ses grands yeux en amande étaient hypnotiques. C'était plus fort que moi, je ne pouvais m'empêcher de noter ce genre de détails ... mais sa présence naturelle devait faire à peu près le même effet à tout le monde. Elle savait que je l'avais recommandée pour ce poste et m'en remercia, c'était une importante promotion, elle voulait pour cette première mission faire honneur à ceux qui l'avaient choisie. Elle fit venir une équipe retreinte et mixte de militaires pour les mettre au courant de l'opération, puisque j'étais dans ses locaux autant en profiter. Je ne fus pas surpris quand mon informateur pris place autour de la table, elle faisait partie de sa garde rapprochée. Au vu de la qualité des interlocuteurs, je fus ravi de mon initiative, ils étaient tous très motivés, jeunes et pleins de bonne volonté et de bonnes idées. La nouvelle équipe qui remplaçait l'ancienne … ils avaient à faire pour effacer le souvenir catastrophique de Mace.

Je fus dérangé en début de soirée par un appel de Ianto. Il m'indiqua qu'Owen ne se sentait pas bien et que les premiers examens qu'il avait lui-même pratiqués révélaient une infection de sa plaie. Ils l'amenaient à l'hôpital où il allait subir une petite intervention pour la nettoyer. J'eus le médecin au téléphone, il me rassura sur son état et me certifia que je n'avais pas besoin d'encombrer un peu plus sa chambre. Je mis ma collaboratrice au courant de la situation et après avoir plaint le pauvre Owen comme il se devait, nous passâmes une excellente soirée dans le meilleur restaurant de Cardiff. Elle avait un goût pour le luxe affiché, que je ne partageais pas mais qui ne me dérangeait pas. Je constatais qu'elle avait une très agréable et plutôt intéressante conversation malgré des avis tranchés et une haute estime d'elle-même qui me firent rire et qui ne me dérangèrent plus passé quelques verres d'un vin qui sublima chacun de nos plats. Elle n'était pas insensible à mon charme sans que je ne fasse rien pour l'y encourager, la réciproque n'était pas tout à fait vraie. Elle déploya ses artifices, je n'avais même pas vérifié si elle était célibataire … une erreur de débutant. Je la quittais bien installée dans un taxi, à l'abri des weevils qu'elle connaissait maintenant sur le bout des doigts et je rejoignis en marchant mon antre. Le Hub s'était vidé de ses occupants humains, et je fus franchement déçu du manque d'attention, pas un petit mot sur mon bureau, pas de message sur mon portable, rien … Je me couchais seul dans mon trou, une fin pas à la hauteur de ma soirée …


Arianrhod  (01.11.2010 à 09:03)

* cf épisode 211, Adrift – Envers et contre tous, les appels de Jack alors que Ianto prépare les cafés, un vrai tyran, non ? :-))


Arianrhod  (01.11.2010 à 09:15)

Chapitre 43 : Des hauts et des bas

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Ma vie.
On pourrait en faire un roman. Il foisonnerait de rebondissements, d'intrigues, de personnages principaux qui y tiendraient bien entendu le beau rôle mais, il grouillerait –littéralement- d'acteurs secondaires tentant de se faire une place, voire de piquer celle du héros. Il regorgerait d'intrigues, d'aventures, d'humour et … d'amour, oui beaucoup d'amour sous toutes ses formes, des plus légères aux plus tourmentées, en passant par la passion. Les personnages les plus odieux et cruels auraient la part belle ainsi que les monstres sans oublier les espions, l'actualité du moment … Toutes les époques, tous les lieux sous tous les cieux y apparaîtraient, tous les styles littéraires seraient représentés, ce serait un pavé d'une taille conséquente. Mais tiendrait-il le lecteur en haleine ? Rien n'était moins sûr. L'indigestion le guetterait, la lassitude le gagnerait, il abandonnerait tôt ou tard le héros répétant à l'infini les mêmes erreurs. Spectateur de ma propre histoire, de ma longue histoire, je me lassais, c'est dire … j'enrageais d'être retombé dans les mêmes vicissitudes que par le passé. Me procurer des dossiers secrets, quelque en soit le prix, un prix ensanglanté, cela allait de soi. Débarrasser la ville des weevils mutants, même si cela signifiait les exterminer dans un bain de sang. L'image de super-héros, même si elle avait été égratignée par le passé en prenait un grand coup ... je devais prendre garde, je ne voulais pas qu'elle se brise. J'avais passé tellement de temps à la construire, à me convaincre moi-même que ce reflet était le mien … je sentais que la situation me glissait entre les doigts comme des grains de sable, plus je m'agitais pour reprendre le contrôle, plus ils s'écoulaient vite. D'autres que moi avaient mon destin entre leurs mains alors que j'avais des responsabilités, une équipe qui comptait sur moi … Perdre le contrôle ne me dérangeait pas quand c'était en amour, bien au contraire, mais, pas quand il s'agissait de ma vie, de mon équipe, jeune, brillante que j'aimais … un certain gallois que je devais protéger et aider, même si en ce moment les rôles étaient plutôt inversés. Je vous avais bien dit que ma vie était un roman, où l'on finissait par enrager au fil des pages et aussi … à pleurer les morts. Triste à mourir, belle ironie pour clore ce chapitre.

M'apitoyer n'était pas mon style, de cela j'en étais certain.

Owen était à l'hôpital. Ianto et Tosh l'y avaient accompagné en fin d'après-midi. Malgré les récriminations du médecin et ses analyses qu'il avait agitées sous les nez des urgentistes, de nouveaux examens avaient été pratiqués. Ils confirmèrent ceux d'Owen qui fulminait dans sa chambre certain de son diagnostic. En dépit des bons soins de Tosh qui s'était improvisée infirmière, la plaie s'était infectée et il fallait faire vite, l'empoisonnement du sang guettait. Pas vraiment étonnant vu le lieu où s'était déroulée l'agression. En fin de soirée, il était parti au bloc et ce fut le début d'une longue attente pour les deux collègues. Leur inquiétude montait, aussi linéairement que le temps qui passait. L'inquiétude s'était transformée en peur, relégués dans la chambre sans voir personne alors que les heures passaient. La nuit, un week-end, les effectifs étaient réduits, mais à ce point, cela sembla étrange à Ianto qui apprit rapidement que l'hôpital avait été désigné pour recevoir les blessés d'un accident ayant fait de nombreuses victimes. Tout le personnel présent avait été réquisitionné ce qui expliquait les couloirs déserts. J'enrageais en entendant Ianto me raconter leurs déboires au téléphone, au petit matin alors que je buvais un infâme café de ma préparation. Je l'engueulais vertement, pourquoi donc n'avaient-ils pas donné leurs accréditations ? Ils avaient droit à un meilleur traitement que cela. Cela m'aurait évité une fin de soirée déplorable et un réveil tout aussi solitaire, pensais-je. Il eut un silence au bout du fil. J'attendais qu'il rétorque mais rien ne vint. Idéal pour vous faire cogiter. J'avais besoin d'un adversaire qui me renvoie la balle pour opposer ma colère, en son absence mon courroux tomba à plat. Au contraire je me mis à m'angoisser, à me poser des questions, à penser à lui plutôt qu'à moi. Je me remémorais notre dernier passage dans un établissement hospitalier, l'effet que cela lui avait fait, lui rappelant ses propres expériences, renforçant sa détermination à partir le plus vite possible. Cela ne devait pas être trop différent aujourd'hui.


Arianrhod  (09.11.2010 à 21:59)

- Ianto, dis-je n'attendant plus la réponse qui ne viendrait probablement pas, continue.
Je n'avais pas abandonné mon ton autoritaire et je pensais toujours qu'en ma présence, les choses ne se seraient pas passées de la même manière mais, j'étais plus enclin à écouter.
- A l'impossible nul n'est tenu … Un brancardier l'a ramené, cela faisait 3 heures que nous attendions … toujours endormi, blanc comme un linge avec un énorme bandage qui fit à peine taire nos inquiétudes.
- Et évidemment aucun médecin.
- Evidemment. Je me suis mis à sa recherche en laissant Tosh qui n'en menait pas large.
- Il avait quitté l'hôpital ?
- Non, Je l'ai débusqué dans son refuge après avoir graissé la patte à une infirmière, tout simplement dans un lit dans un recoin des urgences. Je l'ai réveillé …
- Il a dû aimer.
- Pas vraiment … surtout que d'après ce que j'ai compris, Owen a voulu superviser sa propre intervention, tu imagines, c'était un interne qui allait l'opérer … Il a fini par lui faire une anesthésie générale pour le faire taire. Sa garde s'était allongée de plusieurs heures du fait de l'accident, il était extenué. D'ailleurs, j'ai vraiment dû lui arracher ce compte-rendu. En fait l'opération d'Owen a duré quarante minutes, ils l'ont fait patienter au bloc avant de s'occuper de lui …
- Waouh !
- C'est ce que je me suis dit … je ne voulais pas laisser Tosh gérer seule son réveil.
Je comprenais ses réticences mais au fond de moi, j'étais toujours irrité qu'il les ait choisis eux plutôt que moi.
- Et nous avons donné nos accréditations pour ta gouverne.
- Et l'opération ? demandais-je sur un ton que je voulus le plus détendu, le plus désinvolte possible.
- Ça s'est bien passé. L'infection gagnait, il a tout nettoyé. Il m'a promis un réveil douloureux.
- Et alors ? Ça a été apocalyptique ?
- Le terme n'est pas trop fort. Mais il va bien, enfin son épaule va bien. Lui … il veut déjà partir.
- Ils vont nous le rendre comme neuf … dis-leur de l'attacher si nécessaire.
- C'est une blague ?
- Pas du tout. Il est capable de partir.
- Ah … Jack est-ce que tu as besoin de moi ?
La réponse était loin d'être simple et de toute manière la question était ambigüe.
- Ça n'allait pas fort hier, ajouta-t-il à brûle pourpoint.
Cela confirma mes doutes, il avait senti combien j'étais tourmenté, il s'inquiétait pour moi.
Je pris une grande inspiration pour déposer définitivement mon ressentiment, mettre de côté mon envie de compagnie et oublier mes désirs et folies qui se réveillaient en présence de cet homme. Je voulais être convainquant.

- Na, reste avec eux. J'ai beaucoup à faire ce matin, je t'appellerais si j'ai besoin de toi ou de Tosh.
- Jack …
Je sentais dans le son de sa voix combien il était soucieux, le ton était presque implorant. Il m'adjurait de le laisser pénétrer dans mon cercle, un appel à sa manière, économe en mots. Un appel auquel je ne répondrais pas pour sa propre sécurité mais j'étais secrètement heureux de l'attention. J'étais de mauvaise foi, je m'étais éveillé seul mais par la pensée Ianto m'accompagnais et j'espérais que cette donnée, oh combien rassurante, ne changerait pas avant longtemps, avant que la vie nous éloigne ou que sa propre mort nous sépare.

L'hospitalisation d'Owen tombait mal. Comme toujours les problèmes se cumulaient selon la théorie bien établie. J'allais devoir m'absenter pour clôturer au plus vite la mission dont j'étais redevable auprès de double Y et simultanément mettre en place le nettoyage des égouts de la ville. Exterminer une race … même les weevils avaient droit à la vie, l'idée me rebutait. J'aurais préféré avoir mon équipe au complet et opérationnelle pendant que j'étais occupé ailleurs … c'était ainsi, il me faudrait composer avec. Il manquait à Ianto quelques données secrètes concernant le Hub et la sécurité, je comblerais ses lacunes dans la journée. Il était probable que je doive lui confier les clés du Hub pendant plusieurs jours. Je l'avais choisis lui, il en savait déjà beaucoup sur ce lieu et son plus vieil occupant, moi. Il me semblait le candidat idéal pour prendre le relais en l'absence du chef et du second en chef, même si cela ne mettrait pas fin à ses inquiétudes, bien au contraire. J'avais confiance. Confiance en lui, en ses capacités, compétences ... dans des domaines variés d'ailleurs. Ce sont nos ébats qui jaillirent littéralement dans ma mémoire et me plongèrent dans une agréable rêverie. Sa manière bien à lui de m'embrasser, de réveiller en moi ce feu jamais vraiment éteint, il y parvenait parfois simplement en me frôlant ou d'un regard. Dieu qu'il était sexy … Il était doux et parfois au contraire brutal, il s'emparait de mon corps selon mon bon vouloir auquel il se soumettait et parfois il me contrariait sans cesse, jouant avec mes nerfs pour mieux me satisfaire. Ses jeux me plaisaient, son appétit aussi … d'ailleurs le mien s'était réveillé et je m'admonestais moi-même ... Frustré par les images qui s'étaient imposées d'elles-mêmes, je passais malgré tout la matinée à travailler sur cette foutue mission.


Arianrhod  (09.11.2010 à 22:00)

Je piratais les réseaux du MI5 et MI6 selon des méthodes mises au point par Tosh et que j'avais éprouvées par le passé. Je furetais un peu partout mais comme je m'y attendais je ne trouvais rien sur le réseau. Je passais le reste de la matinée à passer en revue mes anciennes connaissances, faisant le point sur les vivants et leurs affectations. Mais j'avais oublié les statistiques des espions, leur moyenne d'âge plutôt basse et leur taux de mortalité élevé, à faire frémir. La liste de mes anciennes connaissances et amis diminuait telle une peau de chagrin au fil de mes actualisations. Je trouvais néanmoins deux pions très intéressants au MI5, l'agent Pierce* qui depuis des décennies dirigeait l'agence. Il serait ma pièce maîtresse, je lui avais sauvé la vie alors qu'il était complice d'un attentat … pour le compte de la couronne. Je ne l'avais plus jamais revu et donc jamais utilisé ce secret. Et puis Malcom*, un petit génie en informatique. A l'abri derrière leurs écrans, les ingénieurs avaient en théorie une espérance de vie plus importante. En théorie car dans les faits, l'issue était rarement différente de celles des espions dont ils étaient les indispensables soutiens jour après jour. Ils mourraient juste un peu plus vieux. Malcom était un homme bon et généreux, extrêmement consciencieux et très droit. Ce ne sera pas facile de l'amener à pirater sa propre agence … mais pas impossible non plus. Sa longévité dans ce service sous tension m'impressionnait, j'étais curieux de retrouver l'homme qui m'avait aidé par le passé.

A part un immonde café, je n'avais rien dans le ventre, ce n'est qu'en voyant Ianto passer le sas les mains chargées de paquets d'un traiteur que nous pratiquions que je pris conscience de ma faim. Les odeurs qui envahissaient le Hub lentement mais sûrement n'arrangeaient rien à l'affaire. Je voulais terminer mes recherches, je laissais Ianto tout installer. Je levais la tête de mon ordinateur en l'entendant frapper à la vitre, je l'invitais à entrer toujours un peu étonné de cette retenue qu'il était le seul à pratiquer. Il s'approcha et je lui trouvais les traits tirés mais il m'étonna quand, au lieu de s'asseoir en face de moi comme d'habitude, il contourna mon bureau et passa derrière ma chaise pour me masser les épaules. Cela me détendit mais me prit de court pour fermer toutes les fenêtres des programmes que j'avais lancés. Il l'avait fait exprès le bougre d'après le sourire qui flottait sur ses lèvres, fort appétissantes par ailleurs.
- Est-ce que tu as faim ?
- Un peu, je te rejoins Ianto.
En vérité, j'étais littéralement affamé.
- Je vous l'ai déjà dit monsieur, vous êtes un menteur, fit-il en quittant le bureau, les mains dans les poches en me jetant un regard avant de quitter le bureau … un regard qui brillait, m'attirant inexorablement, au moins autant que les étoiles au-dessus de nos têtes. Autant de possibilités de retrouver le Docteur qui devait les parcourir en ce moment même, inconscient de mon désir de le retrouver. Je chassais l'amertume qui gagnait de plus en plus mon cœur quand je pensais à lui, son souvenir devenait douloureux alors que j'avais Ianto, bien vivant qui patientait juste à côté ... prêt me semblait-il à dévorer un repas et bien plus encore.

J'avais bien interprété son regard, je n'eus pas le temps de finir ma dernière bouchée qu'il était à genoux devant moi, entre mes jambes. Il m'embrassa, longuement, jouant avec ma langue, mes lèvres, changeant de rythme au gré de ses envies et des miennes, poussé par son seul plaisir. Je fermais les yeux et je le laissais mener la dance, de toute manière je n'arrivais plus à réfléchir. Je sentais son ventre, chaud, contre mon entre-jambe qui ne cessait de grossir, réclamant son attention. Je savais qu'il l'aurait mais en attendant il faisait monter ma température, mon excitation et mon désir. Il enleva lentement mes bretelles sans lâcher mes lèvres en scrutant mes yeux, j'espérais qu'il y voyait la même lueur un peu folle qui dansait dans les siens, provoquée par le puissant désir que nous ressentions l'un pour l'autre. Il défit ma chemise, la sortit sans ménagements de mon pantalon. Il délaissa mes lèvres pour s'attaquer à mon torse imberbe, sa langue habile m'excitait encore un peu plus, titillant mes points sensibles, agaçant mes tétons, me tirant des frissons quand il soufflait sur ma peau humide … il ne faisait qu'effleurer mon sexe, en des caresses aériennes qui me frustraient. Je grognais à chaque effleurement, je me cambrais pour en avoir plus et quand enfin il ouvrit la fermeture éclair de mon pantalon, mes gémissements se transformèrent en cris de plaisir qui effrayèrent un peu plus le ptérodactyle déjà bien agité qui se mit à couvrir mes râles par ses propres cris. Sa bouche chaude réalisa son miracle à une cadence si bien étudiée qu'associée à ses caresses, ses coups de langues tout aussi érotiques, je ne tins pas plus que quelques minutes sous cet assaut incroyablement maîtrisé. Il me laissa pantelant, m'appréciant du regard tandis que je cherchais à calmer ma fréquence cardiaque, souriant avec malice. J'étais venu vite, étais-ce cela qui le faisait ainsi sourire ?
- Mais non, ce sont tes cris, tu affoles Myfanwy, déclara-t-il en répondant à mes interrogations muettes, qui pourtant n'avaient pas franchi ma barrière mentale bien en place. Oh, pas besoin d'être télépathe Jack pour devenir tes pensées en cet instant !
C'était exactement ce dont j'avais besoin. Il le savait car même s'il était un amant attentif, il l'avait décrypté grâce à son don.
- Elle est jalouse, je te l'avais bien dit, réussis-je à articuler en regardant le vol du ptérodactyle, profitant du bien-être qu'il m'avait offert sans rien demander en retour.


Arianrhod  (09.11.2010 à 22:00)

Quand enfin mes pensées redevinrent cohérentes, je lui dévoilais les derniers secrets du Hub dont il était ignorant.
- J'espère que je ne vais pas à nouveau déclencher un lock down par mégarde.
- Mais non, je suis certain que tu y arriveras, le rassurais-je après une formation express.
- C'est de la technologie alien, Jack, si pour toi cela semble logique ça ne l'est pas du tout pour moi. Sans parler du manipulateur de la faille, après ce que tu as dit … ça m'inquiète que tu m'en parles. Tu vas être absent longtemps ?
- Je ne vais pas m'absenter ou si peu. Mais je ne serais pas très disponible, il fallait que tu saches.
Ces dernières paroles semblèrent le plonger dans une profonde réflexion, en une attitude qui me fit sourire affectueusement. Il circulait autour du manipulateur, l'air sérieux, en regardant ses pieds. Dans son costume noir, un peu plus froissé que d'habitude à cause de sa nuit aux urgences, il me charmait.
- Profites-en pour trouver un appartement Ianto, lançais-je pour couper court à ses cogitations. Je te rappelle que tu es tout juste toléré ici passé les heures de bureau. Je veux vraiment que tu ais ta vie à toi, tu comprends ?

Les mains dans les poches, l'air faussement décontracté, je tentais de maîtriser mes émotions.
- Non. Pourquoi as-tu des idées noires ?
- Ne t'occupe pas de cela. Perdu, ce gosse lisait en moi trop facilement. Et en plus il change de sujet … il a choisi la meilleure défense c'est-à-dire l'attaque, pensais-je au vu du changement express de sujet.
Je n'allais pas le laisser s'en tirer si facilement mais avec lui c'était décidément plus compliqué de tricher. Ce qui marchait avec les autres à tous les coups, leur faisant croire que j'allais toujours bien, que je savais toujours ce qu'il convenait de faire, ne le trompait pas une seconde. Il fallait jouer franc jeux en attendant de trouver une parade.
- On a tous des hauts et des bas ?
- Ça, je te le confirme.
- Et bien, voilà, c'est un creux pour moi.
C'était la stricte vérité. Ianto lisait mes humeurs comme moi je lisais le journal, cela m'avait valu une fin de repas en feu d'artifice, mais en contrepartie il était parfaitement au courant de ma baisse de moral et mes inquiétudes sans en connaître l'origine. Pour cela il aurait fallu que je lui laisse lire mes pensées et il en était hors de question. C'était un peu envahissant mais j'étais habitué aux petits amis exotiques et j'avais eu pire, oh oui, vraiment un télépathe était facile à gérer.
- Torchwood nous prend tout notre temps, je le sais tu le sais. C'est un monstre dévoreur de vie, il faut lutter pour construire la sienne …
- Mais toi, tu as abandonné ce combat, me coupa-t-il. Pourquoi ?
- Parce que …
J'hésitais à lui livrer le drame qui m'avait fait abandonner toute vie personnelle.

- Montre-moi si c'est trop difficile à raconter, murmura-t-il en venant à mon encontre.
Sans attendre de réponse, il posa délicatement ses mains sur mes tempes et colla son front au mien. Si proche, je sentais son souffle parfumé au café, je lui volais un baiser avant de me détendre et d'abaisser mes barrières mentales. Cette fois, il resta sage, simple spectateur des souvenirs que je voudrais bien lui dévoiler. Une présence dérangeante mais pas douloureuse, un peu comme un moustique posé sur son bras ... que l'on meurt d'envie de chasser, qui peut piquer à tout moment mais que l'on peut supporter. Je fermais les yeux pour repenser à mon retour au Hub, en ce 31 décembre 1999. Je voulais faire la fête avec mes collègues, avec ma petite amie restée au Hub. J'étais parti en chasse, à l'époque nous étions plus nombreux et tous avaient connaissance de mes talents, si bien que j'étais en permanence sur le terrain. Mais en rentrant ce soir là, je compris vite que la fête était finie, définitivement. Alex dans sa monstruosité avait eu une pensée pour moi et ne s'était donné la mort qu'après m'avoir exposé ses motivations, les raisons qui l'avaient poussé à exécuter toute son équipe tandis qu'il me tenait éloigné du Hub. Il était lui aussi dans un creux, enfin plutôt une crevasse sans fond vu son acte ... Une descente aux enfers qui m'avait malheureusement échappée, faisant de lui un assassin. Il se donna la mort devant mes yeux sans que je ne puisse rien faire. J'ignorais si c'était le fait de montrer ce souvenir à Ianto qui le rendait si réel, si douloureux, si intense … il me semblait que c'était hier et non il y a déjà six ans.
Après cela j'avais cessé de vivre normalement, je m'étais installé au Hub et je n'avais plus eu de relation amoureuse sérieuse. J'avais mis du temps à reconstituer une équipe en choisissant minutieusement les personnes, en resserrant le groupe aux compétences indispensables. L'ombre d'Alex planait toujours dans le Hub avec celle de Suzie, ils constituaient des avertissements auxquels je ferais mieux d'être plus attentif.


Arianrhod  (09.11.2010 à 22:01)

Quand j'ouvrais les yeux après plusieurs minutes de concentration, Ianto enleva ses mains pour les placer dans mon dos, moi instinctivement j'attrapais ses épaules. Sans un mot, nous nous embrassâmes longuement, amoureusement et je me perdis une fois de plus dans cet amour qui pansait les plaies, redonnait l'énergie et l'envie de continuer.
- Je suis désolé, je comprends. Tu as eu une longue vie … tout le monde ne peux pas porter l'institut sur ses épaules, il aura vu quelque chose … Tu n'es pas responsable, comme tu le crois de son pétage de plombs sanguinaire.
- Facile à dire. J'aurais pu m'en rendre compte, il a préféré tous les tuer plutôt que de venir vers moi, expliquais-je amer et surpris de me livrer.
Mais c'était plus facile avec une personne qui venait de vivre mon souvenir, il comprenait l'horreur que j'avais ressentie.
- Je pensais que tu étais le chef depuis plus longtemps que ça.
- Evidement que j'aurais pu ! m'exclamais-je piqué au vif. Mais je ne le voulais pas. Après cela, il n'y avait plus personne, je n'ai pas eu le choix. Tout ça pour te dire Ianto, que tu dois te trouver un appartement.
- On est obligés d'avoir cette conversation ?
- Oui, je n'ai pas l'impression que tu sois convaincu, même après ce que tu as vu, n'est-ce pas ?
- Non mais peu importe.
- Certainement pas Ianto Jones, dis-je en rejoignant mon bureau et en le menaçant de mon index, il vaudrait mieux que ce point soit réglé au plus vite si tu ne veux pas te trouver à la rue.
Je fermais la porte de mon bureau mais je revins sur mes pas avant de m'asseoir.
- Et je veux aussi ta fiche horaire, à laquelle tu te conformeras, lançais-je simplement en passant la tête par la porte. Il était resté planté devant le manipulateur et en entendant cette dernière provocation, il partit vers les archives l'air faussement contrarié mais probablement réellement outré, en levant les yeux au ciel. Je me remis au travail tout à fait satisfait de mon effet.

Les dix jours suivants passèrent vite car bien remplis. Je partageais mon temps entre Londres et la base de l'Unit.
En quelques jours nous avions mis au point une vaste opération qui, à grand renforts de soldats, allait nous débarrasser des weevils, mutants ou pas. Divers sites avaient été localisés et plusieurs missions simultanées se mettaient en place. Cardiff ne serait plus vraiment Cardiff sans eux … mais ils ne me laissaient pas vraiment le choix. L'opération était supervisée par le haut commandement de l'Unit et ils m'avaient désigné comme leader, je dirigeais l'opération et les hommes de la base locale de Cardiff mis à ma disposition. Je pouvais utiliser tout le matériel de la base qui serait nécessaire. Des largesses que je devais aux écarts de Mace, ils tentaient de se rattraper et je n'allais pas m'en plaindre. C'était autre chose pour Abigaël … cela l'irritait, elle qui venait juste d'obtenir ce commandement, elle voyait dans cette opération un bon moyen d'asseoir son autorité. Malgré tout, elle se conformait aux ordres, même si nous avions de longues, très longues discussions qui se terminaient le soir venu autour d'un bon repas. Notre amitié naissante et respect mutuel que nous ressentions devaient l'aider à accepter mon autorité, de mon côté j'appréciais sa présence élégante, raffinée et affirmée. J'avais toujours le dernier mot mais j'écoutais son point de vue et celui de son équipe. Ils furent, je crois, impressionnés par mes connaissances et mon savoir-faire. J'avais été de longues années à la guerre, des décennies entières à mettre au point des opérations tactiques, ça laissait des automatismes. Je fis même un aller-retour à New York en tant qu'expert, ils avaient découvert un vaisseau d'où provenaient des bruits, des radiations, bref de la vie. Inquiets, aucun des scientifiques n'avait réussi à percer le mystère du vaisseau et les armes ricochaient sur le champ de force dont il était entouré. Je reconnus pour ma part un modèle que je connaissais bien, très bien même pour l'avoir piloté. Mes voyages intergalactiques étaient toujours aussi utiles pour épater la galerie. En quelques heures j'avais réglé le problème. Je les avais quittés tandis qu'ils faisaient connaissance avec une délégation d'Oods totalement inoffensifs, des diplomates d'après ce que j'avais compris qui souhaitaient quitter la Terre au plus vite, dès que leur vaisseau serait réparé. Une espèce télépathe avec qui ils avaient du mal à communiquer, évidemment Ianto leur aurait été d'un grand secours. Mes exploits revinrent plus vite à Cardiff que le jet que l'on m'avait spécialement affrété. Ainsi, en plus du respect d'Abigaël, je me mis ses hommes dans la poche. Elle n'était pas dupe, en peu de temps, j'étais devenu autant leur chef qu'elle … peut-être même plus. Elle ne manquait pas de charisme mais moi non plus et, comme toujours, je savais susciter l'enthousiasme tout en incarnant l'autorité et la confiance. En quelques mots un chef que l'on suivrait les yeux fermés avec loyauté et courage au moment d'aller au combat. Dans ces locaux je rayonnais, aucun fantôme pour me rappeler mes échecs, une bouffée d'oxygène entre mes allers-retours londoniens.

J'avais rencontré en premier lieu Malcom. Tout comme Double Y, il avait été étonné de me retrouver identique à l'image que lui renvoyaient ses souvenirs. J'éludais ses questions pour recentrer la discussion sur lui. Il semblait bien fatigué, il songeait à quitter le service. Un collègue venait de mourir alors qu'ils étaient en mission, il l'avait retrouvé pendu dans une forêt. Ça le secouait, le faisait réfléchir sur le sens de la vie, de leur vie qu'ils mettaient à la disposition de leur pays. Elle était essentiellement professionnelle, pas le temps d'avoir une vie privée, mais la fierté qu'il tirait autrefois de ses prouesses techniques ne compensait plus le vide qu'il ressentait. Nous parlâmes d'anciens agents que j'avais connus, tous morts au service, tous sauf Tom Quinn* mis à la retraite forcé à 30 ans. Cela m'étonna, c'était un excellent agent, plutôt beau gosse. Malcom espérait qu'ils lui avaient rendu service. Evoquer ces vieilles connaissances nous avait renvoyé tous deux de nombreuses années en arrière, à l'époque où nous collaborions et où lui débutait dans le renseignement. En bon professionnel, il s'était renseigné sur mon compte. Il connaissait mes fonctions à Cardiff et depuis Canary Wharf, il était beaucoup plus enclin à croire en une vie extra-terrestre … il me demanda donc ce qui m'amenait à Londres. Je ne voulais pas le faire fuir ni lui montrer que j'étais pressé, je voulais le laisser repenser à cette époque dont il semblait nostalgique. Plus jeune, plus insouciant, son moral était encore intact, il servait son pays et il était heureux de le faire. C'étaient de bons souvenirs, je le quittais tandis qu'ils remontaient à la surface sur un banc devant la Tamise, non loin du siège du MI5.
Double Y était connu des services secrets et surveillé depuis des années. Ils le laissaient agir, l'utilisaient parfois comme mercenaire, s'en méfiaient comme de la peste. Malcom avait eu à affaire à ce manipulateur, je comptais sur cette expérience pour qu'il m'aide à répondre à sa requête.

Dès notre seconde rencontre, je lui révélais les raisons de ma venue, je lui racontais l'enlèvement de Ianto, comment j'avais réussi à le retrouver, l'état dans lequel j'avais retrouvé mon agent. Il m'écouta attentivement, écarquilla les yeux en entendant le nom du mercenaire auquel j'avais fait appel mais resta silencieux jusqu'à la fin de mon récit.
- Tu t'es fourré dans de sales draps.
- Aide-moi à m'en sortir.
- Je ne sais pas Jack, je suis désolé pour ton agent mais …
Il était mal à l'aise, il regardait au loin hésitant apparemment.
- Il réussira à obtenir ces informations et tu le sais bien, insistais-je, il ira taper à une autre porte si je ne lui donne pas ce qu'il me demande. Et il y aura des représailles, tu connais ses cibles favorites.
- J'ai fréquenté Double Y, pas autant que toi mais suffisamment pour savoir que c'est un malade. Un psy se régalerait avec lui, si seulement il allait en voir un … Même jeune il avait cette haine pour la jeunesse, pour la réussite des autres …
- Il haït la faiblesse, le coupais-je.
- Oui, répondit Malcom avec tristesse. Il tuera ton agent qu'il t'a aidé à retrouver. Et il adorera ça.
- Et toute mon équipe.
- Probablement. Je suis ennuyé Jack, vasouilla-t-il, ce sont tes problèmes et normalement je t'aurais dit non, mais …
- Mais ? relançais-je.
- On cherche à remettre la main sur lui, finit-il par lâcher dans un souffle.
- Merde. Pourquoi maintenant ?
- C'est lié à une affaire en cours et pour une fois, il y a des preuves de sa culpabilité. On le veut, mort ou vif. Tu saisis pourquoi je suis vraiment ennuyé ? Je ne peux pas faire autrement que d'en parler à ma hiérarchie.
L'affaire se compliquait à souhait, je venais de me griller.
- Obtiens-moi un rendez-vous avec Pierce, je vais vous aider à le capturer.
Pas vraiment le choix. Quelques heures plus tard, je passais le sas du MI5 …

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Ces personnages existent dans l'excellente série de la BBC Spooks. Pour voir les visages des personnages cités :
- Harry Pierce : www.bbc.co.uk/spooks/aps/harry.shtml
- Malcom : www.bbc.co.uk/drama/spooks/personnel_mw.shtml
- Tom Quinn : www.bbc.co.uk/drama/spooks/personnel_tq.shtml


Arianrhod  (09.11.2010 à 22:06)

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