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Made by Torchwood

Série : Torchwood
Création : 08.07.2010 à 14h02
Auteur : Arianrhod 
Statut : Terminée

« après la bataille de Canary Wharf, Jack et son équipe arrivent sur les lieux ... Quels étaient les secrets d'Yvone ? Que va découvrir Jack dans cette tour qui va changer sa vie ? » Arianrhod 

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Chapitre 44 : Thames House

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Malcom m'accueillit tandis que je pénétrais dans le quartier général du MI5. Cela faisait longtemps que je n'y avais pas mis les pieds et … ils avaient refait la décoration. J'avais devant moi une grande salle moderne et sobre, dépourvue de fenêtres, avec de nombreux postes de travail et des cloisons de verre pour séparer les espaces … rien à voir avec mon propre Q.G.

Quoique rien ne ressemblait au Hub et j'en étais plutôt fier, mes murs étaient emprunts d'une histoire qui se confondait avec celle de l'Institut, avec la mienne. Parfois au détour d'un couloir, une marque ravivait un souvenir … bon ou mauvais, j'aimais ces surprises. Les murs abîmés, humides, parfois sales, marqués par les locataires successifs révélaient la vraie nature de l'organisation. Ils étaient la mémoire de l'institut, j'étais intimement convaincu que Torchwood disparaîtrait si le Hub venait à être détruit*.

Dans ce lieu grouillant de monde, j'attirais tous les regards, je détonais. Malcom me conduisit au bureau d'Harry Pierce où celui-ci m'attendait avec son meilleur agent, Adam Carter**. Avant de pousser les lourdes portes vitrées du bureau du grand chef, Malcom me glissa à l'oreille qu'il n'avait rien révélé, simplement obtenu un rendez-vous pour Jack Harkness, l'ancienne connaissance. Adam était tranquillement installé sur un canapé bas. Détendu, il croisait ses jambes qui semblaient immenses, il devait être grand. Et un de plus qui n'était pas en costume cravate ! Je haïssais les costumes sauf sur Ianto, j'avais ma petite idée du pourquoi de ce paradoxe, vous aussi ?
Comme tous les espions de haut vol, c'était leur froideur qui me frappait en premier lieu, une maîtrise dont ils ne se déparaient jamais. Sur l'oreiller éventuellement, mais peut-être était-ce feint, on ne peut jamais savoir avec eux. Une chose était certaine, ils gardaient cette maîtrise sur le terrain même dans les pires situations. Adam était de cette trempe, je le vis immédiatement à son attitude, dans sa manière de m'observer. Un animal à sang-froid de plus. Il me détaillait, tous me fixaient.
- Jack, content de te retrouver après tout ce temps, commença Harry bien calé derrière son bureau. Mais je suppose que ce n'est pas pour parler du passé que tu es là ?

Ou plutôt, comment demander d'emblée si nous allions parler de l'attentat qui le mettrait dans une situation très délicate. Une entrée en matière astucieuse, je n'en attendais pas moins de lui. Harry était connu pour sa droiture, son attachement sans faille au service, il était respecté jusqu'au plus haut niveau de l'état, il avait eu toutes les distinctions possibles. Ce « détail » lui vaudrait sa place, même si l'attentat avait été commandité et qu'il ne faisait que suivre les ordres, il serait le bouc-émissaire, surtout que j'avais en ma possession des détails qui prouveraient mes dires. Je le détaillais à mon tour, il avait bien sûr changé, vieilli, il n'allait plus sur le terrain et cela se voyait. Il menait des combats dans des lieux à l'ambiance feutrée où les coups étaient assénés avec plus d'élégance mais pas moins de violence. Il était à la tête de la section D depuis si longtemps, il devait détenir le record. Il ne le devait qu'à l'acuité de son esprit qui était en ce moment même au travail, concentré sur moi.
- Non, notre temps est bien trop précieux pour cela. Je suis en contact avec Double Y.
- Où est-il ? demanda Carter soudain très intéressé.

Il avait décroisé les jambes qui lui arrivaient sous le menton alors qu'il se penchait légèrement en avant. Son teint pâle et ses cheveux blonds s'accordaient bien avec ses yeux d'un bleu très clair, un peu tombants mais il avait un très beau visage. Une paire d'yeux qui à présent m'examinaient scrupuleusement. Il croisa, ses mains sur ses genoux, je ne pus m'empêcher de les examiner. Elles ressemblaient à celles de Ianto, de grandes mains plus fines que les miennes, aux longs doigts parsemés de tâches de rousseur. Malcom se recroquevilla sur son siège, il devait craindre les questions puis les remontrances.
- Je l'ai rencontré à Londres et à Cardiff, il bouge beaucoup à mon avis. Mais il vous nargue, notre premier rendez-vous était à quelques pâtés de maison d'ici, fis-je ne souriant à Adam Carter dont la mission du moment devait consister à mettre la main sur lui, vu sa réaction.
Ses poings se serreraient, ses articulations blanchirent signe de sa frustration, il reporta son regard sur son supérieur.
- Pourquoi la section D le cherche ? questionnais-je en regardant à mon tour Harry, il prépare un attentat ? Pas vraiment son style.
- Pourtant c'est le cas, lâcha Pierce. Nous avons le lieu et la date. Ce sera au sommet de l'énergie qui a lieu dans 4 jours. Nous sommes pressés, très pressés Jack. Il n'est plus vraiment ton style d'interlocuteur non plus alors, à ton tour de me dire ce qui se passe.
- Je lui suis redevable. Je dois lui livrer des informations en votre possession.
- Se sentirait-il menacé ?
- Non Adam, cela concerne l'énergie.
- Il se croit intouchable, tu as raison Jack. Et il l'est … tous nos efforts sont restés vains alors qu'il est venu ici-même, on n'arrivera pas à faire en quatre jours ce que l'on rate depuis quinze. L'occasion est trop belle et nous n'en n'aurons pas d'autre. Adam, Malcom vous montez l'opération.


Arianrhod  (19.11.2010 à 18:10)

Je me levais en même temps que les deux agents qui avaient immédiatement obtempérés, mais Harry m'invita à rester d'un signe de la main.
- Qu'est-ce que tu veux en retour ? dit-il alors que les portes se fermaient.
- D'abord que Malcom ne soit pas inquiété. Je venais tâter le terrain, rien de plus.
- J'ai confiance en Malcom, cela fait partie des risques du métier, des nombreux risques. Quoi d'autre ?
- Des crédits supplémentaires ? Tu ne sembles pas en manquer, fis-je en me tournant vers la salle principale. Et les beaux gosses baraqués qui vont avec, j'ai déjà repéré deux ou trois spécimens tout à fait remarquables.
Il rit franchement en se servant un fond de whisky, je me joignis à son rire.
- Je te sers ?
- Non. Ce n'est pas un peu tôt, pour ce genre de boisson ?
Il balaya la question d'un soupir, apparemment il en avait besoin et cela ne souffrait aucune discussion. Je voyais à présent le poids des années sur ses épaules, la pression constante qu'il subissait.
- Tu n'as pas changé Jack, pas changé du tout. Comment fais-tu ?
- Devine ?
- Sérieusement, dit-il en souriant à nouveau, qu'est-ce que tu veux ?
- Rien. Que vous réussissiez à nous débarrasser de lui, on se rend mutuellement un service.
- Comment est-il ?
- Il n'a pas changé lui non plus. Toujours aussi méfiant bien que je comprenne mieux les précautions qu'il a prises, toujours bien informé, toujours aussi sadique.
Harry hocha la tête en fermant les yeux, à nouveau confortablement installé sur son siège.

- On vit une crise sans précédent Jack, on va avoir un problème d'approvisionnement, pour le moment le Premier ministre le cache, mais il est vital pour le pays que ce sommet se déroule sans incident. Nous devons négocier de nouveaux accords, je n'ose imaginer le chaos dans lequel le pays serait plongé si nous venions à manquer de chauffage cet hiver. Nous assurons la sécurité de ce sommet, toutes mes équipes sont dessus … il n'est pas le seul à fomenter un attentat. J'ai une seconde équipe au pied d'œuvre avec un groupe armé islamiste.
Il fit une pause et se passa la main sur le visage pour tenter de chasser la fatigue.
- Mal dormi ? tentais-je.
- Pas dormi du tout. Nous avons démantelé une cellule cette nuit mais ce n'est pas fini. Ma seconde équipe est menée par l'agent Ros Myers, tu vois, nous n'avons pas que des mâles. Je mettrais d'ailleurs ma main à couper qu'elle supplantera Adam très bientôt. Ce sera peut-être elle que tu verras à cette place dans quelques années.
- Envie de te retirer ?
- Non.
- Comment va ta femme, et ta fille ?
- Divorcé et ma fille … c'est compliqué.
- Tu m'en diras tant …
- Rien que je ne doive savoir, Jack ?
Plus de fatigue, plus de poids sur ses épaules, les coudes sur la table, les mains croisées devant lui, il me dardait de son regard perçant. Il était à nouveau Sire Harry Pierce à la tête de la section D du MI5. Méfiant de nature, prudent, brillant … un grand professionnel que j'admirais. J'étais finalement soulagé de les aider à mettre fin aux agissements crapuleux et nauséabonds de Double Y.
- Je ne savais pas que vous le cherchiez avant de rencontrer Malcom. Je préfère le savoir en captivité qu'en possession de documents secrets.
- Bien. Je vais t'accompagner en salle de réunion, vous pourrez mettre au point un plan.

Je passais le reste de l'après-midi à travailler avec Malcom et Adam, ce n'est qu'en récupérant mes affaires au moment de quitter Thames House que je vis deux appels manqués, dont un de Ianto. Je recomposais son numéro, sans succès. Même chose pour le Hub, personne pour répondre à mon angoisse grandissante, d'autant que mon bracelet dont je ne me déparais jamais m'avait indiqué une anomalie à Cardiff. Comme d'habitude, c'était pied au plancher et la peur au ventre que je rejoignis Cardiff, enrageant une fois de plus de manquer tellement de temps. Je fus rassuré en retrouvant mes deux agents au Hub, bien qu'au premier regard je vis qu'ils étaient tous deux troublés. Tosh était à son poste, Ianto penché vers elle, il s'était passé quelque chose. Je déposais mon manteau dans mon bureau pour constater qu'aucun rapport n'y avait été déposé.
- En salle de réunion ! ordonnais-je en passant devant eux.
Ils me regardèrent tous les deux un peu ahuris et finirent par me suivre. Ils étaient un peu au ralenti, ou alors j'étais speed. Probablement la seconde hypothèse.
- Alors, que s'est-il donc passé ? réclamais-je avant même qu'ils n'aient eu le temps de s'asseoir.
Debout au bout de la table j'étais trop nerveux pour m'asseoir. Les mains à plat, j'attendais des explications même s'ils avaient l'air d'aller bien. Cela ne voulait pas dire grand-chose.
- Nous avons détecté une anomalie en centre ville, commença Ianto, Tosh s'y est rendue pour vérifier. Je suis resté au Hub, nous avions lancé différentes analyses du pic d'énergie enregistré.
- J'ai fouillé l'ancien restaurant asiatique abandonné où avait eu lieu l'anomalie, continua Tosh, mais je ne détectais plus rien et cela semblait désert, jusqu'à ce que …
- Qu'elle disparaisse littéralement de l'écran de contrôle alors qu'il y avait un second pic d'énergie, nos communications ont été coupées. Je me suis rendu au restaurant …
- Pas très prudent Ianto, le coupais-je.
- Elle s'était volatilisée, continua Ianto sans relever, je suis revenu au Hub pour analyser les deux pics. Elle a repris contact au bout de 3 heures …
- Qui m'ont paru 3 minutes. J'étais dans un halo lumineux, en lévitation, je ne voyais rien au-delà de quelques centimètres. Etrangement, j'étais bien, comme dans un cocon, doux et chaud ...


Arianrhod  (19.11.2010 à 18:11)

Ianto me tendit les résultats des analyses qui concluaient comme je venais de le faire à une boucle temporelle. Mais une boucle temporelle ne vous entoure pas d'un halo lumineux, même s'il y en avait de différentes sortes.
- Comment va Owen ?
- Beaucoup mieux, me rassura Tosh, je l'ai ramené chez lui. Il est encore faible, il lui faudra quelques jours de repos.
- Qu'il les prenne. Quand tu passeras le voir ce soir, qu'il en profite pour t'examiner.
- Ianto m'a déjà passé un scan, tout va bien.
- Bien, bien … Je pense qu'il y avait bien quelqu'un ou quelque chose là-bas, on t'a emprisonnée dans cette bulle volontairement. Il a dû filer ensuite, il avait trois heures de tranquillité devant lui … cela ne m'étonnerait pas que ça se reproduise, il vous faudra être plus prudent.

Ianto hocha la tête mais Tosh ne bougea pas d'un pouce, même si elle ne laissait rien paraître, je ne la trouvais pas égale à elle-même. Mon second appel venait d'Abigaël, je décidais de la contacter immédiatement. Nous en étions à régler les détails de l'opération, elle voulait mon avis sur certains points que nous n'avions pas encore abordés. J'en profitais pour leur présenter les grandes lignes du plan mis en place, avec l'aide d'Abigaël. Nous étions bien au point tous les deux et je trouvais ses décisions de plus en plus raccord avec les miennes. J'avais commandé de nouvelles armes pour l'opération et elle venait de les recevoir, elle voulait que nous les testions ensemble.
- Ianto, Tosh, je veux votre rapport au plus vite. Je te rejoins au hangar, Abigaël.
J'avais hâte de les essayer, elles devaient nous permettre de capturer les weevils sans les massacrer, enfin, en les massacrer moins. Je laissais mes deux agents pour rejoindre mon bureau. Je pris quelques affaires … ainsi que l'encas posé là, je ne l'avais pas vu en arrivant … Dans toute cette agitation j'avais complètement oublié mon repas, un certain Gallois y avait pensé pour moi. Je ne pus m'empêcher de le dévorer sur place tout en allumant par habitude les écrans de surveillance. J'ouvris ceux de la salle de réunion dont je ne voyais pas mes deux agents revenir.

- Et le voilà à nouveau parti, on ne le voit plus, râlait Tosh tandis que Ianto regroupait les analyses que j'avais oubliées sur la table.
- C'est une opération importante et complexe, indiqua-t-il.
- Oui, peut être mais il n'y a plus que ça qui compte. Et nous alors ?
- Il nous fait confiance pour gérer le reste, rétorqua Ianto stoïque.
- Peut-être, peut-être pas. On est que deux !
- Un et demi.
- Arrête, tu ne pouvais pas faire plus. Tu es venu, tu m'as cherchée, tu en as fait beaucoup … beaucoup trop. Il a raison tu sais, tu n'aurais pas dû quitter le Hub, finit-elle plus doucement.
Merci pour le soutien, pensais-je en croquant à pleine dents dans le pain de mie.
- J'agirais de la même manière si c'était à refaire. Mais tu t'en es très bien sortie toute seule.
- J'ai eu peur, même si je me sentais bien. Il aurait dû être là avec moi.
Elle avait raison, ils avaient besoin de moi, je le savais … mais à moins de me cloner, je ne voyais pas de solution.
- Tu as parfaitement géré la situation Tosh.
- Je n'ai rien fait ! J'ai foiré oui … Je suis plus rassurée quand il est dans les parages … il semble tout savoir sur tout.
- J'ai terminé mon rapport, tu le reliras ? sollicita Ianto, probablement pour changer de sujet.
- Moi je ne l'ai pas commencé …
- Tu pourras te baser sur le mien, proposa-t-il.
- Oui, merci.
- Je t'ai vu pianoter dans tous les sens, tu travaillais sur quoi ?
- Je piratais le réseau de l'Unit … avoua-t-elle en baissant les yeux.
- Mais pourquoi ? s'écria Ianto.
- Je voulais savoir où en était l'opération d'éradication des weevils, confessa-t-elle toujours peu fière d'elle-même.
- Pourquoi ne pas lui avoir demandé ?
- Tu as bien vu comment il fait ! Il nous tient volontairement à l'écart ! se récria-t-elle.
- Cela ne nous concerne pas vraiment, on a beaucoup à faire, c'est toi-même qui le disais.
- Mais cela m'intéresse ! Je ne supporte pas ... de ne pas savoir. J'ai découvert qu'il avait un bureau là-bas, tu te rends compte ? Pourquoi il ne nous l'a pas dit ?
- Il n'y aura pas pensé. Il y passe beaucoup de temps, il lui faut bien un endroit pour travailler. Moi-même je le savais et je n'ai pas pensé à te le dire, défendit Ianto.
- Tu ne lui as pas dit que tu étais allé là-bas, fit-elle remarquer d'un ton plus doux, quand tu m'as dit où tu étais allé …
- Je ne savais plus quoi faire … j'étais désespéré Tosh. Tu avais disparue, Jack ne répondait pas, Owen était alité, j'ai pensé que je le trouverais à la base de l'Unit.
- Je ne t'ai pas demandé comment ça s'est passé ?
- Bien, bien, répondit-il rapidement.
Ianto, tu as répondu trop vite.

Quelle était donc cette histoire ? Abigaël n'avait rien dit. D'ailleurs, elle allait devoir m'attendre … je ne pouvais pas lâcher les écrans des yeux. Le devoir m'appelait mais, leur conversation à laquelle je ne devrais pas assister, me captivait. Ils me pensaient parti et parlaient librement, on apprécie toujours de savoir ce que les autres pensent de vous … bon ou mauvais. Je devais absolument regarder en direct, j'étais certain que ce passage serait effacé avant mon retour.


Arianrhod  (19.11.2010 à 18:12)

- S'il te plait, dis-moi, implora Tosh.
- Jack n'était pas là, je suis reparti.
- Ne te fais pas prier. De toute manière, je piraterais les caméras de surveillance si tu ne me dis rien, provoqua-t-elle.
Ianto réfléchit quelques instants, je l'imaginais cherchant une échappatoire.
- Tu ne saurais pas pour autant ce qui se passait dans ma tête.
- Si tu ne me le dis pas, je trouverais bien un moyen, insista-t-elle.
- Quand je pense que Jack me trouve têtu … dit-il en levant les yeux au ciel, le pire c'est que je t'en crois capable. Tu te doutes que cela ne m'a pas rappelé de bons souvenirs, finit-il par révéler.
- Et ?
- Tu es dure en affaires. Tu ne me lâcheras pas ?
- Non, Jack n'est pas là, je ne veux pas que tu te sentes seul …
- Je ne me sens pas seul Tosh, vous êtes là et lui aussi.
Il laissa échapper un profond soupir de lassitude avant de continuer.
- Quand on est prisonnier et sans aucun droit, cela donne des idées à certaines personnes, elles outrepassent leur prérogatives. Là-bas, j'ai vécu des situations … humiliantes, auxquelles ont assisté pas mal de monde. Ne me demande pas quoi Tosh, supplia-t-il rapidement en relevant brusquement la tête.

Je suivais leur conversation avec une caméra d'angle, j'en changeais pour mieux voir le visage de Ianto. J'aurais dû me douter que cela arriverait malgré les précautions que je prenais. Je ne voulais pas les mêler à cette opération entre autre pour cette raison, il était trop tôt pour lui. Cet épisode me donnait raison, mais c'était trop tard, le mal était fait.

- Non, bien sûr … Pourquoi ne pas le dire à Jack ? proposa-t-elle pleine d'espoir. Il les fera virer !
- A quoi bon ?
- La justice, pour toi-même, pour te venger, il y a des tas de raisons !
- Je ne veux pas, dit-il fermement. Je sais que la nature humaine est ainsi. Ils ne sont pas plus mauvais que la moyenne. Ce sont des soldats à qui on a donné tout pouvoir … qu'on a incités à faire ce qu'ils ont fait.
- C'est ta décision Ianto, à mon avis Jack n'aura pas la même.
- Tu vas lui en parler ?
- Uniquement si tu le veux.
- Non, décida-t-il en baissant les yeux.
- Ce que je voudrais savoir, c'est comment tu vas.
- Je m'étais préparé, je n'ai pas entendu leurs pensées. Mais leurs regards ont suffi quant à leurs sourires … je les ai trouvés bien cruels, murmura-t-il.
Il fit une pause, il suffisait de le regarder pour voir sa souffrance et ça me tordait littéralement les entrailles. Il fuyait le regard de Tosh qui avait placé son bras sur le sien. Elle posa sa tête sur son épaule pour le réconforter. Qui n'en aurait pas envie ? Je ne pouvais pas débarquer comme ça mais ça me démangeait drôlement. La colère me donnait chaud, Tosh avait raison, il fallait les virer !
- Me retrouver là-bas, avec eux, forcément c'était pénible mais je ne suis pas resté longtemps, résuma-t-il. Tout ça est très récent, c'est encore bien présent, j'y pense souvent mais pas plus après y être retourné.
- Je suis désolé.
- Ne le sois pas, j'ai … l'habitude de ce genre de situation.
- Comment ça l'habitude ? Tu parles de Torchwood 1 ? demanda-t-elle étonnée.
- Oui. C'est juste que …
Il y a encore des choses que je ne sais pas, pensais-je avec tristesse.
- Que ? encouragea-t-elle, je la remerciais intérieurement pour sa ténacité qui me permettait d'en apprendre beaucoup.
- Après c'est dur d'avoir de bonne opinion de soi-même. J'aurais aimé trouver Jack … j'en avais envie, j'en avais besoin. Je suis reparti dans un drôle d'état, d'ailleurs je n'ai aucun souvenir du chemin de retour, j'ignore totalement comment je me suis retrouvé au Hub, assis à ton poste … jusqu'à ce que j'entende ta voix. J'étais content, tu ne peux pas savoir !
- Je comprends Ianto … c'était vraiment dangereux d'y aller. Jack devait encore être à Londres, il y va souvent ces derniers temps, ajouta Tosh après quelques instants.
- Mais comment le sais-tu ? demanda-t-il très vite.
Trop heureux à mon avis de quitter cette conversation qu'il doit trouver bien trop intrusive à son goût.



Arianrhod  (19.11.2010 à 18:12)

- Je trace tous les appels de son portable et les déplacements du SUV. Tu sais qu'il a désactivé la balise de transmission ? J'ai été obligée d'utiliser les caméras disséminées un peu partout pour être certaine de ses déplacements. Bien pratique, finit-elle fière d'elle-même.
- Tu sais que tu es redoutable ?
- Je sais …
Le sourire en coin prouvait qu'elle en était fière.
- Tu n'as quand même pas reconstitué son planning ?
- Si. C'était mieux que d'écrire le rapport … tu le veux ?
- Non, répondit Ianto immédiatement, sûr de lui.
Il me fait confiance …
- Tu n'es donc pas curieux ? !
- S'il juge qu'il a quelque chose à me dire, il m'en fera part.
- C'est tout à ton honneur … Et, bien moi je ne suis pas de cet avis, tous ses secrets m'insupportent. Il nous cache des choses, ses allers-retours à Londres ne concernent pas l'opération en cours. Et tu as vu comment il nous balance ses ordres ? Et je devrais m'exécuter ? Son rapport, il l'attendra, finit-elle rebelle.
- Au contraire, c'est comme cela qu'il se tiendra au courant de nos activités. Il te faut l'écrire, c'est important …
- Mais pourquoi il ne nous dit rien ? Je peux aider ! Regarde les situations qu'il nous fait vivre ! s'exclama-t-elle.
Cela ne lui ressemble pas de s'énerver ainsi … 
- Owen t'aura contaminée … déclara Ianto en la dévisageant, il semblait partager mon étonnement. C'est que ça ne nous concerne pas, il faut lui faire confiance ...
- Ce n'est pas vrai à la fin ! Tu sais que tu peux le critiquer, il n'est pas parfait ! Je te dirais qu'il se tape Abigaël que tu lui trouverais des excuses !
Merde. Ça, ce n'était pas bon.

- Oh, Ianto vraiment je suis désolée, dit-elle une main sur sa bouche, c'est trop tard ma belle, tu l'as dit, pensais-je. C'est sortit tout seul … j'ai gaffé, je ne voulais pas te dire cela. C'est justement ce que je voulais éviter de te dire. Ça aussi ... qu'est-ce qu'il m'énerve avec elle !
- Mais tu ne devrais pas Tosh ! rétorqua-t-il en souriant en s'appuyant sur le dossier de son siège. Tout contracté pendant son récit, là il semblait se relaxer … Mes flirts détendaient une atmosphère alourdie après sa confession, au moins ils en faisaient rire un ...
- C'est exaspérant, leur complicité, comme elle le monopolise, comme elle lui sourit sans le quitter des yeux … et lui, il fait pareil.
- Tu connais Jack, je m'inquiéterais s'il n'agissait pas de la sorte !
- Ianto, tu ne cesseras pas de m'étonner …
Oui, moi aussi, pensais-je.
- Je le connais depuis plus longtemps que toi, je l'ai observé de loin à Londres. Il agissait de la même manière.
- Je trouvais qu'il avait changé depuis que vous êtes ensemble, dit-elle dans un souffle mais attendant une réponse.
Elle voulait des réponses, désespérément.
- Bon, on ferait mieux de se remettre au boulot, dit-il en se levant.
Elle agrippa son bras sans ménagements pour le faire s'asseoir. Mais qu'avait-on fait à ma Tosh ? Cette bulle temporelle ne lui avait pas réussi … je devrais peut-être l'examiner, tout cela ne lui ressemblait guère.
Tosh ne le lâchait pas des yeux, attendant sa réponse.
- Non mais tu l'a vue ? Elle est magnifique ! finit-il par lâcher.
- Et alors ! s'exclama-t-elle. Tu es très beau aussi Ianto !
- Tosh, vraiment il faut que j'y aille …
- Elle a les dents qui rayent le parquet, je ne l'aime pas, dit-elle en ignorant complètement la dernière réplique de Ianto.
- Tosh ma parole, tu es jalouse !
- Mais non, pas du tout ! Tu devrais te méfier d'elle.
A nouveau un soupir, le temps était aux confessions …

- On ne s'est rien promis ... il m'a déjà tellement donné. Il est si charismatique, si beau … cet homme attire les autres, c'est comme ça. Je t'ai dit que je l'avais observé à Londres, il est solaire … il captive, il charme, il séduit, c'est Jack quoi ! Il a toujours une idée en tête, un but, même si c'est un épicurien. Les gens sont meilleurs à son contact, c'est rare de rencontrer une personnalité comme la sienne. Tout n'est pas facile pour lui, je l'admire tellement ...
- Tu es amoureux Ianto, coupa Tosh en souriant ce qui lui fit baisser la tête, ça ne veut pas dire que tu dois tout accepter …
- C'est sa nature profonde, je ne voudrais pas changer cela pour tout l'or du monde. C'est trop précieux.
- Tout cela m'échappe mais c'est parce que tu le vois avec les yeux de l'amour, dit-elle en souriant un peu plus.
- Comme toi, quand tu ignores les plaintes incessantes d'un certain médecin. Moi, je n'en peux plus …
Il n'avait pas contredit … je le savais, mais qu'il reconnaisse son amour devant Tosh, waouh je ne pensais pas cela possible.
- Oh oui, fit-elle en riant. Ça lui fait les pieds … c'est valable pour tous les médecins. Il faudrait les mettre à la place des patients périodiquement. Ils changeraient, j'en suis certaine.
- Tu as raison, une bonne attaque de weevils de temps en temps … maintenant que l'on va en avoir toute une armée sous la main, plaisanta-t-il.
- Si seulement c'était vrai. Ils vont les exterminer Ianto, que veux-tu qu'ils en fassent ? Ce ne sera pas beau et c'est pour cette unique raison qu'il nous tient à l'écart.
Elle n'a pas totalement tort …
- Est-ce que tu veux que je me joigne à vous ce soir ?
- Rentre chez toi, maintenant que tu as un appartement. Tu as passé toutes tes soirées avec nous et je t'en remercie, tu m'as vraiment aidée et rassurée. Je vais m'en occuper ce soir.
Je ne suis pas au courant pour l'appartement …
- Comme tu voudras, fit-il en laissant une Tosh songeuse.

J'éteignis l'écran et quand enfin il réapparut, je l'appelais depuis mon bureau …

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* C'est ce qui s'est passé n'est-ce pas ? Malheureusement …
** Adam Carter, personnage de la série Spooks de la saison 3 à la saison 7 : www.bbc.co.uk/spooks/characters/adamcarter.shtml


Arianrhod  (19.11.2010 à 18:14)

Chapitre 45 : Le cercle des MBT

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Ianto entra dans mon bureau étonné de me trouver encore dans la base alors qu'Abigaël m'attendait et que j'étais censé avoir quitté le Hub pour la rejoindre. Une surprise mêlée d'incompréhension se lisait sur son visage comme dans un livre ouvert. Il ouvrit la bouche prêt à m'interroger alors que je voyais presque le fil de ses pensées se dérouler … que fait-il là, est-il parti puis revenu ou était-il là tout le temps, mais s'il était là il a pu nous écouter …

Je me levais tandis qu'il s'avançait prudemment dans la pièce, je captais son regard involontaire et angoissé vers l'écran que j'avais éteint. Alors qu'il réalisait que leur conversation avait eu un témoin, je sentis son stress monter. Il resta là sans bouger, comme figé sur place, il posa simplement ses mains sur le dossier du fauteuil des invités, un appui dans sa descente vertigineuse. Son cerveau reptilien était en train de prendre le dessus et dans ces conditions il était inutile d'entamer une discussion au sujet des sévices qu'il avait subis. Tosh lui avait arraché une confession qu'il avait décidé de me cacher et il découvrait avec horreur qu'à présent je la connaissais. Il était livide. J'avais besoin de trouver une réponse à sa douleur et la mienne. J'avançais vers lui en espérant ne pas le faire fuir, sans prononcer un mot, il était bien inutile de parler il avait déjà tout compris. Je pris délicatement son visage entre mes mains, il fuyait mon regard mais ce geste me permit, avec douceur, de l'obliger à me faire face. J'aurais voulu en cet instant posséder son don qui m'aurait révélé sans erreur possible ses sentiments. Je devais m'en passer, ma télépathie n'avait rien à voir avec la sienne, je devais me fier à mes sentiments et mon instinct. Je lus de la gêne dans ses yeux, de la souffrance aussi. A présent, emprisonné dans mes larges mains il avait envie de fuir. Je sentis son corps se crisper, ses mains serrer le fauteuil, j'hésitais à céder à son désarroi, à son souhait d'éloignement. Après tout c'était son droit, mais la douleur viscérale que j'avais ressentie était toujours bien présente, le laisser partir ne ferait qu'empirer le chagrin qui me tordait les entrailles. C'est ainsi lorsque l'on aime, la tristesse de l'autre devient sa propre tristesse, les coups portés à l'un blessent les deux, mais c'est votre cœur qui souffre. Et cette souffrance là peut rendre fou, haineux et la guérison est longue. Alors autant pour lui que pour moi, je m'appropriais ces lèvres que j'avais à peine touchées en dix jours. Passé l'étonnement, il répondit avec ferveur au baiser tandis que je l'enveloppais de mes bras.

Il était dans un état de stress comme je l'avais rarement vu et en totale inhibition. Le peu de psychologie que je connaissais m'avait appris qu'il ne pouvait pas prendre l'initiative, c'était à moi de décider, de le rassurer avec patience et empathie. Etant donné qu'il était mon amant, la solution était toute trouvée. Ce n'était peut être pas très professionnel pour un spectateur extérieur, mais ce baiser était à la fois instinctif et réfléchi. Quand je sentis son corps se détendre, ses mains se poser sur mes hanches et que j'entendis de faibles gémissements de plaisir, cela me fit un bien fou. Complètement coupés du monde qui nous entourait nous prenions notre temps car cette notion était suspendue en cet instant, seule cette fusion sensuelle comptait, je ne pensais à rien d'autre. En plein vol, un moratoire était accordé à tous nos soucis, tracas et craintes qui ne nous quittaient pas, nous collaient aux baskets entravant trop souvent nos pas. Baisser sa garde faisait du bien, des bienfaits qui se diffusaient en ce moment même dans nos deux corps pour mon plus grand plaisir. L'alchimie du baiser … une thérapie à elle toute seule. Je me sentais mieux, soulagé par ce contact charnel, ses lèvres chaudes que j'aimais plus que tout, ce goût qui était le sien et qui m'emmenait loin de ce monde.


Arianrhod  (23.11.2010 à 19:04)

- Ianto … murmurais-je alors que nos lèvres se séparaient et que la magie du moment prenait fin.
Il détourna son visage mais ne bougea pas, il restait là, planté à quelques centimètres de moi. Il se tourna un peu plus et en suivant son regard, je vis Tosh à son poste. Elle nous tournait le dos mais la scène qui venait de se dérouler ne lui avait pas échappée.
- Tu n'es pas obligé de me dire ces choses importantes, lui soufflais-je à l'oreille.
Un frisson le parcourut, ses sens étaient en éveil après un baiser d'une telle intensité. Nul doute que j'aurais pu l'entraîner vers ma chambre. L'intimité que j'avais crée était toujours là, elle vivait dans les dix centimètres qui nous séparaient. Je la cultivais, il ne la brisait pas … je voulais qu'il se confie à moi, je voulais l'aider, si seulement il se laissait faire … je l'aimais, je l'aimais tant.
- On n'est jamais obligé, mais je pensais tu avais compris que la vie était plus douce après, insistais-je avec douceur.
- J'en ai parlé à Tosh, répondit-il enfin d'une voix mal assurée qui trahissait son émotion contenue.
- Je suis ton ami aussi, fis-je remarquer toujours en parlant à voix basse, en caressant sa joue.
- Bien sûr, affirma-t-il en levant ses yeux bleus vers moi.
Ils me firent chavirer comme toujours. Un océan dans lequel je pourrais me perdre, longtemps.
- Alors pourquoi ?
- Je ne suis pas prêt … tu es plus que mon ami …
Son amant, complétais-je pour moi-même.
- Tu n'as pas à avoir honte, tu pourrais me montrer plutôt que de me raconter.
Un sourire se dessina au coin de sa bouche, c'était délicieux à voir.
- Tu me piques mes méthodes ?
- Tu me piques bien mes phrases !
- Je … on verra … hésita-t-il tandis que le sourire fantomatique à disparaissait, maintenant ce n'est pas vraiment le bon moment, tu es attendu et je pense que, peut-être, tu pourrais parler à Tosh.
- Tosh … fis-je en prenant une inspiration. Je n'ai pas à me justifier.
- Je sais bien, mais elle est très remontée … c'est peut-être cette bulle temporelle, non ?
- Ça peut agir comme un décalage horaire et influer sur son humeur mais je ne l'ai jamais vue comme cela.
- En même temps, tu n'étais pas censé voir, fit-il avec une pointe de malice.
- C'est vrai … pourquoi ? Elle est différente avec toi ?
- Oui plus ouverte et c'est encore différent avec Owen.
- Elle est si réservée … je me rends compte que je la connais mal. Tu lui confies tes secrets et elle aussi, elle me reproche ma manière de travailler, je dois le prendre comment ? !
- Tu es le chef Jack c'est tout, m'expliqua-t-il en souriant franchement à ma moue boudeuse qui n'attendait que cela.
- Et alors ? ajoutais-je sans quitter ma mine enfantine qui le faisait fondre vu comme il me couvait du regard.
Il leva son index pour me signifier d'attendre tandis qu'il sortait son téléphone de sa poche. A mon grand étonnement il répondit à l'appel en quittant précipitamment le bureau. Le mien se mit également à sonner me tirant un juron, notre vie nous rattrapait. Je répondis à Abigaël sans quitter Ianto des yeux qui s'était réfugié à l'autre bout du Hub. Qui pouvait bien l'appeler ? Qui passait encore avant moi ? Je repoussais à nouveau le rendez-vous avec Abi d'une heure. Je sortis de mon bureau et je vis Ianto descendre vers les niveaux inférieurs.

- Toshiko.
- Tu n'es pas parti ? me demanda-t-elle en se tournant vers moi. Connaissant son état d'esprit, je perçus un soupçon d'agacement dans sa voix.
- Non.
- Tu as suivi notre conversation ?
Plus direct on ne pouvait pas faire ... oui, c'était bien cela, elle était toujours dans son état d'énervement tout à fait inhabituel mais qui au moins révélait son état d'esprit. Exceptionnellement, je pris la décision de lui révéler mes secrets, ils n'étaient que deux pour faire face, il fallait qu'elle retrouve la sérénité qui faisait d'elle un agent hors pair.
- Oui.
Elle se tourna, probablement gênée par la teneur de ses propos, elle si pudique. Elle cherchait l'affrontement, mais son vrai style n'était pas vraiment celui-ci …
- Tosh, pour sortir Ianto des griffes de Mace, j'ai fait appel à une vieille connaissance.
Lentement elle revint vers moi, j'avais toute son attention maintenant que sa curiosité était en éveil.
- Il l'ignore et tu ne dois rien lui dire. J'ai obtenu des informations et en contrepartie je suis redevable, c'est pour cette raison que je me rends fréquemment à Londres.
Elle enleva ses lunettes et je la vis changer d'expression.
- J'ai été injuste, je suis désolée, je ne savais pas.
- Quand à l'éradication des weevils, je ne souhaitais pas que Ianto soit mêlé si tôt à une opération avec l'Unit mais, il semble que j'ai échoué.
- Oui et ça me rend triste pour lui. C'est mon ami, un vrai ami … il a veillé Owen avec moi, il a répondu à tous ses caprices. Il est si gentil … A l'hôpital il a fait ce que je ne pouvais pas faire … Il m'a parlé de son expédition à la base, c'est bien non ? C'est ce que je me suis dit, c'est pour cette raison que j'ai insisté … je suis désolée Jack pour ce que j'ai dit, particulièrement à ton sujet ... la fin se perdit dans le Hub tant elle était murmurée.
- Ne le sois pas, répondis-je fermement.
- Owen à l'hôpital, à deux c'est juste. Ianto est parfait, même s'il pense le contraire. C'est juste que je préfère te savoir dans les parages surtout quand je suis en lévitation dans un bulle temporelle, finit-elle en souriant.
- Je sais, je sais bien … répondis-je d'un ton las.
- Mais, tu fais pour le mieux comme toujours, tu es coincé ... Ma douce Toshiko est de retour, pensais-je.
- Merci de m'avoir expliqué, reprit-elle, j'étais vraiment en train de craquer … je suis désolée.
- Plus de merci et de désolé, ok ?
Elle hocha la tête.
- Je serais à nouveau avec vous très bientôt. Je vais tâcher de rester joignable et tout va rentrer dans l'ordre.
Elle prit une grande inspiration, je vis à son regard que j'avais à nouveau toute sa confiance. Rassurée, elle se remit au travail. C'était si facile avec elle et si compliqué avec mon Gallois ...


Arianrhod  (23.11.2010 à 19:05)

Je le rejoignis, il était dans le couloir qui menait aux cellules, toujours au téléphone, la discussion semblait animée. Il y mit fin avant que je n'arrive jusqu'à lui si bien que je n'entendis rien des propos qui avaient été échangés. Il glissa le téléphone dans sa poche et s'appuya contre le mur, regardant droit devant lui, il attendait patiemment que je le rejoigne. Immédiatement, j'eus envie de lui. Il était sexy et cette image me plaisait.
- J'ai besoin d'aller à Londres.
- Hum ?
Mon cerveau s'était arrêté et me repassait l'image de Ianto adossé à ce mur en boucle. Cela m'arrivait souvent en sa présence, je me ressaisis en tentant de ne rien laisser paraître. Il se tourna vers moi et planta son regard dans le mien.
- Qu'est-ce que tu as ?
- Rien, pourquoi Londres ?
Je connaissais bien ce regard-là et je ne l'aimais pas ... Un air de défi, de rébellion et en même temps de la tristesse, un mélange qui m'inquiéta immédiatement.
- Je t'ai parlé de l'école d'Yvonne …
Parfois je trouvais cela pénible d'avoir toujours raison.

- Nous n'étions pas très nombreux, avec beaucoup d'entre eux je me suis lié d'amitié. Même si après leur départ, on ne s'est pas beaucoup vu, nous sommes restés en contact.
- Tu m'avais dit que tu avais un ami au MI5 qui avait été avec toi à l'école.
- Oui. Nous avons formé une sorte de cercle …
J'écarquillais les yeux en entendant cela, en fait je n'en croyais pas mes oreilles.
- Je n'ai pas été le seul à être menacé. Très jeunes on a compris qu'on serait toujours exploités et … en danger. On s'entraide … et l'un d'entre nous a justement besoin d'aide. Je dois y aller.
- C'est une mauvaise idée.
- Elle a besoin d'aide Jack, on a tous fait le serment de se porter secours, ils l'ont déjà fait pour moi, je ne peux pas les laisser tomber !
- Laisse-moi rire ! C'est ridicule. Vous avez fait un pacte de sang ? Vous vous retrouvez dans le secret ? Grandis voyons ! C'est fini tout cela, tu n'as vraiment pas besoin d'aller au-devant des problèmes.
Il me dévisageait, calmement mais quelque chose me disait que cela n'allait pas continuer de cette manière, pas après mes provocations.
- C'était un test, Jack.
- Et alors ?
- Tu viens de le rater.
- Ça m'étonnerai, je ne rate jamais aucun test.
- J'aurais pu t'expliquer que j'allais à Londres pour trier les affaires d'Yvonne …
- Je t'aurais accompagné.
- Vu ton emploi du temps, je ne pense pas.
- Je ne t'aurais pas laissé y aller seul.
- J'aurais pu ne rien te dire.
- Pourquoi as-tu choisi alors de m'en parler ?
A peine cette question était-elle sortie de ma bouche que je la regrettais déjà.
- Tu me demandes de me confier n'est-ce pas ? C'est ce que je fais, avoua-t-il sincèrement.
Un pli apparut entre ses yeux, je savais qu'il était malheureux, il ne me lâchait pas du regard.
- Vers qui voulais-tu que nous nous tournions ? Ils m'ont sauvé Jack, certains sont morts … m'expliqua-t-il dans un souffle.
- Où étaient-ils quand tu as été enlevé ? Je n'ai eu la visite de personne.
- Les papiers sont arrivés ici … nous avons tous le même protocole. Un numéro à appeler toutes les semaines, des informations sur nos éventuels ennemis qui sont envoyés si on n'appelle pas. Le cercle nous défend sauf si l'on a déjà un protecteur …
Je m'appuyais à mon tour sur le mur. J'avais besoin de le toucher pour me rappeler que tout cela était réel.
Il n'était plus sous leur protection mais sous la mienne … et c'était mieux ainsi.
- Ça ne me plaît pas Ianto. Mais alors pas du tout.
- Ce sont mes amis, ils étaient là avant toi …
Il se mordit la lèvre et ne finit pas sa phrase.
- Et ils seront là après, c'est ce que tu allais dire, n'est-ce pas ?
Il secoua la tête.
- C'était quoi cette histoire de test ? grondais-je.
- Rien, oublie.
- Certainement pas.
- Pour savoir si tu me faisais confiance, si j'étais libre de faire ce que je veux … bredouilla-t-il.
- N'importe quoi. Tu sais depuis longtemps que tu as besoin de protection. Ton cercle en est la preuve. J'attends Ianto, le pressais-je les mains croisées sur mon torse.
Il m'avait piqué au vif avec cette histoire de test, je le tançais du regard.
- Pour savoir quelle image tu avais de moi, finit-il par avouer dans un murmure. Ce n'est pas glorieux …
- J'ai moi aussi vécu par le passé des situations embarrassantes, j'ai été soldat, espion, je me suis fait enlever …
- Mais je ne sais rien de tout cela, me coupa-t-il, et tu as surmonté ces épreuves. Moi aussi j'y arriverais, j'ai juste besoin de temps pour oublier.
Il semblait que le baiser n'avait pas effacé tout son stress et que mon désir de savoir ce qu'ils lui avaient fait subir était trop pressant.

Ce cercle était de mon point de vue ridicule, une union de jeunesse, ils devaient avoir tous sensiblement le même âge que Ianto. Si jeunes. Tous avec des particularités forts intéressantes pour qui en avait connaissance, des cibles tout simplement, une réunion de cibles potentielles …
- Est-ce qu'Yvonne connaissait l'existence de votre cercle ?
- Non, elle ne l'a jamais découvert.
Enfin quelque chose que je savais et qu'elle ignorait …
- J'espère que vous prenez toutes les précautions possibles pour votre réunion.
Il hocha la tête.
- Il le faut, vraiment. Demain, on partira ensemble pour Londres. Mais j'ai une affaire à régler, je ne pourrais ni te protéger ni t'accompagner, tu comprends ?
- Tu ne pourrais pas venir de toute manière et le lieu est tenu secret jusqu'au dernier moment. C'est moi qui choisis l'endroit et je leur transmets par télépathie.
A mon tour de froncer les sourcils.
- Ianto, quel est exactement ton rôle ?
- C'est une longue histoire et tu es attendu il me semble ?
- C'est à moi de décider de mon planning, ne vous en déplaise. Le résumé et vite, effectivement je suis pressé.
Il soupira bruyamment en regardant ses pieds ce qui me fit sourire, il passait décidément une très dure journée. Tant d'épreuves et de révélations, c'était presque un record pour nous.
Quand il releva son visage pour me parler, j'effaçais ce sourire, je repris mon sérieux. Il fallait bien cela pou lui arracher la suite de l'histoire.
- J'ai crée le cercle pour les anciens MBT …
- Ah … la fausse bonne idée.
- Toutes les écoles ont un réseau d'anciens.
- Très drôle Ianto, continue.
- Je … c'est moi qui autorise les entrées. Exceptionnellement, nous avons accepté quelques personnes qui ne venaient pas de l'école …
- Tu vois que je pourrais rentrer dans votre cercle, le coupais-je.
- Tu devras révéler ton secret à tous les membres et me laisser te sonder, pour vérifier ta sincérité.
Non, il était hors de question que je divulgue mon secret, je ne l'avais pas fait avec mon équipe c'était impensable avec de parfaits étrangers et il le savait.
- Quel âge avais-tu lorsque tu as organisé tout cela ?
- Quatorze ans.
L'âge où Yvonne l'avait adopté, c'était lié bien que je ne sache pas encore comment ni pourquoi.

Il était toujours adossé au mur, une jambe par-dessus l'autre, les mains à plat contre la paroi froide.
- On reparlera de tout ça Ianto, lui dis-je en l'attrapant par le cou et en l'attirant à moi d'une manière un peu paternaliste, car l'image que j'ai de toi est excellente, je dirais plutôt celle que tu as de toi-même qui pose souci, lui glissais-je à l'oreille.
Cette fois je lui laissais voir mon sourire. Même si j'étais contrarié par ce rendez-vous et cette sorte de secte qu'il avait créée de toutes pièces, j'étais satisfait qu'il ait choisi de me parler plutôt que de mentir. Je savais aussi qu'il avait honte, je l'avais vu dans ses yeux, dans sa manière d'en parler à Tosh, c'était évident. C'était aussi une caractéristique des sévices sexuels, je devais tirer tout cela au clair, je n'étais sûr de rien. Il était indispensable qu'il reconnaisse cette honte, qu'il me raconte ce qui s'était passé pour se reconstruire une identité. A son rythme.
- Je m'en vais Ianto, dis-je ne le lâchant alors qu'il était resté raide dans cette étreinte, sans me toucher. On se retrouve chez toi ce soir ? Probablement tard, ne m'attends pas pour manger.
Là, je le pris de court à mon grand plaisir.
- Tu … tu ne connais pas l'adresse … réussit-il à bafouiller en me dévorant des yeux.
Il n'était pas le seul pour qui cette phrase sonnait étrangement mais j'étais ravi, j'avais hâte de découvrir son chez-lui et de le redécouvrir lui par la même occasion.
- Je trouverais ! dis-je en le laissant et en m'éloignant les mains dans les poches.


Arianrhod  (23.11.2010 à 19:05)

Abigaël m'attendait à l'entrepôt furieuse de mes retards successifs et elle me le fit bien sentir tout en contenant sa colère. Je ne fus pas déçu par les armes que nous avions reçues, la partie lance-flamme nous permettrait de faire fuir les weevils ou de les rassembler. J'espérais bien en capturer le plus grand nombre possible, contrairement à ce que pensait Tosh, le plan prévoyait leur relogement. Des locaux souterrains, qui reproduiraient l'habitat qu'ils semblaient apprécier, étaient en construction sur une île déserte. Un caillou qui allait les abriter loin de la civilisation, rudimentaire vu les délais de construction, sous surveillance mais cela valait mieux qu'une extermination. Cela me permettrait également d'y envoyer les prochains rejets de la faille en attendant que cela se calme. Autour d'un sandwich à la viande et d'un verre de vin rouge, Abigaël n'abandonnait jamais sa sophistication, elle me fit signer quelques documents et nous mirent au point les derniers détails. Il fallait, pour finir, caler définitivement le jour de l'intervention. Elle ne comprenait pas pourquoi je repoussais la date initiale alors que tout était prêt. Il y avait un risque de collision avec l'opération du MI5 prévue pour le lendemain même et celle-ci ne souffrait aucun délai. J'obtins bien sûr gain de cause, la date fut repoussée de 3 jours. Au vu du nombre d'hommes impliqués, cela me semblait une sage décision. J'abandonnais Abigaël, plus belle que jamais en uniforme de l'armée, dans son bureau, déçue par mon départ qu'elle jugeait précipité alors que la soirée ne faisait que commencer. Je l'avais habituée à les passer en sa compagnie, sans pour autant découcher. Elle avait laissé un fiancé à New York et je ne pouvais pas dire que ma vie manquait d'amour mais un amour dont elle ignorait tout. Elle me posait assez peu de questions personnelles, je les éludais et comme en fin de compte, elle préférait parler d'elle, elle ne savait presque rien de ma vie. Ces dix derniers jours, j'avais trouvé bien souvent un Hub vide, Ianto préférant donner un coup de main à Tosh. Je savais à présent qu'il avait également profité de ces soirées pour choisir un appartement comme je lui avais demandé, ou plutôt ordonné. Je n'aimais pas vraiment être seul, alors elle fut bien étonnée en me voyant enfiler mon manteau militaire et la laisser en plan dans une base silencieuse. Ce soir elle n'avait pas l'excuse du travail pour me retenir, tout était prêt jusqu'au moindre détail. Je partis rapidement rejoindre mon gallois qui m'attendait et qui occupait mes pensées depuis mon retour de Londres. Impossible de me focaliser sur autre chose, les images de l'après-midi m'avaient suffisamment marquées pour occuper chacune de mes pensées.

Un coup de fil au notaire et j'obtins l'adresse de l'appartement, j'en profitais pour obtenir quelques informations. Toujours très impressionné par mon ton, il me révéla tout ce que je souhaitais savoir après l'avoir tout de même menacé d'une descente le lendemain même à son bureau londonien. La première impression est toujours importante, avec Norris elle m'assurait de sa coopération, bien pratique. Yvonne avait légué sa maison à Londres ainsi que le contenu d'un coffre dont lui-même ignorait tout. Seul Ianto connaissait le code d'accès à 14 caractères alphanumériques. Dans son testament elle avait expressément demandé que ces biens reviennent à son fils adoptif. Cela éveilla ma curiosité et mes craintes.
- Le coffre ne s'ouvrira que pour ses beaux yeux, déclara le notaire.
- Pardon ?
L'humour lui allait mal !
- En plus du mot de passe, il y a une reconnaissance rétinienne.
- Ça ressemble bien à Yvonne.
- Oui, les espions sont paranoïaques.
- A raison.
- Oui, oui, bien sûr.
- Écoutez-moi bien Norris, il est hors de question que Ianto découvre seul le contenu de ce coffre, c'est clair ?
- Mais …
- Pas de mais, vous le retardez par tous les moyens juridiques, il faut que je sois là. Vous avez mon numéro de téléphone, vous m'appelez.
Il souffla si bruyamment que je dus éloigner le téléphone un instant de mon oreille.
- Je ne vous ai pas entendu, dis-je malgré tout.
- C'est d'accord …
Une idée avait germé dans mon esprit concernant son contenu. Si j'avais raison, cela pouvait détruire définitivement la vie que Ianto peinait à se reconstruire.

Je démarrais le SUV, direction le centre de Cardiff, l'appartement de Ianto était à quelques pâtés de maison du Hub.


Arianrhod  (23.11.2010 à 19:06)

Chapitre 46 : L'appartement de Ianto

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Mon bracelet me révéla facilement le code de l'immeuble ainsi que celui de l'ascenseur, je frappais donc directement à la porte de l'appartement de Ianto situé au dixième et dernier étage d'un bel immeuble. Je me rendis compte que j'arrivais les mains vides, tant pis, mon emploi du temps ne me laissait pas assez de temps pour la politesse.

Nullement surpris de me trouver sur son paillasson, il me fit entrer avec un sourire en coin, signe qu'il devait trouver la situation cocasse, tout comme moi. Il m'aida à retirer mon manteau et me fit signe d'enlever mes chaussures. Lui-même était pieds nus sur le carrelage, cela me parut étrange mais je me conformais aux ordres du propriétaire. Je compris rapidement l'excentricité, le carrelage était légèrement chaud ce qui était très agréable et donnait effectivement envie de se déchausser. Il s'éloigna et me laissa découvrir seul la pièce principale de son appartement. Enfin pas tout à fait seul, une faible musique accompagna mes déambulations. J'en trouvais très vite la source, son cher ipod était posé sur des enceintes, il mettait en musique un intérieur qui me bluffa.

Rien que le sol était étonnant, de très grands carreaux d'un gris ardoise mat, sans joints comme du marbre. Ils donnaient un côté très moderne et agrandissaient la pièce qui avait déjà de belles dimensions, probablement au moins quatre-vingt mètres-carrés. Ce gris tranchait avec les meubles dont la majorité étaient blancs, laqués brillant. Quelques meubles fermés autour d'un grand canapé d'angle d'un gris plus clair et pour toile de fond, Cardiff. Une immense baie occupait toute la largeur de la pièce et celle-ci peu éclairée semblait se jeter littéralement sur les lumières de la ville. Je ne m'attendais pas à cela, vraiment pas ...
- Tout est vide.
Je ne l'avais pas entendu revenir de la cuisine. Si j'avais été un peu attentif, j'aurais senti l'odeur des cafés qu'il tenait dans ses mains. Mais non, j'en avais plein les yeux, trop occupé à admirer la ville devant la baie qui d'ailleurs donnait sur un grand balcon.
- Tu as le temps, lui répondis-je alors qu'il ne bougeait pas de l'autre côté du salon.
- Autant de choses à abandonner un jour, autant de gâchis.
Il avait acheté cet appartement parce que j'étais le chef et que je lui avais ordonné. Il était mon agent, il m'obéissait, pas vraiment de choix. Cela ne voulait pas dire que ça lui plaisait. Il me semblait pourtant lui avoir expliqué de toutes les manières possibles et j'étais certain de moi, je devais le pousser vers une vie normale. Ce serait injuste et égoïste de le garder au Hub même si cela était plus sécurisant.
- Je ne vais pas avoir mon café, c'est ça ?
- Si, répondit-il amusé devant ma mine déconfite.


Arianrhod  (28.11.2010 à 11:18)

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