HypnoFanfics

Made by Torchwood

Série : Torchwood
Création : 08.07.2010 à 14h02
Auteur : Arianrhod 
Statut : Terminée

« après la bataille de Canary Wharf, Jack et son équipe arrivent sur les lieux ... Quels étaient les secrets d'Yvone ? Que va découvrir Jack dans cette tour qui va changer sa vie ? » Arianrhod 

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Chapitre 50 : Les weevils mutants

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Le SUV roulait à très vive allure sur les routes menant à Cardiff, transportant un passager endormi et moi-même, luttant contre un sommeil qui menaçait de me happer dans la quiétude de la voiture. J'aurais pu demander à Ianto de me tenir compagnie mais je préférais qu'il prenne un peu de repos, j'avais des projets pour lui. Je ressentais moi-même la dureté de la journée, j'aurais besoin de dormir quelques heures avant de m'attaquer à la mission d'éradication des weevils. Mon emploi du temps était chargé, ce n'était pas pour me déplaire mais je ne pourrais probablement pas profiter de mon jeune compagnon comme j'en avais envie.

Les dossiers d'Yvonne me laissaient un goût amer que je voulais remplacer par celui du jeune gallois qui avait renoncé à sa curiosité, qui avait choisi de me faire suffisamment confiance pour gérer ses affaires sans lui. J'étais heureux et excité par tout ce qui m'attendait, tout ce qui nous attendait.

Le ronronnement de la voiture berça Ianto jusqu'à notre arrivée et il se réveilla dès que je coupais le moteur. Il me demanda de ne pas faire de bruit alors que nous allions pénétrer dans l'appartement pour ne pas réveiller Elisha qui devait dormir. Cela m'énerva profondément, ce n'était pas un enfant que nous avions à la maison ! Mais je ne dis rien bien que mon regard dut être éloquent. J'étais surtout pressé d'entrer pour mettre en pratique toutes les idées que j'avais eues pendant le trajet. La route avait été longue, très longue et je n'en pouvais plus. Ianto n'eut pas le loisir de fermer la porte à clé derrière nous, je l'avais immédiatement plaqué contre celle-ci dès le pas de la porte passé. Mon envie était dévorante et je me fichais de qui pouvait bien nous voir ou nous entendre. Peu m'importait le lieu, je laissais ma passion me guider. En se contorsionnant, il réussit à échapper à mes mains et mes lèvres, il fit quelques pas en arrière pour me regarder, amusé. Il ne perdait rien pour attendre.

Je grognais pour lui signifier mon mécontentement tandis que je faisais courir sur son corps un regard indécent qui rendaient mes intentions éloquentes.
- Tu ne vas pas garder ton manteau n'est-ce pas ? me dit-il tout en me l'enlevant et en me faisant signe de retirer mes chaussures. Quoique …
- C'est une idée, rétorquais-je.
- Hum … juste ton manteau et toi nu dessous, oui c'est une très bonne idée, murmura-t-il en rangeant néanmoins le vêtement. Viens …

Il attrapa ma main et m'entraîna vers la chambre. Il ferma doucement la porte et nous pûmes reprendre là où je m'étais arrêté. Précipitamment, nous retirâmes tous ces vêtements décidemment de trop, et le contact de nos deux peaux nous fit gémir à l'unisson. Sa peau était douce et chaude, je sentis un léger parfum inhabituel, c'était le même que celui de ma peau, le gel douche que nous avions utilisé à Thames House. Nos deux corps entrelacés, nous nous effondrâmes sur le lit et malgré son désir qui lui faisait oublier ses blessures, je vis mon amant grimacer. Thames House encore …

Il ne se plaignait pas mais les coups qu'il avait reçus devaient le encore faire souffrir, cela me décida à m'occuper de lui. En contrôlant le poids de mon corps, je me plaçais au-dessus de lui, c'était très agréable de se caresser ainsi mutuellement juste en ondulant du bassin et cela me permettait de l'embrasser à ne plus pouvoir en respirer … J'attrapais ses poignets pour les emprisonner dans mes mains et partis explorer ce corps malmené. Je mordillais son oreille, je léchais ses tétons, je déposais des baisers le long de son torse en descendant toujours plus bas mais avec une lenteur qui découplait son désir et le mien. Je sentais son sexe dur contre mon ventre et quand nos deux érections se touchaient, il se cabrait tandis que des décharges de plaisir parcouraient nos corps. Je m'attardais sur son nombril sans le lâcher des yeux, il était si beau, les yeux fermés et le visage transformé par le désir. J'aimais voir son corps réagir à mes caresses, ses abdominaux se contracter sous mes doigts, ses mains se crisper sur mon corps, ses lèvres rougies par mon baiser laisser échapper des râles de plaisir … quand il ouvrit ses yeux enfiévrés, il me supplia de continuer. Je m'exécutais sans plus attendre, je libérais ses poignets pour attraper ses jambes et les écarter. Je continuais mes caresses dans cette zone intime qui m'était offerte, il voulut se redresser, inverser les rôles, mais en cet instant je trouvais mon plaisir dans le sien. Quelque part, à la lisière de ma conscience, j'étais encore peiné par le manque d'affection dont il avait été victime enfant, et j'avais juste envie de donner … Je redoublais d'adresse et sa volonté fléchit devant mon agilité, mais pas son érection qui durcit plus que jamais. Il vint vite, si vite que je crois qu'il en fut surpris lui-même. Mon expérience dont il ne voulait pas entendre parler …


Arianrhod  (19.12.2010 à 14:47)

J'attrapais ses lèvres pour un baiser fougueux, pour ma part j'étais toujours au garde-à-vous. Tout en l'embrassant, je préparais ma venue et je sentis son désir naitre à nouveau, il était jeune et plein de ressources. Je prenais mon temps alors que je désirais ardemment le pénétrer, j'étais endurant et expérimenté … Je lui caressais les fesses pour adoucir ma venue et quand mon sexe fut englouti en lui, nous fîmes l'amour, accompagnés par des mots d'amour même s'ils étaient crus, des gémissements et des cris de plaisir qui emplirent la pièce. Je ne fermais les yeux qu'au moment de ma jouissance car mon désir se nourrissait du spectacle érotique de nos deux corps intimement mêlés. Il m'accompagna un instant après, dans ma main qui le massait, dans un râle puissant, aussi puissant que le plaisir qu'il avait ressenti. Je m'effondrais sur lui en prenant garde d'éviter ses bleus, alors qu'il était encore secoué de spasmes de plaisir, les yeux fermés. Je me retirais à regret, comme je détestais ce moment … à quelques centimètres de son visage, il ouvrit enfin les yeux et je fus frappé … saisi par sa beauté, ses yeux d'un bleu pâle presque gris qui m'enveloppaient d'un regard doux et heureux, j'eus un pincement au cœur … on dit que les yeux sont les miroirs de l'âme et c'était une belle âme que je voyais, j'en fus subjugué.

Après une toilette minimale, sans même passer par la case douche, Ianto ferma ses yeux que je n'avais pas lachés, et il fut littéralement happé par le sommeil. Au bout de quelques minutes, sa respiration était régulière, son visage endormi tourné vers moi, détendu. Je posais ma main sur ses épaules, je fis courir mes doigts avec tendresse le long de son dos puis sur ses fesses rebondies, il frissonna mais ne se réveilla pas. Je tirais la couette sur son corps nu. J'étais fier de lui, des décisions qu'il avait prises même ses initiatives me paraissaient meilleures que de prime abord. Une seule et même longue journée pour clore deux dossiers épineux et nous étions ce soir à Cardiff sains et saufs, c'était inespéré. La respiration régulière de Ianto me fit papillonner des yeux et il me suffit de les fermer pour glisser, moi aussi, vers le pays des rêves.

Mais ce pays n'était plus fait pour moi, au bout de seulement quelques heures de repos je me sentais à nouveau en pleine forme. Je déposais un baiser sur son front avant de me lever. La douche finit de me réveiller mais lui n'avait pas bougé d'un iota. Je déposais un mot sur mon oreiller pour lui rappeler mon planning chargé de la journée, lui ordonner de rester chez lui toute la journée pour se reposer. Je soulignais deux fois les mots « rester » et « reposer » en espérant que cela suffise à lui faire comprendre que je ne voulais pas le voir de la journée. Dans la cuisine, j'hésitais longuement devant la machine à café flambant neuve. J'ouvris quelques placards à la recherche du café mais même avec le paquet dans une main et une tasse dans l'autre, je n'arrivais pas à me décider. Il allait m'arracher les yeux en cas d'erreur … et puis je ne connaissais pas du tout ce modèle. Finalement je posais le tout sur le plan de travail en soupirant, il fallait absolument qu'il me montre comment m'en servir. La cuisine et le salon étaient comme nous les avions quittés, Elisha si elle était bien là, n'avait laissé aucune trace de son passage dans ces pièces. Je quittais à regret l'appartement silencieux, dans la nuit noire et froide, sans même un café pour me donner du courage.

A quatre heures du matin, j'étais au Hub, dans mon bureau, à réviser les plans de l'attaque qui allait avoir lieu dans quelques heures. Concentré mais un brin triste, comme toujours au milieu de la nuit. J'essayais de m'occuper l'esprit surtout que j'allais enfin être dans mon élément, la chasse au weevil étant mon sport favori du moment. Malgré mes efforts, une fin de soirée tout à fait à mon goût, la quiétude du lieu accentuait mon sentiment de solitude. Je n'étais pas un oiseau nocturne, j'avais besoin de la lumière du jour pour briller. Au cœur de la nuit, je me sentais seul, les souvenirs affluaient et dans l'imbroglio de ma mémoire, je perdais toute notion du temps. L'image du spécialiste en matière de temps se matérialisait souvent, je ne savais même plus dire si Ianto était un souvenir où ma vie actuelle, tout se mélangeait, le passé, le présent, le futur … justement, quelque soit le présent, mon futur serait toujours solitaire. Jamais personne ne pourrait m'accompagner éternellement … j'avais les yeux dans le vide, fixés sur le mur d'en face. La sonnerie de mon téléphone portable obligea mon esprit qui s'était perdu à reprendre pied avec la réalité. C'était Abigaël, elle ne pouvait pas dormir et elle se demandait s'il en était de même pour moi. Finalement, ma nuit serait moins solitaire que prévu, je partis la rejoindre.


Arianrhod  (19.12.2010 à 14:47)

L'opération débuta quelques heures plus tard, alors que le soleil étirait ses premiers rayons dans un ciel qui se teintait de couleurs chaudes, les nuages se coloraient d'un rouge sang qui je l'espérais n'était pas de mauvaise augure. Sur le tarmac, les hommes se préparaient, ils avaient enfilé leur tenue de combat et la distribution des armes avait commencée. J'inspectais les troupes en distribuant mes conseils, en vérifiant les tenues, en réconfortant les plus nerveux. Abigaël était restée dans les bureaux en supervisant de loin les préparatifs, à la manière d'une bureaucrate. Elle n'aimait pas comme moi ce contact avec les hommes, c'étaient pourtant un de mes moments favoris, là où se tissaient des liens forts. Bon, il fallait aussi reconnaître que je trouvais l'uniforme excitant, celui de l'Unit n'échappait pas à la règle surtout avec le béret rouge. Je me demandais si Abigaël ne pourrait pas m'en obtenir un pour Ianto ...

L'opération était bien préparée mais qui pouvait savoir comment cela allait se dérouler ? Se confronter à des aliens était toujours angoissant et cette espèce, agressive, forte, n'échappait pas à la règle. Un animal blessé est toujours plus dangereux, il ne fallait faire l'erreur de les sous-estimer.

Les scans méticuleux des égouts de la ville nous avaient indiqués qu'ils s'étaient regroupés sur une zone de quelques kilomètres carrés. Les weevils avaient tendance à vivre en bande mais depuis que l'espace mutante était arrivée par flots continus, ils semblaient se regrouper d'autant plus. Toute l'opération consistait à les encercler dans cet espace qu'ils s'étaient appropriés et à les attaquer de toutes parts. Répartis en plusieurs groupes, c'était simultanément que nous descendîmes investir leur domaine. Cette fois, j'avais prévu des masques pour éviter de suffoquer dans l'air pestilentiel que nous allions respirer tout le long de la mission. Certains hommes avaient choisi de revêtir des combinaisons, pour ma part j'avais gardé mes vêtements habituels, il était hors de question d'en changer. Les premiers couloirs que nous inspectâmes étaient vides, j'entendis dans mon oreillette les autres équipes rapporter la même chose. Il faisait sombre et notre lente progression, pour le moment vaine, faisait monter la pression et la tension nerveuse. Je pouvais comprendre ce qui avait attiré les weevils dans cette zone des égouts, les couloirs étaient plus hauts qu'à l'accoutumée, c'étaient de vieilles canalisations aux dimensions généreuses.

Et puis soudainement, les enfers se déchaînèrent.

Ils surgirent de nulle part, en nombre, comme s'ils sortaient des murs, des plafonds … nous ne les avions pas vus mais ils étaient là, le spectacle était surréaliste et effrayant. Devant nous, derrière, au-dessus, en-dessous, j'avais l'impression d'être tombé dans un nid … ils avaient préparé leur attaque. Nous aussi mais ils nous avaient surpris et non l'inverse ! Les scans avaient sous-estimé leur nombre car j'entendis dans mon oreillette que tous les groupes subissaient une attaque simultanée et que le nombre d'aliens était impressionnant … pas si bêtes finalement. Comment cela était-il possible ? Peut-être abaissaient-ils la température de leur corps collés ainsi aux parois … comme les animaux qui hivernent. Les scans basés sur la détection de la chaleur ne les avaient pas comptabilisés. Leur nombre était hallucinant, je n'en revenais pas. Plus le temps de réfléchir, il fallait agir. Les lances flammes crachaient leur feu, je distribuais des coups de poings, de pieds, tout était bon pour les faire reculer.

La chaleur était montée d'un coup, les égouts s'illuminaient couleur flamme, les weevils grognaient, les hommes criaient. Oui, l'enfer était bien descendu sur Terre. Je me sentais galvanisé pour ma part et si d'autres paniquaient, ne sachant plus comment faire face, moi je me sentais dans mon élément. J'ordonnais à mes hommes de se mettre par deux, dos contre dos pour tenter de se défendre efficacement. Le massacre que je voulais tant éviter s'étendait à mes pieds.


Arianrhod  (19.12.2010 à 14:49)

Mais nous étions en train de reprendre le dessus, je demandais à mes hommes de tenter de les rassembler et d'utiliser les sprays paralysant dans les corps à corps. J'entendis soudain une forte explosion et au bout de quelques secondes, le souffle, je demandais des explications mais personne ne me répondit. Puis j'entendis la voix de Tosh m'expliquer que l'explosion était due à du gaz et qu'il fallait évacuer, elle était en train de couper l'arrivée mais pour le moment il y avait une fuite. Je ne savais pas ce qu'elle faisait là mais je me sentis ragaillardi de la savoir avec nous. Tous les weevils endormis furent remontés à la surface et confiés aux équipes d'évacuation. Ils furent placés dans des conteneurs qui seraient transportés par hélicoptère vers leur nouvel habitat. Je fis le point avec Abigaël, c'était évidemment mon équipe qui avait capturé le plus de weevils. Dès que Tosh aurait réglé le problème du gaz, il nous fallait y revenir et en finir vite. Je ne voulais pas que cette situation s'éternise. Ils étaient enfermés, une équipe avait condamné toutes les sorties y compris les bouches d'égouts. Un travail de fourmi qui était toujours en cours.

- Tosh, que fais-tu ici ? ! m'exclamais-je en rejoignant l'informaticienne.
- Jack je suis en communication avec la compagnie du gaz, m'expliqua-t-elle une main sur son oreillette.
- Oh.
Je la laissais faire en découvrant son installation, pas si sommaire, elle devait être là depuis un petit moment. Abigaël me rejoignit et me remerciât de la présence de mon agent. Tosh était habilité à donner des ordres à la compagnie anglaise et elle connaissait les protocoles, l'Unit aurait eu plus de difficultés. En attendant d'avoir des réponses, elle repartit aussitôt. Tosh coupa sa communication et se mit à pianoter frénétiquement sur son ordinateur portable, elle avait pris la main à distance sur les systèmes. Elle coupa l'arrivée en question.
- Voilà, il va falloir attendre un peu avant de pouvoir redescendre, c'est encore instable mais au moins il n'y a plus de gaz envoyé dans cette canalisation. Ils ont morflé, ajouta-t-elle simplement.
- Les weevils ? J'espérais que non, honnêtement Tosh, j'ai essayé. Mais c'est l'enfer là-dessous.
- Je sais … j'ai tout suivi sur les écrans.
Nos armes étaient dotées de caméras, tout ce que nous faisions était filmé et enregistré.
- Depuis quand es-tu là ?
- Ce matin, me révéla-t-elle en se tournant vers ses écrans et en reprenant son activité. D'après le prédicteur la journée sera calme, je suis plus utile ici qu'au Hub.
- Merci Tosh, répondis-je en voyant de loin les équipes se reformer.

Abigaël avait apparemment décidé que nous repartions. Elle me fit signe et je rejoignis mon équipe, le moral était bien entamé, les rangs s'étaient clairsemés et l'infirmerie remplie. Il fallait en finir, nous étions proches du but. La première attaque avait été certes meurtrière mais très efficace. J'insistais bien pour que cette fois ils tentent de les capturer. Ils me dévisagèrent avec un tel regard d'incompréhension que je dus leur rappeler que ces bêtes venaient d'un autre monde et que notre devoir était certes de protéger Cardiff mais de les respecter. Je donnais les mêmes consignes aux autres équipes, peut-être que cette fois nous allions remplir les conteneurs avec les derniers spécimens, je l'espérais en tout cas.

Effectivement, cette deuxième descente fut plus aisée et moins meurtrière, fort heureusement. Moins nombreux, effrayés, intoxiqués par le gaz qui s'était échappé, il fut plus facile de les capturer. Pour ma part, je laissais mon équipe œuvrer pour rejoindre avec quelques hommes celle d'Abigaël qui rencontrait plus de difficultés. Les weevils qu'ils croisaient semblaient enragés, ils étaient nombreux et les empêchaient d'avancer, comme s'ils protégeaient un lieu ou l'un des leurs. C'était effectivement leur chef qui se cachait là et malheureusement, dans la lutte nous dûmes l'abattre. Il avait des traces blanches sur son corps, comme des peintures tribales, nous avions aisément compris que c'était le weevil dont Juliette m'avait parlé, leur « caesar » comme elle l'avait baptisé. Accroupi au-dessus de son corps, Abigaël semblait heureuse, elle se tourna vers moi pour me parler et je baissais mon masque. Elle posa une main sur mon menton et avant même que j'ai le temps de réagir, elle déposa un baiser sur mes lèvres. Elle me sourit et repartit aussitôt. Je ne restais pas longtemps abasourdi, je retournais moi aussi superviser l'extraction des bêtes.


Arianrhod  (19.12.2010 à 14:53)

Deux heures plus tard, j'avais à nouveau rejoint l'informaticienne.
- Un café Jack ?
- Ah, oui, ce n'est pas de refus Tosh.
Un « Hum » de plaisir s'échappa de mes lèvres.
- Ianto est là ! m'exclamais-je.
- Oui, fit-elle en riant. Mon café n'a pas le même goût, n'est-ce pas ?
- Sans te vexer, le sien est meilleur.
- Et il semble que tu le reconnaisses entre tous.
- Passons … pourquoi je ne l'ai pas vu ?
- Je ne sais pas.
- Mais il est arrivé quand ?
- En même temps que moi. Il est là depuis ce matin.
- C'est étrange qu'il ne soit pas venu me voir.
- Peut être parce que tu lui as ordonné de se reposer aujourd'hui ? Tu sais bien qu'il sait se rendre invisible quand il le veut. Owen lui fait a aussi fait remarquer qu'il serait mieux chez lui qu'à traîner par ici et il a fini par admettre que tu lui avais demandé la même chose.
- Mais Owen est là aussi ?
Cela devenait un brin vexant, toute mon équipe était là en je n'en savais rien.
- Oui, il est à l'infirmerie, tiens le voilà.
- Salut Jack, fit-il simplement en nous rejoignant.
Il saisit une tasse et tenta de se servir un café. Tosh vint immédiatement à son secours, en souriant, il avait toujours un bras en écharpe ce qui l'incommodait grandement. Il ignorait complètement le regard courroucé que je posais sur lui.
- C'est l'enfer à l'infirmerie, ils délirent complément sur une histoire de virus qui les aurait infectés. J'ai fait des prélèvements et des piqûres préventives au cas où.
- Est-ce qu'il y a beaucoup de blessés ? s'inquiéta Tosh.
- Oui, pas mal. Les weevils ont de la force et des mâchoires puissantes, les dégâts sont importants.
Je me radoucis en entendant cela, c'était plus important que l'obéissance de mon équipe.
- Où est Ianto ? demanda Owen. Dans l'état où il est, il serait bien mieux chez lui.
J'allais rétorquer que c'était ce que je lui avais demandé, me plaindre qu'aucun d'eux ne m'écoutait jamais quand Tosh me vola la vedette.
- Comme s'il avait besoin de participer à une mission du MI5, s'offusqua-t-elle en ne regardant qu'Owen, en m'ignorant royalement.
- Ils ne l'ont pas loupé, je l'ai examiné dés qu'il est sorti du bunker. Si tu l'avais vu, il tenait à peine debout. Il a des côtes fêlées et de nouveaux hématomes.
- Les autres n'ont même pas eu le temps de guérir correctement, surenchérit-elle immédiatement.
- Tu le connais, il ne se plaint jamais, mais il a dégusté. Pauvre gamin, ajouta Owen l'air concerné.
- Il est certainement venu voir comment se passait la mission, supposa Tosh.
- Voir le héros à l'œuvre plutôt … murmura Owen mais suffisamment fort pour que j'entende.

Je les regardais tous les deux, tour à tour, je n'en revenais pas. Leur ping pong était censé me faire comprendre quoi ?
- Ça suffit tous les deux ! Pas la peine de faire comme si je n'étais pas là, m'offusquais-je. Où il se cache, Tosh ?
- Alors, là je n'en sais rien et même si je le savais, je ne te dirais rien !
J'attrapais mon téléphone, devoir utiliser un téléphone pour lui parler ! Je te jure …
- Ianto ! Où es-tu bon dieu ?
J'allais partir, entendis-je au bout de la ligne.
- Ramène tes fesses.
Je coupais la ligne, les deux amants, drôlement complices, me toisaient d'un regard qui en disait long sur leur désapprobation. Ma dernière réplique n'était que pour eux, histoire de les provoquer un peu plus. Owen trépigna un peu sur place avant de gonfler le torse comme s'il y allait avoir un combat entre nous, et me défier du regard. Quant à Tosh elle était outrée, elle me regardait sévèrement les bras croisés sur son torse. Qu'ils pensent ce qu'ils veulent … ils n'avaient pas vraiment compris que Ianto était aussi indépendant que discret et qu'il ne me demandait pas vraiment mon avis avant d'agir. Il était certes une victime mais il l'avait cherché, tout seul. Mais je n'allais certainement pas leur avouer mon manque d'autorité sur ma jeune recrue.
- Capitaine ! cria un homme de l'Unit à quelques mètres de nous.

Je dus m'éloigner pour savoir ce qui semblait inquiéter le militaire.
- Monsieur, plusieurs hommes se sont fait mordre.
- Je sais soldat, mon médecin me l'a dit.
- Pour certains, c'est grave mais le pire c'est qu'ils ont déjà la fièvre et ils ont peur d'avoir attrapé la rage.
- La rage ? Mais quelle rage ?
- La maladie qu'ils transportent …
- C'est n'importe quoi, il n'y a aucune maladie.
- Comment pouvez-vous en être sûr ? bredouilla le soldat intimidé.
- J'ai déjà été mordu soldat, d'autres de mon équipe également. Cela fait longtemps que nous les combattons, il n'y a jamais eu aucun malade, répondis-je fermement.
- Si vous pouviez venir voir par vous-même et leur dire …
- Où est Abigaël ? dis-je exaspéré.
C'étaient ses hommes qui paniquaient, pas les miens. Non, mes deux agents de terrain n'avaient, semblait-il aucun besoin de moi, quant à mon archiviste, il jouait au fantôme.
- Je ne sais pas, monsieur mais les hommes vous réclament, finit-il dans un murmure en jetant un coup d'œil à droite et à gauche.
Cela me fit sourire et je le suivis finalement jusqu'à l'infirmerie. De loin, je pouvais voir les bâches qui avaient été tendues afin d'organiser rapidement un centre de soins, cela me rappela d'autres infirmeries. Spectateur de l'Histoire je pouvais témoigner de l'horreur des guerres et les infirmeries étaient des lieux où je détestais aller. La boucherie y continuait et les cris étaient les mêmes que dans les tranchées … Néanmoins rien de tel ici, en peu de temps toute la médecine moderne avait investi les lieux. Je vis quelques blessures impressionnantes, des hommes et des femmes qui allaient être évacués par hélicoptères ou ambulance vers les hôpitaux les plus proches. Les autres seraient soignés sur place puis sur la base de l'Unit. Il était important de conserver une certaine discrétion même si le barrage routier mis en place autour du site devait attiser les curiosités. Je fis le tour des blessés, je les rassurais prenant le temps de discuter et d'inspecter leurs blessures. Je leur parlais des weevils, des nombreuses chasses que j'avais menées, des blessures qu'ils nous avaient infligées. Je mettais en avant l'expérience d'Owen qui les avait soignés. Jamais aucune maladie ne s'était développée, il n'y avait aucune raison que cela soit différent aujourd'hui. Malgré cela, les précautions prises par Owen les mettaient à l'abri de tout danger.

Quand je pus enfin rejoindre Tosh et Owen, je vis au loin Ianto et Abigaël s'éloigner. Je pestais en pressant le pas.
- Tosh, où sont-ils tous partis ?
- Owen est rentré au Hub. Il voulait analyser au plus vite les prélèvements.
- Que voulait Abigaël ? Pourquoi est-elle partie avec Ianto ?
- Faire un point, je crois …
- C'est avec moi qu'elle ferait mieux de faire un point, m'énervais-je. Surtout qu'elle faut qu'elle recadre ses hommes. Ils se croient infectés par les weevils, je te jure. Il a fallu que je les rassure.
Tosh était concentrée sur ses écrans, des programmes défilaient sous ses yeux mais je n'y comprenais rien. Apparemment ce que je lui racontais ne l'intéressait pas. Je ne m'en offusquais pas, c'était souvent ainsi.
- Où sont-ils partis ?
C'était vraiment pénible de devoir poser sans cesse cette même question, tout de même. Mais le camp était grand et je n'avais pas envie de leur courir après, j'avais ma fierté.
- Jack ! Je ne connais pas leur agenda ! Règle tes problèmes avec Ianto et Abigaël, seul.
- Pourquoi dis-tu que j'ai un problème ?
Tosh se mordit la lèvre inférieure en cessant enfin de se concentrer sur ses programmes pour reporter son attention sur moi. Je lui fis une moue dubitative qui la décida à poursuivre ses révélations.
- Ça ne me regarde pas mais après le baiser qu'elle t'a donné … Elle se fait des idées Jack, elle a demandé à Ianto si tu étais disponible … côté cœur.
- Comment tu sais pour le baiser ? dis-je ne fronçant les sourcils.
- Je te rappelle que vos armes sont munies de caméras.
- Et évidemment, il y en avait une braquée sur nous ?
- Évidemment, répondit Tosh comme si c'était une évidence.
Je n'avais pas vu mais dans le feu de l'action on ne vérifie pas ce genre de détail.
- Qu'a répondu Ianto ? demandais-je curieux.
- Il a dit de voir cela avec toi.
- Elle est maline …


Arianrhod  (19.12.2010 à 14:54)

Chapitre 51 : Elisha

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Je supervisais l'évacuation des weevils, admirablement secondé par Tosh quand je vis enfin Abigaël pointer le bout de son nez, par ailleurs très joli, mais en cet instant c'était l'exaspération qui prédominait sur toute autre considération. Elle nous honorait enfin de sa présence, elle avait abusé de son temps pour se changer. Elle portait un de ses ensembles favoris, une jupe noire, une veste cintrée assortie qui laissait dépasser un chemisier à frou-frou et, bien entendu, de hauts talons. Elle était superbe mais je trouvais cela déplacé, l'opération était loin d'être terminée et ses hommes travaillaient encore à toutes sortes de tâches. Certains dans les égouts afin de vérifier qu'aucune bête n'avait été oubliée parmi les nombreux cadavres en cours d'extraction, d'autres s'occupaient des weevils qui reprenaient conscience, d'autres encore enlevaient les barricades des égouts, … de nombreuses petites équipes qu'il fallait coordonner si on ne voulait pas encore être là quand la nuit tomberait. Je lui fis comprendre en quelques mots que sa présence à l'infirmerie en particulier et sur le terrain en général était nécessaire, bien préparer une opération ne suffisait pas, il fallait la superviser dans ses moindres détails et cela jusqu'au bout, même si cette partie pouvait paraître ennuyeuse. Elle perdit son joli sourire et je vis Tosh apprécier mon discours. Je les quittais sur ce sermon, j'avais flairé une odeur de frites qui trouvait un écho dans mon estomac vide.

Des « fish & ships » en main, je me baladais au gré des installations cherchant vaguement mon Gallois à la présence fantomatique. Je tombais nez à nez avec l'objet de mes convoitises, je me demandais, amusé, qui de nous deux fut le plus étonné.
- C'est quoi cette tenue ? demandais-je en guise d'entrée en matière en avalant les dernières frites trempées dans la mayonnaise.
Il portait un jean clair et une veste sportive marron, le tout lui allant fichtrement bien.
- Je ne travaille pas …
A la lumière du jour son bleu au visage était bien visible, il avait pris des teintes violacées qui avaient dû susciter quelques interrogations de la part d'Abigaël.
- Ah, si. Tu crois peut être que l'on peut faire du tourisme ici ? Je peux savoir ce qui te fait sourire ?
- Rien … une image s'est imposée à moi, laisse tomber, déclara-t-il devant mes sourcils froncés.
- Pourquoi tu n'es pas venu me voir ce matin ? J'avais besoin d'un café serré, lui reprochais-je.
- Parfois, je me demande si tu n'es pas attiré uniquement par mon café, murmura-t-il en me regardant à son tour avec perplexité, un sourcil levé.
- C'est quasiment la première chose que j'ai découverte de toi, me rappelais-je avec un sourire en coin, mais il n'y a pas que cela qui soit un plaisir pour les papilles Mr Jones. C'est juste l'entrée qui vous donne une furieuse envie de goûter le reste, terminais-je en souriant, prêt à re-goûter justement.
Mais quand je voulus illustrer mon propos, il recula évitant tout contact physique, visiblement mal à l'aise ainsi entouré de soldats qui vaquaient pourtant à leur occupations sans se préoccuper de nous. Je fis quelques pas vers de hauts conteneurs qui nous donneraient un semblant d'intimité. J'attrapais la manche de sa veste pour l'entraîner avec moi de peur qu'il ne s'échappe, une fois de plus.


Arianrhod  (28.12.2010 à 15:19)

- Alors, l'action te manquait, au point de venir voir le match à la télé ?
- Il faut croire que j'y prends goût.
- Peut être, mais pour cela il te faudrait mon autorisation et tu es loin de l'avoir. Parce que la base d'une opération réussie, c'est l'obéissance sur le terrain et on ne peut pas dire que tu sois doué de ce côté-là.
Il ne dit rien, soudain concentré sur ses chaussures, avec son pied, il déplaça un bouchon qui trainait par là. Etrange (Étrange) attitude, je sentais qu'il avait une furieuse envie de fuir.
- Que voulait Abigaël ? relançais-je.
- Avoir des informations professionnelles et aussi personnelles, dit-il lentement, mais tu le sais déjà, n'est-ce pas ?
- Pourquoi ne lui as-tu pas répondu ?
- Parce que je ne sais pas ce que tu veux … ce que tu veux lui dire, se reprit-il en me lançant un regard de chien battu qui m'atteignit en plein cœur. Ma réponse ne se fit pas attendre.
- Tu peux lui dire que nous sommes ensemble. Cela ne me dérange pas, au contraire, répliquais-je fermement.

J'étais toujours dans mon rôle de donneur d'ordres, j'avais un peu de mal à en sortir et Ianto en faisait les frais. J'en prenais conscience et son regard n'y fut pas étranger … c'était incroyable la manière dont ce gosse pouvait me retourner tel une crêpe. Je n'aimais pas le voir triste, non décidément, cela m'était insupportable. Cela torturait mon cœur, ses regards de biais, inquiets, étaient autant de flèches qui faisaient mouche … cela me fit penser à la toile représentant le martyr de Saint Sébastien, les mains liées dans le dos, transpercé de nombreuses flèches. Mais je n'avais rien d'un saint et de mes mains libres je voulais rassurer mon jeune amant. Mais encore fallait-il savoir s'y prendre, sinon tout archer qu'il était, il irait planter ses flèches ailleurs …

- Ce n'est pas une bonne idée Jack … dit-il tout bas, ce n'est pas professionnel et puis ça va jaser.
- Alors là, si tu savais comme je n'en ai rien à faire. Si tu me disais ce que tu es vraiment venu faire ici ? réclamais-je d'une voix adoucie en m'approchant de lui.
Je n'étais plus qu'à quelques centimètres.
- J'étais curieux …
- Comme si la journée d'hier n'avait été suffisante en émotions fortes …
- Capitaine ! cria un homme à quelques mètres de nous me coupant la parole.
- C'est pas vrai ça ! m'exclamais-je laissant mon exaspération éclater.
J'étais en train de prendre un peu de distance et d'avoir une conversation personnelle … et ce foutu job me rattrapait. Il me rattrapait toujours.

- Je ne peux pas être tranquille deux minutes, dis-je en soupirant, c'est juste le temps que j'ai eu pour manger.
- Vas-y ils ont besoin de toi. Je vais rentrer, Elisha m'attend de toute façon …
- Deux minutes ! criais-je à l'intention du soldat qui n'avait pas bougé.
Il semblait déterminé à m'attendre, malheureusement.
- Tu allais me dire la vraie raison de ta présence, repris-je en tentant d'ignorer la pression que je ressentais avec ce soldat planté dans mon dos.
J'examinais Ianto qui prenait son temps pour répondre. Je le trouvais bizarre, mal à l'aise, est-ce qu'il me cachait quelque chose ?
- Mais rien Jack …
Je croisais les bras sur mon torse signe que j'allais lui tirer les vers du nez et que je ne bougerais pas tant qu'il ne m'aurait pas répondu. Une attitude qu'il connaissait bien et que je réalisais à la perfection. En général, les aveux ne résistaient pas longtemps à mon air contrarié, sévère et autoritaire. Il leva les yeux au ciel en comprenant le message.
- Je voulais assister à l'opération … vous voir à l'œuvre. Quand vous revenez des missions, vous êtes marqués par ce qui s'est passé, c'est toujours intense et ce n'est pas quelque chose que l'on peut vraiment partager. Je le vis par procuration mais moi je reste en dehors de tout cela parce que je n'ai pas vécu, pas vu … et …
- Et ?
- Je voulais voir par moi-même et je n'ai pas été déçu. C'était juste incroyable … toute l'opération était impressionnante. Et toi, te voir ainsi … distribuer les ordres, rétablir la situation, te battre, c'était juste … whaou ! expliqua-t-il les yeux brillants d'admiration et de fierté.
Il était sincère, cela se voyait.
- Tu le serais tout autant si tu savais que tu ne craignais rien, murmurais-je un brin amer.
- Non, dit-il d'une voix grave en secouant la tête, quelque chose me dit que tu étais comme cela avant. J'en suis sûr.
Il planta ses yeux dans les miens et une flèche de plus me transperça, il voyait l'homme que j'avais été, avant. J'avais toujours été bagarreur, courageux voire téméraire, un leader dans l'âme.
- Ensuite, reprit-il en déglutissant difficilement, je me suis demandé ce que je faisais là, je ne voulais pas te gêner d'une manière ou d'une autre. Je comprends, tu sais, ce que vous avez partagé, l'adrénaline, et puis elle est si belle ... finit-il dans un murmure à peine audible.
- Mais tu es resté, rétorquais-je comme une victoire.
C'en était une. Je me remémorais, avec une pointe de nostalgie et de tendresse, l'instant magique où j'avais senti que j'apprivoisais l'animal blessé. Mais il n'en restait pas moins blessé, il en serait probablement longtemps ainsi, je le savais … et mon instinct me révélait que ses blessures se réveillaient.


Arianrhod  (28.12.2010 à 15:19)

Appuyé contre un conteneur, il était embarrassé, il ne savait plus où regarder ni que faire de ses bras. Empoté était le terme qui lui convenait en cet instant mais je ne le trouvais que plus touchant, quelque soit la situation il resterait mon Gallois sexy …
Pour une fois, il me semblait avoir compris ce qui s'était passé dans sa tête.
- Viens ici, dis-je en l'attrapant par le cou et en l'attirant à moi avec un immense sourire aux lèvres.

Quel idiot, il était intimidé. Pourtant il me connaissait bien, il connaissait même intimement chaque parcelle de ma peau … Mais c'était peut-être la première fois qu'il me voyait ainsi depuis Canary Wharf. J'étais moins tourmenté qu'à cette époque là, plus sûr de moi, plus efficace, plus heureux aussi … il était certain que j'avais plus de panache que la veille, dans le bunker, attaché à une chaise, impuissant à le défendre. Il n'avait pas osé venir me voir durant l'opération et la fin l'avait troublé ... le baiser que m'avait volé Abigaël avait réveillé en lui des interrogations, un premier pas vers la jalousie, pensais-je.
Un premier pas que je découvrais avec fierté, il avait soufflé sur les braises de mon orgueil qui s'en trouvait ravivé, et je sentis au creux de mes reins cet échauffement.

Comme seule réponse à ses craintes, qui plus est justifiées, je l'embrassais en me concentrant sur l'amour que je ressentais pour lui, tentant de lui transmettre un message clair. Il répondit au baiser avec une telle dévotion que j'hésitais à chercher un coin sombre pour le déshabiller et le faire mien. Il agrippa mon manteau et moi ses fesses, il laissa échapper un gémissement, des frissons parcoururent mon échine … c'était le temps de la passion entre nous et j'aurais pu rester des heures à l'embrasser si une toux discrète mais persistante ne l'avait pas fait lâcher mes lèvres. Moi j'avais plutôt décidé de l'ignorer.

Avant de déverser toute ma frustration sur le soldat qui m'attendait, je proposais à Ianto de me suivre dans mes déambulations en lui demandant de me seconder dans mes tâches, il fallait un alibi à ma tête de mule. Après une ou deux tentatives maladroites de se dérober en bafouillant des excuses, il accepta. Je captais un regard où je lus, sans erreur possible, de la fierté et de la reconnaissance. Une flèche de plus à son actif, qui m'atteignit faisant un peu plus de dégâts encore … était-ce possible ? Il fallait croire que oui.

Avec curiosité et entrain, il me suivit toute l'après-midi m'aidant à résoudre les nombreux problèmes de logistique qui ne manquèrent pas de se poser. Tout dans son attitude démontrait que c'était ce qu'il espérait en venant ici. Il était fier de me seconder et heureux … Les hommes le dévisageaient, le reconnaissaient parfois, mais il conserva une attitude neutre et détendue qui me conforta dans ma démarche. Il n'avait nul besoin de ma protection, il était venu au milieu d'une opération de l'Unit de son propre chef, il avait décidé d'affronter ces regards. Nous croisâmes Abigaël plusieurs fois pour faire le point et coordonner nos actions mais le reste du temps je la voyais nous observer de loin. C'était la première fois qu'elle nous voyait ensemble et elle tentait de se faire une idée de notre relation. Cela lui donnait du fil à retordre, c'était clair. A sa décharge Ianto n'était pas facile à lire, quant à moi, c'était à peu près la même chose. Un léger flirt n'était pas un crime … certaines personnes en restaient là, d'autres en voulaient plus. Abi appartenait à cette seconde catégorie, elle n'est pas vraiment du genre à qui l'on résiste, d'ailleurs rien ne lui résistait longtemps. Elle avait les dents longues et vu les regards langoureux qu'elle me lançait, toujours perchée sur ses hauts talons, elle avait jeté son dévolu sur ma personne.

Ce n'était pas pour me vanter mais accompagné de mes agents, les choses allaient tellement plus vite … d'abord Tosh, maintenant Ianto qui avait bien souvent des réponses pleines de bon sens, d'intelligence et … parfois de malice, mais cela m'était destiné. Il avait un sens inné de l'organisation agrémenté d'un pragmatisme qui faisaient de lui la personne idéale pour gérer cette fin de mission. J'avais défendu l'importance de notre présence auprès d'Abi mais je reconnaissais que c'était une partie tellement moins palpitante qu'elle me pesait à moi aussi. Ianto dû le sentir car il prenait de plus en plus d'initiatives au fil de nos inspections. Je lui laissais déployer ses idées, il ne lui avait pas fallu longtemps pour comprendre que je lui laissais une place dans mes décisions. Il savait s'y prendre, faire passer ses idées sans que cela ne paraisse jamais un ordre, cela me rappela Canary Wharf … La manière dont il m'avait pris dans ses filets, je n'étais plus dupe, juste amoureux.


Arianrhod  (28.12.2010 à 15:20)

Il prit connaissance de tous les rapports, mémorisant chaque mot, chaque information sans même le vouloir, et en moins d'une heure il nous mit devant quelques contradictions … qui nous auraient sautées au visage trois heures plus tard, trois heures de travail gagnées.

Tandis que l'on me mettait au courant de l'opération d'évacuation des weevils, il stoppa net devant les cages, happé par la vision de ces bêtes en cage.
- Ils vont décoller très vite, expliquais-je en posant une main amicale sur son épaule.
Je voulais attirer son attention, je savais pertinemment qu'il percevait leur souffrance.
- Nous avons prévu un habitat similaire là-bas, dans quelques heures, tout sera fini, le rassurais-je.
- Des égouts ?
- Pas tout fait, dis-je en souriant, mais j'ai fait en sorte que cela s'en rapproche beaucoup.
Assis dans leur cage, ils se serraient les uns contre les autres et gémissaient à l'unisson. Dans nos cellules nous les habillions, cela effaçait quelque peu leur caractère animal mais sous nos yeux, ils étaient nus. Des animaux sauvages en cage, malmenés et loin de chez eux.
- Que font-ils Ianto ?
- Ils pleurent, me révéla-t-il en les quittant enfin des yeux. Ils sont effrayés, ils partagent leur douleur entre eux. Certains sont blessés et souffrent, m'indiqua-t-il répondant à ma question muette. Les bracelets …
- Pour les comptabiliser, rien de plus. Continuons, dis-je fermement.

Quand je fus certain que l'opération touchait à sa fin et que tous les impondérables avaient été réglés, Torchwood quitta les lieux et Abi dû s'y résoudre. Tosh partit rejoindre Owen qui était toujours au Hub et qui attendait son chauffeur pour rentrer, quant à nous deux nous partîmes à l'appartement. Ianto me laissa rejoindre Elisha, il voulait faire quelques courses et il insista pour que je rentre me reposer.

- Bonjour ? dis-je un peu fort en passant le pas de la porte, je ne voulais pas surprendre cette Elisha que je ne connaissais pas.
- Oh, bonjour, fit-elle en me dévisageant, évidemment surprise de me voir.
Je lui souris amusé par sa réaction, elle me regardait debout dans le salon, le canapé juste derrière elle. Elle devait lire car un livre était posé sur le cuir du canapé, en entendant la clé dans la serrure, elle s'était levée. Elle avait un mug en main et semblait comme figée, ne sachant que dire ou faire. Cela me donna quelques instants pour la détailler à mon tour. Grande, plutôt mince bien que la manière dont elle était habillée ne me permettait pas d'en être certain. Elle portait un gilet long, gris clair qui descendait à mi-cuisse et qui faisait de nombreux plis et replis. Aux manches, au col, tout paraissait trop grand … dessous elle avait un débardeur blanc et j'aperçus un autre gilet gris qui se fermait en-dessous de sa poitrine. Que de complications … c'était bien une fille. En guise de pantalon, des leggings gris qui s'arrêtaient aux mollets. Même les chaussures paraissaient trop grandes, des espèces de bottes en laine, grises également. Elle baissa les yeux, embarrassée par mon regard, puis elle les releva avec grâce et un sourire sur les lèvres. Ianto m'avait dit qu'elle était douce et c'était effectivement ce qui se dégageait d'elle, mais elle était aussi très jolie. Mate de peau, elle avait des origines afro mais pas seulement … Son visage était encadré par de jolis cheveux souples et bouclés qui lui tombaient sur les épaules, à la manière dont elle les faisait bouger, on aurait presque dit qu'elle voulait s'y cacher. C'était en fait son sourire qui donnait de la douceur à son visage, un joli sourire servi par des lèvres épaisses qui brillaient sous l'effet d'un quelconque rouge-à-lèvres très discret. Elle avait des yeux noirs qui à présent mes fixaient, je me demandais ce qu'elle pensait de moi, ce que Ianto lui avait dit. J'enlevais mon manteau car il faisait très chaud, et bien sûr mes chaussures comme Ianto l'exigeait.
D'ailleurs, elle avait conservé les siens, était-ce du favoritisme ?
- Ianto t'a autorisé à garder tes chaussures ?
A ma décharge, ce silence devenait gênant, il fallait bien lancer la conversation d'une manière ou d'une autre. J'étais curieux … pas jaloux, non.
- A vrai dire, je ne l'ai pas vu depuis Londres. Vous êtes rentrés tard hier soir, dit-elle en baissant soudain un peu la tête et en se mordant les lèvres où un sourire en coin naissait.
Elle nous avait donc entendus.
- Et, reprit-elle, ce matin quand je me suis levée, il était déjà parti. C'est un lève-tôt et moi une couche-tard, alors …
J'étais en train de me battre avec mes lacets quand elle me rejoignit pour enlever ses bottes. Il fallait croire qu'elle était maladroite car en les retirant, elle failli tomber deux fois et je finis par lui tenir la main pour qu'elle ne se fasse pas mal. Elle me sourit pour me remercier et je pus l'examiner de plus près. Je lus dans ses yeux la seconde chose que Ianto m'avait révélée d'elle, de la tristesse. Une infinie tristesse qu'elle pouvait tenter de cacher en souriant mais qui se révélait dans ses yeux. Eux ne souriaient pas.

- Ianto n'est pas là ? demanda-t-elle tandis que nous quittions l'entrée, tous les deux en chaussettes.
- Il arrive, il est allé faire quelques courses pour nous préparer à manger.
- Décidément … il change.
- Est-ce un mal ? tentais-je avec douceur mais il y avait un brin de défi dans ma voix qu'elle capta très bien.
- Non, oh non, je suis très contente pour lui. Je suis juste étonnée, cela va si vite ... Je ne le voyais pas acheter un appartement par exemple.
- Mouais, pour l'appartement, c'était un peu contraint et forcé, il ne te l'a pas dit ?
Elle soupira en s'asseyant sur le canapé, je pris place à côté d'elle. J'avais envie de prendre une douche, mais elle pouvait m'en apprendre plus sur le propriétaire des lieux, surtout en son absence. Ce n'était pas mon style de rater des opportunités.
- Non … mais c'est habituel chez lui, il ne se confie pas facilement.
Ça, ce n'était pas nouveau …
- Je lui ai un peu forcé la main, avouais-je.
- Ah ! s'exclama-telle, je me disais aussi que c'était radical. De ce point de vue, il est comme moi, fit-elle toute fière. A quoi bon ? Je ne comprends vraiment pas cette manie d'amasser des objets.
- Ce sont des souvenirs, une manière de se sentir bien, de se sentir chez soi, expliquais-je avec lassitude.
Pourquoi devais-je leur expliquer ce genre de choses ?


Arianrhod  (28.12.2010 à 15:22)

- C'est bien cela … Je n'ai aucun souvenir à chérir. Enfin, pas tout à fait, j'ai une photo de Ianto dans mon sac. Ne sois pas offusqué …
Je balayais la question d'un signe de la main, je lui servis un air confiant pour l'inciter à continuer. Immédiatement convaincue, elle reprit la conversation. Une photo de Ianto ? Je n'aimais pas du tout cela.
- Simplement c'est la seule bonne chose qui me soit arrivée dans ma vie. Pour le reste, je merde tout le temps, sur le plan personnel, je parle. Question boulot, je suis plutôt au top, bien que j'aie trahi tous les secrets qui me soient passés entre les mains ... Je les ai donnés à Yvonne. Quelle sale époque ... conclue-t-elle dans un souffle désespéré.
En prononçant ces mots, elle remonta ses genoux sous son menton, elle se recroquevillait entourant ses genoux avec ses bras, le langage du corps était clair, pensais-je.
- Toujours plus de mensonges, des mensonges pour cacher des mensonges … la peur d'être découverte, c'était vraiment affreux. Sans compter le stress du boulot, non vraiment, je ne vivais pas. Je survivais.
- Qu'est-ce qui t'y obligeait ?
- Des tas de choses … elle savait manipuler les gens mais avec moi, cela a toujours été frontal, je la détestais et elle le savait. Elle m'avait promis de tester l'ADN des aliens pour chercher mon père et puis …
Elle avait les yeux dans le vague.
- Et puis ? relançais-je doucement.
- Elle utilisait les sentiments fraternels que j'avais pour Ianto. Il était au plus mal avec elle … Il ne serait pas content s'il entendait ce que je dis, mais c'était la vérité. Ils avaient atteint le point de non-retour.
- Il me l'a raconté.
- Je sais qu'il a une confiance absolue en toi, commença-t-elle en se tournant vers moi.
Elle semblait très sérieuse.
- Tu l'as sauvé des mains de ce gros porc de Mace … Mais je ne sais pas si tu as une vue d'ensemble sur sa vie à Torchwood un, dit-elle hésitante. Moi-même je ne suis pas sûre de l'avoir. Leurs rapports étaient vraiment complexes et il répond rarement aux questions que je pose. Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
- Je ne pense pas qu'il aimerait que je te raconte.
- Tu as probablement raison … fit-elle en posant son menton sur ses genoux.
Elle ne connaissait pas l'étendue de mes connaissances et moi les siennes. Avec cela, on était bien embarrassés.

- Il se rebellait à sa manière. Il n'y avait guère que lui pour oser la braver, reprit-elle.
Elle avait apparemment décidé de partager sa vision des choses.
- Parfois j'avais le sentiment que cela plaisait à Yvonne, continua-t-elle, comme si cela la mettait en valeur, un faire-valoir. C'était un point de désaccord entre nous, mais moi, je voyais au fond de ses yeux sa cruauté. Car elle l'était … elle disait que cela faisait partie de son éducation, y compris les punitions pour désobéissance, mais cela est allé de mal en pis quand elle a découvert …
- Qu'est-ce qu'elle a découvert ?
- Qu'il la manipulait lui aussi. Grâce à sa télépathie, il avait à quelques reprises semé des idées dans son esprit ...
Elle me regarda de biais, essayant de deviner si je voyais à quoi elle faisait allusion. Je voyais ses yeux m'épier à travers ses boucles brunes.
- Je sais ce que c'est, je l'ai vu faire.
- Ah, fit-elle soulagée.
- Il est gonflé … c'était risqué et ça n'a pas dû lui plaire.
- Ça non ! Surtout qu'elle avait un mental très fort, d'après Ianto, précisa-t-elle rapidement. Elle l'a puni, une fois de plus mais surtout, elle l'a éloignée d'elle car elle s'est mise à avoir peur de lui. Comme les autres. Il avait fait cela pendant son sommeil, elle a vraiment flippé, expliqua-t-elle en regardant en face d'elle et en souriant, se remémorant probablement des souvenirs. Elle l'a enfermé aux archives, mais tu le sais déjà. Ça me déchirait le cœur quand j'allais le voir, heureusement il avait Lisa … mais elle était à sa solde, comme nous tous. Il le savait mais … il fallait bien survivre. Merci.
Je me laissais aller dans le canapé.
- Merci de l'avoir sauvé ... murmura-t-elle.
Elle n'était pas si mal finalement.

- Puisqu'on en est aux mercis, merci aussi de m'héberger, ajouta-t-elle.
- Ianto ne m'a pas demandé mon avis ! rouspétais-je. Tu n'es là uniquement parce qu'il l'a décidé.
- Oh, lâcha-t-elle un peu étonnée et gênée.

Elle fut sauvée par l'arrivée de Ianto …


Arianrhod  (28.12.2010 à 15:22)

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