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Série : Torchwood
Création : 08.07.2010 à 14h02
Auteur : Arianrhod
Statut : Terminée
« après la bataille de Canary Wharf, Jack et son équipe arrivent sur les lieux ... Quels étaient les secrets d'Yvone ? Que va découvrir Jack dans cette tour qui va changer sa vie ? » Arianrhod
Cette fanfic compte déjà 218 paragraphes
A midi, j'avais terminé de régler les détails concernant les survivants. J'avais apposé ma signature sur chaque dossier et décidé de toutes les affectations, enfin de toutes sauf celle de Ianto. Je ne me décidais pas à le laisser partir avec ce satané colonel fichtrement désagréable. Je transmis les dossiers avec ordre de les évacuer immédiatement. Ianto m'avait regardé sans rien dire, puis il était retourné un peu précipitamment à son ordinateur. Pensait-il que son affectation était parmi celles que je venais de transmettre ? Si près du bon dieu et il n'en profitait pas … étrange. Pourtant j'avais son avenir entre mes mains … mais il devait le croire scellé puisque je lui avais dit non. Le colonel le voulait et bien sûr il le savait. Si ce n'était pas Torchwood Cardiff ce serait l'Unit, en Angleterre ou ailleurs. Il ne connaissait pas mes réticences. Malgré cela, il ne ménageait pas le colonel, il était assez clair pour moi qu'il ne l'aimait pas.
J'avais également rédigé une note qui indiquait le montant des indemnités qui leur seraient versées et suggérait une cérémonie pour remettre une quelconque médaille aux survivants.
- On va manger ? dis-je en me levant et en m'étirant. Toute une matinée assis, c'était un record, même à Cardiff je ne tenais pas aussi longtemps.
- J'ai trié la moitié des dossiers concernant les objets aliens. Ceux-là, vous pouvez les signer sans même les ouvrir, ce sont des objets sans importance. Ceux-là sont intéressants et inoffensifs. Quand à cette dernière pile, ce sont les objets dangereux.
Il posait ses mains à chaque fois sur les piles et j'aimais bien regarder les mains. C'était une espèce de lubie … parfois je pouvais décrire les mains d'une personne mais pas les traits de son visage. Il avait de très belles mains, de longs doigts plus fins que les miens.
- Et les couleurs ?
Chaque dossier était surplombé d'une fiche colorée.
- C'est pour les reconnaître. Et chaque dossier porte une pastille de couleur au cas où … enfin, pour votre classement quand vous arriverez à Cardiff.
Mon classement … s'il savait. Ces dossiers allaient finir dans les bas fonds du Hub ... je ne comptais pas les classer. Mais il devait s'en douter sinon il n'aurait pas utilisé les pastilles de couleur.
Il éteignit son ordinateur portable et me suivit vers la tente où nous allions prendre notre repas avec le reste des troupes.
- Je te rejoins Ianto, je passe voir Tosh et j'arrive, lui dis-je.
Et accessoirement en apprendre un peu plus sur ton passé, Ianto Jones.
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* ESPT = état de stress post-traumatique
** creuset Decadron = un creuset decadron est un dispositif de confinement temporaire qui se matérialise autour d'une personne sans méfiance. Il ressemble à un grand cylindre en verre acrylique avec coussin d'air pour la victime. Le dispositif comporte deux interrupteurs sur le front, les deux éteignent l'appareil, mais un seul le fait sans tuer l'occupant.
Chapitre 9 : Myfanwy
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- Tosh ? appelais-je en entrant dans sa tente, ne voyant pas la jolie informaticienne.
- Je suis là ! me répondit-elle en apparaissant derrière son mur d'ordinateurs. Je viens d'avoir un court-circuit, je redémarre tous les ordinateurs. J'ai perdu mes dix dernières minutes de travail … heureusement que je sauvegarde régulièrement. Et toi tu avances dans tes dossiers ? me demande-t-elle en s'extirpant de sa montagne de fils tout en faisant attention de ne rien débrancher par maladresse.
- Oui, j'ai fini toutes les affectations des survivants et Ianto a bien avancé sur les artefacts. Je pense que l'on pourra programmer une expédition chez HC Clements très vite.
- Fantastique Jack ! Après j'aurais du travail pour toute une vie et enfin des archives à ma disposition. On gagnera en efficacité.
- Bien sûr, fis-je sans le croire vraiment. Je voudrais que tu fasses une recherche pour moi.
- Dis-moi.
Elle se réinstalla derrière ses écrans, chaussa ses lunettes en attendant que je lui indique ma requête.
- D'abord, je voudrais le dossier médical de Ianto à Torchwood 1.
- Les dossiers médicaux nécessitent des accréditations de haut niveau mais j'ai pénétré tout le système. Je vais pouvoir te trouver cela.
J'attendais espérant me tromper.
- Tiens le voilà.
Je lus le dossier, tout comme Tosh, mais rien n'était indiqué. Il n'y avait même aucune référence à ses contusions antérieures.
- Plutôt léger comme dossier. C'est quoi cette référence, MBT0019 ? me dit-elle en désignant le dossier à l'écran.
- Aucune idée.
Elle fit une recherche mais ne trouva aucune correspondance.
- Qu'est-ce que tu cherches exactement Jack ?
- Je veux vérifier une hypothèse. Tu peux te connecter aux rapports de la police de Cardiff d'ici ?
Au vu de son sourire, je compris que oui.
- Je garde toujours un œil sur Cardiff. Qu'est-ce que je cherche ?
Je calculais rapidement les dates et lui demandais de chercher un rapport sur violence sur mineur au nom de Jones.
- Tu crois que …
- Je ne suis pas sûr.
Au bout de quelques minutes, nous retînmes notre respiration en trouvant le dossier en question … le rapport de police et la décision de justice sur le placement des enfants Jones, Ianto et Riahnon. Une voisine avait alerté à plusieurs reprises, voyant les enfants délaissés, mal nourris, mal habillés. Elle avait appelé la police le jour où elle avait compris que cela allait plus loin. Un dernier clic nous permis de consulter les photos qui complétaient le dossier, Ianto alors qu'il avait une dizaine d'années ... c'était difficile à regarder, il avait reçu une sacrée raclée. Tosh enleva ses lunettes et me regarda intensément.
- Comment as-tu deviné ?
- Owen lui a fait passer des radios.
- Il est resté en institution ou bien ses parents l'ont récupéré ?
- Ils sont morts deux ans plus tard dans un accident de voiture.
Nous restâmes silencieux tous les deux, le temps d'assimiler ce que nous venions de voir, le temps de nous remettre émotionnellement.
- Tu viens manger avec nous ? proposais-je doucement.
- Je devrais mais je n'ai plus faim.
- Je comprends … Tu ne m'as pas appelé hier soir, j'en ai conclu que Suzie s'en était bien sortie ?
- Oui, ce n'était qu'une très courte ouverture, elle est allée vérifier mais il n'y avait rien.
- Tant mieux, à tout à l'heure Tosh.
Je repartis en essayant de chasser ces images de mon esprit et rejoignit Ianto qui m'avait gardé une place près de lui. Il m'avait pris un plateau repas et m'attendait pour commencer à manger au milieu d'une troupe qui ne parlait que de l'incident du matin. Le James, devenu fameux, fut accueilli par des applaudissements. Il me jetait des coups d'oeils inquiets mais Ianto m'indiqua à l'oreille qu'il s'était déjà fait passer un sacré savon par Mace. J'applaudis bien fort, j'avais décidément un esprit de contradiction assez développé. Nous nous éclipsâmes au moment des cafés, Ianto alla préparer les nôtres dans la tente médicale comme il en avait pris l'habitude. Je retrouvais Owen qui réglait les derniers détails des transferts.
- Je vois que tu as avancé dans tes dossiers, me dit-il alors que nous entrions dans le domaine du médecin.
- Cela t'étonne ?
- Ah, oui carrément. Vu le temps que tu tiens assis derrière un bureau, je suis vraiment sur le cul !
- Owen fis-je sur le ton de la réprimande, je suis ton boss.
Je voyais Ianto nous observer tout en préparant le café.
- Et alors ?
- Rien, fis-je d'un ton las en m'asseyant.
La joie du repas ne m'avait pas fait oublier ce que j'avais appris.
- En tout cas c'est une bonne surprise, je n'ai plus de patient ni vivant ni mort, plus de psys sur le dos, le bonheur. Quand est-ce que je rentre ?
Je vis du coin de l'œil, Ianto marquer une pause à cette annonce.
- Je ne sais pas si Tosh t'en a parlé mais nous avons une expédition à faire chez HC Clements.
- Tu rigoles, j'espère ? Elle ne me parle que de ça depuis deux jours. Mais vas-y, je n'ai pas vraiment écouté.
Je fus un peu interloqué du peu d'intérêt pour Tosh mais je ne dis rien.
- Yvonne conservait toutes les données sur des serveurs autonomes dans les sous-sols de Clements. Il y avait anciennement des laboratoires qu'elle avait, soi-disant, abandonnés. On va y aller sans l'Unit, nous trois et Ianto. Il y a aussi des sauvegardes à récupérer.
- Et tu crois que le colonel ne va s'apercevoir de rien ?
- On y ira ce soir, ce sera plus discret. Mais je ne lui dois rien, c'est moi le boss ici.
- Ok, ok.
Ianto nous apporta nos tasses, nous prîmes les premières gorgées dans un silence religieux.
- Alors mec, tu ne m'as pas demandé de cachets hier ? T'as pris tes affaires, tu t'es installé où ?
- Dans une tente où il restait de la place. J'essaie de m'habituer à dormir sans.
- Et ça a marché ?
- Pas encore.
- Je te laisserais quelques cachets si tu veux, au cas où.
- Merci Owen. Capitaine, il y a un détail dont je ne vous ai pas encore parlé chez HC Clements.
- Je t'écoute fis-je intrigué.
- Eh, bien … il y a une sorte de chien de garde là-bas. Un … ptérodactyle en fait.
- C'est une blague ? s'étrangla Owen.
- Non … mais il est un peu apprivoisé.
- Comment ça UN PEU ? demanda Owen.
- Quand les troupes l'ont ramené, c'est moi qui m'en suis occupé. Je peux l'approcher … en faisant très attention bien sûr, il donne des coups de becs terribles.
- C'est une excellente nouvelle ! m'exclamais-je en souriant.
Ianto ne me rendit pas mon sourire cette fois, il me regardait comme s'il s'était douté de ma réaction. En revanche, Owen ne s'y attendait pas et faillit s'étrangler avec son café, une seconde fois.
- On devrait normalement le confier à l'Unit mais on va le garder, les informais-je.
- Mais ça va pas bien … le garder, mais où Jack ?
- Dans la base bien sûr, moi j'y ai pensé tout de suite, pas toi ?
- Garder un ptérodactyle ? Euh, laisse-moi réfléchir. Non ! Je n'y ai pas pensé et ce n'est pas normal que tu y penses. Tu veux qu'on se fasse bouffer ou quoi ?
- Mais non, il suffira de tendre un filet.
- Mais bien sûr !
- Ça va être génial … fis-je en imaginant le ptérodactyle voler dans les hauteurs du Hub.
Oui, vraiment cela allait être parfait, tout à fait dans le style du Hub.
- T'es pas bien mon vieux … fit Owen en me voyant rêver.
- Avec un filet en métal, cela ne devrait pas poser de problème, ajouta Ianto en prenant une gorgée de café.
- Tu trouves ça normal Ianto de garder un ptérodactyle comme animal de compagnie ? tenta Owen.
- Je l'ai appelée Myfanwy, c'est une femelle je crois.
- Comment ça se fait que tu t'en sois occupé ? lui demandais-je alors qu'Owen abandonnait visiblement la partie sans comprendre notre intérêt pour le dinosaure.
- Ils sont arrivés en pleine nuit avec l'animal et je ne dormais pas … alors je les ai aidés et … elle a bien voulu que je la nourrisse, au début avec les autres elle ne voulait pas. Mais Yvonne n'a pas voulu la garder, je lui ai proposé de la mettre là-bas. L'idée lui a plut, alors voilà.
- Ça va pimenter un peu cette sortie, parfait ! fis-je en me levant.
- Comme si ça nous manquait, le piment, râla Owen en levant les yeux au ciel.
Ianto se leva aussi, il ramassa les tasses et les ramena à la machine à café.
- Tu vas annoncer la bonne nouvelle à Tosh, Ianto ?
- Oui, monsieur.
- Tu me retrouves ensuite ? Je préfère un peu de compagnie pour continuer à travailler sur les dossiers …
- Ah, ouais d'accord j'ai compris. C'est lui qui a fait tout le boulot, c'est ça ? fit Owen en me regardant très sérieusement.
Ianto sortit en me laissant régler cela avec le médecin.
- Pour ta gouverne, j'ai épluché tous les dossiers et ça m'a pris la matinée. Mais c'est vrai que Ianto m'avait préparé le travail …
- Je n'ai pas vu passer son dossier, comment ça se fait ? me demanda Owen d'une voix adoucie.
- Je … fis-je hésitant.
- T'es pas décidé c'est ça ?
- Je lui ai déjà dit non.
Owen réfléchit quelques instants.
- Tu m'as sauvé Jack, je pense que j'aurais sombré dans une dépression sans toi, j'étais tellement en colère …
- Il ne réagit pas comme toi.
- Possible, mais ce n'est pas pour autant qu'il n'est pas aussi secoué, je crois qu'il cache tout cela très bien.
- Justement.
Owen soupira.
- C'est toi le boss comme tu dis.
- Sois prêt quand on viendra te chercher.
Je sortis et rejoignis ma tente.
J'étais allé chercher Owen comme chaque membre de mon équipe, en le choisissant soigneusement. Avec Ianto, c'était différent … quoique, on ne peut pas dire qu'il me faisait du rentre dedans. Il fallait que je me décide, il allait bientôt comprendre que je n'avais pas transmis son affectation et je ne voulais pas lui donner de faux espoirs. Je me donnais encore un peu de temps pour l'observer. Nous allions passer l'après-midi ensemble, ce serait à nouveau l'occasion d'apprendre un peu à le connaître.
Ma table était couverte de dossiers colorés, je ne savais pas comment j'aurais fait sans l'aide du jeune gallois. Les dossiers pourtant déjà classés, me narguaient, me décourageant déjà de les étudier. C'est sûr que l'aide de Ianto serait précieuse pour démarrer une nouvelle collaboration avec l'Unit … mais est-ce que je ne cédais pas à la facilité ? Est-ce que je ne faisais pas entrer le loup dans la bergerie ? Tellement de secrets, on finit par se méfier de tout et de tout le monde.
Ianto entra avec un thermos de café et un regard compatissant. Mon envie devait vraiment se lire sur mon visage … il prit place en face de moi et me tendit quelques dossiers aux pastilles roses, les dossiers faciles.
- Une autre tasse peut être ? dis-je cherchant désespérément une motivation.
Il me servit généreusement et se mit au travail. Je fis de même avec beaucoup, beaucoup moins d'entrain. Je n'avais qu'une hâte, aller chercher ce ptérodactyle ...
Chapitre 10 : Bienvenue à Torchwood 3
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L'après-midi passa très lentement, je ne savais pas pour Ianto, mais moi je comptais les dossiers traités pour me motiver. J'avais commencé par les dossiers faciles d'après le classement de mon tout nouvel assistant. J'avais lu les premiers, vérifiant ses critères de classement mais comme tout me paraissait parfait, je me mis à signer les dossiers sans même les ouvrir. Ceci étant fait, je m'attaquais aux dossiers qu'il me fallait lire, en diagonale mais lire quand même, et là ce fut moins drôle, on pouvait dire que mon enfer commença. De plus Ianto continuait son tri, j'avais donc des piles de dossiers qui ne diminuaient pas. Vraiment décourageant.
Je fis de nombreuses pauses et il me fallut tout le thermos de café à moi tout seul pour éviter de tomber en léthargie. D'ailleurs où avait-il trouvé ce thermos ? Et ces fiches colorées et les pastilles ? Tout cela était un mystère pour moi, je n'avais rien vu de tel à notre disposition. Toute cette organisation me dépassait mais je reconnaissais que c'était fort pratique.
Comme prévu, je profitais de ce tête à tête pour lui poser quelques questions sur ses fonctions à Torchwood 1. Je faisais cela par curiosité mais lui devait imaginer que je tentais de tromper mon ennui. J'étais quasi certain qu'il ne se doutait pas que je l'évaluais, que je tentais de prendre une décision. Il répondit à toutes mes questions avec intérêt, il était manifestement très attaché à son travail et enthousiaste. Ses compétences ne faisaient plus aucun doute, je comprenais pourquoi Yvonne lui avait confié de telles responsabilités. En retour, il me posa quelques questions sur notre manière de travailler à Cardiff. Je restais le plus évasif possible mais je crois qu'il comprit que les dossiers et les archives n'étaient pas vraiment le socle de notre travail ... je n'en étais pas spécialement fier, Tosh s'en plaignait tout le temps, mais depuis ce terrible réveillon de l'an 2000 je n'avais tout simplement jamais repris cette partie.
S'il était inquiet sur la suite de sa carrière, il ne le montra pas. Il ne me posa d'ailleurs aucune question sur son avenir. Il ne le savait pas mais je lui en étais gré, je n'avais pas envie d'être à nouveau dur avec lui.
Au fur et à mesure de nos bavardages, je sentais qu'il se détendait, qu'il se livrait un peu plus. Il finit par me poser quelques questions sur ce qui s'était passé, sur les Daleks qu'il ne connaissait pas. Il y était allé doucement comme s'il craignait ma réaction, ou peut être était-ce la sienne dont il avait peur ? Je lui répondis même si reparler de ces événements ne me réjouissait pas, il avait le droit de tout savoir. Alors qu'il me regardait droit dans les yeux, avec ce regard franc qui le caractérisait, il les baissa pour m'interroger sur les cybermen. Pourquoi essayait-il de cacher sa tristesse ? Cela m'échappait mais je lui dis tout ce que je savais. Il passa les mains sur son visage comme pour chasser sa peine et reprit son travail. Pourquoi travaillait-il avec moi ? Cela aussi restait mystérieux à mes yeux. Après ce qu'il avait vécu il aurait été normal qu'il prenne un peu de temps pour se remettre, comme tous les autres le faisaient. Il n'avait aucune obligation, il travaillait pour Torchwood 1 pas pour moi. J'avais beaucoup de questions, je savais que je n'obtiendrais pas facilement de réponses, mais je devais reconnaître que j'appréciais de plus en plus la compagnie du garçon. Et son travail, bien entendu.
En début de soirée, je lui demandais d'aller chercher Tosh, de mon côté je fis appeler Owen. L'informaticienne arriva avec les plans des sous-sols, Owen avec trois armes et Ianto avec nos oreillettes. J'avais l'impression que c'était mon équipe qui se réunissait ... Owen distribua les armes mais Ianto refusa la sienne.
- Je n'ai eu que la formation de base et ce n'était pas brillant, je ne voudrais pas blesser quelqu'un.
- Dans ces conditions, dis-je en riant, je la reprends.
J'imaginais déjà sa formation au maniement des armes … j'avais une méthode toute personnelle qui fonctionnait très bien et qui avait l'avantage d'allier travail et plaisir …
- Jack ! m'apostropha Tosh me tirant brutalement de mes forts agréables pensées, tu as écouté ce que j'ai dit ?
- Et qu'est-ce tu disais ? dis-je en me penchant sur les plans.
- J'ai rempli le SUV de matériel et averti HC Clements de notre arrivée. Apparemment ils ont vu remonter la troupe qui gardait les lieux quand les cybermen ont débarqués.
- Ils ont déguerpi ? Tant mieux ce sera plus facile pour nous. Qu'ils se débrouillent, je n'irais pas les chercher.
- Chez HC Clements, ils se demandaient quand quelqu'un allait appeler, ils entendent des cris étranges.
- C'est sûrement Myfanwy, elle doit être affamée … expliqua Ianto manifestement ennuyé pour sa protégée.
- Parfait ça un ptérodactyle affamé ! Ça ira question piment Jack ? fit Owen outrancièrement. Il t'a parlé de sa nouvelle lubie, Tosh ?
- Ianto m'a expliqué, je trouve que c'est une bonne idée, ajouta-t-elle avec son doux sourire.
- Trois contre un mon pauvre Owen, fis-je en riant.
- Vous travaillez tous à Torchwood, ça ne compte pas.
- Tu ne travailles pas à Torchwood ? demanda Ianto ne comprenant plus rien.
- Si, mais moi je suis le seul à avoir une vie normale, à sortir, enfin tu vois. Je ne suis pas con-ta-miné.
Tosh se détourna du médecin et se concentra sur les plans. Je laissais tomber moi aussi, il n'avait pas tort.
Ianto nous indiqua où se trouvaient les serveurs, les laboratoires abandonnés et mon très cher ptérodactyle. Nous prîmes le SUV, en essayant de rester discrets. Je quittais avec un immense plaisir le quartier branché de Canary Wharf.
Le directeur de la société de sécurité nous attendait, mécontent mais conscient des événements qui s'étaient déroulés à Canary Warf. Quand je lui expliquais qu'Yvonne n'avait pas les autorisations pour occuper ses sous-sols, qu'il aurait dû la dénoncer et qu'il était responsable, il se calma et collabora. Il nous donna tous les codes d'accès qu'il avait en sa possession.
Avant de descendre, Ianto nous distribua les oreillettes pour communiquer, mais lui-même n'en avait apparemment jamais porté. Ce modèle très sophistiqué devait être placé entièrement dans l'oreille et je remarquais en même temps que Tosh qu'il hésitait sur la manière de le placer.
L'informaticienne se décida à l'aider mais Ianto faisait ma taille soit trente centimètres de plus ce qui ne lui rendait pas la tâche aisée même sur la pointe des pieds. Owen remarqua leur manège et tout en râlant prit la place de Tosh et montra à Ianto comment placer correctement son oreillette pour ne pas la perdre.
Je ne pus m'empêcher de sourire en les voyants tous les trois. Oui définitivement une équipe, mon équipe, et Ianto y avait déjà trouvé sa place. C'était décidé, je l'engageais.
- Ça y est Ianto ? fis-je un peu sévèrement.
Il n'était pas interdit de s'amuser un peu, n'est-ce pas ?
- Euh, oui je crois … merci. C'est que je n'ai pas trop l'habitude …
- Oui ça se voit. Allez on y va.
Et là, je vis le regard noir d'Owen et celui offusqué de Tosh. Ils ne disaient rien mais n'en pensaient pas moins tandis que Ianto rougissait légèrement en baissant les yeux.
Je jubilais intérieurement. Eux qui ne se soutenaient jamais prenaient spontanément la défense du plus jeune. Incroyable et génial, cela me confortait dans ma décision. Finalement, c'était facile et j'étais soulagé, moi qui me décidais vite d'habitude ces hésitations m'avaient grandement agacé.
Nous descendîmes sous terre et effectivement, on pouvait croire les lieux vides mais après un long couloir et une lourde porte, nous avions devant nous un sas transparent des plus récents. Même morte, Yvonne continuait à m'exaspérer. Est-ce que cela aurait une fin ? Elle s'était payé ma tête de nombreuses années et chaque nouvelle découverte me le rappelait douloureusement. La colère montait en moi de manière fulgurante, je crois qu'elle n'était jamais bien loin ... j'alternais entre colère et tristesse à une vitesse incroyable. Devant ce sas sophistiqué, la colère l'emportait haut la main. Tosh travailla à son ouverture avec fébrilité pendant plusieurs minutes. Quand enfin il s'ouvrit, nous pénétrâmes armes en mains, Ianto fermait la marche. Le sas donnait sur une salle circulaire et immédiatement Tosh vit la salle vitrée des serveurs. Elle ne cacha pas sa joie devant ces serveurs dernière génération. Nous n'existions plus, nous la laissâmes découvrir les machines, ce n'était pas tous les jours Noël.
Mais je n'étais pas en reste car j'avais pour ma part repéré une autre vitre d'où l'on pouvait voir le ptérodactyle en liberté volant autour d'une sorte d'immense puits dans une très grande salle.
- Ne compte pas sur moi Jack, pour t'aider à attraper ce truc, fit Owen alors que nous approchions.
- Il y a des laboratoires de ce côté, tu n'as qu'à aller voir Mr Courage.
- Je rêve ! Ce n'est pas une question de courage, vous êtes complètement inconscients, oui. Bonne chance, ce n'est pas la peine de m'appeler si le bestiau vous bouffe un bras.
Sur ce, il partit.
- On y va ? dis-je plein d'entrain en sortant une énorme seringue contenant un somnifère puissant pour cette beauté d'un autre âge. Ianto hocha la tête.
Nous fîmes un premier essai d'approche mais le bestiau, comme Owen l'appelait, piqua du nez manquant effectivement de nous arracher un bras ou pire.
- Elle est drôlement excitée … beaucoup plus que d'habitude, c'est votre après-rasage, proposa Ianto en reprenant son souffle.
- Je n'en porte pas !
- Vous sentez naturellement comme ça ?
- Phéromones du 51ème siècle, vous n'avez pas idée ! Et pour cause me dis-je. Prêt pour un autre essai ?
- Je le suis si vous l'êtes.
Nous pénétrâmes à nouveau dans l'antre du dinosaure, en nous séparant cette fois. Le bestiau se calma et se posa en face de nous. Il était magnifique, d'où venait-il ? De si loin dans le temps … bon maintenant, il fallait lui injecter le contenu de la seringue.
- Je vais faire l'appât Ianto, occupe-le.
- Non.
- Quoi ?
- Elle me connaît, je ferais un bien meilleur appât.
- Non, bien trop dangereux …Il va te réduire en miettes, pas maintenant que j'ai décidé de t'engager ! pensais-je.
- Non, J'ai une arme secrète. Du chocolat. Noir de préférence.
Archiviste, organisé et courageux, pas mal.
Tandis que Ianto tentait une approche frontale, je la contournais pour essayer de lui faire l'injection. Tout se passait bien, jusqu'à ce qu'elle décolle et moi avec. Quelle force et quel vol ! L'atterrissage allait être douloureux … mais Ianto fut là pour amortir ma chute. Et après avoir évité de justesse le ptérodactyle qui succombait à l'injection, je me retrouvais dans une position à laquelle je ne m'attendais pas, pas si vite en tout cas …
Ianto était allongé sur moi, si proche que je pouvais sentir son souffle rapide sur ma bouche, si proche que je pouvais apprécier son odeur, si proche que je ne pouvais qu'admirer ses yeux dont je vis les iris s'ouvrir, si proche que la tentation de d'embrasser ses lèvres charnues était très forte. Il ne bougea pas tout de suite, ses yeux aimantés aux miens, je sus alors qu'il partageait ce pur moment de plaisir et de désir avec moi. Son corps comme le mien réagissaient agréablement à ce contact, révélant sans erreur possible son attirance … jusqu'à ce qu'il se lève brusquement et s'éloigne en murmurant je ne sais quelle excuse.
- Eh ! Ianto resta là.
C'était un ordre et il le comprit, il s'arrêta net sans pour autant se retourner. Je m'approchais les mains dans les poches.
- Je te propose une place dans mon équipe.
- Je ne veux pas d'une promotion canapé ! dit-t-il avec force en se tournant vers moi.
Il avait du mal à respirer.
- Ça ne va pas ?
- Ce sont mes côtes, je crois qu'elles n'ont pas apprécié votre poids, murmura-t-il en essayant d'ouvrir doucement sa cage thoracique pour faire entrer l'air.
- Ianto, tu n'y es pas du tout. Je choisis avec soin les personnes que j'engage et cela fait un moment que je t'observe. Je t'offre une place, c'est à prendre ou à laisser.
Il plongea son regard dans le mien toujours troublé, je crois par ce qu'il avait ressenti. Le corps n'obéit pas toujours à l'esprit, j'avais le sentiment qu'il était le premier étonné de sa réaction. Et moi cela m'amusait grandement, j'allais de surprise en surprise avec cet archiviste. Il me regardait avec toujours autant de respect mais il y avait de la curiosité maintenant. Mon charme, mes phéromones … tout le monde y était plus ou moins sensible. Il n'y avait guère qu'Owen que je laissais de marbre.
- Je veux travailler pour vous … oui, c'est d'accord, dit-il très doucement en baissant les yeux.
- Parfait ! fis-je en lui donnant un coup dans l'épaule sans réfléchir, je l'attrapais juste à temps alors qu'il s'effondrait inconscient.
- Owen ! Tu peux venir ? Ianto s'est évanoui.
Je l'allongeais à côté de Myfanwy en attentant le médecin.
- Mais qu'est-ce que lui a fait ce monstre ? hurla Owen en s'approchant de nous.
- Ce n'est pas le ptérodactyle. Je lui suis tombé dessus.
- Ce n'est pas vrai … c'est mon patient Jack ! Je t'interdis de lui tomber dessus, ok ?
- Comme si je l'avais fait exprès ! Elle m'a baladé en hauteur, c'était marrant et Ianto a amorti ma chute …
- Eh mec, fit Owen en lui donnant de petites claques et en prenant son pouls.
- Au fait, je l'ai engagé.
Owen leva ses yeux vers moi et me sourit, satisfait.
- Dieu merci, on va avoir du bon café toute l'année … ça c'est une grande nouvelle. Eh ! fit Owen alors que Ianto revenait à lui, bienvenue à Torchwood 3.
Chapitre 11 : Des dons de recruteur
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Je regardais le dinosaure que nous allions ramener au Hub, je n'aurais probablement pas beaucoup d'autres occasions de le voir de près. Vraiment fascinant. Pendant ce temps, Owen s'occupait de Ianto qui reprenait quelques couleurs sous les mains expertes du médecin.
- Ça mange du poisson ? demandais-je.
- Oui, répondit Ianto, je m'occuperais des commandes si vous voulez.
- Ouais, il vaut mieux, je n'ai pas envie d'avoir un dinosaure affamé au-dessus de moi quand je travaille. Bon, Ianto, je vais te faire un bandage pour tes côtes ça ne sert à rien si ce n'est à maintenir tes muscles, ce sera moins douloureux. Il est encore faible Jack, il a passé deux jours sans manger et son traumatisme crânien est encore récent, ça serait une bonne idée de ne rien tenter pendant quelques jours.
Pourquoi s'adresse-t-il à moi ?
- Je n'ai pas prévu de lui tomber dessus tous les jours Owen !
- C'est pour tes prochaines idées Harkness, je te connais, fit-il en me jetant une œillade d'un air convenu.
Il était encore en colère ou en tout cas il faisait toujours semblant histoire de pouvoir râler. J'allais partir chercher un sac qui nous aiderais à transporter le dinosaure quand il lui demanda de se dévêtir pour faire son bandage. Je pouvais bien attendre deux minutes en continuant d'observer la bête, l'air de rien. Après tout, je ne savais pas quand j'aurais une autre occasion de le voir torse nu et j'étais curieux. Il se déshabilla en prenant son temps, comme dans toute chose. Owen l'aida à retirer sa chemise qui lui résistait. Il semblait avoir bien plus mal qu'avant et quand Owen lui demanda de lever les bras, il devint à nouveau livide.
- Owen, fis-je alors que le médecin se concentrait sur son bandage, il est blanc.
- Il est gallois !
- Plus que d'habitude.
- Ça va monsieur, c'est juste que c'est douloureux répondit-il en serrant les dents.
Owen se pressa constatant comme moi qu'il ne se sentait pas bien, la douleur devait être intense.
- Tu peux te rhabiller Ianto. Qu'est-ce qu'on en fait ? dit-il sa besogne terminée en désignant la ptérodactyle endormie.
J'avais eu mon spectacle, qui ne m'avait pas déçu, il fallait maintenant revenir aux choses sérieuses.
- Tu m'aides à la ramener au SUV et je fais un aller-retour à Cardiff. Vous restez ici avec Tosh, j'imagine qu'elle ne voudra pas quitter ses serveurs si vite.
Je lançais les clés du SUV à Ianto qui s'était relevé et boutonnait sa chemise.
- Tu vas nous ouvrir le coffre ?
Ianto nous attendait assis sur le trottoir quand nous arrivâmes avec la bête qui pesait terriblement lourd. Il nous fallait encore la soulever pour la mettre dans le coffre. Nous fîmes une pause avant la manœuvre histoire de reprendre notre souffle.
- Tu ne peux pas soulever de poids Ianto, fit Owen qui malgré le manque de souffle avait réussi à prendre un ton autoritaire alors que Ianto se levait.
Apparemment aider le démangeait.
- Tu es prêt Owen ? dis-je au frêle médecin qui avait tout donné sur le chemin du retour, je le devinais à la couleur de son teint qui avait viré au rouge cramoisi.
Ianto était plus grand et plus costaud, à trois cela aurait été vraiment plus facile.
- J'te jure qu'est-ce qu'il faut pas faire … allez on en finit.
Nous réussîmes à soulever la bête et à la placer dans le coffre du SUV.
- Monsieur, est-ce que je pourrais vous accompagner ?
Je ne m'y attendais pas vraiment.
- Eh bien … oui, pourquoi pas, qu'en dis-tu Owen ?
- Il peut, je ne pense pas que tu aies encore de malaise … si bien sûr tu te ménages. Pas sûr que tu y arrives … dit-il en réfléchissant, plus pour lui lui-même que pour nous. Tu prends tes calmants pour la douleur.
- Bien docteur, répondit Ianto en souriant.
Il s'installa à côté de moi et nous partîmes immédiatement pour Cardiff.
Le trajet se fit dans le silence, Ianto regardait par la fenêtre les paysages défiler. J'allais le faire entrer par le parking souterrain et cela me contrariait un peu, j'aimais faire découvrir le Hub par le haut. En utilisant le filtre de perception et l'entrée devant l'immense sculpture, la découverte du Hub était encore plus impressionnante. Toujours le souci de soigner mes entrées … une de mes lubies, assumée.
- Cela fait longtemps que tu n'es pas retourné à Cardiff ? dis-je pour lancer une conversation.
- Oui … ça fait longtemps.
- Combien ?
Il hésita avant de répondre.
- Une décade.
- Non ? Je pense que tu vas trouver la ville changée.
Il hocha la tête et retourna à sa contemplation, le front posé contre la vitre. On ne pouvait pas dire que c'était un grand bavard, cela compenserait ma gouaille qui elle avait besoin d'un certain espace. Il finit par s'endormir et la radio fut ma seule compagnie jusqu'aux garages du Hub. Suzie nous attendait, je l'avais appelée sur le trajet.
- Ianto Jones, je te présente Suzie Costello, chef en second.
- Bonjour Madame, dit-il d'une voix encore endormie en lui serrant la main tendue.
Elle le regardait avec une curiosité toute détachée. Si, c'était possible, mais je n'avais vu ça que chez elle, rien ne semblait jamais vraiment la toucher.
- Tu t'es fait plaisir sur ce coup-là, me confia-t-elle alors que je contournais le véhicule pour ouvrir le coffre.
Pourquoi tout le monde pensait que je l'avais engagé pour sa gueule d'ange ? Je l'avais d'abord engagé pour ses qualités professionnelles … le reste était un bonus, certes bien agréable mais jamais je ne l'aurais embauché pour cette unique raison. J'avais un peu plus la tête sur les épaules tout de même ! Cette réaction m'étonnait un peu … me décevait peut-être ? L'image de Dom Juan que je m'étais forgé en collectionnant les conquêtes d'un soir me revenait tel un boomerang … mais cela ne devait pas entamer la confiance de mon équipe dans mon jugement. Je devais avoir leur loyauté et obéissance la plus absolue … Ne rentrais pas qui voulait à Torchwood, je recevais des lettres de candidature de l'Unit toutes les semaines. Et si j'avais finalement accepté celle de Ianto, c'était que Torchwood avait besoin de lui. Le pire ou le plus drôle était que le garçon était effectivement tout à fait à mon goût. L'avoir tous les jours sous nez … la tentation serait grande et la chasse inévitable. Pour ce jeu être deux était beaucoup plus stimulant mais ce que nous avions mutuellement senti me semblait un début très prometteur.