HypnoFanfics

Made by Torchwood

Série : Torchwood
Création : 08.07.2010 à 14h02
Auteur : Arianrhod 
Statut : Terminée

« après la bataille de Canary Wharf, Jack et son équipe arrivent sur les lieux ... Quels étaient les secrets d'Yvone ? Que va découvrir Jack dans cette tour qui va changer sa vie ? » Arianrhod 

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Chapitre 18 : Pas un agent de terrain

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J'aspirais à un peu de calme, j'avais envie de faire le point … sur ma vie avec celui qui occupait de plus en plus mon esprit et mon cœur, Ianto. Il faisait maintenant partie de ma vie intime et j'avais beaucoup de questions, d'interrogations même si j'appréciais cette part de mystère qu'il avait en lui.

Mais comme souvent, la faille de Cardiff contrecarrait mes plans, une seule journée de calme depuis Londres où j'avais dû éplucher des dossiers, certes à grand renfort de café et de douceurs, mais le soir Ianto m'avait laissé seul pour sortir avec Owen et je n'avais pas eu ce moment tant attendu. Aujourd'hui le prédicteur annonçait une importante ouverture pour la fin d'après-midi. Nous n'avions pas avancé non plus sur Suzie. Ianto n'avait rien trouvé sur le groupe de parole qu'elle fréquentait ni sur l'homme avec qui elle semblait avoir des relations privilégiées. Cela ne m'empêchait pas d'être de plus en plus inquiet.

Malheureusement, ce qui devait se produire se produisit, un pic important au nord de Cardiff. J'emmenais toute l'équipe, Ianto nous guiderais depuis le Hub. Sur place, nous découvrîmes un bâtiment entier de télécommunications hors service.
- Une cyber-attaque ? me demanda Ianto dans mon oreillette.
- Non, non … c'est autre chose, répondis-je en découvrant les lieux. Il y a des blessés, appelle des ambulances.
- Je m'en occupe.
Les ingénieurs qui travaillaient dans la salle de commandes semblaient avoir été brûlés … en tout cas cela sentait la chair brûlée et ils hurlaient de douleur, pourtant on ne distinguait aucune blessure extérieure. Owen resta avec les blessés tandis que Tosh essayait de comprendre ce qui était arrivé aux ordinateurs. Le bâtiment était vaste, avec Suzie, nous partîmes inspecter les installations pour trouver si possible l'origine de ce chaos. Nous étions partis depuis une quinzaine de minutes quand Owen m'indiqua que les ambulances étaient arrivées.

Il eut alors un bruit assourdissant, je mis mes mains sur mes oreilles et je vis Suzie faire de même le visage déformé par la douleur. Quand enfin le bruit cessa, plusieurs secondes après, nous étions tous les deux à genoux tentant de reprendre notre souffle. Je vis du sang couler des oreilles de Suzie, j'essayais de lui parler mais mes tympans vibraient encore, je n'entendais rien et elle non plus. Je savais mes aptitudes régénératrices à l'œuvre et j'attendais de retrouver mes capacités auditives. Ma perception des bruits se fit meilleure, je tentais de joindre Owen puis Tosh et enfin Ianto … personne ne répondit, ils devaient être dans le même état que Suzie. Elle n'entendait toujours rien mais je décidais de continuer à inspecter les bâtiments. Après quarante-cinq minutes de recherches infructueuses et toujours sans nouvelles de l'équipe, nous repartîmes vers l'immense salle de contrôle.


Arianrhod  (11.08.2010 à 11:48)

A ma grande surprise, il n'y avait plus personne et le SUV n'était pas là non plus ... Je tentais de communiquer avec la police grâce à mon oreillette mais cela ne fonctionna pas, même chose avec mon téléphone portable et le téléphone fixe de la pièce. Je jurais copieusement réalisant que ces appareils avaient subis le même sort que toute la station de communication. Suzie sourit, elle entendait mieux. Nous avions inspecté une grande partie des installations, quelque soit la chose qui avait été à l'œuvre j'avais le sentiment qu'elle n'était plus là et que c'étaient plutôt Tosh et Owen qui avaient des problèmes. Je me mis à courir vers la sortie à la recherche d'un moyen de transport. Je crochetais facilement le véhicule d'un des employés et ne sachant pas où aller, je décidais de retourner en direction du Hub. J'avais un mauvais pressentiment qui me faisait appuyer sur la pédale de l'accélérateur … au grand dam de Suzie qui n'arrêtait pas de me hurler de lever le pied. Toujours des problèmes d'audition apparemment mais pas de vue et nous évitâmes de justesse quelques accidents.

Bien entendu personne au Hub non plus … mais où étaient-ils donc tous passés ? Ianto et son organisation … même dans la précipitation, il avait dû me laisser un message. Rien sur son poste mais effectivement je trouvais un post-it sur le bureau de Tosh, il avait certainement utilisé son poste pour nous guider … un des petits privilèges qu'elle lui avait accordés. Il était inscrit le nom d'un hôpital, c'est là que nous allions. Suzie m'arracha les clés des mains et décréta qu'elle ne repartait pas avec moi si je ne lui laissais le volant. Je cédais et nous mîmes ce qui me sembla des heures pour rejoindre l'hôpital à l'autre bout de la ville. Je savais que mon équipe s'y trouvait, le réceptionniste me l'avait confirmé au bout de mon dixième appel l'air complètement affolé. Il m'avait aussi indiqué qu'un être surnaturel les accompagnait …
- Fonce, Suzie, hurlais-je encore incertain de son audition. Mais à son air outré, je compris que j'y étais allé un peu fort.

Arrivés à l'hôpital je trouvais Owen à l'accueil, la mine défaite mais vivant et en quelques mots il me rassura, la situation était maîtrisée. Je lui demandais de m'expliquer ce qui les avait fait quitter la salle de contrôle sans nous prévenir. Après avoir confié les victimes aux ambulanciers, il avait distingué une lumière se faufiler dans une des ambulances. L'instant d'après, un bruit terrible les empêcha d'arrêter l'ambulance et anéantit tous leurs moyens de communication. Un moyen de défense de l'alien, une forte onde électromagnétique douloureuse … qui réduisait à néant sur une courte zone nos appareils de communication. Lui et Tosh avaient alors pris le SUV pour suivre l'ambulance, certains qu'ils n'allaient pas aller loin. Mais ils ne s'arrêtaient pas et Owen avait demandé à Ianto de venir les aider grâce au téléphone du SUV trop éloigné de l'onde pour être endommagé …
Je fronçais les sourcils, quelle mauvaise idée … A l'hôpital, ils avaient réussi à tuer l'alien mais Tosh avait été blessée et Ianto également …
- Qu'est-ce qu'ils ont, Owen ?
- Tout va bien Jack, enfin pas trop mal …
- Tu peux parler plus fort Owen ? demanda Suzie curieuse comme moi de savoir ce qui s'était passé.
- Toi aussi, tu as les tympans percés … dit-il avec lassitude mais un peu plus fort.
- C'est grave ? s'enquit-elle.
- Non, non … il y a de grandes chances pour que cela guérisse tout seul.
- Owen, qu'est-ce qui s'est passé ? insistais-je perdant patience.
- Comme je te le disais, j'étais certain que l'ambulance allait s'arrêter, mais non, bizarrement elle continua jusqu'à l'hôpital. Mais j'ai compris ensuite que cet être pouvait moduler les ondes qu'elle émettait et donc passer du spectre visible au spectre invisible … j'ai compris en sentant mes poils se hérisser sur mes bras, le courant électrique.
Il me regarda et je hochais la tête, il continua son récit.
- Le corps les absorbe sans problème mais il se met à chauffer quand les fréquences sont élevées à cause de l'absorption d'énergie. C'est ce qui est arrivé aux ingénieurs. Ils sont passés aux micro-ondes …
- Tu es callé dis donc ! déclara Suzie.
- On les utilise beaucoup en médecine. Bref, nous l'avons pourchassé tous les trois dans l'hôpital, je ne te raconte pas la panique. Jusqu'à ce qu'il s'arrête et s'approche de Ianto, ils sont restés un moment à s'observer …
- Mais ça ressemblait à quoi ? dis-je.
- Un être de lumière qui flottait, avec un halo de lumière autour de lui.
- Ondes dans le visible, ajouta Suzie.
Owen hocha la tête.
- Homme ou femme ? demandais-je.
- Impossible à dire. J'ai fait appeler toutes les personnes qui l'avaient vu dans une salle pour le retcon.
- Tu n'as pas terminé Owen, fis-je remarquer, après s'être figé devant Ianto, que s'était-il passé ?
- J'ai attrapé un chariot de réanimation, réglé le défibrillateur au maximum et je lui ai envoyé un choc électrique … comme ça, une idée qui m'est passée par la tête. Il a disparu en émettant comme une onde de choc, nous avons tous été projetés mais Ianto beaucoup plus … je ne sais pas pourquoi mais l'onde était dirigée contre lui.
- Qu'est-ce qu'il a ?
J'espérais que ma voix ne trahissait pas trop mon angoisse.
- Des contusions. Je pense qu'ils vont le garder ce soir. Suzie, il faudra que je t'ausculte.
- Je vais voir Ianto … décidais-je.
- Il était agité, me coupa Owen, on lui a administré un sédatif, chambre 212.
- Vous vous occupez du retcon.
Mon ton était plus dur que ce que je voulais mais j'étais en colère contre lui et les conséquences de ses décisions : Ianto était blessé et manifestement secoué.
-Tu aurais dû venir me chercher Owen, fis-je en partant.
- Mais on l'a eu Jack ! s'offusqua-t-il.
Je secouais la tête en partant.
- Un coup de chance, un incroyable coup de chance, voilà tout.
Owen … un génie de l'improvisation mais cela restait de l'improvisation.


Arianrhod  (11.08.2010 à 11:53)

Je dus rappeler mon autorisation pour pénétrer dans l'aile des soins intensifs puis dans la chambre de Ianto. Ils étaient un peu à cran, rien de plus normal après ce qui s'était passé dans l'hôpital. En entrant, je vis Ianto blanc comme un linge qui semblait dormir. Il était sous monitoring et perfusé … cela me fit mal au cœur de le voir ainsi, sur son visage je pouvais voir qu'il avait souffert comme le premier soir où nous l'avions sorti de la tour.
- Comment va-t-il ? demandais-je au médecin qui venait d'entrer.
- Vous ne devriez pas être là, qui êtes-vous ?
Décidément bien à cran.
Je lui répétais mes autorisations et lui indiquais que j'étais son supérieur. Il me fit la liste de ses blessures, Owen avait quelque peu minimisé son état, il n'aurait vraiment pas dû l'appeler … il n'était pas entraîné pour ça. Le médecin voulait le garder quelques jours en observation, il y aurait probablement des hématomes à drainer.
Je pris une chaise pour m'asseoir à son chevet. En passant ma main dans ses cheveux, je le réveillais.
- Jack ? fit-il en accommodant sa vue.
- Tout va bien, tu es à l'hôpital, tu te souviens ?
- Oui, fit-il en déglutissant difficilement.
J'allais lui chercher un verre d'eau qu'il avala d'une traite.
- Qu'est-ce qui s'est passé, Ianto ?
Il ferma les yeux et moi je me retins de me jeter sur lui pour le prendre dans mes bras.
- L'alien … il était terrifié … il est passé par la faille, perdu dans un monde qu'il ne connaissait pas, qu'il ne comprenait pas. Il ne savait pas qu'il faisait du mal …
- Comment sais-tu tout cela ? fis-je en fronçant les sourcils.
- Sa manière d'agir … je ne veux pas rester ici, s'il te plaît …
Son ton et ses yeux étaient implorants.
- Tu es blessé, ils veulent te garder en observation quelques jours, expliquais-je.
- Non, non … je n'aime pas les hôpitaux, je veux rentrer au Hub … Owen me soignera …
Il avait les oreilles et les joues qui s'étaient colorées sous le coup de l'émotion, il tenta de se redresser sur le lit et je voyais bien que c'était douloureux. Je devinais les raisons de son aversion des hôpitaux.
- Je ne resterais pas là, fit-il avec beaucoup plus de force.
Il enleva les fils qui le reliaient au monitoring et s'arracha sa perfusion tout en essayant de s'asseoir, il avait manifestement décidé qu'il partait.
- Ianto ! Tu te calmes ou je ne t'amène pas ! dis-je en attrapant de quoi essuyer le sang qui coulait de son bras.
- Tu me ramènes alors ? me demanda-t-il d'un ton adouci et plein d'espoir.
Je n'eus pas le temps de répondre qu'infirmières et médecins déboulèrent dans la chambre. Je les informais immédiatement qu'il ne restait pas, que je le ramenais et je récoltais des regards outrés alors que je pensais comme eux … je ne me démontais pas. J'entendis quelques remarques forts désagréables sur ma responsabilité de boss tandis que le médecin allait chercher les papiers pour décharger l'hôpital de toute responsabilité. Heureusement une infirmière plus compatissante que les autres partit chercher un fauteuil roulant. Ianto regardait la scène un petit sourire en coin, un sourire qui me plut.


Arianrhod  (11.08.2010 à 11:54)

Tosh rentra chez elle en taxi, elle n'avait besoin que d'une nuit de sommeil et nous repartîmes au Hub. Owen examina à nouveau Ianto puis il se coucha dans son lit avec une bonne dose d'antidouleurs.
- Il faut le surveiller … lança Owen, je mordis tout de suite à l'hameçon.
- Je m'en occupe, tu peux partir.
- Je vais examiner Suzie … et faire mon rapport.
Je souris intérieurement il devait quand même culpabiliser pour faire son rapport dans la foulée de la mission. Mais je ne dis rien, il avait eu tort d'appeler un novice, j'espérais que cela lui servirait de leçon.
- J'ai examiné le weevil au fait, tu as mon rapport sur ton bureau, me dit-il avant de partir à la baie médicale où Suzie l'attendait.
Je retrouvais mon bureau avec bonheur, la fin de journée avait été riche en émotions. J'allumais mon ordinateur et je lançais la caméra de surveillance de la chambre de Ianto. Pour l'instant je garderais un œil sur lui à distance, plus tard quand les autres seraient partis, j'irais le retrouver.

- Jack ?
- Owen, entre. J'étais justement en train de lire ton rapport.
Le médecin s'effondra sur le siège des invités en face de mon bureau.
- Comment va Suzie ?
- Très bien, elle est partie chez elle. Apparemment vous avez failli avoir un accident de voiture ? dit-il en souriant.
- Non, je ne vois pas ce que tu veux dire. Pas vraiment rassurant ton rapport, le weevil que tu as examiné a muté mais qu'est-ce qui peut engendrer ce phénomène ?
- Je ne sais pas … fit-il en reprenant son sérieux, ils n'ont pas le même ADN. C'est peut-être une autre espèce, une espèce que nous n'avions pas encore vue.
- Oui pourquoi pas.
- Tu as lu ma conclusion ?
- Absolument Owen, pour une fois qu'il y en a une …
- Pas du tout, je ne les fait pas toujours à la fin c'est pour cela que tu les loupes en lisant en diagonale le dossier.
- Ce n'est plus une conclusion Owen si tu l'as met au milieu. Enfin bref, tu penses qu'ils vont dominer l'autre espèce ? Ca risque de finir dans le sang non ?
- Un bain de sang de weevils … ou alors ils vont s'accoupler avec les femelles. Mais je ne venais pas te parler de cela.
- Ah non ?
- Non, je venais te parler de Ianto.
- Quoi Ianto ?
- Je suis inquiet mais pas sur sa santé … tu trouves cela normal de vivre au Hub ?
Je haussais les épaules, moi aussi je vivais ici. Je pensais que c'était pour rester près de ma personne, mais ça je le gardais pour moi.
- Il est jeune, il ne sort jamais … ce n'est pas une vie Jack ! Au cas où tu ne le saurais pas, il ne fait même plus semblant de chercher un appartement.
- Je ne savais pas qu'il avait cherché.
- Vaguement … tu te rends compte qu'il s'est crée les mêmes conditions de vie qu'à Londres ?
- Ça n'a rien à voir Owen. Et puis il l'a choisi, cela change tout.
- Je ne sais pas … je maintiens que ce n'est pas sain. Est-ce que vous …
- Vous quoi ?
- Est-ce que tu te l'envoies ?
- Ce ne sont pas tes affaires Owen.
- J'ai vu ton regard à l'hôpital …
- C'est un de mes agents, je réagirais de la même façon pour vous tous.
- Mouais … je n'ai pas envie de le récupérer à la petite cuillère quand tu le jetteras.
- Qu'est-ce qui te dit que je le jetterais ? Qu'est-ce qui te dis qu'il sera anéanti ?
- Je te connais Jack, tu collectionnes les aventures … et il ne va pas bien.
- Ça c'est sûr et c'est de ta faute.
Il se tortilla un peu sur son siège, il était en train de le réaliser.
- Il prend toujours des cachets pour dormir, il pense à Canary Wharf ... il ne t'en a pas parlé ?
- Non. Mais le tout c'est qu'il en parle, si c'est avec toi, c'est bien.
- Je l'ai un peu forcé …
- C'était la raison de votre sortie au pub ?
- Ouais. Pas vraiment son style … j'ai commencé par lui demander s'il cauchemardait toujours, il m'a plutôt dit qu'il cogitait sur ce qui s'était passé à Londres. Et puis je lui aie demandé si vous couchiez ensemble …
- Ouille !
- Effectivement, ça ne lui a pas vraiment plu … on buvait un verre, je ne voyais pas où était le mal … entre potes, quoi. J'ai insisté, je l'ai mis en garde, sur le fait de sortir avec son patron, sur … enfin, bref, tu es comme tous les mecs, tu as besoin de tirer un coup.
L'image qu'il avait de moi était fausse et blessante. Voilà pourquoi je ne voulais jamais parler de certains sujets … il ne pouvait pas comprendre et moi je ne voulais pas révéler mon secret. Comment me verraient-ils après ? Et si cela venait à se savoir, ils seraient tous en danger.
- Ça suffit, Owen, j'en ai suffisamment entendu. C'est pour cela que tu as de l'instantané ? fis-je pour rapidement changer le sujet et donner le change.
- Ouais, c'est qu'une fois qu'on a goûté à son café, tous les autres paraissent dégueulasses. Y compris ceux de Starbucks.
Je lui tendis son dossier.
- C'est du bon boulot, continue et … je crois que tu te trompes sur le compte de Ianto.
- Ah bon ?
- Hum …
J'étais déjà perdu dans mes réflexions et il sortit. Il avait été drôlement culotté sur ce coup là surtout qu'il se trompait sur toute la ligne. Il était vrai que j'avais des besoins à assouvir mais j'étais fidèle en amour, il ne l'imaginait même pas et c'était blessant. Simplement je ne m'autorisais plus à aimer depuis si longtemps …
Est-ce que j'aimais Ianto ? Je le regardais sur la caméra … Owen avait dit vrai, j'avais reçu un coup de poing dans l'estomac quand il m'avait annoncé qu'il était blessé …

Quant à tirer un coup avec lui … j'en étais à me demander si ce n'était pas l'inverse. Il était toujours si froid, il mettait volontairement une distance physique et verbale entre nous. Mais quand nous faisions l'amour … c'était autre chose, il n'y avait plus de distance, plus de patron ni d'employé, plus de limites … Étrange contraste mais pour être honnête j'aimais ce contraste. L'impression qu'il ne se révélait que pour moi, que j'étais le seul à qui il montrait sa vrai personnalité … car je ne m'attendais pas à ce qu'il soit un amant aussi attentif, doué, endurant, libre … il n'était pas chaud, il était brûlant. Mais c'était de trop courte durée … comme si soudain après cette extase, toutes les peines du monde lui tombaient dessus et il s'éloignait de moi. Il semblait si triste alors … si jeune et si détaché.
Il venait de perdre sa petite amie, il avait vécu l'attaque des Daleks et des cybermen …
Il avait été battu par son père, peut-être avait-il du mal à accepter les caresses venant d'un homme ?
Des raisons, il y en avait, mais peut-être que je me trompais moi aussi. Les temps étaient durs … Suzie qui volait du retcon, Owen qui s'inquiétait pour un de ses semblables, Ianto blessé … mais blessé jusqu'à quel point ?

Les pseudos révélations de Mace me trottaient toujours dans la tête. Il avait convoité l'archiviste dés le début mais étais-ce uniquement professionnel ? Je prenais deux résolutions : un, Mace m'aurait beaucoup plus souvent au bout du fil et beaucoup moins Ianto. Deux, Ianto allait me réinstaller les archives secrètes d'Yvonne. Il avait commencé à ranger les archives de Torchwood 3 mais les leurs attendaient toujours dans les cartons. Et puis bien sûr, il me fallait trouver ce que fait Suzie avec autant de pilules de retcon ... oui les temps étaient durs.


Arianrhod  (11.08.2010 à 11:56)

Chapitre 19 : Un patient difficile

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Owen et Suzie étaient enfin partis, j'éteignis mon ordinateur et verrouillais le Hub pour la nuit, Suzie avait nourri les weevils que nous gardions. Il ne restait plus que Ianto et moi, les pensionnaires humains du Hub.
Même si je dormais peu, je détestais le faire seul … Vraiment ? Cela faisait tellement d'années que je me sentais unique, que je m'isolais … parfois je ne savais plus dire ce que j'aimais ou pas. Je rentrais dans la chambre de Ianto et je l'observais, ses yeux bougeaient sous ses paupières. Il devait rêver mais les cachets le faisaient dormir d'un sommeil réparateur et je l'espérais sans mauvais rêve. Il était beau quand il dormait, il paraissait plus jeune … je devenais sentimental en vieillissant ! Qui l'aurait cru ? Pas le Docteur, je pense qu'il serait étonné par mon attitude … je m'étonnais moi-même. Je me déshabillais en pliant mes affaires sans y penser … pas vraiment mon dada mais à force de voir Ianto le faire, j'en avais pris l'habitude. Ces vieux lits en 120 étaient bien pratiques pour se tenir chaud mais il faudrait que je commande un vrai lit pour deux. Cela officialiserait notre relation … pas sûr qu'il soit d'accord. Bah … je le ferais en douce et je le mettrais devant le fait accompli. Je me glissais sous sa couette en faisant attention à ne pas lui faire mal. Il bougea un peu sans se réveiller bien qu'il gémit un peu … et il se colla à moi. Ce peau à peau me procurait de douces sensations et les caresses que je lui prodiguais, ma tête dans ses cheveux, des idées dangereuses … qui allaient faire fuir définitivement mon sommeil. Je me contentais de le regarder encore dormir un moment avant de sombrer moi-même vers le pays des rêves.

Je m'étais levé tôt et en travaillant à mon bureau je ne vis pas son réveil, sûrement douloureux. Quand je regardais mon écran, il était assis sur le bord de son lit et il regardait la caméra de surveillance. Je bondis de ma chaise pour le rejoindre.
- Cela fait longtemps que tu es réveillé ? demandais-je en entrant dans la pièce les mains dans le poches.
Il dormait toujours de la même façon, torse nu si bien que je voyais de beaux hématomes dépasser de son pantalon de pyjama.
- Non … je t'ai appelé mais tu n'avais pas mis le son, n'est-ce pas ?
- Pour entendre tes ronflements ? Non ! Je travaille moi, fis-je en souriant et en m'approchant de lui.
Il avait les yeux cernés et il était toujours aussi pâle.
- Je ne ronfle pas. Aï …
- Ianto, rallonge-toi.
- Je ne peux pas me lever.
- C'était évident que tu ne pourrais pas, tu t'attendais à quoi ?
- Je ne sais pas … pas à être aussi mal.
- Je vais t'amener un café … Ne me regarde pas comme ça, je sais faire du café. Est-ce que tu as faim ?
- Non, mais ne te dérange pas pour moi … je suis désolé, je n'ai pas été très utile hier et maintenant je ne peux plus rien faire, fit-il en se rallongeant très précautionneusement.
Je le regardais soucieux, ça n'allait pas être facile de le contraindre à rester dans cette chambre.
- Je reviens Ianto, tu ne bouges pas. Et oui, Owen a eu tort de t'appeler. Aller sur le terrain ne s'improvise pas, ne recommence pas.
- Je voudrais que tu m'apprennes.
- Vraiment ?
- Oui, je veux pouvoir aider en cas de problème, me servir d'armes, me battre …
- Hey ! coupais-je en levant les yeux au ciel, doucement cela peut être dangereux …
- Tous les autres le font, pourquoi pas moi ?
- On verra. Pour le moment, tu restes là et tu ne fais rien. Est-ce que tu vas y arriver ? questionnais-je les bras croisés sur mon torse. Il vit que j'étais sérieux et il regarda tout à coup ses mains.
- Je vais faire de mon mieux …
- Bien !


Arianrhod  (13.08.2010 à 15:07)

Je partis préparer un café mais surtout je téléphonais à Owen pour qu'il ramène ses fesses au plus vite.
- Alors ? m'enquis-je après qu'il l'ait examiné, il remontait de sa chambre.
- Les hématomes sortent ... il va falloir qu'il reste allongé une paire de jours je pense.
- Et pour les douleurs ?
- Il a tout ce qu'il lui faut. Il aurait été mieux à l'hôpital, me fit-il remarquer fort à propos.
- C'est ton patient, tu t'en occupes, dis-je en pointant un doigt accusateur vers lui en partant vers mon bureau.
- Oui, ça j'avais compris … maugréa-t-il en partant vers la baie médicale.
Il fallait maintenant qu'il assume ses erreurs, cela le mettait en colère mais moi aussi.
Tosh et Suzie arrivèrent et nous fîmes un point en salle de réunion sur la mission de la veille. Elles avaient toutes les deux encore des douleurs, Owen et moi-même avions été les deux seuls épargnés. Moi je savais pourquoi … Owen me remit son rapport devant les yeux écarquillés des filles qui partirent faire le leur. Mais pour une fois, ce ne fut pas Tosh qui me le remit en premier, je l'avais vu passer une partie de la matinée avec Ianto dans sa chambre à lui tenir compagnie. Elle avait clairement de l'amitié pour lui pour quitter ses précieux programmes. Moi je trouvais qu'ils se ressemblaient tous les deux et ce n'était pas vraiment étonnant qu'ils deviennent amis. J'en étais ravi, je les vis rire ensemble, siroter mon café et Tosh lui amena un artefact inoffensif fort amusant. Il vibrait, émettait des sons et des lumières, moi je l'avais trouvé divertissant quelques heures. Parfois au détour d'une situation, on prend conscience de certaines réalités … en cet instant, je compris que Ianto ne souriait pas assez et que je devais faire quelque chose pour l'aider.

wTwTwTwTw

- Bon qu'est-ce qu'il y a de si urgent Owen ? fis-je en entrant dans la salle de réunion.
Je constatais avec étonnement qu'il avait convoqué tout le monde.
- C'est au sujet du Coffee Boy.
- Qui ?
- Ianto. Il se plaint, il chouine, il me dérange tout le temps … je n'arrive même plus à travailler !
Je n'en croyais pas mes oreilles … garder son calme, respirer.
- Tosh ? fis-je en lâchant Owen que je foudroyais du regard.
Elle avait passé du temps avec lui, elle allait me dire ce qu'il en était.
- C'est un hyper-actif, fit-elle en enlevant ses lunettes, comment veux-tu qu'il aille bien cloué au lit ? Il n'a rien à faire.
- Il pourrait se faire une raison, endurer en silence … C'est un patient terrible, Jack tu dois faire quelque chose.
- Certainement pas, c'est ton boulot. La prochaine fois tu ne l'amèneras pas en mission.
- Ça c'est sûr … C'est ma punition ? Double punition en plus ! Je suis en en manque de café … on pourrait peut-être mettre la machine à café dans sa chambre ?
- Mais ça ne va pas Owen ! s'offusqua Tosh. Il a mal partout et toi tu ne penses qu'à ton café …
- C'est vrai que ça me manque moi aussi … on devient vite accro. Il n'y mettrait pas un truc ? lança Suzie en souriant.
- Ok, ok … se lamenta Owen devant le regard pénétrant de Tosh et le mien où j'espérais qu'il lisait bien toute ma colère devant la situation qu'il avait lui-même créée.
- J'ai fait du café. Il l'a bu ce matin, il n'a rien dit, fis-je remarquer pour détendre l'atmosphère.
- Il n'a pas osé, il doit encore avoir peur de se faire virer … de ton lit, ajouta-t-il avec un sourire en coin, satisfait apparemment de sa pique.
Je fronçais les sourcils, il avait réussi son coup, il m'insupportait ce matin. Même si ma relation avec Ianto n'avait échappée à personne, sa remarque était déplacée.
- Moi je te le dis, il est dégueulasse. Il l'était avant que le Coffee Boy arrive, il l'est après, conclue-t-il.
- Je ne vois pas de solution Owen. En revanche si tu continues comme ça, surtout en l'appelant Coffee Boy, tu risques de ne plus jamais profiter de son café magique. Endure … et en silence s'il te plaît. Bon ! La prochaine fois, appelle-moi pour un truc vraiment important, dis-je en me levant. Owen ne bougea pas continuant à me regarder comme si j'allais faire quelque chose pour lui. Il en était hors de question. Ianto était pénible ? Peut être … peut-être même que j'allais l'encourager.
- J'épluche les dossiers de l'Unit, c'est incroyable tout ce qu'ils ont pu faire en si peu de temps … j'ai de la lecture pour vingt ans. Personne n'a envie de s'y plonger avec moi ?
La question idéale pour mettre fin à la réunion, ils s'enfuirent tous en marmonnant une excuse.


Arianrhod  (13.08.2010 à 15:08)

Au bout de quelques heures de lecture, je décidais de faire une pause bien méritée. Owen était allé trois fois au chevet de Ianto qui était depuis peu équipé d'une ligne directe avec la baie médicale, ma petite vengeance.
Owen complotait avec Tosh depuis maintenant un petit moment … j'avais suivi son manège et la patience de l'informaticienne était absolument remarquable … Mais il était évident qu'elle était ravie d'avoir été choisie comme confidente, elle devait être bien accrochée pour le supporter en ce jour. Il avait tenté avec Suzie et s'était fait rabrouer comme un mal propre. Et moi aussi j'avais vraiment du mal, que cela concerne Ianto ne devait pas y être étranger … Et voilà, que je les voyais partir du Hub, tous les deux souriants, sans m'avertir. Je pris mon téléphone portable pour les rappeler à l'ordre mais … je le fermais et j'en profitais plutôt pour quitter mon bureau et aller voir Ianto. Suzie était à son atelier, toujours à travailler sur le gant. Elle ne leva même pas la tête quand je traversais la pièce vers la chambre de Ianto. Il dormait mais d'un sommeil léger, il se réveilla quand j'entrais dans sa chambre.
- La liaison avec la baie médicale fonctionne bien ?
- Parfaitement bien, merci Jack, répondit-il avec un petit sourire en coin.
Allez, je me lançais, la question qui fâche.
- Comment tu te sens ?
- Aucun mieux.
Il s'enfonça dans on lit dans une attitude boudeuse. Je ne pensais jamais le voir ainsi, je l'avais vu professionnel, tendu, heureux, le plus souvent triste et même anéanti … mais boudeur, ça c'était nouveau. A le voir ainsi, je me dis qu'il avait le physique de l'emploi. Il exaspérait Owen mais moi il me faisait toujours craquer.
- Je voudrais essayer de me lever, tu m'aiderais ?
- Ce n'est pas une bonne idée, dis-je d'un ton sans appel.
- Mais si j'y arrive, je pourrais faire du café ...
- Oui … bien tenté Ianto, je suis en manque … mais beaucoup plus de toi, finis-je dans un murmure.
Je m'assis sur le lit et je me penchais vers lui avec ce sourire … un sourire qui le fit taire et baisser les yeux. Il ne pouvait pas bouger, il était à ma merci … et ça n'avait pas l'air de lui plaire. Mais à moi si, je continuais de m'approcher jusqu'à ne plus être qu'à quelques centimètres de son visage. Respirer le même air que lui, me délecter de son odeur, sentir l'air entre nous vibrer de désir … Je passais ma main sur sa joue et il ferma les yeux … il était à moi. Je posais mes lèvres sur les siennes, ma main continua son chemin vers sa nuque pour caresser ses cheveux. Et le passage s'ouvrit à moi pour un baiser langoureux que je désirais, plus frénétique quand lui aussi attrapa mon visage. Il était sensible à mes phéromones, mais moi j'aimais aussi son odeur. L'odeur de sa bouche, de sa peau, celle du matin, celle d'après l'amour, je les reconnaîtrais entre mille. Elles commençaient à signifier quelque chose pour moi. Je m'en rendais compte … et pour une fois je ne faisais rien pour m'arrêter. Quand j'ouvrais les yeux pour regarder mon bel amant, il avait les larmes aux yeux. Ses yeux n'en étaient que plus bleus mais … qu'est-ce qui n'allait pas ? Il avait ce regard, ce regard qui me scrutait, j'étais certain qu'il m'évaluait comme moi j'avais pu le faire.
- Qu'est-ce qui ne va pas Ianto ?
Il bafouilla des réponses inaudibles en s'enfouissant sous les couvertures. Je déposais un baiser sur son front et le laissais. C'est en soupirant que je rejoignis mon bureau. Je ne l'avais pas atteint que les deux comparses faisaient leur retour avec un immense paquet entre les mains. Un écran plat … ils me regardaient tous les deux apparemment très satisfaits de leur trouvaille. Ianto avait recomposé un visage impassible qui m'étonna quand ils déboulèrent dans sa chambre. A nouveau, je me rendis compte qu'il était capable de masquer ses émotions si facilement … il était redoutable à ce petit jeu. Quand jouait-il la comédie et quand était-il sincère ?

Tosh se chargea de la connectique et Owen de régler les chaînes, en râlant comme un poux bien entendu. Quand ils partirent, j'étais certain que ce n'était pas un écran plat qui ferait le bonheur de Ianto, mais il avait très bien joué la comédie. Ils partirent ravis et certains que le blessé l'était également. Mais je commençais à déceler ce genre de choses ... à ses regards en biais et craintifs, je compris qu'il le savait.


Arianrhod  (13.08.2010 à 15:09)

Chapitre 20 : Une soirée étoilée

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Enfin la faille semblait se tenir tranquille. Après deux mois d'activations incessantes, ce répit était hautement appréciable. Ianto avait tenu deux jours entiers dans sa chambre et finalement la télé avait été une excellente alliée dans cette traversée du désert. Nous avions également travaillé ensemble sur quelques dossiers et étrangement cela lui avait remonté le moral que je me plonge dans la paperasse de l'Unit. Nous avions passé quelques heures à éplucher ses rapports dans sa chambre et amadoué par mes efforts pour comprendre son travail, j'avais été très largement récompensé en retour ... Oh, pas grand-chose dans son état physique mais des baisers, des caresses, prémisses de bonheurs à venir. J'avais noté cela dans un coin de ma tête, commencer par une réunion de travail des plus sérieuses constituait une bonne approche avec mon archiviste.

Le deuxième soir, je l'avais aidé à s'habiller sans lui révéler l'endroit où je l'emmenais. Il avait encore du mal à se déplacer mais avec mon aide et les incontournables cachets antidouleur, je pensais qu'il n'y aurait pas de problème. Il me harcelait de questions, il voulait absolument savoir ce que nous allions faire m'expliquant qu'il détestait les surprises, qu'il avait mal, qu'il était tard … je tenais bon en lui faisant passer ses vêtements. J'avais choisi pour lui un jean, un polo noir et un sweat … là aussi, je ne fus pas sourd. Il me semblait très perturbé par cette sortie imprévue, d'autant plus qu'il voyait que cela m'amusait grandement.

C'était un Ianto pestant contre mon initiative et se plaignant de ses douleurs que j'emmenais sur un toit dont j'appréciais tout particulièrement la vue, non loin du Hub. Quand il comprit que nous avions atteint notre destination, il se tût et nous admirâmes la vue un moment. Cardiff prenait tout son sens la nuit, cette ville tentaculaire s'étalait à nos pieds et le spectacle était admirable. Ianto me jetait des œillades attendant sans doute que je prenne la parole.

- Voir la vie d'en haut, c'est ce que tu aimes en venant ici ? finit-il par me demander.
- Oui … faire le point, prendre de la hauteur, de la distance …
- Cela donne une impression de pouvoir … dit-il en embrassant la vue.
C'est ce que je ressentais d'autant que je protégeais cette ville depuis si longtemps … mais aussi une certaine humilité, une humilité bienvenue et nécessaire.
- On dirait un super héros, déclara-t-il en me regardant alors que mon manteau flottait au vent.
- C'est ce que je suis, non ? fis-je en posant mes mains sur les hanches, en lui offrant un de mes sourires auquel personne ne peut rester indifférent.
Je souris un peu plus devant son regard appréciateur.
- Il faut des pouvoirs Jack, fit-il en s'asseyant, souriant de mon aplomb. Mais je reconnais que tu as le physique du rôle.
J'en avais même la carrure, le plus grand super-héros de tous les temps, pensais-je. Y en avait-ils des immortels* ? Je ne pense pas, c'est tout de même le pouvoir ultime. Le héros dont on ne se débarrasse pas …
Il m'avait tendu la perche idéale pour lui révéler mon secret, j'étais presque tenté de le faire … mais c'était définitivement égoïste. Il avait son propre fardeau, apparemment bien lourd, pas besoin d'y ajouter le mien. Il me restait des zones d'ombre à éclairer … mais ce n'était pas de cette manière que j'allais y arriver, en lui révélant mes secrets.
Même si j'avais très envie de lui faire confiance.
Même s'il en connaissait beaucoup et que peut-être il m'accepterait tel que j'étais. Je l'espérais, car un jour viendrait où il l'apprendrait, c'était inévitable.
Il me regarda bizarrement tandis que je cherchais à me décider.

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* Des supers-héros immortels, il en existe d'autres, Wolverine par exemple. Mais je ne pense pas que Jack les connaisse, quand bien même il serait d'accord avec moi pour dire qu'il est le number one ...


Arianrhod  (15.08.2010 à 15:42)

Il avait ses problèmes, je le sentais tourmenté … pas encore assez accroché à moi. Il frissonna, j'enlevais mon manteau pour qu'il puisse recouvrir nos épaules, en m'asseyant à côté de lui et en le serrant contre moi. Je savais sciemment qu'il n'aimerait pas mais j'avais décidé de ne plus en tenir compte. Je pris sa main tentant une ultime provocation … surtout un ultime moyen pour en savoir plus sur lui.
- Jack, je veux rentrer, je … je suis fatigué.
- Mais bien sûr … la chaleur humaine Ianto, dis-je sur le ton de la réprimande.
Il ne semblait pas savoir chercher du réconfort chez autrui et moi, c'était ce dont j'avais besoin. Tout le monde en avait besoin y compris lui.
- Quoi ?
- Les gens normaux font cela, Ianto, ajoutais-je.
Il bondit à mes paroles, autant que ses muscles endoloris le lui permettaient.
- Tu dis que je ne suis pas normal ?
- Pourquoi montes-tu sur tes grands chevaux ? Je voulais dire que c'était banal, reviens … s'il te plaît.
Une immense tristesse m'envahit, moi j'avais vraiment besoin de cette chaleur humaine. Tosh l'avait un jour qualifié d'animal à sang froid … mais c'était faux, il avait le sang chaud et moi je désirais profiter de cette chaleur plus que tout. Je voulais juste qu'elle se révèle, je ne savais pas encore comment m'y prendre …
Mais finalement je n'eus rien à faire, à ma grande surprise, il ramassa doucement mon manteau, l'épousseta et le remit sur mes épaules. Il marmonna des excuses en se rasseyant tout à côté de moi. Je souris en passant mon bras sur ses épaules.
- Je voulais te parler des étoiles, révélais-je au bout de quelques minutes.
Nos épaules se touchaient, je réinstallais mon manteau sur nos épaules.
- Y es-tu vraiment allé ? Quand tu parles de tes phéromones du 51ème siècle … est-ce que tu as voyagé dans le temps avec le Docteur ?
- Oui Ianto mais … tu connais bien le Docteur ?
J'étais étonné qu'il pense à lui si vite.
- C'était une légende à Torchwood Londres et je l'admire encore plus maintenant que tu m'as expliqué ce qu'il avait fait à Canary Wharf. Yvonne voulait le capturer plus que tout autre chose, c'était devenu une obsession chez elle, expliqua-t-il en regardant droit devant lui. J'ai tout lu sur lui mais j'avais déjà compris qu'il n'était pas un ennemi, déclara-t-il en se tournant vers moi. C'était juste une manière de légaliser sa capture … elle faisait cela tout le temps. Tu as été un de ses compagnons ?
- Tu connais bien la légende. Oui.
- Whaou ! Yvonne doit se retourner dans sa tombe … enfin, elle n'a pas de tombe ...
Il resta pensif un instant et moi je ne put m'empêcher de repenser aux paroles de Mace sur sa relation avec Yvonne.
- J'imagine qu'il ne prend que des personnes exceptionnelles, repris-t-il, tu as eu beaucoup de chance … Moi aussi, je voudrais bien partir dans les étoiles, révéla-t-il en tournant son regard vers la voie lactée.
Le ciel était dégagé et malgré la pollution lumineuse de la ville, on distinguait de nombreuses étoiles.
- Est-ce que tu n'es pas bien ici ?
- Si, si bien sûr mais … je suis curieux. Il y a plus d'étoiles que de grains de sables sur toute la Terre … ça fait rêver.
- C'est scientifiquement correct, l'Univers est vaste, en constante évolution et … grouillant de vie.
- Tu as dû voir des choses extraordinaires.

Je lui racontais aussi bien mes aventures d'agent du temps que celles vécues en accompagnant le Docteur simplement en omettant certains éléments qu'il n'avait pas à connaître. Je voyais bien que cela le faisait rêver, il avait les yeux qui brillaient et enfin ce sourire cher à mon cœur que je m'étais promis de faire apparaître. Emporté par mes récits, je parlais pendant au moins une heure … une heure où il but littéralement mes paroles. Mais la soirée était fraîche et je décidais de rentrer. Il ne dit rien mais il continua sur le chemin du retour à me poser des questions. Le retour fut tout aussi bruyant que l'aller mais cette fois, c'était une discussion animée et joyeuse.


Arianrhod  (15.08.2010 à 15:44)

Une fois dans sa chambre, je ne tenais plus je l'embrassais tout en le déshabillant, il était gêné dans ses mouvements mais sans lâcher ses lèvres, j'invoquais toute la chimie du corps pendant l'acte sexuel pour le justifier comme thérapie. C'était mon érudition qui fut responsable de son fou rire, j'en étais certain.
Quand je le plaquais sur le lit, je craignis que tous mes plans ne tombent à l'eau mais son envie, qu'il ne pouvait plus cacher, fut plus forte que la douleur. J'attrapais un tube de lubrifiant dans sa table de chevet et cela aussi le fit rire, je l'avais moi-même placé là. Il était d'humeur joyeuse et moi le dévorais littéralement. Je ne voulais pas le faire souffrir et mes préliminaires furent longs, mes préparatifs consciencieux pour une délivrance qui nous amena tous les deux vers l'extase. Je le regardais, il avait les yeux fermés, il reprenait son souffle encore secoué par des frissons de plaisir. J'essuyais son ventre et il sourit sans ouvrir ses yeux. Je savais ce qui le faisait sourire, j'avais pris les choses en main ce soir … Je le regardais … je le trouvais beau, bien proportionné et musclé mais sans trop, pas tout à fait imberbe mais presque. C'était bien de partager un moment comme celui-là sans ces tensions habituelles qui l'assaillaient. C'était bien, on était bien.

Nous étions allongés tous les deux dans son lit, propres et en tenue pour dormir. Je me levais pour chercher les anti-douleurs d'Owen et les anti-inflammatoires, la soirée aurait dû être plus calme que cela et le médecin allait me maudire demain matin. Je lui tendis les cachets avec un verre d'eau et replongeais rapidement sous la couette. Il faisait toujours un peu frais à ce niveau du Hub, le même niveau que les cellules. La température n'y changeait jamais et elle était plutôt fraîche. Il avala les pilules sans me lâcher des yeux avec ce sourire qui voulait tout dire.
- J'ai reçu un courrier pour toi, lui annonçais-je doucement.
- Quoi ? fit-il en perdant son sourire et en fronçant les sourcils.
Je l'attrapais dans la poche de mon manteau, je l'avais gardée là depuis le matin cherchant le meilleur moment pour lui donner. C'était une invitation pour une cérémonie de commémoration de la bataille de Canary Wharf, à la mémoire des victimes, pour remettre une médaille aux survivants. Je l'avais préconisé et la Reine l'avait organisée.
Il me rendit le courrier tandis que je cherchais à déchiffrer ses sentiments. Cela n'avait pas l'air de lui faire plaisir.
- Je n'y irais pas. Certainement pas. Déjà j'ai accepté l'argent, je ne sais même pas pourquoi.
- Tu en as donné une grosse partie à ta sœur, dis-je calmement.
Je ne savais pas quelle allait être sa réaction. Ses comptes bancaires étaient sous ma surveillance, comme tous mes agents.
- Elle en avait besoin, je crois.
Il n'avait même pas sourcillé.
- Tu n'es pas allée la voir ?
- Quelle idée d'organiser une cérémonie. Qu'est-ce qu'il y a à commémorer ? Vraiment je ne vois pas. Une médaille, c'est ridicule … je n'ai rien fait. Encore une idée de Mace.
- Non c'est une idée à moi, expliquais-je en feignant la déception.
- Oh, je suis désolé … mais je suis certain que cela va plaire aux autres …mais pas à moi.
- Tu n'es pas comme les autres, fis-je remarquer en souriant et en l'attirant à moi.
Mais il ne se laissa pas faire.
- Pourquoi dis-tu cela ?
Je le sentis sur la défensive.
- Parce que c'est ce que j'aime chez toi.
- Vraiment ?
- Oh yeah.
Il baissa les yeux et surprise, il se laissa faire quand je l'attirais à nouveau à moi. La chaleur humaine. J'ai tenu si longtemps sans, pensant que je n'avais besoin de personne pour vivre, de toute manière rien ne pouvait m'empêcher de vivre. Mais j'étais en train de changer d'avis … le corps de Ianto contre le mien devenait un besoin vital.

C'était naturel et effrayant, bon et douloureux à la fois. Tellement de secrets, tellement de dangers, je souhaitais plus que tout partir avec le Docteur pour comprendre ce que j'étais. Qu'allait-il devenir en mon absence ? Qu'étais-je en train de faire ?
Tomber amoureux … bêtement … et profiter du moment présent. Avec lui, dans cette chambre sous terre en regardant une émission débile à la télévision. Tant de normalité me réchauffait le cœur. Je n'avais plus envie de laisser la raison l'emporter, il me semblait aussi que je l'aidais. Il avait ses propres démons à chasser et j'étais un prédateur redoutable … mais probablement pas la personne la mieux placée pour ces démon-là. Il se serra contre moi et m'entoura de ses bras comme s'il sentait mes doutes et mes craintes, il s'agrippait à moi et je fis de même … il était trop tard pour changer d'avis.

En me levant le lendemain matin très tôt, je défroissais le courrier de sa Majesté et le posait sur sa table de nuit. C'était dans un mois, peut-être changerait-il d'avis.


Arianrhod  (15.08.2010 à 15:45)

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