Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : Torchwood
Création : 08.07.2010 à 14h02
Auteur : Arianrhod
Statut : Terminée
« après la bataille de Canary Wharf, Jack et son équipe arrivent sur les lieux ... Quels étaient les secrets d'Yvone ? Que va découvrir Jack dans cette tour qui va changer sa vie ? » Arianrhod
Cette fanfic compte déjà 218 paragraphes
Owen trouva une concentration de retcon anormalement élevée dans le sang de Max, je pressais Ianto de rédiger un rapport sur la mort de Suzie que nous allions transmettre à l'Unit accompagné d'une surprise de taille en la personne de Max Tresillian. Une mesure de précaution, je ne connaissais pas les plans de Suzie et il me paraissait dangereux de le laisser ainsi en liberté, drogué à la sauce torchwoodienne. Mace m'appela bien entendu en recevant le rapport. Je lui fis un topo de vive voix, il me demanda si j'avais l'intention de recruter un nouvel agent. Il en avait quelques-uns très valables dont il pouvait me transmettre le CV. J'y avais pensé bien sûr mais je n'étais pas prêt. C'était trop tôt. Avant de raccrocher, il me demanda à nouveau si j'avais élucidé le mystère de l'intimité de Ianto avec Yvonne, ce qui m'irrita instantanément. Je lui fis bien comprendre que je m'en foutais et que j'avais une totale confiance dans mon agent. Il ne parût pas vraiment satisfait de ma réponse, il me demanda ensuite pourquoi il ne venait pas à la remise de médailles la semaine suivante à Londres. Je n'y pensais plus à cette cérémonie … Mace trouvait que cela était un manque de respect pour l'institution et il me fit comprendre que sa présence était nécessaire et que je devais l'obliger à y aller. A nouveau, je le rembarrais sans ménagements, ses grognements très distincts me firent comprendre qu'il était en colère. C'était ce que je voulais. Un partout.
Les tâches de Suzie furent réparties entre les membres de l'équipe, sans surprise. J'avais pris quelques jours pour réfléchir à qui d'Owen ou Tosh j'allais confier le commandement en second. Ma décision prise, je l'avais en premier annoncée à Tosh pour être certain qu'elle comprenait bien ma décision. En réunion avec toute l'équipe, je confiais en particulier le budget à Ianto et la sécurité du Hub et le commandement en second à Owen. Nous devions trouver un nouvel équilibre à quatre, face à la recrudescence d'attaques de weevils, je craignais que cela ne soit difficile avec un agent de terrain en moins ...
Je n'avais pas eu le temps, comme souvent, d'avoir une discussion avec mon jeune gallois mais j'y songeais sans savoir comment m'y prendre. J'étais mauvais à cela … j'avais même demandé à Owen, je le pensais plus doué que moi pour avoir ce genre de dialogue. Mais il avait refusé décrétant que je serais parfait comme toujours. L'hypocrite … il me lâchait alors qu'il était médecin tout de même. Je ne savais pas gérer ces situations, en général c'était le moment où je rembarquais sur mon vaisseau et que je trouvais une nouvelle destination de voyage, loin, très loin des complications. Mais là, je ne pouvais pas fuir … Ianto sans le faire exprès me donna une occasion. Il était le tout nouveau chef de la sécurité et il prenait bien entendu cette tâche très au sérieux. Un soir, alors qu'Owen et Tosh allaient partir, il déclencha la mise en quarantaine. Soudainement, toutes les lumières s'éteignirent, nous sortîmes nos armes après avoir échangé des regards inquiets.
- Ianto !, appelais-je.
Nous le vîmes arriver en courant des étages supérieurs.
- Ce n'est rien !
- Mais qu'est-ce qui se passe ? hurla Owen.
- Tu t'es trompé de bouton ? hasardais-je tandis qu'il nous rejoignait avec une lampe de poche en main.
- Pas tout à fait … je passais en revue les protocoles d'urgence et les entraînements … j'en ai enclenché un par erreur …
- Oh, ce n'est pas vrai … souffla Owen.
Tosh pianota quelques minutes.
- Il n'y avait rien à faire. C'est un exercice hérité du MI-5, il y a tout un scénario sur une attaque nucléaire, avec confinement du centre. C'est pour tester les réactions des agents, voir comment se comporte le leader, les équipes …
- Tosh ! coupa Owen, combien de temps ?
- Il y en a pour douze heures, conclut-elle en fronçant les sourcils mécontente d'avoir été coupée dans ses explications.
- Mais ce n'est pas possible d'être aussi maladroit ! J'avais d'autres projets que passer ma soirée ici !
Ianto était ennuyé, il ne disait rien, ce qui donnait l'opportunité au médecin de s'en donner à cœur joie.
- Et si la faille s'active ? Nous ne pourrons même pas intervenir !
Ce dernier argument le secoua, il se précipita sur un ordinateur pour consulter le prédicteur.
- Il n'y a rien de prévu … indiqua-t-il d'une voix mal assurée.
- Ça ne veut pas dire qu'il ne se passera rien, Coffee Boy ! Tu ferais peut être mieux de t'en tenir à certaines tâches.
Owen pouvait être dur quand il s'y mettait et là il semblait de très mauvaise humeur. Tosh posa une main sur son bras pour tenter de le calmer mais il se dégagea et partit dans son domaine médical. Tosh enleva son manteau, posa son sac à main et ré ouvrit quelques programmes. Ianto partit en cuisine et moi dans mon bureau, plutôt amusé en fait. Cela ne nous était encore jamais arrivé. Un peu embêtant si la faille venait à être active, et encore je pourrais toujours demander une intervention de l'Unit en trouvant un quelconque prétexte. Non, définitivement amusant …
Un quart d'heure après, Ianto déposa quelques sandwichs sur la table basse et repartit derrière un ordinateur. Mon ventre commençait à crier famine, tout comme celui de Tosh et Owen que je retrouvais pour manger ce qu'il nous avait préparé.
- Ianto ! appelais-je, viens manger.
- Plus tard monsieur, me répondit-il en criant de l'autre bout du Hub, caché derrière son écran.
Tosh allait se lever mais je lui attrapais le bras pour qu'elle se rasseye. Je me levais et le rejoignis tranquillement avec nos deux sandwichs.
- Tiens, lui dis-je en lui tendant son repas.
- Je n'ai pas faim …
Je le posais à côté de lui et je croquais dans le mien.
- Je suis désolé Jack, finit-il par me dire sans quitter son écran des yeux.
Il suivait les mesures de la faille à la quête d'un pic. Il était vraiment ennuyé de s'être ainsi trompé et moi je m'en fichais complètement. Au contraire, personne n'était infaillible, c'était bien qu'il le sache. Et tout le monde a ses limites, il était fatigué. Depuis la mort de Suzie il en faisait trop.
- Pourquoi ? Regarde ce que tu as fait.
Je le saisis par les épaules, il ne s'y attendait pas et il eut un mouvement de recul comme s'il avait peur. Je l'obligeais à se déplacer pour voir le canapé. Tosh et Owen y étaient et rigolaient tout en mangeant. Owen racontait une de ces histoires et Tosh buvait ses paroles, assise tout à côté du fringuant médecin.
- Je ne l'ai jamais vu rire de cette manière, dis-je.
Ianto les regarda un petit moment puis acquiesça tandis qu'un sourire -enfin !- se dessinait sur ses lèvres, le rire de Tosh emplissait le Hub masquant par instants le ronronnement des machines, c'était tellement rafraîchissant d'avoir son rire dans ce lieux qui en recevait si peu … Je souris franchement en les voyant tous les deux.
- Owen avait peut être d'autres projets … mais je pense que Tosh est en train de te chérir intérieurement.
J'en profitais pour lui tendre son sandwich. Il me regarda puis résigné l'attrapa mais la faim n'était pas au rendez-vous, je soupirais en le voyant grignoter. Je ne faisais pas spécialement attention mais il ne semblait pas beaucoup manger ces derniers temps. La mort de Suzie nous avait tous secoués …
- Est-ce que tu penses encore à Suzie ?
Je me lançais, en faisant un énorme effort.
- Non.
- A Canary Wharf alors ?
Je m'abstenais de citer sa petite amie, il ne fallait pas pousser non plus.
- Non plus du tout.
- Tout va bien ?
- Oui.
- Je fais un effort Ianto, tâche d'en faire un aussi, le réprimandais-je. Est-ce que tout va bien ?
Il hocha la tête, le regard toujours fixé sur l'écran.
- Mace m'a demandé pourquoi tu ne venais pas à la cérémonie, il trouve cela …
- Anormal ?
- Pas très correct et je pense qu'effectivement …
- De quoi il se mêle ? En quoi cela le concerne ?
- Rien mais …
- Je n'irais pas Jack, on ne peut pas m'y obliger, surtout pas lui.
Cela faisait deux fois qu'il me coupait la parole, deux fois de trop.
- Tu vas lâcher cet ordinateur à la fin ?
Son attitude commençait à m'agacer, la patience n'était pas mon fort et je n'étais toujours pas un bon psychologue. Owen … il allait devoir prendre le relais, moi je n'arrivais à rien.
- C'est moi qui aie enclenché par erreur la procédure, c'est normal que je surveille la faille, monsieur.
Il paraissait outré que je pose cette question. Je terminais mon sandwich en essayant de ravaler mon irritation et je me levais pour éteindre ce moniteur sans préavis.
- On va se coucher et c'est un ordre, dis-je sèchement.
Je levais la main aux protestations qui arrivaient suite à cette injonction.
- Pas la peine de dire quoi que ce soit, on va regarder la télé en bas et tu emportes ton repas.
- Mais …, hésita-t-il cherchant j'imagine une excuse pour rester, Tosh et Owen ?
- Ils se débrouilleront très bien sans nous.
- C'est un ordre ?
Ah, LA question … pas si simple. Quand est-ce que j'abandonnais mon rôle de Capitaine pour endosser celui d'amant ? En tant que chef je pouvais lui demander de lâcher sa surveillance, en tant qu'amant je ne pouvais que lui suggérer. J'alternais les deux rôles sans que cela ne nous ait jamais gênés jusqu'à présent. C'était définitivement le chef qui lui demandait de s'arrêter, ce qu'il ne ferait pas sans un peu de fermeté.
- Oui. L'alarme se déclenchera s'il y a quelque chose. Ianto Jones, je crois que Cardiff peut se passer de toi ce soir ce qui n'est pas mon cas au vu de mes projets. Contrairement au médecin, ce lock down ne me gène absolument pas.
Il leva un sourcil, j'aimais bien quand il faisait cela. J'étais resté très sérieux mais je souris en voyant sa réaction.
- Intéressé ? demandais-je ne levant un sourcil à mon tour.
Bien sûr qu'il l'était … je l'entraînais facilement avec moi vers les bas fonds du Hub, certain qu'il me comblerait, qu'il suffisait momentanément au moins, à mon bonheur mais toujours incertain de la réciproque.
Chapitre 24 : Pas la surprise espérée
-----------------------------------------------------------------------------------------
Ianto ne s'absentait pas souvent du Hub, il passait ses commandes grâce à Internet et les réceptionnait à l'office de tourisme. Il ne sortait en définitive quand c'était absolument nécessaire pour des courses rapides. J'en pris conscience le jour où je voulus changer son lit en catimini. Je souhaitait lui faire une surprise mais après quelques jours, je me rendis compte que son emploi du temps était extrêmement chargé et qu'il mettait rarement le nez dehors. Plus de pauses cigarette, il avait tenu sa promesse et arrêté le jour où il me l'avait dit. Il passait de temps en temps une dizaine de minutes à regarder la baie mais rien de régulier. Durant les seules pauses qu'il prenait, il préparait le café ou bien il allait voir sa protégée, Myfanwy. Je lui avais strictement défendu de réitérer ses exploits d'apprenti dresseur mais il allait quand même la voir plusieurs fois par jour et cela tous les jours … je ne savais pas ce qu'il faisait là-haut et je n'avais jamais cherché à le savoir. Vivre ensemble, travailler ensemble … il me laissait une certaine liberté et j'essayais de faire de même.
Après quelques jours d'observation, je mis Tosh dans la confidence, il fallait qu'il s'absente une bonne demi-heure pour que je puisse installer ce grand lit. J'avais trouvé l'artefact idéal qui annulait la masse des objets, il me permettrait de le manipuler sans aucune difficulté. Un matin vers onze heures comme d'habitude, il interrogea Tosh sur ses envies pour le repas. Elle était la seule à bénéficier de ce traitement de faveur, Owen et moi mangions ce qu'il avait commandé, point barre. Seule Tosh avait son mot à dire … je l'avais bien sûr taquiné, Owen également, mais il avait laissé le mystère entier. Il avait semblé amusé que nous nous posions des questions. Tosh pensait que c'était par galanterie, elle avait probablement raison. Ce jour-là, elle lui expliqua qu'elle n'avait pas envie de manger la même chose que d'habitude, il lui proposa de lui cuisiner un plat … je crus que nous n'allions pas y arriver. Mais Tosh avec toute la douceur dont elle était capable, lui demanda un plat dans un restaurant -assez éloigné du Hub- qui faisait une délicieuse spécialité dont elle avait très envie. Il l'a regarda quelques instants, l'air suspicieux puis il lui dit qu'il allait voir. Il vint dans mon bureau et je lui dis que je trouvais l'idée excellente, je lui donnais l'autorisation d'y aller. Il me proposa de cuisiner le plat mais j'arguais que ce serait trop long. Il me regarda moi aussi un petit moment, silencieux, je me demandais s'il se doutait de quelque chose. Je soutenais son regard qui était intense jusqu'à ce qu'il coupe brusquement le contact et étrangement je me sentis soulagé. Il tourna les talons, sortit du bureau, prit sa veste et passa enfin la porte du Hub. Je restais un instant assis à mon bureau, il avait un talent certain dans sa manière de scruter les personnes … il faudrait tester cela lors d'un interrogatoire, comment je n'y avais pas pensé plus tôt ... Il avait une personnalité parfaite pour ce type de boulot. J'en avais encore des frissons, il se doutait de quelque chose mais il savait rester froid et distant et mettre une véritable pression simplement avec son regard. Vraiment doué, j'étais passé maître dans cet art et donc un bon juge. Tosh et Owen n'étaient pas de bons interrogateurs, Ianto serait un suppléant parfait.
- Jack ? appela doucement Tosh à la porte de mon bureau, elle devait se demander ce que je faisais.
- Au boulot ! fis-je en sortant de mes pensées et me levant dans un bond, faisant claquer mes mains.
J'étais d'humeur joyeuse et le prédicteur n'avait rien indiqué pour la journée, une aubaine. Owen m'aida à déplacer les paquets et surtout monter le lit acheté en kit. Tosh termina en plaçant les draps et la couette, le lit était tiré à quatre épingles comme Ianto les appréciait. Nous nous regardâmes bêtement tous les trois le méfait terminé et, complices, sans un mot nous rejoignîmes nos postes.
Nous l'attendions tous, impatients de voir sa réaction. Au bout de trois quart d'heure d'attente, Owen en avait marre et sa faim le torturait. Tosh le sermonna tout en attrapant son téléphone portable pour appeler Ianto et voir où il en était tandis qu'Owen lui faisait une drôle de moue pour la remercier.
Décidément ces deux là avaient fait un bout de chemin ensemble, pensais-je. J'étais heureux pour eux.
- J'ai le répondeur, dit-elle l'air soucieuse, ce n'est pas normal, il répond toujours.
- Essaie à nouveau, peut-être que ça ne capte pas, proposa Owen.
- Dans Cardiff ! Tu en connais des endroits où ça ne capte pas ?
- Réessaie Tosh, lui demandais-je.
Elle fit un nouvel essai mais le téléphone ne sonnait pas, il était éteint. Elle laissa un message avant de se précipiter sur son ordinateur pour le localiser. Il était à quelques pâtés de maison du restaurant. Elle accéda aux caméras de surveillance de la ville à la recherche de Ianto mais il n'y avait personne. Là, je commençais à être inquiet. Son portable était là mais pas lui, quelque chose n'allait pas.
- Retrace son…
- parcours, termina-t-elle en lançant x fenêtres en même temps.
Toute sa dextérité était à l'œuvre, il y avait un problème et urgence.
En jonglant avec les caméras de surveillance, nous suivîmes le trajet de Ianto à pied dans les rues de Cardiff vers le restaurant. Il ne l'avait jamais atteint. Un van s'était arrêté à sa hauteur et deux hommes cagoulés en avaient surgi pour l'attraper sans ménagement. Il avait été kidnappé.
- Merde ! cria Owen.
Tosh avait figé les images en zoomant au maximum alors que Ianto se débattait avec un mouchoir devant le nez et la bouche. Je m'assis, passais mes mains sur mon visage, j'avais envie de hurler. Mon cœur était serré par ce que je venais de voir, mon cerveau ne voulait plus fonctionner, je serrais mes poings … nous étions tous les trois abasourdis, tellement surpris que nous étions aussi figés que l'image que nous regardions, hypnotisés par cette révélation. Tosh posa sa main sur mon bras, je lus dans son regard toute sa tristesse pour moi.
- Qu'est-ce qu'on fait Jack ? demanda le médecin d'une voix mal assurée.
Cela ne faisait que vingt minutes, il fallait se dépêcher de le chercher.
- Tosh, tu travailles sur les caméras de surveillance, essaie de trouver d'où vient ce van et où il est allé. Owen, il y avait plein de monde sur les trottoirs, il faut les interroger. Pour ma part je vais chercher ce qu'ils me veulent...
- Tu penses à quoi Jack ? se renseigna Tosh en ouvrant déjà quelques programmes.
Je vis qu'elle lançait le programme de T1 de reconnaissance faciale sur les passants les plus proches de Ianto au moment de son enlèvement.
- Une rançon, une vengeance, quelqu'un qui veut des informations … tellement de possibilités …
- Tu penses que c'est toi qui es visé ? questionna Tosh.
- Evidemment. Moi ou Torchwood … Ianto en sait beaucoup. Allez au boulot.
Je rejoignis mon bureau mais le courage me manquait. Je pris ma tête dans mes mains, assis derrière ce bureau, en essayant de ne pas imaginer le pire. En priant pour recevoir très vite une rançon. Quoiqu'ils veuillent, ils l'auraient, Ianto était trop cher à mon cœur. Soudain mon anéantissement se transforma en colère, une colère noire qui me fit taper du poing, renverser mon siège et donner des coups de pieds et poings dans tout ce que je pouvais … je voulais avoir mal, remplacer la douleur que je ressentais dans mes tripes par une douleur physique mais rien n'y faisait, j'avais une lame posée sur mon cœur et tant que je ne le retrouverais pas, je souffrirais. Je sentis le regard de Tosh sur moi. J'attrapais un clavier et réfléchis à qui j'allais demander de l'aide.
H+3 heures
Trois heures que nous étions sans nouvelles. Owen rentra de son excursion, je les appelais tous les deux en salle de conférence pour faire un point.
- Owen ? demandais-je au médecin qui venait à peine de poser ses affaires.
- J'ai rencontré plusieurs personnes qui ont assisté à l'enlèvement mais je n'ai pas eu plus d'informations que ce que nous avons vu sur la caméra. Les agresseurs n'ont rien dit, Ianto s'est débattu avant que la camionnette ne démarre en trombe. J'ai retrouvé son portable qui a été jeté depuis la camionnette quelques mètres plus loin.
Il tendit le portable en piteux état à Tosh, il l'avait ramassé en pièces détachées mais il devait en manquer probablement.
- Je vais voir ce que je peux en faire et retracer tous ses appels.
J'acquiesçais.
- Pour le van ?
- J'ai cherché Jack …, expliqua Tosh, mais il n'a pas de plaque d'immatriculation, pas de signe distinctif … pour l'instant aucun vol n'a été déclaré mais je vais continuer à surveiller. Le véhicule est arrivé dans Cardiff à peu près au même moment que Ianto sortait du Hub. Il l'a suivi de loin, je pense qu'ils ne connaissaient pas sa destination. Ils l'ont rattrapé et enlevé. Il a ensuite disparu sur une voie secondaire qui n'est pas surveillée. J'ai lancé une recherche autour du Hub pour savoir si ce même van est déjà venu. Mais cela va être très long avant d'avoir des résultats.
- Tu y consacres toute la l'énergie nécessaire. Que dit le prédicteur ?
- Calme pour aujourd'hui, comme hier. Une chance … dans notre malheur, ajouta-t-elle en se mordant la lèvre.
Je n'avais pas pu m'empêcher de me redresser à ce mot. Une petite alarme attira notre attention, Tosh attrapa le clavier de la salle de réunion en posant son pda sur la table.
- Une personne est au poste central de police de Cardiff, elle fait une déposition sur un enlèvement.
- J'y vais, dis-je en me levant. Continuez, surtout ne vous arrêtez pas, vous y consacrez tout votre temps, ok ? insistais-je en partant. Je vis mes deux agents acquiescer la mine grave.
Au poste, je donnais mes accréditations à l'accueil en y ajoutant quelques mots-clés bien sentis, secret, sûreté nationale … On me conduisit immédiatement au bureau de l'agent Cooper qui prenait la déposition. Son poste se trouvait au milieu d'une pièce remplie de bureaux similaires, un jeune homme se trouvait avec elle. Je demandais à la jeune policière de nous trouver une pièce plus tranquille et je la pressais de faire vite. Elle me regarda étonnée avec ses grands yeux verts encadrés de longs cheveux noirs, en d'autres circonstances je l'aurais trouvée suffisamment jolie pour flirter. Elle nous trouva une salle d'interrogatoire et je demandais au témoin de me raconter ce qu'il avait vu. Il me décrivit la scène telle que je l'avais vue, tout s'était passé vite, il n'avait rien à m'apprendre de plus … nous n'avions pas le son sur la vidéo, je lui demandais de me répéter ce qu'il avait entendu. Il se concentra quelques secondes puis il m'affirma que les hommes cagoulés n'avaient rien dit mais que l'homme enlevé avait crié, puis prononcé un mon, Jack lui semble-t-il. Il ne souvenait d'aucun autre détail.
- Ce Jack … c'est vous n'est-ce pas ?
Ce n'était pas vraiment une question, plutôt une affirmation de l'agent Cooper qui me regardait avec compassion. Ma douleur devait se lire sur mon visage …
- Et l'homme enlevé ? continua-t-elle.
- Ce ne sont plus vos affaires mais les nôtres. Vous transmettrez le rapport à votre supérieur et dites-lui de le faire suivre à Torchwood, il saura quoi faire, lui lançais-je en me levant.
Elle fit de même et m'attrapa le bras alors que je passais la porte pour partir.
- Qu'est-ce que Torchwood ? Une sorte d'agence secrète ? Vous avez perdu un agent secret ? C'est cela n'est-ce pas ?
Elle tenait fermement mon bras.
- Comme je vous le disais Cooper …
- Gwen.
- Gwen, ce ne sont pas vos affaires. Veuillez à prendre convenablement sa déposition, c'est tout ce que je vous demande.
Persévérante et pas bête, je notais son nom dans un coin de ma tête.
H+4 heures
Je regardais ma montre, quatre heures et nous n'avions rien. Pas le début d'une piste et aucune réponse aux emails que j'avais envoyés, mon bracelet était resté désespérément silencieux. Je repartis vers la baie, furieux et inquiet.
Ianto, où que tu sois, je te retrouverai.
Chapitre 26 : Révélations
-----------------------------------------------------------------------------------------
H+2 jours
Deux jours et nous n'avions rien. Le van n'avait pas été vu aux alentours du Hub, j'avais demandé à Tosh de chercher tout véhicule qui pourrait paraître suspect, soit parce que nous l'avions croisé plusieurs fois soit parce qu'il semblait nous observer. Pendant que Tosh se concentrait sur les recherches, Owen et moi gérions les affaires courantes. Les alertes, les sites web, les dossiers … il était même monté à l'office de tourisme renvoyer quelques personnes qui persistaient à attendre son ouverture. De vieilles dames qui semblaient avoir leurs habitudes avec Ianto … elles furent un peu étonnées – outrées ?- par l'accueil que leur réserva Owen. L'avantage, c'était que nous étions certains de ne plus les voir.
H+4 jours
Tosh venait de s'asseoir dans mon bureau que je ne quittais plus que contraint et forcé.
- Jack, dit-elle pour attirer mon attention.
J'étais comme vaseux, je ne pouvais pas être malade mais j'avais l'impression de l'être. Je me sentais tellement mal, parfois j'avais l'impression d'avoir de la fièvre. Owen m'avait même examiné se rendant compte de mon état, voyant mes frissons. Mais non, mon corps allait bien, tout se passait dans ma tête. Quand il me l'annonça, je n'y croyais pas … j'avais pourtant une multitude de symptômes ... Non, c'était juste une démonstration du pouvoir de l'esprit sur le corps.
- J'ai vérifié, continua Tosh, suivi la piste de quelques voitures que tu as croisé plusieurs fois mais c'étaient toutes de fausses pistes. En revanche j'ai repéré plusieurs hommes qui surveillaient le Hub. Aucun signe distinctif, ils sont restés à bonne distance en prenant garde de tourner le dos aux caméras de surveillance … nous étions sous surveillance c'est certain. Les quelques images que j'ai pu obtenir de leurs visages n'ont rien donné tout comme celles du conducteur du van. Mais je n'ai pas des images complètes, c'est très difficile.
- Peut-être qu'ils essaient d'atteindre l'équipe … il faudrait que tu vérifies si vous n'avez pas été suivis toi ou Owen.
- Mais ça va me prendre beaucoup de temps ! Et puis, je ne fais que ça depuis deux jours …
- Tu veux arrêter ?
- Mais non simplement …
- Tu as une autre idée ? demandais-je sur la défensive.
- Jack … et si c'était cela leur but ? Nous tenir occupés pour faire je ne sais quoi alors qu'on ne surveille rien ? Je trouve cela bizarre de ne pas avoir de demande de rançon …
- Peut-être … mais j'en ai rien à foutre, tu continues.
- Je veux le retrouver tout comme toi mais … nous n'avons pas de piste Jack. Sans élément nouveau, je ne vois pas quoi faire de plus.
Elle se tut laissant ses paroles faire leur chemin dans mon esprit embrumé … Je regardais mes mains, je ne voulais pas affronter son regard, je ne voulais pas y lire le découragement qui était le sien et … le mien.
- Ok Tosh, tu fais une pause dans tes recherches. Tu vérifies qu'il n'y ait pas de magouille en ce moment. Mais on ne baisse pas les bras, c'est clair ?
- C'est clair, Jack, ni moi ni Owen ne le voulons.
- Oh Jack, fit Owen en passant la tête dans le bureau, l'agent de police Gwen Cooper est venue se balader sur les docks. Elle est restée de longues heures à observer. Elle nous a vus dans le SUV mais elle était à pieds, elle n'a pas pu nous suivre.
- Je m'en doutais, elle semblait très intéressée par le mystère Torchwood. Mais ce n'est pas le bon timing, vraiment pas ...
Tosh et Owen partirent sur la pointe des pieds en me laissant, j'étais de très mauvaise compagnie.
H+6 jours
Tosh cherchait depuis deux jours déjà si une affaire ne serait pas en cours, une affaire qui nous aurait échappée. Elle trouva bien entendu quelques commerces d'objets illicites mais rien de suffisamment important pour motiver une intrusion à la Nasa. Mes nuits étaient toujours aussi agitées, j'avais finalement retrouvé mon lit, les draps encore parfumés par l'odeur de Ianto étaient une douce torture. Au matin du sixième jour de sa disparition, je me morfondais dans mon bureau en admirant la pile de dossiers reçus de l'Unit, la liste sans fin d'emails non lus et un regard dans le Hub me le montra dans un état aussi pitoyable que son Capitaine. Logique. Des tas de boîtes de pizza, des dossiers dans tous les coins, des artefacts récupérés et qui traînaient. Même moi, je faisais très attention en me baladant dans le Hub. Myfanwy délaissait toujours le poisson que je lui apportais pourtant tous les jours. Elle ne volait plus dans les hauteurs, elle s'était réfugiée dans son antre. Allait-elle se laisser mourir de faim ? Je ne savais pas ces animaux capables d'une telle fidélité, mais comme Tosh l'avait fait remarquer quelques jours plus tôt nous n'étions pas des spécialistes. Seul Ianto passait suffisamment de temps là-haut pour mériter ce qualificatif. Peut-être qu'un jour … un jour, j'aurais le bonheur de lui poser la question. Plus les jours passaient, moins je le pensais. Un cri d'Owen me fit sortir de mes pensées. J'avais les relevés de la faille sous les yeux, je les regardais mais ne vit rien d'inhabituel. Ne me voyant pas arriver, il déboula littéralement dans mon boulot en lâchant un « Putain, Harkness ! ».
- Quoi ! lui répondis-je surpris.
- Tu es sourd ou quoi ?
Il pianota sur mon clavier pour ouvrir la vidéo de surveillance de l'office de tourisme. Un homme y était planté devant avec un carton où était inscrit « Ianto Jones » en lettres capitales. Il faisait les cent pas en tournant sur lui-même.
- Putain !
- Tout de même … soupira Owen, les mains sur les hanches en me regardant sortir telle une furie.
Je courrais, mon cœur battait vite et ce n'était pas la course, non, c'était l'espoir. L'espoir d'avoir une nouvelle piste car cet homme qui ressemblait à tant d'autres au bord des autoroutes avait la même destination que moi.
J'enclenchais le mécanisme qui ouvrait le mur dans l'office de tourisme et enfin la porte d'entrée. L'homme me regarda et je l'attrapais vivement par la veste pour le faire entrer dans l'office de tourisme. Aussitôt deux hommes fondirent sur nous. Je m'arrêtais, tenant toujours l'homme par sa veste. L'homme à la pancarte leur fit signe de nous laisser, je l'entraînais à l'intérieur. Tosh n'avait pas pu me le confirmer mais il me paraissait logique que nous soyons toujours sous surveillance, je ne voulais pas avoir cette conversation à portée de n'importe quel micro.
- Ça y est, lâchez-moi !
- Qui êtes vous ?
- Vous savez que ça n'a pas été facile de vous trouver …, soupira-t-il en lissant son costume.
Ceci étant fait, il leva ses yeux vers moi et ma mine le motiva drôlement.
- Monsieur Harkness je suppose ? Ruth Norris, je travaille au cabinet de notaires Norris & Norris de Londres, se présenta-t-il en me tendant la main.
Je l'ignorais en attendant qu'il m'en dise plus.
- Je souhaiterais voir Mr Jones au plus vite, une affaire à régler en personne, ajouta-t-il très sérieusement.
- Il n'est pas disponible. Je vous écoute, dites-moi tout, ordonnais-je à ce frêle notaire.
- Bon, étant donné tout le secret qui vous entoure et qui entoure le dossier de Mme Hartman, je vais vous expliquer. Comme je vous disais, je suis notaire.
Un coup d'œil sur mon PDA qui vibrait me confirma que c'était la vérité. Tosh et Owen suivaient notre discussion et l'informaticienne était déjà à l'œuvre.
-Je suis en charge des affaires de Mme Hartman. Elle a été déclarée décédée à la bataille de Canary Wharf et quasiment depuis ce jour, je m'évertue à trouver son fils adoptif, Ianto Jones. Une partie de son héritage lui revient. On m'a mis beaucoup de bâtons dans les roues, pour effectuer les inventaires …
Je ne l'écoutais plus, la révélation qu'il venait de me faire me glaçait le sang.
- C'est quoi ces conneries ? hurlais-je faisant sursauter l'homme en face de moi.
- Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ? fit-il d'une voix mal assurée en reculant devant ma colère.
- Quand … quand a-t-elle adopté Ianto ?
- Attendez, fit-il en cherchant dans sa sacoche.
Il avait les mains qui tremblaient et fit bien sûr tomber tous ses papiers. Les documents s'éparpillèrent sur le sol, je le regardais rechercher le document sans vraiment le voir, mes oreilles bourdonnaient, j'entendais mon sang bouillonner en moi. Lui me jetait des coups d'œil inquiets, il devait me sentir au bord de l'explosion car j'y étais vraiment. Le voir à quatre pattes chercher désespérément cette date ne faisait qu'attiser mon impatience. Je trépignais sur place.
- C'était en 1997, de cela j'en suis sûr … aaah, voilà, fit-il la voix tremblante, le 19 août 1997.
- Le jour de ses quatorze ans …
- C'est bien cela, fit-il soulagé en ramassant les feuilles puis en reprenant sa place devant le comptoir.
- Je vous disais, reprit-il en me regardant fixement.
Je crois qu'il avait compris que je n'avais rien écouté à ce qu'il venait de me dire, il attendait cette fois d'avoir toute mon attention.
- Je suis tenace, c'est pour cela qu'Yvonne m'a choisi. J'ai eu beaucoup de mal à accéder à ses propriétés pour y effectuer l'inventaire de ses biens. Elles ont été squattées par les services secrets bien plus longtemps que nécessaire. Mais ensuite, trouver son fils s'est avéré compliqué et dangereux …
- Pourquoi dangereux ?
- J'ai reçu des menaces. D'abord des emails dont je n'ai pas tenu compte. La fortune de Mme Hartman était conséquente, elle attire forcément les curieux. Ensuite, je me suis fait attaquer chez moi, vous vous rendez compte ?
Je hochais la tête.
- Heureusement j'ai une pièce sécurisée, je m'y suis enfermé. J'ai ensuite pris les mesures nécessaires, j'ai vraiment eu très, très peur …
- Oui, oui, je comprends, la suite Mr Norris.
- Vidéosurveillance, alarme et garde du corps. Yvonne m'a assez généreusement payé, termina-t-il avec un petit sourire en coin.
- Dépêchez-vous, fis-je d'un ton un peu menaçant sans le lâcher du regard.
Il baissa les yeux et déglutit difficilement.
- Pas facile comme affaire, murmura-t-il comme pour reprendre courage. Bref, ainsi protégé, je me mis à chercher Mr Jones. Il était déclaré décédé à la mairie de Cardiff mais un contact au MI-5 me confirma qu'il était sorti vivant de la tour. Mon contact n'avait malheureusement pas les accréditations nécessaires pour m'indiquer sa nouvelle affectation. Cela aurait été trop simple … Il semblait que seul le directeur du MI-5 avait accès à ce dossier. Sa sœur m'a certifié ne pas avoir de nouvelles de lui … Il avait disparu de la surface de la Terre. Pas de compte bancaire, pas de logements, enfin je ne trouvais rien. Mais cela ne voulait pas dire qu'il n'avait de compte bancaire et de logement, je connais trop bien le monde des espions pour ne pas savoir qu'ils cultivent habilement le secret. Car je pensais tout logiquement à une affectation secrète. MI-5, MI-6, l'Unit et Torchwood Cardiff, mes pistes dans l'ordre où je les ais examinées. Mon contact au MI-5 tenta lui aussi de me renseigner mais je l'ai à présent perdu … il était certain d'être sous surveillance et il a pris peur. Vraiment pas facile comme affaire …
- Ianto a été enlevé il y a 6 jours … murmurais-je.
- Quoi ? Ce n'est pas vrai, je venais juste de le retrouver … fit-il en s'asseyant, sa sacoche sur ses genoux, la tête sur son poing. Ce n'est pas de chance, vraiment pas de chance …
Je me redressais tout à coup et lui avec moi toujours un peu effrayé.
- Qu'est-ce que qu'il y a ?
- Vous y croyez vous aux coïncidences ?
- Bah, ben, non pas vraiment.
- Moi non plus, vous êtes là aujourd'hui et vous êtes probablement la cause de son enlèvement.
- Quoi ! Mais non, je le cherche, je ne voulais pas qu'on l'enlève ! Je vous le jure !
Dans deux minutes il allait m'implorer de ne pas le tuer … je pouvais être effrayant quand je le voulais, je l'avais définitivement intimidé.
- C'est cela, continuais-je en réfléchissant à haute voix, on a essayé de vous retarder, de vous envoyer sur de fausses pistes peut-être …
- Absolument Mr Harkness ! Persévérant et méticuleux, c'est pour cela qu'elle m'a choisie, fit-il en se redressant. J'ai fini par trouver qu'il travaillait pour vous.
- Oui, malgré leurs efforts, vous nous avez trouvé mais ils ne voulaient pas, je ne sais pas encore pour qu'elle raison. Et donc cela les a poussés à agir, l'enlever avant que vous n'arriviez.
- Cela paraît logique … mais pourquoi ? Et qui ?
- Ça je ne le sais pas encore, l'enquête est relancée … pourquoi cette pancarte ? demandais-je repensant à son arrivée plutôt originale.
- Je suis arrivé ce matin à Cardiff, je me suis rendu à la police pour vous localiser. Pas moyen de savoir, tout comme à Londres d'ailleurs. Dire que je pensais que ce serait plus simple ici … enfin, une jolie brunette a accepté de me révéler certaines informations … elle m'a dit de chercher près de l'office de tourisme sur les quais. Je voulais vous trouver et vite, je suis devenu un peu parano … la pancarte m'a semblé la seule solution.
- Astucieux. Les renseignements de l'agent Cooper … vous les avez eus en contrepartie de quoi ?
- Comment vous savez … des renseignements sur vous Mr Harkness, murmura-t-il en baissant les yeux et en faisant une grimace.
« Drôlement peureux le gars pour s'occuper des affaires d'Hartman », lis-je sur mon PDA. Je ne savais pas si c'était Tosh ou Owen qui m'avait envoyé ce message, plutôt Owen. Pas faux.
- Vous avez peur ?
- Non … ben, si, ah vrai dire je ne m'attendais pas à cela quand j'ai accepté la proposition de Mme Hartman. Mes récents ennuis, me poussent à voir les choses … sous un nouvel angle.
- Hum.
- Un angle qui ne me plaît guère. J'ai fait droit notarial, vous comprenez, c'est plutôt calme comme branche. Par rapport à la votre …
- Et c'est quoi ma branche ?
- Ah ! s'exclama-t-il soudain les yeux brillants. Vous êtes Torchwood, j'en conclu que vous faîtes le même travail que Mme Hartman et son fils. Vous nous protégez des invasions d'aliens, finit-il dans un murmure mais fier comme Yvonne aurait pu l'être.
- Vous en avez parlé à quiconque ?
- Non ! Je tiens à ma vie … malgré les apparences.
- Vous comptez le dire à la brunette ?
- Non, vous rigolez ou quoi !
Je l'attrapais par sa cravate un peu brutalement.
- Vous n'avez pas intérêt. Je sais tout ce qui se passe dans cette ville. Elle est déjà venue rôder dans le coin. On le saura si elle en sait plus, sachez que l'on peut vous pourrir la vie comme les autres … ou pire. Nous avons des armes spéciales, nous sommes les seuls à les posséder.
- Quoi ? Mais quoi donc ! s'écria-t-il stressé.
- On peut vous faire oublier votre vie … toutes vos études de droit notarial.
- Vous ne feriez pas cela !
- La quarantaine et tout juste le baccalauréat. Pensez-y.
- J'ai compris Mr Harkness. Vous pouvez me faire confiance. Et me relâcher …
- Vous me laissez tous vos papiers, le sommais-je en lâchant mon emprise.
Je le vis tiquer à cette demande.
- Je reprends. Vous nous laissez tout ainsi qu'une adresse et un numéro de téléphone où vous joindre. Vous restez sur Cardiff, sous protection. Si vous avez besoin d'une surveillance accrue, vous demandez à Cooper. On vous tiendra au courant. Est-ce que c'est clair ?
- Parfaitement clair Capitaine. Limpide même.
- Ça va, pas la peine d'en faire trop.
J'allais le congédier quand je lui posais une dernière question.
- Vous les avez vus ensemble … Ianto et Yvonne ?
- Une seule fois, pourquoi ?
- Quelle était la nature de leur relation ?
- Comment cela ? C'était son fils …
- Je sais, coupais-je, comment étaient-ils ensemble ?
- Il … avait dix-huit ans quand je l'ai rencontré, c'était il y a cinq ans. Elle me l'avait amené pour qu'il soit au courant des dispositions qu'elle avait prises pour lui. Apparemment c'était un point de discorde entre eux. Il ne voulait rien, il me l'a dit immédiatement. Mais, je dirais que pour un gamin de dix-huit ans, il ne faisait pas son âge. Il paraissait à la fois plus jeune physiquement mais après sa discussion avec Yvonne ou avec moi, ses yeux … il m'apparut finalement plus vieux. Il était froid et distant, je sais bien qu'ils n'avaient aucun lien de parenté mais il avait la même attitude qu'elle. Bien que beaucoup plus discret. Il m'avait laissé une drôle d'impression, comme s'il semblait deviner ce que j'allais lui dire. Ce fut notre seule rencontre et je dois avouer que … c'étaient mes clients bien sûr mais je ne tenais pas les rencontrer trop souvent ... Ma vie est trop éloignée des vôtres …, finit-il par avouer comme pour s'excuser.
- Vous êtes perspicace et observateur.
- Il vaut mieux l'être dans mon métier.
Il nota l'adresse de son hôtel et son numéro de téléphone sur une feuille qu'il me tendit avec sa sacoche, manifestement à regret.
- Sortez maintenant, exigeais-je, et répondez quand on vous appelle.
Je repartis vers les profondeurs du Hub encore abasourdi par cette révélation …
Chapitre 27 : La sœur de Ianto
-----------------------------------------------------------------------------------------
Tosh et Owen m'attendaient debout près de l'entrée. Tosh saisit la mallette du notaire et monta en salle de réunion. Je crois qu'ils étaient dans le même état que moi car aucune parole ne fut prononcée.
- Pourquoi nous avoir caché cela ? lâcha Owen en entrant dans la salle.
Tosh le regarda, longuement, sans rien dire. Je pris un siège en essayant de me calmer et de réfléchir, voir les choses sous ce nouvel angle ...
- C'est évident Owen. Yvonne a toujours été plus ou moins notre ennemi et celle de l'Unit. D'une certaine manière la sienne aussi … n'oublie pas son bracelet de détention. A la fin de la bataille, elle était devenue responsable du massacre et notre ennemi number one. Jamais nous ne l'aurions pris ici, ou même ailleurs si ce secret avait été relevé. Qui sait ce qu'il serait devenu …
- D'accord, d'accord … pas au début, ça aurait fait mauvais effet, je te l'accorde Tosh. Mais ensuite ! Il a quand même eu le temps de nous le dire !
- Ça suffit Owen, l'interrompis-je, on lui demandera directement. Mace me l'avait pratiquement dit, lui le savait … On s'est complètement trompés de cible. C'était lui et pas Torchwood … il nous faut tout reprendre sous cet angle.
- Quoi Jack ? Qu'est-ce qu'on reprend ? questionna Tosh déconcertée.
- Tu te concentres sur les vidéos de Ianto. Ses sorties du Hub et aussi dans le Hub, tous les moments où il pensait que nous ne regardions pas.
- Tu parles, il aura tout effacé, déclara Owen blasé en s'affaissant sur un siège.
- Peut-être … peut-être pas. Je vais activer tout de suite un informateur pour en savoir plus sur son histoire. Owen, tu cherches dans les archives secrètes.
- Pourquoi moi … Mais qu'est-ce que je cherche ?
- Je ne sais pas, une référence à Ianto à ce qu'il faisait réellement à Torchwood Londres …
- Tu crois qu'il nous a menti sur cela aussi ? osa demander Tosh doucement, en essayant de ne pas me blesser.
Elle était debout, trop nerveuse pour prendre une chaise.
- Je ne sais pas, il vaut mieux douter de tout.
- J'y pense … il faudrait fouiller ses affaires, déclara Owen en nous regardant.
Bon dieu, il avait raison.
Nous partîmes tous les trois vers sa chambre.
- Je t'avais dit que ce n'était pas normal de vivre ici.
- Plus tard, les reproches Owen, fis-je d'un ton dur.
- Il n'y a pas grand-chose à fouiller … fit remarquer Tosh.
Elle avait raison, il n'y avait que l'essentiel. Nous avions ramené son ancien lit dans la salle de repos, je partis le fouiller. Il ne contenait rien, j'avais même déchiré le matelas à la recherche d'un objet caché. Tosh avait fouillé ses vêtements, rien là non plus. Owen avait cherché dans les tiroirs, les livres, il passait en revue son ipod quand je revins dans la chambre. Je n'y avais pas mis les pieds depuis … j'y avais passé de si bons moments ... Au bout de trente minutes de recherches, nous n'avions rien. A part son ipod, il n'y avait rien de personnel. Tout au plus quelques relevés de comptes, un peu de monnaie, un briquet ...
- C'est pas possible de posséder aussi peu de choses … quand on a autant de secrets, douta Owen.
- Tu as raison … Jack, il n'y a pas un endroit où il aurait pu cacher des affaires ? demanda Tosh.
- Je ne sais pas … ici ?
Nous déplaçâmes tous les meubles à la recherche d'une cache, mais au bout de vingt minutes d'efforts, nous n'avions rien trouvé.
- Il passait beaucoup de temps avec Myfanwy, dis-je en réfléchissant à haute voix, peut-être a-t-il caché un truc là-haut ?
- Pourquoi pas, répondis Tosh en sortant déjà de la chambre.