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Question d'honneur

Série : Torchwood
Création : 16.10.2010 à 13h43
Auteur : chrismaz66 
Statut : Terminée

« Ma première fic sans Jack, mais avec Ianto et Owen en mauvaise posture. Merci à ma bêta Eva... » chrismaz66 

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Chapitre 4

Ianto lâcha les marteaux qu’il tenait dans la main, l’air hagard. Gwen se baissa pour les ramasser mais ses yeux étaient irrésistiblement rivés sur les trois employés.
- Comment est-ce possible, Ianto? Murmura-t-elle, en se relevant très lentement.
- Aucune idée…
Gwen sentit le désarroi dans la voix du jeune homme. Elle se tourna vers lui et son visage tendu lui confirma l’état de détresse dans lequel il venait d’être plongé.
- Il y a une explication logique, Ianto. Et nous allons la trouver, ok?
Elle lui rendit les outils et lui frotta le dos, avec douceur.
- Ok. Répéta-t-elle en lui souriant.
Ianto acquiesça et rangea ses outils dans une poche de son pardessus.
- Owen est sûrement resté à l’intérieur, à nous attendre et à interdire l’accès aux curieux.
- Oui! Dit Gwen sur un ton exagérément encourageant. C’est sûrement ça. Allez on se dépêche!
Ianto acquiesça à nouveau et la suivit.

Ils ne furent pas longs à faire dégager les lieux par les autorités compétentes. Ils purent ainsi s’entretenir avec les trois employés de chez Harvey’s. Gwen usa de son charme pour les convaincre de la suivre jusque dans la brasserie voisine, ce qu’ils acceptèrent sans réticence. Bienheureux de s’éloigner enfin de cet endroit de malheur.
Ianto n’avait qu’une seule idée en tête, qu’il mit à exécution : il entra dans la bijouterie et appela Owen, par tous les moyens qu’il avait à sa disposition. Rien. La boutique était en l’état. Le premier étage l’était beaucoup moins. Une fumée grise s’échappait du palier et un mur de débris de béton bloquait le passage. Ianto comprit que le plafond avait fini par céder. La panique s’empara de lui. Il était seul, cette fois. Ses tempes se mirent à cogner douloureusement et une vague de sueurs froides envahit son corps.
Il courut à l’étage et cria encore contre le mur de blocs.
Il redescendit et courut vers la penderie. Rien n’avait bougé. Au dessus de sa tête, un trou vide, incroyablement hypnotique, le figea sur place. Il appela son collègue de toutes ses forces. Aucune réponse. Il sursauta quand il entendit Tosh répondre à ses cris de dératé.
- Tosh? Tu as du nouveau?
- Oui , Ianto ! Tu es dans la bijouterie et je peux te joindre.
- Et alors?
Ianto n’arrivait plus à réfléchir.
- Alors, cela signifie que la Faille n’est plus active, lui expliqua-t-elle, d’une voix chancelante.
- On ne peut plus l’utiliser pour ramener Owen?
L’horreur de sa phrase résonna dans son cerveau comme une enclume lancée sur un œuf.
- Mon dieu ! S’écria le jeune homme.
- Il nous faut de l’aide pour dégager l’étage, Ianto, et vite!
- Je m’en occupe. Gwen? Appela-t-il en changeant la fréquence de son oreillette. Que disent les employés?
- Owen les a forcé à partir, hier soir. Le Owen qui était avec eux coincé dans le temps. Mais ils n’ont pas pu sortir de la bijouterie. Il est monté à l’étage et là ils ont entendu un vacarme du tonnerre puis ils ont vu le plafond s’effondrer. Depuis, plus aucune trace d’Owen. Ianto, c’est fichu!
- Comment sont-ils sortis?
- Ils sont incapables de me l’expliquer. Ils ont juste attendu et le jeune homme a ouvert la porte qui leur avait résisté jusque là et ils sont sortis. Choqués. Ils sont tout de même passés de la nuit en plein jour, lui rappela-t-elle dans un murmure.
- Ne leur donne pas le retcon, ils peuvent encore nous aider.
- Mais Ianto…
- Fais-moi confiance, Gwen. Ils sont sous le choc mais laisse-leur le temps de recouvrer leurs esprits, ok?
- Ok, mais je doute qu’ils se souviennent de quoi que ce soit qui puisse nous laisser espérer de retrouver Owen.
- On a 2 Owen en liberté. On va bien finir par mettre la main sur l’un d’eux, non? Je reste ici.
- Comme tu veux.


chrismaz66  (24.11.2010 à 13:57)

Quelque part dans les décombres.

Owen n’avait pas rêvé. Il avait bel et bien entendu Ianto l’appeler et lui avait répondu à plusieurs reprises en s’époumonant. Mais le jeune gallois n’avait rien entendu.
- Fait chier! Jura le médecin.
Il se trouvait à l’étage, bloqué par une tonne de béton en vrac qui condamnait la sortie.
- Me voilà bien, soupira-t-il, épuisé.
Il avait appelé les employés de la bijouterie mais là encore il avait fait chou blanc. Il se releva et fut surpris de voir sa mallette et sa torche à ses pieds.
- C’est ce que j’appelle être fidèle, dit-il, amusé. Limite collant.
Il ramassa la lampe et inspecta le plafond, ou ce qu’il en restait. Il crut entendre du bruit au dessus de sa tête mais rien n’était moins sûr.
- Reste tranquille, toi, dit-il le nez en l’air. Attends que je sorte pour t’aplatir à nouveau, ok?
Il secoua la tête, voilà qu’il parlait aux murs maintenant. Ianto devait être tout près de lui mais où? Il regarda sa montre. 12h35 ! Il faillit tomber en arrière. Il n’était plus coincé dans le temps. Cela expliquait pourquoi les trois employés ne l’entendaient plus. Il pria pour qu’ils fussent tous les trois indemnes et libres. Mais il redoutait le pire. Comment auraient-ils pu se libérer de la Faille sans son aide? Et pourquoi ne l’était-il pas lui aussi? Son sang se glaça. Si la Faille les avait libérés, alors elle avait dû bouger, entrer en action, et qui sait, se refermer?
- Bordel de bordel !
Un nouveau bruit sourd au dessus de sa tête.
- Mais c’est quoi ça? Ianto? Ianto !
Un sifflement strident dans son oreille et le miracle s’accomplit.
- Owen? C’est toi? Tu m’entends? Où es-tu? Rien de cassé?
- Tout doux, Ianto. Oui, je t’entends. J’ignore comment c’est possible mais je te reçois cinq sur cinq.
- Quelle heure as-tu?
- Quoi?
- Quelle heure?
- 12H38. Pourquoi?
- Pas le temps de t’expliquer. Tu es sûrement le bon Owen.
- Hey, tu m’expliques?
- Pas le temps, Owen. Dis-moi où tu es.
- En haut de la bijouterie, derrière un mètre de béton en miettes. De grosses miettes. Le plafond s’est effondré. Il y avait trois personnes avec moi…
- Elles sont saines et sauves, le rassura Ianto.
- Merci mon dieu! Mais sauver un de plus ne vous aurait pas coûté plus cher, hein?
- Comment expliques-tu que tu sois sorti du Temps et que les personnes soient définitivement hors de danger?
- Une seconde, Ianto. Il me faut consulter le Grand Livre des Enigmes et je te réponds. Comment veux-tu que je sache? Et je te retourne la question : comment et pourquoi n’es-tu pas resté coincé avec nous hein? Tout ce que je sais c’est que ça se passe ici à l’étage mais je crois que la messe est dite; la Faille s’est certainement refermée toute seule.
- Pas forcément. Je peux te parler, ce qui veut dire que tu es revenu dans le temps présent. On n’a pas encore levé le voile sur ce mystère, Owen, mais Tosh finira par trouver, tu la connais…Les pompiers ne vont pas tarder à arriver et on va te sortir de là, ça va aller?
- Ouais, super. Pour une fois, je suis content de t’entendre parler si sagement.
- Surtout reste en contact permanent. Je ne bouge pas d’un pouce et j’attends les renforts.
- Merci, Ianto.
- Pas de quoi.
****
Dans la brasserie.

Gwen avait gentiment installé les trois rescapés de la bijouterie, bien au calme et au chaud dans une banquette de la brasserie Parker, face à la façade en vitre. Miss Harrington et le jeune Ewen, à peine assis, déversèrent leur flot d’anxiétés en même temps. Difficile pour Gwen de suivre leur récits hachés. D’une part, la gérante de Harvey’s avait la voix qui portait, tandis que le stagiaire cherchait ses mots , entre deux spasmes de froid ou d’effroi, mais c’était un homme, et sa voix grave couvrait celle de la vieille dame.
D’autre part, Gwen avait l’esprit verrouillé. Un unique et sinistre écrou lui vissait les méninges: où était Owen? Que lui était-il arrivé? Comment le sauver? Et si son sort était déjà scellé?
Sans Jack, sans Owen, Torchwood devrait fermer boutique…Et Gwen de rentrer sagement au foyer et s’occuper de son amoureux. Faire le ménage, postuler de nouveau à la Police, rétrograder. Perdre de sa superbe. Perdre un ami, plusieurs amis. Perdre le contact avec une amie, Tosh, fatalement. Ne plus pouvoir jouer les poupées sauvages face à un boss maladivement grivois et terriblement séduisant. Jack…Mais où était-il?

- Pardon? S’entendit-elle demander, tirée de sa digression morose.
- Le jeune médecin, Owen Harper. Que lui est-il arrivé?
Gwen sourit. La jolie rousse s’inquiétait aussi du sort du beau médecin? Une communion toute féminine les raccorda au même instant.
- Ne vous faites aucun souci pour Owen, la rassura Gwen, le sourire figé sur les lèvres. Il est très résistant. Et il s’en sort toujours. C’est un as.
- J’ai eu cette impression , aussi , avoua Louise, le teint rouge coquelicot, mais les yeux brillants.
- C’est quoi votre boulot? Coupa sèchement Ewen, visiblement peu ravi de l’attention que la jeune femme portait à cet inconnu malingre qui avait débarqué de nulle part pour ensuite disparaître en un tour de main. Quel culot !
- C’est confidentiel, Ewen. Je ne peux rien vous dire. Mais vous pouvez nous aider. D’après ce que j’ai compris, vous avez été témoin d’un phénomène, disons, inhabituel au 1er étage de la bijouterie…
- Seulement le gamin, précisa Miss Harrington. Nous n’avons rien vu de ce qu’il nous a décrit.
- Oui, j’avais bien compris. Donc, reprit Gwen, mon ami vous a retrouvés dans l’arrière boutique. Il vous a assuré que tout était fini et vous êtes tous retournés dans le magasin?
- C’est cela, mademoiselle, approuva la gérante.
- Bien. Ensuite Owen vous a conseillé de partir, d’aller dormir chez votre oncle, demanda-t-elle à Ewen.
- Oui.
- Et il vous a laissé plantés là dans le magasin pour monter à l’étage? Depuis plus rien et vous avez attendu des heures avant de pouvoir ouvrir la porte du magasin. Et c’est là que la foule vous a engloutis. J’ai bon?
- Vous oubliez un détail, mademoiselle Cooper, murmura Louise.
- Lequel? Demanda Gwen sur un ton faussement détaché.
- Le bruit que nous avons entendu à l’étage quelques minutes après que votre ami, Owen, n’y soit monté. On aurait dit que le plafond s'effondrait mais rien de tout ça. Le vacarme fut ahurissant mais rien n’avait bougé en haut.
- Vous êtes monté voir?
- Oui, mais pas jusqu’en haut….confessa Ewen.
- Pourquoi?
- Je ne saurais pas trop vous expliquer. Quelque chose me retenait, impossible de monter au-delà de l’avant-dernière marche.
- Et à ce niveau, qu’avez-vous vu devant vous?
Le jeune homme réfléchissait douloureusement. La réponse à cette question simple n’était pas si évidente, tout à coup.
- Ben…je ne sais plus trop…les marchandises non répertoriées. Je suppose.
- Vous supposez? Je ne saisis pas bien ce que vous voulez dire. Est-ce que vous seriez incapable de dire précisément ce que vous avez vu à l’étage?
- C’est exactement ça, je m’en souviens plus. Je suis désolé.
- Ne le soyez pas, Ewen.
Gwen se leva sur un énième sourire de réconfort et s’éloigna du groupe. Ewen avait vécu la même expérience qu’elle, lorsqu’elle s’était effondrée dans la penderie. Et Ianto aussi. Il avait été incapable de décrire l’espace vide mais lourd qui surplombait le niveau 0 du magasin.
Owen se trouvait quelque part entre ces deux mondes.
- Ianto , du nouveau? Ici, pas grand-chose, hélas.
- J’ai trouvé Owen !
- C’est vrai? Où est-il? Il va bien? Comment on va le sortir de là?
- Regarde dehors, Gwen. D’ici un petit quart d’heure, il sera libre.

Gwen sortit de la brasserie, sans prendre le temps de s’expliquer auprès des trois employés de chez Harvey’s, et arrivée sur le trottoir, elle contempla avec bonheur la parade des camions de pompiers et des pros du bâtiment qui s’agitait à l’entrée de la bijouterie. Le bruit assourdissant et les nuages de poussière qui enveloppaient la rue toute entière la remplirent de joie.
Owen était sauvé !!!


chrismaz66  (24.11.2010 à 13:58)

- Gwen?
- Oui, mon cher Ianto?
- Nous avons quasiment démoli le mur à l’étage…
La voix de Ianto chevrotait, bizarrement.
- Qu’y -a-t-il, Ianto?
La voix de Gwen tressaillit. Subitement.
- J’aimerais te répondre, hésita Ianto.
- Accouche !
- Il n’y a rien ici. Pas d’Owen, rien de tangible, comme dans la penderie. Tu te souviens?
- Ianto, c’est quoi encore cette merde?
- Calme-toi, Gwen. J’ai communiqué avec lui. Avec le Owen de la bijouterie. Il n’est plus coincé dans le temps, il évolue dans notre propre ligne de temps. C’est un bon signe, tu ne crois pas?
La rage et aussi le ras-le-bol d’entendre les platitudes lénifiantes du teaboy la mirent en furie. Ianto, aussi puissant qu’un sédatif, et lisse comme une peau de bébé.

- Ianto, tu vas m’écouter attentivement ! Tu vas retourner au Hub et aider Tosh à trouver une solution fissa ! On est trop de 2 ici, vu qu’on ne sait pas du tout ce qu’on doit faire. Tosh ne peut pas s’en sortir toute seule. Je vais rester à ta place à la bijouterie. Je préviens les employés et j’arrive. C’est compris?
- Compris.
Ianto coupa net la communication. Gwen envoya les deux vendeuses et Ewen dans une des ambulances garées rue St-Mary, puis elle se dirigea vers la bijouterie.
Elle ne pouvait plus communiquer avec Owen depuis que ce dernier avait été coincé dans le temps, la veille au soir, et cela l’énervait prodigieusement. Pourquoi Ianto arrivait-il encore à parler à Owen et pas elle? Pourquoi prenait-il des décisions sans l’en informer et pourquoi jouait-il à Jack, la pondération en moins? C’est vrai quoi? Jack n’aurait jamais pensé à utiliser de pauvres et respectables agents de police comme béliers de fortune. Quitte à les sacrifier !

Ianto se comportait bizarrement, se dit-elle, depuis que Jack était parti et que la Faille avait fini de s’amuser avec l’équipe, en leur expédiant des weevils adolescents et avinés à capturer. Depuis la veille, la Faille était passé au cran supérieur. Et le test de probation ricochait sur chacun de leurs actes.

Un tremblement tellurique quasi imperceptible aux oreilles non affûtées d’un civil quelconque la transit de stupeur. Ce qu’elle redouta alors se déroula instantanément. Une masse volatile noire et informe s’échappa avec fracas de l’entrée de la bijouterie en emportant sur son passage à peu près tout : badauds, vitrine cassée, porte et chambranle en bois , bijoux , filets de sécurité et …camions et bulldozers !
La Grande Faucheuse? S’exclama Gwen, soufflée au sol et la bouche pleine de terre.
Des cris, des hurlements, des sirènes, des mégaphones, des larsen…les oreilles de la jeune femme en eurent pour leur compte.
Du gris, un ciel voilé derrière une couche toxique et irrespirable. D’une noirceur indescriptible. Un vent de fumée vivante, comme habitée et féroce. Balayant tout sur sa descente aux Enfers. Les grands yeux de Gwen furent aveuglés par ce prélude à la Mort.
Elle perdit connaissance à quelques pas du cataclysme.


chrismaz66  (24.11.2010 à 13:59)

Dans la bijouterie Harvey’s.

Ianto avait été aux premières loges lorsque la Faille avait encore fait des siennes. Quand le premier pompier avait posé le pied dans la pièce, une fois le mur démoli, Ianto avait compté mentalement le nombre de secondes qui s’étaient écoulées avant que les choses ne se gâtent. Rapide et réglé comme un métronome, Ianto avait aussitôt obligé l’homme du feu à faire demi tour et rejoindre les collègues restés en bas. Il savait les conséquences d’un ébranlement de la Faille et ne voulait pas prendre le risque de mêler un civil à ce phénomène top secret.
Avec une équipe tronquée, et pas par le bon bout, le Retcon allait s’avérer très utile mais en auraient-ils assez avant que Jack ne revienne? S’il revenait?
Ianto profita de l’agitation surréaliste qui succéda à l’ouverture de la Faille pour prendre le taureau par les cornes et plonger une bonne fois pour toutes, et ce en dépit des ordres de Gwen, dans la brèche inter-dimensionnelle.
Il ne supportait plus de ne pas savoir quoi faire. De ne pas savoir où était son ami. Il en avait ras-le-bol des grands airs de Gwen et de Tosh qui n’arrivait à rien. Marre de barboter dans l’inconnu sans aucune aide, sans explication cohérente, sans but. Sans Jack.
N’ayant aucune réponse de Gwen via les ondes, Ianto supposa qu’elle était occupée à ramener le calme à l’extérieur. Elle en avait pour un moment, se dit-il, amusé. Il avança prudemment mais d’un pas décidé dans la pièce assiégée par cet ennemi invisible et redoutable. Il appela Owen de toutes ses forces. Il examina chaque coin et recoin de la pièce avec son scanner. L’objet était pris de sifflements et de bips interminables. Ianto le rangea, l’air convaincu. Il était en plein dans la Faille, la misère totale. Soudain, à travers les sirènes et les cris, il entendit dans son oreillette la voix de son ami. L’affaire se corsait. Qui allait bien pouvoir les sauver à présent s’ils étaient tous les deux enfermés dans un monde parallèle?
- Ianto? C’est toi?
- Affirmatif. Je n’ai pas pu résister, je suis bloqué avec toi.
- Quoi? Tu me fais marcher? Où es-tu sombre crétin

- Heureux de t’entendre moi aussi, Owen. Je suis à l’étage de la bijouterie. La Faille s’est encore manifestée à ce niveau. Quelle heure as-tu?
- C’est pas vrai? Tu me prends pour une horloge ou quoi?

- Réponds, s’il te plait.
- 13h10.
- Parfait. Tu es le bon Owen.
- Tu vas m’expliquer ce que tu as à répéter que je suis le bon Owen! Tu en connais un mauvais? Ça m’étonnerait.
- Ok, je vais tout te dire. Quand on était à la bijouterie hier soir, la Faille s’est ouverte et nous avons été emportés je ne sais où. Seulement si j’ai réussi à sortir de la brèche indemne, tu n’as pas eu cette chance. Et tu es resté bloqué dans le temps au moment de l’ouverture de la Faille. Sans doute parce que tu te trouvais pile à la source de la brèche.
- Je suis au courant, va droit au but, on gagnera du temps.
- Comme tu veux, répondit Ianto sèchement. Bref, ce que tu ne sais pas, c’est que tu as aussi traversé la brèche, dans une autre dimension et que tu es resté bloqué dans les murs , après l’effondrement du plafond, quelque part entre la bijouterie et la brasserie qui se trouve à côté.
- Quoi?
- Eh oui, il y a deux Owen dans ces murs. J’ai d’abord pu communiquer avec le Owen coincé dans l’effondrement, qui est en mauvaise posture car il doit déjà manquer d’air. Et en revenant à la bijouterie, au cœur de la Faille, je t’ai enfin retrouvé. Tu me suis?
- De loin mais continue, je te vais te rattraper.
- Donc, avec Tosh et Gwen , on a déduit que le vrai Owen, celui qu’il nous fallait sauver, était celui de la bijouterie. L’autre Owen est au courant, il n’est pas d’accord avec nos conclusions mais à trois contre un, il ne peut rien empêcher.
Un silence de mort ponctua le récit du jeune homme.
- Owen? Les trois personnes qui étaient avec toi sont sauves.
- Quelles personnes?
- Les employés de la bijouterie, rétorqua Ianto, étonné.
Un nouveau silence.
- Owen?
- Ok, Ianto. Il faut que je te dise un truc, un détail mais je pense qu’il a son importance. Je suis le Owen qui se trouve entre quatre murs de béton et qui manque sévèrement d’oxygène. Je suis le mauvais Owen, comme vous dites. Désolé.
- Quoi? Tu me charries?

- Laisse tomber. Dégage d’ici et occupe-toi des rescapés. Pour moi c’est mort.
- Hors de question, Owen ! Si tu es le mauvais Owen, tu sais que quatre hommes ont disparu en tentant de défoncer le mur de la brasserie qui te retiennent prisonnier. Tu veux les laisser tomber?
- Vous ne les avez toujours pas retrouvés? S’étonna le médecin.
- Non, puisque si on les retrouve, on te retrouve !
- Fait chier !
- Owen, à ton avis, qu’est-ce qu’on doit faire?
- Prier Saint-Jack !
- C’est pas drôle !
- Mais c’était pas le but. Oubliez-moi et faites le maximum pour retrouver ces quatre malheureux. Le risque de vouloir à tout prix sauver un Owen, peu importe lequel, est trop grand. Et cela pourrait entraîner des réactions catastrophiques. Si, en revanche, vous faites abstraction de moi, en vous servant de la Faille, vous finirez par les faire revenir. Pas vrai?
- Tu veux qu’on te sacrifie?
- Absolument. Il n’y a pas d’autre alternative. Faites ce que vous avez à faire.
- Je n’en reviens pas. C’est toi qui me dit de ne rien tenter pour te sauver alors que tu as ouvert la Faille pour que ta petite amie te revienne. Tu as ouvert la Faille en dépit des conséquences alors que tu savais parfaitement que cela aurait pu éradiquer la race humaine ! Tu n’as pas oublié?
- Nooon, je n’ai pas oublié mais à présent je sais ce que ça coûte de jouer avec le feu ! L’envie de jouer avec les allumettes m’est passée, je te le jure ! On apprend toujours de ses erreurs. Et dis, c’est quand même toi qui nous as donné le mot de passe, non? Rhéa Silva !
- Mais je n’ai pas tiré sur Jack à bout portant et à plusieurs reprises.
Ianto était en colère et sa voix se voilait de rage, de rancune.
- Je suis médecin, Ianto. Et contrairement à ce que tu pourrais penser, je ne suis pas stupide. Les nombreuses fois où j’ai vu Jack guérir de ses blessures ont fini par me convaincre que ce type n’était pas comme nous. Une plaie qui cicatrise toute seule dans la minute qui suit son apparition, si tu veux mon avis de médecin, je trouve ça louche, et pas catholique.
- Qu’est-ce que tu cherches à me dire? Que tu savais que Jack était immortel? Je ne te crois pas! Tu n’aurais jamais pu garder un tel secret !
- Immortel, peut-être pas. Mais je l’ai vu. On l’a tous vu. Sauf toi qui gisais dans la nasse, quand ta copine en ferraille l’a électrocuté en cinq secondes. Il s’est relevé deux fois ! Ce type n’est pas normal. Je n’ai jamais voulu le tuer, je suis médecin, c’est contre ma vocation.
- Mais tu l’a tué !
- Ok. Je l’ai un peu tué, bon, c’est de l’histoire ancienne…

- Soit, on en reparlera mais je refuse de te le laisser mourir.
- Ah, tu joues les redresseurs de torts? Mais fais gaffe, Ianto, tu n’es pas cohérent !
- Qu’est-ce que tu veux dire par là ? Demanda le jeune homme vexé.
- Tu n’as pas non plus hésité à me tirer dessus quand j’ai ouvert la Faille pour sauver Jack et Tosh. Pour sauver notre patron, aussi pas normal soit-il et Tosh, notre amie. Et à présent tu refuses de me sacrifier pour sauver l’Humanité? Tu m’expliques?
- Je n’ai jamais voulu te tuer, Owen, et tu le sais !
- Cette discussion est fertile Ianto, faut avancer !
- Je voulais juste t’empêcher de faire la plus grosse ânerie de ta vie…
- Sauver Jack et Tosh, c’était une ânerie?
- Non, sacrifier l’Humanité, ne joue pas les candides !
- Je ne suis pas candide, je suis lucide. Sauver nos amis était la seule chose qui comptait pour moi à ce moment là.
- Et sauver ta copine, en passant.
- Oui, et alors? Excuse-moi d’avoir une vie sentimentale! Tu as aussi failli à ton devoir en cachant ta ferraille sous la Base !
Ianto sentit le sang lui monter à la tête. Entendre parler de Lisa de cette façon lui fit perdre ses bonnes manières.
- Va au diable, Owen!
- Ok! Quand tu auras fini de compter les points pour savoir qui de nous deux est le plus fautif, tu reviendras m’asticoter. Pour l’instant, concentre-toi sur ta mission, Teaboy.

Owen coupa la communication. Ianto, ulcéré, ne le relança pas. Cette franche discussion l’avait vidé. Owen n’avait pas totalement tort mais il n’était pas blanc bleu non plus. Pas plus que lui-même, s’avoua Ianto, laminé de l’intérieur. Cependant il se sentait soulagé. Ils avaient réussi à crever l’abcès qui les empoisonnait depuis cette fameuse rixe où l’équipe avait fait corps contre un seul homme : leur chef. L’incident était clos. Et malgré le ressentiment qu’il éprouvait encore à l’égard d’Owen, il ne pouvait se résoudre à le laisser agoniser dans sa prison

Il contacta Tosh.
- Tosh, j’ai une mauvaise nouvelle.
- Enfin, Ianto ! Je cherche à te joindre depuis une heure. J’ai une excellente nouvelle, moi. Toi d’abord, fit la jeune femme.
- Très bien. Je n’arrive plus à joindre Owen, celui de la bijouterie. Je viens de parler à l’autre alors que je suis en plein dans la Faille.
- Quoi? Tu es coincé? Comment est-ce possible? S’exclama Tosh, paniquée.
- Je t’expliquerai. On n’a pas le temps. C’est quoi ta bonne nouvelle?
- On a retrouvé les quatre hommes. Quand la Faille s’est mise en activité ils se sont retrouvés dans la gaine d’aération, la même que tu as prise pour atterrir dans la brasserie. Ils sont sonnés mais sains et saufs.
- Magnifique ! Maintenant que les civils sont tous hors de danger, on va pouvoir concentrer nos efforts pour sauver Owen.
- Pour « vous » sauver, Ianto.
- En effet, j’oubliais ce détail. Comment faire? La Faille est toujours en action ici. On a peut-être une chance .

- Certainement Ianto. Où est Gwen? Je n’arrive pas à la joindre.
- Probablement à l’extérieur de la bijouterie. Depuis l’ouverture de la Faille, elle doit avoir fort à faire. Mais il faudrait qu’elle rentre à la Base pour te donner un coup de main. Le temps presse.
- Tu ne peux pas la joindre puisque tu es dans la Faille, mon dieu, mais comment faire?
- En effet, j’avais aussi oublié ce détail, répéta Ianto, penaud. Bon sang, mais qu’est-ce qui m’a pris de foncer dans le piège ?
- Inutile de culpabiliser, Ianto. On va trouver un moyen. Je suis certaine que cette gaine d’aération est le lien direct entre les deux mondes ouverts par la Faille. Il faut qu’Owen la trouve aussi et avec l’énergie accumulée depuis l’impact initial ce sera un jeu d’enfant de le ramener parmi nous. Et toi avec!
- Tu as raison, Tosh.
- Attends, Ianto. J’ai Gwen !
Le jeune homme sentit son coeur bondir dans sa poitrine.
- Ianto, Gwen est à l’extérieur. Elle utilise une fréquence cibi de la police. Je lui ai dit où tu étais et que tu avais perdu le contact avec Owen. Un instant.
Ianto attendit . Rongé par la curiosité et impatient de rentrer à la Base, tous ensemble.
- Ianto, regarde au dessus de toi. Vers le plafond.
- Il n’y a plus de plafond, Tosh, lui rappela Ianto, amusé.
- Il y a quoi? Gwen me dit que c’est indescriptible, tu me confirmes?
- Je te confirme.
- Parfait. Reste où tu es surtout, au milieu de la pièce. Dès que la Faille se manifestera tu seras logiquement envoyé au même endroit qu’Owen.
- Lequel? Demanda le jeune homme entre rire et angoisse.
- Aucune idée. C’est le charme de travailler à Torchwood, non?
- Un des charmes, en effet.
- Tu as raison, Ianto. Surtout ne pas oublier notre Capitaine.
- Ce n’est pas du tout à lui que je pensais, se défendit bien maladroitement le jeune homme.
Il entendit un petit rire de farfadet dans son oreillette et réprima un juron.
- Gwen rentre à la Base. Reprit Tosh. Un peu de patience et tout sera fini, d’accord?
- D’accord.
Ianto coupa la liaison et se sentit très seul et, pour la première fois depuis le début de cette mission , étrangement impuissant.
- Ianto?
- Owen? Qu’y a-t-il?
- Quelle heure as-tu?
- C’est une blague?
- Non, réponds.
-13H26. Pourquoi?
- Ouf, c’est bon, je suis en phase. Je suis dans la bijouterie. Les pompiers sont arrivés?
Le sang glacé dans les veines, Ianto retint son souffle.
Il avait retrouvé les deux Owen, mais pris comme eux dans la Faille, et sans solution miracle en vue, la situation tournait mal.


chrismaz66  (24.11.2010 à 14:01)

Chapitre 5

Tétanisé et désemparé, Ianto ne répondit pas. Owen hurla dans son oreille.
- Ianto Jones ! Où sont les beaux pompiers que tu m’avais promis ?
Ianto sourit malgré l’horreur de la situation.
- Calme-toi, Owen Harper. Tu n’as pas vu les pompiers car à priori tu étais occupé à faire autre chose mais ils ont bien démoli le mur qui bloquait l’accès à l’étage. D’ailleurs, dit-il en hésitant une seconde, je me trouve actuellement à cet étage, je t’expliquerai plus tard.
- Ouais, je faisais une partie de golf en vous attendant, abruti ! Mais… la Faille s’est refermée? Demanda un Owen soudain pris d’angoisse.
- Non, non. Rassure-toi, elle est active et c’est ça qui va nous sauver.
- Pourquoi tu parles comme Jack? Il t’a donné de ses nouvelles?
- N’importe quoi !Bien sûr que non. Je cherche juste à garder le moral.
- Bien. Quelle est la suite des évènements, jeune scarabée à qui il ne reste plus que les crochets?
- Il faut d’abord que je te dise qu’il se passe quelque chose de totalement impossible, d’insensé et que je ne m’explique pas.
- Oh c’est pas vrai? Vraiment? Je suis tout étonné…
- Je vous ai eus en contact quasiment en même temps et ça, ce n’est simplement pas possible !
- Vous?
- Owen et…toi, rappelle-toi ! Il y a deux Owen.
- Ah bon?
- Bon sang, je te l’ai déjà expliqué, fit Ianto, énervé.
- Je sais ça. Je m’étonne du fait que tu nous aies parlé ensemble. Tu as raison, ça sent mauvais.
- Je contacte Tosh et Gwen. Surtout reste où tu es, Owen, ok?
- Oui maman. Promis, je sors pas de ma prison!

Des dizaines de questions se bousculaient dans le cerveau échauffé de Ianto. Que faire à présent? Qui sauver? Comment être sauvé? Que faisait Tosh à ne rien découvrir qui puisse les tirer d’affaire? Pourquoi était-il le seul à pouvoir communiquer avec Owen?
- Tosh?
- Oui, Ianto.
- Du nouveau?
- Peut-être, mais…
La jeune femme hésitait.
- Quoi?
- Tu es toujours en relation avec les deux Owen?
- Oui mais comment le sais-tu?
- Peu importe. Ianto, tu es le seul capable de dénouer cette situation. L’enjeu est important, je ne te le cache pas. Tu dois prendre seul la décision. Celle de choisir le bon Owen.
- Quoi? Mais pourquoi?
- Parce que tu as traversé la Faille en même temps que lui et c’est ce qui explique pourquoi tu peux lui parler et pas nous. Tu comprends, tu es depuis hier soir dans un résidu de la Faille. Il va falloir en sortir très vite avant que tu ne sois envoyé dans l’inconnu pour toujours. Comme Owen.
- Comment faire? S’inquiéta Ianto, affolé. Comment sortir?
- Ce n’est pas le problème, Ianto. La Faille est en perpétuel mouvement entre ces murs, on peut utiliser son énergie négative pour inverser le processus. Gwen est déjà en place, prête à activer tous nos ordinateurs.
- Alors quel est le problème?
- C’est Owen. Maintenant que tous les civils sont hors de danger, Owen doit être sauvé le plus vite possible. Mais si on se trompe de bonhommes, les deux Owen seraient…Et toi aussi peut-être.
- Ok, Tosh, s’empressa de dire le jeune homme qui entendait déjà le déchirement dans la voix de son amie. Ne vous inquiétez pas les filles, je vais vous ramener votre Owen. Le seul, le vrai, l’unique.
Lui-même avait du mal à croire en sa promesse, mais avec un peu de chance, et pas de veine, il devrait réussir. Après tout, il avait une chance sur deux de se tromper.
Il s’assit en tailleur en plein milieu de la pièce, au dessus de ce qui restait du plafond. Il suivait à la lettre les instructions de Tosh. Puis il rassembla ses esprits et résuma la situation.
Owen avait traversé la Faille, en deux espaces différents. Lui-même avait déambulé sans le savoir de la bijouterie à la brasserie avec un résidu de Faille à ses trousses. Le premier Owen avec lequel il avait pu parler était bloqué entre quatre murs. Le second jouait apparemment avec les allumettes que le premier Owen avait juré d’avoir abandonnées. Ianto secoua la tête. Quel sac de nœuds! Il se consola comme il put en se disant qu’il avait sans doute bien fait de plonger dans la Faille puisque celle-ci le collait déjà au train.
Les deux Owen étaient proches l’un de l’autre. C’était en soi inquiétant. Mais ils étaient aussi proches de Ianto. Ce qui était risqué. Si ce dernier pénétrait dans l’espace du mauvais Owen, ils seraient tous les trois fichus. Tous les deux, rectifia le jeune homme. Non, tous les trois!
Ianto frappa son poing sur le sol en parquet. La douleur le soulagea de la migraine qui commençait à gagner sa cervelle.
Il pensa à Jack mais se ravisa aussitôt. Penser à Jack ne le faisait jamais progresser intellectuellement. Charnellement, c’était différent.

- Ianto?
La voix d’Owen semblait venir d’outre-tombe.
- Ianto, je crois avoir trouvé la solution.
- Tu es sérieux?
- Devine !
- Je t’écoute. Attends une minute, qui es-tu?
- Owen Harper.
- Pas le temps de plaisanter, Owen. Lequel es-tu?
- Le seul, le seul Owen. Celui qui a une folle envie de jouer à la poupée rousse de chez Harvey’s..
- Ok tu es celui qui peut bouger.
- Si on veut. Je n’ai pas non plus l’envergure d’un flamant rose.
- Non mais tu en as la silhouette.
- Très drôle. Je croyais qu’on n’avait pas le temps pour les blagues?
- Ok, Owen. Quelle est ton idée?
- On va bouger le maximum en gardant le contact direct, toi et moi. Lorsque nos ondes commenceront à saturer, cela signifiera que nous nous rapprochons l’un de l’autre.
- Et alors? Demanda Ianto, perplexe.
- Alors, on tentera d’entrer en collision tous les deux pour attendre ensemble le bon vouloir de la Faille qui nous ramènera à la maison. Pas mal, non?
Ianto soupira.
- Owen, tu oublies Owen. L’autre Owen.
- Mais c’est moi !! L’autre est coincé dans le temps, il est perdu. Mais ce n’est qu’une idée de moi. Le vrai Owen c’est moi, bordel !
- Qui peut le confirmer? Osa Ianto.
- Mais ce n’est pas poss…
- Owen, je ne sais absolument pas lequel de…vous deux je dois sauver.
- Si tu fais ce que je te dis, tu sauras lequel !
- Bon, je te fais confiance. De toute façon, a-t-on vraiment le choix? Se dit Ianto, plus pour lui que pour Owen.
- Ok. Pour l’instant la liaison entre nous est bonne. Pour une fois…Il faut que l’on fasse crépiter la tension qu’il y a entre nous le plus fort possible. Pour cela il faut bouger. Trouver l’impact zéro de la Faille, sa source. Son point G, si tu préfères. Je t’expliquerai quand tu seras grand, jeune novice Je suis en train de marcher à vive allure. Fais pareil.
- Tu marches où? Demanda Ianto sans réagir à l’allusion sexuelle.
- Dans la bijouterie, cette blague!
- Je comprends pourquoi c'est toi qui a trouvé la solution de bouger. L’autre ne le peut pas.
- Oh mais c’est drôle ça. Tu te bouges?
- Oui je marche, comme toi.
- Attends, tu entends? J’ai de la fioriture de mon côté, et toi?
- Rien.
- Merde! Continue de marcher.
- Owen, sans vouloir te vexer, je doute que ton truc fonctionne. Et c’est risqué de vouloir entrer dans l’espace personnel de l’autre, en pleine Faille, non?
- T’inquiète pas pour ça! Tu as de la marge avant d’entrer dans mon espace personnel. C’est un terme psychanalytique, n’utilise pas de mot qui te dépasse, veux-tu?
- Et ça veut dire?
- Cela implique que l’on tombe nez à nez !
- Ah bon? Tu es sûr?
- C’est le moment de pérorer, tu crois? S’énerva le médecin qui se délectait d’avoir le dessus sur le jeune homme.
- Bon…
Le silence remplaça la leçon de sémantique. Ianto faisait les cents pas dans la pièce en ruine.
- Si tu boudes, ce sera difficile de juger de la qualité de notre relation, dit Owen.
- Je ne relève même pas.
- Tu n’es pas marrant, Ianto.

- Non. Pas quand je cherche à sauver notre peau.
- C‘est quoi ça?
- Quoi? ...Owen?
Ianto s’arrêta de marcher et colla sa main à son oreille pour réduire les bruits extérieurs.
- …
- Owen?
- Oui, Ianto je t’entends. Alors?
Un doute terrifiant s’immisça dans la chair de Ianto. La liaison avait hoqueté. Un millième de nanoseconde mais elle avait hoqueté.
- Tu es…où? Demanda Ianto, soucieux de la réponse.
- Au même endroit depuis hier soir. Dans les murs, et résigné. Je voulais savoir si tu avais réussi à te sortir de là.
- Owen, on va sortir tous les deux d’ici. Je te le garantis. Entonna un Ianto plus bluffeur que jamais. Tosh et Gwen sont sur le qui-vive. Il ne nous reste plus qu’à se retrouver, toi et moi.
- Vaste problème…Et que fais-tu de l’autre Owen?
- Ah non ! Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi !
- Quoi? Qu’est-ce que j’ai encore dit de travers?
- Owen, ce sera enfantin de sortir d’ici par la Faille. Mais j’ai un gros problème : j’ignore comment le résoudre. Je dois choisir le bon Owen, sinon tu réalises la catastrophe?
- Et ton instinct te dit que c’est l’autre? Il ne t’a sûrement pas vexé en te parlant de Lisa comme je l’ai fait. Je te demande pardon, Ianto. Je suis à cran, faut me comprendre…
- Tu cherches à faire quoi? A gagner mon approbation pour que je te choisisse? Tenta de plaisanter Ianto, ému par les excuses du médecin.
- Touché! Rétorqua Owen en riant faiblement.
- Owen, c’est horrible, comment savoir ? Je suis complètement perdu.
- Fie-toi à ton instinct. C’est la seule solution.
- Je suis réceptionniste, Owen, je n’ai pas d’instinct.
- Mais si ! Allez, Ianto, dépêche-toi !
- C’est un cauchemar, je vais me réveiller ! Hurla le jeune homme, à bout de nerfs.
- Allez, Ianto! Insista Owen, toujours sans force.
- Ok !


chrismaz66  (01.12.2010 à 10:11)

Ianto Jones se releva, prit une profonde inspiration et grimpa sur un monticule de béton pour se rapprocher du plafond rempli de néant. Il cessa de réfléchir, même de penser, il donna libre court et quartier libre à son corps. Et fonça droit vers l’inconnu. Une chance sur deux, se répéta-t-il, alors que sa tête atteignait les hauteurs de la pièce détruite.

Au Hub
Les deux jeunes femmes, rongées par l’angoisse, étaient prêtes à faire marcher les machines dès que Ianto leur donnerait le feu vert. Elles avaient toutes les deux les yeux rivés sur le gros bouton rouge.

Dans les décombres.
Il faisait noir. Ianto tâtonna devant lui pour deviner l’endroit quand une voix le fit bondir.
- C’est toi?
- Owen?
- Oui, je suis là, à ta droite. Je continue de parler pour te guider, ok?
Ianto marcha rapidement, les bras toujours tendus vers l’avant. Il avait hâte de pouvoir toucher son ami. Mais plus il avançait, plus la voix s’éloignait.
- Owen, j’avance et ta voix recule. Comment veux-tu? Et puis, quel Owen es-tu?
- Oh! Je te laisse trouver.
- C’est pas drôle, Owen !
- Je sais.
- Je n’y comprends rien. Tosh? Tosh !
- Oui, Ianto je te reçois. Alors?
- Je suis dans le noir complet et Owen est là mais il s’éloigne quand j’avance vers lui. Je fais quoi?
- Tu as trouvé lequel?
- Il ne veut pas me le dire. Il s’amuse.
- Tu es sérieux?
- Toujours. Pas lui.
- Owen, tête de mule, réponds !
- Tosh, cria Owen, de plus en plus loin. C’est toi? Je t’entends !
- Owen où es-tu? Cria tosh.
- Dans la bijouterie, c’est moi le seul et unique Owen, je lui ai dit et répété!
- Ianto, tu as entendu? C’est le Owen de la bijouterie. C’est lui qu’il faut garder !
- Mais j’ai tellement parlé avec l’autre ! Lâcha Ianto, se rappelant de la vive discussion qu’il avait eue avec le premier. Une discussion saine bien que difficile.
Ianto ne pouvait se résoudre à le laisser derrière eux. Pas après cette franche explication qui allait les aider à renouer des liens plus chaleureux.
- Ianto, il faut agir maintenant ! Le supplia Tosh.
- D’accord, d’accord, Tosh. Je ne bouge plus. Owen reste où tu es. Les filles vont faire le nécessaire et nous sortir de ce merdier.
- Ok, Tosh, Gwen, à vous de jouer.
- D’accord, Owen, je suis si contente de t’entendre.
- Moi aussi, Tosh.

La Faille s’activa d’elle-même, avant que les jeunes femmes ne puissent enclencher le processus d’inversion. Ianto bascula sur le côté et tomba sur les genoux. Il appela Owen mais n’eut aucune réponse. Il sentit son cœur se soulever et fut pris de nausées.
Un bourdonnement de 1000 décibels au moins le terrassa et l’envoya tutoyer Morphée. Avec une force centrifuge mille fois plus grande que celle des montagnes russes de Disneyworld. Il n’y avait jamais été mais était certain de son jugement. Avant qu’il ne perde connaissance, Ianto avait senti ses entrailles tambouriner sous sa peau ! Il vivait son dernier quart d’heure…Perdu dans une dimension inconnue et fatale.
Mais Morphée n’avait pas la voix d’Owen. Morphée n’avait pas de voix du tout. Alors si les cris qu’il entendait à travers le voile de l’inconscience étaient réels, ils ne pouvaient appartenir qu’ à son fieffé collègue. Cependant, Ianto ne distingua pas un broque de ce que son ami hurlait. Une vague allusion à un mur qui s’écroule, puis un mot qui ressemblait à la « Faille », ou était-ce « ferraille »?. Et des cris, encore des cris…
Un « schtoump » fracassa ses oreilles déjà mises à mal. Ianto avait mal à la gorge, mal aux yeux et mal au derrière. Quand il refit surface, quelque part dans le noir absolu, il reconnut pourtant les lieux. Le lieu. La gaine d’aération. Tosh avait vu juste. Brillante Tosh. Une masse venait de s’abattre sur ses fesses. Comme un taureau qui fonce sur le rouge. D’où le choc au derrière.
- Owen?
- Désolé, on est où?
- Dans la gaine d’aération, tout va bien. C’est le chemin vers la sortie. On va atterrir dans la brasserie Parker, si on arrive à avancer. Tu veux bien reculer, s’il te plait?
- Oui, désolé. Il fait un de ces froids ici, tu avances ou quoi?
- Ce n’est pas évident, crois-moi. Je suis déjà passé par là.
- Je te pousserais bien au cul mais tu risques de bien le prendre alors je vais m’abstenir.
- Ravi de voir que tu n’as pas perdu ton humour désopilant.
- Avance ou je te rentre dedans ! Ah, je me servirais bien de ta queue pour accélérer les choses…
- Quoi ?? Hurla Ianto, figé et sidéré.
Le rire gras derrière lui le raidit davantage.
- Ben oui. Rappelle-toi, je suis un lien Google. Et tu m’as sorti de mon trou. Tu es donc ma petite souris. Souris, ordi…Je peux te cliquer, les souris ont une longue queue, parfois plus longue que le corps . Ça fait envie pas vrai?
- Owen, tu es …pfff…Sans commentaire.
- Allez, rabat-joie ! Dépêche-toi ! Je vais hurler si je ne sors pas d’ici très vite.
- Ok. Mais garde tes blagues pourries pour toi.
- Tsss….


chrismaz66  (01.12.2010 à 10:12)

Les deux jeunes gens rampèrent jusqu’à la petite trappe et furent soulagés de poser le pied dans la fameuse brasserie. Ianto aida Owen à sortir de la trappe et le serra dans ses bras. Malgré les protestations du médecin, Ianto continua de le serrer chaudement en riant.
- C’est bon, ne t’excite pas trop, Ianto!
- Comment ça va? Tu te sens comment? S’enquit le jeune gallois tout sourire.
- Bien , je vais bien, je te remercie. Pour tout. Répondit le médecin, pudiquement.
- Tu étais dans la bijouterie , avec les deux femmes et le jeune homme?
Owen fronça les sourcils.
- Je ne sais plus..
-Arrête Owen, c’est pas marrant.
- Je t’assure. Je ne m’en souviens plus. Mais en effet, je crois que c’est là que j’étais. Forcément.
- Tu te souviens de la poupée rousse?
- La poupée russe? Ah si, la jolie vendeuse, quel canon ! Gironde juste ce qu’il faut et…bref. Alors c’est bon, on est tirés d’affaire?
- Yep.
- Tout le monde est sain et sauf?
- Yep.
Ianto était aux anges.
- J’y crois pas! Tu m’as sauvé la vie?
- Yep. A charge de revanche.

- Pas du tout! Tu m’as déjà tiré dessus. On est quitte ! Rouspéta Owen, faussement contrarié.
- Ok. Tu vois qu’on peut s’en sortir sans Jack.
- Avec de la chance oui. Mais je persiste à dire qu’on ne va pas faire de vieux os s’il ne revient pas.
- Je ne suis pas de ton avis, Owen. On est capables et on vient de le prouver. Je m’étonne de t’entendre louer les qualités de Jack, je l’avoue.
- Et c’est toi qui me dis ça? Toi qui le suis comme son ombre!
- C’est faux. Je vous suis tous à la trace, c’est mon job! Se défendit Ianto, offusqué.
- Comme tu veux. Mais moi je n’ai pas honte de le dire. Jack est notre patron, et il le restera.
- Oui mais… Qu'y a-t-il, Tosh?
- Ianto, vous êtes saufs. Dieu soit loué !
- Dieu n’a rien à voir là-dedans, Tosh. C’est ton génie qui nous a sauvé.
- Tu n’oublieras pas de le répéter à qui de droit, d’accord? Fit-elle en riant.
- Oui, il sera fier de toi.
- Allez, Gwen va vous rejoindre pour remettre de l’ordre à la bijouterie. Il y a foule là-bas. Dépêchez-vous d’aller mettre les choses au clair.
- A vos ordres.
Ianto et Owen sortirent de la brasserie, épuisés mais heureux et libres.
- Si j’ai bien tout compris, dit Owen tout en marchant vers la foule, il y a un Owen qui est emmuré vivant quelque part dans ces locaux et on doit le laisser agoniser et s’asphyxier?
- Exactement.
- C’est tout de même bizarre…Et tu as parlé avec lui? Tout ce temps?
- Yep.
- Que t’a-t-il raconté de beau?
Ianto haussa les épaules, un peu gêné.
- Rien de palpitant.
- Ah…
Ils arrivèrent devant l’entrée de la boutique de luxe, toujours gardée par un peloton de policiers. La rue entière était noire de monde. Ils durent jouer des coudes pour approcher le pas de porte dont il ne restait presque rien, un souffle venu des enfers avait dévasté la place. Des camions de pompiers et des carcasses de voitures étaient entassés à quelques mètres de là, au milieu de la rue.
- Je vais parlementer avec ces crétins de flics, fit Owen décidé. Toi, tu te charges de la ferraille, Ok?
- De quoi? Demanda Ianto, estomaqué par le mot qui lui avait secoué les entrailles.
- Fais le ménage, Ianto, lui répondit le médecin en lui désignant les voitures à moitié cramées. C’est ton rayon, non? Personne ne doit approcher le site, ok?

Ianto le fixa, incertain. Owen avait les yeux qui brillaient d’un éclat étrange. Il lui adressa un sourire satisfait et disparut dans la boutique. Le jeune gallois marcha à reculons vers la rue, perdu dans des pensées contradictoires. Pourquoi Owen avait-il parlé de ferraille? Aurait-il sauvé le Owen qui lui avait parlé de Lisa, et de ses erreurs? Celui avec lequel il avait remis les compteurs à zéro?
Avec Owen, il fallait s‘attendre à tout.
Ianto chassa cette drôle d’idée. Il était impossible que les deux Owen aient pu exister dans le même espace temps. Le médecin s’était en quelque sorte dupliqué. Normal qu’il ait utilisé le même langage outrancier et blessant. C’était un seul et même individu qui avait parlé à Ianto. Avec ses mots à lui. Et en dépit de sa leçon de jargon psychologique. Psychotique oui, pensa Ianto, amusé. Il n’en restait pas moins désespérément affligeant de grossièretés.
Ianto s’occupa donc de la ferraille, et Gwen ne tarda pas à le rejoindre. Elle lui donna un coup de main, en s’occupant d’aller divertir les agents de police flanqués autour des carcasses de voitures. Soudain elle aperçut la jeune vendeuse Louise et le stagiaire Ewen qu’elle croyait partis pour l’hôpital depuis longtemps.
Les deux jeunes gens étaient en train de boire un café chaud, assis à l’arrière d’une des ambulances qui avaient échappé au souffle exterminateur. Elle avait été soulagée de savoir que personne dans l’assistance n’avait été sévèrement blessé et en avait fait part à Ianto qui s’était réjoui de la bonne nouvelle.
- Ianto, je vais voir la vendeuse de la bijouterie et le jeune Ewen pour m’assurer qu’ils vont bien. Ok? Je n’en ai pas pour longtemps. Après ça, tournée générale de retcon, c’est moi qui régale !
- La vendeuse? Elle est rousse, non? Demanda Ianto en se relevant.
- Oui, et alors? Fit la jeune femme, surprise.
- Préviens Owen. Il a eu le béguin pour elle, lui rétorqua-t-il, d’un air désinvolte.
- Ok, je vais lui dire.
Le visage de la jeune femme s’était assombri. Ianto aurait-il frappé là où le bats blessait? Il pensait que leur relation était terminée depuis longtemps mais avec ces deux énergumènes, rien n’était moins sûr. Lui voulait uniquement en avoir le cœur net quant à ses doutes sur Owen. Lequel avait-il récupéré? Il faillit s’écorcher le poignet avec un reste de rétroviseur pulvérisé, lorsqu’il vit le médecin ressortir de la boutique et marcher dans sa direction. Ianto lui cria, sans bouger.
- Owen, ta vendeuse est là-bas ! Avec Gwen !
- Quelle vendeuse?
- La rousse. Tu l’as déjà oubliée?
Owen stoppa net, à mi-chemin entre Ianto et Gwen. Il l’aperçut en train de parler à deux jeunes personnes et son visage s’illumina. Ianto ne le quittait pas des yeux. Owen lui décocha un clin d’oeil et s’en fut vers Louise.
Ianto poussa un soupir de soulagement. Il se serait giflé d’avoir tant cogité dans le vide. Il avait le bon Owen sous les yeux. Il se remit au travail, apaisé, et pensant à tout ce qu’il aurait à raconter à Jack. Maudit Jack qui lui manquait tellement. Gwen avait Rhys - elle avait tous les hommes qu’elle voulait, ou presque tous- Owen allait avoir Louise. Cela coulait de source rien qu’à les voir discuter. Et lui, Ianto Jones, n’avait personne. Pour le moment. Car dans un futur proche, espérait-il, le jeune homme aurait droit à un menu de premier choix, sitôt que le menu en question daignerait revenir. Ianto était fatigué de baigner seul dans ses fantasmes, il avait hâte de rentrer à la base. Qui sait? Peut-être que la table du maître était déjà dressée? Anxieuse de le voir s’y installer.
Gwen le fit sursauter en lui tapant sur l’épaule. Elle vit fatalement le sourire niais sur son visage coloré mais son regard trahissait une inquiétude profonde qui fit écho dans la poitrine du jeune Gallois.
- Ianto, c’est bizarre. Owen…
- Quoi? S’entendit-il répondre, nerveusement.
- Je délire sûrement mais…
- Mais quoi?
Ianto sentit son cœur s’emballer.
- Il n’arrête pas de dire que…
- Que quoi? Bon sang Gwen, dis-moi!
- Que…Jack lui manque…
- Quoi?
Gwen secouait la tête, incrédule.
- Il faut le ramener à la base le plus vite possible. Je crois qu’il nous fait une commotion cérébrale!
Ianto se força à sourire. Commotion ou déprime, le mystère Owen Harper restait entier.

*****

Épilogue.

Tard dans la nuit, Ianto n’arrivait toujours pas à dormir. Il s’était aménagé un petit coin repos à la base. Tosh leur avait expliqué de mille façons sa version des évènements mais aucune ne parvint à convaincre le jeune homme. Selon elle, les réminiscences de ses conversations avec Ianto n’avaient rien d’inquiétant. C’était Owen, celui que tous côtoyaient et qui dérapait bien souvent. Et c’est pour cela qu’ils l’aimaient aussi. Pour son impulsif caractère de cochon de tête de mule libidineuse !
Et son courage, son abnégation face à l’inévitable. Owen Harper avait décidé de se sacrifier ! Seul, sans un chef pivot et fédérateur pour le tempérer, mais aussi pour le provoquer sainement, Owen avait peut-être perdu le goût de vivre?
Ianto avait noté noir sur blanc dans son carnet intime les zones d’ombres qui flottaient sur l’étrange dématérialisation corporelle du fringant médecin. Puis il s’était allongé sur le sofa, tout habillé, pour attendre un sommeil réparateur qui hélas ne venait pas.
Après tout, lui aussi avait eu une attitude changée durant cette mission. Il sourit en imaginant ce que les autres allaient dire à Jack. « Il parlait comme toi, il agissait comme si c’était lui le chef.. » etc…Personne ne dirait à Jack la vérité, cependant. Lui seul savait pourquoi il s’était subitement transformé en meneur d’hommes arbitraire et efficace. Jack comprendrait. Jack savait. Jack…

Mais chaque chose en son temps.
La main dans la poche de son pantalon, Ianto sentit le métal froid d’un anneau relativement massif. Or certifié. Une alliance de toute beauté. Et pour pas cher. Elle lui irait à ravir.
Ianto avait toujours eu le compas dans l’œil.

FIN FINALE
*******

Merci et bisous à ma bêta Evalyre, et à tous ceux et celles qui ont suivi cette mission abracadabrantesque


chrismaz66  (01.12.2010 à 10:15)

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