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Série : The Vampire Diaries
Création : 29.08.2013 à 20h35
Auteur : EmyNAF
Statut : Terminée
« Je remonte le temps jusqu’à l’enfance d’un des personnages, que sa Bête n’avait pas encore soumise…(J’écris seule ; alors pas d’ajout dans cet EV, merci :) » EmyNAF
Cette fanfic compte déjà 6 paragraphes
Première Lune
Dans la froidure de l’hiver, le givre recouvrait doucement le square. L’air de jeu était désert. Il n’y avait qu’une petite fille qui restait là, sur le tourniquet grinçant. Seule. Ses yeux étaient rouges d’avoir trop pleuré. Les essuyant d’un revers de manche, elle se rappela son triste après midi.
Alors que les autres enfants jouaient tous ensembles, elle s’était approchée pour tenter une fois de plus d’être acceptée. Mais c’était peine perdue :
- « Eh regardez qui est là ! C’est le monstre !
- Monstre !
- Va t’en, on ne veut pas te voir !
- Mais… »
Une boule de neige étouffa ses paroles de protestation. Tous ensembles, ils la bombardèrent jusqu’à ce qu’elle en tombe. Puis ils repartirent vers le toboggan. Aucuns parents ne prient sa défense. Elle resta seule, à genoux. Ses sanglots n’attendrirent aucuns cœurs et personnes ne vint la relever. Essuyant ses larmes, elle pensa tout bas : Je ne suis pas un monstre ! Je suis plus forte, plus rapide qu’eux…Ils sont juste jaloux !
- « Jaloux !!! »
Sa pupille s’était dilatée. Sa voix était bien plus puissante que celle d’une petite fille de sept ans. Furieuse, elle se mit debout et donna un grand coup de pied dans le tourniquet. Celui-ci, qui était pourtant lourd, se mit à tournoyer. Aussi stupéfaits que leurs enfants, tous les adultes les appelèrent et quittèrent le parc les uns après les autres. Elle, personne ne s’en occupa. Ses parents ? Quels parents ? A l’orphelinat, on lui avait dit qu’ils étaient morts. Elle n’en gardait aucun souvenir. Dans ses cauchemars qui se répétaient sans cesse, c’était une bête sombre, sortant d’un buisson, qui lui rendait visite. A chaque fois, elle lui répétait :
- « Ne jamais oublier, ne jamais pardonner… »
L’enfant s’assit à même le sol, ignorant le froid qui l’engourdissait. Cette créature, de quoi parlait-elle ? Des monstres aux longues dents qui surgissaient ensuite dans ses songes ? Ses doigts lui faisaient mal. La neige s’était mise à tomber. Les lampadaires de la rue s’allumèrent. Alors, elle crut comprendre. C’était ces gens qui la haïssaient dont la bête parlait.
Ne jamais les oublier, ne jamais leur pardonner ?
A suivre*********************************
Dix ans plus tard…
Hayley rentra dans son appartement miteux. Elle s’y était établit après avoir quitté l’orphelinat. Baillant, elle jeta dans un coin son sac et ses clefs, puis se dirigea vers la salle de bain. Alors qu’elle se brossait les dents, un détail attira son attention. Fronçant les sourcils, elle regarda plus attentivement son reflet dans le miroir.
Ses yeux d’habitude bruns-dorés commençaient à s’assombrir. Etonnée, elle se rendit compte que ses cheveux faisaient de même, devenant presque noirs. Sa tête se mit à tourner, un sifflement aigu lui transperça les tympans. Dans un fracas sourd, elle s’écroula par terre. Le gout du sang lui envahit la bouche…
Puis, en un éclair, ce fut finit. Elle mit plusieurs minutes à reprendre son souffle. Une fois sur pieds, elle s’assit avec raideur sur une chaise :
- « Qu’est ce qui m’arrive ? Je deviens folle ; se dit-elle à haute voix. J’ai du abuser à la soirée…Ca doit être ça ! Ou on m’a droguée ? Pff, n’importe quoi ! Bon, au lit ! »
Elle s’étira, et prit un cachet, l’air serein. Mais pour la première fois, le sommeil mit du temps à venir…Elle resta un moment éveillée, une angoisse indescriptible lui tenaillait le ventre. De quoi avait-elle peur ? Elle n’en savait rien. Lorsque ses yeux se brouillèrent, elle tomba enfin dans un sommeil profond et sans rêves.
Dehors, dans une nuit d’encre plus noire que le jais, brillait la pleine lune. Son éclat blafard évoquait un sourire de démon. On aurait dit qu’elle narguait la jeune fille de sa funeste présence.
A suivre*****************************
L’été était là à nouveau ! Sa crise étrange ne la reprit pas les semaines suivantes et c’est confiante qu’elle traversait les rues. Cet après midi, il y avait foule dans la ville. Les terrasses étaient remplies de ceux qui profitaient de vacances.
Hayley elle, bagages à la main, s’apprêtait à prendre le bus. Des amis rencontrés sur la côte l’invitaient à passer une semaine en mer sur leur bateau. Toute heureuse, elle percuta dans sa hâte une femme qui devait avoir la trentaine :
- « Oups ! Désolé, c’est pas tous les jours qu’on part en vacances non ? S’exclama-t-elle en riant.
L’expression étrange de la femme la cloua sur place. Mi pressée, mi agacée, elle lança :
- « Quoi ? Je vous ai fait mal ?
Elle répondit d’une voix tremblante, comme celle d’une vieille femme malade :
- « Non…Mais tu auras mal…Tu auras mal… »
Un sourire moqueur se dessina sur le visage d’Hayley lorsqu’elle s’esclaffa :
- « Peuh ! Complètement folle l’autre ! »
Et elle reprit sa marche. Une fois arrivée à l’arrêt de bus, elle ne regarda même pas la femme qui la fixait toujours. Ce ne fut qu’une fois montée et installée qu’elle eut un pincement de cœur suivit d’un frisson étrange…Mais elle s’endormit vite et n’y pensa plus. C’est là que son destin se mit en marche.
- « Elle aurait dut appliquer le serment de ses ancêtres, rester sur ses gardes. »Pensa Jeanny en fermant sa boutique.
Elle se trouvait dans une rue peut fréquentée et sombre. Sur l’enseigne peinte on pouvait lire ‘’Vaudou et Sorcellerie’’. Cette femme se souvint du contact glaçant qu’elle avait éprouvé…C’était un don étrange que les membres de sa famille se passaient de génération en génération. Avait-elle eu tort de lui parler si franchement ? Surtout que cette jeune fille semblait ignorer ses origines. Il y avait tant de haine et de désespoir en elle ; qu’en serait il lorsque sa bête… ? Non. Elle avait eu raison de la prévenir. C’était le serment.
- « Ne jamais oublier, ne jamais pardonner. »
A suivre**************************
Le bruit du moteur se noyait dans les vagues qui sifflaient contre la coque du bateau. Celui-ci filait sur l’océan. Ses passagers eux, s’amusaient sans faire attention à l’allure et à la direction de l’embarcation.
- « Wohaaaa!!! Ca fait vraiment plaisir de vous revoir ! Hurla Hayley pour couvrir la musique qui étourdissait l’équipage.
- A nous aussi tu sais ! Ca faisait un bail !
- Au moins un an !
- Je confirme !
- Eh Bob ! Ramène les bouteilles !
- Il va tout boire tout seul si ça continue ! »
Ils éclatèrent de rire. Le fameux Bob clopinait sur le ponton, complètement ivre. Hayley bondit vers le frigo et déboucha la dernière bouteille de champagne. Ils se la passèrent. Le sol était jonché de bouteilles d’alcool vides et ébréchées.
Tout commença à dégénérer. Une bagarre éclata entre Bob et un autre gars qui se trouvait là. Alors que ses amies pouffaient en se servant un verre et qu’une autre avait la nausée ; Hayley rejoignit les deux qui en étaient venus aux mains. Sûre d’être assez sobre pour ça, elle essaya de les séparer. Repoussée, elle tenta un deuxième essai.
Tout alla très vite. Bousculé, Bob essaya de se rattraper à la barrière de sécurité mais il tomba à la renverse. Sa nuque heurta violemment le sol et un débris de verre tranchant lui entailla la gorge. Effrayée, son amie essayait tant bien que mal de stopper le sang qui coulait à flot, souillant la coque du navire. Mais il était trop tard. Ses yeux voilés indiquaient que toute vie l’avait quitté.
Hayley mit un moment à réaliser ce qui c’était produit. Mais pas la bête en elle. La crise qui l’avait prise quelques temps auparavant se répéta, la laissant à moitié sonnée.
Lorsque les secours récupérèrent le cadavre, une fois rentré au port, on qualifia cela de tragique accident. Hayley put repartir. Mais le sang qui lui avait recouvert les mains, lui, ne partit jamais vraiment…
A suivre*********************************
Une fois de retour chez elle, son vieil appartement ne lui était pas plus familier et ne lui donna aucun réconfort. La scène du drame tournait en boucle dans sa tête. Elle n’arrivait plus à travailler, à manger, à lire ou même à marcher dans les allées, aux yeux du monde. Tout lui rappelait l’accident.
Elle restait des heures enfermée, à essayer de faire le vide. A essayer de faire le point. Mais elle n’arrivait pas à partir de cet environnement glauque et oppressant, cet univers de solitude qui lui tenait la main depuis l’enfance.
Alors qu’elle était allongée sur le dos, suivant des yeux une fissure du regard, une crise la reprit. D’abord, ce fut comme d’habitude, un mal de tête épouvantable, un sifflement strident et le sang, le sang et la chair dont le gout lui envahissait la bouche ; obsédant cette fois. Elle lutta, en vain. La bête avait gagné. La bête se révéla dans toute sa noirceur et son horreur.
Cela commença par ses membres, qui se vrillèrent, se tordirent, se brisèrent pour se remodeler sous leur véritable apparence. Son torse, sa tête, tout lui semblait brûler. Des heures durant elle souffrit le martyr, se convulsionna sur le sol comme un animal blessé. Lorsqu’elle releva la tête, c’était un museau fin d’un brun clair flamboyant qui pointait à la place de son visage. Ses yeux d’or luisaient dans le noir comme deux brasiers.
Alors elle hurla. Son cri résonna dans la pièce et sortit par la fenêtre ouverte. C’était un cri de délivrance.
C’est ce soir là qu’Hayley quitta la Nouvelle Orléans, cette ville qui n’avait que mépris pour elle. La louve qui courait jusqu’au bois le plus proche, s’enfonçant dans la forêt à la recherche de semblables n’avait plus qu’un mot à l’esprit :
- « Rage, Rage… »
A suivre*****************************************
Marcel en avait assez de rester planté là à attendre. Après quelques minutes supplémentaires ; il bougonna à l’attention de sa sœur :
- « Helen, tu avais dit qu’il y avait des campeurs dans ce coin, je n’en vois aucun !
- Chut ! Moi je te dis que c’est un couple de promeneurs tout frais, qui attendent juste qu’on les cueille ! Répliqua la jeune femme à mi voix.
- Comment tu peux en être sûre ?
- J’ai sentit leur odeur tout à l’heure et…
- Silence ! »
Ils se turent. La sombre forêt ne les effrayait pas. Le moindre bruissement, craquement ne faisait qu’affuter leurs sens. Marcel surtout, les yeux gonflés par la soif, trépignait d’impatience. Au moment où il allait débouler dans la clairière pour en finir, un groupe d’oiseau prit son envol, affolé. Helen plaqua une main d’acier sur l’épaule de son frère :
- « Pas encore. Il y a un problème.
- Quoi ? Ces idiots de volatiles on du voir plus gros qu’eux et…
- Justement. Ce n’est pas de nous qu’ils ont eu peur. »
Mais l’odeur du sang se fit plus forte. Son instinct était le maître. Repoussant sa sœur, Marcel se précipita crocs en avant jusqu’à la tente. Il la trouva sans peine dans les ténèbres. Déchiquetant la toile, il bondit à l’intérieur. Il ne se rendit même pas compte que ses occupants étaient déjà morts, défigurés et à moitié démembrés. Le vampire bu avidement la flaque de sang dans laquelle ils baignaient. Lorsqu’il eut étanché sa soif, il sourit et appela sa sœur :
- « Helen ! Ca ne craint rien, en plus ils sont déjà… »
Alors il comprit son erreur. Un autre prédateur était passé avant lui. Méfiant, il sortit précipitamment. A l’extérieur, sa sœur était figée sur place, retenant sa respiration. Ses lèvres remuèrent à peine lorsqu’elle souffla :
- « Surtout, ne bouge pas. »
En face, à quelques mètres, les buissons remuaient. Un interstice dans les feuilles laissa apparaître deux grands yeux fluorescents. La bête grogna. Ses babines ensanglantées signifiaient que c’était elle la propriétaire du festin. Helen n’eut pas le temps de fuir. Le loup bondit et la plaqua au sol d’un coup de dents dans la gorge. Le regard désespéré qu’elle lança à son frère ne voulait dire qu’une chose : Va-t’en. Effrayé, Marcel obéit. Alors qu’il échappait à la créature, il se fit une promesse :
- « Je te vengerai, je te jure que je te vengerai ! »
Hayley rechigna à lui donner la chasse. Elle était apaisée. Peut être n’avait elle pas comprit les paroles de ses parents :
- « Non Hayley…
- Ne jamais oublier qui nous sommes.
- Ne jamais pardonner nos actes. »
Fin de l’épisode