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Série : The Vampire Diaries
Création : 08.04.2014 à 19h00
Auteur : Sherwood
Statut : Terminée
« "Je t’ai laissé te foutre en l’air, te droguer, gâcher ta vie alors que j’aurais dû être là pour toi. " (J'écris seule, merci) » Sherwood
Cette fanfic compte déjà 26 paragraphes
CHAPITRE 10
Alaric débarqua en trombe chez les Salvatore.
-Jeremy ! Jeremy !
L’adolescent descendit de Vicky et accourut dans le couloir, torse nu.
-Qu’est-ce qu’il y a, Ric ?
-As-tu vu ton frère ?
-Non. Pas depuis cet après-midi. Pourquoi ?
Ric se passa rageusement une main dans ses cheveux en bataille.
-Tu vas me dire ce qu’il se passe ! S’énerva le garçon.
-Jeremy ?
Vicky sortant de la chambre en petite tenue.
-Tu devrais rentrer chez toi, Vick. Je t’appellerai. Répondit-il.
-D’accord…
Elle partit se rhabiller tandis que Jeremy enfila un t-shirt en vitesse et alla rejoindre Alaric à l’entrée.
-On a découvert qui était à l’origine des meurtres.
-Et ? C’est qui ?
-Klaus.
-Klaus Mikaelson ?!
-Oui. Et je n’arrive pas à joindre ton frère depuis au moins deux heures !
-Tu penses qu’il est avec lui ?
-Je n’en sais rien ! Tu connais ton frère, il est imprévisible.
-Ouais.
-Je dois le retrouver.
Le ton pressant de Ric alerta Jeremy. Il fronça les sourcils. Alaric connaissait son partenaire par cœur. Là, on instinct lui ordonnait de le trouver.
-Tu as essayé de localiser son portable ? Demanda-t-il.
-La nuit vient de tomber. Le commissariat doit être fermé.
-Le sheriff reste tard le soir.
-Comment tu le sais ?
-Caroline Forbes, sa fille. Je la croise parfois dans les couloirs du lycée.
-Très bien. J’y vais, toi tu restes ici.
Alaric sortit sans laisser le temps à Jeremy de répondre. Vicky descendit, prit son sac et son manteau, puis après un baiser sur la joue de son petit-ami, sortit à son tour. Mais avant, la main encore sur la porte, elle dit :
-Ne foire pas tout avec lui.
Jeremy hocha la tête et elle disparut. Quelques minutes plus tard, Alaric débarquait dans le bureau du sheriff.
-Officier Saltzman ?
-Liz, j’ai besoin de votre aide. Lâcha-t-il en reprenant son souffle.
-Tout va bien ? S’écria-t-elle en remarquant sa pâleur.
-Je ne sais pas justement. Vous devez localiser un portable pour moi.
Elle s’empressa d’exécuter sa demande. Très vite, le résultat s’afficha. Interloqué, Alaric s’exclama :
-Mais dans quoi s’est-il encore fourré ce crétin ?!
Jeremy entamait déjà des recherches dans la forêt lorsque Ric vint le rejoindre.
-T’es vraiment sûr que le signal émettait d’ici ?
-Un point rouge au milieu d’une forêt ! C’est tout ce que j’ai !
-Super…
-Damon ! Damon, c’est nous ! Réponds vieux !
Mais ils se heurtèrent de nouveau au silence. Soudain, un craquement se fit entendre derrière eux. Alaric se retourna, l’arme en joue. Seulement, il n’y avait que l’obscurité. Jeremy souffla et reprit sa marche.
-DAMON ! Appela-t-il à plein poumon.
Son regarde croisa celui d’Alaric.
-Tu crois qui lui est arrivé quelque chose ?
-C’est ton frère.
Il se contenta de cette réponse et avança. Ils tournaient en rond depuis plus d’une heure lorsqu’enfin, ils rencontrèrent un puits.
-Ce puits est abandonné depuis longtemps. Fit Ric.
-Ouais…
L’adolescent était découragé et abattu.
-Ecoute, Jer. On est crevé, il fait nuit noire, on devrait rentrer et reprendre les recherches demain.
Le garçon allait obtempéré quand il entendit un bruit étrange. On aurait un râle, un sifflement sourd.
-Tu entends ?
-Quoi ?
Ils se turent et tendirent l’oreille. Le râle était bien là.
-Ça vient du puits ! Lança Jeremy en accourant vers ledit puits.
Il se pencha en avant mais ne vit rien. Le fond se fondait dans l’obscurité, il était impossible de discerner quoi que ce soit.
-Attends. Dit Alaric en sortant une lampe de poche de son sac à dos.
Il l’alluma et la pointa vers les profondeurs. Le choc fut si important que Ric faillit lâcher la lampe.
-DAMON !
Il était là. Recroquevillé dans un enchevêtrement de vêtements et d’os, l’eau aspirant le peu de chaleur qui lui restait, il était là.
-Damon ! Paniqua l’ado.
-D’accord…Heu…Jeremy, reste avec lui. Parle-lui, maintiens-le éveillé. Je dois sûrement avoir une corde dans le coffre de la voiture. Je vais la chercher.
Le flic ne devait pas céder à la peur. Il se força donc à penser rationnellement. Mais tout s’écroula autour de lui avec les mots de Jeremy :
-C’est un vampire…
Il se tourna lentement vers lui. Le temps s’était arrêté. Le jeune Salvatore le fixait de ses yeux chauds pendant que lui, essayait d’accepter l’inacceptable.
-Bien…Heu…Je vais à la voiture.
Jeremy ne se laissa pas aller et se rapprocha du puits.
-Damon ! C’est Jer ! T’es avec moi ?
Un grognement infime, à peine audible lui répondit.
-On va te sortir de là ! Tiens le coup !
-Verveine…
-Quoi ? Ça veut dire quoi ?
-C’est une plante extrêmement nuisible aux vampires. Expliqua Alaric qui venait de revenir.
-Mais alors…
-Le puits doit en être infesté. C’est pour ça qu’il est si faible. Répondit-il tandis qu’il s’attachait à la corde, elle-même attachée à un arbre.
-Tu comptes descendre ?
-Tu vois un autre moyen ? Répliqua-t-il sèchement.
Devant le silence de l’adolescent, il hocha la tête et passa ses jambes par-dessus le rebord.
-Garde-le éveillé.
Jeremy tendit le cou, les mains tremblantes.
-Damon ? T’es toujours là ?
Il aperçut furtivement un doigt bougé.
-Ric vient te chercher.
Le flic arriva enfin au fond du puits. Il avait de l’eau jusqu’au cheville, le froid ralentissait ses mouvements mais il ne se concentrait que sur une chose : sauver son meilleur ami. Ce dernier demeurait immobile, dans un coin. Du sang coulait de ses blessures qui n’arrivaient pas à cicatriser à cause de la verveine.
-Damon ! S’écria-t-il en se précipitant vers lui.
Il prit sa tête entre ses mains, les pouces caressant ses joues frêles et livides. Les yeux de Damon frémirent et s’ouvrirent faiblement.
-Ça va aller, mon pote. Ça va aller.
Il attacha son partenaire avec lui et frappa la corde pour dire à Jeremy de le remonter. Le jeune homme tira de toutes ses forces et bientôt les deux flics se retrouvèrent sur la terre ferme. Damon toussa à en cracher ses poumons.
-Il ira bien ? S’inquiéta Jeremy.
-Il lui faut du sang.
On voyait déjà que les blessures du vampire commençait à guérir. Alaric allait porter Damon quand un craquement le figea. Sur leurs gardes, le flic et l’ado scrutèrent les environs. Soudain, une silhouette apparut devant eux. Jeremy la reconnut.
-Ty…Tyler ? Fit-il, surpris.
Le fils du maire se comportait bizarrement. Il regardait autour de lui comme si chaque chose qu’il voyait lui était nouvelle. Il marchait de manière penchée, bossue, les bras écartés. Quand ses yeux croisèrent ceux de Jeremy, celui-ci cru défaillir. Ils étaient d’un jaune éclatant et ses pupilles rivalisaient avec celles des chats. Tyler s’arrêta de marcher et observa Jeremy comme s’il était une glace au chocolat. Le jeune Salvatore était tellement sidéré et apeuré qu’il ne put faire un quelconque mouvement. Brusquement, les yeux jaunes prirent de l’éclat et des crocs monstrueux poussèrent. Personne n’eut le temps de réagir. Tyler se jeta sur Jeremy. Mais avant qu’il ne put toucher un seul centimètre de sa peau, une ombre se plaça entre eux et envoya valser le loup-garou. Furieux, ce dernier la prit d’assaut et très vite, tout ne fut que coups et cris. Enfin, dans un gémissement aigu, Tyler décampa, laissant Damon, qui n'était autre que l'ombre, se vider lentement de son sang…
CHAPITRE 11

-Qu’est-ce qu’il lui a fait ?! Hurla Jeremy en voyant l’état de son frère.
-Il l’a mordu…
Vu le ton fatal que prenait Alaric, ce n’était pas bon. Pas bon du tout.
-Qu’est-ce qu’on fait ?
Le flic s’agenouilla près de son meilleur ami et le prit dans ses bras.
-On l’emmène à la maison.
Jeremy tremblait de tous ses membres. Alaric ne le rassurait pas, au contraire. Non, il ne pouvait pas se permettre de perdre Damon à nouveau. Il suivit Alaric jusqu’à la voiture. Le flic installa son partenaire sur la banquette arrière, sa tête délicatement posée sur les genoux de Jeremy. Durant le trajet, le blessé n’avait pas bougé. Cependant, on pouvait désormais voir des gouttes de sueur se former sur son front. La morsure qu’il avait pris à l’épaule avait dès à présent une horrible couleur qui oscillait entre le noir, le vert et le rouge écarlate. Elle était terriblement enflée, révélant par moment certaines crevasses dans la peau où naissait du pus. Jeremy n’avait jamais rien vu de tel.
-Il va s’en sortir, n’est-ce pas ? Fit-il à l’adresse du conducteur.
Alaric ne répondit pas, ce qui étouffa le cœur du garçon. Il n’eut pas le temps de pleurer, ils étaient arrivés. Alaric se gara, coupa le moteur, descendit du véhicule et entreprit de reprendre Damon dans ses bras. C’était comme s’il faisait tout cela de façon automatique, sans vraiment réfléchir. C’était la première chose qu’on apprenait à l’école de police : se détacher. Les rues étaient vides et heureusement. Jeremy ouvrit la porte, laissa Alaric entrer et la referma. Chaque mouvement, chaque geste, comptait. Tout se passait lentement, dans le silence, comme si le frôlement d’un doigt, le grincement d’une porte pouvaient blesser Damon. Le flic le porta à sa chambre et l’étendit sur son lit avec le plus de précaution possible. Jeremy pensa alors à un nouveau-né, ce petit être que les jeunes parents ont peur de casser.
-Jeremy, va me chercher de l’eau et un chiffon. Ordonna Ric, la gorge serrée.
L’adolescent se hâta mais une étreinte sur son poignet l’arrêta. Il baissa les yeux et vit que c’était la main de Damon. Ce dernier avait ouvert des yeux fiévreux pour les poser sur son petit frère. Alaric, reculant, était hypnotisé par la scène.
-Reste…
Ce fut le seul mot qui put franchir les lèvres du vampire. Il y avait tellement de peur, de peine, de…douleur dans le blanc de son regard que Jeremy hocha la tête et alla s’assoir près de lui. Il prit la main de Damon entre les siennes, ne le quittant pas des yeux. Il ne s’aperçut même pas qu’Alaric était parti. Ce fut seulement lorsqu’il revint qu’il se souvint de sa présence. Il lui présenta un chiffon humide qu’il prit précieusement. Il le mit ensuite sur le front brûlant de son frère. Celui-ci laissa un soupir de soulagement et de bien-être se frayer un chemin à travers la mince ouverture qui fendait sa bouche sèche en deux. Sa poitrine se soulevait aussi difficilement que si elle devait pousser un poids. Un sifflement rauque et faible émanait de sa gorge comme si le simple effort de respirer était une véritable torture. Enfin, Jeremy comprit : Il était mourant.
-Il doit se nourrir. Je reviens. Intervint Alaric.
Il sortit de la chambre sans attendre, ne pouvant supporter cette vue une minute de plus.
-Attends ! Ric !
Jeremy sortit à sa suite. Il le rejoignit dehors, près de la voiture.
-Tu vas où ?
-A l’hôpital. Je vais chercher des poches de sang.
Il disait ça sur un ton qui rendait la situation parfaitement normale.
-Pourquoi est-ce qu’il est comme ça ? Va-t-il s’en remettre ? Il y a bien un remède quelque part, hein ?! Alaric réponds-moi !!!
Alaric se tourna vers l’adolescent mais à ce moment, il eut un bruit de verre brisé.
-C’était quoi ça ?! S’alarma le flic.
Jeremy secoua la tête. Ils se précipitèrent tous les deux dans l’escalier et grimpèrent les quelques marches qui les séparaient de Damon. Leur stupeur fut immense lorsqu’ils se trouvèrent devant une chambre…vide. Les draps étaient éparpillés dans le lit et la fenêtre était ouverte. Damon avait disparu.
Elena devait retrouver Caroline à une stupide fête au Mystic Grill. Elle n’avait pas très envie d’y aller, surtout après sa rupture avec Stefan, mais elle le faisait pour son amie. Ainsi, elle se retrouva à pied, parce que sa voiture était toujours au garage, marchant vers le Mystic Grill. Une brise fraîche secoua son échine et des frissons la parcouru. Elle se frictionna les bras et soupira d’agacement. Pourquoi avait-elle accepté déjà ? Ses pensées furent interrompus par un gémissement. Du moins, elle crut que s’en était un. Elle se retourna et scruta les environs. Rien. Elle haussa alors les épaules. Ça devait sûrement être un chat. Elle continua d’avancer mais une nouvelle plainte l’arrêta. Cette fois, ce n’était pas un animal.
-Qui est là ?
Personne. Rien. Silence. Vide. Peur… Elena n’attendit pas plus longtemps dans cette rue sombre et courut. Sa peur se décupla lorsqu’elle vit sur le mur une ombre la suivre. Elle dérapa maladroitement en tournant l’angle et stoppa net. Une silhouette en boule se découpait dans l’obscurité. On aurait dit une grossière créature parmi les poubelles. Peut-être un clochard ?
-Est-ce que ça va ? Fit-elle d’une voix légèrement vacillante en s’approchant.
Soudain, l’homme se trouva debout, devant elle, les mains sur ses épaules. Elle poussa un cri qui se brisa lorsqu’elle le reconnut.
-Damon ?!
Il était faible, couvert de sueur, tremblant comme une feuille, la respiration haletante. Il faisait vraiment peine à voir. Comment s’imaginer qu’il puisse être dangereux ?
-Damon, tu m’as fait peur ! Qu’est-ce qui se passe ? Tout va bien ?
Le malade ne répondit pas. Ses yeux étaient fixés sur ses lèvres.
-Da…Damon ? Balbutia-t-elle.
Il leva les yeux vers les siens puis les laissa dériver sur son cou. Son cou si délicat, aussi blanc que pur, cachant les plaisirs d’un nectar enivrant. Il s’approcha, encore, encore…encore.
-Damon !
C’était trop tard, ses crocs étaient déjà enfoncés dans sa chair. La jeune fille se débattit, hurla, pleura, fit tout ce qu’elle put pour se réveiller de ce cauchemar. Brusquement, Damon sembla revenir à lui. Il s’arracha au cou d’Elena et recula, manquant de tomber.
-Elena ? Fit-il d’un air hébété.
Elle se tenait le cou, appuyant sur la plaie dont le sang s’écoulait abondement.
-Elena…Je suis désolé…
Est-ce qu’il…pleurait ?
-Damon…
Et elle le prit dans ses bras. Alors, il se laissa aller. Ses jambes se dérobèrent et elle l’accompagna dans sa chute. La tête dans l’ombre de son cou, il ferma les yeux et huma le doux parfum qui le faisait vibrer de toute part. Elena ne savait pas ce qu’il était, ni pourquoi et encore moins comment. Tout ce qu’elle voyait, c’était que Damon avait besoin d’aide. Elle frotta son dos dans une tentative de réconfort.
-Chuuut…Je suis là…
Lentement, avec des gestes et des mots, il se détendit. Elena en profita pour attraper son portable et appeler Alaric. Ce dernier lui ordonna fermement de ne pas bouger. Il était en route. Après avoir raccroché, elle se concentra sur la respiration de Damon. Elle était peut-être rauque, faible, mais elle était régulière. C’était au moins ça.
-Damon, tu m’entends ? Alaric est sur le chemin.
-Eloigne-toi de moi…Elena…
Elle ne s’attendait tellement pas à cette réponse qu’elle ne comprit pas tout de suite.
-Quoi ?
-Je suis dangereux…
-Arrête de dire des bêtises.
-Si tu ne veux pas te faire bouffer par un vampire, éloigne-toi ! Cria-t-il, le visage froissé par la douleur.
Elena le regarda, sans l’once d’une émotion sur le visage.
CHAPITRE 12

Trois minutes. Leurs regards s’embrassèrent pendant trois minutes. Jusqu’à l’arrivée d’Alaric.
-Elena ! Ecarte-toi !
La jeune fille se leva, les bras croisés pour se protéger du froid. Elle regarda le flic se pencher sur le malade et le porter dans ses bras. Il se tourna ensuite vers elle.
-Tu vas bien ? Il t’a blessé ?
Elle passa une main à son cou encore saignant.
-Ça va…
-Je suis désolé, il est…
Il s’interrompit en voyant qu’elle hochait la tête. Elle avait compris. Tous les deux demeurèrent dans le silence jusqu’à ce qu’Elena se réveille :
-On devrait l’emmener à la maison.
-Heu…oui.
Il le porta jusqu’à la voiture. Elena était assise devant, à côté de lui. De temps en temps, elle jetait un coup d’œil à l’arrière.
-Qu’est-ce qui lui est arrivé ?
-Un loup-garou l’a mordu. Répondit-il.
Il s’attendait à une exclamation, à un cri, à des balbutiements. Mais rien. Elle ne dit rien. Elle se contenta de regarder la forme inconsciente de Damon qui gisait sur la banquette arrière.
-Il y a…un remède ? Demanda-t-elle enfin.
-Pas à ma connaissance.
Le silence dans la voiture devint oppressant. Elena voulait sortir d’ici le plus rapidement possible et vomir ses tripes. C’est d’ailleurs ce qui se passa. Dès que la voiture s’arrêta, elle sortit en trombe et rejeta le contenu de son estomac dans l’herbe. Quand elle sembla se calmer, Alaric osa s’approcher.
-Tu veux que je te raccompagne chez toi ?
-Non. Je reste.
Il fut surpris de sa réponse mais n’ajouta rien. Il retourna plutôt auprès de Damon et le ramena à sa chambre.
-Tu l’as retrouvé ! S’écria Jeremy en venant à sa rencontre.
Alaric déposa avec soin le corps de son frère sur son lit.
-Elena ? S’exclama l’ado en apercevant la jeune fille, tremblante et dégoulinante de sang.
Elle l’ignora et s’avança vers le lit. Elle y grimpa, se mit derrière le malade et passa ses bras sur son torse, le tenant tendrement. Le nez enfouit dans le creux de son cou, contre ses cheveux trempés de sueur, elle le berça.
-Il va…Chuchota-t-elle, les larmes aux yeux.
Alaric hocha la tête, lui aussi se battant avec les larmes.
-Non…Il y a forcément…une solution !
Elle jeta un coup d’œil à Jeremy et compris : Non, il n’y en avait pas. Elle prit donc une grande respiration et dit :
-Jeremy, appelle Bonnie.
-Pourquoi ? S’étonna-t-il.
Il connaissait Bonnie Bennett mais ce n’était pas une grande amie contrairement à Elena. Pourquoi l’appeler ?
-Appelle-la et dis-lui de venir.
Il s’exécuta alors, perplexe. Pendant ce temps, Elena rassurait et consolait Damon.
-Chuuut…Tu es en sécurité. Tout va bien. Calme-toi.
Au son de sa voix, Damon se détendit. Son visage était presque…serein. Soudain, une grimace fissura ses traits parfaits.
-Il a peut-être besoin de sang ? Fit Elena.
Alaric s’étonna de son sang-froid.
-Peut-être, dit-il, je vais en chercher.
Avant d’aller chercher Damon dans la rue, il était passé à l’hôpital prendre des poches de sang. Il revint, une poche à la main. Il la tendit à Elena qui la mit devant la bouche de son patient. Les veines noires ressortirent sous ses paupières fermées et sa bouche s’ouvrit péniblement, révélant ses crocs. Il croqua instinctivement dans la poche à l’odeur alléchante et se nourrit de tout son soul. Après ça, il semblait aller mieux. Des couleurs lui revenaient et ses yeux s’ouvrirent. Soudain, il se recroquevilla en position fœtal, toussa si violemment qu’on eut l’impression qu’il allait décoller ses côtes et régurgita tout ce qu’il venait de prendre. Elena, Alaric et Jeremy regardèrent ce spectacle avec horreur.
-Qu’est-ce qui ne va pas avec lui ?! S’écria Jeremy totalement pris de panique.
-La morsure rejette le sang. Répondit Ric en se hâtant de nettoyer le sol.
-Mais s’il ne peut pas se nourrir, alors…Commença Elena.
Tous se dévisagèrent, l’abattement sur leur visage. A la limite de la déraison, la jeune fille fut pris de sanglots incontrôlables. Mais entre ses pleurs étranglés, elle parvint à articuler :
-Je peux pas le perdre…
Le moment fut interrompue par l’arrivée de Bonnie. Elle jeta un regard ahurit sur la scène qui se déroulait sous ses yeux. Puis, elle reprit les choses en main. Elle s’approcha de Damon qui gisait mollement dans les bras d’Elena.
-Morsure de Loup-Garou, dit-elle, fatale. Il n’y a pas de remède à ma connaissance.
-Bonnie, ne dis pas ça ! Je t’en supplie…Pleura son amie au bord de l’hystérie.
-Aucun sort ne peut l’aider, Elena. Je suis désolée.
-Que…Quoi ? Un sort ? Bredouilla Jeremy.
Bonnie l’ignora et continua son auscultation.
-Je peux toujours consulter les esprits.
Un soubresaut d’espoir anima Elena.
-J’aurais besoin d’être seule, dans une pièce, n’importe laquelle.
Alaric ne posa aucune question et la guida vers la chambre d’amis. Pendant ce temps, Elena tentait de réconforter Damon comme elle le pouvait. Jeremy s’assit au bord du lit. Il avait la tête baissée, les mains le long du corps, les épaules voûtées. Elena eut de la compassion pour lui. Mais que lui dire ? Que son frère ira bien ? Qu’ils trouveront un remède ? Elle savait qu’au fond, ce n’était que mensonges. Elle ne s’y attendit pas lorsque l’adolescent prit la parole :
-Je ne savais jamais quoi faire quand il se mettait dans des états pareils.
Elena fronça les sourcils, le nez retroussé, ne sachant pas de quoi il parlait.
-Est-ce que je devais l’emmener à l’hôpital ? Devais-je appeler les parents ? Ou…La police ? Je n’étais qu’un gamin !
A présent, la jeune fille était totalement désemparée.
-Je n’étais qu’un gamin qui devait s’occuper de son frère qui frôlait l’overdose tous les jours…
Alors elle comprit. Elle jeta un coup d’œil à Damon qui s’était endormi. Lui ? Se droguer ? C’est vrai qu’il avait l’air d’un homme torturé…
-J’ai l’impression de revenir en arrière. Je ne suis pas censé m’occuper de lui ! C’est lui qui doit prendre soin de moi ! Je crois que je lui en ai toujours voulu pour ça…
Elena avait les larmes aux yeux. Elle avait envie de prendre le garçon dans ses bras, comme s’il était son propre frère.
-Alors quand nos parents sont morts, quand il est partit…Je me suis mis à la came. Pas pour oublier la douleur, non…Pour que cette fois, ce soit lui qui vienne me sauver.
Elle voulait lui dire que tout allait s’arranger mais à quoi bon, c’était faux. Damon remua faiblement dans ses bras, attirant leur attention. Jeremy laissa une larme couler le long de sa joue. Il se trouvait toujours devant une impasse avec son grand frère. Toujours. Et ça ne changera jamais. Néanmoins, il était là, pour lui, comme à chaque fois. Il posa tendrement sa main sur la sienne, moite et brulante. Il serra ses doigts autour des siens, appréciant cette chaleur. Cela voulait dire qu’il était vivant. La main d’Elena vint s’ajouter à la sienne. Il leva les yeux vers elle. Leurs regards se croisèrent et absorbèrent toute la douleur qui tournait en rond dans cette pièce.
-Merci…Lui souffla-t-il.
Un fin sourire triste se dessina sur les lèvres de la belle. Dans la chambre d’à côté, Bonnie venait d’entrer en transe.
CHAPITRE 13

On aurait dit la scène d’un film. Une fenêtre était ouverte, le vent balayait les rideaux. Le salon était faiblement éclairé par la lumière arrière de la cuisine. Jeremy avait encore la main sur la poignée de la porte, la vision floue. Il n’arrivait pas. Il n’arrivait pas à comprendre ce qu’il voyait. Il commença à respirer de plus en plus vite. Il cligna des yeux, se passa une main sur le visage, secoua la tête, tremblait. Il tremblait comme une feuille. Il ouvrit la bouche, la referma et la rouvrit aussitôt. Il balbutia :
-Da…Damon ?
La silhouette de son frère demeura inerte. Son corps gisait sur le canapé, les couvertures renversées sur ses jambes. Sa poitrine ne se soulevait pas.
-Damon ?
Il osa enfin s’approcher. Le garçon laissa tomber son sac et s’accroupit près de son frère.
-Damon !
Il posa une main sur son torse. Il respirait faiblement, beaucoup trop faiblement. Il prit son pouls. Il le sentait à peine. Il aperçut avec horreur l’aiguille plantée encore dans une des veines du bras droit de Damon.
-Espèce de salop ! Cria l’adolescent complètement paumé.
D’une main fébrile, il retira sèchement l’aguille et prit son portable. Que devait-il faire ? Appeler les parents ? La police ? Une ambulance ? Il lâcha son portable et mit ses doigts sur le visage cadavérique de son frère.
-S’il te plait…Me fais pas ça…
Des larmes coulaient abondement sur ses joues. Il posa son front contre celui de Damon et attendit.
Elena était partit rejoindre Alaric et Bonnie. Jeremy était donc seul avec son frère mourant. Ce dernier ouvrit les yeux avec peines.
-Damon ?
Le vampire regarda autour de lui, l’inquiétude présente dans son regard.
-T’es à la maison. Le rassura Jeremy.
Damon tenta de se redresser quand une douleur virulente le cloua sur place. Il eut du mal à contenir sa souffrance et un cri déchirant perça ses lèvres. Jeremy se précipita vers lui, le couva de ses bras, lui soufflant de douces paroles.
-Chuuut…Je suis là, ça va aller…
Le jeune homme se figea lorsqu’il s’aperçut que Damon pleurait.
-Je suis désolé…Murmura-t-il comme pour lui-même.
-Quoi ? De quoi ?
-De t’avoir laissé…J’aurais dû…J’aurais dû…
Ses sanglots reprirent de plus bel.
-Chuuut…Calme-toi.
-Je t’en prie, pardonne-moi…
Jeremy serra son frère plus fort dans ses bras.
-Je te pardonne, Damon. En fait, je crois que je t’ai déjà pardonné depuis longtemps.
A ces paroles, le vampire sembla s’apaiser. Il se concentra sur sa respiration, fermant les yeux. Quant à Jeremy, il ne cessait de répéter :
-Tout va bien maintenant…Tout va bien.
Tandis que les deux frères profitaient de ce moment calme entre eux, Bonnie communiquait avec Emilie, son ancêtre. Elena et Alaric étaient restés dans un coin de la pièce à regarder la scène. Au bout de plusieurs minutes, un mot s’échappa de la bouche de la sorcière : Klaus.
Bip….
-Dégager !
Bip….
-Dégager ! Chargez à 300.
Bip…
-Dégager !
-On a un rythme !
Le médecin posa les palettes et se tourna vers les portes de la salle de trauma. De l’autre côté de la vitre, la famille du patient attendait, anxieuse. La jeune femme soupira, donna quelques ordres aux infirmières et sortit.
-Alors Docteur ? S’exclama vivement le père.
-Votre fils a fait un arrêt cardiaque mais on a réussi à le ramener. Il va bien désormais.
La mère poussa un soupir de soulagement et se recroquevilla dans les bras de son mari. Le médecin s’accroupit auprès du garçon qui tenait la main de son père.
-Ton frère s’en remettra. Ne t’en fais pas.
Jeremy hocha la tête, encore choqué par ce qui venait de se passer. La jeune femme se redressa et s’approcha davantage des parents.
-Je sais que c’est dur à entendre mais…votre fils a fait une overdose ce soir.
-Ecoutez, Docteur…ça fait des années qu’on se bat avec lui au sujet de la drogue mais…vous connaissez les ados. Répondit Monsieur Salvatore, le visage défait.
-Je peux le voir ?
Tout le monde se tourna vers Jeremy.
-Bien sûr. Fit le médecin, un gentil sourire sur les lèvres.
Elle l’accompagna à la salle de trauma et le laissa seul avec son frère. Jeremy frissonna en voyant ce dernier. Des tubes lui sortaient de sa gorge, de son torse et de son bras. Ce même bras dans lequel une aiguille avait été plantée auparavant, lui ôtant ainsi la vie pendant quelques minutes. Il était d’une pâleur effrayante, sa poitrine se soulevait doucement comme un nouveau-né qui apprenais à respirer. Le garçon posa son menton sur le lit et attendit.
-Klaus ? Tu es sûr ? Fit Alaric, surpris.
Bonnie hocha la tête, épuisée par la transe. Elena fronça les sourcils. Elle ne comprenait pas comment le frère de son ex-petit-ami pouvait aider Damon.
-Je l’appelle. Dit-elle enfin.
Bonnie resta avec elle tandis qu’Alaric alla retrouver son meilleur ami. Celui-ci avait dépasser le stade du malade, ce n’était plus qu’un corps en fin de vie.
-Damon ? Hey, vieux…Dit-il tendrement.
Jeremy s’écarta et sortit de la pièce, accordant ce moment aux deux hommes. Damon ouvrit faiblement des yeux fiévreux sur le flic. Ce dernier pouvait entendre le râle rauque et la difficulté respiratoire du mourant. Il était tellement faible qu’il ne pouvait faire le moindre mouvement. Il se contenta de ne faire qu’une seule chose : respirer.
-On a peut-être une piste. On va arranger ça.
Devant le mutisme de Damon, il continua :
-Klaus.
Cette fois, la mâchoire de son partenaire se crispa. Il parvint à murmurer :
-C’est lui…qui m’a…jeté…dans ce puits !
-Et c’est lui qui a tué tous ces gens.
-Tu…sais ?
-Ouais. Pendant ta disparition, je te signale que j’ai continué de bosser moi !
Un faible sourire s’étira sur les lèvres craquelées de Damon. Puis Alaric redevint sérieux.
-Ecoute, c’est le seul moyen.
-Non…Il doit y avoir…une autre…solution. Répondit Damon dont la respiration était devenue désormais une lutte permanente.
-Damon…S’il te plait, pour une fois dans ta vie, écoute-moi ! Tu me fais confiance, n’est-ce pas ?
Alaric savait qu’en jouant sur la carte de l’amitié, il allait gagner. Il entendit ce qui semblait être un soupire et enfin, le vampire consentit. Le flic regarda son partenaire mourant avec une intensité débordante. Quelque chose se passa à ce moment-là. Damon le remarqua et l’inquiétude de dessina sur son visage. Il n’eut même pas besoin de parler. Il tendit une main frêle et la posa sur celle de son ami. Celui-ci perdait de plus en plus ses moyens. Il n’osait même plus regarder son meilleur ami. Ce dernier serra leur main ensemble, essayant de lui transmettre les émotions qui le faisait davantage trembler que la fièvre.
-Ric…Souffla-t-il.
Le flic leva les yeux vers lui. Damon y vit la douleur et les larmes. Dans un effort qui lui parut inhumain, Alaric jeta ces mots :
-Qu’est-ce que je vais devenir sans toi ?
Damon se sentit tomber. Il voulut prendre Ric dans ses bras sauf que…
-Damon ? Damon ! Damon, me laisse pas ! Reste éveillé, mon pote. Aller, tiens le coup ! Reste avec moi, Damon !
CHAPITRE 14

Est-ce qu’il avait les yeux fermés ? Apparemment oui. Il tenta de les ouvrir mais en vain. Pourquoi se sentait-il si…groggy. Il essaya alors de se rappeler les évènements de la veille. Il était rentré chez lui, s’était assis sur le canapé et après…plus rien. C’était le néant complet. Il essaya de bouger mais c’était comme si ses membres étaient trop lourd pour les soulever. Il entendit du mouvement à côté de lui. Il tourna la tête et souleva faiblement les paupières. Une silhouette commença lentement à se dessiner. Papa ? Il grogna et cligna des yeux. Jeremy ?
-Damon !
Le garçon se redressa et approcha sa tête de celle de son frère. Il posa ensuite son front contre le sien. Damon ferma les yeux à nouveau et soupira. Ce moment dura plusieurs minutes puis Jeremy s’écarta, les larmes aux yeux.
-Pourquoi t’as fait ça, Damon ?
L’ainé fronça les sourcils. Qu’avait-il fait ? Jeremy vit bien la confusion dans le regard de son frère.
-Damon, tu te souviens de ce qui s’est passé ?
-Heu…Pas trop…
-Et bien…Tu…
Jeremy n’eut pas besoin de finir, Damon avait compris.
-J’ai recommencé ? N’est-ce pas ?
Jeremy hocha la tête.
-C’est pas vrai…Jer…
Le garçon détourna les yeux et répondit :
-Laisse tomber Damon.
Alaric était complètement en panique. Elena, Bonnie et Jeremy entrèrent en trombe dans la chambre.
-Qu’est-ce qui se passe ? S’écria la sorcière.
-Il me parlait…Et puis…Il a perdu connaissance…Il ne respire plus !
Bonnie écarta le flic et posa sa main sur le torse du vampire.
-J’ai eu Klaus. Il arrive. Dit Elena, accrochée à Jeremy.
-Alors…ma vie…dépend de ce…salop…
-Damon !
Jeremy s’approcha de son frère. Bonnie l’avait ramené.
-Ce salop qui est devant notre porte. Intervint Alaric qui regardait par la fenêtre.
-Je m’en occupe. Fit Elena en prenant une grande respiration.
-Je viens avec toi !
Avant que Damon n'ai pu protester, Jeremy suivit la jeune fille. Bonnie se tourna vers les deux flics.
-Bon…Et bien mon travail est fini ici.
Elle les salua d’un signe de tête et se retira. Damon tenta de se redresser mais son partenaire le plaqua contre le lit. Le vampire grogna :
-Je ne vais pas rester là, à ne rien faire alors que mon petit frère est en bas avec ce…psychopathe !
-Si, Damon.
Le vampire allait répliquer quand une quinte de toux lui prit. Alaric s’assit à ses côtés et lui frotta le dos. Pendant ce temps, Elena et Jeremy débattaient avec Klaus dans le salon.
-Pourquoi devrais-je vous aider ?
-Parce que je n’hésiterai pas à te dénoncer, toi et toute ta famille au conseil ! Rétorqua Elena.
-Je ferai de même avec Salvatore. Fit-il d’un ton décontracté.
-S’il te plait, Klaus. T’en a pas déjà assez fait ? S’écria Jeremy en s’immisçant dans la conversation.
-Libérez Stefan.
-Ce sera fait dans la seconde ! Normal puisqu’il n’est en rien responsable de ton massacre…Répondit l’adolescent.
-Ne me mets pas en colère, gamin ! Ce serait mal me connaître…
-Oh ne t’en fais pas. J’ai très bien vu quelle folie tu es capable de faire.
-Bon, on libère Stefan et tu nous aides ? Fit Elena.
-Doucement chérie ! Tu crois que c’est si facile ?
-Mais que veux-tu à la fin ?! S’emporta Jeremy en se levant d’un coup.
Klaus sourit à ce manque de sang-froid.
-Ma demande n’équivaut qu’à un seul mot : toi.
Le jeune Salvatore perdit toutes ses couleurs.
-M…Moi ? Pourquoi ?
-Je vais devoir quitter la ville pendant quelques temps. J’aurais besoin d’un peu de compagnie…Je t’ai observé durant l’absence de ton bien aimé grand frère. Tu t’es forgé un caractère, tu es fort. Juste ce qu’il me faut !
Jeremy ne réfléchit pas à deux fois et répondit :
-D’accord.
-Quoi ?!
Elena avait bondit à son tour.
-On a donc un marché. Se délecta Klaus en se levant également.
Il porta sa main à sa bouche, y mordit en faisant gicler le sang. Il prit ensuite un verre sur la table basse, y fit couler son sang et le tendit au jeune homme.
-Ton sang ? C’est le remède ?
-Dépêche-toi. Se contenta de répondre le vampire.
Jeremy courut dans l’escalier. Alors qu’il soignait Damon, Elena se tourna vers le frère de son ex.
-Comment peut-on être si malsain…
Klaus sourit comme si c’était un compliment. Puis il remarqua que la jeune fille mourrait d’envie de lui poser une question.
-Vas-y, je t’écoute.
-Est-ce que…Est-ce que Stefan est…comme toi ?
-Tu veux dire vampire ou malsain ?
Mais ils furent interrompus par Alaric qui leur lança :
-Il ira bien.
-Où est Jeremy ? Demanda Elena.
-Auprès de lui.
-Je lui accorde cinq minutes. Qu’il vienne me rejoindre dehors. Dit Klaus d’un ton impératif.
Il sortit sans un regard en arrière. Elena porta une main à sa bouche et pleura. Alaric la prit dans ses bras. La pauvre fille évacuait toutes les émotions accumulées dans la soirée. Elle avait dû faire face à tant de révélations…
-Chuuut…C’est fini maintenant.
A l’étage, Jeremy disait au revoir à son frère.
-Tu vas mieux désormais. Dit l’adolescent, à l’allure presque timide.
-Ouais. Grâce à toi. Merci.
-Je pouvais pas te laisser mourir sans t’avoir pourri la vie avant !
Les deux frères se mirent à rire en toute insouciance. La morsure avait pratiquement disparu et malgré la forte fièvre qui persistait, le vampire ne souffrait plus. Ce dernier reprit son sérieux :
-D’ailleurs, comment t’as fait pour convaincre Klaus de me guérir ?
Le sourire s’effaça du visage juvénile de son petit frère.
-Jer, fit-il d’une voix légèrement tremblante, qu’as-tu fait ?
L’ado releva la tête et répondit fermement :
-Je quitte la ville avec lui.
-Avec lui ?! Pourquoi faire ?
-Ça…ça regarde Klaus.
-Jer ! Tu ne vas nulle part avec ce taré !
Jeremy se leva.
-Au fait, n’oublie pas de libérer Stefan à mon départ.
-Jer !
Damon voulait se lever mais il était encore beaucoup trop faible. Un sac sur l’épaule, Jeremy se pencha vers lui, l’embrassa sur le front et avant de partir, lui chuchota :
-Je t’aime.
-Jer ! Jeremy Salvatore ! Reviens ici !
Seulement, l’adolescent était déjà parti. Encore dans tous ses états, Damon poussa un rugissement et sortit du lit. Il essaya de faire un pas en se tenant à la commode mais il s’écroula lamentablement sur le sol. Elena et Alaric, alertés par le bruit, accoururent.
-Bon dieu ! Damon ! Pesta Alaric en se jetant à terre afin d’aider son partenaire.
-Ne le laissez pas partir…Ne le laissez pas…Ne le…
Et Damon s’évanouit.
CHAPITRE 15

Damon était dans la voiture, avec ses parents, en direction de la maison. Après une soirée arrosée au Mystic Grill, il avait décidé de rentrer. Seulement il était trop éméché pour conduire et il n’avait plus d’argent pour se payer un taxi.
-Il y avait du shit ?
-Papa…S’il-te-plait…
-Damon, réponds à ton père.
-Je n’ai pas à lui répondre !
-Si ! Je suis ton père Damon et je suis en droit de savoir si mon camé de fils s’est défoncé à cette putain de fête !
-Giuseppe, calme-toi.
-Non, je ne me calmerai pas chérie !
Damon, assit à l’arrière, soupira et laissa tomber sa tête contre la vitre.
-Je te cause mon garçon ! Est-ce que tu t’es drogué ce soir ?!
-Mais qu’est-ce que ça peut te faire ?!
-Descends d’un ton, jeune homme !
-Damon…réponds juste à ton père.
-Désolé maman mais non !
-Bordel Damon ! C’est ça ta vie ? Alcool et drogue ?!
-Comme tu dis, c’est ma vie ! Laisse-moi la vivre comme je veux !
-C’est ma vie aussi ! Parce que tu es mon fils ! Parce que tous les jours, tous les jours, je crains l’overdose ! Parce que j’ai pas envie qu’un putain de flic me ramène le cadavre de mon garçon, une aiguille dans le bras !
-GIUSEPPE ! ATTENTION !
Damon était assis sur le canapé, un verre de sang à la main. Alaric avait du mal à s’habituer à cette vue. Il s’approcha. Comme d’habitude, son partenaire était plongé dans des documents. Mais cette fois, ces documents portaient le nom de Niklaus Mikaelson ou de Jeremy Salvatore. Cela faisait trois semaines qu’il les cherchait sans relâche. Alaric toussota afin d’avoir l’attention de Damon. Celui-ci grogna :
-Hum…Quoi ?
-J’ai…un truc qui me tracasse depuis plusieurs jours et…
-Appelle ton médecin.
-Hein ? Non, c’est pas de ça qu’il s’agit.
Le vampire laissa tomber ses documents et leva la tête vers son meilleur ami.
-Il s’agit de quoi alors ?
-Et bien…en fait, quand j’enquêtais sur l’un des cadavres laissé par Klaus…bah…
-Accouche Saltzman.
-D’accord. Je pensais que c’était toi.
Damon écarquilla un sourcils.
-Pourquoi ?
Alaric fouilla dans ses poches et en ressortit un bracelet tressé. Damon le reconnut aussitôt. Il jeta un coup d’œil à son poignet, là où il aurait dû être.
-Je l’ai retrouvé sur une des victimes.
Damon se pinça les lèvres.
-C’était Jerry Haymich ?
-Ouais.
-Ecoute Ric, c’est très simple…
-Ça à l’air en effet, je t’en prie, explique-moi. Explique-moi pourquoi ton bracelet s’est retrouvé sur le corps de ce Jerry Haymich.
-Dr Haymich. C’était le psychiatre de Jeremy. Il l’a suivi après la mort de nos parents. Je suis allé le voir pour savoir s’il s’occupait toujours de lui.
-Et ? C’était le cas ?
-Pendant mon…absence, oui. Puis ce crétin a commencé à dire que j’étais une mauvaise influence pour lui, que je faisais remonter en lui de mauvais souvenirs et que je n’aurais pas dû revenir. Le ton est monté et je lui ai collé une droite. Mais c’est tout ! Quand je suis parti, il était vivant ! Le bracelet a dû s’accrocher à sa montre ou…
-A sa veste.
-A sa veste.
Les deux flics échangèrent un regard. Ensuite, Alaric tendit le bracelet à son meilleur ami. Ce dernier le prit et le remit à son poignet.
-Très bien. Revenons à tes recherches. Tu as une nouvelle piste ?
-Une série de cadavres comme à Mystic Falls dans une ville non loin d’ici.
-Tu penses que c’est Klaus ?
-Ça y ressemble.
Damon soupira. Alaric voyait bien qu’il était bouleversé par la disparition de son frère avec cette ordure, même si le vampire tentait tant bien que mal de le cacher. Il se rapprocha de lui et passa un bras autour de ses épaules dans une tentative de réconfort.
-Ce n’est pas ta faute.
-Si ! Si, tout est de ma faute ! Si je…si je n’avais pas…
-Pas quoi, Damon ? Tu es son frère ! Il a fait ce choix parce qu’il t’aime et parce qu’il t’accorde son pardon ! Tu es revenu pour lui et ça, c’est le plus beau des gestes. T’en fais pas. On va le retrouver, on tuera Klaus et tout ira bien.
-Il reste un petit bémol.
-Quoi donc ?
-On peut difficilement tuer Klaus.
-Qu’est-ce que tu dis ?
-C’est un originel. L’un des premiers vampires. Alors à moins que tu aies un pieu en chêne blanc sous la main, tout ce qu’on peut faire pour lui nuire c’est de l’assommer…
-Ou la magie. On pourrait demander à Bonnie de nous aider ? Fit Alaric d’un ton naïf.
-J’ai fait le point avec elle. Une chose est claire, elle nous a aidé uniquement par amitié pour Elena.
A ce nom, un sourire narquois se dessina sur les lèvres du flic.
-En parlant d’elle, tu l’as revue depuis ?
Damon secoua la tête.
-J’ai l’impression…qu’on s’évite.
-Pourquoi ?
-Je ne sais pas.
Comme il vit que le sujet « Elena » gênait Damon, Ric changea :
-Et Tyler ?
-Qui ?
-Tu sais, Tyler, le loup-garou qui t’as mordu et qui donc a failli te tuer.
-Ah oui. Et bien, il est toujours en vie. Je l’ai laissé. Il était sous l’emprise de Klaus ce soir-là.
Alaric hocha la tête et la silence retomba. Au bout d’un certain temps, il se leva en frappant des mains.
-Pizza ! Ça te dis ?
-Même si je suis un vampire et que je n’ai pas besoin de manger, je vais dire oui.
A cet instant, quelque part dans la région, Klaus et Jeremy mettaient le feu à des cadavres dans une forêt.
-Je ne comprends toujours pas le but de cette tuerie. Fit le garçon en aspergeant un corps d’alcool.
-Tu n’as pas à comprendre. Répliqua l’autre, appuyé contre un arbre.
Jeremy arrêta son geste, se redressa et croisa les bras.
-Excuse-moi mais ça va faire un mois que je te suis docilement sans aucun commentaire et que je mets le feu à des cadavres ! Donc si tu n’as pas l’intention de me tuer ou de me transformer, je suis en droit de savoir pourquoi on fait tout ça.
Les yeux perçants de Klaus le fixait comme s’il passait son corps aux rayons X. Jeremy essaya de garder la face devant lui malgré le sentiment d’angoisse qui naissait en son sein. Après ce qui lui parut une éternité, Klaus se détacha du tronc et s’avança vers lui, au grand damne de ce dernier. Puis, dans un ultime effort, ces mots franchirent la barrière de ses lèvres :
-Je cherche quelqu’un.
Jeremy pencha la tête de côté, tel un reptile. Septique, il questionna :
-Et ça justifie tout ce carnage ?
-Oh ça, c’est juste un dommage collatéral. Il faut bien que je me nourrisse…
-Qui est-ce qu’on cherche au juste ?
-Pourquoi je te le dirais Salvatore ?
L’adolescent réduisit la distance qui les séparait et rétorqua avec assurance :
-Parce que je suis avec toi désormais.
CHAPITRE 16

Damon ouvrit les yeux. Il vit tout de suite avec épouvante, l’eau s’infiltrer rapidement dans le véhicule.
-Maman ?!
La jeune femme était affalée contre la vitre, le sang dégoulinant d’une plaie à la tête, inconsciente. Le jeune homme essaya de détacher sa ceinture mais en vain. Il se risqua alors à jeter un regard au dehors. Son cœur manqua un battement quand il se rendit compte qu’ils étaient dans la rivière qui longeait Mystic Falls. Des flashs de l’accident lui revinrent. Il y avait eu des cris, un crissement de pneu et la voiture avait dévié du pont Wickery. Damon ferma les yeux et les rouvrit. Il devait penser rationnellement, s’éloigner de la réalité et agir. Plus tard, il voulait devenir flic. Voilà une occasion de tester ses réflexes. Seulement, sa vie et celle de ses parents étaient en jeu.
-Papa ?
Il aperçut avec soulagement Giuseppe Salvatore se tourner vers lui.
-Tu vas bien, fiston ?
-Moi oui, mais maman…
-T’en fais pas, l’interrompit-il, ça va aller.
L’eau continuait dangereusement de monter. Damon doutait des paroles de son père mais il devait avoir confiance. Il hocha donc la tête.
-D’accord. Heu…es-tu blessé ? Demanda son père.
-Non. Je ne crois pas.
-Bien. On va essayer de se détacher.
-Je n’y arrive pas, Papa.
Giuseppe se tourna vers son fils. Son visage s’attendrit et il lui prit la main.
-On va s’en sortir, fils. Je te le promets.
-Je suis désolé, Papa. Pour tout.
Giuseppe sourit et passa une main tendre sur la joue de son fils. Il essayait de lui faire oublier l’eau qui arrivait désormais à leurs cous. Lentement, progressivement, elle passa leurs têtes et bientôt, remplit la voiture. Damon avait les yeux fixés sur son père. Celui-ci bougea les lèvres pour former les mots : « Je t’aime ». Puis, leurs mains se séparèrent et le silence de l’eau les enveloppa.
Damon prit une grande respiration, comme s’il venait de se noyer. Il était en sueur, les larmes ruisselants sur son visage. Sa poitrine haletait à une vitesse folle. On aurait dit qu’il avait manqué d’air pendant plusieurs minutes. La lumière s’alluma et Alaric entra dans la chambre. Il vit son partenaire, tordu au milieu des draps éparpillés sur le lit, affolé et tentant de rependre ses moyens. Il se précipita vers lui mais Damon recula.
-Ça va…ça va…
Il déglutit et se passa une main à l’arrière de la nuque.
-T’es sur ? Demanda Alaric, visiblement très inquiet.
-Ouais…ça va…C’était juste…un cauchemar...Répondit Damon avec peine.
-Tu veux en parler ?
-Non…ça va…
Alaric hocha la tête.
-D’accord. Si tu as besoin, je suis à côté.
Il se leva à contre-cœur, non rassuré de laisser Damon dans un état pareil. Après son départ, le vampire éteignit la lumière et se laissa aller contre l’oreiller. Alors, il baissa sa garde et pleura.
Le lendemain, on sonna à la porte. C’était Vicky.
-Ah, salut Damon. Je suis juste passée pour avoir des nouvelles de Jeremy. Ça fait plusieurs semaines qu’il ne répond pas à mes messages.
Elle vit une lueur blessée transparaître sur le visage du jeune homme. Alaric le remarqua et intervint :
-Il est partis à New York, en vacances chez Anna. Il a un problème avec son portable, apparemment il n’a pas réussi à le régler.
-Ah. Mais Anna a un portable, non ?
-Ecoute, ce qui se passe entre Jeremy et toi ne nous regarde pas. S’il ne te répond pas, c’est pas notre problème ! Rétorqua Damon avant de lui claquer la porte au nez.
-C’était pas très aimable. Lança Alaric alors que son partenaire partait dans la cuisine afin de se servir un verre de sang.
-M’en fou ! Répliqua celui-ci.
Alaric leva les yeux au ciel.
-Tu sais, le sheriff et toute la police sont à la recherche de Klaus et Jeremy. On finira par les retrouver.
Comme à son habitude, Damon l’ignora. On sonna une nouvelle fois à la porte.
-C’est pas vrai ! On peut pas être tranquille cinq minutes ! S’écria l’ainé des Salvatore.
La porte s’ouvrit cette fois sur…Stefan Mikaelson. Là, ce fut la goutte de trop. Damon se leva et apparut sur le palier, les crocs dehors.
-Damon ! Non ! Cria Alaric.
-Qu’est-ce que tu fiches ici ?! S’emporta Damon de plus bel.
Stefan garda son calme, comme toujours. Ce qu’il dit par la suite déstabilisa les deux flics :
-Je suis ici pour t’apporter mon aide.
Damon rétracta les crocs mais ne parut pas moins menaçant pour autant.
-Pourquoi devrais-je te croire ?
-Parce que je suis le seul qui puisse retrouver Klaus.
-Très bien et pourquoi veux-tu m’aider ?
-Parce que Jeremy est ton petit frère. Il n’a rien avoir avec tout ça.
Damon plissa les yeux et Stefan ajouta :
-Et aussi parce que je veux enterrer la hache de guerre.
Alaric mit une main sur l’épaule de son meilleur ami et ce dernier invita le benjamin des Mikaelson à entrer. Celui-ci se dirigea vers le canapé et prit place auprès de ses hôtes. Il commença :
-Ecoute, Elena t’apprécie beaucoup –bien que je me demande pourquoi– mais c’est le cas. Et même si on a rompu, je tiens toujours à elle. Je ne veux que son bonheur. Je pense également qu’on est partis du mauvais pied toi et moi, tu vois ?
Damon ne broncha pas, toujours aussi méfiant. Il laissa Alaric parler.
-Comment comptes-tu retrouver ton frère ?
-Je l’appellerai. Il me fait confiance. Je dirai que j’aimerais le rejoindre. Une fois là-bas, je le neutraliserai et le convaincrai de laisser Jeremy tranquille.
-Qu’est-ce qui nous garantit que lui ou toi tiendra parole ?
-Rien. Si ce n’est mon amour pour Elena.
-Qui me dit qu’une fois que j’aurais baissé ma garde envers toi, tu n’en profiteras pas pour me tuer ? S’exclama Damon.
-Je t’en prie, Salvatore ! Si j’avais voulu te tuer, je t’aurais laissé te noyer !
A cette phrase, le vampire perdit toute couleur. Ses traits se figèrent net et sa respiration s’accéléra.
-Damon ? Fit Alaric en le voyant mal.
-C’est toi qui-qui…qui m’a…sauvé ce soir-là ? Balbutia l’intéressé.
Un sourire timide apparut au coin des lèvres de Stefan. Damon se leva et il en fit de même.
-Je t’aiderai à retrouver ton petit frère, Salvatore. Tu as ma parole.
Alors que les deux nouveaux alliés se serraient la main, Klaus et Jeremy buvaient dans un bar.
-T’es pas un peu jeune pour boire ? Fit Klaus, amusé.
-Mon frère n’est pas là pour me chaperonner.
-Tu as raison. A la liberté !
-A la liberté.
Ils trinquèrent en silence. Après avoir bu quelques gorgées, Jeremy se lança :
-Tu crois qu’on le trouvera ici ton Silas ?
-Oh, il vient cuver ici de temps en temps.
-Je me demande, pourquoi Klaus Mikaelson aurait-il besoin d’un aussi puissant sorcier que Silas ?
-Ah…ça, Salvatore, c’est ma petite surprise.
CHAPITRE 17

Damon finit de charger la voiture. Stefan s’installa à la place du conducteur et ferma la portière dans un claquement sec. Son nouveau coéquipier se tourna vers Alaric.
-Vous partez en vadrouille entre vampires et vous me laissez sur le banc de touche, c’est ça ? Plaisanta le flic.
-Ric…Tu sais que j’ai besoin de toi ici.
-Oui. T’inquiète pas, je comprends. Va ramener Jeremy.
Ils se firent une étreinte fraternelle puis Alaric rentra. Damon s’apprêtait à rejoindre Stefan quand une présence derrière lui l’arrêta. Il se tourna lentement et resta figé. Ils ne s’étaient pas vu depuis qu’elle l’avait soutenu sur son lit de mort.
-Elena ?
Elle était magnifique. Le soleil se reflétait dans sa petite robe de couleur pourpre et ses longs cheveux bruns descendaient en cascade sur ses épaules.
-Salut Damon. Fit-elle en lui adressant son sourire cristallin.
-Salut.
Il sentit le regard de Stefan dans le rétroviseur.
-Comment tu vas ? Tu te sens mieux ? Demanda-t-elle.
-Oui. Mais je le serais encore plus lorsque j’aurais retrouvé mon crétin de frère.
Elle hocha la tête. Puis, sans prévenir, elle se jeta dans ses bras. Il la serra aussi fort qu’il pût. Bercée contre son torse, elle murmura :
-Reviens-moi.
-Je te le promets.
Il l’embrassa sur la joue et s’écarta lentement. Elle caressa sa joue dans un dernier au revoir et le laissa partir. Roulant dans la rue, il continua toujours de la regarder, jusqu’à ce qu’elle ne devienne plus qu’un petit point noir à l’horizon.
-Alors comme ça, tu te tapes mon ex ?
Damon se tourna vers le conducteur, les poings fermés, près à lui en mettre une si nécessaire mais se calma immédiatement en apercevant l’air hilare qui colorait son visage.
-C’est bon. J’ai tourné la page.
-Vraiment ? Fit Damon, méfiant.
-Tu peux me croire.
Le silence prit place quand ils sortirent de la ville. Auprès une demi-heure de trajet, le flic ouvrit la bouche :
-Sinon, au fait, on va où ?
-La seule destination où Klaus se sent comme chez lui : La Nouvelle Orléans.
-Si jamais Jeremy a enchaîné les shoots d’alcool avec lui, je le tue !
Stefan se mit à rire face au caractère surprotecteur de son coéquipier.
-Tu dois être un bon frère.
-Non. Je ne le suis guère.
-Pourquoi dis-tu ça ? Apparemment, Jeremy t’aime suffisamment pour suivre le monstre qu’est mon frère.
-Ça a toujours été Jeremy…Même quand je lui faisais les pires crasses à l’époque, il me défendait toujours quand j’étais en mauvaise posture. J’avais beau l’insulter, le repousser, lui crier dessus, il restait accroché à moi comme mon éternel fléau et ma plus belle réussite. Sauf que cette fois, c’est lui qui a besoin de moi. Et je ne sais pas si…si…
-Si tu seras à la hauteur ? Compléta Stefan.
Leurs regards se croisèrent et un sentiment particulièrement intense fut échangé. Un sentiment que seuls les frères pouvaient connaître.
-Moi, je cherche constamment la fierté de mon ainé. Depuis tout petit j’essaye de gagner son respect comme si j’essayais de m’attirer les faveurs de la plus belle fille du lycée, tu vois ?
Damon hocha la tête.
-Klaus n’a pas toujours été…comme ça. Je me souviens que petit, il était tendre avec moi. Il l’est toujours mais d’une manière un peu plus…brutale. C’est genre « manger ou être manger » avec lui. Mais c’est mon frère. Et peu importe les horreurs qu’il a commises, je continuerai de l’aimer.
-Tu n’es pas comme lui.
Stefan lâcha ses yeux de la route pour les poser sur Damon.
-Toi non plus. Répondit-il.
-Oh…Si tu savais…J’en ai fait des bonnes aussi dans le passé…
-Tu ne peux pas être comme lui, personne ne peut l’être !
-Si, ceux qui ont éteint leur humanité.
Stefan écarquilla les yeux. Il regarda le flic de haut en bas comme s’il avait raté quelque chose. Damon perçut les pensées de Mikaelson et s’empressa d’ajouter :
-Je l’ai fait, il y a longtemps. Je n’avais pas supporté l’abandon de Jeremy.
-Pourquoi tu l’as fait alors ?
-C’était mieux pour lui et pour moi. Enfin…C’était ce que je me disais jadis. Merde…Tu n’imagines même pas tout ce que j’ai pu commettre durant cette période.
-Mais c’est fini maintenant. Faut pas t’en faire.
-Je rêve ou tu me consoles ?
Les deux vampires, autrefois ennemis, s’observèrent avec stupéfaction.
-N’y compte même pas Salvatore ! S’écria Stefan, engageant un fou rire.
Alors qu’ils étaient sur la route, dans l’ancienne ville française, Klaus et Jeremy venaient d’entrer dans la cour intérieur d’un grand café. C’était le repère des vampires. Cependant, Klaus ne cherchait pas un vampire, bien au contraire. Il cherchait un sorcier. Un sorcier suffisamment puissant pour détruire un état entier en un claquement de doigts. Klaus s’approcha d’un dénommé Marcel.
-Regardez qui va là : Niklaus Mikaelson !
Les vieux amis s’étreignirent sous les yeux ébahis de Jeremy.
-Je vois que tu as apporté le dîner, Klaus.
-Non, mon pote. Celui-là est à moi. Il m’aide à retrouver quelqu’un. D’ailleurs, tu le connais peut-être ?
-Qui est-ce ?
-Il est connu sous le nom de Silas.
A ce nom, le silence tomba dans l’immense cour. Tous les vampires se tournèrent vers Klaus avec animosité. La tension était palpable.
-Et puis-je savoir pourquoi Niklaus Mikaelson aurait-il besoin des services de Silas ? Demanda Marcel avec son éternel sourire.
-Ça, ça me regarde. Mais tu sais très bien que ce n’est pas pour rien.
-Ah…Quand Niklaus a une idée en tête, personne ne peut l’arrêter ! Tu es ici chez toi, mon ami. Toute la communauté t’aidera à trouver Silas. Tu le verras d’ici la fin de la journée, parole de Marcel !
Une frappe sur l’épaule et Klaus sortit, Jeremy à sa suite. Celui-ci réussit à se retirer discrètement afin de sortir son portable. Une multitude de messages fait par Anna remplissait sa boite vocale. Il frappa sur les touches qu’il connaissait par cœur et enclencha l’appel. Elle répondit dès la première sonnerie.
-Putain Jeremy ! Qu’est-ce que tu me fais là ? Tu m’envoies un email comme quoi ton frère est un vampire et tu ne donnes aucun signes de vie pendant plusieurs jours après ça ! Ça va pas bien dans ta tête ou quoi ?!
Jeremy soupira, avec néanmoins un petit sourire aux lèvres. C’était sa meilleure amie tout craché. Il se hâta donc de tout lui raconter. Lorsqu’il eut finit son récit, il se heurta au silence.
-Anna ? T’es toujours là ?
-Heu…oui…Laisse-moi une seconde. Heu…Et là, t’es où ?
-Nouvelle-Orléans.
-Avec Klaus ?
-Comme je te l’ai dit.
-D’accord…Bon, tu vas m’écouter maintenant ! Fais demi-tour tout de suite !
-Je peux pas.
-Pourquoi ?
-Tu peux pas comprendre.
-Oh excuse-moi ! Je ne peux pas comprendre !
-Anna, ne monte pas sur tes grands chevaux ! S’écria-t-il, amusé.
-Désolé mais je viens d’apprendre que mon meilleur ami est coincé avec un vampire psychopathe à la recherche de Voldemort !
-En parlant du loup…
-Quoi ?! Jere…
Mais il avait raccroché, les yeux fixés sur les deux silhouettes qui se dirigeaient vers lui. L’une d’elle était celle de…Silas.
CHAPITRE 18

Stefan et Damon s’étaient arrêtés sur la route afin de prendre un « en-cas ». Stefan avait remarqué que son coéquipier avait de plus en plus de mal à garder la tête froide. Il tournait sans cesse en rond, était pris de tic nerveux et en pleine agitation non-stop.
-Tu devrais te calmer. Tenta-t-il dans le but de le détendre.
Ce fut raté.
-Si jamais ton frère a touché au mien, je te jure que je lui arrache les yeux !
-T’énerver ne va pas aider à le retrouver.
-Assez traîné, je conduis !
Damon remonta dans le véhicule avec impatiente. Stefan leva les yeux au ciel et finalement consentit à le suivre. Après deux heures de conduite, le portable de Stefan sonna.
-Klaus ? S’exclama Damon comme un gamin excité.
-Non. C’est juste un pote.
Le vampire décrocha. Quelques secondes plus tard, il mit fin à l’appel, une mine décomposée sur le visage.
-Quoi ?! S’alarma le flic.
-C’était un ami qui réside à la Nouvelle-Orléans. Il vient de me dire que Klaus cherchait Silas.
-Silas ?! Mais pourquoi ?
-Mon ami a des oreilles partout. D’après lui, ce serait pour détruire une ville.
-Une ville ? Quelle vil…
Damon s’interrompit avec horreur et échangea un regard paniqué avec Stefan. Tous les deux s’écrièrent alors :
-Mystic Falls !
Et Damon appuya sur l’accélérateur.
A la Nouvelle-Orléans, Jeremy n’avait pas bougé.
-Alors, on envoie des messages coquins ? Fit Klaus d’un sourire espiègle.
L’adolescent l’ignora, gardant son attention sur le nouveau-venu.
-Au fait, Jer, je te présente Silas. Silas, c’est Jeremy.
Le sorcier était incroyablement grand. On ne pouvait pas voir son visage à cause du capuchon noir qu’il portait sur la tête et qui descendait jusque devant ses yeux. En revanche, on pouvait discerner des crevasses d’une largeur impressionnante parcourir son cou et des veines grossièrement taillées dans la peau de ses mains. On aurait dit une taupe qui n’avait pas vu la lumière du jour depuis des siècles.
-Notre ami, ici présent, commença Klaus, est d’accord pour répondre à ma demande.
-Laquelle ? Demanda Jeremy, tout en sachant très bien que la réponse n’allait pas lui plaire.
-Eradiquer Mystic Falls de la carte.
A ce moment, Jeremy eut la tête qui lui tournait. Ce n’était pas possible…C’était forcément un cauchemar ! Où était Damon ? Il se sentit tout d’un coup vulnérable, comme le petit garçon de l’époque qui demandait les bras de son grand frère.
-Tu…tu n’es pas sérieux…
-Bien sûr que si !
Le monde venait de basculer pour le jeune homme. Il avait besoin de Damon plus que jamais. Damon ! Il devait le prévenir ! Il était à Mystic Falls ! Et Ric ! Et Elena ! Et Vicky !
-Bon, on y va ? S’exclama joyeusement l’originel.
Silas hocha lentement la tête et le suivit. Pendant ce temps, Damon et Stefan allait à toute allure.
-On arrivera jamais à temps ! Lança Damon.
-Soit pas si défaitiste…
-Oh pitié Stefan ! Arrête avec ta positive attitude !
-Tu proposes quoi ?! La voiture ne peut pas voler !
-Merde ! Ric réponds !
Cela faisait plusieurs minutes que Damon tentait d’appeler son partenaire. Il avait, avant ça, passé le volant à Stefan.
-Il ne répond pas ? Demanda celui-ci.
-Non ! Ça risque d’être l’apocalypse à n’importe quel moment pour Mystic Falls et ce crétin ne répond pas !
-Essaye d’appeler Elijah. Il saura quoi faire.
Damon s’y activa mais le résultat fut le même.
-Qu’est-ce qu’ils ont tous à la fin ! S’énerva-t-il.
-Laisse tomber. On est bientôt arrivé.
-Accélère !
-Pour qu’on ait un accident ? C’est vraiment pas le moment, si tu vois…
-On est des vampires ! On s’en fou !
-Et la voiture ? On fera comment pour rentrer après ?
Leur dispute se stoppa net quand ils s’aperçurent qu’ils venaient d’arriver à leur destination. Stefan arrêta la voiture au milieu d’une allée déserte. Mystic Falls était étrangement calme, beaucoup trop calme. Le benjamin des Mikaelson remarqua que son coéquipier avait le regard fixe, comme perdu dans ses pensées.
-Salvatore ? Ça va ?
Damon revint brusquement à la réalité et se frotta nerveusement les yeux.
-Tu pensais à quoi ? Demanda Stefan, intrigué.
-A comment j’ai retrouvé mon humanité…
-Damon ! Putain, tu ne peux plus continuer comme ça !
Le vampire se tourna vers Alaric avec menace. Celui-ci recula. Il ne savait rien de la nature exacte de son partenaire mais ce qu’il savait en revanche, c’est que, bourré, il pouvait s’emporter très vite. Et parfois, ses actes avaient des conséquences qui s’avéraient terribles pour les autres et pour lui-même.
-Je suis assez grand pour m’occuper de moi tout seul, Ric ! Cria le flic, hors de lui.
-Visiblement pas ! Damon, pour l’amour de dieu, ça fait plusieurs mois maintenant que tu te bourres la gueule sans raison ! Tu étais soul sur une scène de crime bordel ! Tout le monde l’a vu !
-Je fais ce que je veux !
-Non Damon ! Je ne te laisserai pas te détruire comme ça !
-Pourquoi ?!
-Parce que je tiens à toi !
-Tu ne sais rien de moi, Ric. Tu ne sais pas ce qu’il se passe !
-Alors qu’est-ce qu’il se passe ?!
-MON PETIT FRERE ME MANQUE !
Le visage d’Alaric blêmit. Il avait vaguement entendu parlé de Jeremy mais jamais Damon ne s’était étendu sur le sujet.
-Je l’ai abandonné…Je…
Damon ne pouvait plus continuer. Il se tint subitement la poitrine. Ça faisait horriblement mal, comme si son corps glissait dans un étau.
-Damon ? Fit son partenaire, inquiet.
Le vampire savait ce qui lui arrivait. Non, ça ne pouvait pas se passer maintenant ! Pas maintenant !
-Damon, mon pote, tout va bien ?
Les yeux du vampire étaient révulsés par…la peur ? Alaric tenta de s’approcher mais Damon recula brusquement.
-Ça va…ça va…Souffla-t-il.
Il se retourna et s’éloigna lentement de Ric. Celui-ci ne comprenait pas qu’il venait de voir Damon retrouver son humanité…
-Bon, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Fit Stefan.
Damon n’eut pas le temps de lui répondre que des cris se firent entendre de l’autre côté du boulevard. Les deux vampires arrivèrent en moins d’une seconde sur les lieux. Ils aperçurent une population paniquée face à des maisons qui prenaient feu. Le chaos avait déjà commencé. Stefan se tourna vers Damon et lui cria :
-Je reste ici pour aider. Toi, va retrouver ton frère !
-Et si tu tombes sur Klaus ?!
-Je m’en occuperai ! Pars !
Le flic hocha la tête et disparut. Alors que la nuit tombait sur la ville en feu, Silas, Klaus et Jeremy regardaient le spectacle le haut d’une colline. L’adolescent avait les larmes aux yeux. Klaus se glissa derrière lui et lui chuchota à l’oreille :
-Et ce n’est pas fini…
CHAPITRE 19

Les gens, affolés et paniqués, couraient dans tous les sens comme des lapins pourchassés. La nuit était tombée maintenant. Elle enveloppait désormais Mystic Falls de son manteau noir. Seul les maisons en feu offraient une lumière digne de l’enfer. Damon courait lui aussi, mais dans le sens inverse. Il se heurtait plusieurs fois à des humains et il devait se contrôler avec une volonté surhumaine pour ne pas déchiqueter leurs gorges. Ses yeux scrutaient les moins recoins de la ville en destruction, n’importe quoi qui pourrait lui indiquer où se trouvait son frère. Agacé et apeurés, il se mit à arrêter des fuyards en leur demandant s’ils avaient vu Jeremy Salvatore. Seulement soit personne ne voulait s’arrêter ou soit personne n’avait croisé Jeremy dans cette houle de gens éparpillés. A l’arrêt, seul, au milieu d’une vague humaine, Damon se passa une main tremblante dans ses cheveux. Des larmes menacèrent de franchir la barrière de ses yeux.
-Damon ?
Au son de cette voix, Damon s’arrêta de respirer. Il fit volte-face et crut sombrer en voyant Jeremy, debout, face à lui. Il se précipita vers lui et le prit dans ses bras, le serrant aussi fort qu’il menaça de lui rompre les os. L’adolescent passa ses bras autour de la taille de son grand frère et se détendit pour la première fois en trois mois. Damon n’aurait jamais pu imaginer que sentir l’odeur de Jeremy, ses petites mains sur lui, sa respiration dans le cou, puissent le rendre si heureux. Il se détacha à contre-cœur de lui et l’examina du regard.
-Tu vas bien ? Fit-il légèrement essoufflé par l’émotion.
-Ouais. Et toi ?
-Je…J’ai…
Damon n’arrivait plus à dire quoi que ce soit. Il l’avait retrouvé, il l’avait retrouvé ! C’était tout ce qui comptait. Puis, tout à coup, comme s’il venait de sortir d’une bulle, Damon se rappela.
-Espèce de crétin !
-Quoi ? S’exclama le garçon, décontenancé.
-Qu’est-ce qui t’a pris de partir avec Klaus ? Hein ? Tu peux me dire ce qui se passait dans ta petite tête ?!
-J’essayais de te sauver, je te signale !
-Me sauver ? C’était totalement stupide et insensé !
-Mais tu es là, non ?
Damon ne répliqua pas. Qu’est-ce qu’il faisait ? Son petit frère était là, devant lui, bien vivant et en bonne santé, alors pourquoi lui criait-il dessus ?
-Tu sais que je t’aime toi…Souffla-t-il.
-Quoi ? S’exclama Jeremy qui n’avait rien entendu à cause des hurlements.
-Rien. Viens, il faut qu’on retrouve Alaric et Elena. Répondit le flic.
Il se tourna vers la mairie qui n’était plus qu’à tas de cendres. Mystic Falls était désormais en pleine apocalypse.
-Au fait, Jer, comment as-tu fait pour t’enf…
Damon s’interrompit lorsqu’il s’aperçut, en se retournant, que Jeremy avait disparu.
-Jer ?
Malgré le bruit tonitruant qui agressait ses oreilles, un silence terrifiant l’assaillait de toute part.
-Jeremy !
Non, il ne pouvait pas le perdre, pas encore…Perdant totalement son sang-froid, Damon se mit à courir, longeant chaque rue. Il ne cessait de vociférer le nom de son frère, espérant un mot, un signe, n’importe quoi. Epuisé et abattu, il s’arrêta lentement, puis, s’appuya contre un mur. Il n’avait fallu qu’une seconde…juste une seconde pour lui arracher ce à quoi il tenait le plus.
-Monsieur ?
C’était un petit garçon. Il n’arrivait pas bien à le discerner mais il reconnut les traits juvéniles d’un gosse.
-Vous devez retrouver Klaus dans la forêt.
Damon se figea. Que venait-il de dire ? Il se retint à la dernière minute d’égorger ce gamin lorsqu’il se rendit compte qu’il était sous l’emprise de l’hypnose.
-Où dans la forêt ? S’écria-t-il alors.
-Il a dit que vous saurez.
Sur ce, l’enfant prit ses jambes à son cou et se fondit dans la foule. Damon avait du mal à respirer, bien qu’il ne puisse avoir des poumons qui marchent. Il tournait sur lui-même comme un chien poursuivant sa queue quand il s’arrêta net : il savait où l’attendait Klaus. Sans plus attendre, il remonta la ville à vitesse vampirique et atterrit en moins de deux la forêt sombre qui l’entourait de ses bras gigantesques. Se faufilant entre les branche et les racines, il arriva enfin au puits. Il entendit vaguement des petits gémissements. On aurait dit un animal blessé, lapant de désespoir.
-Damon, mon ami…Tu es venu.
La voix de Klaus eut pour don de frapper Damon d’une colère sourde. Apparemment, Klaus n’était pas seul. Une réplique de Voldemort se tenait à côté de lui.
-Je te présente Silas, maître de cet enfer.
-Enchanté. Damon Salvatore, maître des tu-vas-le-regretter-si-tu-ne-relâche-pas-mon-petit-frère. Rétorqua le flic d’un ton sarcastique.
-Damon…Damon…Chantonna Klaus.
L’ainé des Salvatore fronça les sourcils. Que préparaient-ils ? Soudain, des flambeaux s’allumèrent et Damon sentit la rage s’emparer de lui. Là, attachés à un arbre, en cercle, étaient ses proches : Jeremy, Alaric, Elena, Stefan, Liz et même Bonnie. Il se tourna vers Klaus et Silas, les poings fermés.
-Que veux-tu ? Siffla-t-il.
Entre temps, il jetait des coups d’œil aux otages. Jeremy tentait de paraître fort, la tête bien haute. Alaric gardait un visage impassible, gérant la situation et faisant confiance à son partenaire. Elena en revanche, tremblait de tout son corps, les larmes humidifiant ses joues roses. Stefan, lui, ne le quittait pas des yeux. Quant à Liz, elle ne comprenait visiblement rien à ce qui se déroulait sous ses yeux, elle venait de laisser tomber tout son sang-froid de sheriff. Enfin, Bonnie essayait de contrôler le claquement de ses dents, dû au froid ou à la peur ?
-Ce que je veux ? Te faire payer ! Rugit Klaus.
-Me faire payer quoi ? Rétorqua Damon.
-Tout ! Toi ! Quand tu étais à Mystic Falls, les filles n’avaient de yeux que pour toi ! Au lycée, tu étais le mec populaire, sportif et beau gosse mais surtout…humain ! Tu avais tout et à peine revenu, tu continues de m’emmerder !
-Alors c’est pour ça que brûle toute la ville ?! S’écria-t-il, abasourdi.
-Non ! Ça, c’est parce que je suis Klaus Mikaelson.
A peine avait-il fini sa phrase que Damon se tendit, ses veines ressortirent et ses yeux prirent l’éclat d’une noirceur démoniaque.
-Tout doux, mon beau. On se calme. Fit Klaus, un grand sourire provocateur sur le visage.
-Quelqu’un peut me dire…ce qu’il se passe ? Bredouilla le sheriff Forbes.
-Mais bien sûr, répondit l’originel avec entrain, Silas est un puissant sorcier qui m’aide à détruire Mystic Falls, Damon et moi sommes des vampires et…à oui ! Je vais vous tuer.
-Que…Quoi ? Da…Damon ? Un Vampire ? Ce…c’est impossible ! Balbutia-t-elle.
-Damon surprend toujours les gens…Grommela Alaric.
-Klaus, tu ne vas pas faire ça. Intervint Stefan dont les bras devenaient rouges à cause des cordes humides de verveine.
-Te tuer ? Non, petit frère ! Te faire souffrir ? Oui !
-Pourquoi ?!
-Tu m’as trahis ! Comme tout le monde ici ! S’emporta subitement l’originel.
Profitant de ce moment de faiblesse émotionnel, Damon se jeta sur son ennemi. Seulement, il n’avait pas prévu la contre-attaque de Silas. En une seconde, le vampire fut immobilisé et torturé : Tous ses os se brisèrent dans un craquement assourdissant, du sang suintait de sa peau et son corps se tordit dans les positions d’un exorcisé. Il hurla à l’agonie tandis que tout le monde criait autour de lui.
-Klaus ! Je t’en prie ! Dis-lui d’arrêter ! S’époumona Stefan, les yeux rivés sur Salvatore qui se déformait sous l’emprise du sorcier.
Klaus attendit encore un peu puis, satisfait de la douleur causée, leva la main en signe de reddition. Silas cessa aussitôt. Les cris s’arrêtèrent. Désormais, tous les yeux étaient fixés sur Damon qui gisait à terre, haletant désespérément en manque d’oxygène. L’originel s’accroupit et pencha sa tête au-dessus de celle de sa victime.
-Laisse…les…partir…
-Tu crois que c’est si facile ? Tu te trompes, mon joli.
-Nik…C’est entre…toi…et moi…Tue-moi…mais…laisse-les…partir…
Klaus se releva et se mit à toiser le corps du vampire agonisant. Il pencha la tête sur le côté, comme s’il examinait une chose curieuse. Après plusieurs minutes de réflexion, un large sourire fendit ses lèvres…