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Série : The Vampire Diaries
Création : 08.04.2014 à 19h00
Auteur : Sherwood
Statut : Terminée
« "Je t’ai laissé te foutre en l’air, te droguer, gâcher ta vie alors que j’aurais dû être là pour toi. " (J'écris seule, merci) » Sherwood
Cette fanfic compte déjà 26 paragraphes
CHAPITRE 20

Caroline se jeta à terre afin d’éviter le bout d’un toit qui tombait en morceaux. Les pompiers et l’armée étaient à présent débordés et on ne pouvait compter sur personne. La jeune fille se releva tant bien que mal et regarda autour d’elle. Les larmes lui montèrent aux yeux. Elle ne savait pas où était sa mère, si elle allait bien, ni Elena ou Bonnie. Elle était seule. Elle sortit son portable.
-Merde !
Il s’était cassé dans sa chute.
-C’est pas vrai ! Comment vais-je faire ?! S’écria-t-elle, au bord de la panique.
Soudain, des hurlements stridents attirent son attention. L’armée tirait apparemment à l’aveuglette sur quelque chose. Les gens fuyaient, la bousculant sans aucun état d’âme. Elle s’approcha un peu et reconnut…
-Oh non…Tyler !
Elle accourut vers lui mais s’arrêta net en apercevant ses yeux brillants et luisants ainsi que ses crocs terrifiants qui déchiraient ses lèvres.
-Ty…Tyler ? Balbutia-t-elle.
L’adolescent possédé se tourna vers elle avec une fureur animale. Il se jeta alors sur elle, ses grandes mains griffant son ventre d’une envie bestiale. Caroline hurla ses poumons mais personne ne vint à son secours. Elle essaya donc de penser. Sa mère lui avait appris l’autodéfense mais ça ne s’appliquait pas dans un cas pareil ! Qu’était-il au juste ? Un zombie ? Un loup-garou ? Un monstre ? Pas le temps aux devinettes ! La jeune fille glissa une main tremblante de peur dans la poche arrière de son jean et en sortit un teaser. Elle électrocuta son petit-ami dans un sanglot étranglé. L’homme-animal tomba à terre, prit de convulsion. De la salive mêlée à du sang s’écoula de sa bouche.
-Je suis désolée…Je suis désolée…Pleura-t-elle sans retenue.
Elle ne vit même pas les hommes de sa mère obscurcir sa vue et tirer sur Tyler à bout portant. Quand elle s’en rendit compte, elle devint complètement hystérique.
-Nooon ! Nooon ! Arrêtez !!!!
Une voiture s’arrêta à sa hauteur et elle sentit qu’on la prenait par les bras. Elle paniqua et hurla de toutes ses forces.
-Du calme Caroline ! Ce n’est que moi ! C’est moi, Matt ! Caroline, bon sang ! C’est Matt !
Ses cris se coincèrent dans sa gorge et elle dévisagea le frère de Vicky comme si c’était la première fois qu’elle le voyait.
-Ma…Matt ?
-Oui. C’est moi. Tout va bien maintenant. Aller, viens avec moi.
Il lui prit doucement la main et la guida jusqu’à sa voiture. Il s’assura qu’elle était bien attachée et démarra.
-Mon camé préféré !
-Klaus… Damon grommela en voyant Mikaelson se diriger vers lui.
-Toujours entouré des plus belles filles du lycée, n’est-ce pas mon cher ami ? Plaisanta Niklaus.
-Toujours aussi con, n’est-ce pas mon cher ami ? Rétorqua Damon.
Les filles avec qui il trainait se mirent à glousser bêtement. Un sourire se dessina sur les lèvres de Mikaelson. Les deux ennemis se battirent du regard jusqu’à la sonnerie.
-Tiens, il est l’heure de reprendre les cours. Pas trop shooté ? Provoqua Klaus.
-Pas trop pour te démonter ta belle gueule d’ange. Cracha Damon.
Klaus se rapprocha mais ils furent interrompus par Monsieur Tanner.
-Ça suffit vous deux ! Un jour vous allez finir par vous tuer ! Aller, entrez en classe. Maintenant !
Les cordes tombèrent et les proches de Damon furent libres. Tous s’interrogèrent du regard, ne comprenant pas.
-Vous pouvez partir. Dit Klaus d’un ton grave.
Le groupe se regarda à nouveau. Il s’aperçut que Silas avait disparu. Qu’est-ce que ça cachait ? Comme il tardait, Klaus s’énerva :
-Partez ! Maintenant !
-On ne le laissera pas ! S’exclama Ric dont les yeux étaient posés sur le corps de son meilleur ami.
-Je crains bien que si. Répondit Klaus, toujours dos au groupe.
Soudain, tout le monde sentit le vent se lever et une chaleur agréable les envelopper. Puis, en quelques secondes à peine, l’effet disparut. Elena se tourna vers Bonnie, suivie par les autres.
-Je lui ai enlevé la douleur. S’expliqua-t-elle, un coup d’œil à Damon.
Elena, en pleure, la remercia du regard.
-Non ! Je ne te t’abandonnerai pas ! S’exclama Jeremy en se précipitant vers son grand frère.
Il allait arriver jusqu’à lui quand il heurta une barrière invisible de plein fouet. Klaus sourit.
-Silas. Lâcha Stefan.
Un froid parcourut le groupe.
-Je…heu…la ville…ma fille…Bredouilla Liz.
-Allez-y sheriff. Fit Alaric.
La jeune femme se retira. Elena se tourna vers Bonnie.
-Il n’y a rien que tu puisses faire d’autre ?
La sorcière secoua la tête.
-Non. Je suis désolée, Elena.
Elle frotta le bras de son amie dans une tentative de réconfort avant de partir à son tour. Il ne restait plus que Stefan, Elena, Jeremy et Alaric. Ce dernier posa ses mains sur la barrière infranchissable et plongea son regard dans celui de son partenaire.
-Oublie ça, Damon. Je ne te lâcherai pas. Il est hors de question que je te laisse ici, tu m’entends ?! Je ne te laisserai pas ! S’écria-t-il.
-Alors tu le regarderas mourir ! S’exclama Klaus.
-Soit ! Hey, Damon, jusqu’au bout partenaire, tu te souviens ?
-Salvatore ! On se réveille !
Damon, assit sur le siège de son bureau, la tête penchée en arrière cachée sous un journal, les pieds sur le clavier de son ordinateur, dormait profondément.
-C’est pas vrai…Lieutenant ! S’exclama la belle capitaine Sommers qui était responsable de cet énergumène.
Damon se réveilla en sursaut, le journal glissant sur ses genoux. Il bailla et s’étira.
-Quoi encore ? Grommela-t-il.
-Quoi ? Vous vous foutez de moi ? Je vous signale que vous êtes sur votre lieu de travail ! On ne dort pas au commissariat de New York, lieutenant ! Gronda la capitaine, faisant voleter autour d’elle sa queue-de-cheval rousse.
Les collègues de Damon eurent un rire silencieux.
-Ah, lieutenant, on dirait que vous avez réveillé la furie ! Lança un flic en passant devant son bureau.
-C’est surtout elle qui m’a réveillé…
-Au fait lieutenant, commença-t-elle, je vous ai trouvé un partenaire assez compétent pour vous supporter !
-Hein ? Je ne veux pas de partenaire ! Je vous ai déjà dit que je préférais bosser seul ! S’écria-t-il en se levant d’un bond.
-Et moi pas ! Vous avez failli tuer un gamin la semaine dernière !
-Je croyais que c’était un terroriste !
-Et ce n’en était pas un ! C’est pourquoi je préfère vous savoir accompagné d’un partenaire responsable, droite et dont je suis sûr qui ne tuera personne !
-Et ça pourrait pas être une partenaire ? Tenta Damon, ce qui fit rire le commissariat.
-Oh vous me tapez sur les nerfs, Salvatore !
Sur ce, la capitaine tourna des talons, fulminant de l’intérieur.
-Bravo Salvatore ! Ça sent grave la mise à pied ! Lança un flic, qui fut accompagné de quelques rires amusés.
Damon fit une geste de la main comme quoi ça lui importait peu avant de se réinstaller dans son siège. Il allait se rendormir lorsqu’une silhouette apparut devant son bureau.
-C’est pas vrai, bordel ! C’est pour quoi encore ?! S’exaspéra le flic en relevant brusquement la tête.
-Heu…rien, juste que je suis ton nouveau partenaire. Répondit le nouveau venu.
Damon fronça les sourcils et l’examina du regard.
-Tu t’appelles comment ?
-Officier Alaric Saltzman.
-Enchanté, Ric. Moi c’est…
-Le lieutenant Damon Salvatore, oui je sais. Tout le monde parle de toi ici. Au fait, je préfère Alaric.
-Ouais mais Ric ça sonne mieux.
Damon arbora son sourire au coin, présenta sa main et finit par dire :
-Et bien, jusqu’au bout partenaire, n’est-ce pas ?
Intrigué, le visage d’Alaric se froissa. Puis il comprit sa mise en approche et accepta la poignée de main.
-Ouais. Jusqu’au bout, partenaire.
Damon prit une dernière grande respiration, ses yeux encrés dans ceux de son meilleur ami et souffla :
-Jusqu’au bout…
CHAPITRE 21

Assis par terre, une main sur la barrière invisible, Jeremy suppliait du regard son grand frère de vivre.
-Je te laisse cinq minutes. Fit Klaus d’une voix froide.
L’originel s’écarta légèrement afin de leur laisser un peu d’intimité, tout comme le reste du groupe.
-Ecoute…Jer…
Mais l’adolescent secoua la tête, en larme, refusant d’écouter les adieux de son frère.
-Je t’en…supplie…
Le garçon leva les yeux vers lui.
-Je t’ai…promis de te…révéler…comment je suis…mort…
Tout ce que Jeremy souhaitait, là, à ce moment précis, fut de pouvoir toucher l’homme qu’il aimait plus que tout au monde.
-Damon…
-Non, l’interrompit-il, laisse-moi…finir…
L’ado hocha la tête.
-Sache…une chose…Je suis…mort…en te…protégeant…
Jeremy s’arrêta alors de sangloter.
-Quoi ? Damon, qu’est-ce que ça veut dire ?
-Sache aussi…que…je t’aime…et que…je t’aimerai toujours…
-Damon !
-Oh, tout doux, mon pote. Ralentis, vas-y doucement. Dit Alaric en aidant son partenaire à se lever de son lit d’hôpital.
Il avait toujours du mal à s’habituer aux bandages qui entourait la poitrine de son meilleur ami.
-Ça va, Ric. Je vais pas mourir. Grommela celui-ci.
-Je te rappelle que tu as failli ! Au cas où tu ne t’en souviendrais pas.
-Si ! Je m’en souviens ! S’énerva Damon qui faisait tout pour ne pas laisser la douleur qui le tiraillait prendre le dessus.
-Ouais, je sais. Désolé.
-Non, c’est moi.
Ils se regardèrent un instant puis Alaric se décida à mettre un bras autour de la taille de Damon.
-Alors comme ça, il faut qu’on te tire dessus pour que tu t’excuses ?
-La ferme, Ric !
L’officier réprima un rire et aida Damon à faire quelques pas. Ensuite, il l’aida à s’habiller et alla signer la décharge à l’accueil.
-Remis d’aplomb ? Fit une voix.
Damon se tourna, néanmoins avec difficulté, et se trouva devant sa supérieur.
-Capitaine Sommers, je vous manquais déjà ? Demanda-t-il à la fois ironique, charmeur et amusé.
-Estimez-vous heureux d’avoir un partenaire comme l’officier Saltzman. Il vous a sauvé la vie.
-Je sais. Répondit-il cette fois d’un ton sérieux, ce qui attendrit la jeune femme.
Alaric revint, la décharge signée.
-Prêt à y aller ? Oh, bonjour Capitaine.
-Bonjour officier Saltzman.
-Tout va bien ? Demanda-t-il, inquiet.
-Je suis juste passée pour voir comment Salvatore allait et aussi pour vous dire qu’on l’a repérée.
-Vous avez repéré cette garce ? S’exclama Damon, un peu trop fortement vue la grimace de douleur qu’il fit après.
-Katherine Pierce -ou Katerina Petrova, je ne sais pas comment vous l’appelez- a été vue dans un hôtel au détour de la 13ème et 14ème rue.
-Je la tiens ! S’écria Damon en marchant d’un pas hésitant vers la sortie.
-Oh ! On se calme Superman ! Tu comptes vraiment retourner sur le terrain dans cet état ? Non, tu vas rester à l’appart te reposer. Intervint vivement Ric en se mettant en travers de son chemin.
-T’es sérieux ?! Tu crois réellement que je vais rester au lit à me tourner les pouces pendant que tu pars à la recherche de Pierce ?
-Damon, c’est une tireuse à gage expérimentée. Elle t’a déjà eu, elle pourra te ravoir !
-Pas cette fois, fais-moi confiance.
-Je te fais confiance, Damon ! Mais je te connais aussi ! Le fait est que tu es amoureux d’elle. Et tes sentiments pour elle obscurcissent ton jugement.
-Je ne suis pas amoureux d’elle ! S’énerva le flic blessé.
-Alors peux-tu m’expliquer ton obsession pour elle ? Dix ans, Damon ! Dix ans que tu la traques ! Un jour, elle finira par te tuer…
Hors de lui, Damon bouscula son partenaire et sortit sans un regard en arrière.
-Damon ! Reste avec moi ! Je t’en prie, pas maintenant ! Damon !
Le vampire n’arrivait plus à garder les yeux ouverts malgré les supplications de son petit frère. Klaus allait lui arracher le cœur et ce sera fini. Tout ça, tout sera fini.
Alaric n’avait pu retenir son meilleur ami. Celui-ci venait d’arriver à l’hôtel où se réfugiait Katherine. Il savait que son partenaire allait envoyer une équipe. Mais elle était à lui. Il devait la trouver et en finir le plus vite possible. Il entra dans sa chambre en trombe mais ne trouva personne. Il chercha dans tout le bâtiment le moindre indice sur la présence d’une manipulatrice aux longs cheveux bruns, en vain. Découragé, il allait rentrer au commissariat lorsqu’il se souvint d’un endroit particulier où Katherine aimait aller : le toit. Il monta tant bien que mal l’étroit escalier qui menait à cette partie de l’hôtel et la trouva. Elle se tenait debout, regardant New York qui s’étendait à ses pieds, les cheveux au vent.
-Je t’attendais, mon amour. Dit-elle en distinguant bien chaque mots lors de leur passage sur ses lèvres.
-C’est fini, Katherine.
Elle se retourna, les mains sur les hanches.
-Oh, mon pauvre chéri. Je suis désolée de t’avoir tiré dessus mais il le fallait.
-Arrête ça Katerina !
Elle releva un sourcil. Lorsque Damon l’appelait par son vrai prénom, c’est que quelque chose n’allait pas. La dernière fois qu’il l’avait appelée ainsi, il avait pratiquement réussi à la mettre en prison. C’était avant qu’elle ne s’échappe du convoi qui l’escortait derrière les barreaux.
-C’est toi Damon qui doit arrêter. Tu dois arrêter de me poursuivre comme un clebs qui a perdu son os, tu dois arrêter de penser à moi, de rêver de moi, même de prononcer mon nom…Susurra-t-elle en s’avançant lentement vers lui.
-Tu menaces de t’en prendre à Jeremy ! Cria-t-il en laissant sortir toutes ces années de traque incessante, passées dans la peur qu’un jour, elle réussisse.
-Je ne peux pas te laisser en vie…Finit-il d’une voix brisée.
Il sortit alors son arme de sa ceinture et la pointa sur la femme qui avait bouleversé sa vie. Sa main tremblait si violemment qu’il dû mettre toute sa concentration pour la garder droite, pointée sur sa cible.
-Damon…Tu n’as pas à faire ça. Dit-elle d’un ton faussement désolé et suppliant.
-Tu m’y obliges ! Hurla-t-il, abandonné aux émotions qu’il avait refoulées depuis tant d’années.
Elle continua de s’avancer d’un pas gracieux. On aurait dit le cygne noir du Lac des Cygnes. Elle était si belle, si dangereusement attirante que Damon la laissa s’approcher de lui. Elle posa lentement sa main sur l’arme tendue du flic et l’abaissa. Damon ne bougea pas, ne détachant pas ses yeux des siens. Elle continua de s’approcher, encore un peu plus, toujours un peu plus, un peu plus…Tout ce qu’il sentit ensuite fut le contacte doux et rude de ses lèvres, oubliant la douleur de l’aiguille qui s’enfonça dans sa nuque. Ce fut seulement lorsque leurs bouches se séparèrent qu’il sentit la mort. Il laissa les larmes couler et dans un dernier effort, lâcha :
-Pourquoi ?
Et il tomba à terre. Sa vision se détériora et la sensation de son corps disparut. Cependant, il put la sentir s’accroupir auprès de lui et l’entendre répondre :
-Parce que j’ai toujours un coup d’avance, chéri.
Avant de mourir.
CHAPITRE 22

Jeremy tomba à la renverse. La barrière venait d’être enlevée ? Alaric, Elena et Stefan se regardèrent, abasourdis. Ils entendirent un craquement derrière eux et virent Bonnie, sa mère Abby et sa grand-mère. Les trois sorcières chantaient des incantations d’un ton monotone, un doigt pointé sur Klaus. Alaric n’attendit pas plus longtemps et se jeta auprès de Damon. Il le prit dans ses bras et le secoua légèrement.
-Damon ! Ouvre les yeux, crétin !
Son partenaire battit des paupières et un râle rauque s’échappa de sa gorge.
-Tu as besoin de sang. Tiens, prends. Fit le flic en présentant son poignet à la bouche du vampire.
Mais celui-ci pencha la tête sur le côté, refusant le sang qui lui était offert.
-Damon ! Ne joue pas à ça s’il te plait et mords !
-Non. Tu bois de la verveine, ça risque de l’affaiblir. Intervint Stefan.
Pendant ce temps, les sorcières étaient aux prises avec Klaus.
-Moi je peux ! S’écria Elena en se jetant aux côtés d’Alaric.
-Elena…Gronda Stefan, inquiet pour elle.
-Ne t’en fais pas. Ça va aller. Et puis, c’est Damon. Répliqua-t-elle.
Il comprit et hocha la tête. Salvatore avait gagné. Il avait la fille. Elena prit la place de Ric, mit la tête du blessé sur sa poitrine comme lorsque ce dernier se mourrait d’une morsure de loup-garou et mit son poignet sur ses lèvres. Les crocs de Damon s’allongèrent malgré lui. On pouvait cependant voir la lutte intérieur qui faisait fureur juste dans ses yeux.
-Damon…ça ira pour moi. Je t’en supplie, si tu tiens à moi, accepte mon sang.
Il ouvrit alors la bouche et mordit dans sa chair toute fine. Elena ne grimaça pas, pas comme la première fois. Elle laissa juste un soupire de béatitude sortir et se pencha un peu en arrière, lui offrant un meilleur axe. Une fois qu’il eut sa dose, il retira ses crocs et ferma ses lèvres sur sa peau dans un doux baiser. Elle lui sourit, la joie incrustée sur son visage. Le moment fut interrompu par un cri. Le groupe se retourna et vit Bonnie, penchée sur le corps de sa mère. Stefan accourut auprès des sorcières.
-Il l’a mordu…Lâcha la jeune fille entre deux sanglots.
Le jeune Mikaelson tendit l’oreille et entendit avec soulagement son cœur battre.
-Elle va bien, Bonnie. Elle est juste inconsciente.
-Où est Klaus ? S’exclama Jeremy qui aidait Damon à rester sur ses pieds en attendant que ses os se ressoudent complètement.
-Parti. Répondit la grand-mère de Bonnie d’un ton grave.
-Je vais le chercher. Dit alors Stefan en se levant.
-Si tu y vas, il te tuera. Continua Sheila Bennett.
-C’est mon frère. Je dois l’arrêter.
Sur ce, Stefan sortit de la forêt. Le groupe resta un moment un peu sonné puis Alaric sortit de sa torpeur et alla aider Bonnie avec sa mère.
-Je l’emmène en sureté. Dit-il, Abby dans les bras.
Il imita ensuite les paroles aux gestes, suivi de la jeune sorcière. Il ne restait plus que Damon, Jeremy et Elena dans la forêt. Le vampire s’était à présent remis, il ne se tenait plus qu’à Jeremy par besoin de chaleur fraternelle. Soudain, un nom effleura les lèvres de l’adolescent :
-Vicky !
-Qu’est-ce qu’il y a ? Questionna Elena.
-Je ne sais même pas s’il elle est toujours en vie !
-C’est qui Niki ? Interrogea Damon, les sourcils froncés dans un effort de concentration.
-Vicky ! Et pour info, c’est ma petite-amie !
-T’as une petite-amie ?! S’écria Damon, ahuris, en mode grand frère flic.
-Stop ! C’est vraiment pas le moment, les gars ! Intervint Elena.
Les deux Salvatore se regardèrent avant, à la grande surprise de la belle, de s’étreindre.
-J’ai eu peur de te perdre…Souffla Jer à l’oreille de son frère.
-Idem. Répondit simplement mais sincèrement Damon.
-C’est mignon tout ça mais je vous rappelle que c’est la fin du monde en ville !
Tous les trois se sourirent puis, pris d’un fou rire, s’esclaffèrent. Une fois calmés, Jeremy continua cette fois d’un ton bien plus sérieux :
-Je dois la retrouver.
-Je vais t’aider. Répondit son frère, une main autour de ses épaules.
-Merci.
-Super, on y va ! Lança Elena en tournant les talons.
Pendant ce temps, Silas, sous son capuchon, admirait son œuvre. La ville à feu et à sang partait petit à petit en poussière.
-Tu es content de toi ?
Il se tourna lentement et se retrouva face à Bonnie.
-Plutôt, oui. Répondit-il, fière de lui.
-Tu dois arrêter ça.
-Pourquoi ferais-je ça ?
-Pourquoi aides-tu Klaus ? Quel est ton intérêt dans tout ça ?
-La gloire éternelle, pour quoi d’autre ?
-Espèce de fumier !
Sans avertissement, Bonnie éleva ses mains et la foudre s’abattit sur le puissant sorcier. Fou de rage, celui-ci répliqua en faisant voler la pauvre fille. Bonnie ne se démonta pas néanmoins. Elle se releva et jeter sur lui des sorts jusqu’à épuisement. Le sorcier, désarçonné, se retrouva plaqué contre un arbre, une main invisible lui emprisonnant la gorge.
-C’est tout ce que tu as Bonnie Bennett ? Railla-t-il.
Cependant son sourire s’effaça lorsqu’il s’aperçut qu’elle changeait son affreuse peau en pierre.
-Arrête ça !
Il tenta un sortilège de blocage mais la jeune sorcière le contrat.
-Au revoir, Silas.
Et ce fut fini. Le sorcier n’était plus. Seule une expression d’effroi et de colère resta gravée sur son visage craquelé par une paroi rocheuse. Tandis que Bonnie réglait son compte à Silas, Stefan venait de retrouver Klaus. Tous les deux se faisait face en plein milieu d’une carrefour vide, éclairé par les flammes et coloré par les cendres.
-Ça doit cesser, Niklaus ! S’exclama Stefan.
-Pourquoi ? Avoue, on s’amuse comme des petits fous ! Répondit-il d’un ton enfantin.
-Faire des morts c’est s’amuser selon toi ? S’écria son frère, dégouté.
-Je reprends juste ce qui m’appartient.
-Mystic Falls n’a jamais été à toi !
-Elle aurait dû ! C’était mon royaume ! C’était aux Mikaelson jusqu’à ce que ces crétins de Salvatore se pointe !
-La population ne devrait pas payer pour cette rivalité personnelle !
-Ah…Saint Stefan est de retour !
-Malheureusement, Klaus le monstre n’est jamais parti…
A l’étonnement de Stefan, cette dernière phrase acerbe sembla affecter l’originel.
-C’est comme ça que tu me vois…Dit celui-ci d’une voix triste.
-C’est en tout cas ce que tu montres de toi !
Soudain, les veines noirs se creusèrent sous les yeux obscures de Klaus et les crocs naquirent. Stefan sut qu’il devait fuir mais il n’en fit rien. Il se prépara plutôt à l’attaque. Puis, comme ça devait se passer, Klaus se jeta sur son frère. Ils se battirent comme des loups affamés, les crocs dehors, le sang giclant de toute part.
-Tu ne veux pas ça, Klaus…Pesta Stefan alors que son frère était sur lui, les mains sur sa poitrine, menaçant son cœur.
Mais les mots du vampire ne semblèrent pas l’atteindre. Klaus continuait, la colère l’aveuglant. Il ne se rendait même pas compte qu’il était sur le point de tuer son petit frère.
-Klaus…
Pris d’un élan d’énergie, Stefan le repoussa de toutes ses forces. Klaus virevolta et atterrit contre une poubelle en flamme dans un bruit sourd. Les vêtements en flamme, Klaus se débattit, hurlant à la mort. Son frère se couvrit les oreilles, refusant d’entendre une nouvelle agonie. Tout à coup, le vampire en flamme s’arrêta de bouger, la tête baissée. Puis, il redressa lentement cette dernière, ignorant le feu qui dévorait sa peau. Le regard qu’il adressa à Stefan ne fut rien d’humain, ni même quelque chose d’animal. Il était dépourvu d’émotion, de sentiment intérieur, de toutes pensées bienveillantes. C’était juste le regard…du diable.
-Klaus ?
Quelque chose avait changé dans ses yeux, dans sa façon de le regarder, en lui. Des tremblements d’horreur parcoururent Stefan. Alors, une seule et unique question le tourmenta : Qu’était-il devenu ?
CHAPITRE 23

Vicky courait aussi loin que ses jambes pouvaient lui permettre. Elle ne savait pas où était son frère, Matt ni si Jeremy savait ce qu’il se passait ici. Soudain, on l’attrapa par la taille. Elle hurla si fort qu’elle eut l’impression que ses cordes vocales se décrochaient. On plaqua une main sur sa bouche et elle paniqua. Elle mordit avec désespoir dans la main de son agresseur.
-Outch ! Vicky !
En entendant son nom, la jeune fille se retourna avec vigueur. Elle cligna ensuite des yeux, croyant à une vision. Jeremy se tenait là, sifflant et tenant fermement sa main en sang.
-Jeremy !
Elle se jeta à son cou, pleurant de soulagement. Il ferma les yeux sur sa blessure et décida plutôt de profiter de la douceur offerte par sa petite-amie. Elle était en vie, lui aussi, c’était tout ce qui comptait. Ce moment de pur bonheur fut écourté par nul autre que Damon :
-Dis donc, elle est sauvage ta copine ! Tu la sauves et elle te dévore la main !
Les deux adolescent, rouges d’émotions, s’écartèrent sans néanmoins détacher leurs mains l’unes de l’autres.
-Vick, tu dois te mettre à l’abri.
-Pourquoi ? Qu’est-ce qui se passe, Jer ?
-Je te le dirai, promis.
-Tu n’as qu’à aller avec elle. Mettez-vous en sécurité. Ordonna Damon.
-Tu nous retrouveras ?
La question du garçon attendrit le vampire. Il s’approcha de son petit frère et mit une main fraternelle sur son épaule. Il serra la poigne et passa une message d’amour et de fierté dans son regard. C’est dans cette connexion qu’il lui dit :
-Je te retrouverai toujours.
Les yeux humides, Jeremy hocha la tête.
-Aller, à toute à l’heure.
Jeremy hocha une nouvelle fois la tête, prit la main de Vicky et disparut avec elle dans la foule. Au même moment, Stefan était toujours aux prises avec Klaus.
-Qu’est-ce que tu es ?! S’écria le jeune Mikaelson face à son frère, hors de lui et en flamme.
-Ton pire cauchemar…Répondit celui-ci d’une voix grave et rauque.
En une seconde, il se jeta sur lui, les flammes continuant de brûler sa peau. Stefan savait que quelque chose avait changé en Klaus, qu’il n’était plus le même. Qu’est-ce qu’il était arrivé ? Une douleur dans son torse le réveilla. C’était une sensation horrible, un viol à l’état pur. Des griffes acérées oppressaient son cœur faisant gicler le sang. Un coup de pouce et il était mort. De plus, les flammes qui consumaient Klaus depuis un moment l’atteignaient à présent.
-Klaus…Supplia Stefan d’une voix à peine audible.
Il put voir la lueur d’une folie dans le regard de son frère. Son frère qui allait le tuer, là, maintenant.
-Klaus…Peu importe…ce que tu es…tu es et restera…toujours…mon frère…Je t’en prie…arrête…
Durant une fraction de seconde, une hésitation s’empara de l’originel. Stefan en profita pour lui donner un coup en plein dans la poitrine. Klaus valsa, dégageant dans un même temps sa main du torse de Stefan. Ce dernier ne prit pas le temps de s’en remettre et attaqua derechef. Coups après coups, il développa une force de plus en plus décuplée. C’est seulement lorsqu’il vit Klaus, brûlé et pratiquement inconscient, qu’il s’arrêta. Il regarda ses mains couvertes de sang, le sien. Il lui en voulait. C’était de sa faute, c’était lui qui lui avait obligé de faire ça.
-Qu’est-ce que tu es, bordel ?! Hurla-t-il avec fureur.
-Un…hybride…Répondit Klaus.
-Mi-vampire mi-loup-garou…Murmura-t-il.
Une fois remis de l’information, il souleva Klaus d’une main, le suspendant dans les airs. Alors, il lui cracha au visage :
-Pars. Ne reviens jamais. Je te laisse la vie sauve parce que tu es mon frère. Mais ne t’avises pas de revenir. Sinon, je n’hésiterai pas une seule seconde.
Il s’assura qu’il avait bien compris et le lâcha. Klaus se déroba aussitôt puis, après une dernière hésitation, s’en alla. Stefan put enfin souffler. Alors que le jeune Mikaelson se remettait de son altercation avec l’originel, Damon venait tout juste d’en commencer une avec le sheriff Forbes.
-Ecoutez Liz, ce n’était pas contre vous. Tenta-il de s’expliquer, les mains en l’air en signe de paix.
Un flingue chargé de balles en bois braqué sur le vampire, Liz fit un pas de plus dans la rue, s’approchant avec menace. Elena, cachée derrière l’ainé des Salvatore, regardait la scène, le cœur battant.
-Depuis tout ce temps, vous m’avez menti ! Vous étiez un vampire qui se pavanait juste devant mon nez ! Je paris que vous avez dû bien vous amuser, hein ?!
-Non, Liz. Ça me rendait malade de vous mentir et…
-Vous continuez de mentir !
-Non ! Je vous le jure ! Liz, écoutez-moi, s’il vous plait. S’il y avait eu un autre moyen, croyez-moi, je l’aurais fait.
-Pourquoi, Damon ? Vous êtes un putain de flic ! Un chasseur de vampire, pour l’amour de Dieu !
-C’est ce que j’étais quand j’ai été transformé et ce que je suis toujours. Je ne tue les vampires que s’ils ne peuvent pas se contrôler.
-Comme vous ?!
-C’était Klaus ! Bordel, Liz, vous l’avez vu ! C’était Klaus derrière tout ça depuis le début !
-Non ! Ne me dîtes pas que vous êtes blanc comme neige, Damon !
-Ce n’est pas ce que je dis…
-Combien de personne avez-vous tué ?
-Liz…
-Combien ?!
-ZERO !
Il avait hurlé ce dernier mot dans l’étrange calme nocturne. En sueur à cause de la colère, il tenta de se calmer. Seule la douce présence d’Elena à ses côtés le rassura. Il ajouta plus posément :
-Je n’ai tué personne depuis que je suis à Mystic Falls. Depuis que j’ai retrouvé Jeremy.
Cette phrase sembla changer quelque chose dans l’opinion du sheriff sur lui. Damon en profita et continua :
-Tout ce que je fais, c’est pour lui. Je l’aime. Il est mon petit frère. Je ne l’abandonnerai pas, pas encore.
Elena, derrière lui, était touchée par le discours. Fille unique, elle ne connaissait pas ce lien si particulier. En revanche, Liz comprenait. Elle aussi avait eu des hauts et des bas avec sa fille. Cependant, elle demeurait la chose la plus précieuse à ses yeux.
-Je comprends Damon, dit-elle, et c’est parce que je comprends que je suis obligée de faire ça.
Et elle tira.
-DAMON !
Elena se jeta en avant et prit les balles. D’une vitesse vampirique, Damon gifla le sheriff, la faisant voler et la rendant inconsciente, puis se retrouva auprès de celle qu’il aimait.
-Elena !
Les balles en bois n’avaient pas été mortelles. Certaines n’avaient pas percé la peau, rebondissant et roulant sur le sol. Par contre, l’une d’elles avait écorché le flan immaculé de la jeune fille.
-D’accord…heu…je vais m’occuper de toi, Elena. Tu verras, tout ira bien.
Damon n’était jamais très doué pour rassurer ou apaiser quelqu’un. Tout ce qu’il savait faire, c’était de passer à l’acte. D’ailleurs, c’est ce qu’il fît. Il se mordit le poignet et l’apporta aux lèvres de la blessée.
-Damon ? Qu’est-ce que tu fais ?
-Je te soigne ! Bois.
Elle vit dans son regard qu’elle pouvait avoir confiance en lui. Elle fit donc ce qu’il lui dit. Le goût du sang de Damon était particulier. La saveur masculine, gorgée de bourbon et d’eau de colonne annulait l’arrière-goût désagréable d’hémoglobine. Elle se laissa emporter par le parfum exquis du vampire et au désir qui naissait en elle. Lorsque le sang lui fut retiré, elle gémit comme une enfant gâtée à qui on privait un plaisir.
-Comment tu te sens ?
Elena fronça les sourcils et s’examina intérieurement. Elle se sentait étrangement bien, comme si plus aucuns malheurs de ce monde ne pouvait l’atteindre.
-Ça va ? Questionna toujours Damon, inquiet de son mutisme.
Elena hocha enfin la tête. Oui ça allait. Parce qu’aujourd’hui, à ce moment même, elle savait qu’elle aimait. Elle savait qui.
CHAPITRE 24

Le matin venait de percer à travers l’obscurité de la fumée qui se dégageait en une grosse masse difforme de la ville. Cela faisait plusieurs heures que les pompiers avaient éteints les incendies et qu’avec l’aide des militaires, réparaient au mieux les dégâts. La mère de Bonnie était actuellement à l’hôpital. Elle s’était réveillée et n’avait apparemment aucune séquelle. Un petit cercle avait été mis au courant pour les vampires. Désormais, Caroline, Elena, Bonnie, Alaric, Jeremy, Matt, Vicky et le sheriff Forbes étaient au courant en dehors du conseil. Ce dernier avait eu du mal à calmer la foule et à expliquer ce qui s’était passé. Ce fut avec difficulté mais réussite qu’ils trouvèrent une explication rationnelle aux évènements récents. Malgré une nuit chaotique terminée dans une entente passive, la ville avait perdu beaucoup de ses membres. Le maire Madame Lockwood, son fils Tyler, Kelly la mère de Matt, Sheila Bennett décédée de fatigue suite à une utilisation importante de la magie et beaucoup d’autres encore. Mystic Falls allait avoir du mal à se reconstruire, tout comme la population qu’elle abritait. C’était ce que se disait le groupe, debout devant le grill, en train de regarder les allées et venues des pompiers.
-Vous croyez que Klaus reviendra ? Lança Jeremy à la cantonade.
-Non. Je m’en suis assuré. Répondit Stefan, debout à côté de Damon, les bras croisés.
-Vous pensez qu’on devrait rester ici ? Fit Vicky, la main dans celle de son petit-ami.
-C’est chez nous. Répondit Matt à ses côtés.
-Il le payera un jour. Menaça Damon, toujours épris d’un sentiment de vengeance.
-Oublie-le. C’est le passé maintenant. L’apaisa Elena, passant une main tendre sur la nuque tendue du vampire.
-Je ne peux pas ! Beaucoup trop de gens sont mort, Elena. Je ne peux pas juste tourner la page, je…
Il ne put continuer car des lèvres douces l’en empêchèrent. Il entendu des exclamations et des applaudissements. Qu’est-ce qui se passait ? Elle l’embrassait ? Les yeux fermés, il se laissa emporter par cet élan d’amour. Il répondit amoureusement à son baiser et poussa un gémissement lorsqu’il s’arrêta. Il ouvrit les yeux et son regard se noya dans les siens d’un brun profond. Elle sourit, son fameux sourire cristallin qui remplissait son cœur de joie. Il envoya alors valser sa retenue de gentleman et l’embrassa passionnément. Il la tenait dans ses bras d’une envie bestiale mais avec néanmoins la douceur nécessaire. Il la sentit fondre sous ses lèvres et sourit. Les deux amants avaient complètement oublié le monde qui les entourait, dont le groupe qui souriait lui aussi de toutes ses dents. Elena se détacha et enfouit sa tête dans le creux du cou de son homme qui l’enlaçait tendrement.
-Bon. Et bien je crois qu’on devrait y aller. Dit Matt, amusé.
Après cette parenthèse de bonheur, les jeunes durent aider la population de Mystic Falls pour remettre la ville debout. Pendant les réparations, Damon prit Jeremy à part. Ils se baladèrent dans le parc noir de cendre, les mains dans les poches.
-Comment tu vas ? Fit Damon pour commencer.
-Mieux. Et toi, ça va ?
Son frère soupira.
-Je suppose.
L’adolescent fronça les sourcils. Damon s’assit sur un banc, le même sur lequel lui et Jeremy avaient eu une conversation à propos de sa nature de vampire quelques semaines plus tôt. Jeremy vint le rejoindre.
-Ecoute, commença Damon, je t’avais promis de te révéler comment j’étais mort. Et je tiens mes promesses.
-Sérieux ? J’ai cru que tu n’allais jamais me le dire.
Jeremy n’était pas sûr de vouloir savoir enfin de compte. Tout ce qu’il savait pour le moment c’est que Damon était mort pour le protéger. Mais comment ? La curiosité l’emporta sur la peur et il questionna son frère. Celui-ci lui raconta tout : la traque de Katherine, son amour pour elle, comment elle avait menacé la vie de Jeremy et enfin l’incident sur le toit.
-Je ne comprends pas, dit Jeremy à la fin du récit, comment es-tu revenu à la vie ? Le poison aurait dû te tuer pour de bon !
-Tu te souviens quand je t’ai parlé de mon séjour à l’hôpital peu de temps avant ?
Le garçon hocha la tête.
-Et bien mon médecin, le Dr Fell, savait pour les vampires. Elle conservait des échantillons de leur sang pour les utiliser lors de cas graves. Il se trouve que je n’aurais pas dû survivre ce jour-là. Le Dr Fell m’a soigné avec un échantillon. J’avais donc du sang de vampire dans les veines quand Katherine m’a tué.
-Qu’est-ce qui s’est passé ensuite ? S’empressa de demander Jeremy comme s’il s’agissait de son feuilleton quotidien.
-Ensuite, je me suis réveillé…
Damon ouvrit les yeux. Une douleur fulgurante le cloua sur place. Il crut pendant un instant que son corps brûlait vif. Et, tout disparu. Un froid glacial le parcourut puis plus rien. Il se releva lentement, chancelant légèrement sur ses jambes. Sa vision était devenue bizarre. Il pouvait cerner les horizons, scruter chaque recoin de sa vue. Des cris parvinrent à ses oreilles. Il se retourna mais ne vit personne. Comment pouvait-il alors entendre si distinctement les renforts arriver ? Il avait faim aussi. Une faim qui lui rongeait les entrailles.
-Il est là ! S’écria-t-on derrière lui.
Il vit plusieurs uniformes s’engouffrer sur le toit par l’escalier de secours. Son partenaire accourut vers lui, l’inquiétude visible sur son visage.
-Damon ! Tu vas bien ? Où est Pierce ?
Pierce ? Ah oui ! Katherine ! Il se souvenait à présent. Où était-elle ? Elle avait filé, comme à son habitude.
-Partie…Répondit-il d’une voix rauque.
Il aperçut du coin de l’œil une aiguille sur le sol. Discrètement, il décala son pied et l’écrasa, balançant ensuite les débris dans le vide. Il sortit machinalement son portable, sans écouter les déblatérations de son partenaire, et lut plusieurs appels manqués du Dr Fell.
-Damon, tu m’écoutes ?
-Damon ?!
Le vampire revint à la réalité. Il continua alors l’histoire de sa transformation.
-Donc Katherine est toujours dans la nature ?
-Faut croire…
-Tu n’es pas partis à sa recherche ?
-Je devais d’abord chercher quelqu’un d’autre. Répondit Damon d’un regard lourd. Jeremy comprit l’allusion et sourit.
-Est-ce qu’Alaric sait tout ça ?
-Pas encore…
-Tu comptes lui dire ?
-J’en ai marre de mentir. Surtout aux personnes que j’aime.
-Damon Salvatore deviendrait-il fleur bleue ? Le taquina Jeremy.
Il eut pour toute réponse une claque derrière la tête.
-Aïe !
Après un fou rire, le silence retomba.
-Comment peut-on continuer de vivre après tout ça ? Lança Jeremy en parlant des récents évènements.
-On se demande toujours comment on va faire jusqu’au jour où on se rend compte qu’on l’a fait. Répondit philosophiquement son frère.
Le visage de Jeremy se froissa et il expliqua alors :
-Nos parents sont morts, ça a été dur, mais on s’en est remis. Je t’ai abandonné mais tu as réussis à te faire une vie. J’étais drogué et pourtant j’ai finalement remonté la pente. Je suis mort, devenu vampire et malgré ça…me voilà. Encore debout, avec toi.
Il passa un bras autour des épaules de son petit frère et ajouta :
-On va tenir le coup, comme on sait si bien le faire.
CHAPITRE 25

Le sourire aux lèvres, Jeremy essuyait les verres, derrière le bar du Mystic Grill. Cela faisait plusieurs mois maintenant que la ville s’était remis du « terrible incendie » comme le qualifiait les journalistes. A présent, l’adolescent avait repris sa scolarité, et avait même obtenu un emploi. Pour son plus grand bonheur, Damon n’était pas partis. Lui et Alaric avait accepté un poste permanent au commissariat de Mystic Falls. Ils travaillaient désormais avec le sheriff Forbes qui avait décidé de fermer les yeux sur la condition vampirique du lieutenant Salvatore et de garder le secret au conseil. Aujourd’hui donc, Jeremy nettoyait le bar en attendant une nouvelle commande. Il regardait vaguement Matt et Caroline s’embrasser amoureusement. Heureusement que le footballeur avait été là pour la belle blonde. Depuis la mort de Tyler sous ses yeux, la jeune fille était devenue une épave. Une épave que Matt avait réussi à réparer. Il fut sortis de sa rêverie par l’entrée d’une jeune demoiselle citadine aux longs cheveux noirs. Lorsqu’elle le vit, un sourire éclatant s’afficha sur son visage.
-Anna ?! S’écria-t-il, abasourdis.
-Salut, Jer ! Surprise ! S’exclama-t-elle en contournant le bar et en se jetant dans ses bras.
-Que…Comment… ?
-Tu bafouilles Salvatore !
Il était tellement sous le choc de la surprise qu’il ne put sortir une phrase cohérente.
-Tu croyais quoi ? Que j’allais te laisser ici, tout seul, entouré de vampires ?
-Mais…et ta mère ?
-Elle veut bien me laisser ici pour les vacances. C’est génial, non ?
-Oui !
Il l’étreignit à nouveau. Sa meilleure amie était là, ainsi que sa copine et son frère. Il était l’homme le plus comblé de la Terre. Pendant ce temps, Elena et Damon marchait main dans le main, au dehors, en direction du Grill. La jeune fille savait tout du vampire, même de son passé à New York. Les deux amants ne faisaient plus qu’un.
-Arrête. Dit-elle soudainement.
-De quoi ? Fit-il, innocemment.
-Tu es tendu, je le sens. Arrête de te mettre en mode flic et détends-toi.
-Désolé. L’habitude. J’ai toujours l’impression qu’on nous observe.
Elle s’arrêta, l’obligeant à faire de même.
-Il n’y a personne. On est tranquille. Tu n’as pas à t’en faire. Dit-elle en appuyant le ton à chaque fin de phrase.
-Hum…Bougonna-t-il en faisant une moue septique mais consentante.
Elena sourit et déposa un doux baiser sur ses lèvres. Elle recommença, encore et encore, jusqu’à ce qu’il réponde. Parfois, elle comparait son petit-ami à un animal sauvage qu’elle seule savait apprivoiser. Et elle se trouvait honorée d’avoir la confiance rare du vampire qui lui était accordée. Elle accorda ses baisers d’une tendre caresse sur le visage, faisant ainsi tomber les barrières chez son compagnon. Il s’abandonna à elle dans un élan d’amour.
-Tu vois ? Il n’y a que toi…et moi…Souffla-t-elle contre ses lèvres.
Il ne répondit pas mais il n’en eut pas besoin. Elle avait saisie. La sensibilité de Damon était tellement à fleur de peau qu’il se construisait un bouclier impossible à percer. Il renforçait ce dernier par des sarcasmes et une attitude insolente. Alors le silence, chez lui, était la plus belle partie de lui-même qu’il pouvait offrir. Cela voulait dire qu’il s’ouvrait.
-Merci…Dit-elle toujours dans un souffle tellement que la tension sexuelle dans l’air était palpable.
Il l’embrassa de la plus belle des manière qui soit et l’emporta avec lui dans un ballet sensuel de sentiments contradictoires mais passionnés. Ce fut elle qui rompu leur étreinte après des minutes interminables de caresses en disant qu’il était temps d’aller retrouver Jeremy au grill.
-Vas-y, je t’y rejoins. Répondit-il.
Il venait d’apercevoir Stefan qui, les mains dans les poches, errait dans la rue. Elle hocha la tête et entra dans le bar. Damon, d’une vitesse vampirique, se retrouva derrière Mikaelson. Il passa un bras amical autour des épaules de celui-ci. Au cours des derniers mois, Stefan n’allait pas bien. Lui et Klaus avaient été très proches avant la tragédie. Et savoir que son grand frère était sur le point de le tuer pour arriver à ses fins l’avait ébranlé. De plus, il était mis à l’écart du fait que son nom était associé au vampire psychopathe. Dépressif et isolé, Stefan passait ses journées à errer dans les rues sans but apparent. Seul Damon lui offrait un soutient et une amitié qui lui était cher.
-Mon Mikaelson préféré !
-Damon.
-On va tous au Grill, tu viens avec nous ?
Stefan ne répondit pas.
-Qu’est-ce qui ne va pas ?
-Tu le sais très bien, Damon. Je ne peux pas être avec vous.
-C’est pas parce que tu portes le même nom que ton frère psychopathe que t’es forcément comme lui !
Stefan eut un sourire crispé et répondit :
-T’es gentil.
-Ecoute, fit Damon en l’empoignant par les épaules contre toute attente, tu es mon ami, Stef. On se fout de ce que les gens pensent ! Si tu savais tout ce qu’on dit sur moi…plutôt m’enterrer vivant que d’en prendre compte ! Tu m’entends ?
Emu, Stefan hocha la tête.
-Et puis trouve-toi une copine. Tu fais vraiment pitié. Ajouta Damon de son fameux ton sarcastique.
Un véritable sourire s’afficha sur le visage du jeune Mikaelson. Damon mit une main derrière la nuque de son ami et l’emmena avec lui dans le bar. Cependant, avant d’entrer à son tour, il se retourna légèrement et scruta les horizons. Non, rien. Peut-être qu’Elena avait raison. Ses instincts de flic prenaient le dessus. Il soupira et entra finalement au Grill, mettant de côté cette désagréable impression d’être observé.
Alors que Damon fermait la porte, Katherine sourit. Cachée dans les taillis, elle n’avait quitté la scène des yeux. Ses yeux se noircirent de désir et elle se mordit la lèvre d’envie. Salvatore et tous ses petits étaient à elle. Sans oublier ce cher Jeremy. Elle savait à présent comment atteindre sa cible. Les veines creusées dans ses pommettes étaient le reflet de ce qu’elle était désormais. Ce fut dans un souffle perdu qu’elle susurra ces mots :
-C’est pour bientôt mon chéri…
