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Série : The Vampire Diaries
Création : 15.06.2014 à 23h46
Auteur : Sherwood
Statut : Terminée
« "Jeremy…J’ai besoin…de ton aide. Viens vite ! Non…Att…Damon ! Arrête ! DAMON !" Suite de l'EV "Sunshine" (J'écris seule, merci) » Sherwood
Cette fanfic compte déjà 20 paragraphes
CHAPITRE 11

Klaus jeta Stefan dans la cave de leur manoir et ferma la grille à clé. Il s’approcha du cachot, un sourire malsain sur les lèvres.
-Pourquoi tu fais ça ? Fit Stefan en s’asseyant tant bien que mal sur le sol dur et froid.
-Tu oses me demander ça, Stefan ?
La voix de Klaus était d’un calme effrayant.
-Je suis ton frère !
-Et tu m’as trahis. Répondit l’originel, sur un ton de fatalité.
-Tu m’as trahis ! Tu es devenu un monstre sans état d’âme qui ne pense qu’à sa petite personne.
-Devenu ? Mais je l’ai toujours été, petit frère.
-Tu mens.
-Je dois te laisser. J’ai quelqu’un à tuer.
-Klaus ! KLAUS !
Au même moment à New York, Damon était complètement catatonique au-dessus du corps de Katherine. Il ne comprenait pas encore ce qui s’était passé. Elle était morte. La femme qui avait changé sa vie à jamais était partie, disparue, morte. Et c’était lui qui l’avait tuée. Ce fut le sifflement d’une balle qui le réveilla de sa transe. Alaric ! Il avait oublié Alaric ! Il sortit prudemment de la pièce. Un silence de mort régnait dans le hall du ministère. Les gens se cachaient dans un coin, sanglotant silencieusement. Les hommes de la sécu décoraient le sol de leurs cadavres, gisant dans leur sang tandis que le complice de Katherine tirait toujours. Damon essaya de repérer Alaric. Il finit par le trouver coucher sur le sol, caché derrière une table renversé, l’arme en joue. Damon courut et se jeta à ses côtés.
-Tu vas bien ? Haleta Alaric.
-C’est moi le vampire ! Et toi ?
-Tu ne le croiras pas.
-Quoi ?
-C’est Lockwood.
-Tyler ?
-Non. L’oncle : Mason. C’est le complice de Katherine. D’ailleurs, qu’est-ce que t’en a fait d’elle ?
-Elle est morte.
Alaric en reste bouche bée. Il dévisagea son partenaire qui évitait son regard, faussement concentré sur Mason qui ne cessait de tirer sur eux. Lorsqu’une balle manqua Ric de peu, Damon s’énerva.
-Je vais me le faire !
-Damon !
Mais Alaric ne put arrêter le vampire. Ce dernier se leva en moins d’une seconde et se jeta sur Mason. Comme Tyler était un loup-garou, il ne prit pas de risque et lui arracha le cœur, même si la faim commençait à le tirailler. Alaric, qui le connaissait par cœur, commençait à le voir. Il fallait qu’ils rentrent à tout prix. Mais avant, ils devaient se débarrasser des corps et préparer une histoire crédible. Seulement, Damon n’était pas en état, il le voyait. Il se leva, évita de regarder le cadavre ensanglanté de Mason et mit deux mains sur les épaules de son meilleur ami. Cela sembla avoir un effet immédiat sur lui. Aussitôt, ses traits se détendirent et il leva les yeux vers lui. Une discussion muette s’opéra entre eux. Alaric passa une main réconfortante derrière la nuque de Damon. Celui-ci ne le laissait jamais faire ça. C’était la partie de son corps la plus vulnérable, là où l’aiguille était entrée. Le vampire lutta avec lui-même pour ne pas envoyer valser l’homme à qui il tenait plus que tout en dehors de son frère. Il respira fortement tel un cheval sauvage effarouché. Alaric lui massa alors la nuque, lentement, d’un geste tendre. Damon ferma les yeux et se concentra de toutes ses forces. Enfin, au bout d’une lutte acharnée de plusieurs minutes, il baissa la tête, permettant ainsi à son partenaire de le prendre dans ses bras.
-C’est fini, Damon. C’est fini.
Il sentit le souffle haletant du vampire sur son épaule et ses bras désespérément serrés autour de lui.
-C’est fini…Tout va bien maintenant.
Damon renifla en se retirant de l’étreinte. Alaric savait qu’il avait pleuré, il n’avait pas besoin de le voir. Ils entendirent alors l’équipe de Sommers débarquer dans le hall.
-Bon. Damon, tu m’écoutes attentivement. Tu vas rentrer à l’appart’, te nourrir d’une ou deux poches que j’ai mis dans le frigo et m’attendre. Compris ?
Son partenaire hocha la tête et disparu en un claquement de doigt. Alaric soupira. Maintenant il devait faire face aux humains. Il sortit son portable et se figea en lisant le message de Stefan :
« Silas s’est réveillé. Il est ici. Damon est son double. »
Alaric ne s’attendait certainement pas à celle-là. Il appela Stefan mais ça sonnait dans le vide.
-Super…
-Officier Saltzman ! Pouvez-vous me dire ce qui s’est passé ici ?
Mince ! Alaric avait complètement oublié Sommers. Qu’allait-il lui dire ? En plus il n’avait même pas eu le temps de s’occuper des corps !
-Heu…Pierce et un complice ont tiré sur nous, capitaine.
-Vous les avez attrapés ? Où est Salvatore ?
-Heu…C’est-à-dire…Et bien…
-Saltzman !
-Damon a tué Pierce.
Cette information sembla prendre de cours la jeune femme.
-Il y est finalement arrivé…Murmura-t-elle.
-Pardon ?
-Hum ? Rien. Je vais appeler notre légiste. Où est-elle ?
-Heu…On pourrait laisser l’équipe médicale s’en charger.
-Pourquoi ? Fit-elle à présent suspicieuse.
-Heu…Parce que…
Il devait absolument trouver quelque chose, tout de suite et maintenant.
-Parce que j’aimerais vous offrir un verre ! Lâcha-t-il d’un coup.
Sommers ouvrit grand la bouche puis ses joues se mirent à rosir.
-Ouais. Pourquoi pas. Répondit-elle, le sourire jusqu’aux oreilles.
-Super. Je…Je vais régler deux trois trucs et je reviens. Ne bougez pas !
Il s’éclipsa rapidement et se précipita vers le corps de Mason, encore à l’abri des regards.
-Franchement, merci Damon ! Jura-t-il en tirant le corps dans la salle où se situait celui de Katherine.
Il le jeta auprès de son amante, prit un briquet dans l’un des bureaux de la salle, s’emparer d’un bidon d’essence dans le local ménager et mit le feu aux corps. Il toussa un peu et sortit de la pièce sans tarder.
-Au feu ! Au feu ! Hurla-t-il.
L’alarme s’enclencha et une véritable marée humaine se précipita hors du bâtiment.
-Il ne manquait plus que ça ! S’exaspéra la capitaine en regardant le bâtiment brûler.
-Ouais…Soupira-t-il à ses côtés.
-Du coup, je n’aurais que votre déposition pour le dossier.
-Heu…ça vous dit toujours ce verre ?
Un délicieux sourire se dessina sur ses lèvres et elle hocha la tête. Pendant ce temps, Damon se nourrissait, affalé dans le lit. Il n’arrivait pas à se calmer. C’était pourtant fini. Elle était morte ; Jeremy et le reste de ses proches en sécurité. Alors pourquoi n’arrivait-il pas à se calmer ? La mort de Katherine avait chamboulé quelque chose en lui. Il priait pour qu’Alaric rentre le plus vite possible. Afin de passer le temps, il avait essayé de regarder la télé mais à chaque fois s’était pour tomber sur une chaîne d’info qui parlait de « l’incroyable exploit d’un flic pour sauver son frère ». Les livres mis en vrac sous le lit, il les avait déjà tous lu et leur chaîne Wi-Fi était morte. Il soupira et se retourna dans le lit. Quelque chose n’allait pas. Il se leva, fit les cent pas, se recoucha et se releva. Il devait prendre l’air ! Il sortit rapidement de l’appart’ et s’engagea dans la rue. La veste à la main, l’air sombre, il erra dans les rues durant un bon bout de temps. L’air frais de la nuit s’engouffrait à travers sa chemise et vint embrasser sa peau. Il laissa son esprit nager dans ses souvenirs. Il pensa à son enfance avec Jeremy, son overdose, l’académie de police et puis Katherine. Il s’était construit avec elle. C’était elle qui avait fait de lui ce qu’il était. Et maintenant elle était morte ! Il l’avait tuée ! Soudain, il se rendit compte que ses crocs avaient poussé. Que lui arrivait-il ? Il leva la tête et s’aperçut qu’il se trouvait dans une impasse. Seule la lumière d’un lampadaire à l’arrière d’un restaurant l’éclairait. Un bruit attira son attention. C’était une jeune fille, une serveuse, qui venait sûrement de terminer son service. Elle sortit par la porte de derrière du resto, mit son manteau et remonta la rue. Avant même qu’il ne réfléchisse, il se trouva devant elle.
-Oh ! Vous m’avez fait peur. S’exclama-t-elle, un sourire timide sur les lèvres.
-Excusez-moi. Je ne le voulais pas. Surtout à une aussi jolie fille comme vous.
Elle gloussa en passant une mèche de cheveux derrière son oreille.
-Mira ? C’est ça ? Fit-il en lisant sur son badge.
-Oui. Et vous ?
Mais que faisait-il à la fin ?! Ric lui avait dit de rester à l’appartement. Jeremy était à l’hôpital et lui…lui, il draguait des nanas la nuit dans une impasse ! Oui sauf que Katherine est morte. Voilà, c’était ça. Après tout, c’était normal. Il était et sera toujours un monstre. Tout ça à cause d’elle.
-Je m’appelle Damon et je vais vous tuer. Dit-il d’une voix neutre.
-Que…Quoi ? Balbutia-t-elle subitement en reculant.
Du Katherine tout craché. Même dans la mort, elle lui empoissonnait l’existence ! Damon, tu dois retourner à l’appart. Ric t’attends. Non, il ne pouvait pas. Tout ça, c’était à cause de lui. L’accident de Jeremy…Klaus…les hybrides…et maintenant la mort de Katherine ! Soudain, Damon se mit à rire.
-Tu dois jubiler, Kat ! Tu as vu ce que t’as fait de moi ? J’arrive même à culpabiliser de ta mort ! Railla-t-il en s’adressant au ciel.
Mira, la serveuse, continuait de le regarder avec peur. Complètement affolée, elle essaya de s’enfuir mais il l’arrêta. Il la plaqua contre le mur et caressa ses longs cheveux. Katherine avait les mêmes.
-S’il vous plaît…Ne me faîtes pas de mal…Pleura-t-elle.
-Je suis un junkie, Mira. Pendant longtemps j’ai cru que c’était la cocaïne ma drogue. Mais non. C’était elle. C’était Katherine, ma drogue. Et là tu vois, je suis en manque.
Il se jeta sur elle, déchirant sa fine gorge, se nourrissant avidement. Il en mettait partout, aspirant salement le sang de cette fille. Il continua de la déchiqueter jusqu’à ce qu’elle soit morte, avec lui.
CHAPITRE 12

Tandis que Stefan était enfermé dans la cave du manoir, Klaus alla rejoindre Silas devant la maison du maire. Il avait encore du mal à s’habituer au réel visage du sorcier. Par moment, il oubliait que c’était Silas et avait l’envie de lui mettre une droite. Seul une lueur dans le regard, une lueur différente, à la fois belle et dangereuse témoignait de sa véritable identité. Et puis, Silas n’avait pas les mêmes gestes, la même attitude et le même regard que son double. Il favorisait le port de t-shirt alors que le flic préférait davantage les chemises et les vestes en cuir. Mais c’était surtout dans sa voix qu’on reconnaissait Silas. Il avait une façon particulière de s’exprimer. Klaus le remarqua lorsqu’il le retrouva.
-Bien dormi ? Fit le sorcier, un sourire au coin des lèvres.
-Bof.
-Stefan est toujours vivant ?
-Pour l’instant. Bennett est chez lui ?
-Affirmatif, chef ! Plaisanta Silas en lui faisant un salut militaire.
Klaus leva les yeux au ciel. Après avoir découvert son visage, l’originel découvrait sa personnalité. Apparemment, Silas était un blagueur.
-Et sa fille ? J’ai pas envie de me confronter à une sorcière ce matin.
-Soirée pyjama chez Caroline. Et puis, ne t’en fais pas. Elle est à moi.
-Oh, je te la laisse volontiers !
-Alors, on se le fait ce petit meurtre ? Lança Silas en se frottant les mains.
-Je t’en prie, les plus vieux d’abord. Répondit Klaus en reculant afin de le laisser passer.
Silas hocha la tête, un sourire à la fois flatté et ironique sur les lèvres, avant de passer devant l’originel et d’entrer chez les Bennett sans frapper.
Alaric se tourna dans le lit. C’était le petit matin. Il avait passé une excellente soirée en compagnie de son ancienne capitaine. Jamais il n’aurait cru ça possible. Leur travail avait disparu de leur conversation. Ils n’étaient plus que deux amis, en train de boire un verre. C’était seulement quelques heures plus tard qu’il avait ressenti une étrange culpabilité. C’était là qu’il s’était souvenu de Damon. Aussitôt il s’était excusé et était rentré. Une fois rentré à l’appartement, il avait trouvé son partenaire profondément endormi sur le lit. Il avait soupiré, avait retiré sa veste et s’était couché à ses côtés. Damon paressait toujours si jeune, si apaisé, si humain lorsqu’il dormait. Ça rassurait Alaric. Il avait froncé les sourcils en apercevant le sang sur la chemise de son meilleur ami, mise en boule dans un coin. Il avait préféré ne pas se poser de question et s’était endormi. Ainsi, il se réveilla reposé et de bonne humeur. Il se leva avec précaution, ne voulant pas réveiller son partenaire. Damon dormait rarement ces temps-ci. Et même s’il était un vampire, il en avait besoin. Surtout quand il devenait irritable ! Mais la soirée d’hier riche en émotions avait apparemment épuisé le vampire. Alaric profita de ce moment seul et calme pour prendre son petit-déjeuner, tranquille. Une heure plus tard, il appela l’hôpital pour avoir des nouvelles de Jeremy et Anna. Les ados se remettaient plutôt bien de l’accident. Ils pourront bientôt sortir. Il raccrocha, un poids soulevé de sa poitrine. Il regarda l’heure. Il était midi. Un sentiment d’inquiétude s’empara de lui. C’était étrange, jamais Damon ne dormait autant. Il se leva et alla le retrouver. Le vampire dormait toujours aussi profondément. Il s’assit sur le lit et le secoua.
-Damon…Aller marmotte, il faut se réveiller.
Son partenaire l’ignora. Sa respiration garda la régularité du sommeil.
-Damon. Je sais que tu m’entends. Debout !
Mais il ne bougea pas. Excédé, Alaric retira la couverture et le secoua fortement. Mais Damon ne se réveilla pas. Alarmé, le flic grimpa sur le lit et secoua son partenaire dans tous les sens.
-Damon ! Réveille-toi ! DAMON !
Enfin, le vampire grogna et bougea faiblement dans ses bras.
-Damon ?! Damon, ouvre les yeux.
Le visage blême de Salvatore se froissa et il entrouvrit les paupières.
-Ric…Laisse-moi dormir…Râla-t-il.
-Putain, tu m’as fait peur crétin !
-Hum…
Damon se retira des bras de son meilleur ami et s’enfonça dans le matelas.
-Comment ça se fait que tu sois aussi crevé ?
-Sais pas…
Il avait refermé ses yeux et commençait déjà à sombrer de nouveau dans le sommeil.
-Et c’est quoi tout ce sang ? Damon !
Mais le vampire s’était rendormi. Alaric leva les yeux au ciel. Il allait s’énerver lorsqu’il repensa à hier soir. Evidemment, Damon avait été affecté par la mort de Katherine. Peut-être qu’il devrait le laisser se reposer.
Ça faisait une heure que Bonnie essayait de contacter son père. Seulement, ça faisait une heure qu’il ne répondait pas au téléphone. Elle soupira en rangeant son portable. Il devait être occupé, comme d’habitude.
-Tout va bien ? Fit Elena, à côté d’elle.
-Oui. C’est juste mon père qui ne répond pas.
-Tu sais, avec toutes ses nouvelles responsabilités entant que maire…
-Ouais. Sans doute.
Les deux amies étaient installées à une table au Mystic Grill. Elles y prenaient un petit-déjeuner avant d’aller en cours.
-Moi, mon père vient de partir à Los Angeles pour deux semaines à propos d’une conférence sur la greffe de cœur. Commença Elena.
-Est-ce que tes parents savent pour…tu sais quoi. Demanda la sorcière.
-Je ne pense pas. Ils n’en montrent aucun signe en tout cas.
-Et si jamais il découvrait que…
-…je sors avec un vampire ? Termina-t-elle.
Bonnie hocha la tête.
-Et bien je ne sais pas. Espérons que ça n’arrive pas.
-Ouais. Mais si jamais…Attends, Damon ne devrait pas être à New York en ce moment ? Fit subitement la jeune fille à la peau noire.
-Si. Pourquoi ?
Elle vit que Bonnie regardait derrière elle. Elena se retourna et se figea net. Damon Salvatore marchait dans le bar à leur rencontre. C’était quoi ce délire ? Elle se leva comme si une aiguille l’avait piquée et resta bouche bée lorsque Damon se retrouva à sa hauteur.
-Da…Damon ? Que fais-tu ici ? Tout va bien ? C’est Jeremy ? Qu’est-ce qui se passe ?
-Tu me manquais ! Répondit-il, les mains dans les poches, un fin sourire aux coins des lèvres.
Il se pencha vers elle et elle se laissa prendre dans ses bras. Quelque chose n’allait pas. Elle le sentait. Damon n’était pas…comme ça. Bonnie regarda la scène, intriguée.
-Chéri, dis-moi ce qu’il y a. Pria Elena, deux mains sur les joues de son amant.
-Mais rien, ma puce. J’avais juste besoin de ça. Répondit-il en caressant lentement les épaules de la jeune fille.
-Damon…
-Oh, au fait Bonnie, l’interrompit-il en s’adressant à la sorcière, tu ferais mieux de rentrer chez toi. Ton père t’attends.
Bonnie fronça les sourcils. Elle se leva, mit son sac sur son épaule et échangea un regard inquiet avec Elena.
-Merci, Damon. Dit-elle en passant devant lui.
Elle posa une main sur le bras du vampire. Elle afficha un faux sourire tandis qu’un froid paralysant secoua son échine. Elle ne comprenait pas mais quelque chose n’allait pas chez Damon. Elle avait ressenti comme de l’électricité à son contacte. Elle pencha la tête et sortit du Mystic Grill.
-Damon, qu’est-ce qui ne va pas avec son père ? S’affola Elena.
-Chut…Calme-toi bébé. Souffla-t-il contre ses lèvres.
La jeune fille fronça les sourcils. Damon ne l’appelait jamais « bébé ». Elle ne put réfléchir davantage, son amant venait de l’embrasser. Dieu, il lui avait tellement manqué. Elle se laissa aller et l’embrassa en retour avec passion. Seulement, Damon était loin d’être doux. C’était un baiser rude et sauvage, parfois il était à la limite de lui faire mal. Soudain, il mordit sa lèvre inférieure.
-Outch ! Damon ! S’écria-t-elle en s’écartant violemment de lui.
Mais ce qu’elle vit n’était pas Damon.
CHAPITRE 13

Bonnie arriva en courant chez elle. Elle vit avec effroi tout un convoi de flics garé autour de la maison. Elle courut encore plus vite et se jeta contre la porte.
-Mademoiselle !
Un flic l’empêcha d’entrer chez elle.
-Lâchez-moi ! Je dois voir mon père ! Mais lâchez-moi !
Hystérique, elle griffa les bras qui la retenaient. Mais l’homme ne céda pas. Soudain en proie aux émotions, Bonnie laissa la magie l’envahir et elle envoya le flic valser de l’autre côté de la route. Tandis que ses collègues partirent l’aider, Bonnie en profita pour se faufiler dans la maison. A peine avait-elle mis un pied sur le plancher qu’elle eut envie de vomir. Du sang. Partout. Le sol, les murs, les meubles, les tableaux, les tapis, le plafond, les portes, les fenêtres, les photos de famille, les escaliers, la vaisselle, les plantes, tout était couvert de sang. Ça en ruisselait de partout, s’égouttait du plafond, coulait le long de la rampe d’escalier, s’étendait sur le sol d’entrée, suintait des serrures, colorait les murs d’un rouge colère. Elle sentit ses jambes trembler et s’écrouler sous son poids. Des larmes dépourvues de tristesse perlèrent de ses yeux vides. Sa peau était glacée tout comme ses émotions. Ses yeux balayèrent la maison. C’est là qu’ils rencontrèrent les yeux cadavériques de son père. Il était étendu, là, baignant dans une mare de sang, la télécommande encore dans la main, le corps déchiqueté et dévoré. La jeune fille, abrutie mentalement, rampa vers le corps de son père. Elle enfonça ses mains dans sa poitrine ouverte, comme pour le couvrir. Son père a toujours été pudique. Elle laissa de grosses larmes mouiller le visage inerte de l’homme qu’elle a aimé et qu’elle aimera toujours.
-Non…S’étrangla-t-elle.
Un son. Enfin un son. Elle crut ne jamais pouvoir parler à nouveau après avoir vu une telle horreur. Elle frissonna violemment. Comme le froid qui l’avait saisie après avoir touché Damon. Damon…C’était lui ! C’était lui qui l’avait tué ! Non, pas Damon. Mais…Silas. Il était de retour. Il avait tué son père. Elena, elle devait penser à Elena, la prévenir ! Mais tout ce qu’elle pouvait faire à l’heure actuelle, c’était de pleurer sur le corps de son père.
Stefan devenait de plus en plus faible. La faim le tiraillait comme un monstre qui le dévorait de l’intérieur. Ses yeux se mirent à verser des larmes d’agonies. Si seulement Damon était là. Si seulement Damon comprenait. Et puis où étaient Elijah, Rebekah, Kol et Finn ? Où était sa famille ? Finalement, il en avait pas. Si. C’était Damon sa famille. Et il l’avait trahi. En fait, il ne méritait pas de vivre. Il devait mourir. Voilà pourquoi il était dans cette cave. C’était pour mourir. Cette cave sera sa tombe. Stefan ferma les yeux et se laissa aller. Tous ses muscles se détendirent. Il se sentit glisser contre la paroi rocheuse, sa conscience l’abandonner, et enfin son envie de vivre s’en aller.
-Stefan ! Oh mon dieu, non ! Pas ça ! Stefan !
La porte s’ouvrit, grinçant furieusement comme si elle était dérangée en plein sommeil. Des pas légers et calculés se précipitèrent vers le corps du vampire.
-T’en fais pas, Stefan. Ça va aller. Je vais t’aider.
Un poignet se présenta à la bouche sèche et rugueuse du vampire. Mais ce dernier ne mordit pas.
-Aller Stefan !
Un clou déchira la fine peau et un filet de sang s’écoula de la plaie. Aussitôt les veines noires affamées sortirent sous ses yeux fermés. Les crocs en firent de même et mordirent. Stefan inspira profondément, savourant cette essence de vie qui chatouillait sa gorge.
-Merci. Fit-il après s’être nourri, sans même connaître l’identité de son sauveur.
Lorsque donc il souleva les paupières, il fut surpris de se retrouver face à Caroline Forbes.
-Caroline ? Que…Comment ?
-Je ne sais pas. J’étais chez moi. Je rangeais ma chambre…la veille, Bonnie et moi avions fait une soirée pyjama, je remettais tout en ordre quand je t’ai entendu.
-Tu m’as…entendu ?
-Oui. C’était comme si je sentais ta douleur à l’intérieur de moi. Je ne me souviens plus comment mais je suis arrivée ici. Je t’ai vu dans cette cave et…
-Merci.
Elle lui sourit avant de l’étreindre.
-Tu m’as sauvé la vie, Caroline.
-Pour une fois que je sauve la vie de quelqu’un et que personne ne sauve la mienne ! Plaisanta-t-elle.
La légèreté et joie de vivre de Caroline apaisa le vampire en détresse.
-Il faut que je retourne à New York. Il faut que je retrouve Damon.
-Damon ? Mais je croyais qu’il était revenu !
-Quoi ?
-Je l’ai vu marcher dans la rue en direction du Mystic Grill.
-Non. Ce n’est pas Damon. C’est Silas, un puissant sorcier.
-Mais c’est affreux ! Oh non…Elena !
-Caroline, aide-moi à me lever !
La jeune fille mit un bras autour de sa taille et les redressa tous les deux.
-Merci…Haleta-t-il.
-Ça fait beaucoup de Merci ! Rayonna-t-elle.
Il sourit et eut la force de se mettre debout, bien droit. Maintenant, il devait se débarrasser de Silas. Pendant ce temps, Klaus et ses hybrides avaient pris possession de la ville. Cette dernière était dorénavant gouvernée par eux. Les humains ne comprenaient pas ce qui se passait. Tout ce qu’il savait c’est que le maire avait été sauvagement assassiné ce matin et qu’un certain Niklaus Mikaelson avait pris sa place.
Alors que la petite ville de Mystic Falls devait faire face à ce changement surprenant au sein de sa mairie, New York réveilla Jeremy. L’adolescent ouvrit les yeux et fronça le nez en s’apercevant qu’il était dans une chambre d’hôpital. Il se passa une main sur le visage, fatigué. Il se mit sur ses deux pieds et se dirigea vers la salle de bain. Il ouvrit le robinet et passa la tête sous l’eau pour se réveiller. Il se souvint alors de Katherine, de l’accident, d’Anna et de Damon. Il devait voir si sa meilleure amie allait bien. Il allait sortir de la pièce lorsqu’il entendit son portable. Il le chercha frénétiquement dans la pièce et tomba dessus, caché dans les draps de son lit. Il regarda l’écran : C’était Alaric. Il appuya sur le bouton « prendre l’appel » avec un sourire.
-Hey, Ric ! Comment ça va ?
Mais le flic ne lui répondit pas. Il entendit un halètement, comme si l’homme à l’autre bout du fil était essoufflé.
-Ric ?! S’alarma-t-il en s’habillant en même temps, près à partir le rejoindre si nécessaire.
-Jeremy…J’ai besoin…de ton aide. Viens vite ! Non…Att…Damon ! Arrête ! DAMON !
Et la communication fut coupée.
-Alaric ! Hurla le garçon, totalement paniqué.
Que se passait-il avec son frère ? Il devait absolument revenir à l’appartement ! Il sortit en trombe de sa chambre et se rua dans celle d’Anna. La jeune fille était levée et apprêtée. Elle essayait de faire face à la mort de sa mère même si on voyait bien que ça n’allait pas. Elle lui sourit en le voyant entrer mais son sourire s’effaça très vite lorsqu’elle vit la mine affolée chez son meilleur ami.
-Jer ? Qu’est-ce qui ne va pas ?
-Alaric m’a appelé. Il se passe quelque chose. On doit y aller.
-Mais sans l’autorisation du médecin on ne peut…
-Aller Anna !
Il l’attrapa par la main et la tira dans le couloir. Ils coururent jusqu’à la grande porte de sortie. La réceptionniste tenta de les arrêter mais avant qu’elle ne put prévenir la sécurité, ils étaient déjà dehors. Comme ils n’avaient plus de voiture, ils durent courir. Ors, l’appartement de Damon était à l’autre bout de Manhattan. Jeremy se concentra sur l’image de son frère et courut aussi vite qu’il put. A cet instant, Alaric se trouvait dans une fâcheuse posture. Damon s’était réveillé quelques heures auparavant. Il avait l’air complètement sonné et abruti, comme drogué. Il avait dit d’une voix neutre et robotique :
-J’ai faim.
Avant de se jeter férocement sur son partenaire. Celui-ci avait essayé d’atteindre l’aiguille remplie de verveine qui se trouvait dans la poche de sa veste mais Damon l’avait plaqué contre le mur, une lueur de folie dans le regard. C’était à présent dans cette position qu’il se trouvait.
-Damon ! C’est moi ! Arrête ! Damon !
D’une main tremblante, il prit son portable et appela Jeremy, contenant tant bien que mal le vampire affamé. Alors qu’il demandait de l’aide à l’adolescent, Damon plongea sur sa gorge.
-Non…Att…Damon ! Arrête ! DAMON !
Le portable tomba sur le sol tandis que Damon se nourrissait de son meilleur ami. Il but goulument, avidement, inconscient du mal qu’il faisait. Alaric pria pour que Jeremy arrive au plus vite. Il savait que c’était mettre le jeune homme en danger mais il espérait qu’il puisse ramener son frère à la raison. Il se débattit comme il put jusqu’à ce que les forces lui manquent. Damon commençait à boire beaucoup trop. Il se sentit glisser contre le mur quand la porte claqua violemment. Jeremy et Anna débarquèrent dans la pièce, choqués par la scène. Jeremy n’attendit pas plus longtemps et accourut vers eux. Il essaya de tirer Damon d’Alaric mais ce fut peine perdue. Alors il le lâcha et chercha un autre moyen.
-Parle-lui ! S’écria Anna qui voyait Alaric sombrer petit à petit vers l’inconscience.
-Heu…D’accord. Heu…Damon, c’est moi, c’est Jeremy. Arrête, s’il te plaît. T’es en train de faire du mal à Alaric, ton meilleur ami. Je t’en prie. Arrête, fais-le pour moi. Damon…Tout va bien se passer. Crois-moi. Viens vers moi.
Lentement, le vampire se retira de sa victime. Il fixa le garçon avec intensité. Leurs regards se croisèrent et pendant un instant, Jeremy crut revoir son frère. Soudain, ce dernier fondit sur lui et le mordit.
CHAPITRE 14

Jeremy n’avait jamais ressenti une telle douleur. Incapable de se contenir plus longtemps, il hurla. Il n’essaya même pas de se débattre, ça faisait trop mal. Il sentit ses larmes salées glisser lentement le long de ses joues, les crocs de son frère lacérer sa gorge, ses mains féroces s’agrippant à lui comme dans un état de détresse. Jeremy savait au fond que quelque chose n’allait pas avec son frère. Damon n’allait pas bien, pas bien du tout. Il…Il avait mal ?
-DAMON !
Alaric s’était emparé d’une aiguille de verveine et l’avait planté avec force dans le cou du vampire. Aussitôt, Damon s’était retiré de l’adolescent, avait reculé et avait regardé son partenaire avec des yeux horrifiés.
-Pourquoi ? Souffla Damon avant de s’écraser au sol, affaibli par la plante.
Il demeura encore conscient quelques minutes, battant des bras et des jambes comme un animal drogué puis sa tête retomba sur le parquet, inerte. Alaric se battit avec les larmes. Jamais il n’aurait pensé injecter de la verveine à son meilleur ami. Il se jeta aux côtés du vampire, dégageant les quelques mèches noires rebelles de son front. Anna, elle, fonça vers Jeremy qui était complètement sonné.
-Jer ! Tu vas bien ?
L’adolescent secoua la tête. Evidement qu’il n’allait pas bien, il venait de se faire attaquer par son frère vampire !
-Viens Jeremy, je vais te nettoyer. Dit-elle calmement en l’emmenant vers la salle de bain.
Elle le fit assoir sur les toilettes et entreprit de nettoyer le sang de son cou. Après avoir désinfecté, elle appliqua un pansement sur la plaie avec douceur. Pendant ce temps, Alaric avait couché Damon sur le lit, le berçant comme si c’était un enfant malade. Il ne savait pas trop ce qu’il devait faire. La verveine n’allait pas agir longtemps. Devait-il l’enchaîner ? Non, il ne pouvait pas lui faire ça ! Que s’était-il passé ? Même dans la mort, Katherine les emmerdait toujours !
-On devrait rentrer à Mystic Falls. Fit une voix grave derrière lui.
Il se retourna et aperçut Jeremy. Anna était derrière lui, une main sur son épaule. L’ado continua :
-Plus rien ne nous retient ici. Katherine est morte, on a fait ce qu’on avait à faire. Damon a besoin d’aide. On en trouvera sûrement davantage à Mystic Falls qu’ici.
Alaric tourna la tête vers le vampire inconscient. Jeremy avait raison, il le savait.
-Bien. On attend qu’il se réveille et on rentre à la maison.
Jeremy hocha la tête. Pendant l’inconscience de Damon, Alaric en profita pour mettre au courant les deux adolescent à propos de Klaus, des hybrides et de Silas.
A Mystic Falls, Stefan et Caroline couraient en direction de chez Bonnie. Ils avaient besoin de la sorcière pour ramener Qetsiyah, le seule personne dans ce monde qui puisse tuer Silas. Lorsqu’ils arrivèrent devant la maison de leur amie, ils se heurtèrent à tout un convoi de flics.
-C’est quoi ce bordel ?! S’écria Stefan, abasourdi.
-C’est Silas.
Ils se retournèrent et virent Bonnie, couverte de sang de la tête aux pieds.
-Bonnie ?! Que s’est-il passé ? S’exclama Caroline en s’approchant d’elle avec prudence.
-Silas a tué mon père. Dit-elle d’un ton qui rendait ce fait tout à fait banal.
Toute émotion était absente de son visage. Elle était vide, telle une poupée de chiffon.
-Je…Je suis désolé, Bonnie. Dit Stefan.
-Silas doit mourir. Répondit-elle.
-Oui. Pour cela on doit ramener Qetsiyah à la vie. Tu sais comment faire ?
-Je pense.
Sur ce, elle marcha droit devant elle, les ignorant totalement. Stefan et Caroline se regardèrent, haussèrent les épaules et la suivirent. Ils arrivèrent dans une grotte, creusée dans la roche au sein de la forêt qui entourait la ville. Bonnie y sortit des bougies qui étaient cachées dans un coin, du sel et un peu de sang. Elle traça des symboles étranges sur le sol, dessina un cercle de sel et plaça les bougies de manière à faire apparaître une étoile de David. Quand tout ça fut fait, elle entra dans le cercle, leva les mains et des incantations plus complexes les unes des autres surgirent de sa bouche, comme si elles étaient en vie. Un vent violent se souleva, les bougies s’éteignirent et le sel vola. Caroline s’accrocha à Stefan, dépassée par les évènements. Puis brusquement, tout s’arrêta. Les bougies se rallumèrent, le sel retomba et Bonnie se tourna vers eux. Mais quelque chose d’autre était en train de se passer. Tout d’un coup, la sorcière se décupla. La deuxième Bonnie se mit à changer. Ses traits s’affinèrent, ses yeux s’agrandirent, ses jambes s’allongèrent et ses cheveux poussèrent. La belle et diabolique Qetsiyah se trouvait désormais devant eux.
-Bien joué, Bonnie. Dit-elle en levant la tête d’un air hautain.
-Je dois refermer le voile. Répondit la jeune sorcière.
Qetsiyah hocha la tête et Bonnie laissa échapper de nouvelles incantations. Stefan fronça les sourcils. Peut-être devrait-il en profiter pour ramener d’autres personnes, comme sa mère, ou même les parents de Damon. Ainsi ce dernier le pardonnerait-il peut-être. En tout cas, ça aiderait. Mais avant qu’il ne puisse dire quoique ce soit, le voile était refermé. Il se reprit et adressa un sourire à la sorcière vieille de plusieurs millions d’années, même si elle en paraissait vingt.
-Vous voulez la mort de Silas et moi aussi. Mais il y aura un prix à payer.
-Quel genre de prix ? Demanda-t-il, un sentiment de malaise broyant son estomac.
-Vous verrez. Maintenant, où est l’amour de ma vie ?
Alaric était au commissariat de New York. Il discutait en ce moment même avec la capitaine Sommers.
-Vous partez ? Pourquoi ? S’écria cette dernière.
-On était venu ici pour Pierce. Maintenant qu’elle est morte, on n’a plus rien à faire ici.
-Le cartel avec qui Katherine travaillait est toujours opérationnel ! On doit le démanteler. Ric, quelle est la vraie raison de votre départ ?
Alaric soupira avant d’avouer :
-Damon ne se sent pas bien, avec la mort de Pierce et tout ça…Il a besoin de rentrer chez lui. On doit rentrer chez nous.
-Ouais. Je comprends.
Il perçut une lueur de tristesse dans le regard de la belle rousse. Puis sans s’en rendre compte, il lâcha :
-Venez avec nous.
-Quoi ?
-Venez avec nous. Répéta-t-il, à présent sûr de lui.
-Non…Saltzman. Je ne peux pas.
-Si vous pouvez ! Prenez vos affaires et venez avec nous. Il y a toujours du boulot pour les flics à Mystic Falls, croyez-moi…
-Alaric…
Ils se fixèrent intensément jusqu’à ce qu’elle sourisse.
-Laissez-moi avant régler deux trois petites choses ici. Passez me prendre vers six heures.
Un large sourire se dessina sur les lèvres du flic et pris par les émotions, il l’embrassa passionnément sur les lèvres, rattrapant tout ce temps perdu où il en avait eu envie. Dans le commissariat, on poussa des exclamations de joie et de surprise, applaudissant le nouveau couple. Enfin, il la lâcha, laissant une Jenna à la fois déboussolée et heureuse. Il pensait encore au baiser quand il rentra à l’appart. Son cœur se serra lorsque ses yeux se posèrent sur le corps de Damon, enchaîné au lit.
-Il ne s’est toujours pas réveillé. Fit Jeremy.
L’adolescent n’avait pas quitté un seul instant le chevet de son frère, comme lorsqu’à l’époque il faisait overdoses sur overdoses et collectionnait les séjours à l’hôpital.
-Pourtant je ne lui ai injecté qu’une faible dose. Répondit-il, se sentant toujours coupable pour ça. A ce moment, Damon poussa un gémissement.
-Damon ! S’écria le garçon.
-Ecarte-toi Jeremy ! Cria Alaric en poussant l’adolescent.
-Mais il ne me fera rien !
-Tu n’en sais rien. J’ai pas envie de retenter l’expérience de toute à l’heure.
Damon se sentait fébrile, faible et groggy. Il essaya de bouger mais étrangement, il ne put guère. Il ouvrit les yeux et leva lentement une main. Il comprit alors pourquoi ce manque de mouvement : de grosses chaînes emprisonnaient ses membres. Mais pourquoi ? Enfin, il se souvint. Il s’était attaqué à Alaric…à Jeremy. Mon dieu, il s’en était pris à son petit frère ! Il laissa une larme s’échapper de ses yeux lorsque son regard croisa le sien…
CHAPITRE 15

Non, l’homme qui se trouvait devant elle n’était pas Damon. C’était impossible. Damon ne la regardait jamais comme si elle était une sorte de friandise, il ne la léchait pas du regard avec envie, son sourire n’était pas un sourire fourbe ou mesquin et enfin, son humanité se trahissait dans ses yeux. Mais dans ces yeux-là, il n’y avait aucune humanité.
-Damon ?
Le Damon qui se trouvait en face d’elle esquissa un petit sourire avant de sortir du Grill par la porte de derrière. Il savait qu’elle allait le suivre. Il en avait besoin pour faire ce qu’il fallait, pour la tuer. Il se retourna et se trouva, comme prévu, en face de la jeune fille. Ils étaient désormais isolés, à l’arrière du bar.
-Damon, chéri, qu’est-ce qui se passe ? Demanda-t-elle d’un ton presque naïf.
Il aimait ce ton chez ses victimes. Il adoucit son visage et s’approcha lentement d’elle, un regard amoureux dans les yeux. Elle se laissa faire, évidemment.
-Je t’aime tellement…Souffla-t-il.
Elena en tomba dénue. Damon ne lui avait jamais dit les trois mots. Elle, souvent, mais lui, il esquivait toujours par des : moi aussi ou idem. C’était encore une étape qu’il n’avait pas réussi à franchir. Alors elle laissa ses peurs s’envoler et s’abandonna dans ses bras. Elle l’embrassa d’abord comme une petit écolière toute timide puis après comme une femme qui savait ce qu’elle voulait. Il profita de cette ignorance pour s’emparer discrètement du couteau qu’il avait mis à l’arrière de son pantalon et le tendre sous la carotide fragile de sa future victime. Soudain, la porte du bar s’ouvrit à la volée et une Bonnie affolée surgit.
-Elena ! Ce n’est pas Damon ! C’est Silas !
Elena regarda son amie avec des yeux avant d’apercevoir enfin le couteau entre les mains du sorcier. Elle hurla d’effarement tandis que Silas s’avançait vers elle, l’armée tendue. Cependant, il n’atteignit pas un seul des cheveux d’Elena. Stefan s’était rué sur lui, le plaquant sauvagement au sol. Caroline prit la main de la jeune fille apeurée et la tira vers elle, la forçant à rentrer dans le bar.
-Aaaah…Toi ! J’aurais dû te tuer quand j’en avais eu l’occasion ! Rugit Silas en se débattant avec Stefan.
Ce dernier lui décrocha une bonne droite au visage, en essayant de ne pas imaginer Damon à la place. Il frappa et frappa jusqu’à l’épuisement. Pourtant Silas, un peu sonné, ne sembla pas avoir une seule égratignure.
-C’est tout ce que tu as ? Même mon stupide double pourrait faire mieux !
Enragé, Stefan le souleva et le claqua contre le mur, faisant sauter quelques briques. Cette fois, Silas contrattaqua. Il utilisa son cerveau et ses pouvoirs pour faire souffrir son assaillant. Pris d’un atroce mal de tête, Stefan lâcha sa proie dans un cri de douleur. On aurait dit que des milliers de poignards lui transperçait le crâne.
-Suffit ! S’écria une voix forte derrière eux.
Silas se retourna et la surprise le cloua sur place lorsqu’il reconnut Qetsiyah.
-Toi ? Fit-il en reculant lentement.
-Moi. Alors quoi, Silas ? Tu ne m’embrasses pas ? C’est vrai que tu préférais cette petite pimbêche d’Amara. Au fait, comment va-t-elle ? Toujours aussi morte ?
Les traits de Silas se tendirent et des larmes apparurent dans ses yeux.
-Tu paieras, espèce de sale garce !
Il se rua vers elle mais aussitôt, il fut soulevé dans les airs. Une main invisible autour du cou, le reste du corps pendant dans le vide, on aurait dit une vulgaire marionnette. Stefan, qui s’était relevé, assista à la scène avec stupeur. La sorcière commença alors ses incantations et le visage de Silas vira au rouge.
-NON ! NE FAIS PAS ÇA ! NO…
En quelques secondes, il fut réduit en un tas de cendre. Silas n’était plus.
Alaric conduisait depuis plusieurs heures en direction de Mystic Falls. Il était avec Jenna tandis que Jeremy et Anna étaient dans une autre voiture avec Damon. Il avait dû, à regret, droguer ce dernier une nouvelle fois pour le tenir tranquille durant tout le voyage. La capitaine ne savait encore rien des vampires et ce n’était pas le moment pour lui en informer. Le trajet se passa globalement sans incident jusqu’à l’arrivée. Alaric avait laissé Jenna à l’hôtel, prétextant que Damon, avec la mort de Katherine, avait besoin d’espace. Anna était retournée chez elle, laissant Jeremy en intimité avec son frère. Celui-ci était toujours enchaîné dans la voiture, en train progressivement de se réveiller. Jeremy était sorti du véhicule, trop apeuré par l’état du vampire. Celui-ci, à présent parfaitement bien réveillé, hurlait le prénom d’Alaric.
-RIC ! ALARIC !
Son partenaire se gara vite fait devant chez eux et courut vers la Camaro.
-Depuis combien de temps est-il comme ça ? Demanda-t-il à Jeremy.
-Ça va faire dix minutes qu’il t’appelle. Répondit le garçon.
Le flic entra dans la voiture et se figea. Damon, tel un animal paniqué, était en sueur, les cheveux plaqués sauvagement sur son front, occupé à tirer sur ses liens jusqu’au sang.
-Arrête mon pote ! Tu vas te faire mal !
-DETACHE-MOI !
-D’accord. Mais j’ai besoin que tu te calmes d’abord.
-ALARIC !
-Damon, calme-toi maintenant. Tout va bien. Je suis là. Continua-t-il d’une voix douce.
Damon s’arrêta d’hurler mais il respirait toujours difficilement, haletant comme lorsqu’il venait de faire un cauchemar. Il se débattit encore plusieurs minutes avant d’abandonner, épuisé.
-Voilà. Fit Ric en s’approchant prudemment.
Il s’empara de la clé et libéra le vampire. Il y avait toujours une partie au fond de lui qui lui faisait confiance. Lentement, Damon se redressa. Il se frotta frénétiquement les poignets en évitant le regard de son meilleur ami. Puis, au bout d’un certain temps, il demanda :
-Où est Jeremy ?
-Dehors. Tu lui as fait peur.
Ric ne voulait pas le faire culpabiliser mais juste lui faire prendre conscience qu’il était en train de dérailler. Un sentiment de profonde tristesse traversa le visage blême de Damon.
-Je peux sortir ? Fit-il, tel un enfant puni.
Alaric hocha la tête, le laissa sortir. Lorsque Jeremy le vit, il recula brusquement.
-Jer…Je suis désolé…
L’adolescent fronça les sourcils.
-Damon ?
Le vampire hocha la tête. Oui, c’était bien lui. Il était redevenu lui-même. Aussitôt, son frère se jeta dans ses bras, le serrant comme si ça faisait des années qu’ils ne s’étaient pas vus. Damon le serra en retour, se sentant coupable pour tout ce qu’il lui avait fait.
-Je suis tellement désolé, Jer…
-C’est pas grave. Tout va bien maintenant, Damon. Tout va bien.
-Jer…Je ne sais pas ce qui m’est arrivé...Je…
-Je t’ai dit que ce n’était pas grave !
-Jer…Je t’ai fait du mal…
-Aller viens, rentrons. Dit Jeremy en se retirant de Damon.
Il le prit par l’épaule et le fit entrer chez eux.
-Oh au fait, Alaric et Sommers sont ensembles ! S’écria l’ado.
-Enfin ! Répondit Damon dans un sourire sous les yeux amusés de son partenaire.
Bonnie se pencha par-dessus les cendres.
-Il est…vraiment mort ? S’étrangla-t-elle.
-Oui. Répondit froidement Qetsiyah.
-Merci. Souffla Stefan.
-Tu n’as pas à me remercier. Silas et moi avions…une histoire à régler.
-Je vois ça.
-Stefan ?
Le vampire se retourna et aperçut Elena, tremblante dans les bras de Caroline. La jeune fille brune courut et se jeta dans ses bras.
-C’est fini. La rassura-t-il.
-J’ai besoin…de Damon…Pleura-t-elle.
-Il est ici. Dit Qetsiyah en levant la tête de manière hautaine.
Comme tout le monde l’interrogeait du regard, elle ajouta :
-Je peux flairer le double de Silas à des kilomètres !
-Il est sûrement rentré. Je t’emmène. Dit Stefan en la prenant par la taille.
Alors qu’ils partaient, la sorcière lança :
-Stefan ! N’oublie qu’il y a un prix à payer pour la mort de Silas.
-Tout ce que tu voudras.
-Je te le ferrai savoir le moment venu…
CHAPITRE 16

L’eau rentrait dans ses poumons comme la drogue qui s’engouffrait dans ses veines. Il voyait la silhouette de son père devenir floue et celle de sa mère s’effacer. Il ne sentit rien tout d’abord puis la douleur vint. Elle le paralysait, comme un puissant électrochoc. C’était trop à supporter. Ses poumons crièrent, implorant désespérément de l’oxygène, en vain. Il se sentit glisser lentement vers l’obscurité…Sa dernière pensée fut pour le petit frère qu’il laissait derrière lui.
Il était dix heures du matin et Alaric, parfaitement réveillé, passait un appel. Il devait absolument aider son partenaire et le seul numéro qu’il avait trouvé était le sien. Il attendit donc, les mains moites. Enfin, un voix féminine répondit :
-Dr Fell, j’écoute.
-Dr Fell, c’est Alaric Saltzman, le partenaire de Damon Salvatore.
Un silence se fit avant qu’elle ne prenne à nouveau la parole :
-Tout va bien, officier Saltzman ?
-Non, je le crains. Vous êtes peut-être déjà au courant mais Katherine Pierce est morte.
-Oui. J’en ai entendu parlé.
-C’est Damon qui l’a tuée.
Un nouveau silence se fit.
-Dr Fell ?
-Je suis là. Comment va-t-il ?
-Pas bien. Il est devenu agressif, violent, il…il s’est nourri de Jeremy et de moi.
Meredith poussa un long soupire à l’autre bout de la ligne. Alaric fronça les sourcils. Depuis toujours, cette femme avait eu beaucoup de secrets. Il était pratiquement sûr qu’elle ne leur avait pas encore tout révélé.
-Docteur ? Est-ce que vous savez quelque chose ?
-Le sang. Le sang avait lequel j’ai…sauvé votre partenaire…
-Oui ?
-C’était celui de Katherine.
-QUOI ? Pourquoi ne pas nous l’avoir dit ?
-A quoi ça aurait-il servi ?!
-A des moments comme celui-là ! Comment avez-vous eu le sang de Pierce ?
-Je…Je l’avais aidé une fois dans le passé…Elle m’avait donné son sang pour payer sa dette.
-Aider ? Aider comment ?
Encore une fois, silence.
-Dr Fell !
-Katherine était enceinte. Je l’ai aidé à accoucher dans le secret, à l’abri de la police.
Cette révélation cloua Alaric à sa chaise. Katherine enceinte ? Qui l’eut cru !
-Et est-ce possible que…le sang de Katherine est avoir avec le comportement étrange de Damon ?
-Il a tué celle qui l’a engendré ! Donc oui, je pense qu’il y a un lien.
-Qu’est-ce que je peux faire ?
-Lui dire la vérité.
-Vous êtes drôle !
-Alaric…Damon est en colère. Et il a du mal à laisser sortir cette colère. Vous comprenez ?
Ce fut au tour d’Alaric d’être silencieux. Au bout d’une minute, il remercia le médecin et raccrocha. Soudain, il entendit des cris d’agonie. C’est pas vrai…Il grimpa rapidement les escaliers et entra en trombe dans la chambre de Damon. Jeremy était déjà là.
-Damon, réveille-toi ! Damon !
D’un coup, le vampire ouvrit les yeux, la panique présente clairement dans ses yeux.
-Damon…Tu es à la maison. Tout va bien.
Alaric savait qu’il fallait laisser Damon seul dans ces moments mais Jeremy ne voulait pas partir.
-Jeremy, ça va aller. Viens. Fit-il.
-Non. Je reste.
Damon ne sembla pas conscient de ce qu’il l’entourait jusqu’à ce que la main de l’adolescent se pose sur son genoux. Il sursauta violemment, surprenant le garçon. Ce dernier n’avait jamais vu les conséquences de l’accident sur son frère. Et voir celui-ci ordinairement si fort et si sûr de lui devenir si vulnérable l’effrayait.
-Heu…ça va…ça va…Souffla Damon en ramenant ses jambes vers lui.
Alaric soupira. Son partenaire prononçait le traditionnel « ça va » après chaque cauchemar. Il voulait tellement l’aider parfois.
-Jeremy, viens s’il te plaît. Dit-il.
L’ado se laissa faire et sortit de la chambre à contre cœur.
-Il faut le laisser quand il est comme ça. Il a beau changé, il est toujours Damon. Si tu vois ce que je veux dire.
-Ouais. Il refuse se montrer faible devant les autres.
-C’est ça. Je crois qu’il a suffisamment morfler ces derniers temps.
La discussion fut interrompue par des toques à la porte. Intrigué, Alaric alla ouvrir.
-Jeremy ! C’est pour toi !
Jeremy descendit et sourit en voyant Vicky. Il était tellement concentré dernièrement sur son frère qu’il en avait oublié à quelle point elle lui avait manqué. Il l’entoura de ses bras et l’embrassa amoureusement.
-Tu n’imagines pas à quel point je me suis languis de toi. Dit-il.
-Toi non plus.
Ils sourirent et s’abandonnèrent dans une série de câlins affectueux. Ils étaient tendrement enlacés quand Damon déboula dans les escaliers. Il était vêtu d’un unique pantalon de survêtement, la sueur toujours collée à la peau, les cheveux en bataille et le regard hagard.
-Il va bien ? Demanda la jeune fille, les sourcils froncés.
-Pas vraiment. On peut…on peut l’ignorer un moment, s’il te plaît ? Ça te dirait d’aller une balade dans le parc ?
Elle hocha la tête, rayonnante.
-Parfait. Laisse-moi enfiler quelque chose sur le dos et j’arrive.
Enfin habillé, il sortit de la maison, tentant d’ignorer le Damon détruis complètement affalé sur le canapé.
Stefan errait dans les rues, comme autrefois, avant que Damon ne lui tende son amitié. Sans lui, il serait seul, tourmenté par l’esprit de son frère. Et comment l’avait-il remercié ? En le trahissant. Il avait ramené Elena chez elle. Elle ira voir son amant plus tard. Aujourd’hui, tout le monde était fatigué par les récents évènements. Bonnie devait préparer les funérailles de son père et Caroline l’y aidait. Il n’avait vraiment personne pour lui tenir compagnie. On aurait dit que tout le monde était dans deuil dans cette ville. Bonnie avec son père, Anna et sa mère, Caroline pour Tyler... Et lui ? Il n’avait guère prit le temps pour pleurer. Après tout, avec tout ce qu’il avait fait, il en avait pas le droit. Il allait rentrer au manoir lorsque Qetsiyah apparut brusquement en face de lui.
-Qu’est-ce que tu veux encore ?
-Je viens de disperser les cendres de Silas en Grèce, là où on s’est rencontré. Maintenant, je réclame mon prix.
-Donc qu’est-ce que tu veux ?
-Damon.
-Quoi ?!
-J’ai épuisé beaucoup de mes pouvoirs pour tuer Silas. J’ai besoin d’une grande source de magie pour me ressourcer. Et Damon étant le double de Silas…
-Tu veux tuer Damon ?!
-Je ne veux pas le tuer, j’ai besoin de le tuer !
-Je ne te laisserai pas faire !
-Qu’est-ce que ça peut bien te faire ? Il te déteste !
Les épaules de Stefan s’affaissèrent. Il savait qu’il n’était plus rien pour Damon, mais il lui était à jamais redevable. Il releva la tête et répondit :
-Je m’en fous. Damon a été là pour moi lorsque j’en avais le plus besoin. Maintenant, c’est à moi d’être là pour lui. Alors si tu veux le tuer, tu vas devoir me tuer.
CHAPITRE 17

-Damon…
Le vampire gémit en bougeant légèrement sur le canapé.
-Damon…Réveille-toi…
Il ouvrit péniblement les yeux en sentant une main tendre caresser sa nuque. Il se crispa aussitôt. Il n’y avait eu qu’une personne qui pouvait toucher cette partie de son corps sans en payer les conséquences et cette personne était son partenaire. Il se retourna sur le dos pour rencontrer les yeux d’Alaric. Il gémit à nouveau et referma les yeux.
-Damon. On doit parler.
Le vampire grogna, ce qui n’empêcha pas son meilleur ami de continuer à l’embêter.
-Damon, s’il te plaît.
Il rouvrit les yeux et se redressa tant bien que mal dans un long soupire. Il s’assit contre son partenaire et attendit.
-Je…J’ai appelé le Dr Fell.
Il fronça les sourcils mais ne dit rien.
-Et…Elle m’a avoué qu’il y a des années…Katherine est venue à elle pour…Damon, Katherine était enceinte !
L’absence de réaction chez son partenaire le surprit. A moins que…
-T’étais au courant ?
-J’avais entendu une histoire comme ça. Répondit-il d’une voix dénuée d’émotions.
-Et tu ne me l’as pas dit ?!
-Pourquoi aurais-je dû ? Je n’ai aucune compte à te rendre, Ric !
-Alors tu savais que Fell t’avais guéri avec le sang de Pierce ?!
Damon tourna brusquement la tête vers lui. Son visage avait perdu le peu de couleurs qu’il avait et ses yeux s’étaient vidés de toute chaleur. En un rien de temps, il fut debout, les muscles tendus.
-Qu…Quoi ?
Damon était vraiment menaçant. On aurait dit un lion sur le point d’attaquer. Alaric recula, le cœur battant. Non, Damon ne lui ferait jamais de mal. Enfin, c’est ce qu’il avait toujours cru avant qu’il ne se jette sur lui à New York. Peut-être mais il était clair que Damon n’était pas lui-même en ce moment.
-TU MENS ! Hurla soudainement celui-ci.
-Non…C’est le sang de Katherine qui t’a engendré.
Damon sembla quelques instants perdu puis il s’avança vers son partenaire qui demeurait distant. Ce dernier fut surpris lorsqu’il le prit dans ses bras. La tête posée sur son épaule, Damon murmura :
-Elle ne peut pas me faire ça...
-Je sais, Damon. Je sais.
A ce moment, Elena entra dans la pièce. Elle avait déboulé sans prévenir, juste comme ça, telle une apparition spirituelle.
-Elena ? S’étonna Alaric.
En entendant le nom de celle qu’il aimait, Damon s’arracha à son partenaire et se tourna vers la jeune fille. Dès qu’elle le vit, elle se précipita vers lui et l’enlaça. Il se laissa fondre dans son étreinte, humant le parfum de ses cheveux, s’imprégnant de son odeur, se laissant marquer par son doux toucher.
-Damon…C’est bien toi ? Sanglota-t-elle.
-Oui. Pourquoi ?
Il recula et la dévisagea. Ses yeux étaient mouillés et ses lèvres tremblaient.
-C’est…il a…il a tué le père de Bo…de Bonnie et-et…il s’est fait passer pour toi…je ne savais pas…il m’a…m’a embrassé…Je suis désolée…Damon…
-Elena, calme-toi ! De quoi tu parles ?
-Si…Silas…
Alaric et Damon se regardèrent avec horreur.
-Il a tué le père de Bonnie ?
-Il t’a embrassé ?
Elena se tortilla les doigts.
-Où est-il ?! S’énerva Damon.
-Il est…mort.
Elle leur parla alors de ce qu’il s’est passé avec Qetsiyah, Bonnie, Caroline et Stefan. -Je suis désolée… Elle éclata une nouvelle fois en sanglots, incapable de se reprendre. Damon la serra contre lui et embrassa le haut de sa tête.
-C’est bon, chérie.
Une fois calmée, elle resta blottie contre lui tandis que les deux flics s’échangeaient des regards inquiets. Quelque chose se préparait.
Stefan sentit une horrible douleur dans le crâne en ouvrant les yeux. Il regarda autour de lui et s’aperçut qu’il était étalé dans la rue, comme un vulgaire ivrogne inconscient. Il se releva et essaya de se rappeler. Il était en train de marcher quand…Qetsiyah ! Elle voulait tuer Damon pour se ressourcer en pouvoirs ! Il devait l’arrêter.
Jeremy et Vicky marchaient main dans la main dans le parc, inconscient de tout ce qui se passait autour d’eux.
-Tu m’as manqué. Dit-elle.
-Tu m’as manqué aussi.
-Il…Il s’est passé beaucoup de chose ici en tout absence et…
Il s’arrêta, les sourcils froncés.
-J’ai peur sans toi. Laissa-t-elle tomber.
Il la prit dans ses bras, profitant de toute la joie qu’elle lui apportait.
-Je ne te quitterai plus jamais. Je te le promets. Lui souffla-t-il au creux de l’oreille.
Un sourire s’afficha sur le doux visage de la jeune fille. Elle se pencha pour l’embrasser quand une mystérieuse bourrasque de vent s’immisça entre eux. Une femme apparue alors. Elle portait une longue robe noire qui mettait sa peau sombre en valeur. Ses longs cheveux de jais dégringolaient le long de sa taille et ses grands yeux paraissaient dominer tout ce qu’ils voyaient.
-Heu...vous êtes qui ? Demanda Jeremy, à présent habitué aux phénomènes paranormaux.
-Je m’appelle Qetsiyah. Tu es Jeremy Salvatore ?
-Heu…Oui, c’est moi.
-Tu viens avec moi.
Et avant qu’il ne puisse faire quoique ce soit, elle le prit par le bras et s’évapora avec lui sous les cris paniqués de Vicky.
Au même moment, Klaus surgit chez les Salvatore. Elena s’accrocha à Damon tandis qu’Alaric serra son aiguille pleine de verveine dans sa poche.
-Damon ! Bel et bien de retour à ce que je vois ! S’exclama Klaus, faussement enjoué.
-Klaus. Bel et bien de retour malheureusement. Répondit Damon, le sourire crispé.
-Comment était ton séjour à New York ? Katherine a été gentille ?
Alaric remarqua du coin de l’œil que son partenaire était devenu livide. Il s’approcha de lui pour lui montrer qu’il était là, avec lui. Même si Damon était redevenu à peu près lui-même, il pouvait toujours déraper au dernier moment.
-Si tu es là pour prendre le thé, tu t’es trompé de maison. Répliqua Damon.
Elena le sentit trembler légèrement dans ses bras. Elle caressa le bas de son dos pour l’apaiser. Cela sembla marcher. Il ferma les yeux un instant et ses traits se détendirent.
-Non, évidement c’est pour parler sérieusement que je suis là. Tu sais très bien que grâce à ton précieux don sanguin, au fait merci pour ça, j’ai pu me créer une armée d’hybrides et ainsi, me créer la famille que je mérite.
Damon grogna en levant les yeux au ciel.
-Sauf que ma famille et moi, souhaitons partir à la Nouvelle Orléans.
Il arrêta son discours, un sourire machiavélique sur les lèvres.
-Et alors ? Tu veux un pot de départ ? Ironisa Elena.
-Même si j’aurais apprécié, non. Ce n’est pas de ça qu’il s’agit. Aller ! Réfléchissez ! Damon m’a permis de créer des hybrides…Je pars à la Nouvelle Orléans…
-Tu veux que Damon vienne avec toi. Termina Alaric.
Les yeux des deux amants s’écarquillèrent.
-Quoi ?! Hors de question ! S’écria Elena.
-J’ai bien peur que si, ma belle.
CHAPITRE 18

-Damon !
Stefan surgit en trombe chez les Salvatore. Il se retrouva face à une Elena en pleure et à un Alaric perdu.
-Qu’est-ce qui se passe ?! Où est Damon ?! Paniqua Stefan.
Alaric se tourna vers lui, le visage défait.
-Klaus l’a pris.
-Quoi ?! Comment ça « Klaus l’as pris » ?!
-Ton…ton frère a besoin de Damon. Enfin, de son sang, pour continuer à créer des hybrides. Et comme il part à la Nouvelle Orléans…
-C’est pas vrai ! D’abord Qetsiyah, maintenant Klaus !
-Hein ? Qu’est-ce qui se passe avec Qet-Je-sais-pas-quoi ?
-Elle veut tuer Damon pour avoir tué Silas. Longue histoire.
-Super. Je me demanderai toujours comment il fait pour se mettre autant de gens à dos !
-As-tu une idée où Klaus pourrait-il l’emmener ?
-Bien sûr que non ! C’est ton frère, pas le mien !
-Tu vas le retrouver…N’est-ce pas ? Fit une petite voix.
Les deux hommes se tournèrent vers Elena qui avait cessé de sangloter. Stefan se dirigea vers elle et la prit dans ses bras.
-Je te le promets.
Il la laissa ensuite aux soins de Ric et sortit rapidement à la recherche de son ami.
A cet instant, Jeremy se réveilla dans une sorte de cabane au bord d’un lac. Il poussa un petit gémissement et sentit des vertiges lui prendre. Pourquoi et comment était-il arrivé là ? Il ouvrit les yeux et vit était enchaîné à une chaise, face à un feu de cheminé. Il aperçut alors la femme…cette Qetsiyah, qui était en train de ratisser le feu.
-C’est quoi ce bordel ?! S’écria-t-il en tirant sur ses chaînes.
-Reste tranquille.
-Comment voulez-vous que je reste tranquille ? Je suis retenu dans un endroit inconnu par une sorcière que je ne connais même pas !
-Tu connais mon nom. Tout le monde le connait.
-Mais je ne vous ai jamais vu de ma vie ! Qu’est-ce que vous me voulez ?!
-Et bien c’est très simple. Tu es le petit frère de Damon, le double de Silas. Je veux tuer Damon donc pour l’attirer, j’ai besoin de toi.
-Vous êtes malade !
-Sorcière super belle et puissante : Oui. Mais malade, je ne pense pas. Du moins, pas encore.
Alors que Jeremy essayait de trouver un moyen pour s’échapper, Damon se réveillait à son tour dans le manoir des Mikaelson. Il était attaché au mur par une grande chaîne, elle-même rattachée à un collier en fer qu’il portait autour du cou. Il était neutralisé comme un vulgaire chien. Il grogna en sentant le fer lui brûler la peau. Verveine. Il secoua la tête afin de reprendre ses esprits. Une fois que sa vision fut plus clair, il put apercevoir plusieurs hybrides dans le salon, avec lui, en train de parler, d’écouter de la musique, les bagages à la main en l’ignorant totalement. Enfin, au bout d’un moment, l’un des hybrides perçut sa présence.
-Tiens, le vampire est réveillé ! S’écria-t-il.
Tout le monde se tourna vers Damon en ricanant.
-Où est Klaus ?! Fulmina le prisonnier.
-T’en fais pas, petit vampire. Il arrive.
Damon sortit les crocs en tirant sur ses liens. Il se calma aussitôt en sentant les brûlures causées par la verveine. Affaibli et affamé, il s’affala contre le mur et ferma les yeux, tentant tant bien que mal d’effacer les hybrides de son esprit. Après un certain temps, une porte s’ouvrit à la volée. Damon rouvrit les yeux et Klaus apparut dans son champ de vision.
-Damon ! T’es réveillé ! Prêt pour le voyage ?
-Je n’irai nulle part avec toi ! Siffla Damon tout en évitant de ne pas toucher davantage son collier.
-Damon…Damon…Depuis le temps, je pensais que tu avais compris. Soupira l’originel.
Il sembla pendant un instant perdu dans ses pensées puis il fit un signe de tête à deux de ses hybrides.
-Tenez-le.
Deux mains robustes s’emparèrent du vampire qui se débattait vainement.
-Quelques injections devraient te garder sage. Se délecta Klaus en sortant une aiguille remplie de verveine.
Damon paniqua. Non ! Pas encore ! Il tenta de reculer mais les deux colosses le tenaient bien fermement. Tel un animal apeuré, il battit des membres, les yeux fixés avec horreur sur l’objet de sa détresse. Klaus continua de s’approcher et bientôt l’aiguille ne fut qu’à quelques centimètres de son cou. Soudain, une hybride vola à travers la pièce, révélant un Stefan déchaîné.
-Tiens, tiens. Petit frère ! Tu viens te joindre à la fête ? Fit Klaus, un sourire goguenard sur les lèvres.
-Laisse Damon partir !
Un regard silencieux s’échangea alors entre le sauveur et le prisonnier. Damon baissa la tête dans un signe de reconnaissance.
-Stefan…Toujours à vouloir jouer les héros.
Klaus allait tendre l’aiguille vers Damon quand il fut frappé de plein fouet. Stefan, totalement incontrôlable, se jeta sur son frère avec une rage folle. Les hybrides se précipitèrent sur lui pour sauver leur maître. Damon fut lâché et il s’écroula à terre, beaucoup trop faible pour combattre. Il essaya de retirer le collier et la chaîne mais abandonna immédiatement avec la douleur. Les hybrides volèrent autour de lui et il n’avait aucun moyen de voir de ce qu’il se passait, si Stefan s’en sortait ou non. Tout ce qu’il sentit était l’odeur du tapis sur lequel il gisait, tout ce qu’il entendit était les cris de rage ou de douleur, et tout ce qu’il vit était des corps qui s’entassaient. C’était fini. Il allait mourir, comme ça, là et maintenant. Jeremy ne le saura même pas. Il ferma les yeux et se laissa aller, lentement et doucement.
-Damon ! Non, non ne me fais pas ça ! Aller vieux, c’est que de la verveine ! Je t’en prie, Damon !
C’était la voix de Stefan ? Damon ouvrit les yeux et tomba sur son ami. Il était penché sur lui, le regard désespéré. Son visage s’illumina quand il vit Damon se réveiller.
-Damon ! Hey mon pote.
-Hey…
-Ça va aller maintenant. Ne t’en fais pas, je vais te ramener à la maison.
Il l’aida à se relever avec précaution, un bras protecteur mis autour de lui. Il allait marcher en le soutenant quand Damon mit une main sur son épaule. Stefan se tourna vers lui, inquiet. Ils échangèrent un regard intense avant que Damon ne souffle :
-Merci…
Stefan sourit et hocha la tête.
-De rien.
Damon se redressa et put voir les dégâts. Tous les hybrides étaient morts. Il se tourna vers Stefan qui haussa les épaules.
-Et Klaus ? Demanda-t-il.
-Parti. Comme à son habitude.
Stefan l’aida ensuite à marcher vers sa voiture. Alors qu’ils arrivaient au véhicule, ils aperçurent une fine silhouette courir dans leur direction. C’était Vicky. Le cœur de Damon chuta. Il était arrivé quelque chose à Jeremy.
-Vicky ! Où est Jeremy ?!
La jeune fille, en pleure, reprit son souffle et bredouilla :
-Une femme…elle l’a emmené…
-Quoi ? Une femme ? Qui ça, Vicky ?!
-Je… Je ne sais pas ! Elle a dit…Elle a dit qu’elle s’appelait Qet-Qetsi…un truc dans le genre !
-Qetsiyah ?!
-Oui !
Damon sentit sa poitrine se déchirer.
-Pourquoi… ? Souffla-t-il.
Stefan le prit par les épaules et releva sa tête, le forçant à le regarder.
-Damon. Damon ! Regarde-moi. On va le retrouver. Je te le promets.
-Pourquoi…
-Damon, on va le retrouver.
CHAPITRE 19

Stefan et Damon rentrèrent à la maison comme deux rescapés d’une guerre infâme. Dès que la porte fut fermée, Elena se jeta dans les bras de Damon qui grimaça, encore blessé et affaibli.
-Tu vas bien ? Qu’est-ce qui s’est passé ?!
Alaric aida Stefan à installer son meilleur ami sur le canapé tandis que celui-ci rassurait Elena.
-Stefan m’a sauvé.
-Où est Klaus ? Et ses hybrides ?
Ce fut Stefan qui répondit aux questions de la jeune fille. Pendant ce temps, Alaric examina Damon.
-Tu guéris bien. La verveine va mettre un peu de temps à sortir de son système mais dès demain tu seras sur pied.
-Je peux pas attendre demain, Ric ! S’écria-t-il en surprenant le flic.
-Quoi ? Pourquoi ?
Damon fut incapable de parler. Des larmes nagèrent dans ses yeux et ses lèvres tremblèrent. Stefan intervint :
-Qetsiyah a Jeremy.
-Hein ?! Mais il était avec Vicky…
-C’est elle qui nous a prévenu. On l’a ramené chez elle, elle va bien.
-Pourquoi Qetsiyah s’en prendrait-elle à Jeremy ?
-Tu te souviens de ce qu’elle avait dit pour la mort de Silas ? Il y aura un prix à payer.
-Oui, je me souviens mais pourquoi Jeremy ? Que peut-elle en tirer ?
-La mort de Silas a eu des conséquences sur ses pouvoirs. Elle veut se ressourcer en tuant un double.
-Att…
Alaric comprit enfin. Il se tourna brusquement vers Damon qui gardait la tête baissée.
-Elle s’est emparé de Jeremy pour m’atteindre. Fit ce dernier d’une voix rauque.
-Qu’est-ce que tu vas faire ?
Le vampire releva la tête et tout le monde comprit.
-Quoi ?! Non, non, Damon, il est hors de question que tu te rendes ! S’écria Elena.
-Alors qu’est-ce que je dois faire, Elena ?! Rester ici et le laisser mourir ?! C’est moi qu’elle veut ! Il a assez payé pour mes actes. S’emporta-t-il en se levant d’un coup.
Elena vit à quel point il était bouleversé. Elle s’avança lentement vers lui, comme lui demandant la permission, puis en voyant qu’il ne disait rien, elle enfouit sa tête contre sa poitrine. Cela prit un moment mais il finit par se calmer. Il l’enlaça et se détendit à son contacte.
-Je vais te chercher une poche de sang. Fit Alaric.
Lorsqu’il revint, Damon était assis, la tête posée sur l’épaule de la jeune humaine. Il lui donna le sang et aussitôt, les veines noires apparurent. Le vampire essaya même de se contrôler pour ne pas sauter sur la poche. Il déchira le plastique avec ses crocs et aspira l’essence pourpre rapidement pendant qu’Elena lui caressait le dos.
-Excusez-moi, je me suis permise d’entrer. Personne ne rép…
Tout le monde se tourna et se figea en voyant Jenna, debout dans le salon. La capitaine fronça les sourcils et écarquilla les yeux en croisant ceux de Damon. Un long silence s’installa dans la pièce. Enfin, au bout de plusieurs minutes, Alaric se leva.
-Je m’en occupe.
Il tira Jenna avec lui dans une autre pièce et ferma la porte derrière lui.
-Vous croyez que ça va aller ? Fit Elena.
-Au pire, je l’hypnotiserai. Répondit Damon en haussant les épaules d’un air indifférent.
-Une femme que tu connais depuis des années et que tu pourrais même qualifier d’amie ?!
-Je ne le fais pas de bonté de cœur, Elena. Mais si je le dois, je le fais.
La jeune fille se tourna alors vers Stefan.
-L’as-tu fait ?
-Comment ça ?
-Quand on était ensemble. M’as-tu hypnotisée ?
-Ça va pas la tête ou quoi ?!
-Les enfants, c’est pas le moment de se disputer ! Interrompit Damon.
Ils n’avaient vraiment pas besoin de ça en ce moment. Maintenant, ils devaient se concentrer afin de retrouver Jeremy. Pendant ce temps, Alaric parlait toujours avec Jenna. Il venait de lui dire la vérité, toute la vérité, à propos des êtres surnaturels, de son passé de chasseurs avec Damon, de Damon lui-même, de Katherine et sa mort et de tout le reste. Il avait choisi la sincérité au mensonge. La jeune femme avait demeuré un instant silencieuse avant de lui demander :
-Pourquoi ?
Il fronça les sourcils, ne comprenant pas.
-Pourquoi m’avoir caché tout ça ? Tu pensais que j’étais bête ou quoi ? Que j’étais incapable de comprendre ?
-Non, pas du tout, Jenna ! Je voulais juste te protéger.
-Tu crois que je ne peux pas me débrouiller toute seule ?!
-Non ! Jenna…
-Pendant tout ce temps, toi et Salvatore vous m’avez menti !
-Il m’a menti aussi, Jenna ! Je pensais le connaître, je pensais qu’il me faisait confiance. Je suis aussi passé par là.
-C’est censé me consoler ?!
-Non. Ce que je veux dire…
Il soupira, se tut et reprit :
-Ce que je veux dire, Jenna. C’est que je t’ai menti parce que je t’aime.
La capitaine écarquilla les yeux tout comme Ric qui avait du mal à respirer.
-Je t’aime, Jen. Je t’aime.
Elle se jeta dans ses bras et l’embrassa passionnément, s’accrochant à lui avec ferveur. Elle le savait, elle l’avait toujours su, c’était l’homme de sa vie.
-Berk ! S’écria Damon sous le rire de Stefan.
-Arrête d’écouter aussi !
-Damon ! C’est ton meilleur ami ! S’écria Elena, sidéré.
-C’est difficile d’ignorer, crois-moi.
Elle écarta la tête de dégoût tandis que les deux garçons se mirent à rire. Alaric et Jenna revinrent, main dans la main.
-Maintenant, fit Ric, allons sauver Jeremy !
Jeremy commençait à désespérer. Cela faisait des heures à présent qu’il était prisonnier dans cette cabane par cette sorcière psychopathe qui voulait la mort de son frère. Il refusait encore de l’admettre, mais il commençait sérieusement à désespérer. Et si personne ne venait pour lui ? Qu’allait-il devenir ? Allait-elle le tuer ? Damon ne le saura même pas. Il inspecta les environs. Qetsiyah était partie chercher des buches pour le feu. Il ferma les yeux et se laissa aller dans ses souvenirs. Il repensa à ses parents, à son enfance, à son frère, à Vicky et à leur premier baiser…Il laissa tous ces bons moments s’emparer de son esprit et soulager sa tourmente mentale. Il prit une grande respiration et se détendit. Il sourit en repensant à une journée en particulier. C’était son quatorzième anniversaire. Ses parents et lui étaient dehors, dans le jardin, à profiter du soleil et à boire un verre.
-Il va venir, n’est-ce pas ?
-Fiston, tu connais ton frère. On sait jamais quand il rentre à la maison.
-Mais il m’avait promis de venir pour mon anniversaire.
-Chéri, fit sa mère, pensons à autre chose. Veux-tu ? Que voudrais-tu faire plus tard, après l’école ?
-Flic ! Comme Damon !
Les deux parents se regardèrent avec un soupire.
-Et si on sortait les cadeaux ? Suggéra Giuseppe.
Il sortit alors un gros paquet sous la table.
-C’est pour moi ?! S’écria Jeremy, le visage illuminé de bonheur.
-Bien sûr, fils.
Il lui donna le paquet que l’adolescent déchira avec enthousiasme. Il découvrit alors la dernière des consoles de jeux, celle dont il rêvait depuis plusieurs mois.
-Non ! C’est pas vrai ! Tu l’as eu ?!
-Evidemment !
Jeremy se jeta dans les bras de son père et embrassa sa mère. Ils avaient tous le sourire aux lèvres, heureux de cette journée. Ils étaient en train de trinquer quand une décapotable se gara dans l’allée. Jeremy leva la tête et son cœur manqua un battement en reconnaissant Damon. Le jeune homme enleva ses lunettes de soleil, un grand sourire sur le visage.
-Je t’avais dit que je viendrais.
Jeremy se jeta sur lui et l’enlaça fortement, blottissant sa tête dans les bras forts de son grand frère. Celui-ci lui ébouriffa les cheveux d’un geste fraternel et l’embrassa sur le front.
-Tu restes ? Demanda naïvement le garçon.
-Bien sûr, frérot. Pour toi, je reste.
Jeremy secoua la tête pour chasser les larmes qui coulaient sur ses joues. Il pencha ensuite la tête en arrière dans un long soupire.
-Où es-tu Damon ?
CHAPITRE 20

Bonnie avait aidé le groupe à localiser Qetsiyah avec sa magie. Elle leur avait donné l’adresse puis avait préféré rester à l’écart. Trop de gens étaient morts autour d’elle. Elena avait compris et l’avait enlacé en la remerciant. A présent, le groupe observait la cabane de la forêt.
-Comment on procède ? Lança Stefan à la cantonade en ne détachant pas ses yeux du bâtiment.
-On fonce. Gronda Damon.
-Chéri, essaye de rester calme. Ne fais rien de stupide. Souffla Elena à l’oreille du vampire tendu.
-Hum. Se contenta-t-il de répondre.
-On doit attirer la sorcière à l’extérieur, faire diversion pendant que quelqu’un s’occupe de Jeremy. Dit Alaric en passant en mode « flic ».
-Je m’en charge. Répondit Stefan.
-D’accord. Jenna et moi, on te couvrira.
-Parfait. Damon et moi, on passe par l’arrière pour entrer. Ajouta Elena.
Ils hochèrent tous la tête et se hâtèrent. Qetsiyah était revenue dans la cabane. Elle eut droit au regard noir de Jeremy, ce qui la fit ricaner.
-Mon brave Jeremy…Ne t’en fais pas, ce sera bientôt fini.
-On vous a ramené de l’autre côté et c’est comme ça que vous nous remerciez ?! Rétorqua l’adolescent.
-Vous m’avez ramené pour éliminer Silas ! C’est chose faite maintenant. Désormais je n’ai plus aucun compte à vous rendre.
-S’il vous faut absolument un double, pourquoi Damon ? Il doit bien y en avoir plusieurs sur cette Terre !
-Désolée de te décevoir mais non. Damon est le seul double. Crois-moi, au fond, je lui rends un sacré service.
Le visage de Jeremy s’empourpra. Il allait la traiter de tous les noms quand une voix s’éleva au dehors :
-Ouh ouh ! Qetsiyah !
La sorcière fronça les sourcils et sortit. Elle eut un rictus en apercevant Stefan.
-Attends, laisse-moi deviner : Je vais devoir te passer sur le corps avant ? N’est-ce pas ? Railla-t-elle.
-Laisse le gamin. Il n’a rien avoir avec tout ça.
-Au contraire, Stefan, il a tout avoir.
Pendant que le benjamin des Mikaelson s’occupait de la sorcière, Damon défonça la porte arrière.
-Jeremy !
Il se précipita vers son frère qui pleura de soulagement.
-Je suis là, Jer. Tout va bien maintenant.
Elena arriva à son tour pour aider son amant à détacher son petit frère.
-Et Qetsiyah ?! Paniqua ce dernier.
-Ne t’en préoccupe pas. Aller, viens.
Il l’aida à se remettre sur pied et ne le lâcha pas. Dehors, Qetsiyah était toujours prise avec le vampire originel.
-Alors, Stefan, dis-moi ce qu’on fait maintenant ? Je te tue ou tu me tues ?
-Laisse-nous tranquille et personne n’aura à être tué.
La jeune femme entendit des bruits de pas derrière elle. Elle se retourna et sourit en voyant Alaric et Jenna, leurs armes pointées sur elle.
-Vraiment ? Fit-elle en arquant un sourcil.
-Vraiment. Rétorqua la capitaine, le regard dur et froid.
Alaric sentit son portable vibrer. Il jeta un coup d’œil : c’était Damon. Jeremy était avec lui. Il fit un signe discret à Stefan qui comprit.
-Bon, c’est pas tout Qetsi, mais on doit partir. C’était un plaisir. Dit-il en commençant lentement à reculer.
La sorcière, méfiante, se tourna vers la cabane. D’un coup de main en l’air, elle fit voler la porte et découvrit que son prisonnier n’était plus là. Elle poussa un cri de rage et se jeta sur Stefan. Seulement, avant qu’elle n’eut pu atteindre le vampire, plusieurs balles lui fut tirer dans le dos. Elle hoqueta, se balança légèrement avant d’embrasser le sol de manière magistrale. Le groupe se pencha au-dessus d’elle afin de vérifier si elle était bien morte.
-C’est fini. Elle est morte. Répondit Jenna à leur question silencieuse après avoir placé deux doigts sur sa carotide.
-Espèce de sale garce ! S’écria Damon en crachant sur le cadavre.
Jeremy, toujours accroché à son frère, ne dit rien.
-On devrait y aller. Fit Stefan.
Un dernier regard à ce qui restait de Qetsiyah et ils lui tournèrent le dos, sans aucun remord. Le soir était tombé sur Mystic Falls. Chaque être, surnaturel ou pas, était rentré chez lui. Le calme régnait désormais dans la ville. Klaus était parti, Qetsiyah était morte, tout comme Katherine, Silas et les hybrides. Cependant, plusieurs personnes avaient rencontré la mort, une nouvelle fois. Mais Mystic Falls, comme toujours, se remettait doucement de ses pertes.
Jeremy était assis sur son lit, dans sa chambre, la musique à fond dans ses écouteurs. Il était dans sa bulle d’adolescent, complètement isolé du monde. Il fut ramené à la réalité par des coups à la porte. Il retira son casque et s’exclama :
-Oui ?
Damon entra. Jeremy vit tout de suite que quelque chose n’allait pas. Il avait un sourire triste sur les lèvres et on pouvait voir sa tourmente dans le bleu de ses yeux.
-Tout va bien ? Lui demanda-t-il en l’invitant à s’assoir sur le lit, à côté de lui.
Damon ne répondit pas et vint s’assoir. Il demeura un instant silencieux avant de prendre une grande respiration.
-Je suis désolé, Jer.
-Désolé ? Pour quoi ?
-Je…J’ai foiré. Encore.
-Qu’est-ce que tu racontes ?
-Bon dieu, Jer ! A cause de moi, tu as eu un accident de voiture, ta meilleure amie a perdu sa mère, une sorcière vieille de plusieurs milliers d’années a failli te tuer…Je me suis nourri de toi, bordel !
Jeremy regarda son frère avec désolation. Il savait qu’un jour ou l’autre, ils allaient en parler.
-Ce n’est pas grave, Damon. Tu n’étais pas toi-même, tu…
-ARRETE DE ME DEFENDRE ! Hurla le vampire en se levant d’un coup.
L’adolescent sentit les larmes venir.
-Avec toi rien n’est jamais grave, continua Damon, tout va toujours bien !
-Mais je vais bien ! Regarde-moi ! Je vais bien, Damon.
L’ainé fixa le plus jeune avec intensité. Il inspira grandement et se rassit.
-Je ne peux plus te faire ça, Jer. Je n’ai pas le droit. Tu mérites d’avoir une vie normale.
-Damon…
-Je suis un danger pour toi.
-Damon !
-Je suis désolé Jer.
Soudain, le vampire arracha le bracelet de verveine du bras de Jeremy.
-Damon ! Qu’est-ce que tu fais ?!
Il le força à le regarder droit dans les yeux et le jeune homme comprit.
-Non ! Non ! Damon ne fais pas ça ! Je t’en prie !
-Tu vas m’oublier, Jeremy Salvatore. Désormais, je ne fais plus partie de ta vie. Tu vas quitter cette ville, tu vas avoir la vie que tu mérites, Jer. Une vie normale. Tu ne te souviendras pas de moi, tu n’as plus de frère. Tu ne sais rien à propos des vampires ni de quoique ce soit de surnaturel. Tu vas oublier New York et tout ce qui s’est passé ici, à Mystic Falls. Je suis désolé, Jer. Je t’aime.
Une larme coula le long de la joue de Damon. Jeremy ferma les yeux et lorsqu’il les rouvrit, son frère avait disparu.
