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Darkness

Série : The Vampire Diaries
Création : 05.08.2014 à 14h27
Auteur : Sherwood 
Statut : Terminée

« "...depuis ta naissance, t’as été ma part d’ombre et de lumière. Avec toi, je peux me sentir mieux comme je peux sombrer à tout moment." Suite de Sunshine et Moonlight. Dernier volet.  » Sherwood 

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CHAPITRE 1

Le bruit infernal du réveil réveilla Jeremy en sursaut. L’adolescent grogna et frappa dans l’appareil qui vola à travers sa chambre.

-Debout Salvatore ! S’écria son colocataire en tirant les couvertures.

Depuis qu’il était dans l’internat de Denver, son colocataire et ami était toujours le premier debout. Ça faisait déjà un an qu’il était inscrit dans ce lycée et déjà, il regrettait. Orphelin, il avait grandi dans l’orphelinat de Denver et n’avait jamais quitté la ville. Il n’avait aucune famille hormis son colocataire qu’il considérait comme un frère. Il avait passé toute sa vie ici et bizarrement, il ne souvenait de rien. Impossible pour lui de se remémorer son enfance à l’orphelinat, ses anniversaires, ses amis et encore moins le visage de ses parents. Personne n’avait de photos d’eux. Il était comme un fantôme. Tout ce qu’il avait était ce nom : Jeremy Salvatore. Pour mener une véritable vie, il savait qu’il ne devait pas poser de questions et laisser les énigmes du passé derrière lui. Alors il avait grandi ainsi : sans poser de questions. Les seuls souvenirs qui meublaient son esprit étaient ceux de cette année.

-Salvatore ! Tu vas encore être en retard !

Jeremy gémit et consentit enfin à se lever. Il se frotta les yeux, bailla et ébouriffa ses cheveux avant de poser ses deux pieds sur le sol. Il se leva avec difficulté et, encore endormi, ne réagit même pas lorsqu’il reçut ses vêtements en pleine figure, balancés par son meilleur ami.

-Ça va Kol, je suis levé !

-Il y a intérêt ! A chaque fois je me prends des heures de retenues parce que tu nous mets en retard !

-Ouais bah désolé mais je n’arrive pas à dormir la nuit !

-Tu prends toujours tes somnifères ?

-Oui ! Mais ça ne fonctionne plus !

-Encore tes cauchemars ?

-Je n’appellerai pas ça des cauchemars, c’est plus comme des… « souvenirs ». Comme si les gens que je vois m’étaient familier, comme si tout ce que je vis dans ces « rêves » je les avais déjà vécu. Tu vois ?

-En gros, t’es en train de me parler de « flash-back » ? Tu veux que j’appelle la CIA ? Ou la Nasa peut-être ? Ça se trouve, tu as été enlevé par des aliens qui t’ont ensuite effacé la mémoire !

-C’est ça ! Moque-toi de moi Mikaelson !

Il ignora les rires de son colocataire et s’habilla vite fait. Dans ses rêves, il revoyait sans cesse le visage d’un homme aux cheveux de jais et aux yeux bleus, un autre les cheveux bruns en brosse, une jeune fille aussi et il avait l’impression de tous les connaître. Les mêmes images défilaient dans sa tête. Le gars aux yeux bleus jeté dans un puits, une ville en feu, un accident de voiture…Il sentait au fond de lui qu’il avait vécu tous ces évènements, peut-être dans une autre vie.

-Prêt Salvatore ? Lança Kol en le sortant de ses pensées.

Le jeune homme hocha la tête et le suivit dans le couloir.

Alaric prit une gorgée de son café. Il parcouru des yeux l’appartement que lui et Jenna s’étaient acheté à Mystic Falls. Ici, il pouvait oublier tous ses problèmes. Il se détendit en laisse l’arôme du café frapper ses papilles. Il poussa un soupire de béatitude en sentant deux mains délicates s’entourer autour de sa taille.

-Bonjour. Fit la voix de celle qui comblait sa vie.

-Bonjour. Tu as bien dormi ?

-Hum…oui. Et toi ?

-Bof. Pas comme je l’aurais voulu.

-Tu as encore dû le ramener chez lui, n’est-ce pas ?

-Il touche de plus en plus le fond, Jen. D’ailleurs, je dois passer afin de voir comment il va.

-D’accord. Rentre vite.

Il se retourna pour l’embrasser et s’empressa de regagner leur chambre. Une fois habillé, il s’empara de son blouson et sortit. Il arriva rapidement devant la maison, entra discrètement et tendit l’oreille. Comme d’habitude, c’était silencieux. Il posa son blouson en vrac sur le canapé. Il put ainsi s’apercevoir que le sol du salon était jonché de bouteilles vides, de verres cassés et taché d’alcool.

-C’est pas vrai…

Il grimpa les escaliers, parcourut le couloir et s’arrêta devant la porte devant laquelle il s’arrêtait toujours. Il l’ouvrit doucement et son cœur se déchira à ce qu’il voyait : Damon était, torse nu, étalé de travers sur le lit, les draps emmêlés autour de son corps maigre. La sueur collait ses cheveux mal coiffés sur son visage livide et l’alcool dégoulinait sur sa peau grisâtre. La bouche ouverte, un filet de bave s’écoulant dans le lit, il dormait profondément, abrutis par tous les verres qu’il s’était enfilé la veille. Alaric soupira à nouveau. Ça lui faisait mal de voir son meilleur ami dans cet état. Mais c’était à prévoir. Il entra dans la chambre, se dirigea vers la fenêtre et ouvrit grand les volets. Damon ne réagit pas. Le soleil inondait la pièce de sa lumière et le vampire ivrogne avait l’air encore plus pâle et pathétique. Tranquillement, Alaric se mit à ramasser les bouteilles et les verres par terre. Lorsqu’il prit une flasque de whisky qui reposait encore dans la main inerte de Damon, ce dernier remua faiblement en poussant un gémissement déchirant.

-Hey, mon pote. Murmura Alaric en caressant les cheveux sales de son partenaire.

Celui-ci ouvrit péniblement les yeux. Lorsqu’il reconnut Alaric, il soupira et enfonça sa tête plus profondément dans le matelas.

-T’en fais pas, vieux. Je vais m’occuper de toi. Tu vas te lever, prendre une douche et…

-La ferme…Ric…

-Damon, tu ne m’auras pas sur ce coup-là. Tu me connais. Alors maintenant, tu soulèves ton cul !

Le vampire fit la moue, se mit sur le dos et essuya la bave qui collait à sa joue. Il plissa les yeux à la lumière dans un grognement à peine distinct. Alaric ramassa les dernières bouteilles avant de sortir afin de faire couler un bain. Pendant ce temps, Damon s’était rendormi.

-C’est pas vrai ! Damon, lève-toi ! S’écria Alaric en revenant dans la chambre.

Il secoua le vampire, cette fois avec moins de douceur. Damon poussa alors un tel gémissement qu’il en fendit le cœur du flic.

-Damon…Fit-il d’un ton presque maternel.

-C’est bon…Ric…Je me lève…

Alaric hocha la tête avant de se lever et d’aller préparer le petit-déjeuner. Quelques minutes plus tard, un Damon ravagé par l’alcool, encore à moitié endormi, descendit les escaliers. Il passa une main frénétique dans ses cheveux en bataille, bailla à s’en décrocher la mâchoire et se laissa choir sur une chaise dans la cuisine. Ric lui servit un verre de sang et des toasts à la française. Il avait l’habitude de lui en faire à New York, à l’époque où il était…humain.

-Merci. Grommela vite fait Damon avant d’engloutir le sang d’une traite.

Il se secoua la tête pour se réveiller tandis qu’Alaric s’attablait. Ils mangèrent en silence jusqu’à ce qu’Alaric commence :

-Combien de temps ça va durer, Damon ?

Le vampire ne répondit pas. Il se contenta de se servir un nouveau verre de sang.

-Ecoute, je sais que tu as fait ça pour son bien mais…

Il s’interrompit net en voyant son meilleur ami se figer immédiatement. Contre toute attente, Damon prit la parole :

-On a dit qu’on ne parlait plus de lui.

-Je sais. Mais à quel prix ? Tu t’es regardé, Damon ?!

-Ric…Gronda le vampire en sortant les crocs.

-Oh tu peux me faire peur si tu veux, Damon ! Mais ça ne changera rien ! Tu fais pitié, voilà ! Tu passes tes journées à te morfondre dans l’alcool sans penser une seule seconde à ce que subit ton entourage ! Depuis quand tu n’as pas revu Elena ? Tu crois que je n’ai pas mieux à faire que d’aller te chercher dans les bars toutes les nuits ? S’il te plaît, au moins essaye de te souler chez toi !

Enervé, Alaric se leva d’un bond, prit son blouson et sortit de la maison en claquant violemment la porte derrière lui. Damon n’était désormais plus qu’une épave.

Après les cours, Jeremy et Kol avaient l’habitude de se faire une partie de baseball. Ça faisait quelques heures qu’ils jouaient à présent.

-C’est pas possible ! Tu triches forcément ! S’écria le jeune Salvatore.

-Comment veux-tu que je triches au baseball ?!

-Je peux me joindre à vous ? Fit une voix féminine derrière eux.

Les deux garçons se tournèrent pour se trouver face à une jeune femme aux grands yeux en amandes d’un brun profond. Elle avait de longues jambes interminables, une taille de guêpe et un joli sourire au coin. Elle avait également un accent des pays de l’Est lorsqu’elle parlait.

-Avec plaisir ! Et peut-on connaître le nom de notre nouvelle coéquipière ? S’écria Jeremy, complètement sous le charme.

-Bien sûr. C’est Nadia. Nadia Petrova.


Sherwood  (05.08.2014 à 14:41)

CHAPITRE 2

Jeremy n’avait rien vu venir. Il se souvenait à peine de ce qu’il s’était passé. De toute façon, il n’était pas gâté avec ses souvenirs. Certains ne lui appartenaient même pas, d’autres lui avaient été enlevés et maintenant ceux qu’il devrait avoir disparaissaient. Il poussa un soupire d’exaspération en ouvrant lentement les yeux. Il était attaché à une chaise dans le bureau de Monsieur Garden, l’entraîneur qui tenait les terrains de sport du lycée. Mais où était donc Monsieur Garden ? Il n’avait rien entendu ? Il scruta la petite salle et son regard finit par tomber sur des chaussures. Elles étaient allongées maladroitement sur le sol, accrochées à des jambes, elles-mêmes rattachées à un buste…Le cœur de Jeremy s’arrêta net. Le corps de Monsieur Garden, tel une marionnette désarticulée, gisait derrière la porte dans une mare de sang. Une morsure béante s’étendait le long de son cou. On pouvait voir chaque centimètre de sa peau déchiquetée.

-C’est quoi ce bordel ?!

La porte du bureau s’ouvrit et la jolie fille de tout à l’heure entra avec la grâce d’une danseuse de ballet.

-Détache-moi putain ! Espèce de folle !

Nadia fut devant lui sans qu’il ne sache comment et le frappa en plein visage.

-Ferme-la ! Ce n’est même pas toi que je veux.

-Comment ça ? Bredouilla-t-il alors que du sang lui coulait du nez.

-Je ne m’intéresse qu’à ton frère.

-Mais…Vous devez vous tromper ! Je n’ai…Je n’ai pas de frère ! Je n’ai même pas de famille !

-Ah oui, j’avais oublié ce détail. Dit-elle en esquissant un sourire.

Elle vérifia les liens sur les poignets du gamin avant de sortir son portable et de taper rapidement sur une touche. Elle attendit en tournant autour de la chaise sur laquelle Jeremy était attaché. Enfin, une voix répondit :

-Allô ?

-Alaric Saltzman ! J’espérais parler à votre partenaire mais bon, je me contenterais de vous.

-Qui est à l’appareil ?

-Mon nom vous dira sûrement quelque chose. Je suis Nadia Petrova.

Un silence se fit de l’autre côté de la ligne. Au bout de plusieurs minutes, la voix de Ric se fit à nouveau entendre :

-Vous êtes la fille de Katherine.

-Exactement. Hormis le nom, ma mère m’a laissé autre chose : ses crocs. Si vous ne voulez pas qu’ils s’enfoncent dans la précieuse gorge de Jeremy…

-Attendez ! Attendez…Qu’est-ce que vous voulez ?

-Hum…Vous n’avez pas une petite idée ? Comme venger la mort de ma mère, par exemple.

-Ecoutez, je sais que vous êtes en colère. Mais Katherine nous ruinait l’existence. Elle voulait nous tuer !

-Alors vous lui avez arraché le cœur. Juste comme ça ! Vous savez, elle aimait vraiment Salvatore.

-Et bien elle avait une drôle de façon de le montrer.

-Bon, c’est très simple. Soit Salvatore se rend, soit j’arrache le cœur de Jeremy comme vous l’avez fait pour ma mère.

Nadia raccrocha, un sentiment de satisfaction en elle. Sa mère aurait été fière d’elle.

-Ça veut dire quoi tout ça ?! Je ne comprends rien ! S’écria Jeremy qui essayait toujours de se libérer.

Nadia leva les yeux au ciel.

-C’est vrai ! Je n’ai jamais connu votre mère, je ne connais pas non plus ce…Alaric Saltzman !

-Mais si, tu les connais. Tu ne t’en souviens juste pas ! Répondit-elle, exaspérée.

Jeremy blêmit. Ça voulait dire quoi tout cette histoire ? Il devait penser à autre chose ou il allait exploser.

-Où est Kol ? Demanda-t-il en se rappelant que son colocataire était avec lui lorsqu’il avait été capturé.

-L’originel ? Heu…Je crois qu’il pionce toujours. Apparemment, je lui ai donné trop de verveine.

-Quoi ?!

Jeremy commençait vraiment à en avoir marre. Ça voulait dire quoi tout ça ? Originel ? Verveine ? Mais avant qu’il ne puisse questionner davantage sa ravisseuse, celle-ci lui plongea une aiguille dans le cou.

-J’en peux plus de t’entendre jacasser.

Il vit le visage de Nadia, penché sur lui, avant de perdre connaissance. Lorsqu’il se réveilla à nouveau, la nuit était tombée. Il aperçut Nadia, assise sur une chaise, en train de souffler impatiemment. Puis tout d’un coup, elle se leva, le sourire aux lèvres.

-Il est là.

Jeremy fronça les sourcils. Il n’avait rien entendu lui. Il allait demander comment elle pouvait savoir une telle chose quand la porte s’ouvrit à la volée. Un homme, les cheveux bruns en brosse, une veste rétro sur les épaules et un flingue au bout du bras, était sur le palier.

-J’avais dit Salvatore. Pas toi Saltzman. Fit Nadia d’une voix froide.

-Tu devras te contenter de moi. Relâche-le.

-Où est Damon ? Ivre mort dans un bar, je présume ? Ou alors occupé à vider deux trois filles de leur sang…

-Relâche Jeremy. Tout de suite.

Ledit Jeremy ne comprenait plus rien. Comment cet homme pouvait-il connaître son nom ? Il ne l’avait jamais vu de sa vie ! Peut-être connaissait-il ses parents ?

-Ou sinon quoi ? Tu vas me tuer avec ton pistolet à eau ? Laisse-moi rire ! Après tout, tu n’es qu’un humain…

Dès la dernière syllabe prononcée par la jeune femme, Alaric lui jeta une grenade de verveine en pleine figure. Elle poussa un cri déchirant. Le flic ne s’arrêta pas là. Il lui tira dans la jambe et le torse plusieurs balles en bois.

-Tu me sous-estimes, Petrova.

Avant qu’il ne puisse le infliger le coup fatal, elle se servit de sa vitesse vampirique et disparut dans une rafale de vent. Alaric se jeta alors auprès de l’adolescent. Ce dernier était plus que perdu par ces évènements.

-Ça va aller, Jer. Tout va bien maintenant.

-Arrêtez ! S’écria le garçon.

Surpris, Alaric recula.

-Arrêtez de m’appeler par mon prénom comme si vous me connaissiez, continua Jeremy dont les lèvres tremblaient d’émotion, je ne vous ai jamais vu de ma vie ! Votre nom de m’est même pas familier ! Et je ne sais toujours pas pourquoi cette folle dingue s’en est prise à moi !

Les épaules d’Alaric s’affaissèrent. Il ne pouvait rien lui dire. C’était pour sa sécurité. Damon le tuerait si jamais il lâchait quoique ce soit. Alors, dans silence pesant, il défit les liens du jeune homme et l’aida à se remettre debout. Jeremy le regardait dans l’incompréhension totale. Une fois sûr que le gamin allait bien, Alaric rangea son arme et tourna les talons.

-Attendez !

L’adolescent partit à sa poursuite. Ils étaient dehors, sous un ciel étoilé, derrière les terrains de baseball.

-Vous ne pouvez pas partir comme ça ! Je…Je fais des rêves.

Le flic s’arrêta net.

-Je ne comprends pas ce qu’il m’arrive. Je…Je fais les mêmes rêves chaque nuit. Je vois les mêmes personnes, les mêmes évènements. Et soudain cette tarée surgit de nulle part en clamant que j’ai un frère, ce frère qui a tué sa mère ! Et puis…il y a vous.

Alaric commençait à sentir les larmes venir. Le garçon ne méritait absolument pas ce qu’il lui arrivait. Il se retourna pour lui faire face. Que devait-il faire dans un moment pareil ?

-Je vous en supplie…Dîtes-moi qui je suis…

Alaric s’approcha du garçon. Non, il ne pouvait pas faire ça.

-Jeremy ! Hurla une voix derrière eux.

C’était Kol. Il s’était réveillé. Jeremy hésita. Cet inconnu semblait avoir toutes les réponses. Mais Kol avait besoin d’aide. Enfin, au bout d’un certain temps, Alaric posa une main sur l’épaule du garçon et dit :

-Oublie tout ça, Jeremy.

-Mais…

-Ça vaut mieux pour toi.

Puis Alaric disparut.

 


Sherwood  (06.08.2014 à 14:41)

CHAPITRE 3

Le lendemain, Kol et Jeremy n’ont plus parlé de ce qu’il s’était passé la veille. Cependant, Mikaelson voyait bien que son ami en restait perturbé. L’ado ne prêtait plus aucune attention aux cours, demeurait totalement absent lors des maths de baseball et avait de moins en moins d’appétit. Finalement, après plusieurs semaine à voir son colocataire dans cet état, Kol décida d’appeler Alaric.

-Qu’est-ce que tu veux ? Fit Alaric d’une voix fatiguée.

-Ecoute, je sais que vous faîtes ça pour le bien de Jeremy. Mais avec ce qu’il s’est passé…il n’est plus lui-même.

-Depuis quand tu t’intéresses au bien être de Jeremy, Kol ?

-C’est pas parce que je m’appelle Mikaelson que je suis forcément comme mon psychopathe de frère ! La preuve avec Stefan ! C’est d’ailleurs lui qui m’a demandé de veiller sur Salvatore.

Il entendit un long soupire à l’autre bout de la ligne.

-Bon, je vais pas le répéter quarante fois ! Déjà que ça me soul de jouer à l’ange gardien ! Là, votre Jeremy est en train de sombrer !

-Mais qu’est-ce que tu veux que je fasses ?! Tu as bien vu ce qu’il s’est passé avec la fille de Katherine ! Si jamais…

Soudain, le flic s’interrompit. On pouvait entendre le bruit de quelqu’un en train de vomir.

-Tout va bien ? Demanda Kol, les sourcils froncés.

-Attends.

Alaric leva les yeux au ciel dans un soupire avant de grimper à l’étage et de se diriger vers la salle de bain.

-C’est pas vrai ! S’exclama-t-il.

Il jeta le téléphone dans un coin de la pièce et se précipita auprès de Damon qui régurgitait tout le sang qu’il venait de prendre. Le vampire se mettait dans un état déplorable. Il pouvait tenir plusieurs jours sans une goutte de sang dans l’estomac et boire des litres d’alcool puis tout d’un coup s’empiffrer d’innombrables poches de sang. Mais comme son corps, maigre et fragile, ne pouvait plus supporter ce régime, souvent le sang finissait dans les toilettes. Damon, en sueur et le visage couvert de larmes, tremblaient en se tenant à la cuvette. Alaric arracha une serviette derrière la porte et alla la mettre sur le corps de son partenaire. Il lui caressa la nuque de manière protectrice. Ce geste, au départ nerveux et tendu, était devenu un moyen doux et tendre de calmer le vampire. Ce dernier posa sa tête sur l’épaule du flic qui le tenait fermement.

-Il faut que ça cesse, mon pote.

Alaric repensa alors à ce que Kol lui avait dit. Si Jeremy était dans un état pareil, il devait faire quelque chose.

-Je suis désolé. Dit-il en passant une main dans les cheveux de son meilleur ami.

Celui-ci ne comprit pas mais laissa tomber, trop affaibli pour poser des questions. Ric l’aida à se lever et le mena jusqu’à sa chambre où il l’étendit avec précaution sur le lit.

-Je reviens, vieux.

Il repartit ensuite dans la salle de bain où il retrouva son téléphone.

-T’as fini de jouer aux infirmières ? S’écria Kol, exaspéré.

-Tu dis que Jeremy ne va pas bien ? Fit Alaric en ignorant la remarque.

-Oui…

-D’accord. Je fais vite.

Il raccrocha et revint auprès de son meilleur ami.

-Damon ?

-Hum…

-Je dois y aller. T’inquiète, je te laisse pas seul.

-Hum…

Ric hocha la tête et se retira dans le couloir pour appeler la seule personne que Damon laissait approcher en dehors de lui.

-Qu’est-ce qu’il a encore fait ? Fit la voix cristalline de l’autre côté du combiné.

-Elena…

-Non, Ric. J’en peux plus, je te l’ai dit.

-Il a vraiment besoin de toi.

-Mais tu es là !

-Je…je dois partir.

-Où ça ?

Alaric hésita à lui dire. Finalement, il préféra la sincérité et le lui avoua :

-A Denver.

-Quoi ?! Non, Alaric, tu ne peux pas lui dire !

-Je dois le faire ! Ecoute, je dois vraiment y aller. Je te demande seulement une chose, Elena : prends soin de Damon. Empêche-le de se faire du mal.

Le flic raccrocha, laissant une Elena complètement à la ramasse. La jeune fille poussa un petit cri à la fois de désespoir et de rage. Elle s’empara de sa veste et descendit les escaliers aussi vite qu’elle put.

-Chérie, tout va bien ? Fit sa mère en la voyant se précipiter vers la porte.

-Heu…oui. Je dois juste aller voir Damon.

-Damon ? Je croyais que c’était fini entre vous.

Elena prit un temps, la main sur la poignée. Puis elle poussa un long soupire avant de répondre :

-Je le croyais aussi.

Et elle sortit sans un regard en arrière. Lorsqu’elle arriva, elle sentit tout de suite l’odeur renfermé de l’alcool. Elle chassa quelques larmes et courut à l’étage où Damon se détériorait. Le vampire était recroquevillé sur lui-même, emmêlé dans les draps de son lit. A part sa poitrine qui se soulevait difficilement, son corps ne bougeait pas d’un pouce.

-Damon ? Fit-elle d’une petite voix.

Mais il ne réagit pas. Elle s’avança, contourna le lit et s’aperçut qu’il avait les yeux ouverts. Il regardait dans le vide, l’air hagard. La jeune humaine poussa un énième soupire. Elle entreprit alors de ranger la chambre et de remettre les draps en place. Damon continua de l’ignorer. Elle décida d’en faire de même, comme à chaque fois qu’elle venait.

-Tu es vraiment irrécupérable ! Lâcha-t-elle en se dirigeant vers la salle de bain où elle prit un linge humide.

Sans lui demander quoi que ce soit, elle retourna le vampire sur le dos et commença à lui faire un bain à l’éponge en nettoyant tout l’alcool qui collait à sa peau. Elle n’hésita pas à lui enlever ses vêtements, limite avec brusquerie, comme à un enfant capricieux. Lorsqu’elle arriva à son visage, le vampire tressaillit. Elena s’arrêta, le fixant profondément du regard. Enfin, après à long moment à se dévisager, Damon ouvrit la bouche :

-Pourquoi t’es là ?

-Alaric m’a appelé, répondit-elle froidement, il fallait bien que quelqu’un s’occupe de toi.

-Où est-il ?

-Peu importe. Bon, tu comptes m’aider et te lever ?

Le vampire grogna mais finit par lui obéir. Une fois debout, elle lui ordonna d’aller à la douche. Pendant qu’il passait sous l’eau, Elena remit en ordre toute la maison. Quand elle passa devant la chambre de Jeremy, sa gorge se serra. Tout était parti de là, de ce soir où Damon avait hypnotisé son frère. Elle secoua la tête, essayant de fuir toutes ces images qui la hantaient depuis ce fameux soir.

-Elena ?

La jeune fille sentit un violent frisson parcourir son corps. Sa voix avait toujours cet effet sur elle.

-Oui, Damon ? Répondit-elle en lui faisant face.

Torse nu, de l’eau ruisselait de ses cheveux, sa peau reflétait sa pâleur et d’immenses cernes assombrissaient son regard mais dans l’ensemble, il avait l’air moins…mort.

-Si tu n’as pas envie d’être là, tu n’es pas obligée.

-Bien sûr que je suis obligée ! Sinon, qu’est-ce que je serais ?! Je ne peux pas te laisser comme ça !

-Tu l’as bien fait.

-Damon…Tu souffres. Ça, on l’a compris. Mais as-tu pensé une seule seconde à ce que je vivais, moi ?! Mon petit-ami est en train de se détruire sous mes yeux et je ne peux rien faire !

-Ton petit-ami, hein ?

Un silence pesant s’installa entre eux deux. C’est vrai que ça avait été dur ces temps-ci mais jamais Elena ne pensait mettre le statu de leur relation en doute. Des larmes de colère jaillirent de ses yeux et coulèrent rageusement sur ses joues.

-Va te faire foutre, Damon !

Elle tourna brusquement les talons et se dirigea rapidement vers la porte d’entrée sans demander son reste. Damon souffla avant de partir à sa poursuite. Il réussit finalement à la rattraper dans la rue.

-Damon, lâche-moi !

-Attends, Léna. S’il te plaît…

Hors d’elle, la jeune humaine se tourna vers lui, le regard glacial et répliqua :

-Nous deux, c’est fini. Tu me l’as clairement fait comprendre.

Puis elle arracha furieusement son bras de son étreinte et poursuivit sa route, laissant un Damon perdu et surtout seul.

 


Sherwood  (07.08.2014 à 13:58)

CHAPITRE 4

Jeremy venait de finir les cours. Il sourit en lisant le sms que son colocataire lui avait envoyé. Kol avait réussi à se faire coller pour la soirée. Bon, il allait encore manger seul ce soir. Il grommela dans sa barbe tandis qu’il sortait du lycée.

-Hey, mon pote. T’as laissé tomber quelque chose.

L’adolescent se retourna pour se retrouver devant un mystérieux jeune homme aux cheveux de jais, portant la veste en cuir et la chemise à col ouvert. Ses yeux étaient d’un bleu glacial, comme les siens. L’inconnu lui tendait son carnet à dessin qui était apparemment tombé de son sac. Lorsqu’il le prit, ses doigts rentrèrent en contact avec ceux du jeune homme. Il ressentit à ce moment-là un choc électrique venant du bout de ses doigts jusqu’au creux de sa main.

-Tu as du talent.

-Hein ? Fit-il, perturbé par ce qui venait de se passer.

-Tes dessins. Tu dessines bien.

-T’as regardé ?

-Je sais, j’aurais pas dû mais…

-Non, c’est bon. Merci de me l’avoir…rendu.

Jeremy remit le carnet dans son sac et s’apprêta à repartir quand l’inconnu lui attrapa délicatement le bras.

-T’es au lycée ici ?

-Heu…oui.

-Et…heu…tout va bien pour toi ?

-Pourquoi devrais-je te répondre ? Je ne te connais même pas. Rétorqua l’adolescent, un peu méfiant.

-C’est vrai. Je m’appelle Damon. Répondit le jeune homme en lui tendant une main.

-Jeremy.

Il lui serra la main en retour, intrigué par cet homme qui désirait tant le connaître.

-Donc tu te plaîs ici, à Denver ? Commença Damon en marchant à ses côtés.

-Ouais. C’est plutôt cool.

-Les cours se passent bien ?

-Ça va. Et toi Damon ? Qu’est-ce tu fais à Denver ? Je t’ai jamais vu ici !

-Oh, je suis juste de passage.

-Et comme t’es de passage, tu tapes la discute avec un ado pommé comme moi ?

Damon se mit à rire, un petit rire nerveux ou timide, Jeremy ne savait pas.

-Est-ce que ça va, Jeremy ? Vraiment ?

L’ado hésita. Devait-il se livrer à un inconnu ? Pourtant, même s’il avait été méfiant au début, il sentait qu’il pouvait lui faire confiance.

-Je ne sais pas, répondit-il, j’ai l’impression qu’il y a un vide dans ma vie que je suis incapable de combler. C’est comme si tout le monde savait qui j’étais sauf moi. Tu vois ?

Damon hocha la tête. Puis il s’arrêta subitement. Jeremy fit de même, de plus en plus intrigué par ce jeune homme. Sans qu’il ne s’y attende, celui-ci posa deux mains sur ses épaules, ancrant son regard dans le sien.

-Moi, je sais qui tu es, Jeremy Salvatore. Tu es quelqu’un de bien, quelqu’un qui mérite une belle vie. Tu ne le sais peut-être pas encore mais crois-moi, tout va s’arranger pour toi. Tous tes démons vont s’envoler. Je te le promets.

Jeremy, légèrement étourdis, ferma les yeux. Lorsqu’il les rouvrit, l’inconnu avait disparu.

Alaric arriva à Denver le lendemain. Il dû passer par la conciergerie afin de connaître le numéro de chambre de Jeremy. Lorsqu’il se trouva devant la porte, il fut un tantinet nerveux. Il savait qu’en faisant ça, il allait se mettre son meilleur ami à dos. Mais il savait également que s’il ne le faisait pas, son meilleur ami allait bientôt se tuer. Il prit une grande respiration avant de toquer. La porte s’ouvrit sur un Jeremy abasourdis.

-C’est pas vrai ! Vous pouvez pas me lâcher !

L’adolescent allait fermer la porte mais le flic l’en empêcha.

-Attends, Jeremy. Je suis sûr que tu te poses plein de question, je peux y répondre.

-Je ne m’en posais pas avant que vous ne débarquiez dans ma vie !

-S’il te plaît, Jer. Laisse-moi t’expliquer.

Le garçon soupira longuement avant d’hocher la tête.

-D’accord.

Ça faisait à présent quelques minutes qu’ils marchaient dans le parc qui entourait le campus.

-Bon, alors ? Je vous écoute. Fit Jeremy, les mains dans les poches.

-Bien…Heu…Par où je peux commencer ?

-Par ce mystérieux frère que j’aurais et qui est la cause de tous mes problèmes, par exemple ?

-Heu…Ouais. Il…Il s’appelle Damon et…

-Attendez, Damon ?

-Oui. Pourquoi ?

L’adolescent secoua la tête.

-Non, rien. Ce nom m’est juste familier.

-Donc il s’appelle Damon. Damon Salvatore. Il est flic. Et…Ecoute, je sais que ça va te paraitre fou mais…c’est un vampire.

Jeremy s’arrêta net. Peut-être qu’il avait mal entendu. Non, il avait bien dit « vampire ».

-Ouais, vous avez raison. C’est complètement fou ! S’écria-t-il.

-Je sais, je sais. Mais tu dois me croire. Il te manque des souvenirs, n’est-ce pas ?

-Co…Comment vous savez ?

Alaric l’invita à s’assoir sur un banc, à côté de lui. Alors, il lui raconta tout. D’où il venait, sa famille, son frère, l’accident de voiture, les vampires, Mystic Falls, Klaus, Katherine, l’hypnose…Absolument tout. Dans un premier temps, Jeremy demeura silencieux. Puis, comme s’il se réveillait, il cligna des yeux et dévisagea le flic. Soudain, il se leva brusquement, le regard toujours fixé sur Alaric.

-C’est impossible !

-Jeremy, réfléchis ! Tout s’explique ! Tu le sais.

-Non, je ne vous crois pas !

-Je sais que c’est dur de l’admettre mais…

-Fermez-la ! Laissez-moi tranquille. Je veux juste une existence normale ! Pas avec des sorcières, des vampires ou des doubles machin-chose !

Sur ce, l’adolescent tourna des talons. Alaric se leva et se passa une main sur le visage dans un soupire. Puis d’un coup, il eut une idée. Il sortit son portable et composa un numéro. Il attendit ensuite un moment jusqu’à ce qu’une voix décroche.

-Ouais, c’est Alaric. J’ai besoin de ton aide. C’est pour Jeremy.

Pendant ce temps, Damon allait vraiment de plus en plus mal. Ça faisait déjà un moment qu’Elena était partie et l’état du vampire se dégradait. Il n’arrivait toujours pas à se nourrir, sa peau devenait de plus en plus grise, sa vision se troublait et un terrible mal de tête le paralysait. Parfois, il souffrait tellement qu’il se cognait la tête contre le mur, creusant plusieurs trous dans le plâtre. Alaric était parti, Elena aussi, il avait l’impression qu’il ne méritait personne. Alors il fut surpris lorsqu’on sonna à la porte. Il se traîna dans le couloir pour s’arrêter en haut des escaliers. Haletant, en sueur et à moitié-aveugle, il resta où il était, incapable de faire le moindre mouvement. Il se demanda silencieusement qui pouvait bien être assez fou pour vouloir entrer dans cette maison. Donc il sursauta en entendant la voix de Stefan :

-Damon ? T’es là, mon pote ?

-Stefan…

L’originel vit son ami debout, en haut des escaliers. Le sourire aux lèvres, il s’apprêtait à le saluer quand le vampire s’écroula.

-Damon !

Il monta quatre à quatre les escaliers et se jeta auprès du vampire en détresse.

-Qu’est-ce qui t’arrives, mon vieux ?!

-Je…sais…pas…

Le vampire tremblait dans les bras du jeune Mikaelson.

-J’appelle Bonnie. Elle saura quoi faire.

Alors qu’il consolait Damon en le bordant et en l’apaisant avec des caresses, il contacta la sorcière avec impatiente. Salvatore avait vraiment besoin d’aide. Ce qui lui arrivait n’était pas normale. Après un appel au secours, la jeune fille arriva rapidement sur les lieux. Stefan avait déposé Damon sur son lit et n’avait pas quitté son chevet.

-Qu’est-ce qui lui arrive Bonnie ?

La sorcière ne répondit pas. Elle se contenta de poser ses mains sur le torse du vampire malade. Pendant qu’elle s’opérait à sa magie, son patient commençait totalement à délirer. Il ne cessait de répéter le nom d’Elena, encore et encore.

-Elena…E…Elena…léna…

-Chuuut…elle est pas là, Damon. Ne t’en fais pas, ça va aller. Le rassura Stefan.

Soudain, Bonnie enleva brusquement ses mains.

-Quoi ? Qu’est-ce qui se passe ?

-Je pense que ça a un lien avec la mort de Silas.

-Dis-moi que tu peux l’aider ! Bonnie !

Mais seul le silence lui répondit.


Sherwood  (08.08.2014 à 13:04)

CHAPITRE 5

Ça faisait une heure environ que Bonnie communiquait avec les sorcières de l’autre côté. Elle était exactement dans la même pièce où elle avait demandé à ses consœurs comment guérir une morsure de loup-garou alors que Damon se mourrait. Damon était-il dans la même situation une nouvelle fois ? Impossible de le dire. Au bout d’un certain moment, Stefan entra dans la pièce.

-Alors ?

-J’ai peut-être quelque chose. Répondit-elle d’une voix grave.

Stefan fronça les sourcils. Vu la tête que faisait la sorcière, ça ne saura pas facile.

-C’est-à-dire ?

-Les sorcières pensent qu’il faudrait le sang de Jeremy.

-De Jeremy ?

-Oui. C’est étrange mais avec la mort de Silas, je veux dire le sortilège que Qetsiyah a utilisé, Damon n’arrive plus à se nourrir. Son corps refuse tout type de sang. Cependant, d’après les sorcières, il pourrait garder du sang ayant le même ADN que le sien.

-Même si c’est du sang humain ?

-Surtout si c’est du sang humain !

-Quelque chose me dit qu’il y a un « mais » dans l’histoire.

-Pour rétablir l’équilibre alimentaire de Damon, Jeremy doit le nourrir volontairement.

-T’es sérieuse ?! T’oublies que Jeremy n’a aucun souvenirs de Damon !

-Et Damon ne voudra jamais enlever l’hypnose de son frère pour le protéger, je sais.

-Alors comment on fait ?

-Va falloir parler à Jeremy.

Au même moment, à Denver, Alaric s’était retiré pour laisser Jeremy avec la nouvelle arrivante. Si Jeremy ne le croyait toujours pas, elle, elle convaincra. La jeune fille s’approcha de l’adolescent qui s’était assis au bord de la fontaine. Lorsqu’il la vit, il ne put s’empêcher de la trouver belle.

-Salut Jeremy. Dit-elle, le sourire jusqu’aux oreilles.

-Pardon, on se connait ?

Elle éclata de rire, ce qui l’amusa.

-Bien sûr. Je suis Vicky.

-Enchanté, Vick. Oh…excuse-moi. Je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça.

-Parce que t’avais l’habitude de m’appeler comme ça dans le passé.

-Alors…ce que dit…Monsieur Saltzman, c’est vrai ?

-A toi de me le dire !

-Je ne comprends plus rien. J’ai…J’ai l’impression de te connaître mais je n’ai aucun souvenirs de toi !

-Peut-être que ceci va t’aider à te rappeler.

Vicky se pencha légèrement, examinant discrètement la réaction du jeune homme. Comme il ne sembla pas la repousser, elle continua de s’approcher jusqu’à ce que ses lèvres ne soient plus qu’à quelques centimètres des siennes. A cet instant, Jeremy ne put mettre aucun mots sur ce qu’il ressentait. C’était comme s’il revivait un souvenir, pas un évènement, mais un sentiment. Et quand ses lèvres se posèrent délicatement sur les siennes, son cœur exprima toutes les émotions qui s’emparèrent de lui à ce moment. Il décida alors de l’embrasser en retour. Il lui faisait confiance, il sentit qu’il pouvait, même qu’il le devait.

-Pourquoi ? Souffla-t-il contre la douceur de ses lèvres.

-Pourquoi quoi ?

-Pourquoi me dire tout ça ? Pourquoi m’effacer la mémoire pour ensuite tenter de me la faire retrouver ?

-Parce que tu en avais besoin.

-Et où est Damon ? Ça fait plusieurs jours qu’on me parle de lui mais où est-il ?!

Vicky se mordit la joue.

-Il n’est pas au courant, n’est-ce pas ? Fit Jeremy.

-Il veut te protéger.

-S’il m’aimait vraiment, comme vous ne cesser de me le répéter, il ne m’aurait jamais fait oublier.

Sa phrase fut accompagnée d’un long silence. Ce silence fut vite interrompu par l’arrivée d’Alaric :

-On a un problème.

Elena rentra chez elle, les larmes aux yeux.

-Salut ma puce. Déjà là ?

Le visage de sa mère se décomposa en apercevant l’état dans lequel était sa fille.

-Elena chérie…Qu’est-ce qui ne va pas ?

-Rien, maman. Tout va bien.

Mme Gilbert prit sa fille dans ses bras avant de l’installer à côté d’elle sur le canapé.

-C’est Damon, n’est-ce pas ?

-Je le déteste, maman…

-Chérie, tu m’as dit qu’il avait beaucoup de problèmes en ce moment. Peut-être qu’il ne se rend pas compte ?

-Oh si. Il sait très bien ! Non, ce n’est pas ça. Maman, lui et moi…c’est fini…

-Tu te souviens après ta rupture avec Stefan ? Tu ne pensais jamais te remettre en couple à nouveau et après tu as rencontré Damon.

Elena renifla et s’essuya vivement les yeux.

-Merci maman.

-Je t’en prie, ma puce. Et puis tu sais, à ton âge, je n’arrêtais pas de me disputer avec mon petit-ami. Finalement, j’ai fini par l’épouser !

Un sourire apparut sur le visage mouillé d’Elena. Elle se leva et monta dans sa chambre, le cœur un peu moins lourd. Quand elle rentra dans la pièce, des tas de souvenirs la submergèrent.

-Elena ! Ça fait une heure que t’es dans cette salle de bain ! On va être en retard.

La jeune fille revint enfin dans sa chambre. Elle portait une longue robe noire qui épousait parfaitement bien ses formes, de longues boucles d’oreilles et un maquillage qui faisait ressortir ses grands yeux sombres. Damon, cloué sur le lit, reste complètement bouché bée.

-Alors ? Comment tu me trouves ?

-Absolument…magnifique.

Elle se pencha, un grand sourire aux lèvres, et attrapa sensuellement son petit-ami par le col de son costar noir.

-Tout comme toi.

Elle l’embrassa amoureusement, passant ses douces mains sur son visage fraichement rasé. Elle s’assit sur ses genoux tandis qu’il ne cessait de combler ses lèvres de chastes baisers.

-Faut vraiment qu’on y aille ? Gémit Damon en faisant sa petite bouille de chien battu.

-Oui. Caroline compte sur nous. Et puis, après ce qu’il s’est passé, je pense qu’on a vraiment besoin de se vider la tête.

-Ouais mais tu sais…Il y a d’autres façons de se vider la tête…Susurra-t-il contre son oreille.

-Damon !

Il lui mordilla l’oreille dans un rire avant de la porter dans ses bras.

Elena sentit qu’elle avait perdu la bataille avec les larmes. Elle glissa contre le lit, ramenant ses jambes contre sa taille. Lorsqu’elle ferma les yeux, elle fut à nouveau happée par son passé.

L’aube venait de percer l’obscurité de la nuit. Les premiers rayons de soleil caressaient les cheveux d’Elena, encore endormie. La jeune fille s’étira un peu et changea de côté, sauf qu’elle se heurta à…un corps ? Elle ouvrit brusquement les yeux dans un cri.

-Damon ! C’est pas vrai ! Arrête de me faire ça ! Un jour je vais faire une crise cardiaque !

-Oh non, et perdre une beauté comme toi ?

-Et arrête de passer par la fenêtre ! Passe par la porte, comme tout être humain !

-Ouais sauf que, fit-il en rampant lentement vers elle, je ne suis pas un être humain.

Il se jeta sur elle, mordillant son cou dans un cri sauvage.

-Damon ! Tu me chatouilles !

Elle releva sa tête tendrement, caressant ses cheveux de jais. Les veines noires étaient apparues sous les yeux de son amant. La jeune fille les traça de ses doigts, passant délicatement sur chaque sillon. Progressivement, sous son toucher, les veines disparurent.

-Je t’aime. Souffla-t-elle.

-Moi aussi.

N’en pouvant plus, Elena éclata en sanglot.

Pendant ce temps, à Denver, Alaric annonça à Vicky et Jeremy que Damon était dans un sale état.

-Donc…heu…Damon…va mourir ? Fit Jeremy.

-Bonnie n’en sait trop rien. Mais son état empire !

-Je comprends pas. Ce…Silas est mort depuis longtemps ? Pourquoi ça n’affecterait Damon que maintenant ?

Alaric avala difficilement. Il prit une grande respiration et répondit :

-Damon…a un côté auto-destructeur, tu vois ? Et avec ton départ…Il s’est détruit, refusant de se nourrir. Et apparemment, le sortilège qu’a utilisé la sorcière Qetsiyah empêche Damon de reprendre, disons…une alimentation normale.

-Et Bonnie sait comment aider Damon ?

-C’est justement ça le truc. Damon a besoin de ton sang. Jeremy…tu dois aider ton frère !


Sherwood  (09.08.2014 à 14:36)

CHAPITRE 6

-Je dois…lui donner mon sang ?! S’écria Jeremy.

-Ecoute Jeremy, je sais que c’est difficile à gérer mais…

-Difficile ?! Tu te rends compte de ce que tu dis ? Je viens d’apprendre que j’ai un grand frère vampire qui est mourant et à qui je dois donner mon sang !

Alaric n’eut pas l’occasion de répliquer à cause de son portable. Il souffla avant de décrocher :

-Saltzman.

-Alaric ! Qu’est-ce que vous foutez ?! Damon va de plus en plus mal ! Vous avez parlé à Jeremy ? S’exclama Stefan à l’autre bout du fil.

-Ouais. On lui a dit.

-Et ? Il est d’accord ?

Le flic se tourna vers l’adolescent qui ne l’avait pas quitté du regard.

-Je pense que oui. Répondit-il enfin.

-D’accord. Grouillez-vous !

Sur ce, il raccrocha. Le vampire originel poussa un long soupire. Il jeta un coup d’œil à la forme fantomatique de Damon qui gisait sur le lit.

-Et du sang de vampire ? Ça pourrait marcher ? Suggéra-t-il.

-Je n’en sais rien. Mais si Jeremy n’arrive pas très vite, Damon se dessèchera. Répondit Bonnie sur un ton de fatalité.

Non, ça ne pouvait pas arriver. Stefan le refusait. Il se jeta sur le lit, auprès de son ami qui était pratiquement inconscient.

-Damon ? T’es avec moi, vieux ?

Les yeux semi-ouverts du vampire frémissaient mais ne s’ouvraient guère.

-Damon, s’il te plaît. Reste avec moi.

Il redressa le malade sur son torse, entourant son maigre corps de ses bras musclés. Il se sentait déchiré à force de le voir comme ça. Puis Stefan prit enfin une décision. Il mordit alors dans la paume de sa main et la porta aux lèvres de Damon.

-Aller mon pote ! Mets-y du tiens !

Après une minute interminable d’attente, le vampire en détresse lécha faiblement le sang qu’on lui offrait. Les veines noires se décidèrent à sortir et il mordit une bonne fois pour toute dans la main de Stefan. Celui-ci sentit son ami aspirer son sang avec fluidité et avidité. Une bout de plusieurs litres, Damon revint à lui.

-Stefan ? Qu’est-ce que…tu fais ?

-T’occupes et bois.

Damon continua jusqu’à retrouver des couleurs. Soudain, son alimentation fut violemment interrompue par un haut-le-cœur. Il poussa Stefan sans ménagement pour aller régurgiter le sang sur le plancher. Cette fois, Damon perdit clairement son sang-froid.

-Putain !

Il frappa brusquement de rage dans le mur, là où déjà auparavant il se cognait la tête à cause de la douleur. Alors qu’il allait cogner à nouveau son poing dans le plâtre, une main l’en empêcha. Le poing fermé en l’air contre la paume blessée de Stefan, Damon reste longtemps dans cette position. Il avait du mal à respirer, haletant comme s’il avait failli se noyer.

-Damon…Murmura Stefan, très inquiet pour son ami.

Le vampire baissa finalement le bras, chancelant légèrement sur ses jambes.

-Attends, je vais t’aider. Viens.

Stefan guida Damon par les épaules jusqu’au lit où il l’aida à s’y installer.

-Voilà.

-Jeremy…Jer…emy…

L’originel ne répondit pas. Il se contenta de border le vampire tout en jetant un regard désespéré à Bonnie. La sorcière haussa les épaules avant de se remettre à nettoyer le sol souillé par l’estomac coléreux de Damon.

Tandis que Stefan et Bonnie s’occupait du flic malade, Elena se remettait à peine de sa rupture. Elle avait passé sa journée au téléphone avec Caroline, à regarder des films tout en vidant le pot de Nutella. Après son énième paquet de chips engloutis, la jeune fille eut froid et alla se prendre un pull. Quand elle arriva devant sa commode, elle tomba devant une photo accrochée au mur. C’était elle et Damon, assis sur le canapé, chez elle. C’était un jour particulier ce jour là. C’était le jour où elle avait présenté Damon à ses parents.

-Peut-être que finalement c’est pas une si bonne idée…

-Elena ! Il est temps que je rencontre tes parents ! Depuis le temps qu’on est ensemble.

Le couple discutait vivement sur le perron de la jeune fille. Celle-ci était vraiment stressée tandis que son compagnon paraissait plutôt détendu avec sa nonchalance vampirique qui lui était propre.

-Mon père est un membre du Conseil, Damon !

-Je sais, je sais. Viens là.

Il l’attira dans ses bras et embrassa ses cheveux tout en caressant son dos d’un geste rassurant et protecteur.

-Ça va aller, je te le promets.

Il réussit à faire naître un sourire sur le visage de son amante. Celle-ci posa la main sur la poignée et la tourna.

-Papa ! Maman ! On est là !

Une belle femme aux longs cheveux bruns et aux yeux pétillants les accueillit. Elle était accompagnée d’un grand homme au profond charisme.

-Monsieur et Madame Gilbert. Salua Damon.

-Papa, maman, je vous présente Damon.

-Le fameux Damon ! S’écria Grayson Gilbert.

-Et oui.

-Alors comme ça, c’est vous qui rendez ma fille heureuse ? Lança Miranda.

Damon caressa Elena du regard, ce qui lui suffit.

-Comme Elena nous a dit pour vos origines italiennes, on s’est empressé de vous faire un menu italien ce soir ! S’enjoua Grayson en plaçant une main amicale sur l’épaule de Damon.

-Gracie Mille. Remercia ce dernier.

-Dans ce cas, à table !

Une fois attablés autour de la grande table des Gilbert, l’interrogatoire put commencer.

-Elena nous a dit que vous êtes flic ? Fit Grayson, un verre de vin entre les doigts.

-C’est exacte.

-Pardonnez-moi Damon, mais n’est-ce pas trop demander à notre fille ? Supporter la vie d’un flic, ce n’est pas facile.

-Vous avez raison. Mais sachez que votre fille est plus importante que mon métier à mes yeux. Je choisirai toujours Elena. Répondit le vampire en fixant sa belle du regard.

Elena rougit. Jamais Damon ne lui avait dit quelque chose comme ça.

-Donc ça fait longtemps que vous avez arrêté vos études ! S’écria Miranda.

Damon eut un sourire crispé. Il savait que la différence d’âge allait être abordée.

-Monsieur et Madame Gilbert, j’aime profondément votre fille. Elle est tout pour moi. Je suis effectivement plus âgé qu’elle, nettement plus âgé mais ça ne change en rien mon amour pour elle.

-C’est pareil pour moi. Intervint Elena qui, jusqu’alors, était restée silencieuse.

-Bien ! Dans ce cas, traquons. Aux amoureux. S’enthousiasma Grayson en levant son verre.

-Aux amoureux.

Elena se sentit défaillir. Comment ont-ils pu en arriver là ? Soudain, une vague de remords s’abattit sur elle. Damon avait toujours été là pour elle, quand elle en avait le plus besoin. Et maintenant qu’il était au bord du gouffre, elle lui avait tourné le dos. Peut-être que c’était le fait qu’il ne lui ai jamais dit ouvertement qu’il l’aimait. Ces trois petits mots étaient-ils en train de détruire leur relation ? Ces pensées furent interrompues par la sonnerie de son portable.

-Oui ?

A ce moment, Grayson grimpa les escaliers. Sa femme lui avait parlé de la rupture d’Elena avec Damon et il s’inquiétait vraiment pour sa fille. Il devait littéralement se contenir pour ne pas aller fracasser la tronche de celui qui lui avait brisé le cœur. Lorsqu’il arriva à l’étage, il vit la porte de sa chambre ouverte.

-Elena ?

Apparemment, elle était au téléphone. Il attendit donc, appuyé contre l’encadrement de la porte. Sa fille, qui lui tournait le dos, semblait préoccupée par quelque chose.

-Il n’arrive pas à se nourrir ?! Ralentis Stefan, je ne comprends rien. Tu lui as donné du sang humain ? Sérieux, je n’ai jamais vu Damon refuser du sang humain de ma vie ! Comment ça « Jeremy peut l’aider » ? Il se souvient finalement ? Stefan…

Grayson n’eut pas besoin d’en entendre davantage. Sa fille sortait avec un vampire…

 


Sherwood  (10.08.2014 à 13:49)

CHAPITRE 7

Sur la route, Jeremy demeurait silencieux. Ça faisait déjà plusieurs heures qu’ils roulaient et l’adolescent n’avait lâché aucun mot. Vicky avait tenté de faire la conversation en vain. Alaric, trop concentré sur la route, préféra laisser tomber. Alors qu’ils entraient enfin en Virginie, Jeremy réclama une pause. Ils s’arrêtèrent sur une aire d’autoroute pour un certain temps. Le garçon alla aux toilettes, la tête baissée.

-Il ne va pas bien, n’est-ce pas ? Commença Vicky, adossée à la voiture aux côtés d’Alaric.

-Disons que ça fait beaucoup à encaisser en un jour. Répondit-il.

-Tu crois que ça va s’arranger ? Entre lui et Damon ?

-Tant que Damon ne lui rendra pas ses souvenirs, rien ne s’arrangera.

-Ouais.

Des larmes apparurent dans les yeux de la jeune fille. Alaric avait oublié mais elle aussi avait perdu Jeremy. Elle avait perdu un petit-ami, l’homme dont elle était amoureuse. Elle renifla et changea de sujet :

-Hum…et Damon ? Toujours vivant ?

-Pour l’instant.

Vicky apparut également la tourmente dans le regard du flic. Ces derniers mois, ce n’était pas le Damon dont il était ami qu’il avait connu.

-Il te manque. Dit-elle.

Il poussa un long soupire avant de secouer la tête.

-On les sortira de là, tous les deux.

-Oui.

Au bout d’un moment, Alaric fronça les sourcils.

-Ça fait combien de temps qu’il est aux toilettes ?

-Trop longtemps. Répondit-elle, elle aussi inquiète.

Les épaules d’Alaric s’affaissèrent. Il décida alors d’aller chercher le garçon. Lorsqu’il entra dans les toilettes, il s’aperçut qu’elles étaient vides.

-C’est quoi ce délire ?! S’écria-t-il en cherchant tout signe de vie de Jeremy.

Il sortit précipitamment au dehors, l’air alarmé sur le visage. En le voyant, Vicky sut tout de suite que quelque chose n’allait pas.

-Ric ! Qu’est-ce qui se passe ?!

-Jeremy a disparu !

-Quoi ? Mais…

-Vite Vicky ! Nous devons le retrouver !

-Jeremy ne serait jamais parti. Il…

-Vicky !

Ils se jetèrent dans la voiture et démarrèrent en trombe. Quelques temps après, à Mystic Falls, tout était sous tension. Caroline qui prenait un verre au Mystic Grill, se rendit compte que Matt était perturbé. Il se trompait dans les commandes, servait n’importe comment et écoutait à peine ce qu’on lui disait. Au bout d’un moment, elle n’en peut plus. Elle alla voir Matt qui, occupé à servir une bière, ne la vit pas arriver.

-Hey, chéri.

-Hein ? Hey Caro. Excuse-moi, je suis débordé et…

-T’en fais pas, j’ai parlé à ton patron. Tu peux finir plus tôt.

-Sérieux ? Merci Caroline mais…

-Discute pas et viens avec moi.

Elle le prit par le bras et le traîna au dehors. Il eut juste le temps d’enlever son tablier. Une fois assit sur un banc au bord d’un étang, la jeune blonde se tourna vers son petit-ami.

-Parle-moi, Matt.

Le jeune homme savait qu’il ne pouvait pas esquiver Caroline. A présent qu’elle était inquiète pour lui, il n’allait plus pouvoir s’en défaire.

-D’accord…C’est juste que…Depuis le départ de Jeremy, je me pose beaucoup de questions et…Oh tu sais, c’est stupide.

-Mais non ! Pas du tout ! Matt, c’est tout à fait normal. Dis-moi ce qui se tracasse.

-Je commence à penser qu’on finira par être les seuls humains ici, à Mystic Falls.

Caroline pencha la tête de côté, comprenant là où Matt voulait en venir.

-C’est trop pour moi tout ça, continua-t-il, d’abord Elena qui traîne avec les frères Salvatore, vampires évidemment, ensuite Tyler qui était un loup-garou, la magie de Bonnie, tous ces morts…Et maintenant Jeremy ! Caroline, je me demande parfois si je ne devrais pas partir.

La jeune fille détourna les yeux. C’est vrai que ça faisait beaucoup pour lui, même pour elle. Cependant, elle n’imaginait jamais pouvoir abandonner ses amis dans un futur proche, vampire ou non.

-Je comprends Matt. Finit-elle par dire.

-Vraiment ?

-Evidemment ! Que sommes-nous à part deux pauvres humains complètement paumés dans ce monde ?! Seulement…Je n’arriverai pas à partir d’ici.

-Je sais.

Elle allait ajouter quelque chose quand elle fut prise de cours par le portable de Matt.

-C’est un message de Vicky.

-Qu’est-ce qu’elle dit ?

Matt leva la tête vers elle, le visage blême.

-Jeremy a disparu.

Alors que Stefan tentait vainement de calmer la folie de Damon, une furie blonde surgit dans la maison. Il laissa le vampire malade aux soins de Bonnie et vint rejoindre Caroline qui semblait paniquée. Avant qu’il ne puisse dire quoique ce soit, son amie s’écria :

-Jeremy a disparu.

-Tu plaisantes j’espère !

-Malheureusement non.

Soudain, un hurlement se fit entendre de l’étage. Stefan et Caroline accoururent dans la chambre pour trouver une Bonnie choquée, plaquée contre le mur et un Damon apeuré, recroquevillé dans un coin.

-Il m’a mordu ! Lâcha la sorcière, tenant un bras ensanglanté contre elle.

Stefan s’approcha d’elle et examina la blessure. Damon n’avait pas cherché à se nourrir d’elle, il l’avait juste mordu.

-Tiens, Bonnie. Fit Stefan en lui tendant son propre poignet, ouvert.

La sorcière but de lui, une mine de dégoût peinte sur le visage. Quand elle eut fini, la morsure guérit aussitôt.

-J’en peux plus Stefan. Soit je l’assomme, soit je pars !

-Attends encore un peu, s’il te plaît.

Il la laissa dans les bras de Caroline et s’accroupit devant Damon dans les yeux fous balayaient la pièce. C’était ça, oui. Fou. Damon était devenu complètement fou. Et il y avait de quoi. Affamé comme il était et ne pouvant se nourrir. Et puis Elena, qui était sa seule ancre d’attache à son humanité, partie, il ne lui restait désormais plus rien. Sauf son frère. Ce même frère qui n’avait aucun souvenirs de lui.

-Damon ? Souffla-t-il.

Les yeux paniqués du vampire s’arrêtèrent sur lui.

-Ça va aller, mon pote. Viens là.

Etrangement immédiatement, Damon se jeta contre lui, le tête enfouie dans son épaule.

-Voilà. Tout va bien, mon grand. Tu verras, tout va s’arranger. Murmura Stefan tout en caressant le dos de son ami.

-T’en fais pas, continua-t-il, je suis là. Je ne pars pas. Tout va bien, Damon. Tout va bien maintenant.

Et Stefan lui brisa la nuque. Le corps de Damon retomba mollement dans ses bras, telle une poupée de chiffon. Caroline et Bonnie assistèrent à la scène avec horreur. Des larmes glissaient sur les joues de l’originel même s’il savait qu’il avait fait ça pour son bien. Damon avait atteint le fond. Un fond dont seul Jeremy était capable de l’en sortir.

Jeremy prit une grande respiration en revenant à lui. Il siffla de douleur en se relevant. L’arrière de son crâne battait avec force, comme s’il avait reçu une montagne entière sur le crâne. Il se massa les cervicales rageusement. Il commençait sérieusement à en avoir marre de se faire enlever. Il ouvrit prudemment les yeux et le regretta aussitôt.

-Putain !

Il rouvrit une nouvelle fois, plus lentement, en prenant son temps. Il était dans le coffre d’une voiture, ballotté dans tous les sens. Il poussa un long soupire en levant les yeux au ciel. Ce Damon lui en devait vraiment une ! Il décida alors de tendre l’oreille, cherchant désespérément un moyen de se sortir de là.

-Tu crois que le gamin se tiendra à carreaux ?

-C’est un Salvatore. Avec lui, faut s’attendre à tout.

-Ouais mais le môme est maintenant amnésique.

-Et alors Greg ?! C’est pas mon problème. Notre boulot c’est de le livrer à Markos. Point barre.

-Je sais très bien ce qu’on doit faire, Nadia ! Je dis juste…

-Et bah dis rien ! Ça me fera des vacances.

Jeremy commençait maintenant à paniquer. C’était qui eux ? Et ce Markos ? Devait-il avoir peur de lui ? Il se surprit alors à prier un frère qu’il ne connaissait même pas de venir le sauver.


Sherwood  (11.08.2014 à 13:05)

CHAPITRE 8

Ça faisait une heure que Stefan observait Damon. Ce dernier était enchaîné à une chaise, de lourdes chaînes fortement serrées autour de son torse. Depuis exactement une heure, il n’avait cessé de gémir et de grogner, tel un animal pris au piège dans un filet. Au début, il s’était débattu à corps et âme puis, comprenant que cela ne servait à rien, il avait abandonné. Ça faisait à présent une heure que le vampire poussait des petits cris aigus, luttant contre une respiration difficile. Stefan le regardait, impassible, essayant de comprendre les causes du comportement de Damon. Il avait remarqué que lorsqu’il était le seul dans la pièce, avec le vampire, celui-ci se calmait. Mais dès qu’un « étranger » entrait, aussitôt il paniquait et tirait sur ses liens jusqu’au sang. C’est d’ailleurs ce qu’il se passa. Bonnie entra dans la chambre, un grimoire à la main. Immédiatement, Damon s’affola, tirant sur les chaînes et suffocant à moitié. Il tremblait tellement que tout son corps était pris de soubresaut, offrant ainsi un spectacle des plus terribles. Stefan se demandait s’il tremblait de rage, de maladie ou de peur.

-Caroline est partie rejoindre Matt. Je lui ai dit de rester à l’écart de tout ça. Dit la sorcière.

-Tu as bien fait.

Un lourd silence s’installa tandis qu’ils observait Damon.

-Tu crois que c’est la faim qui le fait agir…comme ça ? Demanda-t-elle au bout d’un certain temps.

-Je n’en sais rien. C’est toi la sorcière.

De nouveau le silence. Il se passa un peu plus d’une heure quand Stefan décida finalement de s’arracher à cette vue et de partir. Mais alors qu’il s’apprêtait à ouvrir la porte, une voix brisée l’en empêcha :

-S’il te plaît…juste une dose…C’est rien de bien méchant. Juste pour arrêter tout ça…les tremblements…j’en peux plus…Je t’en prie…

Stefan fit volte-face. C’était Damon qui avait parlé. N’en croyant pas son ouïe, il s’approcha du vampire enchaîné.

-Stefan, fais attention. Le prévint Bonnie.

Il s’accroupit à sa hauteur et pencha la tête de côté. Damon ne l’avait pas quitté du regard. Etait-il revenu à lui-même ? Avant même qu’il ne puisse envisager quoique ce soit, Damon reprit de nouveau la parole :

-Rien qu’un peu…s’il te plaît…

-Je vais chercher une poche de sang. Fit Bonnie.

-Non, s’écria-t-il, ce n’est pas du sang qu’il veut.

-Quoi ? Qu’est-ce qu’il veut alors ?

Ils se concentrèrent sur Damon dont les yeux rouges et fatigués les imploraient.

-Damon, commença Stefan, je ne peux pas t’en donner.

-Pour…pourquoi ?

La voix du vampire était tellement désespérée, si rompue voire enfantine que Stefan avait du mal à garder une certaine autorité. Tout ce qu’il voulait, c’était que son ami aille mieux. Mais devait-il lui donner de la drogue pour ça ?

-Parce que, Damon, ça fait plus de dix ans que tu es clean. Tu ne prends plus de drogue.

-Juste un peu de poudre…Je me tiendrai tranquille…promis…

-T’as pensé à Jeremy ?

Stefan avait enfin de compte décidé de jouer le jeu.

-Jeremy ? Répéta le vampire malade.

-Oui, Jeremy. Ton frère.

Soudain, ce fut comme l’effet d’une bombe. La lueur dans le regard fiévreux de Damon s’évapora brusquement et ses muscles se bandèrent avec force. Tout d’un coup, il arracha les chaînes qui le retenait et se jeta sur Stefan. Celui-ci se débattit comme il put mais il fut très vite plaqué contre le mur, les doigts de son ami autour de sa gorge, impuissant.

-Bon…nie…S’étrangla-t-il.

Cependant la sorcière ne bougea pas. Les yeux écarquillés, pétrifiée sur place, elle fixa la scène avec horreur. Il comprit donc que tout reposait sur lui.

-De la neige ! Une seringue ! N’importe quoi, juste une dose ! C’est tout ce que je demande, c’est pas compliqué ?! Hurla Damon en resserrant un peu plus son étreinte autour de sa proie.

-Da…mon…tu n’es pas…en…manque…

-Quoi ?

Comme revenu à la réalité, le vampire lâcha subitement l’originel.

-Alors qu’est-ce qu’il m’arrive ?! Hein ?! Hurla-t-il pendant que Stefan reprenait son souffle.

Soudain, des bruits à l’étage inférieur interrompirent la scène. Bonnie retrouva petit à petit ses esprits, puis bientôt l’usage de son corps.

-Ça va ? Lui souffla Stefan, inquiet.

Elle hocha la tête tout en mettant un doigt sur ses lèvres, lui indiquant de se taire. Même Damon avait compris qu’il valait mieux rester silencieux. La jeune fille ouvrit la porte et risqua un œil au dehors. Lorsqu’elle la referma, elle était livide.

-Le Conseil était ici. Murmura-t-elle.

-Quoi ?! Qu’est-ce que le Conseil fait ici ?!

-J’en sais rien mais…Stefan, fit-elle en couvrant Damon d’un regard, le père d’Elena est là aussi.

La voiture s’arrêta enfin. Heureusement car Jeremy commençait à avoir mal au cœur. Il gémit en fermant brutalement les yeux quand le coffre s’ouvrit.

-Descends de là, toi. Entendit-il.

Le soleil lui brûlant la rétine, il tenta de garder les paupières ouvertes malgré les larmes. On le poussa en avant et il marcha quelques temps à l’aveuglette. Quand sa vision fut enfin rétablie, il reconnut un camp en pleine forêt. Dans quoi s’était-il embarqué cette fois ? Il tourna la tête afin de voir ses ravisseurs. Le premier était grand, mince, les cheveux gras éparpillés salement sur le crâne, des petits yeux perçants et quelques cicatrices lui refaçonnaient le visage. Le deuxième…ou plutôt la deuxième ! Il la connaissait. C’était Nadia, celle qui l’avait capturé un peu plus tôt pour sa venger de…Damon. Décidément, il n’arrivait pas à s’y faire.

-Vous ! S’exclama-t-il.

-Moi. Avance ! Répliqua-t-elle en le tirant.

-C’est quoi votre problème ?!

-Mon problème c’est ton frère !

-Nadia, grogna l’autre ravisseur, tu as eu la chance de régler ta vengeance personnelle et l’a ratée. Maintenant, le gamin revient à Markos.

-Attendez, c’est qui Markos ?! Paniqua Jeremy en essayant de se dégager.

-Reste tranquille si tu veux rester en vie pour le savoir. Le menaça-t-il.

-Aller, avance ! Renchérit Nadia en le poussant.

Ils entrèrent à présent dans le camp. Celui-ci était composé de plusieurs centaines de tentes, mises en cercle autour d’une seule et unique. Des personnes, plus normales les unes que les autres, comme Nadia et son copain, arrêtèrent leurs taches pour examiner le nouveau venu. Anxieux et timide, Jeremy se sentit rougir sous l’effet de tant de regards curieux. On le mit à genoux devant la grande tante, et le reste du peuple s’attroupa autour de lui. Dans un lourd silence, la voix ferme de Nadia s’éleva :

-Gregor et moi sommes revenus avec Salvatore.

Deux bonnes minutes passèrent avant que les toiles de la tente s’écartèrent pour permettre à un homme d’une taille impressionnante d’en sortir. Il avait des cheveux sombres et soyeux, plaqués en arrière sur son crâne, ainsi qu’un nez à la grecque et il dégageait un profond charisme à en mettre plus d’un à ses pieds. Son teint tipé faisait ressortir ses yeux en amande qui reflétaient un air méditerranéen. Ces mêmes yeux se figèrent sur Jeremy qui tremblait de tous ses membres.

-Tu es Jeremy Salvatore ?

L’adolescent hocha la tête.

-Bienvenue chez les voyageurs. Je suis Markos.

 


Sherwood  (12.08.2014 à 12:59)

CHAPITRE 9

-On doit se tirer ! Siffla Stefan en tirant Damon avec lui.

Ce dernier grogna mais ne dit rien, comprenant que la situation était urgente.

-D’accord, fit Bonnie, je vais faire diversion.

Elle sortit de la chambre tandis que Stefan faisait tout pour garder le vampire malade au calme. Il le tenait contre lui, caressant sa nuque et chuchotant des mots doux à son oreille. Cela semblait marcher car même s’il demeurait un peu agité, il se taisait.

-Ça va Damon ? Demanda-t-il.

Son ami le regarda comme s’il le voyait pour la première fois. Stefan se figea, s’attendant à ce que le vampire soit pris une nouvelle fois d’une crise de folie mais il n’en fut rien. Il fut pris au dépourvu en voyant Damon hocher la tête, lui répondant qu’il allait bien. Soudain, ils entendirent une détonation. Bonnie réapparut, le teint rouge et les cheveux en bataille.

-On y va ! Maintenant !

Stefan s’empara de Damon par la nuque et le poussa devant lui. Gilbert et ses hommes étaient dehors, occupé ailleurs grâce à un sortilège de Bonnie, dégageant ainsi la voie. Les trois amis descendirent à la hâte l’escalier et sortir sans plus attendre de la maison par derrière. Dès qu’ils furent à l’extérieur, Damon hurla comme si on lui arrachait les entrailles.

-Qu’est-ce qu’il se passe ?! Paniqua Stefan.

La peau du flic brûlait, fondait, partait en fumée sous les yeux horrifiés de l’originel et de la sorcière.

-Sa bague ne marche plus ! S’écria cette dernière.

-Bonnie, fais quelque chose !

Les cris d’agonis de Damon allait attirer le Conseil ici et tous les trois seront très vite dans une position bien plus difficile. La jeune fille bredouilla diverses formules mais la peau du pauvre vampire s’enflammait à vue d’œil. Stefan le prit alors dans ses bras et, de sa vitesse vampirique, le jeta dans le coin d’ombre le plus proche. Les cris s’arrêtèrent d’un coup pour laisser place à des halètements étranglés. Ils entendirent à ce moment les pas du Conseil se rapprocher.

-Stefan ! S’exclama Bonnie.

L’originel mit le corps de Damon sur ses épaules et se précipita vers la forêt qui entourait Mystic Falls, suivi par la sorcière.

Pendant ce temps, Jeremy et Markos, le chef des voyageurs, marchaient parmi les arbres aux alentours du campement.

-Excuse nos manières Jeremy, mais c’était nécessaire.

-Vraiment ?

-Si on t’avait dit qu’on était des voyageurs et qu’on voulait ton sang, tu nous aurais suivi ?

Le silence de Jeremy lui suffit comme réponse.

-C’est ce que je pensais. Dit-il, un fin sourire sur les lèvres.

-Justement, venons-en à mon sang. Qu’est-ce qu’il a de si spécial ?

-Tu te souviens de ce que je t’ai dit sur les doubles ?

L’adolescent hocha la tête.

-Et bien, continua Markos, j’ai besoin du sang d’un double pour un certain sort. Tu me suis ?

-Mais…Je ne suis pas un double !

-Ton frère en est un.

Jeremy souffla. Ce mystérieux frère commençait sérieusement à l’énerver ! Tout ce qu’il lui arrivait était de sa faute. Finalement, il regrettait les moments de sa vie où il ne savait rien de son passé mais où il était tranquille.

-Tu as le même ADN que lui. Donc ton sang fera l’affaire.

-Vous auriez juste pu me prendre un peu de sang et vous en aller. Rétorqua Jeremy.

C’est là que Markos eut le sourire le plus diabolique, sadique, beau et effrayant que le garçon n’ai jamais vu.

-Tu crois que c’est juste un peu de sang qu’il nous faut, Jeremy ?

Dicté par son instinct de conservation, l’adolescent recula mais ses pieds se prirent dans une racine. Il tomba à la renverse, coincé contre un énorme chêne. Au-dessus de lui, Markos rayonnait.

-C’est tout ton sang dont on a besoin. Jusqu’à la dernière goutte.

A cet instant, à Mystic Falls, Elena Gilbert ne souhaite qu’une seule chose : sortir de ce cauchemar. Quand son père rentra à la maison, elle se précipita vers lui.

-Qu’est-ce que t’as fait ?! Hurla-t-elle.

-Ce qui devait être fait. Répliqua-t-il en se débarrassant de son manteau.

-Tu ne sais pas de quoi tu parles !

-Oh que si ! Je sais très bien de quoi je parle ! Ce sont des monstres, assoiffés de sang et de pouvoir. A la moindre occasion, ils t’égorgeront dans ton sommeil. Ils n’ont aucun état d’âme, aucune émotion, tout ce qu’ils font c’est de tuer sans remords !

-Non ! Tu ne les connais pas comme je les connais !

-Comme tu connais Damon ?!

Elena sentit son cœur tomber dans sa poitrine. Les larmes glissaient à présent sur ses joues et son corps vibrait de colère. Alertée par les cris, Madame Gilbert accourut dans l’entrée.

-Qu’est-ce qu’il se passe ici ? S’écria-t-elle.

-Notre fille sort avec un vampire ! Répondit Grayson, un doigt pointé sur Elena.

La mâchoire de Miranda se décrocha et ses yeux, écarquillés, regardaient la jeune fille comme si elle ne la reconnaissait pas.

-Maman…Balbutia la jeune fille.

-Ton petit-ami est une erreur de la nature et tu as osé l’invité à entrer dans cette maison ! Pesta Grayson en secouant sa fille.

-Ce n’est pas une erreur de la nature, c’est l’homme que j’aime ! Hurla-t-elle brusquement en s’arrachant à l’étreinte exercée de son père sur elle.

Soudain, une claque vola et elle se retrouva le nez au sol, la joue sanglante.

-Grayson ! S’exclama Miranda.

Celle-ci ne savait qu’elle parti prendre. Elle comprenait sa fille mais elle avait été plongée dans les convictions de son mari depuis si longtemps. Avant qu’elle ne puisse intervenir, son mari attrapa leur fille et la traina dans l’escalier. Il la jeta ensuite dans sa chambre et l’y enferma à clé.

-Papa ! Papa !

Les cris d’Elena résonnaient avec force dans la maison et Miranda se sentit défaillir. Quand Grayson revint auprès d’elle, un simple « c’est pour son bien » dû lui convenir comme mot de consolation. Cependant, pour son mari, ce n’était pas fini. Une fois assis dans son fauteuil, un verre d’alcool à la main, il pianota sur son téléphone et passa un appel.

-Ouais c’est moi. J’ai besoin de ton aide. N’en parle pas au sheriff Forbes, je pense qu’elle est corrompue. Non, prends tes gars. Oui, c’est pour le Conseil. Ecoute moi bien attentivement, je veux que la tête de Damon Salvatore soit mise à prix. Peu importe. T’as compris ? Bien.

Lorsque Grayson raccrocha, un sourire satisfait s’étira sur ses lèvres. Sans savoir ce que le Conseil tramait, Stefan et Bonnie avaient un problème bien plus important.

-Comment ça se fait que sa bague ne fonctionne plus ?! C’est possible ce genre de chose ? Bonnie !

-Laisse-moi réfléchir, Stefan !

Dans un soupire, le benjamin des Mikaelson laissa la sorcière en paix et rejoignit Damon qui, affaibli, était avachi entre les racines d’un arbre. Son teint avait viré au gris verdâtre et sa peau était tellement sèche qu’elle craquelait à certains endroits. Le vampire mourrait de faim.

-On va trouver une solution. Je te le promets.

Une larme glissa des yeux secs de Damon et vint mouiller sa frêle joue. Stefan l’essuya et attira son ami contre lui.

-Ça va aller, Damon.

La seule réponse qu’il eut fut encore et toujours le même nom qui hantait à jamais le vampire :

-Jeremy…


Sherwood  (13.08.2014 à 13:47)

CHAPITRE 10

Le lendemain matin, Alaric arriva en trombe devant la maison des Salvatore.

-C’est quoi ce délire ?!

-Pour moi, ça ressemble à des flics. Fit Vicky.

-Non. Ça, c’est pas des flics.

Ils descendirent de la voiture et se dirigèrent vers la maison qui état assaillie par les membres du Conseil.

-Vous pouvez m’expliquer ce qu’il se passe ?! S’exclama-t-il.

Avec surprise, ce fut le père d’Elena qui lui répondit :

-Qui êtes-vous ?

-Officier Alaric Saltzman. Heu…J’habite ici.

-Ah. Et bien navré de vous l’apprendre mais votre colocataire, Damon Salvatore, est recherché par le Conseil.

-Quoi ?! Pourquoi ?!

-Et bien…pour les seules raisons que le Conseil poursuit quelqu’un.

Alaric écarquilla les yeux. Non, pas ça ! Pas maintenant !

-Heu…Ric, je devrais rejoindre Matt. Lança Vicky derrière lui.

Il hocha la tête, toujours sonné par la nouvelle. Alors que la jeune fille repartait, le flic releva la tête vers Grayson Gilbert.

-Dites-nous où se trouve votre partenaire, monsieur Saltzman.

-C’est officier Saltzman ! Et vous n’avez pas l’autorité nécessaire pour lancer une arrestation. Qu’en pense le sheriff Forbes ?

-Le sheriff est pour l’instant…occupée.

-Espèce de…

-Surveillez vos paroles, Saltzman ! Ou je mets aussi votre tête à prix.

Alaric préféra alors laisser tomber et se dirigea vers sa voiture. Ce n’était pas le moment de faire n’importe quoi. Il devait absolument retrouver le sheriff et surtout Damon !

Pendant ce temps, Stefan tenait la vie de son ami à bout de bras.

-Bonnie !

La sorcière accourut rapidement auprès d’eux.

-Bonnie…Regarde-le…Il doit se nourrir !

-Mais il ne peut pas !

-JE SAIS !

Stefan avait hurlé cette dernière phrase, épuisant ainsi toutes ses tripes, toutes les émotions qu’il avait dû refouler pour garder la tête froide. Bonnie se sentait tellement impuissante. Elle était sorcière et pourtant, elle ne pouvait aider personne. Le portable de Stefan vibra. C’était Alaric.

-Dieu…Tu es là.

-Stefan ! Où est Damon ?!

-Il est avec moi. Ric, il va bientôt se momifier !

-Oh mon dieu…Et Jeremy qui…Merde !

-Ric, on est quelque part dans la forêt, non loin du puits abandonné.

-D’accord. J’arrive.

Quand le flic les rejoignit, Stefan eut pitié de Damon. Ce dernier tendit des bras tremblants et fragiles vers Alaric qui se précipita vers lui.

-C’est bon, je suis là maintenant.

-Pourquoi…t’es…parti ?

-Je suis désolé. Je suis désolé.

Alaric s’en voulait d’avoir laissé son partenaire dans cet état. Il répéta cette phrase maintes et maintes fois tout en serrant son meilleur ami dans ses bras.

-Tiens, Damon. Nourris-toi. Dit-il en lui présentant son poignet.

-Tu sais…très bien…que je…peux pas…

-C’est dans ta tête tout ça Damon ! Tu ne veux pas te nourrir parce que tu te punis pour ce qui est arrivé à Jeremy. Tu ne veux pas sortir de la maison alors ta bague ne fonctionne plus. Il faut que tu arrêtes, mon pote ! J’ai besoin de toi, moi…

Stefan interrogea Bonnie du regard.

-C’est possible ? Questionna-t-il.

-Logiquement, oui. Je pense.

Alaric continua de bercer Damon dans ses bras, comme consolant un enfant malade ou apeuré.

-Ric ? Fit la voix faible de son partenaire.

-Oui ?

-Où…est…Jeremy ?

Alaric ne savait quoi répondre. Devait-il lui dire la vérité ? Ou lui mentir pour le protéger ? C’est Stefan qui le sauva :

-On va le retrouver.

-D’accord…

Sur ce, Damon s’assoupit dans les bras de son meilleur ami et tomba très vite dans ceux de Morphée alors que non loin d’ici, Jeremy se réveillait. Il grimaça en sentant une forte pression sur ses deux bras. L’adolescent ouvrit faiblement les yeux, pris subitement d’un léger vertige. Il entendit une voix, féminine, chuchoter à côté de lui :

-Il se réveille.

-Et alors ? Attaché comme il est, il ne peut pas aller bien loin. Répondit une voix qu’il reconnut comme étant celle de Gregor.

Donc l’autre devait être Nadia. Les deux tourtereaux ne se séparaient jamais. Il gémit un peu tout en secouant la tête pour améliorer sa vision. Nadia et Gregor étaient effectivement à ses côtés. Il s’aperçut qu’il était attaché à une chaise, et il commençait vraiment à en avoir marre d’être tout le temps attaché, avec une perfusion dans chaque bras.

-Ça veut dire quoi tout ça ?! S’écria-t-il en se débattant.

-A ton avis ? Rétorqua Nadia.

Il remarqua alors qu’elle et Gregor avaient tous deux une arme à la main. Génial…

-Il peut pas faire ça…Souffla-t-il.

Non, il ne pouvait pas donner tout son sang à cause d’un stupide frère qu’il ne connaissait même pas ! Enervé, Jeremy tira sur ses liens jusqu’au sang.

-Doucement gamin, ton sang est précieux. Calme-toi. Tu ne peux aller nulle part. Intervint Gregor.

-Peut-être que je devrais l’assommer une nouvelle fois ? Suggéra Nadia à voix haute.

-Non ! Siffla son copain.

Jeremy baissa la tête. S’il était vraiment son frère, cet inconnu qui lui attirait tous ces ennuis, il devrait venir le sauver ! Non ?

Elena n’avait pas dormi de la nuit. Comment son père osait-il l’enfermer ?! A présent, le matin avait pointé le bout de son nez. Toujours en faisant les cents pas, la jeune fille ne cessait de réfléchir à un moyen de sortir d’ici. Sa mère ne l’avait même pas aider ! Une colère sourde gronda à l’intérieur d’elle. A croire qu’elle pouvait faire davantage confiance aux êtres surnaturels qu’aux humains ! Perdue, elle glissa contre sa commode et se laissa choir au sol, envahie par ses pensées. Elle se souvint alors de sa confrontation avec son père, lorsqu’elle s’était enfin avouée qu’elle aimait Damon. Car oui, c’était sûr maintenant : Vampire ou non, elle était folle de lui. Dans ce cas, que faisait-elle encore ici ? Elle devait partir le rejoindre ! Il avait plus que jamais besoin d’elle. Elle sauta sur ses deux pieds et inspecta la fenêtre. C’était trop haut pour elle. Elle risquait de se casser une jambe. En revanche, si elle atteignait cette branche…Elle ouvrit la fenêtre sans faire de bruit et l’enjamba. En équilibre sur la gouttière, elle se pencha, encore et encore, la main tendue vers le pommier que Damon avait si souvent grimpé. Damon…Damon…Les yeux fermés, elle se répéta inlassablement le prénom de son amour avant de lâcher prise. Quand elle rouvrit les yeux, elle pendait dans le vide, les mains accrochées autour de la branche. Un sourire victorieux se dessina sur ses lèvres, les joues devenues rouges de bonheur. La descente fut ensuite facile. Une fois à terre, elle tourna la tête de droite à gauche, personne. Alors qu’elle allait courir vers sa voiture, une voix l’arrêta net. -Elena ! La jeune fille se retourna, face à face désormais avec…

-Maman ?

Miranda rejoignit rapidement sa fille, une main tendue vers elle. Cette main tenait un trousseau de clé.

-Ton père ne doit pas savoir que tu es partie. Prends ma voiture.

Des larmes apparurent dans les yeux d’Elena.

-Maman…Je ne sais pas comment te remercier.

-Sauve ton petit-ami.

Elle hocha la tête avant de disparaître. Elle fonça jusque dans la forêt, se gara en trombe et courut comme si sa vie en dépendait. Sauf que sa vie en dépendait réellement. Si jamais elle ne retrouvait pas Damon…

-Elena ?!

-Stefan !

Elle courut dans sa direction et aperçut son amie Bonnie, Alaric, tous penché au-dessus d’un corps.

-Non…Souffla-t-elle d’une voix étranglée.

Elle se jeta contre le corps, s’adonnant complètement à lui.

-Damon ! Chéri, c’est moi. C’est Elena. Je t’en supplie, ouvre les yeux pour moi. Damon…

Une minute de supplications plus tard, des yeux bleus glacés l’embrassèrent de leur regard.

-Elena…Fit la voix brisée du lieutenant.

-Damon ?! Oui, c’est moi. Je suis là.

Les mains fragiles du vampire malade caressèrent la taille de la jeune fille et vinrent entourer son visage.

-Je…t’aime…Je t’aime, Elena…Je t’aime…

Maintenant, elle pleurait. Il lui avait enfin dit.

 


Sherwood  (14.08.2014 à 15:21)

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