Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : The Vampire Diaries
Création : 02.11.2014 à 18h33
Auteur : Sherwood
Statut : Terminée
« Connaissez-vous vraimen le métro ? Je veux dire, vraiment ? Ne vous arrêtez surtout pas à la prochaine station... (J'écris seule, merci) » Sherwood
Cette fanfic compte déjà 10 paragraphes
CHAPITRE 1 : L’inconnu du métro

New York. Quand Elena ouvrit la fenêtre de sa chambre, elle fut saisie par les bruits de la Grosse Pomme qui vivait à un rythme effréné son lundi matin bien entamé. La jeune fille poussa un long soupire en croisant les bras, penchée sur la balustrade. En scrutant les grandes rues citadines qui, devant elle, s’étendaient à perte de vue, elle aperçut un vampire qui se faisait arrêter par le Centre. Voilà sa réalité. Lorsqu’elle habitait encore à Mystic Falls, elle avait été légèrement épargnée par cet enfer qui bousculait à présent la Terre entière. Mais en venant ici, à New York, loger chez sa tante avec son jeune frère Jeremy après la mort de leurs parents, ce fut l’effet d’une bombe pour elle de voir qu’ici la mort côtoyait de près la vie. Car cela faisait des années que les humains avaient appris l’existence des vampires. Après une guerre sanglante, l’humanité avait gagné sur les démons. On se protégeait avec de la verveine, des patrouilles spéciales veillaient dans les rues, des magasins du sang avaient été mis à disposition, le Centre accueillait les vampires trop violents…Tout une organisation avait été créée dans un cadre de paix. Désormais, ces créature de la nuit devaient vivre avec un bracelet en acier qui leur était impossible d’enlever. Ce bracelet fournissait leur localisation au Centre et chaque humain possédait une application sur leur portable ou sur leur clé pour actionner la verveine qui avait été mise dedans et ainsi les neutraliser. Si un vampire enfreignait les règles, il était envoyé au Centre où on l’affamait pendant cent ans avant de suivre un programme de rééducation. Voilà l’univers dans lequel vivait Elena aujourd’hui.
-Elena ! Tu vas être en retard ! S’écria Jenna, la tante de la jeune fille, de la cuisine.
-J’arrive ! Répondit-elle.
Elle s’arrêta vite fait devant le miroir, passa une main dans ses longs cheveux bruns, et examina son reflet. Ses grands yeux sombres affichaient une terrible tristesse qui semblait résistance à toute tentative de bonheur, une tristesse dans le regard qui ne l’avait plus quitté depuis l’accident mortel de ses parents. Elle avait fini par croire que ses yeux tristes ne la quitteront plus jamais.
-Elena !
Ramenée à la réalité par sa tante, la jeune humaine sortit rapidement de sa chambre en trottinant vers la cuisine. Elle attrapa une tartine, la fourra dans sa bouche, s’empara de son sac et alla chercher son frère dans la salle de bain.
-Jer, on doit y aller.
L’adolescent marmonna quelque chose qu’Elena ignora. Elle s’empressa ensuite d’aller embrasser sa tante avant de suivre Jeremy dans le couloir. Dans le hall de l’immeuble, ils évitèrent soigneusement de croiser M. Johnson, leur concierge aux dents aiguisés. Dans les rues, les gens marchaient rapidement en fixant le sol. Les deux jeunes Gilbert firent de même, se hâtant vers le métro. Une fois sous la surface, les bruits de la ville agitée étaient étouffés, comme si on était abrité du monde. Elena attendait sur le quai, les mains dans les poches. Elle jeta un coup d’œil à son frère qui, les écouteurs dans les oreilles, balançait sa tête au rythme de la musique. Au milieu de la foule qui s’amassait autour d’eux, la jeune fille aperçut quelques individus qui portaient les bracelets en acier. La plus part du temps, les vampires les cachaient sous une manche longue ou un manteau pour se fondre dans la masse. Mais certain préférait les arborer fièrement en montrant ainsi publiquement leur goût pour le sang. Ceci révoltait Elena au plus profond d’elle-même. Le soir, elle avait l’habitude d’appeler ses amis afin de vérifier qu’ils étaient toujours humains. Un vampire qui transformait un humain était arrêté et condamné à mort. Pourtant, cela ne les empêchait toujours pas de commettre cet acte horrible. Elena en eut des frissons rien qu’en y pensant. Le métro arriva enfin. Elle et son frère montèrent et se dirigèrent vers le fond du dernier wagon. Jeremy s’assit sur l’un des sièges en plastique, toujours plongé dans sa musique. Elena, elle, demeura debout, se tenant à une barre verticale. Le métro démarra, roulant sous New York à une vitesse folle. C’est là qu’elle le vit. Vêtu entièrement de noir, son visage était caché sous une capuche qui lui tombait devant les yeux. Les mains dans les poches, les pieds croisés, adossé de travers contre la paroi du métro, il était complètement immobile. On pouvait à peine voir sa poitrine se soulever. Intriguée, Elena s’approcha un peu et l’observa attentivement. Son sweat noir l’empêchait de voir s’il portait un quelconque bracelet. Puis subitement, elle ressentit une brûlure dans ses poumons. Elle se rendit alors compte qu’elle était tellement fascinée par cet inconnu qu’elle en oubliait de respirer. A ce moment, le métro s’arrêta.
-Elena, c’est notre arrêt. Fit Jeremy derrière elle.
La jeune fille fit semblant d’ignorer le sentiment de déception qui éclorait en elle. Après plusieurs secondes qui lui parurent une éternité, elle réussit à détacher son regard de l’homme en noir. Encore un peu secouée, elle faillit manquer la marche en descendant.
-Ça va, Léna ? S’inquiéta Jeremy.
-Heu…oui. Ça va. Je crois.
Elle se retourna pour voir le métro repartir mais lorsque le dernier wagon passa sous ses yeux, l’inconnu avait disparu. Elle n’eut pas le temps de s’interroger car Jeremy la tirait vers la sortie. Pour le premier jour de classe, Elena n’était pas très attentive. Elle ne prêta aucune attention au cours de prévention contre les vampires, ses pensées étaient trop occupées par l’inconnu du métro. Qui était-il ? Que faisait-il ? Elle voulait tout savoir de lui.
-Tout va bien Elena ?
C’était Bonnie. L’une de ses plus fidèles amies. Alors qu’elles mangeaient à la cafète, cette dernière voyait bien qu’Elena n’était pas dans son état normal.
-Oui. Tout va bien. Répondit-elle aussitôt.
-Au fait, tu as des nouvelles de Caroline ? Rien n’aurait pu lui faire manquer la rentrée des classes ! J’ai essayé de la joindre toute la matinée sans aucun succès.
-Oh tu connais Caro, elle doit surement être en train d’emballer un gars sur le parking de l’école.
Le visage de Bonnie se froissa. Qu’est-ce qui lui arrivait ? Normalement, la moindre anomalie l’interpelait et elle s’inquiétait comme une folle pour ses amis. Et là, plus rien ne lui importait hormis le mystérieux jeune homme qui obnubilait toutes ses pensées.
-Ou alors…elle est peut-être malade. Ajouta-t-elle afin de se rattraper.
-Ouais. Peut-être.
-Salut les filles ! S’écria Matt en venant à leur rencontre.
-Salut Matt, tu vas bien ? Répondit Bonnie.
Ils s’embrassèrent puis le jeune homme arqua un sourcil en voyant Elena. Outre le fait qu’ils avaient rompus pendant l’été, il voyait bien que quelque chose n’allait pas. Lorsqu’il lui fit un baiser sur la joue, ses lèvres se heurtèrent à une peau glacée. Pendant tout le repas, leur amie resta silencieuse, complètement en retrait. En fait, Elena n’avait qu’une envie, que cette journée se termine et qu’elle puisse retourner dans le métro pour retrouver son inconnu. Son souhait fut bientôt réalisé. A peine la dernière sonnerie avait retenti que la jeune fille se retrouva dehors, le sac à la main, prête à partir. Seulement Jeremy se faisait attendre.
-Alors Elena ? Déjà pressée de partir ? Fit Bonnie l’air amusée.
-Heu…oui. Jenna nous attend.
Elle aperçut enfin Jeremy, entouré de ses potes, en train de fumer dans un coin.
-Jeremy ! On y va !
-Détends-toi Elena, je reste encore un peu avec Tyler et Vicky. Rentre toute seule si tu veux.
Ordinairement, la jeune fille aurait refusé de quitter son frère, trop apeurée par ce qui pourrait lui arriver dans les rues bondées de Manhattan. Mais étrangement, à ce moment, c’était le dernier de ses soucis. Elle fit volte-face et prit aussitôt la direction du métro. Lorsqu’elle se retrouva une nouvelle fois six pieds sous terre, son cœur s’emballa. Elle allait le revoir. Le métro s’arrêta dans un crissement aigu. Elena se jeta à l’intérieur, les membres tremblants d’excitation. Malheureusement, au fond du dernier wagon, l’inconnu n’était pas là. La jeune fille sentit alors son âme se déchirer. Elle ne le connaissait même pas et pourtant, son absence, à ce moment précis, la terrassa. Déçue et abattue, elle s’avachit complètement sur un siège, les yeux dans le vague. Arrêt après arrêt, son espoir se volatilisa. Perdue dans ses pensées, elle ne remarqua pas l’ombre qui se dessina dans un coin du wagon. Lorsque le métro reprit sa course, elle releva la tête et se figea net. Il était là. Juste en face d’elle. Toujours aussi noir, toujours aussi mystérieux. Que devait-elle faire ? L’aborder ? Il fallait qu’elle se décide. Soudain, le métro s’arrêta. C’était son arrêt, elle devait descendre. Elle poussa un long soupire avant de passer la porte.
-Mademoiselle !
Elle se retourna et son cœur manqua un battement. C’était l’inconnu. Bien qu’il soit proche d’elle, sa capuche ne lui permettait toujours pas de voir son visage.
-Oui ? Fit-elle d’une voix tremblante.
-Vous avez laissez tomber ça.
Sa voix était grave et rauque, une voix qui la faisait vibrer de l’intérieur. Elle ne fit même pas attention au portable qu’il lui tendait.
-Oh merci. S’exclama-t-elle enfin.
Elle eut à peine le temps de cligner des yeux que l’homme en noir avait disparu.
Lorsque Caroline ouvrit les yeux, elle fut aveuglée par une lumière blanche qui lui agressa aussitôt la vue. Elle cligna des paupières avant de pouvoir s’adapter à ce nouvel environnement. La jeune blonde tourna la tête. Elle était allongée sur une sorte de lit d’hôpital, les mains attachées par des lanières en cuir. C’était quoi ce délire ?!
-Heu…il y a quelqu’un ?
Sa voix résonna dans l’immense pièce blanche. On aurait dit une salle d’opération. Elle essaya de se libérer mais les liens étaient trop fort. Ses yeux la brûlaient, ses entrailles la tiraient, ses gencives la lançaient, tout son corps lui faisait affreusement mal. Et c’était sans parler de la terrible faim qui la rongeait de l’intérieur. Qu’est-ce qui lui arrivait ? -Mademoiselle Forbes ? Caroline tourna la tête vers la voix inconnue. C’était une femme d’un certain âge, en blouse blanche, qui tenait une grosse aiguille dans la main.
-Où suis-je ?! Pourquoi suis-je attachée ?! Je veux sortir d’ici ! Mais…qu’est-ce que vous faîtes ?!
La femme et plusieurs collègues venaient de l’immobiliser.
-Tranquillisez-vous. Tout va bien se passer. Fit la femme d’un ton faussement rassurant.
-Mais qu’est-ce qui m’arrive ?!
L’aiguille frôla sa peau ce qui la fit frissonner. La bonne femme se pencha encore un peu plus sur elle et, d’un étrange sourire, lui souffla ces mots :
-Vous avez été transformée en vampire.
Avant d’enfoncer l’aiguille.
CHAPITRE 2 : Station Fulton Street

Elena, Bonnie et Matt étaient recroquevillés sur le canapé chez Tante Jenna. Leurs parents respectifs discutaient avec cette dernière dans la cuisine. Hier soir, le Centre avait appelé Monsieur et Madame Forbes. Caroline faisait désormais partie des créatures de la nuit. Une recherche pour trouver le coupable avait été lancée bien sûr mais en attendant, leur amie était « éduquée » au Centre.
-Je retrouverai ce salop et je lui ferai la peau ! S’écria Matt dont les yeux étaient humides de colère.
-Calme-toi Matt, une vendetta n’arrangera pas les choses. L’apaisa Bonnie d’une voix douce.
Le jeune homme se tourna alors vers Elena qui n’avait rien dit depuis des heures.
-Et toi Elena ? Qu’est-ce qui ne va pas bien chez toi ? Depuis la rentrée t’es bizarre, tu ne parles pas, tu ne t’es même pas inquiétée quand Caroline a disparu !
-Matt ! S’exclama Bonnie.
-Non…Il a raison…Intervint enfin Elena d’une voix rauque.
Matt poussa un long soupire avant de s’assoir auprès de la jeune fille.
-Qu’est-ce qui t’arrive Elena ? C’est à cause de la rupture ?
-Non, non. Pas du tout. C’est juste…
Que devait-elle dire ? Que son esprit était hanté par un inconnu qui vivait dans le métro ?
-C’est tes parents ? Demanda Bonnie, l’air compatissant.
Elena releva la tête. Oui ! C’était ça !
-Ils me manquent. Répondit-elle.
-Oh…Elena…
Matt la serra alors dans ses bras, sa tête contre la sienne.
-Tu devais nous le dire.
-Je sais mais…avec la rentrée…et Caro…
A ce moment, les parents de Matt et Bonnie, suivis de Jenna, entrèrent dans la pièce.
-Aller les enfants, on rentre à la maison. De toute façon, les visites ne sont autorisées qu’au bout du troisième mois. On ne verra pas Caroline de sitôt. Dit la mère de Matt.
-Merci pour tout Jenna. Ajouta celle de Bonnie.
Chacun s’embrassa, échangeant des regards de soutient. Une fois tout le monde parti, Elena alla rejoindre Jeremy dans sa chambre. Le jeune homme avait mis la musique à fond, comme si ça pouvait lui faire oublier toute l’atrocité du monde.
-Jer ? Tout va bien ?
Soudain, son frère balança ses écouteurs à travers la pièce.
-Jeremy !
-D’abord Caroline, après ce sera à qui le tour ? Anna ? Vicky ? Tante Jenna ?! J’en ai marre Elena !
-Je sais. Moi aussi.
-Alors pourquoi on intervient pas ?!
-Mais qu’est-ce que tu veux qu’on fasse ? Regarde-nous !
-Je sais pas ! Je sais pas…
Cette nuit fut calme mais étrange. Personne n’arrivait à dormir. La transformation de Caroline avait réveillé en eux la vérité qu’ils avaient tenté de cacher depuis longtemps : ils étaient tous mortels et le lendemain pouvait être leur dernier jour.
Sur le chemin du lycée, Elena avait la tête ailleurs. Elle prit le métro, suivant ainsi le même chemin depuis des années, alla s’assoir au fond du dernier wagon comme à son habitude et essaya d’oublier l’homme en noir du métro. C’était à cause de lui tout ça ! Si elle n’avait pas pensé à lui, elle se serait inquiétée pour Caroline, aurait tenté de la retrouver, aurait peut-être pu éviter tout ce mal. Alors qu’elle comptait tirait un trait sur lui, elle l’aperçut. Il était dans sa même position, affalée de moitié contre la paroi de la navette, caché sous sa capuche. Elle eut l’impression qu’il l’observait. Seulement, elle ne pouvait pas le savoir à cause de sa fichue capuche ! Puis elle détacha son regard. Elle devait l’oublier, passer à autre chose.
-Station Fulton Street.
Démangée par la curiosité et le désir, elle releva la tête. Sauf qu’il avait disparu. C’était impossible ! Elle ne l’avait pas vu descendre ! Avait-elle eu une hallucination de lui ? Elle se retourna et regarda par la vitre. Nulle part. Il était nulle part ! Elle eut à peine le temps de s’en remettre que le métro redémarra.
Lorsque Caroline se réveilla, elle se sentait groggy, faible et sale. Cette fois, elle n’était pas attachée. Elle s’assit sur le lit et inspecta les alentours. Elle se trouvait dans une grande pièce blanche. Les carreaux immaculés montaient jusqu’au haut plafond ce qui donnait une étrange impression de profondeur. Une horrible odeur d’hôpital lui envahissait les narines. Elle en oubliait ses crampes à l’estomac et son mal de tête incessant. Pourquoi était-elle là ? Qu’est-ce qui lui arrivait ? La porte qui s’ouvrit interrompit subitement ses pensées.
-Réveillée ? Fit l’infirmière en s’avançant vers elle d’un pas affirmée.
-Heu…oui. Répondit Caroline d’une petite voix.
L’infirmière lui jeta alors une poche de couleur rouge.
-C’est pour quoi ça ?
-On t’a pas expliqué ?! S’écria-t-elle comme si c’était une chose complètement insensée.
-Expliquer quoi ?
L’infirmière leva les yeux au ciel avant de répondre dans un soupire :
-Tu es un vampire maintenant. Tu dois te nourrir de poche de sang pour survivre.
-Quoi ?! Mais c’est impossible ! Personne ne m’a mordu ! Enfin…Je crois…
-Ecoute, tu verras tout ça avec le psy. Moi mon boulot ici est terminé.
L’infirmière tourna ensuite des talons. Cependant, avant de partir, elle lui lâcha :
-Quand t’auras fini, tu peux aller à la salle de détente si tu veux.
Puis Caroline se retrouva toute seule, assise bêtement sur son lit, une poche de sang dans la main. Les larmes montèrent aux yeux de la jeune fille. Comment, en une journée, était-elle devenue ce qu’elle craignait le plus ? Elle fixa la poche et l’approcha de son visage. Soudain, sa vision s’obscurcit. Ensuite, elle ne comprit pas très bien ce qu’il s’est passé, mais l’éclat divin du sang attaqua ses dents, ses gencives, remplit sa bouche, caressa sa gorge et vint remplir ce douloureux vide qui la tiraillait. Sans vraiment le savoir, elle était bien. Une heure plus tard, ou peut-être deux heures, elle décida finalement de sortir de cette chambre dont elle se sentait déjà prisonnière. Au dehors, elle rencontra un long et grand couloir, comme ceux des hôpitaux, blanc et froid. Ne sachant où aller, elle se laissa porter, tournant et zigzagant dans ce grand bâtiment.
-Oh excuse-moi.
Caroline venait de heurter quelqu’un de plein fouet et de tomber lamentablement par terre. L’inconnu s’excusa aussitôt et se précipita auprès d’elle.
-Tu vas bien ?
-Pas tellement…Répondit-elle, les yeux embués.
Comment pouvait-elle aller bien ? Du jour au lendemain, elle se trouvait captive au Centre avec des crocs et une violente soif de sang.
-Oh je suis vraiment navré, je t’ai fait mal ?
Caroline se souvint alors de son inconnu et lui fit un sourire rassurant.
-Non, c’est juste que…
-T’es nouvelle ?
Il s’était agenouillé auprès d’elle, un bras amicalement posé sur son épaule. Elle hocha la tête, acceptant la main qu’il lui tendait. Remise sur pied, elle put à présent voir son bon samaritain. Il était grand avec une carrure musclée et outre les profondes cernes sous ses yeux foncés, son sourire rayonnant illuminait son teint.
-Tu verras, on s’y fait très vite. Dit-il.
Alors qu’ils marchaient dans le couloir, elle entama la conversation.
-Et toi ? T’es ici depuis longtemps ?
-C’est ma troisième fois.
Caroline s’arrêta net. Elle savait que le troisième passage au Centre était le dernier. Après, c’était la peine de mort. Sur qui était-elle tombée ? Un serial killer peut-être ?
-T’as peur de moi ?
Il le demanda avec tant de douceur et de timidité que la jeune blonde ne put s’empêcher de se sentir mal pour lui. Enfin, elle lui répondit :
-Non.
CHAPITRE 3 : Underground

Elena était assise sur les marches du lycée, les yeux dans le vague. Ça faisait deux semaines que Caroline avait été transformée en vampire. Toutes ses valeurs et ses convictions étaient à présent remises en question. Depuis la guerre, Elena n’avait pas vraiment eu d’opinion. Mais désormais, elle commençait à ressentir une véritable haine envers ces créatures de la nuit qui profitaient des gens, qui ne pensaient qu’à eux et qui étaient totalement dépourvue d’humanité. Totalement perdue dans ses pensées, elle ne remarqua pas la tombée de la nuit. Ce fut des éclats de rire qui la réveillèrent enfin. Un groupe de jeunes, vampires peut-être, s’amusait bruyamment dans la rue. Elena s’alarma et se mit aussitôt en route vers le métro. Une fois sous terre, elle fut prise de violent frissons. Un étrange sentiment de malaise s’était emparé d’elle. Déjà, les quais étaient vides à cette heure-ci. Le silence l’enveloppait tout comme la froideur des murs. Soudain, trois hommes surgirent de nulle part et se jetèrent sur elle. Elena hurla de toutes ses forces mais personne ne vint à son aide. Le premier homme lui arracha violemment son sac, le second la poussa contre le mur et pendant que le troisième les faisait les poches, la gifla. Elle sentit la douleur cuisante figer son visage tandis que des larmes glissaient de ses yeux. Dans un état second, elle sentit les mains sales se frotter à sa peau, la dépouiller de ses biens, de ses vêtements, de sa dignité. Tout d’un coup, alors qu’elle allait abandonner, une ombre apparut et se jeta sur eux. Elle crut à ce moment que c’était la fin. Elle ferma alors les yeux et se laissa choir lamentablement sur le sol, tremblant comme un animal blessé. Mais la douleur ne vint pas. Elle rouvrit donc les yeux et ce qu’elle vit la stupéfia : l’ombre mystérieuse, qui n’était autre que son inconnu du métro, s’attaquait sauvagement à ses trois agresseurs. En un coup de poing, il envoya valser l’un de ses adversaires à l’autre bout du quai. Elena cligna des yeux pour être sûre d’avoir bien vu. L’homme en noir en prit un par la gorge et serra si fort que les yeux de sa victime sortirent de leurs orbites.
-Arrête ! Hurla Elena.
Il se tourna alors vers elle et, même si elle ne put voir son visage sous son capuchon, elle vit bien qu’il la fixait intensément, comme un premier regard échangé. A ce moment, le temps s’était arrêté. La main ferme de l’inconnu tremblait violemment, immobile en l’air, comme s’il était en proie à une profonde réflexion. Enfin, après ce qui lui sembla être une éternité, il baissa lentement son bras et déposa sa victime au sol
-Merci…Souffla-t-elle.
Elle crut l’avoir vu hocher légèrement la tête. Alors que sa victime tentait de reprendre son souffle, l’homme en noir passa devant elle. Elle put sentir son souffle chaud sur son visage. Soudain, des bruits de pas se précipitèrent vers le quai. Elle se retourna pour voir les agents de sécurité courir vers elle. Mais alors qu’elle fit volte-face afin de remercier son sauver, ce dernier avait disparu.
Encore une fois. Caroline se sentait littéralement épuisée. Cela faisait deux semaines qu’elle tentait de contrôler sa faim avec ses médecins. Finalement elle avait réussi à tenir vingt minutes de plus avant de se jeter sur le lapin. A sa sortie, son inconnu, qui était devenu entre-temps son meilleur ami, l’attendait dans le couloir.
-Alors ? Ça s’est bien passé ?
-Je crois que je ne suis pas du tout faîte pour être un bon vampire. Répondit-elle en boudant.
Son ami se mit à rire aux éclats, amusé et attendri par la bouille de Caroline.
-Arrête de te moquer de moi !
Mais il ne s’arrêta pas.
-S’il te plaît !
-Désolé Caroline, mais…t’es absolument trop mignonne comme ça.
-Je ne suis pas mignonne ! Viens, allons manger. Je meurs de faim.
-Heu…Rassure-moi, t’es au courant que tu ne peux pas mourir ?
-Zut !
Toujours en riant, les deux amis se dirigèrent vers la Cantine, main dans la main.
Elena était enfin rentrée chez elle.
-Léna, ça va ? Demanda sa tante Jenna.
Jeremy vit aussi que sa sœur n’était pas dans son état normal.
-Oui…Mangez sans moi, j’ai pas faim.
La jeune fille alla se réfugier dans sa chambre qu’elle ferma à clé. Elle ne savait plus quoi faire. Les images de son agression lui revinrent en mémoire. Elle revoyait son mystérieux homme noir qui, comme par hasard, avait été là pour la protéger. Elle avait comme l’étrange impression qu’il veillait sur elle. Elle en sentit un frisson parcourir son échine. Subitement, comme piquée aux fesses, elle se leva et courut jusqu’à la fenêtre. Elle avait, pendant un bref instant, cru qu’on la regardait. Son portable qui vibra la fit sursautée. Elle était tellement sous tension et préoccupée, qu’elle n’était même plus dans la réalité.
-Aller, Elena…Reprends-toi ! Se dit-elle.
Finalement, la jeune humaine prit une décision. Elle devait savoir qui c’était, elle devait le rencontrer. Elle sortit rapidement de sa chambre, prit ses clés et traversa le salon en trombe.
-Elena ? Où tu vas ?
-Je dois aller retrouver quelqu’un ! Répondit-elle en courant vers la porte.
- Mais il fait nuit ! Elena !
Mais la jeune fille avait déjà disparu. Alors qu’elle marchait dans les rues sombres de New York, la tête basse, elle réfléchit. Elle devait retrouver ce mystérieux inconnu, elle le savait. Seulement, par où commencer ? Perdue dans ses pensées, elle ne fit pas attention au danger qu’elle courrait. Une humaine ne devait pas déambuler dans la ville, surtout en pleine nuit. Elle s’en rendit enfin compte lorsqu’elle fut bousculer par un groupe de jeunes, complètement bourrés.
-Hey, salut poupée !
-T’es perdue ?
Elena sentit leur souffle chaud et fétide contre sa peau. Soudain, un grognement sourd la fit sursauter.
-Les mecs, faut se tirer ! S’écria l’un des ivrognes.
Et Elena savait pourquoi. Il y avait un vampire dans les parages. Elle se mit donc à courir, le plus vite possible même si elle savait que c’était peine perdue. Alors qu’elle sentait l’ombre se rapprocher, elle aperçut une bouche de métro au coin de la rue. Elle se précipita dans cette direction et plongea sous la surface de la terre. Il faisait froid et il y régnait une étrange atmosphère, comme si le temps s’était arrêté. Elle marcha rapidement entre les quais, ses talons raisonnant sur le béton. Le vampire n’était plus après elle, du moins elle en avait l’impression, mais elle ressentait toujours ce terrible malaise comme si elle était observée. Mais pourquoi s’était-elle encore embarquée dans ce genre de situation ?! Tout ça pour un mec qu’elle avait croisé une ou deux fois dans le métro ! Elle leva la tête dans un mouvement d’exaspération lorsqu’elle se figea. Au-dessus d’elle était indiqué : « Station Fulton Street ».
C’était à chaque fois à cette station précise que son inconnu disparaissait comme par magie. Elle regarda autour d’elle mais rien ne sortait de l’ordinaire. Qu’est-ce qu’elle avait cru ? Qu’une mystérieuse porte allait sortir du mur ? Elle soupira et se laissa glisser le long de la paroi taguée. Depuis le jour où cet homme était apparu dans sa vie, tout avait basculé. C'était peut-être pour ça qu’elle voulait le retrouver à tout prix. Qu’est-ce qu’elle espérait ? Que le voir, le rencontrer allait tout changer ? Que ça allait ramener ses parents ? Rechanger Caroline en humaine ? Parfois, elle se sentait vraiment bête. Peut-être qu’elle l’était après tout. La voilà en train de pleurer dans le métro, à minuit, sous la station Fulton Street, comme une pauvre ado totalement paumée. Soudain, un bruit la ramena dans sa dure et triste réalité. C’était comme une bourrasque de vent qui s’infiltrait entre les rails. Elena sursauta brusquement, se mit aussitôt sur ses pieds, toute tremblante. Elle avait senti comme un courant d’air lui parcourir la nuque. C’était quoi ce délire ? Maintenant elle devenait parano ! Elle regarda l’heure en se passant une main dans ses longs cheveux bruns. Jenna et Jeremy devait probablement s’inquiéter. En plus, elle avait oublié son portable sur le bureau de sa chambre. Elle devait rentrer maintenant. Tout ça pour lui ! Elle allait faire demi-tour quand…
-Tu me suis ?
CHAPITRE 4 : Damon Salvatore

Caroline gémit lorsqu’une infirmière tira d’un coup les rideaux pour laisser pénétrer la lumière dans sa cellule, comme elle l’appelait.
-La lumière ! Grogna-t-elle.
Il n’y en avait pas assez pour qu’elle soit brulée mais elle était tellement sensible, que le moindre rayon la dérangeait.
-Aller, beauté. Tu vas recevoir ton bracelet aujourd’hui. Lâcha l’infirmière en la tirant du lit.
-Ça veut dire que je vais bientôt sortir ? S’écria Caroline.
Son inconnu, comme elle l’appelait, lui avait déjà parlé des bracelets. Elle l’aura à vie, il sera rempli de verveine pour la maitriser en cas de besoin et il transmettait sa localisation au Centre. Mais surtout, elle sera libre. La nuit en tout cas. Peu de vampires avait accès aux bagues du jour. C’était un marché noir illégal réservé uniquement à l’élite des vampires ou aux plus dangereux…
-Avance ! Rétorqua l’infirmière en la poussant dans le couloir.
Caroline fut amenée dans une grande salle où d’autres jeunes vampires comme elle se faisaient mettre le bracelet. Elle vit à leurs visages que ça allait être douloureux. Lorsqu’elle aperçut son ami, ce fut avec soulagement qu’elle se jeta dans ses bras.
-Hey princesse, tu verras, ce n’est pas aussi terrible que ça en a l’air.
Les médecins s’approchèrent d’elle et la tirèrent de lui sans ménagement. La jeune fille lui lança un regard qui disait : « Si au moins ils étaient gentils… ». Il lui répondit par son rire chaud qui avait toujours eu le don de la détendre.
-Très bien Caroline, commença l’un des médecins, on va poser ce bracelet sur ton poignet.
Tu sais très bien à quoi il sert. Caroline avala de travers en voyant le bracelet. A l’intérieur, il était recouvert de gros clous qui allaient s’enfoncer dans sa peau, bien évidemment imprégnés de verveine. Elle échangea un regard avec son sauveur qui se tenait près d’elle en guise de soutient.
-Respire à fond et…
Elle hoqueta de douleur en sentant les clous s’enfoncer d’un coup sec dans son poignet. Le bracelet émit un petit clic aigu et une lumière verte clignota.
-C’est fini !
Caroline pâlit en voyant du sang s’écouler du bracelet.
-Ne t’en fais pas, c’est temporaire. Fit le médecin avant d’ordonner à une infirmière de nettoyer le bras de la « patiente ».
-A présent, tu sais à quoi t’en tenir, commença un autre médecin, si jamais tu dérapes, c’est simple, direction le Centre. A ton avis, pourquoi ton petit-copain est-il ici ? Ajouta-t-il en désignant son ami d’un signe de tête.
Caroline se figea. Qu’avait-il fait pour se faire arrêter par le Centre ? Avait-il transformé une adolescente comme elle ? Avait-il…tué quelqu’un ? Elle vit la gêne et le regret dans les yeux de son ami. Enfin de compte, devait-elle lui faire confiance ?
Elena resta figée. Il était là. Devant elle. Sa capuche, relevée sur ses épaules, laissait apparaitre un visage pâle, une chevelure noire corbeaux et des yeux…elle n’en avait jamais vu d’aussi bleus de sa vie ! Mais qui était-il ? Elle se souvint alors de sa question et répondit en bredouillant :
-Heu…Non…Pas du tout…Je…
Tout d’un coup, elle décida de se reprendre.
-Non ! En fait, c’est toi qui me suis !
-Moi ?
Sa voix était grave et rauque, comme lorsqu’il lui avait rendu son portable.
-Oui ! Toi ! Dit-elle en essayant de garder une voix ferme et assurée.
-Je ne te suis pas. Répondit-il simplement, la prenant ainsi au dépourvu.
-Oh…Heu…Alors…Dans ce cas…Je veux dire…
-Tu veux venir avec moi ?
-Quoi ?!
Ce gars avait vraiment du culot.
-Ecoute, le matin se pointe. Et ça m’étonnerait que tu veuilles rentrer chez toi.
-Pourquoi ça ?
-Pourquoi pas !
Elle fronça les sourcils alors il s’empressa d’ajouter :
-On ne se balade pas seule dans le métro la nuit sans raison.
-Et toi, quelle est ta raison ?
Un sourire se dessina au coin de ses lèvres. Elle se sentit fondre comme une gamine face à ce sourire.
-Viens avec moi et peut-être qu’un jour je te le dirai. Murmura-t-il.
Elena se rendit enfin compte à quel point il était proche d’elle. Elle voulut répliquer, dire n’importe quoi mais quelque chose, seulement aucun mot ne traversa la commissure de ses lèvres.
-Dans ce cas…Fit-il en lui tendant une main, tel un gentleman.
Elle la prit avec un sourire timide et se laissa guider.
-Attends, s’écria-t-elle, je ne connais même pas ton nom !
Il se tourna, un air espiègle sur le visage, et répondit :
-Damon. Damon Salvatore.
-Moi c’est…
-Elena. Je sais.
Il lui prit délicatement la main, caressant ses petits doigts, avant de l’emmener avec lui dans l’obscurité des sous-sols de New York.
Les premières lueurs de l’Aube pointait et Elena n’était toujours pas rentré. Jenna, paniquée, avait appelé tout le monde : Les parents de Caroline, la police, les hôpitaux, le cimetière, le lycée, même le Centre mais sa filleule n’était nulle part.
-Je te jure, dès qu’on aura retrouvé ta sœur, je l’étranglerai de mes propres mains ! Pesta Jenna à Jeremy qui regardait la télévision, inspectant la moindre informations dans les news continues.
-Qu’est-ce qui a bien pu lui prendre ?! Partir comme ça sans son portable !
-C’est Elena ! Elle nous surprendra toujours ! Ironisa Jeremy en zappant.
-C’est pas drôle Jer ! Ta sœur a disparu ! Elle est peut-être…
-Quoi ? Morte ? Transformée ?
Jenna gémit de désespoir avant de se laisser choir sur le canapé aux côté de son neveu. Celui-ci regretta finalement ses paroles en voyant l’état dans lequel était sa tante. Il la prit dans ses bras et lui dit :
-C’est Elena. Tu la connais. C’est une battante. Elle nous laissera jamais tomber.
La jeune femme hocha la tête.
-T’en fais pas. On va la retrouver sain et sauve.
Jenna sourit. Elle se souvenait de la petite Elena, toute pétillante et impatiente de vivre qui courrait dans tous les sens, ses cheveux bouclés volant derrière elle. Aujourd’hui, la fillette était devenue une jeune fille forte, sûre d’elle, affirmée et surtout très belle. Non, Jenna ne pouvait supporter l’idée que sa nièce, qui était la pureté en elle-même, devienne une de ces créatures de la nuit sans âme et sans cœur. Soudain, ses pensées furent interrompues par des bruits à la porte. Elle échangea un regard inquiet avec Jeremy qui haussa les épaules. Et si c’était la police ? Ou le Centre ? Non, elle avait déjà perdu sa sœur et son beau-frère, elle ne pouvait perdre Elena. Elle se précipita alors à la porte et l’ouvrit à la volée. Jenna suffoqua en reconnaissant Elena, debout, bien vivante, devant elle. Ses joues étaient rosies par le froid, ses yeux grands ouverts la dévisageaient et ses lèvres tremblaient d’émotion.
-Elena ?! Où étais-tu ?
L’adolescente soupira. Si seulement elle savait…
CHAPITRE 5 : Le sous-sol

Sans savoir pourquoi, elle le suivit. Le métro était sombre, il n’y avait aucun rayon de lumière. A cette heure-ci, les quais étaient vides, créant ainsi une inquiétante atmosphère. Elena prit une grande respiration avant de s’enfoncer une bonne fois pour toute dans les travers obscures du métro new-yorkais. Son mystérieux inconnu, Damon, sauta entre les rails et l’invita à en faire autant.
-Et si un métro arrive ?
-Il faut vivre dangereusement, ma belle. Répondit-il en affichant son sourire à la fois cruel et élégant.
Elena hésita puis finalement, comme si quelque chose la poussait, elle accepta la main qu'il lui tendait et sauta à son tour. Le tunnel qui s’ouvrait devant eux était terrifiant. On pouvait se noyer totalement dans sa noirceur profonde qui ne voulait que nous happer entre ses entrailles.
-Heu…T’es sûr ? Fit-elle en essayant de garder une voix ferme.
Il ignora sa question et l’entraîna avec lui sous la terre. Comme elle ne voyait strictement rien, Elena s’accrocha fortement au bras de Damon. Elle avait tellement peur qu’elle enfonçait ses ongles dans sa veste en cuir. Damon le sentit et son sourire s’élargit.
-On est bientôt arrivé ?
Il ne répondit pas, encore une fois, ce qui agaça la jeune fille. Alors qu’elle allait faire une réflexion, ils tournèrent dans une étroite ruelle qui donnait sur une sortie de secours. Damon ouvrit la porte avec une force étonnante avant de pousser son invitée devant lui. Ce qu’Elena découvrit surpassa toutes les idées fausses et imaginaires qu’elle avait bien pu se faire. Elle se trouvait dans une immense pièce, pleine de gens qui buvaient, dansaient, parlaient, vivaient ici.
-Bienvenue au sous-sol !
Elena en restait bouche bée. Quelques grosses colonnes supportaient le plafond bas. Des canapés, des tapis, des tables, des poufs étaient éparpillés un peu partout. Un bar avait été mis dans un coin, des lits recouvraient le sol dans un autre, des bibliothèques ornaient les murs, le tout éclairé par deux grosses lampes suspendues. Deux autres pièces se distinguaient au fond. La première était une sorte de bureau et la seconde était fermée. Tandis qu’elle se remettait de cette surprenante découverte, Damon la devança. Il descendit le petit escalier et alla rejoindre les habitants de ces lieux. Lorsqu’ils le virent, ils se précipitèrent vers lui, lui serrèrent la main, des sourires amicaux sur les visages.
-Damon !
-Salut Damon !
-Hey, Salvatore est revenu !
Elena sourit en voyant tout cet élan de tendresse. Mais son sourire disparu lorsqu’elle vit l’un des amis de Damon la dévisager. Il se léchait les lèvres en la regardant, ce qui la mettait mal à l’aise. Elle voulait appeler Damon mais il semblait si accaparé qu’elle n’osa pas. Soudain, le gars s’écria :
-Hey ! Damon a apporté le petit-déjeuner !
Il s’en suivit une exclamation générale puis un élan de foule dans sa direction. Elena commença à paniquer. Elle recula mais se heurta à la porte qui demeurait fermée. Tout d’un coup, Damon se retrouva devant elle. Cependant, elle n’eut pas l’impression qu’elle devait avoir peur de lui, au contraire, on aurait dit qu’il la protégeait.
-Personne ne mange personne ! Tonna-t-il.
Sa voix résonna dans le sous-sol et tout le monde se tut.
-Je vous présente Elena Gilbert. C’est une amie.
Il avait insisté sur le mot « amie ». Ladite amie sentit une étrange sensation de chaleur au creux de son ventre. Finalement, elle avait raison. Elle pouvait lui faire confiance. Pendant que la population du métro reprenait son quotidien, Damon lui prit la main et lui fit une visite.
-Alors comme ça…Vous êtes tous des vampires ici ? Commença-t-elle.
-Oui. J’ai trouvé et aménagé ce lieu pour nous, pour ceux qui étaient perdus, qui n’avaient aucun refuge.
-Tu es un peu comme leur chef ? Dit-elle avec un petit sourire.
-Chef, c’est un peu trop radical. Je dirais plutôt leur guide.
-Ça fait longtemps que vous vivez caché ici ?
-Bien avant ta naissance, oui. Tous ne peuvent pas supporter la lumière du soleil. Il n’y a que moi et un cercle restreint.
Elena s’arrêta sous le regard perplexe de son « nouvel ami ».
-Pourquoi ?
-Pourquoi quoi ?
-Pourquoi moi ? Pourquoi m’avoir choisi ? Pourquoi avoir autorisé une humaine à découvrir votre cachette ?
Damon baissa la tête et poussa un long soupire. Elena vit alors un air blessé traverser ses traits fins. Elle perçut même une infime douleur dans le bleu de ses yeux. Enfin, au bout d’un certain temps, il releva la tête et plongea son regard dans le sien.
-Parce que je me sens seul.
-C’est pas l’impression que j’ai. Répondit-elle en lançant un regard autour d’elle.
-Même s’ils sont mes amis, même s’ils sont des vampires, ils n’ont pas…ce que je cherche.
-Et qu’est-ce que tu cherches, Damon Salvatore ?
Il allait répondre lorsqu’Elena s’écria :
-Mon dieu, j’ai complètement oublié Jenna !
-Jenna ?
-Ma tante. Je dois rentrer chez moi.
-Laisse-moi t’emmener.
Elle hésita pendant un instant puis enfin de compte, accepta. Dès qu’ils furent à la surface, il s’accroupit et fit signe à Elena de grimper sur son dos.
-T’es malade ! Protesta-t-elle.
-Tu veux rentrer chez toi ou pas ?
-Je peux prendre un taxi !
-Oui mais moi je suis beaucoup plus rapide et surtout gratuit !
Il lui adressa un sourire taquin qui finit pas la faire fondre.
-D’accord. Mais fais gaffe !
Elle enjamba son dos, passa ses bras autour de son torse et enfouit son visage dans le creux de son cou.
-Bien installée ?
-Oui. Souffla-t-elle, détendue par l’odeur de son eau de Cologne.
-Dans ce cas, ouvre bien les yeux.
-Quoi ?!
Soudain, ils se retrouvèrent dans les airs pendant une fraction de seconde. Ils atterrirent aussi vite sur le toit de son immeuble, comme par magie.
-Je…Heu…Qu’est-ce qu’il vient de se passer ?! S’écria Elena, encore toute tremblante.
-A ton avis ?
Elle descendit lentement de son dos et resta stupéfaite. Au-dessous d’elle s’étendait New York. La ville lui appartenait et c’était une sensation incroyable.
-Alors, ce premier jour chez les vampires ? Demanda-t-il de son sourire espiègle et sûr de lui.
Mais une ombre s’empara du visage d’Elena et ses yeux affichèrent une profonde tristesse lorsqu’elle se tourna vers lui.
-Il y a deux semaines, une de mes meilleures amies s’est faite transformée. Dit-elle.
Le sourire de Damon s’effaça, laissant place à une expression sérieuse. Elle continua :
-Et même si voler, sauter aussi haut que le ciel, faire tout ce qu’on veut est cool, je pense toujours que sa vie est fichue.
Il hocha la tête en silence. Le feu qui les avait habité pendant quelques minutes avait disparu.
-Ce n’est pas contre toi, Damon, mais pour l’instant, je ne peux pas croire que se cacher dans un sous-sol soit une vie idéale.
-Je comprends.
-Je dois renter chez moi maintenant. Mais…Merci Damon.
Elle se pencha en avant et déposa un baiser sur sa joue froide. Tandis qu’elle repartait vers les escaliers, elle sentit son regard sur elle. Elle le savait au fond d’elle, son mystérieux inconnu allait faire partir de sa vie à jamais.
CHAPITRE 6 : Who has transformed you ?

Plusieurs jours s’étaient déroulés après la découverte du sous-sol. Jenna était toujours en colère contre Elena pour son escapade mais la jeune fille s’en fichait. Désormais, après les cours, elle allait directement dans le métro où sa « nouvelle famille » comme elle l’appelait, l’attendait. Elle ne savait pas pourquoi, mais traîner avec les vampires l’aidait. Elle devait comprendre. Elle devait apprivoiser l’univers sordide dans lequel elle vivait. Et puis, Caroline allait bientôt sortir du Centre. Et Elena ne voulait pas avoir peur d’elle.
-Salut Elena ! La salua Rose, l’une des proches amis de Damon.
L’adolescente l’adorait. C’était l’une des vampires les plus âgés et pourtant, elle gardait une apparence jeune et fraîche. Elle n’aimait pas ôter la vie à un être humain, elle préférait boire dans les poches de sang que Damon ramenait. Hormis son bracelet, rien ne montrait qu’elle appartenait à la nuit.
-Salut Rose. Damon est ici ?
-Non, il est sorti avec Will et Enzo.
-D’accord. Je vais l’attendre dans sa chambre.
Alors que les vampires dormaient dans la pièce commune, la chambre de Damon était à part, juste à côté de son bureau. Il y avait juste un grand matelas par terre avec des couvertures et des oreillers. Des livres étaient éparpillés sur le sol excepté son préféré : Autant en emporte le vent, qui demeurait sur sa table de chevet. La déco était simple, soyeuse, sans prétention. Elena s’allongea sur le lit et s’amusa avec son portable en attendant. Elle attendit au moins une heure comme ça lorsqu’un bruit sourd provint de la salle commune. Elle se redressa et alla rejoindre tous les vampires qui s’étaient amassés en un même cercle.
-Qu’est-ce qu’il se passe ? Demanda-t-elle à Rose.
-Damon a ramené un jeune transformé. Répondit-elle d’un ton grave.
Elena se tourna vers le centre du cercle et aperçut Damon en train d’essayer de maîtriser un jeune garçon avec Enzo et Will.
-Mais qu’est-ce qu’il m’arrive bordel ?! Hurla le novice en tentant vainement de se dégager de l’étreinte des trois autres.
-Calme-toi et je te l’expliquerai ! Fit Damon d’une voix ferme et autoritaire.
Aussitôt, l’ancien humain se calma et fixa Salvatore avec des yeux ronds.
-Bien, souffla celui-ci, comment t’appelles-tu ?
-Marcel.
-D’accord Marcel. Moi c’est Damon. Tu es chez toi ici.
-Non ! Ce n’est pas chez moi ! Protesta le garçon à la peau noire.
-Calme-toi Marcel. Je sais que c’est difficile pour toi en ce moment et…
-Qu’est-ce que je suis ?! Dis-le moi !
Voilà enfin la question fatidique. Elena croisa alors le regard de Damon. Ce qu’elle y vit la troubla. Elle ne voyait plus le grand vampire du sous-sol, courageux et fier de sa nature. Elle ne voyait plus le chef qu’il était malgré lui. Non, elle voyait un vieil homme, abattu et fatigué. Elle voyait…l’humain qui était en lui.
-Ce n’est jamais une partie de plaisir pour lui. Fit la voix de Rose à côté d’elle.
-Je m’en doute. Répondit Elena.
Le groupe se dispersa, maintenant que la situation était gérée, laissant Damon avec le garçon. Ce dernier demeurait paniqué. Il ne cessait de jeter des coups d’œil à la porte, gardant toujours l’espoir de pouvoir s’enfuir. Alors que tout le monde partait pour les laisser tranquille, Elena resta. Elle ne savait pas pourquoi mais elle sentait que Damon avait besoin de soutient.
-Marcel, j’ai besoin que tu t’assoies.
-Pourquoi ?! S’écria-t-il, toujours sur les gardes.
-Marcel, s’il te plaît. Intervint Elena d’une voix douce.
Cela sembla marcher car il alla enfin s’assoir sur l’un des poufs qui se trouvaient au tour.
-Bien. Marcel, tu dois m’écouter attentivement, commença Damon en mettant une main sur l’épaule du jeune homme, aujourd’hui, tu…tu…
Elena voyait bien que Damon ne pouvait plus continuer. Alors elle le fit à sa place :
-Tu as été transformé en vampire.
Ils s’attendaient tous les deux à ce que Marcel se mette à crier, à s’enfuir, à réfuter l’information mais il s’en fit rien. Il resta silencieux, les yeux posés sur la jeune fille.
-Je sais que ce n’est pas facile pour toi, continua Elena, mais je t’assure que tu peux faire confiance à Damon.
-Pourquoi ? Demanda enfin Marcel.
-Parce que je suis humaine et que je suis prête à remettre ma vie entre ses mains.
Elle n’eut pas besoin de regarder le vampire pour savoir que ses paroles l’avaient touchés.
-A partir de maintenant, reprit Damon, tu vas devoir rester caché ici.
-Mais…
-Il n’y pas de « mais » ! Si jamais tu remontes à la surface, le Centre risque de te prendre pour te mettre un bracelet et personne ici ne te souhaite ça. D’ailleurs, il doit sûrement te chercher déjà.
Elena jeta alors un œil au bracelet de Damon qui apparaissait un peu sous sa veste en cuir noire. Il était usé par le temps, rouillé et dépeint mais il tenait bien fermement sur sa peau blanchie à cet endroit. Ce bracelet représentait une violence muette et profonde que le vampire tentait tant bien que mal de dissimuler. La voix de Damon la ramena au moment présent.
-Est-ce que tu te souviens qui t’a transformé ?
Le garçon secoua la tête.
-D’accord. Ce pas grave. Ça va te revenir.
Une fois que Damon l’eut laissé aux soins de Rose, Elena le retrouva allongé sur son matelas, dans sa chambre. Elle s’allongea à ses côtés, se tourna vers lui.
-Ça va toi ?
Il lui répondit par un sourire qui se tentait être rassurant. La jeune humaine passa ensuite une main sur son poignet, là où était inscrit le bracelet.
-Ça fait mal ?
-Un peu mais on finit par s’y habituer.
-Ça fait longtemps que tu l’as ?
-Mademoiselle Gilbert, me demanderiez-vous depuis combien de temps j’ai été transformé en vampire ? Dit-il avec l’un de ses fameux sourires à la fois amusé et terriblement charmant.
-Monsieur Salvatore, me donneriez-vous une réponse ? Répliqua-t-elle à son tour.
Cette fois, la flamme dans son regard ténébreux disparut ainsi que son sourire. Il poussa un long soupire avant de répondre :
-Depuis trop longtemps.
Elena aperçut que sa main prisonnière du bracelet tremblait. Elle glissa donc lentement son bras le long du sien et prit sa main de ses petits doigts. Damon la regarda surpris mais touché. Elle caressa sa peau froide de son pouce, l’embrassant d’un regard chaud et amical. Ce fut à ce moment qu’elle décida de poser la question :
-Qui t’a transformé ?
Soudain, un cri s’éleva de la salle commune. C’était Rose qui surgit dans la chambre.
-Marcel s’est échappé !
Caroline soupira, affalée dans son fauteuil. Cela faisait une demi-heure que le psychologue l’observai derrière son bureau. Enfin, ses lèvres bougèrent sous sa grosse moustache blanche.
-Tu ne vas toujours pas me dire qui t’a transformé ?
-Mais puisque je vous dis que je ne m’en souviens pas !
-Si tu t’en souviens Caroline. C’est juste que la vérité est trop difficile à supporter pour toi alors tu la caches dans ton subconscient.
-N’importe quoi !
-Alors dis-moi qui t’a transformé.
-Mais je vous ai dit que…
Tout d’un coup, des flashs lui revinrent en mémoire. Elle se trouvait dans la rue qui précédait celle où elle habitait, elle rentrait du lycée. Puis brusquement, elle se retrouva contre un mur. Elle sentit le sang frais qui coulait le long de son cou et des mains sales la parcourir.
-Décris-le moi. Fit la voix du psy dans sa tête.
-Il…Il est grand…élancé…très maigre…vêtu entièrement de noir…Il…Il a la peau clair, très pâle comme…
-Comme ?
-Comme celle d’un cadavre.
Il recula subitement et elle vit son propre sang sur ses mains et son menton.
-Essaye de voir son visage. Dit le psy.
-Je…Je…
-Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a Caroline ?
-Je ne peux pas !
-Pourquoi ?
-A cause de sa capuche…
CHAPITRE 7 : Marcel

Trois jours étaient passés et toujours aucun signe de Marcel. Il avait disparu totalement de la surface de la Terre. Elena, en prenant des nouvelles de Caroline, avait essayé de se renseigner au Centre, savoir s’il avait été attrapé mais la réponse revint négative. Ce qu’Elena pouvait désormais faire maintenant, c’était de reprendre une vie plus ou moins normale. Après tout, c’était les problèmes des vampires, pas les siens. Elle en avait déjà assez. Ses notes du premiers trimestres avaient affreusement chuté, ses proches la trouvaient changée et Jenna ne lui faisait plus confiance. C’était un midi, à la cafète de son lycée, elle mangeait avec Matt et Bonnie. Dans la discussion, Matt leur proposa d’aller faire un bowling après les cours histoire de se changer les idées.
-Désolée, je ne peux pas.
-Tu ne peux jamais ces temps-ci Elena ! Qu’est-ce que tu peux bien faire après les cours ? Jenna nous a dit que tu rentrais de plus en plus tard. Elle est inquiète, comme nous. S’écria Matt.
-Ça fait quelques jours que tu n’es plus la même, Elena. Renchérit Bonnie avant de croquer dans son sandwich.
-C’est quoi cet interrogatoire ? C’est ma vie, je fais ce que je veux ! S’emporta-t-elle.
-Pas quand une de nos amies les plus proches s’est faîte mordre et transformée il y a un mois ! Protesta-t-il.
Exaspérée et en colère, Elena prit ses affaires avant de quitter la table.
-Elena !
Mais la jeune fille était déjà partie. Elle en avait plus que marre de tous…ces humains. Elle avait l’impression que seul Damon et ses amis vampires la comprenait. Pendant le cours de Maths, Elena était complètement ailleurs. Elle écoutait à peine ce que disait le prof. En plus, elle sentait le regard constant de Matt sur elle. Soudain, prise d’un sentiment qu’elle connaissait peu chez elle, elle s’empara de son portable et envoya discrètement un texto. Matt l’observa, intrigué. Dans le couloir, elle prit rapidement ses affaires dans son casier et se dirigea vers la sortie. Elle attendit cinq minutes sur les marches lorsqu’il arriva enfin. Les élèves et les profs demeurèrent scotchés en apercevant la camaro bleue sans toit de Damon se garer en trombe devant le lycée. Elena n’essaya de ne pas rire en voyant qu’il avait mis sa veste en cuir et ses lunettes de soleil qu’il laissait glisser sur son nez pour la regarder. Il la klaxonna, un bras nonchalamment posé sur le haut du siège passager. Mais surtout, surtout, on voyait bien distinctement le bracelet à son poignet gauche. Matt, Bonnie et tous les autres la regardèrent atterrés, monter à ses côtés dans sa voiture. Pour parfaire le tout, Damon l’embrassa sur la joue. Après un échange de sourires, ils démarrèrent en trombe et disparurent dans tourbillon de fumée.
Sur la route, Elena éclata de rire. Elle leva haut les bras et laissa ses cheveux voler au vent sous le regard à la fois tendre et amusé de Damon. A cet instant précis, rien ne pouvait l’atteindre. Elle se sentait libre pour la première fois de sa vie. Le jour où ses parents étaient décédés dans cet accident de voiture, elle avait cru ne plus jamais pouvoir rire . Mais aujourd’hui, elle pouvait, grâce à son mystérieux inconnu vêtu entièrement de noir. Elle tourna la tête vers lui et tous deux furent prit d’une intense émotion qui les secouèrent violemment. L’électricité dans l’air était palpable tout comme une certaine tension sexuelle. Cependant, la jeune humaine ne voulait pas lui sauter dessus et lui faire l’amour jusqu’à l’évanouissement, non. Elle voulait tout simplement le remercier de la plus belle manière qu’il fût. Et il le savait. Elle laissa ensuite sa tête basculer en arrière afin de profiter plus longtemps de cette brise automnale. Lorsqu’ils furent arrivés au sous-sol, la population vampirique se précipita vers eux.
-Damon ! Elena ! Vous avez retrouvé Marcel ?
Salvatore secoua la tête.
-On ne peut plus rien faire pour lui désormais. Répondit-il.
Elena le regarda, abasourdis. Elle s’écria alors :
-Tu ne vas pas l’abandonner ?!
-Elena, ça fait des jours qu’on le cherche en vain ! Il faut passer à autre chose !
-Il avait confiance en toi !
-Ah oui ? C’est pour ça qu’il est parti au lieu de rester ici ?
-Mets-toi un peu à sa place !
-Je n’ai pas besoin de me mettre à sa place, Elena ! Je sais très bien ce qu’il ressent, je suis aussi passé par là !
La voix de Sage, une belle vampire rousse, intervint :
-C’est peut-être mieux pour lui. J’imagine que le bracelet n’est pas une partie de plaisir mais au moins, il ne se cachera plus.
Sage faisait partie de ces vampires sans bracelet que Damon cachait au sous-sol. Elena essayait de s’imaginer cachée ici, pendant des années. Elle finirait probablement folle. Damon poussa un grognement de désapprobation avant d’aller se retirer dans sa chambre. Elena allait le rejoindre lorsque Rose l’arrêta.
-Laisse-le. Il a besoin d’être seul.
-Mais…
-Elena. Crois-moi. Je le connais depuis suffisamment longtemps pour savoir quand il faut le laisser tranquille.
La jeune fille finit par hocher la tête même si une part d’elle-même la poussait vers lui. Finalement, elle décida de rentrer chez elle. Cela avait été une journée difficile et Jenna avait besoin d’elle à la maison. Elle s’empara de sa veste, de son sac, embrassa tout le monde et remonta sur le quai. Elle fit attention à ce qu’il n’y ait pas de métro avant de remonter. A cette heure-ci, la station était pleine à craquer. Elle fut poussée dans tous les sens, bousculée, et heurtée. Au moment où allait enfin monter les marches, son attention fut accaparée par un petit garçon noir, recroquevillé dans un coin, en boule. Elle fronça les sourcils. Et si… ? Elle se dirigea alors vers la petite silhouette qui ne la remarqua pas aux premiers abords.
-Marcel ? Fit-elle.
Une petite tête émergea sous le manteau et la regarda avec des yeux ronds.
-Toi ? Dit-il dans un souffle.
Elle allait répondre quand il se mit rapidement sur pied et à courir dans le sens opposé.
-Marcel ! Attends !
Elle partit à sa poursuite parmi la foule dense. La jeune fille finit en fin de compte par le perdre de vue au bout d’un certain temps.
-C’est pas vrai ! Pesta-t-elle.
Tout d’un coup, elle reconnut le manteau sous un banc. Elle accourut alors dans cette direction, agrippa le garçon et le tira avec force vers elle.
-Arrête ! Tu me fais mal !
-Dis pas n’importe quoi, t’es un vampire. Qu’est-ce qui t’a pris de t’enfuir comme ça ? On est tous inquiet !
Oh mon dieu, elle avait l’impression d’entendre sa tante.
-Connerie ! Vous voulez m’enrôler dans votre petite armée de vampire pour vous venger des humains ! Vous voulez tuer toute ma famille !
Elena était sidérée.
-Quoi ?! Qui t’a dit ça ?
-C’est moi.
Elle leva lentement la tête pour se trouver face à un beau jeune homme, blond, mal rasé, grand et élancé. Il avait de petites cicatrices sur le visage, un visage charmant, charismatique. Au vu de son accent et de sa tenue, Elena pouvait en conclure qu’il venait d’Angleterre.
-Elena. C’est ça ?
Elle hocha la tête timidement, ne pouvant s’empêcher de ressentir une menace.
-Et bien, Elena, dîtes à Damon Salvatore que Niklaus Mikaelson lui passe le bonjour.
Aussitôt, en une fraction de secondes à peine, il disparut dans un courant d’air avec le jeune vampire.
-Marcel !
Caroline se promenait dans la cour du Centre lorsque son ami arriva par derrière et la prit dans ses bras.
-Arrête de faire ça ! Tu veux ma mort ou quoi ?!
Il approcha son visage du sien et enfouit son visage dans le creux de son cou.
-Qu’est-ce qu’il y a ? S’adoucit-elle en passant une main dans ses cheveux. Elle sentait la tristesse qui émanait de lui.
-Rien, c’est juste que…Pendant un instant je pensais à mon frère.
-Tu as un frère ?
-Oui.
-Il est…
Ils s’assirent sur un banc tout en gardant un contact physique.
-Ouais. On a été transformé en même temps. Enfin, pratiquement. Il est né le premier et est mort en premier, évidemment…
-Il te manque. Dit-elle.
Il leva des yeux humides vers elle. Comment une jeune transformée pouvait-elle lire si facilement en lui ?
-Jamais je ne lui dirai. Répondit-il d’un petit rire nerveux.
-Pourquoi ?
Il poussa un long soupire avant de répondre :
-Lui et moi…ça fait très longtemps qu’on est en mauvais termes.
-Est-ce qu’il sait que tu es ici ?
Il ne répondit pas, les yeux perdus dans le vague. La jeune fille demanda alors :
-Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Je veux dire…vous êtes frères ! Qu’est-ce qui a bien pu détériorer votre relation ?
-Klaus…
CHAPITRE 8 : Story

Quatre heures. Cela faisait quatre heures que Damon n’avait rien dit depuis qu’Elena était revenue avec le message de Klaus. Il était enfermé dans sa chambre, assis sur son lit, gardant la même position, songeur et perturbé.
-Il va rester longtemps comme ça ? Fit-elle, les épaules affaissées.
-Va lui demander ! Répliqua Enzo, un sourire malicieux au coin.
-C’est pas drôle Enzo. Mais est-ce quelqu’un sait qui est ce Klaus ?
-C’est…compliqué. Je serais toi, je ne chercherais pas à savoir. Répondit-il d’un ton plus sérieux.
Elle se tourna alors vers la communauté vampirique et s’écria :
-Pourquoi ? Pourquoi tout ce mystère ?! Dehors, un certain Niklaus Mikaelson a capturé Marcel. Damon est visiblement incapable de prendre une quelconque décision alors je vous le demande et j’aimerais une réponse : Qui est Klaus ?!
-Comme on te l’a déjà dit, ne cherche pas à savoir. Résonna une voix rauque derrière eux.
Ils se retournèrent et virent un Damon tendu, fermé et apparemment bouleversé.
-Damon…
-Ferme-la Elena !
Soudain, pour la première fois depuis qu’elle le connaissait, elle les vit. Ses veines noires et repoussantes naître sous ses yeux devenus sombres. Effrayée, elle recula vivement, tremblante comme une feuille. Les autres vampires demeurèrent également à l’écart.
-Que je n’entende plus jamais le nom de Klaus entre ces murs, c’est clair ?! Tonna-t-il.
Elena ne le reconnaissait plus. L’homme qu’elle voyait n’était plus son ami. C’était un homme froid, un chef autoritaire, un…un monstre. Qui pouvait bien être cet homme pour mettre Damon dans un état pareil ? Le silence envahit la pièce dans un malaise palpable. Toujours en colère, Damon prit sa veste en cuir et sortit rapidement du sous-sol. Rose se tourna alors vers Elena :
-C’est très personnel. Je sais seulement que Klaus a quelque chose avoir avec son petit frère. Et fais attention Elena, Klaus est un originel.
-Un originel ?
-L’un des tous premiers vampires sur cette planète. Il est vieux de plusieurs millions d’années.
La jeune humaine en resta bouche bée. Comment cet homme si jeune et si charmant pouvait être aussi vieux que la création de la Terre ?
-Il ne m’avait jamais dit qu’il avait un petit frère. Dit-elle alors, perdue dans ses pensées.
-Tu devrais aller le voir. Fit la vampire.
-Tu as vu comment il m’a parlé ? Il ne veut absolument pas me voir en ce moment !
-Il est toujours comme ça. Mais avec toi, c’est pas pareil. Va le voir.
Finalement, Elena suivit le conseil de son amie. Cependant, elle n’avait aucune idée d’où pouvait bien se cacher Damon. Après avoir fait un tour vite fait de la ville, elle abandonna. Elle était en train de retourner chez elle lorsqu’elle leva la tête et le vit. Il était assis sur le toit de son immeuble, les jambes pendantes dans le vide. Evidemment, c’était là où il l’avait emmené la première fois qu’ils s’étaient rencontrés. Avec un sourire sur le visage, elle monta quatre à quatre les escaliers et déboucha sur le toit. Le soleil se couchait sur New York, déversant ainsi sa lumière orangée sur eux. Damon ne broncha pas lorsqu’elle s’assit à côté de lui. Il ne broncha pas non plus lorsqu’elle posa sa tête sur son épaule, ni quand elle prit la bouteille de bourbon qui reposait entre ses mains afin de la mettre hors de sa portée. Les yeux rivés sur l’horizon, il ne dit rien. Il se passa peut-être vingt minutes ou plus, comme ça. Enfin, au bout d’un certain temps, la voix grave et rauque de Damon s’éleva.
-Stefan et moi avons toujours eu quelques différents mais on était toujours, toujours là l’un pour l’autre.
La jeune fille en déduit que Stefan était son petit frère. Elle ne dit rien, ne posa pas de questions. Elle le laissa parler, à sa guise, le laissant lui dévoiler ce qu’il voulait lui dévoiler.
-On s’aimait. Je suppose…
Un profond silence s’empara de ce moment tandis que Damon se battait avec les larmes.
-Stefan a toujours eu une nature plus sauvage que moi. Depuis sa transformation, il n’a jamais su se contrôler. Il a déjà été arrêté deux fois par le Centre. Mais il avait cependant trouvé un moyen d’avancer. Un régime débile à base de sang animal. Bref, ça marchait. Quand Klaus est arrivé…
Il prit une grande respiration et Elena lui caressa la main, enfouissement doucement son nez dans le creux de son cou, humant son odeur mélangée à son eau de Cologne.
-Un originel. Je ne pouvais rien faire. Il est devenu très vite ami avec Stefan. Mais…il avait disons…une mauvaise influence sur lui.
Elena fronça les sourcils. Elle sentait le drame arriver.
-Stefan se nourrissait à nouveau avec du sang humain, il était redevenu violent mais…une part de lui restait attachée à son humanité.
Damon esquissa un sourire et se mit à rire nerveusement.
-Klaus disait que c’était de ma faute. Que Stefan ne se laissait pas emporter par ce qu’il était vraiment à cause de moi, par respect pour moi. Que j’étais l’obstacle à sa vie, au chemin qui lui était tracé dès la naissance ! S’écria-t-il, toujours en riant faiblement.
Mais Elena perçut toute une douleur dans ce faux rire. Et elle savait que ce n’était pas fini.
-Il…Il lui a demandé de me tuer.
A cette phrase, Elena sentit un frisson d’horreur la parcourir. Quoi ?! Elle avait du mal entendre ! Mais en voyant les larmes couler sur les joues pâles de Damon, elle comprit avec effarement que c’était la stricte vérité.
-Alors comme Stefan refusait…Il…Il l’a hypnotisé.
Les yeux d’Elena s’agrandir. Elle savait qu’un vampire pouvait hypnotiser un humain mais elle ne savait pas que la règle était la même concernant un vampire ! Apparemment, les originels avait plus de pouvoir que leurs descendants.
-Je…Je ne sais pas comment Stefan a fait…Le fait est qu’après des heures de lutte, des heures où j’ai vraiment cru que j'allais mourir, il a résisté.
A présent, Elena ne comprenait pas. Si Stefan avait résisté à l’hypnose, pourquoi Damon lui en voulait autant ?
-Alors Klaus lui a posé un ultimatum. Je sais que pour certain ça peut paraître incroyable mais à l’époque, j’avais un ami. C’était…C’était mon meilleur ami.
Elle entendit des trémolos dans sa voix qui ne la rassurèrent pas.
-Mais surtout, le plus incroyable c’était que, tout comme toi, il était humain.
La jeune fille écarquilla les yeux. Damon, le vampire sans doute le plus respecté de la ville, avait un ami, son meilleur ami qui plus est, humain !
-Il était professeur d’histoire, veuf. Il a appris très tard pour…pour moi. Enfin de compte, ça ne l’a pas dérangé et…on est devenu ami. Je…Je pouvais lui confier ma vie et lui la sienne. Il était…comme un frère pour moi et…et…
-Damon…Murmura-t-elle en s’apercevant qu’il allait pleurer.
-Et ce connard a ordonné à Stefan de me tuer moi, ou lui ! S’écria le vampire, bouleversé.
Elena resta figée d’épouvante. Puis d’une voix à peine audible, Damon termina :
-Et il l’a fait. Stefan l’a tué. Il a tué mon meilleur ami…
Elle le prit alors dans ses bras et le serra de toutes ses forces. Ce fut ce soir-là, assis sur un toit, les jambes dans le vide, noyé dans le soleil couchant que Damon Salvatore pleura dans les bras d’Elena Gilbert.
La nuit était à présent tombée. Comme Damon n’était pas en état de rentré tous seul, Elena le raccompagna au sous-sol. La plus part des vampires dormaient à cette heure-ci, d’autres demeurèrent silencieux en les observant. La jeune humaine devait soutenir physiquement le vampire qui allait s’écrouler à tout moment. Rose la rejoignit sur la pointe des pieds et l’aida à porter Damon jusqu’à sa chambre. Ils allaient l’atteindre lorsque la porte principale s’ouvrit dans un fracas assourdissant, laissant apparaître deux individus. L’un était grand, élancé, les yeux d’un brun chaud, l’autre une jeune fille, blonde aux yeux profondément vert.
-Caroline ? S’écria Elena.
Le visage de Damon se figea. Ses yeux étaient rivés sur le nouveau venu, celui qui accompagnait la nouvelle transformée. Ce fut dans un souffle qu’il lâcha :
-Stefan…
CHAPITRE 9 : The end

Damon n’en croyait pas ses yeux. Stefan. Son petit frère. Se tenait là. Debout, devant lui, comme si de rien n’était. Les vampires commencèrent à se réveiller, alertés par le bruit.
-Qu’est-ce que tu fiches ici ?! S’exclama-t-il enfin.
Stefan, les yeux baissés comme s’il venait de commettre une erreur, s’avança timidement et répondit :
-Je suis sortis.
-Ils t’ont laissé sortir après ce que tu avais fait ?! Hurla Damon, complètement hors de lui.
A présent, tout le monde était bien réveillé, sidéré de voir leur chef dans cet état.
-Damon…Ce n’était pas ma faute.
Pendant ce temps, Elena s’était approchée de Caroline. Cette dernière n’avait pas bougé, gardant les yeux rivés sur le sol, tremblante dans son coin.
-Caroline ? Souffla Elena.
La jeune blonde leva alors les yeux et elles se jetèrent dans les bras l’une de l’autre.
-Tu ne peux savoir à quel point tu m’as manqué. Fit Elena.
Soudain, Caroline se détacha d’elle, les yeux écarquillés.
-Qu’est-ce que tu fais là, Léna ?
-Quoi ?
-Après être sortie du Centre, je ne voulais pas rentrer chez moi. Alors Stefan m’a dit qu’il m’emmènerait avec lui dans un repère de vampires. Es-tu… ?
-Oh non ! J’ai…J’ai des amis ici. Répondit-elle avec un faux sourire.
Caroline sourit à son tour malgré l’absurdité de la situation. Puis elle vit Damon et son regard changea.
-Qu’est-ce qu’il y a Car ?
-Je…Elena, tu dois partir !
-Quoi ? Pourquoi ?
-Le Centre va venir ici !
-Je ne comprends rien, Caroline. Ecoute, calme-toi et…
-C’est toi qui ne comprends rien ! C’est lui ! C’est lui qui m’a transformé ! Le Centre va venir pour l’arrêté.
Elena se tourna alors vers Damon qui se disputait toujours avec Stefan. Elle devait le prévenir tout de suite ! Elle devait…Alors qu’elle marchait vers lui, Caroline agrippa son bras.
-Qu’est-ce que tu fais ? S’écria-t-elle avec des yeux fous.
-Je…Je…
-Cet homme est un monstre ! Il m’a sauté dessus, il a déchiré ma gorge et il m’a transformé !
-Non. C’est impossible. C’est Damon, je le connais. C’est mon ami. Tu as dû te tromper.
-Je ne me suis pas trompée !
-Caroline, il porte une capuche dehors la plus part du temps ! Tu as dû mal voir et…
-Je n’ai pas mal vu ! C’est lui !
Au même moment, Damon criait sur son frère.
-Comment as-tu pu imaginer une seule seconde que tu pouvais revenir ici ?!
-Combien de fois faudra-t-il que je te le dise ? Je suis désolé ! C’était toi ou lui. Alors je l’ai choisi lui.
-TU AURAIS DU ME CHOISIR MOI ! C’ETAIT MOI QUI AURAIT DU MOURIR CE SOIR-LA !
Stefan tomba des nus, tout comme chaque personne qui se trouvait dans la pièce.
-Damon…Fit la voix tremblante d’Elena.
Le vampire enragé se tourna vers elle et leurs regards se croisèrent. A cet instant, plus rien n’existait. Ni Stefan, ni Caroline, ni même Klaus. Tout était oublié. A cet instant, Damon se sentait plus vivant que jamais. A cet instant, il se sentait humain. Soudain, la porte du sous-sol partie en éclat et une horde de militaire débarquèrent dans la salle commune. Armes à la main, un genoux à terre, ils prirent le groupe en cible. Deux militaires du Centre sortir du lot et s’avancèrent vers Damon.
-Damon Salvatore, à genoux, les mains derrière la tête ! Maintenant ! Ordonnèrent-ils fermement, maintenant le vampire en joue.
Damon s’exécuta lentement, un regard haineux toujours fixé sur son frère. Les militaires le menottèrent puis l’un des deux sortit une aiguille remplie de verveine.
-Attendez ! Qu’est-ce que vous faîtes ?! S’écria vivement Elena.
Ils l’ignorèrent et enfoncèrent l’aiguille dans le cou de Damon. Le corps de celui-ci devint brusquement mou avant de s’affaisser et de s’écrouler par terre. Les deux militaires le prirent chacun d’un côté et le traînèrent jusqu’à la sortie. Le commandant fit un pas en avant et déclara :
-Damon Salvatore est en état d’arrestation par le Centre pour une durée indéterminée.
Sur ce, il fit signe aux autres de faire demi-tour et partit à la suite de ses collègues.
-C’est n’importe quoi !!! Cria Elena, les larmes aux yeux.
Mais les hommes étaient déjà partis. Désormais, elle ne pouvait plus rien faire.
-Tout ça c’est de ta faute ! S’écria-t-elle d’un coup en se tournant vers Caroline.
-Quoi ?! C’est lui qui m’a tué !
-C’est faux ! Tu peux à peine le prouver ! Tu sais quoi ? Tu aurais dû mourir !!!
Rose apparue rapidement aux côtés d’Elena et la prit par les épaules afin de l’emmener ailleurs, sous les yeux à la fois en colère et peinés de Caroline. Alors que Rose et Elena disparaissaient dans la chambre de Damon, Enzo s’avança au milieu du cercle, toisant le frère de son ami.
-Tu nous expliques Stefan ?
-Je n’ai rien avoir avec ça.
-Et bien sûr, tu t’imagines qu’on va te croire !
-Ecoute, je…
-Damon a vraiment bien du malheur à t’avoir comme frère.
Enzo lui tourna ensuite le dos ainsi que tous les autres vampires. Dans l’autre pièce, Rose essayait de consoler une Elena en pleure.
-Il ne peut pas m’abandonner…ça ne peut pas se passer comme ça ! Hoqueta-t-elle, s’accrochant désespérément à une chemise de Damon.
-Il va s’en sortir, Elena. Pour une transformation, s’il se tient bien et avec un peu de chance, il ne prendra seulement que trente-ans.
-Trente-ans ?! Tu sais ce que c’est pour une vie humaine ?! Je l’ai perdu, Rose !
Damon se réveilla, légèrement groggy. Tout ce dont il se souvenait était les cris d’Elena pendant qu’on le trainait par terre. Il ouvrit lentement les yeux et s’aperçut qu’il était lié à une chaise par des liens solides, comme dans les hôpitaux psychiatriques, dans une pièce en carrelage blanc.
-Hey ! Appela-t-il.
Il toussa un peu à cause de la verveine qui demeurait encore dans son système.
-Hey !
Enfin, la porte en face de lui s’ouvrit. Une femme en blouse blanche suivis par trois autres médecins entra. Sa coupe de cheveux était impeccable, tout comme sa manucure et son maquillage. Ses yeux clairs examinèrent le « patient » qui ne cessait de se débattre faiblement.
-Damon Salvatore ? Fit-elle.
-Qui d’autre ?
-Ne vous inquiétez pas, on va directement vous transférez au tribunal.
-Heu quand vous dîtes : « Ne vous inquiétez pas », vous vous foutez de ma gueule, n’est-ce pas ? Rétorqua-t-il.
Elle lui répondit par un sourire hypocrite avant de faire signe à ses hommes. Deux gardes de la sécurité s’avancèrent, détachèrent Damon et le mirent debout.
-Un mouvement et ton bracelet t’envoie de la verveine, c’est clair ? Fit l’un d’une voix brute.
-Limpide. Répliqua Damon d’un sourire arrogant.
Ils le trainèrent dans le couloir sans ménagement. Damon put voir de nombreux patients qui l’observèrent, ahuris. Et oui, le grand Damon Salvatore s’était fait prendre…Chaque héros avait sa fin glorieuse, non ? Ils ouvrirent deux immenses portes et le poussèrent en avant. La salle avait l’apparence d’un mini tribunal. Les rangs sur les côtés étaient remplis d’hommes et femmes en blouse blanche, d’un certain âge qui, armés de leurs bloc-notes, prenaient des notes. Une grande chaise avec, au désespoir de Damon, des sangles, trônait au centre de la pièce, derrière une table en fer. Face à lui, une grande estrade se dressait sur laquelle, la vieille femme et ses collègues s’assirent. Les deux gardes le firent assoir sur le fauteuil avec force et serrèrent d’un coup les sangles autour de ses poignets.
-Damon Salvatore, fils de Giuseppe et Maria Salvatore, vous êtes assigné au tribunal pour les charges suivantes : Transformation d’un être humain, création d’une résistance au sein de la communauté vampirique, commerce illégal de bagues du jour et entrave au Centre dans la mise en place de bracelet ainsi que pour le meurtre d’Alaric Saltzman.
-Quoi ?! Atten…
-Le procès est dirigé par moi-même, Carole Lockwood, présidente du Centre ainsi que les membres de l’association anti-vampires. Les témoins sont ici Marcellus Gerard et Niklaus Mikealson.
-Qu’est-ce que…
-Faites entrer les témoins.
Les portes s’ouvrirent, laissant Marcel et Klaus entrer. Ils s’assirent à la barre des témoins, sans un regard à Damon. Celui-ci vit avec déception que Marcel portait le bracelet.
-Marcellus Gerard, vous affirmez que Damon Salvatore vous a caché dans sons « sous-sol » ainsi qu’à la vue du Centre pour vous éviter le port de bracelet ?
-Oui mais…
-Niklaus Mikaelson, vous affirmez que Damon Salvatore a tué Alaric Saltzman, professeur d’histoire au lycée municipal de New York, sous vos yeux ?
-Oui, madame.
-C’est faux ! C’est lui qui…
Mais Lockwood l’interrompit et continua :
-Par ailleurs, Damon Salvatore, vous êtes condamné ici à l’unanimité à la peine de mort.
CHAPITRE 10 : Or not ?

Damon n’avait pas bougé depuis la déclaration de sa sentence. Il était assis dans sa chambre, sur le lit, les mains liées par des menottes enduites de verveine, le regard dans le vide. Sa mise à mort était ce soir et tout ce dont il pensait était Elena. Le vampire avait le droit d’avoir un membre de sa famille ou un proche à ses côtés pendant le moment fatidique. Mais il refusait que la belle humaine assiste à cette horreur. Ça y est. Finalement, Klaus avait bel et bien gagné. Tu parles d’un procès équitable…Ça faisait des années que le Centre rêvait de mettre la main sur lui, l’occasion était trop belle. La porte s’ouvrit. C’était l’un des aides-soignants qui lui apportait son dernier verre de sang. Le garçon hocha la tête dans un geste compatissant avant de lui tendre le verre.
-Merci. Fit Damon d’une voix rauque en l’acceptant.
-Devenons-nous appeler quelqu’un pour…pour ce soir ? Demanda-t-il.
Sans hésitation, le vampire répondit :
-Non.
-Bien.
Puis le garçon sortit. C’était comme s’il n’était jamais apparu. Tout comme lui, à partir de ce soir. Ce sera comme s’il n’avait jamais existé.
-La peine de mort ?! S’écria Stefan.
Son cri résonna dans toute la pièce. Tout le monde venait d’apprendre la nouvelle par Enzo qui revenait du Centre. Sous le choc, personne ne prononça un mot. Hormis Stefan.
-Ils ne peuvent pas faire ça ! Damon n’a jamais été arrêté par le Centre ! Il est clean !
-Les charges sont lourdes, Stefan. Répondit Enzo.
-Il n’a pas tué Alaric, c’est moi qui l’ai fait !
-Ça n’efface pas le commerce illégal des bagues, Marcel ou encore l’entrave au Centre. Ça fait des années que ces salops tentent de l’attraper. Ils n’allaient pas le laisser filer.
-Je vais me rendre !
-Quoi ? T’es fou ! Ça ne va rien changer de toute façon !
-J’essaye au moins de faire quelque chose ! Je sais pas, réagissez au moins !
-On ne peut rien faire…Fit une voix derrière eux.
Ils se tournèrent et virent une Elena ferme et froide. Rose ne put s’empêcher de se dire qu’elle ressemblait à Damon à ce moment-là.
-Ne dis pas ça, Elena. Tu l’aimes ! Tu devrais te battre pour lui ! Répliqua Stefan.
Un silence de mort s’installa. Elle aimait Damon ? Rose sourit. Elle avait toujours su qu’il y avait quelque chose de spécial entre eux.
-C’est toi qui l’a abandonné, Stefan. Pas moi.
Stefan poussa un cri de rage avant de sortir en trombe du sous-sol.
-Il va… ? Fit Caroline, inquiète.
-Non. Se rendre ne sert à rien, il le sait.
Le soir arriva trop vite au goût de tout le monde.
-Alors il va mourir, et c’est tout ? Dit Sage d’une petite voix.
Le groupe hocha la tête, abattu. Soudain, un jeune homme débarqua dans la pièce.
-T’es qui toi ? S’exclama Enzo en surgissant à vitesse vampirique devant lui.
-Me tuez pas ! Ecoutez, je ne suis pas là de la part du Centre mais pour Salvatore.
En entendant le nom de Damon, les vampires se figèrent.
-Parle. Ordonna Enzo.
-Je suis son aide-soignant au Centre et…
-Bah voyons !
-Enzo, laisse-le parler. Intervint Rose.
Le garçon la remercia d’un regard et continua :
-Il ne veut que personne ne soit là pour…vous savez quoi. Mais j’ai assisté à des centaines de mise à mort et je sais qu’à ce moment…personne ne veut être seul.
Les vampires se tournèrent alors vers Elena.
-Non ! Hors de question ! Je ne veux pas le voir mourir ! Je ne peux pas…
Sa voix s’étrangla bien qu’elle essaya de paraître forte.
-Elena…Il a besoin de toi. Dit Rose.
Une longue minute s’écoula avant qu’Elena n’hoche enfin la tête.
-Bien. Dans ce cas, suivez-moi. C’est pour bientôt.
Elle échangea un dernier regard avec ses amis avant de suivre le garçon. Au Centre, on préparait Damon. Après avoir bu son dernier verre de sang, on l’amena dans la salle de mise à mort. C’était une petite pièce dans laquelle un lit avec des lanière était mis sur le côté. Trois aiguilles de verveine était posées sur une petite table roulante à côté du lit, ainsi qu’un horrible pieu, parfaitement bien taillé. Il prit une grande respiration avant de se laisser poser sur le lit.
-Damon, je m’appelle Logan Fell et je serais votre médecin ce soir. Se présenta son bourreau dont le visage était à moitié caché par un masque.
Le vampire ne répondit rien. Il se laissa attacher sans rien dire. Juste à côté de lui, il y avait une vitre derrière laquelle les médecins du Centre s’était rassemblés. Aucun d’eux ne voulait louper l’exécution du grand Damon Salvatore ! Il eut un fin sourire qui interpela son médecin.
-Qu’est-ce qu’il vous fait sourire Damon ? Demanda-t-il en prenant ses constantes.
-Tout ce public pour moi, je suis flatté ! Répondit-il.
Le médecin sourit à son tour avant de prendre la première aiguille. Soudain, à ce moment, la porte derrière la vitre s’ouvrit et Damon écarquilla les yeux en voyant Elena. Qu’est-ce qu’elle foutait ici ?! Elle s’assit comme si de rien n’était sur la chaise la plus proche et appuya une main sur le vitre. Ses yeux s’encrèrent dans ceux de Damon qui, ému aux larmes, ne bougeait pas d’un centimètre. Elle était là. Elle était venue quand même. Il essaya de sourire mais ses lèvres refusèrent de bouger. Dieu, il aurait aimé pouvoir lui prendre la main, la serrer fort, la caresser tendrement. Il aurait aimé pouvoir l’embrasser, chaque recoin de sa peau, chaque plis de sa bouche, chaque paupière, chaque mèche de cheveux. Il aurait aimé pouvoir sentir son parfum, humer l’odeur doux de son shampoing, de sa propre eau de Cologne sur sa peau. Il aurait aimé tout simplement être avec elle. Elle avait su voir en lui ce que personne, pas même son frère, avait su voir. Elle l’avait mis à nu, elle l’avait dépouillé de tous ses sentiments, elle l’avait conquis. Alors c’était ça tomber amoureux ?
-Vous êtes prêt, Damon ?
La voix de son médecin éclata la bulle dans laquelle il flottait depuis ce qui lui parut être une éternité. Non, il n’était pas prêt ! Il venait de découvrir qu’Elena Gilbert était la femme de sa vie ! Il ne pouvait pas mourir !
Il hocha la tête. Le médecin s’approcha et enfonça l’aiguille. Aussitôt, il sentit ses muscles s’engourdir, sa langue devenir pâteuse, sa gorge se serrer, ses yeux devenir lourds. Non, il devait les garder ouvert, il voulait voir le visage doux de la femme qu’il aimait encore une fois. Elena manqua un souffle en voyant les poings de Damon se desserrer. Elle essaya de ne pas crier en regardant son corps devenir mou et inerte. Damon était à présent d’une pâleur cadavérique. Le personnel du Centre derrière la vitre, eux, souriaient de toutes leurs dents. Damon ne vit même pas son bourreau prendre la deuxième aiguille. Il le comprit seulement lorsqu’il annonça :
-J’enfonce la deuxième aiguille.
Il sentit à peine la piqure. Cependant, il sentit parfaitement bien la douleur causée par le poison. Ses muscles se crispèrent un instant avant de redevenir mou. Désormais, son corps se battait contre la substance étrangère. Tout son être était en feu. Elena vit la souffrance sur le visage de l’homme qu’elle aimait. Car oui, elle l’aimait. Et elle n’avait jamais aimé quelqu’un comme elle aimait Damon. Passionnément.
-J’enfonce maintenant la troisième et dernière aiguille.
Damon dû lutter pour garder les yeux ouverts. Il ne sentait plus rien maintenant. Il ne pouvait plus bouger, il ne pouvait même plus avaler. Il allait perdre conscience d’une minute à l’autre. Il vit alors le visage d’Elena, collé contre la vitre. Il vit ses lèvres bouger et souffler :
-Je t’aime…
Une larme perla et s’écoula le long de sa joue. Elle l’aimait. Il sentit sa larme se perdre dans son cou. Un dernier regard et il ferma les yeux. L’obscurité l’entoura immédiatement. Elena vit le médecin prendre le pieu. La jeune fille était complètement catatonique. C’était fini. Elle ne pouvait rien faire de plus. L’exécuteur leva haut le pieu, juste au-dessus du cœur de Damon. Il allait l’enfoncer quand…
-Stop !
Damon battit faiblement des paupières. Un homme était entré d’un coup dans la salle, un fusil à la main, pointé sur le médecin. A ce moment, Damon crut qu’il était vraiment mort. Cet homme était…
-Alaric.
