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Série : The Vampire Diaries
Création : 10.02.2015 à 16h16
Auteur : Sherwood
Statut : Terminée
« Suite de l'EV "Métro, ligne 1". J'écris seule, merci. » Sherwood
Cette fanfic compte déjà 10 paragraphes
CHAPITRE 1 : On recommence

Un silence de mort, lourd et pesant, avait pris possession de leurs corps. Personne ne bougeait, personne ne parlait. Chacun s’observait, tel des animaux se sentant menacés. Damon, toujours attaché au lit, sentit une crampe dans son cou à force de fixer le nouveau venu. Pourtant, sa vision floue ne lui permettait pas de le voir distinctement. Tout ce qui lui importait, était cette voix qu’il avait cru tu à jamais. Le médecin, tenant encore le pieu dans sa main tremblante, prit alors la parole. Il s’adressa à lui comme s’il parlait à un enfant mentalement instable.
-Monsieur…Posez ce fusil, s’il vous plaît. Dit-il d’une voix lente.
-Je peux pas. Répliqua Alaric d’un ton ferme mais faible.
-Pourquoi ?
-Je ne sais pas.
-Pourquoi êtes-vous ici ? Tenta alors le médecin.
-Je…Je veux qu’on le libère ! Dit-il en montrant Damon d’un signe de tête.
-D’accord. Mais d’abord, vous posez ce fusil.
-Libérez-le ! S’écria brusquement Alaric.
Il leva son arme un peu plus haut, bien décidé à se faire obéir.
-D’accord, d’accord.
Le docteur Fell laissa finalement tomber le pieu et alla prudemment détacher le condamné. Elena n’en croyait pas ses yeux. Ce qui se passait devant elle était absolument invraisemblable. Elle jeta un coup d’œil aux membres du Centre afin de s’assurer que la voie était libre. Comme ils étaient complètement absorbés par la scène, elle put se glisser dehors et rejoindre la salle d’exécution. Aussitôt, Alaric braqua son fusil sur elle.
-C’est bon, Ric ! C’est bon…S’exclama Damon, haletant tandis qu’il essayait de se mettre debout.
Le professeur la laissa donc passer, un air renfrogné sur le visage. Elena se jeta immédiatement dans les bras de Damon qui, encore faible, vacilla légèrement.
-Je te tiens, je te tiens. Répéta-t-elle, les larmes aux yeux en s’accrochant à lui.
Un bras autour d’elle, il s’appuya contre son corps et ferma les yeux. C’était fini. Elle était là, dans ses bras. Alaric l’avait sauvé. Pourtant, son instinct ne pouvait s’empêcher de l’avertir que quelque chose clochait. Il décida d’ignorer ce pressentiment et suivit la jeune fille.
-Tu viens, Ric ? Demanda-t-il d’une voix pâteuse.
Il remarqua alors que son ami se tenait bizarrement. Il était debout, droit comme un i, mais des gouttes de sueur perlaient aux coins de ses tempes et il perçut une lueur de folie dans son regard.
-Ric ? Fit-il, inquiet.
Au bout d’un certain temps, Alaric baissa lentement son arme avant d’hocher la tête.
-On doit y aller ! Paniqua Elena.
Le trio se dirigea vers la sortie et l’alarme fut déclenchée.
Cela faisait des heures que Stefan marchait dans les rues de New York, les mains dans les poches. Son frère allait se faire tuer par sa faute et il ne pouvait rien faire. Hors de lui, il cogna son poing contre un mur, faisant apparaitre un trou béant égal à celui qu’il avait dans le cœur. Il sentit ensuite les larmes naître dans ses yeux et un trémolo dans la gorge. Damon allait mourir. Tremblant, il regarda sa montre. Ça y est. C’était fait.
-Problème de petite-copine ? Fit une voix derrière lui.
Il se retourna et aperçut un jeune homme, les cheveux bruns éparpillés sur la tête, petit et frêle, arborant un stupide arc-en-ciel sur son t-shirt. Il remarqua également qu’il n’avait pas de bracelet. Humain ou vampire rebelle ?
-Non, répondit-il gravement, problème de grand frère.
-Ah…Evidement. Je connais ça aussi. Famille nombreuse ! Répondit-il d’un clin d’œil.
Mais Stefan n’était vraiment d’humeur à parler avec un inconnu. Il rentra sa tête dans ses épaules et reprit son chemin à travers le brouillard du soir.
-Hey ! Mec ! Attends !
Le jeune homme le suivit, tel un chien et son maître, avec ce même sourire espiègle sur le visage.
-Peut-être que je peux t’aider ? Proposa-t-il d’un ton légèrement naïf.
-Tu ne peux pas m’aider. Rétorqua Stefan en le poussant.
-Tu es sûr ?
Stefan continua de l’ignorer, se concentrant uniquement sur l’horizon.
-Très bien, fit l’étranger, alors ton frère sera mort pour rien.
Stefan se figea. Il fit aussitôt volte-face, prêt à tendre l’oreille.
-Qu’est-ce que tu as dit ? Fit-il, déboussolé.
-Je m’appelle Malakai mais les gens m’appellent Kai, répondit le jeune homme en tendant une main, et je suis sûr que je peux t’aider avec…ton problème.
Damon avait à présent retrouvé un peu de force mais il ne pouvait toujours pas se tenir debout. Cela faisait dix minutes qu’Elena, Alaric et lui tentaient de fuir les membres du Centre au sein de l’établissement. La jeune humaine commençait sérieusement à faiblir sous le poids de son ami. Elle lança un regard à Alaric qui n’arrêtait pas de tourner sur lui-même.
-Alaric ? Tenta Elena.
Mais le professeur ne semblait pas l’écouter.
-Alaric ! Cria-t-elle alors.
Il se tourna enfin vers elle, les sourcils froncés.
-Je…Je peux plus…J’ai besoin d’aide avec Damon.
Pendant un instant, elle se demanda s’il avait compris. Enfin, après une longue minute, il se dirigea vers eux et passa un bras sous l’autre épaule de Damon.
-Merci. Murmura-t-elle.
-Il…Il y a une sortie…du côté des cellules. S’exprima Damon.
-Mais c’est à l’autre bout du bâtiment ! S’écria-t-elle, désespérée.
-C’est notre seule chance. Répliqua-t-il.
Ils s’observèrent, s’interrogeant du regard.
-On y va. Fit enfin Alaric d’un ton robotique.
Les deux humains trainèrent le vampire affaibli à travers le couloir, en direction des cellules. Ils étaient à mi-chemin quand un garde surgit d’une chambre, l’arme en joue, tirant à vue. Elena jeta le corps de Damon dans une cellule avant d’aller se réfugier sous un chariot. Alaric, lui, s’élança sur le gardien et le plaqua au sol. Un coup de feu fut tiré et un bruit sourd résonna entre les murs. Elena ne vérifia même pas qui était la victime, elle s’élança auprès de Damon qui sifflait de douleur.
-Ça va ? Je suis tellement désolée.
-Ouais, t’en fais pas…
Le vampire souffrait de toute cette situation. Il détestait être faible, ne pas pouvoir agir, devoir compter sur les autres, il haïssait cet état de vulnérabilité, cet état d’humain.
-Aller, debout. Fit Ric qui venait d’apparaître, essoufflé.
Il souleva Damon, le mit sur ses jambes, le soutint sous les aisselles et fit un signe de tête à la jeune fille comme quoi ils y allaient. Ils atteignirent bientôt les cellules et furent accueillis par des exclamations de la part des nombreux patients.
-Je le savais ! Je le savais ! S’écria un vampire surexcité de voir Salvatore en vie.
Certains demandèrent à ce qu’on les libère, Elena le voulait vraiment mais Alaric répliqua qu’ils n’avaient pas le temps et ils tracèrent. Au bout du couloir, Damon stoppa net.
-Quoi ? S’exclama Elena, inquiète.
Elle suivit le regard du vampire et aperçut avec horreur, un petit être noir complètement apeuré, recroquevillé dans un coin de sa cellule.
-Marcel…Souffla-t-elle.
Klaus l’avait lâchement abandonné au Centre, sans aucun état d’âmes.
-On doit avancer ! Siffla Alaric.
Mais Damon les lâchèrent et se précipita auprès de l’enfant.
-Marcel ?
Le visage du jeune vampire se tourna lentement vers lui, affichant des yeux ronds.
-Damon ? S’écria Marcel d’un ton à la fois surpris et timide.
-Ouais, c’est moi gamin…
-T’es pas mort ?
-Bien sûr que non ! Je suis invincible. Répondit-il en lui faisant un clin d’œil.
Marcel retrouva le sourire et accepta la main que son protecteur lui offrait. Soudain, une porte s’ouvrit au fond du couloir et des milliers de pas se dirigèrent dans leur direction. Elena vit l’armée en blouse blanche courir vers eux. Elle échangea alors un regard avec Damon qui en disait long. Ils étaient foutus…
CHAPITRE 2 : Mercy

Stefan n’en croyait pas ses yeux. Il avait suivi Kai à travers tous les bars de la ville et maintenant il se trouvait sous les toits d’un vieux musée qui ne servait plus, toujours en compagnie de son nouvel ami. La charpente qui s’élevait à plusieurs mètres au-dessus d’eux, protégeait de son bois le groupe de vampires que Kai avait constitué au fil des années. Assis en tailleurs autour d’un feu, ils discutaient, plaisantaient au rythme de la guitare que l’un d’eux grattait.
-Bienvenue dans la famille ! S’écria Kai en lui donnant une tape amicale dans le dos.
Toute cette ambiance lui rappelait tant le sous-sol. A ce souvenir, une boule se creusa dans son estomac. Kai l’aperçut alors il l’invita à venir avec lui, rencontrer ses amis. Une fois que Stefan eut fait leur connaissance, il questionna Kai au sujet de cette « famille ».
-Nous sommes le coven des Gemini ! S’exclama son nouvel ami.
Les vampires poussèrent des cris d’enthousiaste, levant leur verre et trinquant à la santé du musée.
-Si nous sommes réunis, c’est pour lutter contre ce gouvernement qui nous oppresse, nous enlève nos droits, nous considère comme des animaux.
-Attends, intervint Stefan, vous êtes aussi des rebelles ?
-Pas n’importe quels rebelles ! Nous, nous agissons !
-Qu’est-ce que tu veux dire ?
-On n’hésite pas à faire ce qu’il faut pour nous faire entendre. Répondit une vampire gothique aux cheveux roses.
-Qui sait, dit Kai en se rapprochant de Stefan, peut-être que tu nous rejoindras ?
-Les mains en l’air ! C’est un ordre ! Cria l’un des gardiens, l’arme en joue.
Elena ne quitta pas Damon des yeux. Qu’est-ce qu’ils devaient faire ? Lentement, Alaric jeta son fusil et plaqua ses mains contre son crâne. Alors Elena en fit de même, puis Damon, puis Marcel. L’un des gardes s’empara de Damon et le plaqua sauvagement contre une porte.
-Hey ! Protestèrent les trois autres.
Damon, qui ne s’était toujours pas remis, se laissa complètement faire. Il grimaça en sentant les menottes se serrer autour de ses poignets endoloris. L’armée s’apprêtait à enclencher son bracelet quand une voix tonna dans le couloir :
-Arrêtez !
Les gardes se tournèrent et baissèrent immédiatement leurs armes. Un homme à la puissante carrure, aux cheveux blonds broussailleux et aux traits légèrement marqués par les années, marchait d’un pas ferme vers eux. Un sourire étrange sur les lèvres, il salua le trio d’un signe de tête.
-Damon Salvatore, Alaric Saltzman, Marcel Gerard et…Elena Gilbert, c’est bien ça ?
Ils hochèrent lentement la tête, encore sur leur garde. Puis le nouveau venu fit un signe à ses hommes qui s’empressèrent aussitôt d’enlever leurs menottes.
-Veuillez me pardonner pour tout ce dérangement. Cela ne se reproduira plus, vous pouvez en être sûr ! S’esclaffa-t-il.
Les yeux plissés, Damon lâcha :
-Vous êtes qui vous ?
L’homme garda son sourire tout en répondant :
-C’est vrai, je ne me suis pas présenté. Mon nom est Bill Forbes. Je suis le nouveau maire.
Abasourdis, ils le regardèrent de la tête aux pieds, ayant encore du mal à digérer l’information.
-Et je compte bien commencer ma nouvelle fonction avec diplomatie, continua-t-il, c’est pourquoi j’ai décidé de débuter ce mandat par un geste de bonne foi.
Il frappa dans ses mains, complètement enthousiaste.
-Un geste de bonne foi ? Répéta Damon, sidéré.
-En effet. Vous et vos amis, vous pouvez partir. Je compte mener cette ville à la paix, monsieur Salvatore. Pour cela, nous devons tous faire des efforts. N’est-ce pas ?
Le vampire hocha une nouvelle fois la tête, croisant le regard surpris d’Elena.
-Dans ce cas, laissez-nous vous raccompagner jusqu’à la porte !
Tandis que Forbes et ses hommes les poussaient vers la sortie, Damon s’empara de la main d’Elena afin de la rassurer. Cette dernière profita du contact chaud de sa peau. Il était vivant. Elle ferma les yeux pendant un instant, profitant de ce simple sentiment de soulagement.
-Vous voilà dehors. J’espère que vous nous pardonnerez pour tout le mal occasionné.
-C’est déjà oublié. Répliqua ironiquement Damon, un faux sourire sur les lèvres.
-Parfait ! Vous verrez, monsieur Salvatore, vous et moi, on deviendra les meilleurs amis du monde !
Ce fut dans un éclat de rire exagéré que Bill Forbes fit demi-tour et disparu derrière les portes du Centre.
-Putain, c’était quoi ce numéro ?! S’écria aussitôt Damon, sur le qui-vive.
-Je pense qu’il est sincère. Répondit Elena en haussant nonchalamment les épaules.
-T’es sérieuse ? « Je compte mener cette ville à la paix… » Tu parles ! Fit-il en l’imitant d’une petite voix aigüe.
-C’est dingue, tu es tellement incapable de faire confiance aux gens que tu ne peux pas croire un seul instant qu’il y a encore des gens bien sur Terre ! Répliqua la jeune fille, les bras croisés.
-Mais parce que c’est le cas, Elena ! Réveille-toi ! C’est Bill Forbes, le père de ta copine qui, au passage, m’a fait arrêter ! Désolé de te le dire ma belle, mais le monde n’est pas tout rose !
-Je l’ai bien vu ! L’homme que j’aime a failli mourir aujourd’hui ! Cria-t-elle, les larmes débordantes sur ses joues pâles.
Damon se figea, bouche bée. Qu’est-ce qu’elle venait de dire ? Le silence était palpable dans la rue, personne ne bougeait. Enfin, au bout de plusieurs minutes, on entendit un raclement de gorge. Alaric. Ils l’avaient complètement oublié.
-Quoi ? T’as quelque chose à dire ? Tu disparais pendant des années, me laissant croire que mon frère est un monstre, me laissant culpabiliser à mort, pour te pointer tranquillement le jour de mon exécution et maintenant, tu comptes me faire la morale ?! S’écria le vampire, rouge de colère.
-Damon ! Protesta Elena.
Mais en vain il continua.
-Non parce que si t’as quelque chose à dire, dis-le ! Pourquoi ne pas commencer par : « Je suis désolé, Damon » ? C’est un bon début, tu ne trouves pas ?
Pendant que Damon s’acharnait à hurler sur Alaric, il n’avait pas remarqué la lueur étrange qui venait de réapparaître dans les yeux de ce dernier. Ce fut Elena qui le lui indiqua :
-Damon…
-Quoi ?!
-Regarde-le !
Il se tourna alors vers Alaric et aperçut qu’en effet, quelque chose clochait chez lui. Tout d’abord, il n’avait pas lever une seule fois son regard du sol. Ensuite, il ne cessait de gratter son cuir chevelu sur lequel se distinguaient quelques cheveux grisonnants.
-Ric ? Fit-il d’une voix plus douce, plus amicale.
Elena vit même de l’amour sur son visage, dans sa gestuelle. Un Damon qu’elle n’avait pas encore eu l’occasion de connaître.
-Tout va bien, mon pote ?
Soudain, le professeur éclata en sanglot et s’écroula par terre. Damon voulut se précipiter vers lui mais la réaction suscitée par son ami l’arrêta. Dès que quelqu’un tentait la moindre approche, aussitôt il se mettait à crier sans raison.
-Qu’est-ce que Klaus t’a fait…Souffla Damon, les yeux humides.
Au nom de l’originel, Alaric se mit à rire nerveusement, puis ce fut un véritable fou rire qui sortit de ses cordes vocales.
-Damon, intervint doucement Elena, je crois qu’il…qu’il est…
-Complètement fou…
Bill Forbes et sa garde rapprochée attendaient sagement leurs voitures sous la nuit newyorkaise, debout sur les trottoirs qui entouraient le Centre.
-Vous êtes sûr que c’était une bonne chose de relâcher Salvatore et ses comparses ? Demanda un des conseillers du maire.
-Il le fallait pour gagner la confiance de ces monstres.
-Mais c’était la première fois qu’on l’avait. On pouvait enfin le tuer.
-Je sais ça. Cependant, plus le serpent se rapprochera de sa proie, plus le coup sera mortel. Croyez-moi, quand on frappera, Salvatore ne verra rien venir…
CHAPITRE 3 : Une nouvelle ère

Quand Elena ouvrit la porte du sous-sol, elle fut confrontée à des centaines de visages peinés et abattus. Elle croisa le regard d’Enzo qui était complètement détruis, celui de Rose où la tristesse avait entouré le bleu de ses yeux, et celui de tous les vampires qui tentaient de faire le deuil de leur chef. Seulement…Avec un fin sourire, elle s’écarta, dévoilant leur leader, en chair et en os. Aussitôt, des exclamations s’élevèrent dans la salle et les vampires se précipitèrent vers Salvatore qu’ils croyaient tous mort.
-Je savais que ces salops ne pouvaient pas t’avoir ! S’écria Enzo, euphorique, un bras autour des épaules de son ami.
-Comment t’as fait ? Demanda Sage, ses yeux pétillants d’admiration.
-Heu…C’est un vieil ami qui m’a sauvé.
Il se tourna et tout le monde découvrit Alaric, qui appuyé contre le mur, se rongeait les ongles nerveusement.
-Qu’est-ce qu’il a ? Fit Will.
Les autres avaient aussi remarqué que quelque chose clochait chez lui. Damon soupira. Comment pouvait-il expliquer que son meilleur ami mort qui lui avait sauvé la vie était devenu fou ? Elena perçut sa détresse. Elle décida alors de s’en occuper.
-Alaric va vivre avec nous maintenant. Dit-elle à l’adresse des autres.
Puis elle se tourna vers le professeur :
-Tu viens avec moi ?
Elle lui tendit une main, inclinant la tête de côté, comme si elle parlait à un enfant. Alaric s’en empara timidement et la suivit sans faire d’histoire. Elena l’emmena dans le débarra qu’elle aménagea pour lui. Ensuite, ce fut à contre cœur qu’elle ferma la pièce à clé. On ne savait toujours pas de quoi il était capable, jusqu’où allait sa folie, s’il était dangereux ou pas. Quand elle mit la clé dans sa poche, elle croisa le regard de Damon et vit sa douleur. Elle comprenait que ça ne devait pas être facile pour lui mais il fallait le faire, pour le bien de tous. Tellement préoccupée par le cas d’Alaric, elle ne remarqua pas l'ovation que le groupe faisait pour le retour de Marcel. Tout le monde était content de le voir et cela semblait toucher le garçon. Un sourire se dessina enfin sur les lèvres de la jeune humaine. Mais il s’effaça bien vite quand ses yeux se posèrent sur le silhouette tendue de Damon. Ce dernier s’était retiré dans sa chambre. Assis sur son lit, la tête dans ses mains, on pouvait voir son échine frémir. Elena s’approcha et s’arrêta sur le pas de la porte, l’observant silencieusement. Au bout d'un certain temps, la voix rauque du vampire s’éleva :
-Je sais ce que tu vas dire.
-Et qu’est-ce que je vais dire ? Rétorqua-t-elle en passant une de ses longues mèches brunes derrière son oreille.
-Je suis vivant. Je devrais me réjouir. Répondit-il en appuyant exagérément sur le dernier mot.
Elena leva les yeux au ciel. Puis en voyant l’ait vraiment bouleversé de Damon, elle vint s’assoir à côté de lui et passer une main douce dans ses cheveux de jais.
-Tu es vivant, Damon. Mais tu as aussi découvert que ton meilleur ami, que tu pensais mort, est devenu complètement cinglé. Tu ne sais pas ce qu’il s’est passé. Klaus est toujours vivant et ton frère, le sois disant assassin d’Alaric, est désormais un étranger pour toi. Alors oui, Damon. Tu es vivant. Mais si tu ne veux pas te réjouir, tu en as le droit.
Les paroles de la jeune fille émurent Salvatore qui glissa une main pâle dans la sienne.
-Tu sais, commença Elena, quand tu étais…sur…cette table. Quand j’ai vraiment cru que…tu allais mourir…J’ai…Je…
-Ouais, l’interrompit-il, moi aussi.
Les joues d’Elena s’empourprèrent immédiatement. Elle leva ses yeux chocolats chauds vers lui mais ce qu’elle vit la refroidit. C’était une douleur sans nom, un océan de tristesse dans lequel se noyait sa pupille.
-Damon, qu’est-ce qu’il y a ? Demanda-t-elle alors.
-Je ne peux pas…Répondit-il d’une voix étranglée.
-Quoi ?
-Je ne peux pas ! Répéta-t-il cette fois d’un ton catégorique.
-C’est à cause de moi ?
-Mais non…
Il se passa une main sur le visage, grognant dans son propre silence.
-Alors qu’est-ce que c’est ? Parle-moi, Damon !
La jeune humaine commençait à en avoir marre du Damon secret, du Damon mystérieux qui se retirait dans son coin, dans sa souffrance. Elle voulait tellement l’aider.
-Je ne peux pas en parler ! S’écria-t-il subitement.
Elena recula d’un pas. Les veines avait surgi sous les yeux noirs du vampire dont les membres tremblaient de colère.
-Tout ce que tu dois savoir, continua-t-il, c’est qu’on ne peut pas être ensemble ! Et si tu n’arrives pas à comprendre ça, la porte est grande ouverte !
Sur ce, il sortit vivement de la pièce, sans un regard en arrière. Elena resta un moment seule, plantée là, luttant contre les larmes. Ce fut au bout d’un certain temps que la porte se rouvrit. C’était Rose. Elle avait entendu, malgré elle, toute la conversation. Lorsqu’elle croisa le regard d’Elena, cette dernière se jeta dans ses bras.
-Qu’est-ce que j’ai dit ? Pourquoi est-il comme ça ? Chuchota-t-elle, déboussolée.
-Ce n’est pas toi, ma belle. Il est…ce qu’il est.
-Je le déteste.
Rose resserra son étreinte. Elle savait, en dépit de sa colère, qu’Elena ne détestait pas Damon. Bien au contraire.
-Ça te dit de manger un bout ? Enzo a ramené de la pizza.
La jeune fille hocha faiblement la tête avant de suivre son amie. Pendant ce temps, Caroline s’était éclipsée. Depuis le retour de sa meilleure amie, elle se sentait terriblement coupable. A présent, elle s’était mise en tête de retrouver la seule personne qui la comprenait.
-Stefan ? Fit-elle en rentrant dans la salle de billard qui se situait non loin du métro.
Son ami lui avait longuement parlé de ce lieu quand ils étaient incarcérés au Centre. C’était l’unique endroit qui avait le don de l’apaiser. Elle finit par le trouver, penché contre une table, concentré sur son jeu. Un grand sourire se dessina alors sur ses lèvres. Elle prit une grande respiration avant de le rejoindre.
-Salut toi ! S’écria-t-elle.
-Oh. Salut Caroline. Dit-il en essayant de garder un air jovial sur le visage.
-Tout va bien ? Demanda-t-elle, les sourcils froncés.
-En fait, il est en train de perdre. Répondit une voix derrière elle.
Elle se tourna et se trouva en face d’un jeune homme aux yeux envoutants.
-Caroline, je te présente Kai. C’est...heu…un ami.
-Enchantée.
Elle présenta une main qu’il embrassa délicatement à sa grande surprise.
-Le vieux jeu fait toujours son effet. Répondit-il d’un clin d’œil.
Caroline se sentit aussitôt rougir. Cependant, elle essaya de tourner ses pensées vers Stefan, celui qu’elle voulait voir avant tout.
-Je peux te parler ?
-Oui. Bien sûr.
Il posa son manche sur la table et l’amena un peu à l’écart. Ils s’assirent sur une banquette, non loin de Kai qui continuait sa partie tout en tendant l’oreille.
-Comment tu vas ? Commença-t-elle.
-Heu…Tu veux dire comment je me sens en sachant que mon grand frère préfèrerait me voir mort ?
-Stefan…
-Je pète la forme !
-Ecoute, je pense que tu devrais essayer de te réconcilier avec lui. Il se sent certainement blessé, mais je suis sûre qu’au fond, il t’aime.
-Tu ne sais pas tout, Caroline.
-Non. Mais je n’ai pas besoin de savoir dans la mesure où j’ai vu le regard de ton frère sur toi. Certes, c’était douloureux, triste et désespéré mais il y avait un amour que personne ne peut égaler. Crois-moi.
-De toute façon, il est mort.
Stefan baissa la tête tandis que Caroline essayait de le réconforter. Lorsqu’il la releva, son visage se figea.
-Stefan ? Fit la jeune vampire, inquiète.
-Ton nom ne serait pas Forbes ? Demanda-t-il.
-Si. Pourquoi ?
Il lui fit signe alors de se retourner. Elle obéit et ses yeux s’écarquillèrent en voyant son père à la télévision. Il était entouré de journalistes, posté devant la mairie de la ville. Sous son portrait était indiqué : Maire de New York.
-C’est quoi ce délire ? S’exclama-t-elle.
Kai s’empara de la télécommande et augmenta le son.
-Moi, Bill Forbes, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour instaurer la paix dans notre communauté. Les vampires et les humains ne doivent plus vivre dans la peur. Le sang ne doit plus être répandu. J’emploierai tous les moyens nécessaires pour répondre aux besoins des habitants, vampires ou humains. Aujourd’hui, mesdames et messieurs, une nouvelle ère est née.
Caroline, Stefan s’échangèrent un regard ahuris. Ils ne virent pas le fin sourire s’afficher sur les lèvres de Kai.
CHAPITRE 4 : Damon

Tout son corps lui faisait atrocement souffrir. C’était comme si des milliers de couteaux aiguisés entraient dans sa peau, en ressortaient pour y rentrer à nouveau, encore et encore. Il avait l’impression que sa peau brûlait, que ses os se brisaient un à un, que sa poitrine se déchirait lentement. Il ouvrit un œil mais la lumière agressa sauvagement sa pupille, le faisant pleurer. Le contact froid de ses larmes vinrent apaiser le feu qui se consumait au fond de lui. Il fit alors une nouvelle tentative. Dans un premier temps, tout fut flou autour de lui. Il ne discernait que des traits vagues qui s’afférait autour de son corps.
-On en a attrapé un, monsieur !
-C’est le deuxième du mois ! Félicitation. Entendit-il.
Il décida donc de fermer les yeux et d’écouter plus attentivement. Il sentit des bras forts le sangler à une table et des mains plus douces lui enfoncer une aiguille dans le cou.
-Il va bientôt se réveiller, monsieur Whitemore.
-Très bien, mademoiselle.
Des doigts ridés se posèrent sur sa joue, comme si on l’examinait.
-Il est magnifique…Murmura-t-on.
-N’est-ce pas ? A votre avis, monsieur, quel âge a-t-il ?
-Je dirais plus d’une décennie.
-Plus d’une décennie ! C’est incroyable ! C’est le plus vieux de nos patients ! S’écria une petite voix féminine.
-Et pourtant…Il a l’air si jeune…Continua le vieillard en caressant lentement les abdos du vampire.
-On lui met le bracelet ? Demanda la troisième personne, celle sans doute qui l’avait capturé.
-Pas maintenant, répondit Whitemore, on attend qu’il se réveille.
Damon décida enfin d’ouvrir les yeux. Il s’habitua petit à petit à la lumière vacillante qui l’éclairait au-dessus de lui. Lorsque sa vision devint nette, il aperçut trois personnes autour de lui. Une jeune fille à la peau noire, en costume d’infirmière, tenait un bloc note et un crayon entre ses doigts. Un homme à la carrure imposante, vêtu d’une salopette, surveillait la scène, un fusil sur l’épaule. Puis il y avait un vieux monsieur, dans un costume élégant, des lunettes rangées dans une poche qui le fixait avec fascination. Damon poussa un soupire. Il savait qu’il n’aurait pas dû venir à New York.
-Il parle à votre avis ? Questionna l’infirmière, à la fois apeurée et admirative.
-Bien sûr que je parle ! Je suis pas un animal ! Rétorqua-t-il.
Il se retint de rire en les voyant reculer vers le fond de la pièce, arme en joue et les yeux grands ouverts. Ce fut Monsieur Whitemore qui s’approcha.
-Votre nom ?
-Pourquoi vous le dirais-je ?! Vous m’avez verveiné et maintenant je suis attaché à une table comme un rat de laboratoire !
-Oui. J’imagine que vous devez être un peu perdu.
-Perdu ? Vous vous foutez de moi ?!
-Je me présente. Je suis le Docteur Whitemore. Je vous présente Maggie, notre infirmière et Connor, notre chasseur. Vous êtes au Centre.
-Au Centre ? C’est quoi, une genre de prison ?
-Pas une prison. Non. C’est plutôt une centre de réinsertion.
-De réinsertion ?! D’accord, je pense que vous avez un peu trop bu Docteur.
Soudain, une main gifla son visage.
-Ne manque pas de respect au docteur ! S’écria Connor, prêt à recommencer.
-C’est bon, Connor. Tout va bien. Laisse-moi faire.
Le chasseur se retira, la mâchoire serrée.
-Alors c’est comme ça que vous traitez vos prisonniers ? S’écria Damon, haletant.
-Vous n’êtes pas un prisonnier ici. Vous êtes un patient.
-Foutaise…
-Ecoutez, nous voulons que votre bien. Le Centre a pour but d’allier la culture humaine à votre culture. C’est tout ce que nous voulons.
Damon grogna en jetant un coup d’œil méfiant au médecin.
-Tout d’abord, je pense que votre nom serait un bon début, non ?
Damon hésita. Le vieil homme semblait sincère mais comment faire confiance à quelqu’un qui vous lie à une table ? Il observa l’infirmière, puis le colosse et enfin Whitemore.
-Damon, lâcha-t-il, Damon Salvatore.
-Enchanté Damon. Je suis sûr qu’on va très bien s’entendre…
Ça faisait une demi-heure que Damon regardait Alaric se frapper contre les murs du débarra dans lequel il était enfermé. Quoi que Klaus lui ai fait, ça devait être suffisamment atroce pour le rendre complètement fou. Il grimaça en imaginait toute la douleur que son meilleur ami avait dû endurer à cause de lui. Il sursauta en sentant une main sur son épaule.
-Tu vas bien ?
C’était Rose. Il soupira et se détendit.
-Je ne sais pas.
-Ça fait des heures que Stefan et Caroline ont disparu. Elena est inquiète.
Le vampire haussa les épaules.
-Damon, elle est la meilleure chose qui te soit arrivé. Ne la laisse pas partir.
Damon détestait les années 50. L’électricité n’était, selon lui, absolument pas un progrès. C'était ce qu’il se disait tous les jours, assis dans sa cellule, fixant l’ampoule au-dessus de lui qui agressait sa vue. Soudain, un bruit attira son attention. C’était Connor. Ses veines et ses crocs surgissent à la minute où le chasseur entra dans son champs de vision. Ça faisait trois ans que les deux se détestaient, depuis l’entrée de Damon au Centre.
-Tu ne me fais pas peur, Salvatore. Alors rentre tes crocs. Répliqua Connor en faisant claquer son fouet.
L’échine de Damon frémit. Ce fouet avait déjà fait trop de cicatrices sur son corps. Et affamé comme il était, il ne pouvait pas lutter. Alors docilement, il laissa Connor le menotter et l’emmener. Ils passèrent ainsi devant les autres cellules. Damon put voir que le Centre ramassait désormais de plus en plus de vampires. Connor le tira brusquement en avant et ils entrèrent dans une grande salle. Il vit avec horreur des vampires hurler et se tordre de douleur. Qu’est-ce que Whitemore faisait cette fois ? Il n’eut pas le temps d’y réfléchir qu’on lui planta une aiguille de verveine dans le bras. Ses pieds chancelèrent et on le traina jusqu’à une table où le fit assoir sans ménagement.
-Ah. Damon. C’est enfin le grand jour ! S’écria Whitemore, un sourire paternel sur le visage.
-De quoi…vous parlez…Fit Salvatore, affaibli par la verveine.
-Je parle de votre sortie. Vous allez nous manquer. Vous faisiez partie de nos premiers vampires, croyez-le ou non mais on a fini par s’attacher à vous.
-Ma sortie ? C’est quoi…ce charabia… ?
-Maggie, le bracelet je vous prie.
L’infirmière tendit alors un bracelet en acier, rempli de clous.
-C’est la pointe de la technologie ! Un faux pas et ça injecte directement de la verveine dans votre système. Alors pas de bêtise, d’accord ? Dit Whitemore, une pointe de malice dans la voix.
Trop distrait par ce qu’il se passait, Damon ne fit pas attention à Maggie. Ce fut lorsqu’elle enfonça le bracelet dans son poignet qu’il revint à la réalité. Il poussa un hurlement déchirant, qui fit trembler toute la pièce. Maggie lui chuchota des paroles apaisantes et lui essuyant les larmes qui coulaient sur ses joues.
-Tout va bien, Damon. C’est terminé maintenant.
Le vampire ne vit que son visage bienveillant avant de s’évanouir.
-Tu ne dors jamais ?
Damon se tourna et aperçut son frère se diriger vers lui. La nuit était tombée depuis longtemps sur New York. Damon était allongé sur un banc, écoutant les bruits de la ville. Il laissait les gens regarder avec peur le bracelet encré dans sa peau. Stefan souleva les pieds de son frère, s’assit et les reposa sur ses jambes. Ils demeurèrent ainsi, dans un silence de mort, sans aucune notion du temps. Enfin, au bout d’une certaine heure, Stefan commença :
-Enzo m’a dit que tu étais vivant.
Damon ne répondit pas.
-Tu penses à quoi ? Demanda alors son petit-frère.
-Le jour où j’ai quitté le Centre…
-Voilà ton sac, mon grand. Maggie t’a mis quelques poches de sang, tes papiers d’identité et une adresse chez qui tu pourras loger. Dit Whitemore en tendant le sac à Damon.
Ce dernier se tenait sur le palier du Centre. Il n’arrivait toujours pas à croire qu’il le quittait enfin. Il jeta un coup d’œil furtif à l’extérieur et frémit. Ce n’était pas qu’il avait peur, mais ça faisait tellement longtemps qu’il n’avait mis un pied dehors. Il redoutait cette vie où les humains avaient désormais connaissance de leur identité. Il se tourna ensuite timidement vers ses trois compagnons pendant ces dernières années.
-Fais attention à toi, Damon. Fit Maggie en retenant une larme.
Il hocha la tête, légèrement mal à l’aise. Il donna un bref signe de tête à Connor avant de sortir définitivement de ce qui avait été sa prison mais également son refuge. Il allait partir lorsqu’au dernier moment, il fit demi-tour. Ce fut à la surprise de tout le monde qu’il passa ses bras autour de Whitemore. Le vieil homme fut d’abord décontenancé puis, laissa ses émotions le submerger. Il passa à son tour ses bras autour de la taille maigre du vampire et posa sa tête sur son épaule. Quand Damon se retira, ils s’adressèrent un regard gêné mais sincère. Une chose était sûre, Damon n’avait jamais oublié ce regard.
-Je peux pas te pardonner Stefan. Lâcha-t-il.
Son frère ne répondit rien. Il comprenait la situation même si cette dernière le blessait.
-Tu n’es pas le premier à m’avoir fait du mal, petit frère. Sauf qu’à la différence de toi, ces personnes ont été sincères avec moi.
-Damon, je…
-Tu m’as dit qu’Alaric était mort. L’interrompit-il d’une voix grave.
Tout d’un coup, il se leva et sauta du banc. Il se tourna lentement vers Stefan et dit :
-Et ça, je ne te le pardonnerai jamais.
Avant de s’enfoncer dans l’obscurité de la nuit.
CHAPITRE 5 : New War

Enzo était en train de marcher dans la rue, en compagnie de sa bande de pote vampires, quand il l’aperçut. Une grosse pancarte ornait la porte de son bar préféré. Il s’approcha tandis que ses amis faisaient les idiots derrière lui. Mais ils se calmèrent très vite lorsqu’Enzo s’écria :
-C’est quoi ce bordel ?!
Curieuse, la troupe se pencha par-dessus son épaule et lut : D’après le décret n°308, tout établissement public où l’on peut consommer de l’alcool est désormais interdit aux vampires. Décret signé par monsieur le maire.
-Je vais le tuer ! Explosa-t-il.
-Il ne peut pas faire ça ! Renchérit l’un des vampires.
-C’est n’importe quoi !
Les poings fermés, Enzo fulminait. Il ferma les yeux et essaya tant bien que mal de se calmer. Il savait que dans un tel état, il pouvait vite déraper. Et ce n’était pas dans une cellule du Centre qu’il allait pouvoir changer les choses.
-Hey, Enzo ! Regarde !
A travers la vitre du bar, ils pouvaient voir le téléviseur qui était suspendu au-dessus du barman. Enzo tendit alors l’oreille et grâce à son ouïe surnaturelle, il put tout entendre. Il s’agissait d’un discours de Forbes devant la presse.
-Si nous voulons une paix entre nos deux espèces, certaines mesures doivent être prises. La communauté des vampires ne doit pas les prendre pour une confrontation, au contraire. Nous essayons au mieux d’établir un climat de paix. C’est pas cela que l’accès à certains lieux publics est désormais interdit aux vampires. Merci.
-Enzo, intervint Will, nous devons en parler à Damon. Il trouvera une solution.
-Quelle solution ?! Il n’y a aucune solution ! Un climat de paix, mon cul ! Cette enfoiré ne souhaite qu’une chose : nous anéantir ! Qu’est-ce que Damon peut faire ?
Enervé, Enzo s’en alla à travers la foule, en direction du Métro. Lorsqu’Elena vit le discours à la télévision, elle en fut bouche bée.
-Il n’a pas le droit de faire ça !
Jeremy et Jenna la regardèrent avec étonnement.
-Elena, ce sont des monstres ! C’est même étonnant qu’on est pas pris ces mesures plus tôt. Fit Jeremy.
La jeune fille se tourna vers son frère, les yeux révulsés.
-Ce sont nous les monstres ! Comment peut-on interdire aux gens de prendre un verre dans un bar ?! Ou simplement faire leurs courses ?!
-C’est justement ça le problème ! Ce ne sont pas des gens ! Ils sont morts ! Ils boivent notre sang ! Franchement Elena, je ne te comprends pas.
-Tu ne les connais pas, tu ne sais pas ce qu’ils sont !
Soudain, la voix de Jenna s’éleva dans la conversation :
-Tout ce que je sais moi, c’est qu’ils ont transformé Caroline.
Un silence pesant s’empara immédiatement de la pièce après ses dires. Elena se mordit la lèvre. Elle savait que sa tante avait raison. D’ailleurs, elle ne savait toujours pas qui avait transformé son amie. Et si c’était Damon ? Ou Rose ? Ou Enzo ? Elle les considérait comme des amis, comme sa famille…Agacée, Elena se leva du canapé et se retira dans sa chambre. Elle pensa à Damon. Cela faisait deux jours à présent qu’ils s’évitaient depuis leur dispute. Et il lui manquait terriblement. Seulement, elle se sentait toujours en colère contre lui. Ce fut sur cette dernière pensée qu’elle s’endormit. Cette nuit, la ville avait été animée par des patrouilles du Centre qui surveillaient les rues. C’était le nouveau décret : aucun vampire ne devait sortir dans la rue après le coucher du soleil. Certaines personnes se sentaient rassurées, en sécurité, d’autres au contraire avait l’impression d’être en guerre. Cette nuit fut donc sources de rage dans les entrailles de New York.
-On ne peut pas les laisser faire !
-A bas Forbes !
-On doit se soulever !
Les vampires du sous-sol ne cessaient de s’exclamer, ivres de fureur.
-Damon, fit Rose entrant dans sa chambre, tu dois dire quelque chose. Ils vont mettre la pièce à feu !
Le vampire ne bougea pas. Il en avait marre que tout repose sur lui, il se sentait fatigué.
-Damon !
-Très bien ! Siffla-t-il.
Il se leva promptement et fit une entrée fracassante dans le hall. Aussitôt, les vampires se turent.
-Ah ! Enfin vous vous la fermez ! Cracha-t-il.
Marcel se cacha derrière les jambes d’Enzo. Quand Damon était hors de lui, il pouvait vraiment être menaçant.
-Non mais sérieux, regardez-vous ! On dirait des chiens qui aboient pour leur pitance ! Vous êtes des vampires merde ! On est des rebelles ! Alors soit vous vous la bouclez et vous agissez, soit vous gueulez mais ce sera dehors ! Compris ?!
Le silence qui lui répondit le satisfit. Il allait se retirer une nouvelle fois dans sa chambre quand une voix rauque l’interpela :
-C’est toi Damon Salvatore ?
Le vampire se tourna et aperçut un homme bien bâti, aux cheveux à la barbe légèrement grise, aux yeux d’un bleu envoutant. Il se tenait sur le palier de la porte, en tête de tout un groupe de vampires. Damon hocha la tête.
-On m’a dit qu’on pouvait te trouver ici. Ça te dit qu’on botte le cul de ces humains ensemble ?
Un grand sourire se dessina alors sur les lèvres de Salvatore. La guerre venait de commencer…
Trois mois plus tard. La nuit enveloppait la ville de son manteau noir. Les rues étaient désertes et silencieuses. Du moins, c’est ce qu’on croyait. Une étrange silhouette sombre à capuche se dessina dans l’ombre, au coin d’une ruelle. Elle semblait pressée. On pouvait entendre son cœur battre à des kilomètres à la ronde. Mais surtout, elle ne semblait pas se douter du danger qui rôdait autour d’elle. Soudain, la silhouette s’arrêta net. Elle tendit l’oreille et scruta l’obscurité. Rien. Elle avait dû se faire des idées. Elle reprit sa marche mais au moment où elle se retourna, des yeux rouges surgir de nulle part. Elle poussa un cri, cependant il fut étouffé par une main blanche et froide.
-Elena ?!
Damon enleva aussitôt sa main de la jeune humaine qui haletait, tremblante encore de peur.
-Qu’est-ce que tu fais ici en pleine nuit ?!
-Et toi alors ?! C’est toi le vampire !
-Salvatore, tout va bien ?
Un autre vampire rejoignit le duo.
-Ouais, tout va bien Ansel. Ans, je te présente Elena, une…amie. Elena, voici Ansel. Il est le leader d’un autre groupe de rebelles. On a décidé de s’allier.
-Contre Forbes ?! Vous êtes fous ?!
-Et toi qu’est-ce que tu fais ?
Il jeta un coup d’œil à la colle et aux affiches de propagandes contre le Maire qu’elle tenait dans ses mains. Un sourire coupable s’afficha sur le visage de l’adolescente.
-Prise la main dans le sac ! Dit-il en lui faisant un clin d’œil.
-Moi au moins, je ne risque rien. Je suis humaine, vous par contre…
Elena fut interrompu une seconde fois par la main de Damon. Elle lui jeta un regard assassin mais lorsqu’elle vit l’inquiétude dans les yeux du vampire, elle comprit que quelque chose n’allait pas. Le trio s’enfonça dans l’obscurité de la ruelle et observa les alentours. Damon ne s’était pas trompé. Une patrouille du Centre effectuait sa ronde. Chacun des gardes étaient vêtus entièrement de noir, excepté le meneur, ou plutôt la meneuse qui portait une veste en cuir rouge. C’était une grande femme, fine, élancée, ses longs cheveux noirs et bouclés dégringolaient sauvagement dans son dos. Elena arqua un sourcil en pensant que cette femme était à la fois jolie et effrayante. Elle remarqua qu’elle marchait droit devant elle, son fusil de verveine à la main, sachant parfaitement ce qu’elle faisait. Soudain, elle se tourna dans leur direction. Elena s’enfouit aussitôt dans le torse de Damon. Elle pouvait entendre son cœur battre, faible, mais battre. Cela avait toujours eu un effet apaisant sur elle. Elle sourit en se rendant compte que ça lui avait manqué. Mais ce sourire se crispa bien vite quand elle s’aperçut que le cœur du vampire battait fort, très fort.
-Damon ? Fit-elle, inquiète, cherchant son regard.
Ce dernier était fixé intensément sur la meneuse de la patrouille. Tout ce qu’elle entendit de lui ne fut qu'un nom :
-Katherine…
CHAPITRE 6 : Révolution

-Damon ! Attends ! Cria Ansel en tentant de retenir le vampire.
Mais celui-ci s’arracha à son étreinte et fonça droit sur la patrouille.
-Il est complètement fou ! Paniqua Elena.
Elle sentit des larmes naitre au bord de ses yeux. Non, elle ne devait pas pleurer, elle devait rester forte. Pour Damon. Ansel se tourna alors vers elle.
-Reste-ici.
-Quoi ? Certainement pas ! Je peux aider !
-Ne dis pas n’importe quoi. Tu es une humaine !
-T’en connais beaucoup des humains qui trainent avec des vampires ?
Ansel plissa des yeux. Il ne connaissait pas cette fille mais si elle était proche de Damon, il devait lui faire confiance. Seulement, il ne pouvait pas se permettre d’être distrait par elle pendant qu’il luttait contre la patrouille. Pendant ce temps, avec une incroyable agilité, Damon avait sauté en plein milieu des gardes, semant la panique générale. Crocs et veines dehors, il se faufila comme un chat parmi eux, déchirant gorges après gorges. Soudain, l’un des gardes sortit un taser. Il s’apprêtait à l’utiliser contre lui quand un cri glacial figea le combat. Les membres du Centre et Damon firent volte-face et aperçurent Ansel, tenant Elena contre lui, ses ongles légèrement enfoncés dans sa carotide.
-Un mouvement et je tue la fille. Menaça-t-il.
Les gardes se regardèrent longuement puis, un à un, déposèrent leurs armes au sol. Tout à coup, une ombre rouge surgit derrière eux et tira sur Ansel qui tomba à la renverse, une balle en pleine tête. Damon se retourna vivement, le visage défait.
-Toi !
Dans la cohue, Elena ne vit pas très bien ce qu’il se passa. Tout ce dont elle se souvint avoir vu, c’était un monstre. Ce monstre, c’était Damon. L’obscurité s’était emparé de ses yeux, si bleus d’habitude, des veines grossières et terrifiantes s’étaient creusées le long de ses pommettes et un long filet de sang s’écoulait du coin de sa bouche. Tout se passa très vite. Lorsque la jeune fille rouvrit les yeux, elle se retrouva au milieu d’un tas de cadavres déchiquetés. Damon et Katherine avaient disparu. Alors, ses nerfs lâchèrent. Elle s’écroula, ses genoux heurtèrent le sol avec force, et pleura toutes les larmes de son corps. Tous les sanglots qu’elle avait refoulé, toute cette horreur qu’elle devait supporter, sortirent enfin en éclats. Au même moment, à quelques rues d’ici, un autre duel continuait. Damon, hors de ses gonds, plaqua furieusement le corps mince de Katherine contre une benne à ordures. Un bras contre sa gorge, il rapprocha lentement son visage du sien. Son souffle puait le sang et la chair humaine. Cependant, Katherine n’avait pas peur.
-Qu’est-ce que tu fous ici, sale garce ?! Hurla brusquement Damon en la secouant sans ménagement.
-Je pourrais…te poser la même question…Les vampires ne sont pas…censés être dehors…la nuit…
-T’es sérieuse ?! Qu’est-ce que tu fous parmi la patrouille du Centre ?!
-J’en…fait partie…maintenant…
Abasourdis, il la lâcha. Katherine retomba au sol dans un bruit sourd. Elle se massa la gorge une minute avant de sourire.
-Toujours aussi impulsif, mon petit vampire.
-Va te faire foutre !
-J’aurais dû te dénoncer il y a des années…Pesta-t-elle en se relevant tant bien que mal.
-Pourquoi tu ne l’as pas fait ?
-Pourquoi tu ne m’as pas tuée ?
Le vampire et l’humaine se fixèrent pendant un instant, puis ce fut Damon qui prit la parole :
-Dégage de ma ville, Katherine. Si je retombe sur toi, je t’arrache le cœur. Compris ?
Il allait repartir quand la voix de la jeune femme s’éleva :
-C’est à cause de moi, n’est-ce pas ?
Damon s’arrêta net.
-C’est pour ça que tu la repousses. Oh mon pauvre Damon, un jour, tu finiras vraiment seul.
Le vampire rangea ses mains dans ses poches avant de s’éloigner. Ce fut une Elena totalement bouleversée que Stefan retrouva sur les marches du musée.
-Elena ?
La jeune fille se tourna vers lui et ce qu’il vit le ramena des années en arrière. Elle était aussi pâle que la mort, ses yeux à présent rouges, étaient gonflés par les pleurs, et ses cheveux bruns collaient à sa peau. Elle était décidément dans un triste état. Alors il fit la seule chose qui lui vint à l’esprit, il la prit dans ses bras. Elena éclata en pleurs et se laissa bercer par les bras forts du vampire. Au bout d’un certain temps, elle se redressa, lui adressant un doux regard. Un petit sourire se dessina aux coins des lèvres de Stefan qui gardait ses bras autour d’elle.
-Merci…Souffla-t-elle.
-Tu veux en parler ? Tenta-t-il prudemment.
-C’est…C’est Damon. Il…Il…
-Elena, on est des vampires ! C’est dans notre nature.
-Mais il n’avait pas à s’attaquer à eux ! On était caché, on ne risquait rien et il…il…Et puis il y avait cette femme…qui…
-Cette femme ?! Répéta Stefan, alerté.
-Oui. Il l’a appelé Katherine. Répondit-elle d’un ton désinvolte.
Seulement, lorsqu’elle vit le visage de Stefan changé à la mention de ce nom, sa curiosité se raviva.
-Dis-moi, Stefan. Je veux savoir.
-Heu…C’était il y a des années. Katherine était une jeune étudiante en médecine. Un jour, alors qu’elle attendait son métro, un malade l’a poussée sur les rails. Damon l’a sauvé. Ils sont tombés amoureux mais…
-Mais quoi ?
-Katherine était une espionne du gouvernement. Elle s’est servi de Damon, l’a utilisé, manipulé. Quand Damon l’a appris, il lui a dit de partir et de ne jamais revenir. Cette trahison l’a…changé. A tout jamais.
-C’est pour ça qu’il me repousse ? Mais je ne suis pas comme Katherine ! Je ne le trahirai jamais !
-Elena, il n’y a pas eu que ça. Répondit-il dans un soupire.
-Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Dis-moi, je t’en prie !
-Katherine a mené le Centre à notre ancien refuge sous le métro. Elle a épargné Damon mais…ce jour-là, tous les vampires du refuge sont morts. Elle les avait tous tué. Damon s’est senti responsable de leurs morts et depuis, il refuse de s’approcher trop près des gens. Il…Il pense que l’amour est une faiblesse.
-Comment peut-il penser une chose pareille ? S’exclama la jeune fille, les yeux écarquillés.
-Et bien…Alaric…Katherine…Moi…A chaque fois qu’il a aimé quelqu’un, ça s’est mal terminé. Faut pas être un géni pour faire le calcul. Elena, il faut que tu comprennes une chose : Damon ne se laissera jamais approcher. Tu ne peux pas le sauver.
Des larmes apparurent dans les yeux bruns de la belle humaine. Ce n’était pas la pensée qu’elle et Damon ne puisse jamais être ensemble qui la rendait triste, mais plutôt la pensée que Damon ne connaîtra jamais l’amour.
-Elena, continua Stefan en plaçant un doigt délicat sous son menton, tu es belle, intelligente, forte, ce n’est pas de ta faute.
Le cœur d’Elena s’arrêta. Personne ne lui avait dit une telle chose. L’accident de ses parents, la transformation de Caroline, ce qui était arrivé à Damon, personne ne lui avait dit que ce n’était pas de sa faute. Personne ne lui avait dit qu’elle était forte, qu’elle pouvait endurer ce qu’elle endurait. Tout le monde ne cessait de la traiter comme un bébé, tout le monde sauf Stefan. Elle leva de grands yeux vers lui, puis ce fut comme un feu d’artifice. Elle l’embrassa. Ses douces lèvres se posèrent tendrement sur les siennes, comme la promesse d’un avenir meilleur. Elle sentait en sécurité dans ses bras, pleine d’espoir et joie. Mais surtout, elle se sentait forte. Une main dans ses cheveux bruns, perdue dans l’éclat sombre de ses yeux, elle se laissa emporter par cet élan d’amour qui ne demandait qu’une chose : l’aimer.
-Ouh ! Stefan, je savais pas que tu sortais avec Bella Swan ! S’écria une voix derrière eux, interrompant ainsi leur baiser.
Amusé, Stefan se tourna légèrement vers le fouteur de troubles.
-Elena, je te présente Kai. Kai, c’est Elena.
Le jeune homme descendit rapidement les marches, prit lentement la main de la jeune fille et la baisa avec élégance. Les joues rouges, Elena se contenta d’hocher la tête.
-Désolé d’interrompre votre joli petit moment, mais j’ai besoin de toi Stefan.
Ce dernier fronça les sourcils.
-Pourquoi ça ?
Un sourire mystérieux sur le visage, Kai répondit :
-Parce que j’ai un plan. Ce soir, je déclare la révolution…
CHAPITRE 7 : Here we go !

-Vous ne pouvez pas faire ça ! S’écria Elena, abasourdis par ce qu’elle venait d’entendre.
-Facile à dire pour toi, tu n’es pas un vampire. Répliqua Kai dont l’habituel sourire avait à présent disparu.
Stefan, Elena, Kai et sa famille étaient réunis dans le grenier du musée depuis quelques minutes maintenant.
-Kai a raison, fit une vampire gothique, on doit frapper la mairie. C’est le seul moyen d’arrêter cette guerre.
-Non, ce n’est pas le seul moyen ! Stefan, dis quelque chose ! S’exclama Elena, désespérée.
-Je suis désolé, Léna. Mais je suis d’accord avec Kai.
-Ça va être un véritable massacre !
-Ecoute princesse, fit Kai en la prenant par les épaules, je vais te montrer quelque chose.
Il la guida vers une fenêtre, pointa une main vers la poignée et la tourna. Tout d’un coup, les volets s’ouvrir brusquement dans un grand bruit. Elena n’en croyait pas ses yeux. La fenêtre s’était ouverte toute seule.
-Que…Comment tu as fait ça ?
Kai sourit, adressant un clin d’œil complice à Stefan.
-Ça s’appelle la magie, chérie.
Cette fois, Elena n’en pouvait plus. Elle avait déjà dû se faire aux vampires et maintenant elle devait croire en la magie !
-Je…Je croyais que ce n’était qu’une légende ? Balbutia-t-elle en se tournant vers le jeune homme.
-Heu…Pas exactement. Il reste très peu de sorciers dans le monde. Le coven Gemini est l’un des derniers.
-Mais alors…T’es quoi ?
Kai se retint de rire.
-Mi-vampire, mi-sorcier. Répondit-il d’un calme effrayant.
-Tu savais ? S’écria Elena en s’adressant à Stefan.
Le vampire hocha la tête.
-Voilà le truc Elena, continua Kai, on rentre dans la mairie, on tue le maire et on ressort incognito ! Et grâce à ma magie, je te promets d’épargner le reste.
La jeune humaine secoua la tête. Elle ne pouvait croire qu’elle devenait complice d’un meurtre. Elle leva subitement des yeux vers le frère de Damon et s’exclama :
-C’est le père de Caroline !
-Et c’est à cause de lui qu’on vit une vie recluse, dans une peur constante. On ne peut pas le laisser faire.
-Heu…D’accord…Alors vous pouvez peut-être l’enfermer ? Ou l’hypnotiser ?
-Il recommencera Elena ! Je suis navré mais nous n’avons pas d’autres choix.
Sur ce, Stefan fit signe aux autres vampires de le suivre avant de sauter par la fenêtre ouverte. Il ne restait plus que Kai et elle.
-J’imagine que tu es content. Tu as réussi ton petit jeu. Cracha-t-elle à son attention.
Toujours le sourire aux lèvres, Kai répondit :
-Ouais, plutôt content. Ils sont si naïfs que ça en devient trop facile !
Soudain, il se retrouva devant elle en un claquement de doigt.
-Et si tu te tiens tranquille, peut-être que j’épargnerai ta famille quand je serais à la tête de ce monde.
Et avant même qu’elle ne puisse répliquer quoique ce soit, il avait disparu. Puis, sans qu’elle ne s’en rende comte, des larmes se mirent à couler sur ses joues. Qu’est-ce qu’elle avait fait ?
Le matin venait de s’installer sur la ville. Kai était près. Il avait attendu ce jour depuis bien trop longtemps.
-C’est parti !
Le signal donné, un à un, les vampires surgirent des bouches d’égouts. Surpris, les gardes postés à l’entrée du bâtiment furent complètement pris au dépourvu. D’un geste rapide de la main, Kai les envoya valser contre le mur. Stefan ne se sentait pas bien. Toute sa vie, il avait dû se battre contre sa propre nature pour faire les choses bien. Et peut-être qu’aujourd’hui il avait enfin la chance de se racheter pour ses erreurs. Il avait Elena, Alaric était vivant, son frère allait peut-être lui pardonner, Caroline était là pour lui, il était libre, il pouvait encore devenir quelqu’un de bien. Et s’il prenait le mauvais chemin ?
-Alors, tu viens ? L’interpela Kai.
Stefan hocha finalement la tête avant de le suivre. Quand les vampires entrèrent dans la mairie, ce fut la panique générale. Les lumières s’allumèrent et des gardes équipés du Centre débarquèrent dans le hall d’entrer. Kai annula le système de secours qui propageait de la verveine par le plafond, Kassandra, la gothique, se jeta sur le premier homme et lui arracha la tête. Stupéfait, Stefan chercha Kai du regard. Il avait dit aucun mort à part le maire ! Mais apparemment, Kai avait oublié cette règle puisqu’il vida l’un des gardes de son sang.
-Qu’est-ce que je fais ici ? Chuchota alors Stefan.
Soudain, un des gardes lui tira dessus. Il sentit les balles en bois s’ancrer dans sa peau, se creuser dans ses organes et le détruire de l’intérieur. Kai enfonça une main dans la poitrine de l’homme et lui arracha le cœur. Puis il se précipita auprès de Stefan et l’aida à se relever.
-Aller, viens. Le bureau du maire est par-là.
Stefan le suivit sans rien dire, une main plaquée contre la plaie béante qui s’étendait le long de son torse. Pendant ce temps, Elena débarqua au sous-sol.
-Où est-il ? Où est Damon ?
Les vampires se tournèrent vers elle, la mine déconfite.
-Où diable est Salvatore ?! Hurla-t-elle, la peur émanant d’elle.
Il se passa une longue minute avant que Rose n’apparaisse enfin devant elle.
-Elena…
-J’ai besoin de voir Damon ! Il faut que je le vois ! C’est important. Il s’agit de Stefan…Il y a ce Kai…Et les sorciers…Ils…
-Elena !
Sonnée par le ton ferme de la vampire, Elena se tut. Elle remarqua alors que tous les vampires la dévisageaient.
-Qu’est-ce qu’il se passe ? Demanda-t-elle d’une petite voix.
-C’est ton frère.
Son frère ? Elena crut avoir mal entendu. Elle avait dit son frère ? C’était quoi encore cette histoire ?
-Qu’est-ce que tu viens de dire ?!
Rose s’écarta, révélant un Jeremy Gilbert attaché à une chaise, bâillonné. Alors là, c’était le pompon… Au même moment, Kai et ses vampires surgirent dans le bureau du maire. Ce dernier sursauta en voyant la troupe prendre la pièce d’assaut.
-Qu’est-ce qu’il se passe ?! Tonna-t-il, rouge de colère.
-Bonjour monsieur le maire. Salua Kai en essuyant le sang de sa bouche.
-Vous êtes qui vous ?!
-Je me présente, je m’appelle Malakai Parker. Mais mes amis m’appellent Kai. Enfin, comme on n’est pas ami, ça n’a pas d’importance.
-Que voulez-vous ?
Le tremblement dans sa voix trahissait sa peur.
-Oh c’est très simple : votre mort.
Alors que Kai s’avançait d’un grand pas vers le maire qui tituba en arrière, Stefan l’arrêta d’une main sur l’épaule.
-Attends. Peut-être qu’on peut faire les choses autrement ?
A cet instant, le vampire sut qu’il avait fait une erreur. Caroline se sentait perdue dans ce nouveau monde. Celui-ci n’était pas fait pour elle. Elle était désormais toute seule, petite, toute petite dans cet univers sombre qui allait très vite la manger toute crue. Ce fut sur cette dernière pensée qu’elle s’endormie. Cette nuit fut encore tourmentée par de nouveaux cauchemars, toujours les mêmes. Elle ne cessait de revoir et revoir sa transformation. C’était comme un film qui tournait en boucle. Elle revoyait cette silhouette sombre se jeter sur elle, la plaquer contre le mur de bitume, sentir l’odeur fraiche de sa peau.
-S’il-vous-plait…Pleura-t-elle encore une fois.
Et encore une fois il enfonça ses crocs dans sa gorge, déchiquetant ses artères avec sauvagerie. Sauf que cette fois, lorsqu’il releva la tête, elle vit son visage. Un visage qu’elle connaissait…
-Stefan !
CHAPITRE 8 : Les liens du sang

Cela faisait dix minutes que Jeremy n’avait rien dit. Lui et sa sœur étaient assis, l’un en face de l’autre, dans la chambre de Damon. Elena l’avait détaché et attendait sagement que son frère prenne la parole. Seulement le jeune homme ne décrocha un mot. Il demeura là, le dos droit et le regard vague. Elena poussa alors un soupire.
-S’il te plait Jer…Dis quelque chose.
Les yeux de Jeremy se posèrent subitement sur elle. Ce fut d’une extrême froideur qu’il répondit :
-Il me semble que c’est à toi de parler.
-Tu as raison, dit-elle en hochant la tête, que veux-tu savoir ?
-T’es un vampire ?
-Quoi ?!
Jamais elle n’aurait cru que son frère puisse penser ça d’elle.
-Alors ? Persista-t-il.
Elle vit sur son visage que c’était une vraie question. Elle prit donc une grande respiration avant de répondre :
-Non.
-Je te crois pas.
-Jeremy ! Je ne suis pas un vampire !
-Je t’ai vu au lycée, quand ce gars est venu te chercher. Il portait un bracelet ! S’écria-t-il.
-Oui. C’est Damon. C’est un vampire mais c’est surtout mon ami.
Elle s’aperçut que son cœur bondit au mot « ami ». Etait-ce vraiment ce qu’ils étaient ? Ce qu’elle voulait qu’ils soient ?
-Tu sors avec lui ?
-Non. Répondit-elle, même si une petite voix en elle disait : « mais j’aimerais ».
-Il se nourrit de toi ?
-Non ! Damon ne me ferait jamais ça !
-Qu’est-ce que tu en sais ?
-Ecoute Jer, tu n’as pas à t’inquiéter. Oui c’est vrai, j’aurais dû vous en parler à toi et à tante Jenna mais à ton avis, comment auriez-vous réagi si je vous disais que je traînais tous les soirs sous le métro avec des vampires ?
-On t’aurait séquestré à l’appart !
Elena sourit. Oui, ils auraient sans doute fait ça.
-Je suis désolée Jer de vous avoir caché tout ça. Mais tout va bien, je te le jure.
-Alors pourquoi tu hurlais en entrant ici ?
Elena sentit un bond dans sa poitrine. Elle avait complètement oublié l’attaque de Kai !
-Heu…Je dois y aller.
Dit-elle en se levant promptement.
-Elena ! Attends !
Il la suivit à l’extérieur, sans pour autant se méfier des vampires. Elena prit Rose par le bras et la mena à son petit frère.
-Jeremy, je te présente Rose. Tu peux lui faire confiance, je lui confierai ma vie.
La jeune humaine aperçut une larme d’émotion aux coins des yeux de la vieille vampire.
-Elle va veiller sur toi en attendant mon retour. Termina-t-elle.
-Quoi ?! Mais Léna…
Seulement sa sœur était déjà partie. Elle se jeta sur Enzo qui jouait aux cartes avec les vampires d’Ansel.
-Enzo, je dois trouver Damon.
-Décidément c’est un jeu avec vous !
-Quoi ? Qu’est-ce que tu veux dire ?
-Damon est sorti. Il te cherchait.
Alors qu’Elena se précipitait déjà vers la porte, cette dernière s’ouvrit sur…Damon. A ce moment, Elena fit la seule chose qui lui passa par la tête, elle se jeta dans ses bras. Surpris, le vampire demeura un instant penaud, le tenant contre lui.
-Tu vas bien ? Demanda-t-il au bout d’un certain temps.
-Ouais, moi ça va.
-Ce n’est pas ton frère là-bas ?
-Heu…si. Mais, ce n’est pas ça le problème.
-Ce n’est pas ça le problème ? Répéta-t-il amusé.
-Damon, reprit-elle sérieusement, Stefan est parti attaquer la mairie !
-Quoi ?!
-Il fait partie d’un groupe de vampires mené par un certain Kai. C’est un vampire-sorcier. Il veut tuer le maire !
Tout d’un coup, Caroline débarqua en trombe dans le sous-sol.
-Elena !
-Caroline ?
La jeune blonde s’appuya faiblement contre son amie en tentant de reprendre son souffle.
-Qu’est-ce qu’il y a ?
-C’est Stefan…
-Oui je sais, il est parti avec Kai et…
-Non ! C’est Stefan !
Elena ne comprenait pas. Caroline, complètement bouleversée, secoua l’humaine en essayant de lui faire comprendre.
-Caroline, je ne comprends rien ! Quoi Stefan ?
-C’est Stefan ! C’est lui…C’est lui…
Elena se tourna alors vers Damon, lui demandant silencieusement d’intervenir. Le vampire prit l’humaine dans un soupire avant de plonger son regard dans le sien. Lorsqu’il se tourna ensuite vers Elena, son visage était grave. Ce fut du même ton qu’il répondit :
-C’est Stefan qui l’a transformé.
Alors que Stefan crut que Kai allait le tuer sur place, un bruit sourd fit trembler le bâtiment. Soudain, des hommes en uniformes blancs atterrir dans la pièce par les fenêtres, faisant ainsi éclater le verre. Puis, sans interruption, ils tirèrent sur les vampires. Stefan se jeta à plat ventre, derrière le bureau. Tout ce qu’il vit ensuite fut flou. Il aperçut brièvement un homme se précipiter vers Kai et le menotter.
-Espèce de fou, entendit-il, tu crois sérieusement pouvoir m’avoir comme ça ?! Tu ne sais pas qui je suis !
Il vit alors le sorcier lever les mains, seulement rien ne se passa. L’homme qui l’avait menotté se mit à rire.
-Une petite confection de l’un de nos plus brillants médecins. Ta magie n’a plus aucun effet. Elle est complètement annulée.
Stefan entendit Kai hurler de rage avant de perdre connaissance. Katherine s’avança vers le maire et l’aida à se relever.
-Tout va bien monsieur ?
-Oui. Merci.
Elle s’approcha ensuite du corps de Stefan. Elle s’apprêtait à l’embarquer avec les autres quand la voix du maire retentit :
-Pas celui-là.
-Mais…Pourquoi monsieur ?
-Parce qu’il a essayé de me sauver la vie.
-Monsieur, c’est un vampire et…
-J’ai dit : pas celui-là ! Compris ?
Katherine hocha la tête, la mine d’un enfant frustré sur le visage. Ils embarquèrent alors les autres, faisant particulièrement attention à Kai. Forbes fit un pas en avant et s’accroupit au-dessus de Stefan.
-Tu as choisi le mauvais camp, gamin. Mais ne t’en fais pas. Je vais arranger ça. Tout d’abord, je dois m’occuper de ton frère.
-Monsieur, interpela un garde, ce n’est plus sûr ici. On doit vous emmener autre part.
Le maire soupira puis finit par suivre le Centre. Lorsque Damon et les vampires arrivèrent sur les lieux du carnage, ils furent confronté à un désordre sans nom. Des militaires tournaient autour des débris de ce qu’était autrefois la marie de la ville, des scientifiques en blouse blanche inspectaient chaque recoin des ruines qui s’éparpillaient sur plusieurs kilomètres, enfin des vampires agonisants étaient menottés et emmenés dans des camions en direction du Centre. Damon fit signe au groupe de rester à l’écart.
-Je vais chercher Stef. Dit-il.
Il allait s’élancer quand le bras d’Elena l’arrêta.
-C’est trop dangereux ! Tu vas te faire prendre !
-Elena, c’est mon frère. Je dois y aller.
A ce moment, la silhouette d’un homme blessé se dessina devant eux. C’était Stefan, couvert de suie de la tête au pied, qui se dirigeait vers eux. Damon l’attrapa avant que quiconque ne les voit.
-C’était quoi ton putain de délire Stefan ?!
-Damon, fit son frère totalement paniqué, tu dois sauver Kai !
-Tu te fous de moi ?!
-Damon, tu ne comprends pas !!! Ragea le vampire.
-Non, en effet. Je ne comprends pas. Eclaire-moi !
-Si on n’aide pas Kai, on est foutu. On est tous foutu…
CHAPITRE 9 : I trust you

Elena suffoqua en sentant le poignard s’enfoncer lentement dans sa poitrine. Elle s’écroula à terre tandis que la lame tranchante s’ancrait profondément dans sa chair. Aucun son ne sortit de sa bouche. Aucune larme ne s’écoula de ses yeux. Il y avait que son corps et elle. La douleur la paralysait, comme si un feu qu’elle ne pouvait éteindre se déclenchait au fond d’elle. Elle entendit quelqu’un hurler son prénom puis.. plus rien.
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-Qu’est-ce que tu veux dire par « on est foutu » ?! S’écria Damon dont les muscles étaient tendus par le stress.
-Kai a la rancœur tenace. S’il pense qu’on l’a trahi, il va nous traquer et nous tuer ! Damon, il est dix fois plus puissant que nous !
Les vampires fixèrent Damon, attendant ses ordres.
-Damon, continua Stefan, fais-moi confiance.
-Te faire confiance ? Cracha-t-il avec mépris.
Stefan sut alors que quelque chose clochait. Il interrogea Caroline du regard qui lui répondit :
-Je me souviens de tout maintenant. C’est toi qui m’a transformé.
Le vampire ferma les yeux dans un soupire. Quand il les rouvrit, il fut face à un groupe de vampires méfiants et en colère. Il décida donc de se tourner uniquement vers la jeune blonde qu’il considérait à présent comme une amie, voire bien plus.
-Je n’ai jamais voulu ça, Caroline. Ecoute, à l’époque j’étais un montre, je n’avais aucune conscience de mes actes et encore moins des remords ! Mais aujourd’hui, j’en ai. Je ne te l’ai pas dit parce que j’avais peur que tu me regardes comme là tu me regardes. Je suis désolé…
-Et Marcel ? C’était toi aussi ? Fit la voix rauque de son grand frère.
Stefan hocha la tête.
-Espèce de monstre sans cœur ! Explosa Elena, les traits tirés par le dégoût.
-C’est ce monstre sans cœur que tu as embrassé je te signale ! Répliqua Stefan, agacé.
Aussitôt, le visage de Damon pâlit. Il se tourna lentement vers Elena qui balbutia :
-Je…J’étais faible…Tu m’avais repoussé et…
Elle ne s’attendit pas du tout à ce qu’il se passa ensuite. Damon frappa la mâchoire de son petit frère de toutes ses forces. Le vampire atterrit par terre, à plat ventre, la mâchoire cassée. Il la remise dans un craquement sourd avant de se lever et d’affronter le regard de Damon. Ce regard était pire que tout. Il est rempli de dégoût, de rage et de tristesse. A ce moment, il aurait donné n’importe quoi pour prendre son frère dans ses bras et le supplier de lui pardonner. Malheureusement, il savait que ce n’était plus faisable. Il venait de perdre ce droit. Soudain, la voix de Rose s’éleva :
-On n’a pas d’autre choix. On doit sortir Kai du Centre.
-Parfait ! Siffla Damon avant de sortir des décombres.
La vieille vampire croisa le regard d’Elena. Celle-ci se sentait honteuse, fragile et coupable. Non seulement elle avait blessé Damon, mais elle avait également détruite la relation entre les deux frères. Elle essuya frénétiquement une larme sur sa joue, renifla un bon coup et suivit le vampire. Les vampires furent surpris de voir que le Centre était gardé par toute une armée. Les muscles tendus, la tête baissée, Damon grogna, énervé. Elena osa alors s’approcher de lui et posa une main douce sur son épaule. Aussitôt, tout le corps du vampire frémit.
-Damon…
-Ferme-la Elena. Pour une fois s’il-te-plaît, ferme-la. Rétorqua-t-il sèchement.
La jeune humaine décida finalement de s’éloigner et de le laisser. Les autres virent la scène, inquiets.
-D’accord, commença enfin Salvatore en se redressant, Enzo et Stefan, vous prenez un groupe et vous passez par derrière. Rose et moi on passe en dessous, je connais un moyen. Enfin, Elena et Ansel vous prenez le reste et essayez de passer par la grande porte.
Ils allaient chacun occuper leurs postes quand Damon l’interpela :
-Elena !
La jeune fille se retourna, faisant tournoyer sa queue de cheval autour d’elle.
-Je te fais confiance. Dit-il d’un ton profond.
Elle hocha la tête, un fin sourire au coin des lèvres. Enzo et Stefan ainsi que les autres vampires étaient à présent sur le toit.
-Tu crois que Damon sait ce qu’il fait ? Fit Stefan, les mains dans les poches, gêné de devoir être là.
-Je connais ton frère depuis suffisamment longtemps pour suivre ses ordres aveuglément. Répondit froidement Enzo.
-Mais…
-Dépêche-toi. Il y a des hélicos qui vont bientôt passer au-dessus de nous.
Un à un, les vampires se faufilèrent par les conduits, juste à temps. Pendant ce temps, Damon et son groupe glissèrent contre les murs à l’arrière du bâtiment. Là, cachée derrière les poubelles, une porte peinte finement de la couleurs des briques se dessinait.
-Bien joué. Souffla Rose à son oreille.
Son chef brisa la poignée et la porte s’ouvrit sur un grand et long couloir sombre qui menait aux sous-sols du Centre. Alors qu’il faisait passer les vampires, Rose s’arrêta devant lui. Il arqua un sourcil, une mine légèrement provocatrice sur le visage. Il savait qu’elle allait lui faire la morale. Elle prit donc une grande respiration avant de commencer :
-Elle est la meilleure chose qui te sois arrivée. Ne la laisse pas filer.
Damon ne répondit pas mais Rose n’attendait pas de réponse. Puis la porte se ferma et ils furent plongés dans le noir. En attendant, Elena s’avança vers la porte principale.
-Excusez-moi mademoiselle, vous ne pouvez pas passer. Intervint un garde armé.
-Mais j’ai besoin d’aide…Je vous en prie…Balbutia-t-elle.
Elle enleva alors une main de son cou, révélant un horrible morsure. A sa vue, les yeux du garde s’agrandirent.
-D’accord. Ne vous inquiétez pas, on va prendre soin de vous.
Pendant qu’il lui tournait le dos et qu’il s’emparait de son talkie-walkie, Elena fit un signe discret à Ansel et ses hommes. Immédiatement, ils se jetèrent sur le garde et l’envoyèrent valser contre le mur. D’autres gardes débarquèrent d’emblée sur les lieux, tirèrent sur eux et appelèrent des renforts. Elena n’attendit guère plus longtemps. Elle se précipita vers la porte et l’ouvrit dans un claquement sourd. Les vampires entrèrent à sa suite mais alors qu’elle allait fermer et barricader la porte, elle s’aperçut qu’Ansel n’était toujours pas passer. Elle jeta un regard affolé autour d’elle et le vit, luttant à mains nus contre un garde.
-Ne m’attends pas ! Va-t’en !
Soudain le garde enfonça une aiguille dans l’épaule d’Ansel qui s’écroula lentement par terre. Quand elle vit ensuite le garde se tourner vers elle, elle ne resta pas plantée là une seconde de plus et ferma définitivement la porte. Dans le bâtiment, les médecins et les infirmiers s’agitaient dans tous les sens. Les cris résonnaient contre les murs blancs et stériles du Centre. Elena devait retrouver Damon et les autres afin de partir à la recherche de Kai. Elle suivit Sage dans le couloir qui menait aux cellules quand tout d’un coup, elle se souvint.
-Attends ! Stefan nous a dit que Kai était aussi un sorcier.
-Et ?
-Ils n’ont pas pu l’enfermer avec les vampires ! Il doit être dans une cellule spéciale !
-Au troisième étage. Fit la voix d’Enzo derrière elle.
Les vampires coururent alors en direction des escaliers, les grimpèrent quatre à quatre et surgirent à l’étage dit. Des médecins s’enfuirent à leur vue, d’autres appuyèrent sur le bouton d’urgence. Une alarme assourdissante retentit brusquement dans tout le Centre et une fumée fut pulvérisée depuis le plafond.
-C’est quoi ça ?! Paniqua Elena.
-Verveine…Toussa Enzo en s’abattant lamentablement sur le sol.
-Enzo ! Cria-t-elle en se jetant à ses côtés.
-Mademoiselle, ne vous approchez pas de lui ! Hurla un homme en blouse blanche.
-Vous, ne vous approchez pas de moi ! Cracha-t-elle.
Elle regarda alors ses amis s’étaler à terre, toussant et crachant leurs poumons. Ça y est. C’était fini. Elle s’allongea sur le sol, prit la main du vampire mourant et ferma les yeux.
CHAPITRE 10 : Trop tard

Brusquement, une porte vola en éclat et elle rouvrit les yeux. Son cœur manqua de faire un bond lorsqu’elle aperçut Damon. Ce dernier arracha l’alarme à force vampirique, arrêtant ainsi le jet de verveine. Il fut ensuite devant elle, le visage blême.
-Tu vas bien ?
-Oui…Moi oui. Mais Enzo…
-Il va s’en remettre. Viens.
Il la prit par la main et la souleva sans effort.
-Faut qu’on se tire d’ici.
-Et Kai ?
-Ici ma belle…
La jeune humaine fit volte-face et se retrouva devant le sorcier, debout et bien droit sur ses pieds, en pleine forme.
-Tous ces gens sont morts à cause de toi ! S’écria-t-elle, la rage émanant d’elle.
-Oh…C’est vraiment regrettable. Répliqua-t-il d’un ton faussement désolé.
-Kai, tirons-nous. S’empressa Stefan.
Le sorcier adressa un dernier sourire à la jeune fille avant de suivre le vampire.
-Elena…Murmura Damon en la tirant vers lui.
Et elle abandonna. Elle pleura toutes les larmes de son corps, se laissant aller contre la chaleur de l’homme qu’elle aimait. Damon la tint contre lui, l’entourant de ses bras, embrassant ses cheveux. Tout ça était trop pour elle. S’il l’aimait vraiment, il devait lui épargner ce que quotidiennement il devait vivre.
-Elena…Murmura-t-il à nouveau.
-Ne me quitte pas…Pleura-t-elle en s’accrochant à lui désespérément.
-Je ne te quitte pas, Léna. Je ne te quitterai jamais.
Elle leva lentement la tête vers lui et sourit entre ses larmes. Il était beau. Là, la tenant contre lui, ses cheveux noirs ébouriffés sur son crâne, ses grands yeux bleus la fixant, ses traits fins détendus et ses lèvres…Elle se pencha timidement vers lui, comme si elle attendait son approbation. Comme réponse, il se pencha également et leurs lèvres se joignirent dans un élan d’amour que personne ne pouvait égaler. Damon passa une main tendre sur sa frêle joue et l’embrassa de toute son âme, son nez caressant le sien, son front appuyé légèrement contre son visage, humant son parfum, appréciant la douceur de sa peau. Il renaissait. Elle vivait.
-C’est bien mignon tout ça mais on doit y aller !
Les deux amoureux se séparèrent, gloussant comme des adolescents devant un Enzo consterné.
-Aller !
Ils le suivirent finalement, main dans la main. Ils descendirent les escaliers, plaisant sur le chemin, ignorant complètement ce qu’ils allaient trouver. Ce fut quand ils débarquèrent dans le hall que le monde s’écroula. Damon resta figé dehors, totalement paralysé par la scène. Elena enfonça ses oncles dans les bras de son amant, suffocant d’horreur. Enzo, lui, trembla de tous ses membres et manqua à nouveau de tomber. Tous les vampires étaient morts, leurs cœurs à côté de leurs corps, des têtes décapitées, des corps ensanglantés jonchaient le sol dans une piscine de sang frais. Stefan était étalé par terre, appuyé grossièrement contre le bureau du secrétariat. Et Kai, il était penché au-dessus du corps de Rose, son cœur dans sa main droite.
-Nooooooooon !
Damon se jeta sur le sorcier mais tout ce qu’il fit, fut seulement de lui griffer le torse. Le jeune homme s’était volatilisé. Il réapparut une seconde plus tard derrière Enzo et lui brisa la nuque.
-Qu’est-ce que tu veux ?! Hurla Damon, tremblant de colère et de panique.
-Tu n’as toujours pas compris ? Fit Kai, calmement.
Pendant ce temps, Stefan avait repris connaissance.
-Kai…Qu’est-ce que tu fais… ?
-Je veux être le maître du monde ! Je sais, dis comme ça, je ressemble à un méchant de Disney. Répondit-il dans un rire malsain.
Stefan se leva et se plaça à côté de son frère.
-Oh, continua Kai, tu es réveillé Stefan ! Génial ! On va pouvoir commencer !
-Commencer quoi ? Intervint Elena qui n’avait pas quitté Damon du regard.
-Notre petite scène ! Tu vois, je suis le réalisateur. Et vous autres, vous êtes les acteurs. C’est très simple ! Bon, on n’a pas répété mais ce n’est pas très grave. Je compte sur vous.
-Tu es complètement fou. Grogna Damon.
-Fou ?! Moi ?! D’accord, peut-être un peu. Enfin, pas autant que ton pote ! C’est Alaric, non ?
Au nom de son meilleur ami, Damon s’avança d’un pas mais Stefan l’arrêta.
-J’ai adoré ce que Klaus a fait ! Je suis vraiment un fan ! C’était incroyable mais…je continue de penser qu’il manquait une petite note mélodramatique au tableau.
Il se tourna brusquement vers Elena, un couteau pointé vers elle.
-C’est là ma belle que tu entres en jeu.
-Kai ! Déconne pas ! S’exclama Stefan.
-Laisse-la ! Tonna Damon, prêt à bondir, tel un félin enragé.
-Pas maintenant ! Elle a le rôle principal. Répondit le sorcier, un sourire goguenard sur le visage.
Contre toute attente, il tendit le couteau à la jeune fille. Déboussolée, elle prit l’arme prudemment, comme s’il s’agissait d’une bombe.
-Super. Maintenant, fit-il en se tournant vers les deux frères, t’en tues un !
-Quoi ?!
Kai soupira.
-C’est pas compliqué, dit-il, tu en tues un, tu en sauves un !
-Mais…Je ne peux pas !
-Oh si, Elena, tu peux, fit-il d’un ton nettement plus sombre, sinon je tue tout le monde.
Elena regarda alors Damon et Stefan ahuris. Elle ne pouvait pas faire ça ! Si elle n’obéissait pas, les deux mourraient. Mais si elle tuait l’un deux, l’autre allait perdre un frère, elle ne pouvait pas lui faire subir ça ! Elle n’imaginait pas ce que serait de perdre Jeremy.
-Je…Je…Bredouilla-t-elle, tenant toujours le couteau à bout de doigts.
-Kai, je jure que je vais te tuer ! Je vais t’arracher les yeux un par un, je vais te faire hurler jusqu’à ce que tes cordes vocales se déchirent et…
-Oui, je connais la chanson Damon. Alors, Elena ? Ton choix ?
Comme elle hésitait, Kai leva une main et Stefan se retrouva dans les airs, les mains autour de la gorge. Il leva ensuite une seconde main et Damon se mit à cracher du sang, des litres et des litres de sang.
-Arrête !!!! Hurla la jeune humaine en pleure.
-Fais ton choix Elena.
Elle regarda alors le couteau.
-Fais ton choix ma belle…
Elle le leva devant elle comme une prière.
-Fais ton choix maintenant !
Et elle l’enfonça. Elena suffoqua en sentant le poignard s’enfoncer lentement dans sa poitrine. Elle s’écroula à terre tandis que la lame tranchante s’ancrait profondément dans sa chair. Aucun son ne sortit de sa bouche. Aucune larme ne s’écoula de ses yeux. Il y avait que son corps et elle. La douleur la paralysait, comme si un feu qu’elle ne pouvait éteindre se déclenchait au fond d’elle. Elle entendit quelqu’un hurler son prénom puis.. plus rien.
Damon s’étouffa en ouvrant brusquement les yeux. Il voulut mettre une main à sa poitrine en feu mais il ne put. Il tourna alors la tête et son cœur s’arrêta lorsqu’il vit les sangles. Retour à la case départ. Aussi simple que ça. Il était attaché à une table en fer, dans une pièce sombre, sûrement sous le Centre.
-C’est quoi ce bordel ?! S’écria-t-il en luttant contre ses restrictions.
-Du calme Damon.
Cette voix…C’était impossible !
-Whitemore ?!
La figure du vieil homme se dessina enfin dans l’obscurité.
-Bonjour fiston.
-Mais…Vous êtes mort !
Damon commençait sérieusement à en avoir marre des résurrections ces derniers temps.
-Tu ne sous-estimerais pas un peu les pouvoirs de la science, mon garçon ? Fit Whitemore, un petit sourire aux lèvres.
Soudain, Damon aperçut l’aiguille entre les mains ridés de celui qu’il avait considéré comme un père il y a des années.
-Ne t’en fais pas, Damon. Rien de bien méchant. Tu vois, il y a quelques années, je travaillais sur un projet pour sauver le monde. Aujourd’hui, ce projet a abouti. Tu as toujours été mon préféré, Damon. C’est pour ça que je t’ai choisi.
-Choisi pour quoi ?
-Pour transformer un vampire en humain…
-Quoi ?! Non ! Whitemore, ne faites pas ça ! Je vous en prie ! Non ! Nooooon !
Trop tard.
