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Intouchables

Série : The Vampire Diaries
Création : 10.03.2015 à 22h09
Auteur : Sherwood 
Statut : Terminée

« "Aujourd’hui Alaric Saltzman était l’aide-soignant d’un vampire malade dont l’insolence était son seul moyen d’expression, vivant dans une maison qui faisait mille fois son studio, à Mystic Falls » Sherwood 

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CHAPITRE 1

Alaric Saltzman était un professeur qui enseignait l’histoire à l’université de Duke avant de découvrir sa femme, Isobel, dans le lit d’un autre homme. Divorce, plein de paperasse, déménagement, et Alaric se retrouvait dans une petite ville de Virginie appelée Mystic Falls. A présent, il enseignait sa matière dans un lycée rempli d’adolescents attardés qui confondaient la guerre de Sécession avec la guerre d’indépendance. Et ce matin était l’un de ces matins où Alaric n’avait pas du tout envie de se lever. Enfin, après trois sonneries successives de son réveil, le professeur se leva de son lit, prit une douche, s’habilla et prit son petit-déjeuner dans la minuscule cuisine qui se trouvait dans son salon qui se trouvait dans sa salle-à-manger qui se trouvait dans sa chambre. C’était les bienfaits du divorce. Après avoir bu son café, Alaric feuilleta vite fait son courrier. Factures, factures, factures, encore factures…une lettre. Il retourna le cachet et aperçut l’adresse. Elle venait d’un certain monsieur Giuseppe Salvatore, ici, à Mystic Falls. Ce qui était étrange vu qu’il ne connaissait encore personne. Il s’empressa alors de l’ouvrir et lu :

« Cher monsieur Saltzman. Si je vous écris aujourd’hui c’est que je suis un homme désespéré et qui a absolument besoin de votre aide. J’ai eu vent de vos services par un ami commun, Jonathan Gilbert. »

-Encore lui ! Toujours à fourrer son nez partout celui-là…Pesta Saltzman contre l’ex de son ex-femme.

« Je vous en prie. J’ai besoin que vous aidiez mon fils. Vous êtes mon seul espoir. S’il-vous-plaît, venez vendredi après votre travail à la pension. Vous serez accueilli par madame Flowers en attendant mon retour. Cordialement, Giuseppe Salvatore ».

Alaric jeta un coup d’œil à sa montre. Aujourd’hui on était vendredi. Il soupira. Ce n’était pas la première fois que des créatures surnaturelles faisaient appel à lui pour régler des problèmes quand la magie n’était pas suffisante. Il fourra la lettre dans la poche de son jean avant de prendre son sac et de sortir de son studio. Aujourd’hui, la classe était terriblement ennuyeuse. Les élèves dormaient à moitié sur leur pupitre, lui donnant envie lui aussi de somnoler. Quand la sonnerie retentit, il regarda sa montre. Il était temps d’aller à la pension Salvatore. Il avait déjà vaguement entendu parlé de cette famille. Mère décédée, deux fils et le père qui travaillait aux quatre coins du monde. Le cadet était apparemment très gentil, un peu timide, qui ne faisait pas de grabuge. En revanche l’ainé était turbulent, arrogant et insolent, un véritable bad boy qui avait retourné le lycée jusqu’à ce qu’il n’y vienne plus depuis deux ans. C’était peut-être de lui dont parlait monsieur Salvatore. Quand il arriva devant la pension, il fut bouche bée. C’était une énorme maison, plantée sur des hectares de terrain, dans un style riche et massif. Il se gara sur la cour et sortit, admirant toujours cette beauté d’architecture. Il toqua une première fois à la porte, qui au passage était géante, mais personne ne répondit. Il toqua alors une seconde fois et une gentille bonne dame l’ouvrit. Courte sur patte, les cheveux blancs coiffés en un parfait chignon, la petite dame lui adressa son plus charmant sourire, ravie de voir un beau jeune homme sur ce palier.

-Vous devez être sûrement monsieur Saltzman ? Demanda-t-elle d’une petite voix chevrotante.

-C’est exacte.

-Je vous en prie, entrez !

Elle s’écarta afin de le laisser entrer. Le hall d’entrée était aussi impressionnant que l’extérieur de la maison.

-Vous pouvez poser vos affaires ici.

Il enleva son manteau, le posa sur la chaise qu’elle lui présentait et y laissa sa mallette sans quitter les murs imposants des yeux.

-Veuillez me suivre.

Il suivit la petite dame sans se poser de question. Alors qu’ils montaient les escaliers, elle lui dit :

-Votre chambre sera à côté de la sienne. Il se lève tous les matins à dix heures. Il est impératif pour son horloge biologique de se lever à cette heure précise. Il prend ensuite sa douche à onze heure et s’habille à onze heure trente.

Alaric fronça les sourcils. Il n’avait absolument aucun idée de ce dont elle lui parlait. Ils arrivèrent à l’étage quand elle continua :

-Il étudie à quatorze heure trente et finit une heure plus tard, pas une heure de plus. Il peut sortir prendre l’air quelques minutes mais il doit vite rentrer. Il doit prendre cinq verres au moins par jour et…

-Heu…Excusez-moi madame Flowers. L’interrompit-il.

-Oui ? Fit-elle en se tournant vers lui.

-Je suis navrée mais je ne vois pas du tout de quoi vous voulez parler.

A ce moment, un cri surexcité s’éleva dans la maison et la silhouette d’un jeune homme apparut au bout du couloir. Celui-ci accourut vers eux, les devança et descendit l’escalier en glissant sur la rambarde.

-Monsieur Salvatore ! Je vous en prie ! Pensez à votre état ! Déplora la vieille dame en descendant aussitôt rejoindre l’adolescent.

Alaric la suivit, curieux. Le jeune homme était élancé voire, maigre. Ses cheveux noirs s’éparpillaient en bataille sur son crâne, il avait de grands yeux gris qui tournaient au bleu avec la lumière et ses traits aussi fins que délicats lui donnaient l’air d’un aristocrate de bonne famille. Seul le feu dans son regard lui attribuait une allure fourbe et rebelle.

-Alors c’est lui le nouveau baby-sitter ? Demanda-t-il d’une voix rauque et profonde.

-Vos manières jeune homme ! Gronda madame Flowers avant de donner un regard désolé au professeur.

Alaric décida enfin d’intervenir. Il s’avança vers le jeune homme, la tête bien droite.

-Je suis Alaric Saltzman.

-Ah oui, le prof de mon frère ?

Alaric ne savait pas si c’était une question rhétorique ou vraiment une question qui lui était adressée. Il préféra ne pas répondre.

-Monsieur Salvatore, reprit madame Flowers, retournez tout de suite vous coucher.

-Mais je vais bien ! Je suis pas fatigué, et j’en peux plus d’être alité toute la journée. Ça me déprime.

-Peut-être mais c’est pour votre bien, vous le savez. Maintenant, retournez vous coucher avant que votre père n’arrive !

Le jeune homme soupira en levant les yeux au ciel mais consentit finalement à la volonté de la bonne femme. Alaric put voir du coin de l’œil que son bras tremblait légèrement quand il s’appuyait sur la rambarde pour grimper les escaliers. Enfin, quand il fut hors de vue, madame Flowers se tourna vers lui.

-Il peut paraître un peu espiègle mais au fond il est gentil comme tout.

-Je n’en doute pas. Répliqua-t-il, un sourire amusé sur les lèvres.

Leur discussion fut alors écourtée par l’arrivée de Giuseppe Salvatore.

-Ah, monsieur Saltzman, vous êtes là.

Ils s’échangèrent une poignée de main brève avant de s’assoir autour d’un verre dans l’immense salon de la demeure.

-Tout d’abord, je tenais à vous remercier pour avoir accepté de venir.

-C’est normal. Seulement, je n’ai pas encore tout à fait compris ce que je fais ici.

-Madame Flowers ne vous a pas expliqué ?

-J’étais occupé avec monsieur Salvatore, monsieur. Fit la petite voix de la cuisine.

-Il s’est encore levé ? Soupira Giuseppe en se passant une main sur le visage.

-Avec tout mon respect, monsieur, qu’est-ce qu’il se passe ? Demanda Alaric, un peu perdu.

Après avoir pris une gorgée de son verre, Giuseppe exposa :

-Mon fils ainé Damon, que vous venez sûrement de rencontrer, a été maudit à la naissance.

-Maudit ?

-Oui. Entant que spécialiste du surnaturel, je pensais que ça vous dirait quelque chose.

-Désolé mais je ne connais pas tout. Je ne suis qu’un simple humain dont la femme s’intéressait de près à votre race.

-D’accord. Être maudit est terrible pour un être surnaturel. Mon fils est né le 18 Juin 1840 ici, à Mystic Falls. A l’époque, je m’étais épris d’une sorcière appelée Qtesiyah. Elle voulait que je quitte ma femme mais j’ai refusé. Je tenais à ma famille plus que tout. Ivre de rage, cette sorcière a maudit Damon. C’est-à-dire qu’il sera malade tout sa vie. Et dans le cas où nous sommes des vampires, c’est une très longue vie.

-Mais quand vous dites malade, vous dites…

-Grièvement malade. Au point où il peut être paralysé des membres inférieurs, parfois supérieurs, il tousse et vomit du sang. A certain moment, il est pris de terribles crises de douleurs. On les appelle des douleurs fantômes. Tout son corps se crispe sous une douleur qui n’existe pas. Et tout ce qu’on peut faire c’est de le regarder souffrir.

Alaric vit la souffrance sur le visage du vieil homme. Celui-ci cherchait désespérément à aider son fils. Mais le pouvait-il vraiment ?

-Depuis qu’il est né, ça allait à peu près. C’était surtout sa mère qui s’occupait de lui. Mais elle est morte. Il y a quarante-ans. Feu tragique. Enfin, son état était plutôt stable jusqu’à il y a deux ans où il s’est brusquement dégradé. C’est là que vous intervenez. Madame Flowers n’est plus toute jeune, son petit frère est à l’école et je ne suis jamais là. J’ai besoin que vous vous occupiez de mon fils. Vous serez payez bien sûr, votre prix sera le mien. Mais s’il vous plait, j’ai besoin de votre aide.

Alaric ne sut guère comment ni pourquoi il avait dit oui ce jour-là. Si bien que le soir-même, il posait ses affaires à la pension Salvatore.


Sherwood  (10.03.2015 à 22:21)

CHAPITRE 2

Alaric Saltzman était un professeur qui enseignait l’histoire à l’université de Duke avant de découvrir sa femme, Isobel, dans le lit d’un autre homme. Aujourd’hui Alaric Saltzman était l’aide-soignant d’un vampire malade dont l’insolence était son seul moyen d’expression, vivant dans une maison qui faisait mille fois son studio, à Mystic Falls. Alaric jeta un coup d’œil à son réveil. 9h00. Génial…Il allait devoir réveiller Damon dans une heure. Lui qui avait toujours voulu des gosses, il ne s’imaginait pas passer directement à la case crise d’adolescence. Aujourd’hui madame Flowers a dit qu’elle allait l’aider. Ce qu’Alaric ne comprenait pas c’est qu’il n’y avait pas grand-chose à faire, Damon se portait bien. 9h30. Bon, maintenant fallait se lever. Après une bonne douche, qui était dix-fois plus grande que son ancienne salle de bain, il entra dans la chambre de Damon. Celle-ci était d’une décoration sobre mais élégante. Là, caché au milieu des draps noirs, il aperçut une masse bouger légèrement.

-Aller Damon, il est temps de se lever. Dit-il en ouvrant grand les volets.

-Fou moi la paix ! Grommela le jeune homme sous les couvertures.

-Damon, je sais que tu as fait fuir mes prédécesseurs mais avec moi, ça n’arrivera pas. Alors lève-toi et habille toi.

Sur ce, il tira sur les draps, révélant un Damon mécontent, le visage froissé par la frustration.

-Debout ! Je repasse te voir dans dix minutes. Si je te vois dans la même position, je te passe sous la douche froide !

-Mon père te paye pour t’occuper de moi, pas pour me torturer ! S’écria Damon en ouvrant enfin un œil.

-Lève-toi ou je le fais. Répliqua Alaric en ignorant sa remarque.

Quand il sortit de la chambre, il se retrouva face à madame Flowers.

-Enfin quelqu’un qui sait être ferme avec ce garçon !

-Oh et bien, un peu de sévérité ne lui fera pas de mal. Répondit-il en haussant les épaules.

-Tenez. Dit-elle en lui tendant une sorte de talkie-walkie.

-C’est un babyphone ?! S’exclama-t-il, les yeux ronds.

-Vous devez toujours l’avoir sur vous. Il y en a un dans chaque pièce. Si monsieur Salvatore a besoin de votre aide, vous l’entendrez.

-Je sens qu’il va s’amuser…Marmonna-t-il avant de ranger le babyphone dans sa poche.

-Pendant que monsieur prend sa douche, je vais vous montrer son programme scolaire.

Il la suivit jusqu’en bas, dans la salle à manger, où elle sortit un livret.

-Je ne comprends pas. Fit-il en le feuilletant.

-Quoi donc ?

-Damon est un vampire, non ?

-C’est exacte. Comme monsieur son frère et monsieur son père. Pourquoi ?

-Il a dû déjà faire des études ?

-Oui. Monsieur a fait Harvard et Oxford. Deux fois.

-Alors pourquoi continuer à lui faire classe ?

Alaric vit un éclat de tristesse traverser le regard de la vieille femme. Elle se tritura les mains avant de répondre :

-Pour le distraire.

-Le distraire de quoi ? Insista le professeur, les sourcils froncés.

-De la douleur.

A ce moment, Damon sauta en bas des escaliers, propre et habillé.

-Monsieur ! Votre santé ! S’exclama madame Flowers, désespérée.

-Je suis un vampire Nana, au diable ma santé. Rétorqua-t-il avant de se faire un verre de sang.

-Madame Flowers a raison Damon, fit Alaric, tu ne devrais pas faire ce que tu fais.

-Faire quoi ?

-L’idiot.

-Ouh…Des menaces et des insultes en un jour ? Tu risques de ne pas survivre ici, Saltzman. Le taquina Damon en passant devant lui.

-Salut tout le monde ! S’écria Stefan en rentrant.

-Vous finissez tôt, monsieur. Salua madame Flowers.

-Ouais. Je n’ai pas histoire. Répondit-il en faisant un clin d’œil à Alaric.

-C’est vrai. J’avais oublié qu'on devait me remplacer.

-Tout ça pour moi, je me sens honoré. Fit Damon en mettant théâtralement une main sur son cœur.

-Damon…Soupira Stefan à moitié exaspéré et amusé.

Le déjeuner se passa dans la bonne humeur. Madame Flowers avait préparé un bon rôti aux épices que tout le monde dévora avec envie. Damon n’arrêta pas de faire des plaisanteries et des bêtises autour de la table. Alaric rit en l’observant. Comment ce garçon pouvait-il si malade ? Il allait très bien ! Il avait affaire à un vampire en parfaite santé.

-Au fait ce soir je finis tard. Je vais probablement terminer mon exposé chez Caroline alors ne m’attendez pas. Dit Stefan en débarrassant les assiettes.

-Qui est Caroline ? Questionna Alaric.

-Sa copine. Répondit Damon en lançant un regard taquin à son jeune frère.

-Damon ! Non, ce n’est pas ma…copine.

-Ouais, enfin il aimerait. Rétorqua-t-il à Alaric qui sourit.

-Vous m’énervez, je m’en vais.

-Oh, Stefan ne pars pas ! On t’a offusqué ? Plaisanta Damon.

Mais Stefan avait déjà quitté la pièce.

-Vous ne devriez pas être si méchant avec votre frère, monsieur. Affirma madame Flowers.

-C’est Stefan, Nana !

La vieille dame continua de lui adresser un regard désapprobateur tandis qu’Alaric levait les yeux au ciel. Puis elle se tourna vers Alaric :

-Moi non plus je ne serais pas là ce soir. Je sors.

-Toi ? Nana ? Tu sors ?

Elle ignora le jeune homme, les yeux toujours posés sur le professeur.

-Heu…Bien sûr. Pas de problème. Je saurais me débrouiller. Ça devrait aller, n’est-ce pas Damon ?

Le jeune homme lui fit son plus beau sourire et Alaric leva encore une fois les yeux au ciel. L’après-midi se passa sans encombre hormis le manque d’investissement de Damon dans ses cours.

-Damon, par pitié, concentre-toi !

Ils étaient installés dans le salon, les cahiers sur la table basse, en train de réviser la guerre froide.

-Parle-moi de la baie des cochons.

-On s’en fou !

-Damon !

-C’est vrai Ric ! Qui ça intéresse ?

-Depuis quand je t’ai autorisé à m’appeler Ric ?

-Depuis quand je t’ai autorisé à m’enseigner l’histoire ?

Ils se dévisagèrent un moment, un moment qui fut interrompu par madame Flowers.

-Je sors messieurs. Amusez-vous bien ! Au fait monsieur Saltzman, j’ai laissé des instructions sur le frigo.

-Merci madame Flowers.

Une fois la vieille dame sortie, Damon se leva.

-Damon…rassis-toi.

Mais le jeune homme ne l’écouta pas. Il se dirigea vers la cuisine où il se servit un verre de sang. Alaric le rejoignit et poussa un soupire.

-J’ai vraiment envie que ça marche entre nous. Mais je ne peux rien faire si tu n’y mets pas du tient.

Damon fit apparemment la sourde d’oreille car une fois son verre finit, il sortit de la pièce sans lui prêter la moindre attention. Bon, Alaric allait laisser tomber pour cette fois. Le soir arriva vite, beaucoup trop vite à son goût. Damon avait passé la soirée à jouer à des jeux vidéo sans lui parler. L’ambiance commençait à devenir pesante alors Alaric décida de faire un plateau repas devant un match de foot. Peut-être que Damon soutenait une équipe ? Ce soir c’était Bulgarie contre Angleterre. Le jeune homme prit la bière que le professeur lui tendait, sans rien dire. Pendant le match, ce dernier l’observa. Damon était plutôt calme, les yeux concentrés sur ce qu’il se passait à la télé. A la mitan, il s’aperçu qu’il tenait sa bière fermement, beaucoup trop fermement car la cannette explosa sur ses doigts.

-Ça va ? S’inquiéta-t-il.

-Ouais.

Alaric regarda sa montre. Il était temps pour Damon d’aller se coucher. Celui-ci le remarqua également et, encore plus surprenant, monta dans sa chambre sans protester. Le professeur en déduisit alors qu’il devait vraiment être fatigué. Avant d’aller lui-même se coucher, il vérifia si tout allait bien du côté de Damon. Il ouvrit la porte et jeta un coup d’œil. Le jeune homme était en train de ramener les draps sur lui.

-Tout va bien ici ?

-Ouais. Répondit-il.

-D’accord.

Alaric éteignit la lumière et ferma la porte avant de rejoindre sa propre chambre pour s’allonger dans son lit. Bon, cette première journée s’était plutôt bien passée. Sur cette pensée, il éteignit sa propre lumière et ferma les yeux. Quelques heures plus tard, il les rouvrit brusquement. Un bruit l’avait réveillé. On aurait dit le bruit de quelqu’un qui s’étouffait. Alaric tourna alors la tête vers le babyphone. C’était Damon…


Sherwood  (12.03.2015 à 21:13)

CHAPITRE 3

Alaric se précipita dans la chambre de Damon et ce qu’il vit le paralysa. Le jeune homme était en sueur, les muscles de son corps crispés sous la douleur, et haletait comme s’il se noyait.

-Ric…

A ce moment, Alaric revint à la réalité et se jeta aux côtés du garçon.

-Tout va bien Damon, je suis là. Dis-moi ce qui ne va pas.

Les draps du lit était trempés de sueur et il pouvait voir les veines sortirent sous peau du jeune homme à force de se battre contre les brûlures qui lui parcourait le corps. Tout d’un coup, il le vit serrer des dents et lutter contre les cris qui menaçaient de franchir ses lèvres. Ce qui lui arrivait était inhumain. Damon souffrait le martyr et il ne pouvait rien faire.

-Damon, dis-moi quoi faire ! Qu’est-ce qu’il t’arrive ?!

-Dou…leurs…fan-fan…tômes…

Alaric se souvint. Giuseppe lui avait parlé de ces douleurs fantômes. Des douleurs qui n’existaient pas mais qui faisait terriblement souffrir son fils.

-Heu…Qu’est-ce qu’on fait quand ça t’arrive ?!

-Fe…nêtre…be-be…soin…d’air…

Alaric se précipita vers la fenêtre et l’ouvrit en grand, faisant entrer l’air frais et vif de la nuit.

-Voilà, dit-il, et maintenant ?

Mais Damon ne lui répondit pas. Son dos s’arqua subitement et il poussa un cri déchirant qui résonna dans toute la pension. Alors Alaric fit la seule chose qui lui vint à l’esprit. Il grimpa dans le lit et tint le jeune homme contre lui.

-C’est bon, Damon. Je suis là.

Le vampire haleta, suffocant comme un premier-né. Il passa des bras tremblants autour de ceux qui le tenait, tentant de reprendre son souffle.

-Ça va, mon grand. Je suis là. Chuuuuuut….Calme-toi.

Alaric passa ensuite une main dans les cheveux couverts de sueur de Damon et lui souffla des mots apaisants à l’oreille tout le berçant. Enfin, au bout d’un certain temps, le corps de Damon se détendit et sa respiration redevint régulière.

-C’est bon Damon, je te tiens.

La poitrine du jeune homme finit par se soulever normalement et ses mains se desserrèrent autour du bras du professeur. Ce dernier s’écarta légèrement afin de voir son visage. Il était pâle voire cadavérique mais semblait s’apaiser.

-Tu veux…un verre de sang ? Proposa-t-il.

-Non ! Reste ! Paniqua Damon en s’accrochant subitement à sa veste.

-C’est bon, je reste. Tout va bien Damon, je suis là. Okay ?

Damon le regarda dans les yeux avant finalement d’hocher la tête.

-Okay…

Ils restèrent un moment, comme ça, accroché l’un à l’autre. Alaric écoutait sagement la respiration du jeune homme et celui-ci, dont la tête reposait sur son épaule, ne le lâchait pas. Il était cinq heure du matin quand Alaric s’aperçut que Damon s’était rendormi. Il réussit à s’extirper discrètement de ses bras et à sortir du lit avec prudence. Une fois dans le couloir, il se heurta à madame Flowers qui venait de rentrer.

-Oh c’est vous, fit-il, vous m’avez fait peur.

-Tout va bien ? Demanda-t-elle, inquiète.

-Ouais c’est juste…Damon. Il a fait une crise.

-Oh mon dieu, est-ce qu’il va bien ?! S’écria-t-il.

-Chuuuut ! Oui. Il vient de s’endormir.

Ils demeurèrent un instant silencieux, debout devant la porte sa chambre. Puis quelques minutes plus tard, madame Flowers s’exprima :

-J’allais me faire un chocolat avant d’aller au lit, je vous en fais un ?

Le professeur hocha la tête et la suivit jusque dans la cuisine. Une fois le chocolat fait, elle lui tendit une tasse qu’il accepta et but sans modération.

-Dure nuit…Commença la vieille dame.

-Ouais. C’est toujours comme ça ?

-Il y a des jours avec et des jours sans. Répondit-elle en haussant les épaules.

-Mais comment ça se fait qu’il souffre autant ?

-Monsieur Giuseppe ne vous a pas dit ?

-Si. Il m’a expliqué tout le truc avec la sorcière mais là il s’agit de douleurs qui n’existent pas ! Comme si c’était Damon qui s’infligeait ça à lui-même !

-C’est toute l’horreur de cette malédiction. Répondit-elle gravement.

-Je ne sais pas si je vais pouvoir supporter ça. Confia-t-il enfin.

Madame Flowers leva alors la tête.

-Vous savez, depuis le temps que je m’occupe de ce pauvre garçon, jamais personne n’avait réussi à le calmer lors de ses crises auparavant. Vous êtes le premier. Je ne veux en rien influencer votre décision mais…sachez que vous êtes un espoir pour lui.

Sur ce, elle mit les tasses dans le lavabo avant de disparaître. Alaric en fit autant, seulement avant d’aller dans sa chambre, il passa par celle de Damon. Le jeune homme dormait à présent paisiblement sans aucune trace de souffrance sur le visage. Peut-être qu’enfin de compte il devait rester, pour lui. Il avait besoin de lui et il ne pouvait pas l’abandonner.

Le lendemain, Damon descendit dans la cuisine et se servit un verre de sang comme si de rien n’était.

-Tu vas bien ? Demanda Alaric en entrant à son tour dans la pièce.

-Alors comme ça Nana est rentrée tard de sa soirée ? Demanda Damon d’un ton amusé en évitant sa question.

-Heu…oui.

A ce moment Stefan surgit, prit un sac de sang et ses chaussures.

-Qu’est-ce que tu fais encore ici ? Fit le professeur, la bouche pleine.

-Je suis en retard !

-Ouais, ça on l’avait remarqué. Ton t-shirt est à l’envers Stef ! Rétorqua Damon, le sourire grand jusqu’aux oreilles.

C’est dingue, pensa Alaric, la nuit il était pratiquement mourant et aujourd’hui il pétait la forme. Vraiment étrange.

-Tiens, votre père rentre de New York la semaine prochaine. Nota madame Flowers, une lettre à la main.

-Génial…Marmonna le fils ainé en sortant de table.

-Tu as besoin d’aide pour ta douche ? Demanda Alaric, de plus en plus inquiet après l’épisode de cette nuit.

-Moi ? Besoin d’aide ? Pff ! Répliqua le jeune homme en sortant de la pièce.

Alaric secoua la tête, exaspéré. Tout d’un coup, on entendit un bruit sourd provenant des escaliers. Il s’y précipita et vit Damon, affalé contre les marches, tremblant de tous ses membres.

-Merde ! Damon !

-Ça va…Je suis juste tombé. Dit-il en tentant de se redresser.

Seulement à peine il se remit sur pieds que ses jambes se dérobèrent à nouveau. Alaric se jeta près de lui et le tint à la dernière minute.

-Je te tiens. Dit-il, une main posée sur le torse du garçon.

Pour la première fois, il vit la gêne et la honte sur son visage. Afin de soulager la tension dans l’air, il essaya de plaisanter mais ce fut sans résultat.

-Bon, finit-il par dire, tu veux que je t’aide à monter ?

Mais Damon semblait ne pas vouloir bouger, comme s’il lui cachait quelque chose. Soudain, madame Flowers déboula dans le couloir.

-Monsieur Salvatore ! Vous allez finir par me tuer ! Je vais chercher le faut…

-Non ! S’écria brusquement le jeune homme en essayant de se dégager de l’étreinte de son professeur.

-Monsieur, soyez raisonnable.

-Mais je vais bien ! Regarde !

Il mit un pied sur la marche suivante, puis un autre. Il demeura un instant debout avant de s’écrouler à nouveau. Il se rattrapa maladroitement à la rambarde tandis qu’Alaric l’attrapait par derrière.

-Bon ça suffit maintenant Damon.

Il mit le bras du vampire autour de ses épaules et l’aida à descendre. C’est là qu’il remarqua que ses jambes, en fait, ne répondaient plus. Le gamin était paralysé. Un silence envahit alors la pièce. Ce fut madame Flowers qui le rompit :

-Je vais chercher le fauteuil.

Submergé par la honte, Damon cacha son visage dans l’épaule d’Alaric. Celui-ci le rassura :

-Ça va aller, mon pote. Laisse-moi t’aider.

Le vampire ne répondit pas, ce qui se rapprochait le plus d’un consentement. Alaric le souleva alors dans ses bras et descendit les marches restantes. La vieille dame arriva à l’instant avec un fauteuil roulant dans lequel il mit l’adolescent qui demeurait silencieux. Une fois assis, ce dernier grogna et roula rapidement loin d’eux. La bonne femme échangea un regard triste avec Alaric.

-Il ne supporte pas le fauteuil. Quand il est amené à l’utiliser c’est que son état se dégrade vraiment. Et monsieur Salvatore n’accepte guère d’être aussi vulnérable, aussi fragile.

-C’est terrible…

-Surtout injuste ! Heureusement qu’il vous a.

Puis la bonne femme s’en alla, laissant Alaric ressasser l’image d’un Damon Salvatore en fauteuil roulant.


Sherwood  (14.03.2015 à 12:59)

CHAPITRE 4

Damon s’était enfermé dans sa chambre toute la journée. Alaric avait pu voir que rien le fait de lui avoir demandé de l’aide pour grimper à l’étage était un terrible poids à porter pour le jeune homme. Le soir, quand Stefan rentra dans l’école, il trouva immédiatement étrange que son grand frère ne soit pas dans les parages.

-Où est Damon ?

-Dans sa chambre. Répondit Alaric en préparant un verre de sang.

-Il va bien ? S’inquiéta aussitôt Stefan.

-Heu…C’est ce qu’il dit en tout cas. Mais pourquoi tu n’irais pas lui demander ?

Alaric avait remarqué que les frères n’étaient pas très proche. Stefan semblait atteint par ce qui arrivait à Damon mais ne l’exprimait guère envers ce dernier.

-Oh quand il est comme ça, vaut mieux pas que je sois dans le coin. Répliqua Stefan en sortant ses devoirs.

Alaric fronça les sourcils. La fierté de Damon allait bientôt ravager sa relation avec son frère. Cette famille était suffisamment détruite comme ça. Il devait faire quelque chose. Le sang prêt, il prit le verre et grimpa à l’étage en direction de la chambre du jeune vampire. Il toqua d’abord et un faible « entrez » lui répondit. Il trouva Damon, assis dans son fauteuil, à côté de la fenêtre, regardant au dehors.

-Tu vas bien ? Demanda-t-il en lui tendant le verre.

Damon se tourna vers lui et le fixa intensément.

-Il y a un problème ?

Le jeune homme fit alors un signe de tête vers le verre.

-Quoi ? Le sang n’est pas assez chaud ?

-Non…Ce n’est pas ça. Soupira Damon d’une voix grave.

Alaric remarqua alors à quel point le vampire paraissait vieux et usé. Il s’accroupit un instant auprès de lui, afin d’être à sa hauteur et demanda :

-Alors qu’est-ce qui ne va pas ?

Les yeux de Damon se baissèrent sur ses bras qui reposaient nonchalamment sur ses jambes.

-Je peux pas les bouger. Répondit-il.

Alaric soupira. Giuseppe lui avait également dit pour la paralysie des membres supérieurs. Il mit donc une main douce derrière la tête de Damon et leva le verre à ses lèvres. Damon but le sang goulument, jetant de temps à autre des regards à son professeur. Une fois le verre fini, celui-ci lui adressa un timide sourire qui lui fut répondu. Il sentit une boule se former dans le creux de son estomac. Quelque chose se passait à ce moment, comme s’il sentait qu’une connexion se créait entre lui et Damon. Ils restèrent ainsi pendant plusieurs minutes jusqu’à ce que le jeune homme clignât des yeux et prît la parole :

-Tu veux bien m’aider à me mettre au lit ?

On aurait dit un petit enfant qui demandait la permission à son père.

-Bien sûr. Répondit Alaric, toujours souriant.

Il amena le fauteuil près du lit, souleva Damon dans ses bras et le posa délicatement sur le matelas comme s’il s’agissait d’un objet qu’il pouvait briser. Il plaça à bien les jambes du vampire ainsi que ses bras et sa tête avant de ramener les couvertures sur son corps. Il remarqua que l’adolescent somnolait déjà lorsqu’il le borda. Il osa passer une main dans ses cheveux sombres et l’embrasser sur le front. C’était désormais tout ce qu’il pouvait faire pour le soulager. Quelques minutes plus tard, il se leva et sortit de la chambre. A peine avait-il refermé la porte derrière lui qu’il se trouva en face de Stefan.

-Il va bien ? Demanda ce dernier, vraiment préoccupé par son grand frère.

-Maintenant, oui.

Les épaules de l’adolescent s’affaissèrent, soulagé.

-Tu sais, je pense qu’il n’a pas besoin de moi. Reprit Alaric.

-Quoi ? Mais si, bien sûr qu’il a besoin de toi ! Tu as bien vu !

-Non, ce que j’ai vu c’est qu’il a besoin de toi. Pas de moi. De toi.

Stefan baissa la tête.

-Je…Depuis qu’il est malade…lui et moi…on n’est pas…Je veux dire…

-Ouais, je comprends.

Madame Flowers arriva à ce moment, une bouillotte à la main.

-Mais que font ses messieurs plantés dans le couloir ? Au lit !

Cette nuit, Alaric dû se lever deux fois pour aller soulager Damon qui souffrait encore le martyr. Quand il sortit de la chambre, Stefan attendait dehors.

-Je peux pas dormir quand il crie comme ça. Se justifia-t-il.

Alaric eut alors une idée. Il posa une main sur l’épaule de Stefan et l’invita à entrer dans la chambre de son frère. Aussitôt, le frère cadet lui adressa un regard d’incompréhension et de reproche. Alaric l’ignora et le poussa en avant. Damon avait les yeux fermés mais serrait toujours les dents sous l’effet de la douleur. La sueur dégoulinait de long de son visage, ses cheveux étaient collés sur son crâne et il soufflait fortement, grimaçant par moment. Alaric força Stefan à s’allonger à côté de son frère. Une fois chose faite, il lui ordonna silencieusement de passer un bras autour de Damon. Hésitant, comme s’il redoutait de lui faire mal, Stefan passa lentement son bras autour du corps de son frère et l’attira vers lui d’une extrême douceur. La tête de Damon reposait sur l’épaule de son petit frère dont les yeux humides fixaient Alaric. Ce dernier, était fière de lui. Pendant un court instant, il avait pu réunir les deux frères. Une dernière tape amicale sur la jambe de Stefan et il partit, le laissant dormir avec l’homme qu’il admirait plus que tout.

Le lendemain matin, Damon fut perdu et déstabilisé de se réveiller dans les bras de son frère. Il bougea légèrement mais s’arrêta bien vite en réprimant un cri de douleur. Tout son corps endoloris le faisait atrocement souffrir comme s’il était plongé dans un bain d’eau bouillante. Son cri avait réveillé Stefan qui paniqua en voyant son frère se tordre de douleur.

-Alaric !

Le professeur surgit dans la pièce, à moitié habillé. Lorsqu’il vit la scène, il se précipita vers Damon et le tint contre lui avec force.

-Stefan, va lui chercher du sang ! Stefan !

Mais le vampire ne bougeait pas. Il ne quittait pas son frère des yeux, comme hypnotisé par ce qui se passait juste en face de lui.

-Stefan !

Soudain, il revint à la réalité et sortit en trombe de la chambre.

-Tout va bien, Damon. Je suis là.

Damon s’était un peu calmé mais des larmes coulaient toujours abondamment sur ses joues. Alaric s’empressa de les essuyer tout en ébouriffant tendrement ses cheveux sombres. Stefan arriva rapidement avec une poche de sang qu’il donna à Alaric. Celui-ci tourna lentement la tête de Damon et déposa délicatement la poche sur ses lèvres sèches.

-Aller mon pote, pour moi.

Finalement, après avoir faiblement léché le bord de la poche, Damon se consentit à la boire.

-Voilà. C’est ça.

Le regard de Ric croisa celui de Stefan qui semblait désemparé. Soudain, le téléphone sonna dans le salon. Comme madame Flowers ne répondait pas, Stefan dû s’en charger. Alors qu’il sortait, Alaric souleva les draps humides dans lesquels Damon baignait.

-Viens, on va prendre une douche. Dit-il en prenant le corps maigre du vampire dans ses bras.

Ils se dirigèrent dans la douche où Alaric mit une chaise avant d’y poser Damon. Ce dernier ne pouvait bouger ni les jambes, ni les bras. Il dépendait totalement de son professeur.

-Ric ? Fit-il d’une voix grave.

-Ouais ? Répondit Alaric qui cherchait les shampoings dans le placard.

Comme Damon retrouva le silence, il se retourna. Enfin, le jeune homme lui dit :

-Merci. Je veux dire, pour tout ce que tu as fait, pour moi. Je ne te l’avais jamais dit. Et je sais que parfois je peux être…enfin, tu vois.

Alaric sourit.

-C’est normal.

La douche fut ensuite une partie de rigolade. Damon n’arrêtait pas de râler et comme il ne pouvait bouger, Alaric en profitait pour l’embêter. La nudité du vampire n’était même pas devenu un problème. Les deux hommes se chamaillaient à présent sous l’eau quand la voix de madame Flowers s’éleva derrière la porte.

-Le petit-déjeuner est près !

-On arrive. Répondit Alaric avant d’éclabousser une nouvelle fois le vampire.

Habiller Damon était en revanche une autre affaire. Tous les muscles de ce dernier le faisait souffrir alors Alaric essayait de lui enfiler ses vêtements en lui faisant le moins mal possible. Une demi-heure plus tard, ils firent une pause. Le front de Damon reposait contre l’épaule d’Alaric qui gardait une main rassurante dans son dos.

-Tu vas bien ? Demanda-t-il.

-Ouais. Donne-moi juste une minute.

Après avoir soufflé un bon coup, Damon hocha enfin la tête et Alaric le prit dans ses bras pour le descendre à la cuisine. Tout le corps du jeune homme était mou contre lui. Celui-ci enfouissait sa tête dans son torse. Apparemment, il n’était pas gêné devant lui mais devant les autres comme madame Flowers ou son petit frère, c’était le cas. Alaric le serra légèrement afin de le réconforter puis le déposa lentement dans le canapé. Pendant tout le petit-déjeuner, le professeur s’aperçut que Damon était déprimé. Il mangeait à peine, gardait ses yeux fixés sur son assiette et ne disait mot. Il prit alors une décision :

-Damon ?

Le jeune homme leva la tête, le visage toujours aussi fermé.

-Ça te dire de sortir après ?

-Quand tu veux dire… « sortir », tu veux dire « sortir » ? Balbutia Damon, décontenancé.

-Tu as une autre définition ?

-Non mais…

-Alors finis vite de manger, parce qu’on va « sortir » !


Sherwood  (16.03.2015 à 19:55)

CHAPITRE 5

 

Damon était à présent emmitouflé dans son fauteuil, se sentant parfaitement ridicule. Lorsqu’il vit madame Flowers se diriger vers lui, une couverture à la main, il s’écria :

-Nana…C’est pas la peine !

La bonne femme mit ses deux mains sur ses hanches et répondit :

-Votre père est déjà contre le fait que vous sortiez dehors et je n’ai pas l’intention de me faire remonter les bretelles. Alors si vous devez sortir, ce sera couvert ! Compris ?

Damon leva les yeux au ciel mais garda le silence. Alaric arriva à ce moment, un ballon de football à la main.

-On y va ?

Damon hocha la tête même si au fond de lui il ne pouvait s’empêcher de ressentir une certaine appréhension. Cela faisait deux ans qu’il n’avait quitté la maison et, sans avoir peur de l’extérieur, il redoutait un peu ce qui allait suivre. Alaric passa le ballon à Stefan avant de s’emparer du fauteuil. Une fois dehors, l’air frais frappa immédiatement le vampire malade. Celui-ci ferma les yeux un moment, appréciant le contacte du vent vif sur son visage. Alaric sourit, ravi d’avoir apporté un peu de bonheur au gamin.

-Stefan, on fait une partie ? Fit-il au frère cadet qui rayonnait de joie en observant son ainé, apaisé et serein.

-Ouais, bien sûr.

Ils se dirigèrent tous les trois vers le jardin. Après s’être assuré que Damon n’avait pas froid, Alaric courut à l’autre bout du terrain et envoya le ballon à Stefan. Damon souriait comme il n’avait jamais souri. A cet instant, il avait complètement oublié la douleur ou la paralysie. Il était dehors, sous le soleil, en train de regarder son petit frère et son professeur jouer au football. Il ne pouvait rien rêver de mieux. Seulement, quelques heures plus tard, ce moment dû s’arrêter. Alors qu’il lançait une nouvelle fois la balle, Alaric remarqua que Damon s’assoupissait. Il se dirigea vers lui et s’accroupit près du fauteuil.

-Aller, je crois qu’il est temps de rentrer.

-Non…Chui pas fatigué…

-Non pas du tout, Damon tu arrives à peine à garder les yeux ouverts ! Aller, on rentre.

Il se redressa, prit les manches du fauteuil et roula jusqu’à l’intérieur. Mais quand ils arrivèrent en bas des escaliers, Damon freina.

-Je veux pas monter dans ma chambre.

-Damon…Tu dois te reposer, tête-de-mule !

-Je veux pas monter dans ma chambre. Répéta le vampire, les mains fermement posées sur les roues.

-A ce que je vois, tu as retrouvé l’usage de tes bras…Grommela Ric en l’amenant jusqu’au canapé où il l’y allongea.

Il s’y assit ensuite, le chocolat chaud que madame Flowers lui avait préparé dans les mains.

-Alors, Ric, une petite-amie ? Fit Damon afin de faire la conversation.

-Non. Pas depuis que je suis arrivé à Mystic Falls.

-Donc t’en avait une avant ?

-Une femme à vrai dire. On a divorcé cet été. Et toi Damon ?

-Ouais ! S’exclama Stefan en passant devant eux.

-C’est pas vrai ! Ferme-la, toi ! S’écria vivement le vampire.

-Alors, c’est oui ou non ? Demanda Alaric, amusé.

-Damon a craqué pour une fille quand il était au lycée. C’était quoi son nom déjà ? Elena Gilbert ?

-Toi, si tu la fermes pas, je te jure que je vais…

-Quoi ? Tu vas me faire quoi frangin ? Répliqua Stefan, le sourire aux lèvres.

-Et c’est qui cette Elena ? Se renseigna Alaric après avoir bu une gorgée de son chocolat.

-Elle est dans ma classe, répondit Stefan, elle ne sait même pas que Damon est à fond sur elle.

-Je ne suis pas à fond sur elle ! Protesta Damon.

-Jure le !

Comme Damon se tut, les deux autres rirent aux éclats.

-Ecoute grand frère, je vais parler à Caroline si toi tu vas parler à Elena. Ça marche ?

-Tu crois sérieusement qu’elle sortirait avec un handi…

Le mot se coinça dans sa gorge et des larmes naquirent dans ses yeux. Stefan et Alaric le virent, ce qui assombrit l’ambiance.

-Tu sais quoi, intervint Ric, je suis sûr qu’elle sortirait avec toi.

-Ouais, tu parles.

-Ça vous dit qu’on se regarde un film ? Fit Stefan en se levant.

-Si tu nous mets encore Titanic, là vraiment je te tue ! S’exclama Damon.

Les trois hommes rirent à nouveau et l’ambiance se détendit. Pendant le visionnage du film, Damon était recroquevillé contre son professeur, tête reposée sur son épaule, complètement serein. Madame Flowers, qui passait par là, admira le tableau un instant, les yeux pétillants de bonheur. Seulement, ce moment, comme tous les autres, fut trop vite brisé. Cela avait commencé avec des crampes aux ventres.

-Ça va ? S’inquiéta Alaric en sentant l’adolescent se tordre et gesticuler contre lui.

-Hum…Peut-être besoin d’un peu de sang.

-D’accord.

Le professeur se leva, confiant Damon à son frère. Alors qu’il était dans la cuisine en train de remplir un verre, il entendit un cri provenir du salon. Il se précipita dans la pièce et s’arrêta net d’horreur. Damon, penché au bord du canapé, régurgitait des litres de sang sur le tapis.

-Saltzman !

C’était Stefan. Il avait hurlé son prénom afin de le ramener au moment présent, à ce présent où Damon vomissait ses tripes. Celui-ci, pris de spasme, n’arrivait même plus à retrouver sa respiration. Tout son corps tremblait violement sous les haut-le-cœur qui lui détruisait l’estomac.

-Oh seigneur ! S’écria madame Flowers.

Le temps s’était arrêté. Alaric, le verre à la main, ne faisait plus aucun mouvement. Il savait pourtant que Damon avait besoin de lui, mais il se sentait incapable de bouger le moindre petit doigt.

-Alaric ! Je t’en prie…aide-le…Le supplia Stefan dont les larmes s’écrasaient dans les cheveux sombres de son grand frère.

Puis le verre se cassa en mille morceaux sur le parquet et Alaric se jeta auprès du vampire malade.

-D’accord. Heu…Stefan va me chercher une bassine et un linge humide. Maintenant !

Alors que Stefan courait aussitôt à la recherche de ce qu’il lui avait demandé, madame Flowers s’approcha lentement d’eux, les mains posées contre sa gorge.

-Il ira bien, madame Flowers, ne vous en faîtes pas. Fit Alaric en tenant fortement Damon contre lui dont les larmes se mélangeaient au sang qui sortait de sa bouche.

-Damon, j’ai besoin que tu écoutes ce que je m’apprête à dire. Tu es fort. Tu iras bien. Je suis là avec toi, je ne te quitterai pas. Tu m’entends ? On va traverser ça ensemble.

Le pauvre vampire hocha faiblement la tête en enfouissant profondément son nez dans le cou dans son professeur. Celui-ci vit avec soulagement que les spasmes s’étaient arrêtés.

-Très bien, mon pote. Hey, regarde-moi. Voilà…Comme ça.

Il prit le linge humide que lui tendait Stefan et essuya tendrement le sang sur le visage du vampire. Pendant ce laps de temps, ce dernier ne le quittait pas des yeux. Les deux hommes sentaient un lien se créer entre eux, un lien indescriptible, fort, qui allait leur survivre, que tout le monde pouvait voir.

-Bon, reprit Alaric en détournant timidement les yeux, tu vas t’allonger. Je vais m’occuper de toi et tout va bien se passer.

L’adolescent lui obéit sagement, acceptant avec soulagement la main chaude d’Alaric qui caressait ses cheveux en batailles. Stefan posa la bassine et attendit.

-Tu peux aller te coucher, Stefan. Je m’en charge. Dit Alaric.

-Est-ce qu’il ira bien ?

-Mais oui…ça baigne…Je crois…que c’est ton film qui…m’a fait gerbé…Répondit Damon d’une voix rauque et faible.

Le vampire et l’humain rirent, amusé de voir que Damon avait gardé son sens de l’humour. Finalement, Stefan et madame Flowers les laissèrent. Toute la nuit, Alaric avait dû s’occuper du jeune homme qui vomissait ses tripes, encore et encore. Il commençait à être épuisé. Jamais il n’avait imaginé que prendre soin de Damon lui prendrait autant d’énergie. L’aube pointait quand il s’assoupit enfin, le corps de Damon enfouis dans ses bras.


Sherwood  (18.03.2015 à 13:29)

CHAPITRE 6

Le lendemain, Damon allait étrangement mieux. Ses vomissements s’étaient arrêtés et il avait retrouvé l’usage, certes faibles, mais l’usage tout de même de ses quatre membres. D’ailleurs, Damon semblait en profiter un peu trop.

-Damon, assis-toi s’il-te-plaît !

-J’en ai marre d’être assis, Ric.

L’adolescent, aidé d’une béquille, ne cessait de marcher de long en large autour du salon. Alaric leva les yeux au ciel et abandonna. Il s’assit donc sur le canapé, posa ses pieds sur la table basse et appuya sur la télécommande, profitant d’un bon match à la télévision. Aujourd’hui, il était une nouvelle fois seul à la maison. Stefan était allé rejoindre Caroline au Grill et madame Flowers était partie faire des courses. Et comme Damon semblait aller mieux, il décida d’en profiter. Pendant les pubs, il scrutait la pièce des yeux, s’étonnant de l’absence de Damon sur les photos. En effet, les murs étaient couverts de photos de la famille Salvatore, pourtant c’était comme si Damon n’avait jamais existé. Il finit alors le tour de la maison et trouva enfin une image où le garçon apparaissait. On pouvait voir une belle femme aux cheveux aussi noirs que la nuit, qu’il supposait être madame Salvatore, tenir la main à deux garçons devant la pension dans les années 1800. Le plus jeune était blond et joufflu, rayonnant auprès de sa mère. Mais l’ainé était…

-Oh…Damon…

Il était pâle comme la mort, des cernes creusaient son visage, ses cheveux noirs étaient collés contre son front et il tenait sur deux béquilles de bois qu’on lui avait sculpté. On aurait dit un cadavre vivant. Soudain, il manqua de lâcher la photo quand son babyphone émit un bip strident. Il le sortit vivement et écouta. Une sorte de râle s’en échappait suivit d’un sifflement étouffé. Mais ce fut quand il entendit un faible : « Ric… » qu’il sortit en trombe de la chambre et courut à la recherche de Damon.

-Damon ! Cria-t-il en descendant quatre à quatre les escaliers.

Il finit par trouver le jeune homme étalé par terre sur le sol froid de la cuisine. Il se jeta immédiatement à genoux, auprès du vampire.

-Hey, mon pote…Dit-il tendrement en le retournant prudemment sur le dos.

-Tout va bien Ric, je suis seulement tombé. Répondit Damon, le visage tordu en une grimace crispée.

-Attends, je vais t’aider.

Il le souleva facilement par les aisselles et lui tendit sa béquille.

-Tu es sûr que ça va ? S’inquiéta-t-il, le tenant toujours.

-Mais oui ! Je suis dur comme du roc !

Alaric sourit, amusé par l’air confiant du jeune homme. Il le ramena ensuite sur le canapé où ils passèrent le reste de la journée à se chamailler. Ils se bataillaient toujours quand madame Flowers rentra.

-Bonjour messieurs, à ce que je vois, on s’amuse bien ici.

-Salut Nana ! Dis-moi que t’as ramené du O nég !

-Désolée mon chéri mais il n’y avait que du A positif à l’hôpital.

-Pas encore ! Déplora l’adolescent en cachant son visage dans l’épaule d’Alaric.

-Aller, ça ne doit pas être si mauvais. Le consola-t-il.

-Qu’est-ce que t’en sais ? T’es humain !

-Bon Damon, arrête de bouder. Viens, on va…

La porte d’entrée se rouvrit à la surprise de tout le monde.

-Monsieur Salvatore, vous rentrez plus tôt que prévu. Salua la vieille dame.

-Oui. Mon rendez-vous à Hong Kong a été annulé.

Giuseppe Salvatore se tenait bien droit, dans son parfait costume gris, dans le couloir, une valise à la main.

-Bonjour monsieur. Fit Alaric en lui serrant la main.

-Alaric, appelez-moi Giuseppe. Ça s’est bien passé avec mon fils ?

-Comme sur des roulettes ! Intervint Damon qui venait d’apparaître, appuyé contre sa canne.

-Damon ! Que fais-tu debout ?

-Ravi de te voir aussi. Répondit son fils ainé, un sourire tendu sur le visage.

-Va donc te coucher fiston ! Encore une fois, tu n’es pas raisonnable !

Alaric put voir que Damon fut blessé par les paroles de son père. Et il y avait de quoi. Il n’avait pas vu son père depuis deux semaines et ce dernier ne l’embrassait même pas, tout ce qu’il lui disait c’était d’aller au lit. Affecté, Damon tourna la tête et monta à l’étage, silencieux. Alaric croisa le regard de madame Flowers. Cette dernière pensait comme lui mais elle ne pouvait rien dire.

-Et où est Stefan ? S’empressa de demander Giuseppe.

-Il est avec mademoiselle Forbes. Répondit la bonne femme.

-Très bien. Quand il sera de retour, prévenez-moi.

Il passa devant eux, laissant ses bagages au soin de madame Flowers. Alaric décida alors d’aller voir Damon. Celui-ci était couché dans son lit, faisant semblant de dormir. Le professeur s’approcha sans bruit de lui, passa une main sur son front et l’embrassa affectueusement. Quand il sortit ensuite de la chambre, il ne remarqua pas la larme qui s’écoulait sur les joues pâles du vampire. Cette nuit se passa sans problème. Damon eut seulement une légère crise vers deux heures du matin. Le lendemain, tout se passa sans encombre. Alaric le lava, l’habilla et l’aida à descendre les escaliers jusqu’à la salle à manger pour le petit-déjeuner. Giuseppe était déjà assis en bout de table, occupé à lire le journal, ainsi que Stefan qui buvait son verre de sang tout en jouant avec son portable. Alaric soutint Damon contre lui tandis que celui-ci s’asseyait, puis il prit un siège à ses côtés et l’aida à manger. Le silence dans la pièce devenait pesant et lourd. Ce fut madame Flowers qui essaya d’engager la conversation entre le père et ses fils.

-Si je peux me permettre monsieur, monsieur Damon est sorti plus d’une heure dehors cette semaine sans aucun problème.

-Ah oui ? Fit Giuseppe sans lever les yeux de son journal.

-Oui, monsieur.

-Et Stefan, comment va ton équipe ? J’ai entendu dire que tu l’avais emmenée jusqu’au championnat !

Le bruit sourd de la cuillère de Damon qui tomba dans son assiette fit sursauter tout le monde. Giuseppe regarda enfin son fils ainé qui gardait ses yeux rivés sur la table. Alaric se racla le fond de la gorge et murmura :

-C’est bon, Damon.

Il prit alors la cuillère et la mise dans la main tremblante du jeune homme.

-Fais donc un peu attention, fils. Rétorqua sèchement Giuseppe.

Puis il reprit sa conversation avec Stefan qui s’agitait sur sa chaise, mal à l’aise. Alaric décida que ça devait se finir. Il enleva rapidement l’assiette sous le regard surpris de son propriétaire.

-Veuillez nous excuser, je dois emmener Damon dans sa chambre. Dit-il.

Giuseppe y prêta à peine attention. Alaric ne comprenait décidément pas cet homme. Il n’avait plus rien avoir avec celui qui lui avait envoyé une lettre avec le désespoir d’un père en détresse. A présent, il était face à un homme d’affaire froid et distant qui semblait vouloir oublier qu’il avait un fils grièvement malade.

-Aller, viens avec moi, mon pote. Fit-il à l’attention de Damon.

Une fois dans la chambre du vampire, il le fit assoir sur le lit.

-Tu vas bien ?

-Mon père me déteste. Répondit-il d’une voix rauque.

-Pourquoi dis-tu ça ? C’est lui qui m’a supplié de venir pour t’aider.

-Pour tout le mal que je fais à cette famille. Il me tient responsable de ses nuits blanches, des mauvais résultats de Stefan parce qu’il s’inquiète trop pour moi, de la mort de maman…

L’adolescent poussa un long soupire. Alaric s’assit à ses côtés et l’obligea à le regarder.

-La mort de ta mère n’était en rien de ta faute. C’était un incendie, un accident, tu n’y es pour rien.

-Ouais…un accident…

Alaric fronça les sourcils.

-Tu ne connais pas toute l’histoire, reprit Damon, c’est bien ma faute si maman est morte.

-Comment ça pourrait être de ta faute ?

-Le feu. Ce n’était pas un accident. J’étais seul avec ma mère ce jour-là. Le matin, j’ai eu une crise plus sévère que les autres. La douleur me rendait complètement fou. Maman a essayé de me calmer mais…j’ai commencé à avoir des hallucinations.

Damon ferma les yeux. Il entendait encore les cris de sa mère qui lui ordonnait de se calmer. Il prit une grande respiration et continua malgré l’interruption de Ric.

-Damon…

-Je me suis attaquée à elle.

Sa voix se brisa.

-Damon, tu n’es pas obligé de…

-Et dans l’attaque, j’ai fait tomber le chandelier. Le feu s’est propagé et le dernier geste de ma mère a été de me sauver. Elle m’a jeté par la fenêtre et j’ai atterri au dehors, sur la pelouse. Je crois qu’ensuite je me suis évanoui. Quand je me suis réveillé à l’hôpital, maman était morte…

Et Damon éclata en sanglot.


Sherwood  (21.03.2015 à 18:39)

CHAPITRE 7

Le jour suivant fut comme les autres jours. Damon et Alaric avait à présent trouvé une routine. Quand le professeur levait, du moins essayait de lever, le jeune homme, celui-ci râlait au moins pendant dix minutes avant finalement de se lever. Puis Alaric l’amenait à la douche où il le taquinait avec la mousse et l’aidait à s’habiller sans aucune pudeur. Ensuite il le portait en bas, lui servait le petit-déjeuner, le couchait pour un sieste avant de le réveiller pour lui faire cours. Il était six heure de l’après-midi et Damon était tendu, très tendu. Tous ses muscles étaient tirés par la douleur, on pouvait même voir les veines ressortir sous sa peau. Quand il était dans cet état, madame Flowers avait conseillé à Alaric de masser le gamin.

-Enlève ton t-shirt. Ordonna-t-il.

-Pourquoi…faire ? Demanda le jeune homme, une grimace sur le visage.

-Enlève-le. Fais ce que je te dis.

Damon finit par se redresser et enleva lentement ce qu’il portait, sifflant de temps à autre à cause de la douleur provoquée.

-Bien. Maintenant allonge-toi. Je vais te masser.

D’habitude, Damon redoutait les massages. Ses aides-soignants précédents n’avaient pas du tout été doux et il en gardait un mauvais souvenir. Cependant, il sentait qu’il pouvait faire confiance à Ric, que ce dernier ne lui ferait jamais de mal. Il lui obéit sans rouspéter et ferma les yeux. Après avoir appliqué de la crème sur ses mains, Alaric les étala sur la poitrine brûlante de l’adolescent. Il fit des mouvements lents et délicats afin de ne pas le blesser. Aucun muscle n’était épargné. Au bout de plusieurs minutes, le corps de Damon se détendit enfin. Ses traits se détendirent, les veines disparurent et sa poitrine se souleva à nouveau à un rythme régulier.

-Vous avez le don avec lui. Sourit madame Flowers qui arrosait les plantes du salon.

Alaric lui rendit son sourire. Il observa longuement Damon. Ça lui faisait chaud au cœur qu’un adolescent, malade depuis des siècles, à la réputation difficile, lui fasse confiance. Il remarqua d’ailleurs que celui-ci s’était assoupi sous ses mains. Son visage à présent serein était le plus cadeau qu’il pouvait lui faire. Il passa ses doigts rugueux et forts sur ses bras, son cou, son torse, le bas de sa poitrine, ses jambes, ses pieds, tout pour détendre ce corps opprimé dans sa propre souffrance. Stefan entra à cet instant dans la pièce, un verre de sang à la main.

-Salut Alaric.

-Salut Stefan. Fit-il à voix basse.

Le garçon fronça les sourcils. Le professeur fit un signe de tête vers son frère endormi sur le canapé. Stefan comprit et alla le rejoindre silencieusement.

-Je peux te poser une question ? Murmura Alaric .

-Ouais, bien sûr.

-A-t-il déjà pensé à…à se…

-Se suicider ?

-Oui.

Les deux hommes se regardèrent dans un long silence. Ce fut Stefan qui le brisa en répondant :

-Oui. Plus d’une fois. Sa dernière tentative était le 7 Janvier 1999. Il avait jeté sa bague qui le protégeait du soleil et s’était laissé brûler devant la fenêtre.

Alaric ferma les yeux d’horreur.

-Ces derniers temps ça allait mieux alors…Je suppose qu’il a abandonné l’idée. En fait, je ne l’ai jamais vu aussi bien depuis longtemps.

-Vous n’avez pas…bientôt…fini…de parler de moi…S’éleva la voix de Damon.

-Hey, mon pote. Ça va ? Fit Alaric en prenant sa main dans la sienne.

-Mieux que jamais ! N’est-ce pas Stef ?

Il fit un clin d’œil à son frère qui réprima un petit rire. Alaric sourit. Ça lui faisait du bien de voir les deux frères partager un moment entre eux.

-Stefan, ça te dérangerait pas d’accompagner Damon dans sa chambre ? Je dois…faire quelque chose.

-Non, pas du tout.

Damon ne répondit rien et se laissa faire. Son petit frère le tint par la taille et l’amena lentement vers les escaliers. La montée des marches fut silencieuse mais intime. Jamais Stefan n’avait été aussi proche de Damon. Il se souvint de son enfance où on lui interdisait de voir son frère de peur que ce dernier ne le blesse ou qu’au contraire, ce soit lui qui lui fasse du mal. Et à cause de cette mise à distance, il n’avait tissé aucun lien avec l’homme qu’il admirait le plus sur cette Terre. Mais là, aujourd’hui, en grimpant péniblement ces escaliers, il pouvait le toucher, il pouvait toucher son frère, avoir un contact avec lui. Ils arrivèrent enfin à l’étage. Damon était essoufflé et Stefan pouvait le sentir s’affaisser contre lui.

-Damon ? Ça va, mon frère ?

-Ouais. C’est bon, tu peux me laisser maintenant. Dit-il à bout de souffle en se détachant de lui.

Il le vit s’appuyer contre la porte, l’ouvrir d’une main tremblante et la refermer dans un claquement sec.

Le jeune Stefan âgé de dix ans errait dans le couloir, en chemise de nuit. Il devait vraiment être tard car il pouvait voir la lune à son zénith, à travers les fenêtres de la maison. Mais le garçon n’arrivait pas à dormir. Comme toutes les autres nuits, les cris de son frère l’empêchait de fermer l’œil. Tout à coup, les bonnes manquèrent de le bousculer en se précipitant vers une chambre en particulier. La porte était légèrement entrouverte, il put donc passer sa tête et voir ce qu’il se passait. Toute la pièce était animée par une agitation soudaine. Tout le personnel de maison ainsi que ses parents s’afféraient autour d’un lit, un lit dans lequel son grand frère se tordait de douleurs.

-Vous avez envoyé un courrier au médecin ? Aboya son père à l’un des serviteurs.

-Oui, monsieur.

-Giuseppe, faites quelque chose, je vous en prie ! Paniqua sa mère qui saisissait son mari de ses bras minces.

-Si seulement je pouvais, ma chère Lily. Si seulement je pouvais…

Ses parents se déplacèrent un peu et Stefan le vit. Son frère. Sa peau était d’une pâleur cadavérique, la sueur collait ses longs cheveux noirs contre son crâne et ses yeux exprimaient une folie que personne ne souhaitait voir dans le regard de qui que ce soit. Soudain, ses yeux se posèrent sur lui. Stefan s’arrêta alors de respirer. Son frère, se tortillant violemment dans ses draps, tenus fortement par les serviteurs contre son lit, poussant des cris qui se mourraient sur ses lèvres, l’observait. Giuseppe le remarqua. Il suivit son regard et aperçut son plus jeune fils, caché derrière la porte.

-Stefan ! Que faites-vous ici ?! Retournez immédiatement au lit ! Tout de suite !

Mais le garçon ne voulait pas partir. Il voulait rester avec son frère, il avait besoin de lui. La vue de ce dernier fut obstruée par le corps de sa mère. Elle lui tendit une main qu’il prit aussitôt.

-Aller, mon ange. On doit laisser votre père s’occuper de Damon.

-Mais je veux aider ! Je veux pas qu’il souffre…

-Je sais, mon chéri.

Elle lui sourit avant de le prendre dans ses bras et de l’emmener loin de son frère.

Stefan essuya une larme. Il avait besoin de lui, il avait besoin de son frère. Il ouvrit finalement la porte et se figea. Damon lui faisait dos, assis sur son lit, en train de se déshabiller. Il l’observa longuement, s’attachant à cette vue, celle de son frère, frais et en bonne santé.

-Besoin de quelque chose, petit frère ? Fit la voix du vampire.

Celui-ci s’allongea en prenant soin de ne pas faire de mouvement brusque.

-Non…Je…

-Alors qu’est-ce que tu fais ici ? L’interrompit-il.

-Heu…Je ne sais pas, je…désolé. Répondit-il.

Il allait refermer la porte quand Damon l’interpela :

-Stef ?

-Ouais ?

-Je voulais te dire…merci. Je veux dire, pour être là, pour avoir été là.

-Oh…Je ne fais rien. C’est Alaric qui fait tout.

-Mais Alaric n’était pas là pendant mon enfance.

Stefan fronça les sourcils. Il allait répliquer mais Damon ne le laissa pas faire :

-Je sais, petit frère. Ne t’en fais pas, je sais.

Le jeune homme hocha alors la tête, un petit sourire sur les lèvres.

-Tu peux voir ce que fabrique Ric pour moi ?

-Ouais. Bien sûr.

Il ferma enfin la porte et partit à la recherche du professeur. Celui-ci était caché derrière la maison, sur la terrasse arrière, un téléphone contre l’oreille.

-Oui. Bonjour. C’est Alaric Saltzman à l’appareil. Est-ce que je pourrais avoir Elena Gilbert ?


Sherwood  (28.03.2015 à 15:38)

CHAPITRE 8

Le matin suivant, Damon se réveilla avant dix heures. Il ne savait guère pourquoi mais il se sentait légèrement angoissé. Il se redressa lentement et jeta un coup d’œil à la fenêtre. Sa mère était morte, il connaissait à peine son frère et son père le détestait. Il n’avait personne vers qui se tourner. Sauf…Alaric. Tel un enfant apeuré, il se leva et se dirigea vers la chambre de son professeur. Celui-ci dormait encore, emmêlé dans ses draps. Damon hésita un instant puis il s’avança timidement vers le lit. Enfin, il grimpa dessus et s’allongea près de l’humain, sa tête près de la sienne. Celui-ci sentit le nouveau poids à ses côtés et ouvrit brusquement les yeux.

-Damon ?! Qu’est-ce que tu fais là ? Tu vas bien ?

-Ouais, ça va Ric. C’est juste que…Je peux dormir ici ?

Le prof fronça un instant les sourcils. Puis comme il vit qu’en effet, tout allait bien, il haussa les épaules et ferma à nouveau les yeux. Damon calla sa respiration à la sienne et très vite, trouva le sommeil. Il fut réveillé deux heures plus tard par la main chaude d’Alaric.

-Hum…

-Aller Damon, faut se lever.

-Pas envie…

-Mais si. Aller Damon, debout !

Alaric dut à contrecœur bousculer l’adolescent et le lever. Il avait remarqué que ce dernier était épuisé en ce moment mais s’il le laissait dormir, ça risquait d’endommager son horloge biologique, du moins c’est ce que madame Flowers affirmait. Pour lui, un vampire n’avait pas besoin de conserver une quelconque horloge biologique, mais bon.

-Je te promets que tu pourras faire une sieste après les cours.

Damon ne lui répondit pas, se concentrant pour garder les yeux ouverts. Soudain, le téléphone sonna dans le bureau. Alaric sourit.

-Je suis sûr que cet appel va te réveiller ! S’exclama-t-il en courant décrocher sous l’indifférence totale du vampire.

Personne jamais ne l’appelait car personne ne savait qu’il existait. Ils avaient raconté des bobards au lycée pour expliquer son absence soudaine et aucun de ses soi-disant amis n’avaient cherché à savoir ce qui lui était arrivé. Il faillit donc tomber à la renverse quand Alaric lui tendit l’appareil, un grand sourire sur les lèvres.

-C’est pour toi.

Damon afficha une mine abasourdie et confuse sur le visage en le prenant. Les mains dans les poches, un air fier sur la figure, Alaric sortit de la pièce, satisfait. Toujours aussi perdu, le vampire mit le téléphone à l’oreille et balbutia :

-A…Allô ? Oui, c’est moi. Elena ?! Elena Gilbert ?! Qu’est-ce que…Heu oui, ça va et toi ?

Pendant ce temps, Stefan croisa le professeur dans les couloirs.

-J’arrive toujours pas à croire que tu aies fait ça ! Dit-il en riant.

-Tu crois qu’il me tuera ?

-Sûrement ! Bon, je dois aller en cours. A ce soir !

-A ce soir, Stefan.

Le soir venu, ce fut un Damon rayonnant qui entra dans la cuisine.

-Tu as l’air de bonne humeur. Fit Alaric après s’être assis à côté de lui.

-Ouais, ça peut aller.

-La facture de téléphone aussi se porte bien. Continua Saltzman, un sourire taquin sur les lèvres.

Damon leva les yeux au ciel. Ce qui était une première vue qu’habituellement, c’était le geste préféré d’Alaric.

-Au fait, reprit l’adolescent, tu lui as dit quoi à Elena ?

-Heu…pas grand-chose. Je ne lui ai pas dit que tu étais un vampire malade de plusieurs siècles, si c’est ce que tu veux savoir. Tout ce qu’elle sait c’est que tu suis les cours à domicile. Tu prévoies de la voir ?

-Non ! Je…Je peux pas…

-Pourquoi pas ?

-Parce que…Oh Ric, tu sais pourquoi.

La conversation fut coupée court par l’arrivée de Giuseppe et Stefan. Ils mangèrent ensuite en silence avant d’aller tous se coucher. Cela faisait plusieurs mois à présent qu’Alaric faisait partie de la vie de Damon. Cela faisait également plusieurs semaines que ce dernier échangeait avec mademoiselle Gilbert par téléphone. Stefan trouvait que ça commençait à devenir lassant et que son frère devait rencontrer la jeune fille. C’était ce qu’il se disait entrant des cours chez lui. Il jeta sa veste sur le porte-manteau ainsi que son sac et entra dans le salon. Il aperçut Alaric, assis sur le canapé, portant un Damon inconscient contre lui. Et…retour à la réalité ! Stefan détestait ce sentiment. Le sentiment d’une vie normale jusqu’au moment où il rentrait à la pension et que le corps de son grand frère l’accueillait, lui foutant une bonne claque en pleine figure. Il poussa un soupire avant de demander :

-Comment il va aujourd’hui ?

-Pas très bien. Il vient d’avoir sa troisième crise de la journée. Répondit le professeur, abattu.

Stefan se tint debout, devant le tableau de son frère, inerte dans les bras d’Alaric, observant la scène comme s’il était hypnotisé. Le visage de Damon était pâle, beaucoup trop pâle pour un vampire. Des gouttes de sueur avait mouillé ses cheveux de jais et ruisselaient le long de sa peau. Ses bras et ses jambes demeuraient mous et désarticulés, tel un pantin cassé. Alors il se revoyait, des décennies en arrière, dans la même position, observant le corps de son frère dans ce même canapé, pratiquement mort. Soudain, Alaric le ramena au moment présent en se levant, son frère toujours dans ses bras.

-Qu’est-ce que tu fais ?

Le professeur lui fit signe de s’assoir à sa place, sans un mot. Comme il ne bougeait pas, il dit :

-Assis-toi, Stefan.

Le vampire lui obéit enfin, toujours aussi perplexe. Une fois qu’il fut bien installé, Alaric s’approcha et déposa avec soin le corps de son frère sur ses jambes.

-Quoi ?! Alaric ! Qu’est-ce que tu fais ? Je ne peux pas…Murmura Stefan, paniqué.

-Mais si tu peux. C’est ton frère, Stefan.

L’adolescent posa enfin ses yeux sur Damon qui semblait complètement endormi dans ses bras.

-Voilà. Passe ton bras sous sa tête afin de la maintenir, mets ses jambes comme ça…Indiqua Alaric en plaçant confortablement le corps du malade auprès de son petit frère.

-Parfait. Souffla-t-il d’un ton chaleureux.

Stefan manqua de respirer. Il l’aidait. Il aidait enfin son frère. Car il avait l’étrange sentiment qu’ainsi, mis dans cette position, à son contacte, Damon ne souffrait plus. Les yeux humides de larmes, les lèvres tremblantes, il remercia Alaric du regard avant de porter celui-ci sur son frère. La tête de ce dernier reposait dans le creux de son coude, le nez enfouie dans sa chemise et ses doigts étaient refermés atour des siens. C’était un moment hors du temps, comme si l’espace s’était arrêté de bouger autour d’eux. Seul le battement constant, régulier et fort du cœur de Damon résonnait sur Terre dans un rythme assourdissant. Soudain, Stefan leva la tête et croisa le regard du professeur.

-Il n’a plus peur…

-Quoi ? Fit Alaric, déconcerté.

-Pendant toutes ces années, le cœur de Damon n’a jamais battu normalement…Il était toujours rapide et-et irrégulier parce qu’il…il était terrifié ! Mais là…là.. Il…Il bat ! Il bat…Il n’a plus peur.

Puis, tout en berçant tendrement son frère, caressant ses cheveux avec affection, Stefan ne cessait de répéter : « Il bat. » Aucun des deux hommes n’avaient remarqué Giuseppe, tapis dans un coin, observant la scène avec émotion. Ce soir, ce fut Stefan qui ramena Damon dans sa chambre, qui le borda et qui l’embrassa en lui souhaitant bonne nuit. Et pour ça, il ne remercierait jamais assez Alaric.


Sherwood  (30.03.2015 à 19:11)

CHAPITRE 9

Quand Damon se réveilla, il sut immédiatement que quelque chose n’allait pas. Terrifié, il cria le nom d’Alaric. Celui-ci débarqua en trombe dans sa chambre et se jeta auprès de lui.

-Damon ?! Qu’est-ce qui ne va pas ?!

-Je…Je…

Le professeur remarqua alors que le regard du jeune homme était tourné vers le vide. Ses yeux ne cessaient de faire des rotations de droite à gauche sans se poser sur lui.

-Damon ?! Tu peux me voir ?

-Non…Non…Je peux pas….Je peux pas, Ric !

A présent, le vampire paniquait. Il le prit aussitôt dans ses bras, entourant fortement sa taille, lui soufflant à l’oreille de douces paroles.

-Ça va aller, Damon. Chuuut, tout va bien, mon grand. Calme-toi.

Lorsqu’il finit par se calmer, Alaric lui demanda :

-C’est la première fois que ce genre de…chose arrive ?

-Non. Mais la dernière fois c’était en 1892 !

-D’accord, je vois. Tout va bien, mon pote. Je vais continuer à m’occuper de toi, comme d’habitude et on va régler ça. Ensemble. Ça te va ?

Il sentit l’adolescent hocher la tête sous lui.

-Bien…

Il se dégagea de son étreinte, gardant cependant une main sur son bras afin de le rassurer.

-Maintenant, je veux que tu me dises combien de temps ça avait duré la dernière fois ?

-En 1892 ?

-Ouais.

-Heu…Trois jours…Je crois.

Alaric ferma les yeux. Une chance que le garçon ne puisse voir l’inquiétude et la peur sur son visage. Son silence soudain alerta Damon qui s’écria :

-Ric ?!

-Je suis là, Damon. Je reste près de toi.

-Qu’est-ce qu’on fait ?

-Et bien…On va d’abord prendre une douche !

Sans demander son avis, il le souleva dans ses bras et alla le poser sur la chaise prévue à cet effet. Pendant toute la toilette, jusqu’à l’habillage, Damon sourit car il avait remarqué qu’Alaric gardait continuellement un contact tactile afin de lui faire savoir qu’il était là et qu’il ne devait pas s’inquiéter. Il lui répétait sans cesse :

-Je m’occupe de tout.

Puis les deux hommes furent surpris par l’entrée de Giuseppe dans la chambre. D’habitude, il faisait tout pour éviter cette partie de la maison. Le vieux vampire allait parler quand il fronça les sourcils en observant son fils aîné.

-Qu’est-ce qu’il lui arrive ?

-Oh, juste une cécité temporaire. Répondit Alaric en gardant la main de Damon dans la sienne.

-Ah. Bref, je voulais juste vous demandez Alaric si vous pouviez prendre Damon chez vous le week-end du 23 Juin.

-Pourquoi ? Intervint Damon, la mine déjà froissée par l’énervement.

-C’est la remise de diplôme de Stefan et la maison sera bondée de monde. Répondit-il d’un ton calme comme s’il s’agissait de quelque chose de banal.

-Tu veux que je loupe la remise de diplôme de mon petit frère ?! S’écria fortement le jeune homme, les poings fermés par la colère.

-Ne sois pas stupide, mon garçon ! Tu peux à peine sortir ton cul dehors plus de cinq minutes ! Et hors de question que toute la ville soit au courant de ta…condition.

-De ma condition ?!

Giuseppe se tourna enfin vers Alaric, les traits de son visage tirés par l’agacement.

-Pouvez-vous me laisser seul avec mon idiot de fils ?

Alaric ne répondit rien mais se leva. Il adressa une dernière claque amicale dans le dos de Damon avant de quitter la pièce. Une fois Alaric sorti, Damon se leva, titubant légèrement et s’avança lentement vers l’endroit où s’élevait la voix de son père.

-Tu ne peux pas m’empêcher d’assister à cette remise de diplôme !

-Qu’est-ce qu’il t’arrive, Damon, voyons ! C’est toi qui m’a demandé de quitter le lycée afin que tes camarades ne voient pas ta dégénérescence ! Et maintenant tu me demandes de venir à une remise de diplôme où la moitié de la ville sera présente ?!

-Il s’agit de Stefan, pape. Dit calmement Damon, des sanglots coincés au fond de sa gorge.

Giuseppe soupira. Quand Damon l’appelait « papa » en italien, cela avait toujours eu le don de l’adoucir.

-Tu t’en voudras plus tard.

-Peut-être mais je ne pense pas. Stefan a besoin de moi.

Il n’avait jamais été présent pour son petit frère. Et il était temps d’y remédier. Il savait à quel point cette remise de diplôme était importante pour lui. Elle bouclait une année de peine, de douleur, d’émotions et de souvenirs. Et après tout ce qu’il avait faisait pour lui, il lui devait bien ça.

-Je ne prendrai pas ce risque, c’est non Damon. Rétorqua-t-il enfin en se dirigeant vers la porte.

-Papa !

-J’ai dit non !!! Tout ça c’est à cause de ton stupide professeur. Depuis qu’il est là, tu bafoues mon autorité, tu me défies, tu me manques clairement de respect !

-Ne t’avise pas de mêler Ric à ça !

-Ric ? Tu l’appelles Ric ? Décidément mon pauvre garçon, tu dois réapprendre les limites.

Sur ce, il sortit en claquant la porte. Occupés dans la cuisine, Alaric et madame Flowers avaient entendu les cris.

-Cette histoire va mal finir, moi je vous le dis. Déplora la vieille dame en jetant ses légumes coupés dans la casserole.

-Il était temps que Damon lui dise ce qu’il pensait, non ?

A ce moment, Giuseppe débarqua dans la pièce.

-Monsieur Saltzman, venez avec moi. On doit parler.

Après avoir échangé un regard inquiet avec la bonne femme, Alaric suivit son patron sans broncher. Ils se retrouvèrent debout, face à face, dans l’immense salon.

-Je viens de me disputer avec mon fils. Commença le vampire.

-J’ai entendu, oui. Répondit Ric, les mains sur les hanches.

-Je me dispute jamais avec mon fils.

-C’est sûrement parce qu’il a trop peur de vous pour s’exprimer. Répliqua-t-il.

-Je sais ce qu’il y a de bien pour mon fils, je sais ce qu’il lui faut, ce qu’il est nécessaire pour lui, ce dont il a besoin, ce qui pourrait le blesser, le soulager, lui faire du mal ou le consoler. Je le sais parce que c’est mon fils ! Et vous, vous avez remis en cause mon jugement.

-Monsieur…

-Vous l’avez monté contre moi ! Vous lui avez fait croire qu’il était normal mais il n’est pas normal, monsieur Saltzman ! Il est loin de l’être ! Et lui faire une pareille promesse, c’est blesser mon fils. C’est pourquoi je vous demanderais de partir.

-Quoi ?! S’exclama Alaric, le cœur battant.

-Vous m’avez parfaitement compris. Vous êtes renvoyés. Je vous veux hors de ma maison avant le dîner. Répondit Giuseppe d’un ton froid.

Il allait tourner les talons quand un cri déchirant s’éleva de l’étage :

-Nooooooooon !

Damon apparut, humide de sueur, les cheveux en bataille et les yeux fous, au sommet de l’escalier. Au moins, il n’était plus aveugle. Il dégringola les marches et se jeta en avant. Cependant, Giuseppe l’attrapa et le retint de toutes ses forces.

-Tu peux pas le renvoyer ! Je t’en supplie, papa. Ne fais pas ça ! Je ferais tout ce que tu voudras…Je t’en prie ! Sanglota Damon contre les bras forts de son père.

-Je suis navré, fiston. Mais monsieur Saltzman doit partir.

-Non ! Tu ne peux pas me faire ça ! J’ai besoin de lui ! Tu entends ? J’AI BESOIN DE LUI !

L’adolescent commençait à se déchaîner et il risquait de se faire mal. Alors Giuseppe finit par le lâcher et Damon tomba dans les bras de son professeur.

-Tu peux pas me quitter, Ric…Pleura-t-il, le front appuyé contre l’épaule d’Alaric.

-Hey, Damon…Hey, regarde-moi. Dit-il tendrement en relevant la tête du garçon vers lui.

-Tu es fort, reprit-il, têtu, rebelle, insolent et arrogant mais tu es fort. Tu n’as pas besoin de moi. Tu iras bien. Tout ira bien. Viens là.

Il l’encercla de ses bras et le berça tout en embrassant ses cheveux de jais. Giuseppe et madame Flowers assistèrent silencieusement à la scène. La bonne femme était au bord des larmes et reniflait discrètement dans son torchon. Quant au père, il gardait une attitude froide et austère.

-Aller mon grand, je dois y aller. Tu peux le faire, Damon. Fais-le pour moi, mon pote.

Il ébouriffa les cheveux de l’adolescent une dernière fois, prit les affaires que madame Flowers avait préparé pour lui et quitta le manoir, laissant derrière lui un Damon abattu, perdu et bouleversé sur le sol.


Sherwood  (01.04.2015 à 21:44)

CHAPITRE 10

Alaric Saltzman avait repris son poste de professeur d’histoire au lycée de Mystic Falls. Tous les matins, il se levait, s’habillait, faisait son café, regardait son courrier et partait travailler. Cependant, l’image de Damon hantait son esprit. C’était comme s’il n’arrivait pas à se détacher de lui, comme s’il était connecté à lui. C’est ainsi qu’il prit la terrible décision de quitter la ville. C’était la seule solution. Il devait s’ôter Damon de la tête et rester ici en sachant que l’adolescent souffrait à quelques pâtés de maisons lui était insupportable. Il déménageait donc le soir-même. Pendant ce temps, à la pension, madame Flowers et Stefan ne savaient plus quoi faire. Depuis le renvoie du professeur Saltzman, Damon ne dormait plus, ne mangeait plus et passait ses journées entières à se morfondre dans sa chambre, plongé dans la dépression. Ce matin, quand il descendit par un quelconque miracle, madame Flowers commença sérieusement à s’inquiéter. Le garçon était affreusement maigre, on pouvait voir les os sous sa peau qui était devenue légèrement grisâtre. De grosses et profondes cernes se creusaient sous ses yeux fiévreux. Et chacun de ses mouvements étaient accompagnés de violents tremblements qui les rendaient faibles et instables.

-Monsieur souhaite quelque chose ? Demanda-t-elle en s’approchant de lui par derrière afin de le rattraper si jamais il tombait.

Le vampire ne répondit pas. Il ne parlait plus depuis le départ d’Alaric. La bonne femme poussa un long soupire. Giuseppe n’était même pas là pour noter l’état déplorable dans lequel était son fils. Ce dernier marcha lentement, courbé et tremblotant comme une personne âgée, vers son fauteuil roulant dans lequel il se laissa tomber.

-Je vous apporte un verre de sang. Dit-elle.

Quelques minutes plus tard, elle revint auprès du jeune homme qui n’avait pas bougé d’un pouce. Elle lui tendit le verre, l’aidant à le tenir en main. La dernière fois, le sang s’était retrouvé sur le tapis. Il trempa ses lèvres dans le liquide, but deux gorgées avant d’abandonner. La vieille femme passa une main tendre sur sa joue, lui adressant un doux sourire. Ce moment fut interrompue par le retour de Stefan. Elle se dirigea alors vers lui afin de prendre son manteau.

-Comment va-t-il, Nana ?

-Et bien…Regardez-le.

Stefan se tourna en direction de son frère. Ce dernier demeurait immobile dans son fauteuil, les yeux rivés sur la fenêtre. Il marcha à sa rencontre et posa délicatement une main sur son épaule.

-Hey, frangin. Ça va ?

Comme il s’y attendait, il ne répondit pas. Il décida de s’avancer, passa devant lui, s’accroupit et l’obligea à le regarder. Ce qu’il vit ensuite le terrifia. Les yeux de son grand frère reflétait une détresse que personne ne voudrait connaître. Mais ce qu’il vit surtout c’est qu’il n’était plus là. Son frère n’était plus là. Il n’y avait plus que du vide dans son regard. Damon avait disparu.

-Ça suffit. Dit-il froidement en se levant vivement.

-Pardon ? Fit madame Flowers qui mettait la table.

-On doit faire quelque chose.

-Comme quoi ? Vous connaissez votre père…

-Je m’occupe de lui. Mais je dois d’abord convaincre monsieur Saltzman de rester.

-De rester ?

-Il s’en va. Il déménage ce soir.

Le bruit d’une assiette brisée résonna tout d’un coup dans la pension. La vieille femme venait de lâcher la vaisselle, surprise par l’information. Si le professeur Saltzman s’en allait, c’était la fin pour Damon.

-Très bien. Je dirai à monsieur que vous êtes en étude avec mademoiselle Forbes. Allez-y.

Stefan fronça les sourcils. Jamais madame Flowers n’aurait osé mentir à son père. C’était une première. Mais Damon en valait la peine. Il hocha alors la tête, puis après avoir embrassé son frère, prit son manteau et sortit. Il chercha le professeur dans toute la ville et finit par le trouver devant la mairie.

-Bonjour Alaric.

-Tiens, Stefan. Qu’est-ce que tu fais ici ?

-Je voulais vous parler. Et vous ?

-Oh, j’avais de la paperasse à faire avant de partir.

-Donc vous partez vraiment ? Fit Stefan d’un air triste, se balançant maladroitement d’un pied sur l’autre.

-Oui Stefan, soupira Saltzman, je pars vraiment. Ecoute, je sais que tu ne veux que le bien de ton frère. Et crois-moi, je le veux aussi. Mais je ne peux pas forcer ton père à me réembaucher. Il ne veut plus de moi.

 -Je le forcerai ! S’écria le vampire, au bord du désespoir.

Alaric esquissa un sourire et répondit :

-Je sais bien que tu le ferais. Mais nous savons également tous les deux que ça n’arrangera en rien les choses. Désormais, c’est toi qui doit t’occuper de lui. C’est ton rôle maintenant. J’imagine que ça doit être difficile à encaisser mais je crois en toi. Tu y arriveras.

Sur ce, il se dirigea vers son camion, laissant un Stefan complètement affligé derrière lui. Il se mordit la lèvre et à la dernière minute, se retourna.

-Au fait, j’ai laissé un cadeau d’adieux à Damon.

Au même moment, on sonna chez les Salvatore. Madame Flowers alla ouvrir et se retrouva face à une jolie jeune fille. Elle était grande et élancée avec un délicat visage entouré de long cheveux bruns qui dégringolaient sur ses épaules.

-Que puis-je pour vous, mademoiselle ?

-Je suis venu voir Damon Salvatore. Je peux ? Dit-elle d’une voix cristalline.

-Bien sûr ma chérie ! S’écria la vieille dame, enjouée de voir une belle fille rendre visite à son jeune maître.

Elle s’écarta et la laissa entrer. Après l’avoir débarrassée de ses affaires, elle l’emmena au salon. Le cœur de la jeune humaine manqua un battement à la vue d’un Damon Salvatore faible et démuni dans un fauteuil roulant. Il n’avait rien avoir avec le Damon Salvatore bad boy et arrogant qu’elle avait connu au lycée il y a deux ans.

-Damon ? Appela-t-elle en s’approchant de lui d’un pas prudent.

Le vampire releva lentement la tête au son de sa voix. Puis ses mains glissèrent le long des roues du fauteuil et il se retourna afin de lui faire face. Il écarquilla aussitôt les yeux en reconnaissant la jeune fille.

-E…Elena ? Balbutia-t-il.

-Ouais. C’est moi. Répondit-elle, le sourire aux lèvres.

-Qu’est-ce que…

-C’est ton ami, Alaric Saltzman, qui m’a appelé.

Damon esquissa un sourire à son tour. Ce bon vieux Ric…Décidément.

-J’imagine que ce n’est pas ce à quoi tu t’attendais. Ricana-t-il.

Elle aperçut son visage triste et blessé alors elle raccourcit la distance qui les séparait. Accroupis près de lui, elle déposa sa main douce sur sa joue, caressant tendrement sa peau usée par la maladie. Damon plongea son regard dans le sien, un regard chaud, généreux et tellement envoûtant qu’il faillit s’y perdre dedans. Ça faisait tellement longtemps que personne ne l’avait regardé comme elle le regardait.

-J’imagine que c’est pour ça qu’on t’a plus vu durant ces dernières années. Dit-elle, gardant toujours son beau sourire.

-Ouais.

Il baissa les yeux, rongé par la honte.

-Hey, Damon. Regarde-moi.

Il ne put résister et leva à nouveau les yeux vers elle.

-Tout va bien…Tout va bien.

Il hocha enfin la tête, les yeux humides, car grâce à elle, la douleur était partie. Les deux adolescents discutèrent ensuite jusqu’à la tombée de la nuit. Madame Flowers eut le sourire grand jusqu’aux oreilles en voyants les jeunes, absorbés par ce que disait l’autre, main dans la main. Ce fut à contrecœur qu’elle demanda à Elena de partir car Damon devait aller dormir.

-Je comprends. On se voit demain, Damon ?

-Oui. Passe quand tu veux. Répondit-il, gardant sa main dans la sienne.

Elle l’embrassa sur le front, une dernière caresse et quitta le manoir.

-Monsieur Salvatore, résonna la voix d’Yvonne sa nouvelle aide-soignante, il est temps d’aller au lit.

Il grimaça à la pensée de cette vieille tordue en train de le déshabiller sans ménagement. Finalement, il soupira et roula à sa suite.

Alaric avait à présent toutes ses affaires dans le coffre et s’apprêtait à démarrer la voiture. Sa gorge se serra en mettant le contacte. Il allait partir, il allait quitter Mystic Falls, il allait abandonner Damon. Non, il ne devait pas penser à lui. Il secoua la tête et se concentra sur la route. Cependant, à peine avait-il dépasser le panneau de la ville que son téléphone sonna. Il tenta d’ignorer l’appel, en vain. Il appuya alors sur le bouton main-libre.

-Allô ?

-Vous êtes Alaric Saltzman ?! Fit une voix paniquée à l’autre bout de la ligne.

-Heu…Oui. C’est bien moi.

-Je suis Yvonne Marshall, l’aide-soignante de Damon Salvatore.

Le nom de l’adolescent alerta immédiatement Alaric.

-Il y a un problème ? Demanda-t-il en essayant de garder une voix stable.

-Il.. Il a une crise…Je n’arrive pas à le calmer…Monsieur Salvatore a pris son avion pour l’Europe ce matin et…et je ne sais pas quoi faire…Madame Flowers m’a dit de vous appeler. Je vous en prie, j’ai besoin d’aide…Il…Il…

-J’arrive tout de suite.


Sherwood  (03.04.2015 à 21:38)

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