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Série : The Vampire Diaries
Création : 12.11.2015 à 20h04
Auteur : Sherwood
Statut : Terminée
« Suite de la saga "Métro". Dernière ligne droite jusqu'au terminus ! J'écris seule, merci. » Sherwood
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CHAPITRE 1 : Illusions

Lorsque Damon ouvrit les yeux, un grand sourire se dessina sur ses lèvres. Il se passa une main sur ses yeux encore endormis et s’étira de tout son long dans un soupire de contentement. Il se tourna ensuite vers l’autre côté du lit et fronça les sourcils en s’apercevant qu’il était vide. Il décida alors de se lever, enfila un t-shirt et descendit les escaliers jusqu’à la cuisine. Il y trouva la femme de sa vie, occupée à préparer le petit-déjeuner.
-Bonjour madame Salvatore. Ronronna-t-il dans le cou d’Elena en la prenant par la taille.
-Bonjour toi. Répondit-elle en se tournant vers lui, les yeux pétillants de bonheur.
-Papa !
Damon se retourna pour attraper ses deux enfants dans ses bras.
-Hey vous deux, déjà en forme ? Fit-il, un air amusé sur le visage.
Il ébouriffa les cheveux de son grand garçon avant d’embrasser le front de sa petite dernière. Quand il se releva, ce fut pour croiser le regard plein d’amour de sa femme.
-Viens-là, ma belle. Susurra-t-il tout en la prenant délicatement par les hanches.
Son cœur fit ensuite cette chose qu’il faisait quand il l’embrassait : il battait. Il battait avec intensité dans sa cage thoracique, tel un humain. Soudain, il se retira violement des bras d’Elena. Celle-ci le fixa avec inquiétude.
-Damon ? Tout va bien ? Damon ? Damon…
Damon se réveilla brusquement, couvert de sueur, le regard fiévreux et la vision floue. Il cligna alors des yeux et tenta de retrouver ses esprits malgré la chaleur maladive qui bouillait à l’intérieur de lui. Il essaya de se redresser mais les liens à ses poignets l’en empêchèrent. C’est là qu’il se rendit compte qu’il était lié à une table. La pièce était sombre, seulement éclairée par une lumière aveuglante qui se balançait au-dessus de lui.
-Bonjour Damon. Enfin réveillé ? Résonna une voix dans l’obscurité.
Salvatore plissa les yeux afin d’en apercevoir le propriétaire. Quand sa vision fut enfin rétablie, il reconnut alors Whitemore. Tout à coup, il se souvint. Il se souvint de l’attaque, de Kai, de la mort de Rose, d’Elena qui se poignarda, de sa capture et de…
-Je…Je suis humain ? Balbutia-t-il.
Whitemore s’approcha de lui et, un sourire paternel sur les lèvres, lui répondit :
-Non, pas encore. Tu es en pleine transition. Il semblerait que mon sérum ne soit pas aussi fort que je l’espérais. Mais ce n’est pas grave, je t’injecterai une dose toutes les deux heures et normalement, tu le seras à la fin de la journée.
Damon regarda autour de lui, désorienté.
-Quel jour sommes-nous ?! Paniqua-t-il.
-Le 1 Décembre. Tu es resté inconscient pendant quatre mois. Répondit Whitemore, toujours souriant.
-Quatre mois ?!
-Oui mais ne t’en fais pas. Je m’occupe de tout.
Les yeux du vampire s’écarquillèrent.
-Vous…vous vous occupez de tout ?
-Damon, tu dois te reposer maintenant. Les injections t’ont vraiment affaibli. Tu dois garder tes forces. Katherine veillera sur toi pendant mes absences.
-Katherine ?! Souffla-t-il, le teint livide.
La silhouette d’une jeune femme se dessina progressivement dans le noir. Il reconnut alors sa fameuse veste en cuir rouge.
-Salut Damon. Dit-elle en se penchant vers lui, une main posée près de sa tête.
-Qu’est-ce que…Bredouilla-t-il, confus.
-Le médecin t’a dit de te reposer, l’interrompit-elle d’une voix suave, tu dois l’écouter.
A ce moment, il aperçut l’aiguille qui dépassait de sa poche.
-Non ! Katherine, je t’en prie ! Ne fais pas ça ! Ne fais…
La jeune humaine ignora ses supplications et enfonça brusquement l’aiguille dans son bras immobilisé.
Jamais Elena n’aurait imaginé que sa vie serait comme elle était aujourd’hui. Jamais elle n’aurait pensé qu’elle arrêterait l’école pour se cacher dans les sous-sols du métro. Jamais elle n’aurait cru un jour se faire passer morte auprès de ses proches afin de les garder en sureté. Mais surtout jamais elle n’aurait envisagé se réveiller un matin dans la peau d’un vampire. Cela faisait quatre mois. Quatre mois que Damon était mort. Quatre mois que les vampires étaient rentrés en guerre avec les humains. En fait, la mort de leur leader avait provoqué un électrochoc auprès de leur communauté. Depuis, Stefan représentait leur race à la maison blanche. Bill Forbes a été assassiné. C’était à prévoir. Caroline, inconsolable, c’était retiré au milieu des montagnes dans la maison familiale avec un certain Tyler. Plus rien n’était pareil. Après s’être poignardée, Elena s’était réveillée dans la chambre de Damon, Enzo à son chevet. Et, d’un ton terriblement calme, il lui avait dit qu’Ansel avait été capturé puis tué, que Damon avait disparu et qu’elle était morte. Cela avait été un mystère pour tout le monde. Elena n’avait pas eu de sang de vampire dans les veines lorsqu’elle était morte. Jamais elle n’aurait dû devenir vampire. Et pourtant, c’était arrivé. Après des jours de recherches, Enzo était finalement venu la voir en lui annonçant que Damon était sûrement mort. Au début, Elena ne voulait pas y croire. Elle avait commencé à sombrer peu à peu dans la folie. Ce qui avait inquiété tout le monde au sein du sous-sol. Petit à petit, elle s’était même lié d’amitié avec Alaric. Le professeur complètement fou lui répondait à peine et malgré ça, elle aimait lui parler. C’était comme s’il était le seul à pouvoir la comprendre. Au fur et à mesure des jours, la mort de Damon avait créé un vide en elle. Un vide qui, à chaque instant, semblait se renforcer. Les vampires ne la reconnaissaient même plus. Elle n’était plus la gentille et fragile Elena, l’humaine qui avait soif d’aventure et qui ne souhaitait qu’une chose : la paix entre leurs deux races. Maintenant, Elena était un vampire en deuil, sûre d’elle, qui contrôlait sa nouvelle nature mieux que quiconque. Elle avait réussi à s’imposer auprès des vampires. Personne ne la contredisait. Comme s’ils avaient peur de dire quelque chose de travers, pouvant la faire déraper. Ce soir, après avoir fait sa tournée habituelle dans les rues, Elena jeta son sac dans un coin de la chambre de Damon, dans laquelle elle s’était désormais installée.
-Tu vas bien ? Demanda Enzo, appuyé contre la porte.
-Très bien. Pourquoi ? Fit-elle sans pour autant se retourner.
-Parce que le ministre des affaires étrangères a été assassiné aujourd’hui. Répondit-il d’un ton ferme.
-Et tu te demandes si c’est moi ? C’est ça ? Le questionna-t-elle tout en déballant ses affaires.
-Non, je me demandais juste si tu en savais quelque chose.
-Et bien non, je n’en sais rien. Autre chose ?
Enzo comprit à ce moment qu’il devait partir. Alors il n’ajouta rien et sortir de la chambre, en silence. Une fois la porte fermée, Elena s’écroula. Ses genoux touchèrent le sol et elle lâcha enfin toutes les larmes qui s’étaient accumulées au cours de la journée. Elle pleura, pleura jusqu’à la dernière goutte. Puis elle recommencera demain, et le jour d’après, et le jour suivant, chaque jour depuis la déclaration de sa mort.
Au même moment, Damon fut réveillé par un bip strident continue. Quand il ouvrit les yeux, il aperçut un électrocardiogramme placé à ses côtés et des électrodes collées sur sa poitrine.
-C’est quoi cette blague ? S’écria-t-il d’une voix rauque.
-Ton taux de potassium est élevé. Ce n’était pas prévu mais ne t’inquiète pas, je vais arranger ça. Répondit Whitemore, penché sur des analyses.
-Mon taux de potassium ? Répéta Damon, ahuris.
-Oui. Katherine est partie me chercher les médicaments qu’il me manquait. D’ici demain, ça devrait s’améliorer.
-Vous êtes complètement fou ! S’exclama Damon.
Il se mit à lutter contre ses liens mais c’était peine perdu. Il se sentait beaucoup trop faible. Il avait également remarqué que sa vision et son ouïe avait diminué ainsi que sa soif de sang.
-Qu’est-ce que vous me faîtes…Marmonna-t-il en reposant sa tête sur la table, malade et groggy.
-Je te l’ai dit, fiston. Tu deviendras ma plus grande réussite. Tu sauveras ce monde qui est en train de tomber en ruine. Tu seras l’espoir de toute une population. Tu es l’avenir, Damon ! Maintenant, dors un peu.
Le vampire sentit le picotement d’une aiguille dans le bras avant lentement, de se laisser emporter par le sédatif.
-Elena…Murmura-t-il.
Et il perdit connaissance.
CHAPITRE 2 : To move on

Stefan était hors de lui. Maintenant que le ministre des affaires étrangères avait été assassiné, les patrouilles humaines militaires avait doublé dans les rues et il était désormais impossible pour les vampires de sortir le jour. En rentrant au sous-sol, il dut passer par les allées désertes de la ville. La population s’était réfugiée à l’intérieur, comme en temps de guerre. Seule l’armée circulait au dehors, armes à la main. Le vampire se passa une main désespérée sur le visage et poussa un long soupire. Son frère était mort, Caroline l’avait quitté et Elena était dans un état déplorable. Il ne pouvait compter sur personne. Et il ne comptait pour personne. Telle était sa vie à présent. Triste. Silencieuse. Seule.
-Stefan ?
La voix d’Enzo le sortit aussitôt de sa détresse. Il releva la tête et plongea son regard dans celui de son ami.
-Oui ?
-Le président a passé une annonce sur les chaines cryptés de la radio. Il veut te parler.
-Evidemment. Répondit-il gravement.
Il se dirigea alors vers la salle commune où il s’empara de son blouson. A ce moment, il remarqua Elena qui entrait dans le placard aménagé pour Alaric.
-Qu’est-ce qu’elle fait ? Demanda-t-il à Enzo.
-Elle a dit qu’elle avait besoin d’une discussion avec le professeur Saltzman.
Stefan hocha les épaules puis partit sans un regard en arrière.
-Que personne ne sorte ! Lâcha-t-il avant de disparaître.
Pendant ce temps, Elena venait de refermer la porte du débarra derrière elle. Elle ne savait pourquoi elle se sentait attirée par la folie d’Alaric. Peut-être parce qu’elle était proche de la sienne. C’est triste, pensa-t-elle, Damon était son meilleur ami et il ne s’en souvient même pas. Elle pencha la tête de côté afin de mieux apercevoir la silhouette recroquevillée de Ric dans un coin sombre de l’étroite pièce. Le professeur était assis, les jambes étalées devant lui, le dos affaissé contre le mur. Elena vint adopter la même position, en face de lui. Alaric ne fit aucun mouvement pouvant indiquer qu’il l’avait remarqué. Ses yeux demeuraient fixés droit devant lui sur les différents détergents, complètement impassible. Elle et lui restèrent un long moment comme ça, assis, à attendre. Puis au bout d’un certain temps, ce fut la jeune fille qui brisa le silence qui devenait oppressant.
-Tout le monde pense que je vais me suicider un jour ou l’autre.
Comme elle s’y attendait, Alaric ne répondit pas. Alors elle continua :
-Ils ne savent pas ce que c’est. Je veux dire, n’importe qui a connu le deuil, la perte d’un être cher mais personne n’a connu…ça. Ce n’est pas pareil cette fois. Mes parents sont morts. Je sais ce que c’est ! Je connais la douleur, la peine, ce vide…ce grand vide. Mais ça, non. La perte de moi-même, non.
Alaric ne bougea toujours pas. Il resta planté, tel une statue, continuant sa fixette des balais qui faisaient la queue devant lui.
-Crois-tu qu’un…qu’un jour je me retrouverai ? Parce qu’aujourd’hui, j’en doute fortement. Dit-elle, la voix étranglée par des sanglots naissants.
Il se passa de longues minutes, terriblement silencieuses avant que la jeune fille ne reprenne :
-Je l’ai perdu, Alaric. Je l’ai perdu…
A ces mots, elle éclata en pleurs. Soudain, la seconde d’après, elle s’arrêta. Son visage retrouva une étrange fermeté, ses yeux une effrayante froideur. Seules les traces humides de ses larmes témoignaient de sa faiblesse. Puis, d’un ton grave, voire robotique, elle dit :
-Je crois que je deviens folle…
Brusquement, à ce moment, Alaric leva les yeux vers elle. Elena se figea, complètement hypnotisée par le regard intense du professeur.
-M...Monsieur S…Saltzman ? Balbutia-t-elle.
Le temps s’était arrêté. A cet instant précis, elle sut qu’il était revenu. Il était là. Juste devant elle et il souffrait. Puis la seconde d’après, elle avait à nouveau perdu. Il était parti. Ses yeux retombèrent dans le vague et sa raison le quitta une nouvelle fois. La vampire essuya une énième larme qui s’écoulait lentement sur sa joue. Qu’est-ce qui avait bien pu le rendre comme ça ? Finalement, elle laissa cette question de côté, s’adossa au mur et fixa à son tour les détergents.
-Non, je vous ai en déjà vendu la moitié, je ne peux pas vous vendre le reste ! Je sais bien mais je suis également responsable d’une entreprise, monsieur Forbes. A l’avenir, si vous avez d’autres requêtes, prenez rendez-vous auprès de ma secrétaire.
Sur ce, Damon mit fin à l’appel. Il se passa une main sur le visage, fatigué. Aujourd’hui avait été une longue journée. Il n’avait qu’une envie, aller chercher ses enfants, se poser sur le canapé avec un verre de vin rouge et sa femme à ses côtés. Ce fut sur cette pensée qu’il se gara sur le parking de l’école. Dès qu’il sortit, deux petits chenapans embrassèrent ses jambes.
-Papa ! S’écrièrent-ils avec joie.
-Salut vous deux. Vous avez passé une bonne journée ? Demanda-t-il en prenant sa fille dans ses bras, une main dans celle de son aîné.
-Super ! Hey, tu sais que maintenant que je vais être pris dans l’équipe de basket ? S’écria son fils.
-Vraiment ? C’est génial ! Je suis fier de toi, fiston.
Il ébouriffa affectueusement ses cheveux avant d’installer sa sœur à l’arrière de la voiture.
-J’ai faim. Se plaignit-elle en faisant son adorable petite moue qui avait le don de faire fondre son père à chaque fois.
-Alors heureusement que maman a préparé votre goûter !
Lorsqu’ils rentrèrent enfin, les enfants coururent immédiatement dans la cuisine sous le regard amusé d’Elena. Elle se tourna ensuite vers son mari et l’embrassa tendrement.
-Tu vas bien ?
-Un peu fatigué mais ça va.
Aussitôt, elle fronça les sourcils.
-Tu es sûr ? Parce que j’ai pas envie de revivre l’épisode de la dernière fois !
-Chérie, cesse de t’inquiéter. Soupira-t-il, une main venant caresser sa joue.
-Tu t’es évanoui, Damon ! S’exclama-t-elle en se retirant vivement de son étreinte.
Mince, elle était fâchée.
-Je sais, je sais. Ecoute, je suis désolé. Dit-il d’un ton sérieux.
Il n’en fallait pas plus pour que la jeune femme cède et le prenne à nouveau dans ses bras.
-Ne me refais plus jamais peur comme ça. Quand le médecin te dit de te reposer, tu te reposes ! Promis ? Fit-elle avant de poser un chaste baiser dans le cou de son mari.
-Promis.
Damon se réveilla en sursaut, haletant comme s’il se noyait. Katherine se précipita à ses côtés, visiblement préoccupée. Elle avait sorti le stéthoscope et écoutait attentivement l’air dans ses poumons.
-Qu’est-ce qu’il se passe ? S’alerta Whitemore qui venait d’entrer dans la pièce.
-Je pense qu’il fait un pneumothorax. Répondit la jeune femme.
-Quoi ? Comment est-ce possible ?
-Je me pose exactement la même question ! Rétorqua-t-elle tout en cherchant du matériel autour d’elle.
Pendant ce temps, Damon était en sueur. Tous ses muscles étaient comprimés et sa cage thoracique se comprimait de plus en plus, réduisant ainsi son arrivée d’oxygène. Tout ce qu’il entendait était le bip strident de son électrocardiogramme qui s’affolait. -On doit lui faire un drain thoracique au plus vite. Dit fermement Katherine. Elle commença alors à effectuer une profonde entaille dans les côtes du patient. Ce dernier perdait peu à peu conscience et ne semblait même pas réagir aux actions de son ancienne petite-amie. Celle-ci enfonça d’un coup le drain et Damon put respirer à nouveau. Il prit les prochaines respirations comme ses premières, profitant de chaque souffle. Lorsqu’enfin il fut revenu à lui, il tourna la tête vers les deux autres.
-Qu’est-ce qui m’est arrivé ? Demanda-t-il d’une voix encore faible.
Whitemore s’approcha cette fois, un grand sourire sur les lèvres
. -Tu as fait un pneumothorax, rien de bien méchant, juste un malheureux effet secondaire. Heureusement, nous avons pu le contrôler à temps.
-Pourquoi je sens que ce n’est pas tout ?
Whitemore eut un petit rire puis il répondit :
-Félicitation Damon. Tu es redevenu humain.
Chapitre dédié aux attentats du 13/11/2015. Résistance. Espoir. Paix. Pensées aux victimes et à leurs familles.
CHAPITRE 3 : Désillusions

Ce matin, Damon se réveilla stressé. Dans quelques heures, il avait rendez-vous à l’hôpital avec son médecin. Il allait enfin connaître les résultats de ses examens et savoir si oui ou non il était malade. Car quelque chose devait forcément expliquer ses hallucinations. Il n’avait rien dit à Elena, de peur de l’inquiéter, elle et les enfants. Mais ça faisait à présent plusieurs mois qu’il avait la terrible impression de vivre une autre vie. Complètement ridicule qui plus est ! Il se retrouvait, sans savoir comment, dans la peau d’un vampire, chef d’une armée de monstres à New York, en conflit avec son frère et amoureux d’une humaine qui ressemblait comme deux gouttes d’eau à sa femme, portant également le même prénom. Parfois, il se demandait comment son esprit pouvait créer de telles choses. Mais ce n’était pas le plus effrayant, le plus effrayant était que lorsqu’il vivait ces hallucinations, il avait l’impression que c’était sa propre vie, la vrai, qui n’était pas réelle. Il devait y mettre fin et vite.
-Tu pars déjà ? Fit la voix endormie de sa femme.
-Ouais. J’ai mon rendez-vous à l’hôpital. Tu te souviens ?
-Dès que c’est fini, tu m’appelles ?
-Bien sûr.
Il l’embrassa avec amour avant de partir.
Quand Damon ouvrit les yeux, la pièce était agréablement éclairé par les rayons du soleil qui perçait les barreaux des fenêtres. On lui avait retiré les électrodes et le drain, cependant il demeurait attaché à la table. Il remarqua alors qu’il était seul. Whitemore et sa psychopathe d’assistante n’étaient pas là. C’était bizarre. Où était Elena ? Où était sa femme ? Et ses enfants ? Etaient-il en danger eux aussi ? Il devait les retrouver à tout prix. Il tenta alors de lutter contre les sangles qui le gardaient prisonnier mais rien n’y faisait. C’est là qu’il remarqua les aiguilles posées avec soin sur la table qui se situait non loin de lui. Il secoua la table de gauche à droite jusqu’à ce que cette dernière vint heurter la table. Il faillit pousser un cri de joie quand une des aiguilles atterrit près de sa main. Il s’en empara et commença à l’enfoncer plusieurs fois dans le nœud de la sangle. Puis, au bout de quelques minutes, il était libre. Sans attendre, il se libéra entièrement et sauta sur le sol. Tout d’un coup, sa tête se mit à tourner et il dut prendre appuie sur le mur. Quoique ces fous lui ont fait, ça semblait faire effet. Après tout, peut-être qu’ils avaient retiré la tumeur ? Comment le savoir, il ne se souvenait plus de rien !
-Elena…Murmura-t-il, les larmes aux yeux.
Il ne sut pourquoi il se sentait subitement si vulnérable. Son cœur se serra, sa poitrine se figea. Il avait besoin de sa famille, de sa maison et de reprendre le cours de sa petite vie tranquille. Mais pour ça, il devait sortir de là. Il inspira un bon coup avant de reprendre le chemin vers la sortie. Celle-ci menait à un escalier. Il le grimpa lentement, encore faible des expériences, et arriva enfin à une porte en fer. Lorsqu’il l’ouvrit, il déboula dans un immense hall désert. La pièce était complètement ravagée. Les fenêtres étaient brisées, laissant un courant d’air froid balayer le sol couvert de papiers et de débris en tous genres. Que diable s’était-il passé ici ? Il marcha d’un pas hésitant vers le milieu de l’entrée et aperçut un grand écriteau qui surplombait le bâtiment : Le Centre. Damon n’avait aucune idée de ce que ça voulait dire. Il tourna sur lui-même à la recherche d’une présence humaine.
-Il y a quelqu’un ?
Sa voix résonna fortement dans l’établissement. C’était à présent un fait : ce lieu était abandonné depuis longtemps. Il préféra alors sortir afin d’obtenir davantage de réponses à ses nombreuses questions. A peine fut-il dehors que le froid glacial s’empara de lui. Il en avait oublié que c’était l’hiver et ce n’était pas habillé de cette façon qu’il allait pouvoir lutter contre le froid. Ce fut frigorifié qu’il descendit rapidement les marches, se frottant vivement les bras. Il s’aperçut ensuite que les rues étaient toutes aussi désertes que le Centre. Décidément, personne n’allait l’aider. Il s’enfonça alors dans les petites ruelles avec l’espoir de rencontrer quelqu’un. Mais sa première rencontre avec ce monde ne fut pas celle qu’il espérait. C’était le cadavre d’un homme, visiblement un sans-abri, dont du sang coulait de sa gorge ouverte. On aurait que quelque chose l’avait mordu. C’était quoi ce délire ? Il allait s’enfuir en courant quand une terrible idée lui vint. Il se pencha au-dessus du corps et l’inspecta. Après tout, son manteau n’allait plus lui servir. Il ferma les yeux de dégoût en s’emparant du vêtement avant de remercier silencieusement le pauvre homme. Après ça, il fut abattu. Il se sentait seul, livré à lui-même, dans un monde qu’il ne connaissait pas. La tête baissée, emmitouflé dans le manteau volé, il demeura muet en rencontrant un groupe de pauvres gens, assis dans la neige, essayant de se réchauffer auprès d’un feu qu’ils avaient allumé. Il s’assit auprès d’eux, recroquevillé dans un coin, caché dans un bonnet qu’il avait trouvé dans une poubelle. En face de lui, une pauvre mère avait les genoux ramenés vers elle et tenait fermement ses enfants, comme pour tenter de les protéger du froid. Cette vue lui rappela ses propres enfants, son fils et sa fille qui devaient probablement l’attendre quelque part.
Damon était en état de choc. Diagnostique : Cancer du cerveau. Cela expliquait ses maux de têtes récurrents, ses nausées et surtout ses hallucinations. C’était à un stade avancé. Il pouvait toujours essayer la chimiothérapie mais aucune guérison n’était garantie. Ce fut complètement sonné que Damon sortit de l’hôpital ce matin. Elena lui avait fait promettre de l’appeler dès que son rendez-vous était fini. Mais qu’allait-il lui dire ? Salut bébé, le médecin m’a dit qu’il me restait six mois à vivre ? Il ne pouvait pas lui faire ça. S’il l’aimait, il devait l’épargner.
-Alors ? Qu’a dit le médecin ? Demanda-t-elle une fois qu’elle eut décrochée.
-Juste un peu d’anémie. Rien de bien méchant. Mentit-il, se passant nerveusement une main dans les cheveux.
-Donc tout va bien ?!
-Tout va bien, Léna.
-Mais c’est génial Damon ! Maintenant, tu vas vraiment nous écouter le médecin et moi, et te reposer ! S’écria-t-elle.
-Oui promis. Ecoute, je dois aller au boulot mais je te jure que je rentre plus tôt et dès demain je prends quelques jours de congés. Toi et moi, on laissera les enfants à Caroline et on partira enfin en week-end tous les deux. D’accord ?
-Tu sais que je t’aime toi ?
-Je t’aime aussi.
Et ce fut les doigts tremblants qu’il raccrocha.
Bonnie ne savait plus où donner de la tête. Depuis qu’elle gérait un refuge pour les humains victimes de la guerre, elle n’avait plus aucun moment pour elle-même.
-Bonnie ! La famille Donovan réclame de la soupe pour ce mois-ci.
-Dis-leur de patienter. Les temps sont de plus en plus difficiles et il en faut pour tout le monde. Répondit-elle tout en appliquant un pansement sur un petit garçon.
Celui-ci s’était cogné la tête en tentant d’échapper au vampire qui avait attaqué ses parents. Heureusement il était vivant mais orphelin.
-Bonnie, pourquoi les vampires mangent les gens ? Demanda-il d’un ton innocent qui fit exploser le cœur de la jeune-fille.
-Heu…Parce qu’en tentant de maintenir la paix, les humains ont tué le chef des vampires. Du coup, les vampires sont en colère maintenant. Tu comprends ?
-Mais papa et maman n’avaient rien fait.
-Je sais, bonhomme. Je sais.
Ils furent ensuite interrompu par Sarah :
-Bonnie, Stefan est là.
La jeune humaine se passa une main dans ses cheveux courts avant de se relever et d’aller rejoindre le vampire.
-Tout va bien Stefan ?
-Non. Je reviens à l’instant de la Maison Blanche. Il y a eu plus d’attaques, du coup le gouvernement ne veut plus coopérer avec nous !
-Mais comment va-t-on faire ?! S’exclama Bonnie, à présent pâle.
-Je n’en sais rien. C’était Damon qui savait quoi faire. Et Elena n’est plus en état de nous aider.
-Quoi ? Comment ça ?
-Elle s’est enfermé dans le local avec Alaric. Elle n’a donné aucune réponse depuis.
-Je suis désolée Stefan. Dit-elle sincèrement.
Elle l’étreignit amicalement puis Stefan repartit rejoindre les autres aux sous-sols.
-Bonnie ! On a besoin de toi ici !
La jeune fille soupira avant de retourner à sa tâche. C’était Matt et Tyler qui étaient revenus de leur ronde habituelle. Apparemment, il avait recueilli un sans-abri encore une fois.
-On l’a retrouvé inconscient dans la neige. Il est glacé.
Elle s’approcha du jeune homme et sursauta.
-Bonnie ?
-C’est impossible…Souffla-t-elle.
L’homme qu’ils avaient amené n’était autre que Damon Salvatore.
CHAPITRE 4 : The New President

Bonnie avait observé Damon toute la nuit. C’était étrange de le voir ainsi, allongé dans un lit de fortune sous des tonnes de couverture, aussi pâle que la neige et surtout aussi humain qu’elle l’était. Au moins, se dit-elle, il était de retour. Peut-être qu’il allait pouvoir atténuer les tensions et même arrêter la guerre. Elle attendit donc son réveil avec impatiente. Ce fut au beau milieu de la nuit qu’elle le sentit bouger sous les draps.
-Damon ?
L’ex-vampire poussa un gémissement puis battit faiblement des paupières. Un grand sourire s’étendit sur les lèvres de la jeune fille. Tout ira bien désormais.
-Damon, c’est Bonnie. Tout va bien. Tu es en sécurité ici.
Le jeune homme se redressa légèrement et secoua la tête de droite à gauche, complètement perdu.
-Tu es dans un centre de réfugiés au coin de la treizième rue. Expliqua-t-elle afin de le rassurer.
Mais cela sembla n’avoir aucun effet vue qu’il parut de plus en plus désorienté. Soudain, il se tourna vers elle et ce qu’il dit pétrifia l’humaine :
-Vous êtes qui ?
-Damon, c’est Bonnie. Bonnie Bennett, la meilleure amie d’Elena.
Au nom de cette dernière, son visage changea brusquement de couleurs.
-Où est ma femme ?! S’écria-t-il vivement, les yeux assombris par la peur et la rage.
-Quoi ? De quoi tu parles ?! Rétorqua Bonnie, confuse.
-Elena ! Je veux savoir où est ma femme ! Et mes enfants ! Et…Attendez une minute…
Une lueur de compréhension traversa d’un coup son regard. Puis il leva à nouveau les yeux vers elle et dit :
-C’est une hallucination, c’est ça ?
-Je…Je ne comprends pas. Balbutia Bonnie.
-Tout ceci n’est pas réel. Ajouta-t-il en se passant une main fatiguée sur le visage.
-Si Damon ! C’est bien réel ! Ecoute, je ne sais pas ce qu’il t’es arrivé mais…
-Tu ne m’auras pas ! Je sais que ce n’est pas réel et que tout ça finira dans quelques minutes ! L’interrompit-il brusquement.
-Ça ne finira pas, Damon. Tu es dans la réalité. Lui dit-elle calmement en posant une main sur son épaule.
-Mais je…Elena…et les enfants…
Elle vit avec horreur des larmes se former dans son regard. Elle fit alors la première chose qui lui vint à l’esprit, elle le prit dans ses bras.
-Tout ira bien, Damon. Je vais t’amener à ton frère et tout s’arrangera.
-J’ai un frère ?
Bonnie s’écarta et ferma les yeux. Qu’est-ce qu’on lui avait fait ? Elle qui croyait que son retour allait ramener la paix dans le pays. Mais aujourd’hui, dans son état, il était impossible pour lui de prendre une quelconque décision rationnelle.
-Oui. Il s’appelle Stefan.
A l’évocation de ce nom, l’ancien vampire esquissa un sourire. Devant l’air interlocuteur de la jeune fille, il dit :
-Mon fils aîné s’appelle Stefan. Je veux dire, dans mon…mon autre vie.
Bonnie sourit à son tour. Puis elle le prit tendrement par la main et l’aida à se lever.
-Viens, on va voir ton frère.
Pendant ce temps, les vampires aux sous-sols tentaient d’oublier la situation à l’extérieur en jouant au poker, en écoutant de la musique, en se détendant comme ils pouvaient dans la salle commune. Stefan, quant à lui, venait de rentrer. Il se dirigea automatiquement vers Enzo qui tenait la garde devant le local.
-Elle est toujours enfermée à l’intérieur ? Soupira-t-il, abattu.
-Toujours. Répondit Enzo d’un ton grave.
-On est foutu, mon pote. Notre alliance avec le gouvernement est fini et les vampires ne demandent qu’une seule chose : la guerre ! Ça va éclater.
-Que veux-tu qu’on fasse ?
-C’est justement ça le problème, il n’y a rien qu’on puisse faire.
Tout à coup, une voix s’écria de l’entrée :
-Stefan ! Stefan !
Le vampire se retourna et ses yeux s’écarquillèrent quand il aperçut Bonnie venir dans sa direction, suivie d’un visage qu’il avait cru à jamais ne revoir.
-Da…Damon ? Bredouilla-t-il.
Son frère, son grand frère, se tenait là, devant lui, enveloppé dans une vieille couverture, le teint pâle, les yeux creux mais surtout vivant. Sans attendre une minute de plus, il courut vers lui et le prit fortement dans ses bras. Damon, lui, ne savait comment réagir. Il n’avait pas connu ce Stefan dans cette vie. Il n’était pour lui rien d’autre qu’un étranger. Mais en vue de l’émotion de ce dernier, il fit un effort et resserra ses bras faibles autour de lui.
-Tu es là…Souffla Stefan, encore sous le choc.
-Ouais. Répondit Damon qui ne savait quoi dire d’autre.
-Je savais qu’on ne pouvait pas t’avoir !
Le vampire s’écarta et observa Damon un instant, le sourire aux lèvres. Soudain, il capta un battement inhabituel chez lui. Il s’approcha alors discrètement et huma son odeur. Non…c’était impossible…il ne pouvait pas être…non…
-Qu’est-ce que…
-Stefan ! Est-ce que je peux te parler ? S’écria aussitôt Bonnie en le tirant par le bras.
Elle l’emmena dans un coin du sous-sol, laissant Damon se débrouiller avec les vampires qui le prenaient un à un contre eux. Une fois qu’ils furent assez loin, Stefan s’exclama :
-Il est humain, Bonnie ! Humain !
-Je sais. Dit-elle, accablée.
-Que lui est-il arrivé ?!
-J’en ai aucune idée ! C’est Matt et Tyler qui l’ont ramené au refuge hier soir. Apparemment, ils l’ont découvert inconscient dans la neige, humain…
Stefan soupira, ne sachant s’il devait se réjouir ou hurler.
-Mais ce n’est pas tout, reprit-elle, Damon est…comment dire…confus.
-Que veux-tu dire par « confus » ?
-Il…Il croit qu’il hallucine.
-Qu’il hallucine ?!
Elle lui expliqua alors ce qui se passait réellement dans la tête de son frère. Stefan sourit à son tour en apprenant que Damon avait donné son nom à son fils dans son autre réalité. Finalement, il avait peut-être encore un espoir pour leur relation. Il allait demander à propos d’Elena quand cette dernière surgit du placard et se rua dans les bras de Damon. Elle ressemblait à une folle échappée d’un asile avec ses longs cheveux sales, son teint gris, ses lèvres sèches et ses yeux fous.
-Damon ?! Mon chéri…C’est toi ? Sanglota-t-elle en entourant de ses mains tremblantes la tête de l’ex-vampire.
-Elena ? Souffla-t-il en écarquillant les yeux, étonné par cette vision de la femme qu’il avait épousé.
Puis, prise d’un éclat de joie, la jeune fille donna un baiser affamé à son amant, déchirant la couverture qu’il portait, arrachant le col de son t-shirt, griffant la peau de son cou. Ce fut lorsqu’ils n’eurent plus d’oxygène qu’ils se séparèrent enfin.
-Elena…Fit Stefan en tentant de l’écarter de Damon.
Sa transformation était encore fraîche et il n’avait pas envie de voir son frère se faire vider de son sang par sa petite-amie. Mais celle-ci fit la sourde oreille, le regard rivé sur Damon. Stefan crut qu’elle allait se jeter sur lui quand l’arrivée du petit Marcel les interpela.
-Stefan ! Stefan !
-Je suis là, Marcel. Qu’est-ce qu’il se passe ?
-Vous n’avez pas entendu la nouvelle ?
-Quelle nouvelle ?! S’impatienta Stefan.
-C’est Kai…Il…Il a attaqué la Maison Blanche ! Il a tué le Président !
CHAPITRE 5 : Papa, j’ai fait un cauchemar

Elena poussa un gémissement en battant des paupières. Elle jeta un coup d’œil au réveil et soupira en se rendant compte qu’il était deux heures du matin. Elle se retourna dans son lit et s’aperçut de l’absence de son mari.
-Damon ? Chuchota-t-elle dans l’obscurité de la pièce.
Elle tendit l’oreille et remarqua enfin l’objet de son réveil. On pouvait entendre un souffle rauque et des plaintes provenir de la salle de bain. Elle se hâta alors de se lever et ouvrit la porte d’où émanait de la lumière. Elle poussa une exclamation quand elle vit Damon, avachis contre la lunette des toilettes, en train de vomir tout le contenu de son estomac. Elle se précipita à ses côtés, passa une main douce sur son dos et caressa son front couvert de sueur avec amour. Quand ses vomissements semblèrent enfin passés, Damon se redressa et se laissa aller contre la baignoire derrière lui. Elena vit qu’il était livide, qu’il avait de profondes cernes sous les yeux et les joues creuses. Elle avait déjà remarqué ces derniers temps, qu’il avait affreusement maigri et qu’il était constamment épuisé.
-Damon, dit-elle en passant une main tendre dans ses cheveux trempés, dis-moi ce qui ne va pas.
Les paupières de son mari s’abaissèrent un instant. Jamais elle ne l’avait vu dans un tel état, fébrile, tremblant comme feuille, les yeux injectés de sang. Lorsqu’il les rouvrit, il dut se confronter au regard paniqué de sa femme. Enfin, tout simplement, il avoua :
-J’ai un cancer.
Elena demeura un moment immobile, complètement sonnée par l’information. Ils ne surent combien de temps ils restèrent ainsi. Ce fut au bout d’un certain moment, qu’Elena revint à la vie :
-Combien de temps ? Demanda-t-elle d’une voix à peine audible.
-Ça fait quelques semaines que je suis sous chimiothérapie. Répondit-il en évitant son regard.
Le silence se réinstalla entre eux jusqu’à l’arrivée d’une petite fille dans leur chambre.
-Papa, pleurnicha-t-elle en entrant dans la salle de bain, j’ai fait un cauchemar.
Damon ne réfléchit pas deux fois. Sa fille avait besoin de lui.
-Hey ma puce, tout va bien. Viens là. Dit-il aussitôt en tendant les bras vers elle.
Il se releva ensuite en la prenant dans ses bras. Quant à Elena, elle fit tout pour ne pas montrer les larmes qui coulaient sur ses joues à sa cadette. Elle nettoya rapidement les toilettes avant se diriger vers la chambre de Rose où elle aperçut Damon, assit sur son lit, en train de lui lire une histoire.
-Voilà ma chérie, maintenant dors.
Stefan ne cessait de faire les cents pas aux sous-sols, donnant de temps à autres des ordres aux vampires. C’était désormais officiel, ils étaient en guerre.
-Attends Stefan, qu’est-ce que tu comptes faire ? S’écria Bonnie en l’attirant vers elle de manière discrète.
-Ce que je compte faire ? C’est pourtant simple Bonnie, je compte me battre ! Kai et son armée de vampires hérétiques ne feront qu’une bouchée de nous si on ne fait rien !
-Et se jeter dans la gueule du loup, juste comme ça, te parait être une bonne solution ?
-T’en a peut-être une autre ?
Bonnie croisa les bras et ne répondit pas.
-C’est bien ce qu’il me semblait. Termina-t-il avant de se diriger vers Elena.
Cette dernière venait à l’instant de se rendre compte de l’état de son petit-ami. Il savait qu’elle n’était pas prête à ça mais il avait besoin d’elle.
-Elena, j’ai besoin que tu restes ici avec Damon.
-Quoi ? Pourquoi ?!
-Tu le sais très bien. Tu es la seule à pouvoir ramener ses souvenirs. S’il te plait.
La jeune fille poussa un soupire puis hocha finalement la tête.
-Merci. Enzo, appelle les autres, on y va !
Il allait passer la porte quand il sentit une main sur son épaule. Il se retourna et se retrouva nez-à-nez avec Damon.
-Qu’est-ce qu’il se passe ?
-Elena t’expliquera. Je dois y aller. Tout ira bien pour toi ?
L’ex-vampire affirma d’un signe de tête. Alors Stefan put partir, la conscience tranquille. Une fois les vampires partis, Bonnie alla retrouver Elena et Damon qui s’étaient installés dans la chambre de ce dernier.
-Je retourne au refuge. S’il a quoique ce soit, vous m’appelez.
Elena l’a remercia, puis dirigea à nouveau son attention sur son petit-ami.
-Tu vas bien ? Demanda-t-elle, un sourire timide sur les lèvres.
-Heu…Je crois, c’est un peu étrange pour moi. De toute façon, je sais que je vais me réveiller un moment ou un autre. Répondit-il en s’ébouriffant nerveusement les cheveux.
-Te réveiller ? Comment ça ?
-Bah c’est pas réel. Je veux dire…tout ça…c’est dans ma tête. Dit-il, haussant les épaules comme si c’était évident.
-C’est là que tu te trompes Damon, ce n’est pas dans ta tête. C’est bien réel !
A sa grande surprise, il sourit.
-On me l’a déjà fait, tu sais. Ça ne marche plus maintenant.
Elena ferma les yeux. Elle ne savait plus quoi faire. Que devait-elle lui dire pour qu’il comprenne ? Soudain, elle eut une idée.
-Est-ce que ça te dérangerait de me raconter ce qu’il y a dans ton…autre vie ?
-Pas du tout, répondit-il comme enchanté par l’idée, que veux-tu savoir ?
-Hum…Est-ce que j’y suis ?
-Bien sûr ! On est mariés et on a deux beaux enfants.
Le visage d’Elena s’illumina à la perspective d’une famille avec lui.
-D’ailleurs, je voulais savoir, y-a-t-il une Rose ici ? Parce que c’est le prénom de notre petite dernière.
Il fronça alors les sourcils en voyant une ombre de tristesse traverser le regard de la jeune fille.
-Oui, c’était l’une de tes amies proches. Elle…Elle a été tuée il y a quelques mois. En fait, juste avant que tu ne disparaisses.
-Oh. Je suis désolé.
C’était étrange pour elle de le voir réagir comme ça. En s’apercevant à quel point elle était dépourvue, Damon décida de continuer :
-Je tiens une entreprise. Et toi, tu es devenue maîtresse d’école. Mais dernièrement tu as pris un congé pour t’occuper de nos enfants. La vie rêvée j’imagine jusqu’à…
Sa voix se brisa. Elena leva ses yeux vers lui, inquiète.
-Jusqu’à quoi ? Osa-t-elle demander.
-Tout a commencé avec des vertiges. Pas grand-chose. Puis j’avais souvent des nausées et j’étais de plus en plus fatigué. Ça n’a pas raté, tumeur au cerveau. Il ne me reste plus longtemps à vivre. Lâcha-t-il, brisant ainsi le conte de fée.
Elena ne sut pourquoi mais des larmes glissèrent sur ses joues. Puis, d’une voix tremblante elle expliqua :
-Damon, ce n’est pas ton esprit qui te joue des tours. Sinon, tu serais mort depuis longtemps.
-Je sais que c’est ça ! Les hallucinations font partie de mes symptômes mais ce n’est pas grave Elena, tout ira bien.
Il leva alors ses mains et les posa avec douceur sur ses joues humides. Mais Elena pleura de plus bel. Elle sut à ce moment qu’elle ne pourra jamais le ramener. Certes, il l’aimait mais il n’avait aucun souvenirs d’eux. Il ne se souvenait plus de leur première rencontre, de quand il l’avait sauvé dans le métro, quand il l’avait emmené sur le toit de son immeuble, quand ils sont tombés amoureux, quand ils se sont battus contre le Centre, jamais plus. Elle avait perdu cette personne à tout jamais.
-Bonnie ! On a besoin de ton aide !
La jeune femme finit de panser l’entaille d’un petit garçon avant de rejoindre Matt qui portait un vieil homme dans une blouse blanche.
-Docteur ? Vous m’entendez ?
-Bien sûr que je vous entends ! Je me suis fait mordre par un vampire, je ne suis pas sourd ! Grommela-t-il.
Elle leva les yeux au ciel puis fit signe à Matt de le déposer sur le lit. Alors qu’elle s’occupait de lui, elle remarqua quelque chose chez lui qui lui glaça le sang. L’étiquette sur sa blouse indiquait « Le Centre ». Soudain, il lui agrippa le bras avec force et dit :
-Je dois voir Damon Salvatore. Je dois le voir maintenant ou il sera mort avant le lever du soleil…
CHAPITRE 6 : Last time

Les refuges étaient débordés. Au dehors, la guerre faisait rage. Les humains avait fini par accepter une alliance avec les vampires afin de battre Kai et ses hérétiques. Seulement, la lutte était terriblement sanglante. Des cadavres s’entassaient par millier dans les rues de New York qui tombait en ruine, des blessées s’amassaient par millier, et le ciel s’obscurcissait un peu plus tous les jours. Désormais c’était Stefan qui menait la cadence avec le nouveau maire de la ville. Il était d’ailleurs occupé à prendre des décisions militaires avec ce dernier quand il reçut l’appel de Bonnie.
-Ecoute Bonnie, ce n’est vraiment pas le moment donc j’espère que c’est important.
-Ton frère va mourir, c’est suffisamment important ?! Rétorqua-t-elle.
Le visage de Stefan blêmit. Non, c’était impossible, pas maintenant ! Il venait à peine de le retrouver ! Il jeta un coup d’œil au maire, lui faisant comprendre que c’était grave et qu’il devait prendre l’appel. Le vieil humain accepta d’un signe de tête avant de s’en retourner à ses occupations premières. Une fois qu’il fut retiré, Stefan demanda :
-Qu’est-ce qu’il se passe ?
-Whitemore est au refuge en ce moment et…
-Ce bâtard ! Je vais le retrouver et lui sectionner la gorge ! L’interrompit-il, fou de rage.
-Non ! Tu vas m’écouter. Apparemment, quand il a tenté de transformer Damon en humain, il y a eu des changements inquiétants dans ses molécules.
-Qu’est-ce que tu racontes ?
-Damon vacillerait entre deux réalités, d’où l’amnésie et la confusion.
-Mais il va arranger ça, non ?
Il entendit la jeune fille prendre une grande respiration avant de lâcher :
-Justement, il ne peut rien faire. Et si Damon n’encre pas dans l’une des réalités avant le lever du soleil, et bien il…il…
-Il quoi Bonnie ?! S’énerva-t-il, au bord de la panique.
-Il mourra.
Stefan sentit alors le monde s’effondrer sous ses pieds. Non…pas ça, pas encore. Il demeura un instant immobile, sonné, complètement paralysé avant de se rendre compte qu’il avait laissé tomber son portable. Il le ramasse d’un geste tremblant puis dit à Bonnie :
-Comment on fait ?
-C’est pour ça que je t’appelle. Ni Whitemore, ni moi ne savons. Tout ce qu’on sait c’est que Damon a le choix. Il peut soit revenir dans cette réalité parallèle ou rester ici, dans la nôtre. Ça ne tient qu’à lui.
-Mais comment peut-il faire un tel choix en ayant aucun souvenir de nous ?! Cria-t-il dans l’appareil.
-J’ai contacté Elena. Elle est sur le coup.
Au même moment, la jeune vampire emmenait l’homme qui se croyait être son mari sur le quai du métro. Elle espérait qu’en l’amenant ici, des souvenirs lui reviendraient.
-Alors comme ça, dit-il, on s’est rencontré ici ?
-Si on peut appeler ça une rencontre. En fait, c’était plutôt du genre harcèlement mais oui, on peut dire qu’on s’est rencontré ici. Répondit-elle dans un éclat de rire.
-Comment ? Demanda-t-il subitement en se tournant vers elle.
-Comment quoi ?
-Comment on s’est rencontré ? Montre-moi !
Elle sembla dans un premier temps perplexe, puis, un grand sourire se dessina sur ses lèvres.
-D’accord.
Elle le prit par la main, le poussa en avant et lui ordonna de ne pas bouger. Elle se mit ensuite dos à lui et fit :
-C’est là que tu m’as interpelé.
-J’ai dit quoi ?
Elena ferma les yeux un moment. Que l’homme de sa vie ne se souvienne guère de leur première rencontre était la pire chose qui pouvait lui arriver. Elle prit donc le temps de respirer, refoula la tempête d’émotion qui l’étouffait et se tourna vers lui :
-Tu me suis ?
Il eut un long silence avant que Damon ne réagisse.
-C’est tout ? Franchement, il y a d’autres manières d’aborder une ravissante jeune fille.
Ladite jeune fille rougit, se laissant fondre sous ses compliments. Finalement, elle secoua la tête et demanda :
-Alors ? Toujours rien ?
Damon afficha une mine triste et déçue.
-Non, je suis désolé.
-Peut-être que si…
-Elena, l’interrompit-il, ça ne marchera pas ! Mais ce n’est pas grave. Que tu sois ma petite-amie ici ou ma femme là-bas, tu restes la femme que j’aime.
Il leva lentement une main vers son visage et caressa tendrement sa joue. Elena était au bord des larmes. Elle se refusait de l’aimer sans ses souvenirs, ce serait comme le trahir. Pourtant, il était là, vivant, prêt à l’aimer, elle n’avait qu’à faire le premier pas et…
-Damon ! Damon, dis-moi ce qui ne va pas ! S’écria-t-elle en le voyant se tenir la poitrine, haletant comme un poisson hors de l’eau.
-Je…ne sais…pas…j’arrive…pas…à…respirer...
-Heu…tout va bien, assis-toi. Lui dit-elle en essayant de ne pas paniquer.
-Elena !
-Ça va, je suis là. Je ne te quitte pas.
Elle le prit par la main et l’aida à s’assoir, tout en traçant des cercles apaisants sur son dos.
-Elena…Suffoqua Damon en se tenant la poitrine, recroquevillé dans son lit d’hôpital, les traits crispés par la douleur.
Les médecins se précipitèrent autour de lui, s’affairant au travail, un air grave sur le visage.
-Qu’est-ce qui lui arrive ? S’écria Elena, complètement désespérée.
-Madame, veuillez sortir s’il-vous-plaît, on s’occupe de votre mari. Fit une infirmière qui la guidait déjà vers la porte.
-Mais…
-Ne vous en faîtes pas, il est entre de bonnes mains. Veuillez attendre dans le couloir, le médecin viendra vous voir bientôt.
Une heure plus tard, Elena attendait toujours des nouvelles de Damon. Le médecin de ce dernier se pointa enfin. Elle se leva, effrayée par ce qu’elle risquait d’apprendre.
-Madame Salvatore, commença le cancérologue, l’état de votre mari est stable pour l’instant mais ça ne dura pas éternellement.
-Qu’est-ce qui lui arrive ? Souffla-t-elle, les larmes aux yeux.
-Des métastases se sont développées dans ses poumons. C’est pour ça qu’il…
Mais Elena ne l’écoutait plus, son attention était concentré sur le corps faible de Damon, endormi dans son lit. Un masque d’oxygène lui recouvrait le visage, un visage blême et cerné. Soudain, la voix grave du médecin la ramena à elle.
-Madame, vous devez vous préparer.
-Me pré…préparer ? Mais…mais à quoi ? Balbutia-t-elle, une main sur le cœur.
-Il n’en n’a plus pour longtemps. Je suis vraiment désolée.
Puis elle partit, laissant Elena en pleurs, à genoux dans le couloir de l’hôpital.
Damon était à bout de souffle. Elena avait réussi à le ramener au sous-sol et l’avait déposé sur un des canapés de la salle commune. La pièce était vide, tout le monde était parti à la guerre au côté de Stefan, personne ne pouvait les aider.
-Ça va aller, Damon. Respire avec moi. Fit la voix rassurante d’Elena.
-Mais…qu’est-ce…qu’est-ce qui…m’arrive… ? Haleta-t-il.
-Je n’en sais rien ! Apparemment, un problème de molécules, un truc comme ça.
Il était vraiment en train de s’étouffer quand un bruit attira leur attention. Ils furent alors stupéfait : Alaric se tenait debout, au milieu du salon. Visiblement, il avait réussi à s’échapper du placard. Elena allait à nouveau l’enfermer lorsqu’il ouvrit la bouche et dit d’un ton profond :
-Je sais comment ramener les souvenirs de Damon.
CHAPITRE 7 : Folie

Alaric poussa un gémissement. C’était comme si la totalité de son corps brûlait de l’intérieur. Il ne se souvenait de rien. C’était le flou, le vide absolu. Soudain, le bruit d’une porte qui s’ouvrait résonna dans la pièce. Une fine particule de lumière vint alors éclairer cette dernière. Le professeur d’histoire fronça les sourcils. Une silhouette se dirigeait lentement vers lui, un couteau de boucher à la main. Lorsqu’enfin il distingua le visage de l’inconnu, il crut perdre pied : Klaus. Ce connard avait forcé Stefan à tuer Damon ou lui. Mais alors ça voulait dire qu’il…qu’il était mort ?
-Que m’est-il arrivé ? Demanda-t-il d’une voix pâteuse.
-Et bien…Tout le monde pense que tu es mort ! S’écria l’originel d’un ton jovial.
-Tu es complètement fou. Cracha le professeur.
Klaus éclata de rire.
C’était un rire sonore, puissant et machiavélique. Un rire fou. Alaric commença à présent avoir conscience de son environnement. Apparemment il se trouvait dans une cave, plutôt du genre égout, et il était pendu par les poignets, par deux grosses chaînes massives. Sachant qu’il ne servait à rien de se débattre, il demanda :
-Qu’est-ce que tu veux ?
Klaus cessa de rire et s’approcha de sa victime. Une fois qu’il fut suffisamment proche, il lui souffla au visage :
-Je veux que Damon souffre.
Il s’écarta ensuite, un sourire satisfait sur les lèvres.
-Pourquoi ? Que t’as-t-il fait ?
-Oh, une simple querelle entre vampires. Rien d’important. Seulement, ça me fait passer le temps ! Répondit-il en frappant dans ses mains.
-Et maintenant ? C’est quoi le plan ?
Klaus s’approcha une nouvelle fois.
-Tu vois, à l’heure à laquelle nous parlons, Damon est persuadé que son petit-frère a tué son meilleur ami. Rien que de plus réjouissant !
-Et moi dans tout ça ? Fit l’humain en grimaçant suite aux douleurs dans ses poignets.
-Toi…Ce sera une partie de plaisir ! S’exclama Klaus, le couteau bien haut dans la main.
Damon était adossé contre un mur, se tenant la poitrine et luttant pour chaque bouffée d’oxygène.
-Il faut que tu te calmes, mon pote. Fit la voix rassurante d’Alaric.
Elena écarquilla les yeux. Alaric semblait être revenu complètement à lui. A présent, il se comportait comme le meilleur ami de Damon qui aidait ce dernier parce qu’il s’inquiétait pour lui.
-Je…peux…pas…Balbutia Damon dont les lèvres commençaient à devenir bleues.
-Mais si, mon grand ! Tu peux et je le sais. J’ai confiance en toi. Aller, fais comme moi. Tu inspires et tu expires. Par le nez. Aller, essaye. Ordonna le professeur de manière pédagogique.
Elena sourit. Ça marchait. Sous les consignes d’Alaric, Damon respirait par le nez, de mieux en mieux.
-Voilà. Maintenant tu vas m’écouter, mon pote. T’es perdu entre deux réalités. Tu dois choisir. Ton métabolisme ne le supportera plus pour longtemps.
-Co…comment ? Demanda l’ex-vampire en cherchant de l’aide auprès d’Elena.
Elle s’approcha de lui, passa ses mains sur ses joues et caressa tendrement sa peau.
-Je n’en sais rien. C’est à toi de faire ce choix. Toi et seulement toi.
Alaric posa une main amicale sur l’épaule de Damon. Ce dernier se tourna vers lui et un contact intime s’établit entre les deux hommes. Jamais Elena n’avait vu une si forte connexion. Le Damon de l’autre monde n’avait aucun souvenirs de ce Alaric-ci et pourtant, c’était comme si leur amitié dépassait toutes dimensions. Damon haleta. Devait-il choisir une vie confortable avec une femme et des enfants mais également avec un cancer qui l’attendait sagement ? Ou devait-il choisir une vie surnaturelle, dangereusement dans laquelle il avait un frère, une copine dans un monde en guerre ? Il regarda alors celle qui malgré les molécules, restait à jamais la femme de sa vie.
-Que dois-je faire ?
La porte s’ouvrit. Non…pas encore ! Alaric poussa un long gémissement en sentant Klaus s’approcher de lui. Ça faisait des jours qu’il n’avait pas mangé, des jours qu’il était torturé encore et encore jusqu’à l’épuisement, son corps commençait sérieusement à lâcher. Soudain, la voix de son bourreau le réveilla :
-Je vais te reposer la question, prof. Qui es-tu ?
Alaric prit une profonde respiration avant de répondre :
-Ala…ric…Saltz…man…Prof…esseur de…
Soudain, Klaus lui enfonça un tisonnier brûlant dans la poitrine. Alaric poussa alors un cri déchirant qui résonna dans tous les égouts de la ville.
-Faux ! Clama l’originel.
Il ignora les pleurs de sa victime et recommença :
-Qui es-tu ?
Alaric s’arma du peu de courage qui lui restait et répondit d’une voix grave :
-Alaric…Saltzman.
Cette fois, Klaus l’électrocuta et il perdit connaissance. Lorsqu’il rouvrit les yeux plus tard, tout ce à quoi il pensa était la douleur, uniquement la douleur. Alors quand le vampire lui reposa la question, il répondit :
-Personne.
Stefan fronça les sourcils. La rue était étrangement déserte. Il n’y avait pas un chat, seul le bruissement sourd du vent sifflait au travers du béton. Le jeune Salvatore se retourna et scruta l’horizon. Ses vampires avaient disparu, probablement occupés à se battre ailleurs.
-Es-tu stupide ou juste suicidaire ?
Stefan fit volte-face et se retrouva nez à nez avec Kai. Le jeune homme arborait une mine victorieuse, fier et sûr de lui.
-Ça suffit Kai, il faut qu’on en finisse. Dit Stefan froidement, les poings fermés, prêt à attaquer.
Mais il n’en eut pas l’occasion. A peine avait-il finit sa phrase que Kai avait levé une main en l’air et il s’était retrouvé à plat contre un mur. Le choc était si fort qu’il en fut sonné quelques instants.
-Oh excuse-moi, tu avais dit quelque chose ?
Stefan ne pouvait plus bouger, ni parler. La magie de Kai était trop puissante. Il tenta de se défaire de son emprise mais le jeune homme l’en empêcha en resserrant son étau.
-Tu sais Steffy, dit-il en s’approchant lentement de lui, on aurait pu être ami.
Puis contre toute attente, des veines surgirent sous ses yeux fous et des canines naquirent entre ses lèvres.
-Qu’est-ce…
-Au revoir Stefan.
Et il planta ses crocs.
Alaric battit lentement des paupières. Lorsqu’il les ouvrit, il s’aperçut qu’il était seul. Son bourreau était finalement parti. Soudain, il entendit des cris qui provenaient de la surface. Il leva instinctivement la tête et se rendit alors compte qu’une de ses menottes était mal fermée. Sans attendre, il tira dessus d’un coup sec et atterrit durement sur le sol. Qui était-il ? Que faisait-il ici ? Des bribes de souvenirs lui revenaient mais c’était comme s’il se souvenait d’un vieux film en noir et blanc. Au-dessus de lui, les voix se faisaient de plus en plus fortes. Il pouvait distinguer des mots comme « exécution », « aiguille » ou encore « injection ». Tel un robot, il se leva, prit quelques loques de vêtement qui traînaient par-là, s’habilla et s’enfonça dans les égouts. Au bout d’une minute ou deux de marche dans l’obscurité, il reconnut une échelle qui menait vers la sortie. Au pied de celle-ci se trouvait un vieux fusil qui devait sûrement sommeiller là depuis des siècles. Il le prit, vérifia qu’il était chargé et grimpa vers la lumière. Une fois la grille écartée, il s’extirpa du trou en une enjambée. Désorienté, il fit quelques tours sur lui-même avant de comprendre qu’il se trouvait dans une salle d’examen stérile. Machinalement, sans vraiment réfléchir, il ouvrit la porte et déboula dans un grand couloir. Les bruits venaient d’une pièce en particulier. Il se dirigea vers elle et sut lire sur la porte : « Injection en cours ». Soudain, il reconnut une voix. Cette voix, elle lui appartenait, il devait l’aider. Alors il mit son fusil en joue et ouvrit violemment la porte.
-Stop ! Aboya-il dans la pièce à présent silencieuse.
Puis ses yeux se posèrent naturellement sur la personne ligotée au lit. Damon…
CHAPITRE 8 : Get me back

Stefan crut vraiment que c’était la fin. Il allait se laisser aller quand une petite voix à l’intérieur de sa tête l’interpela. Non, tu ne peux pas abandonner. Tu as un frère qui a besoin toi, ne le laisse pas tomber cette fois. Bats-toi. Il y a dehors tout un peuple qui compte sur toi. Bats-toi…Bats-toi ! Brusquement, ses veines surgirent de sous sa peau et il envoya valser son ennemi dans un rugissement bestiale.
-Ouh ! Je crois que j’ai énervé la bête. S’exclama Kai.
Stefan ne se reposa pas. Il attaqua, encore et encore. Il ne pensait plus qu’au mal que le sorcier avait causé. Il ne pensait plus qu’à son frère qui était dans cette situation à cause de lui, qu’à Elena qui avait été transformé en vampire par sa faute. Et il frappa, frappa, frappa. Pendant ce temps, Alaric essayer d’aider au mieux Damon à retrouver ses souvenirs.
-Ecoute moi, mon pote. Tu dois te concentrer sur ma voix. Quelle est la dernière chose dont tu te souviens ?
L’ex-vampire leva les yeux vers lui. Son visage exprimait toute la panique qu’il ressentait à ce moment. Elena s’en aperçut. Elle s’approcha alors de lui et prit tendrement sa tête entre ses mains.
-Tout va bien Damon. Dis-nous juste ton dernier souvenir. Dit-elle en lui adressant un sourire rassurant.
Il se laissa un instant fondre dans son regard avant de prendre une grande respiration et fermer les yeux. Il les ouvrit quelques secondes plus tard, confus.
-Je…J’allais au travail. J’avais amené les enfants à l’école. Elena m’a appelé pour me demander de faire les courses avant de rentrer. J’étais au feu rouge quand…Après je ne sais plus, c’est le trou noir. J’imagine que j’ai dû m’évanouir.
-D’accord. C’est très bien. L’encouragea Alaric.
-Et de cette réalité, tu n’as rien ? Demanda Elena.
Damon se concentra du mieux qu’il put. Cependant, cela ne suffit pas.
-Non…Tout est flou…J’ai toujours eu l’impression que ce n’était qu’un rêve, qu’une….hallucination.
-Ce n’est pas grave, intervint Alaric, maintenant je vais t’expliquer comment ça va marcher : tu vas nous parler de différentes personnes dans ta réalité, ce qui fera normalement resurgir tes souvenirs dans cette réalité. Tu comprends ?
-Comment ça se fait que tu t’y connaisses autant sur le sujet ?
Alaric esquissa un petit sourire.
-J’imagine que je suis revenu pour de bon. Répondit-il en passant un bras autour des épaules de son ami.
Ce dernier sourit à son tour.
-De qui veux-tu que je parle ?
-Je ne sais pas. Stefan par exemple. Je sais que c’est ton fils aîné là-bas.
-Comment tu sais ? S’écria Damon en fronçant les sourcils.
-J’avais perdu la raison, je n’étais pas sourd ! Aller, parle-moi de lui.
Damon soupira, jeta un regard à Elena avant finalement d’obéir.
-Bien. Heu…Il est né en Juin. J’ai cru qu’Elena allait me tuer cette nuit-là !
La jeune fille sourit. En effet, elle aurait très bien pu agir de la sorte.
-Il est très sportif. Il était tellement fier lorsqu’il a été pris dans l’équipe de son école.
Un sourire se dessina sur ses lèvres en repensant à la joie de son fils ce jour-là.
-Il est vraiment doué. Il compte même poursuivre sur cette voie et…
Soudain, une douleur sourde et intense battit à l’intérieur de son crâne. Sa vision se troubla et la tête lui tourna. Il avait l’impression que le sol se dérobait sous ses pieds pendant qu’un tiraillement incessant le torturait.
-Damon ? Qu’est-ce qu’il y a ? S’écria Elena.
-Je…Je ne sais pas…Je…Je me sens pas très bien….Je…
Tout d’un coup, il fut pris d’une fulgurante douleur et un flash-back défila à grande vitesse sous ses yeux.
Damon était assis dans un bar, un bourbon à la main, quand un jeune homme en blouson de cuir entra et vint s’assoir à côté de lui.
-Qu’est-ce que tu fais ici, Stefan ? Grogna Damon en buvant une gorgée de son bourbon.
-Oh je passais dans le coin et je me suis que ce serait bien de venir te voir. Ça fait longtemps frangin.
Damon se tourna vers son frère, ils échangèrent un regard pendant un court instant avant finalement d’éclater de rire et de se prendre dans les bras l’un de l’autre.
-Comment tu vas depuis le temps ? Demanda Stefan en jetant un bref coup d’œil au bracelet qui était incrusté dans la peau de son frère.
-Plutôt bien.
Mais Stefan voyait bien que quelque chose n’allait pas.
-C’est Rose ?
-Ouais, on s’est séparé. On a finalement décidé de rester amis. Répondit-il avec un sourire crispé.
Comme Stefan voyait bien qu’il n’était pas bien, il se leva et commanda une nouvelle tournée. Puis il se tourna vers Damon qui le regardait avec des yeux ronds et clama :
-Ce soir, mon frère, on va faire la fête !
Damon retrouva le sourire, hocha la tête et se leva, acceptant la main que lui tendait Stefan.
-Je me souviens ! Je me souviens ! S’écria Damon, le visage illuminé de bonheur.
Elena poussa un éclat de rire et le prit dans ses bras. En effet, il se souvenait de tout, de sa rencontre avec Elena, de son temps avec le professeur, de sa vie avec Stefan, de Rose, de tout. Ric, lui, sourit silencieusement et profita de cette vue : celui de son meilleur ami, heureux. Mais ce moment fut de courte durée. Il devait choisir maintenant. Les rires cessèrent, les sourires s’estompèrent, et les visages s’aggravèrent.
-Damon…Commença Elena.
-Non ! Je ne peux pas !
-Mais tu dois choisir ! Ton organisme ne le supportera pas ! Tu mourras !
-Non…J’ai des enfants, une famille. Je ne peux pas les abandonner !
-Et ton cancer ?! S’écria la jeune fille, désespérée.
-Je peux me battre ! Fit-il en se levant promptement, suivi des deux autres.
-Alors tu…tu me quittes ? Tu nous quittes ? Alaric, Stefan, ta famille…
Damon se passa frénétiquement une main dans les cheveux. Puis il se tourna vers elle et dit d’une voix tremblante :
-Je ne sais pas…
Kai avait repris le dessus. Stefan se retrouvait à présent étranglé contre une voiture, la tête coincée dans une vitre explosée. Les bouts de verres s’enfonçaient lentement dans sa peau pendant que son adversaire déchiquetait sa carotide de ses crocs. Stefan se sentit s’affaiblir petit à petit. Il perdait ses forces aussi vite qu’il perdait la bataille. Jusqu’alors, personne n’avait tenté de le sauver. Il ne savait guère ce qui était arrivé à ses vampires mais le fait est qu’ils avaient disparu et qu’il était seul. Abattu, il se laissa aller, ferma les yeux et, trop faible pour soutenir le poids de son corps, s’écroula par terre. Ravi, Kai releva la tête, le sang de son ennemi dégoulinant le long de sa mâchoire enfantine.
-Stefan…Si seulement tu m’avais écouté. J’avais de beaux projets pour nous !
-Mettre la ville à feu et à sang, tu appelles ça un beau projet ?! Rétorqua Stefan d’une voix rauque.
Vexé, Kai s’approcha de sa victime d’une vitesse vampirique et s’empara d’elle d’une main de fer.
-Je gagne Stefan.
Puis soudain, il brandit une main en l’air. Ça y est, se dit Stefan, c’est la fin. Kai allait porter le coup fatal quand brusquement, une ombre surgit de nulle part et envoya valser le sorcier. Celui-ci poussa un grognement en se relevant. C’est là qu’il reconnut son assaillant et en demeura coi. Non…Impossible ! Il devrait être mort ! L’inconnu sourit en percevant le désarroi du vampire hérétique. Il tendit ensuite une main à Stefan qui se redressa tant bien que mal. Une fois ce dernier debout, le nouveau venu se tourna vers leur agresseur et dit d’une voix froide :
-Non, Kai. On gagne.
Elena pleurait. Cela faisait deux jours qu’elle était au chevet de Damon qui se mourrait lentement dans son lit d’hôpital. La pauvre femme était à bout. Elle voulait que ça se finisse car elle ne supportait pas de le voir souffrir. Ce matin pourtant, quelque chose était différent. Damon était plus calme, plus serein. Peut-être que c’était enfin l’effet de la morphine qui opérait mais elle en doutait. Elle profita donc de ce moment de paix pour amener les enfants. Damon sourit en les voyant entrer en trombe dans sa chambre. Il voulait enlever le masque à oxygène pour leur parler mais son état l’en empêcha. Son corps entier lui faisait mal, comme si un feu ardent se répandait dans sa poitrine, et il se sentait tellement fébrile que le moindre effort lui coûtait. Elena s’en aperçut et se dépêcha de l’aider avant que les enfants ne s’en rendent compte. Mais alors que la petite grimpait sur le lit, Damon fut pris d’une violente crise de toux. Paniquée, Elena appela l’infirmière.
-Est-ce que Papa va bien ? Demanda Stefan, inquiet.
Elena ne répondit pas, elle pleurait. Voilà elle pleurait. Parce qu’elle avait compris. Elle se tourna ensuite vers sa fille et son fils. Pendant que l’infirmière s’occupait de son mari, elle leur expliqua qu’ils devaient dire au revoir à leur papa. Les enfants ne posèrent pas de question. Ils se précipitèrent aussitôt auprès de leur père et lui firent un gros câlin. Damon était trop fatigué pour s’en rendre compte. Les yeux fermés, concentré sur sa respiration sifflante, il se contenta de passer un bras autour de Stefan et Rose. L’aîné souffla un « je t’aime » à son oreille tandis que sa sœur l’embrassait sur la joue.
-Aller, sortez cinq minutes, maintenant c’est au tour de maman. Dit Elena en essuyant ses joues humides.
Une fois les enfants sortis, elle s’approcha de son mari qui réussit à enlever le masque.
-Damon…Commença-t-elle.
Mais le malade l’interrompit.
-Promets-moi que tu iras bien.
-Je…
-Promets-le moi.
Elena ne répondit pas. A la place, elle s’allongea dans le lit à ses côtés et enfouit son visage baigné de larmes dans son cou. Puis, elle entendit la voix profonde de Damon qui disait le plus déchirant des « je t’aime » avant finalement, d’entendre le bip infernal de l’arrêt de son cœur.
CHAPITRE 9 : Paix

Kai n’en revenait pas. Non, Damon Salvatore ne pouvait se tenir en face de lui, frais et vivant. Ce n’était pas ce qui était prévu !
-Qu’est-ce que tu fiches ici ?! S’écria-t-il, en colère.
Damon esquissa un étrange sourire avant de répondre d’une voix grave :
-J’ai choisi.
-Choisi quoi ? Siffla le sorcier.
-Ma vie. Ma vrai vie. Celle à laquelle j’appartiens. Répondit-il tout en jetant un regard ému sur son frère qui se tenait à ses côtés.
Kai visiblement ne comprenait rien mais il s’en fichait. Tout ce qui lui importait était de tuer les deux frères. Il poussa alors un grognement et se jeta sur eux. Stefan, qui savait que Damon était toujours humain, se mit en avant afin de le protéger. Même s’il était salement amoché, il ignora la douleur et attaqua Kai à la gorge. Ce dernier fit un geste rapide de la main et envoya Stefan dans les airs. Puis il se tourna vers Damon qui, pour la première fois de sa longue vie, se sentit vulnérable. Cependant il resta concentré et se tint prêt. Les souvenirs lui revenaient encore en abondance. Il se voyait au-devant d’une troupe de vampires, fort et fier, incarnant le chef en qui tous les êtres surnaturels de la ville avaient cru, ce qui lui redonna un peu de courage.
-C’est fini Kai, abandonne.
-Je n’abandonnerai jamais ! Rugit l’hérétique.
Il se rua ensuite sur le jeune humain, un poignard à la main. Damon savait qu’il n’avait aucune chance contre lui. Il fut violemment plaqué par la magie du sorcier contre un mur, un étau invisible l’étouffant.
-Alors ? Dis-moi Salvatore, qu’est-ce que ça fait de se retrouver face à la mort ? Railla-t-il.
Il resserra encore l’étau autour du cou de sa victime tout en approchant la poignard de sa cage thoracique, le sourire aux lèvres. Il allait porter le coup fatal quand un mouvement derrière l’interpela. C’était Stefan qui essayait tant bien que mal de se relever. Alors Damon profita de ce moment d’inattention pour s’emparer rapidement du poignard et l’enfoncer dans la poitrine de son propriétaire. Les yeux de Kai s’écarquillèrent sous la pression de la lame. Il ouvrit la bouche et commença à suffoquer comme un poisson hors de l’eau. Damon prit un plaisir malsain de le regarder s’effondrer à terre pour agoniser dans une lenteur inhumaine. L’ex-vampire sentit alors la présence de son frère.
-Tu es de retour pour de bon ? Demanda Stefan, la voix tremblante d’inquiétude.
-Oui. Répondit Damon.
Un long silence s’installa dans la ruelle. Kai était mort depuis un bon de temps déjà. Son cadavre gisait dans une mare de sang au milieu des graviers et des ordures. Le silence fut vite écourté par une sonnerie de portable.
-Oui ? Fit Stefan en décrochant.
Damon lui jeta un regard curieux, toujours aussi calme et paisible.
-Vraiment ? Bien. Oui, il est avec moi. On arrive. D’accord, à toute à l’heure.
Puis il raccrocha et se tourna vers son frère.
-Apparemment, nous n’avons pas seulement tué Kai. Tous les vampires hérétiques sont morts avec lui.
-Sans blague. Dit Damon d’une voix rauque.
Stefan voyait bien que quelque chose avait changé en lui. Evidement qu’après tout ce qu’il avait traversé, il devait être bouleversé, fatigué et abattu.
-Hey, fit-il, tu vas bien ?
Son aîné hocha la tête avant de faire demi-tour, les mains dans les poches. Lorsqu’il revint au sous-sol, il fut accueilli par un tonnerre d’applaudissement de la part de tous les vampires. Damon sourit. Apparemment, malgré sa récente humanité, il faisait encore partie de cette famille. Il croisa le regard d’Elena qui, adossée contre le mur, pleurait silencieusement de joie. Il se dirigea lentement vers elle et vint essuyer les traces de ses larmes.
-Tu vas bien ? Demanda-t-il, inquiet.
-Oui, répondit-elle en hochant vivement la tête, alors tu es…vraiment toi ?
-Oui, ma belle. C’est moi.
Alors sans attendre, elle sauta dans ses bras. Damon la serra aussi fort qu’il put. Dieu qu’elle lui avait manqué. Quand ils se séparèrent, un baiser était plus qu’évident. Toute la foule s’agita à la vue de leur chef, embrassant passionnément l’une des leurs, le tout dans un grand romantisme.
-Tu me quitteras plus ? Susurra Elena contre ses lèvres.
-Non, jamais plus.
Soudain un raclement de gorge les ramena à la réalité. Ils se retournèrent et écarquillèrent les yeux en apercevant…le président des Etats-Unis ! Il était entouré d’une dizaine de gardes du corps armés jusqu’aux dents.
-Vous êtes Damon Salvatore ?
-Heu…Oui, monsieur. C’est bien moi.
Le président afficha une mine sympathique et vint serrer sa main d’un geste paternel.
-Après avoir pris la place de mon prédécesseur, j’ai entendu parlé de vos prouesses, dit-il, vraiment remarquable ! J’ai donc une demande particulière à vous faire.
-Oui ?
-J’aimerais que vous soyez le représentant de votre communauté, afin que nous puissions vivre en paix. Si ça vous dit, bien entendu.
-La chose est, monsieur le président, que je ne suis plus un vampire. Je ne pense donc plus pouvoir les représenter. Répondit humblement Damon.
-Ceci n’est pas un problème. Vous serez sans doute le premier humain à défendre les vampires ! S’il-vous-plaît, acceptez. Vous serez logé, nourris et payé.
Damon jeta un regard aux siens. Tous affichait des visages réjouis et encourageants.
-Dans ce cas, fit-il, j’accepte avec honneur.
Une dernière poignée de main, un dernier hochement de tête, et c’était fait. Damon n’arrivait pas à y croire. La paix ! Ils n’étaient désormais plus obligés de porter de bracelets, de subir les tortures du Centre, d’entrer en guerre ! Tout ça était fini ! Il était humain, avec son meilleur ami, son petit frère et sa copine ! Tout était au mieux maintenant.
-Félicitation, Salvatore.
Damon se retourna et reconnut la veste en cuir rouge.
-Vous devez êtes sûrement mademoiselle Pierce, je me trompe ? Questionna le président.
-C’est bien ça, monsieur.
Il lui sera également la main avant de dire :
-J’ai peut-être aussi un travail pour vous. Intéressée ? Katherine haussa un sourcil puis sourit de toutes ses dents.
-Evidemment.
-Parfait ! On se voit la semaine prochaine ? Salvatore, Pierce. Merci encore.
Puis le président des Etats-Unis se dirigea vers la sortie. Elena se pencha contre Damon.
-C’est incroyable ! S’exclama-t-elle.
-Ouais.
Secrètement, il se mit à gratter son avant-bras dans lequel le bracelet était toujours incrusté. Un vieux souvenir de son ancienne vie. D’ailleurs, en pensant à Whitemore, où était-il à présent ?
Whitemore finissait d’emballer ses affaires. Il jeta un dernier regard à son labo avant finalement de prendre la porte. Dehors, les rues n’étaient plus désertes, les gens recommençaient à sortir. Il pensa à Salvatore. Il n’avait aucune nouvelle de lui mais quelque chose lui disait que le remède avait fonctionné. A présent qu’il avait la solution, il devait régler le problème. Ce fut un sourire aux lèvres qu’il reprit sa route dans New York…
