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Série : Torchwood
Création : 19.12.2010 à 17h38
Auteur : evalyre
Statut : Terminée
« A la suite de "Contre tous principes". Ma version de TW 4 » evalyre
Cette fanfic compte déjà 26 paragraphes
D'abord un GRAND merci à ma précieuse Bêta Chris. A la fois pour sa patience et ses corrections ainsi que pour ses indications très très utiles... ^
-Je rappelle que les persos de TW ne sont pas à moi ( ben non.. ^^) et que tous personnages de cette Fanfic sont ou seront utilisés comme des personnages de FICTION pure. Merci! ^^
ENJOY!
« Fictions »
***
Comme à chaque fois que le reste de l'équipe quittait le Hub, Ianto le trouvait étonnamment silencieux. De ces silences qui vous permettent de vous re-concentrer ou de venir à bout d'une tâche particulièrement délicate. Sans le bourdonnement des ses coéquipiers, et surtout, sans les pleurs du bébé.
Ianto donna un coup de chiffon sur un ordinateur en souriant. Qui aurait pu croire ou imaginer un seul instant qu'un poupon de quelques mois serait résident quasi permanent de Torchwood? Pas Jack en tout cas. Jack, qui s'était montré plus que réticent et avait fait comprendre à Gwen que la base n'était pas une crèche.
Mais Gwen avait calculé son coup. Elle était venue avec son fils, argumentant que le bébé était calme, que Rhys avait dû reprendre le travail et que ce n'était que pour une journée, le temps de trouver une nouvelle nounou à Ewen qui ne soit ni droguée ni psychorigide.
Jack avait râlé, tenu bon. Mais Ianto avait tout de suite vu qu'il cèderait.
Et puis, Loïs avait pris le bébé dans les bras, lui faisant des mamours. Rupesh avait souri de toutes ses dents. Que pouvait refuser le jeune équipier à Gwen de toute façon?
– On aura qu'à l'installer près des ordinateurs. Comme ça, tout le monde gardera un oeil sur lui, avait-il ajouté innocemment.
Gwen s'était tournée vers son Capitaine, presque suppliante. Ianto avait alors remarqué le changement dans le regard de Jack. Il savait qu'il ne pouvait pas résister à son filleul, ni à Gwen.
– Bon. Un jour. Et, crois-moi, si tu ne trouves pas de nounou, je m'en charge personnellement! Compris!
Trop heureuse d'avoir fait céder son patron ( une fois encore) Gwen n'avait entendu que l'accord et s'était empressée d'installer Ewen à côté de son poste de travail.
Et comme Ianto l'avait pressenti, la situation temporaire se transforma vite en situation quasi normale. Ewen devint le centre d'attention de l'équipe. Et Ianto n'y coupait pas.
Qui n'aurait pas pu craquer devant un bout-de-chou pareil? Et si sage, malgré les cris de Myfawny et l'agitation de l'équipe au travail.
Des tours de garde furent même instaurés auprès de l'enfant quand le reste de l'équipe partait sur le terrain. Sinon, cela faisait des histoires. C'était à qui jouerait la nounou... Les weevils et autres aliens devenaient soudain beaucoup moins intéressants...
Au début, Jack fut plutôt mécontent des changements opérés dans l'organisation de l'équipe. Ianto le charriait gentiment en soutenant qu'il était plutôt jaloux de ne plus être le centre du monde. Il s'empressait alors de lui démontrer à quel point il restait le centre de son monde. Et Jack finissait par en rire.
En fait, Jack Harkness ne voulait pas montrer la moindre faille dans son rôle de chef. Et surtout pas celle qui pouvait révéler un attachement à un gamin qu'on lui imposait. Aussi ne s'occupait-il jamais de l'enfant, n'en parlait jamais et s'efforçait de l'ignorer le plus souvent possible.
Mais Ianto avait surpris son amant, se croyant seul, recouvrir doucement l'enfant endormi ou le surveiller du coin de l'oeil quand le reste de l'équipe était occupé. Jack veillait sur le bébé comme il entendait veiller sur ses équipiers.
Bref, Ewen faisait désormais partie de Torchwood.
Ianto avait pris l'habitude de préparer et laver les biberons, Loïs apportait jouets et peluches et Rupesh surveillait petites dents et coliques. Gwen était radieuse, et l'enfant, ma foi, un petit ange devant lequel le Capitaine Jack Harkness avait plié.
Ianto soupira, l'air heureux. A leur manière, Torchwood était devenu une petite famille.
Mais lorsque ses collègues partaient, il appréciait le calme qui s'ensuivait.
Une mission se terminait. Loïs retrouvait Snoopy, son chaton surexcité, Rupesh rentrait se mettre devant une bonne série médicale ou un bon film et Gwen rejoignait pénates et mari. Et Ianto se préparait à retrouver Jack.
Le jeune homme s'étonnait presque que chaque fois fut assez différente. Même énervé ou grincheux dans la journée, Jack consacrait toujours du temps à Ianto, ravi. D'un cadeau, d'une remarque, d'une caresse, d'un geste particulier ou d'un simple regard. Autant de marques de son attachement au jeune homme. Ce dernier archivait ses marques de tendresse quelques part au fond de son cœur, quelque part près d'une certaine lettre, et offrait en retour à son amant immortel mille et une attentions qui le rendaient si spécial pour Jack. Ianto savait calmer ses fureurs, le faire rire quand il avait un coup de nostalgie, le faire réfléchir s'il s'emballait un peu trop vite.
Ianto s'estimait heureux. Oui. Il recevait de son Capitaine la brûlure du désir, l'impatience de l'enfance et le bonheur d'être aimé sans tabous, sans secrets, avec franchise et tendresse. D'ailleurs, Rupesh et Loïs avaient vite compris quels liens unissaient les deux hommes même s'ils n'étaient pas spécialement démonstratifs dans la journée.
Ianto finissait de dépoussiérer l'ordinateur de Gwen quand il entendit des pas derrière lui. Il ne se retourna pas pour autant. Une main vint se poser sur la sienne. Un corps tout entier l'enveloppa. Il se sentit bien aussitôt. Comme chaque fois.
– Je vous enlève, Ianto Jones, susurra la voie chaude de son Capitaine à son oreille.
– Ah oui? Se contenta de répondre le jeune homme en souriant. Où ça?
– Une surprise.
– Faut-il préparer quelque chose?
– Non. Je t'enlève comme ça. Une invitation, ça ne se refuse pas, n'est-ce pas?
Ianto souriait tandis que les mains de son amant autour de lui se faisaient câlines. Il ne put s'empêcher une réplique malicieuse.
– Surtout venant de toi, c'est plutôt rare...
Jack émit un petit rire.
– Hm... Je saurais me venger, Ianto Jones, n'oublie pas...
– Mais j'espère bien, répondit Ianto très en verve. On y va?
***
***
Peu après, ils se retrouvaient sur la route en direction de Londres. Assis côté passager, Ianto ne posa pas de questions. Le petit sourire de contentement qui étirait les lèvres du Capitaine lui suffisait. La surprise lui plairait, à coup sûr.
Il n'était qu'aux alentours de 19h lorsqu'ils arrivèrent sur les terres anglaises. La nuit était déjà tombée en ce début d'octobre. Le Suv roulait vite au milieu d'une circulation pourtant assez dense aux abords de la capitale. Jack parfaitement décontracté, plaisantait avec Ianto.
Alors qu'ils s'engageaient sur l'un des ponts de la Tamise, Jack racontant comment il avait dîné devant l'horloge de Big Ben, ils furent surpris par une forte déflagration et un éclair qui frappa une antenne toute proche. Surpris, les automobilistes stoppèrent net leur véhicules et Jack dut faire appel à tous ses réflexes pour ne pas percuter la voiture de devant.
– Qu'est-ce que c'était? Demanda Ianto.
– Un orage qui se prépare, il me semble... Le ciel est curieusement chargé d'un seul coup.
Une nouvelle déflagration, suivi d'un roulement de tonnerre vint lui donner raison.
– J'espère que tu n'as pas prévu une soirée en plein air, parce que je n'ai pas emporté de parapluie, fit Ianto lorsque des trombes d'eau s'abattirent soudain sur la ville.
Jack se contenta de sourire et redémarra la voiture puisque la circulation reprenait sous une pluie diluvienne.
– Cela va s'arrêter.. Des averses pareilles ne durent jamais. Mais n'aie aucune crainte, nous ne seront pas obligés de sortir...
Ianto ne répondit pas. Du pont, il pouvait reconnaître quelques monuments de la ville illuminée. Londres lui rappelait parfois sa vie d'avant. La vie d'un jeune homme entré à Torchwood Londres un peu par hasard. De Lisa, des amis aussi. D'une ville tentaculaire pour un jeune gallois de province. Mais aussi la ville des fantômes, des cybermen, de Canary Warf... Il secoua la tête sur cette idée déplaisante. Ses souvenirs restaient mitigés dans la capitale. Et il lui fallait chaque fois faire un effort pour en chasser les plus mauvais.
– Ça va, Ianto?
Le jeune homme poussa un soupir, revenu à la réalité.
– Oh! Oui... ça va... Cette ville me fiche parfois le bourdon.
– Avec un temps pareil, ce serait étonnant autrement, fit Jack amusé, qui ajouta aussitôt:
– Je sais... Je sais... Mais nous sommes là pour ça: donner de nouveaux souvenirs à cette ville. Et de bons, d'accord?
Ianto rit doucement.
– Pour l'instant, cela prend l'apparence d'un cauchemar.
Jack préféra ne pas répondre. Les essuie-glace à la vitesse maximum, les voitures pare-choc contre pare-choc encombrant la rue sombre, mouillée de lumières, n'aidait pas à un romantisme effréné, il fallait le reconnaître.
Ils n'avaient même pas encore passé le pont.
– Cela va s'arrêter. Une averse pareille ne dure jamais.
– Si tu le dis, ajouta Ianto souriant.
Au même moment, la voie se dégagea un peu et Jack redémarra pour quitter enfin le pont dans un trafic très ralenti.
Ianto remarqua que la pluie cessa dès qu'ils parvinrent de l'autre côté. Il en fit la remarque amusée à Jack.
– A force de bosser dans des contextes bizarres, vous vous mettez à en voir partout.
– Hm... Déformation professionnelle... Pas pour toi?
– Ianto, pour moi, tout est constamment bizarre... C'est quand c'est normal que je m'inquiète, répliqua Jack éteignant les essuie-glace et en prenant de la vitesse dans un trafic à peine plus fluide.
Son voisin éclata de rire.
– Te voir reconnaître tes bizarreries, ça c'est bizarre, Jack.
– Tu vois bien...
Décidément, c'est au Jack de bonne humeur que Ianto allait avoir droit, ce soir. Un Jack taquin et malicieux que Ianto aimait tout autant que le mystérieux voyageur éternel. Mais quand Jack était heureux et le montrait, tout devenait aussi plus léger pour Ianto.
Il se demanda où Jack l'emmenait. Même s'il ne s'en inquiétait pas, il essayait d'élaborer quelques pronostics en fonction de l'heure et du lieu. Ils n'étaient pas sur leur 31, donc ce ne pouvait être une soirée huppée. Ils n'avaient pas dîné. Mais pourquoi l'emmener jusqu'à Londres pour un repas?
Le Suv longea Hyde Park illuminé et l'attention de Ianto fut portée sur la file d'attente devant le Royal Albert Hall, majestueux. Lisa aimait venir dans ce lieu mythique, souvent pour le visiter. Son homonyme, Lisa Minelli y avait chanté. Adepte de lieux chargés d'histoire, Ianto se faisait un plaisir d' accompagner son amie ravie.
Peu après, Jack gara la voiture et indiqua à son passager qu'ils étaient arrivés. Surpris, Ianto se retrouva devant le Royal Court Theater. Jack lui en indiqua l'entrée où se pressaient jeunes gens hilares et petits groupes animés.
– Voici ma surprise, jeune homme. J'espère à la fois vous surprendre et vous faire plaisir. Mais nous ne sommes pas en avance...
Ianto venait de voir l'affiche du spectacle en cours et ouvrit de grands yeux tandis que Jack le faisait avancer.
– C'est pas vrai! Mais... C'est mon comique favori!
Jack approuva en donnant les billets à l'ouvreuse.
– Hé! Une minute! Toi, en revanche, tu ne l'aimes pas...
Jack l'enjoignit d'avancer parmi la foule hétéroclite qui cherchait leur place.
– On ne peut pas juger tant qu'on ne l'a pas vu... Et puis, le but était de TE faire plaisir. Je survivrais à ce spectacle... Allez, viens, sinon, tu vas rater le début, et ce serait dommage...
Ianto secoua la tête, incrédule. Parfois Jack était si imprévisible... Mais quand cela se doublait de marques d'affection pareilles, Ianto se disait qu'il avait bien de la chance.
Tout sourire, très excité et curieux de ce qu'il allait voir, il s'installa à côté de Jack au beau milieu d'une foule bigarrée, populaire.
***
Jack aurait pu ajouter que le simple fait de voir Ianto heureux et détendu lui suffisait. Durant le spectacle, qu'il n'apprécia que modérément, il regardait avec tendresse Ianto éclater de rire comme il le faisait si rarement. Un visage frais, épanoui marqué par la jeunesse. Et Jack réalisa à quel point Ianto était jeune encore. Parfois, il l'oubliait. Lui-même était si vieux.
Ianto Jones... Qui aurait mérité de toujours rire ainsi, au lieu de pleurer une petite amie cybernétique et de donner du retcon aux victimes d'aliens, ou de rester avec lui, Jack Harkness, une légende plus toute jeune et pas toujours de bonne composition...
Mais quelqu'un avait décrété que l'amour n'avait pas de loi. Et ils s'aimaient...
Et puis, bon, Jack était heureux de pouvoir offrir à son amant, même le temps d'un spectacle, l'insouciance et la gaieté de son jeune âge.
Souriant, sa main chercha naturellement celle de Ianto dans la pénombre. Le jeune homme lui jeta un coup d'oeil, comme se rappelant de sa présence, pour mêler aussitôt ses doigts aux siens.
Jack perçut aussitôt tout son bonheur présent et sa joie de le partager avec lui. Alors Jack soupira, heureux à son tour. Et le spectacle se fit bien court soudain.
***
Ianto sortit du Théâtre sur un petit nuage. Jack savoura cet air heureux que le jeune homme arborait si rarement. Inutile de lui demander si la représentation lui avait plu. Ianto irradiait et exprimait son incompréhension face au désintérêt évident de Jack pour le comédien.
– Je meurs de faim... Tu me raconteras tout cela devant une bonne assiette pleine, d'accord?
– Je connais un pub autour de Hyde Park où nous pourrions manger à cette heure-ci et pour pas cher.
Jack prit l'air faussement vexé.
– Hé! Le repas est compris dans le forfait offert!
Ianto éclata de rire en montant en voiture.
– Mazette! Tu vas te ruiner! Faudra-t-il annoncer une baisse de salaire au reste de l'équipe?
Jack, qui venait de reprendre le volant, l'air parfaitement sérieux, démenti par une lueur d'amusement dans les yeux, déclara :
– Méfie-toi, Ianto. Ma vengeance pourrait être terrible...
– Mais j'espère bien! Répliqua tranquillement Ianto en soutenant son regard avec malice.
Jack n'y tint plus. Il lui caressa la joue pour le prendre ensuite par la nuque et l'embrasser avec fougue. Tout heureux, Ianto se laissa faire.
Lorsqu'ils se séparèrent, essoufflés, l'un et l'autre, Jack démarra le Suv en maugréant:
– Tu réponds de plus en plus, Ianto Jones.
Faussement contrit, Ianto posa une main aimante sur la cuisse de son amant.
– Je suis à bonne école...
– Hm... Bon, dis-moi où il est ce pub avant que tu deviennes mon plat de résistance...
Ianto, d'excellente humeur, obéit à son Capitaine.
***
Ianto trouvait l'atmosphère de ce pub singulière. La serveuse avait pris leur commande en rougissant, intimidée. Ensuite, le petit groupe de jeunes gens, là-bas, ne cessait de jeter des regards furtifs vers leur table.
Au départ, Ianto avait choisi de les ignorer délibérément. Il leur était déjà arrivé de s'attirer quelques remarques ou quelques regards curieux sur leur couple. Le jeune homme savait très bien ce que pensaient certaines personnes. Ou bien, tout au contraire, on les regardait parce que Jack séduisait, intriguait et qu'il avait bien du mal à passer inaperçu.
Jack lui avait conseillé de ne pas s'occuper des autres. Ianto avait donc appris à les ignorer pour profiter pleinement de Jack. Ce qu'il fit au pub, tenant, vainement, de convertir son amant à l'humour de son comique favori.
Jack riait. Tendre, attentif, il avait fini, très vite, par prendre la main de Ianto dans la sienne pour la garder, comme au théâtre. Un geste tout simple d'une communion d'esprit pour une soirée joyeuse et complice.
Mais Ianto avait remarqué quelque chose d'anormal dans l'attitude de certains. Et maintenant, il y sentait une sorte de déférence dans les regards, une sorte d'admiration ou de fierté. Intrigué, il en fit part à son voisin de table qui éclata de rire.
– Mais oui, Ianto! C'est logique. Deux aussi beaux spécimen masculins à Londres c'est assez rare, non?
Ianto se contenta de sourire en haussant les épaules. Il n'aimait pas ça. Surtout quand les jeunes du fond chuchotaient entre eux et riaient en leur jetant des coups d'œil en biais. Remarquant le malaise de son jeune compagnon, Jack déclara:
– Allez, termine ton capuccino, j'ai besoin de prendre l'air.
Très polie et rougissante, la serveuse vint leur apporter la note y ajoutant une demi feuille, déchirée à la hâte et un stylo.
Elle s'adressa à Jack, empressée:
– Puis-je avoir un autographe, s'il vous plaît? Ce n'est vraiment pas tous les jours que l'on peut vous voir ici...
Surpris, Jack prit feuille et stylo en lançant un regard intrigué à Ianto qui haussa les épaules, déconcerté.
– Heu... Si vous voulez... A quel nom?
– Emily. J'aime tellement ce que vous faites, chuchota la jeune femme.
– Ah... Bon... Merci... déclara Jack en faisant un vague JH emmêles après un « pour Emily ».
La surprise des deux hommes grandit plus encore lorsque ladite Emily tendit papier et crayon à Ianto.
– Vous aussi, bien sûr. Vous êtes mon couple préféré...
Persuadé d'être pris pour un autre, Ianto s'exécuta quand même tant l'admiration et le plaisir sincère se lisaient dans le regard de la jeune femme.
– Merci... Merci beaucoup, fit-elle, manquant d'oublier la note payée en repartant toute guillerette.
Les jeunes du fond remarqués par Ianto étaient heureusement partis.
– Comment ça se fait que l'on nous connaît ici, au point de nous demander des autographes à la manière d'une rock star?
– Ce devait être un genre de pari... Ou un gage dans un jeu Action/Vérité.
– Ma foi... Allons nous balader, Jack... Je préfère...
– Aucun souci, Mr Jones! Sauf si les paparazzi décident de nous courser, hm?
Ils quittèrent donc le pub pour faire un petit tour nocturne de Hyde Park, bavardant de choses et d'autres, seulement heureux d'être tous les deux.
***
Sur le chemin du retour, ils se retrouvèrent dans la rue Kensington, face au Royal Albert Hall illuminé. Quelques groupes de spectateurs épars en sortaient encore. La soirée se terminait.
D'une voix nostalgique, Ianto évoqua ces visites avec Lisa. Jack apprécia son calme. Une étape était enfin franchie: parler de Lisa sans douleur ni colère.
– Elle adorait Lisa Minelli. Et j'ai un faible pour les lieux mythiques...
Ianto avait sensiblement ralenti sa marche devant l'imposant bâtiment.
– Hm... D'accord... Je retiens... pour ma part, j'y ai vu Frank Sinatra. C'était pas mal, fit Jack, l'air de rien.
Ianto s'immobilisa aussitôt. Jack, qui continuait à marcher, se retourna en riant. Ils arrivaient à la hauteur de la porte 9.
– Hé! Tu sais bien que j'ai déjà eu une vie bien remplie.
Mais le jeune homme ne le regardait pas, tous les signes de l'incrédulité sur le visage.
– Jack! Tu peux m'expliquer?
– Quoi ? Je n'allais tout de même pas laisser passer l'occasion de voir le plus grand crooner de tous les temps en concert...
– Pas ça... ÇA ! Fit Ianto en désignant quelque chose derrière Jack.
– Quoi donc? Demanda ce dernier en se retournant.
Une affiche annonçait le concert de la soirée. Quoi de plus normal après tout?
Mais l'homme en photo, c'était lui. Chemise blanche, costume noir, mais c'était bien lui...
Abasourdi, même Ianto ne pouvait s'y tromper.
D'après l'affiche, Jack était chanteur et s'appelait John Barrowman.
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« Torchwood, cellule d'investigation indépendante du gouvernement et plus autonome que la police. Notre but, rechercher toute forme de vie extra-terrestre sur Terre, sauver la vie de l'humanité. Le XXIème siècle est le siècle de tout les changements, et il faut s'y préparer. »
John Barrowman as Captain Jack Harkness
Gareth David-Lloyd as Ianto Jones
Eve Myles as Gwen Cooper
Cush Jumbo as Lois Habiba
Rick Makaren as Rupesh Patanjali
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Agacé par le silence de Jack, Ianto, assez mécontent, mains sur les hanches, demanda à nouveau:
– Alors?
– Alors quoi? Je ne comprends pas plus que toi!
L'air parfaitement surpris et vaguement inquiet de Jack suffirent à Ianto pour le croire.
– Alors qui... ou quoi cela peut-il être? Fit-il, plus calme. Il te ressemble vraiment...
– Hm... Tu trouves? Il a un côté... Je ne sais pas... commun... que je n'ai pas.
Ianto leva les yeux aux ciel.
– Jack! Arrête! Tu fais toujours ça pour esquiver les questions auxquelles tu n'as pas de réponses...
– Je fais ça, moi?
Le jeune homme lui lança un regard entendu avec un sourire amusé. Beau joueur, Jack émit un petit rire.
– Oh! Ça va! Tu commences un peu trop bien à me connaître, toi...
Ianto se contenta de rire à son tour, appréciant la tendresse de sa voix. Puis il redevint sérieux.
– Bon, alors... Quelles sont les hypothèses? Un sosie?
– Possible...
Ianto fit la grimace.
– Je n'ose même pas évoquer ce qui me vient à l'esprit à cet instant précis.
Sans tenir compte de la remarque, Jack dirigeait déjà son bracelet vers la vitrine de photos.
– Un monde parallèle?
– Non... La faille n'est pas active. Et aucune trace d'un trou dans le vortex ou un déplacement quelconque dans l'espace temps. C'est vraiment curieux... Et inquiétant... Il faut découvrir ce à quoi nous avons affaire...
– Le plus simple, ce serait de le rencontrer.
– Oui... Mais si tout paraît parfaitement normal, on ne sait pas ce qui pourrait arriver si nous nous rencontrons. Nous allons l'attendre et observer, pour le moment.
– D'accord. Le concert est certainement terminé depuis peu. Il doit être encore là-dedans. Suis-moi.
Jack rattrapa Ianto in-extremis.
– Non! Par là! Dépêche-toi!
Pris au dépourvu, Ianto suivit Jack dans le sens opposé. Ils s'éloignèrent en courant du Royal Albert Hall.
– Hé! L'entrée des artistes était de l'autre côté!
– J'avais compris! Justement!
– Mais nous risquons de perdre sa trace s'il sort avant que...
– Non! J'ai activé un code de repérage propre. Où qu'il aille, nous devrions pouvoir le suivre avec le Suv.
– Alors pourquoi courons-nous?
– Parce que la portée du code posé par rapport aux photographies ne dépasse pas un kilomètre.
Ianto ne put s'empêcher d'éclater de rire alors qu'ils approchaient de leur voiture.
Une fois au volant, Jack déclara:
– Je veux au moins savoir qui il est et où il habite.
– Et moi, je peux quand même savoir pourquoi on n'a pas attendu devant l'entrée?
– Ianto, si ce type chante au Royal Albert Hall, tu te doutes bien qu'il a un comité d'accueil à la sortie.
– Oh! Et avec ta ressemblance...
– Tu as tout compris...
– J'aurais aimé voir ça, lança Ianto amusé, en ouvrant l'ordinateur de bord.
Jack roula des yeux avec un soupir et engagea le Suv sur Kensington Road, se garant de façon à voir la sortie des artistes devant laquelle squattaient d'ailleurs quelques groupies impatientes.
***
Ianto, ayant quelques difficultés avec la connexion du réseau, en avait oublié toutes recherches. Il regardait de l'autre côté de la rue, l'air vague. De son côté, Jack était contrarié que la soirée tourne de façon si peu romantique.
– Jack...
– Hm?
– Ce pourrait être un de tes fils.
La voix de Ianto était à peine audible. Il semblait soucieux.
– Quoi?
– Ne me dis pas que ce n'est pas possible, Jack.
Il y eut un terrible silence qui en disait long.
– Pas avec une telle ressemblance, Ianto. Et... Il se trouve que j'ai veillé à ne pas trop me... reproduire.
– Oh! Et Alice?
– Sa mère et moi étions mariés. Elle voulait un bébé et... Mais je t'ai déjà raconté tout ça, Ianto.
– Excuse-moi... J'ai parfois le vertige à devoir imaginer toutes ces personnes qui ont compté avant... avant moi...
Jack se tourna vers lui. Leurs regards se croisèrent.
– Je t'ai déjà dit que tout ce qui compte, c'est aujourd'hui. Avec toi.
– Je sais.
– J'ai veillé à ne pas faire d'enfants sans réfléchir, Ianto. Alice a été une de ces exceptions qui confirme la règle... Cet homme ne peut pas être un de mes fils.
– Comment peux-tu en être si sûr?
– Parce que je le sais, Ianto. C'est tout.
Le jeune homme accepta ce que disait son amant à cause de cette assurance qu'il venait de mettre dans ces mots.
– D'accord.
Jack passa une main aimante sur la joue de Ianto, le regard soudain troublé par le désir.
– J'aurais voulu que la soirée tourne autrement.
– Moi aussi... Oh oui... Moi aussi... murmura le jeune homme acceptant les lèvres de Jack sur les siennes.
L'arrivée d'une voiture devant l'entrée des artistes déclencha du mouvement et des exclamations parmi les fans, les obligeant à se séparer pour reprendre leur observation.
Peu après, l'homme qu'ils attendaient tous, sortait sans s'attarder auprès de ses admirateurs. Souriant, jeans, baskets et doudoune noire, mais copie conforme surprenante de Jack, il s'engouffra dans la voiture à la suite d'un autre homme tout aussi séduisant.
Jack en avait profité pour réactiver le codage de son bracelet. Puis il engagea tranquillement le Suv dans la circulation peu après le départ de l'autre véhicule.
Ianto reprit l'ordinateur de bord et eut quelques difficultés à trouver de simples données.
– Aucune indication ici... D'un autre côté, si c'est effectivement une personne populaire, il ne va pas mettre son adresse à portée de tous. Et si tu veux mon avis, l'autre homme que l'on a vu est plus qu'un ami... ajouta Ianto avec un fin sourire.
– Ah oui? Tu as trouvé quelque chose?
– Non... Une intuition...
Jack lui jeta un coup d'oeil surpris et croisa la malice dans le regard de son amant visiblement amusé par la situation.
Jack éclata de rire tandis qu'il engageait sa filature dans Londres endormie.
***
Jack avait finalement garé le Suv dans un quartier tranquille de Londres. Et Ianto avait eu raison. Leur deux cibles étaient montées ensemble dans leur appartement. Des lumières s'étaient allumées peu après, puis tout était retombé dans le noir. La rue déserte témoignait de l'heure tardive dans un quartier qui n'avait rien d'inhabituel. Les pensées de Jack tournaient à toute vitesse, essayant vainement de trouver une explication logique à ce phénomène de ressemblance. A ses côtés, Ianto pianotait sur l'ordinateur de bord depuis un bon moment maintenant.
– Jack!
Le Capitaine poussa un soupir. Enfin!
– Cette fois tu as vraiment trouvé quelque chose?
– Eh bien... C'est... Comment dire... Bizarre.
– C'est à dire?
– Selon les données que j'ai pu recouper et vérifier difficilement, John Barrowman est né le 11 Mars 1967, à Glasgow. Il est chanteur dans de nombreuses comédies musicales et présentateur de shows télévisés. Relativement populaire. Il s'est marié à son compagnon Scott Gill. A mon avis, l'homme que nous avons vu avec lui.
– Bon. Et alors? D'autres informations?
– C'est là que ça devient bizarre. Dès que je cherche à en savoir un peu plus, soit le réseau buggue, - ce qui est peu dire, vu que le réseau est paralysé par je-ne-sais-quoi - soit les données sont floutées ou manquantes.
– Hm... Et qu'est-ce que c'est d'après toi?
– Un virus. Loïs m'avait prévenue, depuis la dernière intervention, les antivirus des ordis du Suv ne sont plus fiables. Elle n'a pas encore eu le temps de les mettre à jour.
Jack sortit son téléphone portable pour composer un numéro.
– Jack! Tu ne vas quand même pas...
Ianto poussa un soupir entre la résignation et la désapprobation.
Jack attendit un instant puis referma son téléphone avec une grimace.
– Contrairement à certains, Loïs dort, Jack...
– Non, le numéro n'est plus attribué...
– Quoi?
– J'ai un mauvais pressentiment, Ianto, fit Jack en composant un nouveau numéro sur son téléphone.
Au bout de 4 essais infructueux, il démarra la voiture en déclarant:
– Aucun des numéros de l'équipe n'est attribué, tu essaies à partir du tien pour vérifier?
– Yep! Heu... Je peux juste savoir où l'on va?
– A Brighton.
Ianto arrêta la numérotation en cours.
– Quoi?
– Il chante au Brighton Centre, demain soir... Qu'est-ce que tu penses d'une nuit romantique dans un hôtel face à la mer?
Ianto souriant recomposa le numéro de Loïs.
– Je dis que je vais faire des jaloux...
En s'engageant sur l'autoroute, Jack prit de la vitesse en éclatant de rire.
Bientôt, le Suv roulait à toute allure sur une route presque vide.
Ianto n'eut pas plus de chance que Jack : les numéros de téléphone de l'équipe Torchwood semblaient avoir complètement disparu de la réalité. Un élément troublant de plus. Cependant, Jack et Ianto décidèrent de profiter complètement de cette nuit inattendue à passer dans un hôtel de Brighton. Remettant au lendemain la résolution d'une énigme fort étrange.
***
« – Ah! Salut Loïs!
La jeune informaticienne, qui venait d'arriver, trouvait presque étrange que Gwen soit déjà au boulot. Enfin, la première, surtout.
– Salut Gwen. Hé! Mais où est mon petit poupon à croquer? S'exclama-t-elle devant la place vide habituellement réservée à Ewen.
Gwen sourit, amusée. Quand sa jeune équipière allait-elle avoir la chance de pouponner elle aussi?
– Chez Papy et Mammy. Avec Rhys, on va souffler quelques jours.
– Avec ce que l'on vient de vivre, vous avez bien raison!
– Mais ce n'est pas le seul à se porter pâle, aujourd'hui. Jack et Ianto ont disparu.
Rupesh, lui, fit son apparition, ne donnant pas le temps à Loïs de s'étonner.
– Et à priori, partis avec le Suv. Ah! Salut Loïs!
– Salut! Peut-être une mission urgente les a appelés très tôt...
– Non, fit Gwen tapotant sur les claviers. D'après les vidéos, ils sont partis tranquillement hier soir.
– Et ils ont découché? Lança Rupesh un peu moqueur.
– Non. Hm... Quand c'est le cas, Jack me prévient pour que je puisse prendre les urgences à sa place... Enfin, ce n'est pas encore arrivé, mais...
L'embarras de Gwen passa inaperçu. Loïs s'était elle aussi mise à son ordinateur.
– Ah ben ça alors!
– Quoi donc? Firent Gwen et Rupesh dans un bel ensemble.
– Les numéros de téléphone de Jack et Ianto ne sont plus attribués!
– Attends... Tu rigoles! Demanda Gwen qui n'avait vraiment pas l'air de rire.
– Je viens de faire leur numéros. Rien.
– Essaie directement le Suv. On devrait aussi pouvoir contacter les ordinateurs à bord.
– Aucun résultats, annonça Loïs après quelques instants.
– Je viens d'essayer leur adresse mail. Rien non plus.
– Qu'est-ce que c'est que ce truc, alors? Une activation de la faille?
Loïs tapotait déjà nerveusement sur l'ordinateur.
– A priori, non... Mais je cherche.
– Le problème, c'est que pour le coup, on ne sait même pas où ils auraient pu disparaître. Difficile de les retrouver...
Gwen roula des yeux face à Rupesh défaitiste.
– On pourrait pas rester positif, hm? On va les retrouver... Dès qu'on saura ce qui est arrivé, on les fera revenir. D'accord?
Rupesh accepta de hocher la tête pour lui faire plaisir, toujours pas convaincu. En recoupant les vidéos de la ville, Gwen parvint à pister le Suv.
– Ils ont quitté Cardiff! Loïs, vérifie les données de la faille sur les alentours.
– D'accord! Combien de kilomètres?
– Je ne sais pas... Essaie une dizaine... Et tu continues si tu ne trouves pas.
Rupesh se grattait la tête, pensif, comme absent. Gwen faisait le tour des informations de la veille au soir pour tenter de trouver quelque chose d'anormal.
– Gwen, tu sais... Il me semble avoir vu Jack prendre deux billets pour le théâtre hier...
– Quoi? Demanda distraitement la jeune femme.
Rupesh s'exclama tout à coup:
– Mais oui! Je me souviens! Ils ont dû aller à Londres!
Loïs lui jeta un coup d'œil suspicieux.
– Tu es médium, toi maintenant? Lança-t-elle acide.
– Je viens de le dire. Jack avait deux billets pour le théâtre, à Londres.
Cette fois, Gwen s'intéressa à lui.
– Comment tu sais ça?
Rupesh soupira. Quand allait-on vraiment l'écouter dans cette équipe?
– Peu importe. Je le sais, affirma-t-il, résigné.
– OK... Loïs!
– Je cherche déjà des traces d'activité de la faille sur Londres.
– Bien! J'oriente mes recherches sur la ville aussi...
– Bon... Et moi? Je suis censé faire quoi?
Gwen haussa les épaules, concentrée sur son ordi.
– Oh! Si! Si Ianto n'est pas rentré, Myfawny doit avoir faim.
Rupesh faillit répliquer, mais il ravala la remarque qui lui brûlait les lèvres et s'éclipsa en grommelant. Au moins, Jack avait de la considération pour son travail. Et puis, qu'est-ce que ça mangeait un ptérodactyle?
Quelques minutes plus tard, Loïs déclara:
– A part une légère distorsion électrique dans l'atmosphère, due à un violent orage soudain et localisé, je n'ai absolument rien remarqué d'anormal.
– On retrouve l'averse dans les commentaires postés hier soir. Mais rien à signaler ici non plus. Aucun séisme, aucun cataclysme, rien!
– Eh bien alors, ils vont nous revenir, tout bêtement... affirma Rupesh, remontant de sa corvée.
– Jack nous a déjà fait le coup... Il a promis de ne plus le refaire.
– Quel coup? Interrogea Loïs.
– De partir, sans prévenir.
– Alors tu penses qu'il leur est arrivé quelque chose?
Gwen se mordit nerveusement la lèvre.
– Si ce n'est pas le cas, quelque chose cloche. Et il faut trouver quoi. Rupesh! Tu prépares ce qu'il faut pour partir.
– Partir? Où ça? Et avec quoi?
– On prend ta voiture. Et on va à Londres. C'est le seul moyen de savoir ce qui est arrivé. Loïs, tu restes ici pour nous guider par intercom et au cas ils reviendraient. Tu nous appelles tous les quarts d'heure. Et tu enregistres l'activité de la faille, à chaque fois.
– Pas de problème.
***
Quelques minutes plus tard, Gwen plaçait tout un matériel aussi étrange qu'alien dans le coffre de la voiture. Rupesh déclara, en mettant la moteur en marche:
– Gwen, tu as déjà pensé que nous pourrions mal, très mal tomber? Je veux dire... Enfin, tu sais... Ils sont partis en amoureux et... Enfin... Si on les dérange...
Gwen pouffa de rire devant l'embarras de son équipier.
– Ça m'est déjà arrivé... Jack m'a proposé un plan à trois...
Elle éclata de rire devant la stupéfaction du jeune médecin, puis elle ajouta, malicieuse:
– Ne t'inquiète pas... Ianto ne serait pas d'accord.
– Oh! Et c'est censé me rassurer? Lança Rupesh d'assez mauvaise humeur.
Gwen se mit à rire. Elle aimait bien ce genre de petites vannes entre collègues. Comme au temps d'Owen cynique et grincheux et la malicieuse Tosh aux airs de sainte. Une manière de se prouver qu'ils étaient encore bien humains et vivants. Et puis, Rupesh, si sérieux et si gentil, faisait une cible naïve idéale. Même s'il savait parfois concocter de savoureuses vengeances.
– Gwen! Tu m'entends?
– Quoi, Loïs?
– Je viens de penser que les ordis du Suv doivent être infectés de virus tous aussi dangereux les uns que les autres. Peut-être est-ce pour cela que l'on ne peut ni les appeler, ni leur envoyer de mail...
– Possible. Mais cela n'aurait pas affecté les téléphones.
– Je cherche quand même. Ainsi que les conséquences de cet orage violent. Le rapport météo a noté les plus grandes déflagrations électriques du siècle. C'est particulier, quand même.
– Ok! Tu me donneras des nouvelles. On quitte Cardiff! A dans 15 minutes!
– Ça marche.
Gwen coupa l'intercom. Rupesh conduisait toujours avec son air bougon.
– Toi, tu es encore resté devant Dr House toute la nuit! Je me trompe?
Il ne répondit pas tout de suite. Puis il céda à la gentillesse de Gwen. Difficile, d'ailleurs de faire autrement. Cette fille était irrésistiblement attachante.
– J'y peux rien si ce mec est un génie...
– C'est une fiction! Rupesh! C'est un personnage de fiction.
– Je sais! Il n'empêche.
Gwen secoua la tête en souriant. Le sujet était clos. Comme d'habitude.
Le problème, c'est que Rupesh dormant peu se montrait d'humeur plus que versatile en ce moment.
Gwen et Loïs avaient même songé, en riant, à lui cambrioler télé et ordi pour l'obliger à dormir.
Rupesh s'était mis à parler de Gregory House comme d'un personnage réel. Et là, les filles étaient passées de la moquerie à l'inquiétude amicale. Le fanatisme imposait ses limites quand la fiction finissait par dépasser la réalité. Non?
***
Un petit pardon pour l'attente... Et un grand merci à ma Bêta chipoteuse comme il le faut... ^^
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Quand Jack sortit des limbes du sommeil, il fut surpris de se retrouver tout seul dans le lit. Et le jour pointait déjà à travers les rideaux.
Au moment où il vérifiait l'heure à sa montre placée sur le chevet, la porte de la chambre s'ouvrit sur Ianto, chargé de sacs en tout genre. Le jeune homme s'était changé et lui offrit un sourire tel que Jack en oublia de protester. Cependant, il rabattit les couvertures sur lui. Le message était clair.
– Hey! Tu sais qu'il est déjà tard pour le petit-déjeuner?
– Hm... Qu'est-ce qui t'arrive? D'ordinaire, c'est moi qui me lève le premier...
– Eh bien! Ça change!
– Qu'est-ce que tu es parti faire?
– Oh! Quelques emplettes... Et j'ai glané deux ou trois informations.
– Ah non! Ne tire pas les rideaux ! Grommela Jack en passant la main sur son visage pas encore réveillé.
– Tu es sûr que ça va? Jack?
– Parfaitement. Mais cette affaire m'a tenu éveillé plus longtemps que toi... C'est tout. Je n'ai pratiquement pas dormi. Alors? Qu'est-ce que tu as eu comme infos?
– D'abord, je le confirme: les numéros, les mails et adresses de l'équipe, tout a disparu. Mais leur identité aussi.
– Quoi?
– Et ce n'est pas tout: je n'ai plus de sœur, il n'y a plus de faille, plus d'Alice, ni de Steven. Plus de Ewen, ni de Rhys.
– Morts?
– Non. Jamais existé... Tout un pan de nos vies. Plus rien. Même Andy, ou Martha Jones. D'ailleurs, L'Unit non plus n'existe pas... J'ai essayé...
– Qu'a-t-il bien pu se passer?
– Et tu veux savoir le plus beau?
– Et bien, dis toujours...
– Si l'on en croit le réseau internet, toute page concernant Torchwood ou Jack Harkness n'est pas accessible. Et pas seulement sur nos ordinateurs infestés.
Jack se renversa sur les oreillers, pensif.
– J'y ai pensé toute la nuit... Impossible que ce soit alien...
– Et j'ai vérifié pour John Barrowman. Tu ne peux pas être son père. Nous avons des photos de la lignée paternelle parfaitement normale. Et ils sont tous copies conformes, si je puis dire...
– Oh! Tu me rassures! Lança Jack avec un brin d'ironie.
– Et ce n'est pas un monde parallèle, aucunes indications de changement d'univers, ajouta-t-il.
– Par contre, certaines personnes se retournaient sur mon passage. Comme hier soir...
– Tu penses aux autographes?
– Oui. Et si c'était quand même un monde parallèle? Où, d'une façon ou d'une autre, nous existons avec d'autres identités?
– Et où je serais devenu chanteur?
– Pourquoi pas?
Jack se mit à rire doucement.
– Ecoute Ianto, la particularité d'un monde parallèle, c'est qu'il explore toutes les possibilités exclues par nos choix. Mais chacun reste fidèle à ce qu'il est ainsi qu'aux compétences qui sont les siennes. Tu ne peux pas être complètement différent dans un autre monde. Sinon, ce qui les relie entre eux s'effondrerait.
– Heu, je ne suis pas sûr d'avoir tout compris.
– En gros, je ne peux pas être James Bond dans l'un et Fred Astaire dans l'autre... Pigé?
– Parfaitement! Mais je me verrais bien bassiste dans un groupe de hard-rock, moi... Ou projectionniste, pourquoi pas.
– Ianto!
– Ok! J'ai rien dit!
Le jeune homme s'amusait réellement de cette situation bizarre mais finalement pas si dangereuse. Et puis, passer plus de temps avec Jack n'était pas pour lui déplaire.
– J'ai pris le nécessaire de toilette dans le SUV et de quoi nous changer.
– Ianto.
– Hm?
– As-tu dormi?
– Eh bien... Pas quand tu dormais, toi, avoua le jeune homme. J'en ai eu assez de chercher le sommeil.
– D'accord... Donc, en gros, nous sommes coincés dans une espèce de réalité parallèle non définie où il n'existerait que nos sosies?
– On pourrait résumer ça comme ça, oui.
Jack montra la place libre à ses côtés.
– Bien! Maintenant qu'on sait, viens te coucher. On a besoin de sommeil tous les deux.
– Je ne suis pas sûr que je dormirai si je m'approche de toi, murmura Ianto en avançant quand même près du lit.
– Ah oui? Qu'est-ce qui te fait dire ça?
– Une lueur lubrique que je connais bien brille dans tes yeux.
– Hm... Je crois que c'est ce qui manquait à mon double sur les photos, hier soir...
– Au moins, je saurais te reconnaître, si vous vous confondez un jour.
Jack l'attrapa par la cravate pour l'attirer vers lui, l'œil gourmand.
– Et autre chose encore, Ianto Jones. Viens vérifier...
En riant, Ianto se laissa emporter par le désir de son chef taquin. Doubles ou pas, réels ou non, ils étaient bien vivants l'un et l'autre, et très désireux de se le prouver.
Peu après, ils dormaient enfin, épuisés par leur longue veillée et leurs dernières prouesses amoureuses.
***
– Non! Non non et non! Ça fait trois fois qu'on passe devant le Royal Albert Hall! Le théâtre n'est pas si loin!
Rupesh poussa un lourd soupir. Lui, essayait de garder son calme. Depuis que des parasites brouillaient leur intercom, Loïs ne pouvait plus leur indiquer aucune direction. Ce qui rendait Gwen nerveuse. Depuis quatre bonnes heures, ils parcouraient Londres afin de trouver le lieu où Jack avait invité Ianto la veille. Comme Rupesh ne se souvenait pas quel genre de spectacle était prévu, cela faisait quatre heures qu'ils écumaient tous les lieux de spectacle de la ville. Et jusqu'à présent, ils n'avaient qu'un résultat: l'énervement de Gwen, culpabilisée parce qu'elle avait oublié de prévoir une simple carte de la capitale. Loïs avait commencé à faire GPS, mais depuis près d'une heure, l'achat d'un guide devenait vital pour les nerfs de Rupesh. Il devait gérer l'humeur de sa passagère et les incivilités d'automobilistes des capitales.
– Engage-toi dans cette rue! Vite! A droite! Non!
Passablement agacé, Rupesh gara d'autorité sa voiture sur un emplacement heureusement libre, face à l'entrée des artistes du RAH.
– Qu'est-ce qui te prend? On n'a pas fini, là!
– Je vais acheter un plan. Et demander au guichet du RAH si, à tout hasard, Jack et Ianto n'y sont pas allés hier soir.
– Au RAH? Ça m'étonnerait! Fit Gwen en regardant Rupesh sortir de la voiture et se diriger activement vers l'une des entrées du fameux lieu de concerts.
– Hé! Mais attends-moi!
Résignée, elle traversa rapidement et dangereusement la rue puis courut rejoindre son coéquipier planté devant une vitrine.
– M'étonnerait qu'ils soient venus ici, Rupesh.
Le jeune homme souriait.
– Hé! Il y avait Robbie Williams, hier soir! La classe!
Gwen sourit, amusée.
– Définitivement, ils ne sont pas venus ici, hier soir. Je peux te le garantir.
– Ok! Mais va chercher un plan. Je vais tout de même demander, d'accord? Lança le jeune docteur en se dirigeant vers l'entrée principale.
Gwen voulut protester, puis y renonça. Elle soupira et alla piteusement acheter le plan de la ville. Quelle déchéance pour un membre de l'Institut Torchwood.
Peu après, elle retournait tranquillement potasser son guide en attendant Rupesh. Il fallait qu'elle sache ce que Jack et Ianto étaient devenus. Et pourquoi Loïs ne pouvait plus communiquer avec eux. L'informaticienne était en train de tirer quelques conclusions sur l'orage inhabituel qui avait frappé Londres la veille, entraînant d'étranges perturbations atmosphériques et magnétiques sur la ville. Comme des problèmes de réseaux téléphoniques en pagaille.
Gwen soupira. Mais où étaient passés ses deux équipiers? Elle pointa méthodiquement les quatre ou cinq salles qu'ils n'avaient pas encore faites et trouva le Royal Court Theatre à quelques centaines de mètres de là. Elle trouva étrange qu'ils aient pu passer devant deux ou trois fois sans le voir.
Rupesh revint enfin, tout sourire, tout un tas de brochures dans les mains.
– Alors?
– Rien. Tu as raison, ils n'étaient pas venus voir Robbie Williams.
– Bon! J'ai trouvé le Théâtre. On peut y aller à pieds. Ça m'évitera de te crier à nouveau dessus.
– Trop aimable, Madame! Répliqua Rupesh moqueur.
Tout en suivant Gwen, Rupesh consultait le programme du RAH.
– Hé! Il y aura Sting, le mois prochain!
– Hé bien, vas-y avec Loïs.
– Loïs? Pourquoi ça?
– Oh! Pour rien, lança Gwen en souriant. On arrive!
Gwen se planta devant la façade en déclarant:
– On a trouvé! Ils étaient là!
Rupesh releva la tête de son programme, tout surpris.
– Ben... Comment tu peux savoir ça? Il n'y a quand même pas leur nom sur l'affiche.
– Non...
Gwen désigna un nom sur l'affiche du spectacle.
– C'est le comique favori de Ianto. Les portes n'ouvriront que dans deux heures, pour vérifier. Et toujours pas de nouvelles de Loïs.
– Bon. Alors? Qu'est-ce qu'on fait?
– On va au centre de météorologie. Il faut qu'on ait plus d'informations sur tout ce qui a pu se passer de bizarre ces dernières 24 heures. On fera un petit tour au poste de police aussi, on sait jamais.
– Ok! Tu sais, j'ignorais que le RAH avait un programme aussi cool! Tout donne envie!
– Tu n'as plus qu'à faire des économies et trouver quelqu'un pour t'y accompagner.
– Oh! Je trouverai.
Le sourire et le silence de Gwen montant dans la voiture en disait presque plus long que n'importe quelle boutade. La réputation de cœur d'artichaut du médecin n'était plus à faire auprès de ses équipiers.
– Allez, Don Juan! Au centre météorologique!
En souriant, Rupesh suivit sa collègue. L'idée de prendre des places au RAH n'était vraiment pas pour lui déplaire. Plus vite ils trouveraient Jack et Ianto, plus vite il pourrait faire la réservation directement au guichet. Restait à trouver les deux hommes.
***
Ianto s'étira comme un chat entre les bras chauds de son amant. L'odeur de Jack le rendait fou depuis les premiers jours. Et se réveiller tous les matins dans ses bras restait pour lui un avant-goût du paradis. Ni plus ni moins.
Une main vint caresser doucement son épaule. Il grommela quand il entendit Jack dire tout bas:
– Il va être l'heure de se remettre en chasse, mon bel endormi.
Ianto nicha son visage au creux de l'épaule aimante en marmonnant:
– Je sais... Encore quelques minutes, s'il te plaît...
Sans bouger, Jack rit doucement:
– Eh! Ce n'est pas toi qui était debout le premier ce matin?
Pour toute réponse, Ianto se lova plus encore contre son amant, renforçant son étreinte en protestant vaguement:
– Hm... Tu as sans doute raison. Je rêverai de rester encore comme ça... Longtemps. Mais si notre chanteur est comme tout les chanteurs, il va certainement faire une répétition. Et c'est là que nous devrons tenter de l'aborder.
Ianto se redressa, surpris.
– On va lui parler, finalement?
– Je crois que nous n'avons pas d'autre choix. J'ai bien réfléchi. Nous sommes dans un monde qui n'est pas le nôtre, et la seule chose qui y ressemble, c'est lui. Il faut que l'on sache exactement ce qu'il est. C'est un risque à courir si nous voulons retourner chez nous.
– Et tu penses sincèrement pouvoir l'aborder au cours de sa répétition? Comme ça?
– Notre ressemblance sera notre meilleur passeport, non? Et puis, si ça ne marche pas, il y aura toujours la sortie des artistes.
– Mouais... fit Ianto en se levant, sans cacher son scepticisme. En attendant, mieux vaut éviter de se faire repérer... Je ne tiens pas à faire la une des journaux en étant pris pour un autre.
Ce disant, il ouvrit l'un des sacs apportés le matin.
– Ah oui? Et tu comptes faire comment? Demanda Jack s'adossant aux oreillers, les mains derrière la nuque, un sourire ravageur aux lèvres.
Ianto se rendit alors compte qu'il s'était levé en restant dans le plus simple appareil, offrant un spectacle imprenable à son amant plus qu'enchanté.
– Dans cette tenue, je te garantis la une des plus grands journaux du pays, lança ce dernier, l'œil brillant.
Ianto lui lança un regard noir pour masquer son embarras, tandis qu'il renfilait boxer, pantalon et chemise à la hâte. Jack manifesta son insatisfaction en riant et prenant l'air boudeur.
– Allons donc! Tu n'as pas le sens de l'humour.
– Pas le tien, sûrement...
Jack se leva enfin pour rejoindre Ianto qui sortait des vêtements de son sac.
– Tu devrais t'habiller aussi...
Jack l'enlaça affectueusement et lui chuchota à l'oreille:
– Pourquoi? Tu n'aimes pas?
– Oh si! C'est... Juste histoire qu'on soit... à égalité...
Jack se contenta de sourire sans le lâcher.
– Montre-moi ce que tu as là-dedans et j'irai prendre ma douche. Promis.
Ianto sourit. Satané Jack. Il savait que cela pouvait déconcentrer Ianto de le savoir en tenue d'Adam juste contre lui. Le jeune homme reprit sa respiration pour expliquer son plan.
– Il va d'abord falloir que tu laisses le manteau. Trop visible. Je t'ai pris un manteau de pluie tout simple, une écharpe, une casquette et des lunettes noires. Avec ça, tu devrais pouvoir passer inaperçu.
Jack glissait la main contre sa poitrine et il avait bien du mal à ne pas bafouiller.
– Et toi?
– Des lunettes noires devraient suffire. Je ne suis pas quelqu'un qu'on remarque habituellement. Surtout en ta compagnie.
– Moi je te remarque, Ianto. Je t'ai remarqué.
– Oh oui! Comme tu as remarqué Gwen, et Owen, et Tosh... Puis Loïs et Rupesh... Sans compter John Hart et Alec et la mère d'Alice... Et j'en passe et des meilleurs.
Pour toute réplique, Jack enserra Ianto dans ses bras avec une force inhabituelle, sans dire mot, la tête sur l'épaule de Ianto. L'amertume du jeune homme retomba aussitôt.
– Pardon... souffla-t-il.
Jack n'abandonna pas son étreinte.
– Je sais... Un jour, j'espère, tu n'auras plus à dire ce genre de choses. Car dans tous les cas, je suis sincère, Ianto. Il te faudra l'accepter.
Pour toute réponse, Ianto releva la tête pour trouver les lèvres de Jack.
Peu après, Jack relâcha son agréable étreinte pour déclarer joyeusement:
– Allez! Hop! A la douche jeune homme!
Le « Non » de Ianto surprit Jack prêt à entrer dans la salle de bain.
– Quoi?
– J'ai dit « non ». Pour la bonne raison que, te connaissant, il n'y aura plus d'eau chaude quand tu la prendras pour de bon...
Jack réprima un fou rire pour jouer l'homme outragé.
– Hm... D'accord... Et là, c'est toi qui vient de me donner une douche froide...
– Le chaud froid, ça revitalise le corps, fit Ianto, mi-figue mi-raisin.
Jack revint vers lui pour prendre le nécessaire de toilette et frappa le postérieur de son amant rieur.
– C'est bon pour cette fois, jeune insolent! Mais tu ne perds rien pour attendre.
Ianto attendit que Jack soit déjà dans la salle de bain pour répliquer:
– Hm... Des promesses, toujours des promesses...
Jack referma la porte en riant.
Ianto prépara leurs affaires et plia soigneusement le manteau de Jack pour le mettre dans un sac.
Une fois Jack habillé comme le lui avait suggéré Ianto, ce dernier l'observa quelques instants:
– Quoi? Qu'est-ce qu'il y a?
– Non... Rien... ça me fait bizarre... C'est le manteau que je préfère. Définitivement.
– Je ne te le fais pas dire, soupira Jack en ajoutant casquette et lunettes noires à sa panoplie de camouflage. Si tu savais depuis combien de temps je porte ce manteau...
– Je sais... fit Ianto en souriant. Enfin, je me doute...
Il désigna l'apparence de Jack :
– Mais je me demande si tout ça va servir à quelque chose...
– Pourquoi ça?
– Parce que même comme ça, on te remarque.
Jack descendit un peu ses lunettes et lui fit un clin d'œil.
– Je sais... Je suis irrésistible.
Ianto leva les yeux au ciel, retenant un sourire et chaussa ses propres lunettes pour suivre Jack qui sortait déjà en riant.
***
Jack trouva une idée aussi simple qu'efficace pour passer l'entrée du Brighton Centre. Un joli sourire, un autographe et une histoire : il était sorti quelques minutes pour faire un tour sur la berge et ne retrouvait plus à présent les loges. Tout cela lui suffit largement pour ne pas éveiller les soupçons du portier, de la guichetière et de la jeune femme de ménage rougissante qui lui indiqua le chemin vers la loge.
Ianto se disait que les plans les plus simples étaient parfois les meilleurs. Il suivit Jack sans encombres jusqu'à la salle de concert d'où l'on entendait de la musique.
Le chanteur démarra une chanson pour s'arrêter presque aussitôt afin de commenter les effets de lumière.
Les deux visiteurs entrèrent dans la salle de spectacle sans forcément se faire remarquer. Ils s'installèrent tout naturellement pour étudier la situation.
– Comment comptes-tu l'aborder? Chuchota Ianto à son voisin pensif. Il y a beaucoup trop de monde.
– Maintenant que nous sommes entrés, il sera très facile de l'approcher plus tard, sans trop de témoins. Peut-être dans sa loge. Je voulais seulement l'observer avant.
Jack activa discrètement son bracelet et fit la grimace en refermant le couvercle en cuir.
– Toujours aucunes indications? Demanda Ianto.
– Rien Absolument rien. Cette histoire me dépasse, je l'avoue.
Devant la mine soudain soucieuse de Ianto, Jack finit par demander:
– A quoi penses-tu, Ianto?
– Je pense que Gwen doit se faire un sang d'encre.
Le capitaine posa une main sur l'épaule de son équipier en parlant calmement, presque amusé:
– Pas pour longtemps. Nous réussirons à rentrer. Elle va nous faire la tête un moment, c'est tout.
– Hm...
– Il se débrouille plutôt pas mal, hein? Déclara Ianto un bon moment après.
– Moui... C'est pas mon style.
Ianto réprima un rire moqueur.
– Les femmes doivent être folles de lui. Ma sœur adorerait.
Jack préféra ne pas répondre. Au même instant, une pause fut décrétée sur scène.
Jack se leva aussitôt, faisant un signe à son compagnon. Ianto le suivit discrètement vers la loge du chanteur. Ils n'eurent même pas à forcer la serrure, la loge était ouverte.
Une loge somme toute assez fonctionnelle.
Jack enleva écharpe et k-way pour réclamer son manteau à Ianto, interrogatif.
– On va dire que c'est pour éviter que tu me confondes avec lui... J'ai vu comment tu le regardais.
Ianto leva les yeux au ciel et rangea le k-way.
– Même si ce type a la même voix, les mêmes intonations, le même accent, la même gestuelle que toi, tu es unique, Jack Harkness.
– On ne sait jamais, fit Jack en ajustant le col du manteau avec le plaisir évident de retrouver ses habitudes vestimentaires.
– Tu penses qu'il viendra ici?
– S'il est humain, il viendra pour se soulager, non?
Tandis que Ianto réprimait un nouveau fou-rire, Jack fit rapidement le tour de la loge. Quelques vêtements, dont un conservé dans une housse, certainement le costume de scène, des bouteilles d'eau et des serviettes de toilette. Rien de bien personnel ni rien qui n'indiquât autre chose qu'un humain.
Ils n'attendirent pas longtemps. Des bruits de pas, de discussions se rapprochant, et la porte s'ouvrit.
Absolument stupéfait par ce qu'il vit, l'homme s'arrêta au beau milieu d'une phrase avant de refermer la porte.
Jack se redressa aussitôt, mains dans le dos, pour lui faire face. A ses côtés, Ianto attendit avec impatience et curiosité ce que serait l'attitude de ce double inexplicable.
***
Gwen sortit du centre de météorologie avec la vague impression que le ciel lui était tombé sur la tête. Certes, l'orage avait été violent, et très localisé. Certes des résidus importants d'électricité statique saturaient encore l'air, mais l'évènement avait déjà eu lieu en Irlande, une bonne cinquantaine d'années auparavant. Comme cela n'avait affecté que les communications et les radios locales, et faiblement perturbé le trafic aérien, personne ne s'en était soucié.
Rupesh s'installa dans la voiture vaguement fatigué de ne pas avancer.
– Bon! Quelle est la suite du programme?
– On va vérifier qu'ils étaient bien au Royal Court Theatre. On avisera ensuite.
– Gwen? Rupesh? Vous m'entendez? Si vous m'entendez, répondez-moi!
– Mon dieu! Loïs! Oui! Bien sûr qu'on t'entend! Comment as-tu fait? Les réseaux ne sont toujours pas rétablis!
La voix de l'informaticienne était faible, mais l'intercom fonctionnait à nouveau. Plutôt rassurant.
– Disons que je suis passée par d'autres voies... Ce serait trop long à expliquer... Vous avez du nouveau?
– Non, rien... Et toi?
– Eh bien, j'ai observé les variations magnétiques dans l'air et comparé les données a des situations similaires que Torchwood a classé comme encore inexpliquées.
– Bonne idée! Dis-moi que l'on a une piste!
– Je ne sais pas encore... Mais je peux déjà affirmer que les variations correspondent à celles enregistrées il y a 50 ans en Irlande, 70 ans en Australie et il y a 90 ans dans le Sahara. Ce serait la première fois que cela arriverait dans une zone habitée.
– Et comment tu expliques tout ça?
– Pour l'instant, la thèse alienne n'est pas à exclure.
Gwen en profita pour informer Loïs concernant leurs propres découvertes, omettant de mentionner l'achat d'un guide touristique.
– Écoute Loïs, je passerai le théâtre au détecteur et tu nous donneras les résultats de l'analyse du labo.
– Ok! A tout à l'heure!