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TW 4 - Episode 1 - " Fictions"

Série : Torchwood
Création : 19.12.2010 à 17h38
Auteur : evalyre 
Statut : Terminée

« A la suite de "Contre tous principes". Ma version de TW 4 » evalyre 

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***

L'après-midi touchait à sa fin. Déjà.

Les mains dans les poches, Jack observait son clone, Scott et « Owen » en grande discussion dans le salon. Le dénommé Russel avait été injoignable de toute la journée. On leur avait finalement dit qu'il ne rentrerait que le soir.

Quand il vit passer Ianto avec un plateau de tasses de café vides, il l'arrêta au vol.

– Ianto! S'il te plaît! Tu n'es pas au boulot, d'accord. Essaie de te détendre...

Le jeune homme eut son petit sourire pincé.

– Oh! Bien sûr! Me détendre... Dans quelques heures, ils ne se souviendront peut-être plus de ce que nous sommes pour eux si l'on ne part pas au plus vite. Il nous sera alors impossible de trouver une solution pour rentrer. Mais, oui, tu as raison... Il faut que je me détende... pas de problème.

Jack lui connaissait bien ce petit air crâneur. La façon à Ianto de lui tenir tête. Avec de l'ironie et de l'amertume. Il le suivit à la cuisine et le prit par la taille.

– Je veux dire, prends les choses positivement. On est tous les deux, seuls... Ou presque... Alors ne te sens pas obligé de « rendre service », ok?

Ianto soupira.

– T'as jamais pensé que je m'occupais comme ça pour éviter de cogiter?

– Ah oui? Moi qui croyais que tu aimais briquer tout du sol au plafond...

Ianto lui échappa.

– Hm... Une vraie Cendrillon, hein?

– Serais-je ton Prince, ma toute belle? plaisanta Jack, décidément de fort bonne humeur.

Ianto lui fit face, les bras croisés, l'air buté:

– Tu recommences...

– Quoi donc?

– Les plaisanteries... Pour éviter d'aborder les sujets graves...

Jack se força à reprendre un certain sérieux.

– Ok, ok... D'accord. Excuse-moi.

– Toute cette histoire n'a pas l'air de te perturber, Jack, fit Ianto avec une note de tristesse dans la voix.

– Ma foi, j'essaie d'en voir le bon côté: nuance de taille.

Jack l'enlaça à nouveau.

– Et avant que tu ne protestes, je t'assure que je veux rentrer à la base, tout autant que toi.

Son jeune équipier fit confiance au sérieux du ton. Il se dérida un peu. Jack continua:

– Mais, je l'avoue, découvrir ce monde m'amuse. C'est plutôt cocasse, non?

Ianto hocha la tête mais répliqua assez vertement:

– Tu n'y es pas mort, toi... Je veux dire, définitivement...

La réplique désintégra toute trace de malice ou d'amusement dans les yeux de Jack qui ne sut quoi répondre. Alors, Ianto insista. Il voulait en avoir le cœur net.

– Tu savais. Hein? D'une manière ou d'une autre, tu savais...

Le Capitaine décida de jouer franc-jeu. Ou du moins, un minimum. Il murmura, les yeux baissés:

– Le Docteur est intervenu en partie pour ça, Ianto...

Presque surpris d'avoir eu raison, le jeune homme hocha lentement la tête. Les yeux humides, il déclara, presque pour lui-même:

– Je comprends mieux ce qu'il m'a dit avant de partir... Il m'a... il m'a demandé de prendre soin de moi...

Jack lui prit soudain le visage à deux mains:

– Mais les choses ont changé, Ianto! Tu n'aurais jamais dû savoir! Et tu sais quoi? Tu vas vivre, Ianto... Tu m'entends? Tu vas vivre...

Ianto leva les yeux sur son Capitaine.

– Mais, si je suis mort, dans ce monde-ci... Que je sois de la réalité ou de la fiction, ici, je vais finir par disparaître, et...

Cette fois, Jack le serra très fort dans ses bras pour l'empêcher de continuer. Lui aussi y avait pensé.

Ianto se laissa faire, trouvant dans la force de l'étreinte un certain réconfort.

– Non, Ianto... Non... On va rentrer... D'accord?

Captain Jack, fureteur, vint leur tourner autour, jaloux de câlins. Les deux hommes enlacés, ne le remarquèrent pas immédiatement. Le chien posa ses deux pattes avant sur la jambe de Ianto, la queue frétillante. Surpris, le jeune homme se dégagea un peu des bras de Jack et regarda l'animal en riant.

– En voilà un qui sait réclamer l'attention.

– Ça doit être le nom, lança négligemment Jack, à peine moqueur.

Ianto se baissa pour prendre le chien tout joyeux dans ses bras. Jack, bon prince, caressa la truffe quémandeuse et affirma:

– Il va presque me rendre jaloux...

– Aurais-tu déjà oublié la nuit que tu as passée?

– Oh! Mais tu as ce chien beaucoup plus souvent dans les bras, que moi, en ce moment.

Ianto éclata de rire en reposant Captain Jack et s'emparant de la taille de son Capitaine pour l'embrasser.

– Mais à lui, je n'ai pas envie de faire certaines choses... fit-il, l'œil pétillant.

Jack rit à son tour.

– Encore heureux...

Alors qu'ils allaient s'embrasser à nouveau, un léger toussotement les arrêta.

Burn Gorman, sur le seuil de la cuisine, déclara simplement:

– Hm... Nous avons réussi à le joindre.

Jack entoura aussitôt la taille de son équipier en répondant avec enthousiasme :

– Eh bien, allons-y!

***

– Quoi? C'est quoi cette drôle d'idée, franchement? S'exclama Gwen devant le tableau étrange que lui présentait Rupesh sur l'écran central du Hub.

Loïs, qui observait la même chose, déclara:

– Avoue que c'est quand même étrange...

– Assez étrange pour le noter, Gwen, compléta Rupesh, encouragé par sa coéquipière.

L'ex-policière faisait sa tête des mauvais jours. Les bras croisés, elle tentait de comprendre ce que voulait lui dire le médecin avec les données qu'il lui présentait. D'ailleurs, il poussa son avantage:

– A chaque pic électrostatique, le nombre de malades mentaux a augmenté dans les environs immédiats de façon étrange. En Islande, de 50%, de 36% en Australie...

– Oui! Ça va, tu ne vas pas tout me lire. J'ai vu, grogna Gwen énervée, comme chaque fois qu'elle ne pouvait avoir la réponse à ses questions.

– Et cela voudrait dire quoi? Demanda Loïs.

– J'ai fait des recherches sur les types de pathologies les plus courantes recensées dans ces cas-là.

– Et ça donne quoi?

– Troubles de la personnalité. Les patients en surplus se prennent pour Quasimodo, Hercule Poirot ou Phileas Fogg. Tous restent absolument convaincus de l'être, jusqu'à la fin de leur vie. Malgré tous les traitements...

– Moui... Et tu as recensé ce type de pathologie sur combien de cas au total?

– Heu... Quatre seulement, c'est vrai... A cause des dates, le reste n'est pas forcément bien répertorié, se défendit Rupesh.

– On a que ça... Des cas isolés...

Gwen soupira et continua:

– Ok! Des choses arrivent... Mais on n'a pas assez d'éléments pour fonder une thèse solide... C'est à s'arracher les cheveux!

Loïs souffla à son tour. La fatigue n'aidait pas à la concentration.

– Et si c'était ça, le lien... fit-elle à tout hasard.

– Quoi? Comment ça?

– Ben, les bizarreries... les fous... les pics... la météo folle... Si l'effet de ces ondes électriques provoquait quelque chose? On ne sait pas quoi, d'accord, mais cela entraînerait un dérèglement ... hm... un dérèglement des données habituelles.

Tandis que Gwen réfléchissait, Rupesh ajouta:

– Et si les ondes fragilisaient une sorte de barrière entre deux univers? Après tout, dans la plupart des cas, personne n'est venu réclamer les internés supplémentaires. Personne pour connaître leur vrai nom. Ces malades sont comme « ajoutés » à la population. C'est cela que j'ai trouvé le plus bizarre. Je parierais pour un autre monde... Un monde parallèle?

– Ok. On tente. Qui aurait été « enfermé » en surplus, dans des hôpitaux psychiatriques de Londres ces derniers jours?

– Rien de suspect, hélas! Pour l'instant, en tout cas, affirma Rupesh désolé.

Gwen hocha la tête.

– Ok! On va chercher toutes les personnes qui ont été témoins des manifestations électrostatiques. Et on part leur poser des questions. J'en ai marre de végéter ici, moi...

Ravis d'avoir enfin quelque chose de constructif à se mettre sous la dent, Loïs et Rupesh se mirent aussitôt au travail.

***


evalyre  (09.12.2011 à 20:44)

Les cinq hommes se tenaient autour du téléphone posé sur la table du salon, le haut-parleur allumé, Monsieur Russell T. Davies à l'autre bout du fil, pas très content d'être dérangé.

Mais Scott avait préparé le terrain, doucement. Puis il avait bien fallu annoncer l'objet réel de l'appel. Et quoique à priori très ouvert d'esprit, le dénommé Russell avait un peu de mal.

Ayant d'abord cru à une plaisanterie, il avait changé d'humeur en apprenant que John et Burn se trouvaient dans les parages.

A présent, il se montrait passablement agacé et affirmait qu'on lui faisait perdre son temps. Il avait la suite des aventures du Docteur à superviser.

Au beau milieu des pourparlers, Burn interpela Jack.

– Eh ben, alors? Qu'est-ce que vous attendez pour utiliser votre truc?

Jack, qui manipulait son bracelet depuis un moment, lui répondit:

– Il me faut un peu de temps pour trouver la bonne fréquence de l'appel et émettre mes propres ondes. Un peu de patience. Continuez à lui parler...

A l'autre bout du pays et du fil, le scénariste rouspétait parce que Scott et John Barrowman insistaient pour lui faire faire des recherches Internet sur Torchwood et Jack. Ils lui demandait aussi de lui faire ouvrir ses scripts. Il finit par le faire à contrecœur, en protestant bruyamment. Mais sa voix manqua soudain d'assurance devant les faits, troublants.

– Ah! Tu vois! Nous ne cherchons pas à t'ennuyer! fit John, soulagé, alors que son interlocuteur se plaignait de ne plus rien y comprendre.

Jack intervint alors:

– Ok! Prévenez-le que tout va s'éteindre chez lui. Je prends le disjoncteur en main.

John se chargea de la commission en souriant.

Dans le haut-parleur, il y eut un grand « Quoi? » surpris, non sans une pointe d'exaspération. Et presque aussitôt, un cri de stupeur et une suite de réflexions peu sympathiques sur la santé mentale des ses trois interlocuteurs.

Ianto retint un rire lorsque la voix au téléphone intima de rallumer. Scott interrogea Jack du regard. Jack lui sourit d'un air entendu. Scott déclara donc:

– Russell, s'il te plaît, il faut que tu nous crois. C'est le manipulateur de vortex qui dirige maintenant les lumières de ton appartement.

– C'est ça, oui! John! Arrête de lui faire répéter n'importe quoi! Vous n'avez rien d'autre à faire que faire perdre du temps aux autres?

– C'est pourtant la vérité! Intervint Burn très calme.

– Rallumez-moi ces lumières!

– Quand tu accepteras de nous écouter.

– Ce n'est pas à vous que je parlais! Fit Russell agacé.

Jack appuya sur l'un de ses boutons. La réaction fut immédiate. Un juron traversa le haut-parleur.

– Que s'est-il passé? fit Scott, interrogeant à la fois Russell et Jack amusé.

– Les réverbères de la rue se sont éteints aussi. Bon sang de bonsoir!... Comment ça le disjoncteur ne fonctionne pas?

Jack appuya de nouveau sur son bracelet et l'on entendit un nouveau juron, ébahi, cette fois.

Jack murmura à ses hôtes:

– Je n'ai rallumé que la prise ordinateur reliée au téléphone, par internet.

Scott secoua la tête, souriant, malgré lui.

– Russell, comment ton ordinateur peut-il s'allumer, si tu n'as plus de courant?

– Je ne sais pas comment vous faites, mais ce n'est pas drôle!

Jack expliqua tranquillement:

– Ok, je rallume...

– C'était qui, ça? Hé! Mais c'est pas vrai! Vous avez fini de jouer avec le disjoncteur!

– Écoute, il faut que tu comprennes que nous avons vraiment besoin de toi. Rien que le fait de ne plus avoir d'informations sur les deux séries par internet devrait t'inquiéter, non? Et crois-moi, ce n'est pas un virus, on a vérifié.

Pendant que Scott tentait d'amadouer le créateur d'une manière ou d'une autre, Jack discutait avec Ianto, lui montrant le bracelet. Et soudain, un gros mot traversa le haut-parleur et le salon.

Ianto pouffa de rire tandis que trois paires d'yeux fixèrent Jack, la tête d'un gosse pris en faute mais loin de s'en repentir.

– Oups! J'ai dû ré-éteindre, fit-il avec un sourire canaille.

Cette fois, John, décidé, prit les rennes de la discussion.

– Russell, arrête de râler. De toute manière, que notre histoire soit vraie ou pas, il faut que tu écrives ce que l'on te demandera. A la limite, tant pis si tu n'y crois pas... Mais si ça marche, tout le monde retrouverait le cours de sa vie normale...

– Oh oui! Une vie normale, soupira Jack, approuvant John.

– De toute manière, je ne vais pas écrire à la bougie, râla Russell, fort mécontent.

– Mais non! Assura Burn, jetant un coup d'œil au Capitaine.

– Cependant, on ne te remettra la lumière que si tu acceptes d'écrire.

– Vous savez, c'est officiel: vous êtes dingues!

John Barrowman et Burn Gorman sourirent en échangeant un regard.

– On sait! Firent-ils en choeur.

Jack sourit et Ianto leva les yeux au ciel. Deux gosses!

Scott reprit la conversation, plus sérieusement. Après tout, l'enjeu était de taille.

– Bon, écoute, acceptes-tu de nous aider?

Il n'y eut qu'un grommellement en guise de réponse.

– De toute façon, ai-je le choix? Hm?

Un temps. Puis:

– Qu'est-ce que je dois faire? Capitula enfin l'homme au bout du fil.

Jack manipula à nouveau son bracelet et le referma tandis que Scott demandait déjà au pauvre homme de se munir d'un papier et d'un crayon pour prendre des notes.

John se tourna alors vers Jack.

– Mais qu'est-ce qu'on lui demande? Il ne va quand même pas réécrire toutes vos aventures?

– Non, non... J'ai ma petite idée. Laissez-moi lui parler, je m'en occupe.

Peu après, Burn Gorman, les bras croisés, observait la scène : le Capitaine Jack Harkness parlait à Russell T. Davies. Il fit doucement:

– S'il voyait ce que je vois, Russell ferait une attaque... 


evalyre  (09.12.2011 à 20:45)

Jack dicta donc ce dont ils auraient besoin. Un peu trop rapidement. Russell l'interpela sous le nom de John pour le ralentir. Cela les fit tous sourire. Mais Jack ne démentit pas son interlocuteur. Il demanda donc à son « créateur » d'écrire une scène bien spécifique, avec de nombreuses précisions. Burn Gorman intervint à un moment pour ajouter au scénario une averse violente et un important pic d' électricité statique.

Il se tourna vers Ianto avec un haussement d'épaule:

– On ne sait jamais...

Mal à l'aise, Ianto esquissa un petit sourire crispé. Maintenant que les choses se précisaient, il sentait ses entrailles se nouer. Si ça ne marchait pas...

Attentif, Scott se leva, laissa son mari, Burn et Jack se débrouiller pour prendre Ianto à part.

– Je dois sortir les chiens? Vous m'accompagnez?

***

Reconnaissant, Ianto le suivit dans le hall d'entrée où les chiens devinrent fous quand ils comprirent l'intention de leur maître.

– Prenez Captain Jack. En promenade, c'est le plus docile...

– Si vous le dites... fit Ianto, un brin ironique.

Scott éclata de rire et ils sortirent bientôt dans la rue relativement silencieuse.

Le jeune gallois apprécia ce moment de calme, ponctué par les arrêts pipi et les curiosités de Captain Jack, ravi.

Scott dit enfin, avec douceur:

– J'espère que ça marchera...

– Moi aussi... souffla Ianto, incapable de rajouter autre chose.

– Cela fait bizarre, mais je suis ravi de vous avoir rencontré, lança Scott, sincère. Je veux, dire... En vrai...

Ianto ne put s'empêcher de rire et Captain Jack se prépara à une grosse commission. Leur arrêt, dura un petit moment.

– C'est étrange... Je ne sais pas comment je réagirais, moi, si Gregory House ou Sherlock Holmes se présentaient chez moi, à m'affirmer qu'ils sont des personnages et non des sosies...

– Vos preuves étaient suffisantes, croyez-moi! Vous aimez Dr house?

– Non. Pas spécialement. Rupesh, lui, l'adore... Et ce n'est pas un vain mot.

Scott rit doucement. Les chiens reprenaient leur promenade.

– Pourtant, à Torchwood, vous ne devriez plus vous étonner de rien... Je suis certain que vous trouveriez une explication logique et une solution efficace pour ramener tout dans l'ordre. Comme vous êtes en train de le faire, d'ailleurs...

Ianto haussa les épaules, peu convaincu. Scott continua, un peu rêveur:

– Le 21ème siècle est le siècle de tous les changements, et Torchwood est prête... Ce doit être exaltant!

– Moui... Vous croyez? Nettoyer derrière tout le monde, nourrir un ptérodactyle et garder des weevils pas commodes...

– Et vous occuper du Capitaine, compléta Scott, enjoué.

Surpris, Ianto éclata de rire puis répliqua, pince sans rire:

– Il n'y a pas que des désavantages, effectivement. Mais c'est beaucoup de travail!

– Je n'en doute pas une seule seconde! Approuva Scott en souriant. Mais cela ne doit pas être si désagréable, n'est-ce pas?

Ianto ne répondit pas, mais le sourire qu'il garda sur son visage juvénile en disait long. Scott lui tapota amicalement l'épaule, puis ils marchèrent encore un moment dans un silence complice.

– Je peux vous poser une question indiscrète? Fit Ianto alors qu'ils reprenaient tranquillement le chemin du retour.

– Si vous me permettez de ne pas y répondre.

– Quand vous l'avez rencontré... Hm... Avec John, vous avez su tout de suite ce qu'il représenterait pour vous?

Scott sourit, amusé par les souvenirs que réveillait Ianto.

– Absolument! Et c'était réciproque. Je n'ai eu aucun doute. Mais pourquoi cette question? Il me semble que ce fut la même chose pour vous.

Confus, Ianto demanda sincèrement:

– Mais, quand cela?

– Après la capture du ptérodactyle, justement. Certains regards ne trompent pas, croyez-moi! Fit Scott taquin.

Ianto se sentit rougir.

– Mais... hm... tout le monde a vu « ça »? Je veux dire... Si vous savez tout ça... C'est que les gens, ont vu, ça?

Souriant, Scott essaya de rassurer Ianto qui réalisait l'impact de faire partie d'une œuvre de fiction.

– Mais évidemment! Et vous savez quoi? C'est presque grâce à vous et votre relation avec Jack que les fans ont accroché à la série. Votre romance est très importante dans l'univers de la série. A tel point que des fans ont envoyé des sacs de café au producteur pour protester contre votre disparition...

Scott s'arrêta brusquement, embarrassé de s'être laissé aller.

– Pardon... Je ne voulais pas...

– Non, non... ne vous inquiétez pas, l'interrompit Ianto gentiment. Je comprends ce que vous vouliez dire. Tant mieux, dans un sens.

Scott poussa la porte de la maison pour laisser passer ses chiens tout agités.

– Allons, tout va s'arranger, vous verrez...

***

Ianto libéra Captain Jack. Tout foufou, il se rua sur John qui le prit dans les bras.

Ils avaient raccroché.

– Alors? Demanda Scott en enlevant son blouson.

Burn haussa les épaules.

– Ben... Il va s'y mettre. Mais rien n'est garanti.

– L'histoire des lumières n'a pas semblé le convaincre, déclara Scott amusé, à l'adresse de Jack.

– Je sais bien... Je ne peux pas assurer le show à chaque fois... Le principal est qu'il écrive en ce moment.

– Comment croyez-vous que cela se manifestera pour vous? Interrogea encore Scott, intrigué.

Jack échangea un coup d'œil rapide avec John avant d'annoncer, à l'adresse de Ianto:

– On va partir.

C'est seulement à ce moment-là que le jeune homme remarqua que Jack portait son manteau.

– D'accord! Et ensuite?

– Si tout se passe comme prévu, vous devriez pouvoir rentrer à la base, intervint John Barrowman avec comme un léger voile dans la voix.

– Hm... Sinon, nous devrons trouver une autre solution, compléta Burn Gorman, la mine morose.

Ianto frappa dans les mains avec un engouement feint.

– Alors, je suis prêt!

***

Il y eut un grand silence. Aucun des 5 hommes ne voulaient vraiment se quitter et une sorte de tristesse générale venait de s'abattre sur la maison.

Ce fut « Owen » qui vint à la rescousse, en manifestant une gouaille un peu forcée. Il tendit la main à Ianto.

– Eh bien, alors... Sans rancune?

Le gallois sourit, amusé.

– Bien évidemment! Et merci pour le café, ce matin.

Burn se contenta de rire en serrant la main du jeune homme. Il avait la vague impression de quitter un ami.

John tendit la main au Capitaine.

– Eh bien... Ce fut une expérience étrange, mais... instructive...

Jack sourit.

– Absolument d'accord!

John Barrowman l'observa alors un instant et déclara, un brin d'ironie et de sincérité dans la voix:

– Je ne suis pas si mal, finalement.

Jack rit et lui fit un clin d'œil.

– Pourquoi changer la perfection?

Scott entoura la taille de John d'un bras.

– Ah! Tu vois! Fit-il en riant à son mari. C'est ce que je me tue à lui répéter! Mais il ne me croit pas.

John leva les yeux au ciel avec un grand sourire. Ianto s'attendrit devant le couple enlacé. Ces deux-là donnaient envie.

Content de l'animation, Captain Jack vint y prendre part. Cette fois, Jack le prit dans les bras en riant.

– Bon! Alors tu seras sage, hein? Tu défends l'honneur des Capitaines Jack... Ok?

Pour toute réponse, le chien choisit de le couvrir littéralement de bisous.

Les cinq hommes éclatèrent de rire. John reprit son chien des bras de Jack assailli de câlins canins. Ianto prodiguait ses caresses aux deux autres jaloux.

Burn Gorman se plaça face au Capitaine et lui fit un salut militaire avec un grand sourire.

– Capitaine! Bon retour chez vous!

Jack lui rendit son salut.

– Mes hommages à votre Dame et... traitement spécial à vos deux aliens.

Burn éclata de rire.

– Je n'y manquerai pas!

Peu après, Scott et Ianto sortirent les premiers. Scott retenait l'un des trois chiens. Ianto lui tendit la main.

– Merci... Pour tout.

Scott lui serra la main avec franchise et amitié.

– Peut-être à bientôt... On ne sait jamais.

Ianto sourit et le salua avant de rejoindre le Suv. Jack le suivit. John et Burn les regardèrent s'éloigner.

John les vit monter à bord de leur voiture après un dernier salut. Puis il vit le véhicule s'éloigner en murmurant:

– Sérieusement, il faut que ça marche...

Scott vint l'entourer d'un bras réconfortant.

– Il n'y pas de raison.

Burn Gorman eut un petit rictus tandis que le Suv disparaissait au bout de la rue.

– Non... Ya pas de raison...

Lorsqu'il se retourna peu après, pour rentrer, il y avait toujours un tas de ferraille à la place du dalek. S'il avait rêvé, la réalité de la situation redevenait assez cuisante. Oui. Ça devait marcher...

Encore fallait-il que Russell se décide à écrire.

Il appela sa femme. Il ne rentrerait que lorsqu'il serait certain qu'Owen Harper réapparaîtrait dans sa filmographie en tant que personnage mort à la fin de la saison 2 de la série Torchwood.

John lui tapa sur l'épaule et lui proposa de s'installer dans le canapé. L'attente serait peut-être assez longue.

– Allez Binny! Un petit remontant pour faire passer tout ça?

Il accepta. Un petit whisky? Pas de refus. Surtout après tant d'émotions.

***

« Le Suv filait sur la route de Cardiff. Le temps était correct en ce début du mois d'octobre. A son bord, le Capitaine Jack Harkness et son coéquipier, Ianto Jones, mais surtout, beaucoup de silence.

Jack conduisait vite, concentré sur le but à atteindre. Ianto restait préoccupé par l'enjeu du voyage.

Et puis, ils s'inquiétaient pour les trois autres, restés à la base.

Qu'allait dire Gwen? Quelle serait la réaction de Rupesh, ou celle de Loïs? Leur séjour dans la capitale avait duré un peu plus longtemps que prévu. Mais comment le leur expliquer? Et puis d'abord, se souviendraient-ils de tout cela?

Le soir tombait sur l'Angleterre. Un soir comme les autres. A première vue.

Jack dut prendre son mal en patience lorsqu'ils se retrouvèrent dans les bouchons, à la hauteur du Severn Bridge, symbolisant la frontière Angleterre-Pays de Galles.

Le temps se faisait plutôt maussade à mesure que l'attente se faisait longue.

Quand le Suv s'engagea sur le pont, une violente averse doublée d'éclairs éclata.

Ianto et Jack échangèrent un regard entendu. Jack haussa les épaules.

– On sait jamais...

La remarque arracha un petit sourire à son voisin.

Pare-choc contre pare-choc, les voitures se retrouvèrent presque immobilisées, les essuie-glace à vitesse maximum, l'habitacle parfois illuminé d'un éclair.

Ianto murmura alors, observant le spectacle quasi apocalyptique autour d'eux:

– Il a fait fort, là quand même...

Comme Jack éclata de rire, Ianto esquissa un petit sourire.

Leur séjour, s'il s'achevait, finissait plutôt bien. De toute manière comment en serait-il autrement en restant après de son amant immortel?

L'averse ne se calma que lorsqu'ils atteignirent l'extrémité du pont.

– Bienvenue au Pays de Galles, Ianto Jones!s'exclama Jack en riant.

Ianto sourit. Cette annonce avait un goût de vrai retour. Il songea à ce qu'il allait retrouver.

Myfawny, Janet, la crypte, son précieux chronomètre et le silence si particulier du hub.

Jack se sentait léger, guilleret. Torchwood était comme sa maison. Depuis si longtemps. Il avait vu se construire la base de Cardiff, sur la faille, depuis ses tout débuts. Il avait aussi perdu tant d'équipiers. Failli perdre Ianto. Heureusement, que son ami de Galliffrey était venu changer le cours de l'histoire. Ainsi, il rentrait à la base, avec Ianto, comme il le ferait encore de très nombreuses fois.

Il jeta un coup d'œil à son voisin. Un léger sourire flottait sur les lèvres de son amant. Il sourit à son tour. Le silence entre eux se chargeait d'émotion positive, de complicité.

Jack appuya encore sur l'accélérateur. Ce soir, Ianto Jones serait son plat de résistance. Dès qu'ils seraient arrivés. »

***


evalyre  (13.12.2011 à 20:38)

Burn Gorman avait les pensées peu claires lorsqu'il se réveilla. Se réveilla? Il fit la grimace. Quel mal de crâne ! Et la bouteille de Whisky vide qui avait roulé au pied de la table du salon devait l'expliquer. Il était chez JB et Scott, d'ailleurs. Eux-mêmes en train de se réveiller, avec des grimaces qu'il trouva comiques. Les trois chiens, jusque-là sagement allongés au pied du canapé, se levèrent dès que leurs maîtres se réveillèrent.

En essayant de se redresser, Burn étouffa un juron. Une bouteille de rhum vide se dressait au pied de son fauteuil. Oui... Il se souvenait de n'avoir pas bu que du Whisky.

– Mais qu'est-ce qui s'est passé? Fit John, la voix pâteuse et Captain Jack déjà frétillant sur les genoux.

Scott passa une main lasse sur son visage.

– J'ai un de ces mal de crâne !

– Moi aussi! Se plaignirent les deux autres.

Burn consulta sa montre. Il était tard. Genre, minuit? Une heure? Il avait un peu de mal à ajuster sa vision.

– Qu'est-ce qu'on a foutu? Demanda-t-il en découvrant une bouteille de Scotch, vide aussi.

John la découvrit en même temps. Leur regard se croisèrent.

– Les bouteilles n'étaient pas pleines...

– Oh? Tu me rassures! Ironisa Burn, pas très fier de lui.

– Et on était trois... ajouta Scott, essayant la station debout.

Pris de vertige, il retomba dans le canapé.

– Très drôle! Marmonna Burn.

John parvint à se lever, aidé par ses chiens tout contents.

– Je vais chercher de l'aspirine.

– Et prépare-nous un bon café, tant que tu y es! Lança Scott.

John se tourna aussitôt vers les deux autres, une expression mi-figue, mi-raisin sur le visage.

– J'ai comme l'impression que ça devrait me rappeler quelque chose. Pas vous?

Burn secoua la tête pour ajouter :

– Ouais... Moi aussi. Mais ce serait quoi? Pour changer aussitôt de sujet :

– Ah tiens! Tu voulais faire une soirée Torchwood, ce soir? Tu sais que je n'aime pas spécialement me revoir... ajouta-t-il en désignant les dvds et les scripts sur la table.

Scott sourit et ne put s'empêcher de le taquiner.

– On sait... Je crois qu'on ne pensait revoir que la saison 3, pour t'épargner.

– Ah ah! Très drôle, râla Burn en se prenant le crâne à deux mains, comme pour l'empêcher d'exploser.

John Barrowman s'éloigna en haussant les épaules avec 3 toutous à ses basques.

Scott aligna les trois bouteilles d'alcool vides sur la table.

– Eh ben! Ça c'est de la descente! Soupira Burn. Dommage qu'il y ait toujours des dégâts collatéraux.

Scott observa les scripts et les dvds éparpillés sur la table. Il eut l'étrange sentiment d'avoir raté quelque chose.

John Barrowman revint avec un plateau, trois verres effervescents et une carafe d'eau.

– Le café est en marche...

Il siffla devant les trois bouteilles.

– Wouahou! Si seulement je pouvais me rappeler ce qu'on fêtait...

Les deux autres hochèrent la tête. Et tous prirent le médicament sans broncher.

John se réinstalla, essayant d'apaiser ses maux de tête en se massant les tempes.

La sonnerie du téléphone ne vint rien arranger. John décrocha.

– Ah! Salut Gavin! Tu vas mieux que nous? Pourquoi tu m'appelles à une heure pareille?... ah? Oui... oui... Je n'ai pas oublié... Non... Enfin, quoique... Passons... Quoi? Comment ça, des explications? Quelles explications? Pour le concert d'aujourd'hui?... Non... Ne crie pas, j'ai mal au crâne...

Il échangea un regard avec son mari, lui aussi un peu déboussolé.

– Ben... Vu l'état dans lequel je suis maintenant, je pense que j'étais malade... Quoi?... Mais non!... je ne me rappelle pas... Oui! Je sais que j'ai annulé, mais je ne me rappelle plus pourquoi...

Il ferma les yeux, l'air las, écoutant un moment son manager. Puis il finit par dire très calmement:

– Oui, Gav, je te promets que je ne le ferais plus... Les fans? Ben... Je réfléchis, et je te proposerai une réponse... Là, je n'ai pas la tête dedans, tu vois... Mais oui! Absolument! Hors de question d'annuler la tournée... Ok... Merci Gav... A demain!

Du fond de son canapé, les bras croisés, l'air très concentré, Scott déclara:

– Pourquoi est-ce que je ne me rappelle plus non plus, de la raison de ton annulation?

– Ben, moi non plus, fit Burn intrigué.

John vint rejoindre Scott et se blottit contre lui. Scott lui fit « sa » place. John ferma les yeux.

Burn soupira.

– En même temps, c'est un peu le principe de la cuite... On se souvient de pas grand chose, énonça-t-il.

Les deux autres approuvèrent. Burn parvint à se lever péniblement. Il débarrassa les trois bouteilles et sortit.

– Je vais voir si le café est prêt.

Quand il vit le dalek qui trônait dans l'entrée, il marqua un temps d'arrêt. Il croyait se rappeler de quelque chose... de quelque chose de très bizarre, de fou... Un truc qui ne serait arrivé que dans Torchwood. Il secoua la tête et marcha vers la cuisine. Le fait d'avoir été Owen Harper, médecin de la série de science-fiction, parfois, ça lui jouait des tours.

***

John autorisa Captain Jack à se placer entre lui et Scott qui gardait les yeux clos. L'acteur pensa soudain au flamboyant Capitaine Jack Harkness. Il sourit en déclarant:

– Ce serait drôle de rencontrer Jack pour de bon, non?

Burn qui revenait avec le café, l'entendit.

– C'est bizarre que tu dises ça... J'y ai pensé aussi...

Scott compléta:

– Moi aussi.

Ils rirent.

– Ok... On a dû délirer là-dessus tout à l'heure, dit Burn en servant le café.

Scott ajouta:

– Ça ferait un bel épisode de Torchwood. Tu devrais appeler Russell... Ou Steven...

Les deux autres éclatèrent de rire. Le mal de tête allait passer, ils iraient bientôt se coucher. John avait une tournée à finir. La vie continuait.

Burn prit un script dans les mains pour s'occuper un peu, le temps que l'aspirine agisse.

– Alors? D'après toi, ils te réservent quoi dans la saison 4?

– Plus d'action, les USA, et une jolie scène « hot »...

Scott prit un air désapprobateur:

– Je te préviens, je surveillerai...

John rit et l'embrassa.

– Je sais bien! C'est aussi pour ça que je t'aime!

Ils rirent tous les trois.

***

Aucun des trois ne se souvinrent de ce qu'ils avaient bien pu fêter ce soir-là.

Quand il appela John un jour, Russell lui raconta comment, le même soir, il avait été soudain pris d'une furieuse envie d'écrire sur Torchwood et le Capitaine Jack. Une histoire d'averse violente et d'électricité statique. Bizarre. Pour finir, il avait classé ce bout de fiction dans ses archives. Encore une idée qui ne verrait peut-être pas le jour. Après tout, il n'avait pas écrit grand chose... Pas de vraie trame... Rien qui ne puisse être exploitable pour la suite de la série... Quoique...

***


evalyre  (19.12.2011 à 09:46)

– Tu as trouvé quelque chose? Demanda Jack, alors qu'ils approchaient de Cardiff.

– Non. Toujours rien... Cette fois, c'est le blackout total. Rien, ni tonalité, ni réseau Internet, répondit Ianto qui tentait, depuis quelques minutes, de reprendre contact avec leur réalité par tous les moyens.

Jack se pinça les lèvres, mais dissimula son inquiétude.

– Ok! On a encore changé de monde... Cette fois, les nouvelles technologies n'existent plus... Donc, nous non plus...

Il croisa le regard exaspéré de Ianto et ajouta:

– Oui! Bon, d'accord! Mais je peux tenter d'alléger l'atmosphère quand même... non?

– Tu penses que ce n'est pas inquiétant?

Ils passèrent le panneau « Cardiff ». Ianto s'en voulut presque de ne pas en éprouver du soulagement.

– Je n'ai pas dit ça... On va vite être fixé, crois-moi ! A priori, tout semble normal ici...

– Si tu le dis, marmonna Ianto.

Hélas, Jack avait raison. Les rues étaient calmes. Cardiff s'endormait paisiblement. Rien à signaler.

Ianto reprit son téléphone et jura en l'absence de tonalité.

– L'électricité statique a peut-être endommagé le réseau. La ligne satellite a été coupée...

– Alors, arrête-toi! Stop! Intima le jeune homme, avisant une cabine téléphonique.

– Mais pour quoi faire? Fit Jack en pilant quand même le Suv. Puis il vit Ianto descendre et se diriger vers la cabine.

Il secoua la tête et gara la voiture plus ou moins bien, toutes lumières allumées et rejoignit Ianto.

– Tu n'as pas une carte? Lui lança ce dernier l'air presque surpris de se retrouver à cours de solution.

Jack ne put s'empêcher d'éclater de rire.

– Pauvre Ianto! Capable d'avoir du chocolat noir dans sa poche pour attraper un ptérodactyle, mais pas de pièces ni de carte sur lui pour téléphoner? Et non, je suis navré, je n'ai rien sur moi...

Ianto secoua la tête. Presque sous le choc.

– C'est un test... ok... on rentre... fit-il, l'air ailleurs en retournant vers le Suv.

Jack vint entourer ses épaules d'un bras amical.

– Ecoute, tout va bien se passer... Restons optimistes, ok?

Ianto haussa les épaules.

– Mouais... Dis... Qu'est-ce qu'on va raconter aux trois autres?

Jack rit volontiers. Il retrouvait Ianto, cachant son inquiétude derrière des questions et des futilités.

– Je ne sais pas, fit Jack, en remontant en voiture. Sommes-nous obligés de leur raconter?

Ianto rit.

– Non... Ou pas tout. C'est vrai.

Ils arrivaient autour de la Roald Dahl Plass. Jack gara bientôt le Suv à son emplacement habituel, toujours libre, et vit Ianto retenter de téléphoner sans succès.

Ils atteignirent Mermaid Quay, qu'ils longèrent jusqu'à l'entrée de l'office de Tourisme leur servant de couverture.

– Plutôt bon signe ça, hm? Fit Jack, tout joyeux, en déverrouillant la porte avec son bracelet. Dans l'autre monde, elle n'existe pas!

Ianto retrouva son « antre » presque avec émotion. Il actionna le mécanisme qui ouvrait les portes cachées du Hub.

– Bienvenue à la maison, Ianto! Fit Jack, tout content et se frottant les mains.

Il s'effaça théâtralement devant son compagnon.

– Monsieur! Après vous!

Ils parvinrent sans encombres jusqu'au centre de la base. La lourde porte ronde se referma sur Jack guilleret. Il désigna ce qui l'entourait et s'exclama:

– Elle était rudement bonne ton idée, Ianto!

– Quelle idée?

– Celle de faire écrire notre créateur! Fantastique! Brillant! Cool! Enfin, tout ce que tu veux! On est rentrés!

Ianto s'autorisa un sourire. A le voir comme ça, si rarement enthousiaste, Jack ressemblait beaucoup au double qu'il venait de quitter. Un vrai gosse!

– Et... où sont les autres? Fit-il, essayant de ne pas rire. Notre téléphone portable est mort. C'est officiel.

Jack se plaça devant l'ordinateur central. Il pianota un petit moment, un grand sourire sur le visage.

– Ici, pas de problème! Tout est à sa place! Même l'Unit et le Docteur! Et il semblerait que nos équipiers soient... à Londres...

Cette fois, Ianto éclata de rire.

– Tu vas battre le rappel?

Jack se retourna pour lui faire face, malicieux.

– Je n'ai qu'un appel à passer...

Ianto souriait vraiment cette fois-ci. Il mit les mains dans les poches et prit son temps pour dire:

– Oh! Eh bien, environ 2 heures et 45 minutes... Cela suffira largement...

Jack adorait cette lueur coquine quand elle brillait ainsi dans les yeux de Ianto. Il sourit. Et prit le téléphone de la base.

– 2 heures et demi... N'oublie pas qu'une folle furieuse de tout savoir sera au volant...

– Tu as raison. Deux heures et quart... Je commande des pizzas?

– Double boulettes de viande pour moi! Lança Jack à Ianto qui s'esquivait déjà.

Jack composa le numéro de Gwen. En cet instant précis, il avait pourtant toutes autres envies que celle de répondre aux questions de sa coéquipière.

***

Les trois équipiers terminaient leur tournée peu convaincante des témoignages au beau milieu de Londres. Ils quittaient un petit pavillon et sa propriétaire assez âgée. La vieille dame n'avait pas vu grand chose mais comblait sa solitude en discutant avec Gwen. Cette dernière avait d'ailleurs un peu de mal à s'en débarrasser poliment. Loïs entendit le téléphone de Gwen sonner. Comme celle-ci ne réagissait pas, elle l'interpela:

– Gwen! Tu as un appel! Gwen?

– Une minute, Loïs, je finis de parler avec Mme Turner.

Peu après, et une fois libérée de la femme, Gwen prit son téléphone et resta figée de stupeur.

– Quoi? Qui est-ce? Interrogea l'informaticienne.

– C'est la base.

Rupesh, qui marchait devant, se retourna.

– Quoi?

Gwen recomposa aussitôt le numéro.

– Qu'est-ce qui peut être tellement plus important que moi, Gwen Cooper-Williams? Répondit une voix amusée bien connue.

– Jack!

Gwen stoppa au beau milieu du trottoir, surprenant Loïs qui manqua de lui rentrer dedans.

– Tu es rentré?

– On a fini par retrouver la route, oui.

– Ianto est avec toi?

– Pourquoi me quitterait-il?

– Bon dieu, Jack! On s'est fait un sang d'encre! Vous allez bien?

– Le mieux possible! Dites, je suppose que vous êtes à Londres pour nous retrouver?

– D'après toi?

– Eh bien, il n'y a plus de soucis... Nous sommes de retour. Vous pouvez revenir.

– Jack! Tu m'expliqueras?

– Je ne peux pas tout te dire, Gwen... Tu sais que tu es terrible quand tu t'y mets.

Gwen approuva avec un petit rire.

– Bon! Ok! On arrive, ajouta-t-elle en suivant Rupesh vers la voiture.

***

Jack laissa un peu ses trois équipiers sur leur faim. Il ne leur expliqua que le strict minimum. Ils avaient basculé dans un monde parallèle où ils s'étaient efforcés de rencontrer les bonnes personnes pour les renvoyer chez eux. Rupesh s'emballa aussitôt, affirmant qu'il avait vu juste.

– Il n'y avait aucun moyen de te ramener d'ici... souffla Gwen, désemparée.

– Non... Il n'y avait aucun moyen.

Ils échangèrent un long regard, puis il ajouta :

– Mais nous sommes revenus, c'est le principal, non ?

Rupesh prit Ianto à part.

– Dis, excuse-moi... Mais, tu sais, j'ai quand même une théorie sur ce qui vous est vraiment arrivé. Je sais que vous ne voulez pas vous éterniser sur ce qui s'est passé, mais, juste, dis-moi si je me trompe...

– Dis toujours...

– Voilà, à bien y réfléchir, je me demande si ces ondes électromagnétiques n'ont pas fragilisé le mur virtuel séparant la réalité de la fiction.

– Pardon ? Fit Ianto, sincèrement surpris.

– Mais oui ! Les personnes en trop, enfermées dans les hôpitaux, se prennent toutes pour des personnages de roman. Qui sait si le monde fictif n'existe pas quelque part, et qu'au lieu de rejeter des personnages chez nous, comme cela a été le cas jusque-là, c'est vous qui êtes allés là-bas. Non ?

Ianto, les mains sur les hanches, déclara très calmement :

– Hm... Pas idiot, ça... Mais franchement, cela m'a paru un monde presque normal... Sans grand intérêt. Et avant que tu le demandes, non, je n'y ai pas vu House...

Rupesh haussa les épaules.

– Je n'ai rien dit !

Ils rirent tous les deux.

***

Ianto parla de l'idée de Rupesh à son Capitaine. Ce dernier fut agréablement surpris.

– Il commence sérieusement à me plaire notre nouveau médecin.

– Mais on ne lui dira rien, n'est-ce pas ?

– Bien sûr que non ! Mais c'est très intéressant de l'avoir dans notre équipe. Gwen n'y a sans doute pas songé.

– Nous non plus. Nous ne serions pas tombés sur John, nous y serions encore...

– Ianto, je commence à croire sincèrement qu'il n'y a pas vraiment de hasard. Nous aurions trouvé le moyen de revenir. D'une manière ou d'une autre...

– J'aimerais quand même, éviter les orages, à l'avenir... Ils ne me réussissent pas... *cf :Almost perfect*

Jack éclata de rire. Ils rejoignirent ensuite les autres pour une mort suspecte. 


evalyre  (22.12.2011 à 13:21)

***

Jack et Ianto étaient donc revenus. Les petites habitudes et le bébé aussi.

Il était tard. Ianto rangeait une arrivée de prospectus sur le présentoir de l'office du tourisme. Il sifflotait, des écouteurs dans les oreilles. Il n'entendit pas Jack arriver et l'observer un moment en souriant. Il faisait jeune. Très jeune. Il se dandinait sur une musique que lui seul entendait. Un genre de salsa, à en juger par ses petits déhanchés sexy. Dans son monde, Ianto ressemblait à tous les jeunes gens de son âge. Plein de force et de vie, d'insouciance.

Jack croisa les bras et prit le temps de l'admirer un moment. Il ne voulait pas le perdre.

Dans un sens, Ianto devenait sa propre jeunesse envolée, une manière de rester ancré dans une époque à la fois trop vieille et trop avancée pour lui.

Ianto se retourna pour ouvrir un nouveau carton et sursauta en voyant Jack.

Il ôta aussitôt ses écouteurs, les lèvres pincées, l'air de celui qui a quelque chose à se reprocher, les doigts crispés sur le lecteur mp3.

– Oh ! Je ne t'avais pas entendu.

– J'ai vu ça ! Mais tu offres un très charmant spectacle, crois-moi.

– Quelque chose ne va pas ?

– Oh ! Non, rien... rien de spécial. On est pas beaucoup sorti tous les deux, depuis notre retour... Que dirais-tu d'aller traquer les deux ou trois weevils repérés mardi ? A priori, on pourrait les attraper du côté du stade. Des weevils qui aiment le sport, c'est drôle, hein ?

– Eh bien... le temps de préparer ce qu'il faut, et... je suis à toi.

Jack savoura les derniers mots et lâcha nonchalant, mais l'œil brillant :

– Je n'en demandais pas tant, tu sais... Dans 10 minutes, au Suv !

Et il redescendit sans attendre.

Ianto soupira en regardant ses écouteurs. Il n'avait pas forcément envie de chasser ce soir. Mais la proposition de Jack était l'équivalent d'un rendez-vous galant. Ianto devrait toujours s'en contenter.

Jack l'aimait, il en était certain. Mais à sa façon. A la fois charmeuse et pudique.

Il rangea soigneusement le Mp3 que lui avait confié Scott discrètement, en souvenir du passage dans l'autre monde. Il le garderait toujours jalousement secret.

Dans un sens, c'était la voix de Jack qui chantait toutes ces reprises plus ou moins réussies. Et puis, cela l'amusait de l'imaginer se démener sur scène avec des costumes à paillettes.

Mais quand il entendait John chanter « I won't send roses », il croyait encore entendre la voix de Scott lui glisser qu'il ne fallait pas douter de l'amour de quelqu'un qui ne savait pas l'exprimer. Et laisser l'autre venir à vous, quoiqu'il advienne.

Ianto se prépara donc pour une chasse aux weevils, avec un petit sourire. Même si ce soir, il aurait préféré une soirée plus calme, cela ferait quand même une soirée avec Jack.

Peu après, il se dirigeait vers le Suv en sifflotant la chanson. Jack, déjà au volant, lui lança un clin d'œil. Cela suffit pour faire battre le cœur de Ianto plus vite. Il l'aimait, à sa manière, et cela lui suffisait finalement. Il se prépara à une soirée mouvementée et fort excitante. N'était-ce pas ça, après tout, la vie auprès du Capitaine Harkness ?

***

Jack sourit lorsqu'il découvrit le contenu de la page du livre qu'il venait de commencer. Son intérêt certain fut interrompu par l'arrivée de Loïs dans son bureau.

– Heu... Jack... Un appel urgent. Deux enfants auraient disparu près d'une mine désaffectée où l'on a repéré un pic de faille. On nous demande d'enquêter.

Jack ne sembla pas avoir vraiment entendu, restant quelques instants pensif, avant de demander, très sérieusement :

– Dis-moi, Loïs, tu penses que j'ai de l'humour? Sincèrement...

Décontenancée, la jeune femme ne sut quoi répondre :

– Ben... Oui... C'est vrai... Enfin, cela dépend de la situation... Mais...

Jack sourit de la voir si mal à l'aise.

– Deux gosses ? Une mine désaffectée ?

– Oui... On vient de recevoir un...

Jack referma le livre, se leva en prenant son manteau au passage.

– Allez ! Un petit tour à la campagne nous fera le plus grand bien ! Où sont les autres ?

– Ils se préparent.

– Wouahou ! Quelle organisation ! C'est que je serai presque devenu inutile, moi !

Loïs ne sut si elle devait rire ou pas, troublée par la désinvolture de son patron. En tout cas, il était de fort bonne humeur.

Elle ignorait, et ignorerait toujours, que la raison tenait sur une page d'un livre caché dans un autre, là-haut sur le bureau du chef.

Un livre comme tant d'autres, qu'il n'était pas censé avoir. Un livre offert discrètement par un homme qui aurait pu devenir un ami si les circonstances avaient été différentes.

Un livre qui lui donnerait pourtant l'illusion de vivre par procuration, une vie normale et heureuse. Une famille unie, un mari, une bonne carrière et des chiens.

Quand il monta à bord du Suv conduit par Ianto, il repensait encore à ce qu'il venait de lire.

Et il fut d'excellente humeur. Même Gwen se demanda ce qu'il avait.

La cause tenait en quelques mots venus d'un autre monde et que jamais personne d'autre ne lirait dans le sien:

Twelve things I admire most about Captain Jack Harkness

(12 choses que j'aime particulièrement chez le Capitaine Jack Harkness)

 

1. His loyalty to his friends – Sa loyauté envers ses amis.

2. His friends – Ses amis.

3. His bravery – Sa bravoure.

4. His coat ( I own an original bought from BBC wardrobe*) – Son manteau (j'ai moi-même un original, acheté à la garde-robe officielle de la BBC.)

5. His unwavering humanity, despite all he's witnessed – Son inébranlable humanité, malgré tout ce dont il a été témoin.

6. His ability to find humour (and aliens) in almost every situation ( me too - except for the aliens) – Sa capacité à trouver de l'humour ( et des aliens) dans presque toutes les situations ( moi aussi, sauf pour les aliens).

7. His bold and honest sexuality – Sa sexualité débridée et sincère.

8. His appreciation of Ianto's knowledge of things to do with stopwatches – Son admiration devant l'imagination dont Ianto fait preuve dans les possibilités d'utilisation d'un chronomètre.

9. His adoration of Ianto – Son adoration de Ianto.

10. His love for the Doctor ( duh ! Me too) – Son amour pour le Docteur ( sans dec' ! Moi aussi)

11. His ability to make impossible decisions under terrible pressure – Sa capacité à prendre des décisions impossibles sous une pression terrible.

12. His ability to breathe underwater (forget I ever mentioned this) – Sa capacité à respirer sous l'eau ( oubliez ça, je ne l'ai jamais dit).

* Scott loves to play 'Doctor' – Scott adore jouer au 'Docteur'

 

-Extrait (absolument réel^^) de « I am what I am » de John Barrowman (en collaboration avec Carole E.Barrowman ), p. 36

***

THE END 

***

Note: Merci à ma bêta Chrismaz, pour tout, et aussi pour la traduction de l'anglais.

Merci à John, Burn, Scott et Russell, sans qui cette histoire n'aurait pas été inventée. lol Et mention spéciale à Captain Jack! ^^

Et Merci à vous surtout, lecteurs pour avoir eu tant de patience... A bientôt! Pour l'épisode 402 ! ^^


evalyre  (22.12.2011 à 13:31)

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